Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Hevia

The other side

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José Angel Hevia est un musicien espagnol qui jouit d'une solide réputation en Hongrie, en Italie et bien sûr dans son pays. Il joue de la flûte, siffle, programme, mais surtout souffle dans toute une série de cornemuses, dont une électronique. Pour enregistrer cet opus, il s'est entouré d'une véritable armée de collaborateurs. Qui se partagent instrumentation conventionnelle, mais également ethnique. Sans oublier la participation ponctuelle de l'Orchestre Symphonique de Prague avec chœurs slaves et tout le saint tremblement. Bref, un contexte idéal pour permettre la confection d'une œuvre de world music intéressante. On est loin du compte ! Pire, on a parfois même l'impression d'avoir déjà entendu ce genre de soupe sonore, dans un supermarché…

 

High On Fire

The Art Of Self Defense

Écrit par

Ce n'est pas moi qui le dit, mais la bio de ce groupe : ‘For fans of : Sleep, Godflesh, Iron Monkey, Eyehategod, Sabbath...’ Que du léger, n'est-ce pas ? Pour ma part j'ajouterai Melvins. Pour le chant surtout. Car la voix du leader de High On Fire ressemble à celle de Buzz Osbourne. Une voix lointaine, plaintive, étouffée. Une voix emprisonnée par une section rythmique où il est inutile de chercher le salut. Le batteur martèle inlassablement ses fûts, sans le moindre ménagement. Le bassiste enfonce le clou, encore et encore. La lourdeur est devenue le remède ultime ! Et pour mieux compléter cette vision d'apocalypse sonore, le guitariste ne réussit apparemment pas à s'échapper de l'incessante furie qui se dégage de ces 6 (longs) titres. Il n'existe aucune échappatoire, excepté la ‘self defense’, extraite du titre de cet Ep. La musique comme miroir, comme adversaire, comme double. Comme quelqu'un dont il faut se protéger en retournant contre lui-même ses propres armes, High On Fire pousse sa musique - et se pousse - dans ses derniers retranchements. La question est de savoir qui flanchera le premier ?

 

Him (Finland)

Razor blade romance

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Ne pas confondre Him et Him. La première formation, et la plus intéressante, a été fondée par Doug Sharin en 1995, un musicien qui avait sévi chez Codéine, June of 44, Rex et collaboré au projet " Direction in Music " de Bundy K Brown. La seconde, et celle qui nous concerne, nous vient de Finlande. Un quintette qui a certainement dû beaucoup écouter Sisters Of Mercy, Mission et consorts, pour concocter une telle musique. Sous sa version limitée, l'opus propose un disque supplémentaire enregistré " live ". Six titres extraits de leur set accordé lors de la dernière édition du festival de Werchter. L'album studio en recèle douze. Douze compositions qui, nonobstant certains accents métalliques empruntés à Madrugada ou à Kent (NDR : Scandinavie oblige !), manquent d'originalité et surtout de relief. En outre, à l'instar du dernier opus de Placebo, son architecture sonore est beaucoup trop gothique à mon goût…

 

Rick Holmstrom

Gonna get wild

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Quel son de guitare! Un son pourri, sec, âpre, dense, produit avec une maîtrise technique et une intensité, jamais prise en défaut ! Rick tient les cordes des Mighty Flyers depuis cinq années. Successeur de grands gratteurs comme Alex Schultz et Junior Watson, il a acquis une tonalité et un style bien à lui.

