La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Juliana Hatfield

In exile deo

Écrit par
Réapparue par la grâce d’une compile rétrospective en 2002 ; puis impliquée au sein des Some Girls, en compagnie desquelles elle a commis un elpee l’an dernier, Juliana Hatfield nous revient aujourd’hui avec un septième album solo. Et je dois avouer que nonobstant toute l’estime que je lui porte, les premiers fragments de cet « In exile deo » m’ont fait craindre le pire. En fait, elle y a mis tellement de pop dans son rock, que je me demandais si je n’étais pas en présence d’un nouvel elpee de Sheryl Crow ou de Liz Phair. Passée la mise en bouche croustillante (« Get in line »), il faut ainsi attendre la sixième plage pour retrouver tout le mordant de Juliana. Celui qui lui avait permis de rejoindre le mouvement ‘riot grrl’ des Throwing Muses, Breeders, Veruca Salt et consorts. Encore que l’expression sonore s’y révèle plus riche, plus américaine, plus rock. Dans un style qui évoque les débuts de Tom Petty lorsqu’il était encore flanqué de ses Heatbreakers ; les claviers rognés de Peter Adam remplaçant ici ceux de Benmont Tench. La moitié de l’opus épouse ce profil ! Un disque aux lyrics autobiographiques. Qui traitent des problèmes liés à sa vie affective. Des ses relations intimes. Très intimes même. Sans le moindre complexe. A l'instar de « Dirty dog », chanson au cours de laquelle elle assume ses fantasmes. Encore que dans le registre, Liz Phair s’est déjà montrée plus explicite… L’album recèle, en outre, deux ballades tendres et romantiques (« Tomorrow never comes » et « Singing in the shower »), deux tracks caractérisés par des arrangements particulièrement riches et soignés (cordes, piano, etc.) ; mais deux compos qui manquent d’intensité mélodique pour vraiment convaincre. En fin de parcours, l’elpee retombe d’ailleurs dans ses travers initiaux ; un peu comme si le soufflet était retombé…

Hayden

Elk-Lake Serenade

Il en va de notre assurance. Parce qu’écouter un disque pareil ne donne pas envie de taper dans les mains et de sourire à la vie. Depuis plusieurs albums, Hayden Desser s’évertue à conter des histoires qui n’ont rien de très amusant… D’autant que leur écrin musical hésite entre le folk autiste et la country suicidaire ; bref c’est dans la fange que nos oreilles baignent, jusqu’à la noyade. Ecouté en quatrième vitesse, on pourrait pourtant croire qu’Hayden s’est, au fil du temps, déridé. Fausse route : dans sa guitare il fait toujours aussi noir, et dans sa tête on n’y voit pas plus clair. Les cordes et les cuivres n’y changeront rien : les sérénades d’Hayden ne sont pas faites pour les slows, surtout en plein mariage. Au pire on pourrait les passer lors d’une veillée funéraire. De quoi plomber l’ambiance une fois pour toutes. Et ce n’est pas Julie Doiron, invitée aux chœurs sur " Roll Down That Wave ", qui arrangera nos bidons… Non : " Elk-Lake Serenade ", c’est vraiment pas la fête. Sur ce, je m’en vais aphoner un flacon de codéine.

Haymarket Riot

Mog

Écrit par
Si votre attention devait être retenue par cette plaque, ce ne serait pas tant par la qualité de la musique que par son environnement. Devo Records distribue les belges de Hitch aux States et franchement, cette situation est sympa pour eux. Sont pas obligés ! Mais on retrouve aussi Paper Chase (j’attends leur nouveau cd, vous m’en direz des nouvelles), Lustre King ou encore Sweep the leg Johnny. Chicago quand tu nous tiens... En parlant de Chicago, devinez qui est venu mettre son grain de sel dans cette aventure ? Albini bien sûr ! Avouons qu’il y a longtemps que ce nom tend à devenir un simple argument commercial. On retrouve également John Congleton de Paper Chase (toujours eux) à la production. Autrement dit pas de quoi fouetter un chat avec ce “Mog”. Rock alternatif dans toute sa splendeur, joué par des adolescents qui n’en sont plus, Haymarket Riot vaut surtout par son nom : une tragédie du prolétariat américain. Condamnations, anarchie, cet événement est entré dans l’histoire du pays; le groupe lui risque de ne pas figurer dans les manuels d’histoire.

