La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Frausdots

Couture, Couture, Couture

Brent Rademaker est surtout connu comme être un des membres du groupe psyché-folk Beachwood Sparks. Il est ici à la barre d’un nouveau projet musical, plus orienté pop eighties : Frausdots, ou comment ressusciter les fantômes des La’s et de House of Love, et rappeler qu’Echo and the Bunnymen et The Cure sont quand même deux grands groupes, dont l’impact musical se fait toujours ressentir. Sur " Tomorrow’s Sky ", le titre de clôture, Rademaker pousse même un petit cri bien connu, celui avec lequel Robert Smith aime ponctuer ses mélodies sucrées. Alors Frausdots, ersatz bien foutu du meilleur de la new wave-pop des années 80 ? On peut le dire, même si on risque de passer pour de vieux cons. Et après ? Il y en aura toujours pour dire que sans les Cure, il n’y aurait ni d’Interpol, ni de Rapture, ni de Hot Hot Heat… Alors quoi ? Frausdots c’est kif kif, et c’est plutôt sympa, la la la.

Fred & The Healers

Red

Écrit par
« Red » constitue le quatrième album des Healers en dix années d’existence. La formation avait marqué une pause en 2001, après le départ du second guitariste, Jérôme Boquet. Fred avait alors tenté une nouvelle expérience l’année suivante : X3. Pour la circonstance, il avait recruté une section rythmique de luxe composée de René Stocks et Willie Maze. Le projet avait même accouché d’un album et d’une tournée.
 
Le retour des Healers est cependant marqué par l'arrivée du drummer célèbre et semi légendaire, Bruno Castelucci. Habillée d’une pochette rouge, "Red" va au-delà de la progression affichée lors de la sortie d’"Electerrified". Un elpee au caractère bien trempé, même si la voix se cherche encore. Le jeu de guitare s’est diversifié et emprunte même au jazz. La faiblesse, jusqu’alors perçue dans les percussions, est devenue un point fort. A cause de la puissance et de l’inventivité manifestées par le jeu magistral de Bruno. Fred Lani est aujourd’hui le seul soliste. Et Papa Jean-Marie a conservé le poste de bassiste.
 
La photo du trio reproduite sur la pochette en dit long. Très concentré, Fred part d'un pas décidé pour quitter l'écran. Le regard amusé, Bruno Castelucci est prêt à lui emboîter le pas. Immobile, Jean-Marie ne réalise pas encore ce qui lui arrive. Attention, si "Red" constitue le meilleur album des Healers, il n’est pas facile à assimiler. Il nécessite même une écoute attentive et répétée pour pouvoir en découvrir toutes les richesses. Une chose est sûre, on ressent la liberté de mouvement dont a bénéficié le trio, tout au long de l’enregistrement ; mais en même temps un souci du détail traduit par l'emploi d'artifices sonores et du rerecording.
 
