Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Vincent Delerm

La fresque de Vincent Delerm

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Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ».

Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et cordes emportées signé French 79, tient lieu de générique de début.

L’ouverture d’une longue fresque en quatorze tableaux qui défilent et autant de variations musicales, de la pop empourprée et orchestrale aux ballades bleu-nuit, enveloppe d’ombres et de lumières réalisée par Jean Sylvain Le Gouic (Juveniles), Paco Del Rosso, French 79 et Rémy Galichet (également aux arrangements), pour des textes où résonne comme jamais tout l’art delermien ultrasensible.

Il y est question de la vie, la mort, l’amour, d’un lonesome cowboy et des solitaires qui font nombre sans le savoir, d’un mot japonais qui dit l’exaltation des rencontres, d’un Paris d’illusions et des Pyrénées du pire des drames, et même de Madonna.

Fragments d’existences, la sienne et celle des autres, de visages et de voix en kaléidoscope qui forment un tout. Une fresque. Inoubliable.

Le clip du titre maître est à voir et écourter 

 

 

Lucie Valentine

L’heure personnelle de Lucie Valentine

Écrit par

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation.

Née d’un atelier d’écriture dirigé par Claude Lemesle (Joe Dassin, Sardou…), écrite derrière son piano et révélée sur les réseaux avec près de 90 000 vues, « Minuit Moins Toi » séduit par sa sincérité et son élégance. ’univers de Lucie Valentine évoque Françoise Hardy, Juliette Armanet, avec une production sobre et soignée.

Lucie Valentine affirme ici une écriture plus mûre, toujours accessible, s’adressant directement aux cœurs et aux expériences de chacun. Les mots sont simples mais puissants.

Ce nouvel opus, arrangé par Antoine Dandoy et Thibaud Demey, incarne la force derrière les fragilités de l’artiste, traversant le chaos émotionnel pour retrouver la lumière et l’amour de soi. Lucie Valentine s’attache à l’essence de la vie et des liens qui la façonnent, même face à l’adversité.

Un Ep cinq titres intimes, doux et profonds à la fois. 

Le clip de « Minuit Moins Toi » est disponible ici

 

 

Ellside

La fuite d’Ellside

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Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light.

Le groupe invite les auditeurs à suivre son personnage principal pendant une quête personnelle, introspective et viscérale, inspirée de l'univers de Dante.

A l'heure des singles éphémères sur les plateformes, le groupe fait un choix sérieux : servir une histoire complète mais ‘feuilletonnante’ qui développe un propos universel et supérieur. À travers le regard de Light, personnage en chute libre, le groupe explore les tourments intérieurs, la fuite, l’oubli et la résilience.

Portée par une musique oscillant entre punk californien et heavy metal, de Offspring à Metallica, à bon escient, selon l'éclairage de l'histoire et les émotions, « Run Away » est une descente en soi-même où chaque morceau devient un cri, une confession, une tentative d’éveil. Entre la dépression et le retour de la confiance en lui, Light traverse quatre lourdes étapes : l'inappétence, la colère, la témérité et l'optimisme. Dès « Without a word », le décor est planté. Light est en choc affectif profond à la suite d’une rupture amoureuse brutale. ‘Without a word... I try to let you know, Without a word... How hard you hurt me cause you never showed. Without a word...’

Light court, sans savoir s’il fuit ou s’il espère, dans son obscurité mentale. Ellside tisse une bande-son cinématographique où le rock flirte avec l’émotion pure. L’opus montre une cohérence narrative et une sincérité brute, capturant la complexité des états d’âme de son protagoniste. Chaque chanson est une pièce d’un puzzle mental où se cachent l’espoir, la fuite, l’amour, et l’oubli. 

« Welcome Back » est à écouter ici et le clip consacré à « Without a word »

 

Vera Daisies

Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Écrit par

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies.

Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess Game". Produit aux côtés de Geagea, mixé par Alex Farrar (Wednesday, Snail Mail) le morceau trace une ligne claire : guitare tranchante, influences rock 90s assumées, et une écriture frontale qui transforme les désillusions amoureuses en cris d’émancipation. Un projet solo où l’image dialogue avec le son, porté par une énergie brute et sans concession.

Entre nostalgie adolescente et mélancolie amoureuse, "Chess Game" parle de ces connexions qui ressemblent à des parties d’échecs : complexes, stratégiques, parfois trop cérébrales pour laisser place à la spontanéité.

La sortie de "Chess Game" s’accompagne d’une proposition visuelle forte : une série de mini dessins-animés diffusés sur les réseaux sociaux de l’artiste, ainsi qu’un vizualiser au ton singulier. Réalisé par l'artiste, il met en scène la musicienne en gros plan, impassible, tandis qu’en arrière-plan, une ville s’effondre dans un chaos coloré, peuplé de références à la pop culture. Ce contraste entre l’intime et le spectaculaire propose une double lecture du morceau : celle d’un amour hésitant, vécu et raconté dans un monde qui vacille.

En transposant ce décalage entre émotion personnelle et climat collectif, Vera Daisies interroge avec poésie la place de la vulnérabilité dans un contexte social et politique tendu et affirme une voix singulière, autant musicale que visuelle.

"Chess Game" est un morceau indie rock aux influences pop évidentes. Produit en explorant les outils de production actuels (autotune, glitchs) il garde pourtant une essence 90’s bien assumée.

Le clip est à voir et écouter

 

Pure Carrière

Farfouiller dans la Pure Carrière…

Écrit par

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort.

Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force. « Farfouiller » n'est pas qu'un simple single, c'est l'étincelle d'une seconde vie pour le groupe québécois.

Composée à l’aide de vieux instruments cassés qui parviennent à peine à émettre un son, à moitié arrachée à un rêve dont on a du mal à se souvenir ; dans bien des cas, sauvée de justesse des bras de l'oubli ou d'un vieil ordinateur portable qui ne s'ouvre plus.

La musique de Pure Carrière, décontractée et psychique, est rafistolée ici et là, rongée, ballottée, décantée, repensée. Elle s'enorgueillit de l'instinct, de l'erreur et de l'absence de finalité. 

Le single est en écoute 

 

Fine Lame

La vie explosive de Fine Lame

Écrit par

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon.

Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le désenchantement historique, la fin de siècle, la mélancolie contemporaine, que l’envoûtement spectral de la nuit. 

Il dévoile aujourd’hui un second Ep, « Vivre comme on éclaterait », recelant 6 titres en français, enregistré et mixé par Thomas Lascoux au studio La Kapsule.

Recueil habité de visions hallucinées servies par des instrumentaux enlevés, il s’autorise aussi des morceaux plus tendres, tel que le lancinant « Peines perdues ».

En lorgnant mélodiquement presque du côté de la chanson française, il en explore ses possibilités de diffraction par le spoken word (« Renverse le soleil sur la table »), voire le jazz, influence notable sur la ballade en cinq temps Librement, comme un cri. L’Ep culmine lors de la folle embardée crépusculaire « Cha-cha-cha de L’Apocalypse » et le morceau-titre, point d’orgue incendiaire d’un objet tiraillé entre colère, tristesse et extase.

Le clip du « Cha-cha-cha de L’Apocalypse » est à découvrir 

Fishbach

Flora Fishbach s’offre le Grand Reno : une plongée abyssale et céleste

Flora Fishbach, la muse ardennaise au timbre envoûtant, nous convie à une descente vertigineuse dans les profondeurs avec son nouveau single. Il s’ouvre sur une phrase qui résonne tel un mantra : “Je plonge dans les abysses comme Jean Reno”. Et, ô merveille, l’acteur français, icône intemporelle du Grand Bleu, s’invite dans cette aventure sonore pour un 'featuring' aussi inattendu qu’inspiré. À travers ses murmures graves et réconfortants, Jean Reno guide un oiseau de nuit égaré dans les méandres d’un enfer nocturne, lui soufflant avec tendresse : “Il te faut reprendre ta place… Quoi que tu fasses... N’oublie pas qui tu es…”.

