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Attic Birds

Attic Birds fait des vagues…

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Après les singles "Don't Hold Me Back" et "Fallin", Attic Birds lève le voile sur "Beyond The Waves", son nouvel Ep. Au programme : six pistes solaires, dans lesquelles indie rock et émotions s'entrelacent dans un voyage introspectif et lumineux.

Attic Birds signe un Ep à fleur de peau, où chaque morceau capture une étape d'un voyage émotionnel entre doutes, espoirs et renaissances. Portés par des guitares électriques organiques et des nappes de synthés envoûtantes, ces nouvelles compos oscillent entre l'énergie solaire et la mélancolie intime.

Né dans un grenier partagé avec des oiseaux – métaphore d'un rock à la fois enraciné et profondément aérien – Attic Birds façonne, depuis 2012, un son vibrant inspiré des grands noms de la scène indie rock internationale, tels que Kings of Leon, Radiohead, Foals ou Editors.

"Fallin" est à voir et à écouter ici

 

Birdstone

Les méandres de Birdstone…

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Formé en 2015 à Poitiers, Birdstone unit la puissance spirituelle du blues à la richesse du heavy-rock. Au croisement des thèmes mythologiques, de l'ésotérisme et des simples passions humaines, le trio narre les combats intérieurs de l'être humain, aussi bien que ses aspirations mystiques.

Basile, Edwige et Benjamin, originaires des Deux-Sèvres, puisent leur inspiration dans la ruralité, comme l’ont fait avant eux les bluesmen dans le Delta, à la fin du 19ème siècle.

Alliant mélancolie aride et riffs poisseux, la musique du trio oscille entre atmosphères éthérées, tensions dramatiques et climax impétueux. Le deuil, la solitude, le doute, la corruption mais aussi la rage et l'espoir sont autant d'impulsions et de guides dans l'imbrication des mélodies et des textes du trio, naviguant en permanence entre grandiloquence et intimité.

Son premier Ep, "The Cage", sorti en février 2017, a posé les fondations de l'univers du groupe : une forme de transe nimbée de mysticisme. Birdstone a décidé de mélanger la fougue du rock aux thématiques de la spiritualité et de la religion.

Son premier album, "Seer", sort en février 2019 et permet au groupe d'amorcer une ouverture à l'international. Le groupe apparaît à l'affiche de festivals d'envergure tels que le Hellfest, Terres du Son ou American Tours Festival, ainsi qu'en première partie de Yarol Poupaud, Triggerfinger ou encore King Khan & The Shrines. En 2022, au moment où ‘l'ancien monde’ s'écroulait, Birdstone a publié un nouveau chapitre : "Loss".

Le trio doré vient d’entrer dans un nouveau cycle dont le premier single “Hotline” est disponible depuis le 17 novembre et le deuxième extrait "Méandres", depuis le 1er mars 2024, est à voir et écouter

 

Blaubird

L’horizon infini de Blaubird…

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Paru en single, "Tes mots dits" est un extrait de l’elpee, “Le Ciel est partout”.

Une animation entièrement réalisée par la dessinatrice Brouette Hurlante

‘Je suis extrêmement fière que le travail de Brouette Hurlante, dont l’étrangeté et la force m’ont immédiatement hypnotisée, donne ainsi vie aux personnages de ma chanson ! Elle m’a fait un incroyable et merveilleux cadeau.’ BlauBird

‘Cette histoire est (…) un chassé-croisé. Elle m’évoque une course entre deux êtres qui vont l’un vers l’autre mais ont paradoxalement du mal à se rejoindre, il y a quelque chose de serré, comme un corps à corps, tendre et douloureux à la fois …’ Brouette Hurlante

Une valse à l’infini, réelle ou imaginaire …

À propos de la chanson :

Ces mots, que les amants se disent la nuit, dans le secret de leur amour, et que chacun protège ensuite, dans le secret de son âme ou de son cœur, sont autant de balises pour retrouver son chemin vers l’autre. Ces mots-là suffisent-ils pour cerner un amour ? Pour nourrir un amour ? Peut-on compter sur ces mots-là ? Chacun l’espère. Chacun se remémore.

Mais les mots sont aussi les maux-dits, maudits parfois parce qu’ils tournent en boucle dans nos têtes, parce qu’on ne les comprend plus, parce qu’ils sont inconstants, qu’ils vacillent, comme nous, et qu’ils recèlent en eux autant ce que l’on dit que ce que l’on ne dit pas… Il faudra bien pourtant, s’appuyer sur ces mots, jusqu’au moment des retrouvailles. Alors, les amants tenteront de se redire, puis de se souvenir.

Ce sera magique et inattendu, fragile et déroutant. Ils tenteront de se rencontrer. Encore et à nouveau. Et ils s’in-comprendront merveilleusement.

Lui : ‘J’entends je maudis nos incompris’. Elle : ‘Ils sont si beaux là nos incompris’.

Le clip d’animation est à voir et à écouter

 

 

Jailbird

...Inside nonsense

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Groupe calaisien formé en 1996 et concédant déjà une première production exclusive pour nos amis de l’hexagone, Jailbird articule son discours musical à partir de rythmes industriels, de loops, de chants scandés, militaires, proférés au milieu de nulle part. Pré mâchant le travail journalistique, ils vont même jusqu’à glisser leurs influences que se soit sur leur site ou à l’écoute de leur cd : Skinny Puppy, NIN, Godflesh. Pour ne pas me sentir absolument dispensable j’ajouterai Rob Zombie, Treponem Pal les Young Gods ou Metha Mean (chronique sur le site). Et toc ! S’il reste des amateurs de ce type de musique robotique, mais ô combien humaine, je ne saurai que leur conseiller cet “...Inside nonsense”. Tant que les vétérans ne donnent pas signe de vie. Quel conservatisme quand même...

Birds of Maya

Valdez

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Enregistré en 2014, « Valdez » vient seulement de sortir. Faut dire que les membres du band, considérés comme les piliers de la communauté DIY de Philadelphie, développent, en parallèle, de multiples projets.  

Habituellement, les disques de Valdez immortalisent des prises ‘live’ exécutées dans d’obscurs sous-sols aménagés en salle de répétition. Mais « Birds of Maya » a bien été enregistré en studio, même si les sessions n’ont duré que 36 heures.

