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Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Various Artists

Le pop 5 (les chansons de la nouvelle scène française)

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« Le pop 5 » compile 16 chansons relevant de la ‘nouvelle scène française’. Outre quelques pointures déjà confirmées, telles que Biolay, Delerm, Matthieu Boogaerts et autres Mickey [3D], on y recense une dizaine d’artistes en devenir. Certains bénéficient de l’appui d’un parrain idéal. Julien Doré pour Mélanie Pain. Ou d’une marraine de choix. Vanessa Paradis pour Albin De La Simone, par exemple. Ce recueil est sensé cibler le marché allemand. Oui oui !

Si la démarche commerciale est compréhensible, il est quand-même difficilement imaginable de voir nos voisins teutons s’intéresser à un style musical inhabituel pour leur culture, et à des textes qui leur sont complètement étrangers. La commercialisation d’un tel produit aurait par ailleurs beaucoup plus de chances d’intéresser des non initiés francophones. En effet, ce long playing recèle quelques découvertes très très intéressantes ; et en particulier Naïm Amor, Bastien Lallemant et Armelle Pioline, Chat, Holden ou encore Olive et Moi.

Un produit à conseiller donc aux amoureux de découvertes, et surtout aux amateurs de l’émission ‘sacré Français’ de Pure FM, programmée le dimanche de 11 à 13 heures.

 

Laura Veirs

July Flame

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Laura Veirs jouit d’une solide notoriété. Et pour cause, elle compte sept albums à son actif en près d’une décennie de carrière. Des œuvres qui ont, pour la plupart, reçu d’excellentes critiques de la part de la presse spécialisée. Et en particulier celle qui est branchée sur le folk. Rêveuse, la native de Colorado Springs aime la nature. Pourtant, difficile d’imaginer que cette néo-hippie a milité au sein d’un groupe punk féminin, au cours de sa jeunesse. Ni même qu’elle a grandi au milieu des buildings et des pots d’échappement. En fait, c’est après avoir passé ses vacances annuelles en camping, en compagnie de ses parents, qu’elle a succombé aux charmes de la dame nature.

Pour composer ce septième elpee (NDR : publié aux States, sur son propre label Raven Marching Band), Laura Veirs s’est enfermée, seule, dans sa maison de Portland. Un seul compagnon : sa six cordes. Et avant de s’y cloîtrer, elle s’était rendue dans une ferme voisine, pour y acheter des pêches de la variété July Flame. Ce qui explique probablement le choix du titre de ce dernier long playing.

Colin Meloy, le leader de The Decemberist, a récemment déclaré que « July Flame » constituait déjà un des meilleurs albums de folk, parus en 2010. Et il est vrai que Laura y est au sommet de sa forme. De quoi faire oublier la déception provoquée par « Saltbreakers », son précédent opus. Outre le soutien de son band, elle a bénéficié du concours de quelques collaborateurs. Dont Jim James, le chanteur/compositeur/guitariste de My Morning Jacket. Pour plusieurs morceaux, dont l’excellent « Where Are You Driving ? ». On épinglera encore le minimaliste « Sleeper In The Valley » et l’orchestral « Summer Is The Campion » (NDR : superbe, par ailleurs !) Un œuvre brillante dont le sommet est atteint par le morceau maître. Le charme et la profondeur de sa voix envoûte. Le tempo s’élève crescendo pour s’achever au milieu de chœurs et de battements de mains. Remarquable !

Toujours produit par l’inamovible Tucker Martine, cet elpee n’est pourtant pas révolutionnaire. Il propose du Laura Veirs de la meilleure veine. Et rien que pour cette raison, cet opus vaut le détour.

 

Borknagar

Universal

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L’acoustique c’est bien joli. Mais chez Musiczine, le Borknagar, nous l’aimons électrique. Après la semi-déception causée en 2006 par un « Origin » acoustique et mollasson, nous désespérions voir le combo reprendre du poil de la bête. Quatre longues années plus tard, c’est enfin chose faite ; car, en ce début d’exercice, Borknagar a rebranché ses instruments pour revenir au top de sa forme, et nous propose un tout nouvel opus intitulé « Universal ».

Pour celles et ceux qui auraient loupé le début, un petit résumé des épisodes précédents s’impose. Le six-cordiste Øystein G. Brun est le seul survivant de la formation qui édite, en 1995, un album (éponyme) musicalement orienté vers le black/viking métal. En 1997, le groupe recrute le génial bassiste/chanteur Simen Hestnaes alias ICS Vortex (Arcturus, Dimmu Borgir) et évolue, pour son second disque (« The Olden Domain »), vers un style musical, toujours extrême, mais teinté de nombreuses connotations progressives. En quinze années d’existence, le line-up ne cesse d’évoluer. Les albums se suivent « The Archaic Course » (1998), « Quintessence » (2000) et les musiciens –célèbres ou pas– défilent. L’arrivée de Lars ‘Lazare’ Nedland (Solefald) aux claviers et le départ de l’ami ICS Vortex (trop occupé chez Dimmu Borgir) et son remplacement par le non moins excellent Vintersorg (Vintersorg, Havayoth, Fission, Cosmic Death, Waterclime, Cronian, Otyg) sont les points les plus déterminants de l’évolution du line-up depuis 2000. Paraissent ensuite les albums « Empiricism » (2001), « Epic » (2004) et « Origin » (2006). En 2008, le contrat qui lie Borknagar à Century Média depuis ses débuts prend fin. Un nouveau deal est conclu auprès du label norvégien Indie Recordings. Dans la foulée, Asgeir Mickelson, batteur ancestral abandonne le navire pour rejoindre l’ex-Emperor ‘Ihsahn’. il est remplacé par David Kinkade (ex- Malevolent Creation).

