La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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OP8

Slush

Sincèrement, nous n’imaginions pas que Lisa Germano et les musiciens de Giant Sand auraient pu, un jour, se réunir. Surtout pour enregistrer un album ensemble. Et pourtant, c’est ce qu’ils viennent de faire en commettant ce " Slush ". Avec un résultat qui dépasse les espérances. Si Lisa a conservé toute cette fragilité spectrale qui la caractérise, John Convertino, Joey Burns et Howe Gelb ont soigné leurs visions expérimentales pour les rendre plus mélodiques. Il se dégage d’ailleurs, tout au long de cet opus, une sensualité moelleuse, un climat intimiste, tellement chaleureux qu’il provoque un formidable épanchement d’intensité émotionnelle. Un peu comme si Mazzy Star et Lou Reed avaient décidé d’enregistrer ensemble. Encore que la voix de Lisa évoque plutôt Kristin Hersh alors que Howe Gelb possède un timbre plus proche de Lee Hazlewood que de l’ex chanteur du Velvet Underground. Le disque recèle d’ailleurs une cover de l’ex-partenaire de Nancy Sinatra, " Sand ", et puis également une autre de Neil Young, " Round and round ". Superbe !

 

Nada Surf

The proximity effect

Vous vous souvenez certainement encore de leur single, " Popular ", commis voici déjà deux ans. Une chanson qui allait faire un véritable tabac dans les charts internationaux. Dans la foulée, le trio enregistrait un premier album, " High/low ". Produit par Ric Ocasek, il libérait un pop punk bien incisif, hymnique, mais savoureusement léché. Nonobstant ces qualités, cet opus ne rencontra pas le succès mérité. Aujourd’hui, la formation nous revient avec un deuxième elpee, intitulé " The proximity effect ". Derrière les manettes, on ne retrouve cependant plus l’ex Cars, mais Fred Maher, dont la carte de visite épingle la mise en forme d’oeuvres de Material, Scritti Politti, Luna, Matthew Sweet et surtout Lou Reed. Ce qui a probablement été une erreur. Car si les mélodies sont toujours aussi contagieuses, l’instrumentation manque singulièrement de relief, de cinglant. Et de superbes chansons comme " Hyperspace ", " Mothers’s day " ou " Dispossession ", parviennent trop difficilement à faire la différence. Dommage ! Surtout pour un groupe qui est parvenu à conserver, sur les planches, cette réputation de groupe électrique dans le sens le plus sauvage du terme…

 

Monster Magnet

Powertrip

Si à l’origine, Monster Magnet pratiquait un hardcore teinté de psychédélisme, sorte de Black Flag acidifié par les visions cosmiques d’Hawkwind ; au fil du temps, le quatuor a viré au heavy metal, pour finalement tomber dans la marmite au hard rock. Sur son dernier opus " Powertrip", on a même parfois l’impression de devoir réingurgiter les clichés les plus éculés de Rush, formation qui avait eu ses heures de gloire à la fin des seventies. Enfin, si vous venez exclusivement chercher votre dose de décibels, Monster Magnet ne devrait pas vous décevoir…

 

Motorpsycho

Trust us

Après avoir commis un elpee remarquable en 1997, " Angels & Daemons at play ", opus qui allait d’ailleurs valoir au groupe norvégien de figurer parmi nos meilleurs albums de l’année, Motorpsycho nous revient avec un double CD. Une œuvre qui nous replonge dans cet univers si particulier, si progressif dans le sens le plus pop du terme. Parce que dans l’art de recycler le passé, pour le conjuguer au présent, cet ensemble se débrouille plutôt bien. Ce qui explique, sans doute, pourquoi, tout au long de ce " Trust us ", on y retrouve pêle-mêle, et à des degrés divers, des traces de Jefferson Airplane, Mike Oldfield, King Crimson, Hawkwind, Yes, Neil Young, Syd Barrett, Stones voire de Led Zeppelin, et dans un registre plus contemporain, de Spacemen 3, Sonic Youth, Sebadoh, Tortoise ou Pavement. Un album riche, très riche même… en découvertes.