A l’instar d’Endless Boogie, ce trio puise son inspiration dans le blues, le psychédélisme, le métal, le punk et le krautrock. Parfois on a l’impression que les compos sont issues de jams interminables et dont les parties les plus intéressantes ont été récupérées pour en façonner une compo, tout en récupérant un maximum de fils mélodiques. Pédale wah wah et fuzz au plancher, la guitare est bien évidemment au centre du jeu. Sur « Recessinater » (10’ quand même !), Polizze reproduit l’attaque à 3 grattes de l’Allman Brothers Band. Et lorsque le martèlement hypnotique du drumming cadence le morceau final, « Please come in », on a l’impression qu’une tribu amérindienne vient de déterrer la hache de guerre. D’autant plus que lorsque Mike ne hurle pas comme un écorché vif, sa voix devient aussi laconique que celle de feu Mark E. Smith (The Fall). De mémoire, Pink Fairies, une formation insulaire qui s’est illustrée dans un style comparable, début des seventies, pourrait constituer une référence. Mais bon, quand on lit les analyses sur la toile, certains chroniqueurs parlent plutôt de Black Sabbath, Deep Purple, Blue Cheer, Groundhogs et même de MC5. En mélangeant bien alors, et sans filtrer…

BirdPen

All function One

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« All function one » constitue le sixième opus de Birdpen, un duo britannique réunissant David Penney et Mike Bird, aka Mike Hurcombe. Également impliqué au sein d’Archive, le premier se réserve le chant alors que les deux compères se consacrent à la guitare et aux claviers. 

Baignant au sein d’un climat cinématographique, la musique de Birdpen puise son inspiration aussi bien dans l’électro expérimentale, l’alt, le post que le kraut rock.

Souvent complexes, les 12 pistes d’« All function one » traitent de thèmes bien contemporains, comme la solitude, les fake news, la paranoïa et la dépendance numérique.

L’elpee s’ouvre par « Function ». Paru en single, il monte progressivement en crescendo et déjà Raphaële Germser, invitée pour la circonstance, se distingue au violon alto. « Life in design » aurait pu figurer au répertoire de The Dodos. Mêmes inflexions vocales, sens mélodique analogue et grattage des cordes savoureusement discordant, y compris. Pas le drumming, quand même !

Dansant, « Modern junk » est imprimé sur un beat électro exotique. Mid tempo, « Seat 35 » évolue sur un drumming sinistrement syncopé (Joy Division ?), alors le violon et le chant flottent dans l’atmosphère. Un climat qu’on retrouve sur « Universe ». Effleuré par les accords satinés d’une sèche, le morceau s’évapore dans un Mercury Rev…

Et la voix est toujours aussi éthérée tout au long de « Blackhole », une plage dont les accents psychédéliques semblent produits par une bande passée à l’envers. Ces harmonies vocales atmosphériques alimentent les deux dernières plages de cet LP. Une gratte acoustique en boucle brode « Invisible », un morceau qui bénéficie d’arrangements de cordes. Des violons qui gémissent en fin de parcours, d’« Undone ».

Enfin, meilleur titre de ce long playing, « Flames » frôle l’univers psyché/mélancolique du « Kiss me, Kiss me, Kiss me » du Cure, alors que paradoxalement, la voix emprunte une tonalité métallique.

Ce n’est pas cet album qui va permettre Birdpen d’augmenter son contingent de fans en Grande-Bretagne ; à contrario du continent européen, où le tandem y est particulièrement apprécié. Ce qui ne devrait pas changer…

Birdy Nam Nam

A Rush Of Blood To The Head

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Les quatre ‘Turntablists’ aux doigts de fées étaient de passage à l’Ancienne Belgique après avoir remporté, quelques semaines plus tôt, la ‘Victoire de la Musique’ du meilleur album électro de l’année. Il faut dire que « Manual For A Successful Rioting » envoie une claque sans concession, à coups de beats bien bourrins, assénés où il faut, quand il faut. Après s’être produits lors des festivals Polsslag, Pukkelpop et I Love Techno, en 2009, Birdy Nam Nam présentaient leur ‘scud’ pour la première fois en salle en Belgique, sous le toit de l’AB.

Les Liégeois de Partyharders Squad étaient chargés de préparer le terrain. Rien de bien excitant au programme. Le duo enchaîne les clichés du DJing, et chauffe donc la salle en se contentant de cliquer sur la touche ‘next’ de son laptop et de hurler à chaque montée de BPM. Et on n’échappera pas au quart d’heure dubstep, histoire de démontrer qu’on est bien ‘aware’ des tendances émergeantes. Au moins, ça a le mérite de faire danser les kids des premiers rangs. On a beau ne pas adhérer au style des Liégeois, impossible de nier que leur cible est bien atteinte et conquise.

Cinq minutes de répit à peine avant que les Parisiens n’entrent en scène. Ce soir, l’AB affiche complet. Crazy B, Little Mike, DJ Need et DJ Pone, tout sourire, ont l’air motivés. Le public, lui, l’est davantage. Et une énorme installation light-show démontre que la formation joue désormais dans la cours des grands. C'est certain, celles et ceux qui recherchaient la simplicité de leurs premières prestations vont être servis en matière de déception. Le set démarre sur quelques bons souvenirs de l’éponyme, à l’époque où les quatre gaillards privilégiaient les scratches aux bleeps. Mais les extraits du premier opus sont soit retravaillés (ou torturés, c’est selon), soit rapidement passés sous silence, au profit des bangers de la grosse machinerie « Manual For A Successful Rioting ». Ainsi, même le tubesque « Abbesses » n’est plus ce qu’il était. Birdy Nam Nam est désormais une infernale machine à danser et assume très manifestement son statut. Même si le groupe donne parfois l’impression de réaliser à quatre, ce qu’il pourrait facilement exécuter à deux…

Les pieds entre le sol et le plafond, le public adhère à donf et se laisse entraîner sur les beats carnassiers de « Worried », « TransBoulogne Express » ou l’excellent « Red Dawn Rising ». Il faudra deux rappels pour calmer les ardeurs de la foule, chaude comme la braise. Après tout, c’est samedi soir. Un « The Parachute Ending » aux allures de seringue d’adrénaline, vient achever le travail entamé une heure et demie plus tôt. Tandis que ses trois camarades se retirent, Little Mike en profite pour caresser son public dans le sens du poil et exhiber le drapeau belge qu'il s’est fait tatouer au bras. Avant de se retirer, il prend encore le temps de charrier les ‘footeux’ en scandant le nom de son équipe fétiche (NDR :  information qui n’est restée gravée dans mon esprit, que quelques millièmes de secondes) tandis que DJ Pone remonte furtivement sur les planches, en brandissant le maillot de la football team en question. Un final bon enfant qui résume assez bien l’ambiance générale entretenue, tout au long du set des turntablists passés pros du bidouillage.

(Organisation : AB + Live Nation)

BirdPen

Des artistes politiquement engagés…

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Il y aura moins de concerts en 2017, au Salon de Silly. La programmation a été revue de fond en comble, afin d’accueillir des spectacles de taille internationale, comme celui de ce soir, qui va proposer BirdPen (NDR : le side project de Dave Penn et Mike Bird), en supporting act de Talisco. Excusez du peu ! Faut dire que la formation insulaire se produisait la veille au Bota et était attendue, en Suisse, le lendemain. Bref, ce soir, on va donc bénéficier de deux têtes d’affiche. Et le public est chaud boulette pour de tels événements. On dénombre même de nombreux aficionados du combo britannique, aux premiers rangs. Certains débarquent de Rodez ! Et bien sûr, le concert est sold out.  

