Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Dour festival 2009 : samedi 18 juillet

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La fatigue commencerait-elle à gagner les festivaliers, en ce 3ème jour ? Une chose est sûre, en cette fin d’après-midi, le site est relativement clairsemé. A contrario, le camping grouille de jeunes essayant, tant bien que mal, de récupérer des folies nocturnes. Mais je ne m’en plaindrai pas ; car cette situation me permet d’apprécier les concerts au sein d’un environnement plus paisible qui réunit de véritables mélomanes, motivés par la présence de groupes talentueux en devenir…

Et tout d’abord O’death. Il se produit sous la tente de la Petite maison dans la Prairie. « O’death » c’est à l’origine une ancienne chanson mythique, presque spirituelle née aux USA. Cette compo traditionnelle figurait au répertoire du célèbre chanteur folk Ralph Stanley. En quelque sorte, il lui avait rendu vie. Mais ce titre a aussi servi de fil conducteur à une partie du film de George Clooney, « O’Brother ». Et cette perception de l’Amérique profonde hante la prestation du groupe. Leur musique est enracinée dans la country, le bluegrass et le rythm’n’swing. Le violoniste bondit littéralement sur les planches. Ses attaques à l’archet sont virevoltantes. Le chanteur/guitariste, Greg Jamie, occupe une position plus centrale. Il est régulièrement soutenu aux vocaux par Gabe Darling, partagé entre le banjo et d’ukulélé. Et la mayonnaise prend instantanément. Le podium commence sérieusement à vibrer. Les amateurs de folk, rejoints rapidement par les (nombreux) fans des Dropkick Murphys, lancent d’interminables pogos. Un engouement provoqué par une diffusion phénoménale de ce qu’on appelle les ‘good vibes’… Si vous souhaitez en savoir davantage sur cette formation, je vous invite à (re)lire la review que Bernard avait rédigée, lors de leur passage à l’Aéronef de Lille, ainsi que l’interview que le sextet lui avait accordée, avant ce concert. C’était en février dernier.

Par contre, pas sûr que notre rédac’ chef soit particulièrement heureux en lisant ce qui suit. Ni la majorité des collaborateurs de Musiczine, d’ailleurs. Parce que les Dodos y font l’unanimité. Personnellement, j’ai été séduit par les petites perles indie-rock de leur troisième opus, « Visiter » (NDR : le quatrième, « Time to die » sortira début septembre). Parce que leurs mélodies y soufflent comme un vent frais et rafraîchissant. Mais leur prestation accordée à Dour ne m’a pas du tout convaincu. Le changement de style était-il trop brutal après le set d’O’death ? Ou les commentaires flatteurs recueillis lors de leurs derniers passages chez nous, m’avaient-ils communiqué trop d’espérances. Toujours est-il que leur concert ne m’a guère enthousiasmé. A l’instar de leur tracklisting, que le trio m’a paru interpréter sans manifester beaucoup de passion (NDLR : lors leur interview accordée à Musiczine début décembre 2008, Meric et Logan avaient confié qu’ils n’aimaient pas trop se produire dans les festivals ; ce qui peut expliquer ce phénomène). Espérons que le retour dans une salle plus intimiste comme celle du Bota (NDR : le 8 septembre) ou de l’Aéronef à Lille (NDR : le 17 novembre) leur permettra de remettre les pendules à l’heure.

Vu la copieuse affiche proposée par le festival de Dour, on épingle toujours des noms que l’on ne connait ni d’Eve ni d’Adam. Mais que certains amis journalistes nous conseillent d’aller voir et entendre ; et à qui on fait entièrement confiance, dans un esprit d’ouverture et de découverte. Esser est l’un de ces illustres inconnus. Il se produit au Dance Hall. Ben Esser en est le leader. Il est entouré de quatre collaborateurs. Non content d’emprunter leur look aux New Kids On The Block, la formation dispense un synthé pop digne des boys bands de la fin des 80’s voire du début des 90’s. On a même plutôt tendance à en rire. D’ailleurs, il faut une bonne dose de second degré pour apprécier le spectacle proposé par ces 5 jeunes gens. Pourtant, le début de parcours est tellement déroutant, qu’on finit par accrocher. Le temps de quelques titres du moins ; car une fois l’effet de surprise passé, on a plutôt envie d’aller voir ailleurs ce qui se passe…

Chez Gong par exemple. Une des plus anciennes communautés hippies. Ces vétérans de la prog avant-gardiste et du free jazz valent également le coup d’œil. Sorte d’hybride entre Iggy Pop et notre Julos Beaucarne national, leur chanteur Daevid Allen est un personnage à lui seul. Il a quand même 70 balais. Et les autres membres qui l’accompagnent dépassent allégrement les 60 ans. C’est d’ailleurs au cours de la première moitié des 70’s que le combo a rencontré le plus de succès. Commettant même un elpee incontournable en 1973, « The Flying Teapot » (NDR : la pochette est enrichie de dessins réalisés et de poèmes rédigés par Allen dans l’esprit de la BD underground de l’époque). Les morceaux sont très longs et élaborés. Et ils s’adressent à un public averti…

Après ces phénomènes de foire, la suite de l’affiche est bien plus consistante. Et pour cause, 65daysofstatic va bientôt monter sur le podium de la Petite maison dans la Prairie. Le plus intéressant chez ce groupe de Sheffield, ce sont les surprises. Elles sont même systématiques. Lors de leur dernier passage à Dour (NDR : c’était en 2007) le groupe avait éliminé les claviers pour mettre en exergue l’aspect électrique de leur musique. Et je vous jure, les riffs de guitare avaient littéralement déchiré ! Pour ce nouveau show, la boîte à rythmes est plus présente, et le son brut est atténué par des samples électro. De quoi semer un peu plus la confusion. Pourtant, aussi disparates puissent-ils être, les différents éléments s’emboîtent parfaitement. Le plancher se remet à vibrer. Les headbangings sont lancés (NDR : pas étonnant que la nuque soit douloureuse, en fin de la journée). Leur set s’est même achevé par un « Radio protector » impressionnant. Le morceau s’ébroue paisiblement sur des accords de piano dramatiques. Puis la batterie et les riffs de guitare s’immiscent furtivement dans la solution sonore qui monte en crescendo, avant de se libérer dans une somptueuse déflagration finale. Un pur régal ! Coldplay aurait tout intérêt à en prendre de la graine…

Dropkick Murphys se produit sur la grande scène. Le band de Boston attire la toute grande foule. Dont de nombreux aficionados qui arborent des tee-shirts aux couleurs de l’Irlande. Mais c’est ici que le bât blesse ; car cette dans cette formation, il n’y a pas d’Irlandais. Même pas d’Ecossais ! Mais des Yankees. Et cela se ressent. Bien sûr, ils entament leur set par un air traditionnel joué à la cornemuse. Et pour briser la lassitude provoquée par une succession de titres punk/hardcore, ils entonnent le traditionnel « Wild Rover », que le public reprend en chœur (NDR : la version des Dubliners est antérieure). Malheureusement, le tracklisting composé de morceaux ne dépassant pas les 3 minutes souffre de refrains un peu trop simplistes. Ce qui n’empêche pas la foule de remuer allègrement et même de pogoter frénétiquement. Difficile néanmoins de s’enthousiasmer face à un ensemble qui souffre d’une telle carence d’originalité et qui, de toute évidence, aura bien du mal à atteindre un jour la cheville de maîtres du genre comme les Pogues voire les Real McKenzies.

