New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Ian Pooley

Since Then

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Evident ? Ou tout simplement banal ? C'est un peu le genre de réflexion que m'inspire cette plaque. D'un côté, ce disque coule de source. Il est vraiment très bon et je n'ai pas assez de mes deux mains pour applaudir. Il est capable de captiver sans problèmes un dance floor jusqu'au bout de la nuit et nous emmènerait bien faire la fête où bon lui semble. Car Ian Pooley sait y faire pour nous concocter de ces titres ‘immédiats’, composés de sonorités latino et de rythmes bien dansants, où le corps semble déjà connaître la suite du morceau, où il devient véritablement le maître de la raison…. Même les lendemains doivent rester dansants… D'un autre côté cet aspect immédiat rend " Since then " facile et sans grande originalité. On pourrait taxer Pooley d'opportuniste, tant les sonorités utilisées surfent sur la vague latino. Mais force est de constater qu'il le fait avec élégance et, me semble-t-il, sincérité. Tout ça n'empêche pas cette plaque d'être conseillée, tout en prévenant de sa date de péremption…

 

The Pretenders

Greatest hits

Écrit par

"Greatest hits"! Le titre de cette compile ne pouvait être mieux choisi pour définir les 20 fragments ici réunis. Ce qui est une belle performance lorsqu'on sait que les Pretenders comptent plus de 25 années d'existence. Rien ne manque, ou presque rien. Même les reprises les plus notoires ont été incluses sur ce disque. Et notamment " I go to sleep " et " Stop your sobbing " de Ray Davies, " Forever Young " de Dylan, " Thin line between love & hate " des Persuaders, ainsi que " I got you babe " de Sonny & Cher et le classique reggae " Breakfast in bed ", que Chrissie Hynde interprète flanquée des musiciens de UB40. L'ordre chronologique n'est cependant pas respecté. Ce qui n'est finalement qu'un détail puisque le booklet a le bon goût de replacer chaque chanson dans son contexte. En outre, seules six compositions commises après 1990 ont été retenues, c'est à dire la période la moins prolifique et surtout la moins intéressante du groupe. Je ne vous ferai pas l'injure de refaire l'histoire des Pretenders, il existe suffisamment d'encyclopédies qui ont traité de ce sujet, mais simplement vous avouer avoir pris beaucoup de plaisir en réécoutant des chansons de la trempe des " Brass in pocket ", " Message of love ", " Don't get me wrong ", " Middle of the road ", " Kid ", " 2000 miles " ou encore " Back in the chain gang "…

 

John Primer

Knocking at your door

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John Primer est un bluesman contemporain. Il est aujourd'hui âgé de 55 ans. Il est né, comme tant de grands, dans le Mississippi. En 63, il s'est établi à Chicago, et en 79, il a fait partie des All Stars de Willie Dixon, avant de rejoindre le Muddy Waters Band. Il y restera jusqu'en 1983, année de la mort de ce monstre sacré. Il rallie ensuite les Teardrops de Magic Slim. Il y restera 13 ans. " Knocking at your door " bénéficie de la production du célèbre Mike Vernon. Tout comme ses deux derniers albums "The real deal" et "Keep on lovin' the blues" (NDR : parus cependant sur le label Code Blue). Et le résultat de sa mise en forme est excellent. Le son est réellement puissant, chaque instrument est effectivement distinct.

John est ici entouré d'excellents musiciens. Matthew Skoller se réserve l'harmonica, Ken Saydak les claviers, tandis que Larry McCray le seconde à la guitare. Dès l'ouverture, "Knocking at your door" se détache par le son de l'harmonica de Matthew Skoller. Ce petit gars posède un style riche en tonalités personnelles. Sur "Change your evil ways", Primer déambule sur un axe résolument moderne, tendu entre le Chicago Westside et le Memphis de BB King. Tramée sur un thème bien connu d'Earl King, "Lonely days and nights" est une composition imprimée sur un tempo inhabituel ; et John fait à nouveau mouche dans l'exercice de ce swamp pop louisianais. La reprise de "Excited by your charms", de Jerry McCain, est l'occasion rêvée pour Skoller d'étaler tout son savoir-faire, de démontrer tout ce talent de souffleur, capable de créer de petites phrases vraiment géniales. La section rythmique dégage une force incroyable, tout au long de "Hard working woman" ; une bonne occasion pour Steve McCray, le frère de Larry, Steve McCray, de cogner dur sur ses peaux. Comme pour rappeler son séjour chez Muddy Waters, et son admiration pour Sammy Lawhorn, John empoigne sa slide pour interpréter "Brutal hearted woman"'. Skoller est cependant pour moi la révélation de cet album. Aussi étonnant que cela puisse paraître, à certains moments, il me fait penser à Pierre Lacocque, de Mississippi Heat. Et croyez-moi, c'est un compliment ! Tendez donc l'oreille à "Everytime you touch me" et à "A woman was made to be loved". Hommage à Jimmy Rogers, "That's alright", est un instant de grande émotion. Et le duo Primer - Skoller, une pureté à fleur de peau! Privé de blues mené à la Muddy, cet album n'aurait pu être complet. C'est chose faite avec "I been dogged around". Une leçon d'efficacité pour un album de 1ère division !

