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Miossec simplifie…

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Current Joys

Current Joys d’Est en Ouest…

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Current Joys vent de partager le single « Lullaby For The Lost », le troisième extrait de son nouvel opus « East My Love ».

Nick Rattigan a écrit « East My Love » seul, dans les bois du Tennessee, sans réseau téléphonique et sans personne à des kilomètres à la ronde.

Composées trois ans avant « Love + Pop », le double album pop expérimental qu'il a sorti en 2023 avec Lil Yachty, Lala Lala et Slow Hollows, les chansons d'« East My Love » lui semblaient alors trop brutes pour être présentées au monde, il devait d’abord sortir du nuage qui s'était abattu sur lui.

Rattigan décrit ces chansons comme des ‘mines’ qui, pendant des années, ont menacé de bouleverser son état mental soigneusement équilibré.

Resplendissant et teinté de country, « East My Love », le 12ème elpee de Current Joys, semble très vite familier. C'est normal : les 12 chansons qu'il contient plongent dans le riche folklore de l'Ouest américain pour raconter des histoires d'amour et de traumatisme, de chagrin d'amour et de renouveau spirituel.

Grâce à une lumière enveloppante et une production de Nick Rattigan parmi les plus luxuriantes à ce jour, c'est le genre d'album dans lequel les auditeurs peuvent se reconnaître et, avec un peu de chance, le garder près d'eux lorsqu'ils auront le plus besoin d'être rassurés ou de s'évader.

« Lullaby for the Lost » est en écoute ici

 

Current Joys

Current Joys, un peu plus à l’Est… ou à l’Ouest…

Écrit par

Current Joys, aka Nick Rattigan, sortira son nouvel opus, « East My Love », ce 11 octobre 2024.

« East My Love » constitue le douzième elpee de Current Joys et familière, sa country nous plonge dans le riche folklore de l'Ouest américain pour raconter des histoires d'amour et de traumatisme, de chagrin d'amour et de renouveau spirituel.

Nick Rattigan a écrit « East My Love », seul, dans les bois du Tennessee, sans réseau téléphonique et sans personne à des kilomètres à la ronde. Les morceaux ont été composés trois ans avant « Love + Pop », le double album pop expérimental qu'il a publié en 2023 en compagnie du rappeur américain Lil Yachty, la chanteuse de rock indépendant, basée à Chicago, Lala Lala et le band Slow Hollows. Les chansons d’« East My Love » lui semblaient d’abord trop brutes pour être présentées au monde ; il devait donc d’abord sortir du nuage qui l’avait emprisonné. Rattigan décrit ces chansons comme des ‘mines’ qui, pendant des années, ont menacé de bouleverser son état mental soigneusement équilibré.

À d'autres moments de l’album, Nick Rattigan est plus lucide sur la difficulté d'aller de l'avant ; le morceau d'ouverture « Echoes Of The Past », joué au violon et à la guitare et qui compte parmi les plus belles ballades que l’artiste ait jamais écrites, aborde l’idée de la reconnaissance du fait que la paix intérieure existe, mais qu’elle est sur le fil du rasoir. Il déclare d’ailleurs dans cette chanson : ‘La fin du monde ne se fera pas dans le feu et le sang, mais parce que nous n'aurons pas su tirer les leçons de notre passé et de nos erreurs’.

Bref une œuvre à découvrir dans le désert de Mojave autour d’un feu de camp.

Le premier single, « California Rain », qu’il présente à cette occasion, est une sorte de tableau dans lequel l’artiste décrit sa tentative d'échapper à ses démons. Il est disponible sous forme de clip vidéo ici

 

 

Joyer

Night songs

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Après avoir gravé l’Ep "Drive All Night", Joyer nous propose son nouvel opus, "Night Songs".

Issu de Brooklyn et de Boston, le groupe est drivé par les frères multi instrumentistes Nick et Shane Sullivan, tous deux diplômés de l’école de cinéma.

Issu de cet elpee et paru en single "Drive All Night" nous plonge dans une atmosphère sombre et envoûtante.

Les paroles sont introspectives et mélancoliques.

Enchanteresse, la voix nous guide à travers des paysages sonores riches et complexes, nous transportant au sein d’un univers onirique et captivant.

Shane explique : ‘En écrivant, nous avons remarqué une sorte de fil conducteur inconscient des différentes activités et comportements qui se produisent la nuit. La nuit est le moment où les comportements les plus destructeurs ou les plus indulgents semblent se manifester, des comportements dont on n'est parfois pas fier.’

Le clip consacré à "Drive all night" est disponible

Podcast # 30 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

No Joy

Motherhood

Écrit par

No Joy a été formé en 2009 à Montréal par la Californienne Jasamine White-Gluz et la locale Laura Loyd, qui a depuis quitté le groupe. « Motherhood » constitue le 4ème elpee du groupe et le premier chez Joyful Noise, alors que les 3 premiers étaient parus sur Mexican Summer.

La formation drivée par White-Gluz a décidé de mâtiner son shoegaze de trip-hop (« Four »), d’un certain esprit 90’s et même d’une pointe de nu-metal ! Le genre avait-il vraiment besoin d’un lifting ? A vous de juger à l’écoute de cette œuvre foisonnante et déstabilisante… qui se révèle tour à tour convaincante, surprenante mais aussi fatigante au fil des morceaux, sans perdre toutefois une certaine accessibilité. On ne parle ici pas de ‘nugaze’ (pour néo-shoegaze) pour rien…

Simon Joyner

Les chansons volées de Simon Joyner

Écrit par

Issu d’Omaha, l’auteur-compositeur-interprète Simon Joyner a récemment fêté ses cinquante ans. Ce songwriter américain enregistre depuis 1990. Et son nouvel elpee, « Songs From A Stolen Guitar » paraîtra ce 20 mai 2022.