La foule se densifie devant le podium de la Last Arena. Les Pet Shop Boys vont s’y produire. En voilà une tête d’affiche plutôt atypique pour Dour. Ce type d’artiste est en général programmé dans le cadre de manifestations comme celle des Lokerse Feesten ; mais il faut croire que l’agenda du combo, coincé entre quelques grands festivals anglais, l’Olympia à Paris et un concert à Tel Aviv, correspondait sans doute mieux à celui du festival borain. Et puis en sachant que la bande Neil Tennant et Chris Lowe se rendait ensuite au Mexique et au Canada, avant de revenir au Lotto Arena d’Anvers, le 15 décembre, les organisateurs avaient le droit de manifester une certaine fierté d’être parvenu à convaincre le duo anglais de débarquer sur ses terres. En outre, le décor mis en place sur la grande scène accentue cette impression d’exclusivité. Les vedettes se font attendre. C’est connu. Il y a même une musique de fond pour faire patienter le public. Néanmoins, dès l’entrée en scène des Pet Shop Boys, on est fasciné par leur light show. Des lumières sont projetées sur un muret de cubes. Impressionnant ! Musicalement, la prise de risque est cependant très limitée, puisque le band ouvre le tracklisting par un de ses plus gros tubes : « Heart ». Neil est au centre. A peine visible derrière ses claviers, Chris s’est posté côté droit. Et deux choristes sont plantées à gauche. Le décor est renouvelé à plusieurs reprises. Les tenues de scène défilent. Les chorégraphies fluctuent. De quoi conserver tout l’intérêt d’un grand spectacle. Les singles se succèdent : « Love, etc... », « Go West », « Always On My Mind », etc. Bref, un show fort agréable pour une tête d’affiche ; surtout quand on sait que les têtes d’affiche sont plutôt rares à Dour.

Avant de vider les lieux, pourquoi ne pas jeter un dernier coup d’œil dans la Petite maison dans la Prairie pour y admirer la grande fanfare d’I’m from Barcelona ? Bien qu’elle ne soit pas catalane, mais suédoise (NDR : de Jönköping), la formation ressemble à une véritable auberge espagnole. Il ya  une quinzaine de musiciens. Une large section de cuivres, des choristes, des percussionnistes et des guitaristes. Et on ne sait toujours pas où donner de la tête devant cette troupe. Cependant, Emanuel Lundgren (NDR : c’est le leader !) veille au grain ; et tel un chef d’orchestre, il veille tout particulièrement à l’harmonie de l’ensemble. Résultat des courses : l’ambiance est aussi à la fête tant sur scène que dans le public.

Mais il est déjà 1 heure du mat’. La fatigue commence à gagner du terrain et l’emporte sur mon envie de scander ‘I'm gonna sing this song with all of my friends and we're I'm from Barcelona’ ; aussi je décide de quitter le site, histoire de revenir en pleine forme le lendemain.

(voir également la section photos)

Ecoute le dernier The Dodos pour pas un rond

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Le formidable duo The Dodos propose son prochain recueil, « Time To Die » en intégrale et en streaming sur un site consacré spécialement à l’œuvre. Il vous y est également possible d’y télécharger gratuitement le titre « Fables ». « Time To Die » est prévu dans les bacs pour le 31 août.

NB: Pour écouter l'œuvre, il suffit de souscrire à la newsletter du duo.

http://timetodie.net

 

Julian Casablancas fait lui aussi cavalier seul

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Le leader de The Strokes suit l’exemple de ses camarades de classe (Nickel Eye, Albert Hammond Jr., Little Joy) et prépare son premier ouvrage en solitaire. Il s’intitulera « Phrazes For The Young » et sera publié via RCA.

La date de sortie n’est pas encore connue, mais Casablancas propose un petit extrait de son labeur sur son site officiel : http://www.juliancasablancas.com

Les UV de Kid Sister

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Kid Sister, le nouvel espoir du rap au féminin, publiera son premier ouvrage le 6 octobre. « Ultraviolet » contiendra les singles « Get Fresh » et « Pro Nails », son duo avec Kanye West ainsi que le petit dernier, « Right Hand Hi ». Le disque sera produit par A-Track et sera émaillé de quelques collaborations, dont, entre autres, Yuksek, Estelle et Count & Sinden.

Tracklist :

Right Hand Hi
Life On TV
Daydreaming
Let Me Bang 2009
Big’n’Bad
Pro Nails (avec Kanye West)
Step (avec Estelle)
Switch Board (avec DJ Gant-Man)
Get Fresh
53421
You Ain’t Really Down
Control

L’origine de The Hidden Cameras

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The Hidden Cameras, le collectif canadien mené par Joel Gibb et ouvertement gay, va enfin donner vie au successeur de « Awoo », publié en 2006. « Origin : Orphan » sera dans les bacs le 22 septembre via Arts & Crafts. Il sera précédé du single « In The NA ».

Tracklist :

Ratify The New
In The NA
He Falls To Me
Colour Of A Man
Do I Belong ?
Walk On
Kingdom Come
Origin : Orphan
Underage
The Little Bit
Silence Can Be A Headline

En attendant la sortie de ce quatrième opus, The Hidden Cameras proposent "Walk On", un extrait de ce dernier, en téléchargement gratuit. Suivez le guide.
http://www.arts-crafts.ca/thehiddencameras/freedownload.php


 


 

Un projet solo pour le ‘Drummer’ de The Black Keys

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Inspiré par les pérégrinations solitaires de Dan Auerbach, Patrick Carney, la seconde moitié Black Keys, a décidé de suivre la tendance et de lancer son projet personnel. Le batteur de la formation blues s’est entouré de quelques camarades pour former… Drummer. Un nom très inspiré mais auquel Carney fait un pied-de-nez en tournant le dos à ses baguettes pour s’attaquer à la basse.

Patrick Carney y sera entouré de membres issus d’obscures formations telles que Houseguests, Beaten Awake et Ghostman&Sandman. Le premier opus de Drummer s’intitulera « Feel Good Together » et sera publié le 29 septembre.

Dour festival 2009 : vendredi 17 juillet

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La météo est relativement clémente en ce début du deuxième jour. Bien sûr, les averses ont arrosé les festivaliers nocturnes ; mais les orages tant redoutés n’ont pas éclaté. Seul notre rédac’ chef néerlandophone Johan a passé une mauvaise nuit. Alors qu’il souhaitait dormir dans son véhicule, il a été tour à tour réveillé par la sécurité et la police, sur le parking, puis dans la rue. Il est loin le temps où le festivalier plantait sa tente n’importe où à Dour ; dorénavant tout est réglementé et plus aune place n’est réservée à l’improvisation. D’ailleurs, l’organisation est bien huilée. En ce vendredi, elle doit gérer 35.000 spectateurs et 58 groupes. Et elle va me permettre de vous relater cette nouvelle journée, parsemée de bonnes surprises.

Place tout d’abord au métal et au hardcore programmés sur la grande scène. Il est tôt, mais Murphy’s Law est déjà d’attaque. De véritables bêtes de scène. Contrairement au principe lié à leur patronyme, leur solution sonore n’accumule pas une série de malheurs, mais fait la part belle aux bonnes nouvelles. Jimmy G, le leader, est impressionnant. Tant sa voix que son jeu de scène. Leur musique est le fruit d’un mélange improbable entre NoMeansNo, Suicidal Tendencies, Agnostic Front et Dropkick Murphys. Enfin, si on ne tient compte que des groupes qui se sont produits à Dour, à ce jour. Né en 1985, ce combo jouit d’une solide réputation sur les planches. Et il l’a de nouveau confirmé cet après-midi. Les mauvaises langues n’hésitaient pourtant pas à taxer leur hardcore de vieillissant voire d’obsolète. Ce qui n’a pas empêché les aficionados d’être comblés par leur set.

