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Monolithe Noir

La foi gelée de Monolithe Noir…

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À l’approche de la sortie de son quatrième elpee, Monolithe Noir dévoile un nouveau single, « La foi gelée », le titre maître. Ce morceau est accompagné d’un clip réalisé par Nico Peltier. Et il est disponible

À l’avant-garde d’une musique qui transcende les frontières entre instruments et machines et dépasse toute appartenance stylistique, Monolithe Noir poursuit son exploration créative avec un quatrième album, prévu pour le 27 février 2026 chez Humpty Dumpty Records. Il s’agit de leur œuvre la plus vocale, la plus immédiate et, bien qu’elle revienne à plusieurs reprises sur le thème du deuil, aussi la plus lumineuse.

Split Chain

Le flou nature de Split Chain…

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Split Chain sortira son premier album, « motionblur », le 11 juillet chez Epitaph Records.

Entre influences grunge, neo metal et shoegaze, le groupe originaire de Bristol fait sensation et cumule déjà des millions de streams, réunissant ainsi parmi ses fans aussi bien des nostalgiques des années 90 et du début des années 2000 que des amateurs de sonorités plus actuelles. Après le succès de singles comme « Future », le quintet passe à l'étape suivante en enregistrant « motionblur ». Nul doute donc : les onze titres de ce disque seront autant de déclarations envoûtantes d'une formation en pleine effervescence.

Split Chain fait simplement ce qu'il veut et ce dont il a besoin, affirme son frontman Bert Martinez-Cowles. Et derrière ce mantra, se trouve le parfait moyen de résumer la liberté créative et sans contrainte avec laquelle le band aborde son art, ainsi qu'un moyen d'essayer de donner un sens à la trajectoire fulgurante sur laquelle il s'est retrouvé.

Il y a ici des nuances de Deftones, de Superheaven ou de Narrowhead, des éclats de nu-metal et des ondulations shoegaze. La mélancolie et le grunge planent lourdement sur « motionblur » pendant que le metal crépite sous sa surface. L'ADN même de Split Chain réside dans cette coalescence savamment élaborée.

La vidéo de "bored. tired. torn" est à voir et couter

Split System

Vol II

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Split System est une autre formation australienne issue de Melbourne son le premier single –un éponyme– était paru en 2022. So premier LP s’intitule tout simplement "Vol. I".

Split system propose un punk qui revient aux sources, un peu à la manière des Undertones (beaucoup) mais aussi de Chris Bailey (un peu).

Energique, son punk intègre de nombreux éléments de street punk et de hardcore punk.

Le son est brut, musclé et implacable, porté par la voix usée de Briggs, et alimenté par des riffs de guitare accrocheurs, une ligne de basse rugissantes et une batterie dynamique.

"The Drain" extrait de "Vol II" est disponible sous forme de clip ici

Podcast # 30 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Little Albert

La bifurcation de Little Albert

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Little Albert, le projet solo blues/rock du guitariste de Messa, Alberto Piccolo, a partagé la vidéo officielle de « See My Love Coming Home », un titre extrait de son deuxième album, « The Road Not Taken », paru ce 23 mars.

Considéré comme l'un des meilleurs guitaristes de la scène rock moderne par la critique internationale, Alberto Piccolo, aka Little Albert, est connu pour son travail au sein du groupe italien de doom metal Messa, et reconnu par la critique musicale et le public comme un élément intéressant, sur la scène heavy mondiale. Il s'est produit sur des scènes majeures en Europe, au Royaume-Uni et en Amérique du Nord.

Enregistré au studio Outside Inside de Matteo Bordin (Mojomatics, Omega Squad), « The Road Not Taken » traite du concept de choix et se divise en une série de réflexions sur l'amour qui a mal tourné, les regrets et la santé mentale. L'histoire de cet opus se déroule dans le désert de l'Arizona, avec pour bande-son le blues rock des années 70 de Little Albert, inspirant et profondément émouvant. Soutenu par Alex Fernet à la basse et Diego Dal Bon à la batterie, ce nouvel elpee recèle également une reprise spéciale du célèbre classique du bluesman louisianais Little Walter, « Blue And Lonesome ». Enregistré sur bande analogique, « The Road Not Taken » dégage à la fois une authenticité vintage et une attitude résolument moderne.

La vidéo de « See My Love Coming Home » est disponible

 

 

Little Odetta

Un minimum de medocs pour Little Odetta

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Little Odetta a partagé un nouveau single intitulé "No Medication". C’est le premier extrait de son prochain long playing dont la sortie est prévue au printemps 2024.

Depuis la sortie de son premier opus éponyme, paru en novembre 2021, les rockeurs de Little Odetta (basés en IDF) en ont fait du chemin et parcouru des kilomètres !

Parmi les nombreux concerts accordés, le groupe a assuré, entre autres, la 1ère partie de Wishbone Ash à Chester (UK), sur l'invitation personnelle d’Andy Powell. Il a aussi joué avec Laura Cox à La Laiterie (Strasbourg) le 23/09 !

Découvrez dès à présent, le clip du single "No Medication"

 

 

Amor Blitz

Les hypermondes d’Amor Blitz

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Amor Blitz publiera son deuxième album, « Hypermondes », en octobre prochain. En attendant, il nous propose son premier single, « Gourous & Sorcières », dont le clip a été co-réalisé par Amor Blitz et Thomas Kurc.

Depuis ses débuts, Amor Blitz n’a de cesse de se créer un chemin à la Lewis Carroll de l’autre côté du miroir, là où l’imaginaire joue d’égal à égal avec le réel. Dans la lignée d’une pop mélodique et insatiable, incarnée aussi bien par Todd Rundgren qu’Unknown Mortal Orchestra, Emmanuel Szczygiel déploie des mélodies soignées, qu’il s’amuse à dynamiter au gré de ses envies. Portées par une écriture poétique et familière, les harmonies se révèlent joueuses.

