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Lionheart

Lionheart, Madball + invités, Trix, Anvers le 24 janvier 2026 – Photos

Écrit par

Une soirée pleine d’énergie brute, de hardcore sans compromis et de noms légendaires qui ont façonné les fondations de la scène !

LIONHEART

La baie de San Francisco envoie ses fils et Lionheart mène la charge comme l’un des fers de lance de la nouvelle génération de monstres du hardcore. Avec des influences marquées de mosh et de NYHC, ils prouvent qu’ils peuvent retourner même les plus grandes scènes. Ceux qui étaient présents à Pukkelpop en 2024 en ont été témoins ! Welcome to the West Coast !

MADBALL

À l’origine, à la fin des années 80, Madball commence comme un projet parallèle de l’autre légende Agnostic Front, avec Freddy Cricien (le frère de) au chant. Lorsque AF fait une pause en 1992, Madball devient le projet principal et s’impose rapidement comme de nouveaux héros de la scène hardcore new-yorkaise. Plus de 30 ans et 9 albums plus tard, le groupe est toujours actif avec un dixième album complet.

GIDEON

Avec un son dévastateur prêt pour le pit, rappelant des groupes comme Earthmover et Snapcase, Gideon insuffle une nouvelle vie à ce son typique de la fin des années 90 en y ajoutant une touche personnelle, mêlant punk et metalcore mélodique.

SLOPE

Ce groupe crossover allemand mélange de solides influences hardcore avec des grooves funky irrésistibles. Ce creuset de styles, soutenu par des refrains accrocheurs et des riffs énergiques, donne au groupe une énergie contagieuse et inimitable à vivre absolument en live.

Pour les fans de Agnostic Front / Sick of It All / Terror

(source : Trix)

N’hésitez pas à jeter un œil aux photos :

Lionheart

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/8997-lionheart-24-01-2026?catid=category

Madball

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/8996-madball-24-01-2026?catid=category

Gideon 

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/8995-gideon-24-01-2026?catid=category

Slope

https://www.musiczine.net/index.php/fr/component/phocagallery/category/8994-slope-24-01-2026?catid=category

(Org : Trix, Anvers)

Julien Fillion

Pour moi, le jazz, c’est la liberté.

Après avoir gravé un elpee éponyme, en 2021, Julien Fillion a sorti, en 2024, le single « Sahara », une pièce colorée aux multiples inspirations musicales, et « Ego », un EP de 5 titres sur le label Costume Records, Sur ce dernier, il plonge dans sa psyché et explore ses doutes et ses angoisses. Il compose de façon intuitive et arrive à créer des arrangements riches qui naissent d'une profonde introspection. Chaque instrument est une couleur, chaque note une réponse aux questions pour lesquelles les mots ne suffisent pas. Nous avons assisté au set ‘live’ de Fifty Lab Festival à Bruxelles et avons été très impressionnés par sa performance. Nous avions écrit à ce sujet : ‘Une improvisation multicolore. Tout le monde est encouragé, le son est ludique et les limites sont repoussées. Il s'ensuit un chaos instrumental, mais qui ne dégénère pas en bouillie. Les accroches musicales embellissent le tout. Distribuer des stimuli, monter en puissance vers un climax surnaturel et repousser les limites, voilà ce que fait Julien Fillion en permanence. Quelle montagne russe jazzy !’ (À lire ou relire ici)

Dans la foulée, nous avons eu une agréable conversation avec Julien...

Julien, pour briser la glace, une question classique : parlez-nous un peu plus de vous.

Je suis musicien et compositeur basé à Montréal, au Québec. Plus je vieillis, plus je me considère comme un multi-instrumentiste, car je jongle entre plusieurs instruments depuis quelques années, même si le principal reste le saxophone. Je collabore autant sur la scène pop que dans le milieu du jazz.

Qui vous a le plus influencé ?

Impossible de répondre à cette question (rires) ! J’ai l’impression de changer d’avis tous les six mois. Je dirais que mes influences viennent autant de mes professeur·e·s, de mes collègues, que d’artistes reconnus.

Votre premier album est sorti en 2021. Quelles ont été les réactions et vous ont-elles ouvert certaines portes ?

Toujours difficile à dire… mais oui, je crois que ça m’a ouvert des portes. C’était comme mettre un pied dans le monde de la création artistique, pas seulement dans celui de musicien accompagnateur. Au-delà des réactions du public, la vraie différence s’est opérée à l’intérieur : réaliser un premier album m’a donné confiance dans ma créativité et, rien que ça a changé ma vie.

Dans votre biographie, on parle de profonde introspection et de doutes au sujet de votre deuxième long playing. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Lorsque l’idée d’un second album m’a traversé l’esprit, pour la première fois, je me posais vraiment des questions sur ce que je voulais raconter. Le premier est souvent plus naïf, spontané, un mélange d’envies. Pour le deuxième, le processus a été beaucoup plus complexe : introspection, remise en question, recherche d’une vraie ‘voix’. Le timing n’aidait pas non plus, car je vivais beaucoup de choses sur le plan personnel. Me retrouver face à moi-même dans cette période a parfois été ardu.

A l’issue de votre prestation Fifty Lab Festival à Bruxelles, j’ai écrit, dans la review : ‘Ce que vous proposez relève du jazz ou est-ce tiré par les cheveux ?"

Pour certains, c’est du jazz sans hésiter. Personnellement, je considère ma musique comme de la musique instrumentale avant tout. Ensuite, c’est le public qui choisit l’étiquette — c’est lui qui a le contrôle (rires) !

Que signifie ‘ jazz’ pour vous en tant que musicien ?

Pour moi, le jazz, c’est la liberté. Freedom.

Les deux batteurs ont marqué les esprits, durant le show. Comment les avez-vous dénichés et quelle importance ont-ils ?

Ce sont des amis de longue date. C’est un privilège énorme de faire de la musique avec eux.

‘Un chaos instrumental qui ne dégénère jamais en bouillie’. Est-ce délibéré ?

Totalement réfléchi. On a travaillé chaque détail pour que, même dans les moments de gros ‘build-ups’, on ne tombe jamais dans le chaos sonore. L’objectif : garder le public embarqué du début à la fin.

Sur disque, tout semble plus ordonné. Est-ce aussi une volonté ?

Oui. Sur album, tout est forcément plus travaillé : la performance est captée, mixée, contrôlée. En live, j’adore aller ailleurs, pousser l’énergie beaucoup plus loin.

Comment avez-vous vécu votre passage à Bruxelles et les réactions ?

J’ai adoré jouer à Bruxelles et j’espère vraiment pouvoir revenir bientôt. Les réactions ont été très positives. Je ne suis pas resté longtemps, mais les gens que j’ai croisés semblaient avoir apprécié le projet.

Tu n’as pas chômé pour concocter « Ego.alt ». Quelle est la grande différence ?

« Ego.alt » constitue la version ‘live session’ filmée de « Ego » C’est un second souffle : plus brut, plus organique. Et le film réalisé par Marc-André Dupaul est sublime.

Et il y a aussi un nouveau single, « Soda ». Il recèle une histoire ?

C’est mon ami Daoud, un super trompettiste français, qui m’a invité sur sa compo. Tout le mérite lui revient ! J’ai eu l’immense privilège de pouvoir jouer sur ce morceau.