 

Snooky Pryor & Mel Brown

Double shot!

Écrit par

Au cours des années 80, Snooky et Mel ont joué ensemble au célèbre club texan, l'Antone's d'Austin. Mel a ensuite participé à la confection de l'album "Can't stop blowin'" de Snooky, sur ce label Electro-Fi. Début de l'an 2000, Mel Brown nous a gratifié d'un superbe album "Neck bones and caviar". Les voici de nouveau ensemble pour ce nouvel opus. Une formule familière à Snooky, puisqu'il joua longtemps avec Johnny Shines et surtout Homesick James.

Les deux musiciens sont tous deux originaires du Mississippi. Snooky a 79 ans, Mel, 61. Ce n'est pas la formule du duo acoustique qui a été retenue mais bien l'ensemble électrique. Faut dire qu'ils ont accompagnés par les Homewreckers. John Lee au piano, Al Richardson à la basse et Jim Boudreau à la batterie.

Tout ce beau monde démarre pied au plancher par "Dirty rat". C'est fou l'énergie que peut encore déployer à près de 80 ans, Mr Pryor. Il possède un style très personnel à l'harmonica ; et si les mêmes phrases reviennent régulièrement, c'est avec un plaisir sans cesse renouvelé que nous le retrouvons. Sa voix, juste ce qu'il faut de ravagé, reste autoritaire. Elle mène "Early in the morning" pendant que John Lee fait frétiller au piano. "Big leg beat" est un très long blues lent, particulièrement inspiré par le Chicago Blues. Snooky et Mel s'y sentent comme des poissons dans l'eau. Mel est également un vocaliste intéressant. Il chante "Rock this house" (de Jimmy Rogers), flanqué de Michaël Fonfara, bien excité derrière ses ivoires. Blues bien rythmé, renforcé par son attaque sur l'harmonica, "Let your hair down woman" est du Snooky Pryor typique. Un de ces petits joyaux dont il nous gratifie à chaque album. Traversé par une implacable intervention de Brown à la guitare, "So fine" poursuit dans le rythme. "That's all right" est un autre titre de Jimmy Rogers. Il est chargé d'émotion et intensité, mais cette adaptation est beaucoup plus lente que la version originale. Pour "Do the boogaloo", le sémillant Snooky nous invite à la danse joyeuse. Mel chante merveilleusement, d'une voix chaude, de soul man, "Easy my mind", un blues au tempo modéré. A pleurer! Un excellent album!

 

Julia P

Victory

Écrit par

Avant de se lancer dans une carrière individuelle, cette Amstellodamoise sévissait au sein d'un trio qui répondait au nom de Julia P. Hersheimer. La réduction du patronyme n'a donc pas été trop difficile à opérer, lorsqu'elle a décidé de se lancer dans une carrière solo. " Victory " constitue le premier album enregistré sous son propre nom. Un disque pour lequel hormis la production - confiée à Frans Hagenaars - elle assume pratiquement tout. Le chant tout d'abord. D'un timbre vocal souple, sinueux, rappelant parfois Barbara Manning. Les guitares. Electrique et acoustique. Ainsi que les claviers. Ne laissant les rares percussions ou les drums qu'à l'un ou l'autre invité. Ou encore quelques cuivres. Prodigués sous la forme d'arrangements sur le très étrange et réussi " Good life " (Nicolette Lie), et parcouru par le trombone de J.B. Meyers (Supersub) sur " Bossanova ". Dans ces conditions, il n'est pas trop difficile de comprendre que le discours musical prononcé par Julia P., tout au long de cet opus, est minimaliste. Mais un minimalisme abordé dans l'esprit de Young Marble Giants. Et cette sensation est plus que perceptible sur le très électrique " Don't trust me ", le plus enlevé " Aerobic bum ", l'allègre " The van ", dont le tempo semble avoir été emprunté au " Ballad of John and Yoko " des Fab Four, le très synthétique " It's like me ", " See through ", caractérisé par le recours à un orgue à soufflets, ainsi que sur les deux titres cuivrés. Un disque qui brille vraiment par son originalité…