Hazy Malaze

Blackout Love

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Hazy Malaze est né de la rencontre (NDR : sur la route) de 3 musiciens : Neal Casal, Jeff Hill et Dan Fadel. Si les deux derniers nous sont inconnus, Neal Casal compte déjà à son actif six plaques en solo, dans un style qui mélange folk, americana et rock US. Instrumentales les compos du groupe furent testées sur scène puis enregistrées en deux jours, accompagnées dès lors des textes et de la voix de Casal. Le résultat est épatant : dix sacrées bonnes chansons de rock, nourries d’un groove imparable (les remuants “Everything” et “Dirty Summer”). Des guitares enlevées, une basse qui roule, ci et là un orgue Hammond et des choeurs à la Motown, la recette est efficace. Les titres les plus rock côtoient sans rougir le boogie et les tonalités seventies. Le point d’orgue de cet album est sa production ; et en particulier un son chaleureux et groovy, sans aucun artifice, comme aux meilleurs temps du feu vinyle.

Bugs Henderson

Stormy love

Écrit par
Buddy Henderson est un des nombreux bluesmen à avoir passé le cap des soixante balais en 2004. Il est né en Californie. A Palm Springs, très exactement. En 1944. Mais il a rapidement émigré à Tyler, dans le Texas, un Etat qu'il n'a plus quitté depuis. Au coeur des années 60, il a sévi chez Mouse and the Traps, une formation de pop rock qui l’a rendu célèbre et au sein duquel figurait son ami Ronnie Weiss. En 1970, il émigre à Dallas, où il s'ouvre volontiers au blues. Il se produit régulièrement au Cellar, y assurant notamment le supporting act pour les Allman Brothers Band et BB King. Il se lie d'amitié à Freddie King qui le pousse à voler de ses propres ailes. Intitulé "At last", son premier album remonte à cette époque. Il recèle quelques titres très rock'n'roll tels que "Boppin' the blues"/"Blue suede shoes", "Hound dog", "Honest I do", un blues signé Jimmy Reed, ou encore "Shuffle King", une compo issue de sa plume. Cette plage donna notamment le nom à la future formation de Bugs : les Shuffle Kings. Double, son précédent album avait pour titre titre "ASK" (NDR : traduisez "Adventures of the Shuffle Kings").
 
Pour enregistrer « Stormy love » il a reçu le concours d’une section rythmique particulièrement solide : soit son fidèle Keith Jones à la basse et Miss Linda Waring aux drums (NDR : en compagnie de laquelle il joua chez Nitzinger, il y a plus de vingt ans). Mais aussi d’une belle brochette de musiciens : Tommy Young à l’orgue Hammond et au piano, Doug Rhone à la guitare rythmique et Kirby Kelley à la slide.
 
L'album s'ouvre par le titre maître. Une douce ballade amorcée par la voix solitaire de Bugs, que rejoint bientôt ses musiciens. Un fragment empreint de délicatesse qui laisse cependant libre cours aux fantaisies de sa guitare, face à l’orgue Hammond. "Hold the line" élève le tempo. Un blues rock dominé par l'orgue. Même si la guitare ne demande qu'à sortir de son environnement sonore, pour tisser de jolies grappes de notes bien accrochées à leur ligne mélodique. Autre ballade douce que souligne des chœurs féminins, "Shining again" traite du danger que représente l’alcool, les drogues, etc., chez les jeunes. Balayé par la guitare saturée et très présente, "Maid of sugar - Maid of spice" le rapproche du blues ; un morceau qu'il jouait déjà chez Mouse and the Traps, au cours des années 60. D'ailleurs le style pratiqué par Henderson n'émarge jamais au blues pur et dur ; mais est le plutôt le fruit d’un cocktail de blues, de rock et d’americana. A l’instar de "The vent", un titre au cours duquel il s’autorise quelques petits soli de guitare, jamais conventionnels, mais toujours bien ficelés. Très laidback, "Tom's trip to Texas" sent bon le Sud des States. La rythmique volontiers funky et la slide nous poussent vers un univers sonore très proche du Little Feat de Lowell George. Une impulsion qui se prolonge tout au long de la version alternative de "The vent - Refried". Le funk est bien marqué par l'orgue Hammond B3. Les cordes d’Henderson sont trafiquées à l'extrême. "Woman on fire" est sculpté dans du rock'n'roll efficace, solide et surtout puissant. Peut-être même parfois un peu trop. A cause de la section rythmique qui écrase tout sur son passage. Tout au long de cet opus, Bugs affiche une sérénité certaine. Au sein d’une ambiance qui conjugue décontraction et feeling. A l’instar de "Sighs", une bien jolie ballade dépouillée à l’extrême. Ce qui ne l’empêche pas de nous inviter à danser tout au long du solide R&B, "The train song". Pour nous rappeler qu’il est bien un inconditionnel de la musique ‘américaine’, Bugs réserve une place à un fragment de country bluegrass : "Wish I could write like Billy Joe". La partie réservée à la musique cesse après "Shadows of the rose", une plage laidback caractérisée par quelques dernières sorties de cette guitare qui arrache. Car à l’instar de ses autres elpees, Bugs achève le disque par un commentaire de près 10', consacré aux douze titres de cet album.

