La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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The New Death Cult

Supernatural

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The New Death Cult n’est pas un nouveau dérivé du patronyme du groupe britannique The Southern Death Cult, ni de (Death) Cult, mais une formation norvégienne responsable de deux albums à ce jour. Et « Supernatural » constitue son second. Ses sources d’inspiration ? A Perfect Circle, Biffy Clyro, Feeder, Queens of The Stone Age et Muse. Bref, essentiellement des formations nées au cours des nineties.

Il y a du groove, de l’énergie, un peu d’emphase, des changements de tempo et surtout des riffs de guitare granuleux, explosifs ou par giclées, parfois à la limite du métal voire du grunge. La voix tout comme les harmonies vocales sont à la fois raffinées et limpides et le sens mélodique soigné. Dommage que plusieurs compos semblent sorties d’un même moule, notamment en seconde partie de l’elpee.

Death & Vanilla

Une lueur d’espoir pour Death and Vanilla…

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Plus de dix ans après leurs débuts à Malmö, en Suède, Marleen Nilsson, Anders Hansson et Magnus Bodin publieront un nouvel album, le 17 mars 2023. Il s’intitulera "Flicker".

Illustré par une superbe pochette déconstruite avec un brin d’ironie, "Flicker" est une réflexion moderne sur ces temps difficiles. Malgré les crises mondiales et les confinements, Death And Vanilla renaît, réarrangé et revitalisé après avoir assimilé des influences reggae dub, les spirales motorisées de Can, les méandres modaux de Philip Glass et les sons pop plus rêveurs de The Cure, ainsi que l'ambiance symphonique de Spiritualized ou encore des Talking Heads, sous la houlette de Brian Eno. Leur période de transition depuis le plus sombre "Are You A Dreamer ?" sorti en 2019 a fait éclore de nouveaux hymnes électroniques éclectiques criblés de lignes mélodiques, et superposés d’un amour profus.

Death And Vanilla donne à la fois l'impression que tout est possible et en même temps rien. Il y a une lueur d'espoir (en anglais flicker of hope) pour tout le monde.

Le nouveau single "Find Another Illusion" est un morceau de dream pop mélancolique dont la ligne mélodique entraînante inspire une bravoure sans faille. C'est une chanson qui se construit jusqu'à un crescendo puissant et tourbillonnant. La section centrale du morceau se déroule soigneusement avant de recommencer, plus forte, plus euphorique, plus glorieuse !

"Find Another Illusion" est en écoute ici

 

Death Valley Girls

Les îles célestes de Death Valley Girls…

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Au cours d’une bonne partie de la dernière décennie, Death Valley Girls a utilisé sa musique comme moyen de puiser dans une énergie cosmique commune. Sur ses albums « Glow In The Dark » (2016), « Darkness Rains » (2018) et « Under the Spell of Joy » (2020), le groupe s'est attaqué à la banalité de la société moderne et a célébré le ‘potentiel magique infini’ à travers un collage de riffs proto-punk explosifs, de mélodies imparables et de paroles farfelues. Mais sur son dernier opus, « Islands in the Sky », Bonnie Bloomgarden, la leadeur, utilise les hymnes de la formation comme un guide de guérison spirituelle et une feuille de route pour les futures incarnations du moi. La musique qui en résulte est de loin la plus contagieuse et la plus festive de Death Valley Girls à ce jour. Le nouvel album paraîtra ce 24 février 2023, en attendant, la formation nous propose, sous forme de clip, son premier single issu de cet LP, « What Are The Odds », ici

 

 

Death Cab For Cutie

Death Cab For Cutie combat l’urbanisation à outrance…

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Death Cab For Cutie célèbre son 25ème anniversaire en publiant son 10ème album studio "Asphalt Meadows". Produit par John Congleton (St Vincent, Sharon Van Etten, Wallows), l’elpee inclut le nouveau single "Asphalt Meadows", ainsi que les précédents "Here To Forever" et "Roman Candles". Aux États-Unis, la tournée ‘Asphalt Meadows’ démarre cet automne et s'arrêtera à De Roma, à Anvers, le 14 mars 2023.

Le clip d’"Asphalt Meadows" est disponible ici

 

 

Death Bells

Between here and everywhere

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Death Bells, c’est avant tout un duo réunissant Will Canning et Remy Vesselis, deux Australiens (NDR : ils sont issus de Sydney) qui se sont établis à Los Angeles à la recherche de l’inspiration. C’est d’ailleurs cette cité californienne qui leur a servi de muse pour composer les 9 plages de leur troisième opus, « Between here and everywhere ».

Pour enregistrer cet LP, le tandem a reçu le concours de quelques collaborateurs aux claviers, cordes, ivoires et chœurs.

Mais le plus étonnant procède du style pratiqué par cette formation, une forme de post punk probablement inspiré de Joy Division, The Murder Capital et Interpol. Parfois, le résultat peut paraître parodique, mais il tient parfaitement la route. Et puis la voix de Will est moins fragile que celle de Ian Curtis. Encore que sur « Last days », elle évoque davantage Grian Chatten (Fontaines DC), l’insouciance sarcastique se substituant à l’intensité sauvage.

Sur les 9 pistes, deux dépassent les 4 minutes pour un total de 35’. Deux valses quand même : « A better resolution », puis le titre maître. D’abord lente, la plage prend progressivement son envol et s’enrichit même de chœurs dramatiques.

Suivant les déclarations de Will et Remy, « Eternity street » serait né d’une obsession pour « The light » de Love & Rockets. Mais on en retiendra surtout les subtils arrangements de cordes et de synthés injectés par Laena Myers-Ionita et Jeff Fribourg, en fin de parcours.

Christian Death

Evil becomes rule

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Fondé en 1979 par Rozz Williams, Christian Death vient de graver son 17ème elpee. Et il s’intitule « Evil Becomes Rule ». Mais l’histoire de cette formation est très complexe, puisqu’à une certaine époque, suite à des dissensions au sein du groupe, il existait deux versions de Christian Death. Soit une drivée par Rozz Williams (NDR : devenue Christian Death featuring Rozz Williams, après décision judiciaire) et l’autre par Valor Kand. C’est celle de ce dernier qui nous propose donc son nouvel opus. Rozz, lui est décédé en 1998, après avoir notamment sévi chez Shadow Project en compagnie d’Eva O et participé au projet indus Premature Ejaculation.

Réduit à l’état de trio, le band californien nous prouve, sur cet album, qu’il n’a pas perdu la pêche. En effet, non seulement cet LP libère une belle énergie, mais surtout, il s’ouvre à de nouveaux horizons sonores, perspectives qu’on avait rarement décelées sur les essais précédents. Et tout particulièrement le recours à des gammes plutôt exotiques, d’alternate tunings à la guitare et de rythmes originaux qui créent une ambiance menaçante et mystérieuse collant parfaitement à la musique du combo, une musique qui oscille du goth rock au gothic metal, en passant par le post punk et le death rock.

