Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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Badly Drawn Boy

One Plus One Is One

Un titre en forme de déclaration d’amour : « 1 + 1 = 1 », l’heure de la fusion des sentiments. Mais si l’homme aspire à être deux, il meurt seul, quoi qu’il arrive. C’est sans doute la raison pour laquelle derrière ces 14 comptines au piano, on décèle une certaine amertume : Damon Cough n’est plus cet artiste espiègle qui sur son premier album (« The Hour of the Bewilderbeast ») ‘pissait au vent’ en reniflant la ‘magie dans l’air’. A présent plane au-dessus de son bonnet des nuages noirs qui l’empêchent de scruter les étoiles : « One Plus One Is One » est l’album de la transition, vers une existence plus mature, donc moins insouciante. Finis les hits de poche, les pitreries poétiques : ces 14 titres d’obédience acoustique montrent un Damon Cough adulte, plus fan de Randy Newman que de Bruce Springsteen. Si le talent d’écriture est sain et sauf, il manque un peu d’allant, comme si Badly Drawn Boy posait un regard nostalgique sur sa vie et poussait un gros soupir. « One Plus One Is One » n’est donc pas l’album qui relancera la carrière de l’Anglais : plutôt celui qui consolidera son noyau dur de fans mais ennuiera tous les autres. Simple mais d’une belle élégance (un piano, une flûte, quelques chœurs), il reste au-dessus de la mêlée folk-pop sans être exceptionnel, bref c’est un bon disque, sans plus. Peut-être lui manque-t-il ce quelque chose (un tube ?) qui nous donnerait au final l’équation juste… Pour le prochain album, promis, on trouvera la réponse.

Badly Drawn Boy

BDB – DVD The Video Collection

Les clips de Damon Cough alias Badly Drawn Boy possèdent ce quelque chose d’émouvant qui à chaque vision fait mouche. Ils sont bricolés, mais filmés avec tellement d’idées dans la caboche (oups, le bonnet…) qu’on ne s’en lasse jamais. Bref, visuellement c’est aussi sympa que les chansons elles-mêmes… Il est rare aujourd’hui de voir des clips si drôles et attachants, au synopsis souvent très simple mais d’une absurdité et d’une béatitude tout à fait galvanisantes. « All Possibilities » montre par exemple Damon Cough filmé à l’arrache devant la gare de Londres en train de faire la manche. Certains le reconnaissent, d’autres lui donnent même une petite pièce : sur une journée, BDB aura récolté 15 livres… Histoire de montrer qu’au pays du star-system hebdomadaire, même un des artistes les plus talentueux de sa génération peut passer (presque) inaperçu (à méditer). « Born Again » montre notre homme kidnappé par de jeunes fans, tandis que « Silent Sigh » et « Something to Talk About » mettent en scène le canard sauvage du film « About a Boy » dans une histoire rocambolesque de vaisseau spatial et de cryogénisation : givré ! Les trois meilleurs clips datent de l’époque de « The Hour of Bewilderbeast », premier album de BDB, et son chef-d’œuvre. « Spitting in the Wind » rappelle à notre bon (?) souvenir l’étonnante Joan Crawford, l’égérie de Dallas ici en pleine traversée du tunnel (aujourd’hui qui fait encore appel à elle ?). Quant à « Disillusion » et « Once Around the Block », il s’agit des deux plus belles histoires d’amour clippées ces cinq dernières années : l’une met en scène BDB en taxi humain finissant par être lui-même transporté par l’élue de son cœur, l’autre montre deux ados ‘condamnés’ à s’embrasser pour l’éternité à cause d’un problème d’appareils dentaires. Poétique et décalé, bref à l’image d’un artiste hors du commun qui a su rester lui-même, malgré les sirènes du succès. Sympa !

