Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Aziza

Aziza sort son premier EP: Haouaz Gun et c'est une pure merveille...

Aziza, c'est le nom du projet éponyme de la jeune chanteuse/bassiste bruxelloise Aziza François. Elle puise son inspiration dans de nombreux styles, que ce soit la musique traditionnelle africaine, la soul, le rock, le trip-hop, le rap ou le funk. Une musique “fusionnelle”, profondément originale, qui recèle même des touches de grunge, de jazz-rock et de 'prog'. Quant à la voix d'Aziza, c'est aussi une véritable découverte. Elle possède la volupté de Sade, la douceur mystérieuse de Tanita Tikaram et les tonalités soul de Grace Jones.

Après la sortie de ses singles "Maggoty" et “Haouaz Gun”, la chanteuse a sorti son premier EP: “Haouaz Gun”, disponible sur les plateformes de streaming et, depuis peu, en format vinyle.

Aziza y questionne sa déconnexion, certains maux de notre société jusqu'à honorer les ancêtres. Et finalement, comment trouver sa place dans cela? Au même titre qu'elle partage ses quêtes intérieures, Aziza nous invite à nous questionner sur nous-même, comme individu marqué et façonné en partie par une société malade et un passé individuel et collectif. On balance entre douceur et colère, entre voix soul et guitares corrosives, entre percussions et atmosphères planantes. Cet EP est une invitation à revenir à nous depuis le tréfond de nos mémoires jusqu'à la célébration de notre être dans sa parfaite imperfection. Un processus alchimique, une “oeuvre au noir”, qui traverse notre contingence pour la transmuter en quelque chose de lumineux.

Cet EP est le fruit d'une collaboration avec Théo Teboul (batterie et percussions), Diego Higueras (guitares) et Morgan Le Grelle (enregistrement et mixage). Aziza continue actuellement à se produire en solo.

Pour écouter l'EP, c'est ici. Le vinyle est disponible chez Caroline Music et Tropical Records à Bruxelles. Il peut aussi être commandé en envoyant un mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

EP “Haouaz Gun”:
Paroles: Aziza François
Musique: Aziza François, Théo Teboul et Diego Higueras
Enregistrement et mixage: Morgan Le Grelle
Mastering: Rémy Deliers
Layout: Tim Vin
Logo: Lyne Brenac
Avec le soutien de Sabam For Culture & Wallonie-Bruxelles Musique

Cover photo: Maël G. Lagadec

Booking: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Aziza

Aziza sort un nouveau single: Haouaz Gun

Aziza, c'est le nom du projet éponyme de la jeune chanteuse/bassiste bruxelloise Aziza François. Sa musique est à l'image de son passé au contact de plusieurs cultures. Elle puise son inspiration dans de nombreux styles, que ce soit la musique traditionnelle africaine, la soul, le rock, le hip-hop ou le funk. Par moments, on décèle même des touches de grunge et de jazz-rock/prog. Quant à la voix, c'est une véritable découverte. Elle possède la volupté de Sade, le côté mystérieux de Tanita Tikaram et les tonalités graves de Nico: une alchimie étonnante.

Après la sortie de son 1er single "Maggoty" en mai dernier, un passage pendant les festivals estivaux Forest Sound (BE) et Les Lézarts Verts (FR), Aziza propose un deuxième single, "Haouaz Gun", disponible sur les plateformes de streaming.

“Haouaz Gun” est une invitation à libérer le cri des ancêtres, celui qui a été englouti par les dynamiques coloniales et sociétales. On y retrouve de la soul, des guitares planantes et électriques, un rythme groovy, un son de sabar lointain, comme clin d'oeil aux racines, un mélange de spoken word et de chant. Aziza chante le désir de briller malgré les fractures qui ont marqué les corps, les coeurs et les mémoires de nombreux peuples. "Haouaz Gun" invite à honorer ce passé et à incarner sa propre lumière comme arme la plus précieuse.

Ont participé à "Haouaz Gun":
Théo Teboul: batterie
Diego Higueras: guitare
Morgan le Grelle: enregistrement et mixage
Rémy Deliers: mastering
Aziza: voix, basse, composition et paroles
Maël G. Lagadec et Katy Cardie: artwork

Vous pouvez voir Aziza en solo le 4 juillet pour "Voilà l'Eté" au CCN de Namur.

Ecoutez “Haouaz Gun” ici.

Ecoutez "Maggoty" ici.

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Photo: Burezi Mugemana - @burezi

 

King Gizzard & The Lizard Wizard

Le Dragon de King Gizzard & the Lizard Wizard…

Écrit par

Le groupe le plus productif au monde a sorti un nouveau single, "Dragon". Michael Cavanagh, le batteur de King Gizzard & The Lizard Wizard, a déclaré au sujet de cette compo : ‘Il est dur, rapide et il est là pour perturber l'ordre naturel et anéantir tout ce qui se trouve sur son chemin, alors montez le son, Sammy !’. Le groupe australien sortira son 24e album, "PetroDragonic Apocalypse ; or, Dawn of Eternal Night : An Annihilation of Planet Earth and the Beginning of Merciless Damnation", ce 16 juin 2023. Comme sur "Infest The Rat's Nest" (2019), le groupe explore le monde merveilleux du trash metal.