On sent une soif de progression dans ta musique. Quelle est la prochaine étape ?

Je suis encore au début du chemin. L’objectif est clair : tourner le plus possible à l’international. Avec mon équipe, on travaille d’arrache-pied pour multiplier les opportunités et faire rayonner le projet.

2025, une année décisive ?

2025 a été vraiment une belle année. J’aurais aimé un peu plus de dates de concerts, mais je suis satisfait du chemin parcouru.

Quels sont vos projets pour la suite ?

En 2026, je recommence à composer pour sortir un nouvel album en 2027 — et probablement en lui consacrant un nouveau film pour l’accompagner.

Avez-vous un objectif précis à long terme ?

D’ici cinq ans, j’aimerais pouvoir me focaliser uniquement sur la musique. J’adore accompagner des artistes au Québec, mais mon rêve d’enfant est de travailler à temps plein sur mon propre projet. Et j’ai la conviction que c’est possible… ?

(Photo : Jonathan Arseneau)

Heliocentric Overdrive

Burn It Down (single)

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Heliocentric Overdrive est un trio issu de Philadelphie, dont le single, « Burn It Down », constitue une aventure sonore psyché-rock aussi luxuriante qu’immersive.

Une batterie rythmique hypnotique et teintée de jazz associée à une ligne de basse épaisse et chargée de groove sous-tend des murs de guitare vertigineux, alors que des voix en cascade flottent au sein d’une ambiance rêveuse…

Enfin, grâce à sa mélodie éthérée, « Burn it down » nous transporte dans des galaxies lointaines, où les frontières de la réalité s'estompent et où l'imagination prend son envol…

« Burn it down » est en écoute ici

Podcast # 66 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Billions of Comrades

Un sentiment de révolte envahit Billions Of Comrades…

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Billions Of Comrades vient de publier un nouveau single. Intitulé « SCAB AALO PAM », il annonce un nouvel elpee baptisé « Trotop » qui sortira en mars 2024.

Ce morceau est un exutoire destiné à combattre une police violente qui intimide, blesse et tue afin de maintenir l'ordre d'une société sexiste, raciste, classiciste et validiste.

Le groupe souhaite une police et une politique juste, non privilégiée, au service de la population et de la paix ! ACAB ou plutôt « SCAB AALO PAM », est disponible en vidéo,

 

The Boxer Rebellion

Une belle soirée qui est passée trop vite…

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La dernière fois que The Boxer Rebellion s’était produit en Belgique, c’était en 2016, au Botanique. Un final mémorable, puisque les fans avaient envahi alors la scène, pendant que le groupe jouait « Dreamers ». Il revient de nouveau dans la capitale de l’Europe, ce samedi 14 octobre, mais à l’Ancienne Belgique. Son dernier elpee, « Ghost Alive », remonte à 2018. Et un single, « Powdered Sugar », vient de sortir, précédant la parution d’un sixième opus qui s’intitulera « Promise ». Le concert est complet depuis un bon bout de temps ; il aurait d’ailleurs pu se dérouler dans la grande salle.

Le line up réunit le chanteur/claviériste/guitariste Nathan Nicholson (NDR : il est originaire du Tennessee, aux States), le second sixcordiste Andrew Smith, le bassiste Adam Harrison et le drummer Piers Hewitt.

Le supporting act est assuré par Richard Walters, un parfait inconnu pour votre serviteur. Et pourtant, ce quadragénaire (NDR : il est issu d’Oxford, mais vit aujourd’hui à Paris) a milité chez Theremin, avant de se lancer dans une carrière solo. Il compte cinq albums à son actif et a relevé du même management que Radiohead. Une première partie qui suscite, donc, la curiosité.

La banane aux lèvres, Richard grimpe sur le podium. Cheveux roux comme Ed Shearan, il est coiffé d’une casquette de rappeur ou de basketteur, selon. Il a enfilé une salopette et est chaussé de baskets de marque Converse All Star. Il paraît, au moins, dix ans plus jeune que son âge. Il est armé d’une gratte semi-acoustique. Il possède une belle et suave voix de tête. On se rend bien compte que le gaillard a joué dans des pubs et la rue. Il a bossé en compagnie de Thom Yorke et l’Irlandais Damien Rice. La délicatesse des mots de l’artiste se ressentent dans ses moindres murmures. C’est une sorte de poète. La foule l’écoute attentivement. D’ailleurs, pendant son set, on pourrait entendre une mouche voler. Richard la remercie, à plusieurs reprises, pour le respect de son écoute.

De son récital, on épinglera le morceau d’entrée, le romantique « King Of Leaves » (extrait de l’album « Regret Less », publié en 2012), « Unconditional » et « Awards Night », deux titres au cours desquels sa voix devient atmosphérique, ainsi que la reprise du « Roads » de Portishead. De toute beauté ! Dommage qu’il n’ait pas interprété son dernier single, « Lost in Your Light » …

Setlist : « King Of Leaves », « Unconditional », « After Midnight », « Roads » (Portishead cover), « Awards Night », « Infatuation ».

A 21 heures pile, The Boxer Rebellion débarque. Nathan exécute un discret salut et le concert s’ouvre par le puissant « Step Out of the Car ». On entend la voix du chanteur qui est couverte par l’instrumentation. Il signifie à l’ingé son le souci et demande de régler le volume de son micro. Problème résolu !

Nathan est enrhumé et il le signale, mais ce refroidissement n’aura pas d’influence sur sa voix empreinte de douceur et bercée de mélancolie…

Pendant « Locked in the Basement », les grattes s’emballent. Avant d’attaquer « Love Yourself », le frontman plaisante en signalant que la salle est tellement cosy qu’il a l’impression de se produire dans un salon privé, en showcase. « What the Fuck » libère davantage de puissance que sur l’opus. Une transition idéale pour nous interpréter le nouveau single, « Powdered Sugar », paru il y a à peine deux jours.

A partir de « Caught By The Light » le set grimpe en intensité et le light show est au diapason. Tous les musicos descendent dans la fosse pour nous réserver une version acoustique de « Big Ideas ». Les harmonies sont parfaites. Ce qui se traduit par un grand moment de recueillement a sein du public qui connaît et reprend en chœur les paroles de la chanson.

Hormis le drummer, polyvalents, les musiciens changent régulièrement d’instruments.

Pendant « New York » le guitariste Andrew Smith et le bassiste Adam Harrison rejoignent la drummer sur son estrade exiguë. « Evacuate » et « Semi-Automatic » charment littéralement l’auditoire ; d’ailleurs tout au long de ces deux titres, des applaudissements fusent de partout. « The Gospel of Goro Adachi » est dédié à Richard Walters. A l’issue de ce morceau, le quatuor salue la foule et se retire.

Mais nous aurons droit à un rappel de deux compos. Pour la circonstance, le batteur a enfilé des chaussettes de couleur rouge. « Diamonds » était attendu, mais ne provoque pas d’intrusion sur la scène. Nathan évoque l’interruption dans le parcours du band pendant cinq ans, mais sans rentrer dans les détails. Il promet d’ailleurs, de revenir bientôt. Une belle soirée qui est passée trop vite et surtout une chouette découverte, Richard Walters…

Setlist : « Step Out of the Car », « Spitting Fire », « Let's Disappear », « Love Yourself », « Locked in the Basement », « We Have This Place Surrounded », « Flight », « Semi-Automatic », « Here I Am », « What the Fuck », « Powdered Sugar », « Caught by the Light », « New York », « No Harm », « Big Ideas » (acoustique), « Evacuate », « The Gospel of Goro Adachi » (dedicated to Richard Walters).

