Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

logo_musiczine

La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (73 Items)

Jack White

Deux nouveaux titres et un bouquin pour Jack White

Jack White opère son grand retour en publiant deux nouveaux titres endiablés, « G.O.D. and the Broken Ribs » et « Derecho Demonico ».

Produits par White avec le soutien de son groupe de scène de longue date, Patrick Keeler (batterie), Dominic Davis (basse) et Bobby Emmet (claviers), les nouveaux morceaux « G.O.D. and the Broken Ribs » et « Derecho Demonico » marquent le retour musical de celui qui vient d’être intronisé au Rock & Roll Hall of Fame, pour la première fois depuis 2024, une année marquée par la sortie de « No Name ». Sixième elpee studio de White, il a été récompensé par une nomination aux ‘GRAMMY Awards 2025’ dans la catégorie ‘Meilleur album rock’.

Après avoir passé une grande partie de 2024 et 2025 à parcourir l’Amérique du Nord, l’Europe, le Royaume-Uni et le Japon pour accomplir son épique ‘No Name Tour’, White reprendra la route cet été pour une série de concerts en tête d’affiche à l’international et des prestations dans les plus grands festivals en Europe, aux États-Unis et en Asie.

Par ailleurs, le mois d'octobre 2024 a vu la publication officielle de « Jack White Collected Lyrics and Selected Writing Volume 1 », désormais disponible sur https://www.thirdmanbooks.com/ thirdmanbooks.com et auprès des libraires aux États-Unis et au Royaume-Uni. Édité par Ben Blackwell, cofondateur de Third Man Records, ce nouvel ouvrage de référence comprend des poèmes et des textes inédits de White, des photos rares et exclusives, ainsi que de nouveaux essais rédigés spécialement pour ce livre. Il rassemble également les paroles de tous les albums solo de White à ce jour, ainsi que celles de ses travaux acclamés avec The Raconteurs, The Dead Weather et d’autres collaborations

« G.O.D. and the Broken Ribs » est en écoute ici

 

Joe Jackson

Joe Jackson, entre espoir et fureur…

‘Hello cruel world / I'm not going away / So I might as well have my say’, chante Joe Jackson sur son nouvel album, et il ne fait aucun doute qu'à un moment où beaucoup de ses contemporains ont perdu leur passion, leur talent, leur voix ou même leur vie, Jackson va de succès en succès. « Hope and Fury » pourrait bien être son meilleur opus à ce jour.

Il paraîtra le 10 avril 2026. Pour accompagner cette sortie, Joe Jackson et son groupe se lanceront dans une grande tournée nord-américaine de mai à juillet 2026, suivie d'une longue tournée européenne de septembre à décembre. Au total, la troupe accordera 80 concerts dans 14 pays.

Bien qu'il soit souvent décrit comme un artiste caméléon qui change constamment de style, Jackson insiste sur le fait que la plupart de ses elpees s'inscrivent dans son propre courant dominant : de nombreuses chansons pop sophistiquées, utilisant différents types de rythmes et de combinaisons d'instruments. En même temps, Jackson se réserve le droit de s'éloigner de ce courant dominant. Comme il l'a déclaré dans une rare interview récente pour le magazine britannique Chap, ‘J'ai toujours su que je ferais de la musique toute ma vie. Alors, de temps en temps, je vais faire quelque chose de différent, pour que ça reste intéressant’.

« Hope and Fury » revient au présent et au ‘courant dominant JJ’ pour avec neuf nouvelles chansons puissantes. Le résultat pourrait être perçu par les fans comme un croisement entre « Fool » (2019), « Laughter and Lust » (1991) et « Night and Day » (1982). À l'instar de ces long playings, « Hope and Fury » regorge de morceaux exceptionnels, de paroles intelligentes et originales et de rythmes funky, avec la voix et le jeu de clavier de Jackson plus puissants que jamais. Le morceau d'ouverture, « Welcome to Burning-By-Sea », décrit une ville balnéaire fictive inspirée de Brighton et de Portsmouth, la ville natale de Jackson, mais qui s'avère être un microcosme de tout le pays, tandis que « End of the Pier » oppose ingénieusement un aperçu de la vie de la classe ouvrière britannique en 1922 à une version post-pandémique en 2022.

D'ailleurs, cet LP est plein de contrastes, mais il est surtout optimiste, avec l'humour caractéristique de JJ très présent : du sarcasme mordant de « I'm Not Sorry » à la moquerie espiègle de « Fabulous People », en passant par la pure folie de « Do Do Do ».

Joe Jackson n'est certainement pas près de disparaître. Partageant son temps entre New York et Portsmouth au Royaume-Uni, Jackson se décrit comme ‘bicoastal’ tant sur le plan géographique que musical, et « Hope and Fury » comme du Bicoastal LatinJazzFunkRock.

 

Joe Jackson

La machine à remonter le temps de Joe Jackson…

Écrit par

Le Cirque Royal est blindé pour le concert de Joe Jackson qui est en pleine tournée ‘Two Rounds Of Racket’. « What a racket » (Mr. Joe Jackson Presents Max Champion in 'What a Racket !' », c’est d’ailleurs le titre de son dernier opus, paru en novembre 2023 

Pas de première partie, c’est Joe Jackson qui s’en charge. En mode piano/voix. Au cours de ce premier acte, il va nous proposer 11 morceaux dont 8 versions de ses plus grands succès et 3 reprises de titres signés The Kinks, Harry Fragson (*) et enfin Albert Chevalier (**)

Le rideau rouge est fermé et Joe Jackson débarque en costard bleu/violet sur chemise blanche. Il s’installe en avant-scène et est déjà chaleureusement applaudi, avant même d’entamer son récital. Le public est suspendu à ses lèvres. L’artiste ouvre hostilités par « Dave », une plage issue de son elpee paru en 2019, « Fool ». Il enchaîne par « Take It Like A Man » (Volume 4 ». Manifestement, il remonte le temps. Chaque chanson interprétée est plus ancienne que la précédente. « Stranger Than Fiction » (« Laughter and Lust ») nous replonge dans les 90’s et « Real Men » ainsi que « Steppin' Out », extrait de son disque phare paru en 1982, « Night and Day », dans les 80’s. Et sa version cool et originale de cette compo de power pop aux influences jazz fait mouche auprès de l’auditoire. Votre serviteur en a des frissons partout.