Le single est disponible sous forme de clip ici

 

 

Aziza

Aziza, une nouvelle voix “soul-rock” qui fait sensation

Enorme coup de coeur pour Aziza, le projet éponyme de la jeune chanteuse/bassiste bruxelloise Aziza François. Sa musique est à l'image de son passé dans différents pays et de ses origines tchado-belges. Elle puise son inspiration dans de nombreux styles, que ce soit la musique traditionnelle africaine, la soul, le rock, le hip-hop ou le funk. Par moments, on décèle même des touches de grunge et de jazz-rock. Quant à la voix, c'est une véritable découverte. Elle possède la volupté de Sade, le côté mystérieux de Tanita Tikaram (souvenez-vous de “Twist In My Sobriety”) et les tonalités graves de Nico: une alchimie étonnante.

Savons-nous aimer véritablement malgré les traces d'un conditionnement sociétal, culturel et familial complexe? C'est la question que pose Aziza dans son 1er single. "Maggoty", qui signifie “véreux” en français, c'est comme un mariage raté qui sublime le chaos par la musique. La voix douce de la chanteuse/bassiste navigue entre les guitares de Diego Higueras et les rythmiques inattendues du batteur Théo Teboul. On n'oubliera pas la touche orientale qui rehausse discrètement la composition.

A la limite entre le chant et le 'spoken word', Aziza nous raconte que même nos pires expériences sont transmutables, pour un mieux. Un univers singulier à découvrir avec ce 1er single, sorti il y a quelques jours.

Après des concerts remarqués lors du Concours Circuit et à la Maison du Peuple, on pourra découvrir Aziza en solo le 23/06 dans le cadre des Fêtes de la musique à l 'Abeille Blanche (Bruxelles).

Ecoutez "Maggoty" ici.

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Crédit Photo: Burezi Mugemana - @burezi

 

Sugar Wizard

L’esprit à la dérive de Sugar Wizard

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Pénétrer l’univers de Sugar Wizard, c’est s’inscrire au Fight Club avec Freud. Après s’être fait maîtriser, on passe en mode psychanalyse. On réfléchit, impuissant, encore marqué par notre passé d’adolescent. Ah qu’est-ce qu’on a aimé ! Le rock qui tache des années 90, le ‘plane’ des 70s ou encore la folie des clubs. S’il reste un peu d’énergie, on peut se lever, hisser les poings et frapper à son tour, fort, sur cet adversaire qui n’est autre que nous-même.

Loin des bancs de l’école, Victorien, Philippe, Aymeric et Kévin se sont rencontrés, à Lyon, en 2019, et ils ont chacun enregistré un lourd bagage dans la soute de Sugar Wizard !

Un bagage musical bien sûr, mais surtout un bagage émotionnel. Leurs philosophies se confrontent, leurs expériences et leur ego sont mis à rude épreuve ; ils s’analysent et se complètent sans se comprendre entièrement, mais c’est justement dans cette atmosphère de mystère que la magie opère. Alors que les esprits s’ouvrent, la brume se dissipe et laisse entrevoir la perspective du tableau : une musique lunaire et mélancolique qui ne manque pas d’énergie.

Aujourd’hui, Sugar Wizard puise dans son identité naissante pour nourrir le projet et le porter plus loin. Son premier Ep, « Drifting mind », est paru ce 17 mars 2023. Et la formation n’a qu’une envie : aller à la rencontre de son public. Bouclez vos valises, prêts pour le décollage !

Le clip de « Practicing Magic Away From Home » est disponible

 

 

King Gizzard & The Lizard Wizard

K.G.

Écrit par

Bien que fondée en 2010, cette formation australienne compte déjà 16 albums studio à son actif. Découpé en 10 plages pour 42 minutes, son dernier, « K.G. », baigne au sein d’un psyché/rock qui se nourrit de tonalités microtonales, comme dans la musique arabe, hindoue et raï, des intonations qui nécessitent des accords quarts de ton. Mais également de jazz, folk, funk, prog et métal.

Depuis la sortie de son dernier opus, l’un des batteurs, Eric Moore, a quitté le navire afin de se consacrer ‘full time’ au label Flightless. Le line up est donc réduit à un sextuor. Ce qui ne change pas grand-chose aux facultés du combo à jongler entre les différents styles. Encore que sur ce nouvel LP, King Gizzard & The Lizard Wizard use et parfois abuse de ces tonalités microtonales. Même les guitares sont touchées par cette contagion stéréotypée. Trois ou quatre plages, ça passe, mais dix, ça lasse. Les nuances apportées par le sitar et la flûte allègent souvent les compos. Cependant, elles sont un peu trop rares pour corriger le tir. Pourtant, il y a de l’énergie, de la percussion, parfois même de la folie douce (« Ontology », compo dont les lyrics traitent de la complexité de l’existence humaine), des harmonies vocales limpides, parfois incantatoires… et puis le groove libéré par « Minimum brainsize » nous replonge dans l’acid house de Madchester (Stone Roses ?). Mais le déséquilibre est trop flagrant pour emporter les suffrages de votre serviteur. Dommage !