BirdPen est venu défendre son dernier opus, « O’ Mighty Vision », paru en août dernier. Il a précédé celui d’Archive, publié en octobre, combo au sein duquel Dave Pen milite également. On peut donc affirmer que ce dernier n’a pas chômé, au cours des derniers mois.

A 21 heures pile, une intro nous invite à pénétrer dans l’univers de « O'Mighty Vision ». Un light show de couleur rouge baigne la scène. Une préface d’un peu moins d’une minute qui précède l’entrée des artistes. Le drummer s’installe à l’extrême droite. Un gratteur, casquette à penne vissée sur le crâne, se plante devant lui. Dave salue le public qui lui répond en frappant des mains. Mike se case à gauche de Dave. Il est très appliqué, que ce soit à la six cordes ou aux claviers. Lorsque ce dernier se prend pour un chamane, la musique devient propice à la transe. Et les sonorités de guitares nous plongent alors dans les ténèbres.

Dave et Mike sont des artistes particulièrement engagés. Notamment dans le domaine de la politique. Ainsi, ils n’ont pas hésité à dénoncer le Brexit ou les dérives populistes qui se produisent en Europe, que ce soit à travers leurs déclarations ou les thèmes abordés dans leurs compos. D’après leur analyse, c’est cette dérive populiste et les discussions politiques de comptoir qui ont poussé la Grande-Bretagne à sortir de l’Europe. Mais c’est le monde de la finance (banques, multinationales) qui a encouragé cette décision. Et ce message est véhiculé par « The Chairman », une compo au cours de laquelle les harmonies vocales sont atmosphériques et le refrain entre en lice, dès l’intervention des guitares.

Plus électro/pop, « Tookit » nous rappelle que Talisco va succéder à BirdPen, sur les mêmes planches. Dave a d’ailleurs rangé sa gratte, alors que les percus et les claviers finissent par s’emballer…

Dominée par les claviers et les grattes, « The Solution Is The Route Of All My Problems » est la piste la plus longue du dernier elpee. Atmosphérique, éthérée même, elle lorgne manifestement vers la prog. Celle d’Archive, probablement. Ou alors du Floyd. Excellent ! Les fans participent alors à un grand moment de recueillement. Dans le même esprit « Lifeline » est propice à l’évasion de l’esprit. Les cordes y sont littéralement dantesques. Comme lors des morceaux finaux, « Into The Blacklight » et « Off ». Les larsens sont parfaitement maîtrisés. Les percus, hypnotiques. Et la voix de Dave pénètre dans la stratosphère…

Le rappel n’implique pas de sortie de scène. Le band préfère sans doute battre le fer tant qu’il est chaud. Le drumming syncopé de « The Underground » plombe volontairement l’atmosphère. C’est dans ce style que la musique Birpen est vraiment la plus intéressante. A l’issue d’« Only The Name Change » les néons verticaux se rallument et diffusent une lumière de couleur blanche…

A l’intérieur du Salon, il fait de plus en plus chaud. Un détour par le bar s’impose pour s’offrir un petit rafraîchissement. Talisco, c’est le projet du Bordelais Jérôme Amandi. Ce soir, il va nous proposer de larges extraits de son dernier elpee, « Capitol Vision », un disque coloré, ensoleillé, qui a été enregistré à Los Angeles. Et sur les planches, il est soutenu par deux musicos. Un drummer et un claviériste, également préposé aux percus électroniques. Encore que régulièrement, ils changent de rôle. Jérôme va se servir, tour à tour de la guitare sèche ou semi-acoustique.

Bons baisers de Los Angeles (« A Kiss From L.A.»), c’est le brûlot qui ouvre le set. Le public est déjà sous le charme. Discrètement souligné par les ivoires, « Monsters And Black Stones » est imprimé par des percus soutenues. « Follow Me » nous entraîne sur les grandes plaines de l’Ouest, pour y vivre une cavalcade effrénée. Le spectre de Sergio Leone plane. Des « Shadows » qui se révèle bien plus urbaines… mais toujours américaines. Particulièrement dansants, « Your Wish » et « Sorrow » sont destinés à évacuer les fourmis qui nous démangent les guiboles. « Thousand Suns » est une compos électro/pop classieuse. « Sitting With The Braves » nous invite autour d’un feu de camp. La mélodie est jolie. Les percus sont tribales. Et les cordes de gratte, atmosphériques. Empreint de douceur, « The Martian Man » se distingue par ses superbes harmonies à trois voix. Le popotin recommence à remuer dès « Stay (Before The Picture Fades) ». Tout comme lors d’« Everyone », un morceau plutôt excitant. Les spaghettis du western italien débordent de la casserole en ébullition. « Loose », c’est un peu le coup de cœur de votre serviteur. Il est à inscrire en lettres ‘Capitole’ sur cet excellent second album. Et c’est « The Keys » qui va mettre le souk devant et derrière le podium. Faut dire que sympa et interactif, Jérôme est un fameux showman. Et le concert de s’achever par « Behind The River ». Une superbe soirée !

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

BirdPen

O'Mighty Vision

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Le douzième opus d’Archive, « The False Foundation », est paru ce 7 octobre 2016. Et celui de Birdpen, ce 26 août dernier. Dave Pen n’a donc pas chômé au cours des derniers mois. Mais venons-en au quatrième elpee de Birdpen, soit celui du duo réunissant Pen et Mike Bird. Qui fait suite à « In The Company of Imaginary Friends », gravé l’an dernier. Comme on vous le disait que Dave est hyperactif ! D’autant plus qu’en 2015, il a réalisé un autre album, en compagnie de l’ex-Go-Betweens, Robert Foster, au sein d’un side-projet baptisé We Are Bodies.

Lors des sessions d’enregistrement de « O'Mighty Vision », la paire a reçu le concours du drummer d’Archive, Smiley, pour deux titres (« Trust », « The Solution Is The Route Of All My Problems »). 

Birdpen est un peu un camp d'entraînement et d'échauffement pour le collectif Archive.

Début 2015, un grand débat agite le monde politique insulaire au sujet du Brexit. Mike et Dave n’ont pas leur langue en poche ; aussi, ils ont voulu décrypter la situation.

La dérive populiste et les discussions politiques de comptoir ont, suivant leur point de vue, orienté cette décision. Mais c’est le monde de la finance –que ce soit les banques ou les multinationales– qui l’a encouragée (« The Chairman »). Les harmonies vocales sont atmosphériques. Le refrain est amorcé dès l’arrivée des guitares.

