L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Joe Jackson

Joe Jackson, entre espoir et fureur…

‘Hello cruel world / I'm not going away / So I might as well have my say’, chante Joe Jackson sur son nouvel album, et il ne fait aucun doute qu'à un moment où beaucoup de ses contemporains ont perdu leur passion, leur talent, leur voix ou même leur vie, Jackson va de succès en succès. « Hope and Fury » pourrait bien être son meilleur opus à ce jour.

Il paraîtra le 10 avril 2026. Pour accompagner cette sortie, Joe Jackson et son groupe se lanceront dans une grande tournée nord-américaine de mai à juillet 2026, suivie d'une longue tournée européenne de septembre à décembre. Au total, la troupe accordera 80 concerts dans 14 pays.

Bien qu'il soit souvent décrit comme un artiste caméléon qui change constamment de style, Jackson insiste sur le fait que la plupart de ses elpees s'inscrivent dans son propre courant dominant : de nombreuses chansons pop sophistiquées, utilisant différents types de rythmes et de combinaisons d'instruments. En même temps, Jackson se réserve le droit de s'éloigner de ce courant dominant. Comme il l'a déclaré dans une rare interview récente pour le magazine britannique Chap, ‘J'ai toujours su que je ferais de la musique toute ma vie. Alors, de temps en temps, je vais faire quelque chose de différent, pour que ça reste intéressant’.

« Hope and Fury » revient au présent et au ‘courant dominant JJ’ pour avec neuf nouvelles chansons puissantes. Le résultat pourrait être perçu par les fans comme un croisement entre « Fool » (2019), « Laughter and Lust » (1991) et « Night and Day » (1982). À l'instar de ces long playings, « Hope and Fury » regorge de morceaux exceptionnels, de paroles intelligentes et originales et de rythmes funky, avec la voix et le jeu de clavier de Jackson plus puissants que jamais. Le morceau d'ouverture, « Welcome to Burning-By-Sea », décrit une ville balnéaire fictive inspirée de Brighton et de Portsmouth, la ville natale de Jackson, mais qui s'avère être un microcosme de tout le pays, tandis que « End of the Pier » oppose ingénieusement un aperçu de la vie de la classe ouvrière britannique en 1922 à une version post-pandémique en 2022.

D'ailleurs, cet LP est plein de contrastes, mais il est surtout optimiste, avec l'humour caractéristique de JJ très présent : du sarcasme mordant de « I'm Not Sorry » à la moquerie espiègle de « Fabulous People », en passant par la pure folie de « Do Do Do ».

Joe Jackson n'est certainement pas près de disparaître. Partageant son temps entre New York et Portsmouth au Royaume-Uni, Jackson se décrit comme ‘bicoastal’ tant sur le plan géographique que musical, et « Hope and Fury » comme du Bicoastal LatinJazzFunkRock.

 

Joe Jackson

La machine à remonter le temps de Joe Jackson…

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Le Cirque Royal est blindé pour le concert de Joe Jackson qui est en pleine tournée ‘Two Rounds Of Racket’. « What a racket » (Mr. Joe Jackson Presents Max Champion in 'What a Racket !' », c’est d’ailleurs le titre de son dernier opus, paru en novembre 2023 

Pas de première partie, c’est Joe Jackson qui s’en charge. En mode piano/voix. Au cours de ce premier acte, il va nous proposer 11 morceaux dont 8 versions de ses plus grands succès et 3 reprises de titres signés The Kinks, Harry Fragson (*) et enfin Albert Chevalier (**)

Le rideau rouge est fermé et Joe Jackson débarque en costard bleu/violet sur chemise blanche. Il s’installe en avant-scène et est déjà chaleureusement applaudi, avant même d’entamer son récital. Le public est suspendu à ses lèvres. L’artiste ouvre hostilités par « Dave », une plage issue de son elpee paru en 2019, « Fool ». Il enchaîne par « Take It Like A Man » (Volume 4 ». Manifestement, il remonte le temps. Chaque chanson interprétée est plus ancienne que la précédente. « Stranger Than Fiction » (« Laughter and Lust ») nous replonge dans les 90’s et « Real Men » ainsi que « Steppin' Out », extrait de son disque phare paru en 1982, « Night and Day », dans les 80’s. Et sa version cool et originale de cette compo de power pop aux influences jazz fait mouche auprès de l’auditoire. Votre serviteur en a des frissons partout.

En deux temps trois mouvements, Joe revient aux 70’s, épinglant des compos tirées de son second long playing gravé en 1979, « I'm the Man ». Mais, et c’est remarquable, Joe exprime son envie de continuer à se servir de sa ‘time machine’, bien que nous ayons atteint, alors, les premiers jours de sa production enregistrée. Il retourne dès lors aux sixties à travers sa cover très bien accueillie de « Waterloo Sunset » des Kinks, racontant une histoire sur la façon dont il se rendait souvent à la gare de Waterloo à Londres lorsqu'il était enfant. De mieux en mieux ! Le coup d’œil dans le rétroviseur de Joe passe alors par le cinéma, s’inspirant de sa contribution au film de 2005, « The Greatest Game Ever Played », où il apparaît dans le rôle d’un pianiste, en 1913. On imagine alors les rouages tourner dans l'esprit du musicien ingénieux alors que les fils commencent à s'entrelacer. Joe adapte le comique « Hello, Hello, Who's Your Lady Friend ? », attribué à Harry Fragson, une chanson entraînante de cette période qui s’est muée en hymne de marche populaire pendant la Première Guerre mondiale ; mais elle est surtout interprétée par Jackson avec beaucoup d’humour. Il abrège cependant les couplets les plus coquins et n’en conserve que deux ou trois. De toute évidence, le public aurait aimé une interprétation intégrale de ce morceau.

Zappant l’entracte, Joe ouvre le rideau de la scène pour nous accorder un set à l'ancienne, du style ‘London Town’ (période victorienne), mais sous une configuration DeLorean du professeur Emmett Brown dans la série ‘Retour Vers le Futur’. Et soudain apparait un groupe de 10 musiciens.

Opérant comme directeur musical, Daniel Mintseris prend la place de Joe aux ivoires qui s’installe au centre du podium. Doug Yowell (batterie), Richard Hammond (contrebasse), Susan Aquila (violon), Lourdes (Lou) Rosales (alto), Ricky Roshell (flûte, piccolo), Christa Van Alstine (clarinette, clarinette basse), Jackie Coleman (trompette) et Sam Kulik (trombone et tuba) complètent le line up. 