Les cinq premières plages manifestent ainsi toute leur amplitude. Dès l'ouverture d’"I wanna hold you", on est sous le choc. Une claque ! Ce qui manquait aux Healers, dans le passé, est comblé. Une plage incendiaire construite sur un riff rock, musclée par la section rythmique. Changement de décor : Fred empoigne sa guitare acoustique pour aborder "So good". Une ballade soft rock dont le chant est bien mis en valeur et que ponctue parcimonieusement Fred, d’un superbe solo. Autre ballade soft rock, "In your dreams" séduit par sa mélodie accrocheuse. Le vocal de Fred n'a jamais été aussi bon. L'introduction de "Little moon' passe de nouveau à l’offensive. Placée très en avant, la guitare libère des sonorités contagieuses. La réverbération communique une touche d'intensité dramatique, à la limite de l’oppression. L'effet est saisissant ! Cocktail de styles divers - funk, swing, jazz, blues et rock -, "Almost blind" épouse un profil très contemporain. La guitare est torturée. Castelucci doit certainement apprécier cette forme musicale peuplée d’une multitude de trésors cachés. Une fusion qui alimente d'autres plages. A l’instar de "The last song", un titre balayé par les cordes swing jazz, et dont la densité de la trame rythmique est le fruit d’un mariage très réussi entre la basse et la batterie pugnace. "Extreme dance" également. A cause de cette structure de free jam totalement délirante. "Never too late" enfin. Clin d’œil adressé à Django, il est le produit d’un savant mélange entre blues, jazz et swing un peu surannés. Le tout filtré dans l’acoustique la plus pure. Sur "Red gunhand", Fred développe un des thèmes qui le tourmente le plus dans le monde d'aujourd'hui : les conflits entre l’oppresseur et l’oppressé, le riche et le pauvre. Le bien et le mal quoi ! Cette plage ne respire pas la joie. Les cordes empruntent au blues avec une certaine limpidité, avant de poursuivre dans le jazz. Le blues d'un jeune musicien qui se redécouvre en 2004 ! En fin de fragment, il adresse un nouveau clin d'œil ; mais à John Lee Hooker. Très roots, l'intro de "Freedom" clame un cri de liberté avant de virer à la slide. Son phrasé est hypnotique. La rythmique métronomique. Une harmonie s’installe entre l'acoustique et le son amplifié. Une plage qui mérite une écoute attentive, tant elle cultive de richesses. Le nonchalant "Grandad's song" évolue dans un univers proche du blues. Les notes lacérées se détachent des accords rythmiques. Une plage très personnelle, nostalgique, dont se dégage un sentiment de profonde tristesse. L’opus recèle, bien sûr, encore quelques tracks percutants, fouettés par des riffs rock. Tout d’abord "Change". Probablement la plage la plus immédiate de l’opus. Puis les deux derniers morceaux de l'album : "Hold on", caractérisé par son intro trash/surf ; et le très accrocheur "Pay the price". A l’instar du fier lycaon reproduit sur la pochette, scrutez l’horizon et ouvrez toutes grandes vos oreilles! Les sensations sont garanties. Car vous allez prendre le train en marche pour le meilleur Fred & The Healers…

George Friend

Looka here!

Écrit par
Originaire de Detroit, dans le Michigan, George Friend joue de la guitare depuis son plus jeune âge. Dans les clubs. Mais il semble alors surtout attiré par le jazz. A 18 ans, il émigre à San Francisco où il joue régulièrement en compagnie du regretté poète de la Beat Generation, Allen Ginsberg. Il revient ensuite à Detroit, où sa rencontre avec John Sinclair le dirige désormais vers le blues. Il peut aussi bien jouer Theolonius Monk que Robert Johnson. Durant une dizaine d'années il va fréquenter les divers clubs de la Motor City, en y côtoyant tout particulièrement, Johnny Bassett, Alberta Adams ainsi que le rock'n'roller Robert Gordon. En 1999, il change d'air et s'installe à Los Angeles. Au cours des deux dernières années, il a surtout assumé le rôle de guitariste auprès de la chanteuse Janiva Magness, en compagnie de laquelle il s’est produit en Belgique. Janiva ayant décroché un contrat d'enregistrement pour Blues Leaf, Joe Morabia (NDR : le boss de ce label) a permis à George d'enregistrer son propre elpee. Musicien complet, George a parfaitement assimilé différents styles pour se forger sa propre identité artistique. Mais il faut reconnaître que les années qu’il a consacrées au jazz l'ont aidé à emprunter sa nouvelle direction. Son répertoire respecte bien l'esprit actuel de Los Angeles. Pas le West Coast jump blues, mais un blues mâtiné de R&B. La collaboration qu’il accorde à Miss Magness lui a permis de bénéficier du soutien de quelques uns des meilleurs musiciens issus de cette scène.
 