La musique, elle, s’élève comme une vague irrépressible, nous ramenant avec délectation aux échos glorieux de la new wave. Les rythmiques pulsantes évoquent les émois électrisants de Bronski Beat, tandis qu’un break audacieux dévoile un hommage subtil, presque clandestin, à Giorgio Moroder. Là, surgissent les voix, qui semblent murmurer l’écho de “I Feel Love”, portées par des chœurs célestes qui ouvrent une brèche vers un univers mystique, où les étoiles dansent avec les âmes errantes. Un voyage où chaque note semble tissée de profondeur et de nostalgie.

Depuis sa révélation il y a 10 ans, Flora Fishbach, qui a maintenant ajouté son prénom à son nom d'artiste, n’a jamais masqué son amour fervent pour les années 80, sculptant un style rétro-futuriste foncièrement original. Cette esthétique, à la croisée du passé et de la modernité, a inspiré des artistes comme Clara Luciani et Juliette Armanet. Avec ce nouveau titre, porté par la présence magnétique de Jean Reno, on ne peut s’empêcher d’espérer qu’il devienne son “Reno-la Gay”...

Mise à jour du 24 juin 2025:
Le nouvel album, intitulé « Val Synth », sortira le 12 septembre. 
La musique a été composée par la chanteuse en collaboration avec AGLE (@agle.music), le musicien basé à Barcelone, donc on peut s'attendre à une orientation très “synthwave”, inspirée des années '80. Les paroles ont été écrites par Flora en compagnie d'Arthur Navellou et du parolier 'Casual Melancholia'. Le son a été dessiné par Michael Declerck (@michaeldeclerck) au studio La Briche, près de Tours.

Pour écouter le single, c'est ici ou Pour lire les interviews de Fishbach, c'est ici

 

Mise à jour du 21 août 2025:
Flora Fishbach a divulgué un nouvel extrait de son prochain album: "Machavela", un titre court et ludique, inspiré du style "cabaret" et des extravagances d'artistes comme Klaus Nomi, Kate Bush ou Catherine Ringer. Flora chante de façon lyrique des onomatopées étranges, sur un tempo rapide et un rythme electro. 
Pour écouter le single et regarder la vidéo, c'est ici.

The Flying Bones

Who are the Flying Bones ?

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Issu de Rennes, The Flying Bones est a vécu deux périodes. L’une ‘garage-psyché-punk’ et l’autre, ‘math-fuzz’. Ce duo réunit Fabien Joffard (batterie/chant) et Thibault Talmont (guitare/chant).

Et sur son premier elpee, il est parvenu à compiler les meilleurs morceaux de ces deux phases.

On y retrouve donc la fougue spontanée du garage, la férocité sans concession du punk, les constructions alambiquées ou en looping du math rock, de motifs noise, des touches de folk et de lo-fi, mais aussi des envolées psychédéliques des seventies…

Parfois, sa musique rappelle des groupes comme Oh Sees ou Snapped Ankles.

Et chanté en français, le titre « Déception » fait un peu la synthèse de toutes ces références. C’est le morceau qui a été clippé ; et il est disponible

Podcast # 85 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Ykons

Il faut instaurer des quotas…

Écrit par

Alors que la Ville de Soignies met traditionnellement à l’honneur le dernier samedi du mois d’août en organisant son festival gratuit et pluridisciplinaire ‘Août en Eclat ‘, le centre historique de la cité millénaire fondée au VIIème siècle par Vincent Madelgaire (Saint Vincent) accueillait ce 7juin, veille de la Pentecôte, une salve d’artistes de renom, tels que Mentissa, Ykons, DJ Daddy K et l'Orchestre Zénith.

Côté pile, une festivité bon enfant, mais côté face, une météo capricieuse et des trombes d’eau à décourager les plus téméraires, alors que le soleil a laissé apparaître ses plus beaux rayons durant quelques semaines consécutives. Quel dommage !

Avant qu'Ykons ne grimpe sur scène, son leader emblématique Renaud Godart a accordé, pour Musiczine, une interview passionnante, humaniste et jouissive. Des superlatifs qui s’accordent bien au dernier né, « Cloud Nine », un disque qui regorge d’accords pop, qui ne sont pas sans rappeler les heures de gloire de Coldplay et Imagine Dragons.

Un entretien serein où l’on alterne le chaud et le froid en traitant de sujets d’actualité. Il sera question de musique et de quête de dépassement de soi. Sans oublier la médiocrité et la dangerosité des réseaux sociaux, Tribunal du Peuple contemporain, où les bien-pensants et pseudo-philosophes, s’épanchent courageusement de manière totalement anonyme derrière un clavier, portant ici et là, des accusations et jugements éhontés sur ce jeune malheureux garçon de 11 ans, prénommé Fabian, percuté par un véhicule de police dans le parc Elisabeth alors que la vie commençait juste à lui tendre les bras. Il n’avait que 11 ans…

Après avoir connu un succès presque inattendu en gravant « Sequoia Tree » et un premier album en 2019, baptisé « Reflectied », vous avez sorti un nouvel elpee, « Cloud Nine », qui fait la part belle à une production nettement plus aboutie. Le produit est digne des plus grands professionnels. Pourtant, vous avez tous un travail alimentaire. Pourquoi, en Belgique, l’artiste éprouve toutes les difficultés du monde à vivre de sa passion ?

C’est une vaste question ! Il y a 2 axes de réponse. En ce qui me concerne, je n'éprouverais aucune difficulté à vivre de ma passion. Nous avons fait le choix de ne pas prendre de statut d'artiste. Nous étions pourtant dans les critères pour l’adopter. Nous n’avons pas voulu lâcher notre métier. J’insiste sur le fait que ce choix ne se résume pas purement au côté financier. Il est aussi physique, inscrit dans nos tripes. Je souhaitais rester dans le monde de l’enseignement. Cette manière de procéder nous permet d’avoir davantage de liberté. La pression de devoir rentrer de l’argent dans un projet musical se fait moins sentir. Cela nous permet également de nous investir, non seulement dans la production des chansons, mais aussi dans le show. Nous nous sommes entourés d’une ASBL professionnelle et d’une maison d’édition. Les quatre musiciens autour du projet et originaires du plateau de Herve ne sont pas des professionnels en tant que tels. Le seul à revêtir ce qualificatif est Louis, le préposé à la batterie, notre musicien additionnel. Très franchement, nous n’avons aucune amertume par rapport à cette situation. Je pourrais un jour arrêter mon métier de professeur, mais je ne suis pas convaincu que je franchirai le pas. La musique est un milieu où il faut prendre les souvenirs et le bon temps tant qu’il est possible de le faire. Nous avons de la chance et nous en sommes tous conscients.

Le second axe sur lequel j’insisterais est plutôt géographique. La Belgique est un pays excessivement compliqué en termes de défense des artistes, vu son petit territoire, d’une part, mais aussi parce qu’il est partagé entre deux cultures différentes. Les Francophones défendent énormément la francophonie, surtout de la France d’ailleurs. Ykons a pris le parti de chanter dans la langue de Shakespeare et les radios Wallonie-Bruxelles sont moins enclines à passer des artistes anglophones. Pour y parvenir, la solution serait d’imposer des quotas comme au Québec, par exemple. Nous y avons des amis qui restent convaincus que si nous devions nous exporter, nous serions considérés comme professionnels de la chanson. Là-bas, les quotas sont fixés à 30% d’artistes québécois sur les radios locales.

Le nouveau long playing est construit autour de Julien Joris et Benoît Leclercq, le duo pop Delta. Un choix plutôt iconoclaste sachant que la signature Ykons est assez éloignée de la chanson française qui a propulsé Delta sur le devant de la scène. Quelles sont les raisons de ce choix ?

A chaque nouvelle sortie, nous travaillons jusqu’à atteindre la perfection. Depuis maintenant trois albums, nous avons des producteurs spécifiques afin d’obtenir la couleur que nous recherchons. Pour cet opus, nous avons réalisé un test avec Delta, comme auprès d’autres producteurs d’ailleurs, et cela s’est très rapidement avéré d’une fluidité exceptionnelle.

Le groupe s’est dissout aujourd’hui, chacun menant sa barque de manière individuelle. Le binôme a eu cette faculté de se mettre au service de la formation et de sa direction. Je pense que tous deux possèdent encore cette capacité. Les influences d'Ykons et de Delta convergent. Ils sont très anglophones dans ce qu’ils écoutent. Ce qui nous a donc beaucoup aidé. Il faut savoir que lorsque nous arrivons en studio, on amène toujours ce que l’on appelle dans le jargon, un titre de direction. Ce qui permet de se fixer une ligne artistique. Cette collaboration a été formidable, nous parlions le même langage musical. L’album a été bouclé en moins de 10 mois, ce qui est assez rapide, sachant que nous ne nous voyions qu’une seule fois semaine, voire deux fois par mois lorsque nous le pouvions. Un bonheur absolu que de travailler en compagnie de Ben et Jul.

Souvent les artistes construisent leurs chansons à partir d’une colonne vertébrale, d’une thématique centrale. Ici, les sujets touchent au quotidien…

Nous voulions que cet album soit construit autour des sentiments et ce qui fait que nous sommes des êtres humains.

A t’entendre, on sent le travail d’introspection du gars qui traverse la quarantaine…

Exactement, c'est parfaitement ça ! A quarante ans, tu te rends compte qu'il y a des choses à côté desquelles tu es passé et si tu le pouvais, tu agirais différemment. Et à contrario, il y a des choses sur lesquelles tu as bien fait de mordre dedans, de pleurer à chaudes larmes ou encore, de dire aux gens un ‘je t’aime’, au bon moment. Ce sont des phases que nous avons tous explorées. Nous avons connu des séparations, pire encore des deuils dans nos familles. Mais aussi, de très beaux événements. Nos émotions ont donc été à la fois très diverses et antinomiques. Il fallait que nous puissions les exorciser à travers des chansons. Je pense notamment à « The Last Call », une compo dans laquelle on dit au revoir aux personnes que l’on a aimées et que l’on a perdues, que ce soit sur le plan amical ou amoureux. C’est un disque porteur d’espoir aussi, à l’instar de titres comme « New State of Mine » ou encore « Open Eyes » qui plébiscitent l’amitié sur ce qu’elle a de plus beau.

« The Last Call » justement est un plaidoyer pour ‘faire tomber les masques’ et (re)devenir soi-même. Avoir une opinion ou un talent expose énormément aujourd’hui. Il en faut du courage pour cesser de se fondre dans la vindicte bien-pensante et (re)devenir singulier ?

Cette chanson incite à se regarder tel que l’on est, peu importe comment les autres vous perçoivent. Il faut y voir une notion plus large, de l’humiliation des enfants au sein des établissements scolaires au danger des réseaux sociaux. Ce sont des thématiques qui résonnent en nous différemment, une fois devenu parents.

« New State of Mind » évoque le regard que l’on porte autour de soi. Quel est ton sentiment personnel sur le sujet ? Comment perçois-tu le monde qui t’entoure ?

Très franchement, je suis anxieux, inquiet et désabusé à la fois, de la déshumanisation du monde actuel. Et la direction prise par la société mondiale me fait excessivement peur. On finit par ne plus être humain et on pense uniquement en termes de sécurité et de bien-être individuel. On réfléchit à court terme, on consomme de manière frénétique et on crache son venin à tire-larigot. Il y a à peine quelques jours encore, un gamin de 11 ans est mort pour avoir circulé sur une trottinette. Et une frange de la population se demande encore aujourd’hui si le geste de ce garçon était ou non fondé. Non, je suis désolé, un gamin ne doit pas mourir pas à 11 ans, peu importe la raison, peu importe le pourquoi.

Les réseaux sociaux et médias finissent par nous faire porter des œillères. Ça me fait vraiment flipper. J’ai moi-même des enfants et je crains de perdre ce côté humain. Très honnêtement, je ne crois pas qu’on l’on aurait eu ce genre de considération, il y a encore seulement quinze ans d’ici. On se serait probablement offusqué. Aujourd’hui, on finit par faire croire que ce garçon est fautif parce qu’il ne s’est pas arrêté en voyant arriver la voiture de la police. Mais, c’est juste un gamin, putain. Il a pris peur à la vue des uniformes. Qui n’a pas fait de conneries étant plus jeunes ? Je trafiquais ma mobylette, sans que mes parents ne le sachent. Ce n’était pas leur faute, uniquement la mienne. Je suis désolé, mais on ne meurt pas pour ça ! Je le redis haut et fort on ne meurt pas pour ça ! Et je n'arrive pas à comprendre comment certains peuvent encore essayer de placer cet événement dans un contexte. Il n’y a pas de contexte ! Un gosse est mort, point barre !

Je suis d’accord avec toi, les réseaux sociaux sont maintenant devenus le Tribunal du Peuple. Tu abordes cette thématique dans « Dirty Lies ». Pourtant, si un groupe souhaite devenir médiatiquement plus présent, il doit notamment utiliser ces canaux. Comment abordes-tu cette nouvelle politique face au danger qu’elle représente ?

La critique ne nous effraie pas. Nous ne sommes pas des vedettes, juste des mecs qui aiment faire de la musique. Si certains nous suivent et aiment notre production, pour d’autres, nous sommes d’illustres inconnus. Notre statut actuel nous convient donc parfaitement. Pour ce qui concerne les réseaux sociaux en particulier, nous avons décidé de n’être que ce que nous sommes en vrai. Si des gens s’amusent à critiquer nos choix, je n’en ai rien à secouer. Libre à chacun de faire ce qu’il veut. Les gens n’apprécient pas ma casquette où mon corps parce que je réfute la culture du ‘body summer’, je m’en fous. Et si la critique ne touche pas un choix précis, ça me touche encore moins. Si tu ne nous aimes pas, crache ton venin, on ne te prendra pas en considération. On ne s’intéressera qu’aux personnes qui nous veulent du bien. Enfin, pour ceux qui portent des critiques sur notre travail tout en nous souhaitant du bien, nous les écouterons. Il faut être attentif aux messages qu’ils nous transmettent.

On sent chez vous une certaine filiation avec le meilleur des hymnes pop rock anglo-saxons. De qui Ykons pourrait être est le digne successeur ?

Je ne pense pas que l’on puisse se targuer d’être le digne successeur de qui que ce soit. Nous n’avons pas le feu sacré pour, de toute façon. On ne réinvente pas la musique et nous n’avons d’ailleurs pas cette prétention. Cependant, nous avons toujours mis un point d’honneur à donner le meilleur de nous-mêmes. Tu sais, je ne suis pas anglophone. Mais j’ai fait tout ce qui était possible pour m’améliorer. Nous voulions que les gens aient la sensation que nous ne sommes pas un groupe belge. Parmi les groupes qui nous fascinent, je citerais Coldplay, Imagine Dragons ou encore The Boxer Rebellion. On cherche à aller aussi loin que possible dans le travail du son, des textes et des valeurs véhiculées. C’est la culture du groupe.

Demain 8 juin, vous vous produirez au sein de l’hémicycle du Cirque Royal de Bruxelles, une sacrée consécration. On est loin de vos premières répétitions. Quel regard portes-tu sur ton parcours et celui d'Ykons ?

Nous avons toujours rêvé de jouer en acoustique au milieu du public. Nous attendions juste le moment idéal pour nous faire plaisir. Et demain, ce sera chose faite ! Confidence pour confidence, je vais préparer une surprise, y compris pour les membres du groupe. Gratte en main, je vais retracer, au travers d’une chanson, toutes les étapes importantes depuis la formation en 2009, date clé où l’envie de faire de la musique s’est fait sentir. Les moments magiques, mais aussi compliqués, seront passés en revue. Au Cirque Royal, point d’orgue de cette belle histoire.

La botte secrète d'Ykons reste la scène. Les concerts sont toujours énergiques, théâtralisés, stylisés.  Est-ce que cet opus a-t-il été taillé spécifiquement pour le live ?

Avant de s’intituler Ykons, nous avions enregistré un album où nous utilisions nos chansons live et les enregistrions telles quelles. Nous avons été très déçus du résultat. Que pouvions-nous apporter de plus en live, compte tenu du fait qu’il s’agissait déjà de version ‘concert’ ?

Nous devions apprendre de nos erreurs. Aujourd’hui, les morceaux sont écrits de manière à pouvoir les adapter au mieux pour le live. L’idée est que l’auditeur puisse trouver cette sensation de plénitude lorsqu’il est seul chez lui dans son canapé à écouter Spotify. Et lorsque nous nous produisons en concert, l’auditeur doit pouvoir venir écouter autre chose qu’un disque. Il faut du spectacle. Les groupes qui nous ont marqué ont travaillé de cette manière. Personnellement, je ne vais pas assister à un concert pour entendre à l’identique ce qui sur trouve sur le disque et dans des conditions d’écoute plus difficiles. J’aime lorsque l’artiste prend des risques. Il s’agit de la culture que nous nous efforçons de suivre depuis « Reflected », notre premier album studio.

Je me souviens spécifiquement du set lors du festival ‘Les Gens d’Ere’ en 2024, contrarié par des problèmes techniques auxquels artistes, techniciens et public ont dû faire face. Pourtant, ce concert d’Ykons restera, à mon sens, l’un des meilleurs, la fluidité s’avérant, de plus en plus, une des forces vives du groupe. Quels souvenirs en gardes-tu ?

C’est un peu technique. Il y a des liaisons entre les tables de retour et les tables de façade. On utilise une RJ45. Les tables utilisées sur le site supportaient une RJ45 de 90 mètres. Et là, on a utilisé une RJ45 de 100 mètres avec un raccord de 20 mètres. Il y avait donc au total 120 mètres, soit 30 mètres de trop. Conséquence, il y avait des pertes de sons dans la façade. Personnellement, j’aime ce genre de défi.

Confidence pour confidence, je ne vous ai pas trouvé particulièrement stressé par la situation…

Il m’en faut beaucoup pour m’ébranler. Ce comportement doit venir de mon passé de DJ que j’ai exercé durant des années. Je devais aller au contact du public. Lors de ce concert, il était de mon devoir de faire vivre au public un aussi bon moment que celui que je vivais. C'était une expérience sympa en tout cas.

La Ville de Soignies a la particularité d’offrir un festival gratuit fin août baptisé ‘Août en Eclat’ qui dépend essentiellement des subsides alloués au Centre culturel notamment. Qu’on le veuille ou non, la culture est politique. Pourtant, les artistes dénoncent depuis toujours les injustices, les abus de pouvoir et les dérives d’un système dont il profite. Comment réconcilier les attentes du monde culturel au sens large et celles du politique ?

Le politique doit comprendre que les artistes ont besoin d'exister, notamment par la défense dans les médias en général et en radio en particulier. Il faudrait davantage de visibilité sur les médias de grande envergure comme la RTBF, là où on devient forcément bankable (qui rapporte de l'argent). Les organisateurs éprouvent aujourd’hui toutes les difficultés du monde à mettre sur pied quoi que ce soit. Certains festivals font faillite parce qu’ils proposent notamment des artistes français aux cachets mirobolants, les artistes belges sont pourtant moins onéreux. Nous avons réalisé un record aux Francofolies de Spa l’année dernière. Nous avons joué devant un parterre de plus de 20 000 festivaliers. Pascal Obispo et Patrick Bruel, qui ont suivi, en ont drainé près de la moitié seulement. Notre cachet était pourtant 10 fois moindre que ces deux artistes, ce qui est tout à fait normal. Nous n’avons pas la même carrière que ces monstres sacrés de la chanson française. Mais peu importe, nous étions dans l’arène d’un festival qui nous a vu grandir. On a fait un ‘game’ de fou et les gens en ont pris plein la tronche, c’est ce qui compte le plus. On a prouvé ce jour-là que les petits Belges pouvaient sortir du lot. Dire que le pays regorge de talents qui restent souvent dans l’ombre, la politique se résumant à programmer uniquement les artistes issus des majors. Je reste convaincu que pour contrer ce phénomène, il faut instaurer des quotas.

Si « Sequoia Tree » vous a propulsé dans les charts, cette chanson a aussi servi d’emblème au personnel hospitalier lors de la pandémie, dans une nouvelle version acoustique, accompagné d'un clip tourné au sein du CHR de Verviers. Alors que la situation du secteur hospitalier n’a pas évolué d’un iota depuis, voire s’est dégradée, l’engouement à leur encontre a cessé tant au niveau de la population que vis-à-vis des artistes engagés. Comment expliquer cette défection ?

Tu es vachement bien renseigné ! Je ne crois pas qu’il s’agisse d’un désintérêt. Les gens baignent dans des tracas au quotidien. Tout le monde est aujourd’hui acculé. Durant les 30 glorieuses, la plupart des travailleurs étaient pénards en assurant leur petit boulot.

Les ouvriers possédaient une maison, une voiture et partaient en vacances. La donne est très différente maintenant. Il y a aujourd’hui une sorte de repli. On oublie que les gens sont là et qu’ils exercent un travail de fou. La solidarité s’est manifestée essentiellement lors des deux premières vagues de la pandémie COVID. Quand la troisième vague est arrivée, on sentait déjà que ça partait en sucette. Et puis, lors de la quatrième, le mode open-bar était activé, personne n’en pouvait plus. Je crois que le peuple a développé cette capacité d’oubli. Je suis concerné à titre personnel, mon épouse étant infirmière. Lorsque nous étions tous chez nous, nous n’avions que cette problématique pour centre d’intérêt. Depuis, la vie a repris son petit bonhomme de chemin, chacun devant gérer des dizaines de problèmes différents. Les gens s’énervent, crient, s’engueulent, mais j’ai l’impression que cette énergie n’est pas toujours dirigée à bon escient. L’humain est ainsi fait. Si je devais faire un constat, je dirais que nous devenons de moins en moins humains et de plus en plus égoïstes. Je ne suis pas certain que l’on puisse encore se battre les uns pour les autres. Ça me désole. Vraiment.

Vous êtes originaires du pays de Herve, une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, dans la province de Liège. La Ville de Liège s’est portée candidate au Réseau des Villes Créatives de l’UNESCO, dans le domaine de la musique. Soutenue par plusieurs acteurs culturels, cette démarche fait suite aux travaux du GRE-Liège et à la feuille de route ‘Liège, cap 2030 !’ qui identifie l'opportunité de référencer positivement la cité en obtenant des labels de reconnaissance dans des domaines d'excellence. Quel est ton propos sur la question ?

Je trouve cette démarche extraordinaire ! Enfin ! La culture est omniprésente en Belgique, mais la Ville de Liège jouit d’un vivier important. Et j’insiste sur la sémantique, la culture ne s’arrêtant pas à la musique. Nous avons cette possibilité de travailler en collaboration avec des artistes incroyables, qu'ils soient plasticiens, dans le monde du théâtre, dans le monde des marionnettes, de l'animation, de la création ou encore du graphisme. C’est hallucinant. On n’a même pas besoin de sortir de notre patelin pour dénicher des partenaires. A titre anecdotique, on a tourné nos premiers clips dans les fagnes avec des mecs qui venaient de notre village. Lorsque la chanson « Redlight », a été traduite en vidéo, certains l’ont diffusée en Suède car ils imaginaient qu’il s’agissait d’un clip suédois. Nous avons collaboré avec Noir Artist ou encore Harry Fayt, qui jouissent d’une aura internationale. La Ville de Liège n’a pas à rougir de son ouverture sur le monde. Il existe une appétence de la culture inscrite à même le sol. Je crois que le côté ramassé et industriel y est pour quelque chose. Les gens sont dans le gris et pour sortir de cette grisaille, ils sont obligés de ramener de la couleur. Tu sais que même Benoit Poelvoorde, pourtant namurois, disait à propos de Liège : ‘Tu arrives à Liège, après un quart d'heure, t’as 4 copains’.

Le peuple est connu pour être sympa. Mais évidemment, il y a quelques cons, sinon ce serait vraiment ‘the place to be’. Et nous sommes d’autant plus fiers que nous sommes originaires du plateau de Herve, un endroit qui compte plus de vaches que d'habitants. Il y a une lumière un peu différente.

Un long playing est en préparation et devrait voir le jour fin 2026. En exclusivité, pourrais-tu m’en toucher un mot ?

Incroyable, d’où détiens-tu cette information ? Tes renseignements sont exacts ! Depuis la sortie de « Cloud Nine », nous n’avons jamais cessé d’écrire. Dès qu’on le pouvait, nous nous réunissions à quatre, autour d’instruments. Et on s’est vite rendu compte, il y a environ deux mois, que nous avions suffisamment de matière que pour sortir un nouvel album. Il aura une couleur encore particulière. On va tester des styles différents. C’est la première fois que nous nous permettons ce genre d’écart par rapport à la ligne de conduite originelle d’Ykons. Nous avons déjà contacté d’autres artistes, dont Ozya. Nous avons un excellent feeling, nous sommes devenus amoureux l’un de l’autre en quelque sorte. Après l’Eurovision, elle sera connue mondialement. Nous sommes aussi en contact avec Saule pour une compo en français. J’ignore encore quelle sera la couleur finale de l’album et s’il y aura une ou plusieurs chansons en français, mais nous mettons un point d’orgue à ce qu’il garde les sonorité d’Ykons. Quoi qu’il en soit, ce ne sera que du bonheur. On va pouvoir retourner en studio calmement et prendre le temps. Nous disposons de 27 chansons. Certaines sont parfois dans un état très épuré guitare-voix. Et si à ce stade, si elle est accrocheuse, c’est qu’elle a du potentiel.

Mais, dis-moi, avec autant de matière première, vous pourriez vous permettre de sortir un double disque ?

Oui, on pourrait. Mais pour concrétiser un tel projet, il faudrait des finances et comme nous en parlions justement quelques minutes plus tôt, nous sommes en Belgique, il faut rester pragmatique.

 

 

Jon Spencer

Le diable en cité ardente

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Ce mardi soir, c’était le rendez-vous des éternels jouvenceaux liégeois (et d’ailleurs), venus –en petit nombre malheureusement– acclamer Jon Spencer et sa nouvelle bande.

Inusable, l’homme semble avoir pactisé avec le diable pour conserver intact son légendaire dynamisme scénique. Costume gris élégant, chemise à fleurs décontractée et creepers blanches bondissantes : dès les premiers riffs, le ton est donné.

Le concert, délivré d’un seul bloc, se révèle beaucoup plus digeste que lors de sa dernière apparition en terre principautaire (NDR : on se souvient encore du live des Ardentes, aussi lourd qu’indigeste).

Ici, en alternant nouveaux titres et valeurs sûres de son imposant répertoire, Spencer tisse une tension électrique, suspendue à une rythmique sans faille.

Parlons-en, de cette section rythmique ! Toute droite sortie des enfers, la basse de Kendall Wind et la batterie de Macky Spider Bowman (NDR : originaires de Woodstock, ils militent chez The Bobby Lees, mais ne sont pas du genre à tremper dans la flower power) martèlent avec puissance et panache.

Wind tire de sa basse des lignes fuzz ensorcelantes et virtuoses, pendant que Bowman, au vu du détachement espiègle des jeunes prodiges, grimace et s’agite dans une chorégraphie nerveuse du plus bel effet.

Ce groove infernal propulse Jon Spencer au sommet de son art, cabotin juste ce qu’il faut, mais toujours profondément communicatif.

Face à lui, un public un brin mollasson mais sincèrement heureux d’être là, et qui doit s’armer de patience pour acclamer son héros, tant les morceaux s’enchaînent sans relâche, comme un train lancé à pleine vitesse.

Car peu importe l’assistance modeste : généreux et excentrique comme on l’aime, Spencer se donne corps et âme, avec une jubilation évidente. Lui qui a jadis enflammé les plus grandes scènes, offre désormais son boogie endiablé à des salles plus intimes, sans jamais rien céder de sa fougue.

Le rappel, tout aussi tonitruant, culmine lors de l’incontournable « Wail », glissé malicieusement entre deux cassures rythmiques. Puis, rideau.

Une excellente soirée sous le signe du bon vieux rock’n’roll.

Décidément, certaines choses ne vieillissent pas. Et tant mieux.

 

 

Sparkling

Une collaboration entre Sparkling et Digitalism pour rester dans la course...

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Originaire de Cologne, le trio allemand Sparkling opère son retour, en partageant le single percutant en collaboration avec les icônes de l’électro Digitalism. Intitulé « Keep Running », ce nouveau titre est disponible dès aujourd’hui sur toutes les plateformes de streaming, via le label Vitamin A Records.

Après une tournée intense ponctuée de premières parties remarquées aux côtés de Metronomy et Noel Gallagher, ainsi que de passages salués aux festivals majeurs SXSW, The Great Escape et Eurosonic, Sparkling s’impose comme l’un des groupes européens les plus prometteurs de sa génération.

La formation prépare une série de nouvelles sorties et une tournée à travers l’Europe dans les mois à venir.

La rencontre entre Sparkling et Digitalism est née d’une admiration réciproque et s’est faite naturellement, après un premier remix du titre "We Don’t Want It” :

‘Nous avons rencontré Jens et Isi de Digitalism grâce à leur remix, expliquent les musicos de Sparkling. Après cette aventure, nous sommes restés en contact et avons commencé à échanger quelques idées. Soudain, Keep Running était là.’

Le morceau évoque, selon le trio, ce sentiment d’agitation qui surgit quand l’esprit refuse de se calmer. 

De leur côté, les membres de Digitalism se souviennent avoir été sidérés par le son et l’écriture de Sparkling, dès 2019. Le duo explique : ‘Nous avons immédiatement voulu remixer « We Dont Want It ». Depuis, nous avons continué à échanger et à travailler sur des idées communes. « Keep Running » est lune des démos que nous avons finalisées récemment. Le morceau sest construit sans effort, et nous y avons ajouté notre touche personnelle pour lui donner notre punch électro caractéristique.’

Sparkling se produira en concert à Paris, le 25 novembre, chez Supersonic Records.

Le clip de « Keep Running » est disponible

 

 

Millie Hopes

Une artiste vraie, vulnérable et déjà singulière…

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Ce soir à l’AB Club, l’ambiance est presque à guichets fermés. Deux jeunes artistes en devenir, Lilly et Millie Hopes, vont y livrer des sets courts mais prometteurs, à l’instar de leur carrière encore au stade de ses prémices. Un format condensé — environ 20 minutes pour Lilly et 45 minutes pour Millie — qui laisse entrevoir un avenir musical des plus lumineux.

Anciennement connue sous le pseudonyme Noa Sans H, Noa De Sutter, alias Millie Hopes, s’impose comme l’une des voix les plus prometteuses de la scène pop belge. Originaire de la région de Charleroi, elle présente son tout premier Ep 4 titres, paru ce 23 mai 2025, sur scène. Sa pop aux influences indie et électro est marquée par une sincérité touchante et une maîtrise de l’écriture. En live, Millie Hopes offre une performance habitée, portée par une émotion brute et des mélodies envoûtantes. Un bel équilibre entre vulnérabilité et assurance artistique.

Originaire de Ronquières et désormais installée à Bruxelles, Lilly Michotte, aka Lilly, conjugue études de droit et passion musicale avec une étonnante maturité. Formée au chant, au piano et au solfège dès son plus jeune âge, elle se produit sur les planches depuis ses 12 ans et a déjà ouvert pour plusieurs artistes. Ce soir, elle monte seule sur l’estrade, sans musiciens, avec pour seul soutien des bandes instrumentales. Si l’on aurait aimé la voir entourée d’un vrai groupe, sa prestation n’en reste pas moins marquante. Chaussée de bottes noires et vêtue d’un short à pois, elle affiche une présence scénique nerveuse et captivante. Sa famille, installée au premier rang, l’applaudit non sans fierté. Le set démarre par « Don’t Kill My Vibe », une ballade en anglais aux accents feutrés, portée par une guitare douce bientôt rejointe par des claviers plus affirmés. « La Raison » embraie, une compo électro/pop à texte bien assumé qui évoque l’univers de Suzane. « Clôture », confirme à la fois son potentiel et sa sensibilité artistique. Un premier Ep est en préparation. Il devrait sortir prochainement. De son concert, on épinglera notamment « L’amour est + fort », dont les paroles, très intimistes, marquent les esprits. Un set court, mais convaincant. À revoir (page ‘Artistes’ ) !

Setlist : « Don’t Kill My Vibe », « La Raison », « Clôture », « L’amour est + fort », « Chrysalide «, « La Folle »

À seulement 25 ans, Millie Hopes s’offre un moment de vérité. Seule sur le podium, comme d’habitude, la jeune artiste belge présente résolument son tout premier Ep, « No Boy’s Club », dans le cadre de sa release party, à l’Ancienne Belgique. Ces quatre titres, intégralement interprétés en live, révèlent déjà une voix singulière, à la fois douce et puissante, portée par des textes d’une honnêteté désarmante. Millie a choisi le français pour s’exprimer — une langue qu’elle manie avec justesse, entre poésie et frontalité. Aucun artifice : un décor épuré, une simple caisse en bois pour seule scénographie, sur laquelle elle s’assied parfois entre deux morceaux. C’est dans ce dépouillement qu’elle brille le plus, mettant en avant ce qui compte vraiment : ses mots, ses mélodies, et cette émotion brute qui touche en plein cœur.

Vêtue d’une jupette noire plissée et d’un t-shirt blanc orné d’inscriptions, elle incarne une pop authentique, sincère, libre. Une esthétique assumée, à l’image de son projet : No Boy’s Club — un manifeste personnel autant qu’un espace d’expression, affranchi des regards et des codes imposés. Sur scène, Millie se livre.

Elle ouvre le bal par « Dans Ma Boucle », un morceau intime où elle explore ses émotions sans détour. Sa voix tremble à peine, mais sa présence est forte. Elle parle d’amour, de doutes, d’élan, avec une franchise rare. Le public, lui, découvre une artiste vraie, vulnérable et déjà singulière. Millie remercie les spectateurs pudiquement, les yeux brillants d’émotion. Ce soir, elle ne fait pas qu’interpréter des chansons : elle partage un bout d’elle-même. Et c’est peut-être cela, la promesse la plus précieuse de ses chansons.

Elle quitte la scène à deux reprises pour aller au contact d’un public attentif et présent. Finalement, « No Boys » déchaîne les corps, entraînant la foule dans une danse collective. Le set, bien que court (45 minutes), est d’une intensité remarquable. Par moments, le volume sonore frôle l’excès, mais on pardonnera facilement cette fougue juvénile.

Setlist : « Dans Ma Boucle », « A Tes Côtés », « Bonne Soirée », « Non », « Cheveux Blond Très Long », « M’Avouer », « Depuis Ton Départ », « J’ai Tout Gâché », « Miette », « A Travers Les Nuages », « Emmène-moi », « Pour De Faux », « No Boys »

Rappel : « No boys »

(Organisation : Intersection)

La culture techno underground de l’Abstact à La Louvière

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Abstract Recordings est un label belge basé à La Louvière (Hainaut). Créé en 2022 par Flavio Rizzo (Ferdinand De Marne) et Mauro Valdemi (MAO), il prolonge naturellement leur premier projet, Milkshake Label, lancé en 2019. Le duo défend une culture électronique underground, sombre et immersive, appuyée par des mélodies hypnotiques.

Ferdinand De Marne, producteur belgo-italien, mêle techno mélodique et minimal. Il a partagé l’affiche avec Joachim Pastor, Joris Delacroix, Einmusik, Lexer et Stereoclip. MAO, producteur belge, développe une approche planante et dansante de la melodic/minimal techno. En 2022, les deux cousins cofondent Abstract Recordings avec l’ambition de faire rayonner la scène underground. Le label compte aussi SMAKO, producteur originaire de la Province du Luxembourg, influencé notamment par Umek, Boris Brejcha et Anyma, à la croisée de la techno mélodique et de la house (Gate01, Faubourg, Solaris).

Bonjour, c’est la première fois que je viens ici. Pouvez-vous présenter le lieu et le projet derrière cette salle ?

Abstract Recordings : au départ, Abstract est un label de musique électronique (techno mélodique/minimal) actif depuis 2019 via notre premier projet, puis structuré sous le nom Abstract Recordings en 2022. Après avoir coorganisé plusieurs événements, l’idée d’ouvrir notre propre club s’est imposée. Nous avons cherché un lieu adapté et nous avons déniché cet espace à La Louvière, notre ville d’origine. La salle est louée (bail de location) et sert avant tout à accueillir des événements de type club et des concerts.

La salle intègre-t-elle aussi un studio d’enregistrement ?

Non. Il y a bien un studio au fond du bâtiment, mais il est sous-loué à un groupe. De notre côté, nous travaillons au sein de nos studios personnels, chacun chez soi. Ici, c’est vraiment un lieu dédié aux événements (et, au besoin, à des réunions). Avoir un studio lié à Abstract n’est pas à l’ordre du jour, mais on ne ferme pas la porte pour la suite.

Avant de disposer de propre lieu, vous organisiez déjà des événements ?

Oui. Pendant un temps, nous avons coorganisé et coproduit des soirées avec d’autres collectifs. Avoir notre propre lieu était une étape importante pour développer Abstract au-delà du label et proposer une programmation régulière, dans de bonnes conditions.

Vous organisiez déjà des événements dans la région ?

Oui, notamment à La Louvière, et aussi à Lessines en coproduction avec le Centre culturel. Aujourd’hui, grâce à cette salle, on a l’impression d’être retombés sur nos pieds ‘chez nous’, à La Louvière.

Côté label, que produisez-vous et comment fonctionne Abstract Recordings ?

Nous sortons des productions techno ; principalement melodic/minimal techno. Pour l’instant, le label réunit trois producteurs : Ferdinand De Marne, MAO et SMAKO. On ne cherche pas à multiplier les signatures : on préfère se concentrer sur peu d’artistes et faire les choses correctement pour chaque sortie. À ce jour, nous travaillons surtout en distribution digitale, mais nous préparons une distribution physique dans un avenir proche.

Donc, l’ADN reste avant tout la techno ?

Oui, clairement. Notre ligne de conduite c’est la techno. Il nous est arrivé de donner un coup de main à des amis sur un projet, comme une sortie réalisée avec Jack Taylor à l’époque, mais ce n’est pas le cœur du label : nous ne sommes pas un label rock ou ‘alternatif’.

J’ai vu passer l’annonce d’un festival : c’est ici qu’il se déroule ?

Non, pas ici. Nous avons organisé un festival, Alicine : un événement techno, plus précisément orienté melodic techno. Mais ce n’est pas un ‘festival de la salle’ à venir : c’était une des productions dont nous parlions.

Un mot de conclusion : qu’avez-vous envie de construire avec Abstract, ici, à La Louvière ?

On fait tout ça avant tout par passion : on ne vit pas de la musique, mais on y met beaucoup de cœur. L’objectif est de ramener du monde à La Louvière, d’y inviter des artistes, y compris internationaux, et de proposer une programmation de qualité dans un esprit underground. La techno reste notre point de départ, mais on aime aussi le rock : si le projet et l’énergie s’y prêtent, on peut s’ouvrir à d’autres propositions.

La région possède déjà une histoire de lieux et d’initiatives. Vous vous inscrivez dans cette continuité ?

Oui, il y a eu- et il reste - des lieux comme Le Stock. Notre idée est d’ajouter une pierre à l’édifice en remettant la techno au centre, tout en conservant une sensibilité underground et ouverte.

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Mensis

Un second volume pour Mensis…

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Mensis a sorti son second album, » Mensis II », ce 15 mai. Une fresque musicale très pop entre nostalgie des années 70/80 ce et modernité. Réunissant Marta et Ange, le duo explore les méandres des souvenirs, le passage du temps et le lien complexe entre les individus et la société.  « Mensis Vol II » délivre une pop légère et cinématographique qui sent bon l’été, les vacances, la plage, la fête, à l’image de sa pochette.

Duo de voix et d’écriture, Mensis est aussi un couple dans la vie. La voix grave et sensuelle de Marta, passionnée de romans, est portée par les musiques d’Ange, multi-instrumentiste, qui navigue entre la pop 80’s, la soul music et le rock psychédélique.

Après un premier opus, « Second Step On The Moon », qui nous emmenait dans un voyage onirique, le groupe revient avec une œuvre encore plus audacieuse influencé par la pop des Wings, la soul et les violons de Barry White et le psychédélisme rock de Tame Impala.