Rappel : « Diamonds », « Let It Go ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Lionel Solveigh

Les cartes postales de Lionel Solveigh…

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Lionel Solveigh nous propose un nouveau titre qui annonce la sortie de son deuxième elpee.

14 ans après avoir publié « Home », opus pour lequel il avait reçu un Octave de la musique, le songwriter belge a composé de nouvelles chansons pour son projet solo.

Il a pris le temps, écrit une thèse, assuré sa progéniture, développé des projets en groupe (Grande Ourse ou le spectacle jeune public ‘Radio Paillettes’), construit et pleuré des histoires d’amour, mais n’a jamais cessé, durant ces 2 cycles de 7 ans, d’écrire des chansons remplies d’amour.

Des pop/folk songs dans lesquelles il questionne le temps, les relations humaines, la paternité et chante avec une douce mélancolie les souvenirs de cartes postales. Des marques d’affection du quotidien autant que des traces d’époques dorées que l’on aime retrouver. Des sensations qu’il compile dans son premier single « Deeper into love », présenté sous forme de mise en bouche pour son second LP.

« Deeper into Love » est en écoute ici  

 

Liotta Seoul

Liotta Seoul ou le goût du dégoût…

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"Disgusting", c’est le titre du troisième single issu du futur LP de Liotta Seoul, "Worse". Ce trio allemand d’alt rock a consacré un clip répugnant mais étrangement attirant à ce morceau.

L'idée derrière cette chanson était : ‘Et si nous écrivions une chanson pop moderne mais avec les instruments que nous utilisons réellement en tant que groupe ?’, explique le frontman Sven Int-Veen. ‘La chanson parle de vivre bien au-delà des normes sociétales et à quel point nous nous comporterions tous de manière dégoûtante s'il était acceptable de collectionner les taches de nourriture, de manger des aliments dégoûtants, de ne jamais changer de vêtements et de ne pas prendre soin de soi en général. J'aimerais ce monde.’

Que vous partagiez ou non leur amour pour l'abandon insouciant est une autre question, mais en ces temps où tout tourne autour de l'amélioration de soi et de l'exposition d'une façade numérique, nous pourrions juste avoir besoin d'une critique opportune des contraintes, règles et attentes externes.

En termes d'imagerie, le groupe a traduit les paroles en une cavalcade trash et désordonnée d'animations et de scènes garanties pour vous communiquer un haut-le-cœur. Vous allez être dégoûté. Ce qui est exactement ce que Sven, qui joue dans le groupe mais qui est aussi vidéaste, voulait : ‘Le clip de cette chanson est censé être très direct et vraiment dégoûtant. Ce qui est cool, c'est que nous avons demandé à plusieurs artistes avec lesquels nous sommes amis d'y contribuer et nous avons obtenu beaucoup de choses vraiment cool qui valent la peine d'être vues.’

Le clip de "Disgusting" est disponible

 

 

Missy Elliott

The Cookbook

Au menu du nouveau festin concocté par Missy Elliott, toujours aucun danger d’indigestion, ni de surcharge pondérale. La preuve : dans le livret, Missy pose en Scarlett O’Hara, et elle est presque mince. Sans doute est-ce dû à un nouveau régime minceur, à base de samples un peu couillons mais efficaces (« Clear » de Cybotron alias Juan Atkins sur « Lose Control », la scie « Apache » des Shadows sur l’autre tube « We Run This », et du Slick Rick par-ci par-là) et de hip hop facétieux mais sans conservateurs (ni trop de colorants)… Certes, il reste un peu de couenne (le r’n’b de « Can’t Stop », de « 4 My Man » et de « My Struggles », feat. Mary J. Blige), mais l’essentiel est composé de tracks qui valent bien une bonne heure de spinning. Autre constat : les Neptunes, encore une fois, réussissent la gageure d’écrire un gros hit, taillé pour le dancefloor (l’épatant « On & On »), et Timbaland prouve qu’il a encore de beaux restes (« Joy » et « Partytime », en apéritif). Missy Elliott s’essaie même au crunk sur « Click Clack », qui comme c’est écrit claque plus fort qu’une fessée sur le c... de Lil’ Jon. Plus forte qu’une biatche en plan serré dans un clip de 50 Cent, Missy Elliott prouve une fois n’est pas coutume que le hip hop n’est pas qu’une histoire d’hommes. « Please stand uuuup !!! »

Millionaire

Millionaire a mis le public dans sa poche!

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The Craftmen Club remplaçait donc, au pied levé, Cowboy From Outerspace, pour ouvrir cette 'Wild & vintage rock'n roll party'. Plutôt que de pied levé, il aurait été plus judicieux de parler de pied au plancher, tant la musique de ce trio breton (Guingamp) évolue sur un tempo rapide. Du rock nerveux, carré, furieux, aride, basique, épicé de quelques samples discrets, et écorché par la voix un peu rauque de Steeve, qui n'hésite pas à rapper comme Beck, ou à trafiquer sa voix, à la manière de Mark E Smith. Steeve est également le guitariste du groupe. Il martyrise son manche et lui arrache les notes de ses cordes. A un tel point qu'il finit par nous plonger dans un univers aussi déstructuré que psychédélique. Le tout sur fond de jeu de scène déjanté… Mais si on retrouve ici toute la folie, la même urgence rock'n roll et des guitares aussi énergiques et brutes que chez le Jon Spencer Blues Explosion, il faut reconnaître que le ton est un peu trop linéaire à mon goût. Ce n'est bien sûr qu'une question de goût…

Considéré comme le meilleur groupe belge sur les planches, Millionaire jouit d'une grosse popularité en Flandre. Normal, puisqu'ils sont du nord de la Belgique. Pourtant, j'avais hâte de découvrir (NDR : j'avais manqué leur set au Pukkelpop, par la faute d'un embouteillage) une formation qui a régulièrement fait les premières parties de Muse et de Queens Of The Stone Age (NDR : ils entretiennent d'excellentes relations avec ces derniers, par ailleurs). Drivé par le chanteur/guitariste Tim Vanhamel (NDR : il a notamment joué en compagnie de Mauro Pawlowski chez Evil Superstars et participé, comme musicien de tournée, au périple de dEUS dans le cadre de l''Ideal Crash tour', en 1999), Millionaire pratique un métal/pop/rock à la fois solide et mélodique, à la croisée des chemins de Captain Beefheart, de Lenny Kravitz et de Q.O.T.S.A. (NDR : of course !). Petite particularité, mais gros avantage, les harmonies vocales (NDR : falsetto !) conjuguées par le second guitariste, le bassiste et le claviériste sont impeccables. Ce qui arrondit les angles de leurs compositions plutôt musclées. Sans oublier le drumming souple, tribal et efficace de Dave, nonobstant le kit qui avait la mauvaise tendance à se déplacer vers l'avant (NDR : la prochaine fois, Dave, faudra la clouer ta batterie !) Vêtu d'un tee-shirt bleu ciel, frappé d'un numéro deux, Tim est une véritable bête de scène. Il l'arpente d'un côté à l'autre, comme s'il était en cage. Lorsqu'il ne joue pas de la gratte, il la trimballe en bandoulière. Mais il prend un soin tout particulier à en changer, après chaque morceau, histoire de soigner la forme. Sa voix, il la triture à travers une sorte de pupitre électronique, la rendant même parfois démoniaque. Seul petit couac, la présentation d'un nouveau titre, abandonné après quelques mesures. (NDR : Tim m'avouera ensuite dans la loge, qu'ils n'avaient plus répété depuis un bon mois). N'empêche Millionaire a encore réussi à mettre le public dans sa poche…