Si le retour de l’électricité est plutôt une bonne surprise, il serait cependant présomptueux d’affirmer qu’« Universal » est un album surprenant. Si vous connaissez le groupe depuis ses débuts et surtout l’arrivée de Vintersorg sur « Empiricism », vous ne serez pas déroutés par l’orientation musicale. Et c’est tant mieux ! Car, après tout, c’est dans ce style que Borknagar excelle. Un black métal violent et cependant progressif, avant-gardiste et folk à la fois. Les parties heavy décapantes sont entrecoupées de passages acoustiques relaxants. C’est le Borknagar que nous aimons. Le petit plus d’« Universal » émane de l’orientation prog rock seventies initiée par Lazare et son utilisation plutôt intensive de l’orgue Hammond. Comme toujours, Vintersorg brille aussi bien au chant clair que lors des vocaux extrêmes. Cependant, le retour surprise d’ICS Vortex sur le titre final de l’album (« My Domain ») nous rappelle combien le géant norvégien, plus encore que Vintersorg, méritait à sa place au sein de Borknagar.

Une fois de plus Øystein G. Brun et ses sbires ont accouché de l’œuvre parfaite. Pas meilleure que leurs réalisations précédentes, mais certainement pas moins bonne. Une constance dans l’excellence que lui envient probablement beaucoup de formations.

 

Clare & The Reasons

Arrow

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Presque deux années se sont écoulées depuis la sortie du premier album de Clare & The Reasons, « The Movies ». Un premier essai qui avait obtenu d’excellentes critiques. Pour la circonstance, Clare avait reçu le concours de son époux et du compositeur français Olivier Manchon ainsi que de la formation The Reasons. Un opus qui avait surtout marqué les esprits par le timbre vocal doux et suave de la New-Yorkaise, ainsi que par les arrangements particulièrement réussis. Un bémol : l’absence de folie. Ce qui au fil de l’écoute se traduisait en un ennui poli.

« Arrow » constitue donc le second elpee de C.&T.R. Le timbre vocal de Clare Muldar est toujours aussi exquis. Les arrangements sont à nouveau impeccables. Si les cordes acoustiques (NDR : particulièrement envoûtantes tout au long de « You getting me ») et les accords de piano dominent l’instrumentation, la diversité des climats déjoue le piège de la morosité. On a même droit à des cuivres sur la cover du « That’s All » de Genesis. Le spectre de Joanna Newsom plane parfois. A cause du côté baroque des compos. Mais en plus cool et surtout en plus printanier. Clare interprète également une plage dans la langue de Molière (NDR : serait-ce un clin d’œil adressé à son mari ?) Véritable hymne à la capitale de la France, « Perdu à Paris » baigne dans une expression sonore qui aurait pu servir de fil conducteur à une chanson de Jacques Brel. « Melifera » libère une certaine forme d’allégresse ; mais elle aurait pu se muer en grâce si cette compo avait été enrichie de chœurs. Néanmoins, cet elpee s’avère de toute bonne facture. Léger, ensoleillé, il répand des effluves printaniers auxquelles on aspirait depuis de longs mois. 

 

William Clarke

Live Bootleg Cassette Anthology

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William est considéré come un des plus grands souffleurs du blues. Un des génies de l'harmonica chromatique, et sans doute le meilleur élève de Georges ‘Harmonica’ Smith ; n'en déplaise à Rod Piazza ! Hélas, son cœur l'a lâché le 3 novembre 1996. Il n'avait que 45 ans. Sa veuve, Jeannette Lodovici semble avoir surmonté l’épreuve de sa disparition ; et une chose et sûre, elle dirige d’une main de maître la carrière posthume (si l'on peut dire) de Clarke, en compagnie de leur fille Gina. Elles nous avaient déjà légués plusieurs brillants témoignages discographiques consacrés à l’artiste, dont un superbe "Live in Germany", "Now that you've gone", "One more again" et deux volumes de "The early years". Sans oublier "My last goodbye", une vidéo lui rendant hommage. La source semble inépuisable, puisque vient de paraître "Live bootleg cassette Anthology". Pas vraiment un bootleg, puisqu’il est édité sur le label Watchdog de Miss Jeannette. Des prises ‘live’, immortalisées sur de modestes enregistreurs à cassette. Ce qui n’empêche pas le charme d’exercer son effet.

Sur les onze plages, huit sont issues d’un concert accordé à San Francisco, en 1991. Les trois dernières de sa toute dernière tournée accomplie 1996. Nous sommes à San Francisco. Bill est planté au milieu de la scène. Comme d’habitude, il est entouré de musiciens brillants : Zach Zunis et Rick Holmstrom aux guitares, Will Brinlee à la basse et Lee Cambell aux drums. Après une brève introduction, il attaque "Walked all night long". Et on entre instantanément au sein du fabuleux univers nocturne de Clarke. Le tempo est vif. William crache déjà des phrases assassines sur son harmo. L'ensemble libère un groove pas possible. Parfaitement huilé, le band peut hausser le rythme. L’attaque perpétrée sur le "Lollipop Mama jam" de Roy Brown est incisive et directe. Cette compo ouvrait "Blowin' like hell", le premier elpee, paru en 1991, chez Alligator. Les cordes de Holmstrom explosent dans un style digne du Hollywood Fats Band au sommet de son art. Ce west coast jump évolue en première division. Les poumons de William sont gonflés à bloc. A cette époque, il pétait encore la santé. Une compo qui atteint un véritable sommet, même si le son n'est pas hi-fi. Et puis tant pis ou tant mieux! Les deux gratteurs conjuguent leurs talents à merveille, tantôt en soliste, tantôt à la rythmique ; mais toujours au service du leader. L'introduction de "Telephone is ringing" est percutante et tonique (NDR : ce titre figurait sur "Groove time", et impliquait Kid Ramos à la guitare!) Mr Clarke entame enfin un blues lent, "Must be jelly", un hommage appuyé à son maître Georges Smith, au cours duquel Bill aligne des notes invraisemblables. Bref mais percutant, "Trying to stretch my money" campe un shuffle californien, un morceau caractérisé par le rôle des guitares rythmiques qui poussent sans cesse leur leader vers l'avant. "Lonesome in my bedroom" est un blues lent. Le type de compo au cours de laquelle Clarke injectait toute sa passion, au point où parfois il était au bord des larmes. Ce cri d'amour et de désespoir est vraiment bouleversant. La fin du concert approche ; et le présentateur le remercie. Mais c’est avec un pincement au cœur que nous écoutons religieusement "Bill's last tune… Goodbye".