Eliza Neals

Black crow moan

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Chanteuse et pianiste, Eliza Neals est considérée comme un fleuron du blues/rock local, à Detroit, dans le Michigan. Elle a été nominée de nombreuses fois aux Detroit Music Awards. Eliza compte une importante discographie à son actif. Pour enregistrer son nouvel elpee, elle a reçu le concours de nombreux amis, parmi lesquels figurent plusieurs gratteurs, mais également de son backing group, The Narcotics. Elle signe huit des dix plages et s’est chargée des arrangements ainsi que de la production. En outre, sa voix ravagée colle parfaitement à son répertoire qui oscille du blues à la soul, en passant par le rock…

Imprimé sur un tempo rapide, "Dont'judge the blues" ouvre la plaque. La voix d’Eliza domine parfaitement un ensemble au cours duquel seuls deux instruments tirent leur épingle du jeu : les percussions de Brian Clune et la slide de Mike Puwal. Tenace, cette slide s’accroche au blues lent classique "Why you ooglin me". Miss Neals chante d’une voix qui transpire de vécu et double à l'orgue Hammond. Star du blues à San Francisco, Joe Louis Walker participe à deux plages. Il prend un remarquable billet de sortie sur la très soul "The devil don't love you", que tapisse l’orgue de Bruce Bears (NDR : cet ex-Duke Robillard est issu de Boston). Puis le titre maître, "Black crow moan", un slow blues royal au cours duquel Joe Louis est vraiment bouleversant, alors qu’Eliza siège de nouveau derrière l’orgue, tout en se consacrant au micro avec une émotion et une passion dévorante. Également originaire de la Motor City Five, le gratteur Howard Glazer est un ami fidèle. Il collabore également sur deux pistes. Soit "Watch me fly", une ballade blues bien mélodieuse, qu’il tourmente de ses cordes acérées et très susceptibles de mettre la gomme. Face à l’orgue de Jim Alfredson (Janiva Magness Band), le timbre vocal s’avère juste est clair. Son approche torturée et déjantée des cordes est reconduite tout au long du superbe et impressionnant "River is rising". Autre citoyen de Detroit, Derek st. Holmes figure également parmi les guests. Ex-star des Amboy Dukes, entre 1974 et 1978, il est devenu le chanteur et guitariste rythmique de Ted Nugent.  Et Derek est loin d’être un manchot. Il le démontre sur la ballade "Never stray", Caractérisée par de beaux échanges entre les cordes et les ivoires d’Eliza, ce morceau ne manque pas de charme. Le "Ball and chain" de Big Mama Thornton avait été popularisé dans les 60’s par Janis Joplin. Bien construite, la nouvelle version baigne au sein d’un climat dramatique, un climat entretenu par la voix enflammée et la guitare. Shuffle très rock'n'roll, "Hey, take your pants off" clôt cet excellent opus…

Eliza Neals

10,000 feet below

Écrit par

Issue de la Motor City, Eliza Neals est une artiste particulièrement dynamique. Cette chanteuse/claviériste/compositrice a déjà décroché plusieurs awards, dans les domaines 'Blues/R&B' mais aussi 'Rock/Pop'. Elle drive son propre band, The Narcotics. Mais à l’instar de son opus précédent, "Breaking and entering", pour enregistrer "10,000 feet below", elle a reçu le concours de nombreux amis : des gratteurs, des bassistes et des batteurs. Au premier rang desquels figure son fidèle partenaire, Howard Glazer, un guitariste notoire…

C’est par des sonorités traitées au bottleneck par Glazer, mais overdubbées, que s’ouvre "Cleotus", une plage chantée d’une voix un tantinet sensuelle par Miss Neals. Ce duo cosigne le très inspiré et majestueux "Another lifetime", un premier blues lent. Les cordes d’Howard sont omniprésentes et soutiennent idéalement le timbre éraillé d’Eliza. La rythmique hypnotique imprimée par le drumming de Skeeto Valdez et les riffs de gratte balisent "Burn the tent down", un rockin’ blues bien percutant. Notre vocaliste blonde pousse de petits cris nerveux avant de totalement se libérer. Elle entame le titre maître a cappella. Des cordes acoustiques entrent ensuite dans la danse, avant que Howard ne vienne y incruster des chapelets de notes incisives et mordantes. Imprimé sur un mid tempo, "You ain’t my dog no more" est de toute bonne facture. Le timbre vocal est écorché. La slide, offensive, impérieuse et métallique. Et au beau milieu de cette tornade, "Cold cold night" retrouve un peu de quiétude. Un havre de paix. Une ballade indolente au cours de laquelle la voix est soulignée par les cordes acoustiques de Paul Nelson (NDR : il a milité au sein du backing group de Johnny Winter), invité pour la circonstance. Assise derrière son piano, Eliza interprète d’une voix profonde, "Hard killing floor", une plage empreinte de douceur. La gratte de Glazer s’approche puis s’installe, tout en provoquant une sensation de malaise, avant de s’enflammer. "Call me Moonshine" évolue également sur un mid tempo. Miss Neals se consacre au micro et se concentre sur son orgue Hammond, alors qu’Howard ne tient plus en place. Il écrase ses pédales à la manière d’un Jimi Hendrix au sommet de son art ! Et cette légende hante encore "Merle Dixon". Tordues, malmenées, crachant son lot de braises incandescentes, les cordes sont trafiquées à l’extrême. Roots, "Downhill on a rocket" libère des saveurs étranges. Talonnée par de petits cris stridents dispensés par la gratte, la voix musarde et se dédouble à l’infini. Empreinte de sérénité, "At the Crossroads" est une ballade sereine soulignée par la voix aérienne et entretenue par les accords de piano ainsi que de la guitare aux accents mélodiques, guitare que se réserve Billy Davis (NDR : il a bossé en compagnie de Hank Ballard et Jimi Hendrix, il y a un bon bout de temps). Le meilleur opus d’Eliza Neals, à ce jour !