George n'est pas un véritable chanteur ; il préfère laisser étaler toute sa classe sur ses cordes et particulièrement sur quelques plages instrumentales. A l’instar de l'ouverture "The grinder", une plage probablement inspirée par Albert Collins. Du saignant "Juicy", un fragment conduit par le saxophone de Ron Dziubia. Constituée de Jeff Turmes et Donny Gruendler, la section rythmique est redoutable : une rampe de lancement rêvée pour les six cordes. De "I540 special". Un morceau composé par Johnny Bassett qui parvient à agréger jazz et blues sur un tempo exotique, tempo assuré par une autre section rythmique de classe : Rick Reed (ex Amazing Rhythm Aces, William Clarke) à la basse et Donny Gruendler (NDR : issu de Detroit, cet excellent percussionniste a joué en compagnie de Kenny Burrell et Alberta Adams) aux drums. "El Lechero" s’accroche à cet univers teinté d’exotisme ; mais suscite davantage d’excitation. A cause des changements de rythme et du phrasé des guitares échangé entre George et Rick Holmstrom. Le reste se signale par la présence des parties vocales. Intense, le climat musical évolue à haut niveau. A l'avant-plan, la guitare se joue de toutes les embûches. Issu du répertoire d'Otis Rush (des sessions Cobra), "Sit down baby" manoeuvre dans un style proche de Rush. "Lazy ass" ne manque pas d’allure. Signé Joe Weaver, le titre maître est taillé dans du solide R&B. Une plage animée par Ron Dziubia qui double au piano et au honky ténor sax. George a invité l'ancien soliste des Mighty Flyers, Rick Holmstrom, pour lui donner la réplique. Tout d'abord pour un blues des bayous, parcouru par les percussions hypnotiques de Steve Mugalian, un autre ancien des Mighty Flyers. Ensuite pour "All jacked up", un titre remarquable, imprimé sur un rythme élevé. Steve Mugalian et Gregory Boaz (ex Candye Kane) forcent les deux guitaristes à se découvrir. Et le résultat est tout bonnement brillant ! La même section rythmique soutient George pour exécuter un autre voodoo blues : "Drunkard's alibi". Je vous recommande chaudement cet elpee qui s’achève par l’allègre "Wanna tell", une compo contagieuse que l’on chanterait avec plaisir en compagnie de Mr Friend. Excellent !

Eiffel

Les yeux fermés

Écrit par
Le malheur des uns faisant (parfois) le bonheur des autres, il se pourrait qu’Eiffel tire profit des vacances prolongées de Cantat en Lituanie, dans le coeur des Français. Car, merde, qu’on ne fasse pas avaler qu’Eiffel ne pompe pas la musique de Noir Déz’. Les paroles, la musique tout concorde. Au-delà de ces analogies, j’avoue finalement que n’ayant jamais été un grand fan de Cantat et de sa bande, Eiffel me semble plus intéressant que les Bordelais. Ceci dit, “Les yeux fermés” témoigne de l’énergie scénique du groupe, mais aussi sa volonté de se démarquer de leurs aînés. La captation des concerts électriques est très bonne, le paquet a été mis pour servir un cd de qualité. Mais le groupe se distingue surtout sur le 2ème cd : les concerts “spéciaux”. 9 titres accordés aux Transmusicales de Rennes et à la Maroquinerie, impliquant cordes, instruments à vent et tout le toutim. Cette configuration emmène les chansons dans d’autres territoires et d’autres émotions. Une belle réussite et un beau cadeau pour les fans ainsi qu’un joli pied de nez aux détracteurs du groupe qui ne voient en eux qu’un ersatz de Noir Désir (moi par exemple). Mais la reprise des “Ecorchés” était-elle indispensable ? Côté tracklist l’opus recèle 2 autres reprises : “Le plat pays” du Grand Jacques et “Je voudrais pas crever” de Vian.