Au beau milieu de la plaque, figurent trois plages extraites d'un concert accordé lors de son dernier périple accordé en 96. Paul Bryant se réserve les cordes, Rick Reed la basse et Brian Fahey les drums ; mais seul Mr Clarke se libère comme soliste. Se succèdent ainsi l’émouvant, mais prémonitoire "My last goodbye", un blues lent qui transpire le vécu. Un morceau au cours duquel on a l’impression que l'harmonica chromatique reste collé à ses lèvres. Puis deux plages plus rythmées. "Home is where the heart is" et un "Loose your life", marqué par ce riff à la Bo Diddley, une compo au cours de laquelle le maître s’autorise une sortie remarquable sur son instrument. Un riff signé Paul ‘Pops’ Bryant, c’est-à-dire plus que probablement le dernier guitariste à avoir accompagné Clarke sur la route ; un chemin parcouru depuis la fin 94 jusqu'au 20 octobre 96, à Abilene Texas. Deux semaines plus tard, William quittait ce monde. Repose en paix l'artiste!

 

Mattia Coletti

Pantagruele (Ep)

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Wallace Records est une écurie italienne indépendante dont les artistes militent dans l’alternatif de l’alternatif de la noise, du folk, de l’électro-rock, du post-rock, du free jazz, et j’en passe. Mattia Coletti y est hébergé. Un jeune musicien du cru, âgé de 25 ans, responsable de 3 albums, à ce jour, pour l’écurie transalpine. « Pantagruele » n’est pas un nouvel elpee, mais un Ep 6 titres, dont la durée n’excède pas les 22 minutes. Déjà que je ne suis pas trop branché sur la variété issue de la botte méditerranéenne et encore moins par sa scène métal (NDR : et ici je pense tout particulièrement à l’atroce Linea77), mais ce n’est pas ce type de musique qui va faire avancer le schmilblick.

Partagé en 6 plages, dont une en fin de parcours ressemble plus à une divagation bruitiste, cet Ep sensé tremper dans folktronica lo-fi est d’un ennui mortel. Au fil de l’écoute on risque même de tomber en état de léthargie. Rarement une petite demi-heure ne m’aura parue aussi longue. Les compos n’ont aucun relief, même lorsque Coletti y pose sa voix. Son cocktail de cordes acoustiques et d’effets électro ne décolle jamais et très souvent s’égare dans des interludes dissonants et totalement inutiles. J’ai pu lire que sa musique recelait des traces psyché héritées de Syd Barrett voire Vincent Gallo. Désolé, mais cette réflexion fait injure à la folie douce sonore manifestée par le regretté leader de Pink Floyd. Alors quelle utilité réserver à cet Ep ? Un fond sonore pour la relaxation ? Peut-être. Ou en mangeant des antipasti. Bref, un zéro pointé musical sur toute la ligne. N’est pas Tex La Homa qui veut.

Mattia a peut-être impressionné la ‘mama’ mais son œuvre aurait assurément dû rester confinée au sein de la ‘famiglia’. Analogies italiennes inutiles formulées sous forme de clichés, me répondrez-vous ? Peut-être. A l’image de sa musique, alors…

 

Deathbound

Non Compos Mentis

Écrit par

Les Finlandais de Deathbound ne sont pas vraiment des perdreaux de l’année puisque Twighlight, la première mouture de ce groupe brutal death/grindcore, a vu le jour en 1995 et que deux de ses trois membres (Petri ‘Pete’ Seikkula à la guitare et Sami Latva à la batterie) sont aussi impliqués au sein du groupe black métal expérimental Havoc Unit (connu jadis des amateurs de black métal sous le nom d’… And Oceans). Quant à Kai ‘Kaitsu’ Jaakkola le vocaliste, il n’est pas non plus inconnu des amateurs de musique extrême puisqu’il place ses borborygmes gutturaux au sein, entre autres, de The Duskfall.

Vous dire que Deathbound est le groupe le plus original du monde serait un mensonge éhonté. Au contraire, vous ne trouverez rien ici que vous n’ayez pas déjà entendu ailleurs. Par contre, si le brutal death est votre style de prédilection et que vous n’avez pas peur de la redite, « Non Compos Mentis » pourrait très bien trouver une place de choix au sein de votre collection de rondelles argentées et sanguinolentes. Car, dans le style, il faut avouer que Deathbound est plutôt efficace. En proposant quatorze titres pour seulement une trentaine de minutes de musique, on se doute bien que le power trio ne s’encombre pas de détails pour aller à l’essentiel de sa démarche. Un death métal ultra-speedé dont les sonorités rappellent autant l’œuvre d’Entombed que des premiers albums d’Hypocrisy, le tout gonflé d’une brutalité que ne renieraient pas Napalm Death ou Nasum. Dans les grandes lignes, c’est ce que vous réserve « Non Compos Mentis », si d’aventure, vous décidez de vous l’enfiler dans vos feuilles de chou blindées.

Thomas Dybdahl

Thomas Dybdahl

Écrit par

Les premiers pas en solitaire de Thomas Dybdahl remontent déjà à huit ans. Huit années au cours desquelles le Norvégien s’est forgé une solide réputation, mais a également trusté une multitude de récompenses, attribuées à l’un des Scandinaves les plus célèbres de la sphère folk/rock. Son timbre androgyne, tour à tour glacial ou bouleversant, est souvent comparé à celui d’Antony Hegarty, de Rufus Wainwright ou encore de Nick Drake. Un organe qui lui permet de communiquer une palette particulièrement large d’émotions. Une voix qui balise une texture sonore très soignée (NDR : ces arrangements !), mais jamais grandiloquente, au cours de laquelle les subtils arpèges de guitares se fondent subtilement dans les nappes de cordes.

