La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

logo_musiczine

La Divine Comédie de Lora Gabriel

Lora Gabriel a trouvé sa voie en oscillant constamment entre les polarités pour mieux les réconcilier. Cette quête débute dès son enfance, lorsqu'un professeur de flûte traversière, au conservatoire, lui propose de chanter les notes qu'elle joue. Son premier…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (3 Items)

Jah Wobble & Jon Klein

Le paradis automatisé de Jah Wobble & Jon Klein

Écrit par

Après avoir collaboré sur « Metal Box – Rebuilt In Dub » en 2021, Jah Wobble et Jon Klein poursuivent leur aventure musicale sur « Automated Paradise », leur troisième album commun et leur premier chez Dimple Discs. Fruit d’un travail continu sur scène et en studio, ce nouveau disque témoigne de l’alchimie singulière entre la basse profonde et hypnotique de Wobble et les textures guitaristiques inventives de Klein.

Deux parcours légendaires qui convergent

Jah Wobble, bassiste emblématique de la scène londonienne, s’est d’abord fait connaître en tant que membre fondateur de Public Image Ltd (PiL) à la fin des années 1970. Après avoir quitté le groupe en 1980, il construit une carrière solo prolifique et traverse les genres en collaborant avec Holger Czukay et Jaki Liebezeit (Can), The Edge (U2), François Kevorkian, Ginger Baker, Björk, Brian Eno, Baaba Maal, Massive Attack, Sinéad O’Connor, Pharoah Sanders, LoneLady ou encore sa femme, la harpiste et joueuse de guzheng Zi Lan Liao.

En 2012, il retrouve Keith Levene pour l’album Yin & Yang et une série de concerts autour de Metal Box. Son autobiographie Memoirs of a Geezer a été rééditée en version augmentée en 2024 sous le titre « Dark Luminosity ».

De son côté, Jon Klein s’est illustré de 1987 à 1994 au sein de Siouxsie and the Banshees, période durant laquelle naissent les albums culte « Peepshow, Superstition » et « The Rapture ». Passé par Europeans, fondateur de Specimen et figure du club The Batcave, Klein a collaboré sur scène et en studio avec Talvin Singh, Sinéad O’Connor, Thomas Dolby ou Shriekback. Sa société Ground Control a également signé des productions pour David Devant and His Spirit Wife et les stars espagnoles Fangoria.

Le duo ouvre un nouveau chapitre en concoctant « Automated Paradise ».

Ce nouvel elpee marque un tournant : plus libre, plus narratif, plus audacieux. Le single « Who Wins » en donne un avant‑goût saisissant, à la fois sombre, hypnotique et profondément ancré dans la signature sonore du duo. Et il est en écoute ici

Ce premier extrait annonce un album dense, atmosphérique et résolument moderne, où se croisent dub, post‑punk, minimalisme hypnotique et une maîtrise instrumentale qui n’appartient qu’à eux.

Jah Wobble

Take Me To God

Evoquer Jah Wobble, c'est inévitablement replonger au tout début des eighties, lorsque ce bassiste d'exception s'était associé à Holger Czuckay et à Jaki Libezeit du mythique Can, pour enregistrer le formidable single "How Much Are They?". Pourtant, avant de graver cet hymne mémorable, Jah avait sévi au sein de PIL. Le temps d'enregistrer deux elpees : "First Edition" et "Metal Box". Ce sera d'ailleurs sa dernière aventure au sein d'un véritable groupe. A partir de cet instant, il se confinera essentiellement dans un rôle de musicien de studio. Un rôle qui lui permettra d'apporter sa collaboration à une multitude d'artistes rock, parmi lesquels figurent The Edge, Annie Whitehead, Björk, Ginger Baker, Eno, Peter Gabriel et bien d'autres. Une disponibilité qui va entraîner, inévitablement, une certaine réciprocité. Comme pour enregistrer "Take Me To God", opus pour lequel il reçu, à son tour, le concours d'une pléiade de vocalistes et de musiciens. Et notamment de Dolores O'Riordan (Cranberries), Gavin Friday, Anneli Drecker (Bel Canto), Andrea Oliver (Rip Rip & Panic), Baaba Maal et de l'inévitable Jaki Libezeit. A la manière de David Byrne, Jah Wobble cherche à jeter des ponts entre le rock contemporain et la musique ethnique. Pas seulement pour en extraire les rythmes latinos, mais surtout pour fertiliser l'éclectisme absolu de la world music. Pensez au single "Becoming More Like God", par exemple. Même si les autres fragments de l'opus ne possèdent ni le feeling, ni le sens mélodique de cette composition...