Rien ne se perd, tout s’entremêle. Les envolées psychés s’enrichissent d’arrangements orchestraux (cordes, orgues électriques, flûtes), la voix s’enroule dans les guitares, la production baigne au sein d’un climat cinématographique. Là où le premier disque exprimait une urgence, une impatience résolument rock, Amor Blitz a évolué vers plus de lenteur et de magie.

L’énergie ne s’est pas perdue en route, mais a pris des chemins de traverse : plutôt que d’aller droit sur la falaise, les mélodies prennent le temps de se perdre, tantôt pour s’étoffer, tantôt pour s’effeuiller. L’écriture, comme la production, se sont étendues. L’espace sonore, plus riche, se permet dès lors d’accueillir plus de choses : le groove des batteries et des basses, influencées par la Motown ou Stax, ont gagné en présence.

Entre soft rock et pop psychédélique, « Hypermondes » s’autorise des artifices mais ne fait pas semblant. « Hypermondes » est une évasion aux quatre coins d’un monde qui n’est ni le nôtre, ni tout à fait un autre. En filant droit dans l’imaginaire, Emmanuel Szczygiel cherche le chemin le plus court vers le beau.

La vidéo de « Gourous & Sorcières » est disponible

 

Militarie Gun

Trop court et trop brouillon pour vraiment convaincre…

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Militarie Gun est une formation californienne (NDR : elle est établie à Los Angeles), née pendant la COVID. En fait, contraint de renoncer à la tournée de Regional Justice Center, son ancien groupe, Ian Shelton décide de monter un nouveau projet. Il croise quatre gars qui ne jurent, eux aussi, que par le punk, le powerpop et le rock alternatif. L’ascension est fulgurante. Et pour cause, ses Eps et singles débordent d’énergie émoustillante. Et puis, Shelton est un chanteur charismatique doté d’un bagage musical riche et varié. Enfin, deux ans à peine après sa formation, le quintet a été signé par Loma Vista Recordings (Iggy Pop, Rise Against The Machine, Denzel Curry, Soccer Mommy, Korn…) et a accompli plusieurs tournées mondiales. Il a récemment publié un album. Ou plutôt une compile enrichie de quatre nouvelles compos. Il se produisait donc ce lundi 15 mai 2023, à l’AB Club. Et il reviendra sur la plaine de Werchter, dans le cadre du festival, peu de temps après la sortie de son véritable premier elpee, « Life Under The Gun » …

Le combo gantois Wrong Man assure le supporting act de Militarie Gun pour trois dates de son périple européen. Il réunit Cedric Goetgebuer (Partisan, Blind To Faith, Raw Peace, Rise And Fall), Ivo Debrabandere (Partisan, Oathbreaker, Joshua's Song), Thijs Goethals (Partisan, Maudlin) et Bjorn Dossche (Chain Reaction, Rise And Fall). Il vient de graver un premier Ep qui s’intitule « Who are you ? ».

En 25 minutes, le quatuor va nous en mettre plein les oreilles. Son post hardcore énergique et sans compromis est alimenté par des riffs de sixcordes puissants, une section rythmique qui balaie tout sur son passage et un vocaliste dont le chant crié ou parfois hurlé est de bonne consistance.

Et on a droit à un second supporting act. Encore un groupe gantois, mais qui répond au patronyme de Feverchild. La plupart de ses membres sont issus de Minded Fury, Force et Animal Club. Il implique deux guitaristes, un chanteur, un bassiste et un batteur. A son actif deux singles et un Ep éponyme. Non seulement son emo post hardcore s’inspire des nineties, mais le combo parvient à se réapproprier le son, l'ambiance et l'esthétique de cette époque.

En général, une des guitares dispense des sonorités lourdes et l’autre, limpides. Mais elles peuvent également se révéler huileuses et sauvages. Accrocheuses, les mélodies sont soignées. Mélancoliques et entraînantes, les compos évoquent tour à tour le Jimmy Eat World originel, Mineral ou The Get Up Kids. Cinq bonnes minutes sont nécessaires avant de pénétrer dans son univers torturé, mais qui finalement communique de bonnes sensations. La section rythmique est solide et le bassiste joue parfois en slap/tap. Le chant est harmonieux et les harmonies se construisent par couches successives…

Petite parenthèse, le kit de drums restera le même pour les trois formations. L’une y ajoutera des cymbales et l’autre, une caisse claire.

Place ensuite à Military Gun. « Pressure Cooker », une cover de Dazy, ouvre les hostilités. Ian Shelton est flanqué de deux guitaristes, un préposé aux fûts et un bassiste. Ce dernier emprunte une ligne semblable à celle de Joe Lally (Fugazi). Ian dispense des paroles politiquement engagées sur un flow hip hop, mais placé du côté gauche du podium, votre serviteur peine à entendre sa voix. Faut dire que tribal et surpuissant, le drumming éclipse non seulement le chant, mais aussi les autres instruments, y compris les riffs incendiaires. A la demande de Shelton, l’ingé-son remonte le volume du microphone. Mais si le résultat est alors probant, pendant « Do faster » (NDR : c’est le cas de le dire, les 12 titres de la setlist ont été enfilés en 38’), c’est la basse qui lâche et le morceau s’achève sans cette gratte. Trop court et trop brouillon pour vraiment convaincre, même si les compos ont été dispensées avec un bel enthousiasme…

Setlit : "Pressure Cooker" (Dazy cover), "Let Me Be Normal"," Disposable Plastic Trash", "Very High", "Don't Pick Up The Phone"," Will Logic", "All Roads Lead To The Gun ", "Dislocate Me", "Do It Faster" (restarted due to the technical difficulties), "Fell On My Head", "Ain't No Flowers".