 

Eliza Neals

Breaking and entering

Écrit par

Issue de Detroit, dans le Michigan, Eliza Neals est une chanteuse de blues/rock. Elle est aussi pianiste. Mais également auteur-compositeur et productrice. En 2012 et 2013, elle a décroché des Music Awards, dans sa Motor City. Quoique encore jeune, cette artiste a déjà publié de nombreux albums : "I'm waiting" en 2003, "Liquorfoot" en 2005, "No frogs for snakes" en 2008 et "Messin' with a fool" en 2012. Pour enregistrer "Breaking and entering", elle a reçu le concours de toute une ribambelle de collaborateurs. Des sessions qui se sont déroulées à Detroit et Ferndale, dans le Michigan, à Weehawken (New Jersey), et à Nashville (Tennessee).

Le dobro d'Howard Glazer nous entraîne dans son "Detroit drive". La voix d'Eliza est surprenante, expressive, au bord de la rupture. Acoustique, cette ouverture est également marquée par les pulsations rythmiques communiquées par Erik Maluchnik. Blues lent incandescent, le titre maître est balisé par les cordes de Glazer, désormais largement amplifiées et torturées. Eliza extirpe des mots de sa gorge, sans doute ravagée par les excès. "Jekyll and a hound" est sans aucun doute l'une des meilleures plages de l’elpee. Elle a été mise en boîte à Memphis, sous la houlette de Mike Puwal, qui assure aussi les parties de guitare. Rockin’ blues, "Goo Goo glass" concède des accents pop, une plage construite sur un riff débridé, dispensé par Glazer. Dans l’univers du rock, Kenny Olson est un guitariste particulièrement notoire et apprécié par ses pairs. Métalliques, ses interventions sont impressionnantes tout au long de l’indolent "You", un morceau au cours duquel Eliza siège derrière l’orgue Hammond tout en chantant d’une voix relativement plus douce. Olson participe également à "Southern comfort dreams", sur un rythme à peine plus soutenu, en écrasant judicieusement sa pédale wah wah. Rock entraînant, "Pretty gritty" est dominé par les cordes de Mike Puwal et les accords de piano sautillants de Miss Neals. La voix d’Eliza parvient à s’extraire de chœurs imposants sur "Windshield wipers", une piste aux accents pop. Dansant, "Sugar daddy" lorgne ver le R&B. Mike Puwal revient une dernière fois apporter son concours sur "I'm the girl", une autre plage dansante. Howard Glazer, le gratteur de Detroit, contribue aux deux derniers morceaux. Il est seul pour épauler Miss Neals, au chant et aux claviers sur "Spinning". Et ses interventions sont tourmentées et déjantées. La finale est en réalité une version condensée du long blues qui donne le titre à l’elpee, une adaptation baptisée communément ‘Radio Edit’.

 

Elia y Elizabeth

La Onda de Elia y Elizabeth

Écrit par

Petit conseil du mois : laissez-vous bercer par ces Ondes musicales libérées par Elia et Elizabeth Fleta Mallol, deux sœurs issues d’une famille de musiciens espagnols émigrés à Baranquilla. Les ballades de ces deux frangines colombiennes, composées entre 1971 et 1973, ont en effet été exhumées des tiroirs par le label espagnol Vampisoul, orfèvre en la matière. Les morceaux pop-folk parfumés d’effluves psyché et stimulés par des rythmes caribéens enchantaient à l’époque les foules. De craquantes chansons qui n’ont pas pris une ride… Une carrière éclair limitée à deux long playings qui fait aujourd’hui l’objet de cette compilation réunissant 16 plages laidback au charme juvénile. Le début des études sonnera le glas de leur aventure… La légèreté des voix de ce duo féminin est magnifiée par la production sur mesure de Jimmy Salcedo, pianiste de formation, qui parvient à tirer le meilleur de leur répertoire. Les mélodies sont imparables, à l’instar du vaporeux « Fue una Làgrima » ou de l’émouvant « Descripcion ». Une plongée étonnante dans l’univers folk sud-américain d’une autre époque !