Cependant, elle opère également quelques incursions dans la pop, à l’instar de « Blood Moon », morceau au cours duquel la manière de traiter la guitare et le refrain lorgnent carrément vers Muse. Et puis de « Beautiful », dont l’intro est assuré par un quatuor à cordes et qui se nourrit généreusement d’électro. On a même droit à un mix entre éléments électriques et sonorités acoustiques, presque celtiques, sur « Who Am I, Part 1 ».

La production et les arrangements sont soignés (orchestrations et ajout de certaines percussions) et les titres s’enchaînent naturellement.

Coup de cœur pour « Abraxas We Are » qui s’ouvre sur un excellent duo vocal tout en donnant l’impression d’être en présence de deux personnalités en conflit. De quoi accentuer le côté maléfique du climat de ce long playing.

Un excellent album je vous recommence vivement tant pour ses compos ‘outside the box’ que pour les morceaux plus traditionnels !

Death Bells

Death Bells, ici et ailleurs…

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Le nouvel opus de Death Bells (NDR : c’est d’abord le projet de Will Canning et Temy Veselis), « Between Here & Everywhere », paraîtra ce 29 juillet. Ce long playing dresse la carte du désordre qui règne à Los Angeles, ville d’adoption du groupe australien qui est devenue une muse constante. Le climat l'album passe progressivement de la détresse à l'espoir au cours de ses 35 minutes. Les paroles sont classées comme narratives, mais pas autobiographiques, nées de l'intrigue, de l'intimité et d'une volonté de regarder vers l'extérieur…

En attendant, il nous en propose « Lifesping », sous forme de clip vidéo, et il est savourer

 

 

Death Valley Girls

Under the spell of joy

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Death Valley Girls est un quatuor californien (issu de Los Angeles, très exactement) drivé par la chanteuse et multiinstrumentiste Bonnie Bloomgarden et le guitariste Larry Schemel (drummeuse, sa sœur, Patty, a sévi chez le Hole de Courtney Love et Juliette and the Licks). « Under the spell of joy » constitue déjà son 5ème elpee, une œuvre de psyché-garage-gothic-rock plutôt singulière. D’abord à cause des lyrics. Influencés par les philosophes Terence McKenna et Mitch Horowitz, des écrivains responsables de thèses consacrées à l’ésotérisme, au mysticisme, à la métaphysique ou encore à l’eschatologie (discours sur la fin du monde ou des temps). Notamment.

Mais ce qui frappe d’abord, c’est la voix de Bonnie. Pas d’un bout à l’autre de l’opus ; mais quand même sur la plupart des plages. Une forme d’hybride entre David Surkamp (Pavlov’s Dog) et Siouxsie Sioux. Quoique traversé par un sax hurleur, l’hypnotique « Hey Dena » et le post punk « It all washes away » réveillent même l’esprit gothique des Banshees. Un saxophone débridé dans lequel souffle Gabe Flores, régulièrement, un peu à la manière de Steve MacKay (Stooges). Il s’éclate d’ailleurs sur le titre maître, un hymne martial et euphorique qui s’achève dans un chaos quasi apocalyptique. En outre, l’autre guest, Gregg Foreman (Delta 72), inocule ponctuellement ses sonorités de claviers rognées (un Farfisa ?), dont Clint Boon raffolait au sein d’Inspiral Carpets. Sans oublier cette forme d’innocence angélique apportée par les chœurs d’enfants.

Les compos sont imprimées sur un tempo vivifiant, post punk, krautrock ou velvetien, et même new wave sur « I’d rather be dreaming ». Il flirte avec le rock’n’roll tout au long de « Hypnagogia » et le fulgurant « Day miracle challenge », deux pistes colorées par un piano électrique jazzyfiant. Ajoutez-y du groove, des cordes de guitare électrique fuzz, gémissantes, offensives ou chatoyantes, selon les morceaux, et vous obtiendrez un long playing qui mérite assurément de figurer dans le Top 20 de votre serviteur.  

Death Bells

New signs of life

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Issu de Sydney, Death Bells a décidé de s’installer à Los Angeles. Où il a enregistré son second elpee, « New signs of life », un album qui fait suite à « Standing at the edge of the world », publié en 2017. Drivé par Will Canning et Remy Vessels, le sextuor propose une musique sophistiquée (NDR : la production est particulièrement raffinée), fruit d’un cocktail entre post punk, cold wave, indie pop et alt rock. Chatoyantes, carillonnantes, incisives ou pétillantes, les sonorités des guitares, surtout lorsqu’elles sont conjuguées rappellent The Church (NDR : ce qui peut s’expliquer, quand on sait que le combo est également originaire de Sydney). Déchiquetées, elles lorgnent alors vers Interpol. Cotonneuse, la ligne de basse semble sortir en ligne droite des 80’s. Tout comme le drumming bien syncopé. Emphatique, la voix évoque tour à tour Paul Banks (Interpol) ou Garce Allard (Sad Lovers and Lovers & Giants). Délicates, volatiles et atmosphériques, les petites touches de synthé rappellent également SL&G (« Sacred », « Two thousand and twenty »). Et certaines compos bénéficient d’interventions au saxophone, mais en bien moins omniprésent que chez Psychedelic Furs. Quant au sens mélodique, il est, en général, plutôt proche des Smiths. Maintenant, toutes ces références –particulièrement élogieuses– sont à nuancer suivant les morceaux. Bref, un chouette album, même si l’excellence de la mise en forme risque de cabrer les puristes de l’indie rock…

Death & Vanilla

Are You Dreamer?

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De toute évidence, la dream-pop de Beach House a fait des petits à travers le monde… Les Suédois de Death and Vanilla en sont d’ailleurs un parfait rejeton nordique. Ethérées, les effluves psyché se tressent langoureusement pour élaborer ce judicieusement intitulé « Are You Dreamer ? ». De prime abord, les titres semblent se ressembler, mais ils dévoilent leur singularité au fil des écoutes. La voix de Marleen Nilsson est bien entendue noyée sous la ‘reverb’, mais l’utilisation d’un xylophone ou d’un mellotron permet à certains morceaux de se démarquer. En outre, le trio scandinave affiche un véritable savoir-faire pop qui permet à ses mélodies vintage et hypnotiques de se révéler (« Nothing is Real »).

Death In Vegas

Le scorpion se serait-il mordu la queue ?

Pour beaucoup, Death In Vegas, c'est un peu le futur du rock : en imposant ses rythmiques électroniques sur des ambiances garage, avec Liam Gallagher, Iggy Pop et Hope Sandoval se prêtant au jeu des chaises musicales (ou plutôt vocales), Death In Vegas tente, comme Primal Scream, The Rapture ou Add N To (X), le pari fou d'être à la fois respecté par les fans de rock et les fans d'électro. C'était l'occasion, en ce réveillon d'Halloween, de juger sur place : au Bota, en live, dans une salle « sold out ». Pas de chance, car cette fois-ci, les Anglais n'ont pas vraiment conquis : mous du genou, Tim Holmes et Richard Fearless, accompagnés de quatre musiciens, auront certes balancé la sauce (de « Leather/Girls » au tubesque « Hands Around My Throat »), mais sans chaleur ni sueur. Manque d'âme, de sexe, d'ambiance : en aucun moment, ce concert n'aura décollé vers les hautes cimes que le groupe atteint facilement sur disques. D'autant plus que sans les voix de tous ces chanteurs qui font la classe de titres comme « Scorpio Rising » ou « So You Say You Lost Your Baby » (respectivement Liam Gallagher et Paul Weller), on est en droit d'être déçu. Le scorpion se serait-il mordu la queue ? On laisse à Death In Vegas le bénéfice du doute. En espérant que la prochaine fois sera la bonne.