Les chansons de Joyner, produites de manière plus méticuleuse et peut-être plus intentionnelle que sur ses précédents albums, sont d'autant plus claires, mettant en avant ses jeux de mots éblouissants et sa clairvoyance.

« Songs From A Stolen Guitar » a été enregistré dans plusieurs villes différentes. Joyner a enregistré sa voix et sa guitare à Omaha, le bassiste Wil Hendrix a ajouté ses lignes chez lui à San Francisco, Michael Krassner a enregistré ses parties de guitare et de piano chez lui à Phoenix, et le batteur/percussionniste Ryan Jewell a enregistré dans le Colorado. Cette chaîne musicale est ensuite revenue à Omaha où David Nance (guitares et chœurs), Ben Brodin (orgue et vibraphone) et Megan Siebe (alto et chœurs) ont fait des overdubs, ajoutant ainsi leurs contributions respectives.

Le clip de « Tekamah », compo qui figurera sur cet opus est disponible

En concert :

14.05.2022 - Annecy, Le Brise Glace

15.05.2022 - Lyon, Le Sonic

16.05.2022 - Rouen, Le 106

17.05.2022 - Lille, Cafe Bulle

 

 

 

 

Joyfultalk

A separation of being

Écrit par

La découverte d’un projet porté par le label montréalais Constellation suscite toujours son lot d’interrogations. Depuis maintenant plusieurs années, l’écurie débusque des artistes qui ne s’inscrivent dans aucune case. Difficile d’adhérer à l’ensemble du catalogue tant les expérimentations proposées sont diverses et parfois poussées à l’extrême.

Joyfultalk appartient à cette catégorie de formations qui offrent ce type d’aventure sonore à laquelle il est difficile de rester insensible. Derrière ce patronyme et cette pochette colorée (issue d’une fresque murale) se cache Jay Crocker, un musicien originaire de la Nouvelle-Ecosse, au Canada. Sur ce troisième opus intitulé « A Separation of Being », il poursuit sa redéfinition de la musique. A l’aide d’instruments de sa création et, surtout de synthé, il propose une musique futuriste aux influences psychédéliques. Divisé en trois plages de sept, huit et seize minutes, Joyfultalk développe des nappes synthétiques qui tournent et finissent par vous hypnotiser. Particularité : on n’y décèle quasiment aucun crescendo...

Si l’écoute de “A separation of being” peut paraître indigeste à certains (elle l’a été en ce qui concerne votre serviteur), cette forme d’expérimentation a le mérite d’exister et de pousser toujours plus loin les limites de la créativité. On peut compter sur Constellation pour continuer à nous sensibiliser aux évolutions musicales...

Vance Joy

Un peu trop sur rails…

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De son véritable nom James Keogh, Vance Joy est de nationalité australienne. Agé de 29 ans, cet auteur, chanteur et compositeur –à la gueule d’ange– pratique de l’indie/folk/pop. Paru en 2014, son premier album, « Dream our life » a décroché plusieurs disques de platine. Et on ne compte plus les hits publiés, dont l’énorme tube « Riptide », en 2013. Il a gravé son deuxième opus, « Nation of two », en février dernier. Ses textes mélancoliques et poétiques racontent avec sincérité, ses histoires d’amour douloureuses, des ballades ensoleillées qui sentent bon le pays des kangourous. Deux premières parties sont prévues : les sœurs Wyld Roses et Scott Helman.

A 19h15, Wyld Roses entame la soirée. Il s’agit d’un duo belge réunissant deux sœurs et c’est leur premier concert. A leur actif, un Ep 4 titres, paru deux jours plus tôt et baptisé « Let go ». L’une d’entre elles se sert d’une gratte semi-acoustique. Les deux jeunes filles ont de belles voix, mais qui ne se conjuguent pas toujours en harmonie. Elles ont du potentiel, mais il y a encore du pain sur la planche. Le public est sympa, car comme c’est l’anniversaire d’une des deux frangines, il entonne en chœur un inévitable ‘Happy birthday’…

Setlist : « Let go », « Immerge », « Cold On Eart », « Moroccan Streets », « Feather Necklace ».

Second supporting act, Scott Helman est issu de Toronto. Il revendique pour influences majeures Bob Dylan, Neil Young, Ray La Montagne, Damien Rice, The Cure et Pink Floyd. Il s’était illustré en 2017, à Montréal, lors d’un hommage vibrant rendu à Leonard Cohen, à travers son interprétation de « Bird on the Wire », devant 50 000 personnes. En outre, au Canada, il a déjà décroché plusieurs récompenses individuelles…

Après avoir gravé l’Ep Scott « Augusta » en 2014, il a sorti son premier long playing, « Hôtel De Ville », l’an dernier.

Sur les planches, il est soutenu par un drummer et un guitariste. Le set s’ouvre par son nouveau single, « PDA », une chanson rafraîchissante qui traite de jalousie et tout particulièrement la sienne. Ses interventions à la gratte semi-acoustique sont nerveuses. Interactif, c’est un excellent showman. A l’écoute de « Cry Cry Cry », la foule commence à avoir des fourmis dans les jambes, une compo spasmodique au cours de laquelle, il a troqué sa guitare contre un ukulélé. Démontrant, au passage qu’il est habile sur ces deux types de cordes…

Setlist : « PDA », « Bungalow », « Cry Cry Cry », « Kinda Complicated », « Ripple Effect », « Hang Ups ». 

La salle est comble pour accueillir Vance Joy qui, ce soir, va nous proposer de très larges extraits de son nouvel LP, « Nation Of Two ».