Au cours de ces huit années, Thomas Dybdahl a concocté quatre elpees. Son meilleur ? « …That Great October Sound ». Le moins bon ? « Stray Dogs ». Pourquoi ? Des compos parfois un peu trop indolentes. Surtout sur son second opus. Bref, une remarque qui n’affecte pas cette plaque, puisqu’il s’agit d’un ‘Best Of’. Et manifestement, ce recueil réunit les meilleures chansons de Dybdhal. Les douze morceaux sont tous plus beaux les uns que les autres. Depuis « I Need Love Baby, Love, Not Trouble » à « Cecilia », en passant par « One Say You’ll Dance For Me New York City », toutes les facettes du songwriter norvégien sont ici dévoilées. Et en un seul album !

Si vous ne connaissez pas encore l’artiste, ce cd constitue la meilleure manière de l’appréhender. Par contre, si vous êtes fan, pas la peine de vous le procurer, toutes les compos sont déjà parues sur l’un ou l’autre disque...

 

Didier François

Sjansons Patinées

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Le label belge Homerecords promeut généralement de bons groupes qui innovent dans un style se nourrissant de classique et de jazz (Dazibao, BASta!). Si Didier François, plutôt bien visible sur la scène belge, sort également des sentiers battus, le choix de ses collaborateurs pour ce disque ne donne pas un résultat franchement heureux.

L’aspect instrumental est assez inventif. Des plages plutôt douces alimentées par des accès de violons, violoncelles et contrebasse, ainsi que d’une nyckelharpa (une sorte de vielle suédoise qui est la spécialité de Didier François). Les mélodies calmes, indolentes, instaurent des tensions agréables. La composition est rondement menée, très riche. Mais le chant n’est pas à la hauteur ; que ce soit dans la nature forcée de certaines voix ou dans la piètre qualité des textes.

Ne pratiquant pas le néerlandais, je me contenterai de critiquer les textes en français, notamment ceux signés par Wannes Van de Velde : une poésie à l’eau de rose, évoquant les récitals français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, notoires pour leurs lyrics poétiquement suaves. Les poncifs romantiques se succèdent : le vin, l’amour, la lune blanche, les yeux reflétant la lueur nocturne. C’est du déjà-vu et d’un romantisme périmé, collant comme un pot de miel.

Certains morceaux méritent malgré tout qu’on s’y attarde. Et tout d’abord, « Een Schip », une compo qui débute par un violon affamé. « Naar de Provence », ensuite. Une voix d’homme chante nonchalamment, à la manière d’Arno. Elle est soutenue par des violons qui font monter la tension. « Gnossienne », enfin. Un titre signé Eric Satie. Exclusivement instrumental, il baigne au sein d’une atmosphère inquiétante et nostalgique. Assurément un des meilleurs moments de l’album.

Les amateurs de comédies musicales apprécieront peut-être les autres titres. Pour ma part, je regrette la présence de ces voix sans lesquelles le disque aurait bien davantage de qualités. « Sa démarche chaloupée et provocante » (c’est le titre du dixième morceau) est notamment très réussie. Des vocalises féminines suivent le violon dans ses hauteurs pour une très belle complainte, suivie d’une lente incantation qui semble improvisée –sans paroles– évoquant le chuintement d’une eau bouillante.

Le bonus track, « The Travellers », est un morceau majestueux, uniquement instrumental. Serein, il s’étale sur de longues minutes, et laisse en fin de parcours une belle impression. Difficile pourtant de résumer ce disque, très inégal, mariant les influences pour le meilleur comme pour le pire.

 

Fucked Up

Couple Tracks

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Depuis la publication de leur elpee, « The Chemistry Of Common Life », en 2008, Fucked Up est probablement l’une des premières formations hardcore punk à jouir d’un buzz équivalent à celui d’un combo plus ‘mainstream’. Une attention que les Canadiens doivent non seulement à la richesse et l’hétérogénéité de leurs mélodies acérées ; mais également à la présence de leur leader, l’énorme et charismatique Damian ‘Pink Eyes’ Abraham. Le sextet, véritable machine de guerre scénique, propose une séance de rattrapage pour celles et ceux qui n’ont succombé que dernièrement aux rugissements de Pink Eyes. Entre 2002 et 2009, Fucked Up s’est empressé de commercialiser, en quantité plus ou moins limitée, un bon paquet de singles en vinyle. Les Canadiens en ont réuni une partie sur leur second ouvrage, « Epics In Minutes », et en proposent aujourd’hui la suite sur « Couple Tracks », un doublé gagnant pour les fans de la troupe.

« Couple Tracks » est partagé en deux disques, résumant une partie de la carrière du combo, en quelques singles et faces B. Une parfaite illustration de l’ascension et de l’évolution de Fucked Up. Point de départ : « No Pasaran ». Un premier single noyé dans ses arrangements. En guise de chute, des versions inédites de « Crooked Heart » et « No Epiphany », deux plages affichant des subtilités rarement rencontrées sur le terrain musical occupé par la formation originaire de Toronto.

La seconde galette est, quant à elle, entièrement consacrée aux flips sides et autres inédits dont des « Anorak City », « Magic Kingdom », « I Don’t Wanna Be Friends With You » et « I Hate Summer » terriblement accrocheurs. Condensé survitaminé, « Couple Tracks » devrait sans doute faire baver de plaisir les fans de Fucked Up, mais aussi fuir à toutes jambes les allergiques au genre. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi.

 

Gamma Ray

To the Metal

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Dixième album studio des Teutons de Gamma Ray, « To the Metal » se révèle comme une authentique relique pour tout amateur de heavy germanique qui se respecte. Pas besoin de traduire le titre, on sait dans quel univers cet elpee va nous entraîner.

