Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Dolores O'Riordan sans bagage…

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Qui ne souvient pas des Cranberries ; et surtout de ses hits planétaires "Linger", "Dreams", "Ode to My Family" ou encore « Zombie », vendu à plus de 40 millions d’exemplaires dans le monde ! Depuis le split du groupe, la blonde platinée Dolores O'Riordan s’est lancée dans une carrière solo. Elle fera son retour fin août, pour un nouvel opus intitulé « No Baggage ». En attendant cette sortie ‘attendue’, l’Irlandaise mettra le 10 août un morceau gratuit, « The Journey », en ligne. (http://www.No-Baggage.net)

Tracklisting :

1.  Switch Off The Moment                
2.  Skeleton                                    
3.  It’s You                                    
4.  The Journey                           
5.  Stupid                                    
6.  Be Careful
7.  Apple Of My Eye (new version)
8.  Throw Your Arms Around Me
9.  Fly Through
10. Lunatic
11. Tranquilizer

Pour plus d’infos : http://www.doloresoriordan.ie et http://www.myspace.com/doloresoriordan

 

Disko Drunkards

You don't touch Michael, man!

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Disko Drunkards. Derrière ce patronyme se cachent quelques musiciens issus du Nord de la frontière belge. Des musiciens qui ont marqué le rock indépendant et créatif, il y a quelques années. Stephane Misseghers (Soulwax, dEUS), Ben Brunin (Vive La Fête), Tim Vanhamel (Evil Superstars, Millionaire) et Francois Demeyer (Vive La Fête, Soapstarter) constituent la fine équipe mise en place par les dj’s-producteurs gantois The Glimmers… Stephane Misseghers, batteur de la formation, nous apporte quelques éclaircissements sur ces ‘ivrognes du dance floor’…

L’album des Disko Drunkards ne sera pas vendu mais offert gratuitement lors de vos concerts. Un concept plutôt original. Mais combien de copies de ces disques comptez-vous distribuer ?

Jusqu’ici, on en a écoulé 5 000, de cette manière, lors de nos concerts. Le nombre s’est élevé entre 15 000 et 20 000 copies, lorsque la revue ‘Dj-Magazine’ a décidé joindre le cd à l’intérieur d’un de ses numéros. A l’avenir, on continuera à presser des disques tant que les opportunités de concert se présenteront.

L’industrie du disque est en déclin. Parallèlement, de plus en plus de compact-discs sortent chaque mois. Vous empruntez le chemin inverse en offrant le disque… Enregistrer sur un tel support est-il uniquement devenu un moyen pour se faire de la pub et décrocher des concerts ?

L’art de produire un disque a toujours été un moyen de révéler ta musique vers le monde extérieur. Je pense, par contre, que la distribution traditionnelle est totalement dépassée. Les maisons de disques gardent le même ‘modus operandi’, parce qu’elles doivent penser à leur survie et en même temps promouvoir les artistes qu’elles signent. Or, actuellement, le phénomène Internet bouleverse radicalement ces principes ; et les maisons de disques ne peuvent rien y faire. Notre idée était donc de se passer de ce cirque et de soutenir ce disque en utilisant des agents de promotion indépendants et une agence de booking efficace. En opérant de cette manière, on a pu décrocher de chouettes dates de concerts ; et en même temps distribuer l’album. Sans devoir abandonner le pouvoir de décision à d’autres personnes.

L’opus rend un hommage éclectique à différents styles de musique : le disco, le punk funk new-yorkais des années 80 (Liquid Liquid, ESG,…) mais aussi l’électro pionnière de Telex. Un style qui remonte entre 1975 et 1980. Quelle importance, en tant que musiciens, accordez-vous à cette période ?

Elle compte beaucoup pour les Glimmers. Surtout parce qu’ils ont commencé leur carrière de dj’s à ce moment-là. J’ai grandi au cours des années 90. Mais à cette époque, j’écoutais du rock à la Led Zep, Black Sabbath ou encore Barkmarket… Je dois admettre que je suis entré dans une nouvelle dimension quand j’ai eu accès à leur immense collection de disques. Nous avons utilisé beaucoup de références musicales afin d’obtenir le bon groove et la bonne ambiance pour le disque. On a donc effectivement beaucoup écouté Liquid Liquid et ESG mais aussi les Jackson 5 et Norman Whitfield.

Une ‘dream team’ du rock belge a été mise en place pour ce projet. Etait-il difficile de réunir tous ces artistes ; et comment l’idée de former les Disko Drunkards a-t-elle germé ?

L’aventure a débuté lorsque les Glimmers m’ont demandé ainsi qu’à Ben (NDR : le bassiste) d’enregistrer des parties instrumentales pour le remix de « Physical » d’Olivia Newton John. Ils pensaient que ce serait une bonne idée de remodeler totalement la chanson en conservant uniquement les paroles. Vu qu’aucun de nous quatre ne possédait les capacités vocales de la chanter, nous avons demandé à Tim Vanhamel de l’interpréter. Il a aimé le projet et est resté. Ensuite, François De Meyer, un pote, s’est pointé aux synthés. Tout simplement parce qu’il est arrivé au bon moment en affichant les goûts de circonstance. Après avoir entendu le résultat de « Physical » on a décidé de continuer à écrire jusqu’à ce que nous disposions de suffisamment de morceaux pour enregistrer un album.

« Physical » est sans aucun doute un des sommets du disque. Comment l’idée de la reprendre vous est venue à l’esprit ?

La marque de vêtement ‘ W.E.S.C.’ a demandé aux Glimmers de réaliser un mix pour lancer une nouvelle ligne de vêtement baptisée ‘Physical’. Ils ont donc mis en boîte une compilation réunissant douze artistes adaptant le même morceau. Quand on y pense, sans ‘W.E.S.C’, les Disko Drunkards n’auraient jamais existé. Quelle pensée effrayante !

Comment avez-vous élaboré les morceaux ? Est-ce une création collective ou alors le groupe a-t-il ‘jammé’ sur les beats des Glimmers ?

Chaque chanson de l’album a été composée en un jour. C’était en quelque sorte notre ‘dogme’. Nous entamions notre travail vers midi en écoutant quelques disques, un peu dans tous les styles… Ensuite, Ben et moi accomplissions quelques tentatives de grooves plutôt basiques jusqu’au moment où nous en dégotions un qui nous plaise. Un groove que nous pouvions répéter pendant des heures sans susciter l’ennui. Une fois le groove basse-batterie prêt, on ajoutait des tas de trucs : des claviers, des guitares, des cris, des sifflets… Je pense qu’un jour, on a même utilisé un sac poubelle en guise de shaker. Touche finale, les Glimmers éditaient le morceau pour qu’il ait une structure acceptable et nous, hum… on retournait à la maison !

Vous vous produisez beaucoup en Belgique. Envisagez-vous de tourner à l’étranger, où la réputation des Glimmers est flatteuse ?

