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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

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Grian Chatten, Carlos O'Connell & Tom Coll

L’homme immortel de Peaky Blinders

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La bande originale officielle de Peaky Blinders, « The Immortal Man », le film du créateur de la série Steven Knight, sortira le 6 mars. Parallèlement à cette annonce, le premier single officiel « Puppet » de Grian Chatten, Antony Genn et Martin Slattery est désormais disponible.

« Puppet » est un morceau post-rock atmosphérique qui capture, avec des nuances sombres, le poids psychologique de l'univers de Peaky Blinders. Le single a été écrit et enregistré par Grian Chatten en collaboration avec Antony Genn et Martin Slattery, compositeurs et collaborateurs de longue date de Peaky Blinders, marquant ainsi un nouveau chapitre puissant dans l'héritage musical célèbre de la série.

La bande originale comprend 36 titres au total, dont 5 nouveaux enregistrements originaux, comprenant des chansons nouvellement commandées et une partition originale complète. Antony Genn et Martin Slattery, collaborateurs de longue date de Peaky Blinders, reviennent pour composer la bande originale du film, tandis qu'Amy Taylor d'Amyl & the Sniffers et Grian Chatten, Carlos O'Connell et Tom Coll apportent de nouveaux enregistrements puissants qui enrichissent la palette sonore de Peaky Blinders.

Outre les morceaux originaux, la bande originale comprend une sélection de titres d'artistes qui ont contribué à définir le son de Peaky Blinders, notamment Nick Cave, Lankum et McLusky. Parmi les morceaux phares, on trouve une nouvelle version de « Red Right Hand » de Nick Cave, la collaboration de Grian Chatten avec Lankum sur « Hunting The Wren (The Immortal Man version) » et deux reprises significatives de Massive Attack, l'une par Grian Chatten, l'autre par Girl In The Year Above.

Le single « Puppet » est disponible

 

Chaton Laveur

Le labyrinthe de Chaton Laveur

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Né à Liège pendant le confinement, le duo Chaton Laveur — Julie (guitare, basse, chant) et Pierre (batterie, claviers, chant) — trace une voie sauvage et sans compromis au cœur du rock indie européen. Puisant dans le krautrock allemand des années 60–70 et l’esprit indie des années 90, le groupe façonne un univers sonore à la fois hypnotique et immersif.

« Labyrinthe », le deuxième album du duo, a été enregistré au Studio Claudio à Paris sous la houlette de Vincent Hivert et Margaux Bouchaudon (En Attendant Ana). Le disque invite à se perdre dans un monde parallèle où le temps se dilate, où les émotions refoulées remontent à la surface, et où chaque boucle mène quelque part d’inattendu.

Minimaliste mais jamais simpliste, la musique de Chaton Laveur mêle rythmes motorik implacables, textures shoegaze aériennes et boucles obsessionnelles, avec des mélodies douce‑amères chantées en français et en espagnol. Le duo privilégie l’expérimentation à la prévisibilité et assume une naïveté sincère plutôt que des artifices de production trop polis.

Pour plus d’infos, rendez-vous sur la page ‘Artistes’ de Chaton Laveur’, en cliquant sur son nom, dans le cadre ‘Informations complémentaires’, ci-dessous.

Chaton Laveur

Le chrono de Chaton Laveur

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"Contre-La-Montre" marque le retour de Chaton Laveur qui partage un premier single hypnotique tiré de son deuxième album "Labyrinthe" dont la sortie est prévue pour mars 2026 sur EXAG’ Records. Le duo liégeois livre une composition audacieuse où basse ‘motorik’ et batterie mécanique se heurtent à des guitares répétitives obsédantes, créant une tension palpable qui évoque le temps qui file inexorablement.

Dans la lignée de Beak>, SUUNS et Broadcast, Chaton Laveur crée un pont unique entre Krautrock et indie pop contemporain. Les mélodies captivantes du clavier et les voix flottent au-dessus d'une rythmique implacable, transformant l'angoisse du temps en une expérience sonore immersive et cathartique.

Enregistré au Studio Claudio à Paris sous la houlette de Vincent Hivert (En Attendant Ana), ce morceau capture l'essence d'un duo qui refuse les conventions : minimaliste et riche, répétitif et captivant, urgent et méditatif. Une invitation à accepter le temps qui passe pour se concentrer sur l'essentiel : le vivre-ensemble.

Le clip de "Contre-La-Montre" est à voir et écouter

(Photo : Julien Trousson)

Chat Pile & Hayden Pedigo

Une collaboration entre Chat Pile et Hayden Pedigo

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Chat Pile et Hayden Pedigo sortiront l’album collaboratif, « Earth Again », ce 31 octobre 2025. En attendant, ils ont partagé le single « Demon Time ».

Ce morceau marque un changement de style pour Chat Pile, adoptant une ambiance plus calme et atmosphérique grâce à la guitare de Pedigo. L’opus qui explore des thèmes sombres et la ruine du monde moderne. Porté par la voix envoûtante de Raygun Busch, la percussion de Cap’n Ron et la basse de Stin, ce morceau délivre un avertissement sombre sur les conséquences inévitables et l’obscurité, reflétant les thèmes de la ruine qui définissent l’exploration de la terre désolée moderne par l’elpee.