Ektola Et La Bouleg´S Brigade

#1

Écrit par
Cette formation hexagonale fait siens des préceptes édictés par la Mano Negra en son temps. L’énergie du punk rock, les influences reggae et le militantisme qui hantent ce premier album font immanquablement penser à ces illustres aînés. On n’a toutefois pas droit ici à un simple recyclage d’idées éprouvées ailleurs. Ektola et la brigade proposent quelques bons morceaux (« Rocksteady date », « Drum and bave ») emballés dans une production imaginative qui arrive à faire cohabiter des samples, des scratches et une section de cuivres, sans que l’ensemble ne sonne artificiel ou brouillon. Le spectre stylistique plutôt large couvert par l’album plaira en tout cas aux éclectiques. On oscille du ska à la drum and bass, sans omettre d’opérer quelques emprunts au hip hop ; le plus étonnant procédant de la reprise punkoïde du « Shimmy Shimmy Ya » d’Ol’Dirty Bastard, le membre imbibé du Wu-Tang Clan. Ma seule petite réserve lorgne du côté de la voix du camarade Le Donz, qui n’arrive pas toujours à s’extirper du cliché de chanteur gouailleur qu’on entend souvent chez les groupes alternatifs français. Sur la longueur, ça dessert un peu cet album qui constitue malgré tout un premier essai plutôt réussi.

El~Muniria

Stanza 218

Écrit par
Emidio Clementi se cache derrière ce pseudo à l’espagnole. Au cours des années nonante, il a sévi chez Massimo Volume, groupe rock influent de l’underground italien des années nonante. Désormais en solo, il s’est mis en tête d’enregistrer un long format dans une chambre d’hôtel de Tangers où la légende dit que William Burroughs a écrit son « Festin Nu ». Un projet un peu fou qu’il a mis deux ans à compléter en compagnie de ses acolytes Massimo Carozzi (samples) et Dario Parisini (guitares). Plus parlé que chanté, ce disque mystérieux baigne au sein d’une atmosphère sombre qui n’est pas sans rappeler les quelques elpees enregistrés par le vieux Burroughs en son temps. Evidemment, il vaut mieux comprendre la langue de Dante pour pleinement apprécier les sombres ruminations de l’ami Emidio. Côté musique, on a droit à un savant mélange d’ingrédients rock et d’electronica assez inspiré qui, malgré les inévitables moments faibles, parviendra à garder éveillé l’intérêt du plus courageux des auditeurs disposé à s’aventurer dans les vers arides de Clementi. Néanmoins, les fans de post-rock exotique devraient y trouver leur compte.

The Elected

Me first

Au générique, Black Sennett (Rilo Kiley), Elliot Smith (son studio), Mike Mogis (Saddle Creek, producteur de Bright Eyes) et Jimmy Tamborello (The Postal Service, DNTEL) : de quoi se lécher les babines et s’empresser d’écouter cet album. Pas de chance, ce n’est pas terrible. Ca commence comme une mauvaise blague alt-country, pour se terminer sur une chute même pas drôle, genre « The Thrills et Grandaddy sont sur un bateau, ils tombent à l’eau, qu’est-ce qui reste ? ». Rien, ou pas grand chose. Un album d’americana pop comme il en existe des milliers. Mieux vaut s’attarder sur l’album des Shins ou sur celui des Postal Service : on reste en famille, mais leur musique s’avère, elle, de meilleure compagnie.

Electric Turn To Me

Clouds moves so fast

Écrit par
Pour rappel, le maxi éponyme d’ETTM, sorti voici quelque temps, méritait tous les éloges. Basé à New York et fondé par Blake Fleming (Laddio Bolocko, Dazzling Killmen, Zeni Geva, The Mars Volta) et Marcus Degrazia (Laddio Bolocko), ETTM traversait la new wave pour en ressortir auréolée d’une fraîche noirceur dans la déferlante revival eigthies. Sur ce second ep, le groupe affiche d’autres ambiances, surtout par les tempos, nettement ralentis. Et expose ainsi sa face “romantique” à défaut de secouer les portugaises. Quoique un brin décevants, ces 5 titres complètent le tableau et laissent présager un album nuancé et de qualité. Même si l’excitation a laissé place à la prudence, nous prions pour que le syndrome Yeah Yeah Yeahs ne fasse pas des petits...