Habillés de costumes d’époque, les musicos procurent style et savoir-faire à ce spectacle de style ‘music-hall’ anglais du début du XXème siècle. Talentueux, ils apportent couleur et vitalité à cette partie de concert constituée de neuf morceaux entièrement revisités par Jackson, qui s’est ouverte par « What a Racket ! », le titre maître du concept album, et s’est achevée par « The Sporting Life » de Max Champion, une ode amusante à l'abandon du sport. D’ailleurs, lorsque le public ne danse pas sur place, il rit de l'inventivité et de l'humour de Joe.

Au grand complet, la formation accorde un rappel de deux titres, dont le morceau phare « Is She Really Going Out with Him », issu du premier album de Joe, datant de 1979, « Look Sharp ! », et « Worse Things Happen At Sea », une autre composition futée de Max Champion (***). Mais certains micros sont tombés sur les planches, un problème technique qui va retarder cette interprétation. Néanmoins, fidèle, la foule attend patiemment que tout rentre dans l’ordre, afin de profiter au max de tout ce que Joe pourrait lui réserver…

Photos Vincent Dufrane ici

Setlist : Partie 1 - En solo piano/voix (45 minutes) : « Dave », « Take It Like A Man » (Joe Jackson Band song), « Stranger Than Fiction », « You    Can't Get What You Want (Till You Now What You Want) », « Real Men », « Steppin' Out », « It's Different For Girls », « On Your Radio », « Waterloo Sunset » (The Kinks cover), « Hello, Hello, Who's Your Lady Friend ? » (Harry Fragson cover), « My Old Dutch » (Albert Chevalier cover).

Setlist : Partie 2 - The Music of Max Champion : « (Ouverture) : Why, Why, Why ? », « What A Racket ! », « The Bishop And The Actress », « Health & Safety », « Think of the Show ! - A Thespian's Lament », « Dear Old Mum - A London-Irish Lament », « Monty Mundy (Is Maltese) ! », « Never So Nice in the Morning », » The Sporting Life »

Rappel : « Is She Really Going Out With Him ? », « Worse Things Happen At Sea »

(*) Léon Philippe Pot, dit Harry Fragson, né à Soho (Londres) le 2 juillet 1869 et mort à Paris 10e le 30 décembre 1913, est un auteur-compositeur-interprète belge qui a connu le succès tant en langue française qu’anglaise.

(**) Albert Chevalier (souvent cité comme Albert Onésime Britannicus Gwathveoyd Louis Chevalier) ; (21 mars 1861 – 10 juillet 1923), était un comédien de music-hall, chanteur et acteur de théâtre musical anglais. Il s’était spécialisé dans l'humour cockney basé sur la vie de marchand de rue à Londres à l'époque victorienne. Vu ses aptitudes et sa capacité à écrire des chansons, il est devenu connu de son public comme le ‘lauréat des marchands de rue’.

(***) Max Champion est un chanteur de Music-Hall de l’époque victorienne qui a connu un certain succès, dans le Londres profond, avant la guerre 14-18). Il aurait enregistré vers 1911-1913, selon certaines ources. Le personnage a été perdu, probablement tué pendant la Première Guerre mondiale, et sa musique a été ‘oubliée’ jusqu'à ce que Joe dépoussière la partition et enregistre son ‘hommage’.

(Organisation : Live Nation)

 

Joe Jackson

Fool

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En 40 ans de carrière, Joe Jackson aura donc sorti 20 albums, et « Fool » constitue son dernier. Malgré son titre, cet opus ne suscité par vraiment la folie, même si la langue du musicien britannique est toujours aussi acide. En fait, à travers ses 8 chansons, il réalise une nouvelle synthèse d’un parcours au cours duquel il a embrassé une multitude de styles, depuis le punk au jazz, en passant par la new wave, le classique, la pop et le rock. Et on en passe…

Une constante : sa voix toujours aussi fragile, claire et juvénile, son sens mélodique aiguisé, le soin apporté aux arrangements et puis ses remarquables interventions au piano (NDR : elles sont même lumineuses tout au long du chatoyant et élégiaque « Strange land »).

Cependant si l’opus recèle plusieurs plages pop aussi accrocheuses qu’efficaces (« Big Black cloud », la ballade pop ‘so british’ « Dave », un « 32 kisses » qui aurait pu figurer sur « Night and day »), l’artiste ne manque pas d’apporter de subtiles nuances à ses compos. A l’instar de « Fabulously absolute » et du titre maître. Des morceaux capricieux et presque post punk. Paru en single, le premier est rythmé et plutôt allègre. Tour à tour orientaliste ou latino, le second lorgne carrément vers Elvis Costello, malgré des références latinos (‘rumba ?). Des références qu’on retrouve sur le final « Alchemy », une autre ballade qu’on aurait pu également retrouver sur « Night and day ». Enfin le sophistiqué « Friend better » est partagé entre couplets légèrement funkysants (Prince ?) et refrains hymniques.

Bref, un Joe Jackson égal à lui-même et qui se produira dans le cadre du festival Cactus, le samedi 6 juillet 2019, mais aussi ce 15 avril à l'AB de Bruxelles.

Joe Jackson

Retour aux sources...

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Mary Lee's Corvette se résume à un duo. Une formule originale, puisqu'elle est partagée entre un bassiste et une chanteuse/guitariste (NDR : dans le registre acoustique !). Mary Lee possède une superbe voix, une voix cristalline dont le timbre me fait parfois penser à Joan Baez ; mais ses chansons manquent cruellement de relief. Et ni les efforts produits par son bassiste pour dynamiser la solution sonore, ni les interventions épisodiques de Mary à l'harmonica, ne parviendront à y changer quelque chose. Ce n'est qu'en fin de set, lorsqu'elle élèvera le tempo, qu'on se rendra compte du réel potentiel dont elle dispose, pour s'extraire du folk traditionnel. Et qu'elle exploite trop rarement…