On va d’abord finir la partie belge de la tournée ; et ensuite on fera quelques dates en Italie, en Hollande et en Angleterre. On espère aussi se rendre au Japon, vu que l’album sortira là-bas le 22 août.

Ce projet est-il un ‘one shot’ ou faut-il s’attendre à d’autres sorties des Disko Drunkards, dans le futur ?

On y pense, mais comme vous le savez peut-être, on est tous occupés dans d’autres groupes ; donc il faut d’abord mettre en commun nos agendas respectifs.

Si vous deviez choisir un morceau à reprendre avec les Disko Drunkards, lequel choisiriez vous ? « Optimo » de Liquid Liquid, « There but for the grace of God » de Machine ou « Don’t stop 'til you get enough » de Michael Jackson ?

Pffoohh… sûrement pas Michael ! Faut pas se frotter à Michael mec… Il faut toujours s’assurer que ta version est aussi bonne que l’originale, pas une reprise fade d’un grand morceau. Ainsi tu évites de te planter. Donc dans ce cas-ci je prendrais Machine, histoire de pas prendre de risques !

Vous vous appelez les Disko Drunkards, quelle est la boisson qui a le pouvoir de vous lancer sur la piste de danse ?

Je dirais une bière (ou deux), mais une fois qu’on est lancés, ‘we don’t stop ‘till you get enough !’.

 

Ardentes 2009 : jeudi 9 juillet

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Les portes de la quatrième édition de l’électro rock festival de Liège se referment sur les 57.000 visiteurs du bord de Meuse. Malgré le sismographe arrêté, des effluves de musiques mêlées ondulent encore sur les vagues du fleuve. Jeune festival aux ambitions grandissantes, les Ardentes affichent un bilan 2009 globalement positif. Les caprices météo et les annulations en série n’ont pas réussi à jeter des ombres sur l’événement : la diversité sonore et l’originalité de la programmation ont séduit un large public. Entre groupes accomplis et découvertes, les Ardentes 2009 nous offrent à entendre un large éventail musical s’ouvrant et se fermant de 13h00 à 06h00.

Faisant fi de tout clivage musical, le festival invite sur scène des formations aux univers divers, quelquefois divergents, qui se conjuguent et s’entremêlent sur un site et trois scènes. Ainsi, la HF 6, scène indoor tamisée de clairs-obscurs aux atmosphères moites, nous invite à fouler le pavé romain du sentier des saveurs pour nous plonger dans les ambiances lumineuses de l’Open Air. La nuit tombée, le public serpente massivement vers le brumeux Aquarium où se noient, à foison, images et sons électro. La cité ardente ne dort jamais et le festival en est le reflet.

La  programmation 2009 surprend par son éclectisme et conjugue un public de tous les  horizons musicaux. Cette diversité sonore est certainement à l’origine du succès précoce rencontré par le festival liégeois. Sans afficher complet, les genres musicaux se distillent intelligemment sur les quatre jours, et l’affluence s’équilibre en fonction des goûts musicaux. On observera principalement deux catégories de public : les festifs et les amoureux de la musique. Ce phénomène peut aisément se lire en filigrane sur la grille de programmation.

Ainsi, le vendredi et le samedi aux horaires insomniaques mettront, très à propos, l’accent sur une scène Rap et électro délibérément entraînante invitant les festivaliers à la danse. Un souffle sonore se promènera sans interruption de l’Open Air jusqu’à l’Aquarium de 13h00 à 06h00. Jours interminables qui érodent souvent l’attention du spectateur lors des performances de l’après-midi.

Le deuxième axe –jeudi et dimanche– se focalise davantage sur la qualité des groupes programmés. Une dense concentration d’artistes confirmés fait subtilement place à la découverte. Pas d’étiquette pour les Ardentes : Julien Doré se glisse discrètement entre Sharko et Supergrass tandis que Kid Cudi affronte Emilie Loizeau et Mogwai introduit le Grandmaster Flash !          

Le succès du festival repose précisément sur cette diversité des genres où se côtoient rock, electro, hip-hop, house, techno, drum'n'bass, soul, chanson française, folk, pop… Ce brassage peut déplaire aux puristes mais porte ses fruits. Les Ardentes se portent de mieux en mieux et affichent une sérénité digne des grands festivals de l’été et, cela, après sa quatrième édition seulement. Fabrice Lamproye porte d’ailleurs un regard serein sur l’événement : ‘malgré une conjoncture difficile, des annulations sur lesquelles nous ne reviendrons plus et une météo capricieuse, le bilan est positif’. Bilan qui justifie amplement les investissements opérés par les organisateurs et le remaniement des infrastructures.

Jeudi 9 juillet.

13h10 : le festival ouvre ses portes et accueille les premiers visiteurs sous le son cuivré de 40 tubas et trombones. Le site accueillera onze mille festivaliers pour ce premier jour. Au menu principal : Thomas Fersen, Mogwai, Emiliana Torini, Grandmaster Flash…   

The Bony King of Nowhere ouvre tendrement les hostilités. Digne représentant de la prolifique scène gantoise, le groupe chatouille de sa plume douce et aérienne la plaine et les oreilles des premiers arrivants. Les jeunes Gantois aux visages de poupon nous livrent en toute élégance et simplicité une pop tout en douceur. Le groupe est venu confirmer, de la sorte, ses performances préalablement remarquées à l’Ancienne Belgique et lors des Nuits du Botanique en mai dernier.

Malgré la polémique suscitée autour d’Orelsan et sa déprogrammation des Francofolies de la Rochelle, le nouveau rappeur français en vogue est bien présent sur la scène principale des Ardentes. Ses textes, aux relents misogynes et souvent de mauvais goût, n’empêchent pas le moins du monde les ados, présents en nombre sur la plaine, de ‘jumper’ sur les airs du jeune Caennais.    

Deux heures ont suffi pour imprimer le ton dominant des Ardentes 2009 où s’entremêlent pop/rock, rap et électro. Ainsi, la programmation nous invite à investir la HF 6 pour y découvrir les excellents Get Well Soon. Remarqué lors d’une première partie de Calexico à l’Ancienne Belgique, le groupe berlinois compte vraisemblablement parmi les révélations électro/pop de l’année 2008. Projet musical articulé autour du surdoué allemand Konstantin Gropper, il nous convie à découvrir son premier elpee « Rest Now, Weary Head ! You Will Get Well Soon ». La formation nous entraîne vers des eaux troubles mais hypnotiques. Une atmosphère éclipsée par des stroboscopes blancs qui plongent le spectateur dans le décor grenu et sombre d’un bon film en noir et blanc. Une substance musicale atmosphérique traversée par des éclairs de guitare en colère qui finissent par électriser la salle de sons noisy stridents. La voix de Gropper aux inflexions multiples, oscillant de Thom Yorke à Leonard Cohen, nous livre les clefs d’une pop/rock furieusement lyrique, tragiquement romantique. La HF 6 rencontre d’emblée l’un des meilleurs moments électro/pop de ce festival.  

