Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Weezer

The green album

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Le bassiste Matt Sharp s'est donc barré en 1998, pour se consacrer entièrement à son projet The Rentals. Il a bien été remplacé, mais il faut croire que ce départ conjugué au flop de l'album " Pinkerton ", paru en 1996, a été gravement préjudiciable au groupe. 5 ans plus tard, la bande à Rivers Cuomo sort enfin la tête de l'eau. Avec un album qui dépasse à peine les 28 minutes. Mais les dix titres qui le composent ont le mérite d'accrocher l'oreille. Pas de quoi crier au génie ni espérer des titres fondamentalement originaux, mais les chansons contagieuses, spontanées et rafraîchissantes allient parfaitement pop et rock sur fond de mélodies californiennes. Le seul problème, c'est qu'en une demi-décennie, la musique a évolué. Pas Weezer…

 

T-Bone Walker

Back on the Scene

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Aaron Thibeaux Walker est né en 1910 au Texas, à Linden très exactement. Très jeune, il acquiert le surnom de T-Bone (pour Thibeaux). A l'instar de Charlie Christian de l'orchestre de Benny Goodman, et d'Eddie Durham du Count Basie Band, il est un des premiers à amplifier sa guitare. T-Bone, c'est sans aucun doute l'une des figures majeures de la guitare blues. Il nous a quittés en mars 72. Cet album reprend des témoignages live immortalisés en 1966, au Texas. Tout particulièrement à Houston et à Pasadena. Si à cette époque, le meilleur de sa créativité était déjà derrière lui, force est d'avouer que le blues qui se dégage de ces bandes est tout à fait envoûtant!

L'album débute par "Good boy" ; un superbe blues, très swamp dans la démarche, soutenu à l'arrière par le chromatique (NDR : indispensable dans le style !) d'Harmonica Fats. "Natural ball" campe un style West Coast que Walker a porté sur les épaules pendant de longues années. Les plages lentes sont réellement émouvantes. Son T-Bone blues vous possède. La sensibilité qui se dégage de "Please come back to me" est tout à fait saisissante. T-Bone n'est entouré que d'une section rythmique et de l'orgue de Willard "Piano Slim" Burton. 1966 était la grande époque du blues blanc. Du british blues tout particulièrement. Une époque au cours de laquelle beaucoup d'Européens ont fait connaissance avec le blues. Entendre le T-Bone d'alors ne peut que nous amener à saluer ce seigneur. Lorsque le tempo s'accélère, sa guitare se libère dans un flot de notes dévastateur. A l'instar de " She's my old time used to be ". L'approche des cordes sur "Back on the scene" reflète tout le blues qui habite l'artiste. La finale "Afraid to close my eyes" nous donne le dernier frisson. Ce n'est sans doute pas le meilleur enregistrement de T-Bone Walker, mais le blues est bien présent de la 1ère à la dernière seconde.

 

Steve Wynn

Here come the miracles

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A ce jour, Steve Wynn doit avoir commis près de vingt-cinq albums. En comptabilisant ceux qu'il a enregistrés en solo, au sein de Dream Syndicate, de Gutterball et en compagnie de Dan Stuart chez Danny and Dusty. Et jamais, je n'ai été déçu. Alors, vous vous doutez bien que lorsqu'il grave un double album, il y a de quoi être doublement satisfait. D'autant plus que pour la circonstance, il s'est entouré d'excellents musiciens. Et en particulier le guitariste de Come, Chris Brokaw, son pote et ex-claviériste de Green On Red, Chris Cacavas, ainsi que du bassiste Dave DeCastro et de la drummeuse Linda Pitmon ; c'est à dire l'incontournable section rythmique qui l'accompagne lors de ses tournées. Sans oublier le concours de John Convertino et de Howe Gelb sur l'un ou l'autre fragment. Ce qui explique sans doute pourquoi Craig Schumacher (NDR : aucun lien de parenté avec les célèbres frères, pilotes de formule 1) en a assuré la production. Aux studios ‘Wavelab’ de Tucson. Là où justement, il collabore régulièrement à la mise en forme des œuvres de Calexico et de Giant Sand. Et pour mettre la touche finale, le mixing a été confié à John Agnello (Dinosaur Jr, Cell). Steve a ainsi réuni les conditions optimales pour commettre un ‘must’. Et il n'a pas manqué l'occasion.