En deux temps trois mouvements, Joe revient aux 70’s, épinglant des compos tirées de son second long playing gravé en 1979, « I'm the Man ». Mais, et c’est remarquable, Joe exprime son envie de continuer à se servir de sa ‘time machine’, bien que nous ayons atteint, alors, les premiers jours de sa production enregistrée. Il retourne dès lors aux sixties à travers sa cover très bien accueillie de « Waterloo Sunset » des Kinks, racontant une histoire sur la façon dont il se rendait souvent à la gare de Waterloo à Londres lorsqu'il était enfant. De mieux en mieux ! Le coup d’œil dans le rétroviseur de Joe passe alors par le cinéma, s’inspirant de sa contribution au film de 2005, « The Greatest Game Ever Played », où il apparaît dans le rôle d’un pianiste, en 1913. On imagine alors les rouages tourner dans l'esprit du musicien ingénieux alors que les fils commencent à s'entrelacer. Joe adapte le comique « Hello, Hello, Who's Your Lady Friend ? », attribué à Harry Fragson, une chanson entraînante de cette période qui s’est muée en hymne de marche populaire pendant la Première Guerre mondiale ; mais elle est surtout interprétée par Jackson avec beaucoup d’humour. Il abrège cependant les couplets les plus coquins et n’en conserve que deux ou trois. De toute évidence, le public aurait aimé une interprétation intégrale de ce morceau.

Zappant l’entracte, Joe ouvre le rideau de la scène pour nous accorder un set à l'ancienne, du style ‘London Town’ (période victorienne), mais sous une configuration DeLorean du professeur Emmett Brown dans la série ‘Retour Vers le Futur’. Et soudain apparait un groupe de 10 musiciens.

Opérant comme directeur musical, Daniel Mintseris prend la place de Joe aux ivoires qui s’installe au centre du podium. Doug Yowell (batterie), Richard Hammond (contrebasse), Susan Aquila (violon), Lourdes (Lou) Rosales (alto), Ricky Roshell (flûte, piccolo), Christa Van Alstine (clarinette, clarinette basse), Jackie Coleman (trompette) et Sam Kulik (trombone et tuba) complètent le line up. 

Habillés de costumes d’époque, les musicos procurent style et savoir-faire à ce spectacle de style ‘music-hall’ anglais du début du XXème siècle. Talentueux, ils apportent couleur et vitalité à cette partie de concert constituée de neuf morceaux entièrement revisités par Jackson, qui s’est ouverte par « What a Racket ! », le titre maître du concept album, et s’est achevée par « The Sporting Life » de Max Champion, une ode amusante à l'abandon du sport. D’ailleurs, lorsque le public ne danse pas sur place, il rit de l'inventivité et de l'humour de Joe.

Au grand complet, la formation accorde un rappel de deux titres, dont le morceau phare « Is She Really Going Out with Him », issu du premier album de Joe, datant de 1979, « Look Sharp ! », et « Worse Things Happen At Sea », une autre composition futée de Max Champion (***). Mais certains micros sont tombés sur les planches, un problème technique qui va retarder cette interprétation. Néanmoins, fidèle, la foule attend patiemment que tout rentre dans l’ordre, afin de profiter au max de tout ce que Joe pourrait lui réserver…

Photos Vincent Dufrane ici

Setlist : Partie 1 - En solo piano/voix (45 minutes) : « Dave », « Take It Like A Man » (Joe Jackson Band song), « Stranger Than Fiction », « You    Can't Get What You Want (Till You Now What You Want) », « Real Men », « Steppin' Out », « It's Different For Girls », « On Your Radio », « Waterloo Sunset » (The Kinks cover), « Hello, Hello, Who's Your Lady Friend ? » (Harry Fragson cover), « My Old Dutch » (Albert Chevalier cover).

Setlist : Partie 2 - The Music of Max Champion : « (Ouverture) : Why, Why, Why ? », « What A Racket ! », « The Bishop And The Actress », « Health & Safety », « Think of the Show ! - A Thespian's Lament », « Dear Old Mum - A London-Irish Lament », « Monty Mundy (Is Maltese) ! », « Never So Nice in the Morning », » The Sporting Life »

Rappel : « Is She Really Going Out With Him ? », « Worse Things Happen At Sea »

(*) Léon Philippe Pot, dit Harry Fragson, né à Soho (Londres) le 2 juillet 1869 et mort à Paris 10e le 30 décembre 1913, est un auteur-compositeur-interprète belge qui a connu le succès tant en langue française qu’anglaise.

(**) Albert Chevalier (souvent cité comme Albert Onésime Britannicus Gwathveoyd Louis Chevalier) ; (21 mars 1861 – 10 juillet 1923), était un comédien de music-hall, chanteur et acteur de théâtre musical anglais. Il s’était spécialisé dans l'humour cockney basé sur la vie de marchand de rue à Londres à l'époque victorienne. Vu ses aptitudes et sa capacité à écrire des chansons, il est devenu connu de son public comme le ‘lauréat des marchands de rue’.

(***) Max Champion est un chanteur de Music-Hall de l’époque victorienne qui a connu un certain succès, dans le Londres profond, avant la guerre 14-18). Il aurait enregistré vers 1911-1913, selon certaines ources. Le personnage a été perdu, probablement tué pendant la Première Guerre mondiale, et sa musique a été ‘oubliée’ jusqu'à ce que Joe dépoussière la partition et enregistre son ‘hommage’.

(Organisation : Live Nation)

 

Lol Tolhurst x Budgie x Jacknife Lee

Los Angeles

Écrit par

« Los Angeles » est le fruit d’une étonnante coopération entre Lol Tolhurst, Budgie et Jacknife Lee. Le premier a été le batteur de The Cure et des Slits et le deuxième de Siouxsie & The Banshees ainsi que de The Creatures. Ils avaient déjà participé au projet Curious Creatures, en 2021. Quant au troisième, c’est un réalisateur artistique, ingénieur du son et producteur qui a notamment bossé pour U2, R.E.M., Snow Patrol, Bloc Party, Editors, Weezer et The Cars. Pour la circonstance, il s’est consacré à la guitare et aux distorsions.

Au départ, cet opus ne devait qu’être instrumental. Puis la Covid est arrivée et, pendant le confinement, les trois compères ont revu leur copie en invitant des collaborateurs, et tout particulièrement des chanteurs, à poser leurs voix sur les compos. Et notamment Bobby Gillepsie pour 3 morceaux, dont « This is what it is (To be free) » au cours duquel on découvre des arrangements symphoniques et des chœurs dispensés comme chez Primal Scream, puis l’excellent et menaçant « Ghosted at home » et enfin « Country of the blind » ; James Murphy de LCD Soundsystem gémit tout au long du frénétique titre maître et du tribal « Skins » ; Pan Amsterdam déverse son hip hop tordu sur « Travel channel » et Isaac Brock de Modest Mouse déblatère sur le très techno (Chemical Brothers ? The Orb ?) « We got to move » ; enfin Arrow de Wilde se déchaine sur l’épileptique « Uh Oh », une plage à laquelle participe Mark Bowen (IDLES). Parmi les guests, on épinglera encore Lonnie Holley et Mary Lattimore sur le ‘beefheartien’ « Bodies » et The Edge, à la guitare, mais traitée sur le motorik, « Train with no station » (NDR : cette voix vocodée n’est pas du meilleur goût !) et une autre piste électro, « Noche obscura ».

