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La Divine Comédie de Lora Gabriel

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Boogie Beasts

Boogie Beasts rend hommage à R.L. Burnside

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Le groupe belge de blues-rock alternatif Boogie Beasts rend un hommage vibrant à la légende du Hill Country blues R.L. Burnside sur « Don’t Be So Mean ! – A Tribute to R.L. Burnside », un nouvel album attendu pour le 17 avril 2026. Pour ce projet d’envergure, le quatuor s’est entourée d’invités internationaux prestigieux : G. Love, Duwayne Burnside (fils de R.L. Burnside), Kenny Brown (guitariste historique), Luther Dickinson (North Mississippi Allstars, ex‑Black Crowes), Cedric Maes (The Sore Losers) et Pablo van de Poel (DeWolff).

En éclaireur de cet opus hommage, Boogie Beasts dévoile « Shake ’Em On Down », une relecture hypnotique et rugueuse d’un classique de R.L. Burnside. Fidèle à l’esprit du Hill Country blues du Mississippi, le groupe y injecte son énergie brute et sans compromis. Le titre se distingue également par la participation de G. Love, qui y appose sa signature ‘Philadelphonic’, à la croisée du blues, du groove urbain et du hip‑hop.

Le groupe explique : ‘Adolescents dans les années 90, on a grandi avec le grunge. À cette époque, G. Love & Special Sauce faisaient figure d’outsiders. Leur mélange de blues et de hip‑hop était totalement inédit et nous a profondément marqués. Son album Philadelphia Mississippi*, mêlant hip‑hop et Hill Country blues, faisait naturellement écho à notre projet. Lorsqu’on lui a proposé de participer, il a accepté avec enthousiasme. Avec lui, « Shake ’Em On Down » a pris une couleur nouvelle, très personnelle. On est particulièrement fiers de cette collaboration’.

Au‑delà d’un simple album tribute, « Don’t Be So Mean ! » célèbre un double anniversaire : les 15 ans de Boogie Beasts et le centenaire de la naissance de R.L. Burnside. Le single s’accompagne d’un clip animé DIY, imaginé et réalisé par Fabian Bennardo (harmonica), prolongeant l’approche artisanale et viscérale chère au groupe.

Grâce à cet hommage sincère et habité, Boogie Beasts confirme son attachement profond au blues du Mississippi tout en le réinventant à travers une vision résolument contemporaine.

CONCERTS DE PRÉSENTATION D’ALBUM :

-16/04/2026 : Macca Club, Hasselt (BE) – special guest : Cedric Maes

18/04/2026 : La Bonne Source, Fleurus (BE)

CONCERTS :

25/04/2026 : Reflektor, Liège (BE) – double affiche DeWolff

27/04/2026 : Des Konings Fest/Burgerweeshuis - Deventer (NL)

02/05/2026 : Moulin Blues – Ospel (NL) – feat. Pablo van de Poel (DeWolff)

09/05/2025 : Ancienne Belgique, Bruxelles (la première partie de Robert Jon & The Wreck)

20/06/2026 : Waogstock Festival, Neer (NL)

De nouvelles dates belges et internationales seront bientôt annoncées.

La vidéo de « Shake ’Em On Down », est disponible ici

 

 

Charles East

Dislocated

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« Dislocated » constitue le premier elpee de l’artiste sud-africain Charles East. Pour l’enregistrer, il a reçu le concours de du multi-instrumentiste Jo Ellis (guitare, basse, batterie) et de plusieurs invité(e)s dont la violoncelliste Lliezel Ellick et la vocaliste Eva O (Christian Death, Shadow Project, Eva O Halo Experience, Super Heroines) sur « Resting in my Blood ». 

Quelque part entre post punk, goth rock et doom metal, sa musique est à la fois viscérale et funèbre, oscillant de la tendresse au désespoir en passant par la fureur.

Toutes les plages sont tramées sur des accords de piano puissants et malaisants, sur lesquels il vient poser sa voix chevrotante, très susceptible de rappeler celle de Matthew Bellamy (Muse).

L’opus s’ouvre par l’excellent et lyrique, « It holds my viscera subtitulada » (le clip est disponible ici). Malheureusement, au fil du temps, le climat devient de plus en plus oppressant, avant de provoquer une forme d’exaspération…

Podcast # 66 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Boogie Beasts

Neon Skies & Different Highs

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Le blues des Belges de Boogie Beasts se traduit par un son très personnel et distinctif. Imaginez les Black Keys improvisant avec John Lee Hooker dans une rave tardive, le groupe Morphine dans un trip psychédélique en compagnie de Little Walter ou encore R.L. Burnside flanqué des jeunes Rolling Stones dans l'arrière-salle d'un juke joint du Mississippi. Le quatuor réunit les chanteurs/guitaristes Jan Jaspers et Patrick Louis, le génial harmoniciste Fabian Bennardo ainsi que le drummer Gert Servaes. Pas de bassiste. Le line up n’en recense aucun, et pour ces sessions le combo n’a pas sollicité de musicien de studio pour en jouer.

Depuis leur premier concert en 2011, ces 4 fous de blues-rock alternatif ont transformé de nombreux clubs et festivals en gigantesques souks festifs. Partout où ils vont, les gens s'en souviennent. Sur les planches, la formation diffuse une énergie contagieuse, avec un son délicieusement crade et simplement irrésistible. Tous leurs elpees ont reçu des critiques élogieuses. Classic 21 décrit les Boogie Beasts comme des acteurs incontournables de la scène blues-rock européenne. Fort de ses guitares tranchantes et son harmonica déjanté, le band ne perd jamais le sens du groove qui fait mouche.