L’œuvre s’ouvre pourtant dans un registre moins speed que d’ordinaire. Caractérisé par ses nombreux changements de tempo, « Empathy » prend toute sa dimension dès le premier refrain. Puissant et épique, il rentre dans la caboche pour ne plus en sortir. Un zeste d’orientalisme sur un solo classieux pimente le titre qui possède toutes les qualités pour devenir un classique du combo de l’ex Helloween Kai Hansen. Il n’existe plus aucune tension entre les membres de la plus célèbre citrouille de l’histoire du rock. Pour preuve, c’est un Michael Kiske en pleine forme qui vient pousser la chansonnette sur un « All You Need To Know » furieusement power metal, rappelant l’époque « Walls of Jericho ». Les ‘vieux’ fans sont projetés 25 ans dans le passé. Une deuxième plage assurément vintage à souhait. Le titre maître navigue sérieusement sur le terrain de Judas Priest, dont Hansen n’a d’ailleurs jamais caché la forte influence sur ses compos, que ce soit chez Helloween ou Gamma Ray. Tempo lent, guitares d’acier et énorme groove provoqué par la basse de Dirk Schlächter. Un hymne auquel se greffe des « Hail to the Metal » et autre « Heavy metal » scandés par des chœurs à faire pâlir de jalousie les membres de Hammerfall. Des chœurs tout aussi puissants sur « Rise », un titre qui semblerait banal s’il n’était pas rehaussé de quelques relents folk communiquant à l’ensemble un air plutôt sympa. Old school dans l’esprit, « Mother Angel » fait quelque peu tomber la pression. La similitude avec Iron Maiden est bien trop évidente ; et ce ne sont pas les jolies nappes de clavier sensées soutenir un solo en demi-teinte qui parviennent à sauver la mise. Dominé une fois de plus par la basse slappée de Schläter, « Shine Forever » s’inscrit dans la pure tradition allemande. Du bon gros speed metal doté d’un chant agressif et d’une double grosse caisse martelée par un Dan Zimmermann métronomique. L’enchaînement est aisé. « Deadlands » défile à grande vitesse et ne fait pas particulièrement dans la dentelle, malgré un refrain hyper mélodique taillé pour le live. « No Need To Cry » conclut de façon plutôt ambitieuse cette plaque typiquement germanique dans son ensemble. Piano, cordes, guitare acoustique, tout a été mis en œuvre pour réussir la ballade qui tue. Le break légèrement ‘queenesque’ et le chant posé de Hansen contribuent à en faire une réussite, et à donner l’envie au mélomane de revenir sur la première plage pour entamer une écoute plus approfondie.

 

Him (Finland)

Screamworks : Love in Theory and Practice, chapters 1-13

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His Infernal Majesty n’a absolument plus rien d’infernal. Simple et sans surprises, ce nouvel opus s’adresse plus que jamais aux minettes adulant le gothic rock sucré à outrance. Hormis le single « Scared to Death », aucune de ses compositions ne se détache de l’ensemble. Insipide et sans relief, l’elpee trempe dans un goth de luxe, caractérisé par des mélodies chromées sur mid-tempo mécanique. Le contenu proposé ici n’est d’ailleurs ni plus mauvais ni moins bon que les offrandes précédentes du combo finnois.

Ville Valo et ses sbires nous gratifient d’un opus à la production soignée à l’extrême au détriment de compos vraiment efficaces. Les fans du début regretteront cette orientation résolument commerciale qui lorgne parfois vers le néo metal de Linkin Park. L’aspect romantique et sombre qui constituait l’identité de Him semble avoir été écarté au profit d’un pop rock linéaire, agréable à l’écoute, mais sans plus. Il ne suffit pas de prétendre appartenir au mouvement gothique, il faut aussi le démontrer. Treize titres dont le romantisme est poussé à son paroxysme. Ennuyeux et truffé des pires clichés.

 

Fêtons dignement les 10 ans de Record Makers !

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Record Makers, le label hébergeant notamment Sébastien Tellier, Turzi, Acid Washed, Kavinsky compte déjà dix années d’existence. Pour fêter l’événement, ce label vous propose de télécharger gratuitement son application iPhone, une initiative qui pourrait vous permettre d’emporter de nombreux lots. La musique d’ouverture est signée Sébastien Tellier alors que Mr. Oizo est responsable des sons.

Pour décrocher un prix, il faut trouver au moins une des trois combinaisons gagnantes et envoyer un mail à Record Makers, une preuve photo à l’appui.

Gros lot : un voyage d’une semaine tout compris l’Hôtel Amour (NDR : c’est à Paris), pour fêter les 10 ans du label. Ce sera la semaine du 10/10/10.

* Les 100 premiers participants à envoyer une combinaison gagnante recevront 2 CDs/vinyles du catalogue Record Makers.

* Les 50 premiers qui transmettront deux combinaisons gagnantes pourront gagner 10 CDs/vinyles du catalogue Record Makers.

* Les 10 premiers qui communiqueront les trois combinaisons gagnantes recevront la discographie complète Record Makers.

 L’application « Record Makers » est disponible gratuitement sur l’AppStore et sur iTunes.

Le teaser de l’application :
http://www.youtube.com/watch?v=IZ2DrsaBl6A

A cette occasion, vous pourrez également découvrir le nouveau clip de Sébastien Tellier, « Look », un clip réalisé par Mrzyk & Moriceau téléchargeable depuis le site du label.
http://www.recordmakers.com

Et le clip est également visible ici :
http://www.youtube.com/watch?v=0r0eqCzg6UU
http://www.dailymotion.com/video/xcjbt9_s%C3%A9bastien-tellier-look_music
http://vimeo.com/9943586

 

Plus qu’une sortie du désert…

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A l’instar de Vampire Weekend et MGMT, Foals était une des révélations de l’année 2008. Le quintet d’Oxford sera bientôt de retour pour un nouvel album. Très précisément le 10 mai. Une nouvelle tuerie en perspective pour le band drivé par le tyrannique Yannis Philippakis. Son titre ? « Total Life Forever’ ». Mais nul ne sait encore si leur expression sonore empruntera un format pop minimaliste ou évoluera aux frontières de l’expérimental ? « Spanish Sahara », leur premier single constitue peut-être une ébauche de réponse… A écouter sur le net…

http://www.myspace.com/foals
http://www.wearefoals.com

 