Her Space Holiday

The Young Machines

Pauvre de lui ! C’est la première fois qu’un album de Marc Bianchi sort dignement chez nous, et c’est déjà son quatrième… Comment tel songwriter, à l’écriture si subtile et aérée, a-t-il pu rester coincé à l’embarcadère de l’aéroport d’Austin (Texas) pendant toutes ces années ? Pourquoi la douane l’aurait-elle prié d’ouvrir ses bagages, alors qu’à l’intérieur on y trouve de si belles mélodies ? Enfin des vacances pour cet orfèvre électro-pop, enfin du bon temps passé en notre compagnie. Tous ensemble autour d’un bon cocktail, on écoute les chansons qu’il nous a concoctées : ça commence plutôt bien avec « The Young Machines », instrumental rêveur où chantent les xylophones. On se ressert un verre avant « Tech Romance » et ses violons magiques : quel bonheur ! Très vite nos paupières deviennent lourdes… Quelqu’un aurait-il mis du Rohypnol dans notre Daïquiri ? Mais une décharge de guitares nous sort de cette douce léthargie (« My Girlfriend’s Boyfriend ») : autour de nous ça cause ruptures, divorce, tromperie,… Mieux vaut se rendormir et rêver d’amour, avec en sourdine le très beau « Girl Problem ». Comme c’est bizarre d’être toujours à la masse quand on parle de couples. C’est le cas de Marc Bianchi, qui trompe son malheur en sortant des albums. Tant mieux pour lui : sa pop mélancolique à la Postal Service peut servir de baume au cœur en cas de déprime. « The Luxury of Loneliness » ? Ouais, enfin, c’est lui qui le dit…

The Hidden Cameras

Mississauga Goddam

Forcément, difficile de faire mieux que « The Smell Of Our Own », ce chef-d’œuvre de pop orchestrale : les Hidden Cameras, cette « chorale gay » emmenée par Joel Gibb (aucun lien avec les Bee Gees), avaient pondu un des disques majeurs de l’année dernière. Mais si ce nouvel opus est condamné à rester dans l’ombre de son mirobolant prédécesseur, il parvient quand même à nous émouvoir… En cause cette formule maintenant maîtrisée sur le bout des doigts par ces adeptes des « golden shower » (hum) : vocalises angéliques, lyrisme exacerbé, instrumentation arc-en-ciel, et ces mélodies si parfaites, qui donnent envie de courir nu dans la rue, une harpe à la main et des pâquerettes dans les cheveux. D’accord, l’effet de surprise n’est plus au rendez-vous, mais peu importe : si vous avez adoré « The Smell Of Our Own », vous aimerez « Mississauga Goddam »… Si Dieu existe, il est peut-être homo.

The High & Mighty

The Highlite Zone

Écrit par
Troisième elpee pour ce duo qui s’était fait un une belle réputation à l’époque où le label Rawkus était à la pointe du rap underground. Eon (le MC) et le dj Mighty Mi déboulent avec un album qui ne fait pas dans la dentelle. Il contient des beats carrés à souhait qui rappellent les productions de la première moitié des années 90. Côté crachoir, la grosse voix d’Eon occupe une large part des 59 minutes de l’opus, le reste étant laissé entre les mains de poulains de leur label et d’un invité de marque en la personne de Rahzel des Roots. On a droit à un solide exemple de hip hop à la mode new-yorkaise, qui plaira surtout aux habitués du genre. Rien n’est vraiment faible, mais à la fin de cette longue plaque, peu de morceaux donnent envie de se replonger dans cette « Highlite Zone ». La faute réside en partie dans le flow monotone d’Eon ; mais aussi au parti pris tellement classique de la musique qu’il frise l’orthodoxie. Reste quand même quelques morceaux qui sortent du lot. « Rock the House » et sa démonstration d’human beatboxing de Rahzel vaut le détour. Même chose pour le quasi instrumental « Mighty Mi is Clickums », « How to rob an actor » et « D.S.P.D. II » qui arrachent cette plaque à sa dangereuse uniformité. Quoi qu’il en soit, ce disque reste tout de même au dessus de la mêlée quand on voit ce que nous fournit le genre ces derniers temps.