 

Bob Mould

The last dog and pony show

Après avoir effectué une tournée de près de deux ans, sous une formule exclusivement acoustique, l’ex-leader du mythique Hüsker Dü nous revient chargé d’électricité. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’ait pas consacré cette nouvelle expérience au service de son nouvel essai solo, " The last dog and pony show ". Au contraire ! Mais le plus important, c’est qu’il n’ait rien perdu du sens mélodique hymnique qui le caractérise distinctement dans l’univers de la popcore. Que sa ‘six cordes’ continue de cracher cette intensité délicieusement cinglante, sauvagement vivifiante. Cependant, à l’instar de son précédent opus éponyme, il a utilisé une plus grande palette instrumentale et même technologique, comme les samplings. Se réservant les guitares (électriques et acoustiques), la basse et même les claviers. Sans oublier le chant. Seul Matt Hammon assure les drums. Quant à Alison Chesleyex Cilynsky, elle ne joue du violoncelle que sur deux titres. Une œuvre complète, sans la moindre faiblesse, ni le moindre remplissage. Excellent !

 

Elliott Murphy

Beauregard

Disciple de Scott Fitzgerald et de Robert Zimmerman, Elliott Murphy aurait mérité de connaître le même succès que celui de Bruce Springsteen, avec lequel il est d’ailleurs lié d’amitié depuis bien longtemps. Mais cet enfant de Long Island n’était pas né sous une bonne étoile. Pas pour rien d’ailleurs qu’il soit surnommé " the looser ". Pourtant, il compte des tas d’admirateurs célèbres, parmi lesquels on retrouve Peter Buck, les Violent Femmes, Lou Reed, Tom Petty, Costello ou même le producteur des Doors, Paul Rothchild. Depuis 1986, il s’est installé à Paris où il vit toujours aujourd’hui, en compagnie de son épouse et de son fils. Il continue cependant de tourner. Souvent dans les petits clubs. Trop rarement à l’étranger. En général armé de sa ‘six cordes’ acoustique, mais parfois aussi flanqué de quelques potes, juste le temps de faire un bœuf. Ce qui ne l’empêche pas de continuer inlassablement à enregistrer des disques. " Beauregard " constitue ainsi son 17ème ! Une œuvre qui privilégie les climats intimistes mais dont la dimension littéraire a pris un caractère tellement provocateur qu’on ne peut s’empêcher de penser à Bob Dylan, lorsqu’il était au comble de sa contestation sociopolitique. Treize titres qu’il chante d’une voix chaude, mi-reedienne, mi-springsteenienne, en s’appuyant sur un groupe qui se partage basse, mandoline, violon, harmonica, slide et drums feutrés. Et à première écoute, on se met à penser au " Harvest " de Neil Young, à " Bring’em all " de Mike Scott voire à " In the pines " des Triffids. A cause des mélodies toutes en nuances et en subtilité, sans doute. Mais après mûre réflexion, c’est encore avec le boss qu’Elliot a encore le plus d’affinités sur ce " Beauregard " ; en particulier lorsqu’en pleine phase minimaliste, il avait commis " Ghost of Tom Joad " ; si nos souvenirs sont bons, c’était en 1995…

 

MxPx

Slowly going the way of the buffalo

Vous aimez le popcore ? Et tout particulièrement Green Day, Bad Religion, Minor Threat, les Descendants et même Hüsker Dü ? MxPx devrait vous botter ! Un trio yankee issu de la banlieue de Seattle, dont la moyenne d’âge ne dépasse pas 21 ans. Responsable de quatre albums à ce jour, le groupe a même décroché un hit, l’an dernier, avec " Chick magnet ", composition qui figurait sur l’album " Life in general ".