Cette vision étroite est défendue par ces dirigeants politiques (« Traitors »). La mélodie est basique et entêtante. Les claviers tracent le profil électro de cette piste.

La batterie imprime un tempo hypnotique tout au long du titre maître. Discrets, ivoires et cordes sont ici empreints de délicatesse.

« Tookit » adopte un profil electro/rock.

« The Solution Is The Route Of All My Problems » est la plage la plus longue de l’elpee (NDR : 12'33'', quand même), une compo aventureuse, vaporeuse, onctueuse, dominée par les claviers et les guitares. Archive n’est pas loin. Le Floyd, non plus.

« Dance To The End » s’élève dans la stratosphère…

Déclamatoire, « The Underground » clôt cet opus. Le discours est sombre. Mais aussi, profond…

Lucy and The Birds

Lucy and The Birds (Ep)

Écrit par

Lucy And The Birds, c’est le nouveau projet d’Elke Bruyneel, l’ex-vocaliste du défunt Delavega, formation qui a rencontré un certain succès dans les années 2000. Son nouveau backing group, The Birds, réunit le claviériste Van Caenegem, le drummer Steven Cassiers et  le bassiste Steven Van Loy. Elke a toujours une superbe voix ; et elle nous le démontre à nouveau tout au long des six titres de cet Ep. Une voix capable de toucher au sublime, à l’instar de Norah Jones, Lora Groeseneken, Laura Mvula, Rickie Lee Jones ou Mélanie De Biaso.

Et pourtant, cet organe est trafiqué par un vocodeur sur le premier morceau de ce disque, « Strongest Girl ». Avant de reprendre tout son éclat naturellement clair et cristallin, sur le deuxième titre, une compo jazz/soul à la mélodie accrocheuse. Le timbre d’Elke me fait même parfois penser à Lara Chedraoui, la vocaliste d'Intergalactic Lovers ; mais aussi à Billie Holiday voire Nina Simone sur le plus swinguant « Golden Sounds ». Percus, cymbales, clochettes et ivoires entretiennent cette atmosphère feutrée. Une ambiance reproduite sur « Missing », mais en plus énergique.

Lucy et sa troupe se produiront ce 2 octobre à Gand, le 9 du même mois au Centre Culturel d'Herzelle, le 11 décembre au Centre Culturel de Zottegem et le 20 mi 2016 au Centre Culturel de Grammont.

Wildbirds & Peacedrums

Rhythm

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Wildbirds & Peacedrums. Oiseaux sauvages et tambours de paix. Quel joli patronyme pour ce duo dont la musique est à la fois simple et percutante et les voix sont gracieuses comme des pirouettes ou entrechats.

Ce couple, à la ville comme au boulot, parvient à refléter son intimité affective et ses émotions, à travers ses chansons. 

Il s’agit du quatrième opus de cette paire suédoise. Et il frappe fort. Très fort. D’ailleurs à l’issue de son écoute, on est un peu sonnés.

Pas d’artifices inconsistants. Un max de simplicité et d’authenticité pour communiquer au mieux. Les 9 plages de « Rhythm » sont parfaitement maîtrisées. Et surtout succulentes.

Andreas Werliin balise et stimule l’expression sonore en frappant ses fûts. Il produit une assise rythmique sur laquelle vient se poser la voix de Mariam Wallentin. Une voix douce qui arrondit les angles tout en pimentant les morceaux. La musique a du corps, mais aussi de l’âme. Et c’est primordial. Il n’y a pratiquement rien de plus. Des percussions, des voix et le souffle d’un esprit qui danse. Fallait oser ! Et le zeste d’électro est tellement subtil, qu’on ne se rend même pas compte de sa présence…

Fruit de la rencontre inopinée entre la raison et le rêve, « Rhythm » est un disque vraiment splendide…

BirdPen

Même s’il faut soulever des montagnes…

Birdpen est une formation anglaise drivée par le chanteur/guitariste d’Archive, David Penney, et le guitariste/claviériste Mike Bird, roadie au sein du même collectif. C’est à l'hôtel Bloom, situé à deux pas du Botanique, que le tandem nous a accordé cette interview, juste avant son concert à l’Orangerie. Après avoir publié 5 Eps (autoproduits) depuis 2003, BirdPen a gravé « On/Off/Safety/Danger » en 2009, « Global Lows » en 2012 et « In The Company Of Imaginary Friends », cette année. Mais intéressons-nous d’abord à l’opération ‘Trekstock’ à laquelle participent les membres d’Archive, et Dave, notamment…

Dave : « Trekstock » est un projet caritatif qui vient en aide aux enfants atteints du cancer. Mais également qui se préoccupe de la jeune enfance, afin de prévenir cette maladie. En l’invitant à adopter une vie et une alimentation plus saines, notamment. Un projet qui a démarré, il y a plus ou moins 18 mois. C’est Alex, notre tour manager, qui nous a sensibilisé à cette question. Nous avons rencontré des membres de l'organisation et nous sommes avons projeté de réaliser l'ascension du Mont Blanc, pour lui donner une impulsion. Nous ne sommes pas parvenus au sommet, mais au moins au dôme, dernier niveau avant l'ascension finale. Nous étions presque arrivés au but, mais le temps s'est un dégradé vers 5 heures du matin. Nous étions accompagnés de guides chevronnés. Nous avons donc dû rebrousser chemin. On a quand même réussi à collecter 13 mille livres. Puis on a accordé quelques concerts au cours desquels on a accompli quelques DJ sets. Toutes ces initiatives nous ont permis de collecter des fonds. C'était une superbe aventure qu’on a vraiment appréciée. Et le dessein nous tenait vraiment à coeur.

Ce sont des gens comme toi qui permettent de se mobiliser contre cette maladie, surtout quand elle touche les plus jeunes. Quand on est passé par là, on sait de quoi il en retourne. Et la musique devient alors pour toi, une véritable drogue.

Dave : Oui en effet, la musique est toujours un bon moyen de s'évader et de prendre du recul par rapport à la maladie. Je te remercie pour le compliment.

Gravir le Mont-blanc, c’était un fameux défi, quand même ?

Dave : Je n'avais jamais osé me lancer dans une telle aventure auparavant. J'avais bien réalisé quelques petites ascensions, dans d’autres régions, mais jamais je n’avais eu recours à des équipements aussi spécifiques que des pics à glace ou des casques. Il a fallu que me fasse violence pour sortir de mon confort quotidien. C'était un challenge à la fois relativement neuf et effrayant en même temps. Mais, ce défi m’a permis de donner un autre sens à la vie…

Vous tenteriez à nouveau l’expérience ?

Dave : Oui, car je sais maintenant à quoi m'attendre.

En insistant davantage sur la préparation ?