(Organisation : AB + Flood Floorshow)

 

Ilitch

White light

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Après s’être investi dans plusieurs projets, dont celui partagé en compagnie de Pepe Wismeer pour « L’écho des chiens dans le sang de la tactique / No re re night fever », Thierry Müller a décidé de relancer Ilitch, une formule qu’il n’avait plus explorée depuis 2010.

Ce concept album pose une réflexion sur le temps qui passe et ses conséquences sur le vieillissement de l’être humain ; et notamment sur la maladie et la perte de mémoire. Plusieurs plages et notamment « La danse des neurones », « Stop fighting in my brain », au cours de laquelle les envolées au mellotron frôlent l’univers du King Crimson circa « Islands », « Se souvenir d’oublier » et la « La danse des neurones », que tourmente des cuivres angoissants, abordent probablement ces sujets. Mais c’est surtout « White light » (NDR : il n’y manquait plus que la chaleur d’une même couleur, et on aurait pu évoquer le Velvet Underground !) qui concentre ces différentes thématiques…

On épinglera encore « You smoothing voice », une plage qui baigne au sein d’un climat semi-électronique, semi-symphonique et puis le curieux « Serenity bug ». La guitare électrique y est jouée en picking alors qu’à plusieurs reprises c’est vers « The end » des Doors que l’expression sonore s’enfonce…

Thierry se réserve la guitare, la basse ainsi que les claviers (synthés, piano, mellotron), sans oublier les quelques parties vocales et tout ce qui touche à l’électronique. Il est épaulé par un trompettiste, un saxophoniste, une violoniste et une harpiste.

Dans sa musique, on retrouve ses influences majeures : depuis Phillip Glass à Terry Riley, en passant par Robert Fripp et Brian Eno. Le spectre de ce dernier rôde ainsi tout au long de la ballade « Se souvenir d’oublier » ainsi que la première partie de « Avant que mon cercueil ne se transforme en citrouille », mais lorsque les oscillations électroniques s’effacent, c’est pour laisser la place à un rock instrumental bien rythmé…


 

Little Jimi

The Cantos

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Little Jimi est un trio bordelais qui ne compte pas de bassiste, mais deux guitaristes et un drummer. Et « The cantos » constitue son premier elpee. Un disque dont la musique baigne au sein d’une forme de psyché-doom-prog qui aurait pu naître d’une rencontre entre le Pink Floyd et Black Sabbath, au début des seventies. Passages accablants et atmosphériques se succédant tout en véhiculant des vocaux sinusoïdaux.

S’ouvrant sur un tempo blues/rock plutôt lent, « Indian rain » prend son envol cosmique, dans l’esprit de Hawkwind », après avoir opéré un crochet par la prog de King Crimson, avant de refermer la boucle, comme elle avait été amorcée… Enfin, morceau final « Last Cantos XXIV » synthétise parfaitement le style psyché-doom-prog de Little Jimi, embrassant même des connotations orientales chères à Syd Barrett…

Et pour que votre info soit complète sachez que ‘L’Odyssée d’Homère’ sert de fil conducteur à ce périple sonore…


 

Little Richard

Décès de Little Richard, pionnier du rock’n’roll…

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Né Richard Wayne Penniman, Little Richard est décédé ce samedi 9 mai 2020, des suites d’un cancer. Il avait fêté ses 87 ans en décembre dernier. Il a été un des rares musiciens du rock’n’roll de couleur noire (NDR : citons également Chuck Berry, Fats Domino et Bo Diddley), à avoir été reconnu par le grand public aux States. Ce pionnier a eu une existence particulièrement tourmentée et ambiguë. Son credo ? ‘Sex, drugs, alcool & rock’n’roll !’. Enfin, presque !

Il chante le gospel et apprend le piano à l’église. Faut dire que son grand-père et deux de de ses oncles prêchent chez les Adventistes du Septième Jour. Mais à 13 ans, son père, le soupçonnant d’homosexualité, le chasse de la maison familiale. Bien que recueilli par un foyer blanc, un an plus tard, il part sur les routes et commence à chanter au sein de différentes formations. Il a 20 ans quand son père, qui vend du whiskey de contrebande, est abattu devant son établissement. Il revient alors aider sa famille, en acceptent un emploi de plongeur dans un bar de la gare routière. Mais il a déjà rencontré du monde au sein du secteur musical, et un impresario le pousse à reprendre le collier, soit les tournées et les sessions d’enregistrement. Pas de quoi cependant soulever l’enthousiasme. Mais en 1956, alors qu’il est invité à enregistrer un album de blues, en fin de séance, il attaque « Tutti Frutti », un morceau qu’il a quasiment improvisé. Et c’est l’étincelle. Ce titre, sont les paroles sont au départ explicitement homosexuelles (NDR : il va devoir les modifier pour qu’il puisse être diffusé sur les ondes), va littéralement cartonner. Sa carrière est lancée. Elle devient même sulfureuse. Pas tellement à cause de son look (chemises excentriques, coiffure banane et fine moustache) mais des orgies qu’il organise dans les chambres d'hôtel. Les succès s’enchaînent: “Good Golly, Miss Molly”, “Long Tall Sally”, “Lucille”, "Rip It Up"…
Coup de tonnerre, en octobre 1957, alors qu’il est en tournée avec Gene Vincent, Eddie Cochran et Alice Lesley, Little Richard a une vision dans son sommeil : damné, il brûle dans les flammes de l’enfer. Il abandonne la musique et part suivre des cours de théologie, au bout duquel il décroche un diplôme de prêcheur baptiste. Son label tente d’étouffer l’affaire en publiant des titres enregistrés auparavant. Il se marie en 1959, devient révérend et ne chante plus que le gospel. Tout un temps, puisque poussé dans le dos par le secteur musical, il reprend le collier, d’abord anonymement, puis publiquement. En 1963, il se produit en supporting act des Rolling Stones qui reconnaissent alors l’artiste comme une influence majeure. Tout comme les Beatles. Même David Bowie avouera avoir été influencé par Little Richard. Sans oublier qu’il a été le modèle pour de nombreux chanteurs soul comme James Brown ou Otis Redding. Mais début des 70’s, il s’enfonce dans la drogue et l’alcool. En 1976, son frère décède, victime des mêmes excès. Il retourne alors à la foi chrétienne. Il reviendra cependant, encore à la musique, accordant même encore des shows dignes de sa réputation.  