Il s’agit déjà du quatrième long playing studio de Boogie Beasts. Découpé en 18 plages, il propose une musique à la fois festive et structurée. Toujours profondément enraciné dans le blues rugueux, il intègre cette fois-ci des influences gospel, soul, desert blues & rock, rhythm'n’blues, psychédéliques et même une touche de hip-hop. Ici, le blues perd ses frontières, garde ses codes et regarde plus loin. La surprise est belle, tant la richesse des morceaux est dense et la production signée Koenraad Foesters particulièrement soignée. Toujours aussi identifiable, le son reste brut, crade, parfois froid et assez urbain finalement. Les mélodies sont addictives et les chœurs accrochent. La chaleur se trouve ailleurs ; elle est encore très présente et principalement dans les arrangements vocaux. L’harmonica mène le bal sur des sonorités propres à Chicago et, grâce à des riffs efficaces et un groove rythmique dévastateur, on passe d’un titre à l’autre avec un plaisir constant. Retenir juste quelques morceaux est presqu’une insulte à ce disque qui s’écoute dans son intégralité.

 

Boogie Beasts

Une reprise de Howlin’ Wolf pour les Boogie Beasts…

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Début 2021. En raison des mesures prises suite à la pandémie de Covid-19, les salles de concert et les clubs sont fermés. Le groupe de blues-rock belge Boogie Beasts cherche donc des alternatives pour fêter son dixième anniversaire. Le 6 mars, la formation est en direct sur Facebook depuis le Studio Jupiter, celui de leur ingénieur du son Koenraad Foesters, où il a également enregistré ses deux elpees précédents. Lors de ce livestream, il décide de rendre hommage à ses racines : le blues.

En résulte un set intense et énergique de 11 reprises de blues, version Boogie Beasts. C’est Reinhard Holstein, le patron du label allemand Juke Joint 500, qui a eu l’idée de sortir cette session live sur un album. Le band accepte, mais comme il était sur le point de sortir son troisième opus, « Love Me Some », il décide de postposer la sortie à l'automne 2022. C'est ainsi que le 4ème LP de Boogie Beasts, intitulé « Blues From Jupiter », sortira le 14 octobre sur le label allemand Juke Joint 500 et le label belge Naked (format digital).

Plus tôt cette année, le groupe avait gravé un premier single, « Grinnin' In Your Face », une cover de Son House. Il nous en propose son second, « Who'll Be Next », une adaptation de la légende du Chicago blues, Howlin' Wolf. Et il est disponible sous forme de clip

Tracklist « Blues From Jupiter » - sorite le 14 octobre 2022

  1. "Still A Fool" - Muddy Waters
    2. "Someday Baby Blues" - Sleepy John Estes
    3. "France Chance" - Joe Callicott
    4. "Pushing My Luck" - Robert Belfour
    5. "Boogie Chillun" - John Lee Hooker
    6. "Who'll Be Next" - Howlin' Wolf
    7. "Grinnin' In Your Face" - Son House
    8."Long Haired Doney"- R.L. Burnside
    9. "Work Me" - Junior Kimbrough
    10. "You Don't Love Me" - Bo Diddley
    11. "No More Lovers" - Arthur 'Big Boy' Crudup

En concert

14.10: Deux Ours, Modave (BE) - album live showcase!
20.10: Hnita Hoeve, Heist-op-den-Berg (BE) - album live showcase!
21.10: Nuit Du Blues, Foyer Culturel Jupille (BE)
04.11: Bay-Car Blues Festival, Grande Synthe (FR)
16.12: Centre Culturel, Engis (BE)

Wild Beasts

Last night all my dreams came true

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« Last Night All my Dreams came True » constitue une forme de testament pour Wild Beasts. En septembre dernier, la formation anglaise annonçait la fin de son parcours entamé début de ce millénaire. En une quinzaine d’années, ponctuées de cinq albums, Wild Beasts s’est inscrit sur la scène mondiale comme l’un des groupes de pop/rock les plus originaux.

Avant de nous quitter, le quatuor nous lègue un opus réunissant treize titres enregistrés en public au AT RAK Studio de Londres. La majorité des morceaux sont issus du dernier elpee, « Boy King », paru en 2016, mais quelques uns, de plus anciens long playings, à l’instar des excellents « Hooting & Howling » et « All the King’s men », deux plages qui figuraient sur leur meilleur opus, « Two Dancers », gravé en 2009. Tout au long de ce live, on peut se rendre compte de la qualité et la complexité des compos de ce band insulaire et surtout de la somptueuse combinaison entre les voix de Tom Fleming et de Hayden Thorpe.

Ce dernier essai paraîtra certainement inutile à celles et ceux qui possèdent déjà l’intégralité de sa discographie, car les versions ne diffèrent pas énormément des originales. Cependant, « Last Night All my Dreams came True » est un moyen parfait pour appréhender ce groupe que l’on regrettera certainement…

Wild Beasts

Boy King

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Après la sortie du flamboyant « Two Dancers », en 2009, on avait peu à peu perdu de vue les élégants Anglais de Wild Beasts. Une raison ? La confection d’albums qui –bien que très propres sur eux et d’une évidente classe– manquaient cruellement de ces mélodies d’orfèvres, issues de leur chef-d’œuvre. Les dandys de Kendal reviennent aujourd’hui à des bases plus pop et dansantes sur « Boy King », un 5ème elpee moins intellectuel que leur précédent, « Present Tense » ; un opus qui propose une collection de titres louvoyant constamment à l’extrême et fine limite entre sensibilité et maniérisme, grandiloquence et subtilité. La voix d’Hayden Thorpe, rappelant celle d’Antony/Anohni, est toujours aussi soyeuse et la production de John Congleton (St Vincent, Swans, The Walkmen,…) apporte une belle instantanéité à leur musique enregistrée chez lui au Texas. Les bêtes sauvages n’hésitent pas à sortir des synthés crapuleux et autres beats r&b ; des éléments qui collent parfaitement à un artwork lorgnant avec gourmandise vers le mauvais goût… et ce pour notre plus grand plaisir. Difficile de ne pas succomber aux dansants et pop « He The Colossus » et « Tough Guy », à l’imparable « Big Cat » ou au sensuel « Dreamliner ». Plus accessibles sans être putassiers, les Wild Beasts gagnent en légèreté et c’est officiellement une bonne nouvelle pour cette fin d’année…