Un livret aux photos d’époque accompagne cet étrange recueil ainsi qu’un texte explicatif signé Carlos Icaza…

 

Elizabeth Shepherd

Rewind

Écrit par

Lorsqu'elle se décide à entamer la composition de son quatrième album, la Canadienne Elizabeth Shepherd découvre qu'elle est enceinte. Elle décide alors de modifier ses projets et de se consacrer à l’enregistrement d’un album de reprises. Lesquelles ? De morceaux qui l'ont marquée depuis l'enfance. La native de Toronto est loin d'être une inconnue pour les amateurs de jazz. En effet, son premier opus paru en 2006, « Start To Move », est désigné par les auditeurs du prestigieux Gilles Peterson Show comme l'un des meilleurs albums jazz de l'année. Les deux réalisations qui suivent recueillent également un solide succès critique et lui valent plusieurs nominations pour différents prix dans son pays d'origine. Elle est d'ailleurs la seule chanteuse de jazz qui ait concouru pour le Polaris Prize. Très vite, les plus grands festivals et les meilleures salles lui ouvrent leurs portes. Elle s'y produit soutenue par son trio, mais également en compagnie de pointures comme Branford Marsalis, Victor Wooten ou Christian McBride. Elle assure aussi régulièrement la première partie de Jamie Cullum.

Il faut reconnaître à cette pianiste émérite un vrai talent pour les arrangements que l'on peut encore mieux apprécier sur le présent « Rewind ». En effet, la plupart des morceaux sont d'énormes standards et l'on est très souvent conquis par la façon dont elle les revisite. Nancy Elizabeth n'est pas de ces jazzmen (NDLR : jazzwomen ?) qui surchargent leurs interprétations de mille fioritures et circonvolutions. Ici, il n'y a pas une note de trop, le ton est délibérément minimaliste et intimiste. Une sobriété que l'on retrouve également dans sa façon de chanter jamais démonstrative mais tout en nuances qui a suscité les comparaisons avec Joni Mitchell et Ricky Lee Jones. Il existe évidemment une énorme maîtrise technique derrière cette interprétation, mais on ne sent pas l'effort. Au contraire, l'atmosphère est décontractée, agréablement groovy.

« Rewind », plus que nous replonger dans le passé, nous entraîne dans l'intemporalité, malgré ces morceaux d'un autre âge signés Gershwin, Kurt Weil ou Cole Porter. Les minutes s'égrènent au son d'une guitare des îles puis se bousculent sur un solo de Wurlitzer ou de Hammond. On redécouvre aussi Brassens et ses ‘amoureux des bancs publics’ dans une version violon/contrebasse des plus réussies. Elizabeth Shepherd, qui a résidé quelques années en France, se lance même dans une version francophone de « Porque Te Vas » qu'on préfère quand même dans la langue de Cervantès. Et puis, il y a des moments plus enlevés comme le « Sack of Woe » de Cannonball Aderley et son groove diabolique mais surtout une version de « Feeling Good » mémorable ne fut-ce que par la performance de Colin Kingsmore, à la batterie. Bref, un disque maîtrisé de bout en bout, plein de maturité et de tendresse que l'on pourra ressortir de l'armoire ces dimanches paisibles où le temps se dilate.

 

Iza

Picture of You

Écrit par

Tangues Annelies aka Iza vient d’enregistrer son premier elpee solo. Et pourtant, elle ne vient pas d’accomplir ses premiers pas sur la scène musicale belge. En effet, avant d’embrasser une carrière individuelle, elle militait au sein d’un groupe répondant au nom de Jin XS. Mais progressivement, elle met de plus en plus souvent en exergue, ses talents de cantatrice. Ainsi, lors de l’édition 2006 du Humo’s Rock Rally –passage recommandé (obligé ?) pour acquérir une certaine notoriété de l’autre côté de la frontière linguistique– la Flamande y récolte d’excellentes critiques. Particulièrement active, elle a également assuré les chœurs pour Milow et sévi, comme pianiste, au sein du backing band d’Allan Muller. Toute une série d’expériences qui l’ont décidée à quitter la formation en 2007, afin de voler de ses propres ailes. Deux années plus tard elle sort son premier single. Une pop song intitulée « Fiendly Fires », au cours de laquelle, ses capacités vocales sont, bien sûr, déjà affinées.

« Picture of You » est un elpee bicéphale. Le premier volet met en exergue, bien sûr, sa voix. Un timbre cassé susceptible de monter dans les aigus, avec une facilité déconcertante. L’auteur/compositeur/interprète aborde, en général, le thème de l’amour, donc également de la rupture. Ce qui n’empêche pas la présence de plages plus enjouées, plus rythmées, soutenues par une orchestration subtile. Et « Sunshine », le morceau qui ouvre l’opus, en est une belle illustration. Enrichi de cuivres, il adopte un ton allègre, ensoleillé. Un peu comme chez Feist. Percus et chœurs nous entraînent sur le continent africain, tout au long de « Falling In Love ». Le titre maître baigne au sein d’un climat glacé, mais également empreint de charme de romantisme. A cause des interventions judicieuses des violons et des cuivres. « Tell You  In a Song » lorgne davantage vers la soul. Un terrain fertile pour bien mettre en évidence la voix d’Annelies. Le second volet est malheureusement moins intéressant. Plus minimaliste aussi. Une voix, son piano et de rares autres instruments. Et la monotonie commence à s’installer. Un essoufflement qui ne remet cependant pas en question le fil conducteur de cet opus : la superbe voix d’Iza…

 

Stinking Lizaveta

Sacrifice and Bliss

Écrit par

Originaire de Philadelphie, Stinking Lizaveta évolue sous la forme d’un trio. Mais pas n’importe quel trio ! Le combo se distingue en substituant un bassiste à un contrebassiste et un batteur à une batteuse ! Plutôt insolite dans un groupe de metal. Complètement décalé, l’ensemble surprend par ses atmosphères jazzy, doom et psyché. Mais l’absence de chant constitue un sérieux obstacle pour apprivoiser totalement ce « Sacrifice and Bliss » qui devient sérieusement ennuyeux après 10 minutes d’audition. Il serait inopportun de ne pas rendre justice au savoir-faire du virtuose Yanni Papadopoulos, dont le principal mérite est de ne jamais sombrer dans les clichés ringards du guitar-hero qui en fait des tonnes. On épinglera la pertinence des breaks, parfaitement en place, sur « Trouble Mountain » et « We will See », un intermède acoustique plutôt réussi ; mais l’ensemble reste terriblement linéaire et la production approximative. L’esprit évoque un peu Karma To Burn, mais on est loin du génie de ce groupe culte, un des rares metal band qui soit parvenu à signer des pièces totalement instrumentales d’anthologie. Cet elpee éponyme de Stinking Lizaveta s’avère donc plutôt dispensable.

Izaline Calister

Kanta Hélele

Écrit par

Originaire de l’île de Curaçao dans les Caraïbes, la chanteuse Izaline Calister est une star locale depuis la sortie de son premier disque « Krioyo ». Sur « Kanta Hélele » elle revisite quelques traditionnels de son île en y ajoutant sa touche personnelle. Elle compose aussi ses propres morceaux dans un mélange qui doit autant à la salsa moderne un peu clinquante, au zouk qu’à la rumba congolaise. Les atmosphères sont aussi fort versatiles : des chansons pour se trémousser, quelques ballades jazzy carrément mielleuses (« Nada den mi man ») et des plages touchées par la fièvre vaudou (« Karnaval di Zumbi »). Une belle voix, peut-être trop lisse, comme le reste de la production musicale de ce disque ; l’interprétation est irréprochable, mais hésite constamment entre pop et tradition.

 

Nico Backton & Wizards Of Blues

Back door blues

Écrit par

Nicolas Backton est né à Gand, il y a 30 ans. Ce jeune chanteur/guitariste belge commet son premier elpee en 1996. Un disque acoustique intitulé "Yazoo River blues". Au cours des cinq années qui suivent, il tourne beaucoup en Belgique, parfois en compagnie de Marc Lelangue. Il enregistre quand même un deuxième opus, "Wait & see". Et se rend au Sénégal, voyage au cours duquel il fait la connaissance de Youssou 'N Dour. En 2001, il croise Christian Michel et François Miniconi sur les routes du Sud, du côté de Perpignan. De cette rencontre naît les Wizards of Blues. Et il y sévit toujours. En 2005, cette équipe développe un projet original : retracer l'histoire du blues en y appliquant leurs arrangements de vieux blues des années 30 et 40. "Back door blues" constitue le résultat de leur travail!