Son entrée en matière avec "Gonna get wild" campe un style pas possible. Comment peut-il produire ce son? Accompagné des Mighty Flyers sans Rod, c'est bien lui qui mène la danse en nous livrant un premier opus solo réellement impressionnant. Le rythme louisianais, proche du zydeco, du délicieux "Have you seen my girl?" favorise l'entrée en scène des cuivres. Rod Piazza, sans doute revenu prendre Honey à la sortie du studio, en profite pour sortir de sa poche son harmonica, et marquer l'instrumental "Wiggle stick" de son empreinte. Rick sort le grand jeu. Il parcourt son manche, laisse glisser les doigts pour produire des notes acérées, perçantes. "I'd hate to see you cry" swingue avec une facilité déconcertante. La basse de Jeff Turmes y est pour quelque chose alors qu'Andy Kaulkin s'amuse comme un fou en tapant sur son piano. L'originalité et l'aventure sont toujours au rendez-vous pour le rythmé "Lucky day". Rick est poussé dans ses derniers retranchements lorsque son ami et source d'inspiration, Junior Watson, joue les parties de basse à la guitare, sur " Livin' days ". Holmstrom a le plus souvent accompagné des harmonicistes tels que William Clarke, Billy Boy Arnold, sans oublier Johnny Dyer et Rod Piazza. Dyer lui donne la réplique sur "Just right". Rick n'est pas un chanteur de base. Il n'est, dès lors, guère étonnant de voir figurer l'un ou l'autre instrumental sur cet elpee. Comme le très latin "Phlazzbo", le profond "Uno Mas", "Lost in the shuffle" ou encore la plage cachée de la fin de l'album! Il ne se débrouille cependant pas trop mal au chant, et ce " Gonna get wild " se révèle bien plus excitant que son "Look out", paru en 1996 sur Black Top. Excellent !

Home Cookin´

Afrobilly soul stew

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Home Cookin' est un quartet issu de la baie de San Francisco. Il figurait, cette année, à l'affiche du Spring Blues Festival d'Ecaussinnes. Ses deux figures de proue sont la chanteuse noire Brenda Boykin et le guitariste Anthony Paule, qui ont joué ensemble de nombreuses années au sein du Johnny Nocturne Band. Ils sont entourés d'une solide section rythmique, constituée de Tim Wagar à la basse et de Tyler Eng aux drums. " Afrobilly soul stew " constitue leur 2ème album. Un disque sur lequel ils ont invité le claviériste réputé, Jim Pugh. Avec l'émigration depuis Kansas City, Memphis et La Nouvelle Orléans, L'Afrobilly Soul représente l'héritage musical de San Francisco, durant la seconde guerre mondiale. Un acquis qui s'est ainsi teinté le blues de country, de jazz et de gospel.

Brenda a une plume de classe. Ses compositions sont de haute facture. Plage remarquable où se retrouvent tous les ingrédients cités, "Mary Anne" affiche un zeste d'exotisme traversé de percussions, et surtout souligné par le jeu de piano subtil de Pugh. Cette migration du Sud vers la West Coast est superbement chantée sur "Brick house in Memphis". Un blues lent marqué par la voix puissante de Miss Boykin. Avec un nombre limité de notes, Anthony Paule nous confectionne un de ses soli qui font mouche! Pour "Let's play rough", nous sommes toujours à Memphis, mais pour le R&B façon Stax. Un rythme que n'aurait certes pas renié Mr Booker T. La section rythmique porte d'ailleurs littéralement Pugh et Paule vers des sommets. Cette plage me rappelle d'ailleurs le meilleur moment de l'album "Big guitar" d'Anthony Paule: "Don't let the same dog bite you twice". Toujours dans l'esprit de Memphis, Brendan aborde "Tunica country breakdown". Un rockabilly nous rappelant cette période mythique des studios Sun. Un peu plus au Sud "Zydeco Gumbo" s'enfonce dans les rythmes fiévreux de la Nouvelle Orléans. Plusieurs reprises sont intégrées dans ce répertoire. "Trying to get you" nous entraîne au pays des swamps (Elvis l'enregistra pour Sun). Jim Pugh se permet un petit pas de barrelhouse piano sur le dynamique et irrésistible "My babe". Composé par Gerry Goffin et Carole King, "Chains" donne l'occasion à BB de s'éclater avec brio dans le blues lent. Anthony Paule est brillant d'un bout à l'autre. Cet album est tout à fait excellent. Pour la 1ère division!

