L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

logo_musiczine

La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (59 Items)

Bonny Light Horseman

Un double album pour Bonny Light Horseman

Écrit par

Le troisième opus de Bonny Light Horseman paraîtra ce 7 juin 2024. Il sera double et s’intitulera « Keep Me on Your Mind/See You Free ». Ce long playing aborde pour thèmes, l'amour et la perte, l'espoir et le chagrin, la communauté et la famille, le changement et le temps. Ces thématiques imprègnent l'œuvre la plus vulnérable et la plus généreuse de Bonny Light Horseman à ce jour.

En attendant le trio a sorti deux singles sous forme de clips, « I Know You Know » et « When I was younger ».

Sur ces vidéos Anaïs Mitchell, Eric D. Johnson et Josh Kaufman démontrent leur art à torcher des harmonies toujours aussi pénétrantes et à associer la dévastation émotionnelle à une sensibilité pop.

Bonny Light Horseman

L’esprit libre de Bonny Light Horseman…

Écrit par

Bonny Light Horseman, le trio composé d'Anaïs Mitchell, d’Eric D. Johnson et de Josh Kaufman, annonce aujourd’hui la sortie de son troisième elpee – un double ! – « Keep Me on Your Mind/See You Free », prévu ce 7 juin 2024. Ils partagent pour l’occasion le single « I Know You Know » accompagné de la toute première vidéo du groupe. Ancrée par les harmonies toujours pénétrantes de Mitchell et Johnson, la chanson démontre la faculté du groupe à pouvoir associer la dévastation émotionnelle à une sensibilité pop, car ses doux arrangements et son refrain digne d’un hymne démentent son refrain dévastateur.

Ce clip est à découvrir ici

« I Know You Know » fait suite au cathartique » When I Was Younger », single sorti en février, autre titre de ce prochain opus, qui avait alors attiré l'attention de nombreux médias. Le groupe entamera en juin une tournée américaine.

« Keep Me on Your Mind/See You Free » constitue une ode au désordre béni de notre humanité. Serein et généreux, il s'agit d'une offrande sans fard qui met chaque sentiment et chacun de nos défauts supposés au grand jour. Les thèmes abordés y sont très nombreux et encore plus importants. L'amour et la perte, l'espoir et le chagrin, la communauté et la famille, le changement et le temps imprègnent l'œuvre la plus vulnérable et la plus généreuse de Bonny Light Horseman commise à ce jour. Pourtant, malgré tous ses aspects humanistes, « Keep Me on Your Mind/See You Free » a été forgé à partir d'une sorte de magie inexplicable.

Tout au long de ce long playing, Bonny Light Horseman nous présente un sens distinct de la grâce, et nous rappelle que la vie est mieux vécue

DEMAGO

Le camarade X de DEMAGO

Écrit par

Le binôme parisien DEMAGO s’est fait connaitre en 2008, grâce à la sortie de son elpee « Hôpital », dont plusieurs titres (« Hey doc », « Respirez » …) sont diffusés sur les ondes. Un deuxième opus, « BatTement », voit le jour en 2019, et marque le retour d’un groupe qui a multiplié les expériences et les collaborations.

Entretemps, la formation a répondu à l’invitation de Radio France pour mettre en place une série de concerts-événements accompagnés par l’orchestre philharmonique de Radio France à la salle Pleyel pour réinterpréter l’œuvre de Moussorgski en version rock. 3 concerts seront diffusés sur France Musique et un documentaire retraçant la rencontre choc du rock et du classique sera programmé sur France 2.

Aujourd’hui, DEMAGO revient sur le devant de la scène en publiant « Camarade X », un nouvel opus coup de poing. Porté par l’interprétation hypersensible et écorchée de Maün, le rock façon DEMAGO se conjugue au présent et au passé, grâce à un son qui vient puiser son influence dans les années 90 (Nirvana, System of a Down), électrisé par les guitares de Bleach, à coups de riffs mélodiques et ravageurs.

Les textes en français dissèquent la société au scalpel, refusant toute concession au chevet d’un réel malade et indigeste. De la société de surveillance au transhumanisme, de la difficulté à vivre sa vie à l’omnipotence de l’argent roi, DEMAGO s’illustre par une écriture au laser, un témoignage unique sur l’émergence d’un monde fragmenté.

Mixé au Vamacara Studio par H.K Krauss (DAGOBA, Les tambours du Bronx ou encore Black Bomb A), le son de « Camarade X » s’avère brutal et corrosif.

Accompagné par Albator, le corsaire sauvage à la batterie, et Hacen, le grand frère érudit à la basse, le groupe prend sur scène une dimension sauvage et intrigante.

Demago ? Décalé, différent, assurément.

Le clip de « Jim » est à découvrir ici

 

Antoine Wielemans

Fin d'été (single)

Écrit par

Après la sortie de ses deux premiers titres, « Sel » et « De l’or », Antoine Wielemans sort son troisième single « Fin d’été ». Ces deux compos figurent sur son premier opus, "Vattetot".

Après avoir gravé cinq albums en compagnie du groupe Girls in Hawaï, entre 2003 et 2017, comme chanteur et guitariste, il a décidé de se lancer dans la chanson française.

« Fin d’été » constitue une ode à l’instant, à l’expérience de la simplicité. La joie de se baigner dans son plus simple appareil, dans l’eau fraîche d’un ruisseau, à la chaleur de la saison chaude. En allant plus loin, on perçoit une dichotomie sombre de quelqu’un qui préfère se contenter de cet état, de peur d’aller de l’avant.

Ce texte poétique baigne dans une atmosphère douce et apaisante. Une guitare acoustique en picking, des chœurs, des nappes de synthé, la trompette de Thibaud Vanhooland (alias Voyou) et une boîte à rythme pour les percussions.