Sur la même scène, et dans le même registre, Walls Of Jericho monte le son d’un cran. Bonjour les tympans ! Le combo est drivé par une frontwoman : Candace Kucsulain. Le genre de demoiselle qu’on aurait bien du mal à présenter à ses parents. Pour la petite histoire, lors d’un concert accordé 2004, un fan lui avait accidentellement fracturé le nez. Ce qui ne l’avait pas empêché de finir son set, et même sa tournée. Mais au-delà de son look et de ses tatouages, son incroyable énergie épate. Elle mène littéralement la danse. Le tracklisting regorge de titres incisifs, mais intègre aussi des morceaux issu de l’Ep « Redemption » ; c’est-à-dire dans un style plus proche d’Epica ou d’In This Moment, en compagnie desquels ils sont partis en tournée. Les festivaliers n’ont d’ailleurs pas le droit de faire la fine bouche ; car quelques jours après cette prestation accordée à Dour, Candace va annuler plusieurs dates en Europe. En cause : le décès d’un de ses proches, Emery Keathley, membre du band Cold As Life. Elle est donc retournée à Detroit…

Sepultura s’apprête à grimper sur le podium. Mais personnellement, Sepultura sans Max Calavera c’est un peu comme Queen sans Freddie Mercury. Aussi, j’opte pour la pop paisible d’Au Revoir Simone (NDR : à ne pas confondre avec le groupe wallon En Voiture Simone). Trois jolies jeunes filles au physique de mannequin s’installent derrière des claviers vintage. Leurs voix sont douces et hypnotiques. Leur musique me fait penser tour à tour à Belle & Sebastian, Of Montreal voire à Bat For Lashes. Les trois Américaines séduisent rapidement l’auditorat. C’est qu’on leur pardonnerait tout à ces belles demoiselles ; même le démarrage complètement raté d’un des rares titres au cours duquel Erika Forster empoigne sa guitare. Au lieu de conspuer ou de siffler cette erreur de parcours, le public applaudit chaleureusement, comme pour encourager les filles à repartir sur de bonnes bases. Et cette réaction semble les toucher très fort. Une forme d’osmose progressive et naturelle s’opère d’ailleurs tout au long du set entre les filles et le public. Les ballades nous transportent dans un univers enchanté. Les mélodies satinées mais monotones sont dynamisées par les beats et vivifiées par la sonorité des claviers désuets. Peu de jeu de scène. On peut même ajouter que les trois top-modèles, placées côte à côte, sont plutôt statiques. Ce qui n’empêche pas le show de focaliser l’attention des spectateurs, au point qu’ils ne lâcheront pas une seconde du regard, le spectacle…  

A l’issue d’un de ce grand moment du festival, on aurait aimé quelque peu décompresser. Le temps de reprendre ses esprits. Mais une autre surprise nous attend au Club-Circuit Marquee : Deerhof. D’origine asiatique, sa chanteuse ne doit pas mesurer plus d’1 mètre 55. Et pourtant, elle libère une énergie incroyable, sur scène. Souriante, sympathique, sa bonne humeur est communicative. Evoluant entre noisy et indie pop, la musique de Deerhof navigue à la croisée des chemins de Blonde Redhead, McLusky et n’importe quelle autre production signée par Steve Albini. Bref, le band nous fait passer un bon moment. A voir et à revoir.

Et pourquoi ne pas entretenir cet état d’esprit en assistant au show de Babylon Circus sur la Red Frequecy ? Leur jeu de scène théâtral est toujours aussi bien huilé. Les Français déroulent. Leur ska est blindé par une section de cuivres toujours aussi impressionnante. Et si parfois, leur style dérape dans la variété française ou sombre dans une ambiance de bal populaire, leur second degré et la complicité entre les deux chanteurs, David et Manu, font toujours recette.

Mais le temps presse. Un retour vers le Club-Circuit Marquee s’impose. …And you will know us by the trail of dead s’y produit. En 2007, il avait clôturé le festival en assénant une véritable claque aux spectateurs, alors encore présents. Les deux batteurs et les trois guitaristes sont interchangeables. Tout comme les vocalistes. Mais le son est particulièrement âpre. L’impression générale laissée par leur concert est plutôt mitigée. Bien sûr, les musiciens se défoulent sur les planches ; mais ce soir, on ne retrouve pas ce petit grain de folie, ce potentiel d’explosivité qui les rend si attachants…

Que se passe-t-il devant la Last Arena ? La moyenne d’âge jusqu’alors limitée aux 15-25 ans, vient subitement d’augmenter. Le parterre est dispersé, mais réunit une majorité de quadragénaires. Normal, puisque Killing Joke va monter sur le podium. A l’instar de Sisters of Mercy, la bande à Coleman continue de tourner (NDR : Bauhaus a définitivement cessé de jouer en public). Toutes des icônes nées au cours des 80’s, il faut le rappeler. Jaz impressionne, effraie même. Il parvient instantanément à enflammer ses fans. Et les pogos se déclenchent très rapidement. Les moins jeunes –et c’est inhabituel– y prennent également part. Coleman nous réserve quelques commentaires sociopolitiques. Dont un cri d’alarme pour que cesse le conflit indo-pakistanais. La seconde partie du set est beaucoup plus violente ; elle est même tramée dans l’esprit de leur opus « Hosannas from the Basements of Hell », paru en 2006. Les guitares sont plus tranchantes ; et même si le timbre de Jaz semble de plus en plus cassé, il ne se prive pas d’en user allégrement.

Une journée de festival sur un site comme celui de Dour se traduit par des kilomètres de marche ; surtout pour celles et ceux qui doivent se taper les gigantesques passerelles sises à l’entrée du site. Mais c’est le prix à payer pour voir un maximum d’artistes. Animal Collective était donc une des têtes d’affiche de l’édition 2009 du festival. Le chapiteau qui abrite le Club Circuit Marquee est d’ailleurs plein à craquer lorsque le trio yankee fait son entrée. Curieusement, tout au long de leur set, un incessant va-et-vient entre les spectateurs va s’établir. En fait, de nombreux curieux sont venus voir ce que la dernière sensation hype avait dans le ventre. Probablement sous le coup de la déception, la plupart d’entre eux vident les lieux après quelques morceaux. Car le spectacle n’est pas facile à encaisser. D’abord à cause du light show. Trop sombre. Puis des deux boîtes à rythmes qui étouffent constamment la voix pourtant si agréable d’Avey Tare (NDR : David Portner de son vrai nom). Et la guitare qui était parvenue à alléger les bidouillages électroniques, lors de leur prestation précédente accomplie à Dour en 2006, est beaucoup trop effacée. L'effet de surprise et d'émerveillement provoqué par leur magnifique dernier opus (« Merriweather Post Pavilion ») s’estompe rapidement ; et la longueur des titres finit par susciter un profond ennui. C’est donc plutôt dépité que je décide alors de repartir vers la grande scène, où se produit Vive la Fête.

Bien sûr, c’est moins original qu’Animal Collective ; mais au moins, leur spectacle est un régal pour les mirettes. Belle et sexy, Els Pynoo sait user de son charme. Et ses déhanchements peuvent se révéler dévastateurs. Sa crinière blonde contraste toujours avec le look sombrement new-wave du reste du band, Danny Mommens en tête. Malgré tous leurs efforts, le show de Vive la Fête ne parvient pas à décoller ; et l’hystérie déclenchée en 2003 et 2005 sur la Plaine de la Machine à feu ne se reproduit plus. Il faut dire que la pluie se met à s’abattre sur Dour, et les trombes d’eau refroidissent inévitablement l’ambiance. Il est d’ailleurs déjà 1 heure du mat’, le moment propice pour rejoindre sagement mes pénates. Les sets nocturnes, quoique très attendus de Fuck Buttons, Shameboy et Digitalism ; ce sera pour une autre fois.

(Voir aussi notre section photos)

Dour festival 2009 : jeudi 16 juillet

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La 21ème édition du Dour Festival coïncidait également avec ma 17ème participation. C’est donc toujours l’esprit léger que je me dirige, chaque année, vers le site de la Plaine de la Machine à Feu. Très vite toutefois, les embûches commencent à se multiplier. Sur la route, il faut se farcir un contrôle de très antipathiques policiers. Puis les inévitables files. Soit franchir toute une série d’étapes avant enfin de parvenir à l’entrée. Largement de quoi altérer mon enthousiasme. Mais c’est aussi le prix à payer, dorénavant, pour se lancer dans l’aventure d’un grand festival…

A tout instant de la journée (NDR : ensoleillée, il faut le préciser), une des cinq scènes (NDR : la 6ème –Red Frequency– n’ouvre que le vendredi) offre toujours un set intéressant à découvrir. Et mon programme débute par les ‘Picard’. Les Fatals Picards tout d’abord. Sur la grande scène. A contrario de ce que leur patronyme laisse supposer, ils ne sont pas issus du Nord de la France, mais bien de Paris ; et ça se ressent. Leur mélange de ska et de variété s’avère agréable à écouter sur disque. Leur tube et clip « Bernard Lavilliers », pour lequel ils avaient reçu le concours du Stéphanois, avait fait un tabac. Mais leur prestation est à cent lieues de véritables artistes du genre comme Marcel et son Orchestre. Le public ne s’y trompe pas et déserte en partie la plaine. Pourtant, celui des Francofolies lui aurait réservé un excellent accueil… autre endroit autres mœurs. Mais comme dirait Bernard (NDR : notre rédac’ chef, pas Lavilliers), ‘Il ne faut pas nous la faire…’

A premier abord, leur homonyme Pascal Picard et son band ne m’emballait pas davantage. Faut dire que sa pop gentillette passant en boucle sur la bande FM commence à me gonfler. Et pourtant, surprise (NDR : il y en a toujours à Dour), la jeune et souriante Canadienne va nous dispenser un set plutôt rock. Armée de sa guitare sèche, elle aligne les titres de son opus « Me, myself and us », dont son inévitable tube « Gate 22 ». L’interprétation très subtile de son répertoire séduit l’audience du Dance Hall. Une audience qui avait déjà pu vibrer lors du show accordé par la Flandrienne Selah Sue, dont la soul apaisante avait été unaniment appréciée.