Dans la foulée de la sortie de son nouvel album, « Vomume IV »,  Joe Jacskon est donc parti en tournée. En compagnie, bien sûr, des musiciens qui ont participé à l'enregistrement de cet opus ; et non des moindres, puisqu'il s'agit de ceux qui l'entouraient à ses débuts, soit Gary Sanford à la guitare, Dave Houghton aux drums et son fidèle bassiste Grahm Maby. Un périple qui transitait par l'Aéronef de Lille. Vêtu d'une redingote noire, Joe monte sur les planches flanqué de ses potes. Et avant d'entamer son set, il les présente. En français. Tout au long de la soirée, il fera l'impossible pour s'exprimer dans la langue de Voltaire, et en particulier pour introduire ses chansons. En n'oubliant pas d'y injecter une bonne dose d'humour… Le concert démarre sur les chapeaux de roue. « One more time », « Take it like a man : awkward age », « Fools in love », « Fairy dust », etc. Groove, funk et new wave font ici bon ménage. Showman, Joe donne de l'effet dans sa voix, tout simplement en variant la distance qui le sépare de son micro. Lorsqu'il s'assied derrière ses ivoires, c'est pour nous délivrer quelques chansons romantiques, dont un « Is she really » que le public reprend en chœur. Les sonorités dont il est capable de sortir de son instrument portable sont bourrées de feeling. Alors, j'imagine que lorsqu'il joue derrière un piano à queue, elles doivent vous transpercer. Les musiciens se sont effacés, pour laisser Joe interpréter quelques titres plus intimistes, plus minimalistes ; et ne particulier un « Steppin' out » de toute beauté. Pour le retour du groupe, on entre dans le monde de la New Orleans avec « Dirty Martini ». Joe en profite pour jouer du flugelhorn. Il embraie par « Thugs'r'us' », un titre ska issu de son dernier album ; et l'ambiance monte d'un ton. Qu'amplifie le funk blanc « Sunday papers », à la finale échevelée. Joe a maintenant ôté sa veste et clôture son spectacle par quelques titres plus enlevés encore, permettant même à ses musiciens de se libérer. Moment choisi par l'artiste pour s'éclipser, sans avoir oublié de prendre congé du public. Après dix minutes d'applaudissements, le groupe réapparaît. Graham Maby est passé au chant pour « Diff'rent for girls » ; mais Joe met la cerise sur le gâteau : il empoigne les maracas et nous accorde son célèbre « Beat crazy » et une version très punk d'« I'm a man ». Quelle soirée !

Stevie Jackson

(I Can’t Get No) Stevie Jackson

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Avant de se lancer dans une carrière en solitaire, Stevie Jackson officiait au sein de Belle & Sebastian et de The Vaselines. Fort de ces expériences passés, l’Ecossais nous largue « (I Can’t Get No) Stevie Jackson », un premier opus solo quelque peu désarticulé. Hésitant entre folk, pop et americana sans jamais trouver le juste milieu, Jackson galère un peu en matière de consistance.

Meilleur compositeur qu’interprète, le chanteur propose douze titres mollassons qui traînent la patte comme un chien qui chercherait son maître. Jackson tente de nous faire croire à un Belle and Sebastian nouveau, notamment en engageant une bonne moitié de la bande. Mais l’illusion n’est que de très faible durée. Un disque tout à fait dispensable.

 

The Samuel Jackson Five

The Samuel Jackson Five

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The Samuel Jackson Five n’a aucun lien de parenté avec la célèbre famille américaine, que se soit d’un point de vue musical, géographique ou même généalogique ! Et à l’instar des Ramones, ce quintet réunit des faux frères. Cinq pas quatre. Des Norvégiens ! Issus de la capitale, Oslo. En outre, leur musique n’émarge ni au funk ou à la soul, mais au post-rock. Avant de publier cet opus éponyme, le combo avait gravé quelques disques qui doivent autant à Explosions in the Sky que Godspeed You ! Black Emperor.

Pour enregistrer leur quatrième elpee, le band a décidé d’explorer de nouveaux horizons sonores. Mais paradoxalement, plus proche de la scène locale. Puisant même ses sources chez Jaga Jazzist. La manière de traiter les cuivres et les claviers n’y est pas étrangère. En outre, sur ce long playing, The Samuel Jackson Five a recours aux parties vocales. Sur plusieurs morceaux, dont « Electric Crayons ». De quoi apporter davantage de nuances aux compos. La formation s’autorise même une aventure dans le psychédélisme (« Radio Gagarin ») et éteint carrément les amplis, lors de la plage de clôture, « Low Entropy ».

 

Michael Jackson

Immortal (2cd Deluxe Edition)

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‘Michael Jackson The Immortal World Tour’ est un spectacle qui sera exécuté aux States et au Canada au cours de l’année 2012 avant de traverser l’Atlantique pour débarquer sur le Vieux Continent, l’année suivante. Au programme : acrobates, danseurs et effets spéciaux dans une chorégraphie interprétée par la troupe du Cirque du Soleil.

« Immortal » est donc une compile de deux cds consacrée à ce grand spectacle réalisé sous la direction musicale de Kevin Antunes (Justin Timberlake, Rihanna, Madonna). Il a bossé pendant une année complète pour réaliser ce projet revisitant 40 des enregistrements originaux les plus notoires de Michael Jackson. Et ces titres revitalisés pour la circonstance, figurent sur ce double elpee…

 

Joe Jackson

Live Music

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Cet album ‘live’ a été immortalisé lors de la tournée européenne accomplie par Joe Jackson et son band, en 2010. Et son fidèle backing group est de la partie, en l’occurrence le bassiste Graham Maby et le drummer Dave Houghton. Un trio recomposé depuis la publication de « Volume 4 » en 2003.

Partagé en 12 plages, cet opus propose une bonne moitié de compos issues de l’album « Night & Day », mais également des titres moins connus ainsi que quelques covers, dont une adaptation un peu trop morose du « Girl » des Beatles, une bonne cover d’« Inbetweenies » de feu Ian Dury et une reprise pleine de verve du « Scary Monsters » de Bowie. Mais de ce long playing, j’épinglerai surtout une mouture bouleversante de « Cancer », le percussif « Steppin’ out » ainsi que le grand classique « Chinatown ». Un regret ? Pas de « Beat crazy », ni de « It’s different for girls » ou encore d’« Is she really ». Tiens, saviez-vous que « Got the time », qui figure au répertoire d’Anthrax, avait été composé par l’artiste insulaire ? Il a inclus sa version sur cet elpee.

 

Michael Jackson

Michael

Écrit par

Michael Jackson est mort. Vive Michael ! Même mort, le Roi de la pop gagne plus d’argent que quiconque. Et même mort Michael chante encore ! Plutôt balèze le mec ! Voilà donc la daube que tous les fans attendaient impatiemment. Un album inédit de chansons enregistrées par le plus célèbre des zombies. Intitulé sobrement « Michael », il immortalise des prises capturées au sein de divers lieux, entre 2007 et 2009. Seule exception à cette règle, le « Much Too Soon », belle ballade issue d’une session réalisée en 1982 pour l’album « Thriller ». Si je devais furtivement décrire le reste, je dirais qu’il s’agit d’une belle grosse arnaque, à l’instar du récent « This Is It ». Et vu les featurings (Akon, 50 Cent ou encore Lenny Kravitz), je conseillerai vivement à Michael de ne pas sortir de sa tombe. Ce qui a été exhumé ne vaut pas tripette. On est d’ailleurs bien loin du début des 80’s, époque à laquelle MJ nous éclaboussait de sa classe.

