La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

logo_musiczine

L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (18 Items)

Clou

A l’évidence

Écrit par

Quatre ans après avoir gravé « Orages », Clou (un surnom qu’on attribue à Anne-Claire Ducoudray depuis l'enfance lorsqu’elle avait tendance à faire le clown), nous propose son second opus. Une œuvre audacieuse qui sonne comme une… (A l’)évidence.

Plus organique et acoustique, Clou s’y (dé)voile, soutenue par une instrumentation douce et délicate dans un style qui oscille entre folk anglo-saxon et chanson française.

De sa voix gracieuse et cristalline, elle s’épanche avec franchise, mais aussi une intensité rare, révélant ici et là des pans de vie méconnus.

L’elpee navigue entre mélancolie et enjouement, à l’instar de « Vélo ». Cette compo libère, en filigrane, ce sentiment de liberté qui traverse l’artiste lorsque, sur sa bicyclette, elle se promène en ville.

Si lors du premier long playing, elle manifestait encore une certaine retenue, « A l’évidence » lui permet de se montrer davantage brute de décoffrage, comme sur « Mon épaule » qui traite du thème de l’amitié ou encore « Laisser l’été », de la résilience.

Si « Gare de Lyon » est tout simplement rafraîchissant, d’autres plages abordent des sujets existentiels, plus graves et profonds. « A l’arrière de la voiture » en est le parfait exemple. Une compo au cours de laquelle elle relate une histoire d'enfance marquée par la violence ordinaire. Cette violence familiale constitue d’ailleurs une thématique récurrente dans les écrits de Clou, que ce soit dans son recueil de poèmes ‘Doux mots dits’ (publié en 2022) ou dans ses chansons libératrices.

« A l’évidence » sert de dispensaire à la jeune artiste singulière, pour soigner ses blessures, mais elle les chante au lieu de les crier. Cependant, sa plume est aussi susceptible de devenir corrosive, à l’instar de ce « Chant de Noël », antithèse de cette période bienveillante.

 

Cloud Cafe

Perfection salad (single)

Écrit par

Cloud Cafe est un quatuor amstellodamois dont le premier opus, « Gift horse », sortira ce 6 septembre 2024.

En 2022, il avait remporté le concours ‘Amsterdam Popprijs’, ce qui lui avait permis de signer sur le label Excelsior.

Mêlant folk noir, grunge, indie rock et shoegaze, sa musique ne recherche ni la friction, ni la brillance, mais les contrastes.

En attendant, il a publié le single « Perfection Salad », une compo amusante et pertinente qui aborde le thème du passage à l'âge adulte ainsi que des complexités de la recherche de la perfection dans un monde qui semble souvent inaccessible.

« Perfection salad » est disponible sous forme de clip

Podcast # 36 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Crack Cloud

Crack Cloud au kilomètre rouge…

Écrit par

« Red Mile », le nouvel album de Crack Cloud, paraîtra ce 26 juillet 2024.

Bien que le groupe canadien - désormais composé de Zach Choy, Aleem Khan, Bryce Cloghesy, Will Choy, Emma Acs, Eve Adams et Nathaniel Philips - ait pris de nombreuses formes au fil des ans, il nous propose aujourd'hui un rock épuré et concentré.

Enregistré principalement entre les banlieues de Joshua Tree, en Californie, et de Calgary, en Alberta, l'opus s'inspire d'un mélange doux-amer de nouveaux départs et de lieux familiers. Les structures romanesques et tentaculaires des long playings précédents y sont condensées, mais la formation ne veut pas faire dans la superficialité. À travers des mélodies enjouées et des soliloques de guitare elliptiques, ils livrent un disque d'une profondeur exceptionnelle et d'une chaleur particulière. L'impression de vécu qui se dégage de ce disque est moins celle d'un fauteuil confortable que celle d'un cadre photo soigneusement réparé à l'aide de ruban adhésif.

Une grande partie de l'angoisse qui donne à ses premiers travaux une urgence caustique est retombée, remplacée par une introspection implacable. Les huit chansons contemplent les barrages physiques et psychiques, l'expérience de vieillir dans le chaos, de s'adapter à de nouveaux espoirs étranges et de faire la paix avec la propre mythologie du band. Les paroles sont tranchantes, mais clémentes. Les morceaux sont des déclarations méta conscientes - des clins d'œil aux expressions du punk rock, de la toxicomanie, d'une vie vécue en musique.

En attendant cette sortie, il nous propose le single « Blue Kite », un morceau enjoué, tentaculaire et hymnique, rappelant par moments l'aube du punk de la fin des années 70. Et notamment Richard Hell ; mais sa magnifique section de cordes en staccato évoque plutôt « Paris 1919 » de John Cale.

Le clip de « Blue kite » est à découvrir

 

Cloudie

Cloudie se lance en politique…

Écrit par

La tête dans les nuages, Cloudie nous invite dans son univers coloré, pétillant et rêveur. Mais ne vous faites guère d’illusions : son monde n'est pas tout rose !

Derrière sa musique enjouée et positive, aux touches de nostalgie, cette jeune artiste belge de 24 ans aborde avec subtilité des sujets tels que l’anxiété, la lassitude, le désir ou encore, le manque de confiance en soi. Cloudie trouve sa place dans la pop francophone, aux notes urbaines et de variétés.