Changement de scène et de style (NDR : il faut bien s’y faire à Dour) : Meshuggah monte sur les planches du Club-circuit Marquee. Vous ne les connaissez pas ? Leur patronyme se traduit littéralement par ‘taré’, en judéo-allemand… Leur style de musique est assez original. Oscillant quelque part entre métal et mathcore, il est raffiné par des accès de prog à la King Crimson. En 20 ans de carrière, la formation suédoise s’est forgé une solide réputation. Leur dernier opus, « ObZen » est paru en 2008. Et leur show accordé ce soir est plutôt emballant, pour autant que l’on ait une oreille avertie. Car les expérimentations et les changements rythmiques pointus, ce n’est pas du goût du festivalier lambda. En tout cas, c’est toujours un plaisir d’écouter un groupe qui excelle dans son style, même si l’on n’est pas un fan inconditionnel du genre. Et bonne nouvelle pour les fans de ce combo : un Dvd live serait en préparation…

Toujours aussi intense, mais un peu plus abordable, le set d’Isis restera un moment fort de ce festival (NDR : n’ayons pas peur des mots !) La formation se produit sur la grande scène. Le son est très puissant (NDR : mais pourquoi ai-je oublié mes boules-Quiès en ce début de festival ?) mais précis. Le chant d’Aaron Turner est impeccable. Les envolées planantes construites en crescendo sur disques sont ici décuplées. Pas besoin de substance psychotrope pour apprécier une telle solution sonore. A ranger du côté de grands ténors comme Neurosis, Cult of Luna ou même Fugazi.

Quelle est la manière de retomber sur terre après un tel concert ? Cocoon semble être le dérivatif idéal. De leurs ballades relaxantes et agréables, le combo hexagonal cherche à nous placer sous couveuse (NDR : tiens, je comprends à l’instant l’origine du nom du groupe). Le public claque des doigts et balance les bras de gauche à droite. Mais au fil du temps, leur pop guimauve devient lassante ; et on espère une petite étincelle pour percer ce cocoon soporifique… Elle viendra lors du titre final « Chupee », un morceau ponctué par les applaudissements des spectateurs. Enfin celles et ceux qui étaient parvenus à résister jusqu’alors.

Evoluant quelque part entre chanson française, blues et rockabilly, la prestation des locaux Saule et les Pleureurs est bien plus nuancée. Montois, Baptiste Lalieu a le chic pour mettre son public en poche. Il s’en approche et leur avoue qu’il aimerait tant les rejoindre si son micro le lui permettait. Car quoique prolongée d’une passerelle, la grande scène ne permet pas de réaliser de show comme lors des autres grands festivals. Pas davantage d’écrans vidéo de chaque côté du podium ni de micro sans fil. Dans ces conditions et vu l’amplitude du plateau, les temps morts sont inévitables. Mais cette situation oblige aussi les fans à rester dans les premiers rangs ; et même si la foule n’est pas très dense, la fête a bien lieu. Et Saule est rejoint par l’équipe Waf ! (NDR : dont la joviale Christine Mass de Plug RTL) pour mettre une dernière fois l’ambiance et immortaliser les farandoles dans le public, en vidéo.

Le reste de la soirée est malheureusement moins drôle : les très attendus Friendly Fires ont déclaré forfait. Motif : un  de leurs membres est malade. Il ne reste plus qu’aux inconditionnels de se consoler en (re)lisant notre review du festival ‘Les Inrocks’ 2009, au cours duquel ils avaient fait très forte impression.

Je n’apprécie guère Tryo. Et notamment leur pseudo-écologisme ainsi que leur alter-mondialisme pour bobos. En 2003, il avait accordé à Dour un set tout simplement insipide. De quoi mériter leur étiquette de chanteurs de rue (NDR : encore que quelque part, c’est un manque de respect vis-à-vis de ces derniers). Bref, restons un tant soi peu objectifs, et reconnaissons que leur jeu de scène a bien évolué. Les percussionnistes se mettent davantage en évidence et les chanteurs communiquent agréablement avec le public. M’enfin, je n’ai guère eu de regret de quitter ce spectacle pour assister à celui d’Isis…

Il est déjà minuit, et les orages annoncés et redoutés m’incitent à rejoindre le parking presse. Je ne tiens pas à rester embourbé dans un cloaque. Aussi, je laisse le soin à Jérémie, davantage fan d’electro, de couvrir la suite nocturne du programme. Car si finalement les orages violents ne frapperont pas Dour, la pluie va commencer à s’abattre. Et elle va même tomber en abondance… Qu’importe, ce n’est pas le temps pourri qui va arrêter notre photographe Jérémie. Et il livre un condensé de son stage surfing.

Dr. Lektroluv a le sens du second degré. Il s’affiche comme fan de Derrick. Vêtu d’un costard argenté, il est affublé d’un masque de Derrick. De couleur verte. En fait, son casque n’est ni plus ni moins qu’un vieux téléphone blanc, comme dans la série allemande culte (NDR : enfin presque). Le concept a son style et au niveau de la performance, l’artiste n'a pas rencontré de problèmes pour enflammer un Marquee presque plein. Tantôt plus hard tantôt plus intimiste, les rythmes parviennent à envoûter le public. Et pour être complet, on précisera que les Belges de The Subs ont participé au set.

Après leur prestation accordée dans le cadre du ‘7 ans du Culture Club’ à Gand en compagnie de Bloody Betroots et co, MSTRKRFT a également livré un set entraînant, plaisant et relativement mainstream, dans un Marquee bondé. Au programme : une bonne partie de leurs compos, mais également de nos nationaux Sound of Stereo, ainsi que l'incontournable remix de « D.A.N.C.E. » qu’il va directement enchaîner par le « Da Funk » des Daft Punk. Le public est ravi. Jérémie aussi car il avait estimé le set précédent à Gand beaucoup plus ‘hard hitting’ et limite trop techno.

Tout comme la pluie, Deadmau5 démarre en trombe. Il porte un casque de souris. Son set est plus hard que prévu, nonobstant la succession de gros hits. Le jeu de scène est original. Les jeux de lumières sont excellents et son set VJ. A plusieurs reprises, il parvient à faire décoller son show. Notamment lors de « Daft Punk - Harder Faster Better Stronger ». Mais au fil du temps, l’enthousiasme s’atténue. En cause un style qui devient de plus en plus minimaliste. Il perd alors une bonne partie de son audience. Faut dire qu’au loin on peut entendre Steve Aoki qui semble être au meilleur de sa forme.

La course entre les scènes n’a pas permis d’assister à l’intégralité du set de DJ Matthew Herbert. Une chose est sûre, l’expression sonore était largement teintée de bon vieux funk, dans un dance hall à moitié plein ou à moitié vide, c’est selon. Alors que la pluie redouble d’intensité sur la Plaine de la Machine à Feu.

Une pluie qui va finir par lasser Jérémie. Mais il n’était pas au bout de ses peines. Après deux heures du matin, il n’y a plus de navette pour rejoindre le parking. Il a donc fallu qu’il s’y rende à pied. Sous les trombes d’eau. Mais il en faut bien plus pour décourager vos dévoués reporters ; Jérémie et Sophie vous ont déjà réservé déjà de nombreux clichés dans notre rubrique ‘Photos’ ; et vous pourrez bientôt lire la suite des aventures de l’équipe de Musiczine, vécue lors de l’édition 2009 du festival de Dour… A suivre !