Le clip de « Earth again » est disponible

 

Feu ! Chatterton

Feu ! Chatterton circonspect

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Quelques jours après avoir annoncé la sortie de son nouvel album « Labyrinthe », Feu ! Chatterton dévoile le clip du premier single « Allons Voir ».

« Allons Voir » est un appel à la joie, au jeu, au plaisir de la découverte de ce qui se cache juste là, derrière la porte. C’est une invitation à célébrer la vie et à réenchanter le présent. Le clip a été réalisé par Jean-Charles Charavin.

« Allons Voir » est le premier extrait de « Labyrinthe », quatrième opus du groupe qui paraîtra le 12 septembre 2025.

Le clip est à voir et écouter ici

 

 

Molchat Doma

Bons baisers de Biélorussie…

Molchat Doma sortira son quatrième elpee studio, "Belaya Polosa", le 6 septembre 2024.

Le groupe post-punk / synth pop biélorusse a toujours eu le sens de l'esthétique brutaliste de l'architecture qui orne la pochette de ses albums. C'est froid, gris, imposant, industriel, et pourtant, il y a des cœurs humains qui battent dans ces fondations.

La formation s'est installée à Los Angeles pour terminer l'écriture de cet opus, un testament sur le changement dans les moments difficiles, une lettre d'amour à la pulsation numérique des années 90 et une réinvention en Technicolor des hymnes sombres du groupe à destination des pistes de danse.

Le single "Son" libère des émotions d'anxiété, de déception, de désespoir et de peur. C'est un examen onirique de ce que l'on ressent lorsqu'on part pour l'inconnu, en sachant que l'on ne pourra pas revenir à son ancienne vie. Le band précise : ‘"Son" a été écrit avant que chaque membre du groupe ne connaisse des changements de vie importants, notamment un déménagement dans un pays nouveau et inconnu. Il reflète la destruction de tout ce qui était familier’.

En effet, au cours des quatre années qui se sont écoulées depuis la parution de son précédent LP, "Monument", les vies du chanteur Egor Shkutko, du bassiste (également préposé aux synthés) Pavel Kozlov et du principal compositeur, producteur et arrangeur Raman Kamahortsau ont tellement changé qu'il était inévitable d'entendre cette transformation dans sa musique. Dès lors, "Belaya Polosa" les propulse dans une nouvelle direction tout en conservant la froideur et le minimalisme qui les caractérisent.

S'éloigner du son passé du combo était tout à fait naturel étant donné les thèmes d long playing, à savoir le changement et le fait de se détourner d'un passé troublé pour se tourner vers un avenir incertain.

Le clip consacré à "Son" est disponible là

www.youtube.com/watch?v=1FeLgGvk8RU

Chaton Laveur

Chaton Laveur à l’état sauvage…

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Paru en mars, le single "Brève histoire d'une goutte de pluie" annonce la sortie d’un premier elpee intitulé "Etat sauvage" et révèle une nouvelle facette du duo Chaton Laveur. Naviguant quelque part entre DIIV, Beach House et Deerhunter, le groupe empile les couches, les boucles et atteint l'efficacité mélodique parfaite !

Le clip vidéo de "Brève histoire d'une goutte de pluie" est à voir et écouter et celui consacré à la session de "Nuit", ici

 

 

Chatte Royal

Les décibels de Chatte Royal…

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Le premier elpee de Chatte Royal, « Mick Torres Plays Too Fucking Loud », paraîtra ce 8 mars 2024.

Fondé en 2020 par Diego Di Vito, Dennis Vercauteren et François Hannecart, et rejoint par Téo Crommen en 2021, il compte deux Eps à son actif, « Septembre », en février 2020, soit un mois avant le début de la crise sanitaire COVID19, puis « Petit Pansement », en 2021.

En attendant, il nous propose son single, « Bonjour », sous forme de clip, un titre aussi bref qu'impactant, synthèse de sa palette sonore, qui va des registres mélodiques, évolutifs et planants du post-rock, à l'efficacité nerveuse du punk, en passant par la riche complexité du prog rock ; et il est disponible

 

 

Grian Chatten

Le score de Grian Chatten

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Grian Chatten, le chanteur du groupe dublinois Fontaines D.C, vient de graver un premier single solo. Il s’intitule "The Score". Commentant le morceau, Chatten explique : ‘The Score est un souffle retenu, lourd de luxure. Je l'ai écrit à Madrid entre un ventilateur électrique et une plante mourante et j'ai l'intention de le laisser là-bas. Il a été inspiré par le sucre et un coucher du soleil.’