En dix-neuf titres, il est parvenu à passer en revue toute l'étendue de son talent ; mais aussi sa capacité à transcender celui de ses invités. Tout son registre y passe : garage, rock, pop, psychédélisme, free jazz, blues, urban rock, punk et même un zeste de gospel. De quoi faire le plein d'énergie et pourquoi pas entamer la danse du scalp, les écouteurs sur les oreilles, sur la table du salon. Vous n'êtes pas convaincus ? Et bien passez donc sur votre chaîne un " Watch your step " ou encore un " Southern California line " à fond la caisse ; et vous allez voir vos voisins déterrer la hache de guerre… Steve vient probablement de réaliser son " Exile on main street ", son " Physical graffiti ", son " Zen arcade " ; mais pour que ce disque se transforme en succès, il faudrait peut-être un miracle. On peut toujours rêver !

 

Mitch Woods

Jump for Joy

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Originaire de Brooklyn, Mitch Woods fêtera ses 50 ans cette année. Il s'est installé, voici 20 ans, sur la West Coast ; à San Francisco très exactement, où il vit toujours actuellement. M. Woods & his Red Hot Mama était sa 1ère formation. Depuis 80, elle a changé son patronyme en Rocket 88's. L’ensemble avai déjà commis 4 albums pour Blind Pig: "Steady date" en 84, "Mr Boogie's back in town" en 88, "Solid gold Cadillac" en 91, et "Shakin' the shack" en 93.

Le dernier album de Mitch remonte à 96 : "Keeper of the flame". Il est sorti sur Viceroy. Fervent adepte du boogie woogie et du jump R&B pratiqué au cours des 40s et des 50s, il reconnaît pour maîtres dans ce domaine, Louis Jordan, Wynonie Harris, Joe et Jimmy Liggins, Amos Milburn et Roy Milton. "Jump for joy" est totalement imprégné de cette musique qui jumpe et swingue tous azimuts. Mitch est parvenu à composer toutes les plages dans l'esprit de l'époque. Il est admirablement secondé par son fidèle guitariste Dany Caron et entouré par un véritable mur de cuivres composé de 4 saxes, de 2 trompettes et d'un trombone. Les arrangements sont signés Michael Peloquin. Pour le reste, il est difficile d'épingler l'une ou l'autre composition de l'ensemble, tant ce big band sound forme un tout homogène.

Les titres parlent d'eux-mêmes : "Jump in the groove and go", "Jive, Mr Boogie", Golden Gate jump" et bien sûr, "Jump for Joy". J'épinglerai quand même au passage, "Swingin' at the Savoy", référence évidente au célèbre Savoy Ballroom. L'un des héros de Woods est indéniablement Cab Calloway. Il est imparable sur "Palm tree tie". Dans le style, cet opus est vraiment excellent. Très à l'aise au piano, Mitch a su assimiler le meilleur des maîtres du boogie woogie. Dans cet exercice de style, "Walk across Texas" est un régal. Il a aussi digéré l'héritage de la Nouvelle Orléans. Et en particulier celui que nous a laissé Dr John et Professor Longhair. Il le démontre tout au long de "Not a good part of my life".

 

Todd Wolfe

Wolfe

Écrit par

Wolfe, c'est d'abord Todd Wolfe, le leader, chanteur, guitariste, compositeur et producteur du combo qui porte son nom. Un New-yorkais qui a été le guitariste attitré de Sheryl Crow, de 1993 à 98. En 96, il avait fondé Mojoson, un groupe qui mêlait blues et rock psychédélique. Il a ensuite sévi au sein du Todd Wolfe Blues Project, en compagnie duquel il a sorti l'album "Live at Manny's Car Wash".

