Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Elliott

False cathedrals

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Encore un groupe qui sort de nulle part. Et qui mérite qu'on s'y intéresse. Apparemment un quatuor californien qui a bénéficié du concours de Tobias Miller (Fiona Apple, Korn), pour produire cet album. Et il faut avouer qu'il a réussi de l'excellent travail, parvenant à raffiner le son des chansons, sans pour autant les dénaturer. Un curieux mélange de frénésie, de sophistication et de tendresse filtre ainsi à travers cet opus. Vocaux haut perchés, mais particulièrement soignés, électricité crépitante, grésillante, vivifiante, conjuguée par les deux guitares, drums opulents mais feutrés, basse solide quoique versatile, piano sonore et allègre, ainsi que samples judicieux mais discrets, alimentent une texture pop bien équilibrée. Parfois peut-être un peu trop. C'est le seul reproche que l'on pourrait faire à cette œuvre, qui manque peut-être d'imprévisibilité. N'empêche, l'ensemble tient bien la route. Possède un sens mélodique aussi contagieux qu'un Deep Blues Something, voire qu'un Sunny Day Real Estate. Tout en éveillant en nous, dans ses moments les plus intenses, une rencontre hypothétique entre Porno for Pyros et Tears For Fears. Un groupe à suivre de très près !

 

The Eternals

The Eternals

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Ces gars là, ça ne m'étonnerait pas qu'ils portent les dreadlocks sur leurs costumes trois pièces. En élèves appliqués du free jazz, ils tordent les structures pop habituelles en l'agrémentant de sonorités zarbies, de ragga et de percussions inventives. En net, du crossover avec parfois un intellectualisme trop insistant. Heureusement, une bonne dose de post rock brinquebalant ajoute parfois une dimension louable à des compos volontairement étirées, presque maniérées parfois, notamment à cause de cette voix foutraque, croisement improbable entre Bill Galahan et un ogre. Brrr. Par contre, mention spéciale pour le son, notamment sur « Eternallys hours », où les toms étouffés montent progressivement en puissance, s'accordant à un jeu de basse tremblant hérité de Tortoise. Pas un hasard en fait puisque c'est monsieur ‘je suis partout’ John Mc Entire qui produit la chose. On retrouve automatiquement sa patte lorsque surgissent ça et là des zigouigouis électroniques, ou autres guitares retraitées, en ouverture de morceaux souvent improvisées sortant de jams sessions qu'on imagine tordues.

Il y a à prendre et à laisser, forcément, mais rien que pour les risques entrepris, on conseillera aux gens raffinés de jeter l'oreille sur ce disque aux faux airs d'œuvre inachevée. Croyez moi, s'ils poussent plus loin leurs délires on tient peut être là les vrais rénovateurs du dub, en atteste Bewilderness, qui, sans en avoir l'air, maltraite subtilement le free en lui payant un ticket pour la Jamaïque.

 

Terry Evans

Walk that walk

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Tout comme Willie Dixon, Terry Evans est né à Vicksburg, au confluent du Mississippi et du Yazoo ; et sa voix reflète bien la chaleur de l'endroit. Une voix en or, qu'on a pu entendre derrière des artistes aussi célèbres que John Lee Hooker, John Fogerty, Maria Muldaur, Dave Alvin, et quelques autres... Depuis 62, il vit sur la côte Ouest. C'est sous la forme d'un duo soul, partagé avec Terry King qu'il s'est fait connaître à travers le monde. Il a franchi un nouveau pas, lorsqu'il a intégré le groupe de Ry Cooder. Ils commettront six albums ensemble.

Dans les années 90, Terry a mené sa carrière solo de manière impeccable. " Walk that walk " constitue déjà son 4è album ; et Ry Cooder est toujours de la partie, alors que Jim Keltner tient les percussions.