Une autre autre Pop

Écrit par

Originaire de Hebden Bridge, en Angleterre, Jonjo Feather est un jeune songwriter qui bricole des chansons folk depuis le fin fond de son Yorkshire natal. A 21 ans, ce touche-à-tout est aussi bien passionné de musique que de cinéma. Il s’est défini un nouveau style : l’Other Other Pop… Ben, pourquoi pas. En attendant de découvrir son premier album qui s’intitulera « Is Or Ok » (Numb Tongue / Cargo), Jonjo a posté sa compo « She Said » sur le net. Elle est même téléchargeable gratuitement.

http://www.ivox-promo.fr/artists/Jonjo%20Feather/JonjoFeather-IsOrOK-SheSaid.mp3

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/jonjofeather

 

Rendez-vous au Piano Club !

Écrit par

La formation liégeoise Piano Club publiera son premier elpee début mai. Il s'intitulera « Andromedia » et sera enrichi d’un bonus disc. Un mini album recelant des titres plus anciens. A surveiller si vous appréciez l’électro-rock aux réminiscences Flaming Lips et Phoenix…

Côté concerts, le groupe se produira sur scène prochainement :

20/03/2010 Bel'Zik Festival - Herve
27/03/2010 La Maison de la Culture - Namur
16/04/2010 Le Salon - Silly
21/04/2010 Welcome Spring Festival - Louvain-la-Neuve
07/05/2010 Les Nuits Botanique - Bruxelles (+ We Have Band)

http://www.myspace.com/pianoclub

 

Duo prometteur !

Écrit par

Too Tangled sort un premier single cette semaine. Il s’intitule « F.R.A.N.T.I.C. » Ce duo belge est réputé pour dispenser une musique énergique, violente, sexy et très ‘catchy’ ! Vous voulez en savoir plus ? Aller faire un petit tour sur leur site officiel ou leur MySpace :

http://www.tootangled.com
http://www.myspace.com/tootangled

En Concert

08/04 - Kaffee Beatnik - Beerse
29/04 - Charlatan - Gent
20/05 - JH Het Varken - Edegem
21/05 - CC Mechelen (support The Van Jets) - Mechelen

03/06 - Café De Walvis - Bruxelles

 

Lonelady

Le goût de l’extrême…

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De son véritable nom Julie Campbell, Lonelady est une passionnée de new wave et de post punk. Pas étonnant lorsqu’on sait quelle est issue de Manchester. Et pourtant, ce n’est pas en fouillant dans les vieux vinyles de ses parents, qu’elle a acquis cette culture. Simplement, en s’intéressant à l’histoire de la musique de sa ville de naissance. Progressivement. A un tel point qu’actuellement, sa musique en est profondément imprégnée. Et « Nerve up », son premier elpee en est la plus belle illustration. Pourtant au cours de sa jeunesse, elle écoutait surtout la musique américaine des 90’s ; entre autres REM, Nirvana et Hole…

Julie confirme : « Effectivement. En fait, ce sont ces formations qui m’ont incité à acheter ma première guitare » Parmi ses influences américaines, elle cite encore Pylon ainsi qu’Emerald, Sapphire and Gold (NDR : dites ESG), deux combos américains qui ont marqué le début des eighties. Elle est un peu surprise de la formulation de la question, marque une pause, puis réagit : « Ah, c’est ce que signifiait le sigle ESG ? » Puis embraie : « Ces deux groupes pratiquaient une musique minimaliste, entrecoupée de longs silences, à l’instrumentation très parcimonieuse. Et on retrouve dans mes nouvelles chansons, ces formes de vide. Mais si la palette de sonorités était minimale, les compos étaient très énergiques et imprimées sur un rythme saccadé, funky ». Mais retraversons l’Atlantique pour revenir aux Iles Britanniques. Trois décennies plus tôt. Soit à une époque marquée par Throbbing Gristle, XTC, John Foxx, An Clark, Cure, The Smiths, Gang of Four, Joy Division et quelques autres. Et qui constituent quelque part une source d’inspiration majeure pour Julie : « Tous ces groupes et artistes ont eu une influence sur ma création. Mais il n’entre pas dans mon intention de me réapproprier leur musique. Cela n’aurait aucun sens. J’essaie de créer mon propre univers sonore, notamment en me servant de ma voix. Parfois les influences peuvent devenir un fardeau. Il faut savoir faire la part des choses. » Ecouter Joy Division est, en outre, une expérience quasi religieuse pour mon interlocutrice. Elle avoue : « Leur musique se détache de la vie quotidienne. Elle me fascine. Elle est intemporelle. Un peu comme si on figeait le temps à travers l’espace. Et il ne faut pas oublier d’y associer le producteur Martin Hannett, également responsable du son ». Vu sa fascination exercée pour les eighties, on pourrait facilement imaginer que l’artiste reprenne, de temps à autre, des morceaux composés par ses maîtres. La réponse fuse : « Non ! On a juste enregistré sur une flip side, la reprise d’un single très peu connu de The Fall. Et c’est vrai que dans le passé, on l’a jouée en ‘live’. Mais depuis, elle ne fait plus partie de mon répertoire, sur scène ». Vu le come-back de la new wave, illustré notamment par des formations comme Editors et Interpol, une question me brûlait les lèvres. Celle de ces fameux cycles dans l’histoire du rock’n roll. Elle argumente : (rires) « C’est une approche intéressante. Personnellement, je pense plutôt qu’il s’agit du fruit du hasard. C’est plutôt aléatoire que cyclique. D’ailleurs je ne suis pas trop au courant de ce qui se passe sur la scène musicale contemporaine. Et puis, l’important c’est plutôt l’aspect tridimensionnel (NDR : la musique, la parole, l’interprétation) qui compte quand on revisite une époque. »

Le parcours musical de Lonelady a commencé en 2004, un itinéraire jalonné d’une poignée de singles. Qu’elle produisait elle-même. Elle a même aménagé un studio dans une ancienne filature. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle s’est forgé une solide expérience. Mais comment a-t-elle réussi à se faire signer par Warp ? Julie raconte : « L’histoire et un long processus. Au départ c’était du D.I.Y. ; puis en 2007, Jason (NDR : White) de Too Pure a agi comme catalyseur pour que je puisse franchir une étape. Il m’a permis de rencontrer Steve Beckett. Et puis de fil en aiguille, il s’est intéressé à ma musique, puis nous a signés ».