 

Wild Beasts

Heureusement, il y avait un chouette light show…

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Quatuor londonien, Wild Beats a publié son cinquième opus, « Boy King », en août dernier. C’est d’ailleurs l’image de la pochette qui figure sur une toile tendue, en arrière-plan, quand on entre au sein du Grand Mix. Mais ce nouvel opus a pris une tournure résolument électro. Déjà que le précédent, « Present Tense », en consommait généreusement ; mais là, le ver est dans le fruit. Evidemment, en ‘live’, les morceaux prennent, en général, une forme plus organique, plus authentique. Enfin c’est ce qu’on espère en son for intérieur. Surtout que les prémices dream pop avaient permis au band de publier quelques singles d’excellente facture…

Avant de monter sur l’estrade, « Song to the siren » de This Mortal Coil retentit dans les haut-parleurs. Puis de très désagréables vibrations sonores ébranlent l’édifice. Pas très bon signe. Enfin, les musicos débarquent. En retrait, le batteur trône derrière un kit de fûts bien achalandé. Et pourtant son drumming est cool. Le guitariste et le bassiste (ou second guitariste, suivant les morceaux) se font face, derrière un synthé. Ce dernier partage également les vocaux avec Hayden Thorpe, qui se charge circonstanciellement de la basse et également d’un synthé. Les voix –falsetto pour Thorpe et baryton chez Flemming– sont complémentaires et se conjuguent régulièrement en harmonie. En outre, les musiciens affichent tous une excellente technique. Et le light show est superbe ; six colonnes de spots à leds rectangulaires dessinant même des formes géométriques. Mais le problème procède de cette déferlante électronique –nappes de claviers et beats programmés– qui non seulement asphyxie les compos, mais les rend bien trop lisses. Même les anciens morceaux sont ‘synthétisés’. Et le gratteur soliste a beau se servir d’un archet pour frotter ses cordes, on n’entend pas la différence. Seules quelques lignes claires émanent sporadiquement de sa gratte, comme pour rappeler que le band est bien britannique. Finalement, Wild Beasts incarne exactement cette forme d’électro que votre serviteur déteste. La musique électronique a ses lettres de noblesse ; mais abordée sous cet angle stéréotypé –pour être dans l’air du temps, sans doute– elle en devient toxique. Il ne manquait plus que les voix vocodées et la coupe était pleine. Heureusement, on a quand même vu un superbe light show ! (Pour les photos, c'est ici)

Et finalement, la bonne surprise nous est venue de Douglas Dare. Il assurait le supporting act. Ce fils de pianiste a également étudié cet instrument à l’‘Institute for Perfomance Arts’ de Liverpool. Son second album est sorti officiellement ce 14 octobre. Et il s’intitule « Aforger ». Il fait suite à « Whelm », paru en 2014. Physiquement, Douglas ressemble un peu à Howard Jones. A cause de ses cheveux blonds coupés au bol. Derrière son clavier, il est plutôt balaise. Il est soutenu par une claviériste/guitariste, également préposée aux backing vocaux. Qu’on pourrait qualifier d’atmosphériques, voire d’éthérés. Mais surtout par son fidèle batteur, Fabian Prym. Ce dernier est assis sur un tabouret bas et ses fûts sont disposés à la même hauteur. Etonnant ! Mais son drumming est impressionnant de dynamisme. Parfois, il vient ajouter quelques bidouillages électroniques ou alors agite un maracas en forme de sablier. Mais c’est la voix de Dare qui fait vraiment la différence. Certains medias la comparent à celle de Nils Frahm. Mélancolique, profonde, elle campe plutôt un hybride entre celle d’Antony Hegarty (Anohni, si vous préférez) et de Gavin Friday. Elle colle à merveille à une forme de trip hop introspective, élégante, capable de soubresauts rythmiques ; les arpèges dispensés par le Londonien d’adoption (NDR : il est originaire de Bridport, dans le sud-ouest de l’Angleterre) glissant comme des vagues tour à tour aventureuses ou chargées d’émotion. Douglas nous réserve un « Caroline » de toute beauté. En solitaire. On a alors l’impression qu’il caresse ses touches d’ivoire pour mettre en exergue sa voix exceptionnelle… Au bout de 30 minutes, le trio tire sa révérence et est chaleureusement applaudi. C’est amplement mérité. Cet artiste est manifestement à suivre de très près…

(Organisation : Le Grand Mix)

East

Hula Hoop

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Après avoir publié deux Eps en 2013 et 2014 (NDR : intitulés respectivement « Into the Dawn » et « Violence In The Flowers »), East nous propose son premier elpee, « Hula Hoop ». Si les deux premiers essais avaient été enregistrés en duo, cet opus a été concocté sous la forme d’un trio. Et pour cause, Nicolas Del à rejoint Olivier Leclerc et Christophe Raffin depuis 2015.

