L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Angel Olsen

Les ondes cosmiques d’Angel Olsen…

Angel Olsen publiera « Cosmic Waves Volume 1 », ce 6 décembre 2024. Il s’agit d’une compilation de nouvelles chansons originales de Poppy Jean Crawford, Coffin Prick, Sarah Grace White, Maxim Ludwig et Camp Saint Helene sur la face A, et un ensemble de reprises des artistes susmentionnés interprétées et enregistrées par Olsen sur la face B.

Il y a quelques années, Olsen a discrètement créé ‘somethingscosmic’, un nouveau label qui lui permet d'avoir la flexibilité de sortir quand et comme elle le souhaite avec l'aide de ses partenaires de longue date chez Jagjaguwar. « Cosmic Waves Volume 1 » se présente comme une compilation réimaginée sous forme de dialogue. Chaque chanson, sans surprise, met en lumière un nouvel artiste qu'Olsen trouve spectaculaire. Entendre Olsen réfracter les compos de ces artistes vers eux-mêmes, révèle la profondeur de l'imagination d'Olsen et met également en lumière ces nouveaux talents. Ces artistes puisent dans une myriade de sons, d'époques et d'inspirations. Cet elpee recèle le grondement magnétique et la lourdeur des guitares de Poppy Jean Crawford, le fuzz psychédélique et insouciant de Coffin Prick, la voix et la mélodie hypnotiques de Sarah Grace White, le minimalisme expert de Maxim Ludwig et le folk magnifique de Camp Saint Helene.

Le premier extrait de Cosmic Waves Volume 1, « Glamorous » de Crawford et la reprise par Angel Olsen de « The Takeover » de Crawford sont déjà disponibles à l’écoute.

Angel Olsen a déclaré : ‘Personnellement, j'apprends toujours quelque chose de nouveau sur le processus lorsque j'utilise les mots et les mélodies de quelqu'un d'autre d'une manière aussi proche. C'est amusant d'écrire et de faire ses propres chansons, mais écouter et s'imprégner de différents styles de chansons peut conduire à de nouvelles façons de penser et de créer.’

Le clip de « Glamorous » est disponible ici

 

 

You Said Strange

La genèse suivant You Said Strange…

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You Said Strange vient de publier son nouveau single, « My own god », dans la tradition de l'indie rock, une compo simple mais très mélodique qui explore le rapport à la confiance. Le groupe y aborde le thème complexe de la trahison et de la désillusion, démystifiant les héros en qui nous avons placé notre confiance mais qui nous ont finalement déçus. Soyons notre propre Dieu !

You Said Strange utilise une métaphore spirituelle pour explorer l'idée que, si un créateur n'existe pas, nous l'avons inventé pour construire un cadre, une conduite et édifier une société. C'est une expérience musicale puissante et parfaite pour une réflexion profonde…

Le clip de « My own god » est disponible ici

 

 

You Said Strange

La suite des aventures de You Said Strange…

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Après avoir publié un 1er volume de son « Thousand shadows », You Said Strange nous en propose son second. Et il paraîtra ce 28 avril 2023.

‘Un deuxième chapitre était nécessaire pour mettre en lumière les nombreuses ombres qui traînent encore partout’, a déclaré le groupe. ‘Les ombres qui s'attardent sur les frontières, cachant la violence des combats pour celles-ci. Les ombres que le temps a sur les relations et leur persistance, car les ombres bougent.’

Au milieu de sonorités de shoegaze, de noise pop et de rock psychédélique, You Said Strange incante sa musique au sein de laquelle la mélancolie, l'amour et la recherche de plénitude se rencontrent.

En attendant, la formation nous en propose son premier single, « (Song For A) Wasted Land », sous forme de clip, et il est à voir et écouter

 

 

The Black Angels

Wilderness of mirrors

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Le précédent opus de The Black Angels, « Death song », remonte à 2017. Depuis, le line up du band a subi de profondes modifications, puisque Kyle Hunt et Nate Ryan ont cédé leur place au multi-instrumentiste Rami Verdooren et au sixcordiste Jake Garcia. Le quintet est, bien entendu, toujours drivé par le chanteur/bassiste/organiste Alex Maas et compte toujours en ses rangs la drummeuse Stephanie Bailey ainsi que le guitariste Christian Bland.  

Produit par John Agnello, « Wilderness of mirrors » constitue le 6ème elpee de cette formation texane (Austin) dont le patronyme été emprunté au titre « The Black Angel's Death Song » du Velvet Underground. Pourtant, la musique émarge surtout au psychédélisme. Et tout au long de « Wilderness of mirrors », elle emprunte au Floyd de Syd Barrett, à Love, aux Beatles circa « Tomorrow never knows » et au 13th Floor Elevators. Sur l’excellent « The river », le groupe évoque spécifiquement ces références. Et le rythme lancinant du titre maître ainsi que la voix flottante de Maas s’inspirent manifestement des premiers elpees du Pink Floyd. « 100 flowers of Paracusia » nous replonge dans la Californie des Byrds et de Jefferson Airplane. Un psychédélisme West Coast qui alimente « Vermillion eyes », une plage rognée par un clavier vintage et qu’imprime un tempo syncopé. « A walk on the outside » adresse un clin d’œil au band de feu Roky Erickson. « History of the future » libère des décharges électriques rampantes. Caractérisé par son drumming martelé, « El jardin » s’autorise des giclées de guitares joyeusement discordantes. Et elles passent au fuzz sur l’intense « La Pared (Govt. Wall Blues) », une piste au cours de laquelle des cloches d’église sont invitées. Plus enlevé, « Empire falling » est aussi pugnace qu’emballant. Enfin, « White a trace » est canalisé par une section rythmique lancinante, alors qu’en début de parcours le cri d’un guerrier indien nous avertit peut-être qu’il vient de déterrer la hache de guerre. Des sonorités d’orgue lointaines voilent le presque acoustique « Here & now ». Elles deviennent sibyllines et ténébreuses sur « Suffocation », le morceau qui clôt ce superbe album, dont les lyrics continuent de traiter des rapports entre les êtres humains, l’individu et la société…

Angel Olsen

Big Time

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En quelques années, Angel Olsen a complètement changé de statut. Après avoir été choriste auprès de Bonny Prince Billy, la native de Saint-Louis a décidé de se lancer dans une carrière solo. Depuis, elle a publié six albums (partagé entre compositions personnelles et reprises). Son premier, « Half Way Home », est paru en 2012. Intitulé « Burn Your Fire For No Witness », le deuxième émargeait au folk rock. Un style qu’elle va embrasser jusqu’en 2019, moment choisi pour se plonger dans la dream pop aux accents 80’s, en gravant « All Miror ».