Gregor Hilden

Blue hour

Écrit par
Gregor Hilden nous vient d’Allemagne. De Munster pour être plus précis. Il comptait déjà six albums à son actif, dont le dernier, "Sweet rain", est paru en à 2002. En métissant son blues et en s’ouvrant au R&B et surtout au jazz, Hilden s’ouvre dorénavant un spectre sonore bien plus large. Et on s’en rend compte dès la première plage, "Flying home", un instrumental coécrit, dans les années 40, par Benny Goodman et Lionel Hampton. C'est tout dire ! La guitare ici purement jazz, disserte avec la trompette de Christian Kappe et le piano électrique de Thomas Hufschmidt. Gregor ne chante pas ; mais pour ne pas se limiter à un exercice uniquement instrumental qui pourrait être qualifié de nombriliste, il a invité deux chanteurs noirs américains : Johnny Rogers et Stevie Woods. En 2001, il avait d'ailleurs déjà commis un album en duo avec Rogers, "Soul senerade". Un opus paru chez le même label. Johnny chante "Who's makin' love" d’une voix parfaitement adaptée au style soul blues. Mais Rogers peut aussi interpréter magistralement le blues. A l’instar de la reprise du "I loved another woman" de Peter Green. Un pur bonheur ! Très parcimonieux de ses notes sur sa Gibson Les Paul, Hilden a parfaitement assimilé la technique et le feeling du grand Green. Même la tonalité réverbérée y est! La cover du "Love and hapiness" d'Al Green est également impeccable. Mais que Mr Rogers possède d’une belle voix ! Thomas est à l'orgue. Tommy Schneller au sax. Le solo de Hilden démontre à nouveau toute l’étendue de son immense talent. Stevie Woods est un chanteur qui évolue dans un registre purement soul. Il emprunte à ce style pour colorer "Joy & pain" de jazz mélodique et le rendre très dansant, légèrement exotique. Je préfère nettement son intervention lors de la reprise légèrement funky du "Inner City blues" de Marvin Gaye. Constituée de Sascha Oeing à la basse et surtout de Dirk Brand aux percussions, la section rythmique imprime bien le tempo. Une fois encore, Gregor se réserve une excellente sortie sur sa Telecaster, en écrasant et en torturant le son. Excellent ! Le niveau instrumental ne trahit jamais la moindre faiblesse. Nouvelle démonstration, le "Milestones" de Miles Davis dévoile, dans son ambiance feutrée, de petits trésors ciselés par la guitare et le piano électrique. Longue plage jazz, "Jam" adresse précisément un clin d'œil à Miles Davis. La trompette de Christian Kappe y est talonnée par le piano électrique et la guitare. Dernière plage instrumentale, "Blue hour" se révèle très mélodique. Le style de la guitare y est assez proche de Peter Green, ou plus exactement d'un de ses adeptes, Snowy White. En finale, Rogers revient chanter le classique "Fever", une adaptation ‘live’ immortalisée l'année dernière, lors de la "Gregor's Blues Night…

Hitch

Trails are ablaze !

Écrit par
Une décennie au compteur pour Hitch et son emo-rock-core. Pour quiconque ayant un tant soi peu vénéré les labels Touch and Go, K ou Amphetamine circa 1994, il est impossible de ne pas connaître Hitch. Ils ont en effet ouvert les hostilités pour tous les groupes de ces labels alors en goguette en Europe. Qualitativement, Hitch n’a pas à rougir des grands frères ricains. Le label Thicke l’a d’ailleurs senti et distribue le trio aux States. Mariage impeccable de puissance et de mélodies, Hitch sort aujourd’hui un album abouti, efficace et alléchant. En tout cas une belle preuve de longévité et d’intégrité.

Robyn Hitchcock

Robyn Hitchcock

Écrit par
On connaît surtout Robyn Hitchcock pour avoir sévi chez les Soft Boys ou entraîné dans son sillage les Egyptians. Beaucoup moins sous la formule acoustique. Et pourtant, ce grand excentrique a longtemps été actif dans le circuit folk britannique, au tout début des années 70. Et puis, au cours de la première moitié des eighties, période au cours de laquelle il traduisait ses états dépressifs à travers une musique particulièrement intimiste. Si « Spooked » renoue avec la formule acoustique ou semi-acoustique, la démarche est sensiblement différente. En fait, pour enregistrer ce nouvel opus, Robin a fait appel à deux musiciens américains, Gillian Welch et David Rawlings. Deux personnages dont la sensibilité est plus proche de la country que du folk. Ce qui n’empêche pas les trois artistes d’utiliser une panoplie très large d’instruments. Depuis le sitar électrique à l’harmonica, en passant par le dobro et le Wurlitzer. Sans oublier l’instrumentation basique. Mais sous une forme généralement ‘unplugged’. Et la rencontre entre folk psychédélique ‘sydbarretien’ et country ‘dylanesque’ donne de bons résultats. Le trio reprend même ici le « Tryin to get to heaven before they close the door » du Zim. Nonobstant l’un ou l’autre fragment dispensable, l’opus épingle quelques excellentes plages. Et je pense tout particulièrement à la sérénade douce-amère « Television », au blues presque a cappella « Demons & friends », au mystérieux et captivant « Sometimes a blonde », à « We’re gonna live in the trees », imprimé sur un tempo emprunté à Talking Heads, au ténébreux et introspectif (Léonard Cohen ?) « Flanagan’s song » et surtout au country/jazz « Full moon in my soul », une chanson à la mélodie contagieuse qui aurait pu figurer au répertoire d’un Sophia. Le trio revisite même le folk orientaliste du « Revolver » des Fab Four sur « If you know time » et « Everybody needs love », deux compos véritablement hantées par le spectre de George Harrison, même si la voix de Robin est aussi nasillarde que celle de Lennon. Un elpee sympa, mais qui aurait eu un tout autre impact s’il avait été un tantinet plus électrifié…