Il entame son set en solo, armé de sa semi-acoustique, par « Call If You Need Me ». Ses musicos le rejoignent avant d’attaquer le deuxième morceau, « Mess In Mine ». En l’occurrence un trompettiste, un saxophoniste/guitariste, un drummer et une bassiste dont les interventions sont aussi discrètes qu’efficaces. Et le public reprend en chœur le refrain de ce morceau populaire, une réaction qui sera reproduite lors d’autres chansons connues. « Like Gold » émarge à l’indie folk/rock. Les sonorités de cordes sont limpides tout au long d’« I'm With You », un titre particulièrement mélodieux. A l’écoute de « Fire and the Flood », on s’imagine autour d’un feu de camp au milieu du désert australien, une compo qui libère énormément de chaleur humaine. Avant chaque chanson, Vance prend le temps de l’introduire par un bref commentaire. Il empoigne un ukulélé et attaque le « Bonnie and Clyde » de Gainsbourg, mais se rend compte de son erreur et reprend sa sèche. En fait, ce ukulélé est prévu pour le morceau suivant, « Wasted Time ». Il n’en oublie pas ses classiques, dont « From Afar » et « Lay It On Me », un titre qui évoque Mumford And Sons, mais en plus allègre. Il nous réserve un enchaînement entre le « All Night Long » de Lionel Ritchie et le « Sorry » de Justin Biber, un exercice de style qui transforme l’immense fosse en dancefloor. Sans oublier l’inévitable « Riptide », qui achève un show de 75 minutes de bonne facture, mais un peu trop sur rails…

Setlist : « Call If You Need Me », « Mess In Mind », « Like Gold », « Take Your Time », « Fire And The Flood », « I’M With You », « From Afear », « Fire In The Flood », « Bonnie And Clyde », « Little Boy », « Bonnie And Clyde », « Wasted Time », « Georgia », « We’re  Going Home », « All Night Long – Sorry » (cover) », « Saturday Sun », « Lay It Time On Me », « Riptide »

(Organisation : Live Nation)

Birth of Joy

Get Well

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Il y a quelques semaines, on avait découvert The Sore Losers, une formation limbourgeoise pratiquant un blues/rock aussi saignant que vintage. Place aujourd’hui à d’autre revivalistes tout aussi énergiques, Birth of Joy. Mais des Bataves. Issus d’Utrecht. Qui tout en puisant davantage dans le garage, colorent leur expression sonore de teintes psyché, afin d’apporter de la subtilité à leurs compos. 

« Get Well » (NDR : c’est ce qu’on souhaite à vos oreilles, après avoir subi les assauts répétés de ces Oranges énervées) constitue le 4ème elpee du band. Dont les plages s’expriment à travers des salves stoner (« You Got Me Howling »), de réminiscences bluesy (« Midnight Cruise ») mais aussi progressives (« Numb »)… Puissante, la musique se distingue par sa force de force de frappe. Impressionnante, elle atteint son zénith tout au long du titanesque (NDR : cette batterie !) « You Got Me Howling ». Tous orgues dehors, les allumés de Birth of Joy correspondent à une version psychédélique du Queen of The Stone Age…

 

JOY

Plus rock, tout simplement

Écrit par

Le ‘Dôme des Découveres’ accueille ce soir, l’ex-leader de Venus, Marc Huyghens. Il n’aime pas trop qu’on revienne sur le sujet. Donc, je n’en parlerai plus. Marc et Françoise Vidick ont fondé Joy, que la violoncelliste Anja Naucler est venue rejoindre au moment de l’enregistrement du tout premier elpee. Eponyme, par ailleurs. Le second, « All The Battles » vient de sortir. Anja ne participe plus à l’aventure. Elle a été remplacée par Katel, préposée à la guitare ou à la basse. La Rotonde est bien remplie.

Un duo assure le supporting act. L’un d’entre eux joue de la sèche et l’autre déclame, tour à tour dans la langue de Molière ou de Shakespeare, pendant que des vidéos sont projetées sur un écran. Le spectacle ne me botte pas du tout. Et je m’éclipse pendant les 30 minutes de leur prestation.

A travers Venus, formation belge majeure des 90’s, Marc Huyghens s'était joué des codes en introduisant des instruments atypiques, en communiquant une dimension théâtrale à son show et en s'imposant grâce au désormais classique "Beautiful Days", un hymne à la joie au texte désespéré. Marc est venu défendre son second opus solo, « All The Battles », paru chez Caramel Beurre Salé, le 3 octobre 2014. Après avoir gravé un premier elpee qui laissait une belle place au violon et à la contrebasse, le second adopte un format plus rock et plus insulaire. Il a été enregistré sous la houlette du maître du son organique, John Parish (PJ Harvey, Eels), et masterisé par John Dent (Radiohead, Goldfrapp). En à peine vingt jours de sessions.

Le trio ouvre le set par une nouvelle compo, « Drift And Drive ». La voix de Marc domine l’expression sonore. Les percussions de Françoise Vidick sont singulières. En fait, elles émanent de deux toms basse. « Jab The Fix », « Sunday And I » et « All The Battles » sont des plages issues du nouvel elpee. Et manifestement elles sont plus rock, moins cérébrales. Plus accessibles, aussi. A l’instar de « Mirage » pour lequel la basse a remplacé le violoncelle. Caractérisé par ses harmonies vocales envoûtantes, « 1924 » est plus calme mais troublant. Joy attaque deux plages du premier long playing, « The Long Way Around The Sea » et « Vertigone ». Piste contagieuse, « DNA » libère une belle intensité. « The White Coat » et « Great Fire » sont aussi deux compos issues du dernier elpee. On se rend alors compte, à travers ces deux titres, du souffle irrésistible que John Parrish est venu leur insuffler. Et le set de s’achever par « Golden Gun », encore un extrait du dernier LP. Une prestation qui a duré 60 minutes. Pas une de plus. Enfin, avant le rappel, au cours duquel JOY va nous réserver Life » et « Empire », deux titres particulièrement puissants. Un excellent concert !