Bref un album percussif, nerveux, varié, clubby et surtout avant-gardiste qui mêle électro, indus, post punk et glam, mais nécessite plusieurs écoutes avant de commencer l'assimilation…

Julia Jacklin

Sans voix, il n’y a pas d’écho (Bélaïd Saïdji)

Écrit par

Julia Jacklin est chanteuse et compositrice. Une Australienne responsable de deux albums à ce jour. Le premier, « Don’t Let The Kids Win », remonte à octobre 2016. Deux années de tournées intenses et une déception sentimentale plus loin, elle enregistre son second, « Crushing », un elpee paru en février dernier. Elle s’était déjà produite à deux reprises, au Club, en première partie de Whitney. Elle pratique une forme d’alt country teintée de dream pop et reconnaît, pour influences majeures, Billy Bragg, Björk, Doris Day, The Andrews Sisters et Leonard Cohen.

Il y a déjà pas mal de peuple dans le club, lorsqu’Olivia Bartley, alias Olympia, débarque. Elle assure le supporting act. Blonde, plutôt jolie, cette Australienne (NDR : elle est originaire de Melbourne) chante d’une voix fragile et atmosphérique en s’accompagnant à la gratte électrique. Interactive, elle possède un humour décapant. Elle entame son set par « Biscuits » (NDR : pas aux ivoires, comme sur disque, mais à la guitare). Son toucher de cordes est empreint de délicatesse et évoque celui d’Annie Clark, aka St Vincent. « Somewhere To Disappear » monte graduellement en puissance. Tant la voix que ses cordes, à la fois métalliques et nerveuses. Sa setlist est puisée au sein de ses long playings « Resurrection » et « Self Talk », dont « Smoke Signals », un morceau à la mélodie contagieuse. Pas de trace de « Honey » cependant, mais en 30’, l’artiste est quand même parvenue à afficher de nombreuses facettes de son talent. Franchement, c’est une excellente surprise !  

Setlist : « Biscuits », « Somewhere To Disappear », « Smoke Signals », « Atlantis », « Nervous Riders », « Shoot To Forget », « Star City ».

Place ensuite à Julia Jacklin, la tête d’affiche. Soutenue par un backing group, impliquant un drummer, un bassiste ainsi que deux guitaristes, l’un masculin et l’autre féminine, cette dernière doublant aux claviers et aux chœurs, elle se réserve le micro et la gratte. Dès qu’elle a grimpé sur les planches, elle signale être enrhumée et rencontrer un petit problème de voix. Pour tenter de la sauver, son gratteur lui file son verre de whisky. Lorsque les trois sixcordistes conjuguent leurs instruments, l’intensité est alors à son apogée. Malheureusement, la voix de Julia manque cruellement de relief, et empêche le concert de véritablement décoller. Dommage ! A revoir en pleine possession de ses moyens…

Une petite déception largement compensée par le récital d’Olympia…

Setlist : « Body », « Eastwick », « Leadlight », « Motherland », « Don't Know How To Keep Loving You », « Good Guy », « When The Family Flies In », « Don't Let The Kids Win », « You Were Right », « Turn Me Down », « Pool Party », « Head Alone », « Pressure to Party ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Joe Jackson

Fool

Écrit par

En 40 ans de carrière, Joe Jackson aura donc sorti 20 albums, et « Fool » constitue son dernier. Malgré son titre, cet opus ne suscité par vraiment la folie, même si la langue du musicien britannique est toujours aussi acide. En fait, à travers ses 8 chansons, il réalise une nouvelle synthèse d’un parcours au cours duquel il a embrassé une multitude de styles, depuis le punk au jazz, en passant par la new wave, le classique, la pop et le rock. Et on en passe…

Une constante : sa voix toujours aussi fragile, claire et juvénile, son sens mélodique aiguisé, le soin apporté aux arrangements et puis ses remarquables interventions au piano (NDR : elles sont même lumineuses tout au long du chatoyant et élégiaque « Strange land »).

Cependant si l’opus recèle plusieurs plages pop aussi accrocheuses qu’efficaces (« Big Black cloud », la ballade pop ‘so british’ « Dave », un « 32 kisses » qui aurait pu figurer sur « Night and day »), l’artiste ne manque pas d’apporter de subtiles nuances à ses compos. A l’instar de « Fabulously absolute » et du titre maître. Des morceaux capricieux et presque post punk. Paru en single, le premier est rythmé et plutôt allègre. Tour à tour orientaliste ou latino, le second lorgne carrément vers Elvis Costello, malgré des références latinos (‘rumba ?). Des références qu’on retrouve sur le final « Alchemy », une autre ballade qu’on aurait pu également retrouver sur « Night and day ». Enfin le sophistiqué « Friend better » est partagé entre couplets légèrement funkysants (Prince ?) et refrains hymniques.

Bref, un Joe Jackson égal à lui-même et qui se produira dans le cadre du festival Cactus, le samedi 6 juillet 2019, mais aussi ce 15 avril à l'AB de Bruxelles.

Broomheads Jacket

Toujours du bon côté

Si chaque semaine l'Angleterre décharge sur nos côtes des ferrys entiers de jeunes groupes pop-rock à la gouaille frondeuse, peu nombreux sont ceux qui arrivent à la bonne destination ; bref jusqu'à nos oreilles. Car il faut bien l'écrire : pour vraiment apprécier le brit rock mieux vaut être né de l'autre côté de la Manche, surtout quand on ne comprend que pouic à l'accent d'un Mike Skinner ou d'un Singe de l'Arctique. Et les Bromheads Jacket, comme tout bon groupe rock de Sheffield, chante ses comptines prolétaires avec l'intonation qu'il faut – celle de la rue, des petites galères et de la frime post-pubère. Pas étonnant qu'au premier rang l'on retrouve ce soir des couples de 'teenies' surexcitées, qui reprennent en chœur les paroles en sautillant sur place. Des Anglaises, forcément, total look de lectrices NME, Converse en lambeaux et T-shirt plein de lignes.

En une grosse demi-heure les trois lascars balanceront vite fait bien fait leurs chansons cascadeuses, en conjuguant l'humour accablant d'Art Brut à l'affolement d'Eighties Matchbox B-Line Disaster. A part ça l'on ne sait pas grand-chose sur Tim (chant, guitare), Jono (basse) et Dan (batterie), si ce n'est que Tim ne ressemble pas trop au mec à lunettes qu'on a pu voir dans les magazines. Mais pourquoi donc ces jeunes filles se déchaînent comme si la gym n'était plus au programme de nos écoles secondaires ? Aurait-on raté un quelconque épisode du dernier Plan Langue de la radio publique ? A la fin, Tim posera son micro au milieu de la foule (80 personnes, en gros), le temps d'un titre dont on a bien du mal à se souvenir. C'est du pop-rock qui donne envie de réécouter nos disques de Supergrass, plein de bons petits riffs et de textes tout simples. Ca parle d'Angleterre, de la déconvenue d'être un ado de la 'génération perdue', de croire encore qu'un riff peut mouiller la culotte. Le mieux serait sans doute de prendre le Thalys pour vraiment comprendre ce qui se trame dans la tête de ces types. 'Les Bromheads Jacket ? C'est le groupe de Laurent Broomhead ?!?', me demanda l'autre jour un ami néophyte. 'Désolé mais moi je préfère Nagui, lui au moins il aime la musique'. Qui prendra la place des Bromheads Jackets la semaine prochaine ? La réponse après une page de pub.