Muddy Waters

Stepping stones

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Paru sur le label anglais Proper, ce coffret est relativement bon marché ; mais surtout, il présente un certain intérêt pour celles et ceux qui ne possèdent pas une discographie exhaustive du grand bluesman. Le box réunit trois Cds et un Dvd.

Intitulé "Rollin' stone", le premier disque épingle des titres célèbres que Muddy Waters a enregistrés en s'inspirant de chansons existantes. Le second, "I'm ready", se concentre sur le répertoire du seul Muddy, au cours de ses années de gloire, vécues entre 1948 et 58. Le troisième, "The headhunters", est réservé à quelques grands bluesmen qui ont, à un moment ou un autre, partagé sa route. Et enfin, le Dvd (NDR : "Talkin' Muddy") est plus spécifiquement consacré à des interviews.

A ses débuts, Waters a été fort marqué par Son House. C’était même une de ses influences majeures. House avait concocté, son "Walkin' blues", en 1930. La version de Muddy date de 1950 et est caractérisée par un extraordinaire jeu de slide! La prise de 1941 implique mandoline et harmonica. Robert Lockwood avait gravé son premier disque en 1941. Chez Bluebird. Son titre ? "Black spider blues". Waters répond en 47 par son "Mean red spider". Chanteuse de R&B, Ann Cole enregistre "Got my mojo working" en 1956. Visiblement séduit, Mr Morganfield l'enregistre à son tour quelques mois plus tard ; et en fait une affaire désormais personnelle. Peu connu, Hambone Willie Newborn avait enregistré une version originelle de son "Roll & tumble the blues", dès 1929. Celle du "Rollin' & tumblin'" de Waters date de 1950. Baby Face Leroy se charge du chant ainsi que de la batterie et Little Walter l’harmonica! La même formule est reproduite pour des compos signées John Lee Sonny Boy Williamson I, Big Bill Broonzy, Memphis Minnie, Big Joe Williams, Sleepy John Estes ou encore Bo Diddley. Et confessons que les versions réalisées par Waters n'ont jamais à rougir face aux originales.

"I'm ready" réunit vingt plages de Muddy Waters, dont la majorité ont été immortalisées après 1954 et écrites par le puissant Willie Dixon. Caractérisée par le jeu primaire et éclatant sur la slide, les plus anciennes sont un réel plaisir, même si la voix est un peu plus lisse, quoique déjà puissante. A l’instar de "Canary bird". Certains titres sont de petites merveilles. Et je pense tout particulièrement à "Gone to main street". Concoctée en 1952 cette plage vivifiante n’a pas pris une ride ; en outre, elle est illuminée par les intervenions extraordinaires de Little Walter à l’harmonica. Le lent "Long distance call" est une plage tout aussi remarquable. Datant de 51, elle implique le même Walter qui est alors le tout premier harmoniciste à se servir de l’amplification. Les versions originales des meilleurs titres de Waters défilent : "Hoochie Coochie man", "Just make love to me" (NDR : étoffé par la basse caractéristique de Willie Dixon), "I'm ready", "19 years old", "Close to you",… "Young fashioned ways" remonte à 55. Le jeu typique d'Otis Spann au piano est savoureux. Et lors du cinglant "Sugar sweet", Junior Wells souffle dans l'harmonica.

"Headhunters" était le surnom des musiciens issu de la bande à Waters. Motif : ils avaient la réputation de ‘coupeurs de tête’ dans tous les clubs et toutes les tavernes du South Side. On en dénombre sept ! Et tout d’abord le brillantissime Little Walter. Harmoniciste prodige et innovateur, il est trop tôt disparu, à l’âge de 37 ans, suite à une bagarre. Lui sont réservés l’instrumental fétiche "Juke", un "Mean old world" qu’il chante en manifestant verve et passion, "My babe" et son "Just a feeling". Le flamboyant Buddy Guy débarque à Chicago en 1957. Il est alors âgé de 21 ans. L'année suivante, il entre en studio et enregistre "Sit & Cry" pour le label Cobra, un morceau qui exsude ses origines louisianaises, ainsi que "Try to quit you baby". James Cotton n'en a que 18, lorsqu’il rejoint le backing band de Howlin' Wolf. Nous sommes alors en 53. Deux ans plus tard, il épaule Muddy Waters. Trois titres se focalisent sut cette période, dont "Cotton crop blues", un superbe blues sevré d’harmonica, mais fustigé par des accords de guitare écorchés. Des compos mise en boîte au studio Sun, à Memphis. Junior Wells vient de fêter ses 18 printemps lorsqu’il succède à Little Walter au sein du Waters Band. Et sans complexe. Il en a deux de plus lorsqu’il adapte de superbes plages comme "Hoodoo man" et " Bout the break of day". Dès 1947, Jimmy Rogers rejoint le Muddy Waters Band. Il y restera jusqu'en 1954, c’est-à-dire avant d’embrasser une carrière individuelle. Il est considéré comme un des guitaristes les plus conséquents du Chicago Southside, et nous réserve trois compos personnelles datant de 1950 : "That's all right", "Ludella" et "Walking by myself". Contemporain de Waters Robert, Lockwood Jr était un musicien de studio notoire chez Chess. Son "Dust my broom", édité en 52, est probablement enrichi de la présence du pianiste Sunnyland Slim. Harmoniciste admirable, au jeu si personnel et expressif, Walter Horton a d’abord enregistré à Memphis. Dont "Black gal blues". Avant d’émigrer à Chicago. Il rejoint Waters au cœur des fifties. Publié en 56, son "Need my baby" en est un bel exemple.

Le Dvd "Talkin' Muddy" se concentre sur des interviews. Un sujet commun : Muddy Waters. Au crachoir : des producteurs, historiens du blues, auteurs, musicologues, et musiciens dont Charlie Musselwhite, Guy Davis et même Phil May, le chanteur des Pretty Things.

Muddy Waters

The Johnny Winter sessions : 1976 – 1981

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Au cours des dernières années de la vie de Muddy Waters, l'albinos texan a beaucoup côtoyé le seigneur du Chicago blues. De son véritable nom John Dawson Winter, le Texan d’adoption était né, en réalité, dans le Mississippi. A Leland très exactement. En 1944. Au cœur des années 70, il est au sommet de sa gloire en pratiquant un rockin' blues, hard et largement amplifié. C’est à cette époque qu’il devient le producteur de Muddy Waters. De cette collaboration, 4 vont naître : "Hard again" en 1977, "I'm ready" en 78, "Muddy 'Mississippi' Waters Live" en 79 et enfin "King Bee" en 81. D’excellente facture, cette compilation réunit des extraits de ces 4 productions, très judicieusement intitulées "The Johnny Winter sessions". Parmi les collaborateurs, on ne décèle que d'excellents musiciens ; et en particulier le drummer Willie ‘Big Eyes’ Smith et le pianiste Pinetop Perkins. Et pour cause, ils sont sur la brèche du début à la fin de l’opus.

L’elpee s’ouvre par un royal "Mannish boy", un morceau inspiré par le "I'm a man" de Bo Diddley. Le riff puissant trame la plage. James Cotton est préposé à l’harmo. La voix du maître est superbe, terriblement expressive. Le tempo hypnotique. La répétition incessante du même accord traduit le pouvoir d’envoûtement de la musique de Waters ; mais aussi son potentiel sexuel! La production de Johnny Winter confère une coloration franchement rock à l'ensemble. De quoi chatouiller les oreilles des bluesmen. A l’instar du "I want to be loved" de Willie Dixon, au cours duquel, les percus de Big Eyes Smith sont littéralement hantées. Des percus qui galvanisent la section rythmique pendant que l'harmo accrocheur de Cotton talonne toutes les phrases du leader. "The blues had a baby and they named it rock and roll" est un titre très significatif. Pour la première fois, Winter se met en évidence à la guitare. "Crosseyed cat" est encore un extrait de l'elpee paru en 77, sur lequel Waters se réservait les vocaux. Un morceau qui met en exergue les interventions bouillonnantes de Cotton. Il est alors au sommet de son art. De son côté, Pinetop Perkins s'amuse comme un petit fou derrière ses ivoires. Un bottleneck détonant mais séduisant froisse l’acoustique, "I can't be satisfied".