 

Jay Hooks

Jay Hooks

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Jay Hooks est un chanteur guitariste texan. Leader de son trio, il est secondé par la bassiste Miss Marie Del Prete et le drummer Joe Frenchwood. Ses longs cheveux filasse entourent un visage déjà buriné par les années de galère. Inspiré par Jimi Hendrix et un certain Stevie Ray Vaughan, son style émarge bien au blues rock électrique qu'on pourrait imaginer. Et quand il aborde le blues lent, c'est bien à Steve que l'on pense. "Straight whiskey", "If life don't kill you" et "Last time I left Memphis", sont bien rendus mais sans le charisme de SRV. Difficile de crever l'écran, lorsqu'on sait que tant et tant de guitaristes s'attaquent à ce type de répertoire. Même source d'inspiration, mais en version shuffle, pour "Smothered". Hooks est manifestement un bon guitariste, comme le prouve l'instrumental "Sling shot". L'ennui, c'est que d'autres l'ont fait avec davantage de talent, et bien avant lui. Le Texas est une terre réputée pour ses grands guitaristes. J'aime beaucoup moins les excès galopants de "Where you born", bien plus inspirés par Hendrix. Je le trouve finalement plus à l'aise sur la 2ème partie de l'album. A l'instar du rockin' blues à riff de "Am I supposed to cry?" ou de "Hell on heels". Et quand il empoigne sa slide et se met dans la peau de Johnny Winter, pour interpréter "Voodoo woman", il est bien plus saignant et convaincant.

 

Hooverphonic

The magnificent tree

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Cinq années d'existence, quelques apparitions sur des soundtracks cinématographiques, trois albums et déjà une réputation sans faille pour le trio belge le plus en vogue de l'an 2000. Leur premier opus les avait, on se souvient, propulsés au top de la scène underground belge et européenne. Le second allait définitivement les conforter dans la haute hiérarchie du rock noir jaune rouge. Pour ce " Magnificent tree ", Hooverphonic s'oriente encore et toujours dans la bonne direction. En introduisant aux tonalités ambiant et trip hop d'antan (NDR : pensez à Tricky, Portishead, Massive Attack) de nouvelles perspectives musicales. Le groove est davantage présent. Comme sur le somptueux single " Mad about you ", sorte de " trip blues " qu'un Garbage aurait très bien pu interpréter. Les samples, les sons synthétiques, les effets électroniques n'ont pas été négligés. La version longue de " Vision ", morceau atmosphérique interprété lors de l'inauguration de l'Euro 2000, est par exemple, doté d'une intro des plus surprenantes. Leur participation à la cérémonie officielle avait suscité nombre de critiques. Critiques que nous trouvons ridicules. Il est en effet erroné de croire que la culture musicale de tout amateur de football ne se résume qu'au grand Jojo. Et puis finalement, les trois membres du groupe n'ont-ils pas été les meilleurs belges à fouler la pelouse du stade Roi Baudouin, durant la compétition ? Ceux qui ont apprécié les précédents albums ne seront pas déçus.

 

Lightnin’ Hopkins

Feel so bad

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Sam Lightnin' Hopkins est à coup sûr l'une des plus grandes légendes du blues. Ce Texan a influencé des générations entières de bluesmen. Il est né dans son Texas, à Centerville en 1912, mais s'est rapidement établi à Houston. Ses premiers enregistrements datent de l'après-guerre, et en particulier de novembre 1946. C'était à Los Angeles.

Deux témoignages ici, "Kattie Mae" et "Feel so bad", enregistrés en duo avec le pianiste Wilson "Thunder " Smith. Son surnom date de ces moments (Thunder & Lightnin'). Les sessions de 1947 ont également été commises à Los Angeles ; et c'est seul, avec sa guitare, que Hopkins se goûte le mieux. Son down-home blues pur, inégalable, procurant des instants frémissants sur "Short haired woman" et "Don baby". Mais il ne faut surtout pas taire ses premiers soubresauts de jump et de boogie. Les jump bands faisaient fureur à l'époque, mais Hopkins faisait ça seul ou presque. Comme sur l'instrumental lumineux 'Bib Mama jump" et la reprise de "Let me play with your poodle" de Tampa Red. Fin 47, Lightnin' enregistre chez lui à Houston, 14 titres dont le dépouillement extrême engendre la tristesse. Ils sont ici réunis. Et notamment "Whiskey headed woman", "What can it be", la reprise du déjà célèbre "Baby please don't go", de Big Joe Williams, et les deux versions vivaces du "Lightning boogie". Sam nous a quitté en 1982. Tout amateur de blues se doit d'avoir au moins un album de Lightnin' Hopkins dans sa collection.