 

My Velma

Exposed

Trio belge composé de deux rescapés du défunt Soulsister, soit Joost Van den Broeck à la batterie et surtout Jan Leyers à la guitare, et d’un bassiste néophyte mais pour le moins excellent, Filip Cauwelier, My Velma vient d’enregistrer un premier album. Un disque pour lequel, le trio a reçu le concours de quelques potes, et notamment l’ex-Company of State, Rudolf Hecke. Un opus ambitieux, parfois même brillant, au cours duquel le combo a réussi la parfaite osmose entre l’énergie et la puissance du rock américain des Buffalo Tom, Green on Red ou Crazy Horse et la finesse de la pop anglaise. Aussi bien pratiquée, 30 ans plus tôt par les Kinks, que par des contemporains tels que The Verve, Bernard Butler (ex-Suede), voire Oasis. Des riffs de guitare torturés, une section rythmique riche en finesse et en explosivité qui régule une structure musicale atmosphérique, mystérieuse, où les sonorités généreusement électrifiées, chaleureuses, parfois teintées de country voire de grunge, collent parfaitement à la voix fragile, profonde de Jan. Une révélation !

 

Manic Street Preachers

This is my truth tell me yours

Sale blague pour le trio gallois, dont le single " If you tolerate this your children will be next " n’est pas sorti aux States, parce que son titre est trop long… Ce qui démontre, une nouvelle fois, que les Yankees sont vraiment gangrenés par leurs principes. Mais venons-en au cinquième elpee de Manic Street Preachers. Un disque très inspiré et profond, mais beaucoup moins dépressif que " The holy bible " ou " Everything must go ". D’abord, les textes ont été écrits, et ce pour la première fois, exclusivement par Nicky Wire. Ensuite, le groupe semble avoir fait (définitivement ?) son deuil de la disparition de Richey James. Les textes peuvent ainsi, à nouveau, aborder des thèmes plus engagés, à l’instar du tout premier elpee, " Generation terrorists ", traitant tantôt de la tragédie d’Hillsborough, de la perte d’identité de la culture galloise, de dépression clinique, etc., etc. ; sans oublier l’évocation historique, sur le single, de la participation de volontaires gallois dans la guerre civile espagnole, ainsi que l’inévitable hommage au regretté Richey, sur " Nobody loved you ".

 

Mansun

Six

Le deuxième album de Mansun s’est littéralement fait descendre par la presse spécialisée aux Iles Britanniques. Celle-ci reproche, en fait, au quatuor de Chester de s’être un peu trop inspiré de la musique progressive des seventies. Et en particulier du Genesis de l’archange Gabriel, de Yes, Gentle Giant, des Doors et surtout du Floyd. Progressif d’accord ! Mais si inspiration de ces dinosaures il y a, elle est loin d’être évidente. En fait, la complexité de leur musique procéderait plutôt d’une glamourisation d’une certaine forme de new wave du début des eighties. Et on pense, ici, plus particulièrement à Magazine et à Cult. D’ailleurs, la voix de Paul Draper, possède dans son registre, des inflexions très proches de celle de Ian Ashbury. Une voix assez exceptionnelle, il est vrai, nous rappelant même parfois Roland Orzabal de Tears For Fears. Glamourisation, à l’instar de Suede, mais aussi et surtout de ce Tears For Fears, tant le soin apporté aux harmonies vocales est impressionnant. Sur " Witness to a murder (part two) ", le groupe a même fait appel à trois soprani. Ce qui n’empêche pas les guitares d’être bien saignantes et les compositions de se révéler bien équilibrées. Mais il est exact qu’en dispensant des compositions aussi longues et raffinées, il est difficile de rester confiné au sein de l’univers de la pop…

 

Marcy Playground

Marcy playground

John Wozniak est un nostalgique de son passé d'étudiant, puisqu'il s'est inspiré du nom de l'école qu'il a fréquenté à Minneapolis, pour choisir le patronyme de son groupe. Un trio qui a quand même déjà décroché un disque d'or aux States, grâce au single " Sex and candy ". John en est le leader, mais aussi et surtout le responsable des lyrics. Des textes le plus souvent autobiographiques qu'il chante d'une voix bien yankee, sur une musique tantôt franchement post grunge (Nirvana ? Pearl Jam ? Smashing Pumpkins ?), tantôt pop, mais avec la sensibilité mélodique d'un World Party, notamment lorsque l'instrumentation se fait beaucoup plus acoustique, et s'enrichit d'orchestrations plus sophistiquées, voire d'un violoncelle, comme sur le superbe " One more suicide ", tantôt encore plus rock que pop, mais avec l'esprit tordu, humoristique de Presidents of the USA.