Electric Turn To Me

ETTM

Écrit par
Difficile d'imaginer un simple buzz autour d'ETTM. La conviction d'un devenir radieux, d'un inespéré espoir d'enfin renverser de manière durable la "biodégradabilité" des derniers groupes "hype" m'accompagne depuis la découverte de cet ep. Les exemples des Yeah Yeah Yeahs et de Peaches, pour ne citer qu'eux, après une vie excitante hors des sunlights des médias, succombant à l'artificialité et le consensuel du fort courant mainstream. Des flans ! Chez ETTM, la donne est différente. Baptisé sur les cendres encore chaude de Laddio Bolocko (à vos médiathèques) et de Mars Volta (à vos disquaires), acoquiné d'une chanteuse (d'où les 2 exemples ci-dessus), le band synthétise le psychédélisme des années 70, le punk, le tout saupoudré d'une pointe de new cold wave (Siouxie) pour un ep jamais ennuyeux, toujours interpellant par les chemins empruntés. Bref les plus longues critiques ne remplaceront jamais les plus courts des eps. Alors, en route et allez dégoter ce petit bijou.

Electrocute

Troublesome Bubblegum

De l’electro-pop à mâcher négligemment, qui claque comme une bulle de chique dans la bouche : l’estomac fonctionne mais n’est pas rassasié. C’est le vide, l’imposture, et c’est mauvais pour la santé. L’indigestion, voilà le risque. Et ma maman m’a toujours dit de ne pas manger de crasses entre les repas : elles font grossir et causent des caries. Electrocute une fois par jour, c’est déjà beaucoup trop : trop d’eighties, trop de riffs éculés, trop de Bananarama, trop de Felix Da Housecat et de Miss Kittin, trop de filles, trop de frime. Il aurait fallu plus d’inventivité, de talent, de tubes, de surprises, de vrai stupre. Elles (deux filles) n’auraient pas dû, non. Chanter en allemand, crier comme des riot grrrls, nous refaire le coup du « Pop Corn » et des « Miss Hollywood ». Non, vraiment, elles n’auraient pas dû. Ca n’impressionne personne. Electrocute, avec ‘cute’ comme mignon ? Une bonne décharge qu’il leur faudrait : elles feraient moins les malignes, ouais !

Elefant

Sunlight makes me paranoid

Écrit par
Depuis le succès d’Interpol, un tas de groupes cherche à remettre au goût du jour la cold wave. Parmi le plus notoires citons Prosaics, Bloc Party et Elefant. Un quatuor qui nous vient de New York. Comme Interpol. Une formation drivée par un certain Diego Garcia (NDR : rien à voir avec le célèbre Zorro ; d’ailleurs il s’agissait de Diego de La Vega et de Sergent Garcia, nuance !), dont les parents étaient argentins. « Sunlight makes me paranoid » est paru aux States début 2003, mais vient seulement d’être distribué en Europe. Mais si leur premier opus reste agréable à écouter, il sent quelque peu le réchauffé. Nettement inspiré par le défunt The Sound, leur musique abuse un peu trop des clichés post punk : basse ténébreuse et entêtante, riffs de guitare jacassants, limpides, tempo allègre, convulsif et voix claire, empreinte d’une grande mélancolie. Seul « Annie » parvient à sortir quelque peu du bois, en s’achevant dans un nuage d’électricité dévastatrice. Dispensable !

Elf Power

Walking With The Beggar Boys

Septième album du quintette américain, et toujours rien de neuf à l’horizon : de l’indie pop à la Guided By Voices, pleine de gentilles guitares et de guili-guili rythmiques, qui chatouilleront les fans transis de ritournelles collégiennes, s’il en reste. Sympa donc, mais pas sensationnel : Elf Power, c’est le groupe pop de seconde division, qui joue sans se poser de question au lieu de prendre l’option musculation. Le syndrome « Guided By Voices », c’est certain : comme Pollard, Andrew Rieger (chant, guitare) est un très bon songwriter, capable de ciseler de petits tubes pop sans se froisser le lobe occipital… mais voué à rester dans les marges fangeuses de l’underground pop-rock. Dommage, mais c’est la vie : dans dix ans Elf Power sortira sans doute encore des disques, dans l’indifférence générale. On n’y peut rien, et eux non plus… Cette persévérance a tout de même quelque chose d’attendrissant. Mais cela suffit-il pour espérer les voir un jour rencontrer le succès, voire tout au plus l’estime, de leurs pairs et du public ? Les bourlingues, le système D : c’est malheureusement le lot des groupes trop honnêtes, comme Elf Power… C’est moche à dire, mais c’est la vie.