 

Lightnin’ Hopkins

Rainy day in Houston

Écrit par

Sam Hopkins est sans conteste un des plus grands bluesmen de tous les temps. Et toute collection de blues qui se respecte ne saurait bouder ce géant tranquille né un jour de 1912 à Centreville, au Texas. Décédé en janvier 1982, cette légende n'avait foulé le sol européen qu'à deux reprises. En 63 et en 77. Musicien spontané, imprévisible pour ses accompagnateurs, il était le blues.

Nous retrouvons ici Sam à Houston, au cours de trois périodes bien distinctes. Tout d'abord, deux plages qui remontent à 1955, "Late in the evening" et "Lightning Jump". Cette deuxième constituant une de ces perles instrumentales dont il avait le secret. Un exercice de style au cours duquel la guitare électrique sonne aussi moderne que de nos jours! Nous le retrouvons en 1961 pour un blues poignant, "War is starting again". Le tempo s'accélère et le pianiste Errol Nixon se libère pour "Good as old time religion". Lorsque Sam part à la recherche d'une copine ("Got me a Louisiana woman"), il parvient à sortir de sa guitare des notes parfumées ; et il le fait avec une manière tellement déconcertante et avec une telle facilité qu'on en reste sans voix.

Les 15 derniers titres datent de 1968. La 1ère session épingle le jeune Billy Bizor, à l'harmonica. Le feeling est omniprésent. Les blues lents saturés de sensibilité. A l'instar de "Vietnam war" et de "You just gotta miss me". Le timbre de voix de Sam est au comble du désespoir sur "Wake up dead".

De la dernière session, je retiendrai le rythmé et joyeux "I went to Lousiana". Il faut d'ailleurs croire que les routes du Sud inspirent le vieux Sam! La mélancolie engendrée un jour de pluie chez lui à Houston, inonde la plage titulaire. Du pur Lightnin' Hopkins ! Le texte récité, la rythmique à l'avant-plan, les notes solitaires libérées avec parcimonie, se retrouvent avec la même intensité dramatique sur "Cryin' for bread". Superbe! Et puis, "A man like me is hard to find" campe le blues mélancolique Le genre de composition à écouter en solitaire et dans l'obscurité ! Instrumental bâti sur un thème familial, "Go ahead" permet au guitariste de s'évader et de disserter. "I feel like balling the Jack" est en fait le "Feel so good" de Big Bill Broonzy, alors que le sémillant "Mojo Hand" nous entraîne vers la piste de danse. Plus qu'intemporel, Sam est immortel !

 

Hotobalk

Beauty is madness

Écrit par

Difficile d'être influencé par autre chose que du folk ou de la country, lorsqu'on a pour idoles Joni Mitchell, Tim Hardin, Jimi Web ou Tom Waits. Pourtant, Hotobalk n'est ni une formation irlandaise, et encore moins yankee.

Elle nous vient de l'est de l'Ecosse. De Dunbar, très exactement. Et compte en son sein trois excellents musiciens qui se partagent toute l'instrumentation, à l'exception des drums. Une instrumentation qui, lorsque la solution se colore d'accents plus pop, s'électrifie légèrement. Bénéficiant du concours de David Bottrill à la production, mieux connu pour avoir collaboré avec Peter Gabriel, ce disque n'est pas du tout désagréable à écouter. Constitué de dix jolies ballades qui privilégient le feeling mélodique, il lui manque cependant une élémentaire intensité émotionnelle, pour parvenir à éviter une certaine lassitude, qui finit par vous envahir au fil de l'écoute…

 

Rob Halford

Ressurection

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Depuis son divorce avec Judas Priest, deuxième institution du métal anglais juste derrière Iron Maiden, le légendaire vocaliste Rob Halford s'est essayé au néo hard core en publiant " Fight ", puis au métal indus en gravant " Two ", dont l'unique album avait été produit par Trent Reznor de 9 Inch Nails. Dans les deux cas, l'échec commercial s’est révélé cuisant.