‘C’est l’une de mes chansons préférées du disque. Ce rapport à la nature où tu te balades sous un soleil d’été torse nu, en short et en tongs. Tu te vautres dans l’herbe ou tu te baignes dans une rivière. Sans oublier la micro déprime de fin d’été que tu vas rapidement surmonter. C’est le spleen de septembre en sachant que l’hiver est déjà à notre porte. Avec Girls In Hawaii, on tourne beaucoup en automne et en hiver ; ce n’est pas accidentel. J’adore chiller, glander à la maison, lire, chipoter à deux ou trois trucs, voyager. Dès que j’ai moins de temps, que je me sens un peu enfermé dans des contraintes, je me rends compte que je suis très stressé.’

Le clip décrit bien cet état de bonheur dans lequel on goûte avec lui au vent sucré de l’été par le plaisir du voyage.

Et si nous l’aidions à traverser le pont ?

Pour visionner son clip, c’est ici

Méthode chanson

 


 

Antoine Wielemans

Vattetot

Écrit par

Après avoir gravé cinq albums en compagnie du groupe Girls in Hawaï, entre 2003 et 2017, Antoine Wielemans, le chanteur et guitariste, a décidé de se lancer dans la chanson française. Il vient ainsi de sortir son premier elpee solo, « Vattetot ».

Pari réussi pour ce premier opus d’une douceur mélancolique et envoûtante.

On reconnait son style pop rock, mélange d’instruments acoustiques et des percussions de boîtes et autres nappes électroniques. Sa voix, à la limite du parler, laisse une belle place à la mélodie très travaillée.

Il reprend des thèmes tels que l’obsolescence programmée d’IKEA, la mort d’un être cher allégée par la présence de son chien Bernie, la grasse matinée après une bonne soirée bruxelloise, la dépendance aux réseaux sociaux, les actes manqués, la fragilité de la vie et la déprime, le spleen de la fin d’été ainsi que la magie de la nuit.

‘« Vattetot » évoque les doutes et les interrogations d’un homme de 42 ans dans une société de plus en plus ballotée, divisée et insécurisante sans sombrer dans le misérabilisme.’

Un LP à écouter lors d’un concert aux accents intimistes, en boucle au coin du feu ou dans sa voiture pour aller, pourquoi pas, à Vattetot-sur-Mer.

En concert le 4 février 2022, au Botanique, à Bruxelles.

Méthode Chanson

 


 

Bonny Light Horseman

Bonny Light Horseman

Écrit par

Eric D.Johnson, Anaïs Mitchell et Josh Kaufman. Ces trois noms ne vous disent certainement pas grand-chose. Pourtant, de l’autre côté de l’Atlantique, Bonny Light Horseman est considéré comme un ‘supergroupe’. Il est vrai qu’en cherchant un peu on se rend compte que les musiciens ont un sacré background. E. Johnson est le leader de la formation indie-folk Fruit Bats. Il a notamment collaboré avec The Shins, Vetiver ou encore Califone. J. Kaufman a participé à des sessions d’enregistrement pour Josh Ritter, The National et War on Drugs. Enfin, A. Mitchell est une songwritrice de folk/country dont le nom est parfois cité aux côtés de Bob Dylan, Leonard Cohen ou Gillian Welch (rien que ça !!!).

C’est à l’occasion d’une invitation lancée, au sein d’une résidence d’artistes, à Berlin, par Justin Vernon (Bon Iver) et d’Aaron Dressner (The National), que les trois musiciens décident de travailler ensemble. C’est d’ailleurs sur leur label 37d03d que cet album est paru. Outre l’un des frangins Dressner et Justin Vernon, Lisa Hannigan et Kate Stables au banjo (This Is The Kit) figurent également parmi les nombreux invités.

Sans surprise, cet elpee baigne dans le folk et la country. Un disque réunissant essentiellement des reprises de classiques du style, de morceaux qui figurent dans le répertoire de Fruit Bats et de titres méconnus. Et si à premier abord, cette musique semble simple, lorsqu’on s’y attarde, on se rend compte qu’elle est bien plus complexe et subtile qu’on ne pouvait l’imaginer. Mais ce qui séduit le plus, ce sont les splendides harmonies vocales et la voix vibrante d’Anaïs Mitchell. Et le titre maître éponyme, « The Roving » ou encore « Bright Morning Star » chanté a cappella, en compagnie de Justin Vernon, en sont les plus belles illustrations.

Dans l’univers du folk, cet opus est certainement un des meilleurs de l’année 2020. Espérons que le projet perdure et que le trio nous réserve encore des compos de cette qualité…

Deflore + Jaz Coleman

Party in the chaos (Ep)

Écrit par

Lors d’un concert de Kiling Joke en Italie, le duo transalpin Delfore se produisait en supporting act. Séduit par le set de Christian Ceccarelli et Emiliano Di Lodovico, Jaz Coleman a alors envisagé une collaboration. Qui s’est donc soldée par la sortie de cet Ep, « Deflore in the chaos ». Découpé en trois pistes, ce disque nous réserve un morceau instrumental de plus de 8 minutes intitulé « Sunset in the West », une plage cinématographique, qu’on pourrait situer à la croisée des chemins de la B.O. d’‘Orange mécanique’ et des débuts d’Orbital. Tramée sur une mélodie jouée au piano, elle alterne passages atmosphériques et sonorités de guitares thrash, voire indus. Des riffs qu’on retrouve sur le titre maître ainsi que « Transhuman world ». Sur le premier, la voix de Coleman plane au-dessus de l’expression sonore mêlant synthés, piano, basse, batterie et guitare électrique, une compo hypnotique qui libère un fameux groove. Menaçant, tribal et mystique, le second se distingue par le vocal syncopé et incantatoire de Jaz. Finalement deux morceaux qui auraient bien pu figurer sur l’album « Pandemonium » de Killing Joke. Excellent !

The Cinematic Orchestra

To believe

Écrit par

Manifestement, de nombreux groupes ont décidé de sortir un nouvel album, après plus de 10 ans d’absence. Et c’est le cas pour The Cinematic Orchestra, dont le dernier opus, « Ma fleur », date de 2007. Bien sûr, il a quand même publié des B.O. de films et des enregistrements immortalisés ‘live’. Mais pas d’elpee studio. Et puis, le band n’est pas très prolifique, puisque « To believe » ne constitue que son quatrième LP studio.