(Organisation : Botanique)

No Joy

Wait to pleasure

Écrit par

Depuis plus de 10 ans, le Canada, et en particulier Montréal, est une source intarissable d’artistes novateurs. C’est d’ailleurs devenu le nouveau centre de gravité de la musique dite indépendante. Et chaque fois qu’un nouvel album débarque sur le Vieux Continent, on sait qu’on peut quasiment se le procurer, les yeux fermés. Et les oreilles grandes ouvertes. Car on sait que si surprise il y a, elle sera bonne…

No Joy nous vient donc de la métropole du Québec. « Wait to pleasure » constitue son deuxième album. Il fait suite à « Ghost Blonde », paru en 2010. La grande différence entre ses deux opus procède des conditions d’enregistrement. Davantage ‘DIY’, le premier elpee paraissait clairement plus brouillon.

Pour concocter ce nouvel opus, Jasamine White-Gluz (chant, guitare), Laura lLoyd (chant, guitare) et Garland Hastings (batterie) ont décidé d’accorder un plus grand soin à la mise en forme. Cependant, ne vous attendez pas à un lissage de leur expression sonore. No Joy pratique un rock à coloration shoegaze dans l’esprit de My Bloody Valentine. Aériennes, éthérées, les harmonies vocales féminines évoquent instantanément le groupe irlandais. Cependant, No Joy ne se contente pas de marcher sur les traces de MBV. Si la musique est puissante et la tension bien palpable, les climats sont variables, en fonction des plages. Certaines sont mélodieuses, comme sur « Hare Tarot Lies ». D’autres plus sauvages, à l’instar de « E ».

Bref, écouter « Wait to Pleasure », c’est un peu comme se taper un trip après avoir sniffé un flacon d’éther. Voguant très haut dans la stratosphère, le cerveau se paye quelques chutes vertigineuses, mais se sauve chaque fois, in extremis, pour recommencer un nouveau voyage en apesanteur…

 

Joy As A Toy

Dead As A Dodo

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Pour rappel l’apocalypse est annoncée prochainement (et perpétuellement).

Vous ne disposez plus de beaucoup d’opportunités de vous lancer à corps et cœur perdus dans cet excellent album de surréalisme effroyable.

Bande-son incontournable de série B, mais truffée de vraies bonnes chansons, « Dead As A Dodo » revisite l’univers décalé et sensuel d’une approche cinématographique très seventies, époque dorée du genre érotico-gore.

On pense plus d’une fois au Vampyros Lesbos de Jésus Franco, et ces images en filigrane collent parfaitement à l’univers de Joy As A Toy.

Plus subtil qu’il n’y paraît sous ses allures parfois grotesques (la frénésie de « Successful Failure » par exemple), cet album est gorgé de bonnes idées. De titres jouissifs aussi.

Zombie Safari », « Better Lock Your Door » ou « Only Mother Shot In The Head » sont suffisamment évocateurs…

Mais le côté excitant de l’objet, c’est qu’il ne sombre jamais dans le potache et reste avant tout un album décomplexé et enthousiasmant.

Fun comme un épisode d’un bon vieux Scooby Doo !

 

Joy as a Toy / Germanotta Youth

Joy as a Toy / Germanotta Youth (Split Ep)

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Pour fêter son second anniversaire, le label le plus démoniaque de Belgique a décidé de publier deux split Eps. Le premier, nous en avions déjà parlé, réunit Keiki Bee et Flower, le second Joy As a Toy et Germanotta Youth. Faut dire aussi que Joy as a Toy, une des formations bruxelloises les plus intéressantes du moment sortira bientôt son second album. Il s’intitulera « Dead as a Dodo ».

La première partie de ce split Ep est réservée à JaaT. La seconde à Germanotta Youth, un combo italien peu notoire chez nous dont le patronyme se réfère à Lady Gaga (de son véritable nom Stefani Joanne Angelona Germanotta). Un groupe au sein duquel on retrouve Massimo Pupillo, moitié de la formation expérimentale Zu.

Sur cette plaque, Joy as a Toy interprète un titre composé dans les 70’s par Goblin pour le long métrage « Profondo Rosso (Deep Red) », réalisé par le maître de l’horreur, Dario Argento. Les Bruxellois avaient adapté ce morceau dans le cadre du festival consacré au film d’horreur (‘Zombifff Nights’), qui s’était déroulé à Bruxelles. L’autre piste, « Monster » donne un avant-goût plutôt alléchant de leur futur long playing.

Chez Germanotta Youth, on reste au sein d’une ambiance démoniaque, mais musicalement, le climat est davantage ténébreux. Afin de correspondre au thème proposé par le disque, les Transalpins nous proposent leur version d’« Halloween », un morceau issu d’une bande sonore d’un film d’épouvante culte. Caractérisé par leur puissance dispensée tantôt lentement, tantôt rapidement, les trois pistes exécutées par le band italien évoquent inévitablement Zu.

Bref, si l’originalité est manifestement au rendez-vous, on ne peut pas en dire autant de l’accessibilité. M’enfin, tout est une question de goût et de couleurs…

 

Joy Division & New Order

The best of

Écrit par

Trente et un ans après le suicide de Ian Curtis, le label Rhino a décidé de nous replonger dans l’univers dansant mais claustrophobe du gang mancunien, en publiant « Total », un ‘best of’ réunissant 5 morceaux de Joy Division et 13 de New Order, groupe fondé par les membres de Joy Division (Peter Hook, Stephen Morris et Bernard Summer), à la mort de leur leader. Un objet bien entendu inutile pour les fans de ces illustres formations anglaises, si on ne tient pas compte de l’inédit signé New Order, « Hellbent » (NDR : que les fans doivent probablement déjà détenir) et de la remasterisation des titres opérée par Frank Arkwright. Mais, pour celles et ceux qui ne possèderaient pas les albums des rois du label Factory dans leur (compacto/disco)thèque, « Total » constitue une jolie synthèse de leurs œuvres et devrait permettre au mélomane lambda de mieux cerner le style et l’évolution de deux formations fondamentales de l’histoire de la pop et du rock. Epinglant des hits indispensables dont l’incontournable mélopée « Love Will Tear Us Apart », « Blue Monday » caractérisé par son rythme irrésistible ou encore le glacial « Satisfaction ». Et puis, quel plaisir de retrouver la ligne de basse mélodique si spécifique de Peter Hook !

