La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

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Lambrini Girls

Le culte de la célébrité dénoncé par les Lambrini Girls

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Brighton a encore trouvé ses fauteurs de troubles : le duo Phoebe Lunny (chant/guitare) et Selin Macieira (basse) frappe fort en partageant « Cult of Celebrity ». Caractérisé par un riff immédiat et une énergie abrasive, le morceau s’attaque frontalement au vernis du pouvoir et à l’obsession contemporaine pour les idoles médiatiques.

Dans un message accompagnant la sortie, Lambrini Girls évoquent le vieux récit de la vente de son âme au diable pour pointer les mécanismes de domination et de compromission qui prospèrent dans l’ombre. Le single est accompagné d’un clip signé Harv Frost (The Last Dinner Party, Laufey) et il est disponible ici

Sur scène, leur réputation n’est plus à faire : Lambrini Girls poursuivent une tournée entre l’Europe et l’Amérique du Nord et enchaînent les festivals cet été, dont le 21/8 à Hasselt (BE) au Pukkelpop.

Lambrini Girls

Lambrini Girls, Enola Gay, Ancienne Belgique, Bruxelles le 8 décembre 2025 – Photos

Écrit par

Les Lambrini Girls sont les riot grrrls intrépides qui bouleversent le monde de la musique. Ce duo punk dévastateur originaire de Brighton, composé de Phoebe Lunny (chant/guitare) et Lilly Macieira (basse), est réputé pour son punk direct, ses paroles acérées et provocantes.

Inspirées par des groupes comme Savages, Le Tigre et Bikini Kill, elles s’attaquent sans ménagement au statu quo avec une bonne dose d’humour noir et une énergie brute. Leur premier album, « Who Let The Dogs Out », sorti chez City Slang, est une attaque frontale contre tout ce qui ne va pas dans le monde moderne. Il sonne comme une usine de feux d’artifice qui explose : chaotique, dangereux et excitant.

Leur ascension est fulgurante : les Lambrini Girls ont déjà fait la une de nombreux magazines et ont reçu l’attention qu’elles méritent.

Leur concert au AB Club le 22 mars 2025 affichait complet en un rien de temps. Elles étaient de retour cette fois-ci.

(source : AB)

N’hésitez pas à jeter un œil aux photos :

Lambrini Girls

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/8916-lambrini-girls-08-12-2025?catid=category 

Enola Gay

https://www.musiczine.net/index.php/nl/component/phocagallery/category/8915-enola-gay-08-12-2025?catid=category

Live 2025

Lambrini Girls – Une furie ‘Riot Grrrl’ puissance deux

Rock Werchter 2025 – 50e édition – Quatre jours d’expérience musicale – Un renouveau doré !

Organisation : Ancienne Belgique, Bruxelles

 

Lambrini Girls

Une tornade venue des Îles… Britanniques…

Écrit par

Le trio Lambrini Girls se produisait ce mardi 25 février 2025. Le concert est sold out et la tête d’affiche est programmée à 22h15.

Fondée en 2019, à Brighton, la formation britannique a seulement sorti son premier elpee, « Who Let The Dogs Out », ce 10 janvier. Un opus produit par Daniel Fox, du Gilla Band, et dont les textes abordent des problèmes sociétaux actuels combinés à un style lyrique mordant et ironique qui correspond parfaitement à son attitude punk.

Le line up a subi quelques changements depuis sa création. Seule membre originelle, Phoebe Lunny se consacre au chant et à la guitare. Arrivée en 2022, Lilly Macieira-Boşgelmez se réserve la basse et les backing vocaux. Quant au drummer, il est souvent intérimaire et pour la nouvelle tournée, ce serait un certain Micha (un transgenre ?) qui siège derrière les fûts.

Mais entrons dans le vif du sujet. Bien maquillées et sexy, les filles portent des robes courtes. De couleur noire pour Lilly et rouge pour Phoebe. Dès le premier morceau, « Big Dick Energy », cette dernière descend dans la fosse. Une compo, lacérée de brefs breaks, qui critique la masculinité toxique des mecs dont la société célèbre leurs supposées grosses queues, qu'ils exhibent constamment.

Phoebe a demandé au public de s’accroupir autour d’elle, puis à son signal, il se redresse et se lance dans un solide pogo. A cet instant, des gobelets de bière volent dans les airs (NDR : au prix de la chope !)

Tout au long du concert, elle va transiter du podium à la salle et vice-versa avec micro et/ou guitare pour haranguer la foule.

La ligne de basse est charnue, un peu comme chez FACS, et supplée l’absence de sonorités de sixcordes, lorsque Miss Lunny l’abandonne pour se consacrer au micro. D’ailleurs la musique n’est pas vraiment exceptionnelle, mais qu’importe, puisque Lambrini Girls est avant tout un groupe à vivre en ‘live’. Et il va le démontrer.

Lilly la rejoint lors du second titre, « Help Me I'm Gay » ; alors que la leader juchée sur les épaules d’un spectateur, chante dans le microphone que lui tend un autre individu. Mais avant d’entamer ce morceau, Phoebe en profite pour dire tout le mal qu’elle pense de Trump et toute sa bande…

Vocalement, Phoebe déclame sur un ton hip hop, quand elle n’emprunte pas des intonations criardes. Elle lance un circle pit au cours de « Lads », et est hissée au niveau des épaules de et par deux solides gaillards pendant « Mr Lovebomb », avant de partir en crowdsurfing. Evidement il en est aussi question dans la foule, mais les audacieux s’y risquent un(e) à la fois.

Face à cette tornade, l’ambiance est très chaude, dès le début du concert, dans la salle. Et elle ne va jamais baisser d’un cran.

Lilly se fend d’un long discours avant « The boys in the band », expliquant que la communauté LGBTQIA+ est régulièrement victime d’agressions, et que la police se montre passive face à cette situation. C’est aussi la bassiste qui incite le public à frapper dans les mains.

« Love » et « Filthy Rich Nepo Baby » constituent les deux morceaux les plus structurés de cette déferlante sonore.