Bref encore une belle opération marketing pour remettre les comptes de Michael (NDR : ou de sa famille) dans le vert (comme si ce n’était déjà pas le cas). Un disque pourri, pourri, pourri !

Elvis Jackson

Against The Gravity

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Elvis Jackson doit être très mal conseillé. Comment expliquer qu’un groupe susceptible d’exceller dans tous les genres musicaux puisse se choisir un patronyme aussi inadapté ? Si elle est vraiment très éclectique, la musique du combo slovène ne ressemble en rien à celle du ‘King Of Rock’n’Roll’ et encore moins du ‘King Of Pop’. Comment expliquer aussi, qu’un combo d’envergure internationale se choisisse un artwork aussi repoussant ?

Pourtant, Elvis Jackson a tout pour plaire. Un univers sonore personnel, des compositions énergiques, un très bon chanteur et des musiciens capables de briller au sein d’une palette de  styles particulièrement large. Que ce soit le punk mélodique (« Against The Gravity », « Please Wake Me Up », « Not Here To pray »), le punk musclé (« Sweet Perfection », « Breaking The Silence », « Salvation »), le reggae (« Dry Your Tears », « This Time », « What Took You So Long »), le hardcore (« A Glass Of Tequila »), le métal (« The Burned Out Flame »), la pop (« Boyz and Girlz ») ou même le death métal (bonus caché en fin d’album), les musiciens slovènes passent d’un genre à l’autre avec une aisance qui force l’admiration. Elvis Jackson se paie même carrément le luxe d’un hit potentiel lors d’un « Street 45 » que l’on imagine bien squatter les ondes radiophoniques pendant quelques semaines.

A l’actif encore de l’excellent album « Against The Gravity », une production/masterisation top niveau signée par une équipe associant Bill Gould (bassiste de Faith No More), Rich Veltrop (Tom Petty, RATM, Slayer, SOaD) et John Cunibert (Aerosmith, Dead Kennedys, Joe Satriani).

Un album qui mérite bien mieux que son horrible pochette…

Jackson Browne

Time The Conqueror

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Ce disque est paru en 2008. Une œuvre dont les lyrics se focalisent sur la politique yankee. Passée et présente. Passant notamment sous ses fourches caudines l’administration de l’ex-président des Etats-Unis, Georges Bush (NDR : contre lequel il a milité lors de la campagne électorale de 2004), mais également les problèmes et les controverses qui ont alimenté les affaires publiques des années soixante. Pas étonnant qu’il fasse également référence à des personnages mythiques et engagés comme John F. Kennedy ou Martin Luther King. Faut dire que l’artiste est né en 1948. En Allemagne. Son père y était militaire. Puis la famille est retournée aux States. A Los Angeles, très exactement.

Il a sévi chez le Nitty Gritty Dirt Band au cours des 60’s, puis écrit des chansons, notamment pour Tom Rush, The Eagles, Linda Ronstadt, et les Byrds. Il a également transité par le groupe de Tim Buckley et a collaboré à l’enregistrement de l’album « Chelsea Girl » de Nico.

Découpé en 10 titres, cet elpee (NDR : c’est son quinzième !) s’adresse cependant essentiellement aux ondes FM de l’oncle Sam. A cause de la musique. Une sorte de rock/pop/folk qui sans être de mauvaise facture manque singulièrement de relief. Un style que l’auteur/compositeur/interprète a toujours privilégié, pour mettre ses textes engagés en exergue.

 

Michael Jackson

This Is It

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On croyait le Roi de la Pop fauché comme les blés, prêt à devoir hypothéquer Neverland ou encore céder sa collection des Beatles ; mais il semblerait que depuis sa disparition, sa richesse personnelle ne fait que croître. Et pour cause, en plus de toute sa discographie remasterisée, « This Is It », le film qui relate les dernières répétitions de MJ avant ses nombreux concerts programmés à Londres, a fait sauter le box office en quelques jours. Certes, les organisateurs annonçaient la diffusion du film pour une période de deux semaines, et curieusement, quelques jours avant la fin de cette échéance, la prolongation du film était annoncée. Belle technique commerciale, c’est une évidence !

Place maintenant à une autre technique tout aussi intéressante : pourquoi ne pas accompagner ce film d’une bande originale sonore ? C’est désormais chose faite, et très franchement, hormis le booklet au sein duquel figure de nombreuses photos issues des répétitions, « This Is It : The music that inspired the movie » est ennuyeux ! Qui n’a encore jamais entendu « Wanna Be Startin’ Somethin’ » ou encore « Jam » ?  Qui n’a jamais dansé sur « Black Or White » ou encore fredonné « Billie Jean » ? Outre ces titres maintes fois écoutés, on ne sera pas plus avancé sur la seconde galette qui accompagne cet album. En effet, on y retrouve trois titres en version démo (dont « Beat It » a cappella) et enfin « Planet Earth », proposé sous la forme d’un poème… (NDR : puisque je vous le dis !)

C’est ce à quoi vous devez vous attendre si vous vous procurez ce « This Is It ». En bref, un ramasse-poussière pour fan désespéré ou une relique destinée à se recueillir, lorsque le vide commencera à se faire sentir. Rest in peace MJ !