Tout au long de « Big Time », Angel explore le terroir américain en revisitant la country. Riche et soignée, l’instrumentation (lap steel, cuivres, orgue, …) met bien en exergue la magnifique voix d’Olsen. A l’instar des superbes « All The Good Times » et « Right Now ». Certaines plages sont propices à l’introspection. Une compo comme « Big Times » a été marquée par son ‘coming out’ et le décès de ses parents. Et des morceaux tels que « Ghost on » ou « All the Flowers » baignent au sein d’un climat particulièrement mélancolique.

A 35 ans, Angle Olsen est devenue une des songwritrices les plus talentueuses de sa génération…

Vangelis

L’Odyssée a pris fin pour Vangelis…

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De son véritable nom Evángelos Odysséas Papathanassíou, Vangelis est décédé ce 17 mai 2022, à Paris. Ce compositeur, claviériste et percussionniste grec y avait d’ailleurs déjà vécu à la fin des 60’s.

Autodidacte, il a pourtant d’abord sévi dans le milieu du jazz. Ses premiers pas, il les accomplit au sein de The Forminx. Mais déjà, il s’intéresse à la musique électronique (certains médias le considèrent comme un des pionniers), puis commence à adapter des thèmes classiques pour les transformer en chansons pop, un peu dans l’esprit de Procol Harum (NDR : notamment pour l’orgue). Son premier grand succès, il le rencontre au sein d’Aphrodites’s Child, en compagnie du chanteur, feu Demis Roussos, du batteur Lucas Sideras et du guitariste Silver Koulouris. Son titre ? « Rain & Tears », une chanson inspirée du canon de Pachelbel. Le groupe va aussi publier un album culte incontournable, « 666 », en 1972, un œuvre qui va pourtant mettre fin à l’aventure du groupe hellène. Mais en même temps préfigurer la nouvelle orientation musicale de Vangelis : la prog. Il émigre d’ailleurs à Londres, fin des 70’s, et se lie d’amitié avec Jon Anderson, le chanteur de Yes. Il devait d’ailleurs remplacer Rick Wakeman, mais refuse finalement la proposition ; et c’est Patrick Moraz qui va reprendre la place derrière les claviers. Jon et Vangelis vont publier trois albums au cours des eighties et surtout décrocher deux énormes tube, « I hear you now » et « I'll Find My Way Home » (NDR : deux elpees qui portent le même titre, mais sans leur consentement mutuel, sortiront pendant les 90’s).

Vangelis se replonge alors dans les expérimentations synthétiques, mais surtout compose de nombreuses musiques de films qui deviendront cultes, comme celles consacrée à « Blade Runner », « Missing » et « Les Chariots de feu » … En tenant compte de ses collaborations, il doit avoir gravé une cinquantaine d’albums…

RIP

 

You Said Strange

Thousand shadows Vol.1

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Quand on parle de Giverny, systématiquement on pense au jardin de Claude Monet. Giverny, c’est également de cette commune normande que nous vient You Said Strange, un quintet qui avait bénéficié du concours de Peter G. Holstrom, le guitariste de Dandy Warhols, aux manettes, pour enregistrer son premier elpee. 

« Thousand shadows Vol.1 » constitue donc son second. Un disque qui fait la part belle aux guitares. Et le long playing s’ouvre par « Mourning colors », une piste qui nous replonge au début des eighties. Enlevée, caractérisée par une intervention de saxophone en fin de parcours, mais surtout illuminée par les cordes de grattes claires, chatoyantes, tintinnabulantes, elle ranime la flamme d’une expression sonore magnifiée par Sad Loves & Giants, il y a presque 4 décennies…

Le reste de l’album oscille entre shoegaze, garage, psychédélisme, krautrock et même new wave sur le morceau qui clôt le long playing, « Landed » (7’42 quand même !), malgré ses arrangements atmosphériques. On épinglera encore « Run away », une compo que tapisse un orgue crépusculaire, dans l’esprit des Dandy Warhols… Ou « Treat me », une piste littéralement boostée par ce saxophone…   

Angelo Badalamenti + David Lynch

Thought Gang

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Après avoir réhabilité John Carpenter, il semble que le label de Brooklyn, Sacred Bones, ait décidé de mettre en exergue des cinéastes cultes ! Il y a près de 25 ans, David Lynch et Angelo Badalamenti enregistraient « Thought Gang » ; mais cet opus vient enfin de bénéficier d’une sortie officielle ! Une conséquence de la 3ème saison de ‘Twin Peaks’, probablement… 

En mode spoken word, le jazz expérimental du duo avait été interprété en totale improvisation et faisait suite à leur collaboration sur la première saison de la célèbre série policière télévisée ; mais le résultat n’avait jamais été gravé depuis. Grady Tate, le batteur d’Herbie Hancock, y avait participé.  

Free jazz, cette musique n’est, bien entendu, pas facile d’accès ; et ce n’est pas une surprise lorsqu’on connaît l’univers barré, déroutant, intéressant et unique de Lynch.

Un album avant-gardiste, à la limite de l’art contemporain. Plus ‘Island Empire’ que ‘A True Story’, donc…


 

Guy Belanger

Eldorado

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Guy Bélanger est un harmoniciste canadien notoire. Québécois, cet auteur, compositeur et interprète puise ses influences dans le blues, le folk et le jazz. Il a apporté son concours à de nombreux artistes célèbres comme Cécile Dion, Bob Walsh ou encore au spectacle ‘Le Cirque du Soleil’. Pour enregistrer son sixième elpee solo, "Eldorado", il a reçu la collaboration de son backing group (un trio !) et de quelques invités… 

Guy n'est pas un chanteur exceptionnel. Pas étonnant qu’il privilégie les plages instrumentales. Six sur les onze de cet "Eldorado" ! Et en ouverture, "Carving the wind" donne le ton. Guy sculpte le vent quand il souffle dans sa musique à bouche… Le titre maître symbolise sa ‘quête’ pour sa musique. "Wicked" et "Ganga" mêlent jazz et musique indienne. Guy imprime le "Bright side for the road" de Van Morrison sur un tempo enlevé. L'harmonica et les cordes de Robert Macdonald en profitent pour prendre leur envol, alors que l'orgue Hammond et le piano tapissent l’ensemble. Blues purs et durs, "When will I know", "Four little words" et "Hummin'" évoluent sur un tempo lent. Caractérisé par l’intervention d’un violoncelle et le recours d’un bottleneck, ce dernier morceau rend un vibrant hommage aux légendes du Chicago blues comme Muddy Waters, Junior Wells et James Cotton. Mr Bélanger ouvre une parenthèse très roots à "Sign of the times", un morceau signé Prince. Acoustique, la version est traduite en blues originel et met en exergue la démonstration de Mathis Haug au chant et aux cordes (NDR : de nationalité allemande, mais établi en France, il drive sa propre formation baptisée The Mathematiks) …

Joost De Lange

Lonesome Wolf

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Drivé, vous vous en doutez, par Joost De Lange, ce power trio fondé il y a une dizaine d’années est issu d’Anvers. Il implique également le drummer Ramses Donvil et le bassiste Mitchell Goor. Son blues/rock classieux s’inspire de légendes comme Jimi Hendrix, Rory Gallagher ou Stevie Ray Vaughan. Joost est natif de Middelburg, en Zélande, et s'il aime le blues, il revendique aussi sa passion pour le hard rock. Son premier elpee, "Outlaw" remonte à 2010. "Lonesome wolf" constitue son sixième et fait suite à "Live in Antwerp", paru en 2017. Les onze plages sont signées Joost ! Et la musique baigne bien au cœur d’un hard rockin' blues qui ne manque pas de détermination, il faut l'avouer !

Dès les premières plages, on en est d’ailleurs totalement convaincus. La construction est solide et puissante, le sens mélodique soigné et la section rythmique très soudée. "Drifting away" et "Best shot" en sont de belles illustrations. Joost est un gratteur doué, inspiré, dont le rock flirte quelquefois avec le métal. Plusieurs plages affichent ouvertement les références aux mythiques guitaristes disparus du blues rock. Et tout d’abord à Stevie Ray Vaughan sur l’indolent "The river", quand le maître retravaille le classique du blues "Tin Pan Alley" ; cependant, confessons-le, Joost ne possède par la voix du Texan disparu ! Et puis "Lonesome wolf", une piste caractérisée par sa rythmique implacable et sa guitare conquérante. Toujours bien blues, "Dreams" se distingue par son envol de cordes tout en finesse. Le rock refait surface en fin de parcours. Et notamment tout au long de "Soul on fire" et lors de la finale "The Rambler", des morceaux qui lorgnent carrément vers Deep Purple. Enfin si la plage pop/rock "I'll be waitin" ne manque pas de charme, "Rock'n'roll radio" porte bien son titre, une compo accrocheuse rappelant le célèbre trio texan, Z.Z. Top. Ambiance!

Joost De Lange Band

The Coathangers

The devil you know

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« The devil you know » constitue déjà le sixième opus de The Coathangers, un trio féminin issu d’Atlanta, dont le discours engagé est reflété à travers ses lyrics revendicateurs. Ainsi, ils n’hésitent pas à fustiger le port des armes à feu aux States, ainsi que les bavures qui en découlent, quand ils ne condamnent pas le capitalisme, le matérialisme, le harcèlement en rue ou encore ne critiquent pas les moralistes…

Atlanta oblige, la plupart des compos sont hantées par les B52’s. Surtout à cause des harmonies vocales, même si individuellement, la voix de Julia Kregel est plus douce et celle de Stephanie Luke, plus rugueuse et caustique. Les riffs de gratte sont énergiques, fulgurants, implacables, sauvages ou syncopés, un peu comme chez les Pixies. La ligne de basse est implacable et cotonneuse. Et le tempo imprimé par les drums est très souvent tribal. Bref, baignant au sein d’un climat post punk, les compositions sont redoutables, menaçantes, et s’autorisent même des breaks déroutants (« Crimson telephone ») ou des changements de rythme imprévisibles (« Last call »), s’achevant pourtant par un morceau plus doux, mais tout aussi sombre (« Lithium »).

Audacieux !

A Place To Bury Strangers

Pinned

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Depuis 2003, année de sa fondation, A Place to Bury Strangers, s’est forgé une solide notoriété sur la scène musicale alternative. Il est d’ailleurs reconnu comme un des groupes les plus bruyants de la Grosse Pomme.

Depuis la sortie de son dernier opus, le groupe a vécu quelques changements de line up. Le batteur, Robi Gonzalez, a décidé de quitter le navire après la dernière tournée du band. Il a été remplacé par Lia Simoni Braswell, une ex-Le Butcherettes. « Pinned » constitue le cinquième elpee du combo et le troisième publié chez Dead Oceans. Et c’est un petit tournant dans la discographie de A Place to Bury Strangers.

Pourtant, dès le morceau qui ouvre le long playing, « Never Coming Back », on se rend compte que la musique du combo new-yorkais n’a guère baissé en intensité. Le tempo est frénétique. Lia Braswell assure les chœurs. Ses backing vocals sont même quasi-omniprésents. Mais si la ligne de basse est toujours aussi appuyée et directrice et les sonorités, bien saturées, l’ensemble se révèle un peu moins noise… lorgnant même parfois vers la pop, baissant même quelque peu la garde tout au long du post-punk « There’s only one of us » ainsi que « Situations Changes » et s’autorisant même un accès mélancolique, tout au long du ténébreux « Was it Electric »…

Le concours de Braswell a forcé le band à évoluer. Sans perdre pour autant son identité. Certains mélomanes vont apprécier. Les aficionados de la première heure, sans doute moins. A mon humble avis, la mutation est judicieuse… et surtout réussie…

 

Guy Belanger

Traces & scars

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Cet auteur/compositeur/harmoniciste québécois s’était lancé dans le blues traditionnel, en 1974, après avoir rencontré son concitoyen, Bob Walsh (NDR : il est décédé le 15 novembre 2016, à Montréal). Pas étonnant, qu’à l’époque, il décide de rejoindre son band, participant même, en sa compagnie, à de nombreuses tournées. Il élargit ensuite son spectre musical en apportant notamment son concours à Céline Dion et à la troupe du Cirque du Soleil. Il signe également de nombreuses musiques de film. Il entame ensuite une carrière solo et publie son premier elpee, en 2012. Un éponyme. En 2014, il grave "Blues Turn", à Chicago, opérant ainsi un retour au blues. L’année suivante, il décroche le prix du meilleur harmoniciste canadien. Et aux dernières nouvelles, il vient de remporter le même trophée, début 2018. "Traces & scars" constitue son septième LP. Il réunit 10 plages instrumentales personnelles et deux titres chantés.

Empreint de tristesse et de mélancolie, "My dearest friend" ouvre l’opus, une compo qui rend hommage à son ami regretté, Bob Walsh. "Better days" baigne au sein d’un environnement musical très riche. S’y distinguent lap et pedal steel, mais surtout les interventions créatives à l’harmo. Une pedal steel qu’on retrouve tout au long de "Les mauvaises herbes", une superbe B.O. de film, hantée par le piano.

Blues, "Fat boy" met en exergue, les cordes acoustiques de Preston Reed. Et puis, "See the light" est raffiné par l’harmo et dynamisé par les cordes électriques bien rock de Kaven Girouard, le gratteur attitré de Céline Dion. "Nitassinan" creuse jusqu’aux roots. "Not time" plonge au cœur d’une atmosphère louisianaise, et tout particulièrement de son culte vaudou. Compatriote, Luce Dufault (NDR : elle a fait partie de la troupe Starmania) chante "Who’s Left Standing", un soul/blues indolent.

 

Death Angel

Du Thrash qui a du cœur

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Le Trix d’Anvers accueille, au beau milieu du mois de novembre, trois grandes pointures du Thrash : Testament, Annihilator et Death Angel. L’occasion de revenir sur l’actualité de ces derniers. Ont-ils prévus quelque chose de neuf sous le sapin ? Quel regard portent-ils sur leur 9ème elpee studio, « The Evil Divide » ? Quelques réactions recueillies en backstage, peu avant le lancement des hostilités.

Après un trajet en voiture pour le moins chaotique –le mois de novembre nous réservant, en cette fin d’après-midi, tout l’éventail des joyeusetés météorologiques qu’il a en stock– votre serviteur débarque enfin dans la salle anversoise en accusant un quart d’heure de retard. Le temps de passer un coup de téléphone à la ‘tour manager’, afin de lui signaler ma présence sur les lieux, elle répond, un peu confuse, devoir d’abord régler un petit problème et qu’elle me rejoindra plus tard. S’il faut patienter, alors autant lier l’utile à l’agréable et jeter un œil aux mouvements qui se produisent dans la salle de concert. Quelques roadies sont au turbin. Ils préparent la stage pour le show de Testament, la tête d’affiche du jour. Une imposante silhouette observe ce qui se déroule sur le podium. C’est Chuck Billy, le chanteur de Testament. Fidèle à son surnom, ‘The Chief’, il vérifie que tout soit en ordre. Assister au soundcheck de ce band yankee, il y a pire comme situation, dans la vie. La ‘tour manager’ finit enfin par arriver. Ce ne sera finalement pas le guitariste Rob Cavestany qui répondra à mes questions –il est encore dans les bras de Morphée– mais bien son acolyte, Ted Aguilar. On s’adaptera, ‘keep it rockin!’

C’est aujourd’hui la troisième fois cette année que vous foulez le sol belge. Les fans du groupe qui y vivent, n’ont donc pas d’excuses à faire valoir s’ils n’ont pas eu l’occasion de vous voir en concert, au cours de l’année 2017 !

Ted Aguilar : (il rigole) oui, en effet ! Et c’est aussi la seconde date à Anvers. On y était déjà passé cet été, dans le cadre de l’‘Antwerp Fest’ (NDR : qui s’est déroulé le 9 juillet) ! Mais la dernière fois qu’on a mis les pieds ici au Trix, c’était lors du ‘Thrashfest’, en 2010. Suicidal Angels, Exodus et Kreator étaient également à l’affiche.

Votre dernier long playing en date, « The Evil Divide », est maintenant sorti depuis un peu plus d’un an. Quoi de neuf à l’horizon ?

Un an et demi pour être précis ! Concernant notre prochain LP, on en a en effet déjà discuté ensemble… On a bien quelques idées, mais encore rien de concret. On va sérieusement se remettre à l’ouvrage après les fêtes de fin d’année. Quoi qu’il en soit, c’est de toute façon prévu !

Comptez-vous composer des morceaux dans le style de ceux qui figurent sur votre précédent opus ?

Ah… c’est une question à laquelle il est toujours difficile de répondre… Quand on compose, on ne pense pas nécessairement à ce qu’on a fait auparavant. On souhaite simplement réaliser les meilleures chansons possibles. D’autant plus que quand on se met à écrire, on n’a jamais vraiment une vue d’ensemble au moment présent. Du moins, en ce qui me concerne. Ce n’est que lorsque le master est prêt, que je m’assieds, je l’écoute et peux enfin conclure : ‘Ah ouais, je vois enfin ce que ça donne maintenant…’ (il rigole). Je ne suis pas le compositeur principal, je possède donc encore moins cette vision globale. Il m’est donc quasi impossible de présager ce qu’on va produire… On va écrire et puis on verra bien !

Dan le processus d’écriture chez Death Angel, vous composez d’abord la musique ou les paroles ?

La musique ! Rob (NDR : Cavestany, le guitariste principal) est généralement le premier à composer, sur base de quelques-unes de ses idées ou un squelette du morceau qu’il a imaginé. On se voit ensuite, lui et moi. On en parle jusqu’au moment où on sent qu’on tient quelque chose de concret. On passe finalement à l’enregistrement et on envoie le tout à Mark (NDR : Oseguada, le chanteur de la formation). C’est à partir de cet instant que Mark commence à prendre son stylo et du papier et qu’il se lance dans l’écriture des lyrics… Il a toujours besoin de la musique au préalable. Il est incapable d’écrire sans support. Il doit ressentir les mélodies avant que les idées ne se mettent à germer.

Dans quel état d’esprit étiez-vous lorsque vous avez composé votre dernier long playing ?

C’est une bonne question ! Je pense qu’on souhaitait un résultat davantage Heavy et un peu plus mélodique. L’album précédent, « The Dream Calls for Blood » (NDR : paru en 2013), était vraiment très Thrash. On a bien sûr conservé cet aspect rentre-dedans au niveau de la rythmique, mais musicalement, la coloration est bien plus Heavy. Mais bon, on reste évidemment un groupe de Thrash. Mais quand tu écoutes une chanson comme « Father of Lies », surtout le début du morceau, tu ressens cette petite touche propre à Black Sabbath. Et de manière plus générale dans « Lost »… Tu sais, quand Rob a écrit ce titre, il pensait à l’ambiance si particulière qui règne en festival, quand tout le monde lève les bras et crie en même temps. Il voulait vraiment que ce morceau incite les festivaliers à chanter. Je pense que nous étions dans cet état d’esprit à ce moment-là : insuffler une ambiance de festival, tout en parsemant ça et là, la compo de quelques touches de Heavy.

Te souviens-tu du groupe ou du morceau qui t’a transmis le virus du Metal ?

(il prend le temps de réfléchir) Wow, ça remonte ! Je pense que c’était du Black Sabbath… mais la période au cours de laquelle Dio était au chant (NDR : à partir donc de 79). Je n’ai vraiment découvert les compositions impliquant Ozzy Osbourne que plus tard. Je pense que c’est à cette époque que j’ai flashé sur ce qu’était le son typiquement lourd du Metal. Je me souviens aussi de l’album « Mob Rules ». Sa pochette était vraiment terrifiante. En réfléchissant, c’est un des premiers skeuds de Metal que j’ai écouté…

Le 20 janvier prochain, vous vous produirez en compagnie d’autres bands pour une soirée caritative afin de venir en aide à Sean Killian, le vocaliste de Vio-Lence (NDR : atteint d’une cirrhose, récemment diagnostiquée, il est en attente d’une transplantation). Pour vous, la solidarité n’est pas un vain mot ?

En apprenant cette terrible nouvelle, quelques groupes de la Bay Area dont Exodus, Testament et évidemment le nôtre ont décidé d’organiser un show ensemble et d’y jouer, entre autres, quelques morceaux de Vio-Lence. Toutes les recettes de cette soirée seront destinées à Sean pour son traitement. On espère du peuple pour ce concert un peu particulier et que de généreux donateurs assistent au spectacle. Je pense aussi qu’entouré de tous ses amis issus de la Bay Area, ce soutien devrait lui apporter du réconfort. On va prendre du bon temps tous ensemble…

…et vous reproduirez ce même type d’action en fin d’année, à l’occasion de votre Xmas Show, les 15 et 16 décembre prochains, à San Francisco, afin de venir en aide aux victimes des incendies qui ont ravagé le nord de la Californie, en octobre dernier.

En effet, on a décidé de leur reverser une partie des revenus issus de la vente des tickets et du merchandising. On y vendra également quelques trucs sympas du groupe, dont notamment l’une ou l’autre guitare. On fera de notre mieux !

L’espace contigu de la backstage de Death Angel, environs 8m², commence à devenir un peu à l’étroit pour quatre personnes. En effet, au cours de l’interview, le batteur Will Caroll et le vocaliste Mark Oseguada nous ont rejoints dans la loge. Ce dernier, sort à peine de la douche et ne porte qu’un essuie de bains autour de la taille. Il est d’ailleurs occupé de se brosser les dents. Un cadre quelque peu surréaliste ! Il est temps que je quitte temporairement mes hôtes du jour, pour les retrouver une poignée de minutes plus tard, sur les planches…

Interview réalisée le dimanche 12 novembre, au Trix d’Anvers.

(Merci à Nuclear Blast d’avoir permis cette rencontre !)

Angel Forrest

Angel’s 11

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En 27 ans de carrière, cette chanteuse canadienne a publié neuf albums. Elle a été plébiscitée meilleure chanteuse de blues dans son pays (Maple Blues Awards), trois années consécutives, soit en 2013, 2014 et 2015. Elle a fêté son anniversaire le 11 mars dernier, et en a profité pour sortir ce nouvel opus, "Angel's 11". Un disque dont les 11 plages sont signées par Angel et son partenaire et qui bénéficie de la participation de onze guitaristes différents. Une prouesse assurément ! C'est en interprétant le rôle de Janis Joplin, dans un spectacle qui lui rendait hommage, qu'elle s'est fait connaître. Et en 1997, elle récidivait à travers "Angel sings Janis live".

L’opus démarre en force par "Hangman", un excellent blues/rock. Angel a sacrée une voix. Mais pas au point de soutenir la comparaison avec celle de feu l’illustre Texane. Johnny Flash est un fameux gratteur. De son véritable nom Jean-Sébastien Chouinard, il participe régulièrement aux tournées de Garou. "All the way" aurait pu figurer au répertoire des Rolling Stones voire de Rod Stewart. La voix d’Angel est éraillée. Elle chante au sein d’un climat cuivré. Et c’est l’excellent Rob McDonald (NDR : un Torontois) qui est préposé à la six cordes. Toujours cuivré, "Spoil me up" est un r&b funkysant au cours duquel les interventions de Steve Strongman –qui a embrassé depuis peu une carrière solo– sont à la voix créatives et originales. Le jeune Ricky Paquette (24 ans) communique son enthousiasme à "Hold me tight", un blues rocker qui balance pas mal. Dimitri Lebel-Alexandre se consacre à la pedal steel sur "Tumbleweed", une piste aux accents country. Roots blues, "Goodbye" est dominé par la voix claire de Miss Forrest. Paul Deslauriers (NDR : c’est le leader du combo montréalais, PD Band) est à la sèche et sa sortie est superbe. Angel injecte un max de passion et de détermination à "Let me go", une ballade r&b indolente, circa Stax. Et paradoxalement, le jeune Kim Greenwood (26 ans) parvient à y révéler tout son potentiel. Corey Diabo, le gratteur de Jonas & The Massive Attraction, s’impose sur le rockin' blues "Wildflower, mais ses interventions sont un peu trop métalliques à mon goût. Autre Montréalais, Shane Murphy s’autorise des dérapages contrôlés tout au long de "Touch of my hand", un funky blues lent qui arrache. Probablement un des meilleurs titres du long playing. Autre blues lent, "Crucify" privilégie la mélodie. Un morceau tapissé par l'orgue Hammond et que chante passionnément Mrs Angel. Une plage qui bénéficie de la participation d’un des meilleurs, sinon du meilleur guitariste de blues canadien, Steve Hill. Il se réserve ici un envol prodigieux, mais tout en sensibilité. Le sommet de l’elpee ! La finale est royale. Une ballade sculptée dans les cordes acoustiques par Adam Karch (NDR : encore un Montréalais !) Très expressive, la voix d’Angel y est bien mise en relief.

 

A Place To Bury Strangers

Pas encore prêt à finir six pieds sous terre…

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A Place To Bury Strangers avait littéralement retourné la ‘Cannibal Stage’, lors de la dernière édition du Dour Festival. La formation yankee est de retour en Europe pour y accomplir une nouvelle tournée. Il faut dire qu’il ne se passe pas un an sans que avoir des nouvelles du trio de shoegaze. C’est à l’Aéronef de Lille que votre serviteur a décidé d’être enseveli en ce début de mois d’avril.

La première partie est assurée par Rape Blossom. Un groupe gantois dont le post punk lorgne manifestement vers Joy Division. Ravi d’être là, le quatuor ne s’économise pas sur les planches. Chargée d’intensité, sa prestation se savoure comme un bel amuse-gueule, avant le plat de résistance.

Il est un peu plus de 21 heures lorsque le trio de Brooklyn monte sur l’estrade. Il entame son set par « We’ve Come So Far », une compo issue de son dernier elpee, « Transfixiation », sorti l’année dernière. Et la set list ne va en extraire que deux. Peut-être nostalgique, le band new-yorkais a –semble-t-il– décidé d’en revenir aux sources, en interprétant une majorité de morceaux datant d’au moins cinq ans. Certains en comptent même dix ! L’auditoire, majoritairement composé de mélomanes âgés d’une vingtaine d’années, semble d’abord un peu surpris par ce choix auquel il semble peu habitué. Mais A Place To Bury Stangers ne jouit pas d’une réputation de groupe le plus bruyant des Etats-Unis pour rien ; et progressivement, la mayonnaise commence à prendre. Les hochements de tête du début de set se transforment rapidement en bras levés puis en mouvements de foule. La recette magique du trio ? Une guitare agressive et une basse robuste accompagnant à merveille des percussions frénétiques.

Afin de permettre au combo de se ménager un entracte, Oliver Arckemann et Don Lunadon, respectivement guitariste et bassiste, descendent dans la fosse. On devrait donc vivre une expérience différente. Soit un titre électro. Interprété sans aucun son de corde mais à l’aide d’une console. Un choix surprenant et finalement peu intéressant. On préfère largement APTBS quand il nous balance du gros son !

Retour sur les planches pour les trois derniers morceaux. C’est par l’excellent « I've Lived My Life To Stand In The Shadow Of Your Heart » que le groupe clôt son spectacle. Issue du deuxième effort des Américains, réalisé en 2009, la composition est largement allongée ; certainement d’une dizaine de minutes, pour la circonstance. C’est le délire dans la foule qui se lance dans un pogo presque collectif. Ce qui ne freine –bien sûr– absolument pas le groupe dans son entreprise de pilonnage en règle ; il en remet même plusieurs couches, avant le finish au cours duquel les guitares volent même en l’air.

Comme la formation n’est guère interactive, le concert semble passer à une vitesse dingue. Finalement, il n’aura duré qu’un peu moins d’une heure. Presque sans le moindre temps mort. Mais A Place to Bury Strangers y a démontré une nouvelle fois que son statut de groupe bruitiste n’est pas usurpé et qu’a contrario de ses instruments, il n’est pas prêt à finir six pieds sous terre !

(Organisation : Aéronef)

The Orange Revival

Futurecent

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Quatre ans après avoir publié un premier album autoproduit, The Orange Revival a déniché le label de ses rêves. Le groupe suédois est en effet parvenu à incorporer le team Fuzz Club. Un environnement idéal pour développer son rock psychédélique teinté de shoegaze.

Cerise sur le gâteau, il a pu bénéficier de l'expérience de ce bon vieux Sonic Boom qui a posé sa patte patinée sur le son de « Futurecent ». Une collaboration sans douté née dans un backstage, puisque le combo a assuré la première partie de Spectrum avant l'enregistrement de l'opus. Les Scandinaves ont également eu l'opportunité de se produire en supporting act de Warlocks et White Hills, au cours de ces dernières années. 

On ne sera donc pas étonné de découvrir le nom de Spacemen 3 dans la longue liste de formations susceptibles d’évoquer Orange Revival. Des influences à chercher autant dans le psychédélisme des sixties (Doors, Stooges, Velvet Underground) et des générations suivantes (Brian Jonestown Massacre, Black Angels) que dans le shoegaze et la noise (Jesus & Mary Chain, The Telescopes voire Galaxie 500). Les amateurs de guitares ‘fuzz’, de synthés analogiques et de reverb trouveront donc de quoi se repaître.

De cet opus, on épinglera cependant le nonchalant single « Carolyn », les boucles entêtantes de « Setting Sun » et le final « All I Need », évoquant un Joy Division shoegaze.