D'une pureté rare, forgée dans les chœurs de gospel, la voix d'Evans est un véritable instrument. Ecouter la plage titulaire, c'est tout de suite adopter l'homme. Après quelques notes soufflées par John Juke Logan, la voix grave et puissante nous fait frémir. Et les chœurs doowop enflamment l'atmosphère lorsque Terry est rejoint par Willie Green Jr et Ray Williams. On assiste d'ailleurs au même scénario pour "Dancin' with your belly up". Sa voix emporte tout sur son passage. Le backing des musiciens peut rester discret. Seul son ami Ry se permet de créer de courts soli, très inventifs. Comme sur "The story of my life". Une chanson qui dégage un climat proche du meilleur John Lee Hooker. L'accompagnement sobre du piano de Jeff Alviani suffit à sa voix pour une merveilleuse ballade, "A stone's throw away". Le timbre d'Evans et la slide de Cooder vous flanquent le frisson sur le merveilleux "Don't give up". Et sur le blues rythmé "Let's have a ball", tout est subtilement en place. Les cordes vocales d'Evans sont un trésor national aux USA et sont capables de vous arracher les larmes des yeux. Tendez donc l'oreille à "I'll get over you", et vous n'y résisterez pas...

 

Ronnie Earl

Healing time

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Ronnie (né Ronald Horvath) est incontestablement un des guitaristes les plus doués de sa génération. Il est né en 1952, à New York City. Mais il n'a acquis sa célébrité qu'en 1980, lorsqu'il a remplacé Duke Robillard au sein de Roomful of Blues. Tout en se produisant avec le célèbre big band de Rhode Island, il enregistre plusieurs superbes albums en compagnie de son groupe, les Broadcasters. Depuis 1988, il a embrassé une carrière solo ponctuée de nombreux albums. Pour la plupart instrumentaux.

"Healing time" signe ses débuts sous la bannière du label Telarc. S'il est un des adeptes les plus reconnus de T-Bone Walker, il expérimente ici d'autres directions. Et notamment le jazz et la musique du Monde. Il est entouré par ses musiciens habituels. Anthony Geraci au piano, Mark Greenberg à la batterie et Mudcat Ward à la basse. Sans oublier Jimmy McGriff flanqué de son orgue hammond, dans le rôle de l'invité principal. Tous des techniciens émérites dont la performance instrumentale vole très haut, tellement haut que l'âme de la musique en est fragilisée, risquent à tout instant de glisser vers la ‘muzak’, ou pire encore de se transformer en fond sonore pour hypermarchés. Nous n'en sommes pas encore là, fort heureusement.

Pour débuter, il donne le crachoir à Mc Griif, pour un "Churchin" qu'il a écrit très jazz. Et embraie par le célèbre "Catfish" de Muddy Waters. Ronnie démontre tout ce qui fait son talent. La technique, bien sûr ; mais le feeling qui transpire dans son "toucher" de cordes. Sa manière de moduler le son fait merveille sur "Idle moments". Une saveur latino-américaine se dégage à l'écoute de "Thembi". Une composition du saxophoniste d'avant-garde Pharoah Sanders qui bénéficie ici du concours de deux percussionnistes, lorsque Greenberg est rejoint par Don Williams (de l'orchestre de Mc Griff). Geraci est tout à fait remarquable au piano. Ronnie aime dédier ses blues lents. A l'instar de "Blues for Shawn". Un exercice de style empreint d'élégance et de profondeur. Rares sont les guitaristes capables de disserter à ce niveau. La beauté pure, sans artifice, la légèreté, la douceur ultime, est atteinte sur "Glimpses of serenity" et "Song for a brother". Le blues n'a pas dit son dernier mot. Car il revient pour "Lunch at R&M's" au shuffle bien saignant, et "Blues on a Sunday", un blues à fleur de peau au cours duquel il dialogue de bien belle manière avec l'orgue de Jimmy Mc Griff, un musicien qui en profite pour démontrer quelle extraordinaire approche de cette musique il peut avoir!

 

Earthlings ?