"Heaven" ouvre l’opus. La meilleure plage du disque. La slide est légèrement amplifiée, la voix assurée, l'inspiration puisée dans le Delta du Mississippi. "Light of day" et "Roll over" relèvent du southern rock offensif. A cause du jeu assez lourd de la section rythmique et des riffs de guitare réverbérés. "Silver blue" marque le retour de la slide. La prise de son est excellente. La slide transpire à l'avant-plan. Nous sommes à nouveau dans l'esprit du Delta. "Black night" a été écrit par Jesse Mae Robinson. Un slow blues mené à la manière d'un Jimi Hendrix assez bavard. Et dans le style, c'est plutôt bien réalisé. Toujours très ‘hendrixienne’, mais période Band of Gypsies, "Shame" est une longue épopée funky de plus de 8', au cours de laquelle la succession de notes torturées a le mérite de faire danser. "On the run" est un boogie rapide. La slide se veut menaçante. Elle sue de partout. L'harmoniciste de Blues Traveler, Jon Popper est de la partie. Il souffle une succession de notes bien musicales dont il a le secret. "Wing of dove" opère un nouveau retour au southern rock. La guitare mystérieuse se tourne vers les sphères psychédéliques. Le voyage continue au cœur de l'atmosphère pesante et suspicieuse d' "East of you". Wolfe commet alors une version très électrique du "Come in my kitchen" de Robert Johnson. L'opus recèle, en outre, un morceau caché. Un instrumental qui adopte un ton jazz!! Wolfe consacre les bénéfices de la vente de ce bon album de hard rockin' blues à la Croix Rouge et à l'association internationale des sapeurs pompiers. Le brave homme!

 

Within Temptation

Mother Earth

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Within Temptation partage la même nationalité que The Gathering, After Forever et Trails Of Tears ; et à l'instar de ces trois formations, il évolue dans un métal gothique chanté au féminin. Mother Earth s'expose donc à d'inévitables comparaisons qui n'ont néanmoins pas forcément lieu d'être. Si d'aucuns pensent que métal et symphonisme sont aussi antinomiques que la musette et le gangsta rap, ce n'est pas ce nouveau joyau du combo des Netherlands qui va apporter de l'eau à leur moulin. Marié à de classieux arrangements progressifs et symphoniques, le chant lyrique de la nymphe Sharon Den Adel transporte l'auditeur dans une nouvelle dimension romantique. Un voyage magnifique de près d'une heure dont on ne reviendra que pour appuyer sur la touche replay du lecteur laser. Mother Earth flirte avec le chef d'œuvre, sans nul doute. Doté d'influences classiques et baroques, le mini elpee " The Dance " en abordait déjà les prémices ; et les dernières prestations live laissaient pressentir que le groupe était techniquement prêt à hausser le niveau. Seule faute de goût, la balade sirupeuse et tubesque " In perfect harmony ", une composition qui évoque les lamentations pleurnichardes de certaines chanteuses à succès. Mais c'est bien l'unique reproche que l'on pourrait faire au très pertinent Within Temptation, qui impose indéniablement sa personnalité…

 

Dana Winner

Unforgettable

Écrit par

Ce disque est exclusivement constitué de reprises de compositions écrites au cours des années 80. Aucune note n'a été modifiée et aucun apport musical personnel n'a été apporté ! Malheureusement, en dehors du son et des mélodies déjà entendus, il n'y a que peu d'informations sur les compositions reprises par Dana Winner. Sa voix est relativement commune, proche de celles qui sont largement diffusée sur les ondes, par de multiples artistes de tout acabit. Et ses interprétations sont aussi ennuyeuses que sa biographie… Qui nous apprend qu'elle a gagné cinq années de suite, le prestigieux ‘Gouden Oog’ award (!?!?). Qu'elle est considérée comme la chanteuse belge la plus populaire (NDR : par qui ? Suivant quelles sources ? Je suppose que la personne qui s'est chargée du sondage désire certainement garder l'anonymat). Qu'elle compte 12 ans de carrière, est mariée et a une fille qui répond au nom de Chinouk. Qu'elle est connue à travers une multitude de pays, tels que les Emirats Arabes, la Jordanie, le Koweit et la Flandre… Qu'outre sa passion pour son mari et la chanson, elle pratique du sport, en particulier le volley-ball, et aime passer un certain temps en compagnie des animaux ! ! ! ! Qu'elle dispose d'un site Internet, etc. Bref, si vous voulez en savoir davantage, je vous invite à aller visiter son site, parce que n'ayant pas eu l'impression de tirer le numéro gagnant avec Dana Willer, je préfère m'arrêter là…