Manifestement les Lyonnais sont hantés par les eighties ; en l’occurrence la cold wave, l’indus et le post punk. En vrac, on pourrait citer, parmi leurs influences, Cure (« Seventeen seconds »), Neon Judgement (pensez à « Awful Day »), Human League (« Reproduction »), Tones on Tail (davantage que Bauhaus, parce que plus dansant), D.A.F. (pour les passages robotiques) ainsi que Joy Division (NDR : la ligne de basse mais pas la voix). Mais la liste est loin d’être exhaustive. Les sonorités de guitare sont limpides, chatoyantes, un peu comme chez Sad Lovers & Giants, ce qui allège une expression sonore qui ne lésine pas sur les boucles pour entretenir des rythmes martiaux au cœur d’un climat profondément dark. Une seule compo en français, « Tes hanches » ; et elle ne dénote pas dans un ensemble qui tient la route, mais dont les références ne sont pas encore suffisamment digérées pour faire la différence. A suivre, donc…

 

Boogie Beasts

Come and get me

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Solide formation, Boogie Beast réunit des musicos liégeois, limbourgeois et un chti (NDR : en l’occurrence Mathias Dalle, alias The Goon Mat). Elle aimé mêler delta blues et boogie, en y ajoutant un parfum emprunté aux collines du Nord du Mississippi, région qui a enfanté RL Burnside et le label Fat Possum. Un style dont les lieux de prédilection sont les Juke joints. Le line up implique le drummer/percussionniste Gert Servaes (Voodoo Boogie), l’harmoniciste Fabian Bernardo (alias Lord Bernardo) ainsi que deux chanteurs/guitaristes, Jan Jaspers (Voodoo Boogie) et Mathias Dalle (ex-Stinky Lou and The Goon Mat).

Le son des Boogie Beasts est primaire, brut de décoffrage. Et on s’en rend compte dès les notes d’ouverture concédées sur "Blast". La tonalité des cordes est surprenante. Lord Bernado s’autorise le premier envol. Un envol original et accrocheur qu’il concède à l’harmo. Une plage qui se fond progressivement dans "Calling my name". Réverbérées, les sonorités de cordes dispensées par Dalle macèrent bien dans le Delta. Primitives, les percussions introduisent le très rythmé "Shake 'em". Les deux vocalistes conjuguent leurs voix tout au long de ce funk irrésistible, obsessionnel, hanté en arrière plan par l’harmonica. Le tempo ne faiblit pas et devient même frénétique sur "Dig". Implacable, la section rythmique permet aux solistes de s'exprimer. "Coming home to you" baigne au sein d’une atmosphère mystérieuse. Cool, les voix communiquent un sentiment de douceur judicieux. Libres, les grattes nous invitent à vivre un voyage aux confins de la transe psychédélique. Inflexible, la rythmique reprend les rennes sur "Would you please shut up", une phrase répétée inlassablement par les vocalistes, alors qu’une guitare s’évade pour exécuter un solo créatif et complexe. Et si la basse bourdonne, l'harmonica ne tient plus en place! Les voix sont accrocheuses et changent de registre tout au long de "Do her thing". Le tempo est alerte. Une plage créative, au cours de laquelle la six cordes de Gert Servaes entre en effervescence. "Rainy day" monte progressivement en puissance, une gradation exploitée par l'harmonica. "On my own again" est également atteint de fièvre rythmique. Fabien en profite à nouveau pour décoller sur son harmonica. Ce juke joint blues ne souffre d’aucune faiblesse. Nerveux, percutant, "Soul keeps trying" aurait certainement mérité un traitement plus long. Car on atteint déjà la plage finale, "Like a fool". Une compo de 120 secondes qui macère dans une solution sonore étrangement mélancolique. Cependant, les guitares ont à peine le temps de s’installer, que la piste s’achève. Vous avez oublié votre cd dans le lecteur ? Bonne idée ! Au bout de 8 minutes de silence, on a ainsi droit à un bonus track. Soit une dernière tranche de psychédélisme à la fois planant et ravageur… Excellent !

 

Wild Beasts

Pros jusqu’au bout des ongles…

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Wild Beasts vient donc d’enregistrer son quatrième album. Intitulé « Present Tense », il est paru sur le label Domino. En se produisant au Botanique ce mardi 15 mai, on se demandait si la formation insulaire (NDR : elle nous vient de Leeds) allait confirmer en ‘live’, le léger virage pris en direction d’une électro-pop à tendance 80’s, sur disque. De quoi confirmer tout le bien que la critique pense d’eux depuis maintenant près de six ans. C’est, en outre, la cinquième fois que le groupe foule la scène de la salle bruxelloise.

Pour assurer leur première partie, Wild Beasts a invité des compatriotes : Money. Un combo mancunien qui marche sur les traces de leurs hôtes. Et pour cause, il est également réputé pour dispenser une pop classieuse et théâtrale. Je suis malheureusement arrivé en retard et je n’ai pas eu le loisir d’assister à leur set. Néanmoins, en recueillant quelques échos auprès de quelques spectateurs, il appert que leur prestation était de bonne facture. A ne plus manquer la prochaine fois, donc…

En pénétrant dans la salle, je jette un coup d’œil furtif vers le podium. On y remarque la présence de deux claviers installés au centre de la scène ; et ils se font face. Le virage synthétique semble donc se confirmer. Vers 21 heures, le quatuor monte sur l’estrade, sous les acclamations du public. Professionnels, ils ont prévu une introduction qui en jette. Malheureusement, la magie du direct les stoppe illico dans leur élan. Un des claviers ne fonctionne pas ! Faux départ ! Les musicos retournent derrière les rideaux pendant que plusieurs techniciens s’activent à réparer la panne. Après dix bonnes minutes et face à un public devenu sarcastique, ils reviennent sur les planches. Les choses sérieuses peuvent maintenant enfin commencer.