Il a progressivement commencé à se faire plus rare à partir des nineties. Son dernier concert en Europe date de 2005, sa dernière scène de 2014…

RIP

 

My Little Cheap Dictaphone (MLCD)

Plein les tympans...

Les soirées rock made in Namur sont toujours de qualité : c'est que la scène locale est soutenue par quantités d'associations actives et passionnées, telles le Bear Rock, pour n'en citer qu'une. Ce soir pourtant, pas de Namurois au programme. Peu importe... A Namur, on n'est pas chauvin : pour preuve avec le groupe d'ouverture, My Little Cheap Dictaphone, des Liégeois abonnés à la Soundstation. Ou plutôt un : Redboy, grand échalas fan des Pixies et de Grease qui nous a livré l'année dernière un premier album fantastique (« Music Drama »). Ca commence dur avec un « Am I Your Friend ? » survolté, qui met déjà tout le monde d'accord. Le reste passera comme une lettre à la poste, et le public d'être impressionné par ce Liégeois pro du manche, adepte d'un rock classe et sans fioritures. Chapeau Redboy : même les coincés au bar en auront pris plein les tympans, de quoi les détourner un peu de leur verre de blanche de Namur (cela dit onctueuse et goulue).

Ensuite, pause acoustique avec Erlend Oye, échappé de Kings of Convenience, duo norvégien venu sauver les guitares en bois de la casse  il y a deux ans, avec un album digne de ces bons vieux Simon & Garfunkel. « The New Acoustic Movement », qu'ils appelaient ça : sans doute qu'Erlend en a eu marre de se voir traité de bobo fleur bleue fan de Nick Drake, puisque son premier album, « Unrest », sent plutôt l'électro tendance de chez Colette (beats eighties, prod' béton et copinage hyper hype). N'empêche que ce soir, le Norvégien n'aura pas failli à sa vieille réputation, en entonnant ses morceaux seul à la guitare, sans claviers ni séquenceurs. Comme quoi, une chanson bien écrite peut se jouer aussi bien avec des BPMs que sans tambours ni trompettes (ou bien c'est le contraire ?). Et avec un petit « Remind Me » ressorti du répertoire de ses amis Royksopp (la voix, c'est lui), les buveurs de bière, un peu bruyants, l'auront au moins écouté trois minutes. Chapeau Erlend : t'as même fait craquer les minettes avec ta grosse moustache et tes lunettes ringardes. A quand le look Erlend branché dans les soirées aware de Bruxelles et d'ailleurs ?

Enfin, les Allemands de Schneider TM, plutôt pénibles dans une version pouet-pouet de leur électro pourtant pas si mauvaise, auront (presque) clôturé la soirée. C'est qu'Erlend, trendy jusqu'au bout, nous aura fait le coup du DJ-pousse disques à l'éclectisme sans failles : Michael Jackson, Wham !, Felix Da Housecat et j'en passe. Ce type est trop cool, y a pas de doute. Dommage qu'il n'aura mixé (sic) qu'une demi-heure, parce que c'était drôle, surtout de le voir danser sur Jimmy Sommerville. Quelle teuf !

The Little Red Rooster Blues Band

Lock up the liquor

Écrit par

Fondé en 1988, The Little Red Rooster Blues Band nous vient de Philadelphie. Son premier LP, "Homecooked blues", remonte à 1989. Et son dernier, "Highjinx and Tomfoolery", est paru en 2016. "Lock up the liquor" constitue son huitième long playing. Il est sorti dans le cadre du 30ème anniversaire de la formation. Ce quatuor implique le chanteur/guitariste Kevin McCall, l'harmoniciste Dave Holtzman, le bassiste Jeff Michael et le batteur Bob Holden. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours du claviériste Anthony Geraci, pour sept plages. Le band signe l’intégralité de son répertoire. Il reconnaît pour influences majeures, le blues issu de Chicago, du Texas, de la Louisiane et le West Coast Jump.

Shuffle instrumental, "Pitchin' woo" ouvre la plaque, une piste cool au cours de laquelle harmo et piano sont bien mis en exergue. Bob Holden imprime de ses percus, le r&b néo-orléanais "Drinkin' wine on my dime". Autre instru, "Cotton mouth" constitue le sommet de l’opus, une compo qui rend hommage au légendaire harmoniciste, James Cotton ; et Dave Holtzman se révèle digne du challenge. Dans le même registre, ce dernier brille encore et toujours sur le Chicago Westside, "Livin' at Jerry's House". Les interventions d’Anthony aux ivoires sont bouleversantes, hantées par Pinetop Perkins (Muddy Waters Band) même, tout au long de "Nothin' left between us", un blues lent qui baigne dans le Chicago Southside cher à Muddy Waters. Blues lent, "4 o'clock in the morning" bénéficie du concours du chanteur/harmoniciste Steve Guyger, un spécialiste du genre. Le titre maître clôt ce long playing. Un jump blues saignant caractérisé par la rencontre percutante entre le piano boogie d'Anthony et les cordes de Kevin. Bien que de toute bonne facture, les morceaux de cet album prennent une toute autre dimension, lorsque Geraci est de la partie…

 

Little Boys Blue

Hard Blue Space

Écrit par

Little Boys Blue a choisi pour port d’attache, Jackson, une ville sise dans le Tennessee, le long de la A40, à mi-chemin entre Memphis et Nashville. La formation compte plus de 20 ans d’existence et constitue un véritable déjà trait d'union entre les deux grandes cités du Tennessee. Memphis pour le blues et le rockabilly ainsi que Nashville pour la country. Publié en 2016, le précédent opus, "Tennissippi", avait littéralement enchanté la critique.