La jeune artiste originaire de Liège s’inspire des artistes de la scène pop américaine d’aujourd’hui comme Billie Eilish, Sasha Alex Sloan, Lolo Zouai et Bea Miller mais est également influencée par de nombreux artistes francophones comme Louane et Angèle en passant par Orelsan, Tessae ou encore Poupie.

Sa musique rafraîchissante est colorée de notes urbaines, folk, variétés et latines. Elle nous fait passer de l’amour à la tristesse et de la joie à la douleur. Cloudie nous offre un savoureux mélange de toutes les petites émotions qui lui passent par la tête.

Plus jeune, Cloudie se forme à la rigueur du chant lyrique à la maitrise de l’Opéra Royal de Wallonie (Liège). Elle décide alors d’apprendre la guitare et le clavier, en autodidacte, pour se lancer dans la composition. Perfectionniste et touche à tout, elle apprendra plus tard la production afin de composer, écrire et co-produire son premier Ep, dont la sortie est prévue pour l’hiver 2023.

« Pacwoman », son second single, est disponible sous forme de clip,

 

 

Cloud Nothings

The black hole understands

Écrit par

Ce 7ème elpee de Cloud Nothings a été réalisé en pleine période de confinement, via l’échange de fichiers entre Dylan Baldi et Jayson Gercyz. Le premier cité se charge des parties vocales et de toute l’instrumentation, hormis la batterie, que se réserve le second, et le synthé, confié à Chris Madak (Beemask) pour le seul « An average world », une plage au refrain contagieux et aux harmonies et contre-harmonies vocales réminiscentes des Beach Boys.

La plupart des morceaux de « The black hole understand » baignent au sein d’un cocktail de noisy (power) pop, rock ou punk voire de shoegaze qui évoque tour à tour Posies, Teenage Fanclub, Hüsker Dü et même Wedding Present. Dylan chante en falsetto ces compos aux mélodies accrocheuses, souvent mélancoliques, aux guitares carillonnantes, granuleuses, limpides, pétillantes, scintillantes, joyeusement discordantes ou chargées de reverb, alors que Gercyz impressionne par l’amplitude et la richesse de son drumming (« The sound of everyone » en est la plus belle démonstration). Enfin, tant les arrangements que la mise en forme sont impeccables, sans pour autant aseptiser les compos. Un véritable tour de force pour cette formation qui non content d’avoir déjà gravé un nouvel album début décembre, vient également de sortir près de 30 elpees ‘live’, uniquement disponibles via le téléchargement.

Cloud Nothings

En espérant une revanche…

Écrit par

Fondé en 2009, Cloud Nothings est né en 2009, à Cleveland, dans l’Ohio, une formation drivée par le chanteur/compositeur Dylan Baldi, considéré comme un des plus prolifiques de sa génération. Elle a publié, à ce jour, six elpees en huit ans, dont le dernier « Last Building Burning », est paru l’an dernier. Dans la lignée de ses précédents long playings, il est particulièrement réussi. Responsable d’une musique indie, fruit d’un cocktail entre lo-fi et rock, parfois qualifié de néo grunge, le groupe se produisait donc, ce dimanche 3 février, à la Rotonde du Botanique.

Mais place d’abord à la première partie, en l’occurrence, En attendant Ana, un groupe français qui est venu défendre son premier LP. Un disque d’excellente facture, il faut le préciser. Pratiquant une forme de power pop, le band est drivé par une pétillante petite brune. La prestation déborde d’énergie, mais les compos sont parfois un peu trop lisses lorsqu’elles ne souffrent pas de certaines longueurs. Malgré ces quelques bémols, les Parisiens ont livré un set de bonne facture sublimé, quand même, par leur tube « The Violence Inside »…

Si « Last Building Burning », le dernier opus de Cloud Nothings est excellent de bout en bout, ce n’est pas une raison pour l’interpréter dans son intégralité, sur les planches. D’autant plus que le répertoire du quatuor recèle d’autres superbes morceaux. Et pourtant, c’est ce choix qu’il a posé pour constituer la première partie de sa set list. Pas vraiment une bonne idée. On aurait aimé davantage de variation dans le répertoire. En outre, les balances n’étaient pas très au point. Mais ici, c’est sans doute l’ingé-son qui est responsable de la situation. Car si la formation yankee possède au sein de son line up, un des meilleurs drummers de notre époque, est-il nécessaire de mettre ses percus aussi en avant ? Résultat, la voix rauque de Baldi passe complètement au second plan. Dommage, même si on reste admiratif face au talent de Jason Gerycz, à la batterie.

Pour le reste, finalement le concert n’a réservé que peu de surprise, laissant l’auditoire quelque peu sur sa faim, malgré un final époustouflant traduit par l’intemporel « Wasted Days ». De quoi mettre un peu de baume au cœur des aficionados. On est cependant en droit d’espérer une revanche rapide de la part de Baldi & co !