Julie estime que la plupart des critiques de disques et même de concerts sont rarement pertinents. Pourquoi donc ? « La manière de me poser cette question implique que tout est noir ou blanc. Personnellement, l’écriture est un acte privé, individuel. Et mon but n’est pas de faire l’objet d’un article dans un magazine. Or une majorité de journalistes essaie de tout traduire en mode et en courants. Ce n’est pas vraiment ce qui m’intéresse… » Parlons quand même un peu de ‘Nerve’, son premier opus. Et tout d’abord de cette compo baptisée ‘Army’, caractérisée par des riffs de guitare très effilés, comme chez Gang Of Four. Or, un des titres les plus notoires du band de Leeds s’intitule ‘I love a man in a uniform’. (Eclats de rires). C’est peut-être une coïncidence… « Et ça te fait rire ! J’adore ce groupe. Il véhiculait une énergie funkysante incroyable. Andy Gill est un guitariste génial. Et leur musique était à la fois brutale et fragmentée… » A contrario le morceau maître de l’elpee est beaucoup plus soul/funk disco. Davantage dans l’esprit de Madonna. Mais était-ce intentionnel ? « J’apprécie beaucoup Madonna. Elle est une de mes influences. Et sur cette compo, plus précisément, c’est vrai. En fait, mes prochaines adopteront un profil plus funky… »

Julie a déclaré beaucoup aimer la poésie et le cinéma extrêmes. Souhaiterait-elle mener une vie extrême ? Serait-elle blasée par la vie quotidienne ? (Eclats de rires…) Elle réplique : « Ca, c’est la meilleure question qui m’ait été posée aujourd’hui. Oui, j’éprouve le désir de ne pas mener une vie ordinaire. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis attirée par les idées extrêmes. Et je suis particulièrement fascinée par les films d’Ingmar Bergman ; et notamment par ‘7th Seal’ (NDR : le titre –en français ‘Le Septième Sceau’– provient d'une phrase de l'Apocalypse selon Saint Jean l'Évangéliste, chapitre 8 ; voir Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Septi%C3%A8me_Sceau». Dans le même esprit, sur la homepage de son site Web on peut lire ‘La brutalité a une place dans la pop. La férocité et le secret, également’. Ce qui méritait quand même un complément d’explications » Elle clarifie : « Il serait peut-être judicieux de demander des explications à Paul Morley. C’est un journaliste (NDR : plume brillante qui a longtemps sévi au New Musical Express), mais aussi un écrivain qui jouit d’une belle popularité aux Royaume-Uni. Au cours des dernières années, il a aussi composé pas mal de musique. C’est lui qui a rédigé ce texte sur le site. Je l’avais contacté pour qu’il consacre quelques lignes sur Lonelady, parce que j’aime bien la façon dont il formule ses impressions au sujet de la musique. Ce texte n’est pas linéaire, mais plutôt abstrait… »

Après avoir abordé tant de sujets sérieux (NDR : quoique), rien de tel que de terminer un entretien par une boutade… Mancunienne, Julie n’a pas son permis de conduire. Ni son drummer. Pas évident quand on doit se déplacer pour jouer en ‘live’. Or dernièrement, elle a engagé un claviériste, qui lui est détenteur du permis de conduire. Ce critère était sans doute indispensable avant qu’il ne soit engagé. Elle se défend : « Une manière très intéressante d’aborder le problème (rires). Le claviériste est autorisé à circuler en automobile sur la voie publique. Quelle belle coïncidence ! Vous savez j’habite au centre-ville. Je me déplace donc à pied. Je n’ai jamais éprouvé le besoin d’apprendre à conduire. C’est vrai qu’il n’est pas évident de se produire en concert dans ces circonstances. Et avant qu’il ne rejoigne le band, on sollicitait un proche ou un ami pour nous véhiculer… »

Merci à Vincent Devos

Watch out : the dogs are back !

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Atelier Rock de Huy, samedi 20 mars 2010. Lieu choisi par Doghouse pour annoncer son retour sur scène. Né dans le courant des années 90, le quintet électro-métal liégeois avait été contraint de délaisser les planches à la suite des événements tragiques survenus en 2000. Date à laquelle le groupe avait soulevé l’enthousiasme du public et des médias lors d’une tournée inépuisable consécutive à la sortie de son premier Ep. Tournée à travers l’Europe (France, Pays-Bas, Tchéquie…) qui leur avait valu le titre du ‘groupe belge qui a le plus tourné en 2000’.

Une formation recomposée de cinq musiciens qui explore singulièrement les champs musicaux de Front 242,  Fad Gadget, Faith No More… Un électro-métal audacieux habillé de platines et de sons digitalisés qui n’hésite pas à conjuguer les influences. 

Boulimie musicale irrépressible qui pousse d’ailleurs les cinq du bord de Meuse à reprendre les chemins des studios. Un deuxième Ep est actuellement en réalisation au studio Hautregard.