Après un Herman Dune insipide et un Joshua sans éclat, la délicieuse et pétillante Emily Loizeau gravit les marches à son tour. Du haut de son perchoir et vêtue d’une magnifique robe blanche, l’ange franco-britannique nous livre un set qui vous caresse les oreilles et vous invite à quelques jolies balades champêtres. Une image pleine d’élégance et de sagesse comparable à celle d’une Camille endolorie. Un peu trop sage peut-être…

La nuit tombe sur l’inclassable Thomas Fersen. Vêtu de sa plus belle robe de mariée, le chanteur fou nous engage à pénétrer son univers surréaliste. Affichant son habituelle nonchalance ‘surjouée’, le poète du quotidien nous abreuve de paroles sur des airs de variété française ingénieux. Fidèle à lui-même, il distille des mots acides et verse dans l’autodérision avec beaucoup de talent. La chanson française est à la fête et s’accompagne d’ukulélés, de tambourins, de contrebasses... Rien de sérieux, en somme. C’est là la touche personnelle de Thomas Fersen et cette légèreté insolente touche.

Pas le temps de terminer la dernière valse Fersen. Le son guide irrépressiblement nos oreilles vers la HF 6 préalablement chauffée par Metronomy. Sur scène, rien de moins que les talentueux Ecossais de Mogwai. Valeur sûre de la scène post-rock qui nous avait, néanmoins, déjà déçus par le passé en affichant des sets trop atmosphériques virant parfois à l’ennui. Ce jeudi soir, les Glaswegiens avaient résolument décidé de faire exploser tous les sismographes liégeois. Le voyage électrique commence et nous plonge dans un univers de sons d’une pureté enivrante. La collision des sons est jugulée, la substance sonore distillée savamment. Guitare en avant, la gifle noisy s’élève crescendo,  en bourrasque, brisant les mélodies les plus calmes pour s’élever à un degré de saturation parfaitement contrôlé et justement dosé. Le spectateur en lévitation vibre de sueurs électriques, le mur Marshall lève encore de la voix pour un final explosif. Mogwai, une expérience vivement déconseillée, voire interdite, par tout ORL qui se respecte.

C’est le cerveau embrumé et les tympans dévastés que nos corps prennent la direction de la plaine où Emiliana Torrini est chargée de remplacer la très attendue Lauryn Hill et de clôturer la soirée Open Air. La chanteuse islandaise nous livre un set tout en douceur aux inflexions vocales propres aux chanteurs scandinaves qui invitent subtilement au voyage. Sous une pluie battante, le groupe scandinave prend des allures féériques. Un trip hop délicat et léger qui berce nos sens dans la magie pure du son. Un final agréable mais bien trop calme pour la main stage.

On retrouve très rapidement la foule qui avait déserté Emiliana Torrini, dans l’HF 6 où, parallèlement, le mythique groupe new-yorkais de Grandmaster Flash est tout simplement occupé de mettre le feu au dance floor. Un indoor comble et volcanique aux têtes sautillantes sur les ‘tubesques’ morceaux de Joseph Saddler, pionnier du rap, du hip hop, du scratch et du remix. Enfin, Sonar envahit à son tour une salle déjà incandescente pour clore cette première journée.

Ce jeudi 9 juillet se referme sur un paysage musical kaléidoscopique éclairé principalement par trois prismes : les talentueux Allemands de Get Well Soon, les très électriques Ecossais de Mogwai et le volcanique Grandmaster Flash… 

(voir aussi notre section photos)

Lou Barlow Incognito

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Le nouvel album de Lou Barlow paraîtra ce 5 octobre. Intitulé « Goodnight Unknown » il a notamment reçu le concours de Dale Crover des Melvins, de son collaborateur de longue date, Imaad Wasif (Yeah Yeah Yeahs, Alaska!) et de la vocaliste Lisa Germano. L’elpee a été mis en forme par Andrew Murdock. Flanqué des Missingmen c’est-à dire le guitariste Tom Watson et le drummer Raul Morales, Lou partira en tournée, dès cet automne, en assurant la première partie de Dinosaur Jr.

Tracklisting

1. Sharing
2. Goodnight Unknown
3. Too Much Freedom
4. Faith In Your Heartbeat
5. The One I Call
6. The Right
7. Gravitate
8. I’m Thinking…
9. One Machine, One Long Fight
10. Praise
11. Take Advantage
12. Modesty
13. Don’t Apologize
14. One Note Tone

Pour plus d’infos : http://www.loobiecore.com

 

Fuck The Facts en vinyle !

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Relapse Records sortira le bientôt une édition limitée en vinyle noir ou blanc de l’album « Disgorge Mexico » du groupe death metal/metalcore Québecois Fuck The Facts. Il est possible d’écouter quelques extraits du LP sur la page MySpace du combo : http://MySpace.com/FuckTheFacts

 

The Who

Who are you + The kids are alright

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Universal propose, pour l’instant, toute une série de compacts discs à prix ‘budget’. Le Who fait partie de cette campagne. Et le disque qui nous concerne ici réunit « Who are you », paru à l’origine en 1978, trois semaines avant le décès de son drummer Keith Moon ainsi que la bande sonore de « The kids are alright », sortie en 1979.

Pour « Who are you », c’est la version extended remasterisée qui nous est ici proposée. Elle avait été rééditée en 1996, enrichie de 5 bonus tracks. Si le disque n’est pas incontournable, il recèle quand même un fort intéressant « Music must change » chanté par Pete Townshend et puis surtout le titre maître, dont la version single se défendra honorablement dans les charts UK et US.

« The kids are alright » est une B.O. consacrée à leur histoire. Immortalisé ‘live’, il a été réalisé sur invitations au théâtre Kilburn State à Londres. Plus intéressant, son tracklisting épingle de grands classiques comme « My generation », « Magic bus », « Happy Jack », « I can see for miles », « Baba O’Riley », Pinball Wizard », « See me feel me » ou encore « Won’t get fooled again ». Dans des versions enregistrées en public. De quoi en mettre suffisamment plein les oreilles aux aficionados du mythe britannique…

 

The Sean Carney Band

Live Blues on Whyte

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Ce jeune musicien de 35 ans s'est incontestablement forgé un nom au cours de ces dernières années. Il s’est produit, il est vrai, plusieurs fois en Europe et est devenu assez populaire dans l'Hexagone. Il est originaire de Colombus, en Ohio, et y réside toujours. Il est le Président de la Colombus Ohio Blues Alliance. Il a remporté des trophées particulièrement honorifiques en 2007 : l'International Blues Challenge, à Memphis, l'Albert King Award Winner et celui du meilleur groupe (‘Best Band’) à Colombus! Son premier long playing, "Provisions", date de 1998. Il a été réédité en 2007, enrichi de quelques bonus tracks! Son second elpee –très attendu– est paru en 2006. Intitulé "Life of ease", il est sorti sur Night Owlz Records, un label qu'il a créé en compagnie de son partenaire Eric Blume.