 

Erskine Oglesby

Blues dancin´

Écrit par

Le label Black & Tan poursuit son approche intéressante des bluesmen de St Louis, dans le Missouri. Ernest Oglesby est né à St Louis, en 1937. Son instrument, c'est le saxophone ! Mais, il est loin de jouir d'une énorme popularité à travers le monde. J'ajouterai même qu'il est presque un illustre inconnu. A l'âge de 20 ans, il avait pourtant rejoint le Billy Gailes Band. Ce qui lui avait permis d'accompagner des grands tels que Albert King, Ike & Tina Turner, Little Milton et puis d'autres. Ces dernières années, il a parcouru l'Europe avec les St Louis Kings of Rhythm. Il partage ses passions musicales entre le blues et le jazz. Ce qui peut aisément se comprendre à l'écoute de ce 1er album.

"Jack and Coke" ouvre par une session instrumentale. Le sax est immédiatement présent, mais c'est le guitariste Brian Melching qui tire son épingle du jeu. Erskine chante "I have the same old blues" (de Little Milton), sur un mode rythmé, pendant que guitare et sax s'entendent avec bonheur. "Two franc blues" hausse encore le rythme. Erskine est définitivement lancé. Il nous livre une subtile partie de "honky" sax. Melching s'échappe dans le style jazzy, proche de Charlie Christian. Swing et jump avec "Two shots of Jack". Bob Lohr est efficace au piano. Brian nous donne une leçon de jump style sur les cordes. Brillant! St Louis se fait Chicago Southside pour "Train I ride" et "Caress me baby" de Jimmy Reed. Bob et Brian se muent en Otis Spann et Jimmy Rogers. Boogie woogie pour "Back at BBs". Erskine se libère sur son sax tenor, à la seule pensée de flâner dans la Beale Street de Memphis. Même ambiance swing boogie sur "I'm trying". Le "Madison blues" d'Elmore James se fait Oglesby, tant la version est personnalisée. Un excellent album qui se referme sur "Next time you see me" de Jr Parker, avec une dernière grande prestation de Melching. Nonobstant son manque de notoriété, Ernest Oglesby est un grand musicien qui s'inscrit dans la lignée des saxophonistes leaders tels que AC Reed et Eddie Shaw.

 

Will Oldham

Guarapero / Lost blues vol 2

Écrit par

Depuis 1993, date de la sortie de son premier album, Will Oldham aligne les pseudonymes ou les pseudo noms de groupes. Palace, Palace Brothers, Palace Songs, Bonnie Prince Billy ; et à mon humble avis, ce natif de Louisville, dans le Kentucky, n'est pas au bout de son registre. Il lui arrive quand même d'enregistrer sous son vrai nom. Comme ce " Guarapero/Lost blues vol 2 ". Un disque constitué de raretés et de chutes de bandes, issues de l'elpee " Lost album ". Le chanteur/compositeur country au cœur noir, aux sentiments sombres et à l'humour caustique nous plonge, comme d'habitude, dans une atmosphère mélancolique, austère, propice aux chansons filmiques qu'il interprète de son gémissement nasal desséché, en s'accompagnant d'une six cordes acoustique. Will réserve, quand même, un zeste d'électricité à cet opus, sur les lo-fi " Sugarcane juice drunker " et " Call me a liar ", ainsi que les dylanesques, rognés par un hammond, " For the mekons et al " et " Stable Will ". La surprise nous vient de la présence inattendue d'une boîte à rythmes squelettique. Balayée d'arrangements minimalistes, elle n'est cependant concédée qu'au seul " Boy, you have a cum "…

 