 

Jah Wobble

Les PIL étaient plates, il a fallu les recharger…

Écrit par

Il commence sa carrière à 18 ans, en 78, comme bassiste de Public Image Limited. Les deux albums enregistrés en compagnie du groupe de Johnny Rotten ("First Issue" et "Metal Box"), avant de le quitter, ouvriront les portes à la new-wave. Dès les premières lignes de basse concédées à PIL, on se rend compte qu'il s’agit d’un bassiste d'exception. Jah Wobble le prouvera en solo (en publiant des long playings comme « Betrayal » ou « Snakecharmer ») et aujourd'hui, chez ses Invaders of The Heart. Son dernier opus (« Take me to God ») est un des ses meilleurs disques ; il y utilise la recette de la world music pour mitonner sa spécialité du chef : d'excellentes chansons chargées d’atmosphères. Le premier sujet abordé par Jah concerne la longue éclipse qui l'a éloigné des studios et des scènes...

Je n'ai jamais été quelqu'un de très régulier. Je ne suis pas comme ces musiciens qui réalisent un album tous les ans, tels des métronomes. Je suis plus dissipé. Je ne reste jamais à rien faire. Je me déplace d'un endroit à l'autre, sans toujours me soucier de mon emploi du temps. J'aimais aussi bien aller boire un verre, plutôt que de travailler. Et puis un jour, je me suis rendu compte que j'étais devenu alcoolique. Oh, rien d'extraordinaire, juste un alcoolo comme il en existe beaucoup...

Alcoolo

Tu en parles volontiers?

Pourquoi pas? Ce n'est pas un problème qui sort du commun... Il y a des tas de gens qui ont des problèmes avec l'alcool ou la cocaïne, peut-être plus encore dans le rock business... Sans doute à cause de la pression terrible qu’il fait subir aux rockers. Le rock bizness encule les gens! (rires) La conséquence de la frustration. Ce qui n'est pas neuf, ni spécifique aux musiciens : les mineurs de fond connaissaient aussi des problèmes d'alcool ! Mais finalement, je crois qu’il est bénéfique d’être confronté à un tel danger. Bien sûr, il faut arriver à s'en tirer. Mais en ce qui me concerne, c'était devenu si grave, que je devais trouver une solution. Obligé.

Tu as donc arrêté la musique. Tu as eu un autre job?

Oui, des petits boulots. Et je me suis désintoxiqué, je suis redevenu sobre. Camionneur… J'ai aussi été conducteur de métro à Londres. De retour à la vraie vie... Il a dû se passer 3 ou 4 ans pendant lesquels j’ai décroché de la musique. De 84 à 88, même si un album est paru pendant cette période. Mais là, je m'étais laissé bouffer par la drogue et l'alcool. Et puis, une fois clean, j'ai ressenti que l'envie revenait

Tu acceptes de parler de ce passé?

Ca m'est égal !

Quel souvenir gardes-tu de l'époque de Public Image Ltd?

Très, très amusant ! C'était une période un peu folle. Des tas d’événements dingues me sont arrivés. Et je suis très heureux de les avoir vécus, et surtout d’y avoir survécu, bien sûr. Après avoir quitté le groupe, je me suis dit que l’aventure PIL n’était guère extraordinaire, que des tas de groupes partageait un même concept, revendiquaient un même son. Un an plus tard, je me suis rendu compte que ce n'était absolument pas le cas. Pour l’époque, nous étions vraiment des marginaux. Notre créneau était totalement spécifique ; mais c'était aussi quatre types qui prenaient quatre drogues différentes à des moments différents…

C'est la raison pour laquelle tu as claqué la porte?

Non. Il y a un aspect qui me dérangeait. Trop de monde tournait autour de PIL. Des coiffeurs, des gens du style ; et de moins en moins de paramètres retenaient mon attention. Perso, j'ai toujours apprécié, sur le moment, ce qui pouvait se produire d'intéressant autour de nous. Et là, j'avais l'impression qu'il ne se passait plus rien ou en tout cas, pas suffisamment d’événements. Trop peu de concerts, par exemple. Il me semblait qu'on pouvait en accorder davantage et bien meilleurs... Mais au fil du temps, on a tendance à ne retenir que le positif, même si la période était difficile, même si les egos étaient surdimensionnés, les disputes débiles et la tension permanente... D'une certaine manière, je garde une image parfaite de cet épisode. PIL, je n'y suis resté que deux ans, mais au cours de cette période on a enregistré deux albums importants, deux disques qui ont permis d’ouvrir des voies...

Ensuite, tu rencontres Holger Czukay, de Can. Tu le considères comme un professeur?