Le quintet implique le chanteur/harmoniciste JD Taylor, le bassiste Dave Mallard, le batteur Mark Brooks ainsi que les guitaristes, Alex Taylor et John Holiday, alias Kid Memphis. Ce dernier vient de débarquer dans le line up. Agé de 46 balais, cet enfant de Memphis est à la fois musicien et acteur. Il avait ainsi interprété le rôle de Carl Perkins dans le film consacré à Johnny Cash, ‘Walk the line’. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées à Jackson et Memphis. Dix titres originaux ont été mis en boîte à l’aide de quelques amis, dont les gratteurs, Andrew White, Brad Webb et Wes Hensley, ainsi que le claviériste Dave Thomas.

Dès le titre d'ouverture, "Six foot down", on est emporté par les envols majestueux des cordes, mais également les interventions de l’harmo, dispensées face à l'orgue Hammond. Celles d’Alex sont à la fois fragiles, chargées de feeling et brillantes tout au long du Memphis blues, "Loving kind", avant qu’il ne soit rejoint par Kid. "Blues bug" et "If the blues start calling" sont deux excellents blues lents. Le premier est tapissé par un orgue chaleureux. Le second, se singularise par des accès de slide dégoulinantes. Ballade soul bien construite, "Got a mind of your own" met en exergue l’harmonica. Shuffle entraînant, "Going back to Memphis" clôt ce superbe long playing…

Monolithe

Nebula Septem

Écrit par

C’est sous une pluie froide et drue de riffs que Monolithe ouvre le rideau d’un chancre désolé de quarante-neuf minutes, précisément. Un septième album studio réunissant sept morceaux de sept minutes chacun. Monolithe semble également monomaniaque. Si la symbolique du chiffre six, dans le paysage métallique, se rapporte fréquemment à l’occulte et au maléfique, ce nouvel opus en prolonge la mystique : après le passage du Malin, il ne reste plus que des ruines. Ce paysage de post-dévastation, c’est ce que vous propose de contempler ce sextuor français sous l’aura froide et lente du Doom. Chaque titre est en soi une construction complexe, où les motifs musicaux se répètent à l’envi, telle une spirale infernale, en mutant graduellement vers une forme nouvelle. Le tout, arraché laborieusement à coups de voix grave d’outre-tombe. Quelques riffs heavy sur « Coil Shaped Volutions » permettent d’entrevoir une brèche lumineuse avant de replonger, de plus belle, six pieds sous terre. Une contemplation majestueuse du néant. Le genre de long playing qui nécessite de prendre le temps, de se laisser emporter tout en restant attentif, d’avoir le plaisir de vivre et de revivre une exploration hors de soi. Monolithe trace des balises, certaines sont confortables, d’autres demandent d'abandonner une part de soi au seuil de la conscience. « Delta Scuti » en est à ce niveau exemplatif : il emporte l’auditeur·trice au cours du morceau dans un vortex de sonorités anxiogènes, nourri à coups de boucles électroniques brèves mais totalement inattendues et déstabilisantes. Une parenthèse temporaire avant de poursuivre la sombre exploration. Une pérégrination qui peut même à certains moments prendre la forme d’un rite initiatique, tel qu’à la fin d’« Engineering The Rip », pour enfin renaître sous une nouvelle mouture évoluée et clore cette petite heure expérimentale par une voie électronique, que la mémoire collective pourrait raccrocher à un univers astéroïdal, une envolée finale positive au-delà de la gravité après avoir ressenti et vécu différentes phases de spleen, de doutes et de retours à soi.

 

Mary's Little Lamb

Elixir for the Drifter

Écrit par

Ce quintet belge pratique une forme de country alternative, autrement dit, de l’americana. Depuis 2015, le line up réunit le chanteur/guitariste/banjoïste Bart Hendrickxs, le contrebassiste Bert Cuypers, le batteur Mike Van Daele, ainsi que les trompettistes Kevin Van Hoof et Stijn Cumps. Son premier elpee, "Fortune and Chance", est paru en 2014. "Elixir for the Drifter" constitue donc son second.