 

Kim Wilson

Smokin´ joint

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Tous les amateurs de blues contemporain sont unanimes : Kim Wilson est l'un des tous meilleurs, sinon le meilleur harmoniciste contemporain. Il est aussi un chanteur puissant au timbre vocal riche. Il affiche une présence de scène imparable. Bâti littéralement comme un athlète bodybuildé, il s'est désormais taillé le crâne comme un œuf. L'ancien Fab-T a enfin enregistré live, non pas pour son label Blue Collar, mais pour MC. Le tout a été immortalisé lors de deux concerts. Le premier accordé en février 99 à Phoenix, en Arizona ; et l'autre en décembre 2000, au Café Boogaloo de LA. Point commun à ces deux concerts, la fidèle section rythmique composée des anciens du Hollywood Fats Band. En l'occurrence Larry Taylor à la basse et Richard Innes à la batterie. A Phoenix, deux gratteurs au talent confirmé complétaient le line up : Rusty Zinn et Billy Flynn.

A LA, nous le retrouvons en compagnie de 2 autres guitaristes : le coloré Kirk Fletcher et l'inconnu Troy Gonyea. Le claviériste Mark Stevens complétant l'équipe. Et vous vous en doutez, la solution sonore vole à très haut niveau tout au long des 7 titres de Phoenix et des 6 autres provenant de Los Angeles. Vu la nature live de ce disque, les plages sont naturellement tirées en longueur, laissant ainsi l'espace aux solistes pour s'exprimer. Les deux blues lents sont bien connus. "Early in the morning", tout d'abord. De sa slide, Billy Flynn parvient à ne libérer que les notes nécessaires. Une intervention exceptionnelle ! Ensuite un "Telephone blues" adressé en forme de clin d'œil au maître de Kim, George Smith. Kim parvient sans difficultés à faire swinguer toute cette machine. A l'instar de "I stay in the mood". Et puis surtout de "Got to let you go". 9 minutes de bonheur procurées par les interventions de Wilson, de Fletcher et de Gonyea. Réponse immédiate de la paire Zinn/Flynn sur "Tomorrow night". Instrumentale, la plage titulaire libère un shuffle pas possible ! Kim doit avoir plusieurs poumons ! Il reste aussi toujours inspiré par le Chicago blues. Comme sur l'impeccable "High and lonesome" de Jimmy Reed, qui met Billy Flynn à l'honneur. Aux dernières nouvelles, Kim aurait enregistré un album à Memphis. En duo. Avec la vedette du label MC, Big Jack Johnson. Un disque de Delta Blues sur lequel Pinetop Perkins est venu donner un coup de piano sur deux titres. Il devrait paraître début 2002.

 

Robbie Williams

Swing When You´re Winning

Écrit par

Robbie Williams souhaite élargir son répertoire musical. Franchement inspiré par Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Junior et autres crooners, Robbie Williams a voulu rejoindre ce cercle fermé, en commettant cet elpee. Pour y parvenir, il a réuni tous les éléments nécessaires : grand orchestre, duos de charme (notamment avec Nicole Kidman), quelques reprises des maîtres ainsi que quelques compositions personnelles. Le problème est que rationnellement, il ne suffit pas toujours de désirer, même très fort une chose pour qu'elle devienne réalité… La musique est grandiose. Enrobée de violons, pianos, trompettes et autres instruments, elle nous invite au rêve et à l'évasion. Et je pense tout particulièrement à la première chanson écrite par Robbie. On y croit jusqu'à ce qu'il se mette à chanter. Sa voix est trop aiguë, sans chaleur ; elle ne dégage pas la sensualité des timbres chauds et vibrants des crooners du temps passé. Au cours de ces exercices de style, il n'est pas difficile d'imaginer le l'image d'un gentleman tiré à quatre épingles dansant et chantant sur une scène illuminée. Il est par contre très désagréable d'y voir apparaître un vilain garçon déguisé en pingouin…

 