 

Marilyn Manson

Mechanical animals

Curieux personnage que ce Brian Warner alias Marilyn Manson. Maquillé outrageusement jusqu’à la limite de l’androgyne, il pourrait camper un hybride entre Alice Cooper, David Bowie circa Ziggy Stardust et le défunt Rozz Williams de Christian Death. Son objectif ? Symboliser à travers son attitude et ses textes, une perspective alternative de la moralité, de la sexualité, du succès, de la religion, de la politique et même de la société. C’est vrai qu’aujourd’hui, il constitue surtout le cauchemar le plus sérieux des fascistes du rock’n’roll. Si à l’origine, la musique de Marilyn Manson macérait dans une sorte de death metal fortement imprégné de caractéristiques post industrielles, à l’instar de Thrill Kill Cult ou de Nine Inch Nails, son quatrième opus, " Mechanical animals ", est chargé d’ions émotionnels. Mais négatifs. Pensez un peu à Sisters of Mercy et à Bauhaus, lorsque les cordes de guitare claquaient comme des armes de destruction mortelle. Et tout comme chez ces formations gothiques légendaires, au fil de l’écoute, une mélancolie extrême et insidieuse envahit le plus profond de votre âme…

 

Marion

The program

Pour de la provocation, c’est de la provocation ! Alors que le quintette mancunien s’était vu reproché, sur son premier album, d’avoir beaucoup trop marché sur les plates-bandes du défunt et mythique Smiths, il vient tout simplement de recruter leur ex-manager et de choisir Johhnny Marr pour produire " The program ". Heureusement, si inspiration il y a, elle se situe surtout au niveau du sens mélodique. Le groupe cherchant plutôt ses racines du côté du glam (Suede ?) de la power pop (Buzzcocks) et surtout de la britpop électrique. A cause de l’intensité querelleuse échangée entre les guitares. Curieux hybride d’arrogance et de mélancolie, l’album souffre cependant d’un ton un peu trop monocorde à notre goût. Seuls " Strangers " et le final remarquable " Comeback " parviennent à nous sortir d’une certaine lassitude, qui s’installe au fil de l’écoute…

 

Metallica

Reload

Nous ne sommes pas particulièrement réceptifs au heavy metal, ce n’est plus un secret pour personne. Pourtant, il faut reconnaître que dans le style, Metallica est devenu un monstre sacré. Le chiffre de vente de ses six albums précédents en est la plus belle illustration. En fait, au risque de nous répéter, nous n’avons jamais mis en cause la compétence des musiciens, mais plutôt celle du vocaliste. Plus enclin à vociférer comme un possédé que de chanter. Or James Hetfield possède une belle voix, profonde, gutturale, pas seulement un organe phonique. Il l’avait déjà prouvé su " Load ". Il le confirme sur " Reload ". Bien sûr, il a encore tendance à s’égosiller inutilement, mais depuis 1996, nous avons découvert une modulation du timbre que nous ne lui connaissions pas. Mais peut-on vraiment parler de confirmation, puisqu’il a été enregistré à la même époque que " Load " ? D’ailleurs, à l’origine, Metallica comptait sortir un double elpee. Puis s’est ravisé pour finalement le scinder en deux morceaux de plastique différents. Mais venons-en à ce septième opus. Toujours produit par Bob Rock, il bénéficie de la présence de Marianne Faithfull. Sur le single " The memory remains ". Et puis recèle quelques petites perles. Notamment le somptueux " Carpe diem baby ", l’irrésistible ballade " The unforgiven II ", digne de Pearl Jam ", et enfin l’atmosphérique, presque underground " Where the wild things are ". Maintenant, les disciples du heavy metal, vont peut-être la trouver saumâtre. Certains risquent même de les renier. Ce sera peut-être le prix à payer par Metallica pour réussir sa reconversion. Mais à notre humble avis ils n’auront guère de difficulté à convertir un nouveau public. Enfin, au vu de ce " Reload "…