Hollywood Blue Flames

Est. A long time ago…

Écrit par
Répondant autrefois au patronyme de Hollywood Fats Band, les Hollywood Blues Flames roulent leur bosse depuis trois décades, et pratiquent aujourd’hui ce qu’on appelle du post modern blues. Alias Hollywood Fats, le charismatique et regretté guitariste Michael Mann, nous a quittés voici plus de 17 ans, à l’issue d’un concert accordé au Music Machine de Los Angeles. Aussi, décemment, les musiciens ne pouvaient pus revendiquer le nom du défunt leader. Marqué par leur album légendaire paru en 1979, sur PBR, le West Coast Jump blues si populaire de nos jours, était déjà leur apanage à l'époque. La formation d'alors avait eu le bonheur d'accompagner des artistes tant revendiqués au cours de ces dernières années : George"Harmonica" Smith, Percy Mayfield, Big Joe Turner, Lowell Fulsom. Ils assurèrent même le backing groupe de Johnny Shines et Lightnin' Hopkins. Hollywood Fats possédait un talent immense. Il n'avait que 32 ans lors de sa disparition. Son HF Band post mortem avait sorti, l'année dernière, l’elpee "Dr Blake's Magic soul élixir", sur le label Soul Sanctuary. Puis ce disque sous la nouvelle dénomination.
 
Qui sont les musiciens? Leader, Al Blake se réserve le chant, l’harmonica et épisodiquement la guitare, Fred Kaplan, les claviers, Richard Innes, la batterie (NDR : à la fin des 60s, il sévissait chez Bacon Fat en compagnie de Rod Piazza et Georges Smith), et Larry Taylor (membre fondateur de Canned Heat), la basse. Enfin, le poste de guitariste a été confié à Eli Kirk Fletcher. Influencé par Junior Watson et…Hollywood Fats, ce jeune noir de 28 ans est une des valeurs montantes.
 
L'album s’ouvre par "Flambe'd", dans un style jump pur et dur, imprimé par Kirk Fletcher. Magnifié discrètement par la basse acoustique de Larry Taylor, "Black cat bone" conserve ce rythme cher à la West Coast. Faut dire qu’en bénéficiant d’une telle section rythmique, il est devenu tellement aisé de swinguer. Fletcher respire la forme. Il s'éclate sur le rythme enlevé de "Nit wit", une composition de L.C McKInley. Le jeu est vif et clair, communiquant un côté boogie à l’ensemble, que Kaplan ajuste à son compte de son piano aux accords sautillants. "Bunk's blues" est un blues lent, langoureux, très fin de soirée, pas éloigné d'un Charles Brown. Fred disserte avec beaucoup d'âme. Kirk se mue en T-Bone pour cette plage manifestement trop courte. Basse, drums et guitare rythmique impriment un funk sobre et léger à l’adaptation du "He's a bluesman" de Juke Boy Bonner. Le piano prend des accents jazzy. L'harmonica est autoritaire. "Long black cadillac" est un Chicago blues classique, nonchalant, assez feutré. Al chante paresseusement. Kaplan assure bien son rôle et c'est l'harmonica de Blake qui prend son billet de sortie. Fred passe à l'orgue Hammond pour attaquer "Takin' care of business". Une formule qui apporte du sang neuf à l’ensemble, même si le climat lorgne de toute évidence vers Chicago. Tout en finesse, délicatesse et concision, le jeu de Kirk Fletcher fait merveille sur "Soon forgotten". Il n’y a rien de trop ni de trop peu. Big Al Blake tire son épingle du jeu à l’harmonica sur "Coco puffin". Un superbe blues lent, basique, dépouillé, nappé d’orgue Hammond, éclaboussé de petits flots de notes déterminées par la guitare, dont le solo est vraiment à la hauteur. Dans un style inspiré au départ par BB King et Mike Bloomfield, il y insuffle toute sa personnalité. Impressionnant ! Chicago shuffle bien entraînant, "I'm a lucky, lucky man" se signale de nouveau par la parfaite mise en place des différents acteurs. Un parfum d’exotisme, mais aussi du Westiside de Chicago embaume "Jo Angelyn. L'album s’achève par deux apparitions en solitaire d’Al Blake. Il chante et joue de la guitare acoustique sur "You don't know my mind" et "Miss Nitroglycerite". Deux fragments absolument roots qui baignent dans les eaux du Delta! Ce très bon album de blues n’a été, paraît-il, tiré qu’en nombre tr ès limité. Il est vrai que je n'ai jamais eu le loisir d’entendre un seul morceau de "Dr Blake's Magic soul elixir", le précédent opus, pourtant paru sur le même label.