D’emblée, deux éléments impressionnent : la voix sensuelle et maîtrisée de Hayden Thorpe (également au clavier, à la basse et à la guitare) et l’éclairage. Sa voix constitue clairement la valeur ajoutée de Wild Beasts. C’est elle qui véhicule les émotions au sein des compositions du groupe. Tom Fleming (chanteur, clavier, guitare, basse) est également préposé au micro, mais s’il a également un bel organe, il fait un peu pâle figure par rapport à celui de son acolyte. Deuxième élément, scéniquement, malgré une intro ratée, les Anglais maîtrisent leur sujet. Chaque morceau, grâce surtout à la qualité du light show, baigne au sein d’une atmosphère spécifique. Les tons et les rythmes sont adaptés aux morceaux. Autrement dit, chaque titre interprété est une découverte ; et on n’a pas le temps de s’ennuyer.

Pendant un peu plus d’une heure, Wild Beasts va alterner anciennes et nouvelles compos. Mais votre serviteur a surtout apprécié les morceaux issus du grandiose deuxième elpee, « Two Dancers ». A mon humble avis, elle restent un ‘must’ tant au niveau des mélodies, des rythmes que des ambiances. Certaines évoluent malheureusement à la limite du mauvais goût. Et on même failli faire perdre à l’auditoire le fil conducteur du concert. Heureusement, à chaque fois, la bête s’est relevée.

Que ce soit à travers des moments solennels ou plus difficiles, la formation anglaise a démontré qu’elle était devenue pro jusqu’au bout des ongles. Et la mise en scène particulièrement efficace en est certainement une autre illustration…

(Organisation Botanique)

 

 

Beastie Boys

Adam Yauch, cofondateur des Beastie Boys et pionnier du hip-hop s’est éteint à l’âge de 47 ans !

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Plus connu sous son nom de scène ‘MCA’, le musicien/rappeur/militant et cinéaste Adam Yauch, un des fondateurs du groupe étasunien Beastie Boys, est décédé ce vendredi 4 mai 2012, dans sa ville natale de New York. Atteint d’une tumeur des glandes salivaires, il s’est battu pendant trois ans contre ce cancer. Ce qui avait forcé le trio à reporter leur départ en tournée et à retarder la sortie de leurs deux  dernier opus. "Hot Sauce Committee Part Two" paraîtra finalement en 2011, avec deux ans de retard, le premier volume restant en suspens pour une publication ultérieure.

Il laisse derrière lui son épouse et leur fille. Il laisse aussi un héritage musical impressionnant à travers des albums qui ont marqué l'histoire du hip-hop et toute une génération. Outre leurs 30 années de carrière, les Beastie Boys ont vendu 40 millions d'albums et remporté trois Grammy, la plus prestigieuse récompense de la musique aux States. Quant à Adam Yauch, il  s'était vu décerner le ‘Charles Flint Kellogg Award in Arts and Letters’, en 2011, par l'Université de Bard, en hommage à sa contribution importante apportée à l'héritage artistique et littéraire américain.

Une page de l’histoire du hip hop vient de se tourner…

 

Sludgefeast

Transamplification

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Je me disais aussi ! Mais quel est l’intérêt de publier un double Cd pour n’y  insérer que deux fois quinze minutes de musique ? J’étais déjà prêt à vous ressortir mon baratin sur la crise économique et sur le fait que l’on nous prend vraiment pour des billes. Et bien, sur ce coup-là, j’avais vraiment tout faux. Non, Sludgefeast ne se paie pas notre tête ; au contraire, il nous offre un très beau cadeau. Cependant, pour le savoir, il ne faut pas se contenter d’écouter « Transamplification » sur une platine Cd. Il faut aussi insérer la bête dans le lecteur CD-rom d’un ordinateur. Et là, c’est vraiment la ‘fête du sludge’.

Bien sûr, pour apprécier ce présent à sa juste valeur, il faut avant tout aimer le son sale, brut et distordu du garage rock. Car c’est le créneau dans lequel évolue ce combo londonien depuis 1998. James (guitare, vocaux), James II (batterie, vocaux) et Coirin (basse) ont passé douze années de leur vie à suivre le sentier boueux et graisseux tracé par les MC5, les Stooges, Mudhoney, Pussy Galore et à y côtoyer leur ami nippon Guitar Wolf. Douze années à jouer live et à éditer en masse albums, singles et Eps. Douze années d’une histoire que Sludgefeast dévoile à ses fans sous la forme d’un livre virtuel de plus de quarante chapitres, accessible via un ordinateur. 

« The History Of Shitrock » (NDR : c’est le titre du bouquin) est une véritable perle pour les aficionados du combo. La première partie (Cd1) relate l’histoire de la formation, agrémentée d’humour et de détails. Photos, scans de setlists, de tickets, d’affiches originales, printscreens de forums et extraits musicaux à gogo, l’histoire complète du band de ses débuts à nos jours en quelques clics de souris.

Si cette première partie est plutôt sympathique, c’est sur le Cd2 que le fan trouvera véritablement son bonheur. Le second livre, intitulé « The History Of Shitrock - Bibliography» est divisé en 3 parties. (Discography, mp3 club et Advent). « Discography », comme son nom l’indique, présente la discographie officielle de l’album. « Mp3 Club » reprend tous les Eps offerts par le groupe sur son site internet tout au long de sa carrière ainsi que quelques morceaux inédits ou introuvables. Il suffit de cliquer sur les pochettes des albums pour lancer les fichiers mp3. Ainsi peut on apprécier quelques perles comme l’Ep « We Love Cooper » où le groupe reprend à sa sauce quelques titres du génial Alice Cooper, le split Cd enregistré en compagnie de Guitar Wolf ou encore le mini-album « The Evil has Landed » qui voit Sludgefeast déconstruire le métal de Saxon, Twisted Sister, Judas Priest et Iron Maiden. « Advent », la dernière partie du second Cd, est la reproduction d’un calendrier virtuel du mois de décembre 2007 que les généreux Anglais avaient proposé sur leur site web et dans lequel ils offraient chaque jour des ‘friandises’ : la photo d’un gâteau, quelques images insolites et surtout, des titres mp3 inédits.