My Morning Jacket

A en rester sans voix...

Soirée néo-country à l'AB, en compagnie de Centro-Matic, Saint Thomas et My Morning Jacket en fougueux cow-boys échappés de leurs bourgades désertiques, les cheveux pleins de sable et d'épines de cactus, ruminant leur rock emprunt d'americana sous les loupiotes de l'ABBOX.

Sous ce ciel étoilé d'une salle à moitié remplie, Will Jonhson brave très vite l'indifférence de début de soirée en enfilant les perles de « Love You Just The Same », le dernier album de son groupe Centro-Matic. Neil Young, figure tutélaire de tous ces jeunes mélodistes hors pair, veillera tout au long de ses trois heures intenses de concerts habités. Après 20 minutes, Centro-Matic finit par séduire le public, tout émoustillé par ces complaintes sudistes d'une limpidité enivrante.

Mais le vrai déluge viendra de My Morning Jacket, combo psyché-country d'une virtuosité et d'une hargne insolentes : Creedence Clearwater Revival, Flaming Lips, Pink Floyd, At The Drive-In, Pinback,… Les références se bousculent devant l'étendue des talents de Jim James et de ses quatre potes de Louisville. Et quels talents ! Marier ainsi la violence tourbillonnante du psychédélisme et la mélancolie bucolique de la country donne souvent pour résultat d'infâmes bouillons sans aucune magie. Chez My Morning Jacket c'est le contraire, et c'est magnifique. « It Still Moves », leur troisième album, est un chef d'œuvre. L'un des albums de l'année, pas moins… Mais ce soir, Jim James avait mal à la gorge, s'excusant après trois titres sublimes de ne pouvoir continuer à chanter sous peine de devenir aphone pour le restant de ses jours. Pourtant ce « Mahgeetah » en ouverture, qui justifie à lui tout seul l'achat de l'album, annonçait un concert grandiose. Et il le fût, en un certain sens… A condition d'accepter que même sans la voix magnifique de Jim James, My Morning Jacket est un grand groupe. Techniquement bluffant. Instrumentalement ahurissant. C'est là qu'on reconnaît le génie de ces types : même sans paroles, leur musique reste tout bonnement fantastique. Même s'il faut dire qu'on aurait préféré un concert normal… Mais au moins pourrons-nous dire qu'on a vu My Morning Jacket dans des conditions singulières. Pour leur prochain concert, Jim James nous a déjà promis d'être en forme, jusqu'à jouer « deux fois plus longtemps » pour se racheter une conduite. D'ici là, on se repassera en boucle « One Big Holiday » et « Easy Morning Rebel » en tapant du pied et en chantant nous-mêmes, avec l'espoir qu'un autre rhume ne dissipera pas toutes nos chances d'un jour voir ces rockeurs à 100 %… Quand même, quelle claque !

Et s'il y avait des récalcitrants dans la salle, leur déception n'aura pas été de longue durée, grâce à la prestation sympathique de Thomas Hansen, alias St Thomas, au club, en clôture de cette soirée déjantée. Le Norvégien, qu'on avait déjà vu ici même il y a plus d'un an en première partie de Lambchop, n'a rien perdu de son humour et de sa décontraction. Alternant les titres de ses deux albums (« I'm Coming Home » et « Hey Harmony »), notre cow-boy venu du froid aura vite fait de redonner un peu d'entrain aux plus déçus des fans de My Morning Jacket. Entre sa musique, de la néo-country mélancolique, et ses blagues potaches à l'accent scandinave, un monde : comme quoi on peut chanter des histoires de ruptures et puis en rire… C'est déjà ça de pris !

 

Joe Jackson

Retour aux sources...

Écrit par

Mary Lee's Corvette se résume à un duo. Une formule originale, puisqu'elle est partagée entre un bassiste et une chanteuse/guitariste (NDR : dans le registre acoustique !). Mary Lee possède une superbe voix, une voix cristalline dont le timbre me fait parfois penser à Joan Baez ; mais ses chansons manquent cruellement de relief. Et ni les efforts produits par son bassiste pour dynamiser la solution sonore, ni les interventions épisodiques de Mary à l'harmonica, ne parviendront à y changer quelque chose. Ce n'est qu'en fin de set, lorsqu'elle élèvera le tempo, qu'on se rendra compte du réel potentiel dont elle dispose, pour s'extraire du folk traditionnel. Et qu'elle exploite trop rarement…

Dans la foulée de la sortie de son nouvel album, « Vomume IV »,  Joe Jacskon est donc parti en tournée. En compagnie, bien sûr, des musiciens qui ont participé à l'enregistrement de cet opus ; et non des moindres, puisqu'il s'agit de ceux qui l'entouraient à ses débuts, soit Gary Sanford à la guitare, Dave Houghton aux drums et son fidèle bassiste Grahm Maby. Un périple qui transitait par l'Aéronef de Lille. Vêtu d'une redingote noire, Joe monte sur les planches flanqué de ses potes. Et avant d'entamer son set, il les présente. En français. Tout au long de la soirée, il fera l'impossible pour s'exprimer dans la langue de Voltaire, et en particulier pour introduire ses chansons. En n'oubliant pas d'y injecter une bonne dose d'humour… Le concert démarre sur les chapeaux de roue. « One more time », « Take it like a man : awkward age », « Fools in love », « Fairy dust », etc. Groove, funk et new wave font ici bon ménage. Showman, Joe donne de l'effet dans sa voix, tout simplement en variant la distance qui le sépare de son micro. Lorsqu'il s'assied derrière ses ivoires, c'est pour nous délivrer quelques chansons romantiques, dont un « Is she really » que le public reprend en chœur. Les sonorités dont il est capable de sortir de son instrument portable sont bourrées de feeling. Alors, j'imagine que lorsqu'il joue derrière un piano à queue, elles doivent vous transpercer. Les musiciens se sont effacés, pour laisser Joe interpréter quelques titres plus intimistes, plus minimalistes ; et ne particulier un « Steppin' out » de toute beauté. Pour le retour du groupe, on entre dans le monde de la New Orleans avec « Dirty Martini ». Joe en profite pour jouer du flugelhorn. Il embraie par « Thugs'r'us' », un titre ska issu de son dernier album ; et l'ambiance monte d'un ton. Qu'amplifie le funk blanc « Sunday papers », à la finale échevelée. Joe a maintenant ôté sa veste et clôture son spectacle par quelques titres plus enlevés encore, permettant même à ses musiciens de se libérer. Moment choisi par l'artiste pour s'éclipser, sans avoir oublié de prendre congé du public. Après dix minutes d'applaudissements, le groupe réapparaît. Graham Maby est passé au chant pour « Diff'rent for girls » ; mais Joe met la cerise sur le gâteau : il empoigne les maracas et nous accorde son célèbre « Beat crazy » et une version très punk d'« I'm a man ». Quelle soirée !