Death Grips

Malmener les sens sans pourtant parvenir à émouvoir...

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Une salle pleine à craquer –hormis les balcons latéraux et la tribune assise– attend le concert de Death Grips, une formation d’afro/punk annoncée comme très susceptible de plaire aux aficionados de Bad Brains, Ho99o9, Crass et Anti-Pop Consortium. L’auditoire est assez jeune et plutôt féminin pour accueillir ce crew de hip hop californien (NDR : il est issu de Sacramento) considéré, depuis début 2010, comme un hype dans l’univers de l’underground, tout en entretenant une forme de mysticisme. 

Pas de supporting act, mais une musique d’ambiance couverte progressivement par un bruit de fond qui atteint son sommet vers 20h30, horaire prévu pour le début du show. Pourtant, c’est le moment choisi par un roadie pour opérer le soundcheck des microphones. Drôle d’idée ? Pourquoi ne pas l’avoir réalisé en lieu et place de ce bourdonnement inopportun ? Il faudra même encore attendre un bon quart d’heure avant que le band ne débarque sur les planches.

« Beware », une longue plage de 5 minutes, prélude l’arrivée des musicos. Le line up implique Andy Morin, préposé aux machines, derrière laquelle il se place, Zach Hill, le drummer, installé en retrait –qui ôte rapidement son marcel, vu la chaleur ambiante– et le chanteur MC Ride. Torse nu, ce dernier va déblatérer, tout le set, des paroles gutturales complètement incompréhensibles, tout en arpentant l’estrade de long en large. Finalement, c’est le drummer qui sert de fil rouge. Pourtant, ses interventions sont sauvages, instinctives et tribales, mais remarquables et surtout bien organiques. Death Grips est venu défendre son sixième elpee, « Year Of The Snitch », mais n’en oublie pas pour autant les titres qui ont fait son succès. La setlist réunit 21 morceaux oscillant entre 2 et 3 minutes. Des compos qui baignent dans une forme de trip hop indus, stimulée par des percus afro/punk et toujours susceptibles, de virer à une forme plus expérimentale. Enfin, pas tellement, ce soir…

Les premiers rangs se balancent au rythme des percussions, comme s’ils étaient envoûtés par une forme de chamanisme. De nombreux spectateurs se lancent dans le crowdsurfing, qui déborde légèrement la sécurité alors que d’autres créent deux interminables round circles ; mais jamais la situation ne dégénère. Une situation qui semble plaire à MC Ride. Lorsque le band attaque le hit « Death Grips Is Online », multicolore, le light show nous en met plein les mirettes. Il en devient même aveuglant. Avant que le set ne reprenne son cours sur un même ton. Malmenant les sens sans pourtant parvenir à émouvoir... Après trois-quarts d’heure, votre serviteur en a vu et entendu assez. Il tire sa révérence, regrettant, en outre, que l’aspect noise/rock, plus jouissif, n’ait pas été suffisamment exploré…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Moscow Death Brigade

Boltcutter

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« Hoods up », le premier elpee de ce trio moscovite, avait apporté un vent de fraîcheur au sein du mouvement punk militant. Un genre qui a parfois du mal à se renouveler et à évoluer hors des cadres et des codes du genre. Antifascistes, MDB côtoie depuis une dizaine d’années, des activistes qui finissent morts ou emprisonnés. La Russie est un pays toujours aussi hostile à la liberté d’expression, malgré la chute du ‘Mur de Berlin’.

Boltcutter Vlad, Ski Mask G et Ghettoblaster G-Ruff agrègent rap, techno, punk et hardcore, afin de créer un style fédérateur destiné à la jeunesse russe tout en incitant les fans de musique à un dialogue interculturel. Non seulement le combo n’arrête pas de tourner, mais ses musicos sont également impliqués dans d’autres projets, dont Siberian Meat Grinder, une configuration davantage grindcore...

Celle de MDB est clairement plus électro. Les nappes de claviers sont plus présentes même si les beats imprimés par les boîtes à rythmes et les accès de basse sont toujours aussi puissants. L’implication politique du groupe est intacte. Leurs paroles scandées, parfaitement rappées, s’attaquent toujours au racisme, au sexisme, appellent à la solidarité avec les réfugiés (« Papers, Please »), à l’unité face à l’homophobie et à la lutte contre les grenouilles de bénitiers (« Brother & Sisterhood »).

En ‘live’, les membres du band portent la cagoule, afin de rester anonymes et se protéger contre les agressions de l’extrême droite, très active en Russie. Des shows malheureusement, trop souvent précipités, à l’instar de celui accordé au Magasin 4, l’an dernier. Cependant, s’il faut vivre sur une île déserte, votre serviteur emporte le disque…

Death Angel

Du Thrash qui a du cœur

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Le Trix d’Anvers accueille, au beau milieu du mois de novembre, trois grandes pointures du Thrash : Testament, Annihilator et Death Angel. L’occasion de revenir sur l’actualité de ces derniers. Ont-ils prévus quelque chose de neuf sous le sapin ? Quel regard portent-ils sur leur 9ème elpee studio, « The Evil Divide » ? Quelques réactions recueillies en backstage, peu avant le lancement des hostilités.

Après un trajet en voiture pour le moins chaotique –le mois de novembre nous réservant, en cette fin d’après-midi, tout l’éventail des joyeusetés météorologiques qu’il a en stock– votre serviteur débarque enfin dans la salle anversoise en accusant un quart d’heure de retard. Le temps de passer un coup de téléphone à la ‘tour manager’, afin de lui signaler ma présence sur les lieux, elle répond, un peu confuse, devoir d’abord régler un petit problème et qu’elle me rejoindra plus tard. S’il faut patienter, alors autant lier l’utile à l’agréable et jeter un œil aux mouvements qui se produisent dans la salle de concert. Quelques roadies sont au turbin. Ils préparent la stage pour le show de Testament, la tête d’affiche du jour. Une imposante silhouette observe ce qui se déroule sur le podium. C’est Chuck Billy, le chanteur de Testament. Fidèle à son surnom, ‘The Chief’, il vérifie que tout soit en ordre. Assister au soundcheck de ce band yankee, il y a pire comme situation, dans la vie. La ‘tour manager’ finit enfin par arriver. Ce ne sera finalement pas le guitariste Rob Cavestany qui répondra à mes questions –il est encore dans les bras de Morphée– mais bien son acolyte, Ted Aguilar. On s’adaptera, ‘keep it rockin!’

C’est aujourd’hui la troisième fois cette année que vous foulez le sol belge. Les fans du groupe qui y vivent, n’ont donc pas d’excuses à faire valoir s’ils n’ont pas eu l’occasion de vous voir en concert, au cours de l’année 2017 !