Au fil du temps, Jason Swinscoe s’entoure de plus en plus de collaborateurs pour mener son projet. Il y a bien sûr son backing group, dont Dominic Smith est quasiment devenu un membre à part entière, y partageant l’essentiel des compos ; mais, au fil du temps, il faut reconnaître que la liste des invités s’allonge. Et elle est particulièrement longue sur cet opus. On y retrouve ainsi de nombreux artistes de soul et de hip hop contemporains, comme les chanteurs Moses Summey, Roots Manuva, Heidi Vogel, Grey Reverend ou Tawiah, mais également le multi-instrumentiste Miguel Atwood Summey (NDR : ici préposé aux cordes) ainsi que le claviériste Dennis Hamm, deux artistes qui ont notamment bossé en compagnie de Flying Lotus et Thundercat.

Découpé en 7 plages, cet Lp baigne au sein d’une musique vaporeuse, propice à l’imaginaire, une expression sonore où se mêlent nu-jazz, hip hop, prog, musique de film et électronique.

Le disque s’ouvre par le titre maître, une compo incrustée de cordes sur laquelle glisse langoureusement la voix de Moses Summey. Toots Manuva pose son flow sur le plus ambient « A caged bird / Imitations of life », une plage qui arait pu figurer au répertoire de Massive Attack. Toujours aussi atmosphérique, mais dans l’esprit de Tortoise, « Lessons » vogue au gré des flux et reflux de l’instrumentation (NDR : pas de vocaux sur ce titre), Luke Flowers imprimant un rythme du chemin de fer particulièrement impressionnant sur ses fûts. La mer devient houleuse au fil de « The workers of art », une piste ténébreuse, tourmentée par des soubresauts de claviers et enrichie de cordes à mi-parcours. Des arrangements de cordes signés Miguel Ferguson, sur « A promise », un morceau chanté par la fidèle Heidi Vogel ; une conclusion de 11’ qui prend son envol en mode électronique avant de monter en crescendo.

Enfin, en quête de vérité, l’œuvre remet en cause nos convictions dans un monde où la communication est gangrénée par les fake news et la société corrompue par la politique ainsi que la finance, mais en même temps nous invite à prendre une pause et à savourer le moment présent… en écoutant, par exemple, cet album…

The Cinematic Orchestra

Un retour en demi-teinte…

Ce soir, The Cinematic Orchestra est de retour en Belgique ; et plus précisément à l’Ancienne Belgique. Les fans se sont déplacés en masse pour assister au concert du projet de l'Anglais Jason Swinscoe. Le show est donc sold out. Etrange, quand on sait qu’à ce jour, le groupe n’a publié que trois albums studio depuis sa formation en 1999 : « Motion » (’99), « Every Day » (’02) et « Ma Fleure » (’07). Ce qui n’a pas empêché sa discographie de largement s’étoffer au fil du temps, et notamment grâce à la réalisation de musiques de films, en l’occurrence celles de « Man With A Movie Camera » ainsi que la BO d’un Disney ; sans oublier l’immortalisation d’une prestation en public traduite par « Live At The Royal Albert Hall ». Le nouvel album, « Believe », sort dans quelques jours et c'est peu dire qu'il est très attendu.

Dès 21 heures, on est doublement heureux lorsque les musiciens grimpent sur le podium, car la musique proposée entre les premières parties et TCO, se résume à une sorte de trip-dub-step stridente, bruyante et, avouons-le carrément horripilante.

On oublie bien vite ce casse-oreilles, car la formation que tout le monde attend entame idéalement son set par "Man With A Camera Camera". Jason Swinscoe est, comme d’habitude, planté sur la droite de l’estrade, derrière ses machines, dans la position du chef d'orchestre. Il est soutenu par un groupe complet réunissant un bassiste, saxophoniste, guitariste et claviériste. Pas de cordes mais c'est compréhensible vu que les extraits du nouvel opus indiquent une direction moins orchestrale et plus rock/nu-jazz/trip-hop.

Frida Touray débarque pour chanter "Wait For Now / Leave The World", une nouvelle compo qu’elle parvient à illuminer d’une voix chaleureuse aux accents soul. D’ailleurs, dans la salle, l'émotion est palpable. Mais quand elle revient un peu plus tard pour "Zero One / The Fantasy", elle se révèle bien moins convaincante. Le morceau est trop long et manque cruellement de passion et de tension.

Place, ensuite, aux plages instrumentales de l'Orchestra. "Saxloop" est, comme son nom l'indique, constitué de loops élaborés par le saxophoniste, Tom Chant, mais le titre vire trop vite à l'improvisation 'free' bruitiste. "Familiar Ground" est le seul track issu de l’elpee "Ma Fleur". En fait, la set list néglige un peu trop le répertoire mieux connu du band, à l’instar de "To Build A Home". Ce qui provoque une déception légitime au sein de l’auditoire. Heureusement, la formation a le bon goût de nous réserver "A Promise" et, pour clore le set, "All That You Give". Que du bonheur !

Bref, si on est heureux d'avoir pu revoir The Cinematic Orchestra, un peu comme quand on retrouve un vieil ami, honnêtement il faut reconnaître que la prestation a laissé un goût de trop peu. A la décharge du combo, il s'agissait là du premier concert de la tournée. Nul doute que le show s'améliorera au fil des représentations.

En lever de rideau, on a pu apprécier les prestations de PBDY et Salami Rose Joe Louis, tous deux originaires de Californie. PBDY (Paul Preston), le DJ, producteur et fondateur du label TAR (Michelle Blades, Jimi Nxir, Cakedog), a proposé une trip-hip-hop de qualité et Salami Rose Joe Louis (Lindsey Olsen) nous a plongé dans une ambiance lo-fi touchante mais un peu trop monocorde…

Setlist TCO: Man With A Movie Camera, Wait For Now, Leave The World, Channel 1 Suite, Zero One, The Fantasy, Flite, Sax Loop, Familiar Ground, A Promise, All That You Give

(Organisation : Ancienne Belgique, Bruxelles)

 

The Cinematic Orchestra

Rarement jazz et électronique n'auront fait si bon ménage...