Le disque s’ouvre par une sorte de B.O. pour western spaghetti à la ‘Enio Morricone’, une piste entretenue par la guitare baritone légèrement réverbérée, les deux cuivres et un quatuor à cordes. Bien que baignant dans une même atmosphère, tout en se distinguant par sa mélodie accrocheuse, "Hold your horses" intègre la voix grave et austère de Bart. Vraiment taillée pour cette musique roots, elle ne s’emballe jamais. Il chante ensuite, d’une manière aussi posée, "Hay", tout en s’accompagnant au banjo. Une gratte amorce "Blending in", une ballade dont le tempo est parfaitement balisé par la contrebasse, alors que le vibraphone de Mike Van Daele et les deux trompettes tirent leur épingle du jeu. Superbe ! "Incantation" change de cap. Direction le Mexique. Le climat latin est chaleureux. Percus, bongos et cordes acoustiques plantent le décor. La trompette de Kevin s’y immisce. Amplifiée, la guitare s’autorise de jolies envolées. "Saguaro" est une superbe ballade empreinte d’une profonde mélancolie. Soutenus par les trompettes aux sonorités magiques, Bart et Kathleen Vandenhoudt entament un dialogue vocal. "El Fuego" opère un retour dans l’ambiance latino. Et "Grind", western. Au galop, les chevaux empruntent des chemins poussiéreux. Et c’est la guitare baritone ainsi que le quatuor de cordes qui installent cet environnement cinématographique… Une seule reprise : "Alone and forsaken". Une somptueuse ballade country & western signée Hank Williams. Les arrangements sont particulièrement réussis. Soulignée par le chœur et les trompettes, la voix est grave et solennelle. Interprété en quartet, "Stray arrow" constitue un autre moment fort du long playing. On pénètre en territoire indien. Les percus sont lancinantes. Bart se sert d’un mellotron. Mais surtout, il se libère aux cordes électriques. Alors que l’expression sonore invite un ocarina et un dobro. Dobro qui alimente, tout comme le banjo, "Tell me how", un country blues de bonne facture. Avant qu’un trombone ne vienne rejoindre les autres cuivres pour se transformer en brass band qu’on imagine déambuler dans les rues de la Nouvelle Orléans. Et en finale, la voix de Bart est épaulée par les interventions du violoncelle de Koen Berger, tout au long du tendre "Forever gone"…

 

Little Hurricane

Un duo à revoir de toute urgence !

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Ce soir, à l’AB, en mode Box, la salle est comble pour accueillir Spinvis ; mais votre serviteur a choisi le Club, endroit plus cosy, où va se produire Little Hurricane, un duo issu de San Diego, en Californie, qui réunit la drummeuse Celeste ‘C.C.’ Spina et le chanteur/guitariste Anthony ‘Tone’ Catalano. Il vient de sortir son nouvel elpee, « Same Sun Same Moon », en avril dernier. Il s’agit de son quatrième, si on compte celui consacré à des covers, le superbe « Stay Classy », publié en 2013. Le style de cette formation ? Un mélange de blues du Delta et de rock lo-fi.

Pas de supporting act. La salle est bien achalandée. Les spectateurs les plus bavards sont agglutinés au bar. A 20h30 précises, le couple monte sur l’estrade. Anthony est coiffé d’un chapeau (probablement un Stetson !) Plutôt sexy, C.C. porte une robe blanche en dentelle, assez courte. Elle laisse apparaître un superbe tatouage sur le bras gauche. Et elle est particulièrement jolie, ce qui ne gâte rien ! Elle ôte ses chaussures en cuir, pour libérer ses petits petons afin de manœuvrer plus facilement les pédales de ses fûts.

« Superblues » ouvre le set. Plutôt percutant, le morceau évoque instantanément Jack et Meg des White Stripes, même si le spectre de Black Box Revelation se met déjà à planer. « Summer Air » nous plonge dans les eaux du Mississipi. La voix de Tone est rocailleuse. Ses tonalités de cordes sont métalliques et frémissantes. Elles virent au surf sur « Sheep In Wolves Clothes », un morceau qui semble déchiré entre americana et bluegrass. Non seulement, la version du « Bad Moon Rising » de Creedence Clearwater Revival est méconnaissable, mais elle est surtout originale. C.C. rencontre un petit problème technique. Et lorsqu’il est réglé, le tandem attaque « Mt Señorita », une compo aux accents chicanos, qui figure sur le dernier LP. Plus groovy, « Isn’t it great » incite à bouger le popotin. Place ensuite à « Bad Business », un hit au refrain entêtant, qui a cartonné sur YouTube. Mr Calatano adapte le « God's Gonna Cut You Down » de Johnny Cash, en mode lap steel guitar, dos de l’instrument sur un fly case. Digne de Ben Harper ! Lors de « March Of The Living », un instrumental de plus ou moins deux minutes, les musicos en profitent pour étaler tout leur registre technique.

Après le très rock « Trouble Ahead », « Natural Blues » baigne au sein d’un climat paisible. C’est une compo signée Moby.

C.C. se réserve le micro pour « OTL ». Sa voix est limpide. Elle devient de plus en plus croquante/craquante (NDR : ne biffez pas la mention utile !) Lorsque Little Hurricane aborde « Boiling Water », la solution sonore entre en ébullition. Et quand il nous quitte, on a des « Crocodile Tears » dans les yeux. Mais les alligators ont encore faim et aimeraient dévorer davantage de morceaux. Qui leur seront servis, notamment, à travers une cover magique et endiablée du blues/funk « Ain’t no sunshine » de Bill Withers. Un duo à revoir de toute urgence !  

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(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

Little Steve

Another man

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Little Steve & The Big Beat est un groupe issu du Pays-Bas. Fondé en 2013, il est drivé par le chanteur/guitariste Steven van der Nat. Son premier Ep est paru l’année de sa formation ; et "Another man" constitue son premier elpee. Au sein du line up figurent également le bassiste Bird Stevens, le batteur Jody van Ooijen, ainsi que les saxophonistes Martijn van Toor (ténor) et Evert Hoedt (baryton). Ce dernier milite également chez Electrophonics. Homogène et percuta nt, le r&b pratiqué par le combo est particulièrement dynamique. Destiné à se déhancher, il met bien en exergue la voix et la guitare du leader ainsi que les deux cuivres. Une recette particulièrement efficace. 