Ballroom Quartet

Surfing sufi

Écrit par
Après avoir commis un mini elpee, qui a fait sensation chez nos voisins du Nord, ce quartet a enfin l’occasion de proposer son premier format. Les musiques du monde constituent la matière première d’inspiration pour nos quatre gaillards. L’opus démarre par une plage à l’ambiance mystérieuse menée par un theremin de château hanté et des percus issues de l’Orient. Plus tard l’ancrage opte pour le format acoustique (contrebasse, accordéon et cordes) pour des plages qui évoquent la musique festive du Moyen-âge et quelques trucs carrément country que même les Texans ne se risquent plus à faire. On taxe aussi la musique des Ballroom de cinématographique et on n’a pas tout à fait tort : la moitié de l’opus privilégie de longues cavalcades atmosphériques qui évoquent l’Orient mystérieux des Balkans. Les clichés pointent facilement le bout du nez ; et le jeu démonstratif du groupe (limite prog rock) ne tarde à rendre le tout un peu kitsch. En général, les disques qui s’évertuent à marier le rock ou l’électro à la musique ethnique aboutissent à un mélange qui ne satisfait personne. Celui-ci ne déroge pas à la règle ; il s’écoute tranquillement mais ne possède aucun élément susceptible de donner l’envie d’appuyer à nouveau sur le bouton ‘play’ du lecteur…

Les Banquets Nomades

Afora

Écrit par
Fruit de l’association entre le violoniste belge Guido Schiffer et le ballofoniste burkinabé Moussa Dembélé, ces Banquets se révèlent être une des toutes bonnes surprises de cette fin d’année. Accompagnés de musiciens qui officient entre autres chez Arno ou El Tatto del Tigre, ils proposent un mariage original entre des ambiances qui rappellent le Tom Waits de « Rain Dogs » et les musiques traditionnelles du Burkina et du Zambie. A noter la très belle voix de Maureen Lupo, qui pose le chant sur la majorité des morceaux. On préfère de loin les moments plus formatés ‘chanson’ que les quelques délires jazzistiques qui ponctuent ce disque, forcément plus dispensables. Il n’en reste pas moins que sur ces onze morceaux, pas moins de la moitié sont excellents (mention spéciale à « Na mwabona wa seka », « Bobo » et « Step by step ») et laissent augurer du meilleur de la part de cette formation.

Barbie Bangkok

Oh my god!!

Écrit par
Barbie Bangkok nous vient du nord de notre beau pays. Et ça s’entend dès la première note. Le chanteur possède le timbre vocal proche d’un Tom Barman énervé. Oscillant entre calme et énergie, mélancolie et gaieté, leurs compositions se laissent siroter aisément ; de préférence sous la forme d’une musique de fond diffusée lors d’une soirée, pour prendre un verre entre amis. Une seule sort réellement du lot : une ballade acoustique. Ce n’est déjà pas si mal. Après quelques écoutes, le plus surprenant procède de leur capacité à mélanger toutes leurs influences en quelques titres. Tel morceau ressemble à du Ozark Henry, tel autre à du DAAN. C’est précisément ce que je leur reproche. Rien ne ressemble à du Barbie Bangkok. Ils n’ont pas de son propre, pas de composition originale. Il n’y a pas une once de personnalisation dans tout le cd ; et c’est bien dommage. Ils sont en finale du rock rallye de chez Humo, ce qui leur permettra peut être de s’affirmer sur la scène belge…

 

Bobby Bare Jr

From The End of Your Leash

Bobby est une sacrée pointe de la country-pop : il y a deux ans déjà, il reprenait « There’s Is A Light That Never Goes Out » des Smiths, en affichant la classe d’un cow-boy champion du monde de rodéo. Cette fois-ci Bobby se la joue encore plus pop, s’improvisant même Super(blue)grass le temps d’un « Your Favourite Hat » endiablé, plein de ‘pa pa pa’ nonchalants et de guitares qui se poilent. Avec Bobby, c’est un vent de fraîcheur qui souffle sur le country-rock enrhumé de Neil Young et de ses fils au pair, de Will Oldham à Timesbold… Allez, qu’on rigole ! Et plus on est de fous, plus on rit : Andrew Bird, Paul Burch, Paul Niehaus, Mark Nevers, Tony Crow (4 Lambchop), Will Oldham (tiens !),… Chez Bobby c’est la fête, même quand notre homme chante qu’il veut ‘buter sa Valentine’ (« Valentine ») ou ‘piquer la meuf’ de son pote (« Borrow Your Girl »). Et qu’il se prenne parfois pour Dylan (« Visit Me In Music City »), Springsteen (« Borrow… ») ou Paul Simon (« Your Adorable Beast ») à lui tout seul (ou presque), on l’aime, ce Bobby. De la country sympa mais pas couillonne, parfaite pour passer un bel été en se levant du bon pied.