Au total, ce sont plus ou moins quatre cent fichiers musicaux au format mp3 qui sont inclus sur le double Cd. Garage rock oblige, ces chansons durent à peine une minute ou deux ; ce qui, au total, donne tout même quelques heures d’écoute. Du coup, les 30 minutes (pour 26 titres) du nouvel album en sont presque anecdotiques. Enfin, pas tout à fait puisque, dans le genre bruyant et jouissif, « Transamplification » c’est vraiment du grand art. L’achat du mois, assurément.

 

Wild Beasts

Two Dancers (1)

Écrit par

Un peu moins d’un an après la publication de leur premier ouvrage, “Limbo, Panto”, les Anglais de Wild Beasts, en délivrent déjà la suite. De manière générale, les formations qui publient plus d’une œuvre en l’espace d’une année oublient, dans leur précipitation, de varier les plaisirs. Tel était le cas pour Clap Your Hands Say Yeah ou Los Campesinos!, pour ne citer qu’eux. Mais Wild Beasts est une formation d’une autre trempe et le prouve en dix morceaux. « Two Dancers » dévoile une évolution tant au niveau des mélodies que de l’écrit. Le quatuor se rapproche à grandes enjambées de la limpidité des travaux d’Antony & The Johnsons, tout en conservant une certaine allégresse illusoire.

La force de ce « Two Dancers » procède du dosage des effets dispensés avec une précision remarquable. Les vocalises d’Hayden Thorpe sont comparables à celles d’Antony Hegarty (NDR : suivant les sensibilités elles risquent donc de s’avérer remarquables ou pénibles) ; cependant, l’interprète use de son instrument de la manière la plus appropriée qu’il soit. Les composantes de cette seconde publication titillent les sens, en oscillant entre élégance et épicurisme. Des bêtes sauvages à adopter sans plus attendre.

 

Wild Beasts

Two Dancers (2)

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2009 a connu son lot de consécrations musicales, ses groupes-découvertes ou albums-révélations. Et pourtant, peu de revues sont consacrées au dernier long playing de Wild Beasts, sorti en 2009 chez Domino Records. Ce jeune quatuor nous vient tout droit d’une petite bourgade issue du nord-ouest de l’Angleterre, berceau par excellence du genre rock pop made in UK. Certes, comme tant de petits groupes partagés entre l’ennui du countryside et les décadences de la City, leurs débuts sont relativement banals : la formation se forme sur les bancs du lycée en 2002, enregistre sont premier Ep demo en 2004 et, une fois leur ‘A’ Level en poche et l’envie de percer en tête, ils vont s’installer dans la ville la plus proche… Leeds. Néanmoins, là où ils se distinguent parmi le bataclan des groupes montants, c’est dans la dimension mystique potentielle de leurs productions.

Leur premier elpee « Limbo, Panto » (2008, Domino Records), bien construit et digne de reconnaissance, avait déjà fait parlé de lui, entre autres pour son originalité et la crudité de ses textes. « Two Dances », sorti un an plus tard, a haussé les 4 petits Anglais sur la grande scène. L’album commence sagement, chauffe l’auditeur sans révéler d’emblée ses talents. Mais déjà, la voix exceptionnelle de Hayden Thorpe nous coupe le souffle –une voix opératique (contreténor) – dont le fausset irréprochable rappelle, dans un autre registre, Jimmy Somerville. Intrigués, on continue par l’envoûtant « Hooting & Howling », le premier single qui nous emmène dans son battement séduisant, avant « All The King’s Men », encore un single, où la mélodie est doublée par Tom Flemming (également à la guitare et au piano) et sa texture propre plus ténébreuse –le tout est simplement sublime. Car, et surtout, ces courbes chantées sont constamment soutenues par un groove convaincant. La région des lacs dont ils sont originaires se reflète sans doute dans leur musique : l’aspect agréablement aqueux de « Two Dancers (ii) », les effets cristallins de « When I’m Sleepy », le tout se liquéfie dans les vibratos de Thorpe. Le troisième single « We Still Got The Taste Dancin’ On Our Tongues » présente les mêmes qualités : exaltant, solide dans ses assises et haut en finesse. La batterie (Chris ‘Bert’ Talbot) se veut claire et pas excitée (« Two Dancers (i) »). Voix de feu sur rythme dansant et guitare indie (« Ben Little »), l’elpee audacieux, qu’on a du mal à référencier vu sa singularité, offre une musique aérienne.

Si le public est, à premier abord, timide lors des concerts, le groupe ne met pas longtemps à décoincer les oreilles et les esprits. La conclusion est sans réplique : oui, on aime ! On les veut au sommet très prochainement pour un succès qui, vu le début si consistant, est prêt de durer, on l’espère.

East River Blues Band

High Tide

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Le East River Blues Band nous vient de New York City. Un quartet qui réunit le chanteur Dan Cumberland, le guitariste Ken Hughes, l’harmoniciste Tom Brumley et le bassiste Bill Acosta. "Hig Tide" constitue leur second opus, et il fait suite à un premier elpee éponyme paru en 2001. Le ERBB signe la majeure partie de son répertoire. La plume de Cumberland, le vocaliste, est d’ailleurs particulièrement prolifique.