Et lors du dernier titre, « Cuntology 101 », les deux filles descendent, sans leurs grattes, accompagnées du batteur, uniquement armé d’une cowbell et d’un stick,  afin d’entretenir cette ambiance de feu ; préenregistrée, la musique privilégiant les synthés. Votre serviteur est convaincu, qu’à l’instar des Fleshtones, si l’Aéronef avait une sortie sur la rue, le band y aurait entraîné la foule…

Et lorsqu’il remonte sur l’estrade, c’est pour prendre congé de l’auditoire. Qui a beau reprendre le slogan ‘CUNTOLOGY’, en découpant bien le mot par lettres, même lorsque les lumières se rallument et qu’une musique de fond est diffusée dans les haut-parleurs, rien n’y fait, Lambrini Girls n’accordera pas de rappel…

Photos Ludovic Vandenweghe ici

 Setlist

1) Big Dick Energy

2) Help Me I'm Gay

3) God's Country

4) Company Culture

5) Lads

6) Bad Apple

7) Mr Lovebomb

8) Love

9 Filthy Rich Nepo Baby

10) Boys in the Band

11) Craig David

12) Cuntology 101

(Organisation : Aéronef, Lille)

Lambrini Girls

Lambrini Girls se demande qui a laissé sortir les chiens…

Le duo Lambrini Girls (Phoebe Lunny et Lilly Macieira) vient de présenter sson nouveau single, « Love », extrait de son très attendu premier album, « Who Let The Dogs Out », qui sortira le 10 janvier 2025.

Considéré comme l'un des groupes britanniques les plus amusants et les plus intrépides, Lambrini Girlsi s'attaque à une liste de maux sociaux. Il s'agit d'une distillation brute de la colère, de l'énergie et du charisme de Lambrini Girls. L'opus met en bouteille tout ce qui ne va pas dans le monde moderne et le secoue. Un véritable feu d'artifice étrange, dangereux et excitant.

La formation déclare à propos du single que « Love » n'est pas une critique de l'affection réelle, mais qu'il s'agit de prendre la toxicité pour de l'amour. Comme un papillon de nuit attiré par une flamme, incapable de discerner entre la chaleur qui apaise et le feu qui brûle ; ce qui l'énerve au plus haut point.

Pour Lilly et Phoebe, ‘La chanson parle de l'amertume et de la rancœur que l'on ressent lorsqu'on essaie de trouver quelque chose et que l'on se rend compte que cette chose reste insaisissable. Ce qu’elle transmet n'est pas du tout l'amour ; en fait, c'est tout le contraire’.

Rencontrées à Brighton, Phoebe et Lilly ont passé ces dernières années à se déchirer à plus d'un titre. Elles se sont fait une réputation en tant que l'un des meilleurs bands de scène du Royaume-Uni. Leur combinaison de punk brutal, de commentaires sociaux cinglants et d'humour acerbe leur a valu d'être comparées à Bikini Kill et Huggy Bear, et de partager l'affiche avec Gilla Band, Shame, Frank Carter & The Rattlesnakes, Iggy Pop, et bien d'autres encore.

 « Love » est disponible sous forme de clip

 

 

 

 

Lambchop

Trip

Écrit par

On ne présente plus Lambchop, une formation réunissant des vétérans, dont le chanteur et leader, Kurt Wagner, possède une voix si particulière…

Depuis Nashville, elle publie, avec une régularité de métronome, des albums de country alternative délicieusement teintés de soul. « Trip » nous invite à voyager à travers quelques-unes de ses influences via 6 reprises bien senties. Depuis Wilco (les 13 minutes de « Reservations »), à Stevie Wonder (« Golden Lady ») en passant par les Supremes (« Love is Here and Now You’re Gone ») et même Yo La Tengo (l’inédit « Weather Blues »). Ce mélange des genres colle parfaitement à ce grand écart quasi-permanent cher à Lambchop accompli entre la soul ancestrale et l’indie americana contemporaine. Un bien beau « Trip » dont les morceaux sont totalement transformés par le son si particulier du groupe texan...

Lady Lamb

Even in the tremor

Écrit par

Derrière le patronyme Lady Lamb se cache Aly Spaltro. Originaire du Maine, elle a posé ses valises à Brooklyn, il y a près de dix ans. C’est à cette période qu’elle embrasse une carrière en solo et commence à enregistrer. Paru en 2015, son second elpee, « After », lui permet de se produire sur le Vieux Continent, tournée qui va d’ailleurs passer par le Botanique à Bruxelles. Aujourd’hui âgée de 29 ans, elle nous propose donc son troisième opus, “Even in the tremor”, un disque paru sur le label Ba Da Bing.

Tout au long de cet LP, la songwritrice nous raconte des tranches de vie d’une voix bien maîtrisée. Elle évoque ainsi ses racines religieuses sur “Young Disciple” ou relate ses histoires d’amour tout au long de “Deep Love”. Tramées sur sa gratte acoustique, ses compos ont été ensuite enrichies par une instrumentation plus ou moins généreuse, suivant les morceaux. Faut dire que lors des sessions, elle a reçu le concours de brillants collaborateurs, dont Benjamin Lazar Davis (Okkervil River) à la basse et au synthé ainsi que le drummer Jeremy Gustin (croisé aux côtés de David Byrne et d’Albert Hammond Jr). L’opus nous réserve aussi bien des pistes strictement acoustique (“Without a Name”), aux accents clairement pop (“Deep Love”) que copieusement électriques, à l’instar du titre maître. Malheureusement, si les mélodies sont bien construites, il faut regretter qu’Aly en fasse parfois un peu trop, au détriment de sa spontanéité. En outre, la production est tellement léchée que régulièrement, les compositions pêchent par excès de lyrisme.

Lambchop

This (is what I wanted to tell you)

Écrit par

Près de 25 ans après s’être lancé en solo, Kurt Wagner, alias Lambchop, continue d’enregistrer des œuvres de grande qualité. Bien que jouissant aujourd’hui d’une solide notoriété, il pourrait graver, à la pelle, des albums réunissant des morceaux de folk/americana. Or, le natif de Nashville a le bon goût de se réinventer, et notamment à chaque nouvel LP.

Sur ce nouvel et quinzième opus intitulé “This (is what I wanted to tell you)”, Kurt Wagner reprend les choses là où il les avait laissées en 2016, lorsqu’il a publié “Lotus”. Il poursuit son exploration en mêlant folk, soul et jazz. Epaulé par Matthew McCanaughan (batteur au sein de Bon Iver) à la composition, il injecte des sonorités électroniques dans son expressions sonore, dont le vocoder est certainement l’outil le plus emblématique, tout en conservant des instruments plus classiques, à l’instar du piano qui occupe d’ailleurs une place centrale. Mais c’est la voix de l’Américain qui domine l’ensemble. Une voix chaude, empreinte de sensualité et de mélancolie. Découpé en 8 plages réconfortantes de sérénité, cet LP s’écoutera volontiers au coin d’un feu de bois, lors des longues et froides nuits d’automne...