Kim Wilde

The very best of Kim Wilde

Écrit par

Fille de la chanteuse des Vernon Girls, Joyce Smith, et de Marty Wilde, adaptateur de succès du rock'n roll américain, qui connut la notoriété à la fin des années 50, Kim a aligné toute une série de hits entre 1981 et 1986, avant de disparaître dans un relatif anonymat. Des tubes qui, à l'instar de " Kids in America ", " Cambodia ", " Love blonde " et la reprise des Supremes, " You keep me hangin' on ", ont flirté avec les sommets des charts. Jolie, sensuelle, parfois même provocante, elle a constitué, au cours de cette brève période, la réponse insulaire à Debbie Harry. Qui ne manquait pas de charme, non plus, il faut le souligner. Bref, je dois avouer ne pas avoir boudé mon plaisir en réécoutant la voix acidulée de Kim. Dommage que le booklet soit un peu terne…

 

Wicona Airbag

Up With People

Écrit par

Et un petit belge signé chez Roadrunner, un ! Au delà des ces simples considérations nationalistes, Wicona Airbag a, selon moi, le désavantage d'ouvrir la voie. Ce qui explique sans doute pourquoi le disque est un peu passe-partout. Les premiers intéressés par la musique du membre d'un groupe qui a écumé mon plat pays (Hoodoo Club), ne devraient pas se tourner naturellement vers ce label qui, c'est bien connu, est un vivier d'artistes brutaux et écervelés. Preuve d'ouverture d'esprit d'une major ou récupération des sonorités bien dans l'air du temps ? La question mérite d'être posée. Car Wicona Airbag marche plutôt sur les pas d'un Evil Superstars séduit par une touche plus mécanique que passionnelle dans sa musique. L'ennui c'est que Wicona Airbag doit être moins drôle et plus coincé sur scène. Maintenant, ce "Up with people" ne manque pas de chansons vraiment sympas et pourrait trouver son lot d'auditeurs. De là à les transformer en cohorte de fans…

 

Chris Whitley

Rocket house

Écrit par

Après avoir commis six albums, dont la ligne de conduite reposait essentiellement sur la guitare, Chris Whitley a décidé de changer radicalement de style. Oh bien sûr, son timbre vocal éraillé, tendre et viscéral est toujours capable d'enflammer à lui seul les mélodies. Et puis la guitare n'a pas pour autant été rangée au placard. Ni le piano spectral. Mais ces instruments doivent composer avec un tas d'arguments technologiques. Samples, boîtes à rythmes, synthés et autres accessoires se fondent ainsi parfaitement au sein de l'instrumentation basique. Mais pour réaliser cette symbiose, Chris a fait appel à DJ Logic. N'imaginez cependant pas que la solution sonore soit passée pour autant au rap, au hip hop ou à un rock convulsif, réminiscent de Rage Against The Machine. Non, elle baigne dans une sorte de trip hop à forte coloration blues, trip hop ondulant au rythme de vibrations tribales, urbaines ou krautrock. Libérant même très souvent un groove aussi lisse que menaçant. Un peu comme si Howlin' Wolf et Tricky avaient décidé de faire une jam. Côté collaborateurs, Chris n'a pas lésiné sur les moyens. On y retrouve ainsi sa sœur Trixie sur deux fragments. Les vétérans Dave Mathhews et Brune Hornsby, également. Et puis surtout Tony Mangurian, à la production. Un musicien qui a autrefois joué en compagnie de Dylan et de Willlie Nelson. Ce qui, ma foi, est une fameuse carte de visite. Un must !

 

Zeke

Death Valley

La Vallée de la Mort est cet endroit cauchemardesque sis au fond du désert américain, coincé entre les Rocheuses, Las Vegas et Hollywood, où il ne fait pas bon se promener sous peine de mourir piqué par un scorpion ou bouffé par les vautours. Ecouter Death Valley du groupe Zeke procure la même sensation : en 28 minutes de riffs acérés, de grosse batterie et de chant névrosé, l'envie vous prend de tout péter dans les alentours, manche de balai en main (pour le côté rock'n'roll) et rictus de dément sur la figure. D'ailleurs, les 4 rednecks de ce groupe originaire de Seattle joignent le geste à leurs paroles (assez débiles d'ailleurs) au dos du livret, exhibant fièrement haches et tronçonneuses au cas où l'auditeur énervé par le rythme trop soutenu des morceaux aurait envie de… euh, ben oui, tout péter. Et puis le chanteur, Mark of the Beast (sic), nous le martèle assez dans les chansons : pas question ici de se la jouer à la Mercury Rev, trip écolo et angélisme de bon teint, c'est du rock'n'roll pur jus, 100 % gras et lourd, dédié à la baise et à Satan (Evil Dead, Eyes of Satan), bref à notre bon vieux côté bestial (Animal). En d'autres termes, Death Valley est un album qui vous saute à la gueule comme un pit-bull en manque de chair fraîche. A réserver en particulier aux fans de Motörhead, Judas Priest et Nashville Pussy.