Jack Cooper

Sandgrown

Écrit par

Loin d'être un inconnu, Jack Cooper est surtout notoire au sein d’un duo qu'il forme avec James Hoare, chez Ultimate Painting. En outre, il participe régulièrement aux sessions d’enregistrement des elpees de Mazes, un groupe indie rock mancunien. Il vient donc d’ajouter une corde à son arc, en se lançant dans une aventure solo. Pour laquelle, il ouvre son compteur albums. Un premier elpee qui s’intitule "Sandgrown".

C'est chez lui à Londres que le songwriter a enregistré les neuf morceaux de cet opus publié sur le label Trouble in Mind (Jacco Gardner, J.C Satan, Ultimate Painting, ...) Et sur un simple quatre pistes. Pas étonnant que son folk/rock soit aussi minimaliste. L’Anglais pose sa voix faussement nonchalante tout en tramant ses mélodies à l’aide de sa gratte, alors que la batterie imprime paisiblement le tempo. A l’instar de l’excellent « Stranded Fleetwood Blues », ses ballades sont langoureuses et mélancoliques. On pense parfois à Ultimate Painting mais également à Pavement voire Silver Jews. Dommage ce manque de variation dans le rythme. Un petit coup de boost de temps à autre aurait été le bienvenu….

 

Jack Tempchin

Peaceful easy feeling

Écrit par

Chanteur auteur et compositeur, ce Californien a cosigné, dans le passé, certaines chansons des Eagles, et plus particulièrement en compagnie de Glenn Frey, malheureusement décédé depuis, en janvier 2016. Sous-titré "Peaceful easy feeling", "The songs of Jack Tempchin" a été enregistré au sein des studios de Joel Piper. Ce dernier s’est également lancé dans une carrière en solitaire, après avoir milité comme chanteur et batteur chez la formation de metalcore, Confide. Lors des sessions il s’est également investi comme musicien, mais se charge également de la mise en forme.

La plupart des morceaux de cet opus baignent dans l’univers des Eagles. Il s’agit donc de nouvelles versions de titres auxquels ont collaboré, à l’écriture, Jack ou/et Glen Frey. Le titre maître était un single de cette formation, gravé en 1972. Tempchin se consacre au micro pour cet excellent country/rock, qui se distingue par les sonorités harmonieuses de la guitare. Le band avait décroché un hit, en 1974, grâce à "Already gone". Tout au long de cette excellente plage, Jack est épaulé par Chris Hillman (ex-Byrds, Flying Burrito Brothers, Desert Rose Band), à la mandoline et la basse ainsi que Herb Pedersen (ex-Desert Rose Band), au dobro. Le sommet de cet LP ! Les deux collaborateurs sont toujours au poste lors de la finale, "It's our world now". Signé Frey, cette ballade roots figurait sur le "Long road out of Eden" du combo, en 2007. Chris y brille à la mandoline. Glen et Jack cosignent trois titres particulièrement rock. D’abord "Privacy", au cours duquel les riffs se révèlent largement amplifiés. Puis le nerveux "Everybody's gonna love somebody tonight", un roots rock inédit, caractérisé par une excellente partie vocale. Et enfin, "Party down", un hard rock particulièrement solide. Sur ces compos, la voix de Jack est uniquement soutenue par l’instrumentation de Joel Piper, qui se charge de la batterie, la basse et la gratte. Tempchin et Rita Collidege partagent un duo vocal face au seul piano de Chris Garcia, tout au long de "Slow dancing". Enrichie de cordes, "Soul searchin'", est une ballade soul à laquelle participe la chanteuse californienne Janiva Magness…   

 

Jack Mack

Back to the shack

Écrit par

Jack Mack & The Heart Attack Horns est une formation américaine établie à Los Angeles. Et elle compte plus de trente années d’existence. Sa musique baigne dans le blues et la soul. Son premier elpee, "Cardiac Party", remonte à 1982. Et son dernier essai, l’Ep "Lookin’ up" (NDR : paru en 2014, il avait bénéficié du concours de Tom Hambridge à la production) date de 2014. Jack Mack n’est pas le nom ni le pseudo du leader, mais le patronyme d’un quintet soutenu par une section de trois cuivres baptisée The Heart Attack Horns. Issu de la Nouvelle-Orléans, Mark Campbell en est le chanteur. Et Andrew Kastner, le guitariste. Ce dernier coproduit ce nouvel opus en compagnie du saxophoniste Bill Bergman.

Plage d’ouverture, "Standin’ before the king" s’ouvre dans le country/blues ; mais la forme acoustique finit par virer au R&B. Bien balancé, tapissé de cuivres et de claviers, ce titre met en exergue la voix expressive et puissante de Campbell, soutenue par celle de Melanie Taylor. Kastner en profite pour cracher ses premières flammes sur ses cordes. Une excellente entrée en matière ! Toujours r&b, mais légèrement funky, "Somethin’ in the water" permet de nouveau à la gratte de mettre judicieusement le nez à la fenêtre, alors que le requin de studio, Mike Finnigan, siège derrière les claviers. Bill Bergman signe un bel envol au saxophone, sur "Don’t let her go", une excellente ballade soul au cours de laquelle le chanteur est épaulé par des choristes. Bien nerveux, "Never too late" est au autre r&b parfaitement équilibré entre vocaux et instrumentation. Soul/blues, "Serves me right" est à la fois rythmé et dansant. Le drummer balise impeccablement la structure rythmique. Et le gratteur vient s’intégrer efficacement dans l’ensemble. Plus funk, "Bad habit" est hanté par le maître du genre, James Brown. Quelques morceaux nous renvoient à l’époque du label Stax. L’indolent "Somebody to trust", tout d’abord. A cause de cet orgue caractéristique. Et puis de la voix du leader. Particulièrement soul, elle est épaulée, par celles, féminines, de Melanie, Kathy et Niki. "Change my ways", ensuite. Un des sommets de cet opus. La voix de Mark est naturellement chargée d’émotion. Les répliques féminines sont toujours au rendez-vous. Et outre la présence du piano et de l’orgue, l’intervention au saxophone de Bergman se révèle tout bonnement magique. Et encore "Ain’t no way", une plage signée Carolyn Franklin, traduite en hit par sa sœur, la légendaire Aretha, en 1968. "Let me in" clôt cet opus. La voix est autoritaire et le piano entre en transe lors de ce rockin’ r&b à la fois saignant et entraînant…

 

Jack Lee

Bigger than life

Écrit par

Jack Lee a d’abord milité au sein de The Nerves, un trio de power pop qui a sévi à Los Angeles, au sein duquel figurait Peter Case (futur Plimsouls) et Paul Collins (The Beat). Puis il embrasse une carrière individuelle. De 1981 et 1985. Au cours de laquelle il publie deux albums, "Greatest hits Vol 1", en 1981 (NDR : sur l’illustration de la pochette il affiche une dégaine très fifties, un peu à la James Dean), et "Jack Lee", en 1985, sur le label français Lolita. A l’époque, ce chanteur/guitariste/compositeur était considéré comme un génie de la pop. Cette collection inclut l’intégralité de deux elpees susvisés. Elle est d’ailleurs sous-titrée "Anthology"! La musique composée par Lee est très stimulante. Il s’agit de power pop, caractérisée par d’excellentes voix et des guitares constamment mises en exergue. 