Holywater

Sides

Écrit par
Holywater est une formation espagnole drivée par un certain Ricardo Rodriguez. C'est-à-dire le compositeur/lyriciste et le chanteur. Un chanteur dont le falsetto rappelle tantôt Thom Yorke, Matthew Bellamy ou encore Mark Greaney ; mais en plus sobre. Radiohead, Muse et JJ72 figurent évidemment parmi les influences majeures du groupe. Mais aussi Sigur Ros, Mogwai et Explosion in The Sky. L’expression sonore de cet opus est donc très atmosphérique. Parfois même post rock. Encore qu’on y trouve des traces de noisy expérimentale (My Bloody Valentine ?) voire de prog. Aussi bien jazzyfiant (King Crimson circa ‘Islands’?) qu’orchestral (Barclay James Harvest). Et le recours au mellotron n’y est pas étranger. Difficile dans ces conditions de vous faire une petite idée du style pratiqué par Holywater tout au long de leur deuxième elpee. Un disque dépassant allègrement les 70 minutes qui alterne ballades mélancoliques et fragments aventureux, parsemés d’éruptions électriques ou éclaboussés de claviers fluides. Encore que parfois, certaines chansons s’ouvrent sur un mode avant de virer vers l’autre. Bref, un elpee qui ne manque pas d’allure, même si le groupe y gagnera lorsqu’il aura complètement digéré ses influences…

Ellis Hooks

The Hand of God

Écrit par
Adulé par des grosses pointures comme Brian May et Solomon Burke, cet Américain a mis du temps avant de se retrouver au devant de la scène. De petits boulots en galères diverses, il a finalement tapé dans l’œil d’un producteur alors qu’il accompagnait à la guitare une strip-teaseuse aspirant à la chanson. En 2002. Ellis Hooks pratique un rock sans fantaisie qui touche à la country, au blues et à la soul, genre que son style vocal rappelle énormément. Pas d’innovation ou d’électronique à l’horizon sur cette plaque, mais une musique très classique et ‘mature’… Fidèle à cette étrange idée qui veut que la seule technologie ‘respectable’ soit celle qui est vieille de cinquante ans, Hooks tient à préciser que son troisième opus a été enregistré sans pro-tools ni sampler. Pourtant, ce disque ne recèle aucune chanson mémorable, l’emballage musical hyper pro rendant les morceaux ennuyeux et interchangeables. Un produit honnête, bien formaté pour les radios « Adult Oriented Rock » (classic 21 ?), mais qui passera inaperçu partout ailleurs.

The Horns Of Happiness

A Sea As A Shore

Le label américain Secretly Canadian est sans aucun doute un des refuges les plus excentriques de l’alternatif pop-rock-folk US : de Windsor For The Derby à Jens Lenkman, on y croise d’authentiques fous à lier, tel cet Aaron Deer (membre de The Impossable Shapes et des John Wilkes Booze) qui s’est ici rebaptisé The Horns of Happiness… En fait un simple prétexte qui permet au bonhomme de se laisser aller aux délires les plus absurdes : folk psychédélique, country martienne, boogie décalé, rock troubadour,… Aaron Deer fait tout tout seul (guitares, banjo, piano, synthés, cuivres, machines,…), tel un docteur maboul et mégalo qui aurait mangé du peyotl avec ses céréales matinales. En 35 minutes, cet homme nous fait visiter les dédales obscurs de son cerveau dérangé : on y croise Wayne Coyne, des gros lapins blancs et Syd Barrett qui descend les poubelles. Faites sonner les clochettes et ramenez vos amis : plus on est (de) fou(s), plus on rit.

