Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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Benjamin Biolay : la victoire en chantant !

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Un album de Benjamin Biolay sortira ce 30 novembre prochain.

Après avoir vendu plus de 180 000 exemplaires de « La Superbe » et obtenu 2 victoires de la musique, B.B. triomphe tout au long d’un tournée de plus de 60 dates qui traverse la France ; et pas seulement. Un dernier triple projet ambitieux devrait voire le jour, le dernier week-end de novembre. Le live accordé ce 28 novembre, au Casino de Paris, sera rediffusé dans les conditions du direct de Dailymotion, le 28/11 à 19h. Un film de Laetitia Masson intitulé « Dans ta bouche » (NDR : tout un programme…) enrichi de photos consacrées à M/M Paris. Une belle agitation qui précède la sortie d’un nouvel elpee, dont la sortie est prévue pour 2011.

 

Efterklang : c’est beau l’Europe !

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La formation danoise Efterklang va participer à la confection de la bande sonore du prochain film du réalisateur français Vincent Moon. Un moyen métrage réalisé dans la campagne danoise, dont la durée n’excédera pas celle de l’album. Une œuvre qui sera ouverte aux collaborations et aux expérimentations. A suivre, donc…

Efterklang se produira également au Spot Festival du 24 novembre, qui se déroulera à l’AB.

Le teaser est à découvrir sur le site http://www.anisland.cc

http://www.efterklang.net
http://www.vincentmoon.com

 

The Tallest Man On Earth

Grand par la taille et grand par le talent…

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Le Botanique a le vent en poupe. Et pour cause, la plupart de ses spectacles affichent, pour l’instant, salle comble. Et c’est à nouveau le cas ce samedi 20 novembre, pour le concert de The Tallest Man On Earth à l’Orangerie tout comme celui de Ratatat dans la Rotonde. Faut dire que Jens Kristian Mattson défraie la chronique, depuis déjà quelque temps, bénéficiant –il faut le souligner– du soutien non négligeable du site américain Pitchforkmedia. Responsable de trois Eps et de deux elpees à ce jour, dont l’excellent « Wild Hunt », paru en avril dernier, le Suédois, exilé aujourd’hui aux States, se devait donc de confirmer sur les planches.

Se produisant sous le patronyme d’Idiot Wind, Amanda Bergman assure le supporting act. Elle est également née en Suède. Elle est seule sur les planches, joue du piano et chante, d’un timbre d’une douceur angélique. Souvent comparée à Cat Power, la demoiselle peine toutefois à insuffler une certaine ‘puissance’ à ses compositions. Seuls quelques morceaux parviennent à décoller du tracklisting. Mais en général, son set est mou et manque de relief. Vers 20h30, elle quitte l’estrade pour laisser sa place à son compatriote.

Vers 21h, Kristian Mattson débarque en solitaire sur le podium et empoigne sa guitare. Il est vêtu d’un jeans et d’une chemise à carreaux. Son allure me fait penser à Dylan voire à Johnny Cash, mais sa voix lorgne manifestement vers celle du Zim. Il joue tour à tour de la gratte sèche ou électrique. Et enchaîne les compos de ses différents albums. Le public s’amuse et connaît les paroles. Il en est conscient et en tire parti pour chauffer la salle. A l’issue de chaque morceau, dont il a présenté préalablement le message, il nous gratifie d’un ‘Thank you, so much’. Il évoque également son dernier show accordé à Bruxelles. Une parfaite communication qui ravit manifestement l’audience.

Après 1h de récital, il quitte la scène pour y revenir 2 minutes plus tard. Il interprète un avant-dernier morceau sur lequel Amanda Bergman (Idiot Wind) vient le rejoindre. La conjugaison des deux voix est magnifique, même si elle n’est qu’éphémère. Une chanson plus tard, Kristian, vide définitivement les lieux sous les applaudissements d’un public comblé.

The Tallest Man On Earth est parvenu à faire vibrer la Rotonde. Rien qu’à l’aide de sa voix et de sa guitare. Pour les déçus qui n’ont pu assister à ce spectacle, sachez qu’il reviendra l’année prochaine, au Cirque Royal, dans le cadre des Nuits du Botanique…

Organisation Botanique

Chromeo

Play That Funky Music

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‘Laisses-toi aller, ce soir on va danser !’ fredonne Dave One sur « Ce Soir On Danse ». Un titre on ne peut plus approprié pour le retour de Chromeo sur les planches belges. Depuis 7 ans déjà, le duo pop-electro le plus funky de la terre déverse d’irrésistibles beats 80s conciliant aussi bien le nostalgique de l’âge d’or du Funk que le plus intransigeant des mélomanes. L’été dernier, Dave One et P-Thug retournaient la Magic Tent du festival de Dour en deux coups de synthés. Ce soir, le duo réitérait sa prouesse lors de son escale au Botanique, dans le cadre d’un ‘Business Casual Tour’ chaud bouillant.

20h15. Arrivée dans la salle. Le public est amassé en rangs serrés devant le podium. Sur les planches, un dispositif de light-show en forme de petits carrés est disposé juste derrière les synthés aux jolies gambettes, telles qu’illustrées sur la pochette de « Fancy Footwork ». L’Orangerie affiche sold-out depuis quelques jours déjà, mais ne semble pas remplie au maximum de sa capacité. Tant mieux, on va pouvoir se trémousser tranquillement.

20h25. Les lumières s’éteignent brusquement et les baffles font péter l’intro du deuxième LP des Canadiens. Un lancement si surprenant qu’il en fait sursauter pas mal de monde dans la salle. Rapidement ressaisi, le public réserve un accueil triomphal au duo qui entame son set par le groovy « I’m Not Contagious », extrait du petit dernier, « Business Casual ». Derrière sa guitare et ses lunettes, Dave One s’adresse à l’assistance majoritairement en français. P-Thug, lui, se contente de lancer quelques petits sourires ; trop affairé derrière ses machines et le talk-box qui lui permet de pousser la chansonnette avec son partenaire. « Tenderoni », « Hot Mess » et « Outta Sight » décoincent les derniers réfractaires. Bien qu’il s’agisse du ‘Business Casual Tour’, Chromeo privilégie clairement les compos du disque précédent, « Fancy Footwork ». Ce sont d’ailleurs des morceaux tels que le titre-maître, « Bonafied Lovin’ », « 100% » ou « Opening Up » qui délient les cordes vocales du public. Le son dépasse certainement le maximum légal mais les deux hommes, naturellement relax, continuent à balancer leurs tubes à vitesse VV’ sans s’en soucier. « You’re So Gangsta », une des deux uniques incursions au sein de leur œuvre initiale, permet à certains membres du public de s’autoriser quelques uns des pas de danse les plus funkys et amusants de la soirée. « Night By Night » et le kitsch ‘Supertramp-esque’ « Momma’s Boy » clôture les festivités d’avant-rappel. Quelques minutes plus tard, le duo déboule pour achever son show par l’indispensable single de 2003 « Needy Girl », ovationné autant par les fans de la première heure que les petits nouveaux.