Cloud Nothings

L’art de transcender en ‘live’, des morceaux un peu fades…

Écrit par

Issu de Cleveland, dans l’Ohio, Cloud Nothings est un quatuor drivé par Dylan Baldi. Fondé en 2009, il compte un Ep, plusieurs singles et quatre albums à son actif, dont le dernier « Life Without Sound » est paru en janvier dernier. Et c’est cet opus qu’il est venu défendre sur les planches de la Rotonde du Botanique.
Il y a plusieurs semaines que le concert est sold out. Et il a attiré de nombreux curieux qui souhaitent découvrir en ‘live’, les dernières compos issues du dernier elpee de la formation, pourtant quelque peu décevant.

Apostille assure le supporting act. Et à 20h, il ouvre le bal. Il s’agit de Michael Kasparis, un jeune Ecossais. Il est seul sur l’estrade et ne se sert que d’un PC et d’un micro. Ce qui ne va pas l’empêcher d’exécuter un show hors du commun. A cause du visuel qu’il met au service de sa new wave. On a même l’impression de plonger au sein d’un boîte de nuit à Glasgow, début des 80’s. Artiste complètement décalé et extraverti, Kasparis fait absolument n’importe quoi sur le podium et même dans la fosse pour s’attirer la sympathie. Et finalement son show va s’avérer plus que divertissant…

Il n’y a plus le moindre espace de libre dans la Rotonde, quand Cloud Nothings grimpe sur la scène. Dylan Baldi, le leader du band, est toujours aussi chevelu. Et le concert de s’ouvrir par « Up To The Surface », un extrait du dernier opus. Ce soir, le combo va d’ailleurs interpréter presque toutes les plages de « Life Without Sound ». Ce qui semblait, à premier abord, une mauvaise idée, vu le manque de qualité de cet LP. Heureusement, le band ne négligera pas pour autant ses classiques ; à l’instar de « I’m Not Part Of Me », « Fall In », « Pattern Walks » ou encore « Stay Useless ».

Mais au-delà de son rock garage, le groupe américain peut surtout compter sur deux musiciens particulièrement brillants. Tout d’abord Baldi, bien évidemment. A la guitare et au chant. Mais également Jayson Gerycz, le batteur. Ce dernier est même exceptionnel. Non seulement il impose le tempo à tous les morceaux, mais sa cadence de frappe est incroyable. Vertigineuse, même. Si bien que les morceaux du nouvel elpee prennent une autre dimension, sous son impulsion.

Les musicos ne sont guère interactifs. Même si Baldi adresse l’un ou l’autre mot au public. Sans plus. Une attitude intravertie qui le caractérise. En fait, le petit prodige semble vivre dans sa bulle tout au long d’un concert, se concentrant sur ses cordes, qu’il violente, sans le moindre temps mort. Il ne gaspille pas son énergie dans la com’ ; il préfère l’injecter dans sa gratte…

Le set s’achève par l’excellent « Realize My Fate », un titre construit en crescendo. Il transite par différents tableaux propices à la frénésie, avant d’atteindre l’explosion finale, en fin de parcours ; plus rauque que jamais, la voix de Baldi accentuant cette forme d’exaltation sauvage… 

Et quand le quartet revient sur les planches, c’est pour attaquer la meilleure composition de son répertoire : « Wasted Days ». Pendant 15 bonnes minutes, Cloud Nothings va varier les climats sonores, se retirant ensuite définitivement sous les acclamations du public.

Non seulement Cloud Nothings est parvenu à transcender en live les morceaux un peu fades, de son nouvel opus, mais il s’est rappelé à notre bon souvenir à travers des titres incontournables. Et puis, l’énergie qu’il libère ne peut que séduire tout fan de rock. D’ailleurs, la claque qui nous a été administrée ce soir est belle et bien réelle ; en outre, on a assisté à la performance d’un des meilleurs drummers contemporains. Suffirait que les quatre gars soient un peu moins repliés sur eux-mêmes et ils pourraient facilement remplir de grandes salles. C’est tout le mal qu’on leur souhaite…

(Organisation : Botanique)

Voir aussi notre section photos ici

 


 

Cloud Nothings

Life Without Sound

Écrit par

Lors de ses quatre premiers elpees, Dylan Baldi puisait au sein d’un large spectre de références. Souvent différentes. Passant de la lo-fi à la pop, via le rock garage… sauvage. En publiant « Life Without Sound », le gars de Cleveland est parvenu à faire la synthèse de toutes ses influences…

Morceau qui ouvre l’opus, « Up To The Surface » a de quoi décontenancer. Et pour cause, cette plage est amorcée par des accords paisibles, au piano. Mais au bout d’une quinzaine de secondes, la guitare fait son apparition, suivie rapidement par la voix de Baldi. Le morceau se veut être une introduction classique, sans folie. Il est bien construit mais ne restera clairement pas dans les annales de la discographie du band…

C’est d’ailleurs ce manque de folie qu’on peut reprocher à ce long playing. Les riffs de guitare ne sont pas assez surprenants. Sans doute à cause de la mise en forme (« Modern Act », « Internal World »), qui gomme trop ces interventions. On reste alors manifestement sur sa faim. A contrario, la voix de Baldi est excellente. En fait, les compositions ont été construites en fonction de cette voix ; et c’est une grosse différence, par rapport aux anciens efforts des Américains. D’accord, Dylan chante impeccablement « Life Without Sound ». Il y privilégie même son timbre posé et doucereux. Mais rien à faire, c’est quand elle s’énerve et devient rauque que sa voix devient la plus intéressante (« Darkened Rings », « Realize My Fate »).