Enfin, pour rendre le recueil plus alléchant, l’artwork minimaliste à été confié, comme ‘au bon vieux temps’, à Peter Saville, ex-directeur artistique de Factory Records.

 

The Joy Formidable

L'hymne à la joie

Écrit par

Parti en quête d'une cure de jouvence, en allant me délecter de la pop bruitiste de The Joy Formidable, c'est à genoux et totalement subjugué par The Megaphonic Thrift que je suis revenu chez moi, l'esprit encore sous le choc. Attention, une (bonne) surprise peut en cacher une autre (encore meilleure).

20 heures trébuchantes et les quatre Norvégiens montent sur scène. La bassiste semble encombrée par cet instrument presque trop grand pour elle. Le guitariste-chanteur est poli et propre sur lui. Le second gratteur en impose par une carrure de bûcheron impressionnante. Par contre, le batteur reste discret derrière ses fûts. Rien qui ne puisse me préparer à ce qui va suivre. Pourtant, quarante minutes plus tard, mon corps vibre d'émotions extatiques. Je viens de me prendre une gifle monumentale en pleine tronche, de ce genre de baffe dont on redemande.

Alliant des mélodies simples, presque enfantines à un son percutant, incisif et puissant, The Megaphonic Thrift creuse une veine maintes fois taillée, mais en extrait une giclée de grandiose avec une maestria déconcertante, et surtout sans avoir l'air d'y toucher.

Dés le début, le groupe se met hors de portée, montant en puissance et atteignant rapidement des cimes que bon nombre de groupes bruitistes et nihilistes ne pourront jamais que caresser du regard. Si la dissonance et l'aspect noisy de leurs grattes les rapprochent immanquablement des hordes suiveuses de Sonic Youth, tout le crédit de MT est de surpasser ce lourd tribut pour ajouter sa propre pierre à un édifice en constante déconstruction. Hypnotique et sauvagement zébré de larsens qui déchirent le charme pernicieux de leurs faux airs innocents, « You Saw the Silver Line », extrait de leur dernier album en date, donne immédiatement le ton, le son, et met en orbite un set qui tout au long de son parcours fera parler la foudre. S'ensuit « Acid Blues », extrait de « A thousand years of deconstruction », et l'excellent « Talks like a weed king » dont le duo voix masculin-féminin et la mélodie évidente mais pourtant imparable rappellent, au passage, quelques perles issues des nineties (The Delgados, Prolapse, et d'autres encore). Le question-réponse des deux Fender Jazzmaster sur « Dragon VS Dust », caractérisé par ses résonances débonnaires, la rythmique martiale de « Neues » et le final « Queen of Noise », digne d'un Swervedriver au faîte de sa puissance, en sont les plus belles illustrations. A l'heure où les oreilles se tournent vers ces années 90, il faudra compter sur ce groupe fantastique dont la débauche d'énergie n'est pas en reste avec la qualité des chansons.

Après de longues tergiversations, montent ensuite, sous l'auréole de la Rotonde, les Gallois de The Joy Formidable, pour la dernière date de leur tournée européenne, avant l'envol vers les terres américaines. Sur-vitaminés et animés d'une réelle joie de se défouler sur scène, face à un public réceptif, le combo enchaîne énergiquement les chansons extraites de son premier opus, intitulé « The Big Roar ».

En commençant là où commence cet opus, à savoir l'épique « The everchanging Spectrum of a lie », titre à rallonge qui termine son dernier souffle dans un nuage de bruit, après une longue cavalcade, toutes voiles dehors.

Amusant petit bout de femme juchée sur talons, Ritzy Bryan tient de la musaraigne dopée aux amphétamines. Ses grands yeux vous fixent étrangement à intervalles réguliers. Ils lui confèrent un air étrange de Minnie Mouse extasiée. Nonobstant sa petite taille, sa débauche d'énergie et son incroyable bonne humeur renforcent le capital sympathie d'un groupe qu'on compare, à tort ou à raison, aux Pixies ou aux Breeders première mouture.

Loin de ce débat somme toute vain, le trio délivre une Pop soignée, structurellement audacieuse qui enfonce le bouton d'effet à la moindre occasion. Et d'effets, il en est question, puisque le rack de pédales du bassiste n'a rien à envier à celui de la charmante guitariste. Noise, noise, noise, encore et encore, en cette bien belle soirée.

Les titres les plus accrocheurs, tels « Austere » ou « Buoy », suscitent l'engouement du public. Le bonheur de la formation est alors à son comble. En témoigne le sourire éclatant du batteur, semblant éprouver une satisfaction candide qui faisait réellement plaisir à voir.

Après avoir dispensé un « I don't want to see you like this » dévastateur, le groupe nous quitte, non sans nous avoir donné rendez-vous au détour de l'un ou l'autre de nos festivals.

Votre serviteur, ravi de ce moment passé, s’en est allé regagner ses pénates. Toujours sous le charme de The Megaphonic Thrift. Car, indiscutablement pour ma part, les plus formidables n'étaient pas ceux que j'attendais.