21h35. Chromeo clôture son escale belge sur l’inutile « Grow Up », placé en fin de setlist au détriment de morceaux relativement plus puissants tels que « Rage! », « Me & My Man » ou l’énorme « You Make It Rough ». Les deux hommes se retirent. Déjà la fin. Et comme une envie d’écouter du Hall & Oates et du Mel & Kim…

Organisation : Botanique

 

65daysofstatic

Avant que n'explosent les sens.

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Un jeudi soir dans la capitale. Dehors, sous les volutes de fumée s'élevant des clopes au bec, deux publics se mêlent à l'entrée du Botanique. Ce soir dans la Rotonde se déroule le concert de Tokyo Police Club. A quelques mètres de là, au sein de l'Orangerie, trois groupes d'outre-Manche se sont donné rendez vous.

Alors que la salle commence à se remplir, les trois petits gras de Tall Ships entament leur set nerveux en toute décontraction. Riffs en boucles, motifs en loops, sourires et bonne humeur. Le public s'accroche à la proue de ce grand navire et balance avec lui de bâbord à tribord. Sympathique en diable, entraînant et dynamique, le concert se déroule sans accroc et nous mène à bon port. Gueules d'anges débonnaires et musique efficace. Une voix plaisante et caressante, un rock carré, voire barré par instants ; et au final, une orgie scénique au cours de laquelle les membres du groupe passent à tour de rôle d'un instrument à un autre au cours d’un seul et même morceau. Jolie prouesse technique de haute précision. Manifestement très heureux d'être venu, avoir vu (ces plantes et ce décor magnifique, dixit le chanteur), et vaincu, le bateau repart vers d'autres horizons. A revoir lors du prochain accostage.

L'interlude proposé par Nedry s'avère moins convaincant. Ce mélange d'électronica sous perfusion binaire, de beats and bleeps noyés sous différents effets, aux relents dub-post-wave-machin-truc (fichues étiquettes!), me laisse profondément indifférent. Peut-être une question d'humeur? Ou de perception. La jeune Ayu Okakita, comparée ci et là à Bjork pour son timbre de voix (il y a des similitudes, mais comparaison n'est pas raison) nage au milieu de ces éléctro-Tchak-Beep-tictictic-fzzzzzzzzzzzz et mon esprit s'évade et se disperse. Zzzzzzzzzzzzzzzzz...

Qu'importe, puisque 65daysofstatic débarque pour remuer mes sensations endolories. A l’aide de leur rock instrumental mat(h)iné d'électro syncopée, le combo de Sheffield retourne bientôt l'atmosphère de la salle, toute acquise à sa cause. Un son fichtrement puissant, des basses grondant furieusement, des guitares mordantes et tranchantes, une énergie communicative et des breaks saillants comme des falaises à pics. Précision chirurgicale et assaut de front. Comme un souffle violent craché à la face des spectateurs. Les têtes ondulent en vagues frénétiques. La sueur perle sur les fronts. Ici, une jeune fille s'effondre, là, un jeune garçon se disloque sous les ondes extatiques. Quand le paysage sonore s'apaise, je retiens mon souffle. Car déjà secoue la tempête. De la terre s'élève un grondement sourd, du ciel pleuvent des paillettes d'or et d'argent. Dans un kaléidoscope infernal, tournoient les décibels. L'espace explose et se fragmente, puis l'instant d'après, se recompose et reforme un bloc inébranlable. Dans la ferveur de la nuit, les membres du groupe nous laissent pantelants, les yeux hagards. Nos esprits se sont vidés. Se sont parsemés et voltigent autour de nous. Qu'importe. Comme le précise le nom du dernier opus de ces Anglais de génie: « We were exploding anyway »...

Organisation: Botanique.

Morry Sochat

Eatin’ dirt

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D’origine texane, Morry Sochat s'est établi à Chicago, en 1990. Dix ans plus tard, il décide d’apprendre à jouer de l’harmonica. Auprès d’un maître du style : Joe Filisko. Il monte ensuite ses propres formations : The Shakes, Tongue & Groove et enfin, the Special 20s, en 2005. L'année suivante, ce band publie son premier opus. Il est éponyme. Il est suivi trois ans plus tard, par "Swingin', shufflin', smokin'", un elpee produit par Nick Moss. Le groupe rencontre un franc succès et tourne inlassablement.

Début 2010, le combo entre en studio sous la houlette de Jimmy Sutton. Sutton est chanteur et bassiste. Il drive un ensemble de rockabilly, The Four Charms, un combo au sein duquel milite le remarquable guitariste Joel Patterson. Au sein du line up de Morry, figure deux six-cordistes, Jim St.Marie et Shoji Naito, le bassiste Ted Beranis et le drummer Marty Binder. Mais depuis 2010, il a engagé une petite section de cuivres : le trompettiste (également claviériste) Doug Corcoran et le saxophoniste Chris Neal.