Les premières plages recèlent manifestement un potentiel pop. A l’instar de "Good times", du très new wave "Give me some time" et de "Come back and stay, piste au cours de laquelle, les interventions de guitare, assurées par Buzz Clic (ex-Rubber City Rebels), sont particulièrement affûtées. La compile recèle les deux faces de son 1er single ; en l’occurrence "Hanging on the Telephone" (NDR : déjà un hit pour les Nerves) et l’excellent "Women". Flanqué de ses partenaires, l’artiste devient franchement très intéressant quand il s’inspire des Stooges d’Iggy Pop. Mais sevré des aspects métalliques et punks. "I’m gonna have fun" lorgne ainsi vers le notoire "No fun", du groupe de Detroit. Ce qui n’empêche pas les grattes de se révéler assez déjantées. Elles sont même carrément allumées sur le superbe "Crime doesn’t pay", une piste tapissée par des interventions d’orgue.

Le second opus est paru quatre années plus tard. La musique a évolué. Notamment à cause de la présence des claviers et des synthés, que se réservent Rick Delano et Mike Egern. Jack a aussi totalement changé de look. Il ne ressemble plus à un mauvais garçon. Le second volet de la carrière de Lee est moins intéressant. Il y a bien "Sex", titre prometteur, bien ancré dans la dynamique punk, que chante d’une voix agressive, Buzz Clic, également responsable d’une intervention incendiaire sur les cordes. Mais en général, les claviers dominent constamment le sujet et le style adopté est plus proche de la new wave. "Somebody else to love" aurait ainsi pu figurer au répertoire de Gary Numan. Les synthés baignent le très pop "Bird in a cage". "Play with me" adopte une attitude davantage R&B. Et c’est "Small word", la face B d’un single, qui achève le disque.

Jack Lee a depuis disparu de la vie publique. Aux dernières nouvelles, il semblait proche d’un retour. Il avait l’intention de graver un nouvel LP en compagnie de son nouveau groupe, le Jack Lee Inferno. Mais c’était déjà en 2007 !

 

Jack and The '

Melody Circle

Écrit par

Jack and the ‘, c’est avant tout Julien Lonchamp, un Français exilé à Edimbourg. C’est lui l’initiateur et le moteur de cet ambitieux projet qui s’est concrétisé par la sortie de « Melody Cycle ». Il s’agit de son premier album. Deux Eps étaient parus précédemment, en 2014 et 2015. Il a fallu plus de quatre ans de travail et une bonne dose d’abnégation avant de voir paraître cet opus. Les dix-huit morceaux ont été écrits par l’artiste entre Dublin (où il effectuait sa thèse), Edimbourg (où il s’est installé) et Nancy (sa ville natale). Pour la musique, il a fait appel à dix-huit musiciens dont un quintet de cuivres et un orchestre de musique contemporaine baptisé Apostrophe Ensemble » (ce qui explique le patronyme Jack and the ’). Il lui a fallu un an pour assembler toutes les composantes, mais également conférer une certaine homogénéité à l’ensemble. Alors, « Melody Cycle » réussite ou échec ? N’est pas Sufjan Stevens qui veut !

Cet elpee baigne dans un climat pop/folk baroque, bien british, subtilement teinté de jazz. Un climat qui bénéficie d’un supplément d’âme anglo-saxon qu’on retrouve chez les folkeux irlandais et écossais d’une époque révolue. Mais également de mélodies allègres susceptibles de colorer votre imagination de collines verdoyantes sillonnées de murs en pierre sèche… Parfois, la musique de Jack and The ' évoque celle de Belle & Sebastian. Surtout quand elle est enrobée de chœurs. Différence, quand même, Julien Longchamp ne possède pas le même organe vocal que Stuart Murdoch.

Les accents jazzyfiants sont essentiellement entretenus par les ivoires. Parmi les 18 pistes, on décèle quelques instrumentaux. Etait-ce vraiment indispensable ? Car quoique agréable à l’écoute, cet LP semble parfois tirer en longueur. Enfin, pas en fin de parcours, car c’est justement au bout de l’effort que « Melody Cycle » nous réserve de véritables petites perles… Quoiqu’il en soit, Julien Lonchamp n’a pas à rougir de son œuvre. Le travail finit toujours par payer. Et en alliant concision et efficacité, l’artiste pourrait nous réserver une bonne surprise, dans le futur... 

 

Jack Bruce & Robin Trower

Songs from the Road (cd + dvd)

Écrit par

Thomas Ruf nous propose une suite à la collection "Songs from the Road", à travers ce cd et ce dvd, qui met en exergue son catalogue en ‘live’. Et pour la circonstance, il nous réserve une belle surprise en exhumant une prestation de Jack Bruce associé à Robin Trower.

Jack Bruce est une icône de la musique rock contemporaine. Il nous a malheureusement quittés en octobre 2014. Il avait 71 ans! Très bon chanteur, doublé d'un excellent bassiste, il a participé à l’aventure de la vague blues anglaise des sixties, à l’instar de l’Alexis Korner Blues Incorporated, du Graham Bond Organization, du Manfred Mann et parfois du John Mayall's Bluesbreakers ; sans oublier, en 1966, à l'avènement du premier super groupe, The Cream, auprès d’Eric Clapton et de Ginger Baker.

Le parcours de Robin Trower est très différent. En 1967, il devient guitariste chez Procol Harum. Très marqué par le jeu de Jimi Hendrix, il fonde, dès 1973 son trio, le Robin Trower Band. En 1981, Bruce et Trower forment le trio B.L.T., en compagnie du batteur Bill Lordan ; une aventure qui donnera naissance à deux elpees, un éponyme en 81 et "Truce" (Isidore remplaçant Lordan), l'année suivante.

La set list du concert enregistré fin février 2009, à Nimègue, réunit l'essentiel du contenu de l'album "Seven moons", que les deux artistes avaient réalisé ensemble en 2005, déjà, en compagnie du même batteur Gary Husband, un musicien qui avait beaucoup milité dans l’univers du jazz rock, côtoyant notamment John McLaughlin, Allan Holdsworth et Billy Cobham.