Pas moins de sept plages sont issues d’"I'm ready". Bob Margolin est passé à la basse. Le grand Jimmy Rogers est préposé à la guitare et deux souffleurs participent à cette série de toute bonne facture. Un noir : Big Walter Horton. Et un blanc : Jerry Portnoy. Le titre maître est le théâtre d’un véritable festival à l’harmonica. Se succèdent Big Walter. Puis Jerry. La version de "Rock me" est bien plus contemporaine que l’originale. Le leader sort enfin sa slide et impose l’intro tant attendue destinée à attaquer le blues lent magique "33 years". Le "I'm your hoochie coochie man" est un classique parmi les classiques. Johnny Winter s’illustre à la slide et Horton à l'harmo. "Good morning little schoolgirl" autorise Portnoy à prendre un ticket de sortie.

"Baby please don't go" relève de "Live", un opus remontant à 79. Jerry Portnoy s’est affranchi à la musique à bouche. Les échanges de cordes se multiplient entre Winter, Margolin et Luther Johnson. La même équipe embraie par "Trouble no more".

Quatre plages sont extraites de "King bee", le quatrième volume, dont une excellente reprise du titre maître. Et bien rythmée ! Ensuite, une adaptation délicate du "Mean old frisco" d'Arthur Crudup. Puis "Champagne & reefer", que Muddy attaque armé de sa slide, soutenu par Bob Margolin et Guitar Jr Johnson. Et enfin, "Keep me in trouble", un titre au cours duquel plane le souffle magique de James Cotton. 

"Walking thru the park" clôt les hostilités, un fragment immortalisé sur l'album de Winter, "Nothin' but the blues". Epaulés par Cotton, Muddy et Johnny conjuguent leurs vocaux. Vous savez tout ou presque sur le sujet  et ce qu’il vous reste à faire…

 

Blue Roses

Blue Roses

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Blue Roses est une petite merveille insoupçonnée, que n’augure ni son nom ni sa pochette dénués de caractère. De l’intérieur, c’est pourtant le repère d’une multi-instrumentiste à la voix de velours. Laura Groves s’enrobe aussi aisément d’un piano enjoué que d’une guitare caressée du bout des doigts. L’album se déroule dans un naturel fascinant ; les vocalises se superposent en vagues soyeuses, se couvrent tantôt de claquements de mains tantôt d’un xylophone éthéré pour tracer tout droit le chemin vers cet univers résolument onirique. Sur ces arrangements impeccables, chaque envolée vocale, chaque note de piano semble délicatement soupesée (à l’exception peut-être du synthé incongru empiétant sur « I’m leaving »). En fait, ce folk féminin ne tombe dans le piège ni de la candeur ni de l’imitation.

On ne dissimulera pas la comparaison avec Laura Veirs, tant elle éclate au grand jour. Mais ce n’est que pour mieux faire l’éloge de la novice, à qui il n’aura pas fallu les cinq albums de la New-yorkaise pour se hisser jusqu’à une telle perfection. Et pour façonner ce plongeon renversant sur « Rebecca », à 2 min 31’, qui transforme instantanément en extase les derniers frissons contenus.

 

Broken Records

Until The Earth Begins To Part

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Les Broken Records deviendront grands ! Ils sont parés et prêts pour cette aventure. Imaginez un mélange réussi entre le côté épique, envouté, d’Arcade Fire et le lyrisme quelque peu larmoyant de Keane ou Coldplay. Le tout agrémenté d’une pincée de musique traditionnelle écossaise. Programme alléchant en perspective ! Quasiment inconnue pour l’instant chez nous, cette formation pourrait bien figurer à l’affiche du festival de Werchter, l’an prochain. Ou tout du moins celle du Pukkelpop.

Broken Records a été fondé en 2006. A Edimbourg. En Ecosse. Originellement réduit à un trio réunissant les frères Sutherland (Jamie et Rory) ainsi que Ian Turnbull, le groupe compte aujourd’hui sept membres. Paru, il y deux ans, leur premier Ep a relativement bien été accueilli par la presse (NDR : manifestant leur emballement légendaire, le NME les avait même qualifiés  d’Arcade Fire écossais). Leur premier elpee était donc très attendu. Qu’en est-il ? ‘Until The Earth Begins To Part’ tient-il le cap ?

Si certains morceaux s’avèrent être un peu pompiers, d’autres évoluent au niveau du gang Butler. Ni plus ni moins ! Le début et la fin de l’album en particulier. « Nearly Home » ouvre le bal. Un superbe compo balayée de violons et illuminée d’envolées lyriques. Enrichi de cuivres monstrueux, « If The News Makes You Sad, Don’t Watch It » embraie sans manifester le moindre signe de faiblesse. Violons, roulements de batterie, cuivres et accès de piano se partagent la part du lion. La passion est omniprésente. Cet « Until The Earth Begins To Part » jouit d’une puissance émotionnelle remarquable. Dommage ces inflexions excessives et parfois systématique du vocaliste dans le registre des ‘aigus’. Le recours au violon et à l’accordéon confère aux compos une touche traditionnelle très caractéristique. Ce qui permet à leur expression sonore de ne pas sombrer dans la mièvrerie d’un Keane ou le maniérisme de The Verve, par exemple.

Bien sûr, le style n’est pas neuf et les mauvaises langues lui rempocheront sans doute un manque d’originalité. Et puis, l’opus trahit une certaine grandiloquence qui peut parfois agacer. N’empêche, leur expression sonore n’est pas dénuée de sensibilité. Ce qui explique sans doute pourquoi, leur chemin est déjà balisé pour devenir une grosse pointure dans l’univers de la pop/rock. A moins d’une critique assassine du NME, je ne vois pas qu’est ce qui pourrait empêcher la marche en avant de cette machine de guerre écossaise.

Diablo Boulevard

The Greater God

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Southern Voodoo, Solenoïd, Drive Like Maria, Serpent Cult, Diablo Boulevard… Serions-nous occupés de traverser l’ère de la New Wave of Belgium Heavy Metal? De toute évidence le Nord du Pays vit une véritable ébullition métallique depuis la percée –trop courte– du très stoner Cowboys and Aliens.

Issu d’Anvers, Diablo BLVD nous propose un premier exercice tout à fait convaincant. Sa musique rugueuse, savant mélange de hard classique et de stoner rock, évoque dès la première plage, « The Wolves Are Silent », les excellents Volbeat. Car force est de reconnaître que la démarche des Anversois s’assimile aisément à celle de ces derniers. De bons gros riffs à la Metallica, des refrains en forme d’hymnes, et un chant à la Elvis voire à la Danzig période « Misfits ». Ce qui n’enlève rien à la qualité de cet opus jubilatoire à souhait. Et puis, il est toujours rassurant de savoir que la scène belge engendre encore des pépites de ce gabarit.

Porté par le vocaliste Alex Agnew, Diablo BLVD déroule douze titres de très gros calibre. Une guitare qui cogne, une basse ronflante, un tempo grassouillet et quelques faux airs de rockabilly constituent les principaux ingrédients. Et on ne s’ennuie jamais. Le combo n’en finit pas de nous surprendre et nous entraîne dans les méandres d’une musique décalée avec une classe et un aplomb incroyables. Chaque titre fait mouche ! Le plus inattendu procède cependant du formidable « Second Coming », hommage probablement involontaire, au hit « Dominion » des Sisters of Mercy. Ceux qui ont déjà eu le bonheur de voir les Diablo à l’œuvre sur une scène savent que cette nouvelle sensation bien de chez nous en connaît un rayon en matière de show explosif. C’est en effet sur les planches que le phénomène prend toute sa dimension ! Succombez à Diablo Boulevard. Ne vous privez pas d’un tel bonheur. Un disque excellent sur toute la ligne !