Lou Barlow

Emoh

Écrit par
Après Sebadoh, Sentridoh, Folk Implosion, The New Folk Implosion et Lou’s Wasted, Lou Barlow vient donc d’enregistrer sous son propre patronyme. Ce qui respecte une certaine logique, puisque pour certains de ses projets, il est seul à la barre. Mais comme il écrit des chansons comme il respire (NDR : j’exagère, mais presque), il a besoin de différents supports pour pouvoir les enregistrer. Première constatation, « Emoh » est en grande partie acoustique. Une bonne moitié de l’opus est donc limité à sa voix et à sa guitare sèche. Un minimalisme difficile à assimiler pour ceux qui ne comprennent pas trop bien la langue de Shakespeare. Car les lyrics de Barlow sont toujours aussi touchants. Traitant notamment de la douleur, de la jalousie, de l’incertitude ou du sacrilège. Heureusement, le reste de l’opus explore un univers sonore beaucoup plus riche. Impliquant quelques boucles de drums, un zeste d’électronique ou l’une ou l’autre poussée de fièvre électrique. Histoire de colorer des mélodies basiquement spartiates. Et ce sont ces chansons qui risquent de faire flasher les inconditionnels de Barlow. Parce que sous cette forme, il parvient à libérer un maximum d’émotion à travers un envoûtement mélodique dont il a le secret. Même tout au long de la cover de Ratt (NDR : une formation de glam métal née au cours des 80’s) intitulée « Round-n-round ».

Basta

Le Grand Cirque

Écrit par
Les Français de Basta pratiquent un rock gouailleur et burné évoquant les joyeux lurons de Matmatah. Une douzaine de chansons pop rock (dont 3 enregistrées en concert) qui ne brillent guère par leur originalité, mais se laissent écouter sans peine, à condition d’aimer le côté ‘franchouillard’ largement exposé dans la voix un peu pénible du chanteur. On sent que Basta rôde ses compos lors de ses concerts mais n’arrive pas encore à les rendre convaincantes sur disque. Gageons qu’ils feront beaucoup mieux la prochaine fois.

Beans

Now Soon Someday

Un an après l’excellent « Tomorrow Right Now », premier album solo de Beans après l’éclatement soudain d’Anti-Pop Consortium, déjà la suite : « Now Soon Someday », EP constitué de six nouveaux morceaux et de trois remixes. Hier le futur, aujourd’hui le présent : le temps a déjà rattrapé Beans, qui pourtant court sans cesse après la montre et le beat défricheur. Non, non, rien n’a changé : toujours cet incroyable mélange d’électro qui déraille et de rap visionnaire, entre Autechre, Anticon et Prefuse 73 (qu’on retrouve d’ailleurs à deux reprises comme bidouilleur sur les remixes de « Phreek the Beat » et « Mutescreamer »). Un « retour vers le futur » à des années lumière du rap conventionnel en rotation sur les ondes FM.

Beans

Shock City Maverick

Depuis la dissolution d’Antipop Consortium, Beans n’a pas vraiment chômé : en l’espace d’un an et demi il a sorti un EP et un album, tous deux d’une qualité irréprochable. Et « Shock City Maverick » ne déroge pas à cette règle : mix névrotique d’électronica rachitique et de rap à l’ancienne, ce nouvel album tape à nouveau dans le mille. La cible : le futur, toujours, parce que Beans reste quoi qu’il arrive tout devant… « MC don’t like my style / Cos they can’t do better », et il est vrai qu’on reste impressionné par ce phrasé despotique, cette incroyable faculté à superposer beats old school et bleeps avant-gardistes, ce style à nul autre pareil qui donne à Beans tout son mordant… Et surtout plusieurs longueurs d’avance sur le temps (pas le sien, le nôtre, et celui de ses concurrents). Il s’agit peut-être bien du hip hop de demain, en tout cas c’est un choc. Un de plus ! S’il continue ainsi, Beans devra bientôt ralentir la cadence… N’empêche qu’à la ligne d’arrivée, on sera présent pour le féliciter : ‘Mon vieux t’es trop fort, et ta musique elle tue ! ! !’.