The Jackson 5

I’ll Be There (version digitale single)

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Le décès de Michael Jackson s’est traduit par la sortie d’innombrables ‘best of’ et autres compiles consacrées à la star défunte. La version inédite de « I’ll Be There » des Jackson Five en est un exemple concret. Sortie en version digitale, la chanson culte a spécialement été remixée en hommage au Roi de la pop. Cette version inédite devrait donc plaire aux fans de la première heure. Pour la circonstance, la batterie et les synthés ont été supprimés ; et ce sont les voix, la guitare et la basse qui ont été mis au premier plan pour une version certes ‘feu de camp’ mais qui montre surtout la profondeur étonnante du timbre de Michael, alors âgé seulement de 10 ans ! De quoi laisser sans voix. Un album complet devrait suivre…

Michael Jackson

King of Pop, The Belgian Edition

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Et encore un ! Décidément, ces derniers mois, le monde de la musique n’a d’yeux que pour le Roi de la pop: Michael Jackson. Après la sortie récente du « Thriller, 25th Birthday », célébrant l’anniversaire de l’album le plus vendu de tous les temps (plus de 100 millions d’exemplaires), la radio belge Bel RTL rend hommage à l’artiste, en réunissant sur une double galette les 34 meilleurs succès de l’Américain. Rien d’exceptionnel à première vue, sauf qu’ici l’initiative était de fêter dignement le cinquantième anniversaire du chanteur, tout en proposant aux Belges d’élire sur une liste de 100 titres, les chansons les plus marquantes de générations qui se sont succédé depuis l’émergence de ce jeune prodige. Une manière originale de retrouver ses plus grands succès tels les tubes recouvrant l’album « Thriller » mais aussi issus de son premier opus « Off The Wall ». Si certaines chansons plus récentes font un peu tache d’huile, cette compilation semble, d’un point de vue personnel, une des plus complètes parues à ce jour. Mention spéciale pour la sélection de l’inusable « Can You Feel It » des Jackson Five ou encore le superbe duo échangé en compagnie de Paul McCartney, « Say Say Say ».

Cinquante ans après sa naissance, l’icône Michael Jackson reste d’actualité et l’artiste, pourtant décrié, continue de faire rêver tout en incitant à danser !

Lien Youtube : http://www.youtube.com/user/michaeljackson 

Lien iTunes : http://clk.tradedoubler.com/click?p=24379&a=1303609&url=http%3A%2F%2Fphobos.apple.com%2FWebObjects%2FMZStore.woa%2Fwa%2FviewAlbum%3Fi%3D272583649%26id%3D272583590%26s%3D143446%26partnerId%3D2003

 

 


Michael Jackson

Thriller 25 “The World’s biggest selling album of all time”

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25 ans plus tard, « Thriller », album culte de Michael Jackson, n’a toujours rien perdu de son aura. Et on pourrait presque croire qu’il était normal de rééditer ce formidable album, vendu à ce jour, à plus de 100 millions d’exemplaires.

Coup de pub ? Coup de génie ? On est en droit de se poser des questions. Il est certain que les fans inconditionnels et les nostalgiques trouveront dans cette réédition quelques moments de bonheur, notamment sur le titre « For All Time ». Chanson inédite que le Roi de la Pop et son producteur, Quincy Jones, n’avaient pas retenue 25 ans plus tôt. Mais en ce qui concerne le reste, on hésite et on n’est pas vraiment convaincu par les collaborations, apportées par les invités tout au long de cet opus. Ainsi la pathétique reprise du « The Girl is Mine 2008 », opérée en compagnie de will.i.am des Black Eyed Peas, est une grosse déception, tout comme « Beat It 2008 », chanté pour la circonstance, par Fergie. Il y a bien le mix de Kanye West réservé à « Billie Jean 2008 », histoire de relever quelque peu le niveau, mais manifestement on a le droit d’être dépité par la solution sonore en présence.

Heureusement, le Dvd sauve les meubles. Parce qu’il recèle les clips incontournables « Billie Jean », « Beat It » et bien sûr LE « Thriller » aussi monstrueux que terriblement dansant. Et on épinglera également une dernière petite merveille ; en l’occurrence la performance du « Motown 25: Yesterday, Today, Forever » au cours de laquelle l’ex-Jackson Five réalise pour la première fois son légendaire Moonwalk devant un public en délire.

Question quand même : pourquoi Michael Jackson a-t-il voulu s’entourer de gros calibres US de Rap et R n’ B. Est-ce pour essayer de redorer une étoile qui ne cesse de pâlir ? Le mythe Jackson s’est transformé depuis bien trop longtemps en victime et les mauvaises langues colporteront que cette réédition tombe plutôt bien à l’heure où le pauvre Michael risque de devoir vendre son ranch de Neverland. Mais rendons à Michael ce qui appartient à Michael : à ce jour, personne n’est encore parvenu à faire aussi mieux que lui dans ce style musical. Et son succès, personne ne pourra jamais lui enlever. Il figurera, c’est une certitude, en lettres d’or dans l’Histoire de la Musique…

I-tunes: http://clk.tradedoubler.com/click?p=24379&a=1303609&url=http%3A%2F%2Fphobos.apple.com%2FWebObjects%2FMZStore.woa%2Fwa%2FviewAlbum%3Fi%3D272583648%26id%3D272583590%26s%3D143446%26partnerId%3D2003

MSN music: http://sib1.od2.com/common/product/Product.aspx?shop=40&associd=5&catno=OD2DI6278547

 

Janet Jackson

20 Y.O.

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Il était une fois, dans le lointain et merveilleux pays du R’n’B, une jeune princesse nommée Janet. La fillette, petite dernière d’une lignée de 9 rejetons, rêvait en secret d’une vie de star où, comme ses frères, elle crèverait l’écran et ferait crépiter les flashs. Mais il n’est point aisé de briller dans pareille famille. Chez les Jackson, on court vers les feux de la rampe avant même d’apprendre à marcher, et la pauvre Janet peine à décoller. Ses deux premiers albums passent à la trappe, elle est la risée de tout le royaume, mais elle s’accroche… Son destin sera fait de strass et de paillettes ou ne sera pas !

L’année 1986 marque l’envol de sa carrière avec `Control´, troisième essai finalement concluant. Le rêve de notre petite princesse devient réalité et la voilà catapultée au devant de la scène ! La belle enfant, naïve et innocente, avance en sautillant sur le chemin de la gloire. Elle fredonne « When I think of you », ses yeux pétillent, elle est heureuse et bientôt riche… Son succès la porte vers un second album (« Rhythm Nation 1814 » en 1989), puis un troisième (« Janet » en 1993). Les tubes s’enchaînent et squattent les hauteurs du Top 50 : « Miss You Much », « Love Will Never Do (Without You) », « That's The Way Love Goes », « If » et le fameux « Together Again »… La petite Janet Jackson a réussi ! La princesse est désormais sexy voire sulfureuse. Elle est devenue reine.