Les Bellrays nous viennent de Californie. Trois musiciens blancs et une chanteuse noire. Et quelle chanteuse ! Elle possède une voix exceptionnelle. Son nom ? Lisa Kekaula. En l'écoutant, je ne pouvais m'empêcher de penser à Janis Joplin, à Aretha Franklin ou à Tina Turner. Oui, parce qu'en plus de chanter, elle bouge. Comme une panthère. Bon c'est vrai qu'elle est un peu enveloppée. Certains diront musclée… Mais elle est très sexy. Et sa mini robe ainsi que ses bottes de couleur noire lui donnent un peu une allure de vamp ! Derrière le trio guitare/basse/batterie joue du rock pur et dur dans la lignée de MC5. Et l'urgence ainis que la fulgurance de leur musique mêlées à la soul du vocal se solde par un cocktail aussi étonnant que détonant. Franchement, s'ils reviennent, ne les manquez sous aucun prétexte. Dommage qu'ils soient aussi peu soutenus par leur label…

 

 

 

 

Lelio Padovani

Waves

Écrit par

Issu de Parme, Lelio Padovani est guitariste et compositeur. Ses premiers essais discographiques remontent à 2002. Depuis, il compte quatre albums et deux Eps à son actif. Dont le dernier, "Waves", recèle quatre plages. Sur ce disque, l’artiste se réserve toutes les parties de guitare et de basse, mais également les claviers et les percussions programmées. Sa musique est très personnelle et reflète le parcours d’un passionné.

"Time traveleler" est destiné à la B.O. d’un film imaginaire. Composée aux claviers, cette plage se distingue par sa jolie mélodie et sa combinaison très réussie entre les accords de guitare et des synthés. Et cet aspect mélodique domine encore "Siren song", une piste au cours de laquelle il a recours à trois grattes, sur lesquelles il affiche une technique irréprochable. Un climat qui rappelle les parties instrumentales du Genesis de l’Archange Gabriel et de Steve Hackett, mais également du Camel de Peter Bardens et Andy Latimer. "Sunday" est une compo plus paisible. Belle, harmonieuse, tendre et empreinte de sérénité également. L’ambiance est propice à la relaxation. Un peu comme un dimanche sans le moindre stress. Une forme de magie que Thijs Van Leer et Jan Akkerman avaient instituée chez Focus. Le tire maître clôt cet Ep. Et "Waves" recrée des vagues rythmiques grâce à une succession  habile, subtile même, entre de cordes désaccordées puis raccordées. Nonobstant ces références, Lelio Padovani parvient à apporter une touche toute personnelle à ses compositions. Et à ce titre cet artiste italien mérite une attention toute particulière…

 

Mike Elliott

Elliott and The Audio Kings

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Ce trio de blues/rock est canadien. Issu de Waterloo, dans l’Ontario, très exactement. Son leader, le chanteur/guitariste Mike Elliott a milité au sein du Daddy Longlegs, un groupe de garage blues local, avant de monter son propre projet. Il a ainsi recruté le drummer Johnny Sauder et le contrebassiste Scott Fitzpatrick, comme section rythmique. Et qu’il a baptisée The Audio Kings. Eponyme, cet opus constitue le premier elpee du combo et réunit onze plages signées par Elliott.

Dès le départ, la formule trio s’impose. Très rock’n’roll et clairement jump, "When they say about you" est parfaitement balisé par la section rythmique. De quoi permettre au leader, dès qu’il en a l’opportunité, de prendre un billet de sortie sur ses cordes. Volubile, il étale également toute sa technique sur sa gratte. Tout au long du boogie "One of a king", Elliott ne laisse pas le moindre espace disponible. "What tomorrow brings" est imprimé sur un tempo plus lent. Le drumming se charge de swing. Un swing entretenu par la basse acoustique de Scott sur "Friday night". La voix est limitée, mais la créativité sur les cordes est constamment présente. Les musicos reprennent en chœur le refrain pendant "Come on home", une plage caractérisée par un rythme, ma foi, plutôt exotique. Shuffle bien texan, "Easier said than done" est à la fois passionnant, entraînant et efficace. Elliott souffle dans son harmonica tout au long de "No need to be alone", un blues enlevé. "Another day, another dollar" campe un rockabilly bien vivifiant. Et la guitare est omniprésente. Il manquait un blues lent. "Jealous kind" comble cette lacune. Les cordes fluctuent constamment et s’autorisent même une sortie tout à fait convaincante. Dommage que la voix de Mike ne soit pas davantage chargée de passion ! Les percus syncopées de Johnny nous entraînent au cœur des rues de la Nouvelles Orléans pour un "I don’t want to work" propice à la fête. "I know" met le cap sur Chicago, une finale particulièrement Westside qui véhicule les accents d’une rumba, dans l’esprit d’Otis Rush. Et Mike Elliott s’y réserve une de ses meilleures sorties sur les cordes.

 

Nine million witches

The Rapture

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Tout d’abord, ne confondez pas le titre de cet opus et le patronyme du groupe responsable de cet elpee. Sans quoi la surprise serait de taille à son écoute. Et pour cause, l’album s’intitule « The Rapture ». Il est l’œuvre de Nine Million Witches. Et ce n’est en aucun cas, un nouvel LP du groupe new-yorkais, The Rapture !

9MW est un trio français, originaire de Normandie plus exactement, qui s’est formé en 2014. A sa tête, les deux frères Landeau. « The Rapture » constitue son premier long playing. Et manifestement, la musique navigue à des années lumière du band yankee. En fait, la formation hexagonale lorgne résolument vers le passé pour concocter une expression sonore qui colle à l’air du temps. Résultat des courses, le disque recèle du bon et du moins bon. Creusant profondément dans le stoner, le titre éponyme sort carrément du lot. Se frottant plutôt au blues, « Soon ! They’re Coming » mérite également une attention toute particulière. Et lorsqu’il ne la noie pas trop dans les artifices, le chanteur démontre qu’il a manifestement une excellente voix. « A Wicked Game » en est certainement la plus belle illustration. A contrario, « Drop Ur Gun » souffre de carences vocales. D’abord, le refrain repris en chœur est bancal ; en outre, le backing vocal est tout à fait insupportable. Dommage, car la présence d’un harmonica avait tout pour plaire…

 

The Boxer Rebellion

Pas mal, mais pas phénoménal non plus…

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La soirée est un peu froide, normal l’hiver approche. Direction rue du Miroir, juste derrière la Grand-place de Mons pour, se rendre à l'Alhambra. Il y a une fameuse file d’attente à l’entrée pour obtenir son sésame. The Boxer Rebellion a attiré la grande foule. Faut dire que le groupe s’était déjà produit à Mons, et une relation privilégiée s’est établie entre le combo et le public local. En outre, le supporting act sera assuré par les régionaux de l'étape, Larko. Ca tombe bien, Larko vient de sortir un Ep 6 titres. Et il est venu nous le présenter ce soir.