Dave : Oui, principalement mentale. Nous vivons dans un une région peu accidentée. Pour s’entraîner, on est obligé de se rendre au Pays de Galles ou dans les Midlands. Donc il est relativement difficile de pouvoir s'exercer. J’ai un peu fréquenté les salles où on pratique l’escalade. Mais cela n'a rien à voir. Physiquement, j'étais prêt. Mais mentalement, c'était une autre paire de manches…

Pourquoi avoir fondé Birdpen ? Surtout quand on est impliqué dans un groupe qui possède déjà une telle notoriété. Vous avez dû sortir de votre cocon ?

Dave : Mickael va répondre…
Mickael : Les événements se sont déroulés différemment. Birdpen est un projet que nous menions, bien avant de nous investir chez Archive. En 2002, nous réalisions déjà des vidéos pour d'autres groupes, que nous signions Birdpen. Puis on a commencé à se produire en concert et développé d’autres concepts…

Vous parvenez à gérer deux groupes ? N'est-ce pas, parfois, un peu schizophrène ?

Dave : Complètement. Actuellement je suis impliqué dans 3 projets. Je bosse également dans l'industrie musicale. Tout dépend de la nature de ton job. On pourrait se contenter de s’exprimer uniquement à travers Archive ; mais je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Parfois, on veut développer d’autres trucs, différents du collectif Archive. Archive est le fruit de l’imagination de différents musiciens. Aux idées différentes. Ce qui le rend billant et unique en son genre. Birdpen se limite à celles de Mickael et des miennes. Et c'est vraiment très bien ainsi. Le troisième plan auquel je participe, c’est celui de Robin Foster. Mais il se charge de la musique, et moi des paroles. Ces trois projets me tiennent vraiment à cœur. Le plus important est de rester actif. Chaque fois, ce sont des moyens qui permettent d'exprimer tes idées, tes opinions et de solliciter ton inspiration. Nous avons beaucoup de chance que le public apprécie notre création. Mais pour y parvenir, tu dois t’impliquer à fond et montrer ce dont tu es capable.

Et en même temps, te permettre de t'échapper d’Archive ?

Dave : Absolument ! Même s’il est parfois plus difficile de les mener à bien que de participer au collectif. Mais l’inverse est également vrai. Quand je me retrouve au sein d’Archive, je peux également m’évader des autres projets. Et je le reconnais, c’est une énorme opportunité de pouvoir disposer de plusieurs cordes à ton arc, et de vivre ta vie comme tu souhaites la vivre. Ce qui te permet d'acquérir de l'expérience, d’emmagasiner des connaissances, trouver de l’inspiration pour écrire et t’ouvrir l'esprit.

Vous semblez très proche du public belge ?

Dave : C’est sans doute dû au fait qu’on y accorde le plus de spectacles, depuis un bon bout de temps. Les Belges et les Anglais ont pas mal de points communs. Chaque fois qu’on se produit en Belgique, sa réaction est vraiment surprenante. Que ce soit lors des festivals ou au Botanique, elle est même fantastique. Au fil du temps, les représentations se sont enchaînées et l’accueil est toujours aussi bon.

Il sert de test pour vos nouveaux shows, avant de partir en tournée ?

Dave : On a déjà joué nos nouvelles chansons dans d’autres pays. C’est la première fois qu’on les interprète, ici en Belgique. On avait inversé le processus, lors de la sortie du précédent album. On avait inauguré nos compos sur le sol belge. Mais pas cette fois-ci. Nous ne pouvions pas attendre avant de les dispenser. Mais je pense que certains fans ont déjà entendu nos nouvelles chansons. Donc, ils savent, je pense, plus ou moins à quoi le nouvel album ressemblera…  

C’est votre troisième. Il s’intitule « In The Company Of Imagining Friends ». On peut en savoir davantage?

Dave : Oui, bien sûr. L’an dernier, nous avions composé deux morceaux et nous voulions approfondir le sujet. Le concept repose sur la perte de conscience. Pense aux alcooliques ou aux drogués. Ils s’enfoncent progressivement dans le côté obscur de l’existence. Et quand ils sont dans les ténèbres, il faut pouvoir s’en sortir. De nombreux êtres humains traversent des épreuves dans la vie. Cela m'affecte. Elle est relativement clémente pour moi ; mais ce n’est le cas pour tout le monde. Des tas de mésaventures peuvent s’y produire. Mais au mieux on peut les analyser, au plus elle deviennent claires et au mieux on peut les combattre. Ce disque est une porte ouverte qui laisse les gens entrer. C'est un album très personnel. Mais, aussi une libération pour pouvoir exprimer et évacuer sa détresse. Il reflète ce que l'on fait dans sa propre vie…

Est-ce une forme de thérapie qui vous a été nécessaire ?

Dave : Nous l’avons enregistré. Nous l’avons mixé ; une tâche que nous n’avions jamais exécutée auparavant. Mickael y a passé beaucoup de temps. Quand on l'écoute, les sonorités sont tout simplement incroyables. On l'a conçu et on l'a produit. C’est du 100% Birdpen. Autrefois, on devait avoir recours à un producteur et à un mixeur. Nous sommes relativement fiers du résultat.

L’accouchement a été difficile ?

Dave : Pas vraiment ! Nous connaissions parfaitement le sujet. Nous savions ce qu’on voulait faire. Ce qui est plus facile que lorsque tu ne sais pas exactement ce que tu veux. Nous étions très confiants. Nous étions conscient qu’on pouvait y parvenir ensemble. Et on y est arrivé…

Qui se charge des textes ?

Dave : Je les ai tous écrits !

Et de la musique ?

Dave : Mickael et moi, ensemble !

En général, le troisième album constitue un tournant dans la carrière d'un groupe. Etiez-vous conscients de cette situation, quand vous avez décidé de le produire et de le mixer vous-mêmes ? N’avez-vous pas l’impression d’avoir pris des risques ?

Dave : On a accompli un grand pas en avant en se chargeant à deux de cette tâche. Et si on est capable de l’accomplir, je ne vois pas de raison de changer notre fusil d’épaule, dans le futur. Il ne s’agit pas vraiment d’un changement ou un tournant, mais plutôt d’une progression naturelle dans la manière de travailler ensemble et d'écrire. De toutes manières, le résultat correspond exactement à ce que nous souhaitions entendre. Et puis Birdpen n’était pas très connu et il ne l’est pas beaucoup plus aujourd’hui. Au départ, tu enregistres toujours un album pour toi-même ; mais lorsqu’il sort, un tas de monde s’y intéresse et passe son temps à creuser le contenu…  

« I Like A Mountain », c’est la première plage de l’elpee. On en revient à l’ascension du Mont Blanc ?

Dave : J'avais écrit cette chanson avant d’entamer cette aventure. « I Like A Mountain » n’évoque pas l’escalade d'une montagne, mais un état d’esprit. Il faut prendre ce titre au sens figuré. Mon message c’est quelle que soient les épreuves de la vie, il faut juste les affronter comme elles sont. Même si on a l’impression de devoir soulever des montagnes pour trouver une solution. J'aime cette métaphore…

Quelques mots sur le nouvel album d'Archive ?

Dave : Il s’intitule « Restriction » et on vient de publier 3 singles en même temps. C'est encore le fruit d’idées fraîches et novatrices. On a de nouveau essayé de repousser les limites. Nous avons réalisé ensemble et simultanément toute une collection de vidéos aux visuels différents. Nous allons les faire vivre. On a beaucoup expérimenté. On s’est ouvert de nouvelles perspectives. Je pense que le public va vraiment apprécier. Une longue tournée suivra. On prie pour que tout se passe bien. Je touche du bois (NDR : il joint le geste à la parole).

BirdPen

Du retard à l’allumage…

Je me souviens, il y quelques années, j'avais eu la chance de mixer Birdpen à l'Atelier Rock de Huy, afin de suppléer leur ingé-son victime d’un problème de transport. J'avais vraiment apprécié de travailler pour ce groupe au sein duquel évoluait Dave Penney et l'extraordinaire batteur ‘Smiley’ (tous les deux militent au sein d’Archive) accompagnés par Mike Bird.

A l'époque, j'avais été envoûté par leur rock puissant et hypnotique. C'est donc le cœur léger que je me suis rendu, ce lundi au Botanique, sachant toutefois que ‘Smiley’ ne serait pas de la partie.

Difficile de m’étendre sur la prestation de Beautiful Badness car, comme d’habitude, c'est en retard que j’ai débarqué au Bota. Je n'ai donc pu voir que les deux derniers morceaux de leur prestation. Trop peu pour en juger. Et puis un collaborateur de Musiczine y assistait, et vous livre ses impressions .

Malheureusement pour Birdpen, c'est devant une assemblée clairsemée qu'il entame son spectacle. Après une intro enivrante, il embraie par « Like a mountain », un titre plus pop. Lors de l’excellent troisième titre « Safety », la voix de tête et la guitare puissante de Dave Penney rappellent les envolées de Six by Seven.

Par la suite, les morceaux s'enchaînent rapidement et malgré la grande maîtrise technique du band, on a du mal à accrocher. Composés de rythmes tribaux, avec utilisation de filtres, les titres du nouvel elpee, « In the company of imaginary friends », semblent un peu vides et manquent souvent de mélodies qui pourraient servir de fil conducteur.

Vers la fin du set, le groupe nous livre toutefois deux morceaux hypnotiques et très rock qui vont faire trembler l'Orangerie.

En rappel, le combo nous réserve deux titres. Tout d’abord une version acoustique et paisible de « Cold Blood ». Et surtout, « Only the name change », une compo qui laisse entrevoir toute la puissance et la qualité mélodique du band ; mais malheureusement un peu tard. On aurait d’ailleurs aimé vivre ce moment plus tôt et plus longtemps...

(Organisation : Botanique)

BirdPen

Global Lows

Écrit par

Aucune chance d’y couper, donc autant l’annoncer tout de go : Oui Birdpen, c’est Bird pour Mike Bird et Pen pour Dave Pen.

Donc, dans ce projet à deux têtes, nous avons bel et bien une partie d’Archive.

Et puisque la voix nous ramène immanquablement à la formation britannique susmentionnée, les évidents rapprochements ne manquent pas de pleuvoir tout au long de cet LP.

Le climat emprunté est d’ailleurs tout aussi menaçant mais les similitudes ont tôt fait de s’éclipser à la lumière spectrale de compositions pleines de bravoure et il faut le dire, parfois un peu boursouflées.

Le ciel est plombé et les atmosphères sont oppressantes. « Global Lows » revendique une noirceur, parfois aussi surfaite.

Le spectre d’Archive n’est pas le seul à planer.

On pourrait citer celui du Radiohead de Tom York (« Nature Regulate »), de Bono ou encore plus évanescente, celle de The Cult (« Save Destroyer ») et donc par jeu de miroir, le reflet de Jim Morrison quand s’entrouvrent certaines portes.

Et puis on pourrait ajouter Editors pour le côté lissé d’une complainte inutilement ornée de fleurs savamment fanées.

La production de Jim Spencer (Oasis, New Order, …) assure une homogénéité digne d’un bloc de l’Est, version guerre froide, voire très froide, avec une précision chirurgicale qui fatalement nuit à la véracité du propos.

Certes, on peut concevoir des albums à la fois tourmentés et propres sur eux.

Mais on ne m’enlèvera pas de l’idée que plus la couche de vernis est épaisse, plus elle dissimule les craquelures de compositions malingres.

La nature humaine analysée sous ses coutures suintantes constitue le thème de prédilection de cet opus qui, vous l’avez deviné, ne se distingue pas par son optimisme.

Mais le groupe à l’intelligence de ne pas noyer l’ensemble sous une pathos exacerbée et si les pans de lumière se font rares, on évite quand même le piège de l’enlisement.

Compromis entre une production Pop léchée et une volonté farouche d’explorer des terrains de jeux plutôt minés, Birdpen conçoit de la noirceur propre, de la tristesse sans vague, du chagrin sans crasse.

Le résultat devrait donc séduire les moins exigeants, ceux pour qui une oreille suffit à aimer ou non un album.

Pour les plus tatillons, « Global Lows » constitue un produit bien ficelé mais dont l’emballage, aussi sombre et opaque puisse-t-il être, laisse transparaître quelques faiblesses dues sans doute à un manque d’authenticité.

 

Mark bird Stafford

Live at the Delta

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Mark est un chanteur/harmoniciste canadien. Originaire de Toronto, il doit son surnom de ‘Bird’ à son style, proche du légendaire saxophoniste de jazz, Charles ‘Bird’ Parker. Sans surprise, il avoue pour influences majeures, Little Walter, Sonny Boy Williamson et Big Walter Horton. Il se produit sur scène depuis 1985. A cours de sa carrière, il a monté différents groupes, et notamment Polaroid Blues Band ainsi que les Sly Dogs, dont il a ensuite changé le patronyme en Mark ‘Bird’ Stafford & The Rectifiers. Son premier album officiel, "The bird man", remonte à 1996. Il faudra attendre 2003 pour le voir publier son deuxième, intitulé "Harpspace". Il a aussi assuré en permanence la promotion de l'harmonica, en réunissant régulièrement, sous la bannière des Harmonica Knights, les meilleurs souffleurs du pays à la feuille d'érable ; et en particulier Jerome Godboo, Paul Reddick, David Rotundo, Raoul Bhanja, Carlos del Junco, Michael Pickett ou encore Bharath Rajamukar. L'album a été enregistré ‘live’ au Delta Chesea de Toronto, en juillet 2012. Bird est entouré de son backing group, soit deux guitaristes, un bassiste et un drummer. Le répertoire est uniquement consacré à des classiques du blues, et presque exclusivement de Chicago blues.