"The Score" est disponible sous forme d’une vidéo réalisée par Georgie Jesson, ici

 

 

The Chats

The Chats : et si on en parlait…

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Après les concerts de Wet Leg, Dry Cleaning ou encore Squid, le Botanique accueillait, juste avant les vacances, celui d’une nouvelle sensation : The Chats. Malgré une discographie limitée (deux Eps parus en 2017 et un single, « Smoko », qui a fait le buzz sur Youtube en comptabilisant plus de 16 millions de vues), il est rapidement devenu l’un des groupes à suivre. Depuis, la formation australienne a sorti son premier elpee, « High Risk Behaviour » (NDR : un titre qui s’inspire du sport pratiqué par le drummer, skateur professionnel). Sorti fin mars 2020, il avait été quelque peu éclipsé par la pandémie.

Dans les couloirs du Botanique, il est agréable de croiser de nombreux jeunes dont la moyenne d’âge oscille autour de 20 ans, au sein d’un public relativement international.

Mais la question habituelle se pose dans ce cas de figure : le show de ce soir sera-t-il à la hauteur du buzz provoqué par l’ascension fulgurante de ce band juvénile ? D’emblée on peut répondre : oui. !

« Nambored » donne le ton. Une courte intro à la batterie suivie d’un déferlement de riffs. C’est un peu comme si GBH, Toy Dolls ou The Adicts (dont la typographie semble avoir aussi été imitée) faisaient peau neuve. Ou que NOFX mettait de côté ses aspects foutraques.

Les compos vont s’enchaîner, tambour battant, entrecoupés de quelques brefs commentaires adressés à la foule. Dont l’annonce de l’anniversaire du bassiste, et chanteur, Eamon Sandwith (24 ans). Un gâteau est même amené sur scène par la crew, avant que le guitariste encourage la foule à scander le traditionnel ‘Happy birthday to you’.

En deuxième moitié de set, les singles se suivent en rafale, « 6L GTR », « Struck by Lightning », « Identity Theft », etc. Mais surtout « Smoko » puis « AC/DC CD » qui contribuent à conserver l’intensité des pogos, qui ne cesseront jamais de tout le concert, par ailleurs.

La prestation s’achève par « Pub feed », encore un single. Soit 25 titres courts et incisifs de deux bonnes minutes pour un total de cinquante minutes.

On suivra de près l’évolution de cette formation australienne, et en particulier son accueil à Werchter ce vendredi 1 juillet, ou encore le toujours délicat deuxième elpee, « Get fucked », dont la sortie est prévue pour ce mois d’août 2022.

Et on en reparlera de The Chats

(Organisation : Botanique)

Feu ! Chatterton

Palais d’argile

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Feu ! Chatterton est un groupe pop/rock originaire de Paris. Fondé en 2011, il réunit Antoine Wilson à la basse, Arthur Teboul au chant, Clément Doumic et Sébastien Wolf aux guitares et aux claviers ainsi que Raphaël de Pressigny à la batterie.

Juxtaposés, l'expression Feu ! et le nom Chatterton, en forme d’hommage au poète Thomas Chatterton, servent de patronyme.

Paru en 2021, « Palais d’argile », le troisième elpee studio du quintet a été récompensé par une certification d'or, soit l'équivalent de 50 000 exemplaires écoulés !

Cet opus a été entièrement réalisé par Arnaud Rebotini, grand nom de la scène électronique française et producteur césarisé pour la bande originale du film ‘120 battements par minute’.

Arthur Teboul possède un timbre de voix granuleux, très caractéristique. On le reconnait de suite. Il est agréable et permet à ses textes poétiques d’être intelligibles et sensibles à la fois. Lui est d’une énergie et d’une authenticité qui nous emportent. La musique n’est pas en reste grâce à une orchestration mêlant chœurs travaillés, instruments acoustiques et nappes électroniques qui nous offrent des moments de calme et de volupté ainsi que des montées aux résolutions majestueuses.

Quelle joie d’avoir de la musique et des textes de cette qualité, de cette richesse ! Une belle promesse d’une musique exigeante et populaire à la fois ; ce qui en fait un diamant rare !

Titre magnifique, « Monde nouveau » est un des singles de cet album. ‘Fresque cyberpunk pour les temps confinés, pamphlet adressé à la start-up nation obsédée par le progrès et ode lumineuse à la Nature et à la transcendance’. 

Un texte qui décrit l’espoir d’un lendemain radieux tout en dénonçant l’asservissement de l’humanité aux technologies, son impuissance et son inaction pour y arriver. D’un air bête, l’humain, qui n’a rien fait pour éviter la catastrophe, se trouve devant le fait accompli. Il vit dans une étuve ne sachant que faire de ses mains hormis surfer sur Internet et dépendre du serveur central. Mais, rappel d’importance, malgré toutes ces dérives, il lui reste encore l’élan fraternel bienveillant. Ce qui nous fait une belle jambe…

Méthode chanson

Wax Chattels

Wax Chattels

Écrit par

Formation néo-zélandaise, Wax Chattels se revendique groupe de guitares sans guitares… Une autre façon de prétendre concevoir du rock sans les ingrédients traditionnels ! Depuis sa base à Auckland, le trio aux aspirations nihilistes a décidé de ne pas caresser nos oreilles dans le sens du poil en se servant de basses buzzy, de grattes chargées de reverb’, de claviers dissonants et d’un drum kit aussi bruyant que possible. Pour Wax Chattels, le monde est un trou noir abyssal et sa musique est censée le refléter (« Facebook » ou « Stay Disappointed »). Vous l’aurez compris, mieux vaut être en forme avant d’écouter ce condensé de malaise sonique et cathartique enregistré dans des conditions live et expérimentales. Ereintant mais intéressant.