La guitare s’impose dès "Just fooling around". Talonné par les deux saxophones, Little Steve assure les vocaux. Et ils collent à l’expression sonore. En outre, ses interventions sont particulièrement subtiles, démontrant qu’il a bien assimilé tous les codes du style. La production n’est pas tarabiscotée ; ce qui n’empêche pas les différents solistes de tirer leur épingle du jeu. "Reasin’ without pleasin’" brille par son efficience. Soutenu par le piano de Bas Jansse, "Dangerous king" baigne dans le Memphis blues. Le spectre de BB King y plane. A cause de l’envol des cordes qui, face à une section rythmique libérée, est d’une rare efficacité. Les deux saxophonistes excellent aussi bien en arrière qu’en avant-plan. Ainsi le ténor de Van Toor brille tant sur "Things" que "Change my ways". "Another man" est une superbe ballade à coloration Stax au cours de laquelle Steve s’autorise une sortie tout en feeling. Et de cet Ep, on épinglera encore l’instrumental "Yes you can" et la reprise très jump du "Just one more time" d’Ike Turner. Un peu court mais épatant !

 

Little Hook

Little Hook

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Little Hook est né en 2016. Un groupe belge qui s’inspire du blues primaire des collines du Nord Mississippi. Mais les musicos sont loin d’être des novices. Ex-Electric Kings, Big Dave Reniers est ainsi souvent considéré comme le meilleur harmoniciste de blues belge. Aux drums, Steve Wouters a également écumé les scènes du royaume ; et tout particulièrement au sein de Last Call. Le line up est complété par deux gratteurs. Tout d’abord Bart Mulders, à la slide. C’est le néophyte. Et puis le Liégeois Renaud Lesire. C’est le guitariste et le principal vocaliste. Et la tête pensante aussi. C’est d’ailleurs lui qui signe l’essentiel du répertoire.

Instrumental, "Hillburner" ouvre l’elpee. Un morceau impressionnant au cours duquel la basse occupe la place centrale. Steve imprime le tempo de cette piste qui épouse parfaitement l’esprit du Hill Country du Nord Mississippi. Country/blues amplifié, "Drowning in my own tears" est exécuté à l’ancienne. Décharnée, la voix est épaulée par l’harmonica de Big Dave. Ce dernier se dédouble, impose une rythmique obsessionnelle alors que les percussions basiques et la slide se fondent dans l’ensemble. Amorcé par des sonorités synthétiques, "Hooked" vire subtilement au boogie, réminiscent du célèbre « On the road again » de Canned Heat. La voix de Big Dave est autoritaire. Et puissante, la basse de Renaud constitue une assise solide. La slide libère des tonalités particulièrement métalliques. Quant à l’intervention à l’harmo, elle semble hantée à la fois par les regrettés Alan Wilson et Bob Hite. Impressionnant ! "Movin’ on" constitue la plage la plus longue. Elle macère d’abord au sein d’une atmosphère paisible. Puis se nourrit de grattes subtilement psychédéliques. Mais est également parcourue par une voix attachante et bien intégrée. Passé ce calme relatif, Little Hook élève progressivement le rythme. Grâce à l’harmonica, les percussions et, enfin, la guitare, qui prend alors le pouvoir. Excellent! Instrumental country/blues, "Woodpicker" nous réserve un dialogue entre l’harmonica et le bottleneck. "Tell me baby" nous entraîne au cœur du Hill Country. Les drums de Steve Wouters trament cette piste. La voix de Renaud est lancinante. Big Dave imprime un riff stonien sur son harmonica et ses interventions finissent par devenir envoûtantes. Des percussions primaires introduisent "Mourir debout", un titre lent et dépouillé, interprété dans la langue de Molière. La gratte est acoustique. Les arrangements de cordes et les impressions sonores allumées tapissent l’ensemble, en arrière-plan. Delta/country/blues plutôt classique, "Tomorrow night" subit une attaque conjointe de la slide et de l’harmonica. Les vocaux font bloc. Et le tout se transforme en transe hypnotique. Autre instrumental, "Back at the Shack" nous transporte dans le Sud profond. La slide et les sifflements de Big Dave entrent en dialogue. Et les chœurs semblent avoir respiré l’air des rives du grand fleuve. "Sea" nous charrie jusque la mer, un trip mélodique que Steve Wouters impose de ses percussions syncopées. La voix est empreinte de sérénité. Puis une flûte (NDR : ou un pipeau) s’immisce dans le décor, évoquant les origines du blues, et tout particulièrement les fameux fife’n’drums bands. A suivre de très près !

 

Little Charlie

Skronky Tonk

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Californien, Charlie Baty est âgé de 63 ans. C’est en compagnie du chanteur/harmoniciste Rick Estrin que ce guitariste avait fondé Little Charlie & the Nightcats, en 1976. Un combo qui était devenu rapidement populaire. Baty y a sévi jusqu’en 2008. Il a ainsi participé à la confection des dix premiers elpees, tous publiés sur le label Alligator. Il décide alors de prendre une pause. Chris ‘Kid’ Andersen prend alors le relais, au sein d’un bakcing group que Rick Estrin baptise alors de The Nightcats.

En 2016, Charlie refait surface. En compagnie d’un nouveau groupe : l’Organ Grinder Swing. Et le style proposé est radicalement différent. Plus question de blues. Que ce soit aux accents empruntés à Chicago ou à la West Coast. Place au jazz. Le manouche. Celui popularisé par Django Reinhardt ; mais en y incorporant de l’orgue. On comprend mieux ainsi le patronyme choisi pour son nouveau combo. En fait l’Organ Grinder Swing se résume à deux musiciens : Lorenzo Farrell à l’orgue Hammond et J. Hansen à la batterie ainsi qu’aux percussions. En fait, Charlie réalise enfin son rêve en enregistrant un disque de jazz. Et il l’a réalisé en compagnie de la section rythmique des Nightcats ; en l’occurrence le bassiste Lorenzo Farrell, pour la circonstance essentiellement préposé aux claviers, et le drummer J Hansen. Influencé par Gene Krupa et Buddy Rich, ce dernier affiche une excellente technique. Le trio s’est enfermé aux studios Greaseland de Kid Andersen, à San José, pour concocter cet LP. Un disque recelant dix reprises et trois titres signés Baty!