Embrace

Out of nothing

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Embrace revient de loin. Après la sortie de “Fireworks”, une compile constituée exclusivement de singles, des bruits de séparation ont commencé à circuler dans l’entourage du groupe, rumeurs bien évidemment amplifiées par la presse spécialisée. Il n’en est rien. Simplement, la formation a changé de label. Et s’est comme par hasard retrouvé une nouvelle énergie. Le quintette a même reçu le concours de Chris Martin, le chanteur de Coldplay, pour concocter le single « Gravity ». « Out of nothing », leur quatrième opus est le fruit de quatre années de travail. Mélodies hymniques, contagieuses, mélancoliques, guitares bringuebalantes, jacassantes, arrangements raffinés, symphoniques : difficile de faire plus britpop. Mais si le style n’est plus en vogue aujourd’hui, force est de reconnaître que cet « Out of nothing » est très réussi et devrait plaire aux nostalgiques de Kent, Gene et Cast, mais surtout aux aficionados de Coldplay…

Eskobar

A Thousand last chances

Écrit par
Troisième opus pour cette formation suédoise responsable d’un hit single international (« There’s only now »), en 2002. Une chanson pour laquelle le trio avait reçu la collaboration d’Heather Nova. Pas de trace de la vocaliste à la voix céleste sur ce nouvel elpee, mais des deux musiciens qui tournent en leur compagnie (NDR : le guitariste Jimmy Wahlsteen et le bassiste Patricio Cabezas), ainsi que Mats Schubert, membre de la formation Bo Kaspers Orketer, venu donner un coup de piano sur le jazzyfiant « Fly on the wall ». Parce que de jazz, il n’en est guère question sur le reste de l’album. A l’instar de l’opus précédent, « There’s only now », le sens mélodique épouse régulièrement une forme hymnique. Seule différence, mais elle est de taille, les guitares sont plus présentes. Réverbérantes, elles lorgnent alors du côté de U2, Chris Isaak et même de Kent. Enfin, pour les compos les plus électriques. Eskobar se réservant des moments plus minimalistes, plus acoustiques, que n’auraient pas renié un La’s voire les Thrills. Sous une forme britpop. Surtout lorsque Daniel Bellqvist emprunte des inflexions opératiques. Très proche de Morrissey tout au long du final « Even if you know me ». Pourtant, si cet album demeure agréable à écouter, il lui manque ce zeste de punch, pour vraiment convaincre…

Estelle

The 18th day...

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Nouvelle femme forte de la scène R'n'B britannique, Estelle nous propose un album original, fraîche alternative à la cellulite sonore des productions américaines. Célébrée comme la nouvelle sensation du rap anglais, la miss visite, en réalité, des contrées bien plus vastes en traversant des paysages esquissés de soul, de funk et de pop. Dès "1980", la plage d'ouverture commémorative de son année de naissance, la demoiselle invite les Destiny's Child à recommencer un petit régime, à foncer à toute vitesse dans leur salle de muscu, sans oublier de se faire prescrire un peu de créatine pour le petit déj'. L'énergie dégagée par Estelle ne peut laisser l'auditeur sans réaction. Des titres comme "Go Gone", "Free" ou "Dance Bitch" sont autant de tubes potentiels, rythmés par un groove percutant et entêtant. La puissance vocale d'Estelle apporte une vitalité instinctive à ses compositions urbaines qui sentent bons la Tamise et les effluves londoniennes. La ‘perle noire’ se paie même le luxe d'une chanson d'amour ("I Wanna Love You") prête à chatouiller les charts à la moindre intrusion dans la BO d'un blockbuster de fin d'année. La longueur du disque reste finalement le seul bémol notable de la performance d'Estelle.

The Eternals

Rawar Style

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Ces habitants de Chicago ont accompli des tournées en compagnie de grands noms comme Tortoise, Anti-Pop Consortium ou encore Isotope 217. Le deuxième album paranoïaque de ce trio (plus quelques invités) explore un territoire à la croisée de l’électronique et du live. Il manifeste, en outre, pas mal de points communs avec les compagnons de tournée cités plus haut. Des musiques à l’ambiance urbaine (hip-hop, drum and bass) où le flow torturé du chanteur/M.c./claviériste Damon Locks rappelle celui des compères du défunt Consortium. Pas facile d’accès, cette plaque recèle tout de même quelques belles trouvailles musicales (comme ces intrigantes lignes de clavier sur « Silhouette ») quelquefois gâchées par les tics vocaux de Damon, qui ont gardé une raideur très années 80. Sûrement pas idéal pour entrer dans les mois pluvieux qui nous attendent, ce disque s’adresse à ceux qui aiment les recherches soniques.

Evanescence

Anywhere But Home (Cd + Dvd)

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En 2003, le succès phénoménal du groupe américain Evanescence s'est concrétisé par l'album "Fallen" ; et une flopée de singles, dont le superbe "Going Under", a envahi le top 50 belge. Le secret de cette percée inattendue ? Un metal gothique et mélodique particulièrement soigné, agrémenté de ballades pianistiques aux senteurs celtiques, le tout dominé par des riffs gras et surtout par la voix envoûtante d'Amy Lee. Evanescence ne faisait que reprendre une formule déjà bien en vogue chez nous grâce à des combos tels que Within Temptation ou Lacuna Coil. Mais la classe était au rendez-vous. Cadeau pour ses fans, "Anywhere But Home" propose un CD live enregistré sur sa tournée européenne en 2004. Un disque qui réunit les titres les plus connus, un inédit et une reprise de Korn. Cerise sur le gâteau, pour le prix d'un simple CD, le package offre un DVD du même concert, enregistré au Zenith parisien, et ponctué de scènes de coulisses et de clips. Le produit est alléchant. Filmé sous de nombreux angles, le concert en met plein la vue et réserve de très bonnes surprises comme la prestation solo d'Amy Lee sur l'émouvant "My Immortal". D'aucuns estiment qu'il était peut-être un peu tôt pour un groupe qui n'a qu'un album à son actif de s'adonner déjà à l'exercice de l'album live, mais on constate au fil du concert que les membres du combo prennent réellement du plaisir à jouer ensemble. Enanescence ne serait-il donc pas un groupe préfabriqué ? Un groupe semblable à bon nombre de formations pseudo metal qui débarquent par bateaux entiers des USA…

Vincent Eyr

Alter Ego

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D’origine bourguignonne, Vincent Eyr roule sa bosse depuis 1987. A cette époque, il jouait au sein d’une formation de heavy trash progressif, qui répondait au nom d’Endless Tears. Son premier disque solo remonte à1996 (NDR : un mini elpee six titres). Il l’a enregistré juste une année avant qu’il ne décide de s’installer à Rennes. Et apparemment, cet « Alter Ego » constitue son troisième essai sous son patronyme. Un double ! Une face électrique et une face plus acoustique. Vincent est un poète. Dont la muse empreinte de symbolisme est d’une grande richesse. Et pour concocter ces deux morceaux de plastique, il a pris le soin de s’entourer de quelques collaborateurs qui ont du métier. Malheureusement, l’expression sonore dérape continuellement dans l’univers de la variété. En cause ? La voix de Vincent. Beaucoup trop mise en avant, elle souffre de ses inflexions qui peuvent osciller de Laurent Pagny à Balavoine, sans en avoir le timbre. Et des superbes compositions comme « Tchao » ou « Marée noire » en perdent tout leur impact. A se demander si l’artiste ne devrait pas se concentrer uniquement sur l’écriture. Pour plus d’information, je vous invite à visiter son site. Encore qu’il serait peut-être judicieux qu’un correcteur passe la biographie au crible, car elle est parsemée de fautes d’orthographe et d’accords ; ce qui fait mauvais genre pour un poète …