L'album démarre en force par le titre maître, un superbe Chicago south side blues inspiré par Elmore James. Caractérisé par son célèbre riff à la slide, la compo déménage. Néanmoins, tout est parfaitement en place. Morry attaque "She's a betty" sur un tempo très rock'n'roll, la rage au ventre, l'harmo entre les dents. Invité, Brother John Kattke est très en verve au piano. St Marie égrène sa gamme de riffs à la Chuck Berry. Le rythme demeure soutenu tout au long de "Someone to love". Morry est au micro. Naitoa a pris le relais à l'harmonica. Guest prestigieux, Billy Flynn se réserve les cordes. Et il y démontre tout son talent. "Meet me in Chicago" change de registre. Au menu : swing et jazz. Une approche bien mise en évidence par les ivoires et la merveilleuse trompette de Corcoran. Dave Herrero est un tout bon gratteur. Il a forgé son expérience à Austin, avant de s'établir dans la Windy City. Il se met dans la peau d’Otis Rush pour nous balancer "Empty rockets". Et il réalise cette réincarnation avec un réel bonheur. Sochat tire enfin son épingle du jeu sur l'instrument chromatique, tout au long d’"Apple of my eye". A cet instant, il me rappelle même William Clarke. Et c’est un compliment! "Natural born lover" campe un boogie particulièrement fougueux. Jimmy Sutton (NDR : le producteur) a ramené sa guitare et marque de son empreinte "Riot up in love", un rock'n'roll déchaîné, de toute bonne facture, au cours duquel les musiciens en présence se mettent, à tour de rôle, en évidence, pendant que Morry souffle comme un forcené! Si "Yo-Yo" est parcouru par les interventions d’une slide, la finale, "Fried chicken & Waffles", trempe dans le swing. Deux reprises seulement. Tout d’abord le "Mother-in-law blues" de Don Robey, une plage qui figurait au répertoire d'Anson Funderburgh et de Sam Myers. Puis le "Telephone blues" de George Smith, un classique réservé à l'harmo chromatique. "Eatin' dirt » ne souffre d’aucune faiblesse. Un pur bonheur !

Twin Shadow

Forget

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Né en République Dominicaine et éduqué en Floride, George Lewis Jr se décrit comme quelqu’un de bizarre. Une enfance solitaire lui aurait servi de base solide à ses étranges travaux au sein de Twin Shadow.

A 26 ans, l’artiste établi à Brooklyn devrait en tout cas énormément faire parler de lui d’ici peu, tant la qualité de « Forget », son premier album, est manifeste. Influencées par la New Wave des années 80, et en particulier Echo and the Bunnymen, Depeche Mode et les Smiths (surtout pour la voix, très proche de Morrissey), ses compositions ont la spécificité rare et évidente de celles proposées par The XX. Les sons synthétiques, la guitare électrique et la boîte à rythmes constituent la base de la structure sonore. La musique est propre, mélodique, sophistiquée, mais épurée. Parfaite, la production a été assurée par Chris Taylor des Grizzly Bear (NDR : qui a d’ailleurs sorti cet opus sur son label, aux Etats-Unis). Les chansons sont ‘catchy’ mais se distinguent naturellement les unes des autres, tout en formant un ensemble cohérent. On oscille ainsi de la ballade (« Slow ») à l’ambiance disco (« At My Heels »), en passant par le climat synthétique new wave traversé de ‘clapping hands’ (« Castle in the Snow »). Un album paradoxalement empreint de nostalgie mais résolument moderne, aux lyrics romantiques (‘Does your hear still beat ?’ sur « Tether Beat »), dispensés par la voix envoûtante de Lewis…

Mais trêve de bavardages et savourons l’instant présent ; vous lirez, d’ici peu, suffisamment d’articles consacrés à ce nouveau petit prodige de la pop moderne, au cours des prochaines semaines…

 

Various Artists

F*>k Dance, Let’s Art, Sounds from a New American Underground

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En règle générale l’écurie teutonne !K7 nous régale de ses compilations ‘DK Kicks’, ‘Suck My Deck’ et tutti quanti. Leader incontestable en matière de DJ set, le label survole sa matière sans jamais (ou presque) se planter. Pour ce dernier projet les Allemands se sont associés au collectif newyorkais ‘Cool In The Pool’, afin de promouvoir le son du nouvel underground américain. La nouvelle plaque, baptisée cocassement « F*>k Dance, Let’s Art, Sounds from a New American Underground », reprend donc en long et en large les nouvelles pousses en matière d’électro. Et pour la circonstance, les tracks proposés nous plongent dans un profond ennui. Pendant de très longues minutes, on assiste à une véritable masturbation cérébrale. On espérait juste remuer un peu et qui sait, découvrir le nouvel artiste de demain. Malheureusement, on nous assène des beats et des nappes de sonorités déstructurées et triturées, jusqu’à épuisement. Il y a bien quelques exceptions qui confirment la règle. Et je pense tout particulièrement à « Anything » de Slava, dont les sonorités cheaps et relativement bien construites passent plutôt bien la rampe. Ou encore le « Despicable Dogs » de Small Black, plutôt lo-fi. A contrario, un buzz comme Crystal Castles et un concept pourtant révolutionnaire comme Animal Collective sont bien loin de casser la baraque…

Bref, j’ai beau essayer de réécouter ce disque, rien à faire, après plusieurs tentatives, je ne parviens toujours pas à accrocher. Et puis intellectualiser une musique qui n’a, en soit, rien d’exceptionnel, n’est pas non plus de nature à soulever l’enthousiasme…

 

Axel and The Farmers

Axel and The Farmers

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Quel type de musique pourraient donc bien cultiver Axel et ses amis fermiers ? Ces jeunes agriculteurs emblavent une pop fertilisée en Albion, et en particulier chez les Beatles. Conduite par Axel Concato, cette équipe française avait l’intention de semer son grain dans la terre du Sussex voire du Kent. D’ailleurs, Axel –un multi-instrumentiste– avait déménagé à Londres, dès l’an 2000, pour engager ses ‘Farmers’. C’était en 2004. Mais les semis n’ont guère poussé ; aussi, il est retourné à Paris, l’année suivante, afin de se consacrer à la production (NDR : dont l’album des Hush Puppies) tout en embrassant une carrière de mannequin ! Le virus de la musique est cependant toujours bien présent, et Axel recrute une nouvelle équipe de fermiers. En 2008. Au sein de laquelle on retrouve le claviériste Arno Van Colen, le bassiste Sébastien Dousson ainsi que le batteur Romuald Deschamps. Lors de son séjour au sein de la capitale britannique, Axel avait sympathisé avec Mark Garderner, le leader de Ride. C’est d’ailleurs lui qui avait mis en forme, leur premier Ep. Et il remet le couvert pour ce premier opus.

Verdict ? La qualité de la récolte est indéniable, mais maque cruellement de saveur. C’est propre, parfaitement exécuté et impeccablement produit. Mais l’aspect mélodique a été trop négligé. D’ailleurs, les compos sont bien plus convaincantes, lorsque le tempo s’accélère, lorgnant alors carrément vers l’univers de Ride ou de Pulp. A l’instar de « Dance Hall » et de « Kids ». Ou alors quand les arrangements frôlent la perfection. Et je pense tout particulièrement à « Dream #7 ». Le reste m’a laissé sur ma faim. Et « Bottle of Rain », planté au sein d’une pop psyché bien trop indolente, en est la parfaite illustration. Bref une petite  déception pour Axel and the Farmers qui devra se contenter de glaner, plutôt que de moissonner…

 

Bad Religion

The Dissent Of Man

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En Amérique, on imagine généralement les choses en grand. La preuve : pour fêter son trentième anniversaire, Bad Religion s’offre carrément un nouveau public.