Avant toute chose, précisons que l’ABBOX n’est pas une nouvelle salle de l’AB. Ou presque : il s’agit en fait de la grande salle, avec une configuration légèrement modifiée (des voiles rouges cachent les balcons, avec des loupiotes et des lampadaires pour tamiser l’ambiance). Sympa et tout confort, l’ABBOX donne l’impression au spectateur d’être dans une grande chambre capitonnée, les oreilles bien au chaud et l’esprit apaisé par ces cascades de voiles à la couleur utérine. Hum… Sûr que les p’tit gars de l’AB sont des feng shuistes en herbe, en tout cas ça fait plaisir de regarder des artistes dans ces conditions. Surtout quand il s’agit de groupes de la trempe de Cinematic Orchestra, dont le dernier album « Everyday », est une petite perle. Oubliez la lounge et ses Saint-Germain en mocassins : le « nu-jazz » a trouvé son véritable ambassadeur en la personne de Jason Swinscoe, l’homme qui se cache derrière Cinematic Orchestra. Rarement jazz et électronique n’auront fait si bon ménage depuis les derniers albums de Truffaz, de Jazzanova et de Nils Petter Molvaer. En live, cela donne de longues improvisations à partir du canevas de l’album, sauf en ce qui concerne les morceaux chantés par Fontella Bass, assez proches des originaux. Autrement dit, ce concert valait surtout pour les instrumentaux, pleins de surprises et de virages en épingle : c’est alors que les membres du groupe semblaient prendre le plus de plaisir, et nous avec. Parmi ces moments de pure poésie, « Man With The Movie Camera » mit tout le monde d’accord (splendide), et Cinematic Orchestra de récolter une ovation bien méritée. Voilà bien un groupe qui nous change des compiles du Buddha Bar. Et rien que pour ça, il faudrait lui ériger une statue.

EMA

Exile in the outer ring

Écrit par

Avant d’entamer une carrière en solitaire, Erika M. Anderson a milité chez Amps for Christ et Gowns, groupe en compagnie duquel elle a enregistré « Little Sketches on Tape », en 2010. « Exile in the outer ring » constitue son troisième opus solo. Il fait suite à « Past Life Martyred Saints », paru en 2011 et de « The Future’s Void », gravé en 2014. Et avant de publier ce nouvel LP, elle avait réalisé la bande originale d’un film d’épouvante, c’est-à-dire en 2015.

Electro/folk expérimental, la musique d’EMA intègre régulièrement des éléments de drone et de noisy. Pour y parvenir, elle se sert d’une boîte à rythmes, de synthés, d’une guitare, d’une basse et sans doute d’autres machines notamment responsables de samplings. Son expression sonore est destinée à véhiculer des textes sociopolitiques particulièrement engagés mais sombres. Comme les problèmes rencontrés par la population urbaine aux States. Les titres sont suffisamment évocateurs : la berceuse « I wanna destroy », la ritournelle « Blood and chalk », l’hymne « Always bleeds » ainsi que les electro indus « Fire water Air LSD » et « 33 Nihilistic and female », deux pistes abordées dans l’esprit de Ministry, Nine Inch Nails voire Marilyn Manson. Des morceaux qu’Erika chante d’une voix légèrement acide, un peu à la manière de Siouxsie Sioux. Et pour résumer le tout, l’opus s’achève par un titre de circonstance : « When the darkness began », raconté en spoken word.

 

Mac DeMarco

En marche vers la gloire…

Écrit par

Il y a un peu plus de 3 ans, Mac DeMarco se produisait au Witloof Bar du Botanique. Il n’y avait qu’une trentaine de personnes, y compris votre serviteur, dans la salle. L’artiste avait accordé son set en solo, uniquement armé de sa gratte semi-acoustique. Assis, au milieu de l’auditoire. Un moment véritablement magique. Il revient ce soir dans la capitale, mais à l’Ancienne Belgique, en compagnie d’un groupe électrique, et le concert est soldout.

Le supporting act est assuré par Montero, un Australien établi en Grèce. Il et flanqué d’un backing group. Tour à tour un sextuor ou un septuor, dont trois guitaristes, un drummer, un claviériste et deux préposés aux cuivres et flûtes traversières.

Pop, élégante, subtilement psyché, la musique proposée nous replonge dans les 60’s et même les seventies. Et on ne peut s’empêcher de penser aux Beatles. A cause du soin apporté aux harmonies vocales. Mais aussi à Pond, une autre formation aussie pour laquelle Montero avait réalisé l’illustration de la pochette de l’album « Man It Feels Like Space Again ». Faut dire que l’artiste est devenu notoire pour son graphisme surréaliste…

Mac s’est installé depuis peu à Los Angeles. Agé de 27 balais, il vient de graver son nouvel opus studio, « This old dog », un disque pour lequel il a joué à l’homme-orchestre ; depuis la batterie à l’harmonica, en passant par sa célèbre gratte déglinguée qu’il avait achetée pour une poignée de dollars, mais qui sonne comme aucune autre.

Le show commence à 20h15 précise. Une intro présente chaque musico de manière humoristique. « On The Level », un des singles de son dernier long playing, ouvre le bal. La scène baigne dans les teintes bleues. Mac a revêtu un tee-shirt de couleur orange et est coiffé d’une casquette retournée. Extraits de « 2 », « Ode To Viceroy » et « Freaking Out The Neighborhood » incitent la foule à danser. La version acoustique de l’indolent « My Kind Of Woman » est splendide.