Ce nouvel opus est un ‘live. Il a été immortalisé au Blues on Whyte à Edmonton, en Alberta, au Canada. Sean y est soutenu par deux musiciens canadiens : Graham Guest au piano et Chris Brzezicki à la basse acoustique. Et puis par l’inévitable Blume. Le tracklisting est partagé entre nombreuses compositions personnelles ; la plupart déjà sorties sur disque et quelques reprises pas piquées des vers.

Il démarre les hostilités par son titre fétiche : "It's my life baby" ; un morceau signé Bobby Bland qui figurait déjà sur son premier elpee, paru dix ans plus tôt. Carney possède une bonne voix. Elle fait vibrer son répertoire. Sean est imprégné d’une sensibilité musicale jusqu'au bout des ongles. Son jeu sur les cordes est parcimonieux. Les phrases savamment liées. Un premier solo éclot. D’abord discret, il monte progressivement en puissance, avant de céder le relais aux ivoires du très doué Guest ! "All these worries" évolue sur un rythme dense. Sean se réserve une envolée très personnelle, de haut niveau. Pour la circonstance, Guest est passé à l'orgue Hammond B3. Les musiciens haussent encore le tempo pour "Why do you lie". Ils carburent au boogie. L'imposante section rythmique est à l'avant-plan. Carney opère une nouvelle et impressionnante envolée sur les cordes, digne du meilleur Albert Collins. Le SCB aligne alors les reprises favorites, en y injectant un maximum de swing. L’atmosphère baigne clairement dans le jazz. Faut dire que Sean est parfaitement secondé par des partenaires talentueux. Le "29 ways" de Willie Dixon est percutant. Une occasion rêvée de libérer les musiciens : successivement Graham aux ivoires, Chris à la contrebasse et Eric aux balais. Signé Detroit Junior, "Call my job" trempe dans le funky blues. On est même plutôt proche du Memphis blues. Guest joue de l'orgue Hammond dans le style de Booker T, pendant que les six cordes s’aventurent dans l’univers du grand Albert King. Le swing est toujours très présent lors de la cover du "Money's getting cheaper" de Jimmy Witherspoon. Graham est intenable au piano. Le "Too many cooks" de Willie Dixon concède des accents syncopés et exotiques. Carney termine son spectacle par l’interprétation de son propre répertoire, dans un style proche du grand T-Bone Walker. Dont l'amusant "Life of ease", un blues lent, type fin de soirée. Puis le remarquable "Whant can I say". Il ponctue le spectacle par un "Bad side baby" caractérisé par ses changements de tempo.

De toute bonne facture, cet opus met en exergue les différents instrumentistes qui parviennent ici à conjuguer finesse et passion. L'an dernier, Mr Carney a réalisé un gros transfert, en recrutant le célèbre bassiste Bill Stuve (ex-Mighty Flyers). Il prépare pour l’instant un Dvd live et un nouvel album studio! Ce 18 juillet, il sera à l’affiche du Blues & Jazz Rallye, à Luxembourg.

 

Various Artists

Blues cures Studio Jam

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Eté 2007, Sean Carney est victime d'une piqûre d'araignée. Il est hospitalisé. Un séjour qui lui coûte les yeux de la tête. Faut dire qu’à l’instar de nombreux artistes américains, il ne dispose pas de couverture sociale. Il est cependant aidé par différents organismes, dont la Blues Fondation. Son aventure le fait réfléchir. Et il décide de venir en aide aux artistes qui luttent contre la maladie.

Le 2 décembre 2007, Sean présente son premier spectacle : ‘Blues for a cure’ ; chez lui, à Colombus. Il a reçu le concours de Teeny Tucker, Willie Pooch et Omar Coleman. Les bénéfices sont versés à l'American Cancer Society et à l’OSU James Cancer Research Center. En novembre dernier, il organise la deuxième édition de ‘Blues for a cure’. Y participent des légendes issues de Chicago comme Henry Gray et Hubert Sumlin. Il profite de l’occasion pour introduire quelques uns des artistes présents lors du spectacle, au studio Central City de Colombus. Le pianiste noir Henry Gray flanqué de ses musiciens ainsi que le Trampled Under Foot, une formation prometteuse issue de Kansas City, se joignent donc circonstanciellement à Sean Carney et au chanteur/guitariste Jonn Richardson. 

TUF est trio très familial. Il implique les frères Schnebelen : Nick à la guitare et Kris à la batterie, ainsi que la frangine Danielle Hudspeth à la basse. Les trois musiciens chantent! L'ouverture est instrumentale. Une toute bonne reprise du "Side tracked" de Freddie King. Les échanges entre les trois solistes (NDR : Sean, Jonn et Nick) sont de haut vol. L’association entre TUF et les deux maîtres de cérémonie se réserve pas moins de sept plages, dont la première est la plus percutante et séduisante : "Love my baby". De son timbre puissant, la féline Danielle chante cette compo aux accents du Delta, devant les trois solistes insatiables. Jonn Richardson chante en toute décontraction "Crosscut saw", un morceau popularisé par Albert King. Nick attaque son "Jonny Cheat", un boogie puissant de plus de 9’, caractérisé par ses échanges dévastateurs. Sean se réserve les vocaux sur le "Use what you got" de Freddie King, un très long blues lent, qu’il interprète d’une voix passionnée et dévorante ; des spécificités qui le hantent en permanence! "Comin' home to you" s’inspire du gospel. Le clan Schnebelen se charge des chœurs. "Wait on time" est signé Kim Wilson. Un West Coast blues bercé de swing et soutenu par une section de cuivres, à laquelle participe le redoutable Gene Walker, au saxophone. Nick chante d’un timbre graveleux le funk léger "Ain't my problem". Jonni a cédé sa guitare à Steve Gerard (NDR : c’est le gratteur des National Debonnaires, une des meilleurs formations de Kansas City). Walker est toujours au poste pour souffler dans son sax ténor.

L’elpee recèle encore quatre plages réservées à Henry Gray, un pianiste noir âgé aujourd’hui de 84 ans. Il a longtemps milité au sein du backing band de Howlin' Wolf. Sean, Jonn ainsi que le souriant Bill Stuve à la basse se mettent au service de Gray qui chante tout d’abord sa plus célèbre compo, "Cold chills", un blues imprimé sur un tempo lent, soutenu par Andy Cornett à l'harmonica. Puis dans un style fort semblable, "Times are getting hard". Les deux autres morceaux, en l’occurrence "Come on in" et "How could you do it", sont plus rythmés. Ce superbe elpee s’achève par les neuf minutes de "Whoa baby". Inspirée par la musique du "You don't have to go" de Jimmy Reed, cette plage est saturée d’émotion. A cause de la voix troublante de Nick. Et puis, en toile de fond, des sonorités feutrées et minimalistes dispensées par les trois guitares. Un excellent album !