Je l'ai rencontré à Londres vers 78, grâce à un ami commun. Je connaissais quelques bribes du répertoire de Can, et je n’en connais pas davantage aujourd'hui. Je ne me considère pas comme un grand fan de Can, mais j'aime bien certains trucs. Les plus bizarres, les plus allumés. Un morceau comme « Hallelujah », j'adore! Mais le reste, ce qui est davantage orienté rock'n'roll, me semble moins intéressant. Bref, je préfère le répertoire le plus expérimental, surtout quand Jaki étale sa technique incroyable à la batterie. Les bandes live que j'ai entendues m'ont semblé excellentes. Pour en revenir à Holger, il est devenu un professeur, car il est parvenu à faire ressortir des capacités qui existaient déjà en moi, mais à l'état latent. J'avais déjà en mon for intérieur, cette suspicion vis à vis de la musique. Holger m'a aidé à la formuler. Il a été une grande inspiration pour moi, et j'aime les gens qui m'inspirent. Aujourd'hui, à mon tour, c'est une grande fierté de rencontrer des gens qui me disent qu'ils s'inspirent de moi. A ceux-là, jamais je ne dis : ‘Tu dois faire ci ou ça’. Je préfère les discussions sur les principes généraux, pour les aider à se positionner comme interprète ou musicien. Je n'ai jamais cherché à copier Holger, mais bien à appliquer ses principes à mon cas personnel. Je travaille dans son esprit, mais pas comme lui. Il y a aussi chez lui un côté ‘Jouons d'abord, réfléchissons ensuite’ qui me plaît beaucoup.

A quelle musique tu t'intéresses aujourd'hui?

Parmi les formes modernes, je dirais la techno. C'est très naïf mais très énergisant, ça me plaît bien. Je crois qu'il y a un parallélisme avec la musique punk de l'époque où j'ai débuté.

Ta musique reflète-t-elle, d'une certaine façon, une ‘prise de position politique’?

Oh, tout est politique, si on veut. Le comportement de chacun a une signification, donc c'est de la politique à la limite. Mais je veux éviter la politique avec un grand P, parce que j'estime que c'est de la merde ou quasi. J'essaie de me construire une vie la plus efficace possible. Et pour y parvenir, à mon avis, il faut chercher une sorte de spiritualité. Donc, la politique... Attention, j’admets que cette manière de vivre n'est valable que pour moi et pas pour les autres. Je comprends bien qu'on se passionne et se batte pour une cause comme la préservation de la forêt amazonienne ou quelque chose de ce style-là. Mais, ma propre vie est guidée par une spiritualité et par la musique, bien sûr.

Tout est jeu

Tu es marié?

Non, divorcé, j'ai deux gamines.

Qu'as-tu appris d'elles?

Une ouverture d'esprit. Je les regarde comme celui que j'étais à leur âge. Chez les gosses, il y a, à la fois, folie et spontanéité. Je me dis qu'elles représentent l'équilibre que j'ai cherché pendant des années... Il suffit de les observer jouer. Pour elles, tout doit être merveilleux, tout est jeu, tout est joyeux : qu'elles s'imaginent être dans le cosmos ou soient simplement dans le jardin… Une ouverture d’esprit qui m'a aidé à voir les choses différemment.

John Wobble, c'est ton vrai nom?

Oui, oui.

Sais-tu que la drummeuse d'L7 a appelé son chien Jah Wobble?

(très pince-sans-rire) Génial, excellent. Il doit effectivement y avoir quelques chiens, quelques chats qui portent mon nom. J'en suis heureux.

Tu portes toujours ce béret?

Non, pas toujours. Des chapeaux ausi. J'aime revêtir de beaux costumes et les assortir d’un couvre-chef. J’adore les grands chapeaux. En général, je suis très, très bien habillé.

Tu imagines ta carrière future?

J'ai l'intention de rester longtemps dans la musique. Et c'est bien, j'y suis à ma place et il y a une place pour moi, je ne dois pas trop me tracasser. Je ne peux pas imaginer un jour en avoir marre au point d'arrêter d’en jouer ou ne plus avoir suffisamment d'idées pour pouvoir continuer. Bien sûr, c'est comme tout le monde, il m'arrive d'être un peu las, surtout quand il s'agit de faire la promo d'un disque. Je t'assure. Par exemple, je déteste accorder des interviews par téléphone. Quelle horreur! Bref, c'est comme quelqu'un qui prend le train chaque jour pour aller au travail, il lui arrive d'en avoir ras-le-bol. Mais, je ne crois pas que je puisse être complètement dégoûté de mon métier au point d'arrêter de le pratiquer.

(Article paru dans le magazine Mofo n°27 de septembre 1994)