 

Thalia Zedek

Been here and gone

Écrit par

Que ce soit chez Dangerous Birds, Uzi, Live Skull ou Come, au sein duquel elle sévit toujours, Thalia Zedek s'est toujours évertuée à tordre le rock 'n roll conventionnel pour en récupérer une solution ténébreuse déchirée entre convoitise, malice et désir perverti. Faut dire que son timbre vocal écorché, âpre et nicotiné possède toutes les propriétés pour créer un tel climat. Pour enregistrer son premier opus solo, elle a reçu le concours de son band habituel. Pas pour y injecter leur dose d'électricité habituelle, aussi redoutable que sulfureuse ; mais tout simplement pour accompagner Thalia à l'aide de l'instrumentation la plus dépouillée et la plus sobre possible : piano, guitare acoustique et violon tzigane apportant ici la pierre à cet édifice avec beaucoup de subtilité et d'efficacité. Un violon qui atteint même le sommet de sa charge émotionnelle sur le remarquable " Desanctified (full circle) ". A vous flanquer des frissons partout ! Et à l'instar d'une Mariane Faithfull, dont elle semble se rapprocher de plus en plus du timbre vocal, Thalia se lance également dans l'exercice de la reprise. En l'occurrence, le " Dance me to the end of love " de Léonard Cohen, exercice qu'elle accomplit avec beaucoup de maîtrise. Dans le style, Zedek vient de commettre un superbe album !

 

Yuppie Flu

The blue experiment

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Trois versions du morceau maître sur le nouveau maxi de cette formation italienne drivée par un certain Matteo Agostinelli. Alors que " The blue experiment " et la bossa nova contemporaine " Boat on swim " figuraient sur leur dernier album, " Hollow beep ", présenté sous la forme d'un bonus track, " 1967 " est un inédit. Si vous appréciez les paysages sophistiqués, élégants et visionnaires de Mercury Rev, la musique de Yuppie Flu devrait vous botter. Même les parties vocales sont aussi éthérées ! Seule différence, tout en sculptant leurs mélodies dans les cordes de guitare acoustiques, la formation péninsulaire a presque exclusivement recours à la musique électronique, et en particulier aux synthétiseurs analogues, pour tirer parti au maximum des oscillations sonores. Et, je dois avouer que sous cette forme hybride, la musique est vraiment séduisante !

 

Yum

Monokid

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Yum, c'est avant tout Lennard Busé et Reinert D'Haene. Hollando-canadien, le premier chante et écrit les lyrics. Membre d'Ashbury Faith, le second est anversois et se charge des drums. Tous deux jouent également de la guitare acoustique, instrument qui sert de base à leurs chansons, avant qu'ils ne les enrichissent de sonorités électroniques.

Pour enregistrer " Monikid ", ils ont quand même reçu le concours de quelques collaborateurs. Le guitariste d'Ashbury Faith, Matthias Van der Hallen, tout d'abord. Le frère de Reinert, également. Geert. Préposé aux bips et aux loops. Mais surtout Gary Langan à la coproduction et au mixing. Pour ceux qui l'ignoreraient, Langan était le bras droit de Trevor Horn. Fondateur d'Art Of Noise, il a travaillé pour ABC, Yes, Frankie Goes to Hollywood, The The, Scritti Politti, McCartney, Mick Jagger, Michael Jackson et PIL. Excusez du peu !