Beastie Boys

To The 5 Boroughs

Le sixième album des Beastie Boys est une réussite parce qu’il n’est pas à la mode. Timbaland, les Neptunes, Outkast, Kanye West, Madlib ne sont pas crédités : en lieu et place, Public Enemy, LL Cool J et Sugarhill Gang ont été samplés. Pas de breakbeats dévastateurs ni de fumeuses tentatives de prendre le train gangsta en marche : ici le hip hop est millésimé eighties, 100% old school, plein de scratches (aaah, Mixmaster Mike !) et de beats ciselés à la Mantronix. Rien que pour cette raison, les Beastie Boys pourraient être taxés de puristes, voire de révisionnistes : en quinze titres râblés et vindicatifs, ils parviennent pourtant à nous faire regretter cette époque où le rap US n’était pas encore une affaire de braqueurs. Véritable ode au New York ravagé par le 11 Septembre, « To The 5 Boroughs » s’écoute avec le sentiment qu’il restera toujours quelques B-Boys pour sauver le hip hop du terrorisme marketing. Si vous aimez le rap et son âge d’or, « To The 5 Boroughs » est un must. C’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes : celle-ci est délicieuse et sans agents conservateurs. Chez les Beastie Boys on n’est jamais repu : 18 ans de carrière, et aucune faute de goût.

Beauty Pill

The Unsustainable Lifestyle

A l’heure actuelle, il s’agit sans aucun doute du disque le moins détraqué de tout le catalogue Dischord : Beauty Pill n’a de fait rien à voir avec l’emocore de Fugazi ou le punk débridé de Q and Not U. Il s’agirait plutôt d’indie rock à la Mudhoney, voire de pop mal réveillée, surprise au saut du lit, souffrant une grosse migraine. Et puis il y a ces deux filles, l’une qui chante comme sous anxiolytiques, l’autre qui de sa basse imprime un rythme pesant à toutes les mélodies. Des mélodies qui ont bien de la peine à s’imposer, malgré l’insistance des guitares (grunge ?) et l’emphase des claviers (piano/synthé)… C’est fatigant à force, alors qu’en insufflant un davantage de pêche, Beauty Pill auraient pu nous convaincre. A défaut, on les rebaptisera Sleepy Pill, en espérant que la nuit, pour leur prochain album, leur portera conseil.

The Bees

Free The Bees

« Sunshine Hit Me », paru il y a deux ans, ne laissait pas augurer le virage à 180° qu’allaient négocier Paul Butler et Aaron Fletcher pour ce deuxième disque. Parce qu’on parle bien ici de transfiguration : d’honnêtes pourfendeurs d’une pop bricolo pas géniale, les deux Anglais de l’île de Wight se sont changés en incroyables recycleurs sixties… Tel qu’on croirait presque que « Free The Bees » date de l’époque de « Sergent Pepper » (les harmonies vocales) et du « Fifth Dimension » des Byrds ! Epaulés par quatre joyeux drilles qui font qu’aujourd’hui The Bees est un vrai groupe, Butler et Fletcher se sont ainsi laissés aller à leurs rêves les plus fous : nous faire croire qu’en 2004 rien n’a changé depuis perpète, et que Pink Floyd, les Small Faces et les Impressions existent toujours. Il n’y a rien à jeter sur ce disque, pour autant qu’on aime regarder dans le rétroviseur de nos vieilles passions musicales… The Bees, c’est ça : un super groupe de 1965 qui sort son deuxième disque en 2004. Rétro, vous avez dit rétro ? Oui, mais de quelle belle manière ! « Free The Bees » est un grand disque, même s’il s’écoute à l’imparfait.

