Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Chroniques

Ibibio Sound Machine

Doko Mien

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Depuis 2013, Ibibio parvient à fusionner judicieusement électro et afro-punk. Cette joyeuse bande londonienne réunit la charismatique chanteuse Eno Williams (NDR : pratiquée au Nigéria, l’Ibibio est la langue maternelle de sa mère), le guitariste Alfred Kari Banneman, le percussionniste Anselmo Netto, le batteur Jose Joyette, le bassiste John McKenzie, le tromboniste Tony Hayden, le trompettiste Scott Baylis ainsi que le saxophoniste Max Grunhard. Une belle brochette de musicos qui participe à la confection d’un cocktail sonore au sein duquel se rencontrent sonorités africaines et électroniques, mais aussi disco, post-punk et funk. Et le troisième opus d’Ibibio, « Doko Mien », ne déroge pas à la règle, libérant tour à tour un groove imparable (« I Need You to be Sweet Like Sugar »), un funk futuriste (« Tell Me »), de l’afro-beat (« Guess We Found a Way ») lorsqu’il ne s’évade pas dans des ambiances plus jazzyfiantes. C’est une certitude, ce genre de ‘vibes’ devrait vous aider à vaincre le Covid-19 ! Du moins mentalement…

Tyler Morris

Living in the shadows

Écrit par

Agé de 21 printemps Tyler Morris est chanteur et guitariste. Issu de Boston, il vient de publier son quatrième elpee solo. Ses deux premiers, il les avait gravés en 2015 et 2016, alors qu’il n’avait que 16 ans. Bien que fidèle au blues, il reconnaît volontiers son admiration pour un hard rocker comme Eddie Van Halen. Son troisième opus, "Next in line", était paru en 2017, chez Vizztone, une œuvre pour laquelle il avait reçu la collaboration du célèbre Joe Louis Walker. Les sessions de ce nouvel LP se sont déroulées à Nederland, au Texas. Lors des sessions, il a bénéficié du concours de sa section rythmique ainsi que de Lewis Stephens, le claviériste de Zito, qui se charge également de la mise en forme. Mais également d’autres musicos notoires, qui cependant enregistré depuis leur domicile. Le long playing nous réserve ainsi onze excellentes plages, dont quatre reprises.

Le surprenant "Movin' on" de Gary Moore (NDR : il figurait sur de l'album "Still got the blues") ouvre la plaque. Le tempo est nerveux. La guitare se révèle aussi présente qu’efficace. Mais la voix est loin d’être transcendante. Don Nix signe "Everybody wants to go to heaven". La nouvelle version est plus roots. L’envol à la gratte bien gras dispensé par la Gibson Les Paul demeure cependant sur la réserve. Tyler s’autorise une cover bien sentie du hit intemporel de Tony Joe White, "Polk salad Annie". Le Newyorkais Joe Louis Walker se consacre au micro, alors que Morris s’applique à la slide. Morris ne s’est pas converti au blues à l'écoute des mythiques musicos de couleur noire, mais –et il n’est pas le seul– suite à la British Invasion. Le titre maître nous replonge 40 ans en arrière. A l’époque du Free. A cause de son riff de guitare bien spécifique. Dans le même esprit, "Taken from me" nous réserve une excellente partie de gratte. "Nine to five" lorgne vers Bad Company. "Better than you" est issu de la plume de Mike Zito. Ce dernier se consacre aux cordes rythmiques et Stephens au piano roadhouse, tout au long de ce rock'n'roll que chante brillamment Amanda Fish, la citoyenne de St Louis. Une trame rythmique qui se révèle élémentaire sur "Young man's blues", une piste caractérisée par des échanges de cordes entre le jeune Tyler et l'un des seigneurs du blues, Ronnie Earl. Slow blues mélodique, "Temptation" se distingue par ses superbes envols dignes de Gary Moore...

Charles in the kitchen

The fith mechanism (Ep)

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Charles in the Kitchen s’est formé en 2011. A Neuchâtel, en Suisse. Un quintet qui, à l’origine, se contente de reprendre des classiques du rock. Puis, progressivement, il commence à composer son propre répertoire, dans un style qu’on pourrait alors qualifier de grunge-punk-rock.

Son dernier Ep, « The Fith Mechanism », en revient cependant à rock plus classique qui met en exergue les sonorités de gratte. Ainsi, les refrains de « Slip to the Night » et « I Wanna Know » se distinguent par leurs tonalités stoner. « The Boy & the Girl » émarge carrément au punk. Et le disque de s’achever par le survitaminé « You never talk », un morceau de plus de 6’30 qui ne lésine pas sur les solos de guitare.