Trahison ! Infamie ! L’un des parrains de la scène punk rock californienne publie un album Pop Rock ! La chose est manifestement difficilement admissible pour les fans assidus (NDR : dont je ne fais pas partie) ; pourtant il faut bien se rendre à l’évidence. « The Dissent Of Man », la quinzième galette de Bad Religion est un disque rock à fort potentiel commercial.

Alors oui, vu sa production ‘haut de gamme’, signée par Joe Barresi (Queens Of The Stone Age, Tool, Apocalyptica, Coheed and Cambria), ses mélodies accrocheuses et ses harmonies vocales sophistiquées, « The Dissent Of Man » tient plus d’un R.E.M. musclé que d’un Dead Kennedys mélodique. Mais il faut cependant remettre l’église au milieu du village. Bien que politiquement engagé et hautement critique envers la société américaine, Bad Religion n’a jamais été, d’un point de vue musical, le plus violent des groupes punk. Et, si aujourd’hui il s’accorde quelques hits potentiels (« Won’t Somebody », « The Devil In Stitches », « Cyanide »), il ne fait, après tout, que faire évoluer sa musique à un niveau supérieur. Tant pis pour les keupons outrés ! « The Dissent Of Man » est un bon album, truffé d’excellentes chansons. Point barre !

 

Bob Corritore

Harmonica Blues

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Bob Corritore est un harmoniciste talentueux, mais peu notoire auprès du public qui apprécie le blues. Sa passion pour la musique à bouche, il la répercute également à travers son club, le Rhythm Room à Phoenix, en Arizona, un club particulièrement prisé par les bluesmen. Sans oublier l’émission qu’il présente sur KJZZ, ‘Those lowdown blues’, sa propre ‘newsletter’ et ses implications dans le domaine du blues, loin d’être exhaustives. 

Il a publié son premier elpee en 1999 : "All Star Blues sessions". Chez Hightone. Un disque pour lequel il avait bénéficié du concours de nombreux invités : Bo Diddley, Jimmy Rogers, Pinetop Perkins, Robert Lockwood, Henry Gray, Kid Ramos, Bob Margolin, et j’en passe. Il signe plusieurs opus pour ce label, dont "Rhythm Room Bluers", en 2001. Il a également enregistré deux long playings en compagnie du guitariste noir, issu du Mississippi, Dave Riley : "Travelin' the dirt road" en 2007 et "Lucky to be living" en 2009, mais chez Blue Witch.

Delta Groove, le label blues dont la production est la plus conséquente au cours de ces dernières années, a décidé de rendre hommage à cet harmoniciste prestigieux. Comment ? En passant en revue ses 20 années passées au service de l’harmonica. Sur cet album partagé en quinze plages. Je serais incapable de vous répertorier l’intégralité de sa discographie. Elle est bien trop riche. Mais la sélection proposée ici a vraiment de quoi enthousiasmer. A l’harmo, Corritore flirte avec le plus grand art. L’artiste a assimilé tous ses maîtres : Little Walter, Sonny Boy Williamson, James Cotton, Junior Wells, …

"What kind of man is this?" ouvre les hostilités. Dans toute sa splendeur, la diva, Koko Taylor, libère toute sa puissance vocale. Impressionnant. Louisiana Red est un grand ami de Bob. Ils ont partagé si souvent les mêmes planches. Il apporte son concours à "Tell me 'bout it", une compo qui transpire le Chicago Southside, au cours de laquelle Bob souffle divinement. Elle remonte à juillet 2009. Robert Lockwood Jr chante passionnément le "That's all right" de Jimmy Rogers. Pour la circonstance, Henry Gray est préposé au piano. "Tin pan alley" constitue certainement la meilleure plage de cet opus. Un morceau très lent et mélancolique magnifié par la voix désespérée de Big Pete Pearson, un résident du Rhythm Room. On retrouve Gray pour l’interprétation de son "Things have changed", un titre au cours duquel il épanche toute sa sensibilité. Eddy Clearwater est particulièrement tonique pour attaquer son "That's my baby". Corritore s’y révèle sous son meilleur jour ! Little Milton chante "6 bits in your dollar", un boogie royal de plus de 7' qui clôt l’elpee. On épinglera encore la participation de deux des plus vieilles légendes encore vivantes du blues. Tout d’abord Pinetop Perkins, 97 ans, pour "Big fat Mama". Puis Honeyboy Edwards, 95 balais, sur "Bulble bee". Deux plages immortalisées en 2007. Un superbe album auquel j’attribuerai 5 étoiles !

Edible Woman

Everywhere at Once

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Edible Woman constitue assurément une des bonnes surprises de la fin de ce mois de décembre. Un trio italien injustement méconnu qui évolue dans l’univers du psychédélisme. D’ailleurs, après avoir écouté « Everywhere at Once », on comprend mieux pourquoi Julian Cope est devenu un inconditionnel de la formation. S’inspirant d’une nouvelle de Margaret Artwood, pour choisir son patronyme, le groupe est né 2001. A l’époque, leur musique baignait dans la noisy. C’était juste avant l’arrivée de leur chanteur, Luca Gionni, et la publication d’un premier elpee, intitulé « Space/me Calf ». En 2004. Leur guitariste les quitte, l’année suivante. Et décident de le remplacer par un claviériste. Sous ce line up, ils concoctent le très réussi « The Scum Album ». En 2007. Caractérisés par ses nappes de claviers, leurs compos sont quasiment pop. Et pourtant, leur psyché intègre également des éléments puisés dans le hardcore et le punk.