Lambchop

FLOTUS

Écrit par

Quel bonheur de retrouver, à intervalles réguliers, Kurt Wagner et sa bande d’experts ès americana ; surtout quand c’est pour nous réserver une dose salvatrice de country/soul alternative… En publiant « FLOTUS », son 12ème album, la bande de cow-boys a décidé d’explorer de nouveaux territoires sonores, afin d’insuffler d’intimes variations à sa musique aux apparences classiques. Une touche d’électro, du r&b, de la soul et même un zeste d’auto-tune… de quoi s’ouvrir à la scène contemporaine. En osant de longues plages (18 minutes pour « The Hustler », quand même), incluant beats house et accords de piano jazzyfiants, le groupe américain (NDR : pour rappel il est issu de Nashville !) semble s’autoriser la même liberté que Bon Iver pour son récent opus, « 22 A Million ». « FLOTUS » a un charme fou et démontre que la routine n’est pas une fatalité ou les changements une pâle diversion afin de pallier un éventuel manque d’inspiration ! Une magnifique leçon de changement dans la continuité… Et puis un groupe mené par une voix pareille ne pourrait jamais réellement décevoir…

 

Mary's Little Lamb

Elixir for the Drifter

Écrit par

Ce quintet belge pratique une forme de country alternative, autrement dit, de l’americana. Depuis 2015, le line up réunit le chanteur/guitariste/banjoïste Bart Hendrickxs, le contrebassiste Bert Cuypers, le batteur Mike Van Daele, ainsi que les trompettistes Kevin Van Hoof et Stijn Cumps. Son premier elpee, "Fortune and Chance", est paru en 2014. "Elixir for the Drifter" constitue donc son second.

Le disque s’ouvre par une sorte de B.O. pour western spaghetti à la ‘Enio Morricone’, une piste entretenue par la guitare baritone légèrement réverbérée, les deux cuivres et un quatuor à cordes. Bien que baignant dans une même atmosphère, tout en se distinguant par sa mélodie accrocheuse, "Hold your horses" intègre la voix grave et austère de Bart. Vraiment taillée pour cette musique roots, elle ne s’emballe jamais. Il chante ensuite, d’une manière aussi posée, "Hay", tout en s’accompagnant au banjo. Une gratte amorce "Blending in", une ballade dont le tempo est parfaitement balisé par la contrebasse, alors que le vibraphone de Mike Van Daele et les deux trompettes tirent leur épingle du jeu. Superbe ! "Incantation" change de cap. Direction le Mexique. Le climat latin est chaleureux. Percus, bongos et cordes acoustiques plantent le décor. La trompette de Kevin s’y immisce. Amplifiée, la guitare s’autorise de jolies envolées. "Saguaro" est une superbe ballade empreinte d’une profonde mélancolie. Soutenus par les trompettes aux sonorités magiques, Bart et Kathleen Vandenhoudt entament un dialogue vocal. "El Fuego" opère un retour dans l’ambiance latino. Et "Grind", western. Au galop, les chevaux empruntent des chemins poussiéreux. Et c’est la guitare baritone ainsi que le quatuor de cordes qui installent cet environnement cinématographique… Une seule reprise : "Alone and forsaken". Une somptueuse ballade country & western signée Hank Williams. Les arrangements sont particulièrement réussis. Soulignée par le chœur et les trompettes, la voix est grave et solennelle. Interprété en quartet, "Stray arrow" constitue un autre moment fort du long playing. On pénètre en territoire indien. Les percus sont lancinantes. Bart se sert d’un mellotron. Mais surtout, il se libère aux cordes électriques. Alors que l’expression sonore invite un ocarina et un dobro. Dobro qui alimente, tout comme le banjo, "Tell me how", un country blues de bonne facture. Avant qu’un trombone ne vienne rejoindre les autres cuivres pour se transformer en brass band qu’on imagine déambuler dans les rues de la Nouvelle Orléans. Et en finale, la voix de Bart est épaulée par les interventions du violoncelle de Koen Berger, tout au long du tendre "Forever gone"…

 

Lady Lamb

After

Écrit par

Aly Spaltro est une petite peste. Une vraie, celle que l’on déteste autant que l’on aime.

Celle qui te pique ton blouson de cuir en rameutant des crapules du quartier et t’enverra sauver son honneur à coups de tatanes fulgurantes.

Aly Splatro, c’est Lady Lamb. Elle crache par terre mais tire subtilement et classieusement sur un cul de joint.

Tout au long de cette plaque, résolument pop, elle propose des compositions pas nécessairement originales, mais plutôt bien léchées, aux arrangement discrets. Malgré des textes très ‘nana dans les bois’ difficile d’y rester totalement insensible. Surtout les mecs qui lui fileraient bien un coup de main pour ranger le matos, après la répète. M’enfin, il n’y a pas que le côté hyper girly qui les attire.

Elle possède quand même une voix. Elle coince parfois, quand elle la pousse un peu trop ; mais elle est authentique et reflète l’image de cette génération décomplexée. Une chose est sûre, elle envoie le bois. Quand même. Et puis elle ne cherche pas à plaire, tout en y parvenant. Même pas peur la donzelle !

Les 12 plages de cet « After » ne laisseront certainement pas de souvenir impérissable, mais elles valent le détour et méritent au moins une écoute attentive…

 

Mary's Little Lamb

Fortune & Chance

Écrit par

Mary's Little Lamb est un poème écrit au XIXème siècle écrit par l’Américaine Sarah Josepha Hale, un essai qui raconte l'aventure d'une fillette, Mary Sawyer, qui avait, pour animal de compagnie, un agneau, qu’elle emmenait à l'école. Un épisode qui a inspiré Buddy Guy pour écrire un blues, au cours des sixties, repris bien plus tard, et avec succès, par Stevie Ray Vaughan. C'est enfin le patronyme choisi par un groupe roots issu du Nord du pays, qui pratique une forme d’alt country. Bart Hendrickx en est le leader, mais surtout le chanteur/multi-instrumentiste. Il est épaulé par cinq musicos : le bassiste Bert Cuypers, le batteur/percussionniste Mike Van Daele ainsi qu’une section de cuivres impliquant Bart Geens au cornet et bugle, Michael De Weerdt, également au cornet mais aussi aux percus, ainsi que Sander Augustynen au trombone et tuba. Leur opus a été autoproduit, afin d’en soigner tout particulièrement les parties vocales. Bart chante à la manière du légendaire Johnny Cash, alors que quatre membres du backing group assurent les chœurs.