Après avoir défriché d'autres territoires musicaux, puis galéré dans les clubs, le grand chauve tatoué a décidé de s'entourer de jeunes musiciens et de revenir à ses amours d'autrefois : le heavy métal pure souche. Histoire de reconquérir les fans du Priest et de ne pas sombrer dans un total anonymat. " Ressurection " fait vibrer notre fibre nostalgique, tant il respecte les règles de l'art et évoque un passé glorieux époque " Screaming for Vengeance ". Mais là où certains échouent en s'évertuant à recycler un métal embaumé à la naphtaline, en grand professionnel, Halford emporte la mise et balaie tous les préjugés sur son passage. Chaque titre dévoile son lot de surprises découpées dans des riffs diablement jouissifs. Soulignons la présence guest-star de Bruce Dickinson sur le puissant " The one you to love hate " et la production canon d'un certain Roy Z. Un ex collaborateur de Bruce qui officiait encore en solo avant de rejoindre la Vierge de fer…

 

Françoise Hardy

Clair obscur

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L'aura de Françoise Hardy dépasse ses chansons, dont bien peu sont restées dans nos mémoires depuis les années 60. Pour d'étranges raisons des groupes anglais et des gloires françaises la portent aux nues. Même sa passion pour l'astrologie n'a pas réussi à la déboulonner de son piédestal. Il y a forcément de bonnes raisons à cela et "clair obscur" en dévoile certaines. Françoise Hardy sait choisir ses partenaires : ses duos avec Daho et Iggy Pop atteignent des sommets du genre. Notre faveur va évidemment va à Iggy le crooner, dont l'inégalable voix profonde transcende "I'll be seeing you". Face à un tel monument, Françoise Hardy n'est jamais ridicule. Un très bon point pour une interprète, dont on a souvent douté en raison de son refus de faire de la scène. Parmi ses partenaires, il y a forcément son mari. L'ironie de Jacques Dutronc donne à un ton exceptionnel à "Puisque vous partez en voyage", un titre de Mireille, légèrement retouché par Hardy-Dutronc pour passer l'an 2000 (Dutronc qui veut une place "non-fumeur", c'est un grand moment). Ce"voyage" serait la chanson préférée de Françoise depuis des lustres et cette nouvelle version est en passe de devenir un tube chez nous. On l'aura compris, l'ensemble est très agréable. Avec des mélodies un brin nostalgiques, jamais mièvres et qui nous trottent immédiatement en tête. Chaudement recommandé à tous ceux qui imaginent que Françoise Hardy n'a chanté que "Tous les garçons et les filles".

 

James Harman

Mo´ Na´kins please!

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Cannonball nous avait mis l'eau à la bouche, lorsqu'en 97, le label avait ressorti l'album "Extra napkins", un disque paru initialement en long playing, sur Riviera, en 1988. Durant ces sessions, pas moins de 53 plages avaient été mises en boîte.