Mais le bonheur est éphémère et le succès difficile à apprivoiser. « The Velvet rope », son quatrième opus, est accueilli avec moins d’enthousiasme, tout comme les suivants d’ailleurs. Les singles « Whoops now » et « Got 'til it's gone », bien qu’assez sympathiques, n’y changeront rien… Janet n’a plus la cote. Au pays du R’n’B, la nouvelle se répand en un souffle et les prétendantes au trône de la diva déchue ne tardent pas à se presser au portillon. Parmi les plus remontées on trouve, entre autres, Britney et Christina, la fée Beyoncé et ses Destiny’s Child, la bombe Jennifer Lopez, ou encore Diam’s (euh…) ! L’affrontement est inévitable… Les deux blondasses se ruent sur la coiffe de Janet et lui arrachent ses extensions ! Au même moment, J-Lo surgit derrière elle et lui assène deux claques sur le haut de l’oreille. La cadette des Jackson a beau se démener, les petites nouvelles sont trop nombreuses et elles en veulent. Elle signe « All for You » puis « Damita Jo » mais rien n’y fait, la raclée continue. Sans crier garde, Beyoncé assoit son ‘bootylicious’ sur la tête de Janet, les Pussycats Dolls la ruent de coups et Rihanna, dernière venue sur le marché, lui griffe les implants. Notre héroïne n’en peut plus, sa vie lui échappe, elle est méconnaissable… Son sein droit en vient même à faire une tentative de suicide, en direct à la télévision et en plein Superbowl ! Dans un dernier soupir, elle sort un « 20 Y.O. » insipide. Même Nelly, venu l’aider sur le single "Call On Me", se fait rosser par les furies du R’n’B et ressort la joue égratignée. La légende raconte que cette dernière phrase de Diam’s a été fatale à Janet : ‘Rien que tu ris, rien que tu teases, rien qu'tu te prends pour Alicia Keys…’ Sale temps pour les princesses !!!

Jackson & His Computer Band

Electron libre

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Comme tous les genres, la musique électronique évolue. Elle cherche sa voie, entre samples et beats frénétiques. Astucieuse ou vigoureuse, elle tend toujours à imposer son rythme. En France, au début des années 90, la mode électro convoitait les artistes assimilés à la « French touch », mouvement musical abstrait au sein duquel cohabitaient des artistes aux influences éloignées (Air, Daft Punk, Cassius, Stardust, Laurent Garnier, etc.). Quelques années plus tard, le passage au nouveau millénaire a amorcé un renouveau. Désormais la « French Touch » semble bien loin. La boule à facettes a tourné, l'électronique s'est décomplexée, modernisée. Enfant de cette nouvelle vague, Jackson Fourgeaud déconstruit les sons pour mieux les danser. Auteur d'un premier album (« Smash ») revigorant, l'esthète parisien s'est laissé accoster par Warp Records, le plus prestigieux des labels électroniques. Jackson & His Computer Band entraient ainsi dans la transe. Japon, Etats-Unis, Europe, le chemin des dance-floors s'ouvrait à lui, mais non sans mal : Jackson pose son computer et s'explique...  

Comment arrive-t-on à la musique électronique ? Est-ce un ras-le-bol des guitares ou un flux naturel ?

L'esthétique de la musique électronique m'a séduit. Quand ce style musical est apparu, nous n'avions aucun repère. Elle ne ressemblait à rien de connu. C'était une musique de fin du monde, en quelque sorte. Le fait d'être confronté à une musique où les balises n'étaient pas établies me plaisait. Déjà, elle ne me renvoyait pas à mes parents, à leurs goûts personnels. En ce sens, elle constituait une véritable mouvance générationnelle. Il s'agissait d'une véritable remise en question. Je suis né en 1979. Mais jusqu'au déclic 'électronique', je rejetais catégoriquement tous les sons issus d'une boîte à rythmes. Adolescent, je vibrais aux sons des seventies : les Rolling Stones, Pink Floyd, Jimmy Hendrix étaient mes modèles d'alors. A l'époque, le mot 'machine' était synonyme de 'mauvais'. Le jour où je me suis aperçu que l'essence de la musique n'était pas la virtuosité, j'ai changé mon fusil d'épaule. Ma conception des choses devait ainsi changer. J'ai donc rencontré des gens obnubilés par les musiques électroniques. En entendant leurs 'morceaux' pour la première fois, j'ai rigolé, commençant à les mépriser et leur soutenir qu'en moins d'une journée, je leur composerais un titre techno d'anthologie. A la maison, ma mère possédait un petit synthétiseur. Je me suis acharné dessus comme un forcené, fier d'apporter à mes nouveaux amis le fruit d'une journée de dur labeur. On l'a écouté ensemble. Après cette écoute, je suis devenu la risée de mes potes. Ça ne ressemblait à rien. Fâché, je suis rentré chez moi, bien décidé à m'y remettre... A partir de cet instant, j'ai commencé à travailler plus sérieusement, prenant soin de ne louper aucune 'rave party'.

Et comment débarque-t-on chez Warp Records ? Chose plutôt rare, d'ailleurs, pour un artiste français. Quel est le secret pour se faire une place au soleil de l'un des labels les plus influents dans la musique électronique ?

Le label est venu me chercher ! Vous voulez connaître l'histoire ? Au départ, un journaliste anglais a rédigé un article à mon sujet. Ensuite, il a mentionné mon nom auprès des représentants du label... Quelques jours plus tard, je devais recevoir un coup de téléphone et une proposition émanant de chez Warp. Je suis conscient d'être hébergé sur un label de grande qualité. Et force est d'admettre que de nombreux artistes signés chez eux ont eu une influence considérable sur ma musique.

Serais-tu tenté de colporter ta musique par le seul biais d'Internet ?

Je ne pense pas. L'objet physique me plaît : c'est une sorte de totem. Tout le processus de création est immatériel. Mais au final, c'est un objet qui fixe le résultat de ton travail. Ce principe est important. Ensuite, on peut mettre en avant toute une esthétique, une imagerie associée au format album. Par contre, il ne faut pas nier l'impact d'Internet. Le public peut, pour la première fois, établir un lien direct avec l'artiste. Il n'y a plus d'obstacle, plus de logistique entre les musiciens et les mélomanes. Là, c'est clairement une avancée...  De plus, cette évolution met en exergue le point fort de l'industrie du disque : les artistes. Jusqu'à maintenant, les artistes étaient planqués. Grâce aux nouvelles technologies, ils redeviennent les vrais protagonistes de l'industrie musicale. Aujourd'hui, tu peux même dialoguer avec les artistes grâce aux ordinateurs. Internet contribue ainsi à détruire certaines idées reçues. Vu le développement du réseau de l'information, rien n'est acquis : on n'est pas fatalement un musicien alternatif (underground) ou un artiste mainstream. Internet participe à brouiller les frontières. Sur le web, le génie se retrouve partout. Aussi bien dans une musique de stade que dans une musique complexe.