Ted Aguilar : (il rigole) oui, en effet ! Et c’est aussi la seconde date à Anvers. On y était déjà passé cet été, dans le cadre de l’‘Antwerp Fest’ (NDR : qui s’est déroulé le 9 juillet) ! Mais la dernière fois qu’on a mis les pieds ici au Trix, c’était lors du ‘Thrashfest’, en 2010. Suicidal Angels, Exodus et Kreator étaient également à l’affiche.

Votre dernier long playing en date, « The Evil Divide », est maintenant sorti depuis un peu plus d’un an. Quoi de neuf à l’horizon ?

Un an et demi pour être précis ! Concernant notre prochain LP, on en a en effet déjà discuté ensemble… On a bien quelques idées, mais encore rien de concret. On va sérieusement se remettre à l’ouvrage après les fêtes de fin d’année. Quoi qu’il en soit, c’est de toute façon prévu !

Comptez-vous composer des morceaux dans le style de ceux qui figurent sur votre précédent opus ?

Ah… c’est une question à laquelle il est toujours difficile de répondre… Quand on compose, on ne pense pas nécessairement à ce qu’on a fait auparavant. On souhaite simplement réaliser les meilleures chansons possibles. D’autant plus que quand on se met à écrire, on n’a jamais vraiment une vue d’ensemble au moment présent. Du moins, en ce qui me concerne. Ce n’est que lorsque le master est prêt, que je m’assieds, je l’écoute et peux enfin conclure : ‘Ah ouais, je vois enfin ce que ça donne maintenant…’ (il rigole). Je ne suis pas le compositeur principal, je possède donc encore moins cette vision globale. Il m’est donc quasi impossible de présager ce qu’on va produire… On va écrire et puis on verra bien !

Dan le processus d’écriture chez Death Angel, vous composez d’abord la musique ou les paroles ?

La musique ! Rob (NDR : Cavestany, le guitariste principal) est généralement le premier à composer, sur base de quelques-unes de ses idées ou un squelette du morceau qu’il a imaginé. On se voit ensuite, lui et moi. On en parle jusqu’au moment où on sent qu’on tient quelque chose de concret. On passe finalement à l’enregistrement et on envoie le tout à Mark (NDR : Oseguada, le chanteur de la formation). C’est à partir de cet instant que Mark commence à prendre son stylo et du papier et qu’il se lance dans l’écriture des lyrics… Il a toujours besoin de la musique au préalable. Il est incapable d’écrire sans support. Il doit ressentir les mélodies avant que les idées ne se mettent à germer.

Dans quel état d’esprit étiez-vous lorsque vous avez composé votre dernier long playing ?

C’est une bonne question ! Je pense qu’on souhaitait un résultat davantage Heavy et un peu plus mélodique. L’album précédent, « The Dream Calls for Blood » (NDR : paru en 2013), était vraiment très Thrash. On a bien sûr conservé cet aspect rentre-dedans au niveau de la rythmique, mais musicalement, la coloration est bien plus Heavy. Mais bon, on reste évidemment un groupe de Thrash. Mais quand tu écoutes une chanson comme « Father of Lies », surtout le début du morceau, tu ressens cette petite touche propre à Black Sabbath. Et de manière plus générale dans « Lost »… Tu sais, quand Rob a écrit ce titre, il pensait à l’ambiance si particulière qui règne en festival, quand tout le monde lève les bras et crie en même temps. Il voulait vraiment que ce morceau incite les festivaliers à chanter. Je pense que nous étions dans cet état d’esprit à ce moment-là : insuffler une ambiance de festival, tout en parsemant ça et là, la compo de quelques touches de Heavy.

Te souviens-tu du groupe ou du morceau qui t’a transmis le virus du Metal ?

(il prend le temps de réfléchir) Wow, ça remonte ! Je pense que c’était du Black Sabbath… mais la période au cours de laquelle Dio était au chant (NDR : à partir donc de 79). Je n’ai vraiment découvert les compositions impliquant Ozzy Osbourne que plus tard. Je pense que c’est à cette époque que j’ai flashé sur ce qu’était le son typiquement lourd du Metal. Je me souviens aussi de l’album « Mob Rules ». Sa pochette était vraiment terrifiante. En réfléchissant, c’est un des premiers skeuds de Metal que j’ai écouté…

Le 20 janvier prochain, vous vous produirez en compagnie d’autres bands pour une soirée caritative afin de venir en aide à Sean Killian, le vocaliste de Vio-Lence (NDR : atteint d’une cirrhose, récemment diagnostiquée, il est en attente d’une transplantation). Pour vous, la solidarité n’est pas un vain mot ?

En apprenant cette terrible nouvelle, quelques groupes de la Bay Area dont Exodus, Testament et évidemment le nôtre ont décidé d’organiser un show ensemble et d’y jouer, entre autres, quelques morceaux de Vio-Lence. Toutes les recettes de cette soirée seront destinées à Sean pour son traitement. On espère du peuple pour ce concert un peu particulier et que de généreux donateurs assistent au spectacle. Je pense aussi qu’entouré de tous ses amis issus de la Bay Area, ce soutien devrait lui apporter du réconfort. On va prendre du bon temps tous ensemble…

…et vous reproduirez ce même type d’action en fin d’année, à l’occasion de votre Xmas Show, les 15 et 16 décembre prochains, à San Francisco, afin de venir en aide aux victimes des incendies qui ont ravagé le nord de la Californie, en octobre dernier.

En effet, on a décidé de leur reverser une partie des revenus issus de la vente des tickets et du merchandising. On y vendra également quelques trucs sympas du groupe, dont notamment l’une ou l’autre guitare. On fera de notre mieux !

L’espace contigu de la backstage de Death Angel, environs 8m², commence à devenir un peu à l’étroit pour quatre personnes. En effet, au cours de l’interview, le batteur Will Caroll et le vocaliste Mark Oseguada nous ont rejoints dans la loge. Ce dernier, sort à peine de la douche et ne porte qu’un essuie de bains autour de la taille. Il est d’ailleurs occupé de se brosser les dents. Un cadre quelque peu surréaliste ! Il est temps que je quitte temporairement mes hôtes du jour, pour les retrouver une poignée de minutes plus tard, sur les planches…

Interview réalisée le dimanche 12 novembre, au Trix d’Anvers.

(Merci à Nuclear Blast d’avoir permis cette rencontre !)

Napalm Death

Un mec engagé à la tête d’un noisy fucking band…

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‘Napalm Death’ : deux mots qui claquent de manière brutale. Cependant, au fil de ces trente-cinq dernières années, ils se sont vus attribuer, dans le monde du Metal, le symbole d’un groupe reconnu, respecté et admiré par un grand nombre pour ses explorations sonores, le plus souvent au sein des marges les plus violentes, sous les étendards punk-hardcoriens du Grindcore. Un style musical dont les Britanniques sont par ailleurs considérés comme les pères fondateurs. Rencontre avec un des leurs, le vocaliste Mark ‘Barney’ Greenway, pour aborder l’actualité du band, mais également la facette engagée de l’artiste.