 

Green Day

21st century breakdown

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On aura tout vu : Green Day vient d’enregistrer un concept album. Soit l’antithèse de l’esprit punk ! En trois chapitres et dix-huit plages, ce « 21st Century Breakdown » nous raconte l’histoire d’un couple confronté aux joies et aux épreuves de l’existence. On se croirait revenu à l’époque de « Tommy » du Who et du « S.F. Sorrow » des Pretty Things. D’ailleurs si les textes sont engagés (NDR : à travers ce récit, ils dénoncent les dégâts causés par notre société de consommation, la manipulation politique, les conflits religieux, la pollution ainsi que les méfaits causés par l’alcool et les drogues), ils ne traduisent plus le nihilisme de leurs débuts. Il leur aura cependant trois ans pour terminer cet elpee sous la houlette de Butch Vig (NDR : le drummer de Garbage jouit d’une énorme réputation dans l’univers de la production ; et s’il a notamment bossé pour Sonic Youth et Smashing Pumpkins, on lui doit surtout la mise en en forme du « Nevermind » de Nirvana).

« 21st century breakdown » est donc un opus ambitieux. L’emballage sonore est plus que parfait et les arrangements particulièrement soignés (NDR : en engageant Butch, c’était prévisible). Les chansons sont très mélodiques, même lorsqu’elles s’énervent. Elles sont aussi souvent hymniques, contagieuses, dans l’esprit de Green Day, of course. Les harmonies vocales impeccables. Parmi les points forts de cet elpee, on épinglera le single « Know your enemy », une plage qui lorgne manifestement vers le Clash, « Christian’s inferno » et « Horseshoes and handgrenades » deux morceaux qui trahissent des relents Sex Pistols très prononcés (NDR : ce timbre à la John Lydon !), malgré son final tramé en forme de clin d’œil au « Gloria » de Them, « Before the lobotomy », ballade qui se mue en compo bien pêchue à mi-parcours, le décapant « East Jesus nowhere » et le final « See the light », probablement inspiré du Who. L’elpee recèle deux ballades ‘beatlenesques’, « Last night on earth » et « Restless heart syndrome », deux plages dont la sonorité des accords de piano peut rappeler « Let it be ». Le reste ressemble à du Green Day bien propre, très agréable à l’écoute et qui pourrait même être diffusé en journée sur la bande FM…

 

The Kinks

Are the village green preservation society – Edition Deluxe

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“Are the village green preservation society” est paru en 1968. Un véritable chef-d’œuvre, auquel Nicky Hopkins avait participé ; mais un flop commercial magistral! Faut dire qu’à cette époque, les Beatles avaient sorti leur double blanc. Le même jour que cet album des Kinks. Et les Stones surfaient sur le succès de « Sympathy for the devil », single qui allait figurer en fin d’année sur l’indispensable « Beggars Banquet ». Sans oublier que les textes –superbes– de Ray Davies paraissaient complètement décalés pour l’époque. Enfin, faute de moyens, l’elpee avait été mal produit.


La remasteristation opérée sur cette édition Deluxe remet les pendules à l’heure. Toutes les subtilités qui passaient inaperçues sur la version originale sont ici bien mises en relief. D’ailleurs, il suffit d’écouter le second cd, reproduit sous le format d’origine, pour entendre la différence. Et finalement, on se rend compte de l’importance de cet opus, dont le format des pop songs a inspiré des artistes comme Damon Albarn (Blur) ou encore Jarvis cocker (Pulp). Le box recèle un troisième compact-disc réunissant des inédits, des raretés, des versions alternatives et surtout il bénéficie également d’une mise en forme impeccable, rendant aux compos de Ray Davies un lustre insoupçonné jusqu’à ce jour… Et l’ensemble est vendu pour 25€. 

 


Macbeth

Gotteskrieger

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Macbeth est un groupe qui n’a jamais eu de chance. En premier lieu, il a eu la mauvaise idée de choisir un nom un peu trop utilisé dans le petit monde du Heavy Metal. En effet, on dénombre trois Macbeth, rien qu’en Allemagne, un autre en Hongrie, un en Estonie, un en Uruguay et le dernier (le plus célèbre) en Italie. Cependant, le Macbeth qui nous intéresse aujourd’hui semble être le premier à avoir choisi ce patronyme en 1985, et ne peut donc pas  être accusé de plagiat. Ensuite, le groupe a eu la malchance de se former en Allemagne de l’Est durant la guerre froide. A l’époque, sa popularité grandissante et la violence de ses concerts attire l’attention de la police. Elle leur a interdit de jouer en concert et ferme leur salle de répétition. Dans ces conditions, le groupe, au succès pourtant prometteur, est bien obligé de mettre la clé sous le paillasson. En 1989, suite au démantèlement du rideau de fer, le groupe parvient à rejoindre l’Allemagne de l’Ouest et à donner quelques représentations. Nouveau manque de bol, c’est au moment où leur carrière aurait pu redémarrer que Wittenburg, leur chanteur, décide de mettre fin à ses jours. Le groupe tenta un nouveau come-back en 1993. Cette fois, c’est leur batteur qui décède tragiquement.

Cependant, il en fallait beaucoup plus pour débarrasser le monde de ce Macbeth ! Il se pourrait même fort bien que 2009 soit l’année de la sortie du désert pour ces survivants allemands qui, après 24 ans d’existence, sortent enfin leur premier véritable album intitulé « Gotteskrieger ».

Les compositions de Macbeth ayant mis plus de vingt ans pour nous parvenir, on ne peut pas vraiment dire qu’elles brillent par leur modernisme. La musique du combo est-allemand est identique à celle que l’on pratiquait un peu partout en Europe au milieu des années quatre-vingt, c'est-à-dire un mélange de heavy classique et de trash métal. Cependant, cet énorme délai de gestation à permis au groupe de peaufiner ses compositions à l’extrême et de sortir un disque d’excellente qualité. Evoluant quelque part entre Accept et Kreator, la musique proposée sur « Gotteskrieger » a l’énorme originalité d’être chantée en allemand. Si la langue de Goethe est largement utilisée de nos jours au sein de combos gothiques, indus ou folk métal, elle l’est très rarement dans le métal classique. Espérons que cette singularité aidera le groupe à se distinguer des autres formations.

Après toutes les galères qu’il a connues au cours de sa longue carrière, Macbeth est un combo qui mérite qu’on lui donne enfin sa chance. A vous de lui donner un petit coup de pouce !

 

Maylene And The Sons Of Disaster

III

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Le nom du groupe Maylene And The Sons Of Disaster est inspiré de l’histoire de Ma Barker et de ses trois rejetons, une célèbre bande de gangsters qui a semé la terreur aux Etats-Unis à l’époque de la prohibition. La ‘Ma’ en question était originaire de la petite ville d’Ocala en Floride, comme Dallas Taylor (ex. Underoath), le vocaliste de ce combo qui incarnerait le ‘renouveau du rock sudiste’.

Le logo du groupe, très inspiré par celui de l’Allman Brothers Band, ne laisse planer aucun doute sur les aspirations musicales de cette formation basée à Birmingham (Alabama). Quant à son troisième opus, il est sobrement intitulé « III ». (NDR : simpliste, mais assez logique, lorsqu’on sait que les premiers étaient intitulés respectivement  « I » et « II »).

Nous sommes donc en présence de rock sudiste. Ou plus exactement de heavy rock sudiste. Nuance ! Imaginez un croisement hypothétique entre ZZ Top, les Allman Brothers et Lynyrd Skynyrd, en plus frénétique, et vous aurez une idée plus ou moins exacte du style musical pratiqué par les ‘Fils de Maylene’.

Un début marécageux (cigales, chants d’oiseaux et banjo) introduit « Waiting on my Deathbed ». Du glam rock digne de la fin des eighties ! A cause de son côté catchy ; et puis de la voix de Taylor rappelant beaucoup celle de Jizzy Pearl, le crieur des glam rockers de Love/Hate (pour ceux qui ont de la mémoire). Ce côté Glam Rock burné persiste et signe sur les deux titres suivants « Settling Scores By Burning Bridges » et « Just A Shock ». D’excellent titres, mais dénué de la moindre influence promise. Il faut attendre le morceau suivant « Last train coming», pour commencer à distinguer ces racines blues, country et rock’n’roll qui sont la marque de fabrique du rock sudiste. Maylene and The Sons Of Disaster insuffle cependant un côté très métal à ses compositions ; ce qui le distingue fortement de ses ainés ! « Listen Close » constitue le premier moment fort de l’album. Le banjo tisse une magnifique trame de fond tout au long de ce morceau qu’on croirait composé par un ZZ Top gonflé aux stéroïdes. L’elpee recèle quelques titres plus foncièrement hard rock (« The Old Iron Hills », « No Good Son » et « Harvest Moon Hanging »), mais nous réserve un final époustouflant. Et pour cause, « Oh Lonely Grave » s’ébroue sur un mode blues crasseux, issu du plus profond de la Louisiane, avant de se transformer en un monstre poisseux dégoulinant de sludge metal ; même si paradoxalement il est quelque peu adouci par les sonorités du banjo et des violons. Enfin, « The End is Here… The End Is Beautiful » campe un instrumental mélancolique au ton presque cinématographique. Et il achève l’œuvre en beauté.