L’elpee démarre en force par "Pretty baby". Une compo composée par Little Junior Parker, en 1957. Issu de Memphis, cet artiste est disparu alors qu’il n’avait pas encore 40 ans. Atteint d’une tumeur au cerveau, il est décédé lors de son opération. La formation est bien soudée. La voix de Bird est admirable. Tous les instruments bien en place. Place ensuite au "Born blind" de Sonny Boy Williamson II. Rice Miller est son idole et son style est fort bien restitué. Stafford adapte ensuite un morceau de l'inévitable Little Walter. Un exercice de style instrumental réussi pour l’universel "Juke". Il embraie par le "Mellow down easy" du même compositeur. Remarquables, les soli sont partagés avec son guitariste Aaron Griggs. Bird restitue parfaitement et aisément le style de ses maîtres. Sa cover du "Sloppy drunk" de Sonny Boy Williamson I est saignante. Cependant, si les gratteurs assurent correctement leur job, il faut reconnaître qu’il existe une différence de classe entre le leader et ses partenaires. Le tempo ralentit et le style devient primaire pour "I found joy", un titre signé par Jimmy Reed. Bird souffle, bien entendu, dans les aigus. Il les pousse même à leur paroxysme. Il opte à nouveau pour une compo de Rice Miller, "I don't know", une piste au cours de laquelle il embrasse la technique de Sonny Boy avant d’accorder un billet de sortie à un sémillant Briggs. Direction Baton Rouge, en Louisiane, pour "Got love if you want it", un swamp blues signé Slim Harpo. Mark termine son concert par trois plages de Willie Dixon, le plus grand compositeur du blues de Chicago, trois plages popularisées par Little Walter. Tout d’abord l’indolent "Can't hold out much longer", un sommet de ce live, caractérisé par un dialogue étonnant entre Bird le souffleur et Bird le chanteur. "It’s too late brother", ensuite. Très jump et parcouru d’un léger swing entretenu par la section rythmique. Enfin, le morceau final. Une véritable leçon d'harmo accordée sur l'instrument chromatique, face aux percussions de Tyler Burgess. Pas de doute, Stafford est un musicien particulièrement brillant.

 

Wallis Bird

Wallis Bird

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Wallis Bord joue de la musique depuis sa tendre enfance. A 6 mois, on lui offre sa première guitare. Elle est victime d’un accident domestique : une tondeuse à gazon lui sectionne les 5 doigts de la main gauche. Quatre pourront lui être recousus. Ce qui lui permettra de rejouer de son instrument fétiche. Mais à l’aide d’une guitare de droitière à l’envers. Cette Irlandaise est aujourd’hui âgée de 29 ans et nous propose son troisième opus. Il est éponyme.

Wallis Bird déborde d’idées et d’énergie. Des qualités qu’elle met au service de son inspiration. Ce nouvel essai est particulièrement éclectique. Il s’ouvre par le grave « Dress My Skin And Become What I’m Supposed To », un morceau tout simplement magnifique. Allègres, les deux pistes suivantes sont modulées par les différents rebondissements du tempo. Perso, j’apprécie surtout l’artiste lors de ses chansons les plus lentes. Souvent, c’est le moment choisi par les superbes arrangements pour les enrichir. A l’instar du très lyrique « But I’m Still Here, I Still Here » sur lequel le piano s’invite pudiquement avant d’ouvrir la porte à ce qui semble être un xylophone. Un titre troublant au cours duquel elle évoque sa propre mort.

Introspectif, le nouvel elpee devrait plaire aux aficionados d’Ani DiFranco. Faut dire que certains de ses textes sont tout aussi engagés politiquement…

L’Irlandaise sera présente au festival Dranouter le 4 août.

 

Bowerbirds

The Clearing

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Ces drôles d’oiseaux venus de Caroline du Nord (Raleigh), ne peuvent décevoir. Depuis 2006, le duo a publié un Ep et trois albums. Tous excellents. Des œuvres sculptées dans un folk à la fois créatif et empreint de délicatesse, dont la dernière « The Clearing », vient de paraître.

Leur troisième opus a été enregistré au studio Abril Base, dans le Wisconsin, c’est-à-dire celui de Bon Iver. Et pour le concocter, le couple (à la ville comme à la scène, comme le veut la formule…) a reçu le concours de Mark Paulson au violon. Outre les vocaux qu’ils se partagent, Philip Moore se réserve la guitare et Beth Tacular l’accordéon.

« The Clearing » baigne au cœur d’une quiétude bucolique. Bowerbirds veut être en communion constante avec la nature. Pas étonnant qu’ils aient d’ailleurs choisi de se rendre au sein des quartiers de Justin Vernon, pour le réaliser. On ressent même l’influence du plus connu des bardes barbus, sur un titre comme « This Year ».

Le disque s’ouvre par le magnifique « Tuck the Darkness In », une compo parcourue par de délicates notes de piano. Mais le sommet de l’opus est atteint par « Overcome with Light », une chanson absolument remarquable.

Manifestement, la formation a pris de la bouteille. Une expérience consécutive aux épreuves traversées par le couple (hospitalisation et rupture). Une cure de maturité forcée qui semble bénéfique pour leur inspiration. La complexité des orchestrations et des arrangements ne nuisent pourtant pas au sens mélodique, toujours aussi aiguisé. Cordes et guitare électrique font ici bon ménage. Et puis la richesse de leurs harmonies vocales est intacte.

 

Andrew Bird

A la découverte de “Break it yourself”…

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Andrew Bird monte en grade. Alors qu’autrefois il garnissait à peine la Rotonde, aujourd’hui le natif de l’Illinois remplit le Cirque Royal. Il faut dire qu’à 39 ans, l’Américain a déjà une carrière bien riche derrière lui. Il a ainsi publié treize albums, dont trois au sein de son ancienne formation Bowl of Fire, sans compter les œuvres nées de ses multiples collaborations, notamment en compagnie d’Emily Loizeau, de Squirrel Nut Zippers ou encore de Neko Case. De retour sur nos terres, Andrew Bird venait nous présenter, en avant-première, son dernier opus, « Break it Yourself », qui sortira ce 12 mars.

Comme d’habitude, la première partie est assurée par Dosh, le multi-instrumentiste et batteur d’Andrew Bird. Installé au milieu de ses claviers et de ses machines, quand il ne siège pas derrière ses drums, Dosh enregistre loops sur loops et crée des atmosphères susceptibles de rappeler le post-rock de Jaga Jazzist. Si la maîtrise de Dosh est indéniable, le public peine à accrocher. Il faut avouer que l’on est ici dans le registre de l’ambient et qu’il est plutôt difficile d’y accrocher. Après 45 minutes, Dosh nous quitte et nous donne rendez-vous une demie plus tard auprès d’Andrew Bird.

