Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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ZZ Top

Live in Germany 1980 (Dvd)

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ZZ Top est tellement devenu célèbre, qu’on se demande parfois s’il n’est pas intemporel. C’est vrai que le trio texan (NDR : issu de Houston, très exactement) est né il y a plus de 40 ans. En 1969, pour être plus précis. Et cette machine à succès continue à sévir, sans se soucier du temps ou des modes. Avant que les trois musiciens se s’unissent musicalement, pour le meilleur et pas certainement pas pour le pire, Billy Gibbons militait au sein d’un groupe de blues aux accents légèrement psychédéliques, les Moving Sidewalks, comme chanteur/guitariste. Le bassiste, Dusty Hill, et le drummer, Franck Beard, avaient sévi chez American Blues, The Warlocks (NDR : rien à voir avec la formation californienne) et Cellar Dwellers. A leurs débuts, les musicos n’affichaient pas encore de look bien caractéristique. Juste des santiags, jeans et chapeaux. Une époque à laquelle, le combo avait gravé un elpee éponyme, "Rio Grande Mud" ainsi que "Tres hombres". Ce n’est qu’au beau milieu des seventies que Gibbons et Ham décident de laisser pousser démesurément leur barbe et de synchroniser leurs pas, sur les planches. Beard (= barbe en anglais), lui, refuse de se laisser pousser cette barbe et n’adopte que la moustache. Ce sera leur période de reconnaissance.

Lors d’une tournée européenne, la formation se produit au Grugahalle d’Essen. La TV allemande filme ce set et le diffuse dans le cadre de la série à succès ‘Rockpalast’. Et c’est ce qui figure sur ce Dvd : plus d'une heure et demie de bonheur, au cours de laquelle, ZZ Top dispense un blues rock puissant, teinté de boogie, soutenu par un jeu de scène simple mais terriblement ravageur. Les thèmes traités dans les lyrics sont rituels : les femmes, l’alcool et les automobiles. Tous les meilleurs titres des derniers albums d'alors sont au répertoire : "Tres hombres", "Fandango", "Tejas" et surtout leur dernier "Eliminator" dont dix des onze plages sont ici interprétées. Le trio est valeureux dans ses efforts et cette musique marque des points à chaque instant. Les classiques défilent : "I thank you", "Jesus just left Chicago", "El Diablo", jusqu'au boogie furieux qui marque la fin des concerts de l’époque : "La Grange". Presque carbonisé, le public teuton réclame un rappel. Le trio lui accorde d’abord cinq chansons, dont "She loves my automobile", "Dust my broom" et "Jailhouse rock". Conquérant et généreux, il en concède un second, au cours duquel, il va se fendre du boogie "Tube snake boogie" et d’un rockin' blues remontant à ses débuts, "Just got paid". L’ambiance est à la fête. Tout le monde prend son pied. Tant le public que les musiciens.

"Eliminator" paraît donc peu de temps plus tard. Soit en 1983. Ce sera son plus gros succès. Au fil du temps, la musique du band va évoluer naturellement ; mais sans jamais se départir de sa ligne de conduite. Et force est de constater que trente ans pus tard, il remplit toujours les plus grandes salles de concert. Longue vie à ZZ Top!

Angra

Aqua

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Peu après avoir publié l’excellent Cd « Mentalize » du vocaliste brésilien André Matos, le label allemand SPV nous jette en pâture le dernier rejeton d’Angra, la formation dont il était jadis le leader.

Ce qui séduit d’emblée chez Angra, c’est sa capacité à alterner les styles. Osciller du speed métal teutonique primaire au métal progressif en passant par le rock symphonique grandiloquent, les ballades langoureuses et la musique ethnique, Angra s’en est fait une spécialité. Ainsi, l’auditeur peut-il headbanger sur le très ‘Helloweenien’ « Arising Thunder » (NDR : le mimétisme entre la voix d’Edu Falaschi et celle de Michael Kiske sur ce titre est carrément bluffant). Il peut aussi essayer d’analyser les nuances et les structures des titres les plus progressifs tels qu’« Hollow », « Spirit Of The Air » et « The Rage Of Waters ». Ou alors se remuer au rythme des percussions ethniques et des guitares ‘Santana-esque’ de « Weakness of Man ». Il a aussi l’opportunité de se régaler des arrangements symphoniques d’« Ashes » et, si le cœur lui en dit, verser une larme sur la ballade « Lease Of Life ».

Néanmoins, les fans du groupe de São Paulo y sont habitués et, si l’on excepte la prédominance des titres progressifs, il n’y a plus vraiment de surprise. « Aqua » est la suite logique de son prédécesseur « Aurora Consurgens », sorti en 2006. Comme toujours, le plus gros atout d’Angra procède de la dextérité de ses deux incroyables six-cordistes. Et une nouvelle fois, le duo Rafael Bittencourt / Kiko Loureio nous en donne pour notre argent. Les soli sont tout bonnement ahurissants. Felipe Andreoli à la basse n’est pas en reste. Certaines de ses interventions tiennent même du sensationnel.

Saluons aussi le retour en grâce de l’excellent Ricardo Confessori qui avait quitté le navire en 2000 pour rejoindre le Shaman d’André Matos. Les rancœurs passées semblent tout-à-fait oubliées puisque le batteur a retrouvé l’amitié de Kiko Loureio et de Rafael Bittencourt en même temps que sa place au sein du line up.

Par son côté très progressif et la quasi absence de refrains accrocheurs, « Aqua » n’est pas l’album le plus ‘facile d’accès’ d’Angra. Cependant, la diversité des compositions, la qualité des arrangements et la dextérité des musiciens font de ce nouvel opus un incontournable de la discographie du groupe brésilien.