L’auditoire reprend régulièrement les chansons en chœur, qu’il connaît… par cœur… Le natif de Duncan est particulièrement interactif. Sa voix est douce et bouleversante. Le concert va alterner titres énergiques, explosifs même et morceaux plus lounge voire jazzyfiants. Mais la fosse est réceptive à l’ensemble de son répertoire, et ovationne régulièrement la bande au Canadien. En fin de set, il prend la place de son drummer, qui en profite pour avancer en première ligne, afin de livrer une version plutôt burnée du « Californication » de Red Hot Chili Peppers. Manifestement, la route du succès est toute tracée pour Mac DeMarco

(Organisation : AB + Live Nation)

 

Jon Zeeman

Blue room

Écrit par

Jon Zeeman est issu du sud des Etats-Unis, et plus précisément de l'état du soleil, la Floride. Il pratique une forme de blues/rock. Il a contribué aux débuts de l’aventure de Freight Train, le band du regretté Derek Trucks (NDR : membre originel des Allman Brothers Band, il est décédé en janvier dernier), drummer qui a participé à l’enregistrement de deux plages. Jon comptait déjà trois albums à son actif, dont le dernier, 'Down on my luck", est paru en 2013. Il signe ici huit plages ; les deux autres sont des reprises. Il est épaulé par ses musiciens, une section rythmique et deux claviéristes qui doublent aux percussions!

"All I want is you" (NDR : auquel coopère Trucks) est un blues enlevé, théâtre d'un rapide envol des cordes, poursuivi par l'orgue. Un bon démarrage! "Hold on" baigne au sein d’un climat sudiste fiévreux et cool. Limitée, la voix de Zeeman colle bien à cette plage qui ne manque pas de charme. Le refrain est repris en chœur et la guitare prend un billet de sortie glorieux. Signé Robert Johnson, "Love in vain" avait été repris remarquablement par les Rolling Stones, en 1969 ; un morceau qui figure sur l’elpee "Let it bleed". La nouvelle version est particulièrement réussie. Les interventions au piano et à l’orgue sont délicats, celles de la gratte du leader, assez poignante. Shuffle bien ficelé, "Next to you" favorise de nouvelles envolées des solistes, dont celles de Derek Trucks. Encore une autre cover, le "Still rainin' still dreamin'" de Jimi Hendrix (NDR : la plage figurait sur le long playing "Electric Ladyland"). Les sonorités adoptent un profil légèrement jazzyfiant. La guitare se révèle volontiers taquine, face au traitement imposé par les claviers que se réservent Bob Taylor et Tom Regis. Zeeman affiche sa technique, face à ces ivoires, tout au long du blues lent de circonstance, "If I could make you love me". "All alone" lorgne vers un Chicago blues aux accents exotiques. Une approche chère à Otis Rush. Mais mélodieuse, la piste est cuisinée à la sauce JZ, s’illustrant par de nouveaux échanges heureux entre les cordes et les claviers. Curieux, mais le titre maître se résume à un court interlude de guitare classique amplifiée, de moins d'une minute. Chaleureux, cet LP s’achève par "Nothin' in the world", un titre qui colle parfaitement à l’ambiance générale de cette œuvre...

 

Lucas Haneman

Tearing up the rails

Écrit par

Le Lucas Haneman Express est un quartet issu d’Ottawa, au Canada. Fondé en 2014, il est drivé par le chanteur/guitariste Lucas Haneman. Et est soutenu par le drummer Jeff Asselin, le bassiste Martin Newman et la chanteuse Megane Laurence. Le combo a remporté l’Ottawa Blues Challenge, en 2015. "Tearing up the rails" réunit quinze plages, dont treize sont signées par la formation. Outre trois morceaux enregistrés au célèbre studio Sun à Memphis, le reste a été mis en boîte dans la capitale du pays à la feuille d’érable.

"The verdict" est une excellente entrée en matière. Le rythme véhicule des accents sudistes. Et plus exactement issus des bayous de la Louisiane. Captivante, cette plage bénéficie de la participation du redoutable harmoniciste de Monkeyjunk, Steve Marriner. La guitare imprime un tempo bien nerveux à "Give me life", un piste au cours de laquelle, invité, Jesse Whiteley (24th Street Wailers) siège derrière l’orgue. "Calling the blame" adopte un profil roots. La voix de Lucas est épaulée par celle de Megan. Le leader s’autorise deux sorties successives aux cordes. La première est hantée par Mark Knopfler. La seconde se révèle bien plus aventureuse. Steve Marriner introduit à l’harmo "Run to you", un blues lent au cours duquel Lucas se déchaîne sur ses cordes. Il les ravage même en écrasant ses pédales. Enregistré dans les studios Sun de Memphis, "Blind man’s blues" est un blues/rock solide et classique, inspiré par l’école de Chicago. Haneman en profite pour prendre un nouveau billet de sortie. Une formule également adoptée sur "Firestorm", une plage chantée par Megan Laurence. Imprimé sur un mid tempo, "That’s the truth" a également été mis en boîte à Memphis. Lucas se consacre au micro lors du premier couplet. Megan, le suivant. Avant de conjuguer leurs voix. Haneman signe alors l’une de ses plus brillantes sorties sur les cordes. Elles montent en puissance, avant le déchaînement ultime. La cover du "Magic Carpet ride" de Steppenwolf est suprenante. Ce vieux succès remonte en 1968. Il a subi un traitement accéléré, énergique, proche du punk. Lucas se libère. Devenue impétueuse, sa gratte est au bord du délire. Intéressant, cet LP s’achève par "Working Band", une compo qui baigne au sein d’une atmosphère débridée. Préposé aux claviers, Jesse Whiteley semble réincarné par Jon Lord, à l’époque où il opérait des échanges avec Richie Blackmore, chez le Deep Purple ; c’est-à-dire, au cours des seventies…

 

Anderson, Rabin & Wakeman

Dites Yes, mais surtout ne le répétez à personne…

C'est un véritable évènement auquel nous assistons, ce soir, au Cirque Royal : le retour de Yes, la formation légendaire de rock progressif, dans un line up inédit, puisqu’il réunit Jon Anderson, le chanteur et fondateur, Rick Wakeman, le claviériste le plus important dans l'histoire du groupe ainsi que Trevor Rabin, le guitariste du combo, de 82 à 94. Pour de sombres raisons de droits, le trio ne peut pas utiliser le nom de 'Yes' ; donc il se produit sous l’appellation ‘Anderson, Rabin & Wakeman (ARW)'. Cette 'trinité' est complétée par Lee Pomeroy, à la basse (Archive, It Bites), et Louis Molino III, à la batterie.