Belle & Sebastian

Books

Belle and Sebastian brille par sa constance : à chacun de ses albums c’est (presque) le bonheur… Et c’est pareil pour les maxis. Cette fois c’est « Wrapped Up In Books », tiré de « Dear Catastrophe Waitress » : une ritournelle pop comme on les aime, produite pourtant par l’infâme Trevor Horn. L’inédit ? « Your Cover’s Blown », qui comme d’habitude vaut son pesant de faces B (deux versions existent, longue ou courte). Belle and Sebastian, on aime : ce n’est plus un secret. Vivement qu’ils nous sortent une compile de tous ces chouettes morceaux relégués en seconde division, car ils valent mieux que ça.

The Beta Band

Heroes to zeros

Écrit par
Si les Moody Blues étaient nés à la fin des nineties, il est plus que probable qu’ils pratiqueraient une musique proche de Beta Band. Une réflexion que j’avais formulée lors de leur formation, en 1997. Et qui se confirme sur leur troisième long playing. Evidemment, si vous ne connaissez que le tube « Night in white satin », vous êtes en droit de vous poser des questions. En fait, il est nécessaire de se pencher sur des œuvres telles que « Days of future past » et surtout « To our children’s children’s children » pour mieux comprendre la situation. Maintenant, il est évident que le quatuor écossais ne se contente pas de marcher sur les traces de la légendaire formation de Birmingham. En fait, 30 plus tôt on parlait de musique progressive. Aujourd’hui d’expérimentation hybride. Parce que pour créer sa propre solution sonore, le Beta Band tire parti d’une pléiade de styles, qu’il serait fastidieux d’énumérer. Simplement, la technologie moderne y occupe une plage prépondérante. Le tout dispensé avec une fameuse dose d’excentricité. Un peu comme le Super Furry Animals, mais en moins psychédélique. Troisième elpee de Beta Band, « Heroes to zeros » a cependant davantage recours à la guitare électrique. Epinglant au passage des chansons aussi percutantes que le single « Assessment » ou encore le ténébreux et épatant « Liquid bird », sorte de House Of Love des temps modernes. Un disque bourré de trouvailles. Tour à tour contemplatif, tribal (NDR : sous une forme house ou funk), symphonique, pastoral ou hymnique, il a aussi le bon goût de prendre un soin tout particulier à la confection des harmonies vocales. Elles peuvent même se révéler ‘brianwilsonesques’ sur le très étrange « Space battle », un morceau hanté de claviers miteux. Des vocaux cependant dominés par le timbre cool, nonchalant, confident, brumeux, envoûtant de Steve Mason. Et pourtant, quoique expérimental, l’ensemble ne s’écarte jamais d’un sens mélodique contagieux. A ce titre, cet elpee est vraiment unique en son genre. Et pour que l’information soit complète, sachez que si cette œuvre est autoproduite, Nigel Godrich (Radiohead, Air, Beck) en a assuré le mixing.

Bertrand Betsch

Pas de bras, pas de chocolat

Les deux premiers albums de Bertrand Betsch ne brillaient pas par leur optimisme : on y entendait un type marmonner des textes acides, l’air seul dans sa merde, incapable de se tourner vers les autres, trop peureux sans doute. Heureusement, aujourd’hui c’est fini : Bertrand Betsch n’est plus cet homme fielleux et revanchard… Quoique. Il est toujours question ici de souffrances quotidiennes, de rancœurs inavouables, de petits tracas qui donnent ce sel à la vie… Mais cette fois la douleur et l’effroi se voient enrobés d’arrangements bon enfant ou plus subtils, du reggae-tango de « Temps Beau » au jazz vaporeux des « Petits Mammifères ». « La tempête est passée, le vent est retombé » (« L’Ancienne Peau ») : Bertrand Betsch se débarrasse enfin de sa peau de petit songwriter malade et minimaliste pour devenir un grand chanteur-compositeur (« Des Gens Attendent », « Tournicotons », « Les Passe-Temps », entre Tiersen, Fersen et Souchon). Quand on touche le fond, suffit d’un coup de pied pour remonter à la surface : c’est ce que fait Bertrand Betsch sur cet album, qui de moins en moins souffre d’être sans cesse comparé à Dominique A. Il prend la tangente, et botte en touche. Drôle, touchant, féroce, mais pas suffisant. L’important c’est d’y croire.