Blitzen Trapper

Destroyer of the Void

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Quelques mois à peine, après avoir publié un encourageant, quoiqu’inégal Ep intitulé « Black River Killer », les musiciens de Blitzen Trapper nous rappellent leurs évidentes qualités d’orfèvres folks. Tout au long des 12 titres de « Destroyer of the Void », ces gringos originaires de Portland (dans l’Oregon) revisitent toujours, avec beaucoup de classe, l’esprit de la ‘grande’ musique américaine. Cette influence est par exemple flagrante sur « Sadie ». A cause de la troublante ressemblance entre le timbre d’Eric Earley et celui de Bob Dylan. Suffit d’écouter la superbe ballade « The Man Who Would Speak True », pour s’en rendre compte. Une compo au cours de laquelle sa voix d’ailleurs est impressionnante. L’album lorgne également du côté de l’univers de The Band, Tom Petty (« Evening Star ») voire même de Wilco (« Laughing Lover »). Mention spéciale toutefois au titre inaugural « Destroyer of the Void », dont la structure complexe (progressive ?), caractérisées par ses harmonies vocales limpides, ses synthés vintage et ses guitares héroïques, aurait pu naître d’une rencontre entre le Grateful Dead et E.L.O. Un morceau bien éloigné du folk-rock, relativement classique, de leur opus précédent (« Furr », sorti en 2008). Malgré ces quelques ouvertures, Blitzen Trapper n’a toutefois pas renié son concept original ; l’ensemble de « Destroyer of the Void » baignant d’ailleurs dans une forme de climat pastoral. Les pianos et les harmonicas évoquent les chers vieux westerns de John Ford, les harmonies vocales sont riches (un cran en dessous des Fleet Foxes tout de même…) et les guitares poussiéreuses. Le duo échangé en compagnie de la diva folk Alela Diane sur « The Tree » est d’ailleurs symptomatique de cet état d’esprit très ‘côte ouest’… Attention : il donc est obligatoire d’écouter ces véritables outlaws de studio, coiffé d’un Stetson !

Si une véritable personnalité peine quelquefois à émerger de leur expression sonore, jamais le mélomane ne s’ennuie à l’écoute de leur cinquième elpee ; car leur folk est résolument moderne et les mélodies originales. A vous procurer d’urgence, si vous rêvez de sonoriser, dans vos westerns imaginaires, une nouvelle conquête de l’Ouest. Blitzen Trapper sera en concert le 26 novembre au festival ‘Autumn Falls’ du Cirque Royal. N’oubliez pas votre cheval !

 

Blue Velvet

Level II

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L’univers singulier de Blue Velvet est le fruit d’une belle et simple rencontre entre deux mélomanes avertis : Mirco et pH. « Level 2 » constitue leur second album. Une formation dont les influences sont particulièrement variées. Mais une question s’impose d’emblée : serions-nous en présence d’un concept sombre et hermétique, influencé par certaines œuvres de David Lynch, à qui ils ont emprunté le titre de l’une d’entre-elles, pour baptiser leur groupe ? Si c’est le cas, il faut plus aller chercher du côté du voyage contemplatif d’« Une Histoire Vraie » que des divagations oniriques d’« Inland Empire » ; car leur expression sonore rappelle constamment les grands espaces américains. Le tout, bien évidemment, revu et corrigé, suivant un feeling bien belge. Dans cette optique, pas étonnant de retrouver l’illustre Rudy Trouvé (ex-dEUS) à leurs côtés, pour la production et souvent à la guitare ! Si les références à Tom Waits et My Bloody Valentine sont avancées par le dossier de presse, les influences de Blue Velvet sont bien plus riches que celles annoncées. Et sont susceptibles de lorgner vers le rock déviant de Dead Man Ray ou électro de The Notwist, le folk dérangé de Neutral Milk Hotel (« Outside », « Poison ») ou sombre de Santa Cruz (« Level II ») voire même de privilégier la forme acoustique (« Try Again ») ou même électro. Le sommet du recours au bidouillages est atteint sur des titres comme « The Girls Of My Life » ou le très mélodique « Message On My Lips ». Le spectre de dEUS est cependant bien présent (« Mad Horse », « Clear My Sun »). Faut dire que les guitares acérées de Rudy sont tellement caractéristiques. Néanmoins, malgré ce référencement particulièrement ample, Blue Velvet possède assurément une identité propre. D’ailleurs si ce combo devrait aisément se faire une place au soleil, sur la scène noir, jaune, rouge (NDR : tant que la Belgique existe encore) ; il possède suffisamment de potentiel pour s’exporter et briller au-delà de ces frontières

Blue Velvet se produira en concert le 24 septembre à l’Atelier Rock de Huy, le 2 octobre au Belgorock Festival à Odeigne/Manhay et le 22 octobre au Magic Mirror à Liège.

Cyanide Pills

Cyanide Pills

Écrit par

Ils sont jeunes, pas spécialement beaux, pratiquent du punk et nous viennent de Leeds. De ces quatre vérités, la seule digne d’intérêt est la dernière. Pour le reste, ces héritiers des Pistols ont malheureusement trop écouté Green Day. Certains morceaux ont pourtant la pertinence de certains aïeuls bien plus fiers (« On the outside »), mais une surabondance de mélodies écœurantes rend l’ensemble fort indigeste. « Screw me up » par exemple, le titre le plus pop, sonne comme si Fonzy de Happy Days s’était mis en tête de faire du Offspring. Certes, parfois, certaines chansons séduisent par leur côté immédiat, mais l’ensemble n’en demeure pas moins assez quelconque. Sympa tout au plus, cet album à la pochette plus qu’hideuse est un rappel pertinent que toute bonne recette a besoin d’un minimum de génie, en plus du savoir faire. Never mind the Buzzcocks !