En lever de rideau, les musiciens interprètent « Cinema », un instrumental tiré de « 90125 », l'elpee référence paru en 1983, au sein duquel figure l'énorme hit, « Owner of A Lonely Heart ». Vers la fin du morceau, la frêle et petite silhouette de Jon Anderson apparaît. Ce qui déclenche une véritable ovation, au sein de la foule. A 72 ans, le chanteur porte le poids de son âge sur les épaules mais son visage est toujours aussi lumineux et souriant. 'One, two, three, four !', balance-t-il, avant que la formation n’attaque « Perpetual Change », un titre remontant à 1971.

Dès le départ, on constate que, non seulement le groupe est au point ; mais, plus important encore, Jon Anderson est tout simplement parfait au chant. Sa voix n'a rien perdu de sa précision et de sa clarté, même lorsqu’elle monte dans les octaves.

La setlist parcourt toutes les périodes de la carrière de Yes et l'âme de Chris Squire plane au-dessus de ses anciens partenaires. Le bassiste, également membre fondateur, est décédé en 2015. Jon Anderson dédie donc « Long Distance Runaround » et « Fish (Schindleria Praematurus) » à cette figure tutélaire du rock progressif. 'Je suis heureux d'avoir travaillé pendant toutes ces années avec Chris', avoue-t-il. 'Il était un peu fou, mais c'était un gars très rock'n’roll ! Et son morceau s'appelle « Fish » parce né sous le signe du Poisson, il aimait s’attarder pendant des heures dans son bain !' Lee Pomeroy s'acquitte d'ailleurs impeccablement du légendaire solo de basse exécuté, comme il se doit, sur une Rickenbacker.

Quant à Trevor Rabin, particulièrement radieux, il a l'air en pleine forme. Il a mis sa carrière de compositeur de musiques de films entre parenthèses afin de pouvoir participer à cette tournée. Il a avoué, via Facebook, que ce choix n’a pas été simple pour lui. Et pour cause, pas évident de se replonger dans les complexités musicales de Yes, après 20 années d’absence. Au cours du set, il va d’ailleurs commettre quelques petites imperfections. Pendant « Changes », il se perd même entre ses pédales d'effets de guitare (il a perdu les pédales, en somme), au point de devoir s'arrêter en s'excusant : 'Give me one second'. Une petite erreur vite pardonnée, au vu de la prestation de ce virtuose, de ce surdoué à la guitare…

En parlant de virtuosité, on en vient tout naturellement au Maître des claviers, Rick Wakeman, probablement le plus grand claviériste de l'histoire du Rock. Tout comme il y a 30 ans, il a revêtu sa cape de velours et se dresse derrière une forêt de claviers disposés en arc de cercle. Seul son ventre, plus arrondi, le trahit –il affiche quand même 67 ans au compteur ! Aussi à l'aise dans les classiques comme « Heart of the Sunrise » que les extraits de « 90125 », auquel il n'a pourtant pas participé, il va connaître son plus grand moment de gloire sur « Awaken », un des nombreux 'magnum opus' de Yes, un extrait du chef-d'oeuvre « Going For The One » (1977). L'intro au piano est époustouflante mais ce sont surtout les sonorités d'orgue qui vous flanquent la chair de poule. Pendant le long passage plus 'ambient', au milieu de la compo, on n'entend pas une mouche voler. Jon Anderson joue quelques notes à la harpe et prélude une lente valse médiévale, rappelant Dead Can Dance. La chanson s'envole ensuite à travers une progression hallucinante de voix et d'harmonies pour retomber doucement et venir mourir sur le tapis diaphane de la voix d'Anderson. Parfait !

Pour clôturer le concert, comme prévu, rien de tel que le plus grand hit de Yes : « Owner of A Lonely Heart ». Ici, aussi, l'interprétation est brillante ; en outre, ARW nous réserve deux surprises. D'abord, Rick Wakeman enfile son clavier portable. Lui et Rabin descendent d’abord dans la fosse, puis accèdent aux gradins, afin d’y jouer leur partition ; et ce pour le plus grand bonheur des spectateurs. Ils reviennent ensuite sur le podium, moment choisi par le band pour adresser, au cours du morceau, un clin d'oeil au « Sunshine of Your Love » de Cream. Le final est paroxystique et suivi d'une très longue acclamation.

En rappel, « Roundabout » est dispensé dans une ambiance très électrique ; de nombreux spectateurs ont d’ailleurs quitté leur siège pour s’approcher du podium. Quand les cinq musiciens saluent et quittent les planches, ils ont la banane aux lèvres et sont visiblement très heureux d'avoir partagé ce moment en compagnie de leurs fans. Pour ces derniers, comme pour votre serviteur, cette expérience, chargée d'émotions fortes, restera inoubliable. Le trio travaille, semble-t-il, sur de nouvelles compos et laisse entrevoir la publication d'un nouvel opus. Et pourquoi ne pas reformer un Yes (quasi) au complet en rejoignant Alan White et Steve Howe? Une perspective que nous appelons de nos voeux !

Setlist :

Cinema
Perpetual Change
Hold On
I've Seen All Good People
Drum Solo
Lift Me Up
And You and I
Rhythm of Love
Heart of the Sunrise
Changes
Long Distance Runaround
The Fish (Schindleria Praematurus)
Awaken
Owner of a Lonely Heart
(with Cream's 'Sunshine of Your Love')

Encore:

Roundabout

(Organisation: Gracia Live)

 

 

The Infamous Roots Rielemans Family Orchestra

Time of day

Écrit par

L’Infamous Roots Rielemans Family Orchestra est un combo belge réunissant cinq frères et sœurs. Gantois, ils s’étaient déjà produits sous d’autres patronymes. Eduard Rielemans, alias Niels de Caster, se charge du violon, de la mandoline, des guitares, et du piano. Joseph, alias Bruno Deneckere, de la sèche. Gerardo, alias Luis Marquez, de l’harmonica, du saxophone et des flûtes. Josephine, alias Pascale Michel, de la sèche et de la trompette. Hermine, alias Kathleen VandenHoudt, de l’instrumentation insolite ; pour la plupart à cordes et chinois. Ils se partagent les vocaux. La musique de cet ensemble agrège folk, blues, country et world.