Le premier album de ce duo semble, en tout cas, particulièrement contaminé par la new wave et l'électro pop des eighties. Peu convainquant dans ses ballades post A-ha, sub Yazoo, ou calquées sur Sting, il devient franchement séduisant lorsqu'il embrasse le sens mélodique minimaliste du Depeche Mode circa " See you " ou " Never let me down again ". A l'instar de l'excellent " Day one ". Et même étonnant sur l'électro-industriel " Break your hands ". Une composition frénétique, dont le tempo viscéral et les vocaux écorchés me rappellent le défunt Poésie Noire…

 

Yes

Magnification

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Pour enregistrer son nouvel album, Yes a purement et simplement décidé de remplacer les claviers par un orchestre symphonique. Et ce, sous la direction de Larry Groupe, mieux connu pour la composition de ses musiques de films. Un personnage qui s'est, en outre, occupé des arrangements. Il y a bien, ça et là, un zeste de piano, dispensé par le drummer, Alan White. Mais pas de claviériste. Le groupe n'avait plus eu recours à une semblable formule depuis 1970. Pour l'enregistrement de " Time & a word ". Une formule qui était alors, bien dans l'air du temps, mais qui n’a pas été couronnée de succès. N'empêche, la période la fructueuse du groupe s'étale de 1969 à 1975. Lorsque sa musique à la fois belle et complexe, originale et intellectuelle, souvent fracturée mais également lumineuse, était capable de nous plonger dans un univers autant visionnaire que majestueux. Une symphonie des temps modernes recherchant, au delà du swing, de l'obsession rythmique, des tangages éphémères, une sorte de sublime. C'est également au cours de cette époque que Yes est devenu un des flambeaux de la musique dite progressive. Il y a bien eu un sursaut en 1983, consécutif à la sortie du hit " Owner of the lonely hearts ". Mais depuis, il faut reconnaître que la musique de cette formation n'a plus guère progressé (!?!?!)… Pourtant, ce " Magnification " ne devrait pas trop déplaire aux nombreux aficionados du combo. Squire, Howe et White y rivalisant de virtuosité, pendant que Jon Anderson, de son timbre falsetto, presque androgyne, filtre la solution sonore. M'enfin, on est encore loin des " Close to the edge ", " Fragile " et du " Yes album ". Pour nostalgiques uniquement !

 

Zop Hopop

Western

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Interprète/compositeur et multi-instrumentiste capable de passer de la guitare à la batterie ou de l'harmonica à la basse, avec une facilité déconcertante, Sacha Toorop a acquis son expérience au fil des tournées en jouant de la basse pour Dominique A tout d'abord. Et puis aujourd'hui comme batteur pour Françoise Breut, la copine du natif de Provins. Il lui arrive, de temps à autre, de penser à lui. Et d'enregistrer sous le patronyme de Zop Hopop, le nom d'un personnage BD qu'il avait conçu, à l'époque où il tâtait du 9ème art.

" Western " constitue son deuxième album. Un disque qui nous propose un voyage musical éclectique, mélange de sérieux, de poésie et de douceur, mais aussi de douleur contenue, que Sacha souligne de son timbre vocal légèrement nasillard et éraillé. Un périple qui nous entraîne du paso doble (NDR : le titre maître !) au drum 'n bass spectral " The teller ", en passant par la petite musique de chambre (" What I ought to do "), le country blues minimaliste (" Right and wrong "), la world antillaise (" Coumba "), le r&b intello " Ain't no good " (NDR : imaginez une rencontre hypothétique entre Isaac Hayes circa " Shaft " et Tuxedo Moon), la valse lente " Burned up with desire " et le jazz cuivré, fiévreux, sur fond de mélodie pop, " Goggy ". Sans oublier les 9'18 de " Here is a place " qui s'ébrouent au rythme de bruitages psychédélico-obsessionnels, réminiscents du Whole World de Kevin Ayers, avant de s'enrober de cordes, pour finalement virer à la mélodie mélancolique. Pensez à Sophia. Et un morceau caché corrobore cette dernière impression, mais sous son aspect le plus intimiste.