Larko est issu de la Cité du Doudou. Aussi, de nombreux fans ont tenu à venir les encourager. Et c’est tout à fait normal. Le quatuor réunit le chanteur/guitariste Jean Tourneur, le claviériste Alexis Andrigo (NDR : un barbu coiffé d’une casquette), le bassiste Jérémie Gilbert et le drummer Timothée Huge, également préposé au sampler. J’avais assisté à leur concert, il y a au moins deux ans et suis heureux de revoir le quatuor en ‘live’. Pas un combo inconnu. Et pour cause, en 2009 il avait remporté le prix Franc'Off des Francofolies de Spa. Il a aussi pas mal bourlingué, assuré quelques scènes prestigieuses et participé à certains festivals. En 2011, il a publié son premier elpee, « Empathie » sur le label LDM (Les Disques Modernes). Après avoir pris une pause, il vient de graver un nouvel Ep, dont ils vont interpréter ce soir quatre morceaux.

Vu la présence du matos de The Boxer Rebellion sur l’estrade, il ne reste plus beaucoup d’espace pour la première partie. Les 4 musicos se sont donc postés en ligne à l’avant-scène. Le drummer à l'extrême droite, le claviériste au milieu, et les deux grattes à gauche. Jérémie va quand même s’autoriser quelques allers-retours entre les fûts et son pied de micro, afin de se dégourdir les jambes. Les textes sont chantés dans la langue de Voltaire. Et les nouvelles compos lorgnent davantage vers la pop et l’électro que le rock.

Après une petite « Intro », « Obsession » entre dans le vif du sujet. Le claviériste donne le ton. Il est appuyé par la section rythmique, même si c’est la basse qui aura finalement le dernier mot. Les accords de gratte dispensés tout au long de « Pour Une Heure » sont funkysants, dans l’esprit d’un Nile Rodgers. « Empathie » est un morceau qui a récolté un certain succès. C’est également le titre maître du premier LP, plus sauvage et plus rock. « 28 Janvier » est littéralement découpé par les riffs électriques. Mais le refrain est contagieux. « Ce Que tu Veux ». Je ne sais pas ! Une nouvelle compo pas mal torchée. « Lâcher Les Chiens » se singularise par ses lyrics réalistes. Des textes qui peuvent se révéler plus sombres, traitant de l’existence, de la guerre.

Plus électro, « Rotterdam » est une compo hymnique. Place ensuite à « Myself ». Le single. Qui fait l’objet d’un clip vidéo. Jean invite d’ailleurs le public à aller la découvrir sur la toile. Le set s’achève par « La Nuit », c’est-à-dire la piste qui ouvre l’Ep. Caractérisé par son ‘beat’ irrésistible et ses 'lalala', c’est une belle invitation à rejoindre le dancefloor tout proche. Encore une ou deux chansons et tout le monde jumpait. Trente minutes, c'est un peu court pour un groupe de cette trempe ; et en plus issu de la région. Bah, c'est aussi le rôle du support act de chauffer l’ambiance. J'espère bientôt revoir Larko en tête d'affiche.

The Boxer Rebellion est une formation que votre serviteur a eu le loisir de voir et d’écouter à trois reprises au Botanique de Bruxelles. Parce que sa musique me plaît. Le groupe a entamé une longue tournée pour présenter son quatrième opus studio, « Promises », déjà paru en 2013. Natham l'a annoncé, c'est la dernière date ; aussi on espère que les musicos vont se lâcher pour la circonstance. Le quatuor vient juste de publier un LP live, « Live At The Forum ». Le line up réunit Nathan Nicholson (chant, guitare, claviers), Adam Harrison (basse) Piers Hewitt (drums) et Andrew Smith (guitare).

En ouverture, le band attaque « The Gospel Of Goro Adachi » (extrait du long playing « Union »). Dans le passé ce morceau achevait en apothéose ses concerts. Permettant alors aux aficionados de les rejoindre sur l’estrade. Ce ne sera donc pas le cas ce soir.

Nathan a une voix très particulière, qui monte assez haut dans les aigus, un peu à la manière de Matthew Bellamy (Muse). Le très poignant « Take Me Back » en est une parfaire illustration. Les mélodies sont accrocheuses, mais quoique puissant le son n’est pas suffisamment net à mon goût. Je me déplace et me recentre près de la table de mixage. Tout au long de « Locked In The Basement » (NDR : un extrait du troisième opus « The Cold Still »), la voix de Nathan me paraît quelque peu étouffée par les autres instruments. ‘u2esques’, les guitares sont soutenues par des nappes de claviers légèrement agressives sur « Keep Moving ». Encore issu de « Union », « Evacuate » est une des perles de l’album. La voix, est alors proche de celle de David Jakes (chanteur de Lonely The Brave, une des nouvelles sensations du rock insulaire). Quant à l’expression sonore, littéralement poussée par la section rythmique, elle monte en crescendo avant d’atteindre son apogée. « The Runner » et « Diamonds » adoptent une structure semblable. « You Belong To Me » évoque un bonbon sucré qui fond lentement dans la bouche. Les problèmes de mixing semblent résolus. Faut dire que la configuration de la salle n’est pas de nature à faciliter la tâche de l’ingé-son. Nonobstant leur refrain immédiat, « Flight », « Semi-Automatic » et « Always » montent dans les tours. Sur « New York », bien soutenue par les drums, la voix de Nathan s’envole vers les sommets. Et elle atteint le sublime sur le dernier titre du spectacle, « Promises ». En fermant les yeux on l’accompagne dans la stratosphère…

Pas de final festif, mais un rappel de trois morceaux : « No Harm », « Spitting Fire » et « Watermelon ». Quoique content d’avoir retrouvé The Boxer Rebellion, je dois avouer que les musicos me paraissaient fatigués. Le band achevait sa tournée à l’Alhambra. Ce qui explique sans doute pourquoi la magie n’a pas opéré, comme les fois précédentes…

(Organisation : Mons 2015-Alhambra)

The Helio Sequence

Negotiations

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The Helio Sequence est un duo issu de Portland, dans l’Oregon. Fondé en 1999, il nous propose son sixième opus. Hormis un split 7", partagé en compagnie de Menomenia, publié en 2010 (« Converter »), le tandem n’avait plus rien gravé depuis 2008. Faut dire que durant cette longue période, il est passé par toute une série d’épreuves. Tout d’abord, Brandon Summer, le chanteur, a perdu sa voix. Il a donc dû subir une intervention chirurgicale des cordes vocales. Puis leur studio a été complètement détruit, suite à une inondation. Pas découragés pour autant, les deux gaillards ont déniché un endroit désaffecté au sein d’un espace industriel pour réaliser leurs sessions. C’est d’ailleurs là que se dont déroulées celles relatives à « Negotiations »

Brandon se charge donc des vocaux, mais également des parties de guitare (acoustique et électrique), de la basse et occasionnellement de la flûte. Benjamin Weikel des fûts et des synthés. Un apport électronique qui s’intègre parfaitement à l’ensemble et qui parfois même le magnifie. Surtout à travers les arrangements et les orchestrations. Quant au chant de Brandon, il campe aujourd’hui un hybride entre Tim Booth (James) et Brendan Perry (Dead Can Dance), même si les inflexions sont plus haut-perchées ; mais surtout colle parfaitement au sens mélodique languissant aux réminiscences eighties…

Découpé en 11 plages, l’elpee baigne au sein d’un univers atmosphérique, mélancolique, légèrement teinté de prog voire de psychédélisme. En fonction des plages, Benjamin adopte un drumming ample, offensif, syncopé, mais toujours précis, alors que les cordes de gratte se révèlent tour à tour tintinnabulantes, bringuebalantes, jouées en arpèges, en picking ou à la manière d’une mandoline, comme chez And Also The Trees (NDR : le titre maître final).