"Pariah" ouvre la plaque. Une plage originale, très élaborée, country, voire americana, caractérisée par le recours aux cuivres dispensés à la manière de Calexico et d'un instrument singulier que se réserve Hendrickx lors du refrain, le marxophone, soit une sorte de cithare. Cornet et bugle introduisent le très rythmé "Sugar coat", une piste dynamisée par les percussions et au cours de laquelle le lead singer est secondé par les backing vocaux.  Indolente, "I can't go wrong" est une valse roots légère, qui figure dans la B.O. de la série TV De Ridder. "The outlaw" trempe dans la country, mais dans l’esprit des westerns spaghetti d'Ennio Morricone, une plage alimentée par la guitare réverbérée de Bart, le violon de Nina Van Campen et les percussions de Mike Van Daele. Excellent ! Instrumental, "Mirage" baigne au sein d’un même climat. On y emprunte les chemins poussiéreux parcourus par les cow-boys, justiciers et hors-la-loi autrefois, traverse les villes fantômes de l'Ouest, dans une atmosphère peuplée d’accords de guitare surf et de cuivres. Un univers aventureux également reflété à travers le plus allègre "Cursed City", que balaie la lap steel de Rudi Van Everbroeck (invité pour la circonstance), la guitare réverbérée de Bart et les trompettes. Et "Lift the curse" prolonge ce périple filmique. Lap steel et xylophone enrichissent "Little worries", une ballade que Bart chante naturellement de son timbre grave. De bonne facture, "Fire in the core" constitue une première incursion dans le blues. Plage lente et majestueuse, "A long way from home" adopte une rythmique plus rock. Amplifiée et toute en reverb, la gratte séduit par son audace. Une seule reprise : celle du "Lost highway" de Leon Payne. Composé en 1949, ce titre avait été popularisé par Hank Williams, l’année suivante. Nous sommes alors très proche du country originel. De bonne facture, cet elpee s’achève par une ballade lente et royale, que Bart et Miss Jorunn Bauweraerts chantent en duo, alors que la basse acoustique de Bert Cuypers communique une certaine gravité à l’ensemble...

  

Lambchop

Lambchop plays ‘Nixon’ : de l’anesthésie à l’emballement…

Écrit par

Ce soir, l’AB est en configuration Théâtre. Donc, le spectateur est confortablement installé dans un fauteuil pour assister au concert. Pas sold out, mais presque. En supporting act, un jeune groupe issu du Nord du pays : Little Dots. Egalement un résident de l'Ancienne Belgique. Ou un chouchou de l’institution, selon. Depuis quelques années, il est de bon ton pour un artiste, de reprendre en ‘live’, et dans son intégralité, l’album qui a marqué sa carrière. Pour Lambchop, un combo issu de Nashville qui compte aujourd’hui 21 ans d’existence, il s’agit de « Nixon », paru en 2000. Un choix posé par le frontman du groupe, Kurt Wagner. Lors de sa sortie, cet elpee avait fait un véritable tabac en Europe –certains magazines dont Uncut l’avaient même qualifié d'album de l'année– alors que l'Amérique boudait ce petit chef-d'oeuvre. En outre, la formation est particulièrement populaire à Londres. Le NME et The Guardian sont d’ailleurs particulièrement élogieux à leur égard. D’ailleurs, ce spectacle ne sera exécuté qu’à deux endroits : devant nous et au prestigieux Barbican Centre de la capitale britannique. Un show qui rend également hommage à Mark Trovillion, ex-bassiste de Lambchop, décédé en 2014, à l'âge de 56 ans. Lambchop avait déjà opéré ce type d’exercice de style, en 2010, au Cirque Royal, dans le cadre du festival 'Autumn Falls’, mais pour « Is A Woman », un long playing paru en 2002.

The Little Dots assure donc la première partie. Vu la quantité d'instruments dispersés sur les planches, j’imaginais la présence de nombreux musicos sur le podium. Ce n’est pas le cas ; il s’agit d’un trio gantois drivé par l’ex-choriste de Lady Linn, Sophia Ammann. Plutôt jolie, elle possède une voix d’Ange et circonstanciellement, se consacre à la gratte. Elle est soutenue par le muti-instrumentiste Tom Callens (claviers, clarinette basse, etc.) et le guitariste Pablo Casella. A leur actif, un album intitulé « A Clear Running Stream », bien reçu par la critique musicale issue du Nord du pays. Mais guère notoire au Sud.

Le trio est à l'aise sur les planches et le courant passe immédiatement entre les trois artistes et le public. Little Dots entame son set par « Getting Out ». Réunissant essentiellement des quadras et des quinquas, l’auditoire est attentif. Silencieux même. La voix douce et limpide de la jolie Sophia rassure. Et devient saccadée tout au long de « Spin The Wheel », une compo légèrement jazzyfiante. Généreux, les claviers soutiennent parfaitement le chant. En général, un supporting act est destiné à chauffer la foule, afin de mettre la tête d’affiche dans les conditions idéales pour sa prestation. Little Dots propose une musique paisible, feutrée, qui si elle se prête bien à la configuration cosy des lieux, baigne plutôt au sein d’un climat intimiste. Et « Mirror Of Everyone » ainsi que « In A Silent Way » en sont deux belles illustrations. Sophie est passée à la gratte acoustique pour « Lost », avant le dernier morceau, « Cold Wind », interprété à trois voix. De quoi vous flanquer des frissons partout. Malgré le laps de temps relativement court (30’) qui lui a été imparti, je dois avouer que le set du combo s’est avéré plus que convaincant. Bref, ma soirée est déjà réussie…

Après un petit interlude sonore, Kurt Wagner monte sur l’estrade pour régler ses grattes. Agé de 56 balais, le leader de Lambchop est coiffé d’une casquette de basketteur. Il se plante à droite du podium ; ce qui n’empêchera pas les spots de se focaliser sur cet artiste tout au long du concert. Il est soutenu par un backing group. Tout d’abord par Tony Crow, préposé au piano à queue et aux claviers. Très souriant, il s’installe légèrement en retrait. Matt Swanson se charge de la basse et Scott Martin, des drums. Ce dernier se place à l’extrême gauche. Enfin, les cuivres sont assurés par Matt Glassmeyer alors que Ryan Norris va jongler entre les synthés et la guitare. Le décor est planté. Lambchop n’a plus qu’à attaquer l’album, dans l’ordre des morceaux de l’opus. Je ne connais pas trop bien ce groupe. L’annonce de l’AB parlait d’americana. J’en avais donc conclu qu’il s’agissait d’une formation country dont les musiciens se servent d’une pedal steel, d’un banjo, d’un violon et autres instruments spécifiques. Pas du tout ! Lambchop est sans doute considéré comme combo de country ; mais ce soir, il n’en sera guère question.