 

Zita Swoon

Life = a sexy sanctuary

Écrit par

"Every day I wear a greasy black feather on my hat", premier album de Moondog Jr et "I paint pictures on a wedding dress", le précédent opus de Zita Swoon, observaient une ligne de conduite plutôt roots, très expérimentale, fortement hantée par l'esprit de Captain Beefheart. Pour celles ou ceux qui l'ignorent encore, Zita Swoon est le groupe de l'ex bassiste de dEUS, Stef Kamil Carlens. Il avait d'ailleurs participé aux albums " Worst case scenario " et " In a bar under the sea ". Sur " Life = a sexy sanctuary ", le spectre de Don Van Vliet a été balayé par celui de Bowie. Seule la composition " Teacher " est l'exception qui confirme la règle. Pour le reste, hormis Josiewitchgirl ", alimenté par des contre mélodies dignes de Peter Hammill, le premier fragment " Fun for free ", découpé dans la pop capricieuse et contagieuse de dEus, et le funk/hip hop " The banana Queen ", l'opus grouille de références à la trilogie Low/Heroes/Lodger. On a même droit sur " People are like slamming doors " à des harmonies vocales glamoureuses. Mais n'imaginez pas que Zita Swoon se contente de décalquer ces illustres références. Non, il les resculpte dans son univers baroque, au sein duquel richesse et sophistication n'ont peut-être jamais fait aussi bon ménage…

 

3 Doors Down

The better life

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Avant d'enregistrer ce premier album, ce quartette a certainement dû beaucoup écouter Alice In Chains et Soundgarden. Puis décidé d'injecter dans son expression sonore une bonne dose d'acoustique et quelques samples ; histoire de mieux faire passer la pilule. Personnellement, ce type de métal, qui bénéficie pourtant ici de la mise en forme impeccable de Paul Ebersold (Sister Hazel) et de Toby Wright (Alice In Chains, Korn) aux manettes, me reste sur l'estomac…

 

Pierre Surquin

Une affaire d´état

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« Une affaire d'état » constitue le premier album du Tournaisien. Enfin, Pierre Surquin et son band, car il faut reconnaître que ses musiciens ont largement contribué à l'enregistrement de cet opus. Tout d'abord Cédric Delahaye. Le claviériste. Qui a compris le rôle fédérateur qu'il devait jouer au sein de la musique de Pierre. Un seul dérapage, " Une idée arrêtée ". C'est aussi le seul fragment faible de l'elpee. Mais aussi le plus complexe. Si Pierre a écrit la musique, les lyrics sont partagés entre Fabrice Delmeire et Jacques Godard. Des textes, ou plus exactement des poèmes baroques, composés dans la langue de Voltaire, qu'il chante de son baryton profond, intimiste. Sauf pour " L'écho du havre ", un fragment dont l'aridité des guitares sculptées dans le funk blanc est adouci par son exercice en falsetto. Un seul instrumental. Et très court : " Les titres parlent d'eux-mêmes ". Et puis un morceau caché. Probablement intitulé " D'étranges affinités ". Qui libère une électricité sauvage, décapante, dont l'intensité me rappelle… Sonic Youth. Mais venons-en au cœur de l'opus. Particulièrement riche, " L'été se termine " est agité par un psychédélisme ambiant, tramé entre les guitares et les arrangements particulièrement riches. Tribal, envoûtant, " Et ça en est là " aurait pu figurer dans le répertoire d'un Bernard Lavilliers. Nonobstant les guitares redoutables, les claviers aquatiques et le zeste de techno, " La forge " épouse un profil mélodique proche d'un Voulzy, mais un Voulzy qui se serait intéressé à la pop alternative. Pop, satinée, légèrement cuivrée, " De l'infini à zéro " constitue probablement la chanson la plus contagieuse de l'elpee. Imaginez qu'Ultravox se soit intéressé à la bossa nova, et ce n'est pas " Rien qu'un malentendu ". Chez " Ce compagnon qui filait doux ", le minimalisme est de rigueur, mais un minimalisme chatoyant, chaleureux, légèrement cuivré, saupoudré de percus élégantes, de claviers organiques ou en boucles, et d'accords de guitare délicatement reverb. Apparemment calme, intimiste, " Ma vision est trouble " s'agite en permanence, se tourmente au fond de l'âme. Enfin " Langue pendue " s'ébroue sous une forme paisible, avant de glisser progressivement vers une consommation électrique de guitares libérées, vivaces, vivifiantes, réminiscences d'American Music Club et de Wheat… Pour un premier album, Pierre vient probablement de réussir un coup de maître…