Maylene And The Sons of Disaster a eu la bonne idée d’abandonner le metalcore de ses deux précédentes réalisations au profit d’un Metal Rock robuste, mais puisant ses racines dans le rock sudiste. Ce qui explique pourquoi ce troisième album est une véritable réussite.

 

Necrodeath

Phylogenesis

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Groupe culte italien de black/trash metal, Necrodeath est de retour. Réputé pour son style bien particulier, un trash old school au sein duquel il incorpore des éléments death et des vocaux black, le combo a réussi à se démarquer de la scène trash typée années 80. Sur « Phylogenesis », les Italiens enfoncent le clou et font une nouvelle fois, tout au long de ces 9 morceaux, une brillante prestation à l’approche moderne, même si le combo ne renie jamais ses racines. Certains titres flirtent avec les 7 voire 8 minutes, mais on ne s’ennuie jamais à l’écoute du très agressif « I.N.R.I », de l’entêtant « Extreme Emotional Shock » ou du monstrueux « Final War », plage dont le final nous plonge dans l’apocalypse. Bien loin des productions nordiques, Necrodeath bénéficie d’un son clair et chaleureux pour une musique aussi rageuse que maléfique. Truffés de nombreux blasts, « Phylogenesis » comporte aussi une multitude de riffs doom et des parties plus heavy ‘classique’. Necrodeath explose les frontières et s’en sort haut la main.

Poison The Well

The Tropic Rot

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Poison The Well s’est formé en 1998 à Fort Lauderdale, en Floride et a connu son heure de gloire en 2003 en signant un deal chez Universal. Après avoir écoulé 300.000 albums dans leur pays, les Américains reviennent, via Ferret Records, pour un nouvel opus produit par Steve Evetts (Dillinger Escape Plan, The Cure, Everytime I Die).

“The Tropic Rot” est un disque vicieux. La première écoute de ce cinquième album des Américains n’est pas ce qu’il y a de plus excitant. Par acquis de conscience, on se le réécoute une seconde fois, puis une troisième et une quatrième. Sournoisement, les mélodies tortueuses du combo font leur chemin au plus profond de l’esprit. Ce qui, au premier abord, semblait n’être qu’un album ‘Post-Hardcore’ de plus, se révèle être une très grande réussite du genre.

Contrairement à celui de beaucoup de ses collègues, le Post-Hardcore de Poison The Well n’oublie pas de rester accessible. Les mélodies sont imparables, les voix hardcore combinées à d’autres plus mélodiques sont magnifiquement intégrées aux compositions à la fois rageuses et atmosphériques. Les voix claires sont d’ailleurs superbes et constituent l’une des grandes réussites de cet album, au même titre que le son de basse percutant qui rappelle, sans aucun doute possible, le face la plus  hardcore du groupe. Les morceaux percutants comme « Exist Underground », « Cinéma » ou « Celebrate the Pyre » sont contrebalancés par les petits bijoux mélodiques que sont « Pamplemousse », « When you lose it, I lose it as well » ou « Are You Anywhere ? ».

« The Tropic Rot » n’est pas un album immédiat. Il faut se donner le temps de l’écouter et de le réécouter pour en découvrir toute la saveur. Ne passez pas à côté de cette œuvre.

Rebellion

From Ginnugagap to Ragnarök – The History Of The Vikings Volume III

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Si un combo heavy métal français, comme Killers, Manigance ou Satan Jokers venait à écrire un concept album sur la façon dont Manneken-Pis a sauvé Bruxelles, sur la bataille des Eperons d’Or, l’affaire Agusta ou tout autre épisode glorieux de notre belle histoire, ne serions nous pas tentés de dire : ‘Mais de quoi je me mêle, n’ont-ils pas assez de trucs à raconter dans leur propre histoire avec leurs Astérix, Napoléon, Louis XIV et Robespierre ?’

C’est un peu l’effet que doivent ressentir nos amis scandinaves à l’écoute de “Arise – From Ginnugagap to Ragnarök – The History Of The Vikings Volume III”, le nouvel opus des Allemands de Rebellion qui, comme son nom l’indique est le troisième volet d’une trilogie consacrée aux Vikings. On se demande un peu pourquoi nos cousins germains n’ont pas plutôt puisé dans leurs histoires de Goths, d’Ostrogoths ou de Wisigoths plutôt que dans la culture nordique pour nous sortir cette série de concept albums ; car, il faut bien l’avouer, des histoires de Vikings en Heavy Metal, on nous les à déjà toutes racontées. Et si elles passent plutôt bien quand elles viennent d’Ammon Amarth, Enslaved, Mithotyn, Falconer ou Falkenbach, elles manquent un peu de vécu quand elles sont racontées par un groupe de power métal allemand.

Hormis cette réserve, ce Cd est loin d’être de mauvaise facture. Rebellion implique en son sein deux ex-Grave Digger (Uwe Lulis et Tomi Göttlich). Et sa musique lorgne manifestement vers celle du groupe de Chris Boltendahl. Le timbre de voix de Michael Seifert évoque d’ailleurs très souvent celui du leader des creuseurs de tombes ; un petit quelque chose de Matt Barlow, le leader d’Iced Earth, en plus. Au métal épique classique de Grave Digger, Rebellion ajoute cependant quelques consonances trash métal décapantes. « Arise… » nous offre même un moment de pur bonheur ; un titre épique de plus de 9 minutes enrichi d’arrangements magnifiques, intitulé « Thor »,

Malgré le thème abordé, la musique de Rebellion ne recèle aucune influence musicale folk, telle qu’on en retrouve souvent dans les albums consacrés à la culture Viking. Situé quelque part entre Grave Digger et Iced Earth, cet album plaira aux fans de Heavy Métal teuton classique, mais n’apportera pas grand-chose de neuf au style. Un bon disque. Sans plus.

 

Michael J Sheehy

With these hands

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Sixième album solo pour l’ex-Dream City Film Club. Une œuvre conceptuelle, semi-autobiographique, au cours de laquelle il raconte l’histoire fictive d’un boxeur professionnel (Michael a pratiqué cette discipline sportive au cours de sa jeunesse). Rien que le sous-titre (NDR : ‘The rise and fall of Francis Delaney’) vous donne une idée du récit en question. Evoluant quelque part entre Tom Waits, Nick Cave et David Eugene Edwards (16th Horsepower, Wovenhand), la musique de Sheehy puise autant dans la roots, le blues, le r&b, la country, le vaudeville, le gothique que le gospel. Baignant au sein d’un climat particulièrement malsain, presque vaudou, « Fight for your right to fight » est même hanté par Screamin’ Jay Hawkins. Michael possède une très belle voix de crooner. Tour à tour tendre, ténébreuse, voluptueuse ou envoûtante. Que vient régulièrement enrichir des chœurs gospel. Des chœurs gospel dispensés a cappella, lors de la finale « Goodnight Irene », un éloge funèbre empreint d’une grande délicatesse. Trois artistes féminines ont participé aux sessions d’enregistrement : Sandy Dillon, Patsy Crime et Gemma Ray. Cette dernière pose même, en solitaire, son timbre bouleversant, sur « Frankie my darling ». Sheehy est bien sûr soutenu par une formation : les Hired Mourners (NDR : les Mercenaires Pleureurs !) Qui se partagent guitare électrique, orgue (NDR : vintage !), piano, percus, slide, basse et sporadiquement banjo ainsi que violon(s) (NDR : les arrangements de cordes sur « When did we grow so old » sont absolument fabuleux !) Bref, il y avait longtemps que je n’avais plus conclu par ces termes : un must !