Armé de son dobro, Nico attaque le "Before you accuse me" d'Eugene Mc Daniels. Un titre popularisé autrefois par le Creedence Clearwater Revival et Eric Clapton. Il est soutenu par sa section rythmique : Christian à la basse et François à la batterie. Nico possède une très bonne voix pour chanter le blues et sent parfaitement sa musique. L'artiste puise alors dans ses racines pour reprendre avec beaucoup de bonheur le "Hot times in Old Town" de Mississippi John Hurt, un blues rural qui ne bénéficie que d’un accompagnement minimal. Allègre, cette chanson invite à faire la fête dans la vieille ville. Le timbre métallique du dobro est épatant. Backton dispose d’une voix rocailleuse dont il module le timbre avec un talent indéniable. Il parvient même à sonner authentique au sein d’un répertoire pas toujours facile. A l’instar de son adaptation du "Police dog blues" de Blind Blake. Parfois, il monte le volume sans pour autant atténuer l'intérêt qu'il suscite. Car il respecte la musique qu'il exécute. Même lorsqu’il est seul avec ses cordes électriques. "Big legged woman" en est la plus belle démonstration. Signée Johnny Temple, un des pionniers du préwar blues, la version est particulièrement réussie. Nico a plus d'une corde à son arc. Il joue également du piano. Il y est même convainquant. Sa reprise du classique "Worried life blues" de Big Maceo Merryweather, un des plus grands pianistes de Chicago, en est un parfait exemple. Il adopte un profil très roots pour attaquer le "Lost lover blues" de Blind Boy Fuller. Un fragment illuminé d’un solo mais aussi par la voix. A contrario il interprète le "Allright Mama blues" d'Arthur Crudup d’un timbre ravagé mais authentique, une chanson qui allait être popularisée par Elvis Presley au beau milieu des années 50. Pas de rock'n'roll ici, mais une plage imprimée sur un tempo alerte qui communique d'excellentes vibrations. Il opère une attaque primaire, au dobro, du canon de T-Bone Walker, "Stormy Monday blues". La charge est rugueuse, exécutée à la manière d'un blues d'avant-guerre. La dose d’émotion libérée est phénoménale. Seul, assis inconfortablement sur sa chaise, il manifeste une extrême sensibilité intérieure. Ses doigts accrochent fiévreusement les cordes qui se mettent à résonner. Dommage que ce morceau si intense soit aussi court! Nico démontre toute l’étendue de son expérience en abordant un style totalement différent, très rythmique, sur le "Back door stranger" de Brownie McGhee. Personnellement, je le préfère sous un profil plus classique mais personnel. Notamment dans le domaine des arrangements. Et je pense tout particulièrement au "Drifting blues" de Charles Brown, une plage au cours de laquelle il est rejoint par son ami Richie Faret, à l'harmonica. Backton s’assied une dernière fois derrière le piano pour chanter à la perfection le "Whiskey and gin blues" d'un certain Memphis Slim. Son timbre est volontairement imbibé et semble émaner d’un juke joint enfumé. Nico malmène son dobro pour enfin chanter Backton, lors d’un boogie blues intitulé "Phils bar blues", un bar situé au cœur des Marolles, rue Haute à Bruxelles. Le trio recourt une ultime fois à l’électricité pour nous balancer "Early in the morning". Les trois musiciens chantent à l’unisson. La guitare électrique se libère sur un rythme syncopé, en adoptant l'axe Memphis-New Orleans. Un album fort sympathique et de bonne facture, conçu sous la forme d’un credo.

 

Stinking Lizaveta

Caught Between Worlds

‘Coincé entre deux mondes’, c’est sûr que ce n’est pas trop la fête. Comme ces types qui restent dans le coma toute leur vie, à végéter en attendant leur mort, ou les grands romantiques qui marinent entre deux femmes (l’ex, la future), le cœur presque à l’arrêt. C’est une image, et celle qu’évoque la musique de ces types n’est pas jolie à voir. Guitare/basse/batterie, le truc habituel ; mais une formule mise ici au service d’un prog metal instrumental très rarement inspiré. Ca ne vaut pas un Noxagt, un Uzeda ou ce genre d’avant-garde électrique. Stinking ? Mmmm, pas bon.

Janez Detd / Green Lizard

Killing me

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Plus proche de Green Day que des Sex Pistols, Janez Detd défend les couleurs du punk rock belge avec panache. Il y a plus de huit semaines que le combo est n°1 dans le top 50 de Studio Brussel. Pas vraiment fréquent pour un groupe belge, punk de surcroît, de faire la nique à Rammstein ou à Coldplay. Déjà trois mois que l’album « Killing Me » est paru. La plage titulaire de cette plaque adulée par les ados flamands vient de bénéficier d’une gravure en single, ou plutôt sous le format d’un split-single, puisqu’on retrouve en ‘flip side’ deux titres du groupe Green Lizard qui milite dans le même registre. Et pour votre information sachez que jusque la fin de l’année 2005, les 50 premières personnes qui se présenteront à un concert de Janez Dedt recevront ce split Ep.

Elizabeth Lee

You got that right

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Elizabeth est originaire du Texas. De Houston, pour ne rien vous cacher. Elle n'est pas une véritable 'blues woman', car elle aborde indifféremment le rock, le blues, le southern soul et le R&B funky. Elle a beaucoup voyagé et s'est arrêtée à New York le temps de commettre deux albums : "Don't rub me the wrong way" et "Texas bound". Elle a transité par Nashville avant de revenir au Texas où elle a rencontré le guitariste/producteur Larry Chaney, en compagnie duquel elle a enregistré. "Milagro". Lors d'une tournée européenne, elle a noué des contacts avec le label allemand Taxim, sur lequel vient de sortir son petit dernier. Un opus qui baigne au sein d'un climat rocking blues dramatique.

Dès les premières notes de "Coffee song", la voix trafiquée, légèrement reverb, laisse une large place aux guitares saturées. Bien que l'album soit signé Miss Lee, Larry Chaney joue ici un rôle très important. Non seulement il se réserve la guitare, mais il assure également la production de l'elpee. La charmante Babette ne manque pas d'atouts. Elle possède une puissance naturelle dans la voix. "Somethin' gotta give" est un R&B séduisant. La guitare part à l'aventure. Elle s'évade au loin, très loin, pour frôler l'univers du psychédélisme. Elle déjante et délire à la fois. Composé par Percy Mayfield, "River's invitation" est un classique notoire, que ne recèle cependant rien de bien californien dans le son. "You slay me" est une compo qui épouse un riff très proche des Rolling Stones. La guitare de Chaney joue sur les rythmes, alors que l'harmonica de Frona Farrelly parvient enfin à émerger. Ballade sensuelle, "Never meant to" est un moment propice pour permettre à la voix de moduler le ton. Le traitement infligé à "Start it up" est bien plus intéressant. Composé par Robben Ford ce titre est caractérisé par un chant mesuré qui éclate dès que le tempo change. L'instrumentation se fixe alors à Memphis pour s'inspirer de Booker T & the MG's, Larry jouant le rôle de Steve Cropper et l'organiste Pat O'Bryan celui de Booket T. Probablement le meilleur moment de cet album! Composition originale, "Get ready" est une ballade sirupeuse au cours de laquelle la voix produit ses petits fantasmes sensuels. Le Band doit se sentir à l'aise sur scène. On s'en rend compte tout au long du 'medley' partagé entre l'illustre "Shakey ground" de Delbert McClinton et le non moins connu "After midnight" de J.J Cale. L'expression sonore passe, avec beaucoup de bonheur, du funk naturel du premier à la nonchalance du second, en maintenant une puissance dans la voix qui sied parfaitement à l'ambiance créée par les musiciens. "You got that right" sent bon le blues. La rythmique particulièrement solide balise cette plage paresseuse pendant que l'harmo et la slide se traînent sur la route quelque part entre New Orleans et Baton Rouge. Le rockin' blues durcit et se mue en boogie d'enfer tout au long de "Methadone man". Sur un tel thème les cordes peuvent délirer à satiété. Elesabeth Lee nous entraîne, tout au long de ce " You got that right ", au sein d'un univers sonore sis quelque part entre le blues, R&B et le southern rock…

 

The Jesus Lizard

Blue

Pour enregistrer son septième album studio, le combo de Chicago a reçu le concours d’Andy Gill, membre fondateur du mythique Gang of Four. Des conditions idéales pour raffiner la malveillance et la sauvagerie de leur alchimie sonore. Pourtant, l’aspect mélodique de " Blue " est ici beaucoup plus châtié. On a même droit sur le mystérieux " Horse doctor man ", au fruit d’une rencontre hypothétique entre Hunters & Collector et And Also the Trees. Mais si le Lizard a quelque peu mué, flirtant même parfois avec l’électronique, la voix ‘lydonesque’ (par référence aux Pistols), voire ‘jeffreyleepiercienne’" (voir Gun Club), de David Yow continue à cracher sa bile sur un trash/blues/punk marécageux, psychotique hérité en ligne droite de Captain Beefheart et bien sûr des Stooges…

 

The Jesus Lizard

Shot

Si à l'origine, Jesus Lizard courtisait un punk post Buttholes/Big Black/Happy Flowers, aujourd'hui il opère, à l'instar de feu Jeffrey Lee Pierce (Gun Club) et de Nick Cave, dans le blues urbain, sordide, occulte. Les treize fragments de "Shot" macèrent ainsi au sein d'un climat malsain, pathétique, tourmenté, déchiqueté par des rythmes versatiles, venimeux. Découpés chirurgicalement par les cordes de guitares malveillantes, rampantes, rageuses, parfois même sous une forme "steel", comme sur l'excellent "Good riddance", ils suppurent de lyrics obscènes, répugnants, machistes, cyniques, proférés par le vocal gémissant, grinçant de Yaw, aussi grinçant et gémissant que celui du vocaliste des Pistols, John Lydon. L'album atteint même son intensité paroxystique sur "Too bad about the fire" et surtout lors du final "Pervertedly slow", composition qui aurait tout aussi bien pu appartenir au répertoire des Stranglers originels, si elle avait eu recours aux claviers.

 

Lizard Music

Fashionably Lame

Steve Albini commis à la production, nous nous attendions à devoir affronter un trash metal intransigeant, un hardcore dévastateur ou un grunge tumultueux. Il n'en est heureusement rien, car les fibres de metal qui entrent dans la composition de ce "Fashionably Lame" sont parfaitement assimilées par le langage pop des mélodies. Un langage finalement très proche des Bats, JPS Experience, Verlaines et autres formations néo-zélandaises du label Flying Nun.  Caractérisé, par ces harmonies vocales beatlenesques, ces cordes de guitares tantôt ébréchées, grésillantes, tantôt semi acoustiques, et ces drums arides. Un langage pratiqué par Lizard Music sur la plupart des chansons. Ce qui ne l'empêche pas de s'aventurer dans la new wave syncopée, post Slits sur "Kill for a Sprinkle", de s'embarquer dans un paso doble avec le même aplomb que les Négresses Vertes sur "She's a very very fat fat weirdo" ou de ponctuer son tour d'horizon par le ‘ixiesque’"The Frugal Lam,". Un très chouette album pour cette nouvelle signature du label de Dave Allen/Luc Van Acker, World Domination !