Quelques badauds sont adossés sur la devanture de la salle mythique bruxelloise du Magasin 4, en attendant que le hangar ouvre ses portes. Le tour manager m’invite à y pénétrer et me demande de patienter près du comptoir d’entrée. Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvre et, dans l’embrasure, apparaît Mark Greenway, mieux connu dans le milieu sous le pseudo de ‘Barney’. Et surtout, comme chanteur emblématique de Napalm Death, groupe de Grindcore qui impacte les esprits depuis plus de trois décennies. Il me fait signe de le rejoindre. J’entre donc à mon tour dans la pièce où sont installés, au centre, deux vieux canapés recouverts de couvertures. Le reste de la pièce est occupé par des lits ; certainement un endroit où se reposent les groupes avant de monter sur les planches. La lumière est plus que tamisée, mais petit à petit, je m’acclimate à la pénombre. Barney s’assied en face de votre serviteur. Il a presque la cinquantaine, mais en paraît 10 de moins. Il est vêtu d’un vieux t-shirt de couleur bleue et d’un pantalon noir. Ses cheveux sont quelque peu en désordre. Le genre de gars qu’on pourrait croiser en rue sans se retourner, et surtout sans jamais penser qu’il a tant influencé la scène musicale marquée du Triton.

Napalm Death appartient à cette catégorie de formations qui ne chôment pas ; il a ainsi publié dix-neuf elpees studio en trente-cinq ans d’existence. Le dernier en date, ‘Apex Predator – Easy Meat’, unanimement acclamé par la critique, est paru il y a un peu moins de deux ans. Les Britanniques auraient-ils quelque chose de neuf sous le coude à proposer ? « Non, mais on en parle… », explique Barney. « Encore rien de vraiment tangible : pas encore de répétitions ni de dates de studio. On en est juste au stade du bla bla ». Mais le nœud du problème, c’est surtout l’absence, depuis fin 2014, de Mitch Harris, le guitariste ? Il a pris ses distances pour des raisons familiales (NDR : depuis lors, il a été remplacé par celui de Corrupt Moral Altar, John Cooke). « Cette absence nous complique quand même l’existence » admet-il. « On ne sait pas encore vraiment comment on va résoudre le problème. On sait que les gens nous attendent, mais voilà… », poursuit-il, pensif.

Une absence, certes handicapante, mais qui n’en est pas encore à menacer la survie du combo. La recette miracle ? « Nous aimons toujours ce que nous faisons. Tout simplement ! C’est important, surtout après tant d’années. Je connais d’autres formations qui sont également sur la route depuis aussi longtemps, mais ne sont plus impliquées comme elles devraient l’être. Je ne veux absolument pas vivre une telle situation. J’aime vraiment ce projet. J’aime ce que nous abordons et l’autonomie que nous avons, progressivement, acquise… » Le quatuor serait donc prêt à rempiler pour les vingt prochaines années ? Cette question, l’artiste préfère ne pas se la poser et appréhender le futur en des termes plus courts. « Tu sais, chaque fois qu’on réalise un nouvel album, et surtout maintenant, c’est un peu comme si on arrivait à une fin. Pendant le processus d’écriture et d’enregistrement, on ne peut s’empêcher de penser que ce sera peut-être le dernier et qu’il doit donc nécessairement être le meilleur possible. Ce genre de questionnement peut faire peur, mais pour nous c’est le genre de truc qui nous motive », soutient Barney.

Mais ce n’est pas parce que la longévité de Napalm Death pourrait en faire pâlir plus d’un qu’il ne fréquente plus que les arènes et les stades. Loin de là. Le vocaliste reste à ce sujet très modeste : « Il n’a jamais été question de bétonner un plan de carrière et de miser uniquement sur de grosses dates. Notre motivation est dictée par ceux qui se bougent pour venir nous voir. Et peu importe si elles sont plus petites… » Il s’arrête, réfléchit, avant de reprendre : « Et puis, tu sais, je ne me fais pas d’illusion : Napalm Death a toujours été un noisy fucking band. Il faut être réaliste, on n’est absolument pas taillé pour jouer dans des amphithéâtres ! Je ne voudrais, au final, pas militer au sein d’un groupe plus grand… et qui finirait, d’une façon ou d’une autre, par disparaître dans l’espace de ses propres attentes… »

L’histoire de la musique a de plus déjà démontré que les stades n’étaient pas toujours remplis par les groupes les plus talentueux. Par contre, ce dont Napalm Death peut se targuer, c’est d’avoir acquis une solide notoriété dans le milieu ; ce dernier lui attribuant notamment la paternité du Grindcore. « C’est évidemment sympa à entendre », dit-il en souriant, « Mais ce n’est pas un compliment sur lequel on se repose. Si on veut rester bon, on doit continuer d’évoluer. Par exemple, en enregistrant des albums qui rencontrent nos aspirations. Mais tout en ne perdant pas de vue ce qui représente l’essence même du band. La musique de Napalm Death est avant tout du rentre-dedans très rapide. On a toujours refusé de se reposer uniquement sur notre réputation, on doit être proactif ! », explique-t-il avec entrain. Du rentre-dedans très rapide, quatre mots qui ne pourraient pas mieux coller au style de la formation. Mais quelle définition le parrain du Grind donne-t-il au mot ‘extrême’ ? « C’est large… très large ! Au niveau musical, ce terme peut se traduire par une volonté de ne pas se conformer, de ne pas rentrer dans les standards de la production. En règle générale, le monde de la musique dicte ce qui doit être ‘adéquat’, selon ses propres critères. Mais le spectre sonore est si important, si large, qu’il est nécessaire de pouvoir tout exploiter, en ce y compris les parties rarement explorées. Si lors de sessions, tu es derrière le desk et tu vois que ça crache… que ça crache délibérément… et que le producteur te dit : mais bon sang, qu’est ce que tu fous ?! C’est qu’on est dans le bon, c’est à ce moment-là que nous devenons extrêmes ! », raconte-t-il en rigolant.

Mais hormis la musique, Barney est également un personnage très engagé. Il n’est pas rare qu’il exprime ses opinions, que ce soit à propos de la misère rencontrée quotidiennement par les réfugiés, de la séparation indispensable entre l’Etat et les institutions religieuses, du droit des animaux ou encore à travers ses coups de gueule qui dénoncent l’occupation des territoires palestiniens. « Perso, j’estime que la politique, c’est d’abord comment se comporter en tant que femme ou homme et tenter de percevoir ce que fait actuellement l’humanité. Je grossis le trait, mais c’est aussi comprendre pourquoi un individu qui appartient à tel camp ou vit d’un côté ou l’autre de l’océan n’a plus le droit d’être appelé ‘être humain’. Même si je sais que c’est enraciné au plus profond de l’homme d’avoir un comportement exclusif », justifie-t-il, avant de poursuivre : « A mon humble avis, je suis seulement un être humain et j’essaie simplement de faire passer quelques idées. Après, tu peux évidemment me reprocher d’être de gauche ; mais c’est vrai, et j’ai un certain background. J’ai besoin d’exprimer ce que je pense. Si, au final, on veut rendre ce monde meilleur, il faudra faire beaucoup d’efforts. A commencer par des gens ordinaires comme toi et moi, pour comprendre et tout mettre en œuvre afin de développer l’égalité entre les individus, sauvegarder la dignité et le bonheur de chacune et chacun ».