C’est d’ailleurs son "Skronky Tonk" qui ouvre la plaque. Charlie étale toute sa technique et surtout son talent dans le registre jazz, alors que Farrell brille sur l’orgue. Manifestement, il a bien assimilé le Memphis Swing de Jimmy Smith et de Booker T. Vieux standard du jazz, "How high the moon" date de 1940. Lionel Hampton, Ella Fitzgerald, Benny Goodman et bien d’autres l’ont interprété. Baty se montre particulièrement à l’aise tout au long de cette version technique et sophistiquée. J Hansen ne l’est pas moins derrière ses fûts. Signé Jacob Bittencourt (NDR : c’est un compositeur brésilien), "Receita de Samba" véhicule les accents exotiques d’une samba. Tout comme "Um a Zero". "Nuages" constitue certainement un des morceaux les plus remarquables de Django Reinhardt. Tout au long de cette cover respectueuse et chargée de feeling, on y retrouve cette douceur naturelle. "Pennies from heaven" est un autre traditionnel issu des années 30. Bing Crosby, Billie Holiday, mais aussi Frank Sinatra, l’avaient inclus dans leur répertoire. Impeccablement adapté, ce morceau de jazz est manifestement contaminé par le blues. Baty s’autorise un nouvel exercice de style sur son "Gerontology". Fondateur du Modern Jazz Quartet, John Lewis était un pianiste de jazz. Cet Américain avait composé "Django", en hommage à son maître. Charlie nous en accorde une lecture lumineuse à la six cordes. Charlie Christian est un autre célèbre guitariste de jazz ; l’un des tous premiers gratteurs à avoir amplifié son instrument. La cover de son "Swing to Bop"est de toute bonne facture. Tout comme "Broadway", un autre classique, qui figurait au répertoire de Count Basie et son orchestre. "Cobalt Blues" constitue certainement la plage la plus blues de l’elpee. Signée Baty, elle permet à Farrell de tirer son épingle du jeu. Et on épinglera encore deux autres reprises ; celle du célèbre "Misty", pour lequel le pianiste Erroll Garner avait décroché un succès, et du "Flyin’ home" de Benny Goodman. Excellent dans le style !

 

Little Scream

Cult following

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Laurel Sprengelmeyer est originaire de l’Iowa. Elle a grandi au sein d’une famille de témoins de Jéhovah, avant de prendre ses distances, pour embrasser une carrière artistique, que ce soit à travers la peinture ou la musique. Elle choisit alors pour patronyme de son projet, Little Scream. Aujourd’hui, elle réside à Montréal. Ce qui lui permet de rencontrer le petit mais particulièrement productif univers musical montréalais. Elle fait notamment la connaissance de Richard Reed Parry (membre d’Arcade Fire) dont elle devient la compagne. C’est notamment lui qui produira son premier album, paru en 2011, sur Secretly Canadian.

Cinq ans plus tard, Laurel Sprengelmeyer nous propose son nouvel opus ; un disque publié sur le label Merge. Lors des sessions d’enregistrement de ce « Cult Following », elle a reçu le concours de la fine fleur de l’indie-pop. Outre son compagnon Sharon Van Etten, elle a aussi bénéficié de la participation des frangins Dressner (The National), d’Owen Pallett ainsi que de membres du Silver Mount Zion. Mais également de Sufjan Stevens. Pour une seule plage, « Goodbye Every Body ». Mais son empreinte est marquante tout au long de ce titre atmosphérique, d’une durée de 30 secondes, qui clôt l’elpee. Et encore Kip Malone (TV On The Radio). Il est venu poser sa voix sur l’excellent « The Kissing ». Cette excellente plage de folk/rock constitue également le premier single extrait de cet LP.

Baignant au sein d’un folk/pop/rock réminiscent d’Arcade Fire, l’instrumentation est particulièrement riche. Et tient parfaitement la route. « Cult following » alterne morceaux entraînants (à l’instar du disco/rock « Lova as a Weapon ») et pistes plus paisibles. Et si Sprengelmeyer dérape parfois dans le lyrisme, c’est sans conséquence. Faut dire que sa voix hantée colle parfaitement à ces véritables pépites. Chaque morceau nous pousse au cœur d’un univers spécifique, auxquels on finit tôt ou tard par se laisser emporter…

A découvrir d’urgence !

 

Little Mike

How long ?

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Little Mike Markowitz est un chanteur/harmoniciste qui jouit d’une solide notoriété dans l’univers du blues. Natif du Queens, il passe aujourd’hui l'essentiel de son temps en Floride. Depuis sa tendre jeunesse, c’et un grand fan de Muddy Waters, John Lee Hooker et Paul Butterfield. En 1978, il monte sa formation, les Tornadoes. Au fil tu temps, elle aura l’opportunité d’accompagner des stars du Chicago Blues, comme Jimmy Rogers, Pinetop Perkins ou Hubert Sumlin. Le premier elpee de Little Mike and the Tornadoes, "Heart attack", remonte à 1990 ; il est paru sur le label  Blind Pig. En 2015, elle publie trois elpees : "Live at St Augustine Bluzfest", "Friday night", qui bénéficie du concours de chanteuse noire, Zora Young, et "Genuine legends", auquel participent les légendes Pinetop Perkins et Jimmy Rogers. Ce nouvel opus est exclusivement attribué à Little Mike. Réunissant 12 plages, dont 4 reprises, