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Central Pacific State Beach

Real friends / Feel yr aura (demo) (single)

Musicien chicano-américain, Rey Montano est originaire de Fresno, en Californie. Il est à la tête de la formation américaine Central Pacific State Beach, qui répondait auparavant au patronyme Infinite Vacation. Il a également aussi bossé sous différents pseudos, dont ROSE et Miles Ontario

Le combo a publié son premier elpee –un éponyme– en juillet de l’an dernier.

Il vient d’en extraire un single, « Real friends », dont la flip side, « Feel yr aura » est restée à l’état de démo.   

Caractérisée par son ambiance douce et ses paroles introspectives, la musique de Central Pacific State Beach combine des éléments de shoegazing, de punk, d'emo, de screamo et de post-rock, afin de réaliser des expérimentations sonores cool mais recherchées…

La vidéo de « Real friends » est à voir et écouter ici 

Podcast # 49 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Beach Fossils

Bunny

Écrit par

Fondée en 2009, Beach Fossils est une formation issue de Brooklyn, dans l’Etat de New York, drivée par Dustin Payseur. Ce chanteur/guitariste/compositeur est également un artiste peintre dont les œuvres naviguent entre l’expressionisme abstrait et l’art figuratif.

« Bunny » constitue le quatrième opus de Beach Fossils, une œuvre qui baigne au sein d’une forme d’indie pop rêveuse, mélancolique et particulièrement cool, baptisée également dream pop. Les arrangements sont soignés, le son est nickel. Limpides, les harmonies vocales sont même très susceptibles de rappeler les Byrds. A l’instar de « Tough love », une plage à la texture complexe et dont la ligne de basse cold véhicule des accents empruntés à Simon Gallup (The Cure). Une ligne de basse qui crée la contre-mélodie tout au long de « Anything is anything ».

Plusieurs titres opèrent la synthèse entre les différentes étapes vécues par le band : post punk délavé, jangle pop, psyché pop et shoegaze. Chatoyants, cristallins, délicats, les accords de guitares (électriques, acoustiques, à 12 cordes, traitées en slide) caressent une expression sonore qui navigue aux confins des univers des groupes de la ligne claire du label Flying Nun (The Bats, The JPS Expérience), de Luna, de Pale Saints et du plus contemporain The Red Pinks & Purples. Les lyrics parlent de ruptures amoureuses, de relations difficiles, de drogues, de personnes disparues et même de New York, des chansons qu’interprète Dustin d’une voix fragile, brumeuse et feutrée…

Un bien bel album !

En concert

24/02/2023 Trabendo, Paris

25/02/2024 Grand Mix, Tourcoing

3/03/2024 Botanique, Bruxelles

Beach House

Le devenir de Beach House…

Écrit par

« Become », le nouvel Ep de Beach House, sortira en format physique ce 19 mai 2023. Cinq plages qui ont été produites par Beach House, mixées par Alan Moulder (piste 1), Trevor Spencer (pistes 2, 3, 5) et Caesar Edmunds (piste 4), et masterisées par Greg Calbi et Steve Fallone.

‘L’Ep est une collection de 5 morceaux issus des sessions de Once Twice Melody. Nous ne pensions pas qu'elles collaient à l'univers d'OTM, mais nous avons réalisé plus tard qu'elles s'inscrivaient toutes dans un petit monde à part. Pour nous, elles sont toutes un peu déglinguées et spacieuses, et vivent dans le royaume des esprits. Ce n'est pas vraiment là où nous allons actuellement, mais c'est certainement un endroit où nous sommes allés. Nous espérons que vous apprécierez ces morceaux’ Alex et Victoria / Beach House.

Retrouvez ces 5 titres sur le Youtube de Beach House en vous connectant sur la page Artistes du groupe en cliquant sur son nom dans le cadre ‘Informations complémentaires’

 

Beach Bugs

L’océan, la solitude, la nostalgie et beaucoup de couleurs.

Écrit par

A propos de son nouveau clip, "Sugar Ocean", un second extrait de son futur elpee (un éponyme !) qui sortira ce 14 octobre 2022, les musicos de Beach Bugs, un trio de garage/surf issu Limoges ont déclaré : ‘Pour cette vidéo on a eu l’envie de voir se succéder une série de petites cartes postales désuètes, hors du temps. Des cartes postales désertées, avec pour fil rouge l’absence des corps…’

Le regard d’une caméra Super 8 se pose sur une station balnéaire hors saison (aux abords d’Aveiro, au Portugal).

Et d’ajouter : ‘Malheureusement, après seulement quelques plans, notre caméra vintage a rendu l’âme. Nous en avons sauvé quelques images qui ont été complétées par un boîtier numérique sans charme (mais fonctionnel !)’

Le clip a été réalisé par Duarte Caetano.

Pour écouter et regarder le clip, c’est

 

 

Beach Bugs

Beach Bugs pense à toi…

Écrit par

Originaire de Limoges, Beach Boys avait publié un premier Ep en 2019. Le trio power-pop nous propose son nouveau single, "Thinking of You".

Sur ce titre, on y retrouve toute la fraîcheur juvénile de la scène power-pop old school (Nerves, Undertones). Son refrain entêtant sur fond de mise en abyme absurde (‘Je pense à toi qui pense à moi qui pense à toi’) exécute alors un cercle infernal risible destiné à prendre du recul par rapport au tourments de l’adolescence

Le clip est à voir et écouter ici

 

Beach Youth

Postcard

Écrit par

En intitulant son premier album « Postcard », Beach Youth a immédiatement rappelé à votre serviteur qu’un label indépendant écossais du même nom, a marqué l’histoire de la musique pop/rock indie. Fondée en 1979, cette écurie avait notamment hébergé The Pastels, The Go-Betweens, Aztec Camera ou encore Orange Juice. Et paradoxalement, hormis le groupe d’Edwyn Collins, toutes les autres formations citées ci-avant sont très susceptibles de servir de références à la musique de cette formation normande (NDR : elle est issue de Caen). On pourrait également y ajouter Felt, groupe qui a vécu à la même époque, même si ce band avait signé chez Cherry Red avant de rejoindre Creation. Mais si on se limite aux combos contemporains, Real Estate voire The Reds, PInks & Purples peuvent aisément servir de repères. Trêve de comparaisons, entrons maintenant dans le vif du sujet.

A travers la texture nerveuse des accords de cordes semi(acoustiques) éclosent des tonalités électriques subtiles, parfaitement ciselées, parfois tintinnabulantes (Chameleons ?) ou encore savoureusement discordantes. Douze plages tout en élégance et délicatesse que chantent Etienne et Simon de leurs timbres veloutés (NDR : la voix d’un des deux vocalistes rappelle parfois celle de Colin Newman). L’opus nous réserve cependant un morceau dépouillé, folk, limité à la sèche et au murmure confidentiel (« Say something »), une piste chargée de swing (« Around me »), une ballade mid tempo ensoleillée (« Back home ») ainsi que l’endiablé « In my chest », une piste dynamisée par deux batteries.

Rafraîchissant !

Beach Fossils

Somersault

Écrit par

Les hipsters de Beach Fossils composent leurs morceaux de pop alternative à partir de leur QG de Brooklyn, depuis 2009. Réunissant Dustin Payseur, Jack Doyle Smith et Tommy Davidson, le trio navigue dans les eaux mélodiques chères à Real Estate. Agréable à l’écoute, son quatrième elpee, « Somersault », a bénéficié du concours de Rachel Goswell (Slowdive) sur « Tangerine » et « Saint Ivy », ainsi que du rappeur de Memphis, Cities Aviv, tout au long de « Rise ». En outre, il a été publié sur Bayonet, le propre label de sieur Payseur ; la formation new-yorkaise ayant décidé de quitter l’écurie mythique, Captured Tracks.

Claire, la voix de Dustin Payseur continue naviguer au cœur d’une pop atmosphérique. Si un titre comme « This Year » rappelle Real Estate au sommet de sa forme, entre les cordes de « Closer Everywhere » et les guitares shoegaze de « Be Nothing », l’instrumentation se révèle particulièrement léchée ; mais ce sont surtout les mélodies **** qui impressionnent, même s’il manque encore un tube potentiel dans le lot. Au fil de l’album, les New-yorkais tissent donc des sonorités lascives et cotonneuses qui siéraient à merveille aux images tout aussi hype et mélancoliques chères à Sofia Coppola.

 

The Beach Boys

Good vibrations…

Écrit par

Les Beach Boys –enfin ce qu’il en reste– sont donc repartis en tournée, un périple baptisé ‘Wild Honey 2017 World Tour’. On va donc entrer dans la machine à remonter le temps. Ou plus exactement accompagner Dr Emmet Brown à bord de sa DeLorean DMC-12 pour un voyage qui va débuter en 1961 et se terminer 150 minutes plus tard, soit en 2017. 56 ans de carrière pour les derniers dieux vivants du surf rock. Ca ne nous rajeunit pas ! Pas de supporting act, sans quoi, il y aurait du retard à l’allumage. Mais une expédition partagée en deux épisodes, séparés par un entracte de 15 minutes.

Les Beach Boys ont vendu plus de cent millions d’albums. On ne va pas vous refaire l’histoire de ce combo californien, mais on ne peut passer sous silence l’incontournable single « Good Vibrations », qui a révolutionné la technologie en studio, et puis l’album culte « Pet Sounds », paru en 1966. Et on n’en n’oubliera pas pour autant le rôle joué par le producteur Phil Spector, au cours de leur carrière, ainsi que ces fameuses harmonies vocales, très souvent imitées, mais jamais égalées.

Des frères Wilson, il ne reste plus grand monde. Le drummer Dennis Wilson est décédé en 1983 ; ivre, il s’était noyé en sautant de son bateau. Et le gratteur Carl Wilson, des suites d’un cancer du poumon, en 1998. Quant à Brian (NDR : c’est quand même lui qui signe la plupart des hits du band), il ne participe plus à l’aventure, depuis 2011, privilégiant une carrière solo. Du line up original, ne figure donc plus que le chanteur Mike Love. Le chanteur/claviériste Bruce Johnston, n’a (!?!?) débarqué qu’en 1965.  

Sur les planches, le tandem est soutenu par une solide équipe. Brian Eichenburger, Scott Totten et Jeffrey Foskett se consacrent aux grattes. Ce dernier, aussi bien électriques qu’acoustiques. John Cowsill et John Stamos (NDR : cet ami de Mike Love, depuis belle lurette, incarnait le rôle de l’oncle Jesse, dans la série américaine, ‘La fête à la maison’), dont le matos est séparé par un plexiglas, siègent derrière les fûts. Encore que Stamos apporte également et circonstanciellement son concours à la six cordes et au micro. Tim Bonhomme est préposé aux claviers et Randy Laego aux cuivres (saxes, clarinette, flûte à bec) ainsi qu’aux percus. Toute l’équipe participe aux vocaux, mais à des degrés divers. Des plantes vertes disséminées sur le podium sont éclairées par des spots de couleurs différentes.

Les lumières s’éteignent. Il est 20h00. La première partie du show peut commencer. Mais elle ne dépassera pas l’heure. Projetées en arrière-plan, sur un écran géant, des vidéos nous replongent dans les années 60 ; ces fameuses golden sixties vécues par le combo : concerts, foule, filles en délires, tubes et tout ce qui a forgé sa notoriété...

Les musicos prennent tout leur temps avant de grimper sur l’estrade. Ils saluent la foule et ouvrent le set par « Surfin’ Safari ». Bruce et Mike sont coiffés d’une casquette frappée du nom de la formation. Ce dernier débarque le dernier, micro à la main. Souriant, il est accueilli par un tonnerre d’applaudissements. Constamment à l’avant-scène, il adresse régulièrement un signe de la main à l’auditoire.

Complexes, mais très mélodieuses, les harmonies vocales se superposent en couches. Les chansons durent entre 2 et 3 minutes. La setlist réunit 19 titres notoires. « Catch A Wave » émerveille. Les 8 voix qui se conjuguent en harmonie, c’est vraiment dingue ! Randy ne se sert pas encore de ses instruments à vent. Il a saisi une couronne à cymbalettes de couleur bleue dont Mike va se servir, très régulièrement, par la suite…

Durant « Little Honda », l’image de Dennis Wilson apparaît sur l’écran. Et « Kiss Me, Baby », de jolies filles surfant sur des vagues. Moment particulier, lorsque Mike est entouré des quatre gratteurs qui pointent leurs manches dans sa direction. Les hits s’enchaînent. Jeff a abandonné le rôle de soliste aux jeunes sixcordistes. Il se concentre sur la rythmique et remplace le regretté Carl Wilson lors de certaines parties vocales, comme sur « Kokomo », en fin de concert. « Getcha Back » privilégie les percus et les ivoires. Les envolées vocales successives affrontent les cordes pendant « Good To My Baby ». Armé de son saxophone, Randy défie Scott. Mister Foskett empoigne une semi-acoustique avant d’aborder « Kiss Me, Baby ».

Place ensuite aux covers. Le « Why Do Fools Fall In Love » de Frankie Lymon and The Teenagers est dominé par les ivoires et magnifié par les harmonies vocales. Elles sont tout simplement divines. Randy s’avance pour accorder un autre solo au sax. Plus rock, le « Cotton Field » de Lead Belly met en exergue la technique des gratteurs. Mike loupe volontairement son intervention vocale pendant « Be True To Your School ». De quoi provoquer l’hilarité dans la foule. Randy y a troqué son sax contre une flûte traversière. Tout au long de « Little Deuce Coupe », des voitures de collection défilent sur l’écran. La première partie du show tire à sa fin, et après les rock’n’roll « 409 » et « Shut Down », elle s’achève par le grandiose « I Get Around ». Entracte !

Welcome in California ! Car la célèbre reprise du « California Dreaming » de The Mamas and The Papas ouvre le deuxième volet. Le drummer s’impose au chant, tout en assurant aux drums. Ce qui n’empêche pas Randy Laego de se réserver un nouveau solo au saxophone et de s’avancer au bord de l’estrade, comme chaque fois qu’il souffle dans ses instruments. Et le classique « California Girls », une compo qui fait l’éloge de la drague, du surf, de la plage tout en célébrant la joie de vivre sous les rayons de soleil, confirme cette invitation. Surf aussi comme les sonorités de grattes dispensées par « Then I Kissed Her ». En 1966, les Beach Boys gravaient l’incontournable elpee « Pet Sounds ». « Would’t It Be Nice » en est extrait. Place ensuite au karaoké. Les paroles défilent sur l’écran. Le public se prête à l’exercice, bien aidé –et joyeusement– par la troupe. « Forever » honore John Stamos. Il est vraiment impérial derrière ses fûts. Mais également très à l’aise derrière sa gratte ou au chant. La version du « Rock And Roll Music » de Chuck Berry rend hommage au célèbre guitariste, récemment disparu. Tout en s’accompagnant à la semi-acoustique, Jeffrey s’impose aux vocaux tout au long de « Kokomo ». Et le voyage s’achève par d’inévitables « Good Vibrations ». Un final d’enfer au cours duquel le public est debout.

Outre le rappel, Mike explique la raison de ce bout de tissu qui est accroché à son pied de micro. Souvenirs, souvenirs ! George Harrison et Mike étaient amis. Ils ont pratiqué la méditation transcendantale, ensemble. Puis vendu ces foulards afin de récolter des fonds ; des fonds destinés à une association caritative en Inde. Ils les exhibaient déjà en 1971 ! Et Love n’oublie pas d’adresser un petit clin d’œil aux ladies, quand il leur demande d’allumer leurs i-phones et de les balancer, en cadence, au-dessus de leurs têtes…  

Setlist

Première partie : « Surfin’ Safari », « Catch A Wave », « Little Honda », « Do It Again », « Surfin’ USA », « Sufer Girl », « Getcha Back », « Good To My Baby », « Aren’t You Glad », « Kiss Me, Baby », « Why Do Fools Fall In Love » ( Frankir Lymon And The Teenagers cover), « When I Grow Up (To Be A Man)», « Cotton Field » (Lead Belly cover), « Be True To Your School », « Don’T Worry Baby », « Little Deuce Coupe », « 409 », « Shut Down », « I Get Around »

Seconde partie : « California Dreaming » (The Mamas And The Papas cover), « California Girls », « Then I Kissed Her », « Sloop John B » (traditionnel cover), « Would’T It Be Nice », « Disney Girls », « I Can Hear Music » (The Ronettes cover), « All This Is That », « Forever », « God Only Knows », « Pisces Brothers », « Summer In Paradise », « DoYou Wanna Dance ? » (Bobby Freeman cover), « Rock And Roll Music » (Chuck Berry cover), « Help Me, Rhonoa », « Kokomo », « Good Vibrations »

Rappel : « Wild Honey », « Barbara Ann » (The Regents cover), « Fun, Fun, Fun »

(Organisation : STLIVE)

 

Menace Beach

Super Tranporterreum (Ep)

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Quelques mois après avoir gravé son premier opus (« Ratworld ») chez Memphis Industries (Papercuts, Outfit, Poliça, The Go ! Team, …), ce quintet insulaire nous propose un nouvel Ep.

Evoluant dans le même esprit que les compos du long playing, les cinq titres de « Super Transporterreum » s’avalent d’une traite. Il faut dire que 13min55 (montre en main) ce n’est pas bien long ; mais c’est en tout cas suffisant pour nous mettre de bonne humeur. Menace Beach reprend donc les choses là où il les avait laissées en nous offrant un rock/garage aux mélodies aussi simples qu’efficaces. Certains morceaux –et « The Line » en est le meilleur exemple– semblent même sortir directement de la discographie de Weezer.

En publiant cet Ep, cette formation issue de Leeds confirme un peu plus tout le bien qu’on pensait d’elle. Vivement le prochain LP…

 

GospelbeacH

Pacific Surf Linel

Écrit par

Les membres de ce quintet ont déjà tous participé à d’autres projets musicaux. Le line up implique trois chanteurs/guitaristes : Brent Rademaker (NDR : Floridien d’origine, cet ex-Beachwood Sparks se réserve le lead vocal), Neal Casal NDR : un ex-Chris Robinson Brotherhood) et Jason Soda. La section rythmique est constituée du bassiste Kip Boardman et du drummer Tom Sanford (NDR : également un ex-Beachwood Sparks). Brent, Jason et Scott Hackwith (NDR : un producteur qui a déjà bossé pour les Ramones et Spiritualized) se chargent de la coproduction. Lors des sessions, le combo a reçu le concours de quelques invités. 

Embarquement immédiat pour le "California Steamer", un train à vapeur qui assurait la liaison (NDR : elle était baptisée ‘Pacific Surf Line’) entre Los Angeles et San Diego. Ce country/rock mélodique se distingue par d’excellentes harmonies vocales, réminiscentes des Byrds dans leur période cowboy! Les cordes sont subtilement dispensées, et le tout est tapissé par l'orgue Hammond de Rademaker. Une douceur pop qu’on retrouve sur "Sunshine Skyway", un morceau susceptible de faire un malheur en ‘live’. Sculpté dans des cordes délicieusement country, il est parcouru par d’interventions de pedal steel. Caractérisé par sa conjugaison de cordes acoustiques et électriques, "Your freedom" est une ballade empreinte de tendresse. "Mick Jones" adopte le rythme du cheval au galop, une piste fréquentée circonstanciellement par un dobro et marquée par un envol de Casal sur sa gratte électrique. Tous les musiciens participent aux harmonies vocales. Particulièrement soignées, elles sont très susceptibles de rappeler les Eagles, le Buffalo Springfield et bien sûr Crosby, Stills, Nash & Young. Et c’est à CSN&Y qu’on pense à l’écoute de "Come down", une autre excellente ballade illuminée par l’envol déjanté de Neal Casal sur ses cordes, alors que Soda se concentre sur ses ivoires. L'intensité du soleil californien fige le rythme sur "Southern girl" ; ce qui n’empêche pas les grattes de sortir de leur réserve. Ainsi, la guitare ‘Leslie’ de Soda alimente des tonalités exceptionnelles, alors que le piano électrique (NDR : un Wurlitzer) de Kip se fond dans l’ensemble. Un climat très susceptible de rappeler le mouvement Paisley Underground qui a contaminé Los Angeles, début des 80’s. Les guitares de Casal et Soda se conjuguent sur "Out of my mind". Les vocaux sont à nouveau raffinées tout au long des compos alt country "Alone" et "Damsel in distress". Jason Soda s'active sur un ARP String Ensemble, un synthétiseur polyphonique responsable de sonorités majestueuses. Mais en même temps, il se consacre à l'orgue Hammond ou Lowrey, tout en s’autorisant un envol de guitare. La magie de l’overdubbing !

 

Beach House

Une setlist un peu trop déséquilibrée…

Écrit par

Pour la troisième fois d’affilée, Beach House est accueilli par une Ancienne Belgique sold out. La dream-pop séduit manifestement le public belge ; et tout particulièrement celui issu du Nord du Royaume ; d’ailleurs, en débarquant au sein de la mythique salle bruxelloise, on entend surtout parler le néerlandais.

En guise d’apéritif, c’est le jeune Dustin Wong qui monte sur les planches. En solitaire. Un choix qui peut sembler étonnant ; et pourtant le garçon ne manque pas de talent et renvoie une image fort sympathique. Le jeu de guitare est calme mais fort agréable. L’artiste passera d’ailleurs de nombreuses minutes au stand merchandising, pour essayer de vendre ses disques. Pas sûr que son commerce ait été couronné de succès…

Car c’est pour Beach House que la foule s’est déplacée. Avant le début du spectacle, elle sait très bien que le climat risque d’être paisible et planant, dans le plus pur style de ces Américains. La suite montrera que c’était à moitié vrai. En tout cas, on s’attend à de nombreuses nouvelles chansons. Beach House a en effet publié deux albums au cours des trois derniers mois ! « Depression Cherry », fin août, et « Thank Your Lucky Stars », en octobre. Et à mon humble avis, le second est certainement le meilleur. Bref, nous allons pouvoir juger plus précisément de ces deux œuvres durant ce show.

A l’origine limité à un duo, le line up est devenu quatuor suite au recrutement de deux musiciens supplémentaires ; et ce afin de proposer une expérience live digne de ce nom. C’est sous un tonnerre d’applaudissements que Victoria Legrand et le reste de la troupe monte sur les planches. Plage d’ouverture de « Depression Cherry », « Levitation » ouvre les hostilités. La progression crescendo du titre est parfaite pour une entrée en matière, introduisant une des spécialités des citoyens de Baltimore : le synthétiseur. La plupart des morceaux sont en effet construit sur une base simple, de quelques notes sur cet instru. L’autre particularité, et certainement la plus caractéristique, c’est cette voix androgyne de Legrand. Elle est proche de la perfection ; d’ailleurs le chant sera un des points forts du concert. Une telle qualité vocale est tout simplement stupéfiante.

Malheureusement, le set souffre de quelques faiblesses. Tout d’abord, la setlist privilégie un peu trop les compos des deux derniers elpees. Il faut attendre six chansons, avant d’entendre un titre moins récent. Pour mieux rentrer dans le show, il aurait sans doute été préférable d’y inclure « Silver Soul » (« Teen Dream »), bien plus tôt.

Et c’est bien là le problème, « Depression Cherry » est un album décevant et en extraire 7 pistes sur 17, c’est beaucoup trop ! Surtout que la formation est déjà responsable de 6 long playings. En outre, le volume sonore est excessif. Encore que ce travers finisse par se transformer en avantage, tout au long de « 10 Mile Stereo ». Le meilleur morceau du répertoire. Caractérisé par le rythme élevé du chant et imprimé par des drums ultra puissants, il prend sur scène une dimension supérieure…  

Autre bon point, les guitares sont bien présentes en ‘live’ ; ce qui n’a pas toujours été le cas. « Sparks » prouve en tout cas que le groupe sait également y faire avec des cordes. « Myth » clôt première partie du spectacle de bien belle manière.

Pour le rappel, le quatuor opte d’abord pour « Salwater ». Un choix surprenant car il s’agit du tout premier morceau écrit par Beach House. Et qu’il a très mal vieilli… Heureusement que l’ennui ne dure que trois minutes… M’enfin, cette parenthèse semble avoir plu à Victoria.

« Majorette » relance quelque peu le tempo, avant qu’« Irene » ne vienne mettre tout le monde d’accord. Caser cette remarquable composition de près de sept minutes en fin de parcours, c’est une excellente décision. Le son est dense et le refrain addictif (‘It’s a strange paradise…’) Clairement un morceau qui donne encore envie d’écouter leur musique, le concert terminé.

Beach House n’a pas une musique taillée pour les représentations. Les Yankees s’en sortent néanmoins assez bien car l’ensemble du show est fort bien exécuté et particulièrement atmosphérique. Mais le groupe se met également un petite balle dans le pied en négligeant dans sa setlist certains de ses meilleurs morceaux comme « Wishes », « New Year » ou « Gila » pour y intégrer d’autres, soit trop anciens ou sans grande consistance. Votre serviteur a donc été frustré de n’avoir pu savourer la plupart de ses compos préférées. Mais a aussi été scandalisé par le prix exorbitant des vinyles au merchandising. En général, après un concert, j’en achète un. Mais à 25€, non merci !

Quoique d’honnête facture, la prestation de Beach House a surtout convaincu un nouveau public plutôt que les fans de la première heure. Dommage !

(Organisation : Toutpartout + AB)

 

 

Menace Beach

Ratworld

Écrit par

Après voir gravé deux Eps (« Dream Out » en 2012 et « Lowtalker » en 2014 »), un single et figuré sur une compile (« Alcopop ! Records » en 2013), Menace Beach vient donc de publier son premier elpee. Au vu de l’emballage et de l’étiquetage, le contenu semblait alléchant…

Dès les premiers accords, on se rend compte que le quintet a du potentiel. A cause de ce riff un rien crasseux. Juste ce qu’il faut pour ne pas tomber dans le piège de la séduction ‘garage’. Malheureusement, au fil du sillon, les pistes ne s’envolent plus guère et finissent même, tout bonnement, plombées. Elles sont même insipides, emphatiques, ennuyeuses et larmoyantes, là où on les attend fragiles, solides ou festives.

« Ratworld » n’est pas franchement médiocre. Il lui manque un éclair de génie. Et puis, la plus grande faiblesse procède du vocal de Ryan Needham qui oscille entre un pénible John Dwyer (malade et sous antibiotique) et l’affreux Billie Joe Armstrong.

Binaire (NDR : pour ne pas dire chiante !), la rythmique est heureusement camouflée par les élégants accès du gratteur qui est un peu le seul musico a tirer son épingle du jeu sur les 12 pistes de l’LP.

Encore un disque qui risque de prendre de la poussière, au fond d’un tiroir…

Nude Beach

77

Écrit par

Mon redac’ chef est un malin…

Derrière une phrase discrète, dans un mail sympa, il me glisse ‘… tu devrais écouter le dernier Nude Beach…’

J’ai donc extrait prioritairement la rondelle de mon tas d’albums à chroniquer. Et puis après l’avoir glissée dans le lecteur, mon oreille, terriblement affûtée, s’est tendue vers mes enceintes…

Alors qu’est-ce que ce « 77 » a vraiment dans le ventre.

Chargées de swing, gorgés d’effets de pédales et de distorsions criardes, les compos rock de ce band américain seraient très susceptibles de décoiffer Tom Petty, en personne…

Mais leurs superbes envolées auraient pu sentir la naphtaline, si passé le premier titre, le combo n’avait pas voulu imposer une power pop presque indécente…

On a du mal à croire que ce band yankee est issu de Brooklyn. S’il avait débarqué de Floride ou carrément du Texas, on n’aurait pas crié au scandale, tant leur expression sonore est musclée et propice à la sudation. Un vrai truc de mec. On imagine des gros bras qui frappent les cordes et des bottes qui claquent sur le plancher d’un bar enfumé. Tellement brut de décoffrage, qu’il aurait, de temps à autre, besoin de se dégonfler.

Il y a même un morceau de 10 minutes dont le rythme ne faiblit jamais (« I Found You »). Pas même une seconde de répit. Mais aussi de la sensibilité (« See My Way »). Parce que ‘boys can cry’, à contrario de ce raconte le gros Robert (Smith). D’ailleurs, s’ils le souhaitent, ils peuvent sécher leurs larmes sur le reste de l’album. Tout est prévu.

 

Beachwood Sparks

Desert skies

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Beachwood Sparks est une formation californienne, issue de Los Angeles très exactement, qui s’est séparée en 2002, avant de se reformer en 2008. Outre les Eps et les singles, leur discographie compte quatre albums : un éponyme en 2000, « Once We Were Trees », l’année suivante, « The Tarnished Gold » en 2012 et ce « Desert skies », un opus qui réunit des enregistrements datant de 1997 réalisé par le line up originel. Gravé en single, « Desert skies » était, à l’origine un single. Il était sorti en 1998. Et sert donc également de titre à cet elpee. Outre les huit titres d’époque, le disque est enrichi de 4 bonus tracks. Trois versions différentes du tracklisting, dont une originale de « Time », ainsi qu’un inédit, « Charm ».

A leurs débuts, le band s’inspirait manifestement de la musique West Coast de la fin des sixties et du début des seventies. Et en particulier Buffalo Springfield, les Byrds, Flying Burrito Brothers, Grateful Dead voire Jackson Browne. Mais pas seulement. Déchirés entre psychédélisme, americana et garage, certains titres sont alors bien dans l’air du temps. Imprimé sur un mid tempo, le mélancolique et vivifiant « Time » évoque ainsi le Paisley Underground de Dream Syndicate. Plus léger, « Make it together » aurait pu figurer au répertoire des Posies, tout en adressant un clin d’œil aux Beach Boys. Enlevé, caractérisé par ses interventions de claviers vintage, « Watery moonlight » pourrait être le chaînon manquant entre Inspiral Carpets et les Zombies. Plus curieux encore, l’une ou l’autre plage baignent dans un climat réminiscent des Stone Roses, mais privé de house. Et je pense tout particulièrement à « This is what it feels like », malgré ses intervalles sinusoïdaux, sydbarretiens. Un psychédélisme le plus souvent aventureux. Parfois même audacieux. Capable de virer au space rock voire au kraut rock. Et si les interventions de guitare ainsi que de pedal steel sont particulièrement vivifiantes, il faut reconnaître que l’amplitude du drumming booste les compos, même les plus mélancoliques. Et au vu des références susvisées, vous vous doutez que les vocaux sont soignés. Enfin si les esprits chagrins reprocheront certainement un manque d’homogénéité à ce long playing, c’est tout simplement parce que pour l’époque, les compos étaient diablement créatives…

 

Beachwood Sparks

The Tarnished Gold

Écrit par

Un superbe album peut aussi passer inaperçu. « The Tarnished Gold » devrait plus que probablement rejoindre ces disques mésestimés. Pourtant, sur cet opus, aucun morceau n’a été bâclé. Treize pépites élégantes, décontractées, sculptées dans un pop/folk légèrement teinté de country et truffées de mélodies célestes. Difficile de comprendre pourquoi les stations radiophoniques ne se sont pas encore penchées sur cet opus.

C’est en 1998 que la bande drivée par Christopher Gunst et Brend Rademaker (ex-Further) a entamé son parcours. Après voir publié deux albums, Beachwood Sparks s’est séparé en 2002 pour mieux revenir en 2008. « The Tarnished Gold » constitue leur premier opus depuis leur réunion. Dans un style rappelant les Byrds voire Gram Parsons (« Talk about Lonesome »), parfois aussi Wilco ou Iron&Wine (« Nature’s Light »), leur musique, soulignée par des harmonies vocales parfaites, reflète le climat ensoleillé de la Californie…

 

Dirty Beaches

Made in Taïwan

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Un rideau de pluie s’abat sur le pare-brise de mon véhicule, qui traverse une nuit d’encre ; un décor propice à  générer mille visions ‘lynchéennes’, en parfaite adéquation avec le concert de ce soir. Le ring d’Anvers en guise de Mulholland Drive et arrivée tardive sur une Lost Highway.

Freinés dans notre élan, à l’entrée de la ville, par une femme portant une bûche, mes compagnons et moi-même manquons de peu les dernières notes de la basse, dispensées par Mike Watt, vétéran de la scène indie américaine. Quelque part dans le vent, un hibou me susurre que cet ex-Stooges (seconde période) a marqué les esprits. Et comme chacun le sait, ce type de volatile n’est pas toujours ce que l’on croit.

Arrive sur scène l’ombre imposante d’Alex Zhang Hungtai, alias Dirty Beaches, accompagné pour l’occasion du saxophoniste Francesco De Gallo, béret vissé sur la tête et lunettes de soleil accrochées à la nuit.

Effets bouclés et cheveux lissés, le grand Taïwanais d’origine et Canadien d’adoption se lance dans une longue incantation incandescente à la croisée des rêves.

Telle une grande tenture de velours rouge, sa musique descend du plafond et se tortille langoureusement à nos pieds. Elle s’insinue perfidement dans nos esprits embrumés. Des volutes spectrales s’échappent du sax et se fondent dans un écho lointain en d’infinies réverbérations. Tout au long d’un set de brève durée, l’atmosphère est fantomatique, mais intense et généreuse.

« Lord Knows best » est porté au firmament par un chant encore plus habité que sur l’album « Badlands ».

Quelque part, au loin, le vent souffle dans les Sycomores, emportant avec lui  les derniers soupirs du crooner.

L’assistance se replie sur cette plage de sable sale. La mort dont c’est la fête demain, embrasse à pleine bouche l’amour et son cortège de désillusions. Danse macabre où sexe et rock & roll se mêlent à l’écume des jours.

Le feu marche avec moi.

(Organisation : Trix)

Dirty Beaches

Badlands

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Dirty Beaches est le projet d’un seul homme, un homme qui court à travers des paysages escarpés et habités. Habités comme lui. Par des rêves sombres et des images panoramiques.

Taïwanais immigré au Canada, Alex Zhang Hungtai invite aux voyages sans fin au travers de plages cinématographiques où les fantômes d’Elvis Presley et de Chuck Berry entrechoquent leurs vieux os délabrés sur des rythmiques lancinantes imbibées de Tequila.

Après une pléthore de participations diverses et de morceaux éparpillés aux quatre coins de la planète, le brillant résident de Vancouver continue sa quête expérimentale sur cet album onirique aux couleurs Blue Velvet.

Embrumées et pourtant déconcertantes d’authenticité, ces compositions  emmènent le spectateur alangui vers des cimes audiophiles au-dessus desquelles planent de sombres ambiances ouatées. 

« Sweet 17 », « Lord Knows best », Black Nylon » : l’univers du gaillard est à la perpendiculaire de diverses dimensions. C’est fichtrement intriguant, voire à certains moments angoissant, et surtout foutrement excitant.

Un album qui trace sa route dans la nuit et dont la lumière balaye une longue ligne jaune en pointillés qui jamais ne s’interrompt.

En concert ce 1er novembre au Trix à Anvers.

 

At No Bikini Beach

The New Bikini

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At No Bikini Beach est une formation batave (NDR : issue de Rotterdam, très exactement) née en 2004. Avant de fonder ce combo, les différents musiciens avaient déjà roulé leur bosse au sein d’une multitude de groupes locaux. Arnold Van De Veld, René Van Lien et Bart Hoevenaars souhaitaient concocter une musique instrumentale susceptible de ne pas être taxée de post-rock (NDR : en évitant notamment les crescendos et les plages interminables).