Eagles Of Death Metal

Peace Love Death Metal

Nick Oliveri en bisbille avec Josh Homme, et Mark Lanegan trop occupé sur son prochain album solo, il faut bien se rendre à l’évidence : QOTSA, c’est presque de l’histoire ancienne. En attendant une hypothétique reformation, on peut toujours se contenter du premier album psycho-billy-funk-boogie-blues-garage d’Eagles of Death Metal, alias Josh Homme (à la… batterie), Jesse « The Devil » Hugues (guitare, chant) et notre compatriote Tim Vanhamel de Millionaire. Au programme de cette partouze rock’n’roll, à boire et à manger, donc, parce que ce n’est pas forcément dans les plus beaux plats qu’on fait les meilleures soupes. Problème n°1 : le son, assez pourrave. Problème n°2 : les « super groupes », qui n’ont souvent rien de super. D’où découle le problème n°3 : la hype, qui rend en général difficile toute forme de critique (« Quoi ! ?, t’aimes pas les Eagles of Death Metal ? ! ? »). « Peace Love Death Metal » n’est certes pas un mauvais disque, mais la surmédiatisation dont il bénéficie s’explique avant tout par la réputation (certes non usurpée) du trio. Imaginez les Cramps s’amusant à singer le Muppet Show, et vous aurez une idée de ce qui se trame chez ces drôles d’oiseaux de la cause métal casserole. Drôle, couillon, hyper branché, mais anecdotique.

Early Day Miners

The sonograph

Écrit par
“The sonograph”, n’est pas un nouvel opus d’Early Day Miners, mais un Ep 6 titres qui sanctionne leur nouvelle signature chez Acuarela. Hormis le dispensable Mosaic II », les cinq autres fragments épousent une forme de mélancolie contemplative propice à la projection d’images indistinctes, mystérieuses, de cités fantômes. Pensez aux westerns d’Ennio Morricone ! Et lorsque Daniel Burton chuchote ses confessions, cette impression s’accentue. Ce qui n’empêche pas un morceau comme « Persih boom » de libérer une intensité fiévreuse, climatique, digne de l’indispensable « If I only could remember my name » de David Crosby. A « Bijou » de scintiller au gré des cordes entrelacées, à l’instar d’un Red House Painters ensoleillé. A « Albatross » de se lover dans l’intimisme d’un Neil Young, sur un lit de piano et d’harmonica. Ou encore de musarder à l’infini, tout en multipliant les méandres, sur le languissant « Bedroom, Houston », qu’un Low n’aurait pas renié ; et sur le semi-noisy/semi atmosphérique (Labradford ?) « Misrach »…

Chris Eckman

The Black Field

Alors qu’on se demande si les Walkabouts existent toujours (un best of est sorti il y a peu), Chris Eckman nous propose son premier album solo. Sur la pochette, une peinture de Nikolaj Beer, son beau-père : des gros traits de pinceaux à la Van Gogh, dans des tons sombres qui profilent un esprit tourmenté. Sans doute que le chanteur/compositeur retrouvait dans cette violence picturale ses propres angoisses. Le point de départ de ces neuf chansons à la beauté sépulcrale, écrites dans la solitude et l’ombre, le temps d’un repli ascétique sur lui-même, loin des contingences collectives d’un groupe de toute façon au bord de l’agonie créative. « The Black Field » surprend d’abord par son minimalisme : Chris Eckman semble bel et bien seul à jouer ses ballades, malgré ce chœur qui parfois l’accompagne (« Low Country », « Pirates & Clowns ») et cette batterie qui l’empêche de sombrer dans l’autisme. En un sens, ce genre d’ambiance tamisée réconforte, comme si Eckman était présent à nos côtés, à nous chanter ses histoires dans le plus pesant des silences. C’est beau, presque slowcore. Plein d’imperfections dues à l’enregistrement live, mais tellement authentique. Du premier titre (une chanson mélancolique caractérisée par une voix à la Costello au dernier (une reprise laid-back du « Why Can’t I Touch It ? » des Buzzcocks), « The Black Field » sidère par son atmosphère ténébreuse. A écouter à la lueur d’une bougie… si on n’a pas peur du noir.