Réaliser l’album de la maturité, c’est bien. Mais il ne faut pas pour autant oublier ses qualités principales. C’est un peu ce que l’on ressent à la fin de « Life Without Sound ». Trop occupé à construire un album plus grand public, Dylan Baldi a oublié l’essence même de sa musique. A l’issue de son écoute, le long playing laisse un goût de trop peu. Une exception qui confirme la règle ? « Realize My Fate », piste qui clôt l’opus. On y retrouve les changements de rythme. Le batteur a le loisir de se déchaîner. Et Baldi épanche toute sa frustration. Du vrai Cloud Nothings, finalement. En espérant qu’il s’agit du présage d’un retour aux sources.

« Life Without Sound » n’est pas foncièrement de mauvaise facture ; mais il déçoit par rapport à ce dont on est en droit d’espérer d’un album de Cloud Nothings. Qui aura tout le loisir de le démontrer à travers sa prestation attendue pour le 12 mars au Botanique. Et elle risque de faire du bruit ! 

 

Michel Cloup

Ici et là-Bas

Écrit par

Impliqué au sein de différentes aventures (Experience, Panti Will,…), depuis la dissolution de Diabologum en 1996, Michel Cloup n’a rien perdu de son tempérament ; et il le démontre encore aujourd’hui à travers son projet solo, Michel Cloup… Duo (?!?!?) Toujours aussi engagé, l’artiste n’hésite pas à dégainer des textes désabusés et foncièrement politiques sur son nouvel essai intitulé « Ici et là-Bas ». Entre uppercuts conscientisés (« La Classe Ouvrière s’est Enfuie ») et dévoilements introspectifs personnels (« Qui Je Suis »), Michel Cloup conjugue l’universel au personnel afin d’accentuer l’impact de textes directement significatifs et souvent impitoyables (« Animal Blessé »). Une poésie urbaine et contemporaine qui s’appuie sur des guitares âpres, métalliques mais efficaces, et un drumming assuré par le nouveau venu Julien Rufié (NDR : ce qui explique la particule ‘duo’), qui remplace Patrice Cartier. Etranger où qu’il soit (sa mère était italienne), le Toulousain se livre à cœur ouvert tout en commentant le monde avec une certaine acuité et un dégoût certain. Et pour y parvenir, il a recours le plus souvent à un forme de ‘spoken word’ plutôt qu’au chant. Il parvient ainsi à créer un univers unique et bouleversant dont le sommet de troublante impudeur est atteint sur les 14 minutes d’« Une Adresse en Italie », où tout mélomane devrait pouvoir piocher des messages qui collent à son expérience quotidienne… entre espoir et désespoir…

 

Cloud Boat

Model Of You

Écrit par

« Model Of You » fait penser à un pendule auquel le mouvement perpétuel est venu imposer sa redondance. L’exactitude au millième de seconde près, qui trotte sur un air fluide et ininterrompu.

Loin d’une pop glacée ou tout au moins fort humide, ces barbus londoniens ont décidé de réserver une semi continuité à leur parcours.

Car s’ils nous avaient habitués à quelques élégantes douceurs sur la galette précédente (« Book Of Hours », en 2013), les Anglais n’avaient pas encore produit un tel condensé d’humeur bucolique.

Quelle est leur stratégie ? D’où leur vient cette maturité ? Pourquoi cet excès d’élégance ? Peu de réponses à travers ces 12 pistes.

Une chose est certaine, « Model Of You » est un bonbon qui, si on le suce trop longtemps, finit par élimer les dents et filer la nausée.

Le mélomane est discrètement transporté au sein d’un univers cotonneux, protégé des éléments extérieurs. Mais il ne faudrait pas en abuser, car le rêve peut aussi détruire. Malgré la voix haut perchée de Tom Clarke, il marche derrière les arrangements sonores de Sam Ricketts, tel « Le Joueur de Flûte » de Hamelin, et finit par se retrouver, sans s’en rendre compte, en haut d’une falaise où seul le vent et la lumière sont encore susceptibles de modifier le rythme cardiaque que nous avons adopté tout au long du chemin. Un parcours musical qu’il effectue, sans vraiment le vouloir, uniquement par respect et curiosité.

Rien ici de transcendant. Rien de sublime, d’arrogant ou d’immersif. Rien qui ne permette de perdre totalement l’équilibre, juste parfois la raison.

Agréable, cajoleur, ce « Model Of You » s’adresse à celles et ceux qui sont en manque d’affection. Qui souffrent de solitude. Qui estiment le ciel un tantinet trop gris.

Rien d’incroyable, rien de tape à l’œil. Juste de la beauté et de la douceur.

Mais sincèrement, on finit rapidement par s’ennuyer, si on ne partage pas une semblable mélancolie.

« Model Of You », c’est beau, c’est simple, c’est tendre. Mais c’est également parfois chiant, long et un peu surjoué.