Human beans

Redoutable et angoissante, la musique d'Earthlings nous replonge près de vingt ans en arrière. La discographie de Bauhaus, Christian Death, Suicide, Cramps, Swans, mais également " Ziggy Stardust " de Bowie et " Movement " de New Order doivent certainement occuper une place de choix dans la collection de ce trio constitué de Pete Stahl (ex Scream, Wool), Fred Drake (ex Shy Party) et de Dave Catching (ex Tex & The Horseheads). Mais pas seulement. La formation prenant un malin plaisir à saupoudrer son expression sonore de bruitages expérimentaux, un peu à la manière d'Ash Ra Temple ou de Can ; et que la presse spécialisée s'est déjà empressée de qualifier de sci fi kraut rock. Pourquoi pas ? L'album recèle, en outre, une version iconoclaste de Johnny B. Goode, qui fera dresser les cheveux à plus d'un bluesman. Mais les deux fragments les plus intéressants sont, à notre avis, " Moons over milleniums ", chanson folk punk minimaliste, enrichie d'un violon paradoxalement allègre, et puis surtout " From beyond space valley ", qui célèbre une hypothétique rencontre entre Chrome et Porno for Pyros...

 

Eels

Daisies of the galaxy

Tout comme lors de l'enregistrement de son précédent album, Eels a reçu le concours de Peter Buck (REM) et de Grant Lee (de Buffalo). De Butch également, le très inventif drummer du groupe. Mais si " Electro shock blues " correspondait à une méditation intimiste et poignante de son leader E, suite au suicide de sa sœur et la disparition de sa mère, décédée d'un cancer, " Daisies of the galaxy " veut embrasser la vie après la tragédie. Bien sûr, on y ressent encore une profonde mélancolie, stigmate de l'épisode douloureux qu'il a traversé à la fin des nineties. Mais, il épanche ce flux d'émotion avec humilité, quiétude et surtout une bonne dose d'humour. Qui se manifeste dès l'intro dans une sorte de parodie de marche funèbre, abordée dans un style bien New Orleans. Tout au long de cette œuvre, E se révèle aussi habile que talentueux, dans ses mélanges de styles, cependant opérés sur un seul dénominateur commun : la pop mélodique. Enrichie d'arrangements particulièrement soignés ou de petits effets sonores du plus bel effet. Bref, un chouette album qui nous promène dans un univers fait d'assemblages aussi insaisissables que cotonneux, au sein duquel la voix chaude et légèrement nasillante d'E baigne dans l'ensemble, sans jamais s'y noyer...

 

Les Rita Mitsouko

Cool Frenesie

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A la première écoute, les rythmes bien soutenus et quelques phrases délirantes accrochent. La marque de fabrique du groupe est bien là, jamais caricaturale mais toujours ‘mitsoukiste’. Et puis, progressivement, les chansons apparaissent et confirment tout le talent de Catherine Ringer et Fred Chichin. Leurs textes bizarroïdes et leurs rythmes déjantés ne sont pas des improvisations mais du travail minutieux. On a même envie de parler d'artisanat malgré ces innombrables artifices électroniques, dont le groupe est très friant. Les ambiances musicales collent vraiment aux propos. Car, oui, il y a de vrais textes chez Rita Mitsouko et pas seulement des bouts de phrases plus ou moins drôles. Les sonorités seront arabisantes sur "Femmes du moyen âge", le violon sera tzigane pour "C'est un homme", le récit poignant du rêve parisien d'un homme (apparemment le père de Ringer mais on n'a pas eu l'occasion de lui demander si c'était vraiment autobiographique) ballotté de camp de concentration en camp de concentration par les Nazis. Bon maintenant, n'allez pas croire que les Mitsouko ont oublié d'être drôles : eux seuls peuvent chanter les touristes qui, le nez en l'air, marchent dans les crottes de chien, sans sombrer dans le ridicule. Pour le plaisir, on soulignera encore un "Pense à ta carrière" où les managers, assistants et autres conseillers qui gravitent autour des artistes en prennent pour leur grade. Un défoulement indispensable pour les deux compères à qui on a dû souvent conseiller gentiment de refaire "Marcia Baila". Ils ont toujours résisté et, rien que pour cela, ils méritent notre respect. Et comme en plus, ils sortent encore d'excellents disques...