Feu ! Chatterton

L’oiseau fait son nid

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La réputation de Feu ! Chatterton, en Belgique (francophone), n’est plus à faire. Depuis 2015 le groupe s’est produit plusieurs fois au Botanique (dont deux fois lors des Nuits), ainsi que dans le cadre de nombreux festivals. Pas étonnant donc que l’AB soit comble ce samedi soir.

En première partie, Kùzylarsen a la lourde tâche d’ouvrir les hostilités. Il avait déjà joué, un mois plus tôt, à la Rotonde, mais comme tête d’affiche. Ce duo belge réunit Mathieu Kùzylarsen (NDR : un pseudonyme qu’il a choisi après avoir fondé Kouzy Larsen) et Alice Vande Voorde. La musique du tandem oscille entre chanson française à la Dominique A et folk oriental. Mais ce qui attire d’abord l’attention c’est cet instrument intriguant que se réserve le leader : un oud électrique, qu’il déclare avoir ramené de ses nombreux voyages à travers le monde. En fin de set, Mathieu précise que « Je l’ai toujours aimée » est connu des fans de Feu ! Chatterton, parce qu’il l’a déjà repris en ‘live’. En toute modestie, il aurait pu préciser que ce titre a été composé au cours des 80’s, par le père de la bassiste, Roger-Marc Vande Voorde, pour sa formation de l’époque, Polyphonic Size. A contrario, tous les détails nous sont communiqués sur le morceau final, « Fer de lance », et notamment la contemplation d’un arbre après une soirée un peu trop arrosée à l’Archiduc. Ce titre a cependant le mérite de réveiller l’auditoire, car ce concert, bien qu’agréable dans son ensemble, aurait eu un meilleur impact dans une salle plus intimiste, plutôt qu’à l’avant d’une grande scène.

« L’oiseleur », deuxième elpee de Feu ! Chatterton est paru l’an dernier. Dans la foulée, le combo s’est lancé dans une tournée de 4 mois, dont le point culminant a été fixé au Zénith de Paris, quelques jours après cette étape belge. Il est 20h30 pile lorsque les quatre musiciens déboulent sur l’estrade et se lancent dans le déjà rythmé « Ginger ». Toujours vêtu d’un costard élégant, Arthur Teboul éblouit les premiers rangs, peuplés de nombreuses génuflectrices sous le charme. Il ne laisse pas vraiment de temps mort entre les morceaux, entretenant la flamme de ses commentaires métaphoriques entre ceux-ci. « Fou à lier » et le très swinguant « Ophélie » enchantent la foule. Et les compos plus tempérées, comme « Côté concorde » ou « A l’aube » sont plutôt bien arrangées sous leur version ‘live’. On leur pardonnerait même « L’ivresse » un titre, finalement assez saoulant. Car s’il y a bien une constance, c’est la puissance poétique des textes, concédant des références à Baudelaire, Rimbaud et même Henri Salvador (en fin de set), à peine masquées. Souvent tranchants, les guitares et les synthés transcendent littéralement les compos. Et c’est le puissant « Boeing » qui clôt le show. Avant que la formation ne revienne, à deux reprises, accorder un généreux rappel de quatre titres. Et au bout de deux heures de concert, l’auditoire semblait plus que ravi. 

Feu! Chatterton reviendra le samedi 9 mars 2019 à l’Eden de Charleroi et les tickets sont toujours disponibles ici

(Organisation : Nada Booking)

Morry Sochat

Dig in

Écrit par

Texan, Morry Sochat est chanteur/harmoniciste. Il y a presque un quart de siècle qu'il a élu domicile à Chicago, afin d’explorer les arcanes du blues qu’il aime tant ; c’est-à-dire celui de Muddy Waters, Little Walter et Junior Wells, notamment. Ce qui ne l’empêche pas d’apprécier le swing et le véritable rock'n'roll, celui des fifties. Il a fondé son groupe, les Special 20s, en 2005. Dès l'année suivante, le band grave un opus éponyme. Et embraie en 2008, par "Swingin', Shufflin', rollin'" ainsi que "Eatin' dirt", en 2010, pour lequel il bénéficie du concours d’une section de cuivres. Pour célébrer son dixième anniversaire d’existence, Morry a publié "Dig in", un elpee réunissant neuf compositions originales et deux reprises.

Le line up actuel de The Special 20s implique le guitariste Shoji Naito (NDR : leader de Chicago Blue Aces, ce musicien japonais milite également au sein du backing band d'Eddie Clearwater, un des vétérans du Chicago blues), le bassiste Ted Beranis, le batteur Marty Binder, le saxophoniste Chris Neal ainsi que le muti-instrumentiste (saxophone, claviers, saxophone et lap steel) Doug Corcoran. Et lors des sessions, le remarquable gratteur local Billy Flynn est venu apporter sa collaboration.

"Pine Box" ouvre l’opus, un rock'n'roll enflammé au cours duquel Shoji décoche rapidement les premières salves de guitare avant qu’il ne soit relayé par le saxophone de Chris. Doug Corcoran s'applique derrière son piano alors que Morry se consacre au chant. Swing blues, "Little melody" est balisé par le saxophone et la guitare dont les interventions sont dispensées dans l’esprit de T-Bone Walker. Morry sort enfin son harmonica pour attaquer "Rodeo Gal" ; et c'est un véritable bonheur. Un excellent Chicago blues simple mais tellement efficace, souligné par des interventions de gratte particulièrement authentiques. Tout au long de "Big Red Rooster, la section rythmique libère naturellement du swing. Doug Corcoran en profite pour nous régaler de sa lap steel guitare parfaitement intégrée. Morry et Chris Neal chantent "Mary Jane", un funk nerveux caractérisé par un envol saignant à l'harmonica. La reprise du "The last time" de Jimmy Dooley est un Chicago shuffle torride. Sochat brille sur son instrument. "I've got what it takes" nous entraîne au cœur des la Nouvelle-Orléans. A cause du rythme imprimé par les percussions de Marty et puis des saxophones qui entrent en effervescence. "Baddest cat alive" est une compo homogène au cours de laquelle harmonica, cordes et piano font bon ménage. Corcoran est passé à l'orgue pour "As long as you're by my side" une plage aux accents funky r&b. Neal en profite pour se libérer au saxophone. Downhouse blues de bonne facture, "She's got it" libère un maximum de feeling. Excellent, cet LP s’achève par une cover originale et épatante du "The Honeydripper" de Joe Liggins, une version soulignée par un solo lumineux de Morry Sochat.

 

Chatham County Line

Tightrope

Écrit par

Chatham County Line est un groupe américain de bluegrass. Il est né en 1999, à Raleigh, en Caroline du Nord. Avant d’entamer cette aventure, le chanteur Dave Wilson et le bassiste Greg Readling  militaient chez Stillhouse. Et lorsqu’ils décident de monter une formation country, ils sont rejoints par le banjoïste Chandler Holt et le multi-instrumentiste John Teer. Le quartet publie un album éponyme en 2003. Il est ensuite signé par l’écurie Yeproc. "Tightrope" constitue déjà le sixième elpee paru sur ce label!

L'opus est de conception plutôt uniforme. Les arrangements bluegrass sont bien ciselés ; les voix, le plus souvent en harmonie. Dès le départ guitares, banjo et violon alimentent "The traveller", une compo qui accroche bien l’oreille. Bien qu’imprimé sur un tempo plus enlevé, "Should have know" adopte un même profil instrumental. Les interventions au violon de Teer mettent bien en exergue la tendre ballade "Any port in a storm". "Tightrope of love" est sans doute la meilleure plage de l’elpee, une ballade pour cow-boys au rythme léger, parcourue par les cris du banjo de Chandler et séduite par le charme de la mandoline. Un charme qu’on retrouve dans la plupart des ballades de Chatham County, qui conjuguent élégamment les différentes cordes acoustiques. A l’instar de "Love I found" ou de "Will you still love me". Très belle chanson, "Final reward" clôt le long playing, une compo qui évoque les funérailles d'un soldat. Fragile, la voix est soutenue par le piano de Gref Readling…

 

Piano Chat

Lands

Écrit par

Sous le patronyme de Piano Chat se cache le Français Marceau Boré. Après avoir publié un premier Ep intitulé « Ours Molaire », en 2011, et assuré la première partie de la tournée de Yann Tiersen, il vient donc de graver son premier opus, un disque paru chez Kythibong (Fordamage, Papaye, Pneu, …)

« Lands » relate les années passées sur la route par l’artiste. C’est d’ailleurs au cours de ces périples, qu’il a composé ces chansons. Pas étonnant qu’il ait invité des personnages rencontrés ou accompagnés lors de ces expédition, tels que Yann Thiersen, Mesparrow ou encore JB Geoffroy (batteur de Pneu), pour concocter cet elpee. Somme de diverses expériences ou influences, cette œuvre ressemble à une mosaïque haute en couleurs où chaque morceau a sa propre spécificité. Difficile d’ailleurs d’y trouver un fil conducteur. Evoluant au sein d’un univers sonore sis quelque part entre Grandaddy et Gablé, sa musique pourrait être pompeusement être qualifiée d’électro-pop-folk. Encore que l’un ou l’autre morceau laisse filtrer une énergie carrément punk. Hormis les deux derniers morceaux du long playing, plages plus acoustiques chantées dans la langue de Molière, le reste de l’elpee est balayé de bidouillages électroniques, et interprété dans celle de Shakespeare. Une voix dont il parvient brillamment à moduler le ton et l’intensité, suivant les pistes. Cependant si l’éclectisme est le point fort de l’album, c’est également son tendon d’Achille. Cette trop grande disparité entre les différentes compos nuit finalement à un ensemble qui souffre également de la présence de l’une ou l’autre plage totalement dispensable, à l’instar de « Fragiles Lands ». Dommage !