(Organisation: Botanique)

 

JOY

Bach plutôt que Beethoven…

Écrit par

Printemps 2007, alors que Venus va fêter son dixième anniversaires d’existence, à l’AB, Marc Huyghens annonce, via le website du groupe, la fin de l’aventure Venus. Aussi, le concert du 23 mars à l'AB se transforme en grande fête d'adieu, une grande fête au cours de laquelle de nombreux invités vont venir rendre un dernier hommage à Venus. Ce concert sera immortalisé par un double album, tout simplement intitulé « Venus », incluant, outre l'enregistrement du concert, une compilation des meilleures compos de la formation. Mais la suite est moins rose. Marc ne parvient pas à rebondir et s’enfonce dans l’alcool. Désintoxiqué il décide de monter un nouveau projet. En compagnie de sa compagne, Françoise Vidick, une vocaliste qui avait déjà bossé pour, en autres, Zap Mama et dEUS. Ils sentent la nécessité de compléter le line up et posent leur choix sur la violoncelliste Anja Naucler, ex-Manou Gallo, une connaissance de Françoise. Une virtuose qui a suivi une formation classique à Göteborg et au Conservatoire de Bruxelles. JOY est choisi pour patronyme ; et pourtant on ne peut pas dire que leur musique transpire la joie. Le trio a enregistré l’album, un an avant sa sortie. Puis se rôde en tournée. Un opus éponyme, partagé en 9 titres. Un disque beau et mélancolique à la fois (voir aussi chronique de l’album) Cette interview a été réalisée par e-mail. Marc a donc répondu aux questions, parfois embarrassantes, que votre serviteur lui a posées ; et je vous en propose le contenu, auquel j’ai parfois ajouté quelques remarques, entre parenthèses, en les précédant de l’abréviation ‘NDR :’…

Une question bateau, pour commencer, mais comme je n’ai reçu qu’un exemplaire cartonné promo, je n’ai guère de renseignements sur les sessions d’enregistrements. Quand se sont-elles déroulées. Où. Qui a produit l’album ? Y avait-il des invités ? Si oui, qui et qu’ont-ils fait ?

Les enregistrements ont commencé un an avant la sortie de l’album. Ils ont duré en tout 25 jours. Toutes les parties instrumentales ont été enregistrées au studio Pyramide à Beersel. Les voix ont été enregistrées au studio de Jean-Pierre Onraedt (ex-TC Matic). Le mix s’est fait au studio Dada à Schaerbeek par Christine Verschorren, et le mastering au studio Jet. C’est JOY qui a produit l’album. Le seul morceau sur lequel jouent des invités (un quatuor à cordes) a été écarté de l’album.

Tu as souhaité également sortir le disque sous la forme du vinyle. Une raison particulière ? Pas peur de te planter financièrement, sachant que c’est quand même onéreux ? Es-tu collectionneur toi-même ?

La fabrication des vinyles coûte en fait à peine plus cher que celle des CD. C’est par pur plaisir et parce que les amateurs de vinyles restent très nombreux que l’album sort dans ce format. Et aussi parce que la pochette a été conçue pour ça.

Dans le compte-rendu que j’avais écrit, lors du passage de JOY à Tournai, j’avais évoqué de vagues comparaisons avec le timbre vocal Guy Chadwick. Or sur le disque, il est plus éthéré. Il est naturel ou alors il a été retravaillé lors du mixing ?

La seule comparaison qui me semble la plus juste est celle qu’on a faite avec le chanteur de James... (NDR : parfois côté inflexions, mais certainement pas pour le timbre : Jeremy **–fan devant l’absolu de la bande à Tim Booth est ravi que l’on reparle de la formation mancunienne, une formation qu’il estime injustement méconnue et pourtant qui demeure une référence incontournable– le confirme). Les voix n’ont absolument pas été retravaillées. Elles sont comme l’album. C’est-à-dire très sèches et naturelles.

Pour l’instant JOY est un trio. Pas l’intention d’élargir le groupe à un sextet, en ajoutant 3 violons, par exemple, de manière à être soutenu par un quatuor à cordes ?

Absolument pas. La nature minimaliste du groupe impose de composer et de jouer à 3. C’est tout l’intérêt de notre démarche. Ce qui ne nous empêchera pas un jour de collaborer avec d’autres musiciens dans des cas précis. Car plus une musique est simple, épurée, plus il est facile d’y faire intervenir d’autres musiciens.

JOY, le patronyme du groupe, vous l’avez choisi en fonction d’un parfum onéreux créé par Jean Patou. Mais quand on prononce le mot JOY, on pense aussi à Joy Division, Band of Holy Joy, à ‘Ode of Joy’, la neuvième de Beethoven. Oui, il y en a d’autres, mais ces références-ci me semblent les plus évidentes, et auraient aussi pu constituer d’autres bonnes sources d’inspiration pour choisir ce nom. Qu’en penses-tu ?

Le nom du groupe a été choisi par opposition à la noirceur des textes que j’écris. Beethoven ? Je ne l’aime pas. Je lui préfère de loin Bach et la musique baroque en général. Joy Division ? Ils ne m’ont jamais attiré jusqu’au jour où Dominique A m’en a parlé. Depuis, j’ai écouté leurs albums, vu le film qu’en a tiré Anton Corbijn, et j’en suis devenu fan. Comme on est fan du Velvet. Et de ces groupes qui réinventent la musique avec une quasi absence de virtuosité.

Il y a des références au sacré et à la Bible dans tes compos. Et puis il y a cette croix, sur la pochette, même réalisée à l’aide d’un bouchon de Liège. Es-tu branché sur les textes bibliques ? L’Ancien Testament ? Les Evangiles ?

Je suis athée. Mais il y a sur l’album 2 chansons qui ont un lien avec la religion. « Long Way Around The Sea » qui est une allégorie sur le voyage des Rois Mages, mais surtout un hommage à Low, et « Sword » qui est une chanson sur quelque chose que j’estime absurde : la croyance religieuse.