 

Guy Davis

Butt naked free

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" Butt naked free " constitue déjà le quatrième album de Guy Davis, pour le label Red House. Guy est un songwriter, un roots singer responsable d'une musique de racines au son bien consistant, riche même, qui emprunte et mêle diverses cultures telles que folk, blues et chanson.

On peut ainsi déjà clairement distinguer son style, dès la première plage, "Waitin' on the cards to fall". Il s'affiche très blues lorsqu'il aborde "Writing paper blues" de Blind Willie McTell. La voix est grave, bien posée, les guitares sereines et l'orgue hammond de T-Bone Wolke se réjouit. Le moment est alors venu pour Guy de souffler dans son harmonica. Une bonne mélodie à la clé, "Sometimes I wish" campe un blues plus relax et complaisant, bénéficiant, en outre, du concours de la basse discrète de Mark Murphy. Quand on aborde la musique des racines, l'accordéon est souvent présent. Le piano à bretelles, ici joyeux, emporte les autres instruments sur "Never met woman treats me like you do". Levon Helm, du Band, est à la batterie et à la mandoline. T-Bone Wolke lui, c'est le multi-instrumentiste de la bande. Il passe allègrement de l'accordéon à la basse, ou de à l'orgue à la mandoline. Comme sur "Rambling ways". La finale, "Raining in my soul", dégage une grande tristesse et une sensibilité à couper le souffle.

 

Etienne De Crecy

Tempovision

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La fac, c'était il y a deux ans déjà. Nous avions entre 19 et 23 ans. Le lectorat s'y reconnaîtra sans doute. Depuis, la vie (cette chienne) a repris ses droits. Plus personne ne fréquente l'institution scolaire. Et il faut bien affronter la réalité journalière avec son lot de heurts, de coups bas, de vengeance malsaine et d'injustice. On s'en serait bien passé, nous, les d'jeuns en jeans larges flottant sur des baskets Nike dernier cri. Heureusement que, dans les moments durs, subsiste la nostalgie, cette fuite intérieure. Pour la déclencher, on se remémore certains morceaux ou certains albums n'ayant pas quitté la platine durant nos années universitaires. En fait, maintenant on s'en rend compte, cette French Touch qu'on prenait plaisir à pourfendre constitue, quand même, une bonne partie de nos souvenirs tire larme. Normal, Daft Punk et Etienne de Crécy rythmaient quotidiennement nos déhanchements de post adolescents régressifs avec leurs mélodies funky sucrées diablement efficaces. Alors, voir réapparaître dans les bacs un vieux de la vieille, ça fait forcément chaud au coeur, à défaut de bouleverser la planète électronique. Pour nous, il sera éternellement attaché à nos indescriptibles souvenirs. Cet album d'ailleurs reprend les choses là où Etienne a bien voulu les laisser, joue le jeu du passé larmoyant, saupoudré de quelques touches de noirceur appréciables, car peu habituelle chez De Crécy.

" Tempovision " vise large, cherche à remuer les gambettes, même s'il faut pour cela lorgner vers le kitsch, le funk des plus grossiers ou une touche française vieillotte et maladroitement insistante. Chez lui, donc, rien n'a changé On le répète, l'electronica ou le drum'n'bass semblant être le cadet de ses soucis. Préfère taper direct dans les pattes, calibrant parfaitement ses futur hits potentiels. Du coup, beaucoup de monde le déteste. Trop consensuel le monsieur. Ok ! Mais il existe encore des gens qui prennent plaisir à s'amuser entre eux sans se prendre la tête avec, en bruit de fond, une musique house virevoltante, acculée mais efficace. C'est fait pour ça, quitte à bouffer à tous les râteliers. Pas bien jolie cette attitude ! Mais bref, cette musique n'emmerdera que les aigris qui se donnent une contenance en s'efforçant d'écouter Oval, et rien qu'Oval. Relax les mecs ! Nous, on est bien heureux de le retrouver, votre petit frère en Deug adore même s'il se refuse à vous l'admettre, car il lui aura permis de voir son meilleur qui ne supporte pas l'alcool monter sur la table en vociférant " YYYYAAAAAOOOUUUUHIIIIIII " lorsque monte la rythmique de " 3 day week end ", ou celle de " Out of my hands ". Et pour le prof d'infographie trentenaire qu'on a invité pour avoir de bonnes notes, y'a un morceau new wave imparable : " Scratched ". Quant au reste, il amusera le mec perpétuellement assis, vous savez celui qui fait la gueule sans raison. Tout le monde il est pas heureux ?