C’est également dans cet état d’esprit que Barney, en 2015, avait écrit au Président indonésien, fan du groupe (!), afin de lui demander de gracier trois Anglais condamnés à mort pour détention de drogue. Une situation dont le chanteur se souvient particulièrement bien : « Auparavant j’étais engagé dans une organisation de défense des droits de l’homme, en Australie. C’est via cette association que j’ai été informé de la menace de mort qui pesait sur la tête de trois Britanniques. Or l’un d’eux était également fan de Napalm Death. En outre, le Président d’Indonésie apprécie également notre musique… Je lui ai donc fait savoir que j’étais un opposant convaincu à la peine capitale. Et puis, j’avais ouï dire qu’il était un dirigeant réfléchi ; ce qui n’a pas toujours été le cas là-bas… J’ai donc voulu débattre avec lui des raisons du maintien de la peine de mort ; ce qui, à mes yeux, a toujours plus ressemblé à un recul de civilisation qu’autre chose… » Et même si cette interpellation n’a finalement pas permis d’annuler leur condamnation à mort, le chanteur affiche un certain optimisme : « Au moins, pour le futur, mon intervention a permis une certaine ouverture. Ce n’était malheureusement pas la première fois que j’intervenais pour abolir cette sentence. Mais je tiendrai toujours le même discours : qu’elle émane d’un État ou de n’importe quelle autre organisation, personne n’a le droit d’envoyer quelqu’un à la mort ».

Ce déni de justice, ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de sources qui nourrissent continuellement les textes de Barney, chez Napalm Death. « Quand on lit nos lyrics, on pourrait parfois penser que nos paroles sont déprimantes. Mais c’est tout le contraire ! Ce qui est vraiment déprimant, c’est quand on retourne en arrière. Ce serait tellement facile de se dire : OK, je vis en Angleterre ; c’est un pays relativement calme où rien de grave ne se passe vraiment… Mais non ! Ce n’est pas ma vision des événements. » Barney met sa main sur mon épaule et se confie : « Par exemple, toi, je ne te vois pas comme un Belge, mais un être humain, en compagnie duquel je prends plaisir à parler. Pour moi, l’origine ou la nationalité sont loin d’être des facteurs prépondérants… Comme je milite au sein d’un groupe, mes idées peuvent bénéficier d’un certain écho… En fait, je me considère comme un internationaliste. »

Il s’arrête, sourit, et conclut : « Et puis, même si je ne participais pas une telle aventure, je pense que j’agirais de toute façon de la même manière ! »

(Interview réalisée à Bruxelles, au Magasin 4, le 25 septembre 2016).

Napalm Death

A bout pourtant !

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C’est au Magasin 4 que les amateurs de musique sauvage et impitoyable s’étaient rendez-vous, ce dimanche 25 septembre. Et pour cause, les fondateurs du Grindcore s’y produisaient, motivés à démontrer, une fois de plus, qu’ils n’avaient rien perdu de leur réputation de brûleurs de planches. Napalm Death ou une leçon de violence donnée par les maîtres du genre. Sensibles des oreilles, s’abstenir.

L’automne en est à ses premières timides offensives : la température accuse une poignée de degrés en moins et quelques flaques de pluie parsèment les trottoirs, non loin du canal de Bruxelles. Plus on s’approche du théâtre des opérations, plus on croise de métalleux. Pour la plupart, ils arborent des t-shirts à l’effigie de groupes dont les sonorités sont assimilées, par un public non averti, à un dérivé du bruit. En effet, en accueillant Napalm Death en ses lieux pour le moins alternatifs (et quel bonheur que de tels endroits puissent encore exister !), le Magasin 4 plonge la capitale sous les auspices virulents et bruts de décoffrage du Grindcore, cette branche incisive et féroce du Metal incarnant à elle seule un mix dévastateur immergé dans ce qu’il y a de plus violent au sein du Punk et du Hardcore. Alors que bon nombre d’individus siphonnent des bières et grillent des clopes, adossés au bâtiment, les plus intéressé(es) s’infiltrent néanmoins dans les brumes nicotinées de la salle de concert afin de jouir des premières déflagrations de la soirée. Mais avant tout, passage obligatoire par le stand merchandising, peut-être pour s’offrir un t-shirt emblématique du band vedette, mais surtout se procurer une sérigraphie de l’affiche de la soirée, une fois de plus réalisé de main de maître par Fabrice Lavollay (voir ici).

Il revient à Silence Means Death d’appuyer le premier sur la gâchette. Ce trio belge crache un crust-n-roll efficace qui n’est pas sans rappeler les premières heures de Motörhead. Rik, le chanteur, ne manque d’ailleurs pas d’ajuster son micro en hauteur, à la manière du toujours aussi regretté Lemmy Killmister. Une bonne dose d’une vingtaine de minutes de speed rock, crasseux comme il le faut, établissant les bases de ce que sera cette soirée : du vif, du rapide et sans la moindre fioriture.

Ce n’est pas de l’huile, mais bien un jerrycan d’essence qui est balancé dans le feu, dès l’arrivée du sextuor gantois, élégamment baptisé Matrak Attakk. Il faut connaître un peu l’espace scénique du Magasin 4 pour se rendre compte que concentrer six musiciens sur un espace aussi réduit relève de la prouesse ; du moins si ces derniers tiennent à ne pas se marcher dessus. Mais peu importe, l’exiguïté ne semble pas les déranger et le duo de vocalistes s’époumonent comme de beaux diables : Moshrat, torse nu, vocifère dans un registre de growls tandis que Crustina, tempes rasées, robe noire et soutien-gorge léopard, éructe sa hargne dans des tonalités particulièrement aiguës. La fosse commence sérieusement à s’énerver. On se bouscule. Quelques bières volent. Une proche du groupe passera même tout le set… topless. Ambiance ! Fidèle au Grindcore, les morceaux sont aussi ultra-violents qu’ultra-courts… tant et si bien que la formation ne consommera que vingt des quarante minutes prévues. Le set vient à peine de se terminer que le batteur escalade ses fûts par l’avant, atterrit sur le podium et se jette dans la fosse. Mais l’auditoire semble un peu pris de court ; si bien que le drummer n’est accueilli que par un sol maculé de bière. Un léger goût de trop peu et d’amertume...