Et l’opus s’ouvre par le morceau éponyme. Une version superbe qui calibre déjà l'atmosphère de ce spectacle, dont les morceaux imprimés sur un tempo lent sont privilégiés. Bien sûr inspiré par Hendrix, Robin joue tout en délicatesse, tout en restant sur la réserve ; et dans ce registre, c’est vraiment un guitariste de grande classe. "Lives of Clay" baigne au sein d’un même climat. Brillant, Trower maîtrise à merveille ses effets sonores. Indolent, "Distant places of the heart" est bercé de mélancolie. Lors de la version du célèbre "Sunshine of your love", l'un des fleurons de Cream, la basse de Bruce entre en extase. Mais ce qui caractérise le mieux Bruce et Trower, ce sont  les compositions atmosphériques ; à l’instar du superbe "Carmen" qui figurait sur "B.L.T". "So far to yesterday" nous entraîne dans un trip psychédélique. Quoique bien maîtrisées, les cordes de Robin entrent en transe. "Just another" pousse le périple un peu plus loin ; une remarquable plage au cours de laquelle Trower est au sommet de son art. Il écrase ses pédales sur "Perfect place". "Bad case of celebrity" est un blues lent dépouillé, avant que Trower ne se réserve quelques lignes très hendrixiennes sur "Come to me". En fin de set, Bruce se libère pour conduire deux covers de Cream, l'inévitable "White Room" et "Politician". Un excellent concert!

 

Stones Jack Jones

Love & Torture

Écrit par

Sexagénaire, Stones Jack Jones est un personnage au parcours plutôt atypique. Loin du rêve américain, il est né dans une famille de mineurs et a passé son enfance en Virginie. Il choisit pour pseudo Stones Jack Jones, un patronyme qui évoque davantage un alcool frelaté que celui d’un songwriter. Et se produit dans les clubs de ‘striptease’, avant de s'installer à Nashville, où il se forge une certaine notoriété. S’il a gagné un combat contre la maladie, il faut reconnaître que cet artiste n’est toujours pas enclin à faire la fête. Rien qu’a regarder sa mine austère, on a plutôt envie de compatir. Et son nouvel opus, "Love and Torture", ne laisse pas entrevoir le moindre coin de ciel bleu dans son univers sombre.   

Sa voix est rauque. Son americana noir et mystique. Un peu dans l’esprit de Wovenhand. Pas étonnant quand on sait que David Eugene Edwards et Stones Jack Jones sont issus des Appalaches.

« Shine » est une ballade solennelle à la mélodie efficace. Le ton est donné. Et il est obscur. L’instrumentation est parfaitement équilibrée : banjo, mandoline, harmonica, harpe, tout y passe, sans jamais que la musique ne puisse sembler surfaite. Mais c’est la voix de l’Américain qui fédère l’ensemble. Kurt Wagner (Lambchop) joue de la guitare sur « Circumstance », alors que pour « Ships », c’est la chanteuse country Patty Griffin qui vient donner de la voix.

A l’écoute de « Love and Torture », il faut avouer qu’on ne se fend pas la gueule. Cependant, la charge émotionnelle y est considérable ; à tel point que cet opus pourrait servir de tremplin à une profonde introspection.

Jack Hustinx

Over yonder

Écrit par

Jack Hustinx n’est guère notoire dans l’univers du blues. Et pourtant, vu son potentiel, ce Batave pourrait bien s’y imposer. Et plus rapidement qu’on ne le pense. A cause de cet album. Citoyen d'Eindhoven, il partage son existence, depuis de nombreuses années, entre son pays natal et la ville d’Austin, au sein de laquelle la musique est reine. Au cours des trois dernières années, il y a énormément composé, et "Over yonder" constitue le résultat des diverses sessions qui se sont déroulées en 2014, entre la Hollande et la capitale du Texas.

Chez lui, Justin et Shiner Twins collaborent régulièrement. Une coopération qui s’est soldée par la confection de 3 long playings, entre 2006 et 2011. Au sein de ce band figure un formidable guitariste répondant au nom de Richard Van Bergen. En 2014, il avait d’ailleurs publié un superbe LP baptisé "Rootbag".

Aux States, Jack a rencontré des tas de musiciens, en compagnie desquels il a sympathisé. Et tout d’abord le chanteur Malford  Milligan (ex-Storyville). Ils avaient d’ailleurs déjà bossé ensemble sur "Sweet Cherry Soul", un LP paru en 2002. Il s’est également lié d’amitié à Derek O'Brien, le guitariste maison du club Antone's à Austin ; mais aussi à Harry Bodine (Delta Roux), un spécialiste de la slide. Au rayon de ses autre potes qui participent au projet, on épinglera l’accordéoniste/claviériste John Magnie et le batteur Steve Amedee, deux membres de Subdudes, un combo issu New Orleans, dont la musique oscille entre le zydeco, le R&B et le rock'n'roll…

Dominée par la voix impressionnante de Mulligan, "Life will humble you" s’ouvre dans la douceur, une superbe ballade alimentée par l'accordéon de Magnie et la guitare de Bodine. Mulligan et Hustinx chantent "Crawlin' up to the surface", une plage blues/roots ciselée par les cordes réverbérées de Richard Van Bergen. Swamp rock entraînant, "True true love" est magnifié par la sortie aussi bien efficace qu’impressionnante du Texan Derek O'Brien. Des effluves texans mais aussi louisianais contaminent l’atmosphère de "Good while it lasted". Les sonorités de gratte dispensées par Bodine sont bien métalliques, alors que Roal Spanjers aligne des arpèges sur son piano. L'accordéon de Spanjers entretient une excellente ambiance tex mex tout au long "Welcome to San Antone". Un climat qu’on retrouve sur "I won't surrender", une piste au cours de laquelle John Magnie se réserve le piano à bretelles, alors que Mullingan est au micro et Harry Bodine se consacre à la slide. Tendre ballade, "My soul – My inspiration" est tapissée par l'orgue Hammond de Spanjers. Le piano ‘honky tonk’ de Roel balise l’entraînant "That's where I draw the line". Le long playing nous propose encore deux jolies ballades roots : tout d’abord "Why do I keep loving you", puis "The rain came down", une composition colorée par le violon de David Perales. Enfin, blues indolent, "Walkin' waste of time" est entretenu par les ivoires et l'accordéon de John Magnie.

 

Handsome Jack

Do what comes naturally

Écrit par

Handsome Jack nous vient de Buffalo, dans l’Est de l’état de New York. Un quatuor fondé en  2004, qui a entamé sa carrière en pratiquant du blues/garage/rock. Depuis, son style a évolué et s’est largement enfoncé dans le blues primaire. Le band a publié un premier album en 2011, "Super Moon", chez Radiator. "Do what comes naturally" paraît chez le très intéressant label Alive Natural Sound, sur lequel il vient de signer. Il a reçu le concours de Zacchary Gabbard, des Buffalo Killers, à la mise en forme.

Le line up réunit le chanteur/guitariste Jamison Passuite, le bassiste Joe Verdonselli, l’organiste/guitariste Phil Allport et le drummer Chad Salmeri. Leur combinaison de garage et de boogie soul s’assimile à la création d’un pont entre le blues du Delta et le southern soul de Stax (Memphis).