 

Piano Chat

Ours molaire

Écrit par

Lorsque l’aventure du Ladybird Lala Band (NDR : la formation est alors considérée comme l’Arcade Fire français) prend fin, nous sommes en 2008. L’ex-leader du groupe, Marceau Boré, n’a pas envie d’abandonner sa carrière musicale, même s’il doit se lancer seul dans l’aventure. On connaissait la prédisposition des ensembles hexagonaux à bosser sous un format réduit ; mais chez Piano Chat, la formule frise l’autisme. Le Tourangeau s’est limité à des loops et à un kit de batterie. Pour un résultat finalement plus que satisfaisant. Que faut-il de plus ?

Ce projet solo catalogué ‘rock’ a été mis en forme par Jey Vassereau, le guitariste de Pneu.  De quoi craindre les expérimentations à outrance ou encore une explosion de décibels. Pas du tout ! Piano Chat aime les mélodies et le chant. Sa noise rappelle tantôt Fugazi (« Ours Molaire », « We Always are Foreigners »), tantôt Sonic Youth (« My Muddy Knees »). Le dossier de presse a beau mentionner Arcade Fire comme référence, la comparaison me semble tout à fait futile.

On retrouve tout au long de cet opus, tout ce qu’on aime : la folie, le sens mélodique et une grosse dépense d’énergie. Autant de bonnes raisons pour écouter le premier album de Piano Chat. Enfin, afin d’éveiller votre curiosité, il vous est aussi loisible d’aller chercher, l’origine du patronyme choisi par Boré : ‘piano chat’. La réponse ne manque pas de piquant.

 

Morry Sochat

Eatin’ dirt

Écrit par

D’origine texane, Morry Sochat s'est établi à Chicago, en 1990. Dix ans plus tard, il décide d’apprendre à jouer de l’harmonica. Auprès d’un maître du style : Joe Filisko. Il monte ensuite ses propres formations : The Shakes, Tongue & Groove et enfin, the Special 20s, en 2005. L'année suivante, ce band publie son premier opus. Il est éponyme. Il est suivi trois ans plus tard, par "Swingin', shufflin', smokin'", un elpee produit par Nick Moss. Le groupe rencontre un franc succès et tourne inlassablement.

Début 2010, le combo entre en studio sous la houlette de Jimmy Sutton. Sutton est chanteur et bassiste. Il drive un ensemble de rockabilly, The Four Charms, un combo au sein duquel milite le remarquable guitariste Joel Patterson. Au sein du line up de Morry, figure deux six-cordistes, Jim St.Marie et Shoji Naito, le bassiste Ted Beranis et le drummer Marty Binder. Mais depuis 2010, il a engagé une petite section de cuivres : le trompettiste (également claviériste) Doug Corcoran et le saxophoniste Chris Neal.

L'album démarre en force par le titre maître, un superbe Chicago south side blues inspiré par Elmore James. Caractérisé par son célèbre riff à la slide, la compo déménage. Néanmoins, tout est parfaitement en place. Morry attaque "She's a betty" sur un tempo très rock'n'roll, la rage au ventre, l'harmo entre les dents. Invité, Brother John Kattke est très en verve au piano. St Marie égrène sa gamme de riffs à la Chuck Berry. Le rythme demeure soutenu tout au long de "Someone to love". Morry est au micro. Naitoa a pris le relais à l'harmonica. Guest prestigieux, Billy Flynn se réserve les cordes. Et il y démontre tout son talent. "Meet me in Chicago" change de registre. Au menu : swing et jazz. Une approche bien mise en évidence par les ivoires et la merveilleuse trompette de Corcoran. Dave Herrero est un tout bon gratteur. Il a forgé son expérience à Austin, avant de s'établir dans la Windy City. Il se met dans la peau d’Otis Rush pour nous balancer "Empty rockets". Et il réalise cette réincarnation avec un réel bonheur. Sochat tire enfin son épingle du jeu sur l'instrument chromatique, tout au long d’"Apple of my eye". A cet instant, il me rappelle même William Clarke. Et c’est un compliment! "Natural born lover" campe un boogie particulièrement fougueux. Jimmy Sutton (NDR : le producteur) a ramené sa guitare et marque de son empreinte "Riot up in love", un rock'n'roll déchaîné, de toute bonne facture, au cours duquel les musiciens en présence se mettent, à tour de rôle, en évidence, pendant que Morry souffle comme un forcené! Si "Yo-Yo" est parcouru par les interventions d’une slide, la finale, "Fried chicken & Waffles", trempe dans le swing. Deux reprises seulement. Tout d’abord le "Mother-in-law blues" de Don Robey, une plage qui figurait au répertoire d'Anson Funderburgh et de Sam Myers. Puis le "Telephone blues" de George Smith, un classique réservé à l'harmo chromatique. "Eatin' dirt » ne souffre d’aucune faiblesse. Un pur bonheur !

Chat

Folie douce

Écrit par

Ce qui frappe dès le premier morceau de cet album, c’est la virtuosité de Charlène Juarez –alias Chat– au piano. Pas étonnant quand on sait qu’elle a suivi une longue et brillante formation de pianiste classique. Alors pourquoi ne pas s’être lancée dans ce créneau ? Parce qu’en séjournant à Londres, elle y a découvert la pop. De Radiohead à Bowie, en passant par les Doors et le Velvet (NDR : toujours les classiques!) Elle écrit ses propres chansons. Mais il aura fallu attendre d’être repérée par un label portugais sur son MySpace et la rencontre avec Joseph Chédid et Henri Blanc-Francard pour que les événements se précipitent. Et cette « Folie douce » a été enregistrée dans le Labo M, celui de Mathieu Chédid, le frère de Joseph. Si les deux protagonistes ont participé aux sessions d’enregistrement, Albin de La Simone et Pierre Cohen sont également de la partie.

Découpé en 13 fragments, cet opus communique une excellente impression sur les premiers morceaux de l’album. L’inévitable « Alice », le pétillant « Harmony », le très ‘M’ « Maman », le versatile et plus électrique « Les petites choses » ainsi que le syncopé « R ». Arpèges d’ivoires virevoltants, arrangements judicieux et soignés ainsi que textes qui correspondent bien au monde contemporain vécu par une jeune fille de son âge, même si parfois ils peuvent parfois sembler puérils, alimentent sa muse. Bref, tout baigne. Et elle mérite alors bien les compliments flatteurs réservés par la presse hexagonale qui la compare à Camille ou Emilie Simon. Il y a même un titre dans la langue de Shakespeare : « It’s so cold ». Problème, c’est que passé ces premiers morceaux, une lassitude commence à s’installer. Désolé, mais j’ai toujours appelé un chat, un chat… Chat a du timbre, mais manque de registre. Et en optant pour un minimalisme mélancolique, essentiellement tramé sur son piano et sa voix, ses chansons commencent à lasser. Dommage. Un mini elpee aurait suffi.

 

Chatham County Line

IV

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Chatham County Line ! Franchement, ce groupe américain de bluegrass a eu le nez creux en choisissant un aussi joli patronyme. Une formation fondée à Raleigh (NDR : c’est en Caroline du Nord), par des anciens membres de Stillhouse, en 1999. Dave Wilson en est le leader. Et surtout un compositeur talentueux. La troupe de cowboys nous reviennent donc après avoir commis l’acclamé « Speed Of The Whippoorwill », un disque paru en 2006. Et leur nouvel elpee s’intitule sobrement ‘IV’. Pas davantage de révolution dans leur expression sonore, puisque le combo continue de pratiquer une musique essentiellement hantée par l’esprit americana old-school. Un bluegrass impliquant bien évidemment l’inévitable steel guitar, un banjo et circonstanciellement de la mandoline. Ce qui ne les empêche pas d’y apporter une petite touche de modernité. Une nuance apportée également par leur producteur Chris Stamey, un personnage réputé pour la mise en forme d’albums de power-pop (Yo La Tengo et Alex Chilton, par exemple). Ce qui explique sans doute aussi pourquoi les mélodies sont aussi soignées.

« IV » a été enregistré dans les montagnes de Caroline du Nord. Un état taillé pour la musique roots selon les spécialistes. Le combo revisite évidemment quelques standards de la country. Les harmonies vocales sont impeccables. Le timbre vocal de Dave Wilson colle à merveille à leur style. Une voix de vieux chanteur du Midwest dans un corps de jeune rocker… Au sein du tracklisting, j’épinglerai cependant « Country Boy.City Boy ». Une plage dont les lyrics correspondent parfaitement à l’ambivalence de leur ‘alternative country’, ‘If I was a country boy, I'd wish for the city lights/ If I was a city boy, I'd wish for a quiet night’. Et puis “Birmingham Jail”, un morceau plus mélancolique et ténébreux s’intéressant au problème de la ségrégation dans les écoles. Cette compo dépasse, en outre, allégrement les clichés pour s’ériger en classique instantané et poignant de la musique américaine.

Une envie d’évasion musicale aux cotés d’un virtuel Jesse James déguisé en rockeur alternatif ? Et dans les montagnes sorties des plus authentiques Western, pour ne rien gâcher ? « IV » est ce qu’il vous faut ! Un album pour les cowboys modernes. Des références ? Les figures tutélaires d’Uncle Tupelo ou de Gillian Welch veillent sur l’œuvre des Chatham County Line ! Un bel exercice d’americana en somme. Une petite odeur poussiéreuse virant plus d’une fois à l’exercice de style maîtrisé mais tellement jouissif. Chatham County Line nous propose une country alternative intemporelle pour les amateurs du genre. Le groupe n’a pas encore l’aura d’un Wilco, mais si les natifs de Caroline du Nord ont la capacité de se renouveler, on pourrait hériter, dans le futur, de toutes grandes compositions. Car Dave Wilson est un songwriter de tout premier ordre ! Ce disque paraît chez Yep Rock, le label de Paul Weller, Bob Mould, The Go-Betweens et Nick Lowe ; mais surtout une maison de disques établie dans leur état d’origine.

