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Hippo Campus

Hippo Campus sort la tête de l’eau…

Hippo Campus sortira son quatrième album « Flood », ce 20 septembre 2024.

« Flood » constitue à la fois un disque et une renaissance. En effet, il a fallu cinq années au combo du Minnesota pour enregistrer 13 titres en seulement 10 jours à la frontière du Texas. Bien que les sessions révélatrices aient eu lieu à Sonic Ranch l'année dernière, le processus a commencé il y a une éternité. Le soir même où Hippo Campus célébrait son précédent opus, « LP3 », le groupe apprenait le décès inattendu d'un être cher. Le coup de fouet de l'âge adulte a été amplifié par les conséquences de la mort, de l'abattement, de l'addiction et de l'anxiété. Ensuite, ils se sont promis de créer quelque chose de profond et de changer de vie. Ils sont devenus sobres ensemble, ont suivi une thérapie de groupe, ont écrit plus de 100 chansons, ont pris du recul et se sont soudain rendu compte qu'ils n'aimaient pas vraiment ce qu'ils faisaient.

Pour une formation qui a dépassé le milliard de streams, rempli des salles historiques à guichets fermés comme Red Rocks, joué à la télévision et sur des scènes de festival dans le monde entier, les musicos savaient que ce qu'ils faisaient cette fois-ci n'était tout simplement pas assez bon. Ils ont cessé d'essayer de produire un soi-disant chef-d'œuvre et se sont engagés à produire ce qu'ils préféraient tous : pas de remise en question ni de retour en arrière, mais une prise d’élan vers l'avant. C’est ainsi que moins de deux semaines plus tard, le chanteur Jake Luppen, le guitariste Nathan Stocker, le batteur Whistler Allen et le bassiste Zach Sutton ont sorti « Flood ».

À la veille de la parution de son dernier single, le band explique : ‘« Paranoid » est la collection d'éclats de soleil collés contre vos paupières après s’être endormi à l'extérieur. C'est un regard dur dans le miroir impitoyable et la réalisation dégrisante que toutes les questions n'ont pas de réponses’.

Comme « Paranoid », « Flood » navigue à l'intersection de la vulnérabilité et de l'urgence. L’elpee filtre des sentiments globaux à travers le type d'arrangements fascinants et d'accroches massives qui ne peuvent être réalisés que par un groupe d'amis qui parlent le même langage musical et émotionnel depuis qu'ils sont enfants.

Tout au long de « Flood », Hippo Campus livre des thèses bien ficelées sur l'autocritique et le pardon, la responsabilisation et le fait de ne pas répondre aux attentes, les relations ratées et la façon d'aller de l'avant.

Nouveau single « Paranoid » à découvrir sous forme de clip

et « Forget it » est en écoute ici

 

 

 

et « Forget it » est en écoute ici

 https://www.youtube.com/watch?v=qo2OUEOXjmQ

 

 

Hippo Campus

La composition incisive de Hippo Campus…

La formation indie américaine Hippo Campus a sorti son nouveau single, « Tooth Fairy », ce 4 juin 2024.

Après la parution, en avril 2024 de « Everything At Once » (qui a suscité les éloges des titans de la presse indie Clash, Dork et The Line Of Best Fit), « Tooth Fairy » marque un changement de carrière décisif pour le groupe, qui quitte le système traditionnel des labels pour s'associer à Psychic Hotline, un label véritablement indépendant dirigé par des amis du band.

Enregistré dans son propre studio à Minneapolis, cette compo constitue une méditation rapide à propos de la confusion des dynamiques interpersonnelles. Légèrement psychédélique et construit autour d'un rythme, d'un riff, le résultat est une merveille de dynamisme, une chanson qui semble emphatique au début mais qui atteint le triomphe total à la fin.

Avant la sortie di single, Hippo Campus a révélé : ‘Nos rêves sont devenus tellement tordus de nos jours. Nous passons trop de temps à remplir nos cerveaux de conneries inutiles. Tout cela ressort de travers et de manière confuse. « Tooth Fairy » est une libération, un processus qui mène à l'abandon de la peur et de nos mécanismes d'adaptation’.

La vidéo de « Tooth fairy » est à voir et écouter

 

Isobel Campbell

J’ai encore parfois du mal à croire que Mark Lanegan ne soit plus de ce monde…

Écrit par

Ex-chanteuse de Belle and Sebastian, Isobel Campbell poursuit une carrière en solitaire et a sorti un nouvel opus. Intitulé "Bow To Love", elle y exprime des considérations autant intimes qu'universelles sur la domination masculine. Notamment !

La native de Glasgow, plus connue pour sa voix éthérée que ses talents indéniables de violoncelliste (NDR : son instrument de référence), revient quatre ans après avoir gravé "There Is No Another", paru en pleine pandémie, qui faisait suite à une décennie de silence forcé consécutif à des litiges avec son ancien label. 

Ce "Bow To Love" se révèle toujours aussi intimiste, aérien, porté par sa voix d'ange, laquelle adopte cependant une attitude de révolte face à la domination du patriarcat, les agressions sexuelles ou la phallocratie toujours bien vivante.

L’Ecossaise s'insurge d'une voix suave, sans éclats, mais pas sans éclat, s'en explique et évoque également la disparition de Mark Lanegan, en compagnie duquel elle a publié trois magnifiques long playings au cours de ce millénaire.

Touchée par la grâce et la spontanéité, Isobel Campbell l'est aussi par l'humour...

Pourquoi ne pas avoir intitulé “Everything Falls apart”, le morceau d’ouverture, "Son of a Bitch", insulte que vous proférez sans arrêt ?

Dans mon esprit, il s'est toujours appelé "Everything Falls Apart". Cette phrase s'est imposée, sans que je sache pourquoi. Un peu comme si tout s'effondrait dans mon cerveau également... (elle rit).

J'ai trouvé cette situation plutôt drôle… et qu’elle correspondait à ma vision des choses…

Cette invective n’est donc destinée à personne ?