« Everywhere at Once » est certainement leur œuvre la plus ambitieuse, réalisée à ce jour. Les sources sont identiques. Mais le résultat encore plus probant. Original et bourré d’énergie, également. Passé l’intro folk (NDR : à peine une minute !), on entre immédiatement au cœur de la quintessence de l’opus : « A Small Piece Odissey ». Une compo furieuse, imparable, parsemée de déflagrations sonores et infiltrée d’interventions à l’orgue quelque peu dérangées. Des morceaux comme « The Shadows of Doubt » ou l’irrésistible « Everywhere at Once », caractérisé par des accès jazzyfiants assez prononcés, passent également bien la rampe. Et la ligne de basse particulièrement dynamique d’Andrea Gionni, n’y est pas étrangère. Véritable claque, « Hi, This is Hardcore » clôt ce superbe long playing. Et on reste pantois. En regrettant qu’il soit déjà terminé. Edible Woman ou le meilleur antidote aux Berluscon(ner)i(es) qui éclaboussent l’Italie…

 

Grizzly Adams

Hombre Grande

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Si vous appréciez Nick Cave, Stuart A. Stapes et Kurt Wagner, Grizzly Adams devrait peut-être vous botter. Ce n’est pourtant ni une formation australienne, britannique ou américaine, mais batave, issue d’Utrecht très exactement, au sein duquel milite un chanteur dont la voix est aussi sombre que celle de ces illustres références. Le groupe a choisi un titre en espagnol pour baptiser son elpee « Hombre Grande ». Il se traduit par ‘grand homme’. Serait-ce la figure iconique de ces chanteurs aux voix profondes ? C’est en tout cas une hypothèse plausible, tant leur album s’érige en une sorte de ‘Best Of Deep Voice’.

Serions-nous en présence d’un pur exercice de style ou d’une caricature ? Peut-être ; mais un destin international semble, en tout cas, ouvrir les bras aux Grizzly Adams, car « Hombre Grande » devrait plaire aux nombreux fans de Lambchop (« Invitation »), des Tindersticks (« Waiting For »), de The National (« Don’t Come ») voire de Nick Cave (« Hello Dan »). Et si le baryton de Daniel Papen n’est pas toujours aussi maîtrisé que celui de ses maîtres, les ambiances, souvent mélancoliques, tissées soigneusement par le groupe, rappellent bien souvent les meilleurs moments de ces artistes notoires. « The Mothers » et « Invitation » constituent certainement les deux meilleures compos de l’opus. Empreintes de mélancolie, les mélodies assument parfaitement leur profil dramatique. Le titre maître et « Desire By Blue River » sont également de toute bonne facture. De petites touches électro judicieuses colorent une expression sonore dominée par les guitares, mais également parcourues d’accords de piano et d’envolées de cordes. Notons également la très belle reprise –crépusculaire– du « Signed DC » de Love, formation californienne mythique.

« Hombre Grande » n’est pas une œuvre qui brille par son originalité, mais elle est parfaitement exécutée et profondément habitée… Et à ce titre, elle mérite qu’on y prête une oreille attentive.

Haradwaith

Creating Hell

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Lorsqu’on monte un groupe, dénicher un nom original tient parfois du casse-tête. Heureusement, l’univers de J.R.R. Tolkien est une source d’inspiration inépuisable. Haradwaith, par exemple, est le nom d’une région située au sud de Gondor et Mordor. C’est, curieusement, le patronyme qu’a choisi ce combo black métal gréco-germain, dont les lyrics sont pourtant beaucoup plus axés sur le satanisme que le récit des aventures de Frodon Le Hobbit.

L’histoire d’Haradwaith débute en Grèce en 2003. A cette époque le line-up n’est constitué que d’Erebor (NDR : encore une allusion à Tolkien) et Raudhrskal. Les deux musiciens sont frères. Erebor est batteur, Raudhrskal guitariste. En 2005, ils s’installent en Allemagne et recrutent deux membres supplémentaires : Vorst à la basse et Slaktare à la guitare. Mais ce n’est qu’en 2009 qu’Haradwaith croit enfin trouver sa voix définitive en la personne d’Iblis, l’ancien frontman du combo black métal allemand Endstille. L’enregistrement de « Creating Hell » débute quelques mois plus tard. Une fois l’album mis en boite, Iblis annonce son intention d’abandonner définitivement la musique. Son remplaçant, un nommé Skoll, est intégré assez rapidement. Soucieux de présenter au public les qualités de son nouveau hurleur, Haradwaith réenregistre trois titres de « Creating Hell », en sa compagnie. Ceux-ci sont ajoutés, en bonus, à la version définitive de l’album.

« Creating Hell » est découpé en onze plages (NDR : huit enregistrées par Iblis et trois réenregistrées par Skoll). Un opus de black métal brutal, haineux et virulent. Le groupe semble chercher son inspiration dans la musique de Mayhem et aussi un peu, pour les guitares, chez celle d’Emperor. Le son est clair et puissant. La musique rapide et relativement technique. Erebor, derrière les fûts, abuse un peu trop des blast-beats ; ce qui, à la longue est un peu irritant. Sur les trois titres bonus, la différence entre la voix d’Iblis et celle de Skoll n’est pas vraiment flagrante.

A défaut d’être original, « Creating Hell » surprend par sa qualité sonore ; ce qui, pour une musique aussi brutale, est vraiment un plus.

Matthew Herbert

One Club

Écrit par

En avril dernier, l’homme qui change de chemise comme de pseudonyme, avait publié le premier tiers de son triptyque, « One One ». Un recueil de chansons pop minimalistes, au cours desquelles, pour la première fois, l’Anglais poussait la chansonnette. Toujours aussi versatile, dans ses choix, Matthew Herbert a décidé de nous entraîner sur les dancefloors des night-clubs. Un disque enregistré au sein du mythique club ‘Robert Johnson’ de Francfort. Ce qui explique son titre : « One Club ». Disque riche en expérimentations sonores, son originalité procède du contexte qui a entouré son enregistrement. En fait, il a recueilli des tas de sonorités ‘live’ au cœur de la foule présente dans l’enceinte du ‘Robert Johnson’ (danses, embrassades, sonneries de téléphones, conversations privées et même bruits produits dans les toilettes) entre 20h00 et 22h00. Il a ainsi disséminé ses microphones au sein de l’immeuble, fréquenté alors par 600 personnes. Il ne lui restait alors plus qu’à coller le résultat sur des beats et boucles techno. Tour à tour percutantes ou contemplatives, les plages produisent un effet saisissant. Matthew est un artiste qui ne manque pas d’idées, c’est une certitude. Mais en privilégiant la recherche pure, on ne voit pas trop comment on pourrait remuer le popotin, à l’écoute de sa solution sonore. Dont les titres, plus anecdotiques les uns que les autres, sont à des années-lumière de refléter une image ‘mainstream’. Mais après tout, on s’en tape ! En attendant « One Pig », ultime galette de la trilogie d’Herbert est hallucinante et mérite une écoute, à sa (très) juste valeur !