Ce nouvel opus débute par de la pure dynamite avec "Mo' Na'kins, please! #2". Le personnel est de rêve, puisqu'on y retrouve Junior Watson à la guitare, Tom Mahon au piano, ainsi que Larry Taylor et Jim Bott aux rythmes. James retrouve Junior pour un saignant "Chumpman blues". Le groove est réellement enivrant. James souffle à en crever ses poumons et nous tire des larmes de sang des yeux. "Annalee" débute par une partie de guitare de Kid Ramos. Assez extraordinaire par sa simplicité, sa tonalité, ce shuffle saturé de swing permet à James d'intervenir pour la 1ère fois avec un maximum de pugnacité. Dès les notes d'ouverture de "Too much family", on reconnaît sans crainte le style direct, carré, puissant de Michael Mann, autrement connu sous le sobriquet de Hollywood Fats. C'est la fête totale! Très roots, "Icepick's pawnshop blues" a été écrit en hommage aux grands pianistes, Little Brother Montgomery, Roosevelt Sykes et Big Maceo. Fred Kaplan y tient les ivoires avec bonheur. "Icepick boogie" est tout aussi dévastateur. Les musiciens ont tout compris et éprouvent une réelle jouissance d'œuvrer ensemble. Kid Ramos est ici au top, et les saxes de Lawrence White et de Jeff Turmes font preuve d'une rare efficacité. James est un chanteur qui aime le travail vocal. "Messin' up" est un intermède doowop accordé en hommage aux Five Royales, et les chœurs sont un tremplin idéal pour sa voix. Le pote Gene Taylor s'installe derrière son clavier pour chanter le "Don't you lie to me" de Tampa Red. Gene tout échauffé s'exerce au boogie woogie sur "The falcon's nest". La guitare au son sur le fil du rasoir de Ramos est seule pour seconder la voix de James sur "Jake-Head boogie". Le fantôme de Lighnin' Hopkins vient de passer! Ce superbe album se termine par une autre prise de "Mo' Na'kins please". Pas de section rythmique, mais l'harmo, la guitare et le piano. Un climat rude, très primaire, restitue parfaitement cette atmosphère des années 50. Chez Cannonball, on nous promet encore un "Napkins" de plus. Notamment la réimpression du "Strictly Live in 85" ainsi qu'une autre live inédit. Je piaffe d'impatience! James est sur la route du blues depuis 1964. Il drive le Icehouse Blues Band depuis 1970, devenu le James Harman Band en 1977.

 

Ben Harper

Burn to shine

Ben Harper compte, à ce jour, quatre albums à son actif. Un chanteur compositeur guitariste qui possède un timbre vocal dont l'amplitude du falsetto oscille de Jeff Buckley à Cat Stevens. On retrouve, en outre, dans sa musique, la forme cinétique de Jimi Hendrix, la mélancolie baroque de Tom Waits, la sensibilité rythm'n blues de Curtis Mayfield ; et dans ses lyrics, la conscience sociale et politique d'un Bob Marley. Né en 1969, dans une famille de musiciens, Ben a été plongé, dès sa tendre enfance, dans le jazz, le gospel et le blues. Et il n'est pas difficile de s'en rendre compte, à l'écoute de " Suzie blues ", sorte de dixieland des 20's, avec grésillements et tutti quanti à la clef. Sur le titre maître également, fragment imprimé sur un boogie sudiste ; ou encore sur le gospel poisseux " Show me a little shame ". Mais a contrario de ses elpees précédents, Ben abuse ici beaucoup moins de la steel guitar. D'ailleurs, seul " Forgiven " lui est totalement consacrée. Ce qui ne veut pas dire que l'intensité électrique fasse défaut. Que du contraire ! Le métallique " Less ", le chargé de feedback, presque crazyhorsien " Please bleed " et le remarquable " The woman in you " en sont les plus beaux exemples. Cette dernière composition qui s'ébroue sur un tempo vulnérable, languissant, glisse progressivement vers le tumulte zeppelinien ; Ben abandonnant alors ses chuchotements pour épouser des inflexions aussi tempétueuses que celles de Robert Plant. Hormis le folk funkadifié au groove caraïbe, " Steal my kisses ", et " Beloved one ", limité au chant, à la dobro et à la section de cordes, le reste de l'opus affiche une coloration résolument acoustique. Aussi bien le subtil " Alone ", le final rédempteur, " In the lord's arm ", que " Two hands of a prayer ", réminiscence d'un certain " Albatross " de Fleetwood Mac. Un chouette album !

 

Doni Harvey

Your blues ain´ t like my blues

Écrit par

Vingt ans plus tôt, Doni jouait de la basse. Chez Automatic Man, le groupe de Michael Shrieve. Si, si, souvenez-vous, celui qui se chargeait des drums, au sein de Santana, à l'époque de Woodstock. Depuis, le Chicagolais de couleur noire, s'est reconverti au chant et à la guitare. A la fin des 80s, il a même sévi chez les Caribbean Allstars, un groupe de roots reggae. Son premier album solo ne peut être plus personnel, puisqu'il a tout fait lui-même. Chant, guitare, basse et percussions. Le musicien qui l'a, sans nul doute, le plus inspiré, est Jimi Hendrix. Il ne s'est cependant jamais contenté de réaliser des copies conformes du maître, ni de tomber dans ses excès.