« The New Bikini » constitue donc le fruit de leur concept. Un opus qui se nourrit d’une multitude d’influences. Il y a du rock. Souvent syncopé. Du disco. A l’instar du morceau qui ouvre l’elpee, « Roll to the beach ». Des sonorités orientales. Elles parfument « Arnold vs Marokko ». Du math rock aussi. Sur « Kevin Spacey », par exemple, titre hypnotique au cours duquel les boucles et couches de guitares s’entremêlent et se superposent. Et l’effet est irrésistible. Une des compos les plus réussies. Tout comme « Luchtweerwolf Alarm ». Deux plages, au cours desquelles, paradoxalement, les claviers se révèlent plutôt discrets. Car en général, ils se partagent la part du lion avec les six cordes. Et ce n’est pas toujours une bonne idée ; les synthés dégradant même plutôt les mélodies. Néanmoins, il faut reconnaître que le climat général de l’elpee est plutôt allègre ; d’autant que les tempos sont souvent soutenus. Et puis, il faut reconnaître que les différents instrumentistes sont loin d’être des manchots tout en se révélant finalement audacieux dans leur démarche. Une recherche d’originalité qui mérite donc un coup de chapeau. 

Beach House

Devotion

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Deuxième tentative d’ensorcellement de la part de Beach House, deuxième mission accomplie. A peine quelques mois après la sortie de son œuvre d’introduction, le duo montre, comme il l’indique lui-même, toute sa « Devotion » aux notes délicates et éthérées ainsi qu’à la pop psyché. Alex Scally et Victoria Legrand, propriétaires de cette demeure balnéaire, délivrent à nouveau une succession de plages hantées par le fantôme de Nico.

Dès le frottement de caisse annonçant l’ouverture de “Wedding Bell”, les convives plongent, bon gré mal gré, dans un océan de bien-être dont ils n’émergeront que longtemps après les dernières notes de “Home Again”, titre sonnant la fin du voyage avec une justesse prodigieuse. Les invités auront, entre-temps, croisé la route d'étranges peuplades sous-marines ainsi que de nombreuses autres inquiétantes et indistinctes formes de vie. Le voyage à vingt mille lieues sous les mers aura par ailleurs atteint des sommets de beauté à plusieurs reprises (« Gila », « D.A.R.L.I.N.G. » et « Some Things Last (A Long Time) », cover d’un classique de Daniel Johnston). En quelques mots, le second séjour proposé par Beach House est à la fois si apaisant et curatif qu’il devrait être remboursé par la sécurité sociale.

 

Beach

Play It To Death

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Ces trois là s’appellent Peter, Bjorn & Gunar mais, comme ils arrivent trop tard, ils ont choisi le sobriquet original de Beach. Intitulé sous lequel ils s’appliquent à nous faire perdre notre précieux temps au son de leur pop rock tout aussi ‘originale’.

Le trio allemand présente sur son second recueil dix titres d’une platitude hallucinante. L’ensemble sonne comme une répétition générale durant laquelle les trois gaillards auraient décidé d’imiter approximativement leurs influences, Pearl Jam en tête. Les titres se suivent et se ressemblent et les vocalises du leader de la troupe deviennent insupportables au bout de quelques minutes d’écoute. Quoi de plus normal dès lors de rire jaune, voire de s’étouffer, à la lecture de la bio de la formation. Celle-ci présente « Play It To death » comme ‘un prototype de ce que peut être le rock de nos jours’. Le plus effrayant dans cette histoire serait qu’ils y croient, à leurs conneries…

Beach House

Beach House

Il s’agit d’un de ces disques qui vous prennent par surprise, puisqu’ils ne sortent quasi de nulle part. En gros la campagne US, Baltimore, mais encore ? On parle ici de « maison balnéaire », mais on pense moins à Miami qu’à Venise ; et de ces entrelacs de mélodies, qui n’ont l’air de rien, se dégage un plaisir diaphane, comme en automne où les feuilles se flétrissent et les rongeurs hibernent. De Victoria Legrand (chant/orgue) et d’Alex Scally (guitare) on ne sait pas grand chose, et à vrai dire c’est mieux ainsi. Car leurs chansons bancales, interprétées avec la foi d’un couple qui croit en la félicité d’une belle mélodie, même (et surtout) fragile, parlent pour eux davantage qu’une bio glanée sur internet.

Il n’y a pas de plan de carrière sous le plastique de ce disque magique : juste neuf ritournelles sans apprêts indigestes, jouées béatement sans recourir à aucun vice de forme. Une guitare cotonneuse, un orgue sépulcral, et deux-trois pulsations évadées secrètement d’une petite boîte à rythmes : il n’en faut pas bien plus à Beach House pour sonner le tocsin d’une pop surannée, aux gestes emprunts de solennité joyeuse. Proche en cela de l’onirisme déroutant d’Animal Collective et de First Nation (autrement dit l’écurie Paw Tracks), Beach House laisse une vague impression de chansons hors du temps et de ce monde cynique. Et peu importe si Victoria Legrand possède une voix fragile, en creux : les airs qu’elle chantonnent valent bien cet à-peu-près mystique (on pense aussi parfois à Nico, à Broadcast, au Goldfrapp de « Felt Mountain ») et nous laissent rêveurs. C’est beau, une plage en automne. C’est encore mieux en écoutant Beach House.