Hurts

Happiness

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Parmi les revivalistes 80’s, on en voit des vertes et des pas mûres. Le dernier en date ? Un duo synthé-pop affreusement gominé répondant au patronyme de Hurts. Et ouais, ça fait mal ! Le look serait essentiel dans la musique, paraît-il. Adam Anderson et Theo Hutchcraft ont donc vraiment tout compris lorsqu’il s’agit de se nipper comme de vrais ringards. Enfin excusons-les de ce mauvais goût. Finalement, le but n’est-il pas de causer musique, Ca tombe bien ! Car leur premier opus « Happiness » mérite vraiment qu’on s’y intéresse. Car parfois, ça fait du bien de se lâcher sur les grosses productions foireuses ! Cette rondelle en est une dans toute sa splendeur. La voix mielleuse de Hutchcraft et les sonorités spatiales électroniques sont à vomir (« Silver Lining »). Les textes sont à l’eau de rose (« Blood, Tears & Gold »). Et même le duo gnangnan échangé en compagnie de Kylie Minogue (« Devotion ») fait pitié. Bref ce « Happiness » possède toutes les propriétés pour nous rendre malheureux ! Il y a des jours où je préfèrerais être sourd plutôt que de devoir me farcir un truc aussi médiocre…

Le Singe Blanc

Babylon

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Il y a deux ans, suite à une tournée accomplie en Chine, Le Singe Blanc publiait « Baî Ho », son opus le plus abouti en presque une décennie d’existence. Aussi, on se demandait comment les Lorrains (NDR : issus de Metz, plus précisément) allaient se débrouiller pour concocter, au moins, un album de la même trempe. D’autant plus que la formule pour le moins atypique et minimaliste du groupe (deux basses, une batterie) n’a pas changé d’un poil.

Et bien, je vous rassure directement, Le Singe Blanc est en pleine forme. Sa fougue est toujours aussi présente. Indocile, il continue de bondir dans tous les sens en multipliant les cabrioles. On y retrouve ces rythmes saccadés, épileptiques, ces cris sauvages poussés dans une langue issue de leur imagination. Le tout en mélangeant noisy et punk. Et le résultat fait à nouveau mouche. Les délires sont légion comme pour mieux narguer le mélomane. Sur certains titres, on ne peut s’empêcher d’esquisser un sourire, à l’instar des singeries concédées sur « Miozopor », caractérisées par ses cris évoquent des mioches qui paillent dans une cour de récré. Mais d’autres plages inspirent le respect. Et je pense tout particulièrement au très puissant « Sblaf ».

Une critique ? Oui la pochette. D’un goût plus que douteux, ce Kebab n’incite guère à l’optimisme. Et pourtant, si l’emballage ne convainc pas, le contenu a de quoi susciter l’enthousiasme. Du moins pour celles et ceux qui apprécient les élucubrations délirantes du band hexagonal au style tellement décalé. Dans la négative, il vaut mieux s’abstenir ; sans quoi vous risqueriez de vous taper une crise de nerfs. Perso, je m’en suis tapé une bonne tranche. De singe ? Non, non, de bon temps !

N'Relax

Oak tree

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Diffusé par le label Grolektif depuis le 9 novembre dernier, le second disque de N'Relax se révèle être assez surprenant. Bien qu'inégal, l'album "Oak Tree" démontre que le groupe possède de réelles qualités et une personnalité qui s'affirme. Si la voix de Marine Pellegrini s'inscrit dans la mouvance déjà surchargée des chanteuses-femmes-enfants, initiée par Björk ou Joanna Newsom, l'instrumentation tour à tour jazz, électronique ou pop, dessine des ambiances originales.

Le premier groupe de Marine Pellegrini s'appelait Pink Petticoat, et l'on peut écouter sur leur MySpace de jolies compositions, mêlant habilement jazz et chanson française. Déjà, à l'époque, le goût du texte était présent. 

N'Relax est la suite de son parcours, pour lequel la chanteuse s'est entourée de Pierre Vadon pour la guitare et les claviers, Lucas Garnier à la trompette, Matthieu Play au sampler et les ‘petits instruments’ ainsi que Nicolas Taite pour la batterie. Voix et instruments s'entrecroisent en d'obsédants vas-et-viens. Les textes, hypersensibles et corrosifs, sont chantés avec une certaine malice qui les rend plus légers. Un côté un brin désuet, romantique et brut à la fois, des textes récités sur quelques notes, souvent à la première et deuxième personne, charpentent une musique intimiste.

Derrière le titre de fable "Tiger and sparrow" (le tigre et le moineau) se cache l'histoire d'une maladie (le tigre) et d'une âme (le moineau), vivant à l’intérieur de la même cage thoracique, rappelant le nénuphar grandissant dans le poumon de Chloé ; celui de « L'Ecume des jours » de Boris Vian. ‘You know this place is too small for both of us’ dit le moineau au tigre, ‘I can't see the light’. "Early autumn" se réfugie dans un jazz mélancolique, laissant place à la trompette et à la voix pour un duo digne de Beth Gibbons. Quelques titres sont chantés en français, comme "La treille des rêves" qui débute sur quelques notes d'accordéon-jouet, derrière lequelles on entend des oiseaux. La voix dépose des mots acérés. Quelques sonorités de carillon et l'univers se dessine. Ces poèmes chantés révèlent une certaine qualité d'écriture. Les morceaux n'abusent pas des effets, le son semble brut, peu retouché. Certains morceaux sont plus acidulés, sur des mélodies pop rappelant Ellen Allien, comme "L'horloge" et son refrain de générique de dessin animé. "Eddy (part I)" est léger et grave à la fois, répétant le même refrain soutenu par une batterie et une trompette. "Eddy (part II)", superbe dans sa lenteur, débute sur quelques notes de guitare, à laquelle viennent s'ajouter un tuyau chantant dans les airs, et une trompette funèbre. Le chant forme comme une ligne ininterrompue, jusqu'au manque de souffle. "I can see" commence ainsi : ‘I can see myself dying everyday, on the street, on the way’, puis Marine Pellegrini énumère les façons dont elle s'imagine mourir, écrasée par un bus, par une étoile… le tout sur une ballade mi-entrainante mi-angoissante soutenue par des violons. "Eddy (part III)", avant-dernier morceau du disque, offre la même simplicité de composition (quelques notes de carillon, synthé et voix) et une densité émotionnelle similaire.