Néanmoins, l’elpee est bien ficelé et mérite sa place dans votre discographie, si l’excès de tendresse ne vous effraye pas trop…

 

Cloud Nothings

Attack on memory

Écrit par

Issue de Cleveland, cette formation avait publié l’an dernier son premier opus éponyme. Un long playing qui faisait suite à la sortie de quelques Eps. On avait ainsi pu constater que le combo ne manquait pas de potentiel ; surtout pour concocter d’excellentes chansons indie rock instinctives, des compos issues de la plume d’un jeune songwriter de 20 ans, Dylen Baldi. Son sens mélodique avait même fait l’unanimité dans la presse.

Cloud Nothings nous propose donc son deuxième elpee, un disque qui paraît quelques mois à peine après la fin de sa tournée. Et on se demandait quand même si « Attack on memory » allait confirmer le buzz médiatique dont le band avait fait l’objet.

Pour concocter ce cd, le combo étasunien a fait appel aux services du notoire Steve Albini. De quoi imaginer facilement un résultat résolument plus énergique et davantage proche du son ‘live’. Et manifestement, l’énergie et la frénésie sont bien plus présentes.

Caractérisé par son excellent crescendo tout en puissance, « No Future/No Past » ouvre la plaque. La musique de Cloud Nothings concède clairement des relents 90’s. « Attack on memory » navigue entre grunge, punk et indie-rock. Le timbre de Dylen Baldi est nasillard. Et le chanteur insuffle toute sa jeunesse et sa fougue à travers le très ‘kurtcobainien’ « Wasted Days ». Judicieusement intitulé, « No sentiment » libère toute son agressivité. Le reste de l’opus embrasse un format plus pop, sans pour autant perdre de son intensité naturelle (« Our Plans », « Stay Useless », « Cut You »).

Fini de rigoler, Dylen Baldi montre les dents. Mais le plus paradoxal, c’est que cet « Attack on memory » regorge de tubes. Et si vous aimez ce style de musique qui déménage, mais en même temps bien torchée, vous devriez y trouver votre bonheur. Excellent !

 

Dave Cloud

Practice in the milky way

Écrit par

Dès qu’on entre dans « Practice in the milky way », on a l’impression de pénétrer dans un bar établi en Amérique profonde. L’atmosphère est malsaine, pue la sueur et la clope froide ; et on vous y sert du whiskey frelaté. Le tableau est planté et il est loin de s’aventurer du côté de la voie lactée…

« Practice in the Milky Way » constitue le quatrième opus du natif de Nashville. Et pour l’enregistrer, il à une nouvelle fois fait appel à The Gospel of Power, un backing group réunissant, dans l’ensemble, de vieux baroudeurs du rock garage. Et en particulier Tony Crow (Lambchop, Silver Jews) ainsi que Ben Martin (Clem Snide).

Tout au long de cet opus, l’intensité est permanente. Mais la voix de Dave Cloud n’a toujours pas évoluée. Approximative elle devient agaçante sur la longueur. Instrumentalement, par contre, The Gospel of Power est irréprochable. Faut dire qu’au sein du line up, on y retrouve des ex-musiciens de Silver Jews. Pas étonnant d’ailleurs que parfois on pense à la défunte formation issue de New-York City, à l’écoute de cet elpee. Le son des guitares est crade. Des claviers remontent à la surface lors des morceaux imprimés sur un tempo plus lent. Pas pour s’abandonner dans des slows langoureux. Ce n’est pas exactement le genre de la maison. D’ailleurs le style baigne plutôt dans un rock/blues brut de décoffrage…

Malheureusement, l’attitude désinvolte voire excessive de Cloud dessert totalement l’excellent boulot accompli par son backing group. Et si sur les 10 premiers morceaux, elle prête à sourire, au bout de vingt titres, elle devient insupportable. Et puis quelle idée de réserver 20 pistes à un seul album !

 

Cloud Control

Bliss Release

Écrit par

Non, Les Fleet Foxes ne sont plus seuls dans l’univers du folk pastoral ! Depuis leur succès légitimement récolté, les barbus américains ont tracé la voie à une multitude d’orfèvres de la guitare acoustique et des harmonies vocales. Et en particulier Cloud Control, une formation australienne réunissant Alister Wright, Heidi Lenffer, Ulrich Lenffer et Jeremy Kelshaw. Originaire des Blue Mountains, non loin de Sydney, ce quatuor nous propose son premier elpee, « Bliss Release ». Un disque partagé en 10 plages sculptées dans un folk d’excellente facture.