"Who's That Man?" ouvre la plaque. Et cette plage ne manque pas de charme. A cause des vocaux qui se conjuguent subtilement, tel un spiritual, souligné par une instrumentation discrète, de laquelle se détache, quand même, l’harmonica de Gerardo. Country/blues, "Life’s too short" épouse le rythme du chemin de fer. Eduard et Josephine combinent leurs voix devant l’harmonica, décidément insatiable! Josephine se réserve le micro tout au long de "Deep in my soul". Relativement éraillée, sa voix navigue au cœur d’un climat exotique, duquel se détachent les cordes d’une mandoline et de la lap steel. "Sentimental blues" met le cap vers l’Orient. Une compo allègre à la mélodie accrocheuse, traversée par une flûte aux sonorités ethniques. "Doing it right" est une plage légère. Les accents jazzyfiants sont véhiculés par le saxophone. Constituée par le bassiste Bart Buls et le percussionniste François Taillefer, la section rythmique entretient cette atmosphère gracile. Gerardo chante, dans la langue de Cervantès, le bien enlevé "Caravana". Sculpté dans le world/hip hop cette piste est interprétée face aux chœurs festifs et aux cordes en effervescence. Talonné par le souffle blafard de l’harmo, Joseph chante "Lowlands clay", une ballade mélancolique. Hermine a récupéré le micro pour "The fire that burns". Chaude, sa voix, est bien mise en exergue. Mais le saxophone de Gerardo parvient à se détacher de l’ensemble. Superbe ! Toute la famille Rielemans attaque l’introduction de "Talking too much", a capella, un blues rythmé et contagieux. De son baryton profond, Eduard aborde "The rest of my life", une ballade aux accents country au sein de laquelle la lap steel s’intègre impeccablement. Titre lent, "I’d do it again" est une invitation à l’étreinte sur la piste de danse. La voix d’Hermine est sensuelle tout au long de cette ballade r&b, soulignée par un saxophone ténor aguicheur. Des cordes enrobent discrètement la roots song ‘old school’, "The time of day". En finale, "The landlord and his maiden" remet le cap sur l’Orient. Un instrumental qui se distingue par ses variantes de ruans, des luths chinois qui oscillent de la basse au soprano…

 

Gebremariam Awalom

Desdes

Écrit par

Le parcours d’Awalom Gebremariam est comparable à celui de nombreux jeunes Erythréens. Alors qu’il n’a encore 30 ans, il quitte son pays, au péril de sa vie, afin de fuir le régime liberticide du dictateur, Isaias Afeworki. Une fois la frontière franchie, il est cantonné quelque temps dans un camp de réfugiés éthiopien, avant d’émigrer aux Etats-Unis où il acquiert l’asile politique.

Avant de quitter sa patrie, en 2007, Awalom Gebremariam avait enregistré un album intitulé « Desde » à Asmara (capitale de l’Erythrée). Il l’a bien entendu emporté dans ses valises. A son arrivée aux USA, le label Awesome Tapes From Africa décide de ressortir cet elpee afin de faire connaître le jeune artiste et, plus largement, la musique traditionnelle de son pays. Là-bas, Gebremariam enseignait le maniement de deux instruments traditionnels : le wata (instrument à corde qu’on utilise à l’aide d’un archet) et le krar (instrument à 5 cordes). Deux instrus insolites dont il se sert tout au long de ce « Desdes », et sur lesquels il pose sa voix haut perchée.

Une belle opportunité pour (re)découvrir un style musical bien spécifique rappelant de loin la musique éthiopienne (mieux connue). C’est aussi l’occasion de mettre en exergue le talent d’un artiste et pas seulement d’un peuple trop souvent victime d’évènements tragiques.

Pour la petite histoire, aujourd’hui, âgé de 29 ans, Awalom Gebremariam s’est installé en Caroline du Nord, travaille dans un restaurant et fait découvrir sa musique aux Etats-Unis. Il espère toujours, un jour, rejoindre sa patrie…

Gentleman of Verona

Soundtrack to a Movie that Never Was

Écrit par

Gentleman of Verona s’est donc mis en tête de composer la B.O. d’un film qui n’a jamais existé… Concept original très susceptible de conférer –dans les faits– une liberté absolue à un groupe, dont le passé musical se limitait à un rock/garage bien plus basique ! Une liberté amplifiée par le concours du fameux Warren Ellis –oui, celui des Bad Seeds et de Dirty Three– qui a suivi en personne (mais à distance) la production de cet album… Emporté par la voix puissante et chamanique de Debby Termonia (rappelant parfois celle d’Alison ‘VV’ Mosshart de The Kills), ce trio gantois a créé la bande-son d’un long métrage décidément noir et claustrophobe. Mais cette B.O. lorgne surtout vers celle réalisée depuis belle lurette par la talentueuse Mrs. Harvey ». Caractérisé par son rock lyrique et ténébreux, entretenu par des accords de gratte et des drums bruts de décoffrage, l’univers intriguant –à défaut d’être singulier– de Gentleman of Verona est d’ailleurs très proche de celui cher à la pythie anglaise. En concert ce 5 mai au Café Central à Bruxelles et le 8 du même mois au Mombasa d’Anvers.

 

Mac DeMarco

Le bain de foule, une vraie tradition !

Écrit par

Le Grand Mix est une salle que votre serviteur affectionne tout particulièrement. L’endroit illumine en effet une bien sombre ville de Tourcoing. On ne compte d’ailleurs plus les artistes notoires qui ont foulé les planches nordistes. Cette soirée n’allait pas déroger à la tradition, car c’est Mac DeMarco, flanqué de son band, qui s’y produit à guichet fermé.