The Hospitals

The Hospitals

Écrit par
Si les 85 secondes de la plage d’ouverture vous agressent trop violement, passez votre chemin, les 24 minutes qui suivent sont du même tonneau. « Rock N’ roll is killing my life » titre fièrement la cover de Suicide. Ajoutons également les oreilles. Nous n’avions plus entendu telle furie sonore depuis - disons - Pussy Galore ? Car en plus de reprendre le credo de l’antique formation du sieur Jon Spencer, The Hospitals partagent le même label. La comparaison (NDR : que dis-je, le hasard) fait que ce duo guitare/batterie peut aussi se targuer de compter parmi ses compagnons de chambrée, les Country Teasers, Demollition Doll Rods ou encore Boss Hog. La filiation est claire, The Hospitals est une idée bruitiste du rock, amplis « In the Red ». Ces sont les Kills en moins glamour, les White Stripes en moins pop ; bref du sang et de la sueur. Pour ceux qui revendiquent un retour aux sources. Avant de se mettre au bon vieux blues des bayous.

Guided By Voices

Half smiles of the decomposed

Écrit par
Après 17 années d’existence, Guided By Voices a donc décidé de tirer sa révérence. Une carrière au cours de laquelle le groupe a commis 15 albums studios, une multitude d’Eps et de singles ainsi que 3 box sets. Sans oublier les bootlegs ‘live’ ! La page (définitivement ?) tournée, Robert Pollard a décidé de se consacrer dorénavant aux différents projets qu’il multiplie depuis quelque temps. « Half smiles of the decomposed » constitue donc le chant du cygne de G.B.V.. Un disque sans bonne ni mauvaise surprise, puisqu’il s’inscrit parfaitement dans la lignée de l’œuvre de la formation. Bob y démontre, à nouveau, son art à ficeler des mélodies aussi contagieuses que capricieuses. Quatorze plages qui doivent autant au power pop, l’indie rock qu’à la pop des sixties. Celle du Who, en particulier. Circa « Tommy » pour être plus précis. L’opus recèle, en outre, une plage ténébreuse, angoissante, (« Sleep over Jack »), sensation amplifiée par des accès de basse angulaire, réminiscents de Joy Division ; et puis en « Window of my world », une petite perle raffinée, semi-acoustique, sculptée dans les rêveries baroques du psychédélisme…

Gypsophile

Les profils des Dômes

Écrit par
Drivé par Guillaume Belhomme, Gypsophile roule sa bosse depuis 1995. Un groupe parisien responsable de cinq albums à ce jour, tous parus sur des labels différents. Si à l’origine, les textes étaient composés dans la langue de Shakespeare, la langue maternelle est devenue, assez rapidement, le véhicule verbal de leurs chansons. Des lyrics symboliques qui servent parfaitement une pop minimaliste, visionnaire, essentiellement tramée dans l’instrumentation acoustique (guitare sèche, saxophone, piano, flûtes, percussions), susceptible à tout instant de déraper dans le jazz, la bossa nova ou l’ambiant. Dominique A et Mark Hollis (Talk Talk) exercent une influence certaine sur la musique de Gypsophile. La presse spécialisée mentionne également Morton Feldman et Jacques Coursil. Une chose est sûre, la musique de Gypsophile rame à contre-courant de la scène française contemporaine. Un peu comme Jean-Louis Murat. En aussi ténébreux. Après avoir écouté cet elpee, on se rend compte qu’il est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Parfois énigmatique (« L’Ethiopienne inuit »), psychédélique – à l’instar de la longue ballade envoûtante « Pour effacer quoi ? Et attendre », réminiscente de « The confessions of Dr. Dream and other short stories » du duo circonstanciel Kevin Ayers/Nico -, ou encore post moderne lorsqu’il se pose en épure de Tuxedo Moon (« Devant les fleurs singulières »). Mais ce sont les chansons pop mélodiques, délicates, mélancoliques, contemplatives qui dominent ce morceau de plastique. Dans un style qui me rappelle parfois un certain Pierre Surquin. Et ne me demandez pas qui est ce Petr Grisli qui a collaboré à la confection de cet opus ; c’est sans doute un pote à Gypsophile, puisque ce n’est pas la première fois qu’il participe aux sessions d’enregistrement. Un bémol : les interludes free jazz instrumentaux plantés au beau milieu de l’elpee qui font office de remplissage. N’empêche, il ne manque pas grand-chose pour que Gypsophile passe en division supérieure. Peut-être un producteur qui a le nez creux. A suivre de très près!