Omar Kent Dykes

The screaming cat

Écrit par

L'ouverture, "When Sugar Cane was king" se limite à l’Omar classique. Il est assez étrange de constater à travers les notes de pochette, que le géant ne fait que chanter, laissant le soin d'actionner les guitares à Malcolm "Papa Mali" Welbourne. Qui, en outre, partage la production avec le batteur B.E "Frosty" Smith. Mais pas de trace des Howlers. Et lorsque arrive la plage titulaire, on se rend vraiment compte d'avoir affaire à un solide travail de studio. Les percussions sont bien à l'avant et les effets de guitares, les sons et les voix trafiqués. Le riff cher à Bo Diddley annonce "100 pounds of pain". Assez réussi, malgré les timides apparitions de l'orgue Hammond. Ensuite, l'album respecte un répertoire bien dans l'esprit d'Omar Dykes ; mais encore une fois, c'est la production qui l'emporte, mettant en évidence le travail réservé à sa voix puissante et grave. Mais pourquoi donc, la face Omar le guitariste est-elle pratiquement occultée au profit de Papa Mali ? Et pourquoi ces cordes constamment trafiquées ? Ainsi sur le dynamique "Girl's got rhythm", Omar, et ce n'est pas la première fois, chante à la manière de John Fogerty. Et c'est la slide du producteur qui l'accompagne! Ce travail de studio n'est pas sans me rappeler les derniers albums de Z.Z Top. C'est assez évident à l'écoute de "Too many people talkin". Le seul lien échangé avec les Howlers ici, se résume à la participation du bassiste Paul Junior. Sur 5 titres. Bizarre ! Omar ne serait-il plus qu'une voix? Non, si l'on en juge le shuffle classique de la finale "Party girl". Ouf, me voici rassuré !

 

Orange Black

Bright lights

Premier album pour ce quatuor belge, de Kontich très exactement. Une œuvre qui affiche trois dimensions. La première lo-filisée, s'inscrit dans la lignée des Built To Spill, Pavement, Firehose et consorts. La deuxième, plus tendre, sombre voire mélancolique, emprunte les accents acoustiques de Red House Painters. Quand à la troisième, elle épouse la popcore aux mélodies contagieuses, généreusement électrifiées des Lemonheads, à l'instar de " Girl tattoo ", " Sad Joke " et " Money wheel ", les meilleures chansons de l'album...

 

Paul Oscher & Steve Guyger

Living legends deep in the blues

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Nonobstant la blancheur de leur peau, Paul et Steve sont deux authentiques bluesmen. Des vieux de la vieille, devenus des légendes de leur vivant. Et pour cause, Osher a fait partie du Muddy Waters Banden. C'était en 1967. Et le résident de Brooklyn avait à peine 18 ans. Il occupait, en effet, le poste d'harmoniciste, succédant à des monstres sacrés du blues tels que Little et Big Walter, Jr Wells ou James Cotton. Il a pourtant encore d'autres cordes à son arc, puisqu'il joue de la guitare, du piano, chante et compose. Il est vrai qu'il a appris à jouer de la slide par Muddy en personne, et du piano par le sublime Otis Spann. En 1975, il rencontre le Philadelphien Steve Guyger. Steve présente lui aussi un respectable pedigree. Il a joué l'harmonica dans le Jimmy Rogers Band de 78 à 92.

Cet album est une propagande pour le blues classique. Celui qui repose sur la formule d'un trio. Sans batterie, mais avec la basse de Mike Lampe. Paul se partage entre divers instruments. Steve se concentre sur l'harmonica. L'opus recèle quelques petites perles. " Sometimes I wonder ", par exemple. Steve Guyger y est troublant, tellement authentique et tellement proche de Rice Miller, du Sonny Boy II. Tous deux possèdent une voix "vécue", passablement ravagée, qualité qui ajoute à l'intensité de l'ensemble. Paul chante "Take a little walk with me" de Robert Lockwood Jr. Il a admirablement assimilé le style du Delta à la guitare. Et sur ce même titre, ils jouent tout deux de l'harmonica. Paul se réserve la basse, Steve, les aigus. La partie de basse de Paul est tout à fait sidérante sur une version incroyable de "The things that I used to do", où l'harmonica sonne comme un sax baryton. Emotion lorsque Paul interprète "What have I done " de Magic Sam, où l'harmonica se rapproche cette fois, de Big Walter Horton. Emotion aussi pour Steve chantant le classique de Sonny Boy I, "Sugar Mama". Cet album est tout à fait recommandé pour ceux qui aiment le Chicago blues dépouillé, sans faiblesse, classique, mais avec tant de surprises agréables, qu'il est difficile d'être complet dans ces lignes.