 

Elliott Brood

Days into years

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Vous n’avez sans doute jamais entendu parler d’Elliott Brood. Ou alors si peu. Pourtant outre-Atlantique, au pays des caribous et plus particulièrement à Toronto, patrie de Neil Young, ce groupe s’est forgé une solide notoriété. Paru en 2008, « Mountain Meadows », leur premier elpee met déjà le nez à la fenêtre. Et pour cause, il est nominé au prestigieux ‘Polaris Music Prize’ qui récompense le meilleur album de l’année. Sur la même liste figure alors des artistes ou des formations tels que Patrick Watson, Fucked Up ou encore Metric. Et le disque est à nouveau sélectionné aux Juno Awards, dans plusieurs catégories. Ces sélections lancent véritablement le band qui est alors invité à assurer les premières parties de Do Make Say Thing, The Black Crows ou encore Wilco.

« Days into years » est sortie au Canada, en 2011. L’elpee fait mieux que le précédent, puisque cette fois, il décroche un Juno Awards dans la catégorie ‘Roots & Traditional Album Of The Year : Group’ en écartant du podium Great Lake Swimmers ou encore The Wooden Sky, eux aussi plébiscités dans la même catégorie. Elliott Brood a donc de sacrées références sur sa carte de visite et joue dans la cour des grands. Il était grand temps que ce disque traverse l’Atlantique…  

Pour écrire les chansons de « Days into Years », le groupe s’est inspiré d’une visite accomplie dans un cimetière européen, où étaient inhumés des soldats qui sont tombés au champ d’honneur, lors de la première guerre mondiale. C’était lors d’une tournée sur le Vieux Continent. Le single « If I Get Old » évoque d’ailleurs le destin de ces soldats morts à la fleur de l’âge. Musicalement, à l’instar de Neil Young, les Torontois puisent leurs sources dans la tradition nord-américaine. Armés de leur banjo, harmonica, mandoline et autres instruments traditionnels, ils n’hésitent pas à recourir à la distorsion, quand c’est nécessaire. Si bien que leur expression sonore évoque plutôt les vastes paysages de leur pays. L’opus est ainsi partagé entre plage allègres et bien électriques (« Their Will »), ballades mélancoliques (« West end Sky ») et pistes purement country & western. Des chansons soulignées par des vocaux tantôt en solitaire ou sous la forme de chœurs qui tapent chaque fois dans le mille.

A découvrir absolument !

 

Snoop Lion

Reincarnated

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C’est avec un scepticisme teinté d’ironie que je me suis lancé à l’écoute de « Reincarnated », le premier album de Snoop Dog sous le patronyme de Snoop Lion, c’est-à-dire réincarné dans la peau d’un Bob Marley de Long Beach. L’addiction aurait-elle eu raison du cerveau de l’ami Snoop ? Et que vaut réellement le 12ème elpee de l’autoproclamé nouveau dieu rastafari ? S’agit-il d’une surprenante réussite ou l’essai d’un artiste perdu dans sa propre mégalomanie, après avoir effectué un séjour en Jamaïque, au cours duquel il a prétendument étudié la culture locale, qui a manqué sa cible ?

Pour concocter cet elpee, le vétéran californien a bénéficié du concours de quelques invités prestigieux. Et notamment Drake, Chris Brown, Cori B (sa propre fille) et même Miley Cyrus, l’idole de Disney en compagnie duquel il nous refourgue l’ignoble « Ashtrays and Heartbreaks ». Des musiciens jamaïcains ont également participé à cette fumisterie (ah !ah !) dont Mavado et Popcaan (« Lighters Up »). Alignant une kyrielle de producteurs, dont Diplo, Dre Skulls et surtout Major Lazer, « Reincarnated » est de facture plutôt inégale. Entre l’horrible « Get Away », piqué aux Black Eyed Peas, et le très réussi « No Guns Allowed » (impliquant Drake et Cori B), qui emprunte même un sample à Beirut, on ne sait pas trop sur quel pied danser ! Désormais adepte de la non-violence et décidé à se couper de la culture gangsta, Snoop semble s’être quelque peu ramolli. Ce qui explique pourquoi notre intérêt pour sa musique a tout autant faibli, malgré quelques éclats au cours desquels il parvient à mêler adroitement reggae, dub et hip-hop ; et le plus souvent lorsque la mise en forme est assurée par Major Lazer (« La La La », « Here Comes the King »).

 

The Boxer Rebellion

Promises

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Après dix années d’existence, The Boxer Rebellion est devenu une énorme machine à hits. Cette formation anglophone qui réunit des Américains, un Anglais et un Australien surfe donc sur la vague du succès. Pour preuve, leur participation au dernier festival Rock Werchter. Et ce n’est pas leur dernier elpee, « Promises », qui risque de modifier cette marche triomphale…

D’autant plus que les treize morceaux de ce long playing ont tout pour plaire. Les mélodies sont empreintes de mélancolie. Le climat atmosphérique est entretenu par des arpèges délicats et des nappes de claviers en couche. Entraînants, les rythmes sont parfois boostés par des beat électroniques (« Take Me Back »). Ce qui ne les empêche pas circonstanciellement d’être fouettés par des percussions tribales, à l’instar de l’excellent « Safe House » ou encore « New York ».

Mais si l’illustration de la pochette traduit parfaitement l’efficacité des compos de ce « Promises », il faut reconnaître que The Boxer Rebellion ne parvient que trop rarement à faire la différence. La faute à une mise en forme qui émousse l’énergie de la solution sonore. En outre, Nathan Nicholson (chant) ne parvient pas à transcender les titres. N’est pas Matt Berninger (The National) qui veut. En fait, il manque à The Boxer Rebellion, un petit quelque chose, un brin d’originalité, qui pourrait lui permettre de concurrencer The National ou Coldplay.

 

Le groupe se produira ce 12 septembre 2013 au Botanique de Bruxelles.

 

Marillion

Une leçon de vie…

Marillion est un cas particulier dans l’univers du rock. Fondé il y a 30 ans, en Angleterre, ce groupe associé au revival du rock progressif continue à remplir les salles sans aucun support de l'industrie du disque ou des médias. Comment ? Tout simplement en entretenant une relation privilégiée, très émotionnelle avec ses fans. Et dans ce domaine, ils sont des précurseurs. Avant tout le monde, ils ont exploité le potentiel de l'Internet et lancé des appels de fonds pour permettre la production de leurs œuvres (ce que l'on appelle aujourd'hui le crowd-funding). Aujourd'hui, Marillion a enregistré 17 albums, qui se sont vendus dans leur ensemble, à plus de 15 millions d'exemplaires et s’est produit devant plus de 3 millions de spectateurs. Leur style musical a évolué au fil du temps, particulièrement quand le premier chanteur, Fish, a été remplacé par Steve Hogarth (ex-Europeans). Aujourd'hui, Marillion évoque tout autant Radiohead, Talk Talk, Simple Minds, Razorlight, Waterboys, Split Enz ou Coldplay que Genesis et Yes.