Drums Are For Parades

Master

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Drums Are For Parades est LE groupe de rock belge à écouter, pour la rentrée des classes. Après avoir mis le feu sous les chapiteaux des grands rassemblements estivaux (NDR : notamment une performance fort remarquée lors de l’édition 2010 du Dour Festival), le trio gantois confirme tout le bien que l’on pensait de lui. Car son premier album casse la baraque.  

Dès les premières notes du titre introductif « The Law », Drums Are For Parades annonce la couleur. Puissance et agressivité sont au rendez-vous. Ça frappe fort et juste. Le trio ne fait pas dans le détail. Dix morceaux en 33 minutes, au cours desquels les trois barbus déchirent grave. Ça va vite, très vite. Suvitaminées, les deux guitares suivent les coups de massue assénés par la batterie. Un synthé entretient les ambiances malsaines. Ce qui explique pourquoi la mixture sonore de Drums Are For Parades est simple, mais ô combien addictive. Une musique idéale pour se défouler, après une journée déprimante de cours ou de travail. On comprend aisément pourquoi Hickey Underworld, Goose ainsi que Soulwax en sont fans ; et ce n’est pas pour rien si Monsieur Chris Goss (producteur de Queens Of Stone Age, Kyuss, …) les décrit comme les nouveaux Kyuss. Rien que ça !!! Parmi les invités, on épinglera également la présence de Younes Faltakh (NDR : chanteur/guitariste de Hickey Underworld) sur « The Beast » (les deux formations évoluent dans un univers musical fort proche) ainsi que du saxophoniste de Jaga Jazzist, Jorgen Munkeby, sur « Idiot Check ».

Vu la qualité de leur premier elpee, les Drums Are For Parades devraient finir par s’imposer sur la scène nationale, mais également internationale. D’autant que leurs prestations scéniques libèrent une énergie impressionnante. Une bonne raison pour ne pas les manquer ce 23 septembre, au Botanique, où ils se produiront dans le cadre des Nuits du Soir.

 

Electric Sunset

Electric Sunset

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Ancien membre de Desolation Wilderness, le jeune Nic Zwart a décidé de faire cavalier seul ; et il semble être promis à un bel avenir. Il a choisi pour nom de scène Electric Sunset. C’est également le titre de son premier album, publié sur l’excellente écurie K. Et cet opus est une petite merveille aux accents electronica. L’Américain à la tête de nerd pose sa voix délicate sur les samples et sonorités ambient faites de claviers et cordes. Une œuvre empreinte d’une grande mélancolie propice aux visions idylliques. Ses compos se collent suavement à la membrane auditive, et projettent dans notre imagination, des images de farniente, vécues au bord de la plage, lorsqu’on scrute un coucher de soleil. Nic Zwart tape au bon endroit ! Il faut le dire ! Pas une seconde n’est gaspillée, car cet elpee est d’une efficacité hallucinante. Son single « Soda », petite bombe ambient aux beats profonds, présageait le meilleur pour l’Américain. « Electric Sunset » s’inscrit dans la lignée de ce titre. Il s’agit donc déjà un album de consécration pour Zwart. Classe !

 

Emerson, Lake & Palmer

Pictures At An Exhibition – Special Edition Dvd

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J’ai entièrement ‘zappé’ la carrière d’Emerson, Lake & Palmer. Trop jeune à l’époque pour m’y intéresser, j’ai carrément fait l’impasse sur cette légende du rock progressif. La réédition au format Dvd de ce concert culte enregistré au Lyceum de Londres, en 1970, arrive donc à point nommé pour m’extirper des abysses de mon ignorance inculte.

Avant de regarder ce Dvd, je n’avais donc aucune idée de ce à quoi j’allais m’exposer. Mon erreur ? Aborder ELP comme l’un de ces nombreux groupes progressifs mollassons, dont les musiciens sérieux et appliqués distillaient, dans les années 70, leur rock soporifique devant un public apathique. Quelle n’a donc pas été ma surprise de découvrir un trio complètement déjanté et furieusement incontrôlable. N’allez pas en déduire qu’ELP m’a séduit, car si je manifeste désormais le plus grand respect pour ces virtuoses doux-dingues, j’avoue ne pas avoir compris grand-chose à leur prestation.

C’est le début des Seventies, et à l’époque, les musiciens, mêmes aussi reconnus que Keith Emerson (Nice), Greg Lake (King Crimson) et Carl Palmer (Atomic Rooster) n’ont pas besoin d’artifices pour s’attirer les faveurs du public. Le décor est épuré et le light-show inexistant. Pourtant, sur scène, la folie est reine. Emerson est carrément extravagant. Super fringant dans son ensemble moulant bleu à paillettes, il est l’attraction principale du show. A le voir ainsi gesticuler comme un damné, triturer ses claviers dans tous les sens et se lancer dans des expérimentations sonores redoutables (NDR : qui sont parfois d’un mauvais goût surprenant, comme quand, par exemple, il fait glisser un clavier entre ses jambes pour se torcher bruyamment le fondement) on ne peut s’empêcher de penser que le virtuose était alors un sérieux candidat à l’internement. Derrières ses fûts, Palmer n’est pas en reste. Son jeu exubérant et sa technique n’ont aucun mal à suivre les  improvisations déjantées d’Emerson. Plus en retrait, Greg Lake semble être le sage du groupe. Posé au chant et à la guitare acoustique, le multi-instrumentiste se démène toutefois comme un damné lorsqu’il s’agit d’enfourcher sa basse. Bien que la communication avec le public soit quasiment inexistante, ce dernier semble apprécier et connaître sur le bout des doigts cette musique qui, pour un néophyte tel que votre serviteur, ressemble plus à une cacophonie ultra-technique improvisée qu’à de véritables compositions.