Le nouvel extrait qui accompagne la sortie de l'opus, « Tôt ou Tard », bénéficie d’un superbe clip en noir et blanc réalisé par Fabrice Leseigneur.

Si le premier extrait, « Arimna », nous transportait à Rimini, évoquant les souvenirs de vacances familiales dans les années 70 en bord de mer, les premières rencontres, les sorties, les amis, le second, « Shooting Stars », nous a projeté dans les étoiles.

Le réalisateur Lionel Payet Pigeon a entièrement généré les décors et nos deux musiciens à la découverte d'une nouvelle planète sauvage de ce clip à l’aide de l'intelligence artificielle. Rien de mieux que l'espace pour admirer les étoiles filantes.

Le clip de « Tôt ou Tard » est disponible ici et d’« Arimna »

 

Les Francofolies 2025 à Spa: une affiche superbement éclectique

“Nous voulons offrir un panorama de la scène francophone – dont un large contingent d’artistes belges – à un public familial et transgénérationnel, avide de musique et de convivialité.” Le message de Yoann Frédéric, directeur, est on ne peut plus clair. Après une édition anniversaire qui avait tenu toutes ses promesses, l'année passée, le festival trentenaire continuera, du 17 au 20 juillet prochains, de creuser le sillon tracé depuis 1994: être le rendez-vous de toutes les musiques et de tous les publics.

De Véronique Sanson à Luidji, de Kendji Girac à Miki, de Henri PFR à Lamomali, c'est une affiche diversifiée qui animera le cœur de Spa, petite cité thermale bordée de forêts, qui se transforme chaque année en une véritable boîte à musique à ciel ouvert.

Le jeudi 17, pour débuter en force, place à la musique live, à la poésie et à l’engagement ! LAMOMALI accordera un concert exclusif pour la Belgique. Porté par -M- (Matthieu Chédid), et Fatoumata Diawara, le collectif embarque les spectateurs dans un voyage musical vibrant aux couleurs du Mali. Autre temps fort : la présence exceptionnelle de deux légendes du hip-hop français: IAM et MC SOLAAR. Trois retours marquants viendront aussi électriser la journée: BEN L’ONCLE SOUL, SUPERBUS, de retour pour fêter ses 20 ans de carrière et les Belges de HOLLYWOOD PORN STARS. A côté de SAULE, qui a récemment célébré ses 20 ans de carrière au Cirque Royal, on épinglera la lumineuse LUBIANA, avec sa kora, en solo et avec Lamomali. La journée s’ouvrira avec un nouveau duo français prometteur : NOUS ÉTIONS UNE ARMÉE, un duo qui casse les codes, entre voix parlée, musique électronique et guitares électriques.

Le vendredi, le festival mettra à l’honneur une nouvelle génération d’artistes — entre chanson et musiques urbaines: LUIDJI, dont le concert à Spa sera l’unique date belge cet été, DADJU et autre première spectaculaire : Michaël Youn, alias FATAL BAZOOKA. Egalement présents: KENDJI GIRAC, en tournée anniversaire, DALI, nouvelle figure montante de la scène urbaine, et YOA, Victoire de la Musique dans la catégorie Révélation scène féminine. La chanson française sera également bien représentée avec AMIR, artiste à la popularité croissante, et avec BARBARA PRAVI, musicienne totale, libre et engagée. Et côté découvertes belges, on ne manquera pas ORLANE, un style affirmé mêlant pop urbaine et électro décomplexée, DIEGO, un jeune talent bruxellois au croisement entre pop, rap et électro, LÉON (de son vrai nom Benoît Léon Leclercq), moitié du duo Delta, et le phénomène MORPHO.

Le samedi, JULIEN DORÉ fera son grand retour sur la scène de Spa après plus de dix ans d’absence. Il sera suivi par HENRI PFR, habitué des grands événements. En prélude à ce feu d’artifice, la journée promet d’être aussi douce et poétique que rythmée et joyeuse, grâce à BEN MAZUÉ, conteur à la sincérité désarmante, à JÉRÉMY FREROT, révélé par Fréro Delavega, à ALIOCHA SCHNEIDER, doublement nommé aux récentes Victoires de la Musique et à NICOLAS MICHAUX, que les Francos suivent depuis ses débuts avec Été 67. À leurs côtés, des valeurs montantes de la scène belge : le duo électro-pop COLT, en showcase lors de la conférence de presse, aura carte blanche pour un concert inédit, mêlant cuivres et percussions, à la croisée des genres; CHARLES présentera son univers sonore résolument moderne et ESSYLA viendra éclairer la scène avec sa pop funky, colorée et dansante, portée par une voix impressionnante.

A noter également deux nouvelles pépites: la Franco-Coréenne MIKI, annoncée comme une des sensations de 2025, et la Belge LOVELACE, sans doute la nouvelle Angèle, qui fut impressionnante lors de son showcase. La touche québécoise sera apportée par ALEX BURGER, qui marie avec brio blues, rock et folk dans des chansons à la fois fines, drôles et touchantes.

Le lineup de dimanche permettra aux festivaliers de retrouver CLARA LUCIANI, qui, depuis sa première participation en 2017, avant « La Grenade », est une fidèle des Francos. Elle présentera son nouvel album sur scène. Juste avant elle, une autre grande dame, VÉRONIQUE SANSON. A côté de l'excentricité touchante de PHILIPPE KATERINE, on plébiscitera le Suisse STEPHAN EICHER, qui continue inlassablement à innover et DARAN, figure rare, rockeur affûté et engagé, qui défend un rock français mélodique, brut et ciselé. La relève sera présente, elle aussi, grâce à STYLETO, influenceuse qui trace une voie singulière entre pop intelligente et storytelling générationnel. Les frères Théo et Raphael Herrerias de TERRENOIRE, marieront la chanson à une électro noire, dense, terriblement contemporaine. En tête d’affiche, MUSTII, icône flamboyante et acteur caméléon, jouera à Spa comme à la maison. Autre électron libre : ÉDOUARD VAN PRAET, qui allie folk rock, glam, synthpop et transe techno. Quant au Bruxellois ISAAC, nouveau venu, il frappe juste. Une proposition dense, radicale, tendue comme un fil entre rock, électro et chanson. De quoi faire vibrer les fondations.

Signalons que le “Piétonnier Musical”, situé en dehors de l'enceinte du festival, dans la rue Dagly, permettra de (re)découvrir des artistes talentueux et ce, gratuitement. Nombre de jeunes talents belges ont trouvé leur public grâce à cette scène, parmi lesquels Suarez, Typh Barrow ou encore Ykons, désormais bien installés. Les amateurs de musique, exigeants et curieux, y retrouveront une programmation particulièrement riche et éclectique. Parmi les têtes d’affiche de cette édition 2025 : Aprile, Marka, Pale Grey et CelenaSophia !

Les Francos Juniors seront proposées au Petit Théâtre, pour le plus grand plaisir des enfants et de leur famille, chaque jour à 11 h. On ne ratera pas, le samedi, ANDRE BORBÉ, auteur-compositeur-interprète belge incontournable du jeune public. Il revient avec "Le Grand Possible", un concert vibrant, engagé et plein d'optimisme. Il sera accompagné, entre autres, par son frère, Hervé, le célèbre claviériste de Machiavel.

Pour plus d'infos et pour réserver ses tickets, c'est ici: https://www.francofolies.be/

Suede

Suede sous antidépresseurs ?

Le 10ème opus de Suede, « Antidepressants », paraîtra ce 5 septembre 2025.

En attendant, il a partagé le tout nouveau single « Disintegrate », une déclaration d'ouverture urgente d'antidépresseurs. Publiée il y a quelques jours, la vidéo réduit la performance live de Suede à sa plus simple expression.

Lors de la présentation de ce futur elpee, Brett Anderson a déclaré : ‘Si « Autofiction » était notre album punk, « Antidepressants » est notre album post-punk. Il traite des tensions de la vie moderne, de la paranoïa, de l'anxiété, de la névrose. Par ailleurs, nous cherchons tous à nous connecter dans un monde déconnecté. C'est le sentiment que je voulais donner aux chansons’.