A 21h00, la sirène retentit. Le temps de retrouver son siège (NDR : pour ce spectacle, toutes les places sont assises) et les lumières s’éteignent. Andrew Bird entre en scène. Seul un double gramophone orne le fond du podium. Il entame deux morceaux au violon. En solitaire. Il superpose les loops démontrant une nouvelle fois son habileté à jongler avec les couches sonores. Toujours aussi cristallin, son timbre vocal n’a pas changé d’un iota. Ces deux premiers morceaux nous emmènent dans un univers lyrique. Alors que son guitariste, son bassiste et Dosh rejoignent Andrew Bird sur les planches, l’Américain nous révèle le programme de la soirée. La formation interprètera le nouvel album dont la sortie est prévue pour ce lundi et dans l’ordre du tracklisting. Le public du Cirque aura donc la chance de découvrir « Break it Yourself » avant qu’il ne tombe dans les bacs ce 12 mars. Et ce nouvel opus prouve également qu’il n’a rien perdu de ses talents de songwriter. Le violon est omniprésent sur les premières chansons. Bird est au centre des débats : sa voix, son instrument à archet et ses sifflotements se marient à merveille. Après quelques titres, son style se révèle davantage pop/rock. Il troque alors son violon pour une guitare. Et y témoigne d’une aptitude aux six cordes qu’on ne lui connaissait pas. Il n’oublie pas d’interpréter son futur single, « Eyeoneye ». Au bout d’une heure, il en a terminé avec son nouvel elpee ; et pour le plus grand plaisir du public, il attaque des titres de son ancien répertoire, tels que « Effigy » (NDR : issu de « Noble Beast ») ou encore « Plasticities » (extrait d’« Armchair Apocrypha »).

A peine trente secondes après avoir déserté l’estrade, le groupe refait son apparition. Andrew Bird et son band attaquent deux compos sculptées dans la country yankee la plus pure. Pensez à la bande annonce du film ‘O’Brothers’. Le concert s’achève par une touche plus ‘exotique’ et bon enfant. Soirée réussie ! Tout en confirmant tout le bien que l’on pensait de lui, Andrew Bird nous a dévoilé ce soir l’intégralité de son nouvel elpee, qui devrait récolter de nouveau, un beau succès…

(Organisation Botanique)

Birds of Passage

Winter lady

Écrit par

Derrière le pseudonyme Birds of Passage, se cache Alicia Merz. Une jeune artiste qui avait déjà participé au projet de Leonardo Rosado, il y a quelques années. Vu le climat glacé au sein duquel baigne cet opus, on parierait bien que la jeune dame nous vient d’Islande. Sa voix douce évoque Jonsi, version féminine, et sa musique la température qui règne à la limite du cercle polaire arctique. En outre, le titre de l’elpee, « Winter Lady », est suffisamment évocateur. Et pourtant, Alicia Merz nous vient de l’autre côté de la mappemonde, là où règne un climat tout aussi contrasté, mais plus clément : la Nouvelle-Zélande.

La musique dispensée tout au long de « Winter Lady » est parfaitement adapté aux conditions hivernales que nous vivons actuellement. Le froid y est piquant, et seuls les chuchotements émis par la voix de Merz tentent de nous réchauffer. Mélancolique, voire carrément cafardeuse, l’atmosphère qui y règne annonce la fin d’un cycle.

L’album s’ouvre par l’excellent « Highwaymen in Midnight Masks ». Un titre beau et minimaliste à la fois. Malheureusement la suite est moins intéressante ; et au fil du disque, on est envahi par un sentiment de lassitude. Quoique saupoudrés d’accents ‘drone’, ce dark folk sombre dans la monotonie, avant de nous plonger dans une forme de léthargie, au sein de laquelle, il devient presqu’impossible de s’extirper.

Dommage car la demoiselle ne manque pas de talent. De compositrice, c’est une certitude. La superbe plage qui entame l’elpee est une parfaite illustration. Et puis elle a une très jolie voix. En fait, elle a tellement poussé le minimalisme à l’extrême, qu’elle en a dépouillé la substance sonore de son intensité. En rectifiant le tir, Alicia Merz devrait pouvoir faire la différence. C’est tout le mal qu’on lui souhaite !

 

The Bye Bye Blackbirds

Fixed Hearts

Écrit par

The Bye Bye Blackbirds est une formation originaire d’Oakland. Mais de la ville sise près de San Francisco, pas du quartier de Chicago. Et cela s’entend. D’ailleurs, le quatuor a davantage était bercé par les Beach Boys et la flower power que le rock pratiqué dans la région des grands lacs.

Bradley Skaught et ses acolytes accordent une grande importance aux mélodies. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à puiser dans la quintessence du passé, et en particulier les 60’s, pour concocter leur power pop. Et la structure couplet-refrain ainsi que les harmonies vocales en sont les plus beaux exemples. Parmi les influences les plus marquantes, on épinglera celle des Byrds. Et tout particulièrement sur « Every Night at Noon ». « Fixed Hearts » alterne plages plus rock (« Jack frost ») et morceaux acoustiques (« New River Sunset »). « Mermaids » est même contaminé de blues. Mais c’est quand même du côté de Ted Leo and The Pharmacists, sans l’engagement politique cependant, que leur expression sonore lorgne le plus. 

Un disque sympa, à écouter d’une traite, idéal pour égayer les barbecues.

 

Birds That Change Colour

On Recording The Sun

Écrit par

Si pour des raisons climatiques évidentes, il paraît fort improbable de nos jours, pour un groupe belge, d’enregistrer le soleil qui darde ses rayons sur nos terres, le groupe anversois de Koen Kohlbacher dispose par contre d’un certain talent pour apprivoiser les oscillations mélancoliques de notre facétieuse météo.

Bercées d’un halo de lumière captées au travers d’un prisme déformant, les jolies mélodies toute en subtilité renvoient à diverses émotions et humeurs changeantes comme le temps.

Caractérisé par ses arpèges boisés, « Woods » constitue incontestablement l’arbre cachant la forêt qui s’étend sur le long de ces dix titres délicats et reposants.

On pense tour à tour aux Beatles du « Sergent Pepper’s », à Dylan, Mark Linkous ou encore Devendra Banhart, aussi bien qu’aux beautés de la nature, quand celle-ci s’offre à nos regards sous un jour nouveau.

« Oh so tired » fait feu de tous bois, « Lullaby » nous berce à la clarté des étoiles ; mais c’est surtout l’hypnotique « Never ending first of may » qui révèle l’énorme potentiel de ce groupe. Fantastique ballade à travers champs et plaines, le morceau étend sa ramure sur plus d’onze minutes que l’on savoure jusqu’au bout de la nuit.

« Oh what a day » clôture de façon enjouée ce très bel album aux sonorités psyché/folk de très, très bonne facture.

 

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