Notons, pour en terminer avec cette prestation londonienne du groupe que, pour un document filmé il y a quatre décennies, l’image est claire et les couleurs étonnamment vives. Le rendu visuel de la prestation du trio est presque malheureusement pollué à maintes reprises par des effets psychédéliques, qui, s’ils nous mettent indubitablement dans l’ambiance de l’époque, deviennent carrément lassants au bout de dix minutes. Le son quant à lui, remastérisé au format Dolby Digital 2.0 est aussi propre et puissant que s’il avait été capturé hier.

Comme tout Dvd qui se respecte, « Pictures At An Exhibition – Special Edition » est enrichi d’un bonus. Celui-ci nous permet de pousser un cocorico puisque ce document plutôt exceptionnel, a été enregistré, en 1971, par notre RTB nationale, dans le cadre de son émission ‘Pop Shop’. Une mini-interview des trois membres du groupe, et cinquante minutes de concert ; c’est ce qu’on peut appeler un bonus !

Indispensable pour les fans de la première heure, « Pictures At An Exhibition » est l’outil didactique de référence pour celles et ceux qui désireraient découvrir l’un des trios les plus surprenants de sa génération.

 

Fuzzy Lights

Twin feathers

Écrit par

L'album s'ouvre par l'instrumental « Obscura », quelques notes volées à un xylophone traînant dans un grenier poussiéreux, un vent tourbillonnant soufflé par un violon larmoyant, le tout appuyé par les pleurs d'une scie aux dents longues. J’appréhende alors déjà le pire. A savoir d'être submergé tout au long de ce « Twin feathers» par un pathos conférant à la mièvrerie. Sur mes gardes, je tends l'oreille à « Fallen trees ». Serpentant au sein d’un climat inquiétant, quelques larsens avancent à la lisière d'un chemin. Le violon de Rachel Watkins fraie avec le diable, entamant une triste danse. Ici, au centre de cette clairière, la douce choisit d'entamer son chant aux résonances moyenâgeuses. Irritant. Bientôt, le tout est emporté dans un final pompeux où de manière incompréhensible, la batterie s'estompe quand justement elle gagnerait à monter en puissance.

Je reste peu convaincu par tant d'esbroufe maladroite. J'en viens à me demander si je n'écoute pas une énième resucée de Mono ou Presence of Soul, tant ce final frise la grandiloquence parfaitement affirmée des deux précités. J'hésite encore à me prononcer. Nippon, ni mauvais. J'attends la suite. La voix de monsieur Watkins prenant le pas sur celle de son épouse, dès le troisième titre, ce « Through water » s'avère de meilleure facture et bien moins maniéré. De quoi présager une suite moins énervante. Passé l'interlude « The Museum song », où le violon se garde d'en faire trop, l'ambiance feutrée de « Lucida », et l'agréable « Rituals », aux guitares diluées dans un delay de fond, « Shipwrecks » retombe hélas dans les travers de production, noyant la batterie dans les tréfonds de guitares saturées. Agacé, mais au final loin d'être frustré, je me laisse aller au decrescendo en apesanteur de « Slowing time », avant que « The sea and the heather » ne clôture cet opus tout en douceur.

Au bout du compte, aucun morceau de bravoure mal assumée de cet album ne viendra le sauver d'un anonymat où Fuzzy Lights est pour l'instant condamné à errer.

 

Kristin Hersh

Cats and mice

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Moitié des Throwing Muse, avant que Tonya Donelly, sa demi-sœur ne parte à l'aube des années 90 former Belly, Kristin Hersh continue depuis son petit bonhomme de chemin. Soit seule, soit au sein de 50 Foot Wave. Bourlinguant sa voix, dont le grain est si particulier, aux quatre coins du monde, elle a déposé, un soir d'hiver, ses accords secs et rugueux dans une salle de San Francisco, au retour d'un séjour austral. Dans une ambiance feutrée (expression qui lui sied à merveille), son répertoire se décline en dix-huit titres parcourant sa carrière solo. Certes, la formule acoustique voix et guitare peut se révéler quelque peu rébarbative pour découvrir ses chansons de meurtres, de rédemption et de fantômes du passé. Mais les initiés apprécieront le dépouillement confinant à l'intimité réservé à celles-ci. Décontractée, souriante, et en toute simplicité, le timbre grésillant, elle conte ses histoires à un public gagné à sa cause. Sorte de Courtney Love sans vulgarité (ce qui, je le conçois est aussi difficile à imaginer qu'une Pamela Anderson sans implantations mammaires, mais faites l'effort, s'il-vous-plaît), Kristin Hersh a depuis longtemps rangé ses velléités de succès de masse, et partage à présent son temps entre vie de famille et expressions artistiques. Tantôt derrière sa gratte, tantôt accrochée à sa plume d'écrivain, elle trouve en ces formes d'expression une catharsis à ses sombres heures. Comme une barque abandonnée au gré des flots, ramenée sur le rivage par des courants cléments, après une violente tempête. Le résultat capté sur cette galette est donc empreint de cette douce amertume chère à celles et ceux qui reviennent de loin. Comme un songe d'une nuit d'automne.

Voici pour le fond. Quant à la forme, concédons qu'au fil des minutes, l'attention s'étiole et on finit par s'ennuyer un peu. Rien ne venant briser l'élan maussade qui tout doucement s'installe. Mais sans doute faut-il que des conditions d'écoute soient optimales pour rendre pleinement justice à ce genre de disque. Quoiqu'il en soit, retenons des titres comme « Spain », « Snake oil » ou le classique « Your ghost », fier étendard d'une carrière discrète mais foncièrement intègre.

 

Iron Maiden

The Final Frontier

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U2 ne publiera plus jamais un “War”. Iron Maiden ne nous offrira plus jamais un « Number of the Beast ». Néanmoins, depuis le retour au bercail de Bruce Dickinson, « The Final Frontier » constitue ce que le combo a pondu de plus passionnant depuis 2000, c’est-à-dire la claque « Brave NewWorld ». On aurait espéré un single plus percutant qu’« Eldorado », mais en prenant du recul, ce titre rivalise aisément avec un « Two minutes to midnight ». Le nouvel opus de Maiden, pour être apprécié à sa juste valeur, exige plus d’une écoute. Certes, le timing de ces nouveaux morceaux, souvent très long, a de quoi décourager les fans de la première heure. Mais le combo de Steve Harris prouve qu’il ne se contente pas de répéter mille fois les mêmes formules et modernise son metal, juste ce qu’il faut, pour ne pas heurter les ‘die hard’ fans, tout en avançant la tête haute. Digne de l’intro de la B.O. d’un « Terminator » la plage d’ouverture, « Satellite15… The Final Frontier » nous plonge dans un monde auquel la vierge de fer ne nous a pas habitués. Déconcertant, mais diablement efficace ! Des expérimentations réussies qui se répètent au fil de dix compos finement ciselées. On apprécie les influences d’Hendrix sur « Coming Home », les relents progressifs, assez proches d’un Rush, tout au long d’« Isle of Avalon », ou encore le lyrisme du superbe « The Talisman », sorte de conte marin façon heavy rock. Le travail de production opéré par Kevin Shirley est bien plus accompli que celui accordé aux deux opus précédents, particulièrement au niveau des guitares. Dans l’ensemble, il y a du très bon, et du moins inspiré, mais Maiden démontre, au moins qu’il ne se repose pas sur ses lauriers en engrangeant des live, best of et autres Dvds. Le groupe va de l’avant, malgré ses trente ans au compteur. L’œuvre suscite, si ce n’est l’admiration, au moins le respect.

Cindy Lauper

Memphis blues

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Cindy Lauper est originaire de New York. De Brooklyn, très exactement. Une chanteuse extravertie, qui compte aujourd’hui quand même 57 balais. Très jeune, elle contracte le virus de la musique, et commence à écrire et jouer de la guitare. A 17 ans, elle se produit au sein de nombreux groupes locaux. En 1979, elle fonde Blue Angel ; mais sa carrière ne démarre vraiment qu’en 1983, lors de la sortie de son premier elpee "She' so unusual". Un disque qui se vend à près de 5 millions d'exemplaires. Elle embraie par "True colors", en 1986, un opus éponyme dont le titre maître devient un hymne pour les communautés gay et lesbienne. Sa discographie est quand même conséquente, puisqu’à ce jour, elle a publié 11 albums, 40 singles et vendu plus de 30 000 000 de disques. Mais surprise, elle vient d’enregistrer un long playing de blues. Il s’intitule "Memphis blues". Etonnant pour cette artiste (NDR : elle est également actrice) dont le look extravagant (NDR : rien que ses cheveux multi-colorés ou décolorés valent le coup d’œil) doit avoir inspiré Lady Gaga. C’est peut-être la raison pour laquelle elles font campagne ensemble, pour lutter contre le SIDA.

Bref, le tapis rouge a été déployé, les moyens ont été rassemblés et les invités prestigieux ont été engagés pour concocter cet elpee, au cœur des studios Electraphonic de Memphis. Ne restait plus qu’à soigner la production ; et comme Cindy a une bonne voix, le disque est rapidement devenu album blues n°1 au Billboard. Au sein du line up de base, figurent le drummer Howard Grimes, le bassiste Leroy Hodges, le guitariste Charles Pitts et le claviériste Lester Snell. Parmi les invités, on notera la participation de vétérans comme le maître de Memphis en personne, BB King, Allen Toussaint, le célèbre pianiste de New Orleans, la chanteuse Ann Peebles et ce bon vieux Charlie Musselwhite qu'on appelait naguère Memphis Charlie. Cindy dédie cet album à la légendaire Ma Rainey qu'on avait baptisée la ‘mère du blues’, une pionnière qui avait commencé enregistrer, en 1923.

L’opus s’ouvre par une composition de Little Walter. Ce ne peut être de mauvais goût. Lors de ce "Just your fool", le sympathique Charlie Musselwhite incarne le rôle de Little Walter. Il est en forme face au piano de Snell. Il est également impliqué sur "Down don't bother me", un autre Chicago shuffle signé Albert King. On reconnaît ici, entre mille, les cris d'angoisse de l'harmo à Charlie! Le "Shattered dreams" de Lowell Fulsom est un blues indolent fleurant bon la Louisiane. Cindy chante lascivement devant les ivoires du maître Allan Toussaint et les cuivres. Le roi BB vient donner la réplique locale et faire vibrer sa tendre guitare Lucille sur la cover du "Early in the morning" de Louis Jordan. Et ce n’est pas une surprise. Au piano, Allan adopte des accents très New Orleans. Mr Toussaint joue encore le rôle de Memphis Slim sur son "Mother Earth" ; mais le chant n'est pas inoubliable. Le jeune gratteur Joni Lang vient donner le challenge sur le notoire "Crossroads" de Robert Johnson. Le "Romance in the dark" de Big Bill Broonzy est ici exécuté sous la forme d’un blues lent. L’adaptation est assez majestueuse. Le chant est secondé par les deux saxophones, ténor et baryton, ainsi que l'orgue Hammond. Autre slow blues, "How blue can you get?" est issu du répertoire de BB King. Jonni Lang se réserve la six cordes. Il assure également les vocaux, de sa voix désormais aguerrie. Cindy shoute "Don't cry no more", une plage soul R&B empreinte de nostalgie. La version du "Rollin' & tumblin'" de Muddy Waters est une des sommets de cet elpee. Très Delta, elle est enrichie par les interventions puissantes et authentiques de Kenny Brown à la slide (NDR : un régal !) ; un compo au cours de laquelle Ann Pebbles partage les vocaux, mais s’érige en maître… Cindy reprend aussi le "Down so long" de Tracy Nelson ; mais elle ne parvient pas à faire oublier l’intensité, la sensibilité et le vibrato du chant de Miss Nelson. « Memphis blues » est un disque de bonne facture. Cindy est une excellente vocaliste ; néanmoins, elle affiche certaines limites dans l'exercice vécu du blues. On soulignera enfin, la qualité des photos et des notes internes du booklet.    