 

Deftones

White Pony

Écrit par

Pas mal, pas mal ! D'ailleurs cet album a été largement plébiscité, aussi bien par le lectorat que par la rédaction de quelques magazines "rocks", comme une des meilleures plaques de l'année 2000. Normal ! Je ne vais pas contredire. "White Pony" a tout pour plaire : une rythmique en béton; un chanteur qui ne se contente pas d'hurler, mais aussi de placer des mélodies; des ambiances soit très directes et violentes, soit éthérées et profilées sur le crescendo. Bref de quoi ravir le plus grand nombre. Et bizarrement, ce sentiment n'est pas gênant. Alors que la formule "le plus grand nombre" donnerait des boutons à plus d'un amateur de musique, elle n'est ici en aucun cas dérangeante. Preuve de la qualité des compositions, mais aussi et surtout de la sincérité dans la démarche. Serions-nous en présence du groupe le plus intelligent de sa catégorie ?

 

Delirious

Glo

Écrit par

Apparemment ce quintette est constitué de musiciens pieux. C'est en tout cas ce que les lyrics laissent supposer. Des lyrics qui parlent de Dieu, de Jésus, mais qui s'inspirent également de psaumes et d'expériences vécues. Des lyrics qu'ils véhiculent sur un pop rock hymnique, mais un peu trop emphatique, à mon goût ; une musique dont les influences majeures ne peuvent être que U2, Marillion, Queen et Ultravox. De là à en faire son credo…

 

The Delta 72

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Le troisième album de Delta 72 a été enregistré aux studios " Tongue & Groove " de Philadelphie, endroit mythique où les Rolling Stones avaient conçu " Exile on main street " et Prince, " Purple rain ". Et lorsqu'on sait que ce sont Neil Haggerty et Jennifer Herrema, leaders de Royal Trux, qui se sont chargés de la production, on peut se faire une petite idée de l'esprit revivaliste qui plane sur cet opus. Hanté pat les Stones, les Small Faces, les Chamber Brothers et le Spencer Davies Group, il est généreusement nappé de claviers hammond, à l'instar d'un Kula Shaker,. Ou d'un Deep Purple adolescent, si vous préférez rester dans un contexte sixties. Et pour donner une coloration bien rythm'n blues à l'ensemble, le groupe a reçu le concours de deux chanteuses gospel. Un album bien ficelé, fort agréable à écouter, même si les puristes le taxeront inévitablement de passéiste...

 

Demolition Doll Rods

Demolition Doll Rods

Deux filles et deux kids se partagent le line up de ce quatuor issu des cendres du groupe séminal de Detroit, les Gories. Né en 1997, DDR s'est surtout forgé sa réputation en jouant " live ". A cause de sa mise en scène provocatrice. Le groupe n'hésitant pas à jouer vêtu du strict minimum, histoire de ne pas être taxé d'exhibitionniste. Musicalement, la formation semble avoir été influencée par les Cramps et Redbone. A cause du rythme tribal, sensuel, imprimé sur chacune des compositions ; et puis des vocaux vindicatifs. Par les Stones et Chuck Berry également. Le guitariste exécutant des soli de guitare aussi juteux et sinueux que ceux que nous réservait Chuck ou Keith Richards en personne. Malheureusement, sur disque, la solution manque singulièrement de relief. A un tel point qu'il est souvent difficile de faire la distinction entre un fragment et un autre...