Parus en singles « Gold Canary » et « There’s Nothing in the Water We Can’t Fight » sont des chansons à la fois énergiques et ensoleillées, réminiscentes des renards de Seattle voire des Texans de Midlake. Les harmonies vocales dispensées tout au long de « Gold Canary » sont superbes. Une version moderne des Beach Boys dans toute sa splendeur (‘I won’t hurt your sister, I cannot resist her’)! Le tracklisting de l’elpee est bien équilibré. Les compos moins enlevées ne maquent ainsi pas de charme. A l’instar de « Hollow Drums » ou « Just for Now ». Il en émane même une certaine atmosphère empreinte de nostalgie, mais dénuée de revivalisme, malgré la présence d’inévitables synthés 60’s (« Meditation Song #2 »). Quant au sautillant « This is What I Said », il lorgne plutôt du côté de Violent Femmes et de Talking Heads. La voix d’Heidi Lenffer et d’Alister Wright se conjuguent à merveille, se muant en véritable caresse pour les oreilles. En attendant la sortie du nouvel album de Fleet Foxes, ce « Bliss Release » devrait permettre aux mélomanes de patienter, tout en savourant…

 

Cloud Nothings

Pas la moindre trace de nuage…

Écrit par

A l’origine, le concert de Yuck devait se dérouler en novembre 2010. Reporté fin février de cette année, il a donc fallu attendre 3 longs mois avant de découvrir cette formation insulaire que la presse ne tarit pas d’éloges. Et l’attente n’a pas été vaine, car les organisateurs ont eu la bonne idée de doubler l’affiche, en programmant une des nouvelles sensations américaines, Cloud Nothings.

Pour accueillir ces deux combos, la Rotonde est presque sold out. Cloud Nothings ouvre le bal. En réalité, il s’agit du projet de Dylan Baldi, un jeune musicien à peine âgé de 19 ans, responsable de compos aussi efficaces qu’énergiques. Et il est parvenu à créer un buzz en se servant de la toile. Sur scène, le natif de Cleveland est soutenu par trois musiciens. Un format fort classique, puisque si ses collaborateurs se partagent gratte, basse et drums, Dylan se réserve le chant et la guitare solo. Le groupe enchaîne les morceaux qui ne dépassent jamais les trois minutes. L’intensité des compos est soutenue et les refrains accrocheurs ; mais si le tracklisting est solide et bien équilibré, aucune chanson ne sort réellement du lot. Sûr de lui, Baldi est très à l’aise sur les planches et prend un réel plaisir au contact du public. Etonnant pour un musicien qui n’a pas encore fêté ses 20 printemps. Et à ce titre, franchement, il mérite un coup de chapeau. Pour l’instant sa discographie se limite à une compile, mais d’après les infos recueillies, son premier opus devrait paraître d’ici quelques mois. On attend cette sortie impatiemment.

Un quart d’heure de pause et Yuck monte, à son tour, sur l’estrade. Deux guitaristes dont le lead singer (un sosie de Bob Dylan, teenager) une bassiste et un batteur bien en chair à la coupe afro qui vaut le coup d’œil (NDR : en outre, ce gros nounours, c’est un peu la mascotte du combo). Le tracklisting est partagé entre morceaux rock plutôt classiques et ballades empreintes de douceur. Les interventions tout en délicatesse du second sixcordiste apportent un réel plus à l’ensemble. Les mélodies sont soignées et la voix de Daniel Blumberg est à la fois excellente et parfaitement maîtrisée. Mais le set manque singulièrement de puissance. Il faut attendre les deux derniers morceaux, avant le rappel, pour voir le groupe enfin se libérer. Energiques, explosives, dynamisées par une ligne de basse percutante et des accords de gratte shoegazing, les compos vont littéralement enflammer la salle. Dommage que le combo ait attendu la fin de parcours, pour enfin se (nous) réveiller…

N’empêche, les deux formations qui se sont produites ce soir disposent d’un fameux potentiel. Et s’il faudra encore attendre pour voir sortir le premier elpee de Cloud Nothings, celui de Yuck est déjà dans les bacs depuis 15 jours. A mon humble avis, on devrait parler –et en bien– de ces deux bands, au cours des prochains mois…

(Organisation Botanique)

Cloud Nothings

Turning On

Écrit par

Au cours des derniers mois, on ne compte plus le nombre d’artistes pop lo-fi qui émergent aux States. Les derniers en date, Wavves et Best Coast, Californiens pour être plus précis, nous avaient proposé des œuvres de toute bonne facture. Dylan Baldi ne nous vient pas de la côte Ouest des Etats-Unis, mais de Cleveland, dans l’Ohio. Particulièrement doué, il propose tout au long de cet opus, de petites vignettes, systématiquement sous-produites. Un peu à la manière de Nathan Williams. Une collection de chansons mélodieuses, pas très lisses, sculptées dans l’esprit punk DIY. Maintenant, on se demande quand même si cette méthode ne relève pas d’une certaine forme d’intégrisme musical ou tout simplement, si elle n’est pas tout simplement due à un manque de moyens. Néanmoins, les 13 titres de « Turning On », puisés au sein de divers Eps, dépassent, en qualité intrinsèque, les premiers morceaux composés par son comparse californien. A ses débuts, Wavves n’avait, en effet, pas vraiment soulevé l’enthousiasme. Et certainement pas signé, à ses débuts, une composition pop aussi furieuse et envoûtante qu’« Old Street », une chanson par ailleurs caractérisée par ses harmonies subtiles, la très cool « Hey Cool Kid » ou l’efficace « Turning On », parcourue par une ligne de basse aussi irrésistible que caoutchouteuse. Ajoutez-y une guitare fuzz, un synthé foutraque, une voix d’ange déchu et vous obtiendrez une formule magique, déjà entendue chez les Texans d’Harlem, cette année. Pourtant, à l’écoute de ces morceaux, on a le droit d’être frustré. Et pour cause, il suffit d’imaginer la forme séduisante qu’ils pourraient revêtir, s’ils étaient passés entre les mains d’un excellent producteur. 