Quoique bien maîtrisées, les compos souffrent quand même d’une carence en originalité. Si bien que finalement, on ne peut pas dire qu’il soit parvenu à susciter l’intérêt de votre serviteur…

Sharp Treble

Thylacine

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Sharp Treble est une formation liégeoise responsable d’un hard rock mélodique, plus que probablement inspiré par Kiss, Aerosmith, Guns N’Roses, Van Halen et même le Steve Miller Band. Entre autres. La power ballad « Sometimes » lorgnant même vers les Scorpions. Bref, le quintet se nourrit essentiellement de références 70’s. « Thylacine » constitue son deuxième elpee, un disque qui libère une belle énergie, mais pêche quand même par une uniformité de ton. Même la voix ne sort jamais de son confort. Pas qu’il serait souhaitable qu’elle soit hurlée (NDR : ce qui serait une très mauvaise idée), mais on l’aimerait plus naturelle, moins FM. Les compos son émaillées de solos de grattes judicieux, le tempo est souvent binaire et les compos délivrent un chouette groove. Donc, cet opus devrait plaire aux babas cool d’une certaine époque…

Anita Farmine

Seasons

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De père Iranien et de mère française, Anita Farmine a fui son pays natal, à l’âge de 5 ans pour rejoindre l’Algérie. Deux années plus tard, la famille débarque en France. Anita prend goût à la musique et commence à suivre des cours de chant lyrique et de piano classique avant même qu’elle et les siens partent s’installer à Orléans. Elle y poursuit son cursus, mais ce n’est qu’à 24 printemps, qu’elle décide de se lancer dans la chanson, intégrant différentes formations. En 2014, elle publie son premier elpee solo, « From Above”, puis « Next », en 2017. « Seasons » constitue donc son troisième opus. 

Ces déracinements ont eu une influence majeure sur l’auteure-compositrice-interprète, dont les chansons mêlent les styles, les langues (anglais, persan, français) et les cultures. Instrumentation traditionnelle (karkabou, dayereh ou encore inuk), synthés et même électronique alimentent des morceaux, cependant dominés par des sonorités persanes ou issues du Maghreb, et surtout illuminés par la superbe voix d’Anita Farmine.

Propice aux rêves de voyages exotiques, cet univers sonore est riche et coloré, mais aussi enchanteur…

Sister Lucille Band

Alive

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Le Sister Lucille Band est un quartet issu de Springfield, dans le Missouri. A la tête du combo, on retrouve un couple, la chanteuse Kimberly Dill et le guitariste Jamie Holdren. Et le line up est complété par le batteur Kevin Lyons ainsi que le bassiste Eric Guinn. Les sessions d'enregistrement de l’album "Alive" se sont déroulées au sein du studio Ardent, à Memphis. Jamie signe et parfois cosigne, alors en compagnie de Kimberley, la majorité du répertoire. Bien que considérée comme blues roots, la musique de Sister Lucille se nourrit également de funk et de soul…

"Won’t give it" ouvre la plaque, un r&b bien balancé soutenu par une ligne de cuivres. Kimberly possède une bonne voix et Jamie se révèle un gratteur versatile. Le titre maître est balisé par un piano électrique, une ballade au cours de laquelle Miss Dill est épaulée par Reba Russell aux chœurs (NDR : cette vocaliste notoire est issue de Memphis). Traitée à la slide et bien amplifiée, la guitare de Jamie nous immerge dans le delta tout proche, au son du blues rock. Et lorsqu’elle devient gouailleuse, cette slide emporte tout sur son passage. Une rythmique exotique baigne "Devil's eyes". Dominée par les cordes et la trompette de Jared Dover, cette plage ne manque pas de charme. Retour au funky r&b pour "Wanna love you", une piste dont les sonorités de gratte sont triturées par les pédales de distorsion. Et la cover de "99 pounds", un hit décroché par Ann Pebbles, il y a près de 50 ans, est de la même veine. Les musicos ne tiennent plus en place, que ce soit Peter Climie au saxophone, le préposé à l’orgue et Holdren aux cordes. Blues lent, "Respect your woman" est illuminé par l'harmonica du musicien local Eric Hughes et Jamie… aux cordes. Kimberly et Muleman Massey (NDR : cet artiste est issu du pays des collines du Mississippi) se partagent les vocaux tout au long de "Think about you", une bien jolie chanson soul. Etta James a composé "W.O.M .A .N", en 1960, un pur Chicago blues. Cette nouvelle version donne une ultime occasion aux musiciens de sortir de leur réserve, que ce soit le préposé au sax baryton, celui au piano électrique et bien sûr Jamie, dont la gratte est littéralement enflammée. Cet opus s’achève par l’élégant "Lost", un titre que chante à l’unisson, Jamie et Kimberly…

Dan Tuffy

Letters of gold

Écrit par

Australien, Dan Tuffy a entamé sa carrière, en 1984, comme chanteur et bassiste du groupe tasmanien, Wild Pumpkins at Midnight. La formation s’établit ensuite à Melbourne, émigre à Londres, pour finalement s’établir aux Pays-Bas. Il y vit, en compagnie de sa famille, depuis. Début du nouveau millénaire, Tuffy fonde Big Low, un band de folk blues. Enfin, en 2017, il grave son premier LP solo, "Letters from Dan".