Même s'il est bien difficile de s'affranchir d'influences écrasantes dans ce style, The Orange Revival manque toutefois un peu de personnalité. « Futurecent » est un elpee plaisant mais il ne se démarque pas. L'avenir nous dira si The Orange Revival est une bonne formation psychédélique de plus ou si elle est capable de se distinguer par une touche davantage reconnaissable. En attendant, ne boudons pas notre plaisir.

 

A Place To Bury Strangers

Transfixiation

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Même si c’est sur scène que sa puissance est vraiment optimale, A Place To Bury Strangers a quand même livré trois efforts studio intéressants, depuis 2007. Portée par des grattes agressives qui situent clairement le trio entre le noise rock et le post-punk, la musique des New-yorkais n’est pas vraiment conseillée pour trouver le sommeil mais plutôt pour éveiller les sens, et pourquoi pas se lever avec une pêche d’enfer le matin. Aussi, on se doutait bien que ce « Transfixiation » allait poursuivre dans la voie, ouverte par ses trois précédents elpees.

Après écoute, pourtant, le bilan s’avère mitigé. Si quelques morceaux sont clairement à la recherche de mélodie agréable, on a parfois l’impression que le groupe tombe dans une caricature de lui-même en privilégiant à tout prix la puissance du son. Le chant est trop en retrait. La production en est également responsable. Si la recette peut se révéler efficace, comme sur l’explosif « I’m So Clean » ou l’entraînant « Straight », elle se mue en véritable bouillie sonore ; et notamment sur « Love High » ainsi que « What We Don’t See ».

Et « I Will Die », piste qui clôt l’opus, synthétise plutôt bien le déséquilibre dont souffre l’LP.  Décoiffant mais bien trop brouillon, « Transfixiation » risque fort de ne pas faire l’unanimité chez les aficionados. Qui de toute manière se consoleront en assistant aux prochaines prestations ‘live’ du band ; car c’est bien là que le trio prend plaisir à nous enterrer !

 

D’Angelo

Le Messie Noir et son avant-garde…

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On n’espérait plus revoir D’Angelo en concert en Belgique. Sa dernière apparition datait du mois de juillet… 2000, lors de l’une des 77 dates de son ‘Voodoo Tour’. Faut dire que le chanteur américain s’était fait plutôt discret depuis la sortie de son dernier album « Voodoo », un disque qui lui avait permis de se faire connaître aux yeux et aux oreilles du grand public. Cette exposition médiatique nouvelle a été difficile à gérer pour l’artiste, qui a développé plusieurs addictions à la drogue et à l’alcool, ne nous livrant plus aucun projet depuis l’an 2000. Quinze années plus tard, c’est Forest National qui accueille le chanteur, originaire de Richmond aux Etats-Unis, sur nos terres pour la dernière date européenne de sa tournée consacrée à son troisième LP, « Black Messiah ».

C’est peu avant 21h00, devant un parterre d’environ 2 000 personnes, sous un décor minimaliste et sur une scène bourrée d’instruments, que D’Angelo monte sur l’estrade. Le chanteur nu soul ouvre son concert par le très réussi « Prayer ». Mais D’Angelo ne joue pas en solo très longtemps. Il est rejoint quelques minutes plus tard, par ce qu’il présente comme son nouveau groupe, The Vanguard. Et c’est justement ce qui va faire tout l’intérêt du concert. Soutenu par Pino Palladino, Chris Dave, Kendra Foster et Jesse Johnson, le concert n’en est que plus convaincant.

D’Angelo & The Vanguard enchaînent les titres du dernier long playing, mais aussi des classiques des deux précédents opus de D’Angelo ; soit « Brown Sugar » et « Voodoo ». Le public est littéralement conquis quand retentit l’introduction de « Really Love », l’un des meilleurs morceaux de « Black Messiah ». D’Angelo peut d’ailleurs compter sur ses fans pour l’accompagner sur une bonne partie du morceau. Même constat sur « Brown Sugar » et « The Charade », fortement appréciés par l’auditoire bruxellois.

Après deux heures de concert intenses où D’Angelo est apparu très proche de son public tout en laissant la part belle aux musiciens de The Vanguard sur la quasi-totalité de la set list, « Till it’s done (tutu) » ainsi que le très long mais pas moins très énergétique « Untitled (how does it feel) » achèvent le spectacle.

D’Angelo a signé un retour gagnant auprès de son public qui l’attendait depuis un long moment. Le chanteur nu soul libère beaucoup d’énergie sur les planches changeant plusieurs fois de tenue vestimentaire au cours de la soirée, au gré des séquences abordées (rock, latin, soul, funk). On a vécu un show très réussi, notamment grâce à la présence des Vanguards, bien mis en avant par D’Angelo qu’on espère cependant revoir (très vite), mais au sein d’une une salle plus intimiste afin d’encore mieux profiter de tout son talent.

(Organisation : Greenhouse Talent)

Wömit Angel

Holy Goatse

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Vingt secondes de chant liturgique, c’est le seul répit accordé par Wömit Angel avant de laisser exploser les fantasmes de leur cerveau reptilien. "Holy Goatse" vous traîne dans les plus vils instincts sataniques imaginés par les Finlandais. Hommage à un Satan qui se vautre dans les chairs déchirées, la sexualité contre-nature, le blasphème sur fond d’histoire de sorcière, de faits divers sordides ou de sadomasochisme gras. La couleur est annoncée d’entrée de jeu : tête de cochon mutilée, crochet de boucher, injure au savoir-faire des grands maîtres charcutiers. Ce n’est pas un coup d’essai pour les Finlandais. Leur premier elpee "Sodomatik Rites of I.NR.I.", sorti en 2012, nous avait déjà proposé un art qui tient plus de Jheronimus Bosch que du Douanier Rousseau. Je vous laisse chercher seul !

Au-delà de cette aura de bassesse, W. Horsepreacher, J. Violatör et Vile Anarchy proposent un Black Métal grinçant, fortement teinté de punk. Couverts de sang et de luxure, ils enchaînent les riffs, tambours violents en rythmes rapides, vocaux haineux dignes des pires moments de Sid Vicious et chœurs growls de chiens asthmatiques. Ces neuf titres regorgent d’influences : Motörhead, Impaled Nazarene, Sex Pistols, Mayhem. Mais plus qu’un ensemble linéaire,  "Holy Goatse" est une succession de bons et de moins bons moments musicaux, une sorte de manga pornographique décadent au cours duquel de véritables constructions musicales sont entrecoupées de dissonances anarchiques. C’est ce qui en fait sa richesse. La montée en puissance et en destruction auditive est progressive. Ainsi "Serpens Cauda" et "Skin’n’Fuck" restent audibles et rythmés jusqu’à ce solo de guitare, en fin de morceau, fasse un peu tache dans l’originalité proposée. "Nekrofilian kutsu" est la plage qui se réfère le plus à l’univers punk ; mais de nouveau le solo gâche un peu le plaisir. "Nailgun Crucified " constitue le moment phare de l’ouvrage. Rien à blâmer. C’est jouissif pour les amateurs de punk pur et dur. Mais à partir de "Summoning the Spirits of Agony", piste au cours de laquelle éclate la guitare à la Motörhead, on passe en mode violence totale, parfois lassante, jusqu’à la folie vocale en soixante secondes du titre éponyme. A noter encore une belle prestation dérangeante de la dame fessée dans "The Witchhammer", histoire de sorcière et de trahison sur fond de torture.

Autant, à certains moments, j’ai pris mon pied au travers de ces 24 minutes de mise en ambiance sordide et vulgaire, autant à d’autres, l’expérience est devenue insupportable. Pourtant, dans les deux cas, à chaque écoute, j’y ai déniché quelque chose de nouveau. En conclusion, si vous cherchez de l’extrême à inscrire dans votre imaginaire, si vous avez une conception du Diable qui en exclut l’adjectif  'Malin' pour en créer une image voyeuriste à la Torquemada ou si vous avez honteusement raté vos études de boucherie parce que vous aimez massacrer du gigot, alors Wömit Angel vous mettra la bave aux lèvres. Pour les fans absolus, un nouvel EP "Maggotmouth" est en téléchargement libre sur leur site (ici) ou via Facebook. Ils nous proposent deux nouveaux titres et un réenregistrement qui remercie Vile Anarchy pour son dernier crime commis en compagnie de Wömit Angel.

Si vous êtes instable émotionnellement et éprouvez des difficultés à gérer vos pulsions, passez cependant votre chemin…

 

Angelus Apatrida

Hidden Evolution

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Sortez les vestes à patchs, Angelus Appatrida est de retour. Et tout particulièrement son Thrash old-school sur un cinquième album studio baptisé « Hidden Evolution ». Fondé en 2000 à Albacete, ville du Sud-Est de l’Espagne, le groupe tire son patronyme d’un mix latino-espagnol, signifiant en français ‘les anges apatrides’ ou encore ‘les anges renégats’. Les Ibériques ne sont pas (encore) mondialement connus ; cependant, ils ont déjà tourné en compagnie de Slayer, Megadeth mais aussi Dying Fetus, Keep of Kalessin et Carnifex.

Mais revenons à leur dernier LP… Le concept qui se cache derrière « Hidden Evolution » se réfère à des découvertes et développements techniques qui auraient secrètement été dissimulés pour différentes raisons (grosses corporations, possibles dangers face à l’establishment, conspirations gouvernementales, etc.). L’œuvre aborde dans le même esprit les aptitudes des êtres humains à ramer à contresens, contre leur espèce et ce, pour des intérêts aussi divers qu’obscurs. 

« Immortal » lance les hostilités par un martèlement de batterie accompagné de guitares rapides et bien ‘thrashies’. La voix aiguë, tantôt criée, tantôt mélodique du chanteur/guitariste Guillermo Izquierdo suit le mouvement. Pas de doute, c’est un disque de Thrash. Bien roots mais, et c’est tout à leur honneur, dont la production est contemporaine et bien pêchue. Un juste milieu entre un son old-school typique de l’âge d’or du Thrash et une mise en forme ultra léchée. ‘Trop is te veel’, les Espagnols semblent l’avoir bien compris. Un souci de l’équilibre retrouvé en outre dans la rythmique, où le marteau-piqueur des blasts est compensé par de nombreuses envolées mélodiques. Thrash, certainement, mais teinté ça et là de nappes Heavy. 

Roulement de tambour, ambiance de Grand Doute et de désolation, à l’image de la pochette de cet elpee, « First World of Terror met en scène un astronaute déchu, brûlant une liasse de billets, dernier rempart d’un monde désormais stérile à toute vie humaine. Une très belle cover, signée Gyula Havancsák, un artiste qui a par ailleurs mis ses talents au service de formations comme Annihilator, Destruction, Stratovarius ou encore Grave Digger. Autant certains passages du premier morceau de l’opus pouvaient parfois évoquer un Metallica ou un Anthrax d’époque, autant les vocaux d’« Architects » font clairement penser à la voix typique de Chuck Billy, frontmen de Testament. Et ces similitudes n’ont rien de lassant, tant ses inspirations se mêlent dans un ensemble original et homogène. On se prend au jeu de tenter de découvrir les racines dans lesquelles vont puiser Angelus Appatrida, tout en appréciant en même temps leur appropriation et leur mise au goût du jour. « Hidden Evolution » bénéficie du concours d’un invité ; en l’occurrence Chris Amott (Armageddon, ex-Arch Enemy. Il se réserve la partie de gratte solo sur « Speed Of Light », morceau qui, pour l’occasion, revêt une sonorité Hardcore, principalement au niveau du chant (lead et backing vocals). Un mélange réussi ; un de plus.

J’avoue que je ne connaissais absolument pas ce band avant d’écouter ce long playing. Un parfait inconnu au bataillon thrash, qui se révèle pourtant être très intéressant et mériterait d’étendre sa popularité auprès d’un public fan d’un son old-school, qui respecte les codes des années ’80 et début ’90 tout en faisant tourner la sauce au goût du jour. Ces Espagnols ont une énergie et une imagination débordantes. Cet LP aurait pu tomber dans le piège de la linéarité, mais il en n’est rien. Angelus Appatrida parvient à rester original tout au long des dix morceaux. A écouter !

 

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