Une preuve de l'engouement suscité, le concert prévu au Splendid à Lille est très rapidement décrété sold-out. Ce qui a décidé les organisateurs à prévoir une seconde date au même endroit, le lendemain. En tournée pour promotionner "Sounds That Can't Be Made", Marillion va nous réserver au total 5 titres de cet excellent album. C'est d'ailleurs par "Gaza" que débute les hostilités. Un choix osé, car il s'agit là d'un monstre de 17 minutes. Un tour de force caractérisé par moult changements de rythmes et d'ambiances. Mais les musiciens s'exécutent en affichant une déconcertante facilité. Steve Hogarth, porte un large t-shirt sur lequel est imprimé le symbole de la paix, une allusion claire au conflit actuel dans la bande de Gaza. Parmi les autres extraits de "Sounds" figurent le magnifique "Power", sur lequel Pete Trewavas révèle d'étonnantes aptitudes aux backing vocals, les très paisibles "Pour My Love" et "The Sky Above The Rain", sans oublier la plage éponyme.

"Beautiful" démontre que Steve Hogarth est capable de composer de très belles ballades romantiques. On est étonné par son incroyable maitrise vocale. Il parvient à atteindre les notes  les plus hautes, alternant passages doux et intimes et incantations déchirantes. Son contact avec le public est aisé et empreint d'une totale authenticité. Après "You're Gone" et le très beau "Cover My Eyes",  Marillion opère une incursion dans le répertoire de la période ‘Fish’ et attaque "Slàinte Mhath", issu de "Clutching At Straws". Dans la dernière partie du morceau, Steve peine quelque peu à reproduire les vocaux plein de puissance et de fureur de Fish. Aux réactions du public, on constate l'attachement, toujours vivace, des aficionados pour le géant écossais.

"Neverland" est un autre point culminant du set. Un véritable chef-d'œuvre, extrait du long playing "Marbles", considéré par certains comme le meilleur du groupe version ‘H’. Ce sont 10 minutes de pur bonheur, surtout lors des solos très ‘gilmouresques’ dispensés par un Steve Rothery toujours particulièrement concentré. Si Steve Hogarth est très mobile et en interaction avec le public, les autres musiciens se montrent, en général, plutôt discrets. Pete Trewavas, le bassiste, est très efficace et évite les fioritures. Mark Kelly trône aux claviers sur son podium, mais on doit constater que son rôle dans le groupe est moins conséquent qu'auparavant. Il n'aura guère que deux ou trois occasions de placer un de ses fameux solos. Quant à Ian Mosley, aux drums, il est d'une précision et d'une perfection tout simplement métronomiques. 

Steve Hogarth dédicace ensuite "A Voice From The Past" à John Lennon et "Real Tears For Sale" à Sinead O'Connor, en référence au fameux clip où elle pleure ("Nothing Compares To U"). Au moment de "Three Minute Boy", un problème technique aux claviers force Hogarth à meubler en improvisant seul au piano des paroles de circonstances ("Three Minutes to wait for the keyboards, ..."). Quand, enfin le contretemps est résolu, le public est invité à chanter les ‘La La La’ du refrain et il s'exécute avec enthousiasme! La partie principale du concert se termine par "The Great Escape" ("Brave") et le band revient très vite pour aborder "No One Can", tiré de "Holidays In Eden" et enfin, un second extrait de "Clutching At Straws", "Sugar Mice".

Manifestement, et ce concert en est une nouvelle illustration, c'est principalement sur scène que Marillion prend sa pleine dimension, en créant une véritable communion avec ses fans. La foule chante les chansons qu’elle connaît par cœur, criant et applaudissant sans cesse. Le concert a duré environ 2 heures ; mais, vu la très riche discographie du groupe, on aurait préféré ne pas devoir se farcir une première partie (Carrie Tree, une jeune folkeuse anglophone) et que Marillion joue (encore) plus longtemps. Mais ne boudons pas notre plaisir, car cet excellent concert a été accordé par un groupe tellement attachant et dont la longévité est une véritable leçon de vie…

Pour voir la vidéo de "No One Can" sur Youtube, c’est ici  

Pour lire l'interview de Steve Hogarth, c’est  

Setlist

Gaza
Beautiful
You're Gone
Cover My Eyes (Pain and Heaven)
Slàinte Mhath
Sounds That Can't Be Made
Neverland
A Voice from the Past
Power
Three Minute Boy
Pour My Love
Real Tears for Sale
The Sky Above The Rain
The Great Escape
Encore:
No One Can
Sugar Mice

Organisation : A Gauche De La Lune

(Voir aussi notre section photos ici)

Marillion

L'album de la maturité

Marillion est un des secrets les mieux gardés au sein du petit monde de la musique pop/rock. Au cours des années 80, ce groupe britannique était le fer de lance du renouveau du rock progressif, notamment grâce à des hits tels que ‘Kayleigh’ ou ‘Incommunicado’. Suite au départ du chanteur, Fish, c'est Steve Hogarth qui a repris le rôle de leader. Le groupe connaitra ensuite des fortunes diverses, fondera son propre label et sera un des premiers  à développer un lien très étroit avec ses fans via internet, sans l'aide des majors et des médias ; et ce, bien avant Radiohead ou NIN. Aujourd'hui, la formation a vendu au total plus de 15 millions d'albums et a joué devant plus de 3 millions de spectateurs. Nous avons rencontré Steve Hogarth à l'occasion de la parution de leur dernier opus, ‘Sounds That Can't Be Made’.

Publié le 24 septembre prochain, ce long playing, sera le 17ème dans la longue carrière du combo. Il marque une nouvelle évolution en proposant, non pas un concept-album, mais plutôt une collection de chansons très fortes et autonomes allant de la ballade romantique (‘Poor My Love’) au tour de force progressif (NDR : ‘Gaza’, qui s’étale sur plus de 17’). L'album de la maturité? "Oui, je crois qu'on peut le dire", confirme Steve Hogarth. "Il représente bien la situation dans laquelle nous sommes dans notre voyage artistique. Ce disque recèle certaines compositions qui peuvent être considérées comme les meilleures depuis longtemps".

‘Power’ est notamment un morceau particulièrement... puissant, dont le refrain s'envole vers les sommets : une pure merveille. "Effectivement, le feedback de cette chanson est très positif. Nous aurions peut-être dû la développer un peu plus, lui donner plusieurs dimensions, mais elle tient bien la route." Elle pourrait devenir un excellent single? "Bien sûr, vu que qu’elle est comparativement assez courte (NDR: 6 minutes, quand même) mais franchement, je ne vois plus l'utilité de sortir des singles aujourd'hui."