 

Rick Derringer

Jackhammer Blues

Écrit par

C'est flanqué des McCoys que Rick Derringer a connu le succès dans les 60s. Qui ne se souvient du célèbre hit, "Hang on sloopy" ? Rick devint une agréable surprise pour les amateurs de blues, lorsqu'il devint le second gratteur de Johnny Winter. Sur l'album "Johnny Winter And" et surtout sur le fameux "Live" sorti en 71, sur CBS. Il avait gravé un bon album l'an dernier, "Blues Deluxe", sur Blues Bureau.

Façonné dans le même moule, cet opus dispense un rockin' blues bien senti et de bonne facture. Il démarre avec un "Shake your money maker" très saignant. Il reprend de manière exemplaire, "Wrapper up in love again" d'Albert King dont il a facilement assimilé les phrases. Mais la réussite indéniable, c'est le blues lent, électrique, découpé dans les changements de rythme. Comme sur "You've got to love her with feeling" de Little Walter. Et lorsqu'il nous remet en mémoire ses meilleurs interventions de l'époque Winter, c'est un passé glorieux qui défile dans nos oreilles. Surprise, il reprend "Street corner talking", l'une des meilleurs compositions de Kim Simmonds du Savoy Brown, époque 71. Autre fort bonne version, celle de "Somebody loan me a dime", de Fenton Robinson (et non pas Elmore James comme l'indique la pochette). Notez qu'ils attribuent bien le "Just a little bit" de Roscoe Gordon à Barry Goldberg et Steve Miller!! Signalons encore la présence du très nerveux "Red Hot" de Billy "The Kid" Emerson. Album de bonne facture dans le style, ce " Jackhamer blues " se termine par une longue version du "Texas" de Mike Bloomfield et Buddy Miles, une composition qui figurait sur le 1er album d'Electric Flag, "A long time comin", sorti en 1968. Très bon !

 

Digger

Monte Carlo

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Ce " Monte Carlo " affronte un punk-rock de facture classique. Souvent pied au plancher, la musique de Digger ferait la bande-son parfaite d'une vidéo de skate. Maintenant la question pertinente se pose à tout auditeur de ce style musical : vaut-il mieux écouter NOFX ou Digger ? De peur de se lasser, en n'écoutant que le même groupe, mais sous un nom différent, ne vaut-il pas mieux en choisir un et rechercher l'originalité ailleurs ? Les fans de NOFX auront certainement déjà choisi ; ceux de Digger aussi… Ils écoutent sûrement les deux…

 

Dirty Three

Whatever you love, you are

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Ceux qui ont assisté à un concert de cette formation l'attesteront, la musique proposée par Dirty Three est peut-être l'une des plus émouvante et personnelle qui soit. En effet, tous les membres du groupe vivent littéralement leur musique. Emmenés par le violoniste en chef Warren Ellis, membre à part entière des Bad Seeds de Nick Cave et véritable épine dorsale du groupe, le batteur et le guitariste ne peuvent que suivre au plus près les saynètes illustrant chaque morceau. Car là se trouve la réelle force de Dirty Three. Un pouvoir narratif redoutable. Et même si la dernière livraison n'apporte rien de neuf dans la structure musicale, la formation s'est permise de multiplier les collaborations. C'est ce bilan que le combo nous présente aujourd'hui. Bon, l'ambiance s'accroche à une certaine mélancolie, à une certaine tristesse. Mais n'est-ce pas là la véritable marque de fabrique du groupe ? Et puis, tant de sincérité touche inévitablement. Dirty Three : quand les instruments se font porte-parole des musiciens !

 

Doctor Rhythm

Medication time

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Cette formation hollandaise existe depuis plusieurs années. "Get lucky", leur premier album remonte à 1997. Depuis, le combo a engagé un nouveau guitariste, Stanley Patty, pour épauler les deux compositeurs. En l'occurrence Philippe Bastiaans, au chant et à la six cordes et le saxophoniste/harmoniciste Daan Prevoo.