Dès "Echoes", on se rend compte que l’horloge de notre quartet s'est arrêtée, il y a déjà quatre décennies. Un blues rock drivé à l'anglaise. Pensez à l’époque où Free et Humble Pie avaient un franc succès. La voix de Jamison est plutôt caverneuse. Elle campe un hybride entre Eric Burdon et Ozzy Osbourne. Le rythme est paresseux. Les solistes restent sur la réserve. Le développement lent de la compo provoque un climat de transe hypnotique. Caractérisé par l’intervention à l’harmonica de Forest Jor, "Creepin" élève le tempo. La guitare met le nez à la fenêtre sur "Between the lines", mais en toute sobriété. "Dead tracks" est imprimé sur un tempo susceptible d’évoquer ZZ Top. Jamison se libère quelque peu sur ses cordes, et finit même par atteindre un pic d'excitation. Et le résultat tien la route. L'orgue de Bob Nave, un vétéran qui militait, au cours des sixties, au sein du combo de bubblegum The Lemon Pipers (NDR : souvenez-vous de "Green tambourine man", paru en 1968), teinte légèrement de pop,"Leave it all behind". "Ride on" opère un retour au blues rock primaire, languissant. En ajoutant un zeste de fuzz dans le son de sa gratte, Jamison lorgne vers Paul Kossoff de Free. Préparé à la sauce Handsome Jack, "Dry spell" n’adopte pas la course du cheval au galop, mais ce boogie baigne dans un climat plutôt proche des Doors de Jim Morrison. Solide, la section rythmique impose son tempo métronomique sur "Ropes chains", un blues rock basique. "You & me" est certainement une des meilleures plages de l’elpee. Hanté par Free, elle est dominée par la voix nasillarde de Passuite. Etonnant, ce long playing se referme sur "Wasted time". Jamison chante devant les voix des deux choristes, Beth et Kristen, sur cette piste brute, primaire…

 

Jack Bruce

RIP Jack Bruce

Écrit par

Jack Bruce, musicien devenu notoire pour avoir milité comme bassiste et chanteur de l'un des tous premiers super-groupes de l’histoire du rock, The Cream, auprès d'Eric Clapton et de Ginger Baker, est décédé ce 25 octobre, à son domicile dans le Suffolk en Angleterre, il avait 71 ans.

Pas de cause de décès avancée, mais il souffrait d'un cancer du foie.

Début des sixites, Jack Buce a participé à l'éclosion du blues en Angleterre. Il a sévi au sein de l’Alexis Korner Blues Incorporated de Graham Bond Organisation et, plus brièvement, des Bluesbreakers de John Mayall.

The Cream est né en 1966. Il réunissait trois musiciens déjà légendaires de leur vivant.

Jack Bruce entame ensuite une carrière personnelle, et publie l’elpee "Songs from a taylor", en 1969. En 45 années, il gravera une douzaine d'albums personnels dont le dernier, "Silver rails", était sorti en mars 2014.

The Cream s'était reformé à deux reprises : en 1993 lors de leur intronisation dans le Rock Hall of Fame et, plus longuement, en 2005 et 2006.

Roger Waters, le bassiste de Pink Floyd, estimait que Bruce était le bassiste le plus doué de sa génération.

 

Jack La Motta

Baby give me my chick

Écrit par

Jack La Motta & Your Bones est un ensemble italien issu de Lonigo, un petit patelin sis quelque part entre Venise et Vérone. Ce quatuor pratique une forme de country/punk/rock/garage marécageux, ténébreux ou poussiéreux, selon les circonstances. Leurs idoles ? Dans le désordre : Johnny Cash, Elvis Presley, Sergio Leone, Ennio Morricone, Clint Eastwood ainsi que Franco Nero. Il y a même un peu de mariachi (NDR : ces cuivres sur « Puerca Vaca » !) Et de temps à autre de l’harmonica. Leur musique ne manque ni d’énergie, ni de fantaisie, mais elle doit plus que probablement se vivre en ‘live’. Conclusion, les 12 titres de ce « Baby give me my chick » ne laisseront certainement pas dans mon esprit, un souvenir impérissable…

 

4 Jacks

Deal with it

Écrit par

Le label Ellersoul a eu le nez creux en demandant à quatre musiciens talentueux se réunir pour partager un même projet sous le patronyme des 4 Jacks. Les 4 As!

Anson Funderburgh est un guitariste texan. Chez ses contemporains, il est considéré comme un des meilleurs. Il a drivé, pendant trois décades The Rockets, une formation au sein de laquelle militait le chanteur/harmoniciste noir, Sam Myers. Cette véritable légende du blues est disparue en 2006.

Big Joe Maher est issu de Washington D.C. Batteur, chanteur et compositeur, c’est un maître du swing

Kevin McKendree est claviériste. Il a longtemps été chef d'orchestre de Delbert McClinton. Quant à la basse, elle est assurée par Steve Mackey.

Ils sont entrés dans le studio de McKendree, ‘The Rockhouse’ à Franklin (NDR : c’est dans le Tennessee) pour y enregistrer sous sa houlette.

Le titre maître ouvre le feu. Le son trempe dans le Memphis blues. Anson pince les cordes à la manière de Freddie King tandis que McKendree fait vibrer son orgue Hammond comme Booker T. Une excellente entrée en matière instrumentale. "Have ourselves a time" baigne dans le swing à l'état pur. Steve se démène sur sa basse acoustique. Kevin caresse ses ivoires sur le mode jazz. Big Joe dirige la manœuvre depuis ses fûts. Anson semble hanté par T-Bone Walker. La complicité musicale est manifeste. La cover du "I don't want to be president" de Percy Mayfield permet à Mr Funderburgh de faire la différence. Le niveau monte encore d'un cran sur "She ain't worth a dime", un Chicago shuffle au cours duquel McKendree fait exploser les 88 touches de son piano. Véritable joyau, "Love's like that" est issu de la plume de Maher. Anson est en toute grande forme. Son jeu est exceptionnel. Il évolue même dans le  registre d'un Otis Rush au sommet de son art. La voix de Big Joe est irréprochable. Elle est même limpide sur "Bobcat woman", un swing au cours duquel chaque instrument trouve sa place. Blues lent de circonstance, "You turn to cry" adopte un profil dramatique. Un exercice de style qui semble naturel pour ces artistes ; et qu’on retrouve sur "Bad news baby". Rien n’est à jeter sur ce long playing. Funderburgh s'éclate sur "Thunder and lightning". Il échange un duel avec McKendree, sur l'instrumental "Texas twister". Enfin, les quatre musicos se défoulent tout au long d’"Ansonmypants", un boogie ludique. Pour votre serviteur, il s’agit du meilleur album de blues, paru depuis le début de l’année 2013. Un projet à suivre de très près !

 

Page 1 sur 3