On trouve également des références au Moyen-âge, dans tes lyrics. En particulier sur « Empire » et « Sword » (*). Féru d’histoire ?

Désolé, mais il n’y a pas la moindre référence au Moyen-âge… « Empire » est une chanson sur les dégâts immenses causés par les hommes dont la quête de pouvoir est synonyme de réussite.

Sur « Empire », justement, les accords angoissants de violoncelle (très thriller !) me font un peu penser aux débuts de dEUS. Et en particulier ceux de « Worst Case Scenario », à la fin du morceau. Objection ? Et sur « Endless song », la construction mélodique est assez proche du Muse, dans sa période la plus symphonique. Est-ce parce que vous puisez aux mêmes sources de la musique ‘dite’ classique ?

Je n’ai vraiment pas l’impression de faire une musique qui ait un quelconque rapport avec les 2 groupes que tu cites. Mais chacun est libre de faire les comparaisons qu’il veut !

(NDR : Coïncidence, mais j’imagine que les comparaisons ne sont pas toujours les bienvenues, même si elles sont inconscientes ; parmi les groupes et artistes dont Venus a partagé l'affiche en tournée, figuraient notamment Muse et dEUS… en outre, Françoise a, à une certaine époque, assuré les backing vocaux, chez la bande à Tom Barman)

(*)
Empire

Nous sommes morts et avons payé
Pour tous les mensonges que vous avez proférés
Vous nous avez incités à vivre en enfer
Alors que la paix était entre vos mains
Vous les Princes, Seigneurs et Rois
Aux ailes argentées de chevaliers
Le partage est un mot que vous détestez
Tout comme nos enfants que vous avez ignorés
Tout ce temps, tout ce temps, tout ce temps
Bientôt vous serez étendus
A côté d’un million de tombes
Et tant de femmes et d’hommes
Vous fixeront à nouveau
Les Empires que vous avez construits
Pour vos propres enfants
S’effondreront enfin un jour
Cela prendra du temps, cela prendra
Beaucoup de temps, beaucoup de temps, beaucoup de temps

Glaive

Oh mon Seigneur
Est-ce ce que vous souhaitez voir
Des gens à genoux
Oh mon Seigneur
Est-ce ainsi que tu veux que nous soyons
Des ombres traînant des péchés
Oh mon Seigneur
Esprit de houx
Des glaives de houx
Vous ont rendu aveugle
Nous prions tous quand vous trichez
Mais vous haïssez la façon dont nous chantons
Oh mon Seigneur
Ne sommes-nous pas les semences
Que vous avez semées
Et qui seront bientôt fauchées
Oh mon Seigneur
Esprit de houx
Des glaives de houx
Vous rendent aveugles
Nous prions tous quand vous trichez
Mais vous haïssez la façon dont nous chantons (Merci à Vincent Devos)

** Jeremy Dagnies qui a écrit pour diverses publications, et notamment pour le magazine Mofo, jusqu’en 2001.

JOY

JOY

Écrit par

Marc Huyghens a donc fondé un nouveau groupe. Un trio. Impliquant Françoise Vidick, sa compagne, aux percus et aux backing vocaux, ainsi qu’Anjan Naucler, une violoncelliste de nationalité suédoise. Ah oui, si vous ne vous vous en souvenez pas, Marc était le leader du défunt Venus, formation qui s’est séparée en 2007. JOY nous propose son premier opus. Il est éponyme et est découpé en 9 titres, dont une nouvelle version de « Vertigone », compo écrite à l’époque de son ancien groupe. Si la musique est minimaliste, le tracklisting alterne compos contemplatives et percutantes. A l’instar du Velvet Underground, auquel Marc continue de se référer, son expression sonore est aride mais soignée, mélodieuse et lancinante. Elle repose aussi sur de superbes harmonies vocales échangées entre Marc et Françoise ; mais elle ne respire pas vraiment la joie. Deux compos, « n° 7 » et « Mirage », plus que probablement autobiographiques, ont d’ailleurs certainement écrites au moment où Marc traversait une profonde dépression. On retrouve également des références au sacré et à la Bible dans deux compos. « Long Way Around The Sea » et « Sword ». Encore que cette dernière ainsi qu’« Empire », puisent certaines métaphores dans le Moyen-âge. Un « Empire » au cours duquel le violoncelle se révèle aussi grinçant et déchirant que le violon sur le fameux « Worst Case Scenario » de dEUS. Reste encore « Endless song », une compo incantatoire, épique, dont le sens mélodique peut rappeler Muse. Bref, un très chouette album. Et si vous voulez en savoir davantage, je vous invite à aller voir l’interview que nous a accordée Marc…

Joy As A Toy

Valparaiso

Écrit par

Joy as a Toy est né de la rencontre entre trois musiciens chevronnés qui ont fait leurs armes au sein de diverses formations belges, comme Mud Flow ou encore aMute. Gil Mortio, Clément Nourry et Jean-Philippe De Gheest ont débuté cette aventure en 2008. Signé sur le label belge Cheap Satanism (Keiki, Trike, …), Joy As a Toy définit sa musique comme un mélange de Vampire Rock et de Tennis Pop. Ok !!! De quoi éveiller notre curiosité.

Concrètement Joy As a Toy baigne dans une forme d’indie-rock teinté de légères touches de psychédélisme. La musique du combo bruxellois évolue à la croisée des chemins de Talking Heads, Mr Bungle et Robert Wyatt. Les mélodies sont contagieuses, et les délires psychédéliques sont tour à tour parfaitement maîtrisés ou complètement imprévisibles, sans pour autant déraper dans l’impro. A l’instar de « Sub Rosa » sorte de danse macabre, qui finit quand même par partir en cacahuète. Les compos sont vivifiantes. Passant allègrement de la joie à la mélancolie. Suscitant autant l’envie de se trémousser que de s’enfoncer tranquillement dans son canapé… Un bémol, la voix du chanteur, qui semble parfois manquer de souffle. Mais le reste vaut son pesant d’arachides…

A découvrir en live ce 04/09 au Pot au Lait de Liège, le 17/09 au Magasin 4 et le 1/10 à l’Atelier 210.