Dylan est à peine âgé de 18 ans. Et au vu de son talent, on et en droit d’attendre monts et merveilles de son Cloud Nothings ! Suffira peut-être qu’il suive la voie récemment tracée par Wavves. La sortie de son premier véritable opus studio est prévue pour 2011. Il a déjà été enregistré sous la houlette de Chester Gwazda (Dan Deacon et Future Islands). Vu la qualité des maquettes de « Turning On », il ne peut que confirmer…

Half-Handed Cloud

As Stowaways in Cabinets of Surf, We Live-Out in Our Members a Kind of Rebirth

Écrit par

Quel drôle d’énergumène pourrait soudainement avoir envie de composer une petite symphonie pop sophistiquée, dont les 25 titres durent moins de 2 minutes ? Un comparse de Sufjan Stevens bien entendu… Half-Handed Cloud est un projet monté par le multi-instrumentiste John Ringhofer. Issu de Berkeley, ce Californien a choisi ce patronyme en se référant à un passage de la Bible. Faut dire qu’au sein de la galaxie de Sufjan Stevens, les thèmes religieux reviennent constamment à la surface. Et ce one-man band a été signé sur Asthmatic Kitty. « As Stowaways in Cabinets of Surf, We Live-Out in Our Members a Kind of Rebirth » (ouf!) constitue déjà son 6ème album. Et son premier, “Learning About Your Scale”, remonte à en 2001. Si les plages dépassent rarement les 120 secondes, elles ne se limitent pas à évacuer quelques bribes d’idées. Ce sont de véritables chansons, même si à l’instar d’un concept album, il est préférable d’écouter ce « Stowaways… », d’une seule traite… ‘J’essaye de faire en sorte qu’une chanson ne soit pas trop longue, sans une bonne raison. Il n’est pas nécessaire qu’un morceau s’éternise, simplement parce que c’est une règle établie’, justifie d’ailleurs l’artiste. Ses petites capsules pop mélodieuses valent en tout cas le détour. En outre, l’instrumentation est particulièrement dense : piano, reverb’, banjos, synthés, trombones, ... A l’instar d’« Illinoise », album incontournable de Stevens, publié en 2005. L’influence exercée par les Beach Boys est également palpable (« You Flagged Us Down With A Wave », « Sing It ! »), jusque dans la voix maîtrisée mais très fragile de John Ringhofer. Les moments de répit sont rares et c’est presqu’en apnée que l’on découvre son œuvre. Pourtant, il ne serait pas inintéressant de décortiquer chaque plage, afin de pouvoir déceler les mille et une idées qui y foisonnent.

Cet autre petit génie de la pop contemporaine vient de commettre un superbe album. Pas de quoi révolutionner l’histoire de la musique, mais largement au-dessus de la norme. Le cerveau de Brian Wilson était tellement illuminé qu’il a fini par cramer. Il a laissé quelques héritiers, terriblement doués, mais tout aussi à l’Ouest…

Cloud Cult

The meaning of 8

Écrit par

Cloud Cult (traduisez 'Le Culte des Nuages') n’est pas né de la dernière pluie. Les premières traces de son existence remontent d’ailleurs déjà à 1995. En outre, « The meaning of 8 » constitue déjà son septième opus. Un disque paru en 2007, mais qui vient seulement de nous parvenir. Faut croire qu’il a traversé l’Atlantique à la nage. Pas une mince affaire, lorsqu’on sait que la formation est issue d’Amérique du Nord. De Toronto très exactement. Ô, ce n’est pas un reproche. D’ailleurs une traversée à la nage est bien plus respectueuse de l'environnement qu’un trajet par avion. Faut dire que ce combo a fait de l'écologie son cheval de bataille. Aussi ce détail a son importance. Un combat authentique. Certainement plus authentique que celui de Radiohead qui ne souhaite plus mettre les pieds dans un festival, s’il ne dispose pas d’une station d'épuration à côté des toilettes chimiques de l'espace camping… Je n’ai pas l’intention de débattre de cette épineuse question. Je ne suis pas payé pour juger la philosophie des artistes (NDR : je ne suis pas payé du tout notez bien, le plaisir de nos chers internautes est un salaire amplement suffisant pour votre serviteur), mais tout simplement donner une appréciation sur une œuvre artistique. En l’occurrence l’album « The meaning of 8 » de Cloud Cult. N’empêche, on peut quand même se demander si ce type de militantisme n’est pas un effet de mode ? Pour répondre à cette question, la réponse est peut-être à trouver du côté de l’écurie. Earthology Records est un label écologique, indépendant et sans but lucratif, mis sur pied pour distribuer la musique de Cloud Cult, au grand dam des majors, qui ont plus d'une fois essayé de débaucher le groupe…