 

Sébastien Schuller

Evenfall

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Sébastien Schuller se fait rare. Aussi, son retour pour l’été est une excellente surprise. Son premier maxi, « Weeping Willow » ainsi que son précédent elpee, « Happiness », avaient reçu d’excellentes critiques. Et à mon humble avis, le second opus du Français émigré à Philadelphie devrait recueillir des échos aussi favorables. « Evenfall » en impose par les qualités de sa pop mélancolique ; une musique qui paradoxalement colle parfaitement aux tristes soirées d’automne. Tout au long de cette œuvre, Schuller nous entraîne dans un univers brumeux, délicatement nappé de claviers, aux confins de celui de Radiohead. En moins expérimental, bien sûr. 

Si l’ensemble du disque tient bien la route, mes coups de cœur vont aux deux morceaux qui ouvrent l’elpee. Tout d’abord « Morning List », caractérisé par ses notes de piano en apesanteur. Visionnaire, la solution sonore évolue quelque part entre Yann Tiersen (NDR : le piano) et Thom Yorke (NDR : le timbre vocal éthéré, cristallin). On imagine facilement contempler le paysage, l’esprit engourdi, prêt à s’endormir, assis confortablement dans un train de banlieue. Et puis, « Open Oran ». Un single en puissance dont le crescendo irrésistible atteint un des sommets de la pop symphonique. Faut dire que Sebastien a reçu une formation classique ; ce qui lui permet régulièrement de réaliser des B.O. pour productions cinématographiques (NDR : dont ‘Un jour d’été’ de Franck Guérin). Une expérience qu’on ressent très fort tout au long des dix plages de cette plaque. En outre, Schuller est très branché sur l’électronique. Il a d’ailleurs beaucoup recours aux loops et aux samples. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à le considérer comme le pendant français de Get Well Soon (NDR : Allemand, Konstantin Gropper est un personnage tout aussi doué). Et si l’Union Européenne se construisait sur la création de ces talents à l’état pur, histoire de s’affranchir de plus en plus des Etats-Unis ? Schuller injecte une sensibilité toute européenne dans son style électro-acoustique. Ce qui ne l’a pas empêché de faire appel à la formation canadienne Bell Orchestre (NDR : le projet parallèle de Richard Parry et Sarah Neufeld d’Arcade Fire) pour l’épauler. Ils se partagent toute une série d’instruments à vent dont le hautbois et la clarinette. Quant à la mise en forme, elle est tout simplement parfaite. Et la pochette arty.

J’en reviens à ma constatation formulée vis-à-vis du dernier opus de Montgomery. 2009 pourrait bien être l’année du renouveau pour la scène musicale française. Pop/rock, bien sûr. Après avoir concocté « Evenfall », Schuller mériterait la reconnaissance planétaire. Un crédit parfois réservé à certains artistes anglo-saxons qui ne lui arrivent pas à la cheville…

 

Revolution Mother

Rollin’ With Tha Mutha

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Revolution Mother ! Un patronyme très féminin pour un groupe dont la musique libère une fameuse dose de testostérone !

Mike Vallely est le chanteur du combo. Une véritable légende dans le milieu du skateboard professionnel américain. Gageons, à l’écoute de « Rollin’ With Tha Mutha », leur tout premier album, qu’il ne tardera pas à en devenir une dans le milieu du hard rock hyper burné.

Aussi écrasante que Danzig, couillue que le hard rock de Mötorhead, déjantée que le hardcore/punk de Black Flag et susceptible de libérer un groove métal redneck digne d’un Black Label Society, la musique dispensée par cet ensemble californien est la bande son parfaite pour un rassemblement de bikers. A moins qu’il ne s’agisse de celui d’amis éméchés responsable d’un barbecue sauvage. Bref, l’énergie dispensée par cette formation est un carburant pour déchaîner les passions. Les vocaux de Vallely sont quasi-hardcore ; ils collent parfaitement à cette déflagration sonore. A l’instar du sport fétiche de son vocaliste, le rock du combo est extrême. Il procure des sensations fortes. Des titres tels que « Rollin’ with tha mutha », « Hitlist », « Born to rock’n’roll » et « Ride the sky » vous prennent aux tripes. Impossible de ne pas headbanger comme un malade, donc de ne pas mouiller son t-shirt, en affrontant les 46 minutes de cet opus. Un excellent disque à classer au rayon ‘Pas pour les lopettes’ de votre cédéthèque…

 

Red Red Meat

Bunny gets paid (Deluxe Edition)

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Enregistré en 1995, ce disque fait aujourd’hui l’objet d’une réédition en version Deluxe. C’est-à-dire remasterisée et enrichie d’un second cd. Sur ce deuxième disque figurent 7 morceaux dont une démo de « Chain, chain chain », limitée à la voix et à la sèche, la version single d’« Idiot son », un mix dub de « Mouse-ish », une adaptation alternative de « Carpet of horses » et un inédit : « Saint Anthony’s Jawbone ». Sans oublier la cover du « Words » de Low et celle du « Wishing (If I had a photograph of you) » de Flock Of Seagulls. 

Mais qu’est-ce qui justifie la réédition de cet opus ? En fait, le groupe –séparé depuis 1999– a décidé de ce réunir circonstanciellement pour accorder quelques concerts ; et envisage même d’enregistrer un nouvel elpee. Et puis l’occasion était belle d’épingler un épisode de la carrière musicale de Tim Rutili, Ben Massarella et Brian Deck. Alors que ce dernier est devenu un producteur très huppé sur la scène alternative, suite à la mise en forme de disques –entre autres– d’Iron & Wine, de Modest Mouse, Gomez et Fruit Bats, Rutili et Massarella ont fondé Califone, dont le style s’inspire manifestent de Red Red Meat. Et pour en revenir à cette version Deluxe, elle est habillée d’un superbe digipack.

Mais venons-en à ce que Musiczine écrivait au sujet de cet elpee en 1996. : ‘Une chose est sûre, ce quintette de Chicago voue une grande admiration à l'œuvre des Stones. Et en particulier à "Exile on Main Street". Faut même croire que si la bande à Jagger avait un jour imaginé une suite à cet opus indispensable, elle aurait accouché d'un elpee dans le style de ce "Bunny gets paid". Pas côté vocal, bien sûr. Le chant de Tim Rutilli campant plutôt un timbre guttural proche de Kevin Weatherill, leader d'Immaculate Fools. Si Red Red Meat s'autorise d'ailleurs quelque incursions dans la lo-fi semi acoustique, accomplissant dans ce domaine des performances assez remarquables, il s'illustre surtout par une musique filandreuse, sordide, claustrophobe, aux pulsations nerveuses, âpres, qui prennent une véritable dimension au fil de l'écoute. Une sorte d'urban blues déstructuré, ravagé par l'émotion et la colère, destiné à soulever des thèmes aussi brûlants que la sexualité, la solitude, le nihilisme, la faim ou l'asphyxie des métropoles (New-York notamment).’