"Closing time" démarre en force. Chargée de swing, la formule jazz/blues implique des cuivres, et notamment les saxophones de Gary Topper. Don chante "Lovin' girl". Il a une bonne voix. Cette plage nous entraîne dans le country blues. Ken joue du dobro et Tom tire déjà son épingle du jeu sur son harmonica acoustique, en s'inspirant du génial Sonny Terry. Cette configuration acoustique est reproduite sur l’excellente et tendre cover du "Police dog blues" d'Arthur ‘Blind’ Blake, un des grands noms du préwar blues. Une bien agréable parenthèse ! Tom est un souffleur tonique. Il ne manque pas de ressources. Originaire du Colorado, il a milité au sein du Big Head Todd & the Monsters. Il émigre ensuite dans le Nord Ouest où on le retrouve chez les Red Beans and Rice. Puis à San Diego avant de mettre le cap sur à Brooklyn où il s’est fixé depuis. "Independant woman" emprunte les accents de la Nouvelle Orléans. Le piano de David Cohen, les percussions chaleureuses de Towner Galaher, les cuivres et les voix reprises en chœur entretiennent ce climat. Ken met le nez à la fenêtre sur ses cordes. Il se sent inspiré par ses maîtres : Jorma Kaukonen, Mike Bloomfield et Robben Ford. Instrumental, "Blue Midnight" est un slow blues écrit par Little Walter. L'harmo de Brumley introduit brillamment cette plage. Il y maîtrise parfaitement son trop plein de sensibilité. "East River rats" baigne dans le R&B. Ken Hughes interprète d’un timbre enflammé ce parcours accompli dans les quartiers populaires de Brooklyn et de Queens. Gary Georgette siège derrière son orgue, tandis que Tom reste le maître de cérémonie. Tous les musiciens chantent à l’unisson l’allègre "Running home to Brooklyn". La section de cuivres est au complet, mais Brumley se réserve un solo époustouflant. Percutant et inventif, il entraîne dans son sillage la guitare de Hughes. Ce dernier jouit d’une excellente technique. Il se révèle particulièrement à l'aise sur les cordes acoustiques. Et il le démontre sur "Subway blues" et "Candy store", deux compos ponctuées par quelques ‘whoopin’ accordés par Tom! "Hasta La Vista" est un autre moment fort de l’opus. Une compo jazzyfiante, rythmée, au cours de laquelle Galaher se retrouve en pole position derrière sa batterie pendant que l'harmoniciste déambule tout au long de l’horizon sonore avec un réel bonheur. Piqué par le virus de Carlos Santana, Ken Hughes effectue une apparition tout à fait convaincante. "Bleeding" est un long blues lent. Plus de 8' ! L’intro à l’harmonica est belle à pleurer. Tom y insuffle son mal de vivre. Et cet épanchement de sensibilité nous remue les tripes. Cet album de bonne facture s’achève par l’instrumental "Fiona's shuffle". Sculpté dans le jazz acoustique ce morceau met en exergue les cordes, l'harmo et les baguettes de Gary Georgette.

Beastie Boys

The Mix-Up

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Après le décevant « To The 5 Burroughs », les Beastie Boys se devaient de surprendre, de nous prendre par derrière, de se ressourcer pour mieux  embrayer. Chose faite. La surprise procède de la formule édictée par les instruments. Mike D, MCA et Ad-Rock la mettent donc en veilleuse pour laisser parler la musique : des grooves seventies élagués de toutes futilités, des rythmes funky pour picoler son mojito au boulot et une empreinte psychédélique stupéfiante, même pas flippante. Si les Beastie Boys restent les maîtres incontestés du ‘White hip-hop’, ils démontrent, une fois encore, que les instruments sont à la base de leur son. Pour l’occasion, ils rappellent Money Mark aux claviers. Comme d’habitude, le garçon fait des pieds et des mains. Son orgue électronique part en vrille mais retombe toujours sur ses pattes, comme un chat halluciné balancé du pallier. Par contre, pas la peine de commencer à chercher un single. C’est peine perdue : « The Mix-up » s’écoute d’une traite. Ensemble cohérent, déstabilisant quand il touche à l’arabisant (« Dramastically Different »), ce disque s’apparente à une cure de jouvence, plus de dix ans après « The in Sound from Way Out !», première compilation instrumentale signée par les Beastie juste avant… « Hello Nasty ». Voilà donc une belle prouesse instrumentale qui, déjà, nous fait miroiter d’intrépides échappées ‘Intergalactic’.        

Clint Eastwood & General Saint

Stop That Train

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Enrichi de quelques mixes destinés aux ‘soundsystems’ de l’époque, cette réédition remet au goût du jour le deuxième album de cet excellent duo de deejays jamaïcains basé à Londres. Lors de la confection de leur premier opus, les deux gaillards avaient utilisé les riddims puissants du producteur Henry ‘Junjo’ Lawes pour poser leurs rimes dynamiques, parfaitement représentées sur l’excellent « Another One Bites the Dust ». Sur ce « Stop that Train » paru en 1983, ils ont préféré mettre sur pied les « Inity Rockers », leur propre groupe dont relevait le saxophoniste Courtney Pine. Leur son a alors gagné en propreté et « Stop That Train » a fait un énorme carton en Angleterre, Hollande, Allemagne et Espagne. Ce disque résume bien le talent particulier de Clint Eastwood et General Saint : un flow à l’unisson proche du hip hop, un sens de l’humour qui n’exclut pas la gravité (« Nuclear Crisis »), de l’originalité et un sens certain des mélodies. Ajoutez-y les grosses rythmiques dancehall (à la mode à l’époque) et vous obtiendrez une série de titres toujours très susceptibles aujourd’hui de remplir les pistes de danse et de laisser apparaître un sourire de contentement sur les visages de ceux qui préfèrent taper du pied.