Le drummer mène la danse. Kurt a plutôt une voix de crooner que celle d'un cow-boy. Au fil du set, elle devient même soporifique. L’expression sonore oscille entre le jazz, la soul et le folk. Les musiciens sont des pros et cela se ressent. L’ordre du tracklisting est respecté. Sans interruption, ni interlude. Un ennui certain commence à m’envahir. Pourtant, l’auditoire semble absorbé et applaudit chaleureusement.

« Nixon » a été joué dans son intégralité. Le boulot est terminé. Place à la détente. Tony plaisante. Il s’adresse à Kurt en parlant de sexe et de nanas. Ce dernier le rappelle à l’ordre et lui rappelle que le concert n’est pas encore arrivé à son terme. Et je dois avouer que c’est à partir de cet instant que je vais me réveiller. La cover du « Give Me Your Love » de Curtis Mayfield et « My Face Your Ass », extrait de l’album « Thriller », paru en 1997 (NDR : pas celui de Michael Jackson !), me bottent particulièrement. Tout comme « If  Not I'll Just Die », le morceau d’ouverture de l’album « Mr M », gravé en 2012. En finale, Tony refait le pitre et nous interprète « Gone Tomorrow ». Kurt revient à nouveau sur l’estrade pour attaquer une version magistrale et épatante du « Young Americans » de Bowie.

Curieux, la pièce centrale, en l’occurrence l’interprétation de l’album « Nixon », m’a littéralement cassé les pieds (ou anesthésié les oreilles). A contrario, la fin de parcours m’a vraiment emballée. Lambchop est un excellent groupe, ce n’est plus à démontrer. Mais je me demande s’il est bien judicieux de polariser tout un spectacle sur un album particulier. La concentration y est extrême ; ce qui nuit à l’interactivité entre les musicos et l’auditoire. On a d’ailleurs pu le constater en fin de parcours, lorsque les membres du band ont commencé à se libérer…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Lamb

Live at The Paradiso (Dvd)

Écrit par

Ce Dvd a été immortalise live lors de deux set, ‘sold out’, accordés par la formation insulaire, les 13 et 14 septembre 2011, au Paradiso d’Amsterdam. Le duo y est soutenu par son backing band au complet, s’est à dire Jon Thorne à la double basse, le guitariste islandais Oddur Mar Runnarson (également bassiste) et le batteur danois Nikolaj Bjerre. Sans oublier le trompettiste Kevin Davy ainsi que le trio à cordes londonien Chi 2 Strings.  

J’avais eu l’occasion d’assister à la prestation de la formation mancunienne, sous la forme d’un trio (NDR : avec le bassiste), lors de l’édition 2009 du festival Cactus. Et je dois avouer être alors tombé sous le charme de leur concert. Alors imaginez sous ce line up ! Le set s’ouvre dans un style ma foi jazzyfiant (la double basse et la trompette), avant de passer progressivement au trip hop. Le soutien des cordes est magique. La voix de Lou Rhodes superbe et Andy est toujours aussi excité derrière sa console, son clavier ou au bord du podium. Le climat pourtant empreint de mystère est souvent propice à la danse, et le public (on les envie) est aux anges. Quelques interventions de percus sont également au menu, histoire de mettre encore davantage le feu. Et puis le set s’achève à nouveau dans le jazz. On ne décolle pas des yeux les images proposées par ce superbe Dvd enrichi de deux morceaux interprétés en ‘live’ à Rock Werchter (beaucoup moins bien !), de photographies et d’une interview accordée par notre duo.

 

Lamb

5

Écrit par

Cet album remonte à 2011, mais il n'avait pas encore fait l'objet d'une chronique dans Musiczine. Une lacune qu'il fallait absolument combler!

Lamb est en effet un duo anglais très intéressant! Originaire de Manchester, il s'est illustré en pratiquant une musique électro trip hop rehaussée par des influences drum'n'bass, surtout grâce aux singles "Gorecki" et "Gabriel". Les deux piliers de Lamb sont le producteur Andy Barlow et la chanteuse et auteur-compositeur Lou Rhodes.

"5" constitue, comme son titre l'indique bien, le 5ème opus du groupe et il s'inscrit parfaitement dans la lignée des quatre précédents long playings, tout en ouvrant de nouvelles perspectives. On y retrouve le contraste étonnant entre les mélodies mélancoliques et transcendantales de Lou et les séquences sophistiquées et audacieuses d'Andy. C'est cette juxtaposition qui reste la marque de fabrique de Lamb.

"Another Language" ouvre la plaque de manière intrigante : des ‘samples’ de bouteilles se déploient doucement sur un tapis de violons éthérés et une basse staccato, ouvrant la voie aux phrases poétiques de Lou Rhodes. "Butterfly Effect" embraie, en offrant une structure très complexe, mais fascinante. Le groupe a d'ailleurs lancé un concours de ‘remixes’ basé sur ce morceau.

"Build A Fire" tire son inspiration d'un voyage réalisé au festival "Burning Man", dans le désert du Nevada. Son refrain au souffle incandescent démontre la capacité du groupe à créer des morceaux puissants, un peu à la façon d'un Arcade Fire, voire même de Florence + The Machine.

"Wise Enough" est un peu le "Glory Box" de cet elpee. Illuminée par une mélodie dépouillée, très ‘bluesy’, cette compo met en exergue la voix cristalline de Lou. De quoi vous flanquer des frissons dans le dos... C'est le morceau qui recèle le plus haut potentiel.

"Existential Itch" est une nouvelle surprise: la plage flirte avec le jazz, le drum'n'bass et même le R&B. "Rounds", par contre, baigne dans le néo-folk et évolue vers un final hypnotique. "She Walks" est un récit obsédant qui palpite telle une intrigue, tandis que "Strong The Root", un peu plus faible, séduit quand même par ses beats organiques et ses percussions de doumbek.