Iggy Pop

Préliminaires

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Lorsque la voix ténébreuse d'Iggy Pop rencontre la prose de Michel Houellebeck et la plume de Jacques Prévert, l’union ne peut être que sacrée. Pour ses « Préliminaires », librement inspirés du roman « La Possibilité d’une île » de l’écrivain français controversé, Iggy Pop range ses guitares et la provoc’. L’iguane se réinvente et décide de surprendre tout le monde à coups de saxo, de trompettes, de cuivres, de piano et même de vocalises ‘in het frans’ (« Je Sais Que Tu Sais », accompagné au chant d’une certaine Lucie Aimé, et « Les Feuilles Mortes », le grand classique de Prévert).

Le pape du punk s’en prend au jazz avec un doigté qui ferait rougir les moins prudes. Sa voix caverneuse caresse délicatement chacune des notes d’une œuvre joliment imagée et passionnante de son défeuillage à son exquis climax. Le francophile n’est jamais très loin de Nick Cave, même lorsqu’il incorpore une discrète nappe de sons électroniques (« Party Time »). « Préliminaires » marque une parenthèse dans l’œuvre d’Iggy Pop qui révèle ici une mélancolie ne collant pas vraiment à l’image du personnage mais tellement bien amenée qu’on s’y plonge à cœur perdu.  Post-coitum animal heureux...

Poor Boy

Dreamer… are you sad ?

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La deuxième publication du tout jeune label parisien YY risque bien de faire parler d’elle dans un avenir proche.

Et tout d’abord à cause de ce quintet breton emmené par Jacques Creignou (alias Poor Boy). Sans doute l’une des jeunes formations françaises les plus inspirées du moment, tant sur scène qu’en studio.

Deux ans après avoir concocté l’intimiste « Moondream », le songwriter morlaisien s’amuse ici durant treize plages à déstructurer et reconstruire remarquablement 30 ans d’Indie Rock, à l’image de Sparklehorse ou encore Beck, pour le plus grand bonheur des amateurs de bidouillages folk/rock et autres friands d’arrangements sophistiqués.

Sonorités ricaines lo-fi et synthés vintages japonais sont donc au programme de cette galette électrisante que nous qualifieront –puisqu’il faut malheureusement étiqueter sa discothèque de temps à autre pour pouvoir y mettre de l’ordre– de ‘pop/rock créatif ‘façon 90’s, gorgée d’adrénaline et d’un soupçon de mélancolie, où la recherche minutieuse des sons ne prévaut jamais sur les compositions ‘guitares’ souvent tendues, et où les plages se succèdent crescendo, passant d’une pop aérienne à un rock peu à peu corrosif, rappelant parfois –entre autres– nos vieux amis les Pixies ou encore le Lou Barlow des débuts, tout en sachant, comme eux, prendre soin de fuir les formules trop évidentes. Exercice délicat!

Le genre d’album que l’on déguste avec plaisir comme un cigare dont on connait déjà la saveur, doucement et attentivement, pour en analyser toutes les singularités dues à sa fabrication artisanale.

Du quatre-pistes des débuts (« Moondream » en 2007), il n’en est plus question ici. « Dreamer are you sad » a été soigneusement enregistré et mixé au studio Black Box (référence mondiale de l’enregistrement analogique) par Peter Deimel (Sloy, dEUS, The Kills…) Une texture sonore plutôt old shool, donc, qui ravira les réfractaires du son formaté et froid du numérique, donnant résolument une couleur agréable et une épaisseur aux treize compositions de cet opus aux multiples (!!!) influences.

On épinglera aussi et surtout une « madame Madame » (keyboards/chant), donnant ça et là un échantillon de sa magnifique voix, et apportant incontestablement un plus significatif à tous les titres où l’on aura l’agréable surprise de l’entendre chanter.

Un groupe définitivement inventif et talentueux, à suivre de très près, et un album à prendre la peine d’écouter dans le détail sous peine d’y louper les quelques perles du genre qu’il recèle

En s’inspirant d’un titre de Nick Drake pour choisir son patronyme, on ne peut qu’être de bon goût, non?

 

Jim O’Rourke

I'm Happy, and I'm Singing and a 1, 2, 3, 4

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Paru en 2001, ce disque vient donc de bénéficier d’une réédition. Faut dire qu’à l’époque, le nombre d’exemplaires mis en vente avait été rapidement épuisé. Si bien qu’il est devenu un disque de collection. Expérimental et ambient, il  est même considéré comme un véritable aboutissement dans l’univers de l’électronique. A un tel point qu’il aurait influencé la phase électro d’Animal Collective.

Mais venons-en à Jim, mieux connu comme producteur (Wilco, Joanna Newsom, Stereolab, Saint Etienne, Smog, Stereolab, Sonic Youth, etc.). Il a milité au sein de la bande à Thurston Moore pendant cinq ans (NDR : à partir de 2000). Mais c’est également un féru d’expérimentations les plus diverses. Electroniques, surtout. Qu’il partage entre différentes collaborations, mais réalise également à travers ses propres projets. Et dans ce domaine, manifestement, il a été marqué par l’œuvre de Steve Reich et de Terry Riley. Son électro minimaliste, mathématique est essentiellement le fruit de son laptop. L’album est découpé en longues plages hypnotiques, contemplatives, entretenues par les boucles ; une structure de compo qui me rappelle parfois étrangement Klaus Schulze. Emballé dans un superbe digipack, l’opus recèle un second cd découpé en trois compos de la même veine. Ne m’en demandez pas plus, car dans le style, c’est sans doute remarquable, mais pas trop ma tasse de thé…

Natty

Man Like I

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Même si son surnom fait référence à Bob Marley, ce jeune Londonien ne se contente pas de recycler le ‘one drop’ de Marley pour concocter sa pop urbaine. Cet ingé de son de formation (et ancien ‘hip hopper’) s’est fait connaître en gérant un club de rock indie baptisé ‘Vibes and Pressure’ et en reprenant un titre de Vampire Weekend. Inhabituel et original pour un garçon qui se déclare rasta…

Natty est déjà une sorte de phénomène en Angleterre. Motif ? Des paroles ancrées dans la réalité qui parlent aux jeunes anglais de 18-25 ans. Les douze morceaux de « Man Like I » oscillent quelque part entre le folk du jeune Bob Dylan, la mélancolie urbaine de Day One ainsi que les ambitions pop-reggae des premiers albums de Lilly Allen et Finley Quaye. Le savoir-faire mélodique de Natty est évident sur des tubes tels que « July », « Cold Town », « Bedroom Eyes », « Last Night » ou encore « Badman ». La recette est soigneusement répétée tout au long du disque. Résultat des courses, une bonne moitié de « Man Like I » tourne un peu en rond. L’autre partie est constituée de quelques pépites pop idéales pour l’été ; ce qui n’est déjà pas si mal.