 

Love Spit Love

Trysome eatone

Deuxième album pour Love Spit Love, groupe fondé en 1992 par les frangins Butler, à l’issue du split de Psychedelic Furs. Un disque aussi brillant que son précédent éponyme. Parce qu’on y retrouve à nouveau quelques chefs-d’œuvre à consommer sans modération. Notamment le single " Long long time ", le contagieux " Well, well, well " ou encore le ténébreux et mélancolique " It hurts when I laugh ". Richard accorde toujours autant d’importance à ses textes, des textes autobiographiques, philosophiques, qu’il chante toujours avec conviction, de sa voix caractéristique, rauque, un peu cassée, en nous invitant à explorer les tréfonds de sa pensée, hantée par les thèmes de l’amitié, de l’amour, de la vie et de la mort. Quant au climat musical, il nous rappelle instantanément la bonne vielle cold-wave de Mission et de … Psychedelic Furs (évidemment). Mais aussi, et c’est nouveau, la pop pratiquée par House of Love, Garbage, Died Pretty voire le rock d’un Pearl Jam converti à la technologie moderne. Et ce mélange de sensibilités américaine et européenne très homogène, mis en boîte par Ben Grosse, producteur du Red Hot Chili Peppers, laisse parler les guitares tranchantes sur des rythmes décapants… Dans ces conditions, il ne serait pas étonnant de retrouver ce " Trysome eatone " parmi les musts de cette année.

 

Low

Songs for a dead pilot

La légende raconte que lorsque Low se produit en public, on peut entendre les musiciens respirer, tant leur musique est calme, léthargique, fragile. Le trio du Minnesota s’était illustré, à ses débuts, en commettant une version à la fois étonnante et ralentie du célèbre " Transmission " de Joy Division. Une cover qui deviendra, en quelque sorte, le signe distinctif du style pratiqué par le groupe. Mélancolique, visionnaire, morose, dans l’esprit de Codeine ou de Spain, mais en plus atmosphérique, en plus paisible. Six fragments composent ce " Songs for a dead pilot ", six longues mélopées épisodiquement glacées par les chuchotements spectraux de Mimi Parker et d’Alan Sparhawk. Rarement le nom d’un groupe n’aura été aussi en harmonie avec sa musique : Low…

 

Lullaby For The Working Class

I never ever asked for light

Très peu d’informations sur ce Lullaby for The Working Class, pourtant responsable, à ce jour, de deux albums. Une formation issue du Nebraska qui, tout comme Lambchop, Palace et autre Smog, tente de remettre la musique country au goût du jour. C’est à dire une country toute en atmosphère, sombre, le plus souvent dispensée dans un espace minimaliste. Tout comme " Warm blanket ", le précédent opus, " I never asked for light " obéit aux mêmes critères, même si la texture est enrichie tantôt par une section à cordes, tantôt par des percussions ethniques, tantôt par une instrumentation basiquement rock, à l’instar des Walkabouts…

 

Lungfish

Artificial horizon

On ne peut pas dire que dans le passé, Lungfish était notre tasse de thé. Pas que sa musique était de mauvaise facture, mais beaucoup trop claustrophobe et oppressive pour vraiment nous botter. Bonne nouvelle, ce nouvel opus affiche de bien meilleures dispositions. D’abord, Daniel Higgs semble avoir soigné sa laryngite chronique, et puis, son timbre rocailleux est tempéré par une deuxième voix beaucoup plus claire. Ensuite, le quatuor de Baltimore accorde une plus grande place aux passages instrumentaux, atmosphériques en particulier, tantôt ‘cold’, tantôt étrangement inspirés par le Jefferson Airplane. Mais ce qui nous a vraiment séduits chez Lungfish, c’est son groove, que nous pourrions rapprocher de celui qui était pratiqué début des eighties par Hunters & Collectors…