Les musiciens de Napalm Death ont beau compter trente-cinq années d’expérience, ils réalisent eux-mêmes les derniers réglages de leurs instruments. Oubliez les entrées triomphantes et glorieuses, et même un quelconque backdrop, on est dans l’‘old school’ et on se la joue relax. Alors que beaucoup de combos se seraient contentés de respecter l’horaire imparti, les pères du Grindcore ne souhaitent pas faire attendre inutilement leur public et investissent l’estrade. L’impressionnant Shane Embury, t-shirt Kylesa et short Sick of It All de rigueur, agrippe sa basse et se plante derrière son pied de micro. Danny Herrera, quant à lui, plonge ses mains sur les côtés de la batterie, en ressort une paire de baguettes et commence à échauffer ses poignets. Derrière ses dreadlocks, le guitariste John Cooke, qui remplace Mitch Harris depuis 2015, opère les derniers réglages sur ses pédales d’effets. L’intro gutturale et mystique de « Apex Predator – Easy Meat », titre maître du dernier elpee, retentit à travers la salle. Shane Embury fait à son tour claquer ses cordes de basse et Barney Greenway, frontman charismatique du band, vêtu d’un t-shirt défendant la cause animale, débarque sur les planches, micro en main. « Instinct of Survival » embraie et la déclaration de guerre est prononcée. Les Anglais brouillent à nouveau les pistes en entamant leur set par ce morceau… issu de leur premier LP, qui remonte à 1987 ! Barney incarne directement son personnage, balançant frénétiquement les bras de droite à gauche, coudes fléchis et tournant en rond au milieu de la scène. Ses jambes s’envolent également de temps à autre, frappant des obstacles uniquement présents dans sa transe grindienne. Il se prend la tête en mains, agrippant fermement ses cheveux, comme transpercé de part en part par les rafales de blasts millimétrés, tirés par Danny Herrera. Barney hurle dans son micro comme un possédé, le corps tordu afin d’en extirper le plus de puissance possible. Son âme et sa voix ne font plus qu’un, expulsant sans aucune retenue toute sa hargne intérieure.

La salle est pleine et la température ne cesse d’augmenter. Les guerriers de la fosse se jettent virilement les uns sur les autres, les torses nus partageant généreusement leur transpiration en bousculant tout corps sur leur passage. Napalm Death enchaîne les morceaux les uns après les autres, allant piocher dans pas moins de dix albums de sa discographie. Un voyage dans les terres calcinées de la violence brute de décoffrage, où chacun des 23 morceaux interprétés ce soir était comparables à des décharges de chevrotine tirées à bout pourtant. « Scum », « Life ? », « You Suffer » (qui ne dure que… 5 secondes !) –issus de leur premier long playing « Scum »– ou encore « Suffer the Children », « On the Brink of Extinction » ainsi que « Greed Killing », alimentent la setlist. Alors que la chaleur ambiante tend déjà à pousser la foule dans un état second, « How the Years Condemn », issu du dernier opus, sans oublier la reprise des Dead Kennedys, « Nazi Punks Fuck Off », viennent brûler vives les dernières traces d’énergie qui subsistaient dans les corps. Plus le show progresse, plus l’ivresse des spectateurs devient intense et nombreux sont ceux qui prennent le risque de monter sur le podium pour directement se relancer dans le flot des metalheads, en espérant qu’une bonne âme vienne amortir leur chute.

Cette hystérie contribue à la canicule suffocante ambiante, ressentie jusque sur scène. ‘Excusez-nous les gars, mais on doit vraiment faire un break de quelques minutes et nous rafraîchir un peu’, explique Barney d’un accent ‘so british’, entre deux rafales. Le frontman n’a d’ailleurs pas manqué de s’adresser à la foule à de nombreuses reprises, rappelant des valeurs humanistes d’égalité, de justice sociale et de lutte contre les inégalités qui lui sont chères. Désormais rafraîchi (mais tout est relatif), le band aligne ses derniers morceaux, achevant les plus vaillants après une heure d’ébullition sans cesse sous tension. C’est sur « Smear Campaign » que Napalm Death lâche finalement son emprise sur son public, John Cooke manipulant les effets de sa pédale de distorsion afin de faire hurler sa gratte à l’agonie, se retournant ensuite vers les amplis à l’arrière, avant d’être rejoint par les autres musicos. Ils clôturent ensemble, côte à côte, ce périple au pays des marges. Si les Britanniques terminent leur spectacle trempés jusqu’aux os, ils nous ont carrément lessivés. Après plus de trois décennies passées à faire déferler sur les planches une énergie sans limite, les gars de Meriden ont démontré ce soir qu’ils étaient loin d’être essoufflés. Pire : du souffle, ils semblent en avoir encore une bonne dose en réserve.

(Organisation : Magasin 4)

Death & Vanilla

To where the wild things are…

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Issu de Malmö, en Suède, Death & Vanilla est un trio (NDR : au départ un duo) réunissant Marleen Nilsson, Anders Anders et Magnus Bodin. Et « To where the wild things are…” constitue son deuxième elpee. Rétro-baroque, sa musique oscille entre la dream pop, la lo fi, le psyché soft, le krautrock, l’électro et la musique de film. Des références ? Elle sont nombreuses et oscillent de Broadcast à Stereolab, en passant par Scott Walker, Steve Reich, Sun Ra, les Zombies, le Floyd circa Syd Barrett, Ennio Morricone, Slowdive, Mazzy Star et le Mercury Rev du début de ce millénaire. Les musicos se servent d’une multitude d’instruments, comme des moogs, de l’orgue (vintage), du mellotron, du vibraphone, du dulcimer, du xylophone, du piano, de la basse, des guitares (acoustique et électrique) et des synthés. La voix de Marleen est enjôleuse, éthérée, pour ne pas dire stratosphérique, parfois disposées en couches par le procédé de l’overdubbing, même si lors des sessions d’enregistrement, le band n’a eu recours qu’à un seul micro. Le climat de l’opus est à la fois paisible, languide, cotonneux et énigmatique. Douces-amères, les mélodies sont propices au spleen, sentiment accentué par des lyrics ténébreux, composés dans l’esprit d’un Nick Cave.

Partagé en 10 pistes, l’LP s’ouvre par l’incantatoire « Necessary distortions », un morceau imprimé sur un beat métronomique, tapissé par un clavier cosmique poussiéreux et parcouru d’accords de gratte en strates. Du krautrock réminiscent de Can. Un style qu’on retrouve sur « The Hidden reverse », mais élégiaque, mystique, spectral, il lorgne davantage vers Tangerine Dream. Et le long playing de s’achever par un instrumental, « Something unknown you need to know », une symphonie épique, cinématique, qui tourne en boucle, un peu comme une boîte à musique, quoique changeant, au fil du parcours de ritournelle. Le reste de l’elpee propose des compos frémissantes, alimentées par des oscillations sonores. Que ce soit à travers des berceuses, des plages pastorales, sombres, mystiques, hypnotiques ou visionnaires. Une invitation à laisser vagabonder votre esprit au gré des pistes tracées par Death & Vanilla…

 

Death Vessel

Island Intervals

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Joel Thiboteau, alias Death Vessel, est né à Berlin ; mais il a grandi sur la côte Est américaine. « Island Intervals » constitue son troisième album et son second signé sur le prestigieux label Sub Pop. On connaissait le goût de l’Américain d’adoption pour le folk ; par contre, on ignorait tout de son amour pour l’Islande.