L'album oscille entre accords dissonants, jazz fusion, et ambiances plus convenues. N'Relax cherche dans différentes directions ; mais, n'est-ce pas ainsi que l'on découvre des chemins inconnus ?

N'Relax pourrait partir encore plus loin dans cette fouille viscérale. Même si les Lyonnais flirtent avec des ambiances pop acidulées, leur originalité procède plutôt de ce regard introspectif, certainement plus difficile, et du goût du texte, qui prend toute son ampleur quand celui-ci est dans la langue de Molière.

Pour ma part, je parierais bien volontiers que l'on entendra parler de cet ensemble lyonnais d'ici peu.

Sharko

Be(a)st of

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Sharko, c’est David Bartholomé. Et David Bartholomé c’est le Tintin du rock belge… Ses débuts, il les a accomplis en solitaire. Déjà. Dès 1992. Mais il meuble rapidement sa solitude, à l’instar du plus illustre reporter de notre plat pays. Et pour cause, après avoir publié un premier cd solo, intitulé « Feuded », en 1997, dont il extrait l’excellent single « Wake Up », il s’adjoint les services d’un fidèle compagnon. Depuis le second millénaire, dans le rôle de l’inséparable Milou, Henri Teuk l’épaule donc aux guitares.

Douze mois plus tard, vêtu d’un imperméable vert (NDR : celui de Tournesol ?), Julien Paschal débarque et récupère les baguettes que David se réservait énergiquement jusqu’alors. Le line up résiste jusqu’en 2008 où, fatigué par le rythme et lassé des tournées, le drummer passe le relais à Charles Decroix (Dupont ?), lui-même remplacé en 2010 par Laurens Smagghe (Dupond ?)

Depuis les prémices de sa carrière, David a toujours privilégié la musique qui pouvait ‘percuter’ sur scène. C’est dans ce contexte qu’il faut donc aborder ce Be(a)st of. Quinze titres qui sont autant de crochets à la face, de directs au foie, d’uppercuts au menton ou de jabs en pleine poire. Après douze ans de carrière, notre Tintin national a choisi et remasterisé ce qu’il y avait de plus révélateur parmi ses cinq albums studio. Dans sa sélection (elle aurait pu être plus large encore), on épinglera plus particulièrement les trois versions inédites de « Excellent », « Spotlite » et du très dance-floor « We Should Be Dancing ». A ces trois nouvelles versions s’ajoutent pêle-mêle, pour le plus grand bonheur des fans, des titres tels que « Rise up », « Motels », « Sweet Protection » ou encore « Since You Called » et « Yo Heart ».

Une excellent sélection, donc pour ce Be(a)st of, résumé parfait d’une carrière débutée, ben oui, en 1992, où exilé aux USA, David faisait déjà parler de lui dans de petits clubs folk-grunge de la côte ouest.

‘Tintin en Amérique’, seconde version, en quelque sorte !!!

A voir d’urgence sur scène si vous n’en n’avez pas encore eu l’occasion. Son dernier set, auquel j’ai pu assister était même mémorable. C’était dans le cadre de l’édition 2010 du festival Sugarock (NDR : voir le compte-rendu consacré à cette prestation, dans notre rubrique festivals).

A qui attribuer le rôle du capitaine Haddock, dès lors ???

Ben ce s’rait p’têt bien leur producteur Dimitri Tikovoï (Placebo, The Horrors, Goldfrapp) qui, depuis cinq ans, se décarcasse pour les pousser vers le haut en leur donnant toujours plus de puissance et de moyens d’expression.

Indispensable !

 

Villagers

Petit par la taille, grand par le talent…

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Villagers est une formation irlandaise drivée par l’ex-The Immediate, Conor J. O'Brien. A ce jour, le combo est responsable d’un Ep, « Hollow kind » publié en 2009, et d’un excellent long playing, « Becoming a Jackal », paru en mai dernier. Responsable de textes ténébreux, mais pas trop, Conor est un doux rêveur, mais dont les rêves se sont rapidement transformés en réalité…

Huit heures pile. Les lumières s’éteignent. La Rotonde est pleine à craquer. Place à Moon On Earth. Un trio belge réunissant un accordéoniste, un guitariste et un bassiste. Ils jouent assis. Leur pop est intimiste. La communication entre la formation et le public est excellente, mais il faut reconnaître, qu’au fil des morceaux, le set devient de plus en plus soporifique. Après une demi-heure, le groupe se retire en remerciant l’assemblée, sous les applaudissements d’un public apparemment, conquis. 

Personne n’ose réellement quitter la salle de peur de se faire chiper sa place. Aussi, les plus malins chargent des délégués aux boissons, afin de faire le plein au bar, avant le concert de Villagers. Qui commence à 21 heures. Conor J. O’Brien monte sur l’estrade. Il est seul, armé de sa sèche. De petite taille, il a un visage de poupon. Le Dublinois entame sa tracklisting par « Twenty Seven Strangers ». Dès la fin de la chanson, quatre musiciens le rejoignent. Les morceaux de son dernier elpee, « Becoming A Jackal », s’enchaînent. Le public (majoritairement féminin) est littéralement sous le charme. Il faut dire que les Irlandais ne font pas les choses à moitié. O’Brien montre toute l’étendue de son talent et il y met du cœur. Plus intenses que sur l’album, les morceaux tels « Becoming A Jackal » ou « That Day » vous flanquent la chair de poule. Le groupe nous gratifie même de quelques titres inédits. Jamais en reste de remerciements, le songwriter exerce un certain pouvoir de fascination auprès de son audience. Après 50 minutes le groupe se retire.

O’Brien réapparaît seul et nous réserve une autre nouveauté. Et un dernier morceau, « Ship Of Promises », clôt d’une manière magistrale, cette magnifique prestation.

Petit par la taille mais grand par le talent, O’Brien est parvenu à donner une autre dimension à son premier opus, qui est, sans conteste, l’un des meilleurs de cette cuvée 2010.