 

Mike Joyce and Andy Rourke

Inside The Smiths (Dvd)

Écrit par

Andy Rourke et Mike Joyce constituaient la section rythmique du défunt et légendaire groupe mancunien The Smiths. Respectivement bassiste et drummer, ils n’ont jamais atteint la notoriété des deux autres larrons et aujourd’hui farouches antagonistes : le chanteur Morrissey et le guitariste Johnny Marr. Ce qui manifestement a permis aux deux premiers cités d’avoir une autre vision des choses sur le parcours du quatuor. C’est d’ailleurs ce qu’ils ont fait en concoctant ce Dvd. Au cours duquel ils racontent cette épopée, mais aussi recueillent des interviews de personnages qui ont côtoyé le mythe à l’époque de la formation ; et en particulier Peter Hook (Joy Division, New Order), Pete Shelley (Buzzocks) ou encore Mark E. Smith (The Fall). Sans oublier les inévitables producteurs qui opéré la mise en forme de leurs enregistrements studio. Le documentaire bénéficie du sous-titrage ; ce qui permet une meilleure compréhension des différentes interventions. Il manque cependant quelques prises ‘live’ pour pouvoir rendre le film un peu plus dynamique et puis surtout le point de vue des deux principaux leaders du groupe. Une carence qui risque de rendre ce documentaire anecdotique…

Tutty Moreno featuring Joyce

Magica

Écrit par
Saluons la réédition de « Tocando Sentindo Suando », initialement sorti en 1981 sous l'enseigne Tutty Moreno and Friends et depuis longtemps épuisé. A l'époque, l'illustre batteur Tutty Moreno était surtout connu chez nous pour ses contributions aux travaux de divers jazzmen respectés, comme Ernie Watts. Mais il était aussi une figure importante de la musique populaire brésilienne et ne fut pas étranger aux divers métissages dont le jazz s'enrichit dans les années 70 et 80. Cet album constituait d'ailleurs l'acte de naissance du samba-jazz. Retour d'ascenseur, Tutty avait à l'époque bénéficié de la collaboration de sa compagne Joyce, elle-même reine du folk-jazz, à la guitare. La carrière de Joyce sera finalement plus profitable que celle de Tutty d'un point de vue commercial. Et cette dernière a souvent interprété sur scène la première plage de ce CD (« Magica »). Ce qui explique les très opportunistes changements de nom et de titre de cette réédition. Aux actuels amateurs de samba, de jazz fusion et de belles percussions, l'oeuvre ne paraîtra plus aussi innovante, bien sûr. Mais elle reste un jalon essentiel de l'histoire du jazz.

Simon Joyner

Lost With the Lights On

« Lost With the Lights On » constitue déjà le neuvième album de Simon Joyner, troubadour folk toujours pas remis de sa dernière cuite dylanesque. Il faut dire qu’au Nebraska, terre d’accueil de Joyner, le temps maussade n’invite pas à la fête : à cet égard, écouter l’album du même nom de Springsteen peut rapidement donner l’envie de rester au pieu jusqu’au coucher du soleil… Pareil pour ce disque, crépusculaire et cafardeux, sans doute enfanté dans la douleur et la solitude d’une nuit sans fin à compter les étoiles. Pas forcément drôle, mais d’une beauté lancinante qui vaut bien un séjour prolongé dans la pénombre, à côtoyer les fantômes de Johnny Cash et de Merle Haggard. Simon Joyner ne connaîtra sans doute jamais la gloire de ses précieux aînés (Cohen aussi), mais à l’instar d’un Molina (Songs : Ohia) sa musique donne l’effet apaisant d’un Xanax avalé avant d’aller dormir : très vite on se laisse submerger par ces ambiances indolentes, jusqu’à perdre conscience et rêver de jours meilleurs. Sépulcral et pesant, même la lumière allumée.

The Band of Holy Joy

Love never fails

Écrit par

Band of Holy Joy s'est formé en 1984, à Londres. Drivé par le chanteur Johny Brown, ce groupe acoustique inclut un tromboniste, un batteur, un pianiste, un contrebassiste, un violoniste, un accordéoniste et enfin un joueur de banjo. Son folk urbain, unique en son genre, libre de toute guitare, évolue parfois même à la limite de l'expérimental. A l'instar de " Refugee ", sur cet opus. Mais la force de BOHJ procède de ses textes. Tout au long de " Love never fails " ils caricaturent à merveille le mode de vie britannique ou les personnages anglais célèbres (" Hugh Grant "). Mais à l'image du folk urbain politisé, les écrits de Brown restent néanmoins optimistes. Certains morceaux sont plus torturés et tortueux, que d'autres mais la mise en forme est impeccable. Même la plage instrumentale ne détonne pas dans l'ensemble. Les arrangements musicaux sont aussi soignés que chez Pulp ; mais le vocal est beaucoup moins efféminé et l'accent anglais (style : patate chaude dans la bouche) marqué. L'atmosphère dégagée est forcément anglaise et nous replonge dans celle déjantée de " Trainspotting "; d'ailleurs le chanté-parlé de Johny Brown rappelle celui qu'utilisait Ewan Macgregor, dans plusieurs de ses films (" A life less ordinary ", " Moulin rouge "). Adorant particulièrement l'accent british, j'écoute ce disque en boucle des journées entières ; aussi bien à domicile qu'en voiture, rendant dingue…une certaine personne. Les adeptes de la culture anglaise vont savourer et les tolérants vont même pouvoir apprécier (?!?!?)…