L'album démarre par "Bluesclub '63". Un titre nerveux, à la sonorité très contemporaine, au cours duquel la guitare imprime le rythme. Tout en swing, "Whole lotta nuthin" permet à Daan de doubler aux sax, au tenor et au baryton. "Done it all before" est un superbe blues lent, inspiré par T-Bone Walker. Roel Spanjers est invité à l'orgue et Stanley sort le grand jeu. Philippe chante avec beaucoup de conviction et de soul. Et puis lorsque Boyd Small fait son apparition pour chanter "Come on" d'Earl King, l'ensemble produit un maximum de groove ; Daan se libérant au sax ténor tout en injectant beaucoup de tonus dans l'interprétation. Il passe alors à l'harmonica. Roel est au piano pour attaquer "The hunter". Un shuffle rondement mené. Stanley montre toute l'étendue de son talent sur "I'm so lonesome". Il peut dialoguer avec le saxophone de Prevoo, tandis que Jules Peters et Jos Vrinssen assurent la section rythmique. Doctor Rhythm est une formation très versatile, capable d'aborder des styles différents, avec beaucoup de bonheur. Parfois l'espace de quelques minutes. Ils se montrent même très inspirés par le jazz sur "In your arms", le swing rockabilly dans leur reprise du "Rock this house" de Jimmy Rogers, l'exotisme sur "Motor City", le swamp blues avec le "Zing zing" d'Aaron Neville ; et enfin le funk tout au long de "Set me up" qui clôture cet excellent album.

 

Dog Eat Dog

In the dog house, the best and the rest

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Par les temps qui courent, il n'est pas évident de sortir un " best of ". Et en particulier pour Dog Eat Dog. Plus assez rock pour un public rock, mais pas assez hip-hop pour un public hip-hop, il navigue entre deux courants. Pas évident, non !… Et si finalement Dog Eat Dog était le seul groupe à être parvenu à créer le juste équilibre entre ces deux tendances (NDR : avec un petit penchant pour le rock quand même) ? A marier sans se prendre la tête (pour le fun, pour s'amuser) deux sphères musicales à priori opposées ? Là ça peut devenir intéressant ! Abordée de la sorte cette compilation ne trompera pas la " jeune génération ", habituée à plus radical. Les autres, par contre, pourraient se surprendre à remuer le pied, voire se souvenir d'un petit pogo sympa. Il fallait donc un angle d'attaque original pour vendre ce " best of ". Cet angle sera les remix ou ne sera pas ! Des classiques tels que " No fronts ", " Who's the king ", " If these are good time " sont pourtant retravaillés sans pour autant perdre de leur entrain originel. Mais bon…Groupe d'un moment, Dog Eat Dog aura beaucoup de mal à se faire reconnaître aujourd'hui. Malgré cette tendance, passez l'un ou l'autre de ces titres en soirée, vous verrez des visages intéressés. Sans plus. Juste avant de s'enflammer sur le dernier hype du moment, en oubliant ce qu'ils ont entendu 3 minutes auparavant…

 

Doves

Lost souls

Avant de fonder Doves, Jim Goodwin ainsi que les frères Jez et Andy Wiliams sévissaient au sein de Sub Sub. Un ensemble spécialisé dans la dance, qui avait décroché un énorme hit au cours des eighties, en Grande Bretagne, avec " Ain't no love (ain't no use) ". L'absence totale de succès de leur album, conjuguée à l'incendie accidentel de leur studio les inciteront à se tourner vers l'instrumentation basique tout en optant pour un nouveau patronyme : les Doves. " Lost souls " constitue leur premier album. Un opus dont l'expression atmosphérique, éthérée, épouse à la fois le psychédélisme semi-acoustique, en volutes, de The Verve, l'intimisme spectral de Matt Johnson (The The), la sensibilité mélodique, ouatée, toute en nuances de Talk Talk, la sophistication des arrangements de Tears For Fears et le spleen ténébreux, mélancolique, parfois électrifié d'American Music Club ; la voix de Jim Goodwin empruntant même parfois les inflexions de Mark Eitzel. Le trio mancunien n'a cependant pas aveuglément tourné le dos à la technologie moderne, mais y recourt avec parcimonie et judicieusement, à l'instar de nombreuses formations pop contemporaines. Un disque qui recèle, en outre, à travers " The cedar room ", une superbe chanson de plus de huit minutes, qui aurait pu naître de la plume d'un Noël Gallagher inspiré et en toute grande forme... Remarquable !