Beulah

Yoko

Yoko, comme Ono : heureusement, rien ici d’expérimental, voire de franchement casse-couilles. Juste de la pop bien foutue, interprétée avec style et vigueur, sans tourner autour du pot. Un gage de qualité en quelque sorte, puisque Beulah ne cache pas son envie simple (mais pas simpliste) de trousser de jolies mélodies qui restent dans la tête et s’avèrent parfaites à siffloter au saut du lit ou dans sa cuisine. Derrière Beulah se cachent six types abonnés aux plans foireux de l’indie US, dont les précédents disques n’auront pas connus la carrière escomptée. Ce « Yoko » de belle facture devrait changer la donne : des titres comme « A Man Like Me », « Landslide Baby » ou « Me and Jesus Don’t Talk Anymore » évoquent Badly Drawn Boy, Blur, Big Star,… Plein de « B » comme bonheur, bien-être, béatitude, Beulah. Des mélodies qu’on a déjà entendues ailleurs mais qui restent sympathiques, et faciles à chanter. Ce qui en fin de compte n’est déjà pas si mal. Dans un monde où l’exigence devient insurpassable, Beulah se pose comme l’évidente incarnation d’un retour à la simplicité. Rien que pour cette raison on y retourne, et plutôt deux fois qu’une.

Jello Biafra With The Melvins

Never breathe what you can´t see

Écrit par
Pas fainéants pour un kopeck au cours des dernières années, les Melvins se paient le luxe d’assurer le backing band d’une des figure de proue de la scène punk hardcore californienne : à savoir Biafra, ex-leader des Dead Kennedys. Habitué au concept, Biafra avait déjà par le passé vampirisé ces vieux briscards de NoMeansNo et de D.O.A.. Pour un résultat à la hauteur de l’aura du patron d’Alternative Tentacles : à sens unique. Aujourd’hui remonté plus que jamais en ces jours d’élections américaines, activiste jusque dans la moelle, Jello - qui affiche au moins quarante balais - crache et vitupère comme par le passé son engagement politique. Et même si la griffe des Melvins est bien palpable tout au long de ces 8 titres, l’ombre de Biafra prédomine pour accoucher finalement d’une plaque old school, enlevée et nerveuse. Je ne vais pas vous faire l’affront de cacher ma vénération pour les Melvins ; mais je ne puis m’empêcher d’essuyer une petite larme en contemplant ce résultat peu probant ; d’autant plus que sur papier, ce projet aurait dû déboucher sur un événement (NDR : Entre parenthèse, je vous conseille l’album de Venomous Concept, side project de Buzz. Voire le Melvins + Lustmord). Et pour que l’info soit complète sachez que cet elpee a bénéficié du concours de l’infortuné Adam Jones (Tool), guitariste intermittent des derniers projets melvinesque. Pour le reste Osama McDonald se réserve chante, Saddam Disney la batterie et Jon Benet Milosevic à la gratte. Un humour très particulier qui n’empêche pas de manifester un respect certain à Jello, mais bon...

Big Harmonica Bob

Bring you the blues!