"Last Night The Sky" constitue le deuxième bijou du cd : une intro a capella d'une beauté spectrale à la Dead Can Dance cède le relais à des guitares acoustiques ciselées et à une rythmique tellurique. C'est très celtique et on pense à Clannad ainsi qu’à Evi Vine. A nouveau, le final est grandiose... Après ce chef-d’œuvre, place au très doux "The Spectacle" avant que l’elpee ne s’achève par "Back To The Beginning", compo qui bénéficie de la participation, comme guest, du chanteur irlandais Damien Rice.

Aujourd’hui, le trip-hop est devenu un genre quelque peu suranné, sorti des limbes des années '90 ; mais tout au long de "5", Lamb démontre qu’il a l'ambition de le rénover, en l'enrichissant de touches folk et soul. Ce qui lui permet de surfer sur la vague des Lykke Li, Dillon, Zola Jesus et autre Florence + The Machine... Le public belge ne s'y est pas trompé, lui qui a réservé un triomphe aux deux agneaux, lors de leur concert accordé au Botanique, en décembre dernier...

 

Lamb

I Put a Spell on You

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Trois, pas un de moins. C’est le nombre de soirs au cours desquels Lamb a investi le Botanique pour sa première tournée en salle, depuis leur split en 2004. Et trois cartons pleins. Il faut dire que le trip-hop tantôt dark, tantôt céleste du duo a marqué les esprits à la fin des années 90. En 2009, Andy Barlow et Lou Rhodes se rabibochent pour une série de dates en festivals avant de décider, trois ans plus tard, de publier « 5 », l’album de la réconciliation. Vu les trois sold-out, la formation devrait vite comprendre que le public belge est encore au rendez-vous, plus enthousiaste que jamais.

Il a fallu attendre 21h30 pour voir apparaître Lou Rhodes et Andy Barlow, accompagnés de leur contrebassiste, John Thorne. Tout de blanc vêtue, la chanteuse de 47 ans (mais qui en paraît au moins 15 de moins) est la grâce personnalisée. Quant à Andy Barlow, le trublion n’a pas changé d’un iota. Ultra-énergique, le maître des manettes ne tient pas en place, alternant sans cesse entre sa machinerie et les grosses caisses. La formation est clairement venue présenter son dernier album, « 5 », qui se taille la part du lion au niveau de la set-list. Ce qui n’empêche pas l’ensemble de la salle, comble comme on la voit rarement, d’accueillir chacun des morceaux avec un enthousiasme forcené. Lou plaisante d’ailleurs à ce propos: ‘Yesterday was dancing night, I guess tonight is Scream Night!’ Et les cris de repartir de plus belle, tandis que les trois compères passent en revue des morceaux comme « Little Things », « She Walks », « Butterfly Effect » et le grandiose « Gabriel » qui communique toujours autant de frissons.  La voix de Ms Rhodes demeure définitivement l’une des plus envoûtantes du showbiz. 

Le duo se démène comme si leur carrière n’avait connu aucune interruption. Quelques morceaux de « 5 » sont un peu plus faiblards, mais la voix de Lou parvient à les faire passer comme une lettre à la poste. De son côté Andy se déchaîne sur ses instruments en s’adressant souvent au public sans micro ! Le final avant le rappel sera consacré à un « Gorecki », superbement retravaillé. Derrière les Anglais, des images défilent sur un écran, donnant une dimension encore plus magnétique au spectacle. Le rappel va alors permettre au duo de s’élever sur un « What Sound » tout simplement grandiose.

Le Lamb de 2001, année de la publication de l’indispensable « What Sound », était déjà fort.  Le Lamb de 2011, lui, n’a pas pris la moindre ride et sa passion est même décuplée par 100. Que ceux qui pensent que le Trip-Hop est mort aillent demander leur avis aux 2 100 personnes qui ont eu le plaisir d’applaudir les deux agneaux entre le 19 et le 21 décembre. On en redemande !

(Organisation : Botanique) 

Charalambides

Likeness

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Charalambides est un nom à drôle de consonance. En fait, il provient du surnom affublé à un vendeur grec, travaillant chez un disquaire où le couple Carter s’était rencontré pour la première fois. Patronyme original qu’ils ont décidé d’utiliser pour leur groupe formé en 1991. Le couple, aujourd’hui divorcé, a néanmoins compris que les liens sacrés de la musique sont plus importants que ceux du mariage. Après une carrière déjà bien remplie, la formation texane revient sur le devant de la scène folk expérimentale en concoctant un quatrième opus intitulé « Likeness »

Pas franchement extasiant, l’album est presque anesthésiant, tant son expression sonore est minimaliste. Mais d’autre part, la douce voix de Christina Carter est loin d’être désagréable. Une voix douce, troublante et envoûtante, qui se prête harmonieusement à la musique de son ex-mari. On comprend dès lors pourquoi Mme Carter a été invitée à participer à d’autres projets, tels que l’enregistrement du dernier elpee de DJ Shadow ou encore celui de Thurston Moore. Quoiqu’il en soit, Kranky, toujours fidèle à sa réputation d’expérimentateur, enrichit une nouvelle fois son cv d’une nouvelle œuvre.

Mais bien souvent sur le label chicagolais, ça passe ou ça casse ! En l’occurrence ici, c’est limite la perte totale. Naviguant en eaux trop souvent calmes, « Likeness » tire en longueur et aurait gagné à être plus court ! Pas qu’il soit de mauvaise qualité, mais trop de titres sont carrément soporifiques. On se contentera, dès lors, de se délecter des parties vocales assurées par Christina Carter, qui semble conter implacablement des chansons populaires américaines du XIXème et XXème siècle. Je vous laisse le loisir de juger…

Paul Lamb

Snakes & ladders

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Cette formation est originaire du nord-est de l'Angleterre. Au fil du temps, elle est devenue la plus prestigieuse en matière de blues. Outre-Manche, bien sûr. Paul Lamb est un harmoniciste remarquable. Largement inspiré par Sonny Terry il a débuté chez Smokestack Lightning, en 1979. Le patronyme s’est transformé en Barfly puis en Blues Burglars, un combo responsable d’un elpee en 1986, "Breaking in", paru chez Red Lightnin. A cette époque il avait d’ailleurs effectué ses premiers pas en Belgique. Au Banana Peel, très exactement. Le patronyme va ensuite encore transiter du Paul Lamb Blues Band au Paul Lamb & the Kingsnakes. Sous cette dernière formule, le collectif signera son premier opus éponyme. En 1990. Sur le label Blue Horizon ressuscité pour la circonstance. Un disque suivi, en 92, par "Shifting into gear", édité sur le label belge Tight & Juicy (NDR : hello Jeroen!)