Avant de pouvoir goûter à la sympathie du Canadien, c’est Anders Rhedin qui a la tâche d’enflammer la salle. Sous le patronyme de DINNER, le Danois va livrer un one man show étonnant. Si les compositions cold wave, en ligne directe des années 80, sont très intéressantes, c’est l’énergie dispensée sur les planches qui impressionne les 650 personnes présentes. Le songwriter se déhanche en effet dans tous les sens et s’autorise des pas de danse improbables durant une quarantaine de minutes. Une bonne dose de folie complètement inattendue. Il est d’ailleurs assez rare de voir un public autant apprécier un ‘opening act’. Une excellente surprise !

L’attente est un peu longue mais Mac fini par poser les mains sur sa guitare, vite suivi par son groupe. Le style du Canadien est reconnaissable entre mille. Le songwriter caresse soigneusement les cordes de sa gratte afin d’en extraire des sonorités très particulières. L’autre point fort des musicos sur l’estrade procède de leur bonne humeur communicative. Entre les morceaux, les différents membres du groupe se lancent sans arrêt des petites piques qui ont le don de faire rire ou sourire toute l’audience. Une des raisons pour lesquelles Mac et sa troupe séduisent en ‘live’.

Mais revenons à la musique. Le Canadien va parcourir toute sa discographie en s’attardant plus particulièrement sur son dernier album, « Another One », plus paisible et surtout mélancolique à souhait. Des morceaux qu’il entrecoupe de titres plus nerveux comme « Freaking Out the Neighborhood » ou « Cooking Up Something Good ». « Chamber of Reflection » met enfin en valeur le claviériste qui s’était contenté jusque là, d’exhiber ses talents de ‘plongeur’, parcourant la salle presque en lévitation, soutenu par de simples bras bienveillants. Mac va d’ailleurs également se réserver sa petite escapade dans la fosse, durant la dernière chanson, « Still Together ». Le bain de foule, une vraie tradition !

Nonobstant l’absence de rappel (pourtant accordé lors d’autres dates…), Mac DeMarco  convainc toujours autant durant ses shows. Son énergie débordante et ses compositions atypiques le révèlent comme un artiste passionnant à découvrir.

Celles et ceux qui ont eu la patience d’attendre une petite demi-heure après le set, et notamment les fans, ont pu partager verres et photos en compagnie du Canadien. Un petit plus qui accentue le charme du personnage dont nous allons certainement encore entendre parler.

(Organisation Le Grand Mix)

 

Mac DeMarco

Another One

Écrit par

Nouvelle égérie du cool et de la sphère indie-rock mondiale, sorte de version 2.0. du Beck des années 90, le Canadien Mac DeMarco dévoile sa nouvelle livraison succédant au magnifique « Salad Days », sobrement intitulée… « Another One ». Limitée à seulement 8 morceaux, consacrés au thème de l’Amour –dont « My House By the Water », à l’outro instrumentale très ‘laidback’– elle devrait lui permettre de donner de l’amplitude à ses concerts, lors de son interminable tournée. Attention, Mac ne bouleverse pas pour au tant son univers de ‘slacker’, mais lui apporte de subtiles retouches… Le Canadien et le génial Connan Mockasin se sont apparemment liés d’amitié. Si bien qu’on retrouve ces sonorités si spécifiques au Néo-zélandais –qu’on pourrait qualifier d’‘aquatique’- dans son expression sonore. Et tout particulièrement tout au long de « A Heart Like Hers ». Manifestant une aisance bluffante et se distinguant par son jeu de guitare si particulier, il parvient à torcher des mini tubes folk (« The Way You’d Love Her ») aux mélodies imparables (« Just Pull Me Down »). De quoi vous filer une fameuse dose de bonne humeur. Si sa longueur de l’œuvre colle davantage à un Ep qu’à un LP, il faut reconnaître que cet « Another One » s’avère une belle réussite de bout en bout… Espérons que le New-yorkais d’adoption puisse parvenir à conserver sa simplicité, le jour où le succès lui ouvrira les bras, un succès qui serait d’ailleurs amplement mérité, et qu’il commence à engranger au fil du temps. Dommage que sa nouvelle tournée ne transite pas par chez nous, car ses concerts sont, paraît-il, de véritables happenings propices au délire…

 

Screaming Females

Rose Mountain

Écrit par

C'est au Collège que Mike et Marissa ont fondé Surgery On TV. Le groupe change fréquemment de line up et finit par se stabiliser, sous la forme d'un trio, après avoir la rencontre de Jarrett. Il se rebaptise donc Screaming Females et participe allègrement aux concerts rock underground du New Brunswick (New Jersey). Ce trio infernal réunit alors la chanteuse/guitariste Marissa Paternoster, le drummer Jarrett Dougherty et le bassiste King Mike. Ils accordent leur confiance à Don Giovanni Records, un label du coin, à partir de leur troisième elpee, « Power Move ». En 2010, ils publient leur quatrième opus, « Castle Talk », et en 2012, le cinquième, « Ugly ».

« Rose Mountain » a bénéficié du concours de Matt Bayles (Mastodon, The Sword), à la production. En 10 pistes pour 35 minutes, le combo nous balance du rock'n'roll carré, dense, précis, yankee et sans la moindre fioriture.

Les riffs de guitares dispensés par Marissa, tout au long de « Empty Head » et « Ripe », sont nerveux, entêtants et même perturbants. « Wishing Well » s’ébroue en douceur, avant de s’activer, moment choisi par Mrs Paternoster pour poser sa voix graveleuse, rocailleuse. Matt Bayles balise « Burning Car » et « Broken Neck », deux morceaux bien structurés mais aussi puissants et musclés. « Rose Mountain » libère des riffs de gratte parfaitement ciselés. « Triumph » prend un virage encore plus métallique avant que « Hopeless » nous plonge dans le punk des 80’s. 

Simple, mais efficace, « It's Not Fair » lorgne vers Dinosaur Jr. Et l’elpee de s’achever en apothéose par « Criminal Image », un titre inéluctablement… meurtrier… 

 

Page 1 sur 2