 

Downliners Sect

Sect appeal

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Le Downliners Sect est arrivé au début des années 60, dans la vague qui nous a permis de connaître les Rolling Stones, Yardbirds et autres Pretty Things. Le groupe touchait à tout. Au R&B, au rock'n'roll, à la country, au beat, etc. Il n’a connu qu'un succès d'estime ; trop insignifiant sans doute pour agiter la vague R&B, mais pas assez pop pour remuer celle des beat groups. Il possédait pourtant de sérieux atouts, parce qu’il pouvait compter sur ses musiciens chanteurs, Terry Gibson, Don Craine et Keith Grant.

Le Sect a connu une nouvelle jeunesse dans les 70’s lors de l'avènement du pub rock de Dr Feelgood et les Kursaal Flyers. Reformés à la fin des 70s, ils sortiront deux albums, dont "Showbiz" (NDR : qui a déjà été réédité par Indigo et "Live in the 1980s"). Cet opus est ici présent, enrichi de 4 titres enregistrés en mai 80. Les trois musiciens susvisés sont ici flanqués du chanteur harmoniciste Paul Tiller (un ancien des Black Cat Bones) et de Rod De'Ath, un personnage qui a longtemps été longtemps le batteur de Rory Gallagher.

"You ain't done me right" est un titre accrocheur mais qui sonne très… Status Quo. "Blue night" vaut pour sa belle partie d'harmonica de Tiller. "Rhythm 'n' booze" est un rock'n'roll proche de Chuck Berry, avec une voix trop propre. L'album live est plus tranché, brut, sale. Nous sommes toujours en 80 avec les mêmes musiciens. L'énergie déborde, sans pour autant dépasser celle du Nine Below Zero de la même époque. Les plages qui dégagent le plus sont les meilleures. Et en particulier "Got my mojo working" ainsi que le fameux "Sect appeal", dont le rythme est pompé sur le riff de Bo Diddley. Quand ils chantent le "Love potion n°9" de Leiber et Stoller, on croirait entendre les Beatles des tous débuts. Manifestement ils sont le plus à l'aise dans le rock'n'roll. Ils foncent, dévastent et emballent "Back in the USA" et "Sweet little 16" de Berry. Et même d'autres canons tels que "Wee wee baby" ou "Nursery rhyme" de Diddley. Rien (ou presque) n'échappe au rouleau compresseur. Seule la conclusion ("Shake your moneymaker " et "Route 66") qui emprunte un ton trop approximatif, a été bâclée…

 

Dozer

In the tail of a comet

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Vous ne supportez pas les ensembles à cordes et vous estimez que le " S/M " de Metallica est à pleurer ? Vous perdez patience de voir Chris Cornell relancer un Soundgarden de la grande époque ? Fumanchu et Kyuss sont vos références ? Dès " Facelift " la voix de Layne Staley vous a envoûté ? " In the tail of a comet " est pour vous !!! On le sait, le label Man's Ruin ne fait pas toujours dans la dentelle ; mais qu'importe ! Le résultat est là ! Pas le temps de s'éterniser. En 4 petites minutes en moyenne par titre, il faut se tenir bien au chaud (mais pas à l'abri d'une collision) dans la traînée de la comète ; quitte à se faire taxer de suiveur. La tête balance, les pieds frappent le sol. Pas de doute, c'est bien un disque de rock n' roll sidéral…