Alors que Suede commençait à créer la nouvelle musique qui allait former « Antidepressants », il a fait volte-face. Ce qui avait d'abord été conçu comme la bande sonore d'une performance artistique conceptuelle a été mis de côté. L'expérience communautaire de masse que Suede a rencontrée au cours des trois dernières années de tournée d'« Autofiction » était si magnétique que le groupe a dû changer complètement ce qu'il allait faire par la suite. Ainsi, en 2025, Suede a transposé son approche du jeu devant un public directement dans son nouvel LP studio.

« Antidepressants » a été enregistré en direct, sous la houlette d’Ed Buller, le producteur de longue date de la formation, qui mettait déjà en forme son premier single, « The Drowners », en 1992. Pourtant, 35 ans après le début de sa carrière, Suede a le sentiment de n'en être qu'à ses débuts. ‘C'est vraiment excitant de faire partie de ce groupe. On a l'impression d'être toujours en train de pousser la créativité’, déclare Brett à propos du long playing’.

Le clip consacré à « Disintegrate », tourné en noir et blanc, est à voir et écouter

 

 

Wati Sera

Le temps est venu pour Wati Sera

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Quand le blues saharien croise l’énergie brute du rock, on obtient Wati Sera, un quatuor où la transe rythmique se mêle à une intensité électrique. Son premier Ep, « Le Temps Est Venu », est disponible depuis le 10 avril 2025. Né du projet Strange O’Clock, Wati Sera inclut Cély Laurent (chant, calebasse, tambourin), Tof Balasakis (guitare), Guillaume Chevillard (batterie) et Bertrand Dessoliers (basse, membre du groupe No One Is Innocent), qui vient insuffler une puissance nouvelle à cette alchimie musicale.

Sa musique puise dans le blues africain, le rock psychédélique et la transe saharienne, mêlant percussions organiques, riffs hypnotiques et une voix envoûtante qui alterne dioula et anglais. Entre groove lancinant et éclats électriques, Wati Sera redessine les frontières qui séparent héritage et modernité. Son patronyme, signifiant ‘Le temps est venu’ en dioula, langue d’Afrique de l’Ouest, incarne la promesse d’être au bon endroit, au bon moment, pour partager une musique authentique et riche d’histoire. Wati Sera déploie une musique originale en puisant dans un socle blues et en s’inspirant de la musique africaine, psychédélique et rock. Cette fusion audacieuse crée un afro-rock blues à la fois contemporain et profondément enraciné.

La voix évocatrice de Cély Laurent se marie à la virtuosité de Tof Balasakis, tandis que Bertrand Dessoliers et Guillaume Chevillard apportent une dimension rythmique puissante. Selon l’harmoniciste Vincent Bucher : ‘Tantôt trépidante, tantôt méditative, la musique de Wati Sera déploie un groove jazz-blues agrémenté de transes sinueuses du Sahara et d’un chant inspiré en dioula ou en anglais, le tout filtré par une savoureuse sensibilité européenne’.

La vidéo de « Feel Yourself » est disponible ici

 

 

 

 

 

Gabrielle Verleyen

Pourtant, Gabrielle Verleyen…

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D’une voix forte et veloutée, Gabrielle Verleyen réconcilie l’indie-folk et la pop à texte française. Dans un univers sonore sans bord, mélancolie et sérénité se côtoient pour offrir un paysage intime et lumineux. Cette ex-timide découvre, à plus de 20 ans, sa voix comme un passeport, voix qu’elle réservait jusqu’alors aux murs rassurants de la maison familiale. Un diplôme de Langues et Littératures romanes en poche, elle s’échappe à Rotterdam pour y intégrer un conservatoire de musiques du monde. Et c’est son propre univers qu’elle se crée, fait de vécus personnels et d’influences (pop-folk, indie rock et musique indienne). De ce séjour, il reste des expériences, parfois douloureuses, qu’elle évoque en anglais, par respect pour la langue de celles-ci. Mais quand les choses se vivent ici, c’est en français qu’elle ose les dire.

En 2018, elle remet le cap sur Bruxelles, avec quelques compositions en poche et beaucoup de tristesse liée à ce départ. C’est sur ce terreau nostalgique qu’elle écrit la plupart des chansons de son premier Ep, « Le Lac ». Sorti fin 2021, on y découvre une cartographie intime et sincère. Son premier extrait, « Le Renard passe », a rayonné des ondes belges jusqu’au film international, ‘American Night’ (Alessio Della Valle, avec Rhys Meyers, Emile Hirsch, etc.). Belle récompense pour la jeune femme, qui avait déjà remporté la 3ᵉ finale du ‘F dans le texte’ la même année. Ces reconnaissances et les critiques positives de cet Ep lui permettent de se produire sur quelques belles scènes (Botanique, Atelier 210, Théâtre National, Le 140, Festival FrancoFaune, LaSemo), accompagnée par le guitariste Romain Verwilghen, le tromboniste Julien Guilloux et le batteur Édouard Cabuy.

Sur fond de guitares planantes, parfois saturées, et de sonorités indie-folk, Gabrielle nous plonge dans une mélancolie rêveuse traversée d’éclats de lumière. D’une voix singulière, Gabrielle Verleyen dévoile les contours d’une histoire d’amour douloureuse en tentant de comprendre et de réparer ce qui peut l’être. Porté par un refrain dont le ton doux et sucré charme instantanément, le titre annonce un premier album, prévu pour début 2026.

Le morceau est accompagné d'un vidéo clip réalisé par Cyril Marbaix et met en scène un road trip décalé, en compagnie d'une mascotte peu ordinaire.

Le clip de la vidéo « Pourtant », est disponible ici

 

Skot Kremen

This Again (Ep)

Écrit par

Etabli dans le New Jersey, Skot Kremen a forgé son expérience au sein de différentes formations comme You Shriek, Blue Diner et Model Behavior, avant de se lancer en solo, il y a 5 ans. Et parallèlement, outre ses collaborations, il a monté un alias électronique, baptisé Milestar, démontrant ainsi sa polyvalence.

Sa capacité à équilibrer énergie brute et détails minutieux transparaissent tout au long de son Ep, « This again ».  

Il y superpose des guitares vaporeuses, des rythmes hypnotiques et des voix ténébreuses pour créer des paysages sonores éthérés, cinématographiques et intimistes, aux textures obsédantes qui suintent de nostalgie et d'introspection.

Le titre maître de l’Ep est en écoute  

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Yndling

As Fast As I Can (single)

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Yndling c’est le projet de Silje Espevik, une Norvégienne, originaire d’Oslo.

Depuis 2021, elle a enregistré quelques singles et un mini album

Son nouveau single, « As Fast as I Can, précède la sortie d’un elpee, prévue pour le 3 juin.

Captivante, la musique de Yndling fluctue de l’onirique à l’intimiste, en passant par le minimaliste, tout en dépeignant une vision douce mais méditative du monde.

Une forme de shoegaze dont la vulnérabilité enfantine ressemble à un conte de fées.

Si les synthés et les voix superposées allègent l’expression sonore, la production crée une certaine sensation de mouvement.

La version ‘live’ du single est à voir et écouter ici  

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La Flemme

La fête

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Apparemment, à Marseille, il n’y a pas que la scène rap qui existe. Il en existe aussi une bien pop/rock au cœur de laquelle on peut épingler La Flemme.

Un groupe marseillais dont le premier long playing, « La fête », est paru ce 25 avril. Influencé par le shoegaze, le punk, le garage et le rock psychédélique, cet opus est à la fois énergique et coloré. Les riffs de guitare sont puissants, les mélodies contagieuses. Les textes, en français, passent bien la rampe. Faut dire que la voix douce et éthérée de Stella, qui se charge également de la basse, colle parfaitement à la musique empreinte de mélancolie.

Sur « Sans Fond », paru en single, La Flemme nous plonge dans une critique acerbe des conversations creuses et des échanges qui ne mènent à rien.

La voix, posée, presque désabusée, raconte le malaise sans l’enrober. La guitare déroule ses arpèges limpides pendant que la rythmique la porte sans t’écraser. C’est clair et élégant.

Le clip de « Sans fond » est à voir et écouter  

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