Actuellement, le line up de Cloud Cult implique sept membres dont Connie Minowa et Scott West, deux artistes qui peignent des toiles sur scène lors des exhibitions ‘live’, et puis Craig Minowa, le leader/chanteur du groupe. Dans l'ensemble, cet album épouse un profil bucolique. La toute première plage concède même des airs héroïco-fantaisistes qui devraient plaire aux amateurs du genre. Mais en général, il faut reconnaître que Cloud Cult semble avoir davantage puisé son inspiration au sein des profondeurs chtoniennes que dans les nuages... Ce n'est pas une critique, loin de là, mais un constat. La mélodie est tellement consistante, pesante même, que toute tentative d’effet aérien en est gommé. D’ailleurs, en conjuguant efficacité, charme et maîtrise, les premiers morceaux laissent présager une œuvre de toute bonne facture. On imagine fort bien le petit faune reproduit sur la pochette de l'album danser et chanter en s’accompagnant à la guitare. Les effets choisis pour colorer chaque plage sont aussi séduisants que convaincants et ils finissent par nous persuader de danser comme des damnés sur une colline, après s’être coiffé d’une couronne de coquelicots. « Brain Gateway » semble même avoir été écrit pour inviter les arbres de nos forêts à s’agiter. Et des morceaux comme « Brain Gateway », « Take Your Medicine » ou encore « Dance For The Dead » constituent probablement les meilleurs morceaux de cet opus.

Passé ces sommets, plus rien... Nous en sommes pourtant à la onzième compo. Et on a l’impression que l’œuvre ne parvient pas à trouver son second souffle. Il faut dire que l'album est particulièrement copieux : dix-huit plages. Aussi après l'émerveillement provoqué par les morceaux de la première partie de l’elpee, on a la sensation de retomber sur terre. Les petites astuces susceptibles de nous faire mousser lorsqu’elles étaient inédites, ne parviennent plus à nous surprendre ; et elles finissent même par lasser. Surtout quand elles sont déclinées dans tous les modes majeurs et mineurs. En fait, la seconde partie de l'elpee a un goût de réchauffé. En outre, la solution sonore souffre d’effets electro surfaits lorsqu’elle ne vire pas au noise. Quand à l'esprit champêtre, il s’est tout simplement volatilisé. Les rares trouvailles sont trop fugaces pour véritablement accrocher

Sur un disque, on peut bien sûr admettre que certains passages soient moins inspirés que d’autres. Mais dans le cas présent, il s’agit quand même d'une bonne moitié de l'album, c’est-à-dire près d'une dizaine de morceaux ! A se demander pourquoi le combo a concocté un album marathon, alors qu’en se contentant de la quintessence, il nous aurait comblés. En gros, douze chansons rondement menées et tout le monde était content.

Penchons nous maintenant sur le titre de cette septième production : « The Meaning Of 8 ». La signification du chiffre 8 a déjà fait couler beaucoup d’encre. On découvre sur la (jolie) jaquette du cd une dissertation digne d'une entrée du Dictionnaire des Symboles sur le sens du chiffre 8, à travers toutes les cultures de l'humanité. On effectue le tour du globe. Un périple qui fait escale tour à tour chez les Hindous, les Grecs, les Chrétiens et les Musulmans. Sans oublier d’aller jeter un œil du côté des Amérindiens. La lecture est très enrichissante. Le chiffre 8 est un symbole cosmique universel. Il possède sa signification dans toutes les religions de l'humanité et il est judicieux de rapprocher ainsi tous les gens qui peuplent la terre. Je reste cependant plus sceptique sur la pertinence de ce message par rapport à l’opus. Car après avoir écouté très attentivement les textes des compos, je dois avouer ne pas avoir rencontré de thèmes particulièrement évocateurs à ce sujet. Et je pense tout particulièrement à la 'division de l'univers en 8 parties' selon les Grecs ou 'du lieu qui gît derrière le monde physique' au sens hébreu du terme... Bref, il n'y a rien de mystique ici et la signification de 8 est sans doute à rechercher ailleurs…

A Cloud Mireya

Singular

Écrit par

Dès les premières notes de cet album, une crainte nous envahit. La crainte de devoir ranger cette plaque dans le rayon electro-rock qui commence petit à petit à saturer. Cherchant à se faire une place au soleil, tous ces groupes noyautés par ce style sont devenus des victimes de leur ambition croissante. Oui mais, c’est compter sans la lucidité de A Cloud Miryea qui sait pertinemment bien où poser son vaisseau. Les voix de Claudia Deheza et Guillermo S. Herren déjouent les pièges de la routine synthétique en propulsant avec force, calme et circonspection toute leur tendresse. Les mélodies suaves débordent en 12 titres, sans ambition démesurée, sans saturation excessive. Formé depuis 2004, ce duo pose un son simple mais goupillé de main de maître. Choisissant une guitare pour partenaire, l’ascension des 58 minutes de l’elpee s’opère dans une facilité déconcertante. A la manière de Laetitia Sadier (Stereolab, Monade) l’écho du bien-être est largement dominant. La batterie redessine de temps à autre le rythme, partageant la vedette ; avec quelques effets electro de bon aloi. Le tout s’harmonise sans faute, sans se voler la vedette, car si vedette il y a, elle doit définitivement beaucoup aux voix envoûtantes, recouvrant la structure brute. Le mélange de ces éléments est savoureux. Un très bel album qui tient la route et mérite sa place dans notre classement vers le haut.