 

Lambchop

Thriller

Imaginez un peu Lou Reed établi à Nashville, pas à New York. C’est sans doute la musique qu’il aurait composée, s’il avait effectué le premier choix. C’est également la meilleure manière de vous donner une petite idée du style pratiqué par Lambchop, que nous pourrions qualifier de néo country. D’abord, il y a la voix de Kurt Wagner. Aussi subtile que des plumes, mais aussi noire que le goudron. Son écriture. Aussi troublée que celle de Stuart Staples. Ensuite, le virtuose de la steel guitar, Paul Niehaus, dont le jeu évoque instantanément Cowboy Junkies. Enfin, il y a onze autres musiciens qui se partagent une foule d’instruments afin de confectionner une musique atmosphérique, minimaliste, indolente, un peu comme chez Smog, Palace ou Sophia. Mais Lambchop se montre beaucoup moins stéréotypé que ses condisciples. Et il le démontre sur ce " Thriller ". Qui recèle notamment un fragment postcard, " Hey, where’s you girl " (Orange Juice ?), un morceau enrobé d’orchestrations aussi grandioses que chez My Life Story, " Your fucking sunny day " ; et qui réserve une place au psychédélisme atmosphérique sur le titre maître, sorte de rencontre impromptue entre Tortoise et Labradford. Etonnant !

 

Mark Lanegan

Scraps at midnight

Franchement ce type a une voix étonnante. Un baryton profond, spectral, fragile, sensuel et fiévreux, qu’on ne retrouve pas sur les albums de Screaming Trees. Pour rappel, Mark est également le chanteur de cette formation. Mais, en solitaire, il parvient à donner une autre dimension à sa voix. Un peu comme un bluesman ou un crooner. Sans soute, parce que la musique qu’il joue en solitaire est beaucoup plus paisible, jouant sur la subtilité des nuances, plutôt que sur la tonicité du son. " Scraps at midnight " constitue déjà son troisième effort solo. Un disque sur lequel on retrouve quelques invités de marque et notamment John Mascis (Dinosaur Jr.), Tad Doyle (Tad), et puis surtout le multi instrumentiste Mike Johnson, qui par ailleurs produit cet opus. Un album très rafraîchissant, dont les chansons parlent surtout d’amour et de trahison. Dix titres qui évoquent tour à tour, American Music club, Tim Buckley, Greg Sage, Neil Young et même Chris Isaak, comme sur le morceau qui ouvre le CD, " Hospitals roll call ". Indispensable !

 

Lazlo Bane

11 transistor

Premier album pour Lazlo Bane, un quatuor bostonien drivé par un certain Chad Fischer. Drummer à ses heures, ce personnage cumule, au sein du groupe, les fonctions de chanteur, de guitariste, de compositeur et même d’ingénieur du son. Pas pour rien que dans le passé, l’ex Wall of Voodoo, Andy Prieboy, s’était attaché ses services. Faut dire que Chad s’est forgé une solide expérience en bossant comme un dingue. Le plus souvent en solitaire. Dans une cave aménagée de sa maison. Il a ainsi enregistré une multitude de démos, sur son ‘quatre pistes’. Un acharnement qui lui a permis de constituer un véritable patrimoine, dont bénéficie aujourd’hui son Lazlo Bane. Chad n’aime pas trop les fioritures. Qu’il juge néfastes à la propagation de l’énergie vitale, de l’intensité à l’état pur. Ce qui n’empêche pas sa musique de laisser transparaître des influences, volontaires ou involontaires. Et nous pensons, ici, plus précisément à Weezer, Presidents of USA et à Super Deluxe, mais épurés de leurs arrangements plus ou moins sophistiqués. Beaucoup d’électricité, donc, sur les onze fragments de ce disque, qui recèle, en outre, une cover assez réussie d’"Overkill ", de Men At Work .