En fait, si... mais elle pourrait s'adresser à beaucoup d'hommes et à quelques-uns en particulier (elle rit). Mais, rétrospectivement, et plus sérieusement, je me suis rendu compte à quel point dans la langue anglaise, conçue par le patriarcat, il existait énormément de mots et d'expressions afin d'exprimer des propos désobligeants à l'égard des femmes. Si vous cherchez l'équivalent en insultes concernant les hommes, une telle ‘diversité’ n'existe pas. J’estimais cette disproportion injuste, d'où cette répétition... (elle sourit)

Vous évoquiez le patriarcat. Cet elpee se veut-il féministe ?

Il y a de cela ; même si la société progresse, parfois il m'arrive encore de me retrouver face à un véritable dinosaure misogyne (rires). Je suis quelqu’un de très patiente, mais parfois je pète un câble et je me dis : ‘Waouh, on en est encore là !’ Mais pour le moment, grâce au mouvement #MeToo, la situation est très polarisante. C'est un véritable champ de mines ! Entamer une conversation à ce sujet au travers d'une chanson, me semble une bonne façon de procéder pour aborder le sujet...

Vous évoquez la perversité narcissique dans "Spider To The Fly". Correspond-t-elle également à certains types d'hommes ?

Je ne m'en suis rendu compte qu'après l'avoir enregistrée et écoutée ; mais j'ai fait l'expérience de ce genre de personnes dans ma vie.

Ma musique se veut personnelle. Il serait donc étonnant que ce qui constitue ma passion, mon travail et mon domaine de créativité, ne se révèle pas intime.

En fait, c'est comme si j'avais fait un doctorat sur le narcissisme (elle rit) ! Mais tout est un traumatisme... même si ce mot est parfois un peu galvaudé. Cependant, à ce stade, je pourrais en effet probablement donner une conférence sur le sujet (rires).

D'ailleurs, je connais pas mal de choses dans le domaine de la psychiatrie comme le DSM 5 (NDR : manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, et des troubles psychiatriques de l'Association américaine de psychiatrie).

Désormais, j'essaie de faire preuve de sagesse en étant consciente de ce qui arrive… J'aime à penser que je suis née existentialiste (elle rit).

Quelle est l'importance du violoncelle dans vos compositions au moment de l'écriture ?

Parce que je suis violoncelliste, certaines lignes mélodiques peuvent fonctionner ou attirer mon attention. Lorsque j'écrivais pour Mark Lanegan, je l’adaptais pour un baryton, en tenant compte de la fréquence de sa voix et celle de mon violoncelle. Car lorsque je joue d'un instrument à cordes, il existe certains types d'arrangements et de lignes auxquels je me réfère. Mais je suis avant tout une auteure-compositrice qui compose d'ailleurs aussi au piano. L'influence du violoncelle se limite à environ 20% au sein de ce processus.

Avez-vous pensé à Mark Lanegan, disparu l'an dernier, lorsque vous avez enregistré et composé ces chansons pour cet opus ?

J'étais occupée d'écrire “You”, le jour où Mark est disparu. Une journée très étrange. J'avais passé toute la journée à bosser sur cette compo et à écouter “Anthem” de Leonard Cohen. Les paroles racontent : ‘There is a crack in everything’ (Trad : Il y a une fissure dans tout...)

J'ai appris qu'il était décédé vers 19 h 30 ce soir-là, alors que j'avais passé ce morceau toute la journée. J’avais la chair de poule. Il était probablement à l’article de la mort au moment où je l'écoutais.

Certains jours, j'ai encore du mal à croire qu'il ne soit plus de ce monde. C'est comme si c'était un chapitre de ma vie s'était clos ce soir-là. Mais, de temps en temps, je reçois de petits signes de sa part, et je souris…

Isobel Campbell : Bow to Love (V2) 14/06/2024

 

Vampire Weekend

Le crédo de Vampire Weekend…

Écrit par

Le nouvel elpee de Vampire Weekend, « Only God Was Above Us », sortira ce 5 avril 2024. Ce sera son cinquième. En attendant, il nous propose son single, « Capricorn », sous forme de clip. Et il est à voir et écouter

 Inspiré et hanté par le New York du XXe siècle, l'album a été enregistré à travers le monde, de Manhattan à Los Angeles en passant par Londres et Tokyo.

Le titre du long playing est directement tiré de la pochette de l'opus, composée de photos prises par Steven Siegel dans un cimetière de métro du New Jersey en 1988. Sur cette pochette, un homme dans un wagon de métro renversé lit l'édition du 1er mai 1988 du New York Daily News - l'article de couverture détaillant l'horrible explosion qui a arraché le toit du vol 243 d'Aloha Airlines. Le titre de l'article cite un survivant : ‘Seul dieu est au-dessus de nous’.

Camp Cope

Running with the hurricane

Écrit par

Trio australien (NDR : il est issu de Melbourne), Camp Cope nous propose son troisième album. Un opus dont les lyrics traitent, notamment, des relations amoureuses, et tout particulièrement des échecs ainsi que des aventures secrètes, mais également de la confiance qui vous rend invincible. Georgia Maq, la frontwoman a d’ailleurs déclaré que toutes ses chansons étaient des tragédies grecques. En fait, bien que réunissant deux filles et un gars, la formation se déclare ouvertement féministe. Ainsi, sur son elpee précédent, elle dénonçait le sexisme qui règne au sein de la scène musicale.

Hormis le morceau d’entrée, « Caroline », et le titre final « Sing your heart out » (NDR : auquel Courtney est venu donner un petit coup de gratte), le reste du long playing est essentiellement tramé sur les cordes acoustiques et semi-acoustiques. La valse « One wink at a time » et « Blue » émargent même carrément à la country. C’est la section rythmique basse/batterie qui communique les impulsions groovy aux compos. Ainsi, sur l’épique morceau de clôture, elles tournoient autour de la voix de Georgia Macq, une voix ample, chaude et puissante, susceptible de se muer en falsetto (« The mountain »), mais dont le timbre et les inflexions, parfois enrobée d’harmonies vocales vaporeuses, peuvent faire penser à Alanis Morissette. Malheureusement, le cœur de cet LP manque de ce relief qui rend les pistes dangereuses, mais tellement grisantes. Il aurait peut-être fallu électrifier un peu plus les parties de guitare…

Swamp Dogg

Sorry You Couldn’t Make It

Écrit par

Jerry Williams, aka Swamp Dogg (ou Little Jerry ou bien encore Little Jerry Williams), semble connaître une seconde jeunesse à près de 78 balais ! Depuis sa Virginie natale, il a pourtant enregistré à partir de 1954, alors qu’il n’avait que 12 ans ! Transformé en chanteur soul décalé sous l’alter-ego Swamp Dogg dès 1970, ce ‘maverick’ flamboyant colore aujourd’hui ses morceaux trempés dans la soul d’une belle dose d’excentricité et d’une âme country, sur des titres tire-larmes tels que « Sleeping Without You is a Dragg » ou « I’d Rather Be Your Used to Be ». « Sorry You Couldn’t Make It » a bénéficié du la participation de John Prine (il nous a quittés il y a quelques semaines), Justin Vernom (Bon Iver), Jenny Lewis et des membres de Poliça. De quoi permettre aux morceaux de ne pas sombrer dans l’exercice de style et d’afficher une belle créativité. N’oublions pas que son elpee précédent (« Love, Loss and Autotune ») était dédié à l’autotune (!)… c’est dire si l’homme n’a peur de rien. Enregistré à Nashville, « Sorry I Couldn’t Make It » ne sent pas la naphtaline. Pas pour rien que ce ‘Chien des Marécages’ ne fait pas son âge…

Vampire Weekend

Father of the Bride

Écrit par

Après la sortie de « Modern Vampires of The City », en 2013, les membres de Vampire Weekend ont développé leurs propres projets. Ils sont donc de retour pour ce quatrième LP baptisé « Father of the bride ». Enfin pas tous, puisque Rostam Batmanglij s’est distancié du combo depuis 2016, même s’il a apporté son concours sur un titre, comme producteur et co-auteur. Le line up du band implique donc aujourd’hui, le drummer Chris Tomson, le bassiste Chris Baio et le chanteur/guitariste/parolier Ezra Koening qui semble donc avoir pris le leadership.

Si vous avez aimez les rythmes caribéens des trois premiers essais, vous risquez d’être déçus. Et pourtant, tout au long des 18 compos de ce long playing, V.W. continue d’expérimenter. Mais en tirant un peu dans toutes les directions, le mélomane finit par perdre le fil conducteur. Lors des sessions, le band a reçu le concours de quelques invités, dont Danielle Haim au chant, et tout particulièrement sur l’excellent titre d’ouverture, « Hold you now », une piste de country/folk alimentée par une guitare jouée en picking, du violoncelle, de la pedal steel et une chorale angélique. Puis Steve Lacy, le guitariste d’Internet. En particulier sur le jazzyfiant « Sunflower » et la samba/rock « Flower moon ». Parmi les titres qui sortent du lot, on épinglera « Harmony hall », une compo caractérisée par cette guitare encore et toujours en picking, mais en boucle, et des ivoires sémillantes comme chez Primal Scream. Caractérisé par cette ligne de basse jazz/fusion et ses orchestrations flottantes, « Unbearably white » lorgne carrément vers le « Graceland » de Paul Simon. Tout comme le rétro et minimaliste « Rich man », malgré des arrangements de cordes sinueux, presque orientaux. Et enfin, le singulier et enlevé « Sympathy » qui aurait pu naître d’une rencontre entre Arcade Fire et les Doobie Brothers.

Pour confirmer cette impression de fourre-tout, on pourrait encore signaler la présence d’une guitare gémissante empruntée à feu George Harrison, sur le folk futuriste « Big blue », une autre réminiscente de Big Country sur « We belong together », de la rumba, du cabaret, des figures de style baroques, du funk 70’s et des samples. On a même droit à ce clin d’œil adressé à Van Morrison sur l’insouciant et allègre « This life ». L’album s’achève par l’hymnique et mélancolique, « Jerusalem, New York, Berlin », une compo colorée par quelques jolis arpèges de piano.

Bref, une œuvre sans doute audacieuse, agréable à l’écoute mais manifestement trop longue et un peu trop décousue pour vraiment faire la différence.

Amplifier

Insider

Écrit par

Difficile de coller une étiquette à Amplifier. A la fois heavy et post rock, le trio établi à Manchester est annoncé comme le meilleur des combos british de ces cinq dernières années ! Connaissant l’objectivité des journalistes anglais quand il est question de redorer le blason de la ‘Grande Dame’ (NDR : elle n’est plus la référence absolue en matière de rock depuis des lustres, il faut le reconnaître), nous avons préféré écouter cet « Insider » deux fois plutôt qu’une avant de vous livrer nos commentaires.

Amplifier a fait mouche lors de ses apparitions durant l’été dernier au festival de Roskilde, ou encore au très metal Download Fest ainsi qu’à notre Pukkelpop national. Rien d’étonnant ! Les compos d’« Insider », après une deuxième écoute attentive, s’infiltrent dans votre mémoire pour ne plus en sortir. Entre douleur et jouissance, la musique d’Amplifier est lourde comme une chape de plomb, mais sait aussi se faire aérienne, vicieuse, incisive, voire psyché dans son développement et ses atmosphères. Les comparaisons avec Tool sont inévitables, tant le combo s’inscrit dans une démarche similaire, mais nous soulignerons également des liens incontestables avec l’immense mais méconnu combo british Oceansize. Menée de façon très énergique, la section rythmique laisse également une place prépondérante au groove, tandis que le guitariste-leader Sel Balamir use sans modération de pédales aux effets les plus variés, saturation en tête.

La production est particulièrement soignée. Lorsqu’on connaît les compétences des producteurs Steve Lyon (The Cure) et Chris Sheldon (Foo Fighters), on comprend mieux pourquoi cet opus a une pêche d’enfer. Amplifier séduira les fans de Black Sabbath comme ceux de Sonic Youth. Vivement recommandé !

 

 

Tample

Summer light

Écrit par

Au sein d’un univers où on ne compte plus le nombre de formations qui se sont lancées ou ont opté pour l’électro/pop, difficile de se faire une place au soleil. Et pourtant la tendance ne semble, pour l’instant en tout cas, pas prête de s’inverser. Quatuor bordelais, Tample a également décidé de s’y plonger. Dansante (sauf pour le dernier morceau, le mélancolique « Kings of earth »), la musique navigue quelque part entre Phoenix, M83 et Girls In Hawaii (celui des derniers disques, of course). S’il n’y avait la guitare, tour à tour limpide (« Chimer » »), surf (le contagieux « Runaway ») ou funkysante (le plus disco « One might stand ») et cette basse qui assure la contre-mélodie sur deux plages, dont la dernière citée et « Runaway », ainsi que la voix diaphane du chanteur, on resterait sur sa faim. Il y a bien un peu de sifflotement sur deux pistes qui apporte un zeste d’insouciance à un ensemble hésitant entre climats allègres, mélancoliques, atmosphériques ou angoissants (« Power » et son tempo martial) ; mais si les claviers émoustillent parfaitement l’opus, la boîte à rythmes, bien trop basique, finit par plomber le tout.

 

Scampi

Waiting for this Sound (Ep)

Écrit par

Suite à la tragique disparition de son bassiste, ce trio français à l’étrange patronyme a été réduit à un duo. Et ce crustacé mélomane a décidé de traverser l’Atlantique pour enregistrer son nouvel et second Ep. A Los Angeles pour être plus précis. Scampi est influencé par le trip hop, et tout particulièrement, Massive Attack et surtout Morcheeba. Mais également par  CocoRosie. A cause des sonorités produites par le ukulélé et le guzheng. Peu connu sous nos latitudes, cet instrument à cordes chinois appartient à la famille des cithares (NDR : Gû Zheng signifie ‘ancienne cithare’ d’après mon ami Wiki). En outre les voix rappellent manifestement celles des sœurs Cassidy. Si certains morceaux se révèlent tendres (« Get an Idea »), d’autres adoptent un ton plus énergique (« Waiting for this Sound ») ; mais en général, les plages privilégient le format pop (« Leave it Out »), parfois au sein d’un climat  légèrement ‘dark’ (« Magic House »). En conclusion, cet LP ne manque pas de charme…

 

Honey Island Swamp Band

Demolition day

Écrit par

Dix ans déjà que le terrifiant ouragan Katrina a dévasté les côtes du Golfe du Mexique ; et tout particulièrement la grande cité musicale de la Nouvelle Orléans. De nombreux citoyens locaux ont, depuis, été forcés de fuir. Et parfois, bien loin de leurs terres d’origine. Quatre musiciens ont ainsi émigré à San Francisco. Ils y montent le Honey Island Swamp Band. Aaron Wilkinson se charge de la sèche et de la mandoline, Chris Mulé, de la guitare électrique, Sam Price de la basse et Paul Garland Paul de la batterie. Les quatre compères se partagent le chant. En 2009, le quatuor publie son premier elpee, "Wishing well". Trevor Brooks rejoint alors le line up. Il siègera derrière son orgue Hammond B3. "Demolition day" constitue déjà le quatrième long playing du combo ; une œuvre qui a été enregistrée au studio Parlor, à New Orleans. Et c’est Luther Dickinson (North Mississippi All Sars) qui a assuré la mise en forme.

Des guitares aux accents rythmiques ‘rollingstoniens’ amorcent "How do you feel". Le piano acoustique entre dans la danse, et ce sont les ivoires qui s’autorisent le premier envol, aussitôt rejoint par la slide de Chris et le saxophone, alors que les musiciens se partagent les vocaux. "Head high water blues" revient sur les conséquences de l’ouragan. Une piste roots, légèrement teintée de r&b voire de funk, dans l’esprit d’un Little Feat. Les voix accentuent l’atmosphère néo-orléanaise, alors que le piano électrique et la slide tirent leur épingle du jeu. Introduit par le Hammond, "No easy way" s’ouvre nonchalamment. Et lorsque le tempo s’élève, la slide opère son entrée, rapidement rejointe par des cuivres. A charge des percussions de Garland de baliser l’ensemble. Bien rythmé, "Medicated" est un r&b teinté de soul. La voix colle parfaitement au style alors que la slide de Chris Mulé est toujours en effervescence. "Watch and chain" est à nouveau hanté par le Little Feat. Solide, la section rythmique sert de tremplin aux autres instruments ; et pour la circonstance, piano électrique et slide. Folk, "Katie" est plutôt surprenant. Une plage empreinte de douceur entretenue par les cordes acoustiques et l’orgue. "Ain’t no fun" est un rock plutôt léger, mais entraînant. Les voix sont épanouies, alors que la slide véhicule des sonorités de steel. Autre roots, "She goes crazy" se distingue par ses harmonies vocales particulièrement soignées et ses cuivres ; et les interventions de trompette ainsi que de saxophone qui nous transportent au cœur du vieux carré de New Orléans. "Through another day" constitue incontestablement un des sommets de l’opus. Les cordes acoustiques ébauchent la compo. Elles sont ensuite rattrapées par  l’harmonica. Soutenu par les chœurs masculins, le lead vocal est chargé de passion. Puis tous les instruments entrent successivement dans la danse : orgue, mandoline et enfin guitare slide dont les aspirations aventureuses sont réalisées, tout en respectant le sens mélodique. Superbe ! Americana, "Say it isn’t true" nous entraîne dans le Sud profond. Une piste cool caractérisée par sa richesse musicale, impliquant harmonica, piano, steel guitare et mandoline. Et le titre final, "Devil’s den", baigne dans le même climat, puisant au plus profond des racines…

 

King Champion Sounds

Songs from the golden hour

Écrit par

Près d’un an après avoir gravé « Different Drummer », G.W. Sok (voix de The Ex) et Ajay Saggar (ex-The Bent Moustache) proposent leur nouvel opus. Et il s’intitule « Songs for the Golden Hour ». Pour la circonstance, le duo a reçu le concours d’excellents collaborateurs. Un elpee qui s’inscrit dans la lignée du précédent LP. Ainsi, les premières plages (« Ghetto of Eden », « SM Revelation ») sont hantées par l’esprit punk de The Ex. A cause des cuivres et du phrasé vocal de Sok, même si elles baignent au sein d’un climat oriental entretenu par le mélodica d’Aggar et la clarinette de Ditmer Weertman. Et puis parce que King Champion Sounds parvient toujours à insuffler à sa musique une énergie vindicative bien palpable. 

Heureusement, la formation a le bon goût de ne pas livrer une copie conforme de son album précédent. Il nous réserve des pistes intégralement instrumentales qui s’aventurent dans le psychédélisme. A l’instar du reptilien « Moottoripyörän Matka »…

 

John Campbell

Chin up

Écrit par

Chanteur/compositeur/guitariste, John Campbelljohn est âgé de 60 balais. Ce Canadien vit sur l’Ile de Cape Breton, dans la province de Nova Scotia, à l'Est de son pays. Il apprend très jeune à jouer de la guitare et chope le virus du blues en écoutant Robert Johnson, Son House, Fred McDowell et son maître intemporel, BB King! Il devient rapidement un adepte de la guitare slide. Il cite, parmi ses maîtres, Sonny Landreth, Ry Cooder et Duane Allman. En 20 années d’expérience, il a aligné une belle brochette de disques, dont le premier, "How does it feel?", remonte à 1993. Depuis, il les publie sur des labels allemands. L'un de ses derniers, "Celtic Blues – Live in Hamburg", célébrait, en quelque sorte, ses racines celtiques. John signe les douze plages de "Chin up". Il les a enregistrées au sein de son propre studio, en compagnie de Neil Robertson à la batterie, Ronald Hynes à la basse et Robert Campbell aux claviers.

L’elpee s’ouvre par "The Memble boogie", un excellent boogie qui permet déjà à la slide de tirer son épingle du jeu. Et il déménage. Bien soutenu par sa section rythmique, John se consacre au dobro sur le nerveux "I got it all". Les sonorités sont particulièrement métalliques. Il se sert à nouveau de cet instrument pour attaquer "Meet my maker", alors qu’amplifiée, la slide pousse de petits cris. Les cordes sont vivifiantes tout au long de "The poor man says", un titre sculpté dans un funk rythmique. Et il est irrésistible. Le chant est épaulé par les voix féminines de Martha Mae et Megan. Un style qu’on retrouve régulièrement sur cet elpee. A l’instar de "Castaway" ou de l'excellent "Attitude", piste au cours de laquelle la gratte semble soudée à la basse, alors que la slide ne cesse de gémir. Robert Campbell siège derrière le piano sur "How stupid is that", une ballade roots qui permet au dobro de libérer ses plus beaux effets. Les accords de gratte sont légèrement réverbérés sur "Stop making excuses". Légèrement rock, ce blues constitue manifestement une des meilleures plages de l’opus. Blues/rock so british, "Sally in the Alley" évoque le Cream originel. Les accords de six cordes semblent même hantés par Eric Clapton voire Albert King. "Fantastico Supremo" est une plage ludique. John se réserve l’orgue et David Myles se consacre à la trompette sur "Good morning Mr Blue Sky", un titre qui véhicule des accents exotiques. Essentiellement acoustique, "She's gone – My little love song" clôt l’opus, un morceau caractérisé, de nouveau, par la présence très marquée du dobro.

 

TG & The Swampbusters

Swamp Tooth Comb

Écrit par

Ce trio nous vient d'Hamilton, dans l'Ontario, au Canada. Fin des sixties, T.G, Tim Gibbons, le guitariste, et Swampy Joe Klinefelter, le bassiste, se rencontrent. A l’origine, TG était batteur. Il revend son instrument à Patch, un gars qui travaillait à la station-service du coin. Patch rejoint les deux autres. The Swampbusters est né! Ce bref historique ne fait que résumer leur longue carrière, car il s'est écoulé pas mal de temps depuis leur première entrevue. Il n’existe cependant pas de biographie précise ni d’état des lieux d’une éventuelle discographie existante (peut-être huit productions déjà sous différents patronymes), si ce n'est que TG jouit d’un solide réputation de banjoïste ; et qu'il a milité chez les Shakers, Driftin' Drawers et Trouble Boys. Il semblerait toutefois que TG, sous le couvert de Coots Leland, ait publié un elpee baptisé "Trail of smoke", en 2012 ; un disque qui baignait déjà dans le roots rock!

Titre d’ouverture, "Bayou preacher" trempe dans le swamp rock. Très relax, Tim chante à la manière de Tony Joe White, mais d’une voix plus nasillarde. Quoique toujours dans un climat laidback, "Who wants to dance with an old ding dong" élève le tempo. Soutenue par les cordes et les interventions d’un harmonica, la voix ne fait guère d'éclats. A l’écoute de "Hey poor boy hey", on a l’impression que TG gratte sa six cordes devant vous. "The brooder" est une piste qui nous mène à un certain Lou Reed. Même la voix adopte les mêmes inflexions. Curieux, car nous sommes bien loin de New York! Des cordes de guitares acoustiques amorcent "Country side of town". La basse de Swampy Joe balise bien le rythme de cette plage qui baigne dans une ambiance country, mais dans l’esprit de feu JJ Cale, c’est-à-dire, rencontré à Tulsa, dans l’Oklahoma. Harmonica et guitare resonator alimentent "Compone", un titre franchement country. Tim maîtrise parfaitement sa ‘coolitude’ tout au long de "Hot money", un titre rock mais tendre. "Play me some blues & keep it country" nous réserve plus de 4 minutes de downhome blues prosaïque. Le temps s’écoule en douceur. La gratte prend des couleurs au contact de la voix. (Trop) court, cet LP s’achève par une plage de folk/rock intimiste, "The bone of contention"…

 

Champs

Les voix des Champs…

Écrit par

Cette soirée constitue pour votre serviteur une découverte. Champs se produit à l’AB Club et Tula assure le supporting act. La charge de mes activités professionnelles et les embouteillages rencontrés à l’entrée de la capitale ne me permettront pas d’arriver en temps et en heure pour assister à la prestation de la première partie. Quand je débarque, elle est en fin de parcours.

Tula est le pseudo de Tallulah Smith, une artiste insulaire qui nous vient de l'Ile de Wight. Sur les planches elle est seule, armée de sa guitare électrique. Le public est clairsemé. A peine 70 spectateurs. Idéal pour le confort d'écoute. A contrario, pour les artistes, cette situation est plutôt inconfortable. La voix de Tula est douce et envoûtante. A l’aide de sa six cordes, elle libère des nappes de sonorités paisibles. L’auditoire applaudit chaleureusement son set. De ce que j’ai pu voir et entendre, ces bravos me semblaient mérités. A revoir donc.

Champs a été fondé par deux frangins, Michael et David Champion. Deux frères de sang et de son. Ils sont également issus de l'Ile de Wight. Le duo est venu nous présenter son second long playing, « Vamala », paru début 2015. Un disque qui fait suite à « Down Like Gold », publié l’an dernier. Champs avait servi de supporting act pour Balthazar les 20 et 21 février 2014, dans la grande salle de l'Ancienne Belgique. Deux dates sold out. Une aubaine pour commencer à développer sa notoriété. Surtout quand on a du potentiel…

Ce soir, le duo est soutenu par un drummer/bassiste. Le set s’ouvre en douceur par « For Ever Be Upstanding At The Door », une plage du nouvel opus. La conjugaison entre la gratte acoustique et électrique est limpide. Tout comme celle entre les voix des deux frères, Tim et Neil Finn (Crowded House, Split Enz). Et quand elles sont haut perchées c’est même aux Beach Boys et aux Bee Gees que je commence à penser. 

Bercé par une pop mélodieuse, « White Satellite » est issu du premier elpee, « Down Like Gold », une plage mélancolique encore et toujours transcendée par les vocaux si particuliers. La guitare électrique prend l’ascendant sur « Desire », une piste extraite du dernier LP. Légèrement nasillarde et puissante, la voix évoque alors plutôt Joe Newman, le chanteur d'Alt-J. Lors du refrain, les mots 'Echo, echo, echo' vous poursuivent en réverb. Tout au long de « The Balfron Tower », c’est le piano qui balise les vocaux. On se croirait au sein d’une abbaye cistercienne en pleine communion avec le dieu musique qui se veut harmonie. Un grand moment de recueillement, partagé par l’auditoire. Une excitation certaine contamine « Vamala ». A cause de la section rythmique mais également du climat électro. Une atmosphère qu’on retrouve sur « Down (Alone On The Avenue) », les synthétiseurs et guitares cédant le relais aux samplers et boîtes à rythmes. Une conversion judicieuse. Car elle apporte également un plus aux harmonies vocales ; ainsi, « Down Like Gold » glisse dans vos oreilles comme de la gelée royale. Et elles sont triangulaires sur « St Peter's ». Magique ! Le set s’achève par  « Sweet Marie », une ballade interprétée en mode guitare/voix.

Lors du premier rappel, le combo nous réserve une compo jamais entendue à ce jour. Et lors du second, « My Spirit Is Broken ». Bref, je dois avouer avoir pris une fameuse claque ce soir. Il ne faudra plus très longtemps avant que Champs ne fasse salle comble dans la grande salle de l’AB…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Amparo Sanchez

L’esprit du soleil andalou…

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MusicZine a décidé d’investir l’AB, ce soir. Pierre couvre le concert de Black Label Society, qui se déroule dans la grande salle ; et votre serviteur celui d’Amparo Sanchez, au Club. Mais également de Milo Meskens. Ce jeune prodige n'a finalement pas participé à la finale ‘De Nieuwe Lichting’, organisée par StuBru. Mais il peut se targuer d'avoir assurer à trois reprises le supporting act, à l'AB, en une semaine. Les deux premiers pour Kensington, dimanche dernier, et aujourd’hui celui d'Amparo Sanchez. Qui est sold out. Comme très souvent dans cette salle devenue mythique.

Isolde Lasoen –la très jolie drummeuse de Daan National– qualifie Milo de ‘Jeff Buckley de Deinze’. Pourquoi pas ? Guitariste, Milo Meskens drive Black Tolex, un groupe issu du Nord du Pays, chargé de promesses. Ce soir, armé de sa sèche, l’artiste se produit en solitaire. Sa musique est le fruit d’un mélange de folk, de country, de blues de pop. Talentueux, il possède une bonne voix, dont le grain rocailleux est susceptible d’évoquer Buckley (NDR : of course), Bon Iver voire John Mayer. Et quand il se met à souffler dans son harmo, impossible de ne pas penser à Bob Dylan. Finaliste de nombreux concours en Flandre, il truste les premiers prix. Et y jouit déjà d’une solide notoriété. Vu ses aptitudes, il mériterait que la Wallifornie s’y intéresse. Et que les organisateurs de festivals, le programment, au cours de cet été. Une certitude, ce jeune premier est à suivre de très près.

Amparo Sanchez a pris du poids, depuis son dernier passage en Belgique. C’était à la Rotonde du Botanique, l'an dernier. Pas un compliment pour cette dame, à la voix si particulière. Ce soir, elle assure le dernier spectacle de sa tournée. Et en général, lors de telles circonstances, les musicos donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre. Parmi les aficionados, on remarque la présence de nombreux hispanophones. Logique. Outre sa collaboration avec Calexico, elle a surtout vécu une belle aventure chez Amparanoïa, en compagnie –notamment– de Manu Chao, une formation latino de rock alternatif fondée en 1995, à Madrid. Sous ce patronyme paraît un premier elpee en 1997, « Poder Del Machin ». Caractérisé par ses racines cubaines, le deuxième, « Feria Furiosa », est publié en 1999. Il est suivi par « Somos Viento » en 2002, « Enchilao » en 2003, « Rebeldia Con Alegria » en 2004 et enfin « La Vida Te Da » en 2006. Amparo embrasse ensuite une carrière en solitaire et grave son premier LP, « Tucson-Habana », une œuvre teintée de blues et de rumba. C’est ce long playing qui a reçu le concours des leaders de Calexico, Joey Burns et John Convertino. Elle grave son second opus en 2012, « Alma de Cantaora », un disque pour lequel elle bénéficie de la coopération de 4 musiciens talentueux : le trompettiste Jose Alberto Varona Saavedra, le contrebassiste Jordi Mestres, le guitariste Willy Fuego et le drummer, Ricard Parera. Et ce soir, ils sont au poste…

Amparo est vêtue d’une robe ‘flamenco’ de couleur noire. Elle est chaussée de bottillons, laissant apparaître des jambes tatouées d’étoiles. Elle est venue défendre sont troisième elpee, « Espíritu Del Sol ». Et sa gratte électro-acoustique de couleur bleu azur, couverte de 'smileys', de petits soleils, de coeurs et de têtes de mort, accompagne sa voix empreinte de charme, tout au long de chansons, qu’elle interprète dans la langue de Cervantès.  

Le set s’ouvre par « Plegaria », un extrait du dernier opus. Toute l'émotion de la mujer, passe dans la voix. « La Fiesta » est une superbe reprise d'Amparanoïa. Un titre judicieux au cours duquel les artistes vont se libérer et l’auditoire prendre littéralement son pied. « Hermosa » est tiré du dernier LP, « Espíritu Del Sol ». Issu de « Tucson-Habana »), « Corazon De La Realidad » nous transporte à Cuba. Le spectre du Buena Vista Social Club plane. Le public est ravi. A plusieurs reprises, il applaudit chaleureusement. Et c’est amplement mérité. Préposé à la contrebasse, le souriant Jordi Mestres cherche à séduire l’auditoire. Et il y parvient.

Les accords de guitare surf dispensés tout au long de « Mi Gitana » vous prennent aux tripes. La voix d'Amparo est douce et paisible sur ce titre au refrain entêtant auquel elle demande au public de participer. Je ne comprends rien, mais je suis le mouvement. Particulièrement dansant, « La Cuenta Atras » figure sur le deuxième elpee solo, « Alma de Cantaora ». Tout au long du set, les cuivres de Jose Alberto Varona Saavedra tirent leur épingle du jeu, même si parfois, ils se révèlent quelque peu envahissants. Après « Cuarteto En Paris » et « Alma De Cantaora », le concert s’achève par « Ella Baila Bembe ».

Enfin pas tout à fait, car Amporo Sanchez revient pour un rappel, sous un tonnerre d'applaudissements. D’abord uniquement soutenue par le sixcordiste, Jordi Mestres, dans un élan surf, sur le délicat « El Ultimo Trago ». L’Andalousie profonde illumine la voix d’Amparo. Les deux autres musicos opèrent leur retour pour participer à la remarquable cover du « Long Long Nite » de La Mano Negra. Un ‘encore’ d’un peu moins d’une demi-heure au cours de laquelle on aura encore droit à « En la Noche » et en guise d’apothéose à « La Parrandita De Las Santas ». Une très belle soirée, c’est une certitude…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Wampire

Bazaar

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Il y a presque deux ans, deux gars de Portland sortaient de nulle part en publiant un album de synth-pop truffé de mélodies aussi efficaces que jouissives. Depuis, le duo a tourné un peu partout aux USA et en Europe. Il a notamment ouvert pour Unknown Mortal Orchestra, Foxygen ou encore Smith Westerns.

À l’heure de passer à leur délicat deuxième essai, Eric Phipps et Rocky Tinder ont retenu l’option d'évoluer et d'agrandir leurs rangs en accueillant trois nouveaux membres. Autant dire, qu'il ne s'agit plus vraiment du même groupe. Un changement qui a clairement influencé leur musique.

Fini les mélodies sucrées portées par des claviers. Sur "Bazaar", ce sont les guitares qui ont la part belle. La présence derrière les commandes de Jacob Portrait (Unknown Mortal Orchestra) n'est certainement pas étrangère au revirement rock-psyché entrepris par la formation. Une certaine urgence et noirceur remplacent la gaieté qui prévalait auparavant. Néanmoins, il faut reconnaître que les Américains ont toujours le don de torcher des morceaux qui restent bien ancrés dans la mémoire, à l’instar de « The Amazing Heart Attack ». Et certains sont même plus paisibles, comme « Wizard Staff ».

Personnellement, la ‘coolitude’ du duo qui me plaisait tout particulièrement sur l’opus précédent me paraît moins présente. Ce deuxième elpee est plus banal. Le rock s’avère encore sympathique, mais de là à sortir du lot, il y a un pas que je n'oserai franchir.

 

King Champion Sounds

Different drummer

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A l’origine de ce projet, on identifie Ajay Saggar et G.W. Sok. Le premier a sévi au sein de The Donkey et The Bent Moustache. Il est responsable de la musique. Le second, leader de The Ex, signe les textes. Le duo est cependant soutenu par une armada de collaborateurs.

Vous avez bien observé l’image reproduite sur la pochette ? Oubliez la ! Nous ne sommes pas du tout en présence d’un groupe funk issu ou inspiré des ou par les 70’s. Ni par une énième formation de ska punk, comme les premiers morceaux de l’elpee peuvent le laisser croire. Le talent des forces en présence est bien trop conséquent pour se contenter du minimum syndical. Le ton est punk. Il est même omniprésent, comme chez The Ex. Bien sûr, il y a des cuivres ; mais Saggar parvient à insuffler aux compos une coloration indienne et même psychédélique voire floydienne. Malgré leur durée (NDR : plus ou moins 5 minutes), les sept morceaux (NDR : huit, en comptant un bonus track totalement inutile) ne suscitent jamais l’ennui. Ils adoptent une structure en crescendo nourrie de riffs hypnotiques.

Alors qu’au départ, on aborde cet elpee avec un certain a priori, on se rend compte finalement qu’il est à la fois élaboré et énergique. Très intéressant !

 

Amplifier

Echo street

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Fondé en 1999, Amplifier nous vient de Manchester. Avant d’enregistrer ce quatrième opus, le line up du groupe avait subi quelques changements. Tout d’abord, Neil Mahoney a cédé sa basse à Alexander Redhead. Ensuite, après le split d’Oceansize, Steve Durose a rejoint le line up, comme second guitariste.

La presse spécialisée était tombée sous le charme de « The octopus », le précédent elpee du band mancunien. Un œuvre conceptuelle ténébreuse, ambitieuse, découpée en 16 plages, s’étalant sur plus de 2 heures et enrichie d’un livret de 70 pages. Et qui avait exigé une bonne année de travail. « Echo steet » n’a nécessité que 2 mois de sessions. Une œuvre moins prog (NDR : quoique !), mais publiée sur le label Kscope, c’est-à-dire qui héberge notamment Anathema, Steven Wilson et Porcupine Tree.

Un Porcupine Tree qui semble paradoxalement avoir contaminé le psychotique « The wheel ». Une constante ? Le soin apporté aux harmonies vocales. L’épuré « Between today and yesterday » rappelle même la conjugaison des voix opérée entre Crosby, Stills & Nash, à une époque bien West Coast. Sans quoi, il faut reconnaître que les références aux nineties sont omniprésentes. Les douze minutes de ballade mélancolique consacrées à « Extra vehicular » lorgnent manifestement vers le « Black hole » de Soundgarden. Sommet du long playing, le titre maître baigne au sein d’un climat éthéré digne de The Verve circa « A storm in heaven », même si les vocaux nous transportent du côté sombre de la lune… Steve Durose (NDR : ou plutôt le défunt Oceansize) marque de son empreinte « Where the river goes » ; encore que le véritable mur de son érigé à mi-parcours éveille en notre fors intérieur le shoegazing de Ride. Hormis le titre final, « Mary Rose », un rock parcouru par une ligne de basse mélodieuse, dynamisé par des drums souples et éclaboussé de cordes de guitares cinglantes, ce disque privilégie les ballades. Y compris le morceau d’entrée, une compo qui baigne dans un climat insouciant, concédant des accents de gratte réminiscents de Prince, avant de se lancer dans un irrésistible crescendo. Un bien bel album, même s’il n’atteint pas l’intensité tentaculaire d’« Octopus »…

 

Matt Baxter and Jake Sampson

Haunted

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Matt Baxter et Jake Sampson ont établi leurs quartiers à San Francisco. Le premier s’est spécialisé dans la guitare slide. Apparemment, il est né en Angleterre. Il a apporté sa collaboration à de nombreux musiciens et a notamment lors de sessions d’enregistrement, comme musicien de studio. En particulier Sue Foley, Debbie Davies, Guy Davis et… Procol Harum. Sous son propre nom, il a gravé "Cold front", en 1989. Flanqué de son partenaire, il avait déjà publié "Dusty Mule blues", en 2001. Sampson est originaire de Detroit. Il est chanteur et bassiste. Sampson a gravé "Closer to the blues", en compagnie de Barry Levenson en 2000, et "Three shades of blues" en 1995.

Ce duo multiracial est responsable d’un country blues acoustique d'excellente facture. Dès le premier titre, on tombe sous le charme. Tout au long de ce "Someday", la voix de Sampson, très sombre, épouse celle du monstre sacré du roots blues, Taj Mahal. Deux guitares et un harmo soutiennent l’ensemble. "Dusty mule" est imprimé sur un tempo tout aussi indolent. L’atmosphère devient lugubre. Elle est même chargée de tristesse. Baxter arrache des sonorités incroyables de son bottleneck. La prise de son est impeccable ; c'est comme si l'artiste était juste devant vous. On peut entendre le son des doigts sur les cordes et le glissement du bottleneck. Magique, cette slide nous transporte sur les berges du Mississippi, au coeur du Delta. "Haunted" est à nouveau dominé par les tonalités métalliques des cordes. Le climat devient oppressant. Pourtant, la voix de Jake manifeste une autorité naturelle. Trempé dans le country/folk/blues, "Jaime Lynn" est davantage bercé de douceur et de sérénité. Une piste illuminée par des interventions de mandoline. Sampson chante nonchalamment "Same old pain", dans un style proche du swamp blues laidback de Tony Joe White, même si la voix rappelle plutôt John Lee Hooker. Manifestement, nous pourrions contempler le calme absolu d'un marais louisianais, sur une telle bande sonore ciselée par des cordes acoustique. "Soul" élève le tempo. L’expression de la voix laisse transparaître un sourire. "Don't it make you feel good" opère un changement radical de style. Matt excelle lors de ce blues électrique aux accents latins. La voix est moins grave. Tony Coleman se charge des drums et Dave Pellicciaro de l'orgue Hammond B3. Le coup de bottleneck meurtrier revient pour "Little girl gone", une compo qui macère de nouveau dans une ambiance ténébreuse, hantée par la voix angoissante de Jake. "Take me back home" est un autre un blues déchirant. John Lee Hooker se réincarne dans la peau de Sampson. Il gratte nerveusement sa guitare rythmique, alors que le piano de Simon Russell prépare discrètement l'arrivée de la slide. "Highway 54" clôt cet excellent opus, un blues minimaliste tourmenté par la voix caverneuse et déchiré par le bottleneck …

 

Trampled by Turtles

Quelque part au cœur du Midwest…

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A l’instar de Low, Trampled by Turtles nous vient de Duluth, dans le Minnesota. Fondée en 2003, cette formation compte déjà 6 albums à son actif. Aux States, le quintet jouit d’une solide notoriété. Faut dire que la roots music y est encore très populaire. Sur le Vieux Continent, son crédit se limite aux aficionados du style. Comme chaque année, avant les festivals d’été, le Botanique tente de nous faire découvrir des artistes ou des groupes totalement méconnus du grand public. Et ce soir, ce coup d’essai s’est transformé en coup de maître…

Pour accueillir le combo étasunien, les organisateurs ont choisi la Rotonde. En configuration assise. Et le public est conséquent. Pourtant, après deux titres, on était en droit de craindre le pire pour la suite des événements. En fait, il fallait le temps que le band prenne la température des lieux. Car la suite va se révéler épatante. Le line up réunit 5 musicos. Armés d’un violon, d’une guitare, d’une mandoline, d’une basse acoustique et d’un banjo, les musicos revisitent le bluegrass traditionnel, tout en n’oubliant pas d’inclure leurs hits, imparables de l’autre côté de l’Atlantique. Et ce sont de véritables virtuoses. Et en 90 minutes, ils vont littéralement mettre le feu à l’auditoire, en adoptant une attitude presque punk ! Pourtant, cette frénésie, ils la libèrent avec respect, classe et originalité. Dispensant des morceaux issus de leurs 6 opus, dont le dernier en date, le magnifique « Stars and Satellites ». La voix de Dave Simonett est éraillée. Les interventions au violon de Ryan Young sont délirantes, et celles de Dave Caroll au banjo, épileptiques. Hormis le bassiste, les membres du groupe portent la barbe. C’est dans la tradition ! En quelques morceaux, leurs mélodies sont susceptibles de nous projeter quelque part au cœur du Midwest, dans un saloon. Une description visionnaire qui explique pourquoi leur style supposé soporifique, se mue en réalité fascinante. Et puis aussi parce que Trampled by Turtles parvient à rendre au genre, ses lettres de noblesse. Ravi, le public a même obtenu le rappel qu’il réclamait, malgré un set particulièrement copieux. Une belle découverte !

(Organisation Botanique)

 

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