Il possède une voix assez aiguë, bien modulée, capable d'aborder sereinement le soul blues, Avec rythme, en s'appuyant sur une guitare bavarde, amplifiée, mais bien contenue. A l'instar de l'ouverture "This is the last time". A son meilleur niveau, sa guitare est inspirée. Comme sur "So hard to believe". Une lente ballade qui se déroule longuement comme un ruisseau qui s'étire dans ses méandres. Une jolie chanson dont les chœurs rappellent ceux du backing group des premiers albums de Neil Young (NDR : puisque je vous le dis!). "From the corner of the room" est une autre ballade inspirée par Jimi, mais son parfum subtil fleure l'Orient. La plage titulaire est rythmée. La guitare est parcourue en picking et n'attend que son tour pour prendre la liberté de dialoguer avec la voix de Doni. Sur "Have my love today", son inspiration le guide sur un thème proche du "Walkin' blues". "Never let you go" est un boogie dont le riff est destiné à accompagner les cordes en liberté. "No new is good news" est un blues rock lent princier. La section rythmique adopte un climat pesant, oppressant, laissant la voix dialoguer avec une guitare très amplifiée, nostalgique d'une époque déjà lointaine…

 

Heliogabale

Mobile home

Heliogabale a vu le jour en 1992. A Paris. Réunissant Vivian Morrisson, Philippe Thiphaine et Sasha Andres, le line up ne prendra sa forme définitive qu'en 1995, avec l'arrivée de Marcel Perrin. Deux ans plus tard, le groupe suscite l'intérêt de Steve Albini qui décide de produire leur album " The full mind is alone the lear ", aux studios Electric Audio de Chicago. Depuis, le combo bénéficie d'un crédit de plus en plus conséquent sur la scène underground. Et en particulier la chanteuse Sasha Andres qui s'est dernièrement illustrée en accompagnant Cornerchop sur la chanson " My dancing days are gone " et lors d'un duo avec Stephen Prina de Red Krayola. Faut dire que le timbre vocal de Sasha possède des inflexions fort proches de Bjork, parfois même aussi énervées, même si son timbre monte beaucoup moins dans les aigus. Quand à la musique, et en particulier tout au long de ce " Mobile home ", elle nous rappelle ni plus ni moins les Sugarcubes, mais sous un aspect plus trip hop, plus technologique, le quatuor privilégiant les ambiances, les mélodies et le travail sur les sons...

 

Gameface

Always on

Écrit par

Notre rédacteur en chef se demandait si nous ne devions pas créer une rubrique ‘fourre-tout’ où planquer les albums qui n'ont guère suscité de passion au sein de la rédaction. A l'écoute de cet " Always on ", il va falloir penser sérieusement à la question… Rock comme pour lequel seuls nos amis Américains peuvent s'enthousiasmer, Gameface ennuie dès le premier morceau se posant en porte-parole d'une génération dorée qui souffre de ne pas pouvoir s'acheter le dernier ampli Marshall ou la dernière pédale d'effets qui-donnerait-un-super-son-à-nos-morceaux….Aussi vite écouté, aussi vite oublié !