(Organisation Botanique)

The Residents

De l’autre côté du miroir

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Mardi 16 novembre 2011. Un brouillard à couper au couteau baigne l’ensemble du Hainaut Occidental. Pourtant, j’ai vraiment envie d’assister au show que les Residents accorderont ce soir, à Courtrai. Par prudence, je décide donc de recourir aux transports en commun. En l’occurrence, le chemin de fer. Sur le site de l’organisateur, le début du spectacle est prévu pour 20h00. En démarrant à 18h40, j’y serai en temps et en heure. Je débarque donc à la gare de la Cité des Eperons d’or vers 19h20. La salle est située à 3 minutes de la station. Mais bon, pour le retour, il faudra reprendre le train de 22h25. De Kreun dispose depuis deux bonnes années d’une toute nouvelle salle. Pas encore mis les pieds depuis. Autrefois, le club était établi dans la banlieue ; à Bissegem, très exactement. Où votre serviteur a pu assister à quelques concerts mémorables, dont ceux de Kevin Ayers, Kevin Coyne, les Godfathers, Ed Kuepper, Green On Red et la liste est loin d’être exhaustive. En arrivant sur place, un écriteau collé sur la porte nous précise que les lieux ne seront accessibles qu’à partir de 20h00 et que le concert débutera à 20h30. Ne reste plus qu’à prendre un verre au bar, à côté. En se doutant bien devoir manquer la fin du spectacle.

Venons-en un peu à nos Residents. Une formation avant-gardiste, expérimentale, thématique, unique en son genre, ouverte à toutes les formes d’art, mais aussi à la technologie moderne, qui s’est établie en Californie au cours de la seconde moitié des sixties. Peu de monde connaît leurs visages. Ni leur véritable identité, d’ailleurs. Depuis le début des eighties, ils se produisent sur scène, en smokings, haut-de-forme et masques représentant des globes oculaires. Mais d’après les derniers échos glanés sur Internet, leur nouveau spectacle serait totalement différent. A l’instar de Tuxedomoon, Chrome et MX-80 Sound, les Residents ont relevé d’une même scène, sur la côte Est des Etats-Unis, qui a été qualifiée de radicale. Intellectuelle surtout. Mais surtout très intéressante et particulièrement influente. Ce mouvement avait d’ailleurs fait l’objet d’une compile, à cette époque, intitulée « Subteranean modern ». Un recueil paru chez Ralph Records, le label fondé par les Residents. Ben tiens ! Leur line a très longtemps fonctionné sous la forme d’un quartet. Il est aujourd’hui réduit à un trio, Carlos ayant décidé de quitter le navire pour aller soigner sa maman, malade, à Mexico.

Finalement, le concert ne débute que vers 20h45. Trois quarts d’heure au cours desquels, on devra patienter à l’écoute de musique semi ambient/semi industrielle. Quarante-cinq minutes, c’est long ; même si on en profite pour jeter un œil sur la structure particulièrement contemporaine et bien équipée de la salle. Un seul bémol : les WC. Il n’est indiqué nulle part s’ils sont réservés au sexe masculin ou féminin. Dans ces conditions, vous vous doutez bien que plus d’un spectateur ou d’une spectatrice se trompe d’accès. Et ben oui, c’était pas la bonne porte…

Sur l’estrade, on remarque la présence d’un sofa, d’un faux poêle au gaz (NDR : reproduisant même les flammes du foyer), sur lequel est posé une petite TV, un lampadaire et une radio des années cinquante. Une petite table sur laquelle sont posés un petit clavier, un pupitre et un ordinateur-portable a été plantée à gauche de l’estrade. On dénombre deux chaises en bois. L’une réservée à Chuck et l’autre à Bob, respectivement claviériste et l’autre au gratteur. Ce second siège est placé à droite du podium. Enfin, trois écrans circulaires ont été installés méthodiquement, légèrement en retrait. Les musiciens montent sur les planches. Hormis la redingote rouge, les deux instrumentistes sont vêtus de noir : costume, bas recouvrant la tête et fausse perruque ‘rasta’. Ils arborent de drôles de lunettes. Futuristes. Un peu comme s’ils sortaient d’un tournage de ‘La guerre des étoiles’. Randy, le vocaliste, a le visage dissimulé sous un masque de vieillard. Il a revêtu un peignoir, qu’il laisse ouvert pour laisser apparaître une cravate rouge à pois blancs d’au moins un mètre de longueur ; et puis un caleçon américain, qu’il a enfilé sur des bas collants. Il est chaussé de godasses de clown. Et me fait penser au Dr Emmett Brown dans la série ‘Retour vers le futur’. Il commence à se lancer dans un monologue, au cours duquel il nous explique le concept de son nouveau show : « The talking light ». Et tout d’abord cette histoire d’un vieil homme un peu dérangé de l’esprit, qui se pose des tas de questions existentielles. Tiens, une situation qui me fait penser à la mère de Carlos… Puis, il s’assied. Avant de revenir vers le micro. Il se demande si ce qu’il a vécu au cours de son adolescence était bien réel. Entre récits, incantations, lamentations et cris de détresse effroyables, il se met parfois à balancer les bras de gauche à droite, en dansant ; mais à sa manière. Surtout lorsque la musique se fait plus funkysante. Il nous communique ce sentiment de solitude et de désespoir lié au processus de la vieillesse. Parfois, il sort un harmonica pour y souffler dedans, mais en diffusant des sonorités particulièrement spectrales. A vous flanquer des frissons partout. Il s’éclaire aussi circonstanciellement le visage, pour accentuer l’aspect effrayant de son masque. Les deux acolytes triturent des sonorités atmosphériques, mais parfaitement adéquates au spectacle. On a aussi droit à quelques chœurs angéliques, lors d’un morceau caractérisé par un solo dégoulinant de six cordes. Ce sera d’ailleurs le seul. Randy utilise régulièrement un projecteur portable pour le fixer successivement sur les trois écrans. Un bonhomme Michelin amaigri nous parle. Comme s’il nous causait de l’au-delà. Il cède, un peu plus tard, sa place à une femme aux yeux énormes, dont la bouche devient démesurée au fil de ses interventions. En fait, on est dans le second sujet. Le miroir. Qui reflète sa propre image. C’est-à-dire celle qui vit dans l’autre monde. Après la mort ? Ce sont en tout cas des sentiments soulevés ici ; et qui peuvent susciter la peur. Pas pour les Residents, pourtant. Qui cherchent simplement à chercher le chemin qui mène du réalisme et surréalisme. Peut-être une référence à Cocteau… Randy nous parle bien sûr des rêves, pastichant même le célèbre « All I want to do is dream », popularisé par les Everly Brothers. Et du rêve au cauchemar, il n’y a qu’un pas que les Residents n’hésitent pas à franchir…

Il est 22h15, il est temps de quitter les lieux. Mais ce soir, je suis un peu interloqué. Faudra une bonne nuit pour remettre ses idées en place. Heureusement, dehors, le brouillard s’est levé.

(Organisation De Kreun)