 

Ostzonensuppenwürfelmachenkrebs

Leichte Teile, Kleiner Rock

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Comme leur nom ne l'indique pas, ils viennent d'Allemagne ! Je vous laisse donc le soin de le traduire ! En tout cas, leur sens de l'humour ne passe pas trop dans leurs compositions. La basse ronfle rondement, les guitares se renvoient la politesse ou s'entremêlent et le batteur ne cache pas sa joie de taper sur ses fûts. Bref, tout ce qu'il faut pour proposer une musique vitaminée, parfois bruyante, sans jamais oublier de vocaliser. Et c'est peut-être là que le bât pourrait blesser. Peu habitués au pop-rock chanté en allemand, les non autochtones abandonneraient peut-être trop vite. Ce qui serait dommage, car en concert, on ne doit pas trop entendre le chanteur. A l'instar de certains groupes anglo-saxons ou même francophones à succès, pour lesquels nous sommes parfois plus tolérants...

 

Sinead O’Connor

Faith and courage

En un peu plus de douze années d'existence, Sinéad o' Connor est parvenue a faire parler d'elle, davantage pour ses déclarations tapageuses ou ses attitudes provocatrices qu'à travers l'exercice de son art. Pourtant, celle qui avait en son temps adopté un look à la Yul Bruner, possède toujours une voix remarquable, translucide, dont le timbre tantôt envoûtant, tantôt irascible ne laisse personne indifférent. Et c'est encore le cas sur son nouvel opus, " Faith and courage ". Malheureusement, aucune des treize compositions de cet opus ne sort d'une affligeante banalité. Il y a bien l'une ou l'autre incursion dans le folk celtique, mais elles sont rapidement asphyxiées par la surproduction des arrangements. Faut dire qu'elle n'a pas lésiné sur les moyens, puisque parmi l'armée de collaborateurs et/ou de producteurs, on retrouve des gens comme son ex époux John Reynolds, Adrian Sherwood, Dave Stewart, Brian Eno et Jah Wobble. Il est bien loin le temps de " Nothing compares 2U "...

 

Oasis

Familiar to millions

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Les concerts d'Oasis auxquels j'ai pu assister m'ont rarement rempli d'enthousiasme. Hormis celui du Bota programmé en 1994, devant un pare-terre de 400 personnes, je m'y suis à chaque fois, franchement ennuyé. Et ce ne sont pas les frasques soulographiques de Liam qui sont parvenues à me dérider. En outre, le manque de respect dont il fait systématiquement preuve, à l'égard de son public, m'a toujours écœuré. Sans oublier son timbre vocal, qui conjugué à cette attitude de sale gosse, me tape vraiment sur le système. Aussi, avant d'écouter ce double CD ‘live’, je nourrissais les pires inquiétudes. Et notamment, parce qu'hormis la cover d' " Helter skelter " des Beatles, extraite d'un set accordé aux States, la prestation a été immortalisée le même jour. Soit le 21 juillet 2000, au stade de Wembley. Ceux qui ont déjà assisté à un concert d'Oasis, savent de quoi je parle… Et puis, quelle n'a pas été ma surprise de découvrir un double disque à la hauteur de l'événement. Preuve que la formation mancunienne est composée d'excellents musiciens. Et en plus de leurs meilleures compos, on y retrouve une reprise assez réussie de " Hey, hey, my, my " de Neil Young. Je ne m'attarderai donc plus sur la voix de Liam, dont je me demande même s'il a encore sa place au sein du groupe, mais plutôt sur la prestation d'ensemble, vraiment convaincante. M'enfin, trêve d'extrapolations, les (trop) nombreux aficionados du combo vont se régaler. Et paradoxalement davantage que s'ils s'étaient rendus à un de leurs concerts. Enfin, tant mieux s'ils prennent leur pied, c'est tout le mal qu'on leur souhaite…

 