Jamais l’île scandinave n’aura hanté à ce point un album (au titre évocateur) venu d’outre-Antlantique. Sa rencontre avec Jónsi, alors qu’il assurait la première partie de Sigur Ròs, semble avoir été déterminante. La musique de Death Vessel évoque les paysages paisibles islandais (du moins quand les volcans ne se réveillent pas). On n’est jamais très loin de la bande à Birgisson. A cause de la voix aigue de Joel Thiboteau. Ou de Mùm, lorsque l’électronique apparaît furtivement. En outre, à l’instar d’« Island Vapors », certaines plages s’enfoncent dans le lyrisme ; ce qui n’est pas sans rappeler d’autres formations islandaises. Dès lors, il n’est pas étonnant d’entendre la voix de Jónsi sur « Ilsa Drown » et de voir, derrière les manettes, le compagnon du Scandinave, Alex Somers.

Paisible et atmosphérique, « Island Intervals », constitue certainement, le plus islandais des albums germano-américains. 

 

Napalm Death

Quand le son est pourri, les oreilles trinquent…

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En 2014, le Magasin 4 fête ses 20 ans ! De 1994 à 2014, plus de 3 300 groupes différents s’y sont produits. Tout d’abord au 4, Rue du Magasin ; et ensuite au 51B, Avenue du Port. Il s'agit d'une aventure humaine et artistique de plusieurs vies. Tout aurait été impossible sans les nombreux bénévoles, artistes, groupes, organisateurs ainsi que tous ceux qui ont contribué de loin ou de près à l’aventure de ce lieu à l'atmosphère unique.

En débarquant à 18h15, le Magasin 4 est déjà blindé. C'est bien la première fois que je vois autant de monde dans cette salle. Peut-être l'effet ‘anniversaire’. Je me faufile parmi les spectateurs et y croise pas mal de monde issu d’outre-Quiévrain. Il fait chaud et même très chaud dans la fosse. Mr Marcaille ouvre les hostilités. Un français assez bien constitué, en slip noir. Il est armé d’un violoncelle et se sert de deux grosses caisses, à l’aide de ses pieds. Ce 'One Man band, c'est un peu le Rémy Bricka du death metal ! Il se démène, triture son instrument et frappe sur ses toms, en même temps. Mais le son est tellement exécrable, que par réflexe, j’enfonce mes bouchons dans les oreilles. Avant d’aller prendre l’air. Je tente à deux reprises de revenir sur mes pas. Mais rien à faire, je n’entends que du bruit, et je retourne à l’extérieur.

Place ensuite à Vorax Virosus, un combo belgo/français. Un trio guitare/basse/batterie, ma foi, fort classique. Le son n’est toujours pas meilleur, même filtré par mes boules-Quiès. Je décide donc de faire l'impasse. Sorry les gars, j’espère vous revoir dans de meilleures conditions. Un petit conseil quand même, prévoyez un ingé-son compétent…

C’est au tour de Visions Of War d’investir les planches. Issu du Nord du pays, il pratique du thrash/crustcore. Il est actif depuis 1996. Dès le soundcheck, les musicos réclament un meilleur son dans les retours de scène. Et réitèrent leurs sollicitations dès le début du set. Apparemment, il est aussi pourri sur l’estrade que dans la salle. Le chanteur a pourtant une très bonne voix et les autres membres du groupe se dépensent sans compter. Je tente de me réfugier derrière la table de mixage (où le son doit être bon). Mais peine perdue. La soirée est plus que mal embarquée. Vu les efforts opérés par le band, j’assiste à l’intégralité de leur prestation, mais un peu à contrecoeur…

J’espère cependant, en mon for intérieur, que les problèmes seront résolus pour la tête d’affiche. Il s’agit quand même de la formation insulaire Napalm Death. Eh bien non, rien n’a vraiment changé. La set list est généreuse et réunit 26 titres. Le public est toujours aussi conséquent, mais la déception peut se lire sur les visages. Le chanteur Mark ‘Barney’ Greenway est pourtant en forme et bouge pas mal. Il s'époumone et chante à tue-tête. Je me suis planté derrière la console, où normalement, le son est censé irréprochable. Pas du tout ! Je recule jusque la sortie. Ce n’est pas mieux ! A la moitié du set, je décide alors de jeter l’éponge et de vider les lieux. Il est très rare que je quitte un concert au beau milieu de son parcours. Mais vu les circonstances, ma décision était inévitable. Car finalement, j’ai passé une mauvaise soirée…

(Organisation : Le Magasin 4)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

Bass Drum of Death

Bass Drum of Death

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Des riffs de guitare crades et simplistes, un son qui semble émaner directement d’une cave et des morceaux dépassant rarement les trois minutes. Bass Drum of Death ne spécule pas et va à l’essentiel.

Originaire d’Oxford, dans le Mississippi, les chevelus de BdoD ont, depuis la sortie de leur dernier album, « GB City », signé sur le label californien Innovative Leisure, une écurie sur laquelle on retrouve notamment Allah-Las, Nosaj Thing ou encore Hanni El Khatib. Bonne nouvelle, cette signature n’a pas modifié la philosophie du trio. Leur rock-garage est toujours aussi primaire, intuitif et efficace. Pas la peine de voir plus loin que les formats couplet/refrain pour faire notre (votre ?) bonheur. Dans un style qui oscille de King Tuff à Ty Seagal en passant par Wavves.

Certes John Barret et son groupe n’ont rien inventé, mais quel sacré plaisir d’écouter une musique qui n’a pour seul but que d’être jouissive, rien de plus.

 

O’Death

Outside

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En 2009, un cancer des os a été détecté chez le drummer David Rogers-Berry (NDR : pas la première épreuve pour le gars, puisqu’il a perdu sa fiancée, victime d’une rupture d’anévrisme, en 2007). Il a donc dû suivre une chimiothérapie. Qui à premier abord semble avoir porté ses fruits, puisqu’il est reparti en tournée avec ses potes, et puis a participé à l’enregistrement du troisième album du groupe, « Outside ». Ce qui explique sans doute, les thèmes développés tout au long de cet opus. Reflétés par les titres des compos (« Ghost Head », « Black Dress », «  Don't Come Back », etc.) Encore que si le climat est plutôt sombre, la mort est une source de motivation. Greg Jamie, le chanteur/guitariste a d’ailleurs déclaré ‘Nous ne sommes pas ici pour longtemps ; et nous ferions mieux de faire quelque chose de notre vie, de la manière la plus intense possible’. C’est dans cet état d’esprit que la formation monte sur les planches, lors d’un set susceptible de s’achever dans l’anarchie la plus totale. Mais en studio, les morceaux sont nettement plus élaborés, soignés aussi ; et lorsqu’ils dérapent dans le chaos, ils se révèlent bien plus organisés qu’ils ne laissent supposer (« lamar »).

Leur folk teinté de bluegrass et d’americana, qui doit autant à Sixteen Horsepower qu’à Tom Waits, n’est jamais minimaliste. Banjo, violon, ukulélé, guitare sèche, basse, drums et percus en tous genres alimentent leurs compos. Et sur « Outside », le band a décidé de s’ouvrir à de nouvelles références. Dont la musique balkanique ainsi que le klezmer (NDR : sans oublier qu’en ‘live’, leur expression sonore flirte également parfois avec le métal). Enfin, en final, sur l’étrange « The lake departed », on retrouve cet esprit vaudou, appalachien, peut-être hanté par Screamin’ Jay Hawkins, lors d’une marche funèbre qui se mue en carnaval gothique.  

 

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