Ton premier album est sorti au milieu de l'année. Mais, auparavant, tu avais déjà lâché quelques singles. Pendant ce temps, le disque tardait à paraître. Comment expliques-tu ces longs délais d'attente ?

Je ne pense pas que je sois quelqu'un de 'désordonné' par nature. Cependant, quelque chose me poussait à évoluer à contre-courant, à défier les codes, les systèmes en place. En appréhendant les événements de cette façon, je me suis retrouvé livré à moi-même. Et un artiste lié à lui-même rencontre de nombreuses difficultés : des impératifs de temps, d'argent, d'organisation, etc. Du coup, mon disque a été livré dans le chaos le plus total. Je ne dormais plus depuis près d'une semaine, sans parvenir à achever cet album. Un de mes amis me payait un studio. Au bout d'un moment, il en a eu assez. Il m'a viré... Essentiellement pour une question de budget. Alors, je me suis promené, mon ordi sous le bras, à la recherche d'amplis : une véritable galère. C'est à moment-là que la maison de disques m'est à nouveau tombée dessus. Elle me pressait vraiment. J'ai encore essayé de les mener en bateau. Mais, après plus de deux ans de bobards, ce n'est plus passé. La maison de disques m'a donc annoncé la date définitive du mastering de l'album...

Et maintenant que l'album est disponible chez les disquaires, es-tu satisfait du résultat ? 

Je suis fier de la réaction des gens par rapport à ce disque. Je sais aussi que je ne pouvais pas en faire davantage. Ou peut-être que si. Mais alors, j'allais finir par me jeter dans la Seine. J'étais en train de devenir fou... Pour mon deuxième album, je ne veux plus me mettre dans ces états. C'est vraiment nul. Avec du recul, je considère cet affreux périple comme une fuite des responsabilités. Je refuse d'être ce mec là toute ma vie ! Dans ma carrière, ce premier album constituera sans doute une étape importante. Pour revenir au disque, j'espère qu'il existe plusieurs niveaux de lecture, que les gens écoutant l'album vivent la musique de façon différente. En espérant, aussi, que certaines personnes apprécient ce disque sans savoir pourquoi.

Quelles sont les étapes nécessaires dans ton processus créatif ?

C'est toujours une question d'équilibre et de contraintes. Peu à peu, j'ai cherché à enlever les contraintes. Il convient alors de trouver le juste équilibre entre ce qu'on a envie de faire et ce qu'on est capable de faire. Il est très difficile de trouver ce juste milieu. Au bout du compte, tout le monde a envie de se mettre devant un ordinateur et de mixer la somme de ses influences musicales. Mais en réalité, c'est moins drôle : après avoir samplé à souhait, on obtient un nouveau morceau. Et on se pose une question essentielle : est-ce qu'il me ressemble ? La mise en forme de mon premier album a été périlleuse : je m'endettais, je perdais mes potes, je ne me faisais plus confiance, etc. Aujourd'hui, tout est rentré dans l'ordre... Ou presque !

La légende raconte que tu as été mannequin... la pochette de ton album est très stylisée. Considères-tu que la musique électronique s'associe forcément à une certaine forme vestimentaire ?

Ah, cette légende ! A 18 ans, j'ai été mannequin pendant 6 mois. Après cet épisode, les gens ont pensé qu'il s'agissait de mon métier. Mais je n'ai jamais été mannequin professionnel. Pour la pochette, c'est une autre histoire. J'écoute énormément de musique, j'adore de nombreux artistes. En règle générale, je me tape de savoir comment s'habille le chanteur d'une chanson que j'apprécie. Par contre, il est incroyable de pouvoir s'identifier à la musique. C'est un phénomène très puissant. Il est certain que j'aimerai trouver un style vestimentaire qui colle à ma musique. Mais aujourd'hui, je n'ai pas l'impression de l'avoir trouvé. Quand la musique te donne envie de changer ta façon de vivre, de t'habiller, c'est qu'elle dégage un truc énorme. J'aime l'implication totale dans la musique.

Ta maman vient poser sa voix sur deux titres de l'album (« Utopia » et « Fast Life »). Alors, comment demande-t-on à sa mère de participer à un projet électro ?

Un jour, elle est venue manger à la maison. J'étais occupé de bosser sur « Utopia ». A la base, je souhaitais inviter une chorale pour chanter sur ce morceau. Je voulais y apporter un beat christique, un relent ecclésiastique, quelque chose de sacré. Dans les années 80, ma mère était chanteuse. Profitant de sa présence, je lui ai demandé de chanter, un peu comme dans une chorale. Et si c'était à refaire ? Je retourne directement dans les bras de ma mère !

The Sleepy Jackson

Personality (One was a spider, one was a bird)

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Les chansons passent, les souvenirs demeurent. En écoutant « Lovers », le premier album du dictatorial multi instrumentiste Luke Steele, on était tombé en pâmoison. Les hits lumineux de The Sleepy Jackson nous avaient frappé de plein fouet. C’était bon, intense, disproportionné. Comme Luke Steele, on voulait se laisser pousser la moustache. On soutenait que ce type existait au monde pour nous délivrer de la perte de Georges Harrison. On menaçait d’un flingue quiconque émettait l’hypothèse d’empêcher « Lovers » de tourner sur la platine. Depuis, le temps s’est écoulé. Les choses ont changé. Et ce nouvel album n’a pas la même saveur que son prédécesseur. On aimait tant ce côté ampoulé, ces mélodies grandiloquentes et ces ballades épiques. Luke Steele s’est rasé la moustache. Quelques poils en moins, l’homme perd de sa superbe. Mais plusieurs pépites de pop orchestrale viennent pourtant légitimer son propos. Le sautillant « Good Knows » se rappelle au bon souvenir de Georges Harrison. Les instrumentaux de « I Understand What You Want But Just Don’t Agree » (ce titre !) ouvrent une voie royale à un refrain succulent. Et « Dream On » (aucun rapport avec Aerosmith) esquisse les mélodies d’une ode à la rêverie. Pour le reste, la magie n’est pas au rendez-vous. Elle s’est envolée. Comme la moustache.