Près de dix albums plus tard, Paul Lamb & The King Snakes propose un enregistrement opéré live en septembre 2006. Au Tivoli Theatre. A Wimborme, dans le Dorset. Le dernier opus était sorti également, il y a moins de cinq ans. C’était également un disque immortalisé en public : "Live at the 100 Club". Mais depuis, les changements de personnel ont été déterminants. Chad Strenz est revenu au bercail. Et c'est un réel bonheur ! Le chanteur des Kingsnakes a sévi à l'époque glorieuse du groupe. C’est à dire entre 1991 et 1999. Fidèle compagnon des premières années à la guitare, John Whitehill a été remplacé aux cordes par le jeune espagnol Raul de Pedro Marinero. Il était déjà impliqué sur le dernier opus studio, "I'm on a roll" ; un elpee paru en 2005, chez United Producers. La section rythmique est constituée de vétérans du british blues : Rod Demick à la basse et Sonny Below aux drums. En y ajoutant Ryan Lamb, le fils de Paul à la guitare, pour une partie du concert, il ne nous reste plus qu’à laisser la formation monter sur les planches du Tivoli Theatre.

Le répertoire est partagé entre solides compos de Paul (dont trois issues de l'album précédent) et canons du blues signés par ses maîtres. Dès l’entame, Paul attaque son "Crazy for me", un titre rompu aux tournées. Imprimé sur un Bo Diddley beat, il s’adapte parfaitement aux changements de rythme. Le timbre vocal de Chad est idéal pour accompagner Lamb et Raul, un gratteur original et créatif. "Money world" est un swamp blues particulièrement apprécié par la bande à Lamb. Les lyrics y sont personnalisés. Ecrits par Paul, il stigmatise ce ‘monde de l'argent’ privilégié par Tony Blair. Il y signe son premier solo de bravoure. Ces deux plages figuraient sur l'album "Take your time and get it right", un disque sorti en 2000. Lamb et Strenz signent "Adopted child". Tout au long de ce blues lent, Paul est passé à l'instrument chromatique. Il y excelle à la manière d'un certain William Clarke. Bouleversant dès l’introduction, Chad se révèle divin au chant. Des flots de sensibilité inondent les notes dispensées par Raul de Pedro. Les rythmes exotiques des îles de l'Atlantique envahissent le "Far far away" de Chad Strenz. Et en particulier le cha cha cha, dont s’inspire le très latino Raul. Paul annonce l'arrivée de son fils Ryan. Préposé à la guitare, il participe à la suite du concert. Paul attaque une cover du notoire "Things I used to do" de Guitar Slim. Le soldat Ryan y exécute déjà une brillante sortie. "Sweet sweet woman" est imprimé sur tempo enlevé. Paul commence à dispenser ses ‘whoopee’ rituels et se lance dans un divertissement d'harmo auquel le public participe largement. Lamb adore Sonny Terry. C'est avec une pointe d'émotion qu'il se rappelle leur rencontre dans les années 70. Il lui rend un vibrant hommage sur le "You better mind" de Terry et McGhee, un country blues rarement adapté aujourd’hui. C'est à souligner. Il poursuit par une reprise du "Easy Rider" de Ma Rainey et Leadbelly. La machine est parfaitement huilée. Elle peut baliser la fin du set lors de la énième version du standard de Muddy Waters, "Got my mojo workin". Le combo y manifeste une cohésion irréprochable. "Mr Lanb's jump" permet de présenter une dernière fois les acteurs au public. Lors du rappel, Paul et Chad se partagent un duo. Au chant, à la guitare et à l’harmo lors de l’interprétation du célèbre "I got a woman" de Ray Charles. Après avoir dressé les oreilles, je vous invite à ouvrir les yeux afin de poser le regard sur un nouveau Dvd consacré à Paul Lamb, édité sur le même label allemand, et intitulé "A journey through the blues … with an harmonica".

Lamb Of God

Sacrament

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A l’instar de Trivium et Hatebreed notamment, Lamb of God incarne la scène métalcore, née au début du siècle, fruit d’un croisement entre le métal carré de Pantera et le NY hard core d’un Biohazard. Pour se distinguer de ses nombreux clones, et pour éviter de se momifier faute d’avoir su évoluer, Lamb of God a ajouté une touche de Death mélodique à son métal furibard. Une tendance qui se marque encore davantage sur ce quatrième opus à la fois vertigineux et écrasant, complexe et tourmenté. Le jeu de batterie de Chris Adler est tout simplement hallucinant, d’une précision chirurgicale. Le drummer s’est gavé de Dave Lombardo, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. « Again We Rise », « Requiem » et « Redneck » ne se contentent pas de faire parler la poudre, mais apportent une touche de fraîcheur à un style musical parfois un peu lourd à digérer. Des compositions qu’il vaut mieux ne pas écouter en boucle afin d’éviter de sombrer dans une certaine morosité. Plus étonnant, la plage finale « Beating On Death’s Door » semble sortir tout droit d’un album de Testament, de Death Angel ou de tout autre groupe ayant sévi sous la bannière du trash californien des années 80. Tout au long de cette nouvelle offrande, Lamb of God prouve à son public et à ses détracteurs qu’il n’est pas dénué d’ambition !

 

 

Lambchop

Damaged

Le titre le dit bien : Kurt Wagner a connu l’année dernière un accès de déprime, qui a failli l’envoyer au tapis. Dès lors, quoi de mieux comme catharsis d’enregistrer un nouveau disque de Lambchop, le neuvième, deux ans seulement après le double « Aw C’mon / No, You C’Mon » ? Personne n’est à l’abri d’une petite baisse de tension, c’est bien connu... Que Kurt Wagner nous raconte ses déboires en évitant de tirer sur la corde lacrymale, voilà la bonne nouvelle… Mais si « Damaged » sonne comme l’album le plus apaisé du groupe de Nashville, il n’en est pas le plus éblouissant. Aux oubliettes les envolées soul-folk du magnifique « Nixon », et si les cordes subsistent, elles crient ici un peu famine. Enregistré par le fidèle Mark Nevers en compagnie du duo électro Hand Off Cuba, « Damaged » ne laissera sans doute pas de grandes traces dans la discographie du groupe, sauf peut-être dans la tête de Wagner. Après les crépitements introductifs de « Paperback Bible » et sa mélodie profil bas, on attendra en vain un sursaut mélodique de la part de Lambchop. Las : « Damaged » pêche par gracilité, et on se surprend à bâiller aux corneilles devant ces dix titres aux ambiances frelatées. Unicolore et redondant, « Damaged » manque un peu de cette fougue qu’on aimait chez Lambchop. « Damaged » ? Plutôt « dommage », oui... Mais n’est-ce pas là le lot de toute mélancolie existentielle ?