Un retour inattendu et exceptionnel à voir et à revoir sur :
 
http://www.youtube.com/watch?v=EW21A4DVur4
http://www.myspace.com/doghouserock
http://www.facebook.com/Doghouserock

Team:

voice : Pat st rem
Guitar-Samplers : Alexandre Aretz
Bass : Fabrice Mannino
Drums-Samplers : Fred Marcoty

Turntables : Dj sonar

 

The Album Leaf

De San Diego à Reykjavik…

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L’espace du Trix présente la confortable et singulière possibilité d’aménager deux scènes lors d’un même concert. Un réel bonheur pour tout backliner et surtout pour le public qui peut passer sereinement d’une scène à l’autre sans excitation inutile et sans attente excessive. La toujours séduisante programmation de la salle anversoise nous régalait ce mardi soir de deux groupes aux qualités intrinsèques incomparables. Les prodigieux Californiens de The Album Leaf  et les ordinaires Minnésotains de Retribution Gospel Choir.  

Derrière le projet The Album Leaf –pseudonyme inspiré d’une œuvre en mi majeur pour piano de Chopin, « Albumblatt »– se cache un surdoué de la musique électronica : Jimmy LaValle. Un concept musical américain, fondé à San Diego (Californie) en 1999. Tirant parti d’une variété indéfinissable d'instruments et d’équipements électroniques, il érige un mur sonore à la fois post-rock et ambient.

Sur les planches du Trix, un essaim de claviers (Moog, Nord, Hammond, …) habille la scène et donne corps au monde silencieux de Jimmy LaValle (pianiste classique de formation). Une pièce instrumentale dont le background est ingénieusement orné d’une toile drapée de projections minimalistes. L’ombre des Islandais de Sigur Rós et d’Amiina en compagnie desquels le chanteur californien collabore depuis 2001 (NDR : The Album Leaf a assuré les premières parties européennes et américaines du combo de Jón Þór ‘Jónsi’ Birgisson et enregistre régulièrement dans les studios Sundlaugin) ne rôde jamais très loin du post-rock de San Diego. « A Chorus of Storytellers », sorti ce 2 février sous le légendaire label Sub Pop, porte d’ailleurs les stigmates profonds infligés par la scène islandaise. Un univers hautement atmosphérique traverse alors le set de long en large et nous livre un post-rock dangereusement éthéré caressé de musique électronique minimaliste et d’ambient. Une prestation aux mélodies organiques qui engourdissent harmonieusement l’esprit et happent le spectateur vers les profondeurs abyssales de la rêverie.

Un voyage islandais que The Album Leaf est somptueusement parvenu à singulariser.

(Organisation The Trix)

       

Taxi Taxi !

Still Standing At Your Back Door

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Une rumeur battrait le pavé des ruelles sinueuses du Old Stockholm : la Petite Sirène ne serait pas danoise ! Non plus unique et singulière, elle se conjuguerait même sur le nombre duel et viendrait de la capitale. Voici le nom bifide de cette créature : Miriam et Johanna Eriksson Berhan. A l’écoute de la beauté  abyssale de leur premier opus, les bruits qui courent sur la nouvelle sensation de la scène indépendante scandinave pourraient dire vrai. Un folk féérique et enchanteur en témoignerait.

En bref : 2 + 2 + 2 = Taxi Taxi !

Soit deux jeunes surdouées, deux démos et deux ans de travail avant que Björn Yttling (Peter, Björn and John) ne produise leur premier six titres en 2006. Année où les deux sœurs jumelles hautes de 17 ans décident de fouler sans façons les planches des plus prestigieux festivals d’Europe du Nord (Roskilde, Hultsfred,…)

Expérience scénique qui servira de substrat à la réalisation de « Still Standing At Your Back Door ». Un premier elpee d’une grâce inouïe édifié de matériaux phoniques, de cristaux impalpables indélébilement : guitares acoustiques, ukulélé, fingerpicking, piano. Sonorités instrumentales plongées dans un océan de limpidité que font onduler mystérieusement des voix cristallines.   

Une bulle de savon musicale qui sonne comme une nuit d’été stockholmoise. Un opus d’une étrangeté fascinante qui mérite un arrêt sur image :

« Still standing at your back door », en ouverture, flâne d’emblée sur des rêveries tendres et mélancoliques. Un regard lent et obsessionnel inspiré des ondulations sonores de la mer Baltique.

« More childish than in a long time » écoute des percussions lointaines se pincer de cordes mélodiques. Une douceur acoustique qui défie le syndrome de Peter Pan.

« Old Big Trees » ferme le trio d’ouverture. Et, tout à coup, une voix moins implorante, plus assurée et enjouée, brise les mélopées intimistes du duo scandinave.

 « Same side of the moon » s’existentialise et hurle les avilissantes contraintes du corps. Celles qui posent des barrières à la perception, à la création. Un cri épuisé qui se ‘mosaïque’ en sens et transforme la langue. Les paroles, inouïes au sens propre et figuré, se substituent alors à la langue suédoise et explorent les rives de l’inintelligible.

« All I think of » est une piste où la production de Johan Berthling se fait particulièrement entendre. Un sillon orchestré d’une rythmique soignée de percussions lourdes et de cliquetis stridents qui miment délicieusement le clapotis du cœur livré continument à la marée de nostalgie qui le submerge, à la beauté inconfortable de l’existence.

  « The ripest fruit » surprend par un shuffle-latin-swing excentrique. Une piste déroutante à la rhétorique plus proche des frontières de Tijuana que de celles des provinces suédoises.

« … » : trois autres pistes aux saveurs surprenantes avant de refermer la porte sur « Mary ». Morceau touchant réenregistré de l’Ep éponyme de 2006 et paisiblement (re)décoré. Une mise en son finale au piano qui échoue et se rend oiseux par excès de subtilité et de formalisme. Un excès final de ‘byzantisme’ ?

Malgré les influences floues puisées au bord de la Baltique et chez l’Islande de Björk, « Still Standing At Your Back Door » se pose sereinement comme un premier album indéfinissable et résolument touchant. Album frôlé par l’aile de la grâce dans la forme et le fond : richesse dans les arrangements, véritable profondeur de songwriting et surprenante maturité.

Miriam et Johanna Eriksson Berhan se produiront le 25 mars prochain au Witloof Bar du Botanique.