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JJ Bad Boy a reconduit la même équipe pour concocter cet opus. Pourtant lors du premier titre, "Fifty bukcks", Bob fait un one man show. Il joue de l'harmonica, de la guitare, de la basse et chante, même si sa voix n'est pas exceptionnelle. Les Blues All Stars prennent le relais pour attaquer "Big Harmonica Bob's boogie". Un instrumental nerveux, swinguant, qui permet aux solistes de prendre successivement un billet de sortie : Richard Merritt au sax ténor, Jason James à la guitare et puis un Bob assez survolté qui souffle dans sa musique à bouche comme dans un saxophone. Bonne nouvelle, JJ Jones fait son entrée pour diriger la reprise d'un classique du blues : le "Five long years" d'Eddie Boyd. Une atmosphère très Chicago Southside s’installe aussitôt. Bad Boy n'est pas un tout grand, mais il possède un sacré feeling. Son phrasé de guitare vous hérisse les poils, avant qu’il ne laisse ses comparses lui adresser une réponse. Et en particulier Bob et le deuxième guitariste, Jason James. Nous retrouvons le même JJ Jones pour une version trépidante du "Smokestack lightnin" d' Howlin' Wolf. Une chose est sûre, JJ fait bien revivre le géant de Chicago. "Scratch my back" a été immortalisé ‘live’ au Classroom de L.A. Thunderbird Phil se réserve la guitare. Il y épaule Bob ainsi que les autres souffleurs : James Murphy au cornet et à l'harmonica, Richard Merritt au sax ténor ainsi qu’Andrea Amato au sax alto. "Walkin' to my baby" bénéficie du concours de Jason aux cordes pour une version swing et très intéressante de "Kansas City". Cette sympathique tranche de blues s’achève dans la bonne humeur par un retour du regretté Bad Boy Jones pour proclamer sa vérité : "Everyday I have the blues".

Big Noyd

Only the Strong

Écrit par
Ce disque illustre bien la triste impasse dans laquelle se trouve la majeure partie de la production rap actuelle. Avec le gansta rap, le hip hop s’est enterré dans la surenchère commerciale (voir les clips sur Mtv de Dr Dre et consorts) et une promotion douteuse des différentes manières de gagner sa vie illégalement. En direct de New York, Big Noyd tient à faire savoir qu’il est un vrai gangster. Il s’était fait un nom dans les années 90 en rappant sur les sombres premiers albums de Mobb Deep. Il a ensuite disparu de la circulation à cause d’une inculpation pour tentative de meurtre qui l’a envoyé derrière les barreaux pour un temps. Il est de retour avec la ferme intention de rogner des parts de marché aux collègues qui sont dans la branche des malfrats chanteurs. Il est aidé dans son entreprise par Havoc et Prodigy, les membres de Mobb Deep qui l’aident en fournissant quelques rimes et des beats électro. Le menu de Big Noyd est sans surprise : le disque est une succession d’odes à son mode de vie (« We gangsta », « Shoot’em up »). Débitée sur un mode on ne peut plus monotone, les beats sont peu originaux et encore moins efficaces. Sans intérêt au niveau musical, véhiculant un message nauséabond, cet elpee est en bonne place pour devenir une des pires sorties cette année.

Benjamin Biolay & Chiara Mastroianni

Home

Disque carte postale d’une escapade aux Pays-Bas, « Home » est le premier disque en duo du couple Benjamin Biolay-Chiara Mastroianni. Après les quelques chansons à deux voix de « Négatif », les deux tourtereaux les plus branchés de France sont donc vraiment passés à l’acte. Résultat : « Home » est un disque fait à la maison, dont l’écoute se veut avant tout domestique, le mieux dans l’espace confiné d’une voiture. On y retrouve évidemment la patte Biolay, ce souci de plaire en murmurant des mots d’amour, une certaine préciosité vieille France, de l’élégance gainsbourgienne, et toujours cette fascination pour l’Amérique… Et pour la circonstance, plus de blues, guitares s’entend. C’est là qu’« Home » impressionne le plus : dans cette envie d’embrasser le blues et la country à bras-le-corps, de front et sans rougir. Il y a du « Velvet Underground » (l’album éponyme) dans ces mélodies douces-amères au parfum de gitanes, voire du Beach Boys (« Dance Rock’n’Roll »). Sur la banquette d’un Motor Inn perdu en plein désert mojave, un couple s’enlace, boit du café, s’échange quelques mots en sourdine (« Tête à Claques », « Folle de Toi »). Ils sont beaux parce qu’ils s’aiment, pour de vrai. Ca s’entend, même si parfois ça cabotine. De retour dans leur carlingue (une Buick ?), ils reprennent la route, direction le sud, ces terres arides d’où viennent les vrais bluesmen. A l’horizon, point de danger : le soleil brille, le ciel est dégagé. L’amour, c’est clair, n’a que faire des routines.