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Joseph Chedid

Joseph Chedid et ses amis…

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Joseph a créé son propre label ‘Maison Rock’ du nom de son premier album et fait ainsi un pas de plus vers l’autonomie et la créativité, deux piliers emblématiques de cet artiste à l’imagination débordante et à la vitalité contagieuse, en studio comme en live.

La première sortie du label fraîchement créé est tout naturellement son prochain opus au titre évocateur « Hey Friend ! », dont le premier single éponyme, fruit de sa rencontre avec l’artiste brésilien Camilo Solano, célèbre la fraternité au-delà des frontières. Et il est disponible ici

Sur ce nouvel LP aux accents pop, rock et électroniques, Joseph poursuit son voyage artistique dans un désir de répandre de la joie, des émotions, et de la bienveillance autour de lui.

« Hey Friend ! » est paru ce 16 janvier 2025.

Sur son quatrième single issu de cet opus, « Pourquoi », Joseph partage un autre duo percutant aux côtés de la chanteuse Brö. Ce morceau hybride fusionne des influences rock avec des sonorités hip-hop et R&B, créant un cocktail musical explosif. Et il est en écoute

 

Mathieu Boogaerts

Le Grand Piano de Mathieu Boogaerts

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« Grand Piano », c’est le titre du neuvième album de Mathieu Boogaerts, et c’est un oxymore (figure de style qui vise à rapprocher deux termes que leurs sens devraient éloigner).

‘Grand’car il l’a voulu ainsi : franc, épais, puissant, plus de matière, de volume que ses prédécesseurs... Plus âgé ? Une batterie, une basse électrique, une basse synthétique, une guitare électrique, une guitare acoustique, un synthétiseur, un saxophone, une flûte, un accordéon, un chœur, des percussions, un piano électrique et un piano droit : la gamme de couleurs qu’il lui a fallu pour dépeindre en détails les sentiments qu’il déploie dans ses douze nouvelles chansons.

Mais ‘Piano’, car toujours sur le ton de la confidence, léger, fragile, doux, nuancé.

Comment ? Il a écrit et composé ce répertoire entre septembre 2020 et mars 2023 dans de nombreux lieux dont Londres, Paris, Istanbul, Amsterdam, Budapest, Plaisians, Risoul et les Landes. Le disque a été enregistré de manière classique, entre 2023 et 2024 à La Frette Studios en région parisienne.

Une pulsion, un profond désir, encore et toujours : exprimer en musique et en mots ces passions qui l’animent tout au long de la vie. Sans cesse chercher, proposer des formes nouvelles pour les formuler au présent de la manière la plus personnelle possible.

« Dans une case », extrait de l'album « Grand Piano », est disponible sous forme de clip ici

The Chameleons (Vox)

La musique est une forme de médecine...

Les lecteurs assidus de Musiczine connaissent bien The Chameleons. Ce groupe mancunien est essentiel dans l'histoire de la musique wave / post punk depuis le début des années '80. Fondé en 1981 par Vox (alias Mark Burgess), en compagnie de John Lever à la batterie ainsi que des guitaristes Dave Fielding et Reg Smithies, il propose un mélange inédit entre post punk, glam-rock, psyché, new-wave, classic rock et singer-songwriting. Après quelques sessions radio enregistrées par le célèbre John Peel, de la BBC, la formation sort son premier single, « In Shreds » en 1982 et ensuite son premier elpee studio, « Script of the Bridge », en 1983. Suivront les albums « What Does Anything Mean ? Basically », en 1985, et « Strange Times », en 1986. Après le décès inopiné de son agent artistique, Tony Fletcher, l’année suivante, les Chameleons se séparent.

Par la suite, Vox lance divers projets, en solo ou en compagnie d'autres musiciens ; et c'est en 2009 qu'il retrouve le batteur John Lever pour former Chameleons Vox. Malheureusement, Lever décède en 2017. En 2021, Vox reforme les Chameleons en compagnie d’un des guitaristes originaux du band, Reg Smithies. Aujourd'hui, le nouveau line-up implique également Stephen Rice à la deuxième guitare, Danny Ashberry aux claviers et Todd Demma à la batterie. Dans cette composition, le combo a gravé deux Eps et se prépare à publier un nouvel opus à part entière, « Arctic Moon ». Musiczine a rencontré Vox à Anvers, en février dernier, avant le concert accordé au Trix et la conversation a porté sur le groupe, bien sûr, mais également sur toute une série de sujets comme la philosophie, la spiritualité, les Beatles, les OVNI, la physique quantique, le chamanisme, etc. On vous propose la première partie de cette interview exclusive. La seconde sera dévoilée au moment de la parution du nouvel opus.

« Arctic Moon », votre nouvel album est annoncé. Quand va-t-il sortir ?

Vox : Nous sommes dans les temps pour la livraison des masters en mars. Donc, si tout se passe bien, il devrait paraître vers septembre ou octobre. Le label communiquera la date. Mais le single est déjà disponible à l'écoute.

Quel est son titre ?

Vox : Il s'intitule « Where Are You ? ».

Oui, je connais la chanson. Figurera-t-elle aussi sur l'elpee ?

Vox : Oui, mais dans une autre version. Nous l’avons réenregistrée pour l'album. Quand nous avons enregistré le single, nous étions très pressés de le sortir. Todd, notre batteur, séjournait en Amérique ; donc c'est Steve qui s’est chargé des drums. Mais nous voulions que ce soit Todd qui en joue. Aussi, nous avons entièrement réenregistré le morceau à son retour.

L'atmosphère générale du nouvel LP est-elle différente des productions précédentes ?

Vox : Oui, c'est différent. Le son général de la formation a évidemment changé, et c'est à dessein. Nous ne voulions pas reproduire le son des années 80. Nous voulions vraiment nous en éloigner.

Tu veux dire s'éloigner du son ‘cathédrale’ ?

Vox : Oui, du son de guitare des eighties. Simplement parce que l'un des architectes de ce son n'est plus au sein du groupe depuis plus de 20 ans.

Dave ?

Vox : Oui, Dave. C'est lui qui a créé cette sonorité de guitare imposante, éthérée et ambiante, qui résonne comme une cathédrale.

Je suppose que le producteur, Steve Lillywhite, a également joué un rôle dans ce sens ?

Vox : Oui. Dans une certaine mesure, Lillywhite a aussi contribué à façonner le son du band, surtout pour les drums et les guitares. Avant cette période, si tu écoutes les 'Peel sessions', Dave n'utilisait qu’un simple effet Flanger, plus discret. Ensuite, il a découvert le Roland Space Echo 301, l'écho à bande. Ce qui a transformé son son.

C'était une pédale d'effet ?

Vox : Non, c'est une boîte verte avec une véritable bande de 6,35 mm à l'intérieur, qui fait un 'loop'. C'est un appareil qui est très cher maintenant. Il coûte des milliers de dollars. Il était beaucoup plus courant à l'époque. Et puis, Dave est passé au Space Echo 501. C'est ainsi que tout a commencé, en studio, quand on a enregistré notre premier single, « In Shreds ».

Avec Reggie, au contraire, c'était plus un son post-punk pur et dur.

Vox : Non, je ne pense pas que Reggie ait un son post-punk. Il est plutôt influencé par les années 60 dans son jeu. Reggie n'utilisait pas beaucoup d'effets à l'époque.

C'est lui qui joue les staccatos à la guitare ?

Vox : Oui. Reggie a apporté une originalité unique. Personne ne jouait de la guitare de cette manière. C'est ce qui faisait toute la beauté de son jeu. C'est un excellent guitariste. Il est capable de vous faire ressentir quelque chose d'émotionnel, juste avec trois notes.

Oui, il est très mélodique, très créatif.

Vox : Oui, très créatif. Mais son style des débuts, si tu veux savoir d'où il vient, il faut revenir aux versions stéréo originales de « Revolver » des Beatles, et écouter une chanson comme « Dr. Robert ». On y entend, d'un côté le chant et de l'autre, la guitare. Si tu écoutes comment George Harrison joue sur ce disque, c'est ça, le style de Reggie. En fait, il était bassiste lorsque je l'ai rencontré. Enfin, pas quand je l'ai rencontré, vu que je le connais depuis l'enfance. Mais quand je suis venu le rejoindre dans son band, il se consacrait à la basse. Il m'a expliqué qu'il souhaitait transposer ce qu'il jouait à la basse à la guitare, et donc, il m'a proposé de prendre la basse. C'est ainsi que ça s'est passé. Mais ça ne me laissait pas beaucoup de marge de manœuvre pour la basse. J'ai vite compris que je devais me contenter de jouer la fondamentale (NDR : la ‘tonique’) à cause de ce que dispensaient les deux guitaristes. Mais je me suis adapté sans problème.

Et puisque tu parles des Beatles, tu m'avais confié qu'enfant, tu avais commencé à chanter leurs chansons avant même de pouvoir parler.

Vox : Oui, j'ai appris à parler en chantant des chansons des Beatles. Il y avait une jeune stagiaire à la maternelle que je fréquentais, et les instituteurs étaient inquiets parce que je ne parlais pas encore. Alors, elle m'a appris à chanter les chansons des Beatles, et c'est comme ça que j'ai pu maîtriser les rudiments de l'anglais.

Et quand on voit Paul McCartney aujourd'hui, toujours aussi actif, c'est fou, non ?

Vox : Oui, c'est fabuleux. J'ai failli le rencontrer une fois. J'aimerais quand même tailler une bavette avec un des Fab Four avant de mourir (rires) ! ... Le temps presse ! Alors si tu lis ça, Paul, oui, invite-moi à prendre le thé, j'adorerais te rencontrer. Je sais que Ringo (Starr) en a assez des mondanités et qu'il veut juste une vie tranquille. Je comprends. Mais bon, Paul, si tu entends ça, si tu as envie de prendre le thé avec un gars qui est fan de toi depuis 60 ans, alors fais-moi signe… (rires)

Pour en revenir au nouvel opus, retrouver Reggie, est-ce un événement qui a provoqué un déclic pour ta créativité ?

Vox : En fait, ce qui s'est passé, c'est que les deux gars avec qui je jouais n'étaient plus libres, alors Reggie a déclaré : ‘I will do the job’ (‘Je vais faire le boulot’). On a essayé d'écrire ensemble, mais le COVID a mis un frein à nos intentions. L'industrie a été à l'arrêt pendant 18 mois. D'une certaine manière, cette pandémie a été une chance, car elle nous a permis de recruter Danny, Steven, Todd. On a commencé à écrire des chansons en janvier 2024.

Donc, ce n'était pas juste toi et Reggie, c'est devenu un groupe complet.

Vox : Oui, c'est un vrai groupe. Au début, j'ai apporté quelques-unes de mes chansons. Et Reggie a amené ses idées. De là est né le single, et ensuite on a enregistré certaines de mes compos pour l'album. Mais, petit à petit, tout le monde s'est impliqué dans l'écriture. On a eu des idées plus collectives. Je trouvais ça plus intéressant. Dès lors, j'ai écarté quelques compositions personnelles, avec l'idée de les sortir en solo, peut-être, après l'album de la formation...

« David Bowie Takes My Hand » semble être le ‘magnum opus’ du nouvel elpee.

Vox : Oui. Je pense que c'est probablement le meilleur morceau sur lequel je n’ai jamais travaillé, mais il est très différent de ce que les Chameleons ont réalisé auparavant. C'est une très longue chanson, qui s'étend sur environ 8 ou 9 minutes. À l'origine, elle comptait 11 minutes de musique, et évidemment, on a dû imaginer comment l'arranger. On se grattait la tête et, finalement Danny a tranché : ‘Bon, eh bien, donnez-moi la démo, je vais la ramener chez moi. Je ferai quelques modifications et on verra ce que ça donne’. Il est revenu en disant : ‘Je crois que j'ai l'arrangement’. Il nous l'a joué et on s’est tous exclamé : ‘Oui, c'est ça !’

Donc, il y a beaucoup de claviers et de cordes ?

Vox : Il y aura de vraies cordes. Ainsi que des claviers, évidemment. Ce qui est incroyable, c'est que, quand on a enregistré la chanson, Danny s'est mis à pleurer. On écoutait l'arrangement sur les moniteurs, dans le studio et il était en larmes. C'est vraiment un arrangeur très doué. Il a fait des trucs incroyables tout seul ou pour ses groupes précédents.

Dirais-tu que c'est une chanson 'épique', dans le style de « Second Skin » ?

Vox : Cette compo n’a aucun rapport avec « Second Skin ». En fait, elle est très sombre. Elle s’inspire d’un moment que j’ai passé dans une chambre d’hôtel à essayer de savoir si je voulais continuer à vivre ou non. Les paroles résultent de cet épisode. C’est très personnel et lié à la situation que je vivais à l’époque.

Et David Bowie t’a pris la main à ce moment-là ?

Vox : Eh bien, ça m'a rappelé « Rock’n’roll Suicide », la chanson de David Bowie. C’était comme si Bowie me disait : ‘Donne-moi ta main’. Et en mon fors intérieur, j’ai répondu : ‘Oui, prends-la. Sors-moi de là.’

Était-il encore en vie à ce moment-là ?

Vox : Non, il était déjà parti.

C’est pourquoi je suggérais un lien avec « Second Skin » ; à cause de cette dimension spirituelle.

Vox : « Second Skin » a évolué sur une longue période. Au départ, c'était une chanson sur l'immortalité des vedettes de cinéma sur la pellicule. Pense à James Dean, Marilyn Monroe et d'autres artistes du même genre ; à la façon dont les films les incarnent à un tel point qu'ils atteignent l'immortalité. Et puis, au fil du temps, le thème de la chanson s'est élargi, pour englober aussi la façon de transposer ses expériences vers la prochaine étape de son existence.

Et puis il y a eu ce moment, en studio, où tu as déclaré : ‘Faites tourner la bande. Je vais chanter tout ce qui me passe par la tête’.

Vox : Oui. On était en studio. On avait enregistré les pistes de la fin de la chanson et on ne savait pas quoi en faire. Alors, j'ai juste indiqué : ‘Je me rends dans la cabine de chant afin d'essayer quelque chose’. Et c'est arrivé naturellement. Mais même depuis la mouture studio, la chanson a évolué, au fil des concerts. On ne joue plus la version de « Script of the Bridge » ainsi. Quand j'ai réalisé à quel point le public avait pris cette chanson à cœur, elle est devenue un élément incontournable de nos setlists.

C'est ma chanson préférée des Chameleons.

Vox : Au fil du temps, elle a évolué pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui, une expérience live.

Je suppose donc que « David Bowie Takes My Hand » possède aussi ce côté ‘mystique’ ?

Vox : Il faudra l'écouter. Elle va toucher beaucoup de monde. Mais ça dépendra vraiment de l'auditeur, et je ne peux pas prédire quelle sera sa réaction. Je peux seulement m’écrier : ‘Waouh, c'est quelque chose de très spécial !’. Quand on a vu les larmes couler sur le visage de Danny, on en a conclu : ‘Cette chanson a du potentiel. Et tout le monde dans le groupe y a contribué’. C'est à ce moment-là que j'ai compris avoir trouvé un vrai groupe. Ce n'était pas juste Reggie et moi qui embauchions quelques musiciens. C'était un vrai groupe, un groupe avec lequel on pouvait faire progresser les Chameleons.

Un groupe dont le total est supérieur à la somme de tous ses membres ?

Vox : Oui, chacun apporte quelque chose qui propulse l'héritage du groupe plus loin, dans une nouvelle direction.

Et c'est chouette de constater que tu le projettes dans le futur.

Vox : Je parle ainsi, mais le futur n'existe pas encore vraiment. Il n'y a que le ‘maintenant’, le ‘now’, qui existe. C’est mon point de vue, mais d'ici demain, tout pourrait changer.

Mais au moins, l'intention est là.

Vox : L'intention est bien là.

Et quand on crée une intention, la réalité est déjà à moitié là.

Vox : Eh bien, cette résolution peut prendre des directions différentes. Le moment présent, seul, existe en tant que fonction d'onde, en tant que ‘collapsed wave’.

Oui, comme dans la théorie de la physique quantique.

Vox : Oui ! Et le passé n'existe pas non plus. Seulement dans la mémoire subjective des personnes avec qui vous l'avez partagé. La vie est juste une série de ‘maintenants’.

Je me souviens qu'à Louvain, à la fin de l'interview, nous avions causé pendant 40 minutes des OVNI et de la conscience.

Vox : C'est un sujet qui m'intéresse depuis l'âge de 14 ans, lorsque j'ai vu mon premier OVNI en plein jour, un dimanche après-midi.

Et as-tu évolué, au cours de ces dernières années, dans ta conception de tous ces phénomènes ?

Vox : Je n'ai toujours aucune idée de ce que c'est. Je doute que ce soient juste des vaisseaux spatiaux classiques venus d'un autre système stellaire… Je pense que ce sont plutôt des 'objets' qui viennent d'autres dimensions, des intelligences capables de traverser les dimensions. C'est ce que je pense. Mais je ne peux pas le prouver.

Et je pense que la physique quantique évolue justement dans ce sens.

Vox : Oui, absolument.

Elle montre, par exemple, que plusieurs états ou réalités peuvent coexister en même temps.

Vox : C'est même davantage ! Toute la réalité qui nous entoure est contrôlée par le cerveau. C'est le cerveau qui interprète les données entrantes. Certaines d’entre elles sont évidemment celles que nous avons en commun, mais nous imposons aussi notre propre conscience à notre réalité. Il n'y a pas deux personnes qui vivent dans le même univers, même s’ils ont des similitudes et sont connectés. C'est parce que nous voyons, vivons et retenons les choses différemment. Tout ceci débouche sur l'idée de ‘multivers’. Je suis un adepte des théories qui envisagent des réalités multidimensionnelles et des univers parallèles. Dans mes chansons, j'essaie de formuler ce que j'ai vécu et compris sur le monde qui m'entoure. J'essaie de refléter cette vision du mieux que je peux.

Oui, c'est ce que j'aime dans ta musique : elle est multidimensionnelle, parce qu'on peut la vivre comme du pur rock and roll ou alors à d'autres niveaux.

Vox : J'ai eu une petite révélation récemment quand je me suis rendu compte, et je le signale lors de mes concerts, que toute musique est une forme de médecine. Ce sont des fréquences. Que l'on s'y identifie ou non. La musique de Taylor Swift n'a peut-être aucun effet sur toi ou sur moi, mais pour des millions de personnes, si. C'est une forme de médecine, surtout pour les jeunes, dans son cas. C'était pareil pour moi quand j'étais enfant, j'étais fan de T-Rex et de David Bowie. Leur musique m'aidait à traverser les épreuves. Elle me touchait. Et celle des Chameleons est aussi un puissant remède. Je le sais grâce aux gens qui viennent me voir après les concerts et me disent : ‘Waouh, merci’, et pleurent sur mon épaule. Je sais que c'est un puissant remède. Je pense que toute musique est une forme de médecine. C'est ma définition de la musique. À l'époque des cavernes, la musique était déjà un remède. Un remède spirituel.

D'ailleurs, les guérisseurs étaient généralement des musiciens.

Vox : Oui, exactement. Ils étaient musiciens ou chamanes ou les deux. Mais oui, c'est ma philosophie. Aucune musique n'est supérieure à une autre. Toutes les musiques sont ‘médicinales’...

C'est une bonne conclusion. Merci beaucoup, Vox !

Vox : Merci à toi...

Pour écouter la version audio de cette interview dans l'émission WAVES, c'est ici

(Photo : Noel Fielding)

 

Dropkick Murphys

Un public conquis d’avance…

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Il y a 29 ans que Dropkick Murphys distille un blend de folk irlandais et de punk/hardcore US. En ‘live’, sa notoriété ne fléchit pas. Pour preuve, il remplissait, il y a tout juste 2 ans, Forest National, et était programmé sur la ‘main stage’ de Werchter, l’été dernier. Pas étonnant donc que la Lotto Arena d’Anvers soit pleine à craquer, au lendemain de son concert à la grande salle du Ziggo Dome d’Amsterdam. Récit d’une soirée ouverte par deux autres bands invités : Gogol Bordello et The Scratch.

Il faut s’armer de patience pour rejoindre la Lotto Arena. Que ce soit sur la route, dans le parking ou encore accéder aux vestiaires, les files sont légion. Heureusement qu’il n’y a pas d’autres artistes prévus ce soir au Sportpaleis voisin, sinon on imagine la cohue dantesque qui aurait pu se produire. Une fois entré, on ne compte plus les fans aux t-shirts à l’effigie du band de Boston ou aux logos de stars du hard rock. Des looks rockabilly, parfois skinheads ou encore des bérets à la Pinky blenders : pas de doute, on est dans la bonne salle.

The Scratch ouvre les hostilités. Bien que les musicos soient de purs sangs irlandais (NDR : originaires de Dublin), sa musique lorgne davantage vers le heavy metal que la ‘celtique’. Au centre, assis, le chanteur actionne une batterie minimaliste. Composée d’une grosse caisse à pédale, il tambourine en même temps sur un bodhrán, un instrument de percussion gaélique, seule trace au sein du band de ses racines irlandaises. Car sa voix gutturale est plutôt proche de celle de Lemmy Kilmister. Quant au bassiste, sis à sa gauche, sa chevelure longue et son short évoquent plutôt à un militant de l’acid rock vintage. Sur la droite, une guitariste folk complète le trio, qui a bien du mal à combler la grande scène. En outre, seules vingt petites minutes lui sont allouées. Pas de quoi chauffer la salle, ni votre serviteur (Photos Geert De Dapper ).

Heureusement, Gogol Bordello enchaîne, et reste une valeur sûre. A son apogée, la formation constituait l’une des têtes d’affiche du festival de Dour (2008). Ou encore était capable de remplir l’Ancienne Belgique (2014). Sans compter l’invitation sur scène par Madonna (NDR : et notamment une prestation très médiatisée au Live Earth 2007). Originaire de New-York, c’est plutôt vers le folk gipsy de l’Est que le combo puise ses influences. Pour preuve, une grande banderole aux couleurs de l’Ukraine, ponctuée d’un point levé et du message ‘Solidaritine’ » est projetée en arrière-plan. Une scène où on reconnaît le violoniste Sergej Rjabcev, à l’éternel look de capitaine, et à l’énergie toujours débordante malgré ses 66 balais. Le leader Eugene Hutz et son look de gitan, n’a rien perdu de sa verve non plus. Un deuxième percussionniste et chanteur, sosie de Danny DeVito, vient lui prêter main forte. On remarque aussi la présence d’une jeune accordéoniste, en tenue sexy, qui complète le line up classique guitare/basse/batterie.

Le set commence en force par « I would never wanna be young again » et embraie par le tube « Not a Crime ». Le public est peu réactif et concède juste quelques applaudissements polis. Il faut attendre la moitié du set et le judicieusement intitulé « Dance around the fire » pour observer un peu de pogo dans la fosse. Deux invitées, à nouveau jeunes et sexy, viennent alors compléter le line-up. Une guitariste et une deuxième choriste à la coupe de cheveux bird. Malgré une volonté, sur le podium, de bouger dans tous les sens, d’alterner les styles musicaux (NDR : parfois un peu trop… et on se perd entre du Manu Chao et le band russe Leningrad), l’ambiance ne décollera jamais. Même en terminant sur « Start wearing purple » et « Pala tute », on attendra donc de les revoir dans de meilleures conditions (photos Geert De Dapper ici).

Dropkick Murphys a lutté contre vents et marées durant ses 29 années d’existence. Du line-up original, il ne reste que le batteur Matt Kelly. Ainsi que Ken Casey, ancien bassiste et backing vocal, mais dorénavant chanteur (NDR : malgré ses limites ; et on vous explique pourquoi, ci-dessous). Le fondateur Rick Barton, mais surtout l'ancien chanteur Mike McColgan (NDR : qui milite dorénavant au sein de Street Dogs) manquent cruellement à la formation. Mike avait pour atouts majeurs, une voix rauque et une carrure d’ancien militaire. En comparaison, Ken Casey fait pâle figure.

Mais ne boudons pas notre plaisir. Les intros musicales alignent « If the kids are united » de Sham 69, hymne scandé en chœur par la foule, puis « The foggy dew » (NDR : à l’origine une chanson traditionnelle des Chieftains), interprété par la voix douce de Sinéad O’Connor. C’est d’ailleurs sur un fond brumeux, digne des Highlands, que le patronyme du band s’affiche sur l’écran vidéo. Le visuel et le light show (souvent vert et orange, aux couleurs de l’Irlande) vont contribuer à rendre le show plus entraînant.

La horde de musiciens déboule sur scène. Et ils sont nombreux. Outre le guitariste, le bassiste et le percussionniste, on repère un banjoïste qui va apporter sa touche personnelle tout au long du spectacle. Sans oublier l’accordéoniste, et occasionnellement un joueur de cornemuse. Le leader quant à lui, à l’instar de Nick Cave, prend plaisir à venir au contact des premiers rangs et à les inciter à reprendre les refrains. C’est déjà le cas dès le titre d’ouverture (« Captain Kelly’s kitchen »), caractérisé par son chorus ‘Me toora Loora lady’ entonné par les aficionados. Tout au long de l’hymnique « The boys are back » des images de combats d’hockeyeurs défilent sur l’écran. Et dans le même esprit, l’autoroute est toute tracée pour « Sunshine highway ». Sollicités par le leader, les circles pits et autres murs de la mort s’organisent rapidement au sein de la fosse. Dropkick Murphys nous réserve, en primeur, un nouveau titre : « Stand with us ». Déjà extenué, Ken Casey s’éclipse alors en coulisse, et cède le relais, au micro, au bassiste, dont la voix, proche de Bruce Dickinson, collerait mieux à un combo de heavy metal. La repise du « Body of an American » des Pogues relance les pogos, et nonobstant son ton plus hardcore, digne de Sick of it all, « Citizen C.I.A » entretient le mouvement. Inévitablement la cover de « It's a long way to the top (If you wanna rock'n'roll) » d’AC/DC baigne dans le hard rock. L’accordéon, la guitare sèche et la mandoline suppléent provisoirement la sixcordes électrique sur la folk song folk culte « Rose tatoo ». Ken montre quand même ses limites au chant. Parfois, il oublie (ou néglige) certains couplets des chansons ; et tout au long de « Irish rover », Ronnie Drew et Shane McGowan doivent se retourner dans leurs tombes…

Mais conquise d’avance, la foule ne lui en tient rigueur ; et pas le temps de souffler, en rappel, « I am shipping up to Boston », caractérisé par son intro au banjo, déclenche à nouveau une hystérie et des mouvements au sein de la fosse. Même si le band n’invite plus, comme jadis, ses fans à venir danser sur l’estrade, le sol tremble quand même. Et la foule reprend en chœur le ‘Way-yooo’ du refrain. « Worker’s song » vient clôturer une soirée déjà bien riche, avant d’attaquer les files qui nous attendent à la sortie, tout en fredonnant encore l’un ou l’autre titre, pendant que l’on quitte la métropole… (photos Geert De Dapper )

Organisation : Live Nation)

 

Omar Souleyman

Le roi de la dabke-techno à l’AB…

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Le dernier album de l'icône syrienne Omar Souleyman, « Erbil », est plus fluide et moins varié que ses précédents, mais ses rythmes effrénés et ses synthés euphoriques possèdent toujours un côté joyeux. Ces dernières années ont été mouvementées pour le roi de la dabke-techno. En 2021, il a été arrêté à Urfa, la ville du sud-est de la Turquie, où il vivait et tenait une boulangerie depuis qu'il avait fui la guerre civile syrienne en 2011. Accusé d'être membre de la milice des Unités de protection du peuple kurde syrien (YPG), que les autorités d'Ankara considèrent comme une organisation terroriste et une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), il a été détenu pendant un peu plus de 24 heures avant d'être libéré sans inculpation. Enfin, il est de retour pour une soirée endiablée, multi culturelle et cosmopolite.

Omar est né en 1966, à Tel Amir, un village situé dans le nord-ouest de la Syrie. Un vrai phénomène musical à lui seul.

En l'espace de quinze ans, cette star locale a publié plus de 500 cassettes, vendues dans tous les magasins de Syrie. Il a entamé sa carrière en 1994. Epaulé par un petit groupe de talentueux musiciens locaux qui l'accompagnent depuis le début, il écume les concerts dans toute la Syrie et est invité à se produire en Arabie Saoudite, à Dubai et au Liban. Depuis, il a participé à de nombreuses tournées hors du Moyen-Orient et notamment dans le cadre des principaux festivals d'Europe et du Royaume-Uni

Les innombrables traditions musicales de la région transparaissent dans sa musique qui reflète le melting-pot culturel d'un pays où cohabitent irakiens, turcs et kurdes en grand nombre. Les hymnes populaires qui composent le répertoire de Souleyman passent de la frénesie techno-pop festive (le ‘dabke’, un style de dance music folklorique) à des chansons plus solennelles et contemplatives (l’‘ataba’, une forme traditionnelle de poésie populaire, équivalent de la soul), d'où ressort aussi des influences pop-traditionnelles irakiennes, kurdes et turques. Le chant ‘mawa’ de Souleyman –sur des poèmes écrits par son complice de longue date Mahmoud Harbi– et les soli de synthé arabisants de Rizan Sa'id, qui y ajoute beats saccadés et effets de phasing, se mêlent à l'oud, au saz, aux percussions et aux youyous, pour réaliser un mélange singulier. A son actif huit albums, dont le dernier « Erbil » est paru en 2024.

Le concert est complet et le supporting act est assuré par DJane d’Arc, une DJ belge originaire de Charleroi (page ‘Artistes’ ici).

Son set est programmé de 19h30 à 20h45. Pas mal pour une première partie qui va durer plus longtemps que celui de la tête d’affiche.

Grâce à des choix musicaux éclectiques, mêlant traditionnel et électronique, DJane d'Arc propose des sets hybrides et décalés en quête d'universalité, Ses sonorités fortement arabisantes impliquent des mix qui incitent à envahir le dancefloor. Elle ne parle pas, mais bouge constamment derrière sa table de mixage en sautillant et en invitant le public à applaudir et à jumper. Copieux et multicolore, le light show se focalise autant sur l’artiste que l’auditoire. L’ambiance monte graduellement et prépare ainsi idéalement le concert d’Omar Souleyman.

L’ambiance est surchauffée et on découvre la présence d’une table au fond de la scène, derrière laquelle le DJ s’installe. Toutes les sonorités, même celles de l’oud, du bendi (clarinette arabe) et de tambourin ont été synthétisées dans la machine.

Omar Souleyman est vêtu d’une djellaba et coiffé d’un foulard blanc strié de rouge de type Keffieh arabe. Il est chaussé de grosses lunettes fumées. Il déambule de long en large sur les planches. Micro en main, il incite l’auditoire, à l’aide de gestes, à applaudir et danser. Il y a une belle interaction entre l’artiste et la foule.

Fruit de la rencontre entre techno et électro, sa musique et imprégnée d’accents orientaux, et le tout est dynamisé par des beats ensorcelants.

Son jeu de scène est réduit à sa plus simple expression. Les classiques vont défiler, depuis « Warni Warni » à « Bahdeni Nami », en passant par « Salamat Galbi Bidek », « Wenu Wenu » et « Leh Jani », des morceaux au cours desquels les 'yalla' (Trad : ‘allez !’) vont fuser aux quatre coins de la salle. Mais il présente également de larges extraits de son dernier opus. Plusieurs spectateurs enthousiastes brandissent le nouveau drapeau syrien. A deux reprises, il est prêté à Omar qui le brandit fièrement, longuement applaudi par un public hétéroclite. La diaspora syrienne est bien présente et danse constamment.

L’auditoire va lui réserver une belle ovation, à l’issue de sa prestation.

(Organisation : Ancienne Belgique)

Everyone Says Hi

Everyone Says Hi

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L'ex-compositeur/batteur de Kaiser Chiefs a donc monté un nouveau groupe en compagnie d’ex-membres de The Kooks, Howling Bells, et The Dead 60s. Et il a choisi pour patronyme, Everyone Says Hi, le titre d’une chanson de Bowie. Il a donc abandonné ses baguettes pour se reconvertir en chanteur/guitariste. Ce qu’il était déjà au départ, outre son rôle de compositeur. 

Le premier opus de la formation est éponyme, une œuvre lyrique et inspirée, puisant ses influences dans la pop orchestrale des seventies, l’indie rock, la dream pop et la synth-pop tout en y apportant des touches électroniques. Des titres comme "Somebody Somewhere" et "Only One" montrent la capacité de Hodgson à écrire des mélodies contagieuses, alors que "Lucky Stars" lorgne vers la country.

Enfin, si le single "On The Same Side" se révèle davantage introspectif, "Walking In The Air" » est une refonte de "The Snowman", une chanson écrite par Howard Blake pour le film d’animation datant de 1982, ‘The Snowman’. Elle s’inspire du livre pour enfants de Raymond Briggs publié en 1978, du même nom.

Un sentiment de nostalgie émane de ce long playing. Les compos ressemblent d’ailleurs à des lettres d'amour adressées aux différentes phases de la vie et de la carrière musicale de Hodgson.

Podcast # 65 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

MIEN

MIEN : deux éponymes en sept ans !

Le supergroupe psychédélique montréalais MIEN a annoncé la sortie de son second album tant attendu, « MIIEN », le 18 avril prochain. Il partage également son premier nouveau morceau, le single « Evil People », sept ans après son dernier enregistrement.

Le line up implique Rishi Dhir - basse, guitare, claviers / Robb Kidd - batterie / John Mark Lapham - claviers, samples, programmation / Alex Maas - chant, basse, guitare.

A propos de « Evil People », une explosion de psych-rock synthétisé propulsif, MIEN déclare : ‘« Evil People » trouve ses racines dans une collaboration de 2015 entre Alex et le génial musicien danois Trentemøller. Avance rapide jusqu'en mars 2022, lorsque MIEN s'est réuni à Austin pour trois jours intenses d'enregistrement. Étant donné qu'il est rare que nous soyons tous dans la même pièce en même temps, l'énergie créative était électrique - la musique et les idées ont coulé sans effort, et « Evil People » est né.’

Dans un paysage où le terme 'psych' semble souvent confiné et prévisible, MIEN se distingue comme un phare de la véritable exploration sonore. Son deuxième opus, « MIIEN », marque un nouveau chapitre audacieux pour un groupe dont l'approche alchimique de la musique a redéfini les frontières du psychédélisme. S'appuyant sur les fondations de son premier elpee paru en 2018 (un éponyme), tout en s'aventurant dans des territoires inexplorés, ce nouvel essai pousse l'éthique collaborative et exploratoire du quatuor vers de nouveaux sommets palpitants.

Pour découvrir le clip de « Evil People » c’est ici

 

Marylène Corro

Une voix de velours, mais un combat permanent…

Écrit par

Marylène Corro a sorti son premier elpee, « Crossover », ce 24 janvier 2025. Ce soir, c’est la ‘release party’ qui se déroulera au Witloof Bar du Botanique. Et le concert est sold out.

Son cœur balance entre sa Belgique natale (elle est originaire de Mazy, un village issu de Gembloux) et le Chili, pays de son père. Comme elle, la musique qu’elle interprète de sa voix chaleureuse, chemine entre les cultures, les pays et les sonorités. Séduite tant par les rythmes latinos, le jazz manouche que par les racines du jazz, de la soul, du blues et du funk, mais également de la cumbia, salsa et autres styles latinos, elle interprète ses chansons, dans la langue de Shakespeare. Elle a également enregistré plusieurs standards de jazz qui lui tiennent à cœur en compagnie du talentueux contrebassiste Ray Parker. Elle a côtoyé la chanteuse de folklore colombien Mirabay Montoya Gómez à Medellin. Et a beaucoup voyagé, notamment, en Amérique du Sud. En Colombie, bien sûr, mais également, en Argentine et au Chili pour y retrouver sa famille. Elle a participé à l’émission ‘The Voice Belgique’ en janvier 2018 ; et on en n’oublierait presque qu’elle est passée par le barreau de Bruxelles pour défendre les réfugiés et les étrangers.

Il y a un petit changement ce soir au Witloof Bar, le podium a été déplacé au centre de la salle entre les 4 piliers sous les magnifiques voussettes en briques (là où le son est le meilleur) permettant aux spectateurs de mieux voir les artistes en cernant le podium, alors que la table de mixage a été installée à la place de l’ancienne scène.

Le supporting act est assuré par un troubadour bruxellois répondant au pseudo de Zaïmoon (page ‘Artistes’ ici).

Ce conteur moderne nous entraîne à travers les ruelles de Bruxelles. Ses histoires pleines d’humour vous font découvrir la ville qui l’a vu grandir. Entre pluie, bars, drogues et dragues lourdes, on y découvre une ville multiculturelle, pleine de vies, de soirées arrosées et de souvenirs bercés sous une nappe de gris. Ses chansons il les décrit comme suit : ‘C’est une histoire de rap, de rumba et de Duvel. Le genre d’histoires qu’tu croises dans les bars de Bruxelles. Elle raconte la rencontre entre deux amants. Qui s’aimèrent deux hivers, mais seulement un printemps.’

Barbu, coiffé d’une casquette et armé d’une gratte semi-acoustique, il possède une belle voix.

Issu d’une famille éparpillée, un peu cosmopolite - à la fois autrichien, slovaque, français, argentin, russe, polonais, il puise dans ce passé pour nourrir ses textes. Il rend même hommage à sa grand-mère russe en interprétant une chanson dans cette langue. Son auto-dérision à la belge est à prendre au second degré. Caractérisées par un flot verbal puissant et judicieux qu’il accélère à sa guise, ses vannes font mouche. Son slam exprimé dans la langue de Voltaire est véhiculé, tour à tour par du rap, du r&b ou de la rumba. Il demande au public de l’accompagner au chant. Une chouette première partie qui a bien chauffé la salle pour la tête d’affiche. Il avait abandonné ses cédés au bord de l’estrade qu’il échangeait contre une petite contrepartie au gré de la générosité des donateurs…

Sur les planches, Marylène Corro, vêtue d’une longue robe multicolore, est soutenue par trois excellents musicos : la guitariste Carla Pusceddu, la bassiste Léa Kadian et le drummer Hadrien Pierson.  

Le set s’ouvre par « Chaos », un extrait du nouveau long playing, Marylène semble impressionnée par la présence d’un public nombreux. Veloutée, sa voix glisse délicatement sur les tympans tout au long de « Lish ». Cette voix, mais aussi les chœurs frôlent ici la perfection.

Et pour pimenter le refrain, elle a recours à un zeste d’espagnol (NDR : la vidéo a été tournée dans le métro).

« Leave » est une chanson qu’elle a écrite, seule, lorsqu’elle était dans le creux de la vague. Elle était alors en la compagnie de Carla et de Joëlle. Leur présence l'avait incitée à de nouveau composer.

"Good vibes" traduit le désir de ne plus accepter que les ‘bonnes vibrations’… et ‘bye bye’ les relations toxiques.

Tout en harmonie vocale, « Flavour », titre maître du premier Ep, est sculpté dans le funk. Halehan vient épauler Marylou au chant pour un petit dessert au chocolat : un « Brownie ».

Marylène signale que « Resistentia » raconte l’histoire d’un combat de réfugiés et parle notamment de son papa chilien qui a fui le régime du Général Pinochet. Le morceau est interprété en anglais et en espagnol. Et plusieurs amis montent sur les planches pour participer à un magnifique chœur gospel a cappella.

Une seule reprise : le « Little Things » de Jorjja Smith.

Et elle clôt ce superbe concert par « You shine », avant d’accorder en rappel, « Express your shape »

Marylène n’est plus inscrite au barreau de Bruxelles, mais elle continue sa lutte à travers ses chansons. Elle a plusieurs cordes à son arc puisqu’elle chante dans d’autres groupes de jazz, se produisant régulièrement à Music Village…

Setlist : « Chaos », « Lish », « Good Vibes », « Flavour », « It’s Not Gonna Work », « Heartbeath », « Not In My Name », « Leave », « Brownie », « It’s Not Too Late », « Resistentia », « Talker », « Little Things » (cover), « You Shine ».

Rappel : « Express Your Shape »

Rappel : « Your Shape » 

(Crédit photo : Olivier Smeeters)

(Organisation : Botanique) 

Les Tops de l’année 2024

Écrit par

Vous trouverez ci-dessous les différents ‘Tops’ confectionnés par les différents collaborateurs de Musiczine. Au fil des semaines et jusque fin janvier, ce bilan s’enrichira des avis de celles et ceux (rédacteurs et photographes) qui ne se sont pas encore prononcés à ce sujet

L’émission Inaudible du 8 janvier 2025 sera consacrée aux albums qu’elle a plébiscités pour l’année 2024.

RQC - 95 FM - DAB + 12 B - Radioplayer - www.rqc.be - podcasts : ACAST - Spotify - Deezer

(Facebook Inaudible)

En attendant, toute l’équipe vous présente ses meilleurs vœux musicaux pour l’année 2024.

 

Sébastien Leclercq

Top 5 concerts

(A band called) E  -Witloof bar Bruxelles

Viagra boys - InMusic Zagreb

Amyl and The Sniffers - Ancienne Belgique Bruxelles

Einstürzende Neubauten - De Roma Antwerpen

Fontaines DC - 3Arena Dublin

Top 10 albums

Amyl and the Sniffers - Cartoon Darkness

Arab Strap - I'm Totally Fine With It Don't Give a Fuck Anymore

Nick Cave & the Bad Seeds - Wild God

Yard Act - Where's My Utopia ?

Françoiz Breut - Vif !

Kim Deal - Nobody Loves You More

Porridge Radio - Clouds in the Sky They Will Always Be There for Me

St. Vincent - All Born Screaming

Crack cloud - Red Mile

Dominique A - Quelques lumières

 

Philippe Bauwens (Blackmarquis)

Top 30 albums

1. John Maus - Rarities For The Road (v1 & 2)

2. And Also The Trees - Mother-of-Pearl Moon

3. Beth Gibbons - Lives Outgrown

4. Chelsea Wolfe - She Reaches Out To She Reaches Out To She

5. Сруб (Srub) - Дни урожая (Days of Harvest)

6. The Cure - Songs of A Lost World

7. Kim Gordon - The Collective

8. Zanias - Ecdysis

9. The Chameleons - Tomorrow Remember Yesterday

10. Sylvaine - Eg Er Framand

11. Fontaines D.C. - Romance

12. Idles - Tangk

13. Eivør - Enn

14. Regan & Bricheno - Apparitions

15. Houses of Heaven - Within/Without
 
16. Sacred Skin - Born in Fire

17. Legowelt - A Field Guide to the Void

18. Lescop - Rêve Parti

19. Trent Reznor & Atticus Ross - Challengers (BO)

20. Gesaffelstein - Gamma

21. Broadcast - Spell Blanket (Collected Demos)

22. Molchat Doma - Belaya Polosa

23. The Radicant - We Ascend

24. Einstürzende Neubauten - Rampen

25. Nick Cave - Wild God

26. Underworld - Strawberry Hotel

27. MGMT - Loss of Life

28. TR/ST - Performance

29. Red Lorry Yellow Lorry - Driving Black

30. Alcest - Les Chants de l'Aurore

Top Albums/Eps Belgique

1. Catherine Graindorge - Songs for the Dead

2. Whispering Sons - The Great Calm

3. Eosine - Liminal

4. Double Darkness - City Scars

5. Der Mord - Northern Skies

6. Marc De Backer (Mongolito) - Self-Destruction

7. Ultra Sunn - Us

8. Thot - Delta

9. Moyen - MOYEN : Laurent1980

10. Aziza - Haouaz Gun EP

11. Turquoise - Avant Demain

12. The Names - Volume

13. Warhaus - Karaoke Moon

14. Sylvie Kreusch - Comic Trip

15. Mélanie Isaac - En Attendant Nico

M-xcloud Waves

 

Didier Deroissart

Top 10 concerts 2024 (groupes et artistes internationaux)

Soweto Gospel Choir - Cirque Royal - 23/11/2024

The Last Dinner Party - Cirque Royal - 28/10/2024

Seasick Steve - Ancienne Belgique - 23/10/2024

Joe Jackson - Cirque Royal - 22/09/2024

BlackBerry Smoke - Ancienne Belgique - 15/09/2024

Lauren Daigle - Ancienne Belgique - 08/07/2024

Billy Talent-Ancienne - Belgique - 03/06/2024

Elbow - Cirque Royal - 10/09/2024

MC Solaar - Ancienne Belgique - 25/04/2024

Hollow Coves - Ancienne Belgique - 13/04/2024

Top 5 Concerts (groupes et artistes belges)

Julie Rains - Théâtre Marni - 13/09/2024

Portland - Cirque Royal - 14/11/2024

Puggy - Ancienne Belgique - 28/09/2024

Ada Oda - AB Club - 14/02/2024

Mingawash - La Verrerie - 05/09/2024

Top 5 Albums 2024 :

Julien Doré - Imposteur

Angus & Julia Stone - Cape Forestier

The Black Keys - Ohio Players

Joe BeL- Family Tree

Liam Gallagher & John Squire - Liam Gallagher & John Squire

 

Ludovic Vandenweghege

Top 5 concerts

Sprints - L’Aéro Club Lille (FR)

Crows - L’Aéro Club f Lille (FR)

The Smile - Forest National (BE)

Slowdive - L’Aéronef Lille (FR)

Folly Group - Les Nuits Botanique (BE)

Top 10 albums

Girl and Girl - Call A Doctor

DEADLETTER - Hysterical Strength

Bibi Club - Feu de garde

The Smile - Cutouts

Crows - Reason Enough

SPRINTS - Letter to Self

Fontaines D.C. - Romance

Bright Eyes - Five Dive, All Threes

The Cure - Songs Of A Lost World

Morgan Harper-Jones - Up To the Glas

 

Guy Dagnies

Top albums 2024

Painted Vein - Dripping Only Black - 15/11/2024

Darksoft – Relativism - 31/05/2024

Mo Dotti - Opaque - 20/09/2024

Ghost Frog - Galactic Mini Golf - 5/11/2024

Sun Mahshene - A Place We've Never Been - 23/08/2024

A Shoreline Dream - Whitelined - 19/007/2024

Purs - Surr - 17/07/2024

So Totally - Double Your Relaxation - 17/05/2024

Supercaan - A Tiger Walks The Streets - 04/2024

Third Sound - Most Perfect Solitude – 26/04/2024

Deadletter - Hysterical Strengh - 13/09/2024

Crows - Reason Enough - 27/09/2024

Fontaine DC - Romance - 23/08/2024

Black Doldrums - In Limerence - 18/10/2024

Diffident Daffodils - Indifferent - 6/12/2024

 

Romain Ballez

Top 10 albums

 Julie Christmas - Ridiculous And Full Of Blood

 Dvne - Voidkind

 Múr - Múr

 Oranssi Pazuzu - Muuntautuja

 Ulcerate - Cutting The Throat Of God

Chat Pile - Cool World

Chelsea Wolfe - She Reaches Out To She Reaches Out To She

Insect Ark - Raw Blood Singing

Hippotraktor - Stasis

Thou - Umbilical

Top 10 concerts

Julie Christmas - Hellfest

The Ocean - Pelagic Fest

Botch - Botanique

Amenra - Paradiso

Opeth - 13 Poppodium Tilburg

Pothamus - Motocultor

Barones - Motocultor

Five The Hierophant - Soulcrusher

Russian Circles - Desertfest Antwerp

Chelsea Wolfe - Trix

 

Bernard Roisin

Top 10 albums

The Black Keys - Ohio Players

Kim Deal - Nobody Loves You More

Kaiser Chiefs - Kaiser Chiefs' Easy Eighth Album

Richard Hadley - In This City They Call You Love

Grandaddy – Blue Wav

J Mascis - What Do We Do Now

The Smile – Wall of eyes

Jesus And Mary Chain – Glasgow Eyes

Primal Scream - Come Ahead

St. Vincent - All Born Screaming

 

Bernard Dagnies

Top 25 albums

Deadletter - Hysterical Strengh - 13/09/2024

Crows - Reason Enough - 27/09/2024

Bibi Club - Feu de garde

Feeling Figures - Everything Around You

Wishy - Triple Seven

Gift - Illuminator

Jack White - No name

Thus Love - All plesure

Trauma Ray - Chameleon

Clarence - Smudge

Third Sound - Most perfect solitude

Bodega Our brand could be yr life

Omni - Souvenir 

Black Market Karma - Wobble

Topsy Turvy - Butt sore

Black Doldrums - In limerence

Orbiter - Distorted folklore

High Vis - Guided tour

Helluvah - Fire Architecture

Bryan’s Magic Tears - Smoke and mirrors

Fontaines DC - Romance

Silverbacks - Easy Being A Winner

The Jesus and Mary Chain - Glasgow Eyes

And Also The Trees - Mother-of-Pearl Moon

JuJu - Apocalypse Is God’s Spoiler

Top 5 albums Belgique

Delwood - Dis-location

Dead High Wire - Wasteland shadows

Green Crow Collective - Hard drive error

Lovelorn Dolls - Deadtime stories

Itches - Two flies in one clap

Top 3 Concerts

Sprints - Aéronef, Lille

Crows - Aéronef, Lille

Slowdive - Aéronef, Lille

 

Et pour la rédaction néerlandophone, c'est ici

 

CocoRosie

Les petits souhaits mortels de CocoRosie…

CocoRosie, le duo de sœurs composé de Bianca et Sierra Casady, vient d’annoncer la sortie de son huitième elpee studio, « Little Death Wishes », qui paraîtra le 28 mars chez Joyful Noise. Outre l'album et l'annonce de la prochaine tournée européenne, elles partagent « Cut Stitch Scar », le deuxième single et clip de l'opus.

Lorsqu'un chapitre de la vie s'achève et qu'un autre s'ouvre à tâtons, on entre dans la nuit noire de l'âme. C'est exactement là que se trouvent les frangines Casady dans leur chanson la plus existentialiste et la plus en recherche de de sens, à ce jour. Écrite alors que Bianca était en proie à un chagrin d'amour, « Cut Stitch Scar » reflète les faux départs du chagrin alors que la chanson oscille entre l'éparpillement et la densité. À propos du single, elles expliquent : ‘« Cut Stitch Scar »  touche le cœur même de notre égarement universel et la nature précaire et précieuse de l'être humain’.

Depuis un peu plus de vingt ans, Bianca et Sierra ont transformé l'amour, les difficultés et l'extase de la sororité en une musique parmi les plus audacieuses et les plus follement originales que notre culture de plus en plus aseptisée ait connues. CocoRosie a toujours été un projet à l'avant-garde de la musique, influençant d'innombrables musiciens. Par-dessus tout, le duo a été le vecteur d'une irrépressible réalisation artistique.

« Little Death Wishes » est aussi ouvert et tendre que tout ce que les deux sœurs n’ont jamais créé. Les chansons racontent une histoire kaléidoscopique sur les difficultés générationnelles des femmes, les réalités brisées de leurs vies ainsi que la nature précaire et précieuse de l'être humain.

Le huitième long playing de CocoRosie existe dans son propre lexique musical. En effet, il s’agit d’un riche bricolage de signifiants de la culture pop dépoussiérés que les sœurs contorsionnent dans leur propre sens de la temporalité. Contribuant à l'avant-garde tout en restant à l'écart des tendances contemporaines, il collecte des détritus musicaux d'autres époques, qu'elles transforment en leurs propres créations baroques et théâtralisées.

Le clip consacré à « Cut Stitch Scar » est disponible

 

Guy Verlinde & Tom Eylenbosch

Un album de blues acoustique pour Guy Verlinde et Tom Eylenbosch…

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Guy Verlinde a sorti un nouvel elpee, ce 6 janvier 2025. Intitulé « Promised Land Blues », il a enregistré en compagnie de Tom Eylenbosch. Au fil des années, ils ont développé un son unique à travers leurs chansons de blues narratives, un son qui résonne profondément auprès du public du style en Belgique et au-delà, profondément enraciné dans la tradition, mais qui ose également explorer de nouvelles voies musicales.

En 2024 Guy Verlinde et Tom Eylenbosch ont été récompensés par le Belgian Blues Award du ‘Meilleur Duo’. Cette reconnaissance est un moment important dans leur parcours musical. Leur collaboration a débuté au cœur de la scène blues gantoise, où ils se sont rapidement distingués par leur performance puissante et leur mélange de blues, roots, americana et bluegrass.

Chaque chanson de cet opus reflète leur passion commune pour le genre. Dans la guitare et le chant de Guy, vous pouvez entendre l'esprit des grands du blues, tout en introduisant des éléments frais et contemporains. Le piano et le banjo de Tom forment le contrepoint parfait avec lequel il colore musicalement chaque chanson. Sur cet LP figure un mélange de nouvelles chansons socialement critiques et engagées, telles que « Tears Over Gaza » et « World Goin' Wrong », outre les joyaux traditionnels tels que « You Gotta Move » et « A Worried Man Blues ».

 Certaines compos coomme « Heaven Inside My Head », « Do That Boogie », « Reckonin' Blues », « Gotta Let Go », « I've Got You » et « Pursuit of Happiness » sont devenues les préférées du public lors des concerts. Bien que sortis plus tôt, ils ont reçu un nouvel arrangement acoustique sur ce long playing. Aucun album ne serait complet sans un titre de Tiny Legs Tim et « Hard to Admit » rend un hommage sincère à leur cher ami, décédé il y a quelque temps.

La vidéo du clip « Do That Boogie » est à voir et écouter

 

Léo Benmass

Les ‘Origins’ de Léo Benmass…

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Léo Benmass dévoile son très attendu premier album « Origins » chez Rock'n'Hall / Dixiefrog. Après de nombreux concerts, le bluesman lyonnais impose sa voix unique, son charisme et son style de guitare très personnel tout au long d’un disque qui recèle huit titres dont des reprises bien senties comme « Riders On The Storm » des Doors ou une version hommage inoubliable du « Voodoo Child » de Jimi Hendrix, influence revendiquée et manifeste du guitariste. Léo est en trio avec le drummer Arnaud Liatard et Martin ‘Blues’ Cortel à basse. Il a su s'imposer sur le circuit blues grâce à son feeling et son authenticité qui lui ont taillé une belle réputation scénique. Après « See My Troubles », on découvre « Origins », le morceau phare de l'opus.

Auteur-compositeur ce bluesman se distingue par sa voix chaude, puissante et voilée, qui capte l’âme de ses influences, des légendes du genre telles que Muddy Waters et Stevie Ray Vaughan. Sur les planches, accompagné de son band, il crée une atmosphère électrique où son jeu de guitare sincère et percutant se marie parfaitement avec le rythme incisif et groovy de ses musiciens.

 « Origins », son tout premier elpee, lui ouvre une nouvelle et belle route et lui promet un horizon résolument rock'n'roll.

Le clip d’« Origins » est disponible ici

et de« See My Troubles » est en écoute

 

Stick To Your Guns

Crowdsurfing, stagediving, headbangings, pogos et circle pits à gogo…

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Ce soir, votre serviteur va assister à son premier concert de 2025, une soirée metalcore ponctuée par les vétérans américains du genre, Stick To Your Guns, qui compte 20 ans d’existence. Il a emporté dans ses bagages, plusieurs supporting acts, dont les formations étasuniennes No Cure et Bodysnatcher ainsi que le groupe teuton, Elwood Stray. Presque sold out, la salle est bien remplie et le public plus qu’enthousiaste. Une belle soirée en perspective.

Début des hostilités à 18h45 précise. Originaire de Birmingham, dans l’Alabama, No Cure pratique un mélange de metalcore, de hardcore et de death metal. Fondé en 2021, il réunit le chanteur Blaythe Steuer, le bassiste Jake Murnane (NDR : pour l’anecdote, ils avaient tous les deux étés poignardés, à la fin d’un concert, en intervenant dans une bagarre ; mais les blessures n’étaient que légères), les guitaristes Aesop Mongo et Kyle Ray ainsi que le drummer Duncan Newey.

« Forced Coagulation », une plage extraite du second et dernier elpee, « I Hope I Die Here », paru en 2024, ouvre la prestation. Instantanément, les pogps endiablés et les headbangings se déclenchent dans la fosse. La seslist inclut de nombreux morceaux issus de cet opus, dont le public connaît déjà les paroles.

En perpétuel mouvement, les gratteurs libèrent une bonne dose d’électricité. Lorsque Blaythe ôte sa capuche et ses lunettes, c’est pour faire tourner sa longue crinière et se lancer dans un screaming aux paroles incompréhensibles. Lors du titre final, « No Cure Straight Edge Die Slow Fuck You », de nombreux fans tentent d’escalader les barrières, mais le personnel de sécurité veille au grain. Bonne prestation toute en énergie… (page ‘Artistes’ ici).

Setlist : « Forced Coagulation », « Embrace Death », « Laceration Divine », « Don't Need Your Help », « The Final Truth », « Hang Me From The Bible Belt », « Your Children Will Drown In The Burning River », « The Basement Beneath The Fountain », « Parasite (TWO SHOTS) », « No Cure Straight Edge Die Slow Fuck You ».

Après un changement très rapide de matos, place au combo allemand, Elwood Stray. Et la salle est déjà bien remplie lorsque le quintet grimpe sur le podium.

Le drummer possède une excellente technique. En compagnie du bassiste, il forme une solide section rythmique. Et les deux sixcordistes nous réservent des interventions de haut vol. Les parties de chant clair incitent l’auditoire à reprendre les refrains, en chœur.

La fusion unique de metalcore moderne et de hardcore classique, s’apparente davantage au punk qu’au metal, mais enflamme l’auditoire et la maintient en mouvement. Au fil du show, les circles pits s’agrandissent et occupent pratiquement la moitié de la fosse surchauffée. Drôle de coïncidence, mais le titre « No Cure » figure sur la setlist, une » compo caractérisée par de beaux riffs de guitare rappelant While She Sleeps. « Free Falling » lance l’exercice du plus grand nombre de crowdsurfeurs. L’enthousiasme que génère le groupe n’a d’égal que la timidité du public à effectuer des plongeons depuis l’estrade vers la fosse. Le concert s’achève par le fameux « Uncertain Me », au cours duquel le chanteur invite la foule à s’accroupir avant que tout le monde ne bondisse dans tous les sens. Faut dire que, très interactif, il parle un anglais parfait et focalise facilement l’attention des spectateurs.

Elwood Stray a libéré une telle énergie communicative que la barre a été mise très barre haute pour le reste du concert. Un band qui ne fera pas longtemps les petites salles. A revoir d’urgence… (page ‘Artistes’ )

Setlist : « Misery Business » (Paramore song) (enregistré) », « Evolve », « Playing Along », « Trespass », « No Cure », « Free Falling », « Negative »,  

Bodysnatcher embraie. Un quatuor floridien dont le deathcore est susceptible de vous décoller les tympans. Bruts, sévères et lourds, les morceaux remuent les tripes mais sont d’une clarté très appréciable. Le son qu’offre l’Ancienne Belgique est digne de sa réputation, ce qui met parfaitement en valeur les compositions du combo. Kyle Medina, le chanteur, arpente la scène en secouant la tête dans tous les sens et tente à plusieurs reprises de susciter des crowdsurfings. Mais le public préfère se déchainer dans un pit endiablé. La setlist privilégie des extraits de l’Ep 6 titres, « Vile Conduct », paru l’an dernier.

Bodysnatcher nous a réservé un grand moment de hardcore. Point d’orgue de la prestation, « Murder8 » nous parle de personnes disparues, victimes de la drogue (page ‘Artistes’ ici).

Setlist : « E.D.A. », « Behind The Crowd », « Take Me To Hell », « Infested », « Twelve/Seventeen », « Ego Killer », « Black Of My Eyes », « Murder8 », « Say Goodbye », « King Of The Rats ».

Les trois hors d’œuvre ont réussi à faire monter progressivement l’ambiance. La fosse est bouillante comme un chaudron et est prête à accueillir la tête d’affiche, Stick To Your Guns.

La salle est plongée dans l’obscurité, alors que « Take On Me » de A-Ha est diffusé dans les enceintes. Le tube norvégien cède ensuite le relais aux accords de « Against Them All », composition qui clôture habituellement les concerts du groupe californien. Un contrepied bien senti pour entamer le show. Le band est venu défendre son dernier opus, « Keep Planting Flowers », sorti ce 15 janvier, trois ans après « Spectre ». D’ailleurs la pochette de l’elpee est représentée sur une toile tendue en arrière-plan.

Stick To Your Guns donne tout ce qu’il a dans le ventre pour un public gonflé à bloc. Dans la fosse, c’est stagediving et crowdsurfing à gogo. La salle est quasi-pleine, et la foule, survoltée, ne rate pas une seule occasion de chanter à pleins poumons.  La plage d’ouverture du dernier long playing, « We All Die Anyway », a un petit air de « Hard Time » de Cro Mags.

Au cours du show, un des guitaristes se lance dans un crowdsurfing et l’autre prend le micro des mains du chanteur pour permettre à ce dernier de s’exécuter à son tour.

Lorsque des riffs saccadés créent une belle ligne mélodique, c’est pour mettre en exergue les paroles.   

En fin de set, un illuminé allume un feu de Bengale ou un engin pyrotechnique, qu’importe ; mas il le jette sur le sol et une grosse fumée noire commence à s’élever. Heureusement, le personnel de la sécurité intervient et éteint le foyer. Ce qui a quand même déclenché une grosse panique lors du dernier morceau, « Nobody ».

Au bout de 50 minutes, le concert prend donc fin. Un peu court mais excellent !

Setlist : « Against Them All », « Severed Forever », « Such Pain », « What Choice Did You Give Us ? », « More Than A Witness », « Amber », « We Still Believe », « Invisible Rain », « What Goes Around », « Nothing You Can Do To Me », « Keep Planting Flowers », « We All Die Anyway », « Spineless », « Married To The Noise », « Nobody ».

(Organisation : Live nation et Ancienne Belgique)

Front 242

Clap de fin pour un groupe mythique…

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Annoncées un an à l’avance, et sold-out en 10 minutes, les trois soirées d’adieu à l’un des plus grands groupes belges (et sans doute le plus mythique) ont donc été programmés à l’Ancienne Belgique, ces 23, 24 et 25 janvier 2025. Logiquement, car c’est le fief du quatuor bruxellois qui y a notamment fêté ses 40 ans d’existence, en juillet 2022. Refusant également de se produire dans des salles plus grandes. Récit de la première de ces trois concerts d’adieu, empreints de bonne humeur mais aussi d’une émotion sincère, tant dans le public qu’au sein des membres de la formation.

La soirée débute très tôt pour la poignée de journalistes invitée par l’AB, et son nouveau partenaire, la brasserie Haacht. Au menu, une visite des coulisses de l’AB, un bref historique, des anecdotes et une rencontre des deux CEO. Le nouveau partenaire louvaniste semble avoir été préféré à l’ancien géant AB Inbev, vu son ancrage local (NDR : la brasserie n’est qu’à 22 km du centre bruxellois, sur la route vers Louvain) et d’autre part, ses valeurs. Ainsi qu’une volonté de disposer d’un ‘music café’ (Haacht en possède déjà deux, liés à sa marque, à Gand et Maastricht). L’AB café, après avoir connu différentes réorganisations, va donc rouvrir prochainement, doté d’une terrasse et d’un rooftop. Un lien plus proche de la salle et des heures d’ouverture plus longues sont dans le pipeline. On y apprend également que soixante personnes (dont 14 rien que pour la sécurité) seront réquisitionnées chaque soir de concert. Ou le déploiement d’une nouvelle logistique dont quatre grosses cuves d’une capacité de 4.000 litres de bières (prévus pour les 3 jours, les chiffres s’élevant à 1.400 litres lors d’un concert de métal). Le début des festivités, pour les hôtes, s’ouvre par une dégustation. A côté de sa marque phare Primus, la brasserie a développé sa gamme Super 8 (NDR : lisez ‘Acht’ en néerlandais, un jeu de mot(s) avec Haacht), dont une blanche au goût un peu épicé qui devrait plaire à notre rédacteur en chef.

Mais transitons de l’aspect marketing au côté musical. En ayant conscience que Front 242 s’est sans doute aussi bien exporté que les bières belges. Une notoriété noir-jaune-rouge jamais égalée. Que ce soit aux USA, en Amérique du Sud, en Allemagne ou encore dans les pays de l’Est. Et ce, sans compromission auprès des labels majors. Une forme d’intégrité jamais prise en défaut. Tout en devenant le fer de lance de l’EBM (NDR : l’Electro Body Music et un breuvage issu des anciens fûts de punk et post-punk ; un brassage précurseur, du début des 80’s, de la new-wave, de l’indus, de l’électro et même plus tard de la techno sous son aspect le plus dansant). Ajoutez-y une image et un graphisme imaginés par des membres du combo (professionnels dans le domaine, davantage que dans la musique encore). Ou encore un look (uniformes militaires) et un patronyme sulfureux qui leur a prêté à tort, un lien avec l’extrême-droite (Joy Division, New Order ou plus récemment les Slovènes de Laibach ont également provoqué des réactions similaires, mais ils les ont démenties formellement). Un marketing, tout comme une présence scénique au cours de concerts réguliers mais sans outrance. Ce qui explique pourquoi, il n’est jamais tombé dans l’oubli. Et ce, malgré le peu d’elpees sortis, et l’absence de nouvelles actualités musicales depuis plus de 30 ans. Ce qui permet d’affirmer que Front 242 est et restera un groupe mythique.

Dès 21h, le décor sombre et sobre est planté : deux micros au centre, une mini-batterie à gauche, le clavier à droite. Le logo sur le fond d’écran, le public vêtu de noir et/ou dont les fringues arborent l’effigie du band (encore que le noyau dur se retrouve rapidement torse-nu).

Une vidéo digne d’Anton Corbijn (qui a notamment contribué au succès de la formation grâce à son clip consacré à « Headhunter »), défile. On y voit les musicos sur une plage déserte du littoral belge s’avancer vers le public.  Et l’ambiance démarre au quart de tour dès le tube « W.Y.H.I.W.Y.G » auquel s’enchaînent, sans temps mort, des titres phares comme « Moldavia », « Body to Body », « Don't Crash », « U-Men » ou encore « No Shuffle », dont le final déclenche un premier moment de grande émotion. Pendant une bonne minute les musiciens interrompent le show et se penchent vers la foule pour recevoir les ovations. Comme d’habitude Jean-Luc reste en retrait mais ne semble pas moins touché par ces marques de reconnaissance. Alors, davantage en avant, il remercie le public dans toutes les langues.

Le concert repart de plus belle par « Soul manager » puis, entre autres, « Funkahdafi », « Tragedy for you » ou encore « Welcome to paradise » avant un court rappel. Lors du retour sur les planches, le public hurle à nouveau sa joie, et c’est le judicieux « Happiness » puis l’inévitable « Headhunter » qui ponctuent le set. Caractérisé par ce refrain repris en chœur par l’auditoire ‘One, you lock the target. Two, you bait the line. Three, you slowly spread the net. And four, you catch the man’, ce véritable hymne aurait sa place dans un grand stade de foot, comme l’a été le « Seven Nation » de White Stripes.

Il fallait s’y attendre la soirée a été intense, le show en forme de best-of, sans répit, comme si Front 242 voulait optimiser les 90 minutes accordées par l’organisation (NDR : les concerts à l’AB doivent toujours se terminer, au plus tard, à 22h30). Cependant, on imagine que l’ambiance montera encore d’un cran lors des deux dernières soirées (surtout celle du samedi). La date de ce soir ne s’était ajoutée que par la suite. Et alors que les plus grands fans, via une prévente prioritaire, s’étaient déjà rués sur les tickets du vendredi et samedi.

Pour être complet, il convient d’ajouter que Daniel Myer assurait le supporting act. Producteur, l’Allemand a notamment remixé Front 242, Depeche Mode, Covenant et plus récemment Eisbrecher. Sans oublier Front Line Assembly en compagnie duquel il a tourné. Tout comme Skinny Puppy ou Nitzer Ebb, d’autres figures du genre dont il a assuré la première partie. Seul sur le podium il a chauffé la salle, guère avare de commentaires et d’anecdotes sur son long parcours, accompli depuis la Hongrie vers l’Allemagne, en épinglant, notamment, l’achat de sa première cassette audio, « Some great reward » de Depeche Mode.

Photos Kristof Acke ici

(Organisation : Ancienne Belgique)

Mustii

The Maze

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Agé seulement de 34 ans, Mustii traîne déjà une belle carrière derrière lui, multipliant les rôles au cinéma, au théâtre et dans les séries télévisées.

Après avoir rencontré un joli succès d’estime et critique lors d’un premier essai à dominante électro-pop, intitulé « 21st Century Boy », l’artiste s’est ensuite enveloppé dans un son plus électrique confortable tout au long d’« It’s Happening Now », un opus tramé sur fond de drame familial.

Trois ans plus tard, il revient en force en gravant un troisième opus sauvage, brut de décoffrage, mais d’une indéniable qualité.

Nettement plus torturé aussi, « The Maze » constitue le fruit d'un parcours initiatique long et difficile, induit par l’échec cuisant de sa prestation réalisée dans le cadre de l’Eurovision de la chanson, en 2024, au cours duquel il avait interprété « Before The Party’s Over »

Véritable laboratoire musical, cet LP serpente au sein du labyrinthe de la vie du jeune homme, empruntant au passage des directions artistiques très éclectiques entre post-punk, glam rock, pop ou encore électro.

Le pari est osé, mais globalement réussi, Mustii évitant le cloisonnement stylistique.

Il y a aussi ces références aux années 80 et notamment à Pet Shop Boys et Culture Club, Thomas assumant aujourd’hui pleinement son genre ‘queer’, depuis son adhésion à la communauté LGBTQIA+, il y a quelques années déjà.

Thomas Mustin, à l’état-civil, signe ici son œuvre la plus personnelle. Il y parle de lui-même, sans fard, tout en soulevant ses zones d’ombre, ses excès et ses addictions ; une soirée de fête qui n’en finit pas, de la pré-party à l’afterparty, servant de fil conducteur.

 

« The Maze » est énigmatique, sulfureux et d’une richesse musicale et artistique à couper le souffle. Un album clair-obscur, qui réussit le grand-écart entre l’amour, la colère (« Silly Boys ») ou encore la solitude (« Massive Love Infection »).

Si Mustii s’est préparé un terreau fertile pour le live, la scène constituant sa véritable vocation, il affiche fièrement une posture de dramaturge qu’on lui connaît fort bien. Pour le meilleur, pas pour le pire.

Et si la nuit est bien présente, le côté solaire l’emporte… toujours !

 

 

Destroyer

Le boogie de Dan Bejar

Destroyer publiera son nouvel elpee, « Dan's Boogie », le 28 mars 2025. L'annonce est accompagnée d'un clip réalisé par David Galloway pour le single « Bologna (feat. Fiver) ».

« Bologna » est un recadrage radical du milieu Destroyer. Il s’agit de la première chanson que Bejar a écrite pour le groupe, dans laquelle il s'imagine comme un personnage secondaire. Il fonctionne comme un commentaire en coulisses de l'action principale de la chanson, piégé dans la salle verte miteuse de la pochette de Dan's Boogie, tandis que Simone Schmidt de Fiver agit comme une personne en cavale. La voix de Schmidt, dure et expressive, perce à travers le brouillard de la scène.

Bejar déclare : ‘Je n'ai pas écrit beaucoup de chansons comme « Bologna ». J'ai eu du mal à chanter le premier et troisième couplet, les parties les plus importantes de la chanson. Elles avaient besoin de gravité et de cran. La menace de disparaître devait être réelle. J'ai donc appelé Simone.’

« Dan's Boogie » est un album révolutionnaire pour Destroyer. A cause des chansons qui couvrent le vaste spectre que lui et ses collaborateurs ont établi pour eux-mêmes : des épopées pop à grand spectacle, des ballades personnelles au piano, et des œuvres d'humeur brûlantes qui brouillent les lignes entre la compo, le roman et le cinéma.

Le clip consacré à « Bologna » est disponible ici

 

 

Monteceneri

L’appel du vide de Monteceneri…

Monteceneri est un groupe milanais qui s'est formé en 2019. Sa formule musicale provient d'une fusion de paramètres post-rock et de sons électroniques. Un mélange dans lequel ils déversent toutes les influences les plus proches dans le but de ne pas s'enfermer dans une zone de confort. Après la sortie en 2021 des singles « Evo », « Heimweh » et « Plan O », le groupe est de retour en 2025 avec l'Ep « Due », enregistré et mixé par Ruggero Catania et masterisé par Mauro Andreolli au studio Das Ende der Dinge. Il sortira le 24 janvier 2025.

Il vient de publier un clip vidéo réalisé et édité par Marec pour « Call of the Void », le titre d'ouverture de l'Ep.

La formation a composé « Call of the Void », immédiatement après le lockdown de 2020, lorsque toute référence à ce qu'avaient les vies des musicos et leur quotidien semblait (ou peut-être était) définitivement changée pour être aspirée dans un vortex dystopique insaisissable. Lorsque le band a présenté le morceau à Marec, leur réalisateur de clips, il lui a donné carte blanche en lui demandant simplement de s'inspirer des sons en laissant libre cours à son imagination.

‘Ce n'est pas la première fois que je collabore avec Monteceneri’, commente Marec. ‘Ses chansons, caractérisées par des tempos longs et profonds, m'offrent la possibilité d'explorer et de créer de petits courts métrages qui se transforment en véritables voyages musicaux. Pour « Call of the Void », nous avons pris le temps de rendre hommage à l'immense souffle de sa musique’.

Pour découvrir la vidéo de « Call of the Void », c’est ici

 

 

Salah Khaïli

Le blues rock de Salah Khaïli…

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Salah Khaïli a sorti son second elpee, « Out Of The Blues », ce 17 janvier 2025. Enregistré en Belgique par le producteur Rudy Coclet (Jet Studio Brussels), ce nouvel album confirme le talent de ce batteur au groove inimitable sur neuf titres naviguant entre blues et rock. Eric D Larsen met en lumière le talent de cet artiste aux multiples facettes : batteur, auteur, compositeur, interprète et producteur.

Né à Saintes, il s’installe à Paris en 1990 pour matérialiser ses aspirations artistiques. Dans un premier temps, ce batteur à la technique impressionnante expérimente un vaste spectre de styles qui oscille du jazz au blues en passant par la soul et la world.

Depuis ses débuts, son appétit insatiable de rythmes et d'échanges l'amène à se produire en concert sans répit, autant dans de prestigieux festivals que dans des salles de spectacles ou dans les émissions de télé et de radio. On a pu le découvrir aux côtés d'artistes comme Etienne Daho, Elli Medeiros, Tchéky Karyo, Axel Bauer, Sapho, Lucky Peterson, Richard Bona et bien d'autres…

Au chant, Eric D Larsen pose sa voix et impose son charisme avec justesse et sûreté, accompagné d'Emmanuel Sunee à la basse, de Christophe ‘Tito’r Taddei à la guitare et de Fred Lafage à la réalisation.

Tout au long de cet opus, Salah Khaïli parle de sujets de société qui lui tiennent à cœur comme l'exil et la précarité, maniant parfois l'ironie, sans jamais se départir de sa grande sensibilité.

Issus du long playing, « Dolly », qui évoque le revival fifties telle une renaissance du passé sous des formes nouvelles, et « No Borders », ont été clippés

Le premier titre est disponible ici et le second,

 

 

 

Aline Chevalier

Aline Chevalier a le coeur léger…

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Née en Normandie, c'est à Nantes qu'Aline Chevalier a grandi : trop de pluie et de mélancolie ! Un vieux piano échoué dans le salon de famille devient très tôt son jouet et passe-temps favori. Pas mieux pour chasser ‘les monstres de l'enfance avec assurance’ et s’ouvrir au monde des songes, aux chansons de Barbara et aux sièges en skaï des salles de cinéma.

Elle fait du théâtre, un peu de cirque, chante et part sur les routes d’Europe avec son piano à roulettes. De ces évasions, Aline Chevalier crée son pays des merveilles en composant des chansons. Poèmes et chansons l'ont affranchie, ceux qu'elle a écrits, ceux qu'on lui a murmurés.  Ainsi, de sa voix feutrée, elle vient à son tour vous ravir en amie. À mi-mots…

« Satori », son nouvel elpee paru ce 10 janvier 2025, est une confession, une révérence aux ‘affres profondes’ comme lieu infini de beauté, d’exploration et de joie. Entre amours crawlés, plongée papillon et brasse coulée, C’est un enchantement hypnotique et infiniment généreux qui dévoile ses dix facettes. Entre cinéma à la dérive, tendresse en apnée et vent dans les voiles c'est un étrange monde que celui d'Aline Chevalier, magnétique et audacieux.

Ses chansons originales en français aux textes finement ciselés, mêlent instants suspendus en solo au piano et réjouissants duos rythmiques avec Gilles Belouin, vibraphoniste-percussionniste aux multiples couleurs.

Filmée sous l’eau, la vidéo du clip « Cœur Léger », est disponible

 

Bonnie Prince Billy

Il m'a fallu une vie dans la musique pour comprendre comment devenir meilleur acteur…

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Will Oldham a longtemps eu le malin plaisir de changer régulièrement de pseudo (Palace, Palace Brothers, Palace Songs, Palace Music, etc.) ; mais il semble enfin s’être fixé sur celui de Bonnie ‘Prince’ Billy. D’ailleurs, c’est la même signature qu’il a posée sur ses derniers elpees. Artiste imprévisible, il s’entoure souvent de musiciens différents, quand il enregistre un disque, mais il participe aussi régulièrement aux sessions d’autres musicos.

Pour son dernier opus, « The purple bird », il a reçu le concours de ses amis, mais aussi quelques-uns de ses héros. Le long playing a été mis en forme par le producteur de Nashville, David Ferguson, avec qui il s’est lié d’amitié il y a pas mal de temps, lors d’une session consacrée à Johnny Cash. Ferguson a puisé dans son réseau d’amis artistes de Music City, en organisant des jams pour écrire des chansons et en rassemblant une équipe de musiciens de session pour réaliser ce qui allait devenir cet opus.

« The Purple Bird » est impeccablement mis en forme, mais à l’instar d’une compilation, il change constamment de ton, privilégiant le joyeux sur le mélancolique.  

Ainsi la mélodie de « Guns Are For Cowards » est paradoxalement impertinente et optimiste, alors que le thème est tragique.

Cette chanson été ajoutée, car le disque est essentiellement focalisé sur les sept co-écrites. J'y ai inclus quelques compositions personnelles dont « Guns Are For Cowards ». C’est l'une des rares de ma carrière que j'ai écrite en réaction à des événements dont j'ai été témoin ou que l'on m'a rapporté afin d'essayer de comprendre ou de participer plutôt que de me sentir impuissant.

Il y a quelques années, ma femme et moi avions rendez-vous chez le banquier dans le but d'obtenir un prêt. Le rendez-vous a été reporté car il devait se rendre aux funérailles d'un collègue abattu dans une agence du centre-ville de Louisville, dans le Kentucky, par un homme qui est entré et a tiré sur toutes les personnes présentes sur les lieux. Par ailleurs, j'étais censé partager une session avec un ensemble gospel. L’une des formations familiales, les Templeton Singers, a dû reporter la séance parce qu'un de leurs neveux, âgé de 13 ou 14 ans, avait été abattu à un arrêt de bus, alors qu'il se rendait à l'école. Enfin, j'étais censée avoir rendez-vous avec un homme politique local, lequel m'a annoncé qu'un membre de sa famille venait de se faire tirer dessus et qu'il devait le secourir. Je me suis demandé ce qui se passait et ce que je pouvais faire… c'est à dire composer cette chanson. J’ai pensé, je viens du Kentucky, je me rends dans le Tennessee et je vais présenter ce morceau qui remet en question la détention et l'utilisation d'armes à feu, à un groupe d'hommes blancs du Sud, plus âgés. La première personne à qui je l'ai soumise était David Ferguson, producteur de ce disque... le jour de l'enregistrement. Il l'a écouté, s'est tourné vers moi et a dit ‘Will, il n'y a qu'une seule manière de proposer cette chanson, c'est sous forme de polka’. ‘Peu importe ce que tu dis Fergus, pour moi, c'est bien’, ai-je répondu. Ça me convient... parce qu'au départ je ne savais pas ce qu'il allait en penser et où il allait l'emmener. 

« Is My Living in Vain ? » est d'une délicatesse et d'une vulnérabilité qui symbolise votre art.

(Il rit) Oui, je suis d'accord. Et c'est la seule reprise du disque !  Une chanson que j'interprétais seul chez moi ; et j'ai voulu l'intégrer pour équilibrer le disque face à tous les auteurs-compositeurs qui y participent.  Je suis le plus jeune musicien et compositeur de l’album, à l'exception de Brit Taylor et Adam Casey, qui se sont chargés harmonies vocales y compris de celles des choristes. Mais tous les autres sont les hommes blancs plus âgés et du Sud : « Am I Living in vain » a été écrit, à l'époque, par une jeune femme noire qui s’appelait Twinkie Clarke. Elle faisait partie des Clark Sisters de Detroit. Un succès dans le monde du gospel en 1980. Je me suis dit : ‘Eh bien, je ne peux pas faire grand-chose en tant qu’homme judéo-chrétien blanc américain, mais je peux chanter la chanson de quelqu'un d'autre pour essayer de donner un portrait plus complet de ce que j'essaie simplement d'accomplir dans le cadre de mes projets musicaux’.

Vous définissez cet opus comme un disque de ‘Nashville’...

Il s'agit d'un album de ‘Nashville’, à part entière, dans le même processus d'écriture au cours duquel ces personnes s'asseyaient intentionnellement à 10 heures, le mercredi matin, et composaient une chanson en plus de deux heures et demie. Cette façon de procéder est une institution à Nashville que je n'avais jamais expérimenté auparavant. Toute cette ville et ses infrastructures sont imaginées en fonction de ces musiciens de session qui sont comparables à des athlètes olympiques, dans la mesure où en deux jours de travail vous enregistrez en leur compagnie presque tous les éléments de 12 chansons. Comme un athlète olympique, un sprinteur qui en quelques secondes réalise le geste et la course parfaite. J'adore cela car chaque jour, j'avais l'impression d'essayer de rester en forme et de me préparer physiquement et mentalement à faire face à ce genre de défis afin d'être pleinement présent, réactif et à la hauteur de la situation.

Mais tous ces grands chanteurs country célèbres en Amérique et présents sur les albums, sont peu connus de ce côté-ci de l'Atlantique. Ce qui pose également la question de votre popularité aux Etats-Unis et en Europe...

En termes de chiffres, je pense que la taille de l'audience de Bonnie Prince Billy aux États-Unis est similaire à celle de l'Europe. Mais en Amérique, elle est vraiment beaucoup plus marginale et underground. Même si, numériquement, les concerts ont la même taille et la même notoriété, les labels auxquels je suis associé aux États-Unis ne sont pas très notoires, la promotion y est moindre et les spectacles se déroulent dans des petits clubs.

Avez-vous déjà pensé enregistrer un long playing en compagnie de Robert Plant et Alison Krauss, par exemple ?

Fergus est plutôt un bon ami d'Alison Krauss. Et à l'époque où Albini a produit le Page/Plant, il y a une vingtaine d'années, c'était la première fois que j'ai vraiment commencé à penser à Robert Plant, à la fois en tant qu'être humain et merveilleux chanteur. Il chantait très bien sur tous les disques de Zeppelin et par mal sur ceux en solo. Mais sur ce disque, je me suis dit : ‘Waouh, cette personne a vraiment une relation incroyable avec sa voix’. Et je pense que c'était un des talents propres à Steve Albini de faire ressortir l'essence de la voix d'un chanteur, d'en tirer le maximum. Si l'occasion se présentait, je ne la laisserais pas passer. Je pourrais en tant que pair, collaborer avec eux et même essayer, à l'instar d'Albini, de les pousser à réaliser des choses différentes qui conviennent à leurs énormes talents et capacités et les faire sortir leur zone de confort en se convertissant en artistes explorateurs. Mais Robert Plant est un artiste expérimental. La force de Plant et Page dans Led zeppelin était telle qu'ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient, mais faisaient ce qu'ils pensaient devoir être fait. Et grâce à l'incroyable synergie et à l'éclat de leur énergie collective dans Led Zep, c'est devenu quelque chose qui n'existait pas auparavant.

Aux yeux et aux oreilles des d'Européens, la musique country est une sorte de nid ‘trumpiste’

C'est un peu réducteur. 

Je suis conscient que la musique country a le potentiel de résonner et de plaire à une très grande partie de l'humanité parce qu'elle est chantée en anglais. En fait, on accorde davantage d'attention aux paroles que dans toute autre forme de musique populaire.

L'amitié définit-elle votre carrière ?

Oui. La force motrice de mon engagement dans la musique est d'établir des liens plus larges avec les auditeurs, mais de me connecter plus spécifiquement et profondément avec les personnes que j'aimerais côtoyer. Appeler mon ami pour explorer l'interconnectivité et les relations humaines directes à travers… pas seulement des paroles, mais aussi une collaboration active, y compris en compagnie des artistes visuels. Comme Lori Damiano, qui a réalisé la pochette de ce disque. Et c'est une copie du dessin d'enfance de David Ferguson représentant l'Oiseau violet. Ce sont mes amis et je suis aussi leur fan. L'amitié est quelque chose qui a été mystérieuse pour moi, toute ma vie. J'ai beaucoup déménagé quand j'étais enfant, et j'ai toujours expérimenté l'amitié à distance. Et donc c'est une donnée que j'ai presque fétichisé au détriment des relations amoureuses. C'est un processus continu pour essayer de bien comprendre ce qu'est l'amitié et, le fait de savoir si j’en suis capable, parce que c'est ce que je souhaite le plus au monde.

Votre pseudo se réfère à Billy the Kid. Seriez-vous le dernier cow-boy ?

(Il rit) bien sûr. Nous comprenons progressivement et collectivement que l'idée d'un cow-boy est de la foutaise. C’est de la mythologie et une construction. Ainsi, j'ai l'impression d'adhérer à l'idée d'incarner, d'habiter ou de représenter une construction. Comme si elle appartenait à ce qu'est Bonnie Prince Billy...  Nous sommes tous d'accord pour dire que rien n'existe vraiment. C'est pourquoi nous créons des fictions sur lesquelles nous basons notre perception de la réalité juste pour essayer de donner du sens.

Le fait d'être acteur vous a-t-il aidé à devenir chanteur ?

Absolument ! Ce que j'ai finalement ressenti en poursuivant mes études d'acteur, puis ce qui m'a finalement déçu ou insatisfait, c'est qu'il y avait très peu d'acteurs qui utilisaient toute la diversité et les capacités de leur instrument principal : leur voix. Ils peuvent crier et être en colère, mais qu'en est-il de la mélodie et du rythme ? Et souvent, même les dramaturges ne se concentrent pas assez sur le rythme.

J'ai rencontré davantage d'épanouissement dans l'expérience musicale. Et pourtant, il s'agit toujours d'interpréter un texte, de communiquer une expérience humaine à autrui, puis d'utiliser l'expérience humaine de l'autre personne comme caisse de résonance.

A l'inverse, être chanteur vous aide-t-il à être acteur ?

J'aborde l'interprétation d'une chanson, à chaque fois, comme si elle était neuve. J’ai l'impression d'être un nouvel interprète, de me servir des paroles comme d'une simple feuille de route.

Par ailleurs, récemment, interprétant une scène avec Tom Hardy, phénoménal exemple d'un acteur qui explore les confins de ce qu'il accomplit, ce sont les deux heures de jeu les plus enrichissantes que j'aie jamais connue en tant qu'acteur ; comme si absolument tout pouvait arriver. Et à l’issue du tournage, Tom Hardy m'a dit : ‘Je ne sais pas qui tu es, mais j'ai vraiment aimé travailler avec toi’. L'un des plus beaux compliments que je n’ai jamais reçus. La musique me permet d'aborder quelque chose de nouveau à chaque fois avec fraicheur et spontanéité, de faire confiance à l'écriture, d’être prêt pour le travail et de vivre le moment présent. Il m'a fallu une vie dans la musique pour comprendre comment devenir meilleur acteur.

« The purple bird » : 31/01/2025 (Domino / V2)

 

Mogwai

La plupart de la musique écossaise provient de Glasgow…

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La plupart de la musique écossaise provient de Glasgow…

Onzième album pour les Ecossais de Mogwai qui démontrent que leur univers musical est toujours en pleine expansion...

Fondée en 1995, Mogwai est une formation écossaise dont la musique largement instrumentale n’est pas aussi planante que celle de Tangerine Dream, mais s’inscrit plutôt dans la veine pulsante d'un Godspeed You! Black Emperor. Paru en janvier dernier, son nouvel opus, « The Bad Fire » (qui désigne l'enfer en argot écossais) est découpé en dix morceaux, dont quatre chantés (très bien d’ailleurs) aux univers contrastés. Un onzième opus qui démontre que son univers musical est toujours en pleine expansion ; mais aussi rend hommage au shoegazing de Ride et au vocoder, justifie l'indépendance de l'Ecosse et reconnaît l’influence de… la cornemuse… 

Le chanteur/guitariste Stuart Braithwaite s’explique…

Pourquoi entend-t-on un cri à la fin de « Lion Rumpus » ?

C'est Dominic, le bassiste, qui gueule parce qu'il a commis une erreur. Finalement, John Congleton, le producteur, l'a conservé et nous estimions plutôt comique de laisser ce cri sur le disque. Néanmoins, nous n’attribuons pas de titres aux morceaux tant que l'album n'est pas terminé. Bref, il n'a rien à voir avec un rugissement malgré son titre, « Lion Rumpus ».

L'humour est-il un élément important pour vous ?

Nous aimons nous amuser et c'est peut-être la seule façon d'exprimer notre joie à travers notre musique qui est plutôt sérieuse. Mais en fait, nous sommes plutôt stupides et nous aimons bien faire les idiots (rires).

« Fanzine Made of Flesh », par exemple, est empreint de surréalisme…

Oui, c'est ridicule et la réponse l’est tout autant. En fait, ça nous plait tout simplement. Au fil des années, certaines de nos compositions, et surtout les plus émouvantes, affichent des titres les plus stupides.

Lorsque vous composez des chansons qui impliquent des voix, la méthode est-elle différente des instrumentaux ?

Je suppose que vous pensez à l’utilisation de la voix comme un instrument ? La structure du morceau est plus définie parce que certains mots sont utilisés à des endroits précis. La démarche est donc différente.

Sur la première plage, « God Gets You Back », les parties vocales évoquent le shoegazing de Ride.

C'est un compliment. Nous sommes très fans de ce groupe. C'est en fait Barry qui chante sur ce morceau. Lorsque nous nous rendons, en voiture, aux répétitions, nous chantons souvent en écoutant les albums de Ride.

« Fanzine Made of Flesh » est-il une sorte d'hommage au vocodeur ?

Oui. À l'origine, c'était censé être une voix normale, mais le résultat ne se révélait pas très convaincant. Depuis notre troisième album, nous avons toujours aimé utiliser le vocodeur, car il figurait sur certains de mes disques préférés. C'est une bonne façon d’établir le lien entre une émotion humaine et une autre synthétique ou synthétisée.

Et quelles sont vos références en matière d'utilisation du vocodeur ?

Kraftwerk, évidemment, tous les disques électro, genre Cybertron, même Neil Young sur l'album « Trans » en 1983 ; et bien entendu le « O superman » de Laurie Anderson qui reste un classique dans son utilisation du vocoder.

L'un de vos principaux traits distinctifs de vos compos est l'utilisation du crescendo....

Oui, c'est moins systématique désormais, mais c'est vraiment l'une des caractéristiques de notre musique. Nous avons toujours souhaité insuffler une dynamique. Nous avons grandi en écoutant Nirvana et les Pixies qui ont toujours été importants pour nous. Et puis d'autres artistes au fil des années dont la musique était vraiment similaire, comme Gorecki, Mahler ou Godspeed You! Black Emperor.

Lorsqu’on est musicien écossais, les cornemuses sont-elles une source d'inspiration ?

(Il rit). Probablement de manière subliminale, notamment dans le son drone (bourdon) de « Hammer Room ». Vous savez, j’imagine que la principale caractéristique de la cornemuse est d'être constituée de bourdons, d’un chalumeau mélodique et d'autres monodiques. Et lorsque je songe à la musique de bourdons, je pense plus au Velvet Underground qu'à Spacemen 3. Mais si j'aime en particulier le Velvet, c'est peut-être parce que plus jeune, j'y entendais de la cornemuse.

Quels sont, selon vous, les points communs entre tous les groupes écossais, hormis la nationalité ?

Il existe, dans la musique écossaise, un esprit d'indépendance et une attitude anticonformiste. Musicalement, c'est très diversifié. Beaucoup de musiciens écossais bâtissent des univers sonores totalement différents. On rencontre énormément de bonne musique pour un si petit pays.

Donc entre vous et, par exemple, Primal Scream et Franz Ferdinand, le point commun serait l'esprit ?

Tout à fait. Franz Ferdinand, ce sont des amis proches. Ils font certainement de la musique pour les mêmes raisons. Tout comme Primal Scream, The Jesus and Mary Chain, Cocteau Twins ou Boards of Canada... il y a beaucoup de très bonne musique écossaise.

Vous êtes originaires de Glasgow. Cette ville est-elle la capitale de la musique écossaise ?

Oui, c'est la plus grande ville d'Ecosse ! On y recense davantage de musiciens, de salles de concerts.

D’excellents musiciens vivent dans d'autres régions d'Écosse, mais la plupart de la musique écossaise provient de Glasgow.

Une ville très vivante si on la compare à Édimbourg ?

La vie est chère à Edimbourg. Il y est plus compliqué d’être musicien.

Vous militiez pour l'indépendance de l'Écosse, il y a dix ans. Pensez-vous que ce soit toujours réalisable ?

Oui, et c'est d'autant plus souhaitable que le reste du Royaume-Uni est désormais très à droite. L'indépendance de l'Écosse semble plus nécessaire que jamais.

Même si c'est un gouvernement travailliste qui est aux manettes désormais ?

Ouais. Ce n'est pas un gouvernement très socialiste... (rires)

Pensez-vous donc qu’un autre référendum sur l'indépendance de l'Ecosse sera organisé bientôt ?

Probablement pas tout de suite, mais certainement dans un futur plus ou moins proche. D’ici dix ans.

Et cette fois ce sera la bonne... (il sourit)

Mogwai : « The Bad Fire » (PiaS) – 24/01/2025

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