"Letters of gold » constitue donc son second opus, un disque dont les 8 plages sont partagées en deux facettes : une lumineuse (‘Bright side’) et une autre ombrageuse (‘Shady side’). Mais franchement, on ne détecte guère de différence entre ces deux volets, toutes les compos sculptées dans la musique roots, baignant au sein d’une atmosphère chargée de spleen... 

Si Dan se consacre à la gratte et au micro, il est soutenu par un backing group impliquant Michael Turner (claviers, percus), Matt Walker (guitares, banjo) et Lucie Thorne (six cordes électrique).

Grave, la voix de Tuffy s’impose dès "Can't contain my feeling", une compo minimaliste. Les interventions de la section rythmique sont parcimonieuses alors que chargées de reverb, les sonorités de la gratte vous flanquent des frissons partout. Folk, "Honey flow" baigne au sein d’un climat hypnotique. Les parties instrumentales, et tout particulièrement les cordes acoustiques, se distinguent par leur subtilité. Le piano électrique et les sonorités synthétiques entre en osmose pour provoquer cette transe. Jolie chanson intimiste, "Eternity" nous plonge au cœur d’une situation familiale particulière. Un peu plus rythmé, mais toujours bien cool, "Sandy track" se distingue par sa mélodie accrocheuse. Le spectre de JJ Cale plane. Claviers et cordes se conjuguent en harmonie et leurs envols s’opèrent en toute discrétion. La sonorité crépusculaire de l’harmonica prélude "No sleep until the work is done", un blues au cours duquel Tuffy exprime son mal-être. Amplifiées, ténébreuses voire morbides, les cordes électriques succèdent aux acoustiques. Sombre, cette œuvre s’achève par "Big man". Cordes, claviers et percus insufflent un sentiment de douceur, alors que le timbre de Dan communique à la compo, une infinie tristesse… 

Eamonn McCormack

Storyteller

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Originaire de Dublin, Eamonn McCormack est loin d’être un néophyte. Âgé de 57 ans, ce vétéran à entamé sa carrière à la fin des 70’s. Chanteur, compositeur et guitariste, il a tourné en Europe, au cours des 90’s, sous le sobriquet de Samuel Eddy. Il reprend sa véritable identité en 2008, et publie alors l'album "Kindred spirits", puis "Heal my faith" en 2012, sur son label True Talent. En 2017, il avait gravé un double CD baptisé "Like there's no tomorrow". Depuis deux ans, il est soutenu par une section rythmique, constituée du bassiste Edgar Karg et du drummer Max Jung-Poppe.

Les sessions d’enregistrement de ce "Storyteller" se sont déroulées en Allemagne. McCormack signe les onze plages. Le thème de la grande famine ("The great famine") qui a frappé Dublin, en 1845, causant un million de victimes, ne prête pas à sourire. Les cloches sonnent à la volée. Une ouverture qui reflète cette tragédie. L’intensité monte progressivement. La voix d’abord, puis les cordes, jusqu'alors contenues, ensuite. Blues/rock plutôt classique, "Gypsy women" est imprimé sur un mid tempo. La voix est autoritaire. Les envols de cordes se succèdent judicieusement. Rythmé, "Tie one on" est découpé dans des riffs arides, que n’auraient pas reniés Thin Lizzy, dans le passé. Eamonn sort son bottleneck pour s'évader en slide. Un traitement reconduit tout au long de "Cowboy blues", un rock'n'roll bien enlevé. "Every note that I play" est une superbe ballade lente. Réverbérées, les cordes de gratte mettent bien en exergue la voix d’Eamonn. Une voix de nouveau très proche de celle de Phil Lynott à l’époque où Eric Bell se chargeait des cordes (NDR : pensez à "Whiskey in the jar") et Arne Wiegand (NDR : il est devenu depuis producteur) des claviers, chez Thin Lizzy. Pour McCormack, Rory Gallagher est une autre référence. C’est une évidence. Et on s’en rend compte, à l’écoute de "With no way out".  Shuffle torride, exécuté à la texane, "Cold cold heart" est hanté par le regretté Stevie Ray Vaughan. Boogie frénétique, "South Dakota bound" est balisé par le piano roadhouse de Wiegand. Le long playing s’achève en boulet de canon par "Make my move", une plage réminiscente à la fois de Gallagher et Thin Lizzy…

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