Paul Lamb

I´m on a roll

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Depuis une bonne génération, Paul Lamb est considéré comme un des bluesmen anglais les plus brillants. Flanqué de ses King Snakes, il a apporté beaucoup de bonheur à la scène blues d'outre-Manche. Mais aussi d'ailleurs ; car il s'est largement exporté. Originaire du Nord Est de l’Angleterre, il a sévi au sein de Smokestack Lightning. Dès 1979. Un combo au sein duquel il s’est forgé une certaine expérience. Il transite ensuite chez Barfly et surtout les Blues Burglars, une formation qui s’était produite en Belgique. En outre, elle avait commis un elpee en 1986 : "Breaking in". Paul décide ensuite de partir à Londres. Il y monte ses King Snakes, en compagnie de son vieil ami, le guitariste John Whitehill, et du chanteur slider Johnny D. L’ensemble commet un tout premier album en 1991 : "Paul Lamb and the King Snakes", sur le label Blue Horizon de Mike Vernon. Puis "Shifting into gear", l’année suivante. Pour le label belge Tight & Juicy (NDR : où es-tu Jeroen?). Changement de line up important, puisque Chad Strentz est désormais le chanteur. Le band va alors aligner toute une série de long playings, pour la plupart chez Indigo ; mais également connaître de multiples changements de personnel ! Earl Green, l'ancien chanteur des Dance Kings participe à la confection de "Take your time Get it right" en 2000, et à l’enregistrement de "Live at 100 Club", deux ans plus tard. Enfin, un DVD (“Live at the Buttermarket Jazz and roots club”) immortalisé à Shrewsbury est paru en 2003.
 
Pour concocter "I'm on a roll", Paul a de nouveau reçu le concours de son ancien chanteur, Chad Strentz. Un vocaliste particulièrement doué qui avait fait ses premiers pas dans l’univers du rockabilly. Comparse de ses débuts londoniens, le bassiste Rod Demick est également de la partie. Et pour compléter le line up, il a pu compter sur la présence du drummer Sonny Below (NDR : il est quand même au poste depuis 98) et du guitariste espagnol Raul de Pedro Marinero (NDR : impliqué depuis octobre 2003, il a remplacé ce bon Whitehill, reparti dans le Nord !).
 
L'album s'ouvre par la plage titulaire. Une compo qui ne manque pas de swing. La voix de Chad se prête parfaitement au style des King Snakes. Au sein de ce décor sonore, le sax baryton de Nick Lunt et le ténor de Lee Badau viennent contester la suprématie de l'harmo ! Taillé dans un style west coast cher aux Snakes, "Down the road" monte en épingle le jeune gratteur espagnol. Une fine lame, il faut le reconnaître ! D’excellente facture, cet opus est découpé en seize plages, pour la plupart des compositions composées par les différents musiciens. Quelques reprises quand même ! Tout d’abord celle du "Baby please don't go". Très swingante et rythmée, elle constitue une rampe de lancement idéale pour la sortie étincelante de l'harmonica. Le "My baby don't love me no more" de Jimmy Rogers, ensuite. Une version très speedée caractérisée par de brusques changements de rythme que mettent à profit Paul et Raul ! Enfin, une adaptation du "You'd better mind" de Sonny Terry et Brownie Mc Ghee. Paul ne rate jamais l’occasion de nous rappeler que le style ‘whoopin’, institué par Terry, reste sa première influence. Et, il l’applique à la perfection. Revenons aux compos persos. Plage meurtrière, "Get up" est issu de la plume de Strentz. Très vive et dynamique, elle laisse le loisir aux cuivres (NDR : invités !) de s’exprimer. Slow blues, "Adopted child" évoque George Smith. Visionnaire, l’harmonica chromatique paresse. Des son côté, Raul se réserve une grande sortie. Paul est à son meilleur niveau. Son jeu est brillant. Dans tous les registres et sur tous les tempos. Et il le démontre aussi bien sur tous les instrumentaux, le vivifiant "Going for it" ou le merveilleux shuffle "Swingin". Un fragment au cours duquel la remarquable cohésion musicale emporte tous les suffrages. Ryan Lamb, le fils de Paul, y est préposé à la guitare. Il n’a pas vingt ans et laisse déjà une toute grosse impression. Blues sémillant sculpté dans un style Chicago très fifties, "A piece of mud" allie simplicité et efficacité. Ryan est toujours aux cordes! En fin de parcours, Raul opère un exercice de style dans le jazz swing à la T-Bone, en dialoguant avec le sax ténor de Badau sur "Raulin around". Les King Snakes viennent encore de commettre un excellent elpee…

Lambchop

Aw Cmon – No You Cmon

Après l’étincelant « Nixon » et l’apaisé « Is A Woman », Kurt Wagner et toute sa clique (combien sont-ils ? Au moins une bonne dizaine…) remettent déjà les couverts, avec rien moins qu’un double album (même si au départ Wagner voulait qu’ils soient vendus séparément). Quoi qu’il en soit, les correspondances entre les deux disques sont nombreuses, ne serait-ce que par leur ambiance : dépouillée, impressionniste, malgré les quelques sautes d’humeur de « No You Cmon », le plus varié des deux. La grande nouveauté chez Lambchop, c’est l’absence du divin falsetto de Wagner sur certains titres : sept instrumentaux en tout, qui révèlent un nouveau talent chez ces dignitaires de Nashville ; celui de subtils arrangeurs d’un film imaginaire qu’on imagine contemplatif et serein… Alors que sur « Is A Woman » la voix de Wagner était mise en avant, ici elle se fait plus timide, quitte donc à tout à fait disparaître. Pour le reste c’est du pur Lambchop, bref c’est toujours aussi splendide, malgré le fait qu’un seul album aurait peut-être suffit… Mais ne boudons pas notre plaisir : deux Lambchop pour le prix d’un, ça fait quand même toujours plaisir. Que reste-t-il aux autres ?