‘Sounds That Can't Be Made’ a été essentiellement enregistré dans le studio de Marillion, Racket Studio ; mais aussi dans ceux de Peter Gabriel à Bath, le célèbre Real World. Ils y sont restés plus d’une semaine. "Elle a été très fertile pour nous", poursuit Steve. "C'est un endroit où l'on peut habiter, ce qui nous a procuré davantage de flexibilité et surtout, nous a rendu l'impression de former un 'gang', comme à nos débuts."

A la production, Michael Hunter, fidèle au groupe depuis 2007, a donné toute sa cohésion au nouveau CD. "Le rôle de Michael est essentiel", souligne Steve. "Il a compris l'esprit de Marillion, surtout l'importance que nous accordons à la scène et au contact avec le public." Serait-il devenu en quelque sorte le 6ème membre de la bande? "Oui, on peut le dire. Il est arrivé souvent qu'il assemble lui même des morceaux d'enregistrements pour nous proposer de nouvelles idées. C'est notamment grâce à lui que 'Gaza' a pu prendre forme et devenir ce morceau complexe de 17 minutes."

Une des chansons les plus accessibles est ‘Lucky Man’. L'occasion de demander à Steve Hogarth s'il se considère comme un 'homme heureux'? "Oh mon Dieu oui! Quiconque à ma place le serait. Je me considère comme extrêmement chanceux. Je connais de nombreux musiciens, excellents au demeurant, qui ne parviennent pas à nouer les deux bouts. Je suis au sein d’un groupe qui jouit d'une totale liberté. Nous ne subissons aucune pression pour sortir un single, d'être diffusé à la radio, etc. En plus, nous ne sommes même pas célèbres, ce qui est bien! Je peux me promener dans la rue sans être importuné par des gens stupides qui ne comprennent pas ma musique et me posent des questions sur ce qu'ils ont lu dans les journaux. J'ai une très belle vie. Nous ne sommes pas millionnaires mais nous vivons bien. J'ai une belle maison, une jolie petite amie, un magnifique petit garçon, une superbe famille. Je viens de faire ce put*** de bon album ; si je ne suis pas heureux, qui peut l'être?"

Marillion s'embarquera pour une tournée qui passera par l'Angleterre, l'Amérique du Sud, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, etc. Tiens, pas de concert en Belgique? "Ce n'est pas voulu", justifie Steve. "C'est juste que nous n'avons pas reçu de proposition qui puisse convenir. Nous aimons jouer en Belgique. Il y trop longtemps que nous ne nous y sommes pas produits. Je me souviens de ce concert à l'Ancienne Belgique en 1989 : il faisait tellement chaud que, quand j’ai quitté la scène, j'avais l'impression d'avoir traversé une rivière à la nage..."

L'appel est lancé aux promoteurs belges. Surtout à l'Ancienne Belgique et au Biebob, qui devraient se sentir visés. Grâce à son prog-rock intelligent, bien plus proche de Radiohead, Razorlight ou Muse que de Genesis, Marillion a tout pour séduire le public belge. En plus, c'est principalement en ‘live’ que la formation prend sa pleine dimension, en créant une véritable communion avec ses fans. En attendant, on ne manquera pas le concert au Splendid à Lille, qu’elle accordera le jeudi 15 novembre prochain!

Pour plus d'infos et pour commander le nouvel album: www.marillion.com

Preview du nouvel album: www.youtube.com/playlist?list=UUZRP6c2JuCCZhG4jMjYaYtw

 

Marillion

Best.Live

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Marillion est un groupe de néo-prog britannique. C’est également le fer de lance du renouveau du ‘rock progressif’. Fondé en 1978, il avait alors choisi pour patronyme ‘Silmarillion’, un terme emprunté à un roman de J.R.R. Tolkien, l'auteur du "Seigneur des Anneaux". Devenue célèbre dans les années 80 grâce, notamment, à des hits tels que "Kayleigh" ou "Incommunicado", la formation s'est séparée de son chanteur, l'immense Fish, qui ne supportait plus le rythme incessant des tournées ainsi que le diktat de la compagnie de disque EMI. Fish est alors remplacé par le chanteur des Europeans, Steve Hogarth. Le groupe connaîtra ensuite des fortunes diverses, fondera son propre label et sera un des premiers groupes à développer un lien très étroit avec ses fans via internet, sans l'aide des majors et des médias. Aujourd'hui, le groupe a enregistré 17 albums, qui se sont vendus au total à plus de 15 millions d'exemplaires et a joué devant plus de 3 millions de personnes.

Le double CD "Best.Live" constitue une véritable anthologie des prestations scéniques du combo, accordées entre 2003 et 2011. Y figurent trois extraits de "Clutching At Straws" (1987), de la période ‘Fish’. Paradoxal, mais plus de 20 ans après, ce sont encore les morceaux qui recueillent le plus de succès sur les planches. Il est vrai que Fish n'avait pas son pareil pour composer des mélodies accrocheuses et surtout des paroles à la fois poétiques et symboliques, pleine de puissance et de fureur. Steve Hogarth, c'est un tout autre style, plus dans la retenue, dans l'émotion pure, voire le déchirement. Mais attention, car ce chant plus intimiste monte très souvent en crescendo avant d’exploser dans un cri. Grâce à lui, Marillion a pu explorer de nouveaux territoires musicaux, plus proches du rock 'indie' ou de la pop intelligente. 

La plupart des chansons sont tirées des albums "Afraid Of Sunlight" (1995) et "Marbles" (2004). "Neverland", "This Strange Engines" et "The Invisible Man" sont de purs chefs-d'œuvre, qui se développent sur plus de 10 minutes et culminent en d'impressionnantes incantations de Steve Hogarth, soutenues par les solos de guitare très ‘Gilmouresques’ de Steve Rothery. Par ailleurs, nombre de compositions, telles que "Beautiful", "The Release" ou "King" font beaucoup plus penser à Radiohead, Razorlight ou Waterboys qu'à Genesis, Porcupine Tree et la mouvance ‘neo-prog’. On le constate, tout au long de "Best.Live", c'est principalement sur scène que Marillion prend sa pleine dimension, en créant une véritable communion avec ses fans. En résumé, ce double CD est une excellente introduction à la deuxième partie de la carrière du groupe et cerise sur le gâteau, il est enrichi d’un joli livret! On attend impatiemment le prochain opus studio de Marillion. Intitulé: "Sounds That Can't Be Made", il verra le jour le 17 septembre prochain. Ah oui, j'oubliais : ne les manquez pas ; ils se produisent au Splendid de Lille, le jeudi 15 novembre prochain!

 

Peter & The Lions

Postcards From Home

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Ambitieux projet que celui de Pierre Léonard. Le Liégeois publie sous le sobriquet de Peter & The Lions un double LP tout à fait surprenant. Une surprise en deux temps. Surprise d’abord de se laisser amadouer par ce « Summer’s Coming » introductif, après avoir glissé le disque dans la platine des aprioris plein la tête. Surprise ensuite de se laisser porter de bout en bout par les petites ritournelles pop du monsieur. Les cartes postales de Peter & the Lion ne sont pas toutes parfaites mais sur les 28 proposées, plus d’une font mouche. Et tout particulièrement sur le premier CD, privilégiant les compositions plutôt uptempo. La seconde partie de l’œuvre, consacrée aux ballades, est moins convaincante bien qu’elle recèle quelques jolies compositions. « Postcards From Home » est l’un de ces disques qui vous file la patate sans contrepartie.

 

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