 

Larry Garner

Once upon the blues

Écrit par

Larry est un des bluesmen contemporains les plus populaires. Un vrai songwriter qui écrit, avec aisance, de petites perles issues de sa Louisiane paresseuse. L'atmosphère est en effet très détendue, avec l'orgue qui entoure le refrain pour ouvrir "Where blues turn black". Larry hausse le ton et fait parler sa guitare dans une superbe "Slower traffic keeps right". Lui, l'homme de Baton Rouge, s'envole alors vers le South Side de Chicago, avec le très Muddy Waters "A real gambling woman". Le Japonais Seiji Yugushi est à l'harmo et le brillant Ernest Williamson, au piano. Même recette, mais sur un tempo enlevé pour " Won't tell your mama ". Plus funk, le vibrant " Tant was her dance " est une invitation à se remuer sur la piste de danse. Tout au long du lent et majestueux "I ain't the one", il explique à sa copine sadomasochiste, qu'il n'est pas de ce bord, mais tout simplement un bluesman de passage. Un grand classique du blues ! C'est avec une certaine colère, manifestée à travers les cordes, qu'il affronte "Virus blues", ces mêmes virus qui s'attaquent à son ordinateur. Un blues très an 2000. Le blues pur, lent, électrique, intense et dramatique, revient une nouvelle fois avec "If she tells you no", une chanson qui traite, encore et toujours, de ces relations sentimentales tendues qui font le blues. Typiquement Garner, "The muddy river" est ce type de petite ballade qui marque la différence. Sa voix nasillarde fait merveille face au piano de Williamson. Il referme cet album au cœur du Delta, pour y interpréter "Nothing but life", en duo avec Yugushi. Bon album!

The Gathering

If_Then_Else

Écrit par

En 1998, The Gathering tirait une trait sur son passé ‘doorn métal’, en gravant "How to measure a Planet ? ". Un opus planant et psyché en diable, qui était parvenu à dérouter les fans les plus acharnés. " If_Then_Else ", sixième chapitre de l'œuvre du groupe hollandais, se veut nettement plus accessible et marque un retour vers un hard atmosphérique et frais ; mais aussi parfois lourd ou lyrique. Si son prédécesseur prêchait par une certaine forme d'hermétisme, " If_Then_Else " s'ouvre sur le monde et pourrait bien devenir une des références en matière de métal moderne, tant sa musique transgresse les lois écrites par les indéboulonnables Motörhead et AC/DC. Pour la première fois, le groupe s'est offert les moyens d'utiliser des instruments à cordes, du trombone et même du cor anglais. Un groupe qui ne s'est fixé aucune limite. Parce qu'il souhaite simplement pratiquer la musique qu'il a envie d'entendre pour l'instant, sans se soucier de savoir s'il existe un marché potentiel à explorer. C'est en tout cas ce que clame la chanteuse Anneke Vangiersbergen. The Gathering mérite bien plus qu'un succès d'estime !

 

Dan Geesin

Driving

Écrit par

Dan Geesin est le vainqueur du ‘Materiaalsfond’. Autrement dit une fondation qui récompense, sous la forme souhaitée par le gagnant, des artistes qui ont financé eux-mêmes leurs précédents travaux. Dan a donc décidé d'utiliser l'argent de ce prix pour enregistrer ce CD. Un premier prix décroché, soit dit en passant, au vu de la qualité de ses films d'animation. Homme touche à tout (il fait aussi de la photo), Geesin est aussi accordéoniste à ses heures ; et c'est cet instrument qui est ici mis à l'honneur (il est le seul, normal donc !) tout au long de ces 10 morceaux relativement courts, chantés par notre artiste en personne. Le résultat est plus qu'agréable, car la sincérité, la simplicité du bonhomme, est tout bonnement désarmante. En tout cas, il devrait facilement trouver sa place lors des fêtes ‘folkloriques’, sans pour autant faire figure de remplissage de programmation.

 

The Get Up Kids

Something to write home about

Écrit par

Engendré à Kansas City sur les cendres de Kingpin et de Secret Decoder Ring, The Get Up Kids compte, à ce jour, deux albums à son actif. Pour enregistrer " Something to write home about ", le groupe s'est cependant adjoint un nouveau membre. Ex Coalesce, il y assure les parties de claviers, insufflant une coloration plus subtile, plus chaude à la solution sonore. Plus popcore, la formation navigue aujourd'hui à la croisée des chemins des Rentals et de Sunny Day Real Estate, alors qu'à ses débuts, sa musique était le plus souvent comparée à No Knife, voire à Offspring. Seule carence, le manque de relief du tempo dans les compositions les plus punk...