Mogwai

Special Moves

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Bien que fondé en 1995, Mogwai est aujourd’hui considéré comme un groupe culte. Sur la scène post rock, ce sont même des vétérans. Leur son unique, leur personnalité ainsi que leur créativité leur a permis de drainer un contingent impressionnant de fans. Et puis, ils ont tracé la voie à un style qui a fait de nombreux émules. Ils semblaient avoir atteint leur apogée discographique, lors de la sortie de leurs « Peel Sessions », en 2005 (« Government Commissions »). Cependant, il est quand même surprenant de constater que ce « Special Moves » constitue seulement leur premier album live ! Un film accompagne les morceaux et celui-ci s’avère être bien plus qu’un simple argument de vente ; car la musique de Mogwaï est par définition ouvertement cinématographique. Et s’inscrit dans l’ordre du pur ressenti. La meilleure méthode pour apprécier un concert de Mogwai, n’est-elle pas de simplement fermer les yeux et de suivre le film créé par notre imagination ? La vidéo intitulée « Burning », réalisée par Vincent Moon et Nathanaël Le Scouarnec, plonge les compos de Mogwaï dans un New-York sombre, proche de l’univers de Martin Scorcese. Ce mini-thriller en noir et blanc colle à merveille à la musique du groupe et particulièrement à certains titres comme « I’m Jim Morrison, I’m Dead », « Batcat » ou « Like Herod’s ». La vidéo a été immortalisée en 2009, au Music Hall de Williamsburg, à Brooklyn, tout comme les chansons de « Special Moves ».

Les 11 morceaux s’érigent donc en sorte de ‘Best of’ (au moins une chanson est extraite de chacun de leurs 6 albums, mais jamais plus de deux !) ; de quoi vous inciter à aller les applaudir en ‘live’, au cas où vous n’auriez jamais eu l’opportunité de vivre un tel moment. « Special Move » constitue également un point d’ancrage idéal pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas leur univers sonore en constante évolution : tour à tour cataclysmique, esthétique ou empreint d’une grande sérénité.

Alina Orlova

Laukinis Suo Dingo

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Alina Orlova est une petite bombe venue du froid : 22 ans, lituanienne, dont le disque « Laukinis Suo Dingo », déjà sorti en 2008 en Lituanie, arrive enfin près de chez nous grâce au label Fargo. Si la chanteuse jouit déjà d’une belle popularité dans son pays et en Russie, elle n’est pour le moment pas très connue chez nous. Une quinzaine de dates sont prévues en France d’ici décembre, et l’on espère que les oreilles belges succomberont à son charme.

Alina Orlova chante en russe, en lituanien, en anglais. Pourtant, même si on ne comprend pas les mots, le sens est là, l’intensité, les accents incroyables et surtout l’expressivité du chant. Egalement pianiste, Alina Orlova est soutenue, pour ce disque, par un accordéon, un violon dont les glissandos mélancoliques donnent la chair de poule, un carillon, et quelques basses de cuivres. Une économie de moyens et une facture décalée rappellent Pascal Comelade et quand l’accordéon et le violon s’emballent, on pense à Yann Tiersen. Les ivoires se font ‘sautillantes’ ou inquiétantes, et la voix, haut perchée, entre Björk et Regina Spektor, est un peu animale.

De l’album tout entier émane une odeur de forêt, peuplée d’animaux et d’arbres centenaires. Visaginas, la petite ville d’où vient Alina Orlova, qui abritait jusqu’à l’an dernier une centrale nucléaire, est d’ailleurs entourée de forêts. C’est assez frappant de constater la cohérence dans le travail de cette jeune artiste. Elle dessine, des petites scènes colorées, hantées de personnages mystérieux qui ont l’air désespérés. De grands arbres mangent les nappes, les hommes-animaux enlacent des humains vêtus à la mode Peau d’âne. Un univers de Princesse Mononoké empreint de beaucoup de naïveté. Sur sa page Myspace, dans la case ‘influences’, il est écrit : les oiseaux et les loups. Mais revenons à la musique, car là aussi tout est si cohérent, mûr, délicieusement lyrique et écorché, que l’on ne lasse pas de réécouter ces 16 titres, comme autant de haïkus énigmatiques. La voix est sur la corde raide, prête à basculer, on dirait un petit cri sorti du ventre. Pour un premier disque, c’est étonnamment inventif, intelligent, particulier. Un talent qui ne s’arrêtera pas à la frontière…

The Qemists

Spirit in the System

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Si je devais dissuader un seul de nos lecteurs d’acheter un album, cette année, je lui conseillerai sans hésitation d’éviter « Spirit in the System », le nouveau cd de The Qemists. Il m’est impossible de recommander un disque, dont la musique, affiche de telles réminiscences nu-métal, en 2010. Alors qu’on pouvait imaginer cette triste époque révolue, ce groupe de Brighton a décidé de raviver les pires sonorités issues des 90’s, celles qui, gangrénées par ces voix atrocement vocodées, suintent le mauvais goût. Pensez à ces affreux Linkin’ Park de la grande époque (« Apocalypse »). Fred Durst se serait-il réincarné ? Non… même lui n’aurait pas osé proposer une pareille et immonde tambouille Heavy-Drum-Dance-Métal.