Gentle Ben And His Sensitive Side

The beginning of the end

Écrit par
Sur son premier album, intitulé « The beginning of the end », le quatuor australien Gentle Ben and his sensitive side propose un rock honnête, à mi-chemin entre Urge Overkill et, dans le désordre, les Cramps, les Pixies ou encore les Country Teasers. Au fil des dix morceaux jalonnant cet opus, l’auditeur passera ainsi en revue quelques-uns uns des meilleurs groupes ‘Lo-Fi’ ou ‘Alternatifs’ des vingt dernières années, le tout empaqueté dans une enveloppe ‘Surf Rock/Pulp Fiction’. Malheureusement, si le groupe peut se targuer de voir son nom apparaître aux côtés de prédécesseurs aussi prestigieux, c’est surtout pour se rendre compte que le chemin à parcourir afin de les rejoindre au panthéon est encore long. L’ensemble ne sonne vraiment pas mal et des morceaux comme « The beginning of the end », « Spell of the moon » et l’énergique « I can’t hurt you » valent le détour. Mais malgré son côté très « bon goût », le premier album de Gentle Ben and his sensitive side manque de morceaux forts et réellement accrocheurs. L’intention est présente mais le résultat est malgré tout assez pâlichon. Dommage…

Ghinzu

Blow

« Blow, ça exprime à la fois un vent doux et une explosion. Une bombe et une pipe », nous expliquait John Stargasm lors de l’interview (voir en Une), bien content de sa trouvaille (rires). Et il n’a pas tort, le bougre ! Ce qui force l’admiration chez ces esthètes du rock à la belge, c’est en effet cette capacité à trouver le parfait équilibre entre tensions rock’n’roll et détentes rassurantes. Le titre d’ouverture, « Blow », illustre à merveille cette tendance : d’un bruit sourd qui naît du silence se dégage peu à peu l’amorce d’une mélodie cyclothymique, avant le déluge sonore et la montée au ciel. Un ciel secret où on s’aventure à l’aveuglette, « sans parachute », avec l’espoir qu’au-dessus ce soit le paradis. La trique, quoi ! Parce qu’il est beaucoup question de sexe chez Ghinzu : ça baise à tout va (« le diptyque « Jet Sex/Cockpit Inferno », « ‘Til You Faint »), même si parfois c’est dit avec amour (« My Sweet Love », belle chanson calme, toute en pudeur). Comme dans toute bonne relation sexuelle, il y a les préliminaires, puis le climax charnel avant la relâche jouissive : chez Ghinzu, la plupart des morceaux montent ainsi doucement, pour ensuite lâcher le jus et finir dans un râle. « Blow » souffle le chaud sur les terres de notre plat pays rock : pour une fois, le fameux « sex, drugs and rock’n’roll » est ici pris au pied de la lettre. Pas la peine d’ajouter que ces douze chansons contiennent leur lot de mélodies racées, de rythmes enlevés et de guitares conquérantes. Pas la peine de dire que la plupart d’entre elles sont des tubes. Suffit d’écouter « Do You Read Me », « High Voltage Queen », « Mine », pour être… soufflé. Pas des branleurs, ces types. A goûter au plus vite. Même sans capote.

Ghost

Hypnotic Underworld

Écrit par
La longue introduction de ce CD, alliage d'avant-gardisme bruitiste et d'une musique expérimentale, notamment héritière de Soft Machine, pourrait dissuader plus d'un auditeur. L'album mérite pourtant une oreille attentive et révélera au fil des plages sa variété et sa richesse d'inspiration. La deuxième propose en effet une évolution de l'intro, toujours emmenée par un saxo fou, mais cette fois assise sur une rythmique jazz-rock/ fusion lancinante. Radical changement d'atmosphère pour la courte troisième plage, la première chantée, puisqu'on se retrouve en plein pop psychédélique labellisé fin sixties. Chez 'Hazy Paradise', le cinquième morceau, la tendance rétro se confirme puisqu'elle nous plonge dans cet univers léger et désuet cher au AIR de 'Virgin Suicide'. 'Kiseichukan Nite', qui suit, tranche complètement : une voix déclame un texte en japonais sur une musique orientale tranquille. Vient ensuite 'Piper', introduit par une flûte 'plus celtique que çà tu meurs' avant d'évoluer en chanson très pop à nouveau 'empruntée' aux psyché-sixties. 'Ganagmanag', nouvel instrumental, offre une rythmique jazz/ fusion teintée d'Orient avant de partir en syncope galopante. Ce sont carrément les spectres de Pink Floyd, Moody Blues ou Procol Harum qui planent sur 'Feed'. La formation revient côtoyer modernisme et parfum celtique sur 'Holy High'. Et la clôture, sur des paroles de Syd Barrett, nous ramène un dernier bol d'AIR (oui, bon: on ne peut pas être très fin à tous les coups). Le groupe est japonais mais le chant exprimé en anglais bénéficie d’une bonne voix. Le CD jouit d'une bonne production. Les paroles et commentaires sont volontiers ésotériques. Reste une question essentielle: sur la pochette arrière, que fait cette bande de japonais devant une palette de tuiles flamandes? Un paradoxe qui me hante, je l'avoue…