Oasis

Standing on the shoulder of giants

Pour remplacer deux de leurs employés modèles, remerciés pour bons et loyaux services, les frères Gallagher ont placé la barre très haut puisqu'ils ont débauché Andy Bell, ex-guitariste de Ride et de Hurricane #1, mais pour jouer de la basse, ainsi que Gem, jusqu'alors membre de Heavy Stereo, pour assurer la rythmique. Malheureusement, tout comme en football, ce n'est pas parce qu'une équipe dispose des meilleurs joueurs, qu'elle possède la meilleure équipe. Et on peut s'en rendre compte tout au long du quatrième album d'Oasis, qui alterne le très bon, le moins bon et le franchement dispensable. Et dans cette dernière catégorie, on peut y fourguer les prévisibles " Put yer money where yer mouth is ", le final " Roll it over ", ainsi que " Little James ", la première composition de Liam. Sub Lennon, aux rimes faciles, elle ne vole vraiment pas très haut. On monte d'un cran avec le slow sirupeux " Sunday morning call ", chanson qui à l'instar d'un " I'm not in love " de 10cc ou de " Guitar man " de Bread, aurait pu faire un malheur, au cours des seventies. Pour " Go let it over ", le cas est beaucoup plus délicat. Parce que si la mélodie manœuvre sur pilotage automatique, les claviers rognés et les arrangements beatlenesques circa " Magical Mystery Tour " font vraiment psychédélisme d'école. Un peu comme sur " Gas panic ". Mais ici, on passe à l'échelon supérieur. Surtout à cause de la participation de Mark Feltham, à l'harmonica, et de Charlotte Glasson à la flûte, musiciens qui apportent une touche toute personnelle et rafraîchissante à la composition. Une transition qui nous permet de passer à la quintessence de l'opus. Depuis l'intro " Fuckin' in the bushes ", instrumental cyclique, répétitif et torturé, au saignant et très électrique " I can see a liar ", caractérisé par des inflexions vocales aussi spectrales que celles des Stranglers du " No more heroes ", en passant par l'orientaliste, post Harrison, " Who feels love ? ", fragment qui (in)volontairement emprunte quelques accents au " Dear Prudence " des Beatles. Mais le meilleur morceau est incontestablement et paradoxalement un des rares que chante Noël. " Where did it all go wrong ? ". Une chanson dont l'intensité électrique constitue la meilleure allusion à Neil Young depuis " Slide away ". Et pour compléter le scanner du nouvel album d'Oasis, il nous reste à préciser que ce disque a été produit par Noël et Mark " Spike " Stent (U2, Madonna, Bjork, Massive Attack).

 

The Offspring

Conspiracy of one

Écrit par

Nous sommes en pleine période de nouvelles sorties pour ceux qui ont contribué à la popularisation du punk-rock. Après Green Day, voici The Offspring. A contrario de Green Day, The Offspring s'éloigne moins du style qui a fait son succès. Et partant du principe qu'on ne change pas une équipe qui gagne, nos Californiens ont donc décidé de continuer à nous abreuver d'un punk rock mélodique bien produit et très entraînant. Le single "Original Prankster" donne le ton. En écoutant bien, "Pretty fly for a white guy" n'est jamais bien loin. Le reste de l'album poursuit dans cette veine. J'attribuerai une mention spéciale à "Living in chaos". A cause de son rythme mid-tempo. Et à "Special delivery", qui évolue à la limite de l'industriel. De deux choses l'une, ou The Offspring a encore du souffle et pourrait tenter sa chance à une musique plus adulte, moins superficielle ; ou alors le groupe est trop engoncé dans une répétition qui frôle parfois la nausée… Le disque recèle, en outre, une plage multimédia où le groupe propose, entre autres, 4 clips, un titre composé pour le film "Huck it" et pour une première un…karaoké ! Mais finalement, tout cela reste bon enfant…

 

(The) Nits

Hits

Après plus d'un quart de siècle d'existence, le quatuor amstellodamois a donc décidé de sortir un "best of". Une anthologie, plutôt, puisque ce " Hits " est découpé en trois disques, dont un live. Et vu le titre du recueil, vous imaginez certainement qu'il réunit tous les succès du combo. Et vous avez raison, depuis " In the dutch mountains " à " Adieu, sweet banhof " en passant par " Va Hollanda seni seni ", " Nescio " et bien d'autres. Aucune composition des deux derniers opus n'ont cependant été retenues. Ils figureront peut-être sur la prochaine compile, en 2025...

 

(The) Nits

Wool

Écrit par

Dix-septième album pour les Nits. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il nécessite plusieurs écoutes avant d'être apprécié à sa juste valeur. Enregistré aux studios Abbey Road, il ne recense aucune guitare, mais des cuivres, des cordes, des chœurs, des claviers, une contrebasse, des marimbas et des drums duveteux. Le tout enrobé d'arrangements en demi-teinte, dont seul Hofstede a le secret. Toujours flanqué de son inséparable ami Rob Kloet, à la batterie, Henk a élargi son line up à deux nouvelles recrues. Deux musiciennes qui apportent une touche féminine aux compositions pourtant déjà tellement raffinées et délicates. D'ailleurs, hormis la finale " Frog ", sorte d'hypothétique rencontre entre le funk blanc de Spandau Ballet et le disco de Cerrone, l'opus baigne dans une atmosphère cotonneuse, mélancolique. Douloureuse, même. A l'instar de " Ivory boy ", chanson écrite en souvenir d'un jeune homme décédé d'un cancer à l'âge de 21 ans… Suivant leur bonne habitude, le quatuor d'outre-Moerdijk n'a pas oublié de teinter ses mélodies de coloris sonores différents. Depuis la soul atmosphérique de " The wind, the rain " ou du très beau " 26A (Clouds in the sky)" au nightclubbien "Walking with Maria", en passant par la trip hop de " The darling stone ", l'easy listening de " The angel of happy hour " et l'arabisant " Crime & punishment ". Le tout abordé sous une forme plus jazzyfiante. Ce qui confère au climat de l'œuvre un charme impressionniste dont les ombres et les contours auraient pu être dessinés par Robert Wyatt, Kevin Ayers, Talk Talk ou encore Broadcast. Superbe !

 

No Underground

Free transform

No Underground est un duo berlinois constitué de Dr Phebs et de Robert Defcon, deux activistes berlinois qui ont participé au développement de la scène locale, dite ‘living room’, au cours des seventies. Une scène sur laquelle on recensait le groupe Whohnung que Robert a fréquenté. En compagnie de Karel Duba. Ce qui explique sans doute pourquoi ce dernier avait participé à l'enregistrement du premier opus du groupe, flanqué de toute une série de personnages issus de ce mouvement.

"Free transform" repose toujours sur l'instrumentation hybride et bénéficie encore d'une armée de collaborateurs et d'ingénieurs du son. Cependant, si les premières compositions de cet opus épousent un profil mélodique pop particulièrement contagieux, au fil des morceaux, le climat tourne progressivement à l'ambient. Une ambient aventureuse, ouverte à des courants musicaux aussi divers que le jazz, le funk, la samba, la world et le krautrock. Can, Beck et Tuxedo Moon ont plus que probablement laissé des traces dans l'esprit de ces deux musiciens. Elles ne sont pas toujours évidentes à déceler, mais elles sont pourtant bien présentes. No Underground? Si, si, très underground!

 

North Mississippi AllStars

Shake hands with Shorty

Écrit par

Sous cette étiquette se cache deux frères dont le père n'est autre que le redoutable et réputé producteur de Memphis, Jim Dickinson. Le groupe pratique un blues très roots dont le côté immédiat, direct, comme issu des juke joints et roadhouses locaux ne peut mettre en doute l'étiquette Mississipi. D'ailleurs, il traîne ça et là un côté Fat Possum qui ravira les nombreux adeptes du style. Nul doute que le père Jim avait eu le bon goût de familiariser ses rejetons aux styles aussi divers que ceux des Mojo Dixon, Willy DeVille, Replacements et autres Jon Spencer.

Le groupe existe depuis plusieurs années. Il a forgé son expérience en jouant quelques 150 concerts par an. Les titres qui composent l'album sont joués depuis bien longtemps sur scène, et c'est sans nul doute une preuve d'intelligence d'attendre cette maturation avant d'enregistrer. Luther et Cody vivent dans les collines du Nord du Mississippi. C'est là qu'ils se sont forgés leur style, à l'écoute de Fred McDowell. Mais également lors de leur rencontre avec Junior Kimbrough et R.L Burnside Deux des fils de ce dernier, Cedric et Gary sont de la partie en tant qu'invités.

La saveur boueuse du Mississippi suinte vraiment sur "Shake 'em on down", avec slide électrique et bottleneck acoustique à l'appui. Les vocaux ne sont pas le point fort. Cependant, question cordes, et notamment sur "Drop down mama" de R.L Burnside, la collision de la guitare et de la slide peut rappeler de belles tranches musicales, partagées entre Dicky Betts et Duane Allman, au sein de l'Allman Brothers Band. Ce bain sudiste se répète sur "Po' back Maddie", un boogie signé Fred McDowell. Les voix et les riffs produits sur "Skinny woman" peuvent eux, il est vrai, faire rêver aux échanges opérés entre Eric Clapton et Jack Bruce, aux débuts de Cream, avant de retomber aux mêmes références déjà citées. Et oui, un solide parfum du passé se dégage de cet album. Mais aussi un gage d'authenticité, hérité en ligne droite du Delta. A l'instar de la simplicité même de "Drinkin' muddy water" qui fait mouche. Ecoutez attentivement "Going down South". Ce titre rappelle le Cream de la grande époque. D'ailleurs, si le solo de guitare démontre l'étendue de cette spécificité, les percussions assez sauvages sont très proches du grand Ginger Baker. Il est vrai que les fils Dickinson sont renforcés par les frères Burnside et la symbiose est totale! La dernière plage, " All night long ", propose une long jam de plus de neuf minutes, passant de l'ambiance sudiste des Allman Brothers à celle plus libérée de Grateful Dead. Ah oui, j'allais oublier cette plage cachée, espèce de faire-valoir du batteur Chris Chew. Un album spontané et rafraîchissant!

 

Claude Nougaro

Embarquement immédiat

Écrit par

Pas le temps de flâner sur le port, jazz à bâbord et à tribord. Avec un big band pour rythmer la cadence et un auteur au mieux de sa forme pour tenir le gouvernail, le paquebot-Nougaro démarre en trombe. Coup d'œil ironique sur la Jet set, regard nostalgique sur ces bas dénigrés par les femmes modernes (la chanson la plus percutante de l'album), couplet machiste sur " Cette salope " qui " Déménage de l'un à l'autre ". Chaque fois ou presque (" Anna " est un peu faible), le texte fait mouche et renforce le plaisir rythmique. Soudain, le paquebot-Nougaro arrête les machines. Le capitaine laisse voguer calmement son imagination et ses souvenirs. Un délice tant pour rendre hommage à " La langue du bois " (sur un martèlement très africain) que pour décrire un tableau de Renoir ou raconter ce temps où papa appelait maman " Mademoiselle ". Du grand art, réalisé à 71 ans avec la complicité d'Yvan Cassar, " Le Vivaldi de mes quatre saisons ", dit Nougaro. Mais pourquoi donc parler de son âge ? C'est le talent qui compte, pas le calendrier.

 

Darrell Nulisch

I like it that way

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Darrel est un vrai Texan. Né à à Dallas en 1952, il est devenu célèbre en exerçant le rôle de chanteur au sein d'Anson Funderburgh & the Rockets et de Ronnie Earl & the Broadcasters. Depuis 1990, il mène une carrière plus ou moins individuelle. Leader du Texas Heat, il a ainsi gravé "Business as usual" sur Back Top en 91 ; puis sous son patronyme "Bluesoul", sur Higher Plane en 96 et "Whole Truth" sur Severn en 98.

Pour concocter " I like it that way ", il a de nouveau accordé sa confiance au guitariste Johnny Moeller. Un fidèle compagnon qui a sévi sur les derniers albums de Darrell ; mais également un musicien qui est responsable d'un album intitulé " Return of the funky worm ", enregistré avec l'ex Red Devils, Paul Size, sur Dallas Blues Society. Et un nouvel opus solo est annoncé sur ce même label.

"I like it that way" s'ouvre sur une bien jolie ballade. Son titre? "You tore my playhouse down". Elle met de suite en évidence les remarquables qualités vocales de Darrell. Embrayant avec "Getaway place", qui laisse tout l'espace à Johnny pour accorder une remarquable partie de guitare. Ballade d'une beauté et d'une fraîcheur rares, " After all " introduit le piano du très doué Benji Porecki, sur fond d'orgue, et débouche sur la voix lumineuse de Nulisch. Et les quelques ballades soul qui s'ensuivent, fixent l'emprunte du chanteur texan. Deux très beaux blues figurent sur l'album. Une interprétation passionnée de "Worried dream" de B.B King. A mon humble avis, la meilleure plage de l'opus. Et le célèbre "Mean old world". Non pas d'Otis Rush, mais de Little Walter. Particulièrement swing, cette version permet à Porecki d'exprimer son talent à l'orgue Hammond. L'album se termine dans le R&B, avec "Trick or treat" d'Otis Redding, qui souligne les qualités de la section rythmique, constituée de Steve Gomez, à la basse, et de Rob Stupka, à la batterie.