Dès l’horrible « Take It Back », interprété en compagnie des noms moins inécoutables Enter Shikari, le ton est donné! Et honnêtement, le reste de l’album est tout aussi ignoble. Les rythmiques électro saturées sont très peu inspirées, les interventions hip-hop ou R&B ringardes (« Fading Halo », « Life’s Too Short ») et le recours au drum&bass inopportun. Le nouveau single « Hurt Less » (interprété par une certaine Jenna G) ne mériterait même pas un passage sur NRJ. Sauver les titres « Renagade » ou « Your Revolution » de l’ensemble ? Peut-être les 20 premières secondes, un couteau sous la gorge. Je préfère encore remplacer Di Rupo lors des négociations sur BHV avec Bart De Wever que devoir réécouter « Spirit in the System ».  

The Qemists est signé sur Ninja Tunes ? Signe de bon goût paraît-il. Bon d’accord, oubliez tout ce que j’ai écrit là-dessus. Je suis probablement juste trop vieux pour ce genre de musique. Mais, parfois, ça fait un bien fou de vieillir un peu. Si malgré tout, vous voudriez découvrir ce groupe en concert, il se produira au Groove City, à Bruxelles, le 27 novembre prochain.

 

Harper Simon

Harper Simon

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Harper c’est le fils de Paul. Oui, oui, celui qui avait aligné des hits planétaires en compagnie d’Art Gardfunkel avant d’entamer une carrière solo. Harper a beaucoup de talent ; et manifeste une même aura que son père. Ce chanteur/compositeur/arrangeur a quand même 40 ans. Ce qui lui permet d’afficher une grande maturité, tout au long de cet elpee. Faut dire aussi, que ce prodige est parvenu à s’entourer de solides collaborateurs. Issus de tas de milieux musicaux. Dont Lloyd Green (pedal steel sur « Sweetheart Of The Rodeo » des Byrds), Gene Christman (drumming sur « Natural Woman » d’Aretha Franklin) et même son légendaire paternel. Un disque dont les sessions se sont déroulées entre Nashville, New York et Los Angeles.

La musique de Harper évolue quelque part entre folk, pop et americana. Elle agrège parfaitement expérience et poésie. Sur cet opus éponyme, on a l’impression qu’il cherche à rendre hommage aux grands classiques de la musique américaine. Un voyage opéré à travers son histoire. Depuis les 50’s à nos jours. Harper se réserve la guitare et signe toutes les ballades ainsi que les arrangements. Mais en assumant complètement l’image du ‘fils’ de Paul Simon, nonobstant un potentiel digne de son paternel, il ne parvient que trop rarement à faire la différence. Notamment à cause de la voix. Trop proche de celle de Simon. A tel point que parfois on est troublé par la ressemblance. Et c’est là que le bât blesse. Dommage, car la qualité est au rendez-vous ; mais à l’instar de Sean Lennon, deux gars de la même génération, il n’est pas évident d’être le fils d’une star. Et l’âme du père, qu’on le veuille ou non, hante bien trop la mise en forme.

 

Issa Sow

Doumale

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De son vrai nom Issa Mbaye Diary Sow, l’acteur principal de « Doumale » est un joueur de riti, aussi appelé nianiooru, qui est une sorte de violon sénégalais à une corde, dont la caisse de résonance est faite d’une calebasse couverte de peau. Issa Sow était berger lorsqu’il s’est essayé au riti, dont jouait son oncle. La solitude lui permettant d’y consacrer du temps, il a décidé, un jour, de vouer sa vie à la musique, et est parti pour la capitale.

Dans les années 80, il s’installe donc à Dakar, où de fil en aiguille, il devient joueur de riti pour l’Orchestre national du Sénégal. Outre cette expérience, riche en voyages et rencontres, Issa Sow collabore avec de grands musiciens sénégalais tels Baaba Maal et Youssou N’dour. nstallé depuis 2000 dans la capitale belge, Issa Sow a rencontré le violoniste flamand Wouter Vandenabeele. Après de fréquentes collaborations entre les deux artistes, ils ont enregistré ensemble « Doumale », soit le premier album d’Issa Sow. Un groupe de violonistes l’accompagne, ainsi que sur la tournée de promotion du disque. Les concerts accordés à Bruxelles, Anvers, Gand, ont rencontré un franc succès. ‘Le Riti est un instrument qui captive le public belge. A la fin de chaque concert les gens, fascinés, viennent toucher l'instrument’ raconte Issa Sow.

Dans ses chansons, expliquées en français dans le livret, Issa Sow, l’homme aux cheveux gris, aborde des thèmes aussi variés que la vie des bergers, la nature, l’immigration, l’amitié, la vérité. Inspiré de la musique traditionnelle peuhle, musique rituelle, qui joue des répétitions, reposante, le disque commence sur des gammes orientales. Cinq chanteurs ouest-africains dont Malick Pathé Sow sont invités, toujours accompagnés par l'archet peuhl mais également par une kora, une guitare et diverses percussions. L’ensemble de cordes flamandes est composé de nombreux violons, d’une poignée de violoncelles et d’un alto. Suite à cette énumération, on pourrait s’attendre à un orchestre puissant, mais chaque instrument sait se faire discret ; le riti et la voix demeurent sur le devant de la scène.

Woom

Muu’s way

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Sarah Magenheimer et Eben Portnoy ébauchent des bribes de chansons comme certains bricolent le dimanche. Fabriqués à l’aide de bouts de ficelles, leurs morceaux ont l'aspect fragile d'un cadeau de fête des mères ou pères. Des intentions touchantes et pleines de bonne volonté. Principalement porté par la voix de la partie féminine de ce duo d'Oakland, l'album dégage un sentiment de légèreté un peu désuet. L'ensemble est certes assez agréable à écouter, mais lorgne, parfois, un peut trop du côté de The XX, et surtout n'arrive pas vraiment à trouver ses marques sur la longueur. Certes, circonstanciellement, quelques jolies harmonies vocales agrémentent l'ensemble, laissant un sentiment de plénitude, mais l'ennui reste tapi non loin. Les motifs de « Under Muu » constituant, à mon sens, la plus belle réussite de cet elpee. Parcouru par son sample de saxophone fondant, cet interlude musical d'une splendide douceur mérite à lui seul l'attention. Pour le reste, on épinglera des titres comme « Back in », et « Backwards Beach » en ouverture. Et d'effacer de notre mémoire le très anecdotique « OK ».

Pas un mauvais album, mais on aura tôt fait de l'oublier.

Young Guns

All Our Kings Are Dead

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D’après le dictionnaire en ligne (http://dictionnaire.reverso.net), le terme anglais ‘young guns’ correspond généralement aux jeunes hommes énergiques et plein de talent qui empruntent la voie menant au succès. Young Guns semble donc constituer un patronyme adapté à ce quintet originaire de High Wycombe (NDR : une ville située entre Oxford et Londres). 

Aucun doute possible sur leur jeunesse ; la pochette du Cd nous dévoile cinq jeunes adultes, à peine sortis de l’adolescence et au look très ‘branché’. Energiques ? Des gamins qui jouent une musique nourrie au punk rock mélodique et au metalcore, il ne manquerait plus qu’ils ne soient pas énergiques. Plein de talent ? La qualité de « All Our Kings Are Dead » semble vouloir le prouver. Sur la voie du succès ? Il est déjà démontré, en tout cas, au Royaume-Uni, où le pressage initial de « Mirrors », le premier Ep autoproduit en 2009, s’est écoulé à la vitesse de la lumière tandis que la seconde édition a atteint le chiffre enviable des 7 000 exemplaires vendus. Le succès de ce disque qui a permis à Young Guns de se produire, en 2009, sur des festivals anglais importants tels que le Download ou le Sonisphere, lui a aussi valu d’être élu ‘Best British Newcomer’ par les lecteurs de Rock Sound et ‘Best New Band’ par ceux de Kerrang.

Vous l’aurez compris, les Young Guns sont jeunes, et pratiquent de la musique jeune destinée à un public jeune. Dans un style un peu similaire à celui de leurs compatriotes des Lost Prophets, ces ‘jeunes canons’ mélangent les refrains ultra-accrocheurs de la punk pop californienne aux riffs décapants du neo métal et du metalcore. Gustave Woods, le vocaliste, dispose d’un organe qui lui permet de passer des vociférations punk rock à un style plus posé, parfois proche de celui de Bono (U2).

« All Our Kings Are Dead » devrait faire le bonheur des rockers de tous poils, punkoïdes ou métallovores, pour autant qu’ils n’aient pas encore atteint la majorité légale. 

Vitor Hublot

200 millions de Francophones et moi et moi et moi …

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J’avais déjà entendu des choses bizarres, d’autres marrantes, certaines quelquefois compliquées, d’autres encore complètement incolores ou insipides, c’est selon. Mais là je n’en crois pas mes oreilles. Mais qu’est ce que c’est que ce truc ? D’où ça sort ce machin ? Qui ose produire ÇA ?

Vite, vite, quelques recherches pour éclairer notre lanterne… Vitor Hublot, qui aurait en réalité dû se prénommer Victor, est victime dès ses débuts d’une erreur de ‘frappe’. Authentique ! Pas bileux pour deux sous le mec, ça le fait sourire et il décide donc de garder Vitor… Tailleur de pierre, dans la vie professionnelle, Vitor, Guy Clerbois (NDR : sur sa carte d’identité), devient visiblement dérangé, et c’est un euphémisme, lorsqu’il se met à la musique (?). Accro aux rythmes électro, aux samples et à toute cette brochette de styles musicaux venus d’un autre monde, notre ‘Obélix’ doux dingue, revisite un répertoire ultra connu dans nos régions wallonnes (campagnes serait mieux indiqué). Y aurait-il du Julos Beaucarne là-dessous ? De « La p’tite gayole » à « On a tué no pourcheau » en passant par « Marie clap chabot » et j’en passe, Vitor Hublot nous propose de revisiter un ‘patrimoine’ plutôt réservé habituellement aux guindailleurs universitaires de tous poils, en période de bleusailles (NDLR : c’est l’époque !)

Une première tentative avait été ‘osée’ dès 1986, sous le titre « 185 millions de francophones et moi et moi et moi… », Cd sur lequel figurait déjà 10 chansons traditionnelles revisitées en électro. Quinze années et autant de millions de Francophones plus tard, il remet le couvert. Et histoire de pousser le bouchon un peu plus loin, Vitor nous en met treize pour le même prix. Ben tiens…

Certains n’ayant visiblement peur de rien et surtout pas du ridicule, on épinglera la collaboration de Jean-Luc et Mimi Fonck, de Jean-Louis Sbille et d’autres nettement moins connus au bataillon.

Si on pouvait décerner un prix à l’originalité ou à la curiosité, sûr que Vitor le raflerait la mise, haut la main. Pour le reste, je crois bien que notre tailleur de menhirs pourrait retourner vite fait à ses pierres… les mains vides…

A réserver aux curieux, aux dingues ou aux guindailleurs complètement pétés ! 

 

Une trilogie pour Badly Drawn Boy

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Autrefois très prolifique, Badly Drawn Boy annonce enfin la sortie d’un nouvel album. Son dernier remontait à 5 longues années. Et, bonne surprise, il prélude la publication d’une trilogie, dont le premier volume s’intitulera « It’s What I’m Thinking »…

Espérons que Damon Gough retrouve l’inspiration de son superbe “The Hour of the Bewilderbeast” inaugural, paru en 2000.

 Tracklisting

1. In Safe Hands.
2. The Order of Things.
3. Too Many Miracles.
4. What Tomorrow Brings.
5. I Saw You Walk Away.
6. It’s What I’m Thinking.
7. You Lied.

8. A Pure Accident.
9. This Electric.
10. This Beautiful Ideas.

http://www.myspace.com/badlydrawnboy