Beasts of Bourbon

Low life in Spain - Dvd

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Fondée en 1983, Beasts of Bourbon est considérée en Australie, comme une formation mythique, au même titre que les Stooges aux States. En près d’un quart de siècle d’existence, le combo a vu défiler une multitude de musiciens, dont les plus célèbres demeurent Kim Salmon (futur Scientists et Surrealists) et James Baker (drummer qui (v)a également sévi chez les Hoodoo Gurus, entre 81 et 85). Une constante : le chanteur Tex Perkins et un des guitaristes, Spencer Jones (à une certaine époque le line up en comptait cinq !) Le B.O.B. a toujours pratiqué ce qu’on appelle du pub rock, c'est-à-dire une musique mélangeant allègrement country, blues, rock and roll, punk et garage ; une musique que le groupe dispense sur un ton particulièrement lascif et électrique, un style renforcé par des lyrics extrêmes, sordides traitant de sujets tels que la dépravation, le désespoir, l’abus de consommation de drogue ou encore la violence. On leur prête certaines affinités avec le Gun Club, la bande à Iggy Pop et à Birthday Party, même si la voix de Perkins me fait plutôt penser aux grognements de Don Van Vliet. Le Dvd à été tourné au Copernico de Madrid en 2006, il est en quelque sorte la transposition en ‘live’ de l’album « Low life » paru en 2005, même si d’autres compos ont été incluses dans le set ; et en particulier une version hymnique du « Ride on » d’AC/DC, ainsi que le « Let’s get funky » de Hound Dog Taylor. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si la qualité sonore avait été au rendez-vous. C’est loin d’être le cas. L’image a beau être au point, on a parfois l’impression que les prises de son ont été effectuées à l’aide d’un enregistreur portable…

 

Eastern Lane

The Article

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Natifs de Berwick-upon-Tweed, quelque part entre Newcastle et la frontière écossaise, les 4 gaillards d’Eastern Lane ne pouvaient pratiquer qu’un rock énergique, histoire de se réchauffer. Car même au beau milieu de l’été, les nuits sont fraîches à Berwick. Repérés par Rough Trade, Andrew, Derek, Danny et Stuart sortent début 2003 leur premier album, « Shades of Black ». Leur nouvel opus, The Article, débute avec un trio de titres incendiaires, où le meilleur de Von Bondies voisine avec les riffs de The Libertines, notamment sur l’excellent single « I Said Pig on Friday ». Du rock à danser le vendredi soir, la bave aux lèvres, une pinte dans la main, en zieutant ostensiblement les filles restées au bar. C’est que la vie n’est pas facile dans cette région oubliée de la perfide Albion. Alors autant s’oublier dans le houblon et le rock (« Feed Your Addiction »). Et pour la subtilité des sentiments, passez votre tour : hé c’est du rock garage m’enfin quoi! Perfide ouais !

Beasts of Bourbon

Low life

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Beasts of Bourbon (jeu de mot autour d’un titre des Rolling Stones) n’était qu’un projet parallèle pour ses différents membres avant de devenir un des groupes phares de la scène pub rock australienne. Composé d’anciens Hoodoo Guru, Scientists et Johnnys, il aura fallu attendre l’implosion de ces groupes pour que l’affaire se mette à tourner à plein régime. Quelques albums et changements de personnel plus tard, les voici qu’ils se fendent d’un live tout en grincements et larsens, sauvage et carré. Salissant le « Cocksucker Blues » des Stones (qu’ils doivent décidément chérir) ou le « Ride On » d’AC/DC première époque, les bêtes sont lâchées et bavent de rage. Mais, problème de taille, mis à part sur ces quelques reprises, la sauce ne prend pas vraiment et le set, plutôt bien interprété pourtant, manque de chansons digne de ce nom. En concluant sur l’admirable « Let’s Get Funky » de Hound Dog Taylor, les Aussies nous prouvent encore que, s’ils ont bon goût (le Bourbon quand même), l’ivresse manque encore. C’est à ça que sert l’alcool, non ?

Beastie Boys

Solid Gold Hits

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Les fêtes de fin d’année : son ambiance, ses sapins, ses boules, ses cadeaux de Noël et ses traditionnels ‘best of’. C’est la coutume : l’époque est marquée par la culture de la compilation… L’année dernière, les Beastie Boys signaient un grand retour par l’entremise de « To the 5 Boroughs », sixième album des pirates de la culture black. Cette livraison marquait le pas, ralentissait le flow du trio new-yorkais. Aujourd’hui, la mouture la plus punk et inventive que le hip-hop ait enfanté revient aux affaires par le biais de ce « Solid Gold Hits » saisonnier, à filer au Père Fouettard ou à fourrer dans la hotte du Père Noël. Aucun des tubes présents sur ce disque n’est à discuter. Et le dilettante y découvrira forcément quelque chose d’énorme, une bombe nucléaire de rap, de pop, de punk. Le clin d’œil dans le rétroviseur des Beastie est joli. Il ravira amateurs et connaisseurs. Mais l’intérêt de ce disque et son indéniable plus-value sont ailleurs. « Solid Gold Hits » ramasse 15 morceaux d’anthologie (“Sabotage”, “Brass Monkey”, « Fight For Your Right”, “Root Down”, “Body Movin’”, la liste est infaillible) et, à chaque fois, une interprétation vidéo vient apporter son soutien optique. Il ne faut plus aller chercher plus loin. La richesse de ce ‘best of’ est ici : 15 titres contre 15 clips, l’élan sonore contre la pulsion visuelle. Inutile de préciser le bonheur éprouvé en révisant les clips décalés des bad Boys de New York. Voilà donc l’occasion rêvée de passer les froides après-midi d’hiver devant sa téloche à mater ces vidéos bon marché. Pantalon baggy, Reebok Pump et perruques de rigueur.