Joe Jackson

Volume IV

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Pour célébrer le 25ème anniversaire de la sortie de son premier elpee, " Look sharp ", Joe Jackson a décidé de remonter le line up qui avait participé à la confection de ses trois premiers opus ; et d'enregistrer ce " Volume IV ". Puis de partir en tournée promotionnelle, en leur compagnie. C'est à dire le guitariste Gary Sanford, le drummer Dave Houghton et surtout son fidèle bassiste Graham Maby. Un disque que Joe a voulu voir réverbérer les accents de sa célèbre trilogie. Quoique l'artiste s'en défende, ce projet est empreint de nostalgie. Mais si les compositions renouent avec l'énergie âpre, tonifiante du rock'n roll des débuts et ressuscite l'esprit particulièrement acerbe de ses lyrics, elles conjuguent la profondeur émotionnelle et la sophistication musicale des derniers opus. Et ce mélange d'adrénaline sonique, de perspicacité lyrique et de soin consacré à l'écriture des chansons passe plutôt bien la rampe. Bien sûr, tout n'est pas parfait, mais le disque recèle suffisamment de bonnes vibrations pour nous mettre de bonne humeur. Et je pense à l'introspectif " Chrome ", un morceau superbe, mais surtout un hit potentiel. Au stimulant " Fairy dust ", fruit de la rencontre entre le jazz (piano, drums) et le funk (guitare, basse). A l'hymne glam rock " Little bit stupid ", conçu en forme de clin d'œil à Adam & The Ants. Ou encore au power/punk/pop tribal, enlevé, " Bright grey ". L'œuvre laisse bien évidemment une place à la mélancolie, que Joe souligne si bien de sa voix si poignante en s'accompagnant au piano (NDR : ces sonorités aux ivoires me flanquent toujours des frissons dans le dos !). Il concède également un track plus hymnique, plus 'Remesque', à travers " Still alive " ; et nous propose une excursion ska (" Thugz "). Seul reproche qu'on puisse adresser : deux compos trop proches de l'univers d'Elvis Costello. Pas qu'elles soient de mauvaise facture, mais elles apportent de l'eau au moulin aux détracteurs qui ont toujours insinué que les deux artistes étaient cousins. Pour la circonstance, on a même l'impression que Joe a bénéficié du concours des Attractions. Après avoir fait les beaux jours de la new wave (NDR : à moins que ce ne soit l'inverse), trempé dans le jazz, le classique et écrit de la musique de film, il a retrouvé son beat crazy. Et on ne s'en plaindra pas !

Jackson Browne

The naked ride home

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Jackson Browne n'et pas un néophyte. Il est né en Allemagne de l'Ouest le 9 octobre 1949. Son paternel était pianiste de jazz auprès de Django Reinhardt. En baignant dans la musique depuis sa tendre enfance, le fiston ne pouvait qu'être contaminé par son virus. Jacskon émigre à New-York en 1967. Il y rencontre Tim Buckley, qui le recommande à Nico. Résultat des courses, il lui écrit trois chansons pour l'elpee " Chelsea girl ". Il compose comme il respire, et notamment pour Tom Rush, les Byrds, Linda Ronstadt, les Eagles et Bonnie Raitt. Mais aussi pour lui. Il enregistre donc régulièrement depuis 1971. Et à ce jour il a vendu quelques millions d'exemplaires de ses disques. Dans un style country/folk/rock engagé qui plait beaucoup à l'Amérique et aux Américains. Pas trop en Europe. Enfin, jusqu'en 1996, lorsqu'il commet " Looking east ". Non seulement le style est revenu au goût du jour, surtout lorsqu'il est plus électrifié ; mais en plus, le public du Vieux Continent commence à s'intéresser à la nature de ses lyrics.

" The naked ride home " confirme son retour à l'avant plan. Rien de neuf à l'horizon. Un zeste de reggae (" For taking the trouble "), de funk (sur l'excellent " Walking town "), de gospel, mais surtout des mélodies qui s'épanouissent et fleurissent, révélant lentement chaque nuance avec un maximum de feeling. Et puis des textes toujours aussi pertinents. Des commentaires sociaux ou des réflexions personnelles sur la perte de l'innocence… Enfin, à travers " Sergio Leone ", un hommage au célèbre réalisateur italien de longs métrages.

Big George Jackson

Big Shot

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En 1998, Black & Tan éditait le 1er album de Big George Jackson, "Beggin' ain't for me". Et cet événement constitue, sans doute encore à ce jour, la meilleure production maison. George a à peine dépassé le cap du demi-siècle. Il y a 26 ans qu'il travaille pour la Minneagasco, la compagnie de gaz locale des twin cities de Minneapolis et de Saint-Paul.

Il ne faut guère écouter plus de dix secondes du "St Paul woman" pour être rassuré de la qualité de ce second chapitre musical. Tout d'abord, à cause de sa voix grave, présente, dont les inflexions sont étonnement proches de celle de John Lee Hooker. De l'harmonica ensuite ; tellement caractéristique. Tout est déjà bien mis en place, et nous n'en sommes qu'à l'ouverture. On y retrouve les mêmes musiciens. C'est à dire les anciens de la bande à R.J Mischo. Soit Jeremy Johnson à la guitare, John Schroder à la basse et Dwight Dario à la batterie. Mais un second guitariste est venu enrichir le line up. En l'occurrence l'ex Lynwood Slim, Phil Schmid. La plage titulaire met l'accent sur le phrasé, clair et précis de George sur son instrument. Le rythme est imprimé sur un boogie modéré. Pas de doute, chez "What you got", nous sommes plongés en plein boogie ; et s'il n'y avait la présence de cet harmonica versatile, le mimétisme extraordinaire entre Big George et Hooker serait total. "20 years" reste dans le même mode. Le rythme quasi hypnotique pousse la voix profonde à l'avant et laisse enfin échapper l'harmonica, impressionnant d'aise dans l'exercice. "Friday" evening" est une autre belle composition abordée sur le thème du célèbre "Baby please don't go". Quelques reprises sont au menu. Notamment un traitement assez classique du "I found true love" de Jimmy Reed ; deux reprises de l'un de ses harmonicistes de prédilection, Big Walter Horton ; une version brillante, très Muddy Waters, de "Hard hearted woman", enrichie par une partie de guitare comme on les aime ; et "Tell me" dont le rythme soutenu est ponctué d'un nouvel éclat des cordes. Instrumental où chaque musicien se fait plaisir, "The daddy" (NDR : qui pourrait s'adresser à un certain Little Walter) est profilé sur un tempo très entraînant. Un excellent album qui accorde une large part au Chicago Blues. La plus belle preuve nous vient de la dernière plage cachée. Un slow blues très, très lent, souligné par cette voix puissante, faite pour chanter le blues. Un titre tout à fait impressionnant ! Bravo !