 

The Lemonheads

Varshons

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Après le retour réussi de Dinosaur Jr., un nouvel héros issu des 90’s vient de refaire surface : Evan Dando, le leader des Lemonheads. Il avait déjà tenté un comeback en 2006, lors de la confection d’un opus éponyme. Un disque passé plus ou moins inaperçu. Il nous propose aujourd’hui un album de reprises : « Varshons ».

The Lemonheads est une formation à géométrie variable. Evan Dando mériterait même de figurer au Guiness boook pour sa consommation de musiciens. A ce jour, dix bassistes et une douzaine de drummers doivent avoir transité par le line up…

Dernièrement, Evan Dando a déclaré qu’il n’aimait pas trop se sentir dans l’obligation de composer de nouvelles chansons. De répondre à un rythme d’écriture imposé par l’industrie musicale. De se résoudre à concocter des morceaux moyens. C’est sans doute ce que l’on déclare lorsqu’on est en panne d’inspiration. Et c’est ce qui explique probablement cet improbable long playing consacré à des reprises. Même Linda Perry (4 Non Blondes), Sam Opal et Leonard Cohen sont épinglés. Mais Stéphanie prend un soin tout particulier à rendre l’ensemble cohérent. Surtout dans son interprétation.

A première écoute, cet elpee m’a laissé dubitatif. Sauf le timbre vocal de Mr. Dando. Ce qui m’a permis de me laisser progressivement séduire par son contenu. Le quatuor introductif de « Varshons » est particulièrement réussi. Tout comme les covers de Wire (NDR : groupe de post-punk anglais mythique), GG Allin (NDR : punk rocker américain notoire pour ses lyrics scatologiques, décédé d’une overdose à l’âge de 37 ans) ou encore Townes Von Zandt (NDR : héros de la country alternative américaine, également disparu, mais en 1997). Sa version du « I Just Can’t Take It Anymore » de Gram Parsons est plus que respectueuse de l’originale. Elle est même fort proche. Faut dire que la voix d’Evan colle à merveille à cette ambiance trempée dans le country rock indie.

Charismatique, Dando est toujours parvenu à s’entourer de jolies filles. A l’instar du « Hey, That’s No Way To Say Goodbye » de Leonard Cohen, qu’il interprète impeccablement en compagnie de Christine Aguilera. De Kate Moss, également ; pour une adaptation de l’hymne euro-dance « Dirty Robot » d’Arling & Cameron, un obscur duo allemand d’électro kitsch. Probablement le morceau le plus insolite paru en 2009. Un hymne d’Euro Dance datant de 2001. Tout n’est pas parfait, mais l’ensemble s’avère de bonne facture. Surtout de la part d’un groupe dont on n’attendait plus grand-chose.

Produit par Gibby Haynes des Butthole Surfers et mixé par Anthony Saffery de Cornershop, cet elpee constitue une bonne surprise. Il synthétise toutes les influences accumulées par Evan Dando à ce jour et campe une petite récréation pour les Lemonheads tout en se révélant un plaisir pour nos oreilles. Rien de vraiment transcendant, mais de très jolies reprises susceptibles d’enthousiasmer.

 

Kokolo

Heavy Hustling

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En activité depuis 2001, cette formation du Lower East Side de New York jouit d’une réputation flatteuse en ‘live’. Faut dire que ses concerts sont à la fois généreux et endiablés. A l’instar de nombreuses formations de ce type, les Kokolo ont édité une volée de 45 tours qui ont forgé leur réputation dans l’internationale du funk underground. Le thème de ce court (32 minutes) « Heavy Hustling » est simple : reprendre des titres du grand James Brown à la sauce afro beat, salsa et vaguement ragga. Kokolo prend de grandes libertés en interprétant des classiques tels que « Soul Power », « Please, Please, Please » ou encore « Think ». Les morceaux ne sont pas identifiables immédiatement, tant le travail de réécriture est majeur dans cet hommage. A l’arrivée, ces huit plages ne constituent sûrement pas la surprise de l’année ; mais sont susceptibles de faire passer un bon moment aux fanas de funk qui ne jurent que par Vampisoul et consorts.

 

John & Jehn

John & Jehn

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Pseudonymes en forme de miroir, John & Jehn se reflètent à l’infini. Une relation symbiotique où deux corps fusionnent en une image artistique unique qui ne laisse pas l’auditeur indifférent. L’album se présente d’ailleurs comme l’avers et le revers d’une même pièce. Une face contenant cinq plages pour John, l’autre, cinq pour Jehn.

Elle, Camille Berthomier, clavier, voix, basse. Lui, Nicolas Congé, chant, guitare, basse. Le couple, à la ville comme à la scène, affiche une attitude sombre, stylisée et sensuelle. A l’image de The Kills, le couple s’harmonise ; le son et les voix s’épousent, s’entrelacent, fusionnent en pop.

Les french-lovers dandys exilés à Londres nous immergent subrepticement au sein d’un univers sombre et très visuel. Comme le décor granuleux d’un film de Godard, l’image imprime sournoisement nos cerveaux. La mise en abîme nous renvoie à une imagerie cinématographique. Des figures célèbres du septième art apparaissent en filigrane. On distingue Michel Piccoli et Brigitte Bardot dans « Le mépris » ou Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg dans « A bout de souffle ». Ces passions folles et ces déchirements amoureux inscrits dans des nébuleuses grisâtres. L’objet album offre d’ailleurs une esthétique très Nouvelle Vague accompagnée de photos de presse.   

John & Jehn ou la rencontre entre la Nouvelle Vague et la Factory d’Andy Warhol.

Ce premier opus ne renie jamais sa muse et marche élégamment sur les traces de ses prédécesseurs. Musique ouvertement héritée de Lou Reed et du Velvet Underground plongée dans un magnétisme électrique où la guitare se confond avec les boîtes à rythme et le Farfisa. Atmosphère lugubre où vient se poser la voix de Jehn aux inflexions multiples passant de Nico à celle de PJ Harvey (« Lady Spider »). Autres influences frappantes, britanniques cette fois, celles de Joy division et The Fall.     

Deux titres phares se distinguent des autres plages : l’excellent « 20 L 07 » et le très bon « DOM ». Le reste de l’album reste malheureusement linéaire et inégal en qualité. En outre, ce dernier présente quelques imperfections techniques (voix  décalées, structures laxistes…) Toutefois, les deux Hexagonaux réussissent à imprimer un style, une attitude nonchalante et désabusée. Un monde relativement hermétique décoré de paillettes et de strass. Les uns détesteront, les autres y adhéreront inconditionnellement.

Malgré les influences évidentes du Velvet Underground et de Joy Division, John & Jehn parviennent à créer leur propre monde musical. Minimaliste et puissant. Une musique magnétique et sensuelle affichant un romantisme désabusé. Un rock garage crasseux aux riffs qui montent en colère pour atteindre le larsen.

Hormis quelques imperfections de jeunesse, John & Jehn apparaît indéniablement comme un groupe en devenir.

‘Les amants du London Bridge’ se produiront ce samedi 11 juillet 2009 au festival des Ardentes de Liège.

 

Iron & Wine

Around The Well

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L’ami Sam Beam est de retour. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, c’est carrément un double album qu’il nous propose. Curieusement intitulé « Around The Well », il opère une parfaite osmose entre douceur et chaleur. L’élément indispensable à tout homme qui garde en lui, une once d’humanité. Il ne s’agit pas pourtant pas d’un véritable ‘nouvel’ opus, mais plutôt d’un cadeau que nous réserve Sam, en réunissant les chutes d’albums précédents. Et puis de reprises plutôt cocasses.

Sur le premier cd, Sam Beam se la joue en solo. De sa voix douce, il nous entraîne dans un univers proche du film Bagdad Café. Le climat est caniculaire. La route peu fréquentée. Un ventilateur ronronne. L’ombre est un espace privé et privilégié. Pour reproduire cette sensation, les compos ont été enregistrés dans une salle de bain transformé en home studio. On comprend mieux le climat.

Les reprises du « Peng ! 33 » de Stereolab, « Waitin’ For A Superman » des Flaming Lips et « Such Great Heights » de The Postal Service ne sont guère identifiables, tant elles ont été revisitées. Ce premier disque est minimaliste. Caressées, les cordes grincent et enchantent en même temps. De quoi nous laisser pantois.

La deuxième plaque nous replonge dans l’univers de « Shepherd’s Dog ». A cause de la précision des arrangements. Des chœurs. Et puis des différents protagonistes qui gravitent autour d’Iron & Wine. 12 plages qui témoignent du cachet unique estampillé par le songwriter. La version folk du « Love Vigilantes » de Joy Divsion est carrément alambiquée. On a parfois l’impression qu’Iron & Wine transforme, tout ce qu’il touche, en or. Faut dire que pour y parvenir, Sam manifeste une facilité désarmante. Et puis, pour ne pas gâcher l’instant présent, le bruit semble s’effacer. Comme par enchantement. Les harmonies sont en phase avec nos émotions. Iron & Wine prouve ainsi encore qu’en faisant simple, il parvient à atteindre le plus profond de notre for intérieur. Sans forcer.

Et comme si les onze premières plages ne suffisaient pas pour nous retourner comme une crêpe, « The Trapeze Swinger » pose la cerise sur le gâteau. Huit minutes bouleversantes, balayées de textes sublimes. A cet instant, on comprend qu’il n’y a qu’une chose à faire devant Beam et ses comparses : baisser la tête en marque de respect. « Around The Well » frise la perfection. Il rend au folk ce qu’il y a de plus beau : une âme.

 

Disko Drunkards

The Glimmers present Disko Drunkards

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Le duo électro gantois The Glimmers a mis sur pied une dream team du rock belge en réunissant des membres et ex-membres de dEUS, Soulwax, Vive La Fête et Millionaire : les Disko Drunkards. Un projet original par sa conception, car chaque morceau a été finalisé en un jour ; mais aussi (et surtout) car ce disque est uniquement distribué lors des concerts de la formation. Gratuitement ! Une philosophie encore marginale, adoptée pourtant par Prince depuis un certain temps ; mais qui risque de bientôt de faire des émules.

Côté musique, les douze morceaux concoctés par l’équipe de choc rendent hommage au disco, à la No Wave new-yorkaise du début des années 80 ; mais aussi à l’électro pionnière de Télex. Une musique assez minimale traversée de vieux synthés analogiques et entièrement construite autour du duo basse-batterie. Quelques onomatopées et de rares paroles balaient de temps en temps le paysage sonique. Tout n’est certes pas très réussi comme l’affreux « Dans le Mille » réminiscent de Marc Lavoine ; mais quelques titres valent vraiment le détour. A l’instar de « Kookoo » très proche de Liquid Liquid. Sans oublier le très dansant « Oh Oh Oh » et également un « Picture » hanté par Telex. Les Drunkards se fendent aussi d’une très belle reprise de « Physical » d’Olivia Newton John, où le chant en falsetto de Tim Vanhamel fait merveille. Le reste sonne comme la bande son funky d’un film de science fiction allumé et sexuel : pas désagréable, certes, mais plutôt anecdotique.

The Delano Orchestra

Will Anyone Else Leave Me?

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Après Schuller et Montgomery, The Delano Orchestra se pose comme la troisième bonne surprise à épingler sur la scène musicale indie hexagonale. Et on n’en est qu’à la moitié de l’année 2009 !  Cette formation auvergnate émarge plutôt à une forme de folk rock. Elle évolue même à mille lieues de la pop sur-vitaminée de Phoenix ; néanmoins, on peut déjà considérer son premier elpee comme une belle réussite.

Cinématographique voire contemplative, l’expression sonore évoque les grands espaces américains. Et le concours de cuivres accentue cette impression. On a également parfois l’impression d’être en présence de post rock ; mais enrichi de vocaux dont le chuchotement peut paraître hanté. Les morceaux sont longs. Atmosphériques. Pas toujours facile d’accès. Le coup de foudre n’est pas immédiat ; mais si vous succombez au charme de leur musique, vous ne parviendrez plus à en décrocher. Les influences oscillent entre Elliott Smith, Low, Sigur Ros et Sparklehorse. L’émotion est omniprésente. Parfois bouleversante. Tour à tour ténébreuse, mélancolique. La très belle voix plaintive d’Alexandre Delano y baigne comme un poisson dans l’eau. Parmi le tracklisting, j’épinglerai quand même « The Escape » ; une compo de huit minutes dont la superbe finale conjugue envolée de cuivres et intensité électrique. Dommage que les derniers morceaux de l’elpee tirent parfois en longueur. 

The Delano Orchestra relève de la structure coopérative Kütü Folk, un label issu de Clermont-Ferrand au sein duquel Alexandre Delano est impliqué. Une totale liberté est accordée aux artistes signés par l’écurie. Un objectif ambitieux destiné à ne pas étouffer l’originalité. Un bel exemple : La pochette de « Will Anyone Else Leave Me? » a été cousue à la main (NDR : Kütü = coud tout ?).

Et pour que votre info soit complète, sachez que le label Kütü Folk abrite également des talents en devenir comme St-Augustine ou Leopold Skin. Qu’on se le dise !