Chatham County Line se produira ce 25 août dans le cadre des Feeërieën organisées par l’AB. A ne manquer sous aucun prétexte, si vous aimez les formations typiquement américaines  jouant de la musique typiquement américaine…

 

Morry Sochat

Swingin' shufflin' smokin'

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Originaire d’El Paso, dans le Texas, Morry Sochat s'est établi dans la cité des vents en 1990. Il y vit d’ailleurs toujours. Agé de 40 ans, ce chanteur/harmoniciste a donc découvert le blues à Chicago (NDR : ce qui est loin d’être un désavantage, il faut l’avouer). Il s’intéresse plus particulièrement à l’harmonica et s'intègre assez rapidement dans le circuit des clubs. Il milite au sein des Shakes ainsi que de Tongue & Groove, avant de monter sa formation : les Special 20s. En 2005. Il a le don de colorer son Chicago blues de swing, en invitant Louis Jordan au pays de Muddy Waters et Little Walter! Il a beaucoup appris au contact de Billy Branch, Barrelhouse Chuck, Willie ‘Big Eyes’ Smith et Dave Specter. Les Special 20s avaient déjà commis un premier elpee éponyme en 2007. Un disque réunissant reprises et morceaux issus de leur répertoire personnel. Un opus qui avait reçu un excellent accueil, d’un point de vue local.

Pour concocter "Swingin' shufflin' smokin'", Sochat a pris clairement le leadership. Les sessions se sont déroulées en une seule prise. En mai 2008. Sous la houlette d’un maître de la production contemporaine : Nick Moss. Morry est soutenu par deux guitaristes : le Texan (NDR : il débarque d’Austin !) Jim St Marie et le Japonais Shoji Naito. Le line up implique également le bassiste Ted Beranis (NDR : un ex-Soul Searchers), le drummer de couleur noire Kenny Smith et le claviériste Dave Ross. Sans oublier un second souffleur répondant au nom de Nick Krebs.

L'ouverture est royale. Le tempo enlevé. Morry nous embarque pour un Chicago millésimé "1955". Une année à marquer d’une pierre blanche pour le southside blues des Muddy Waters, Howlin' Wolf, Willie Dixon, Little et Big Walter, Sonny Boy ainsi que les jeunes Buddy Guy et Junior Wells. C'est Krebs qui souffle dans l'harmonica. Sochat ne cache pas son plaisir d’aborder le répertoire de George ‘Harmonica’ Smith. Sa voix ne manque pas de verve pour interpréter son "Rocking". St Marie s’applique très méthodiquement sur sa six cordes, pendant que la section imprime le tempo tout en souplesse et swing. Morry en profite pour décoller sur son instrument, tout en manifestant beaucoup de respect pour le maître Smith. Sochat signe "Mean & evil ways", un blues lent très mélodique. Il vit cette chanson. Son chant est empreint d’une grande sensibilité ‘soul’. L'orgue Hammond communique une chaleur naturelle à l'ensemble. Jim pimente le tout ; circonstanciellement, de courtes phrases sur ses cordes. "Dance little mama" est sculpté dans le rockabilly. Il est repris en chœur par toute l’équipe. Le travail opéré sur les percus par Kenny Smith est remarquable. Jim fait exploser ses cordes alors que Ross ne tient plus en place derrière son clavier. Naito s’implique enfin sur "Humboldt slide", un instrumental très carré, contaminé par le R&B et caractérisé par la présence des deux souffleurs. L’émotion étreint les musiciens lorsqu’ils vont à la rencontre de Muddy Waters, en adaptant son "Standing around crying", un blues lent à la fois immortel et symbolique du southside. Morry se concentre sur son chant. Les interventions de Naito à la slide sont acérées. Hanté par Little Walter, le souffle de Nick Krebs est puissant. "Signifying (I'm a man)" évolue dans un même registre. Une compo issue de la plume de Sochat. Mais de toute évidence, un hommage à son maître. Le répertoire est très varié. La voix est passionnée tout au long d’"I'm in love". Le rythme est emprunté au jazz. L'orgue nappe l’ensemble. Un contexte idéal pour permettre au leader de souffler sa flamme dans son instrument chromatique. La reprise détonante du "Train kept a rollin" de Tiny Bradshaw libère une intensité impressionnante. Imprimé sur le rythme du chemin de fer, cette plage est balisée par le piano boogie de Dave Ross. Parmi les covers, on épinglera encore celle du "Young fashioned ways" de Willie Dixon et de "Can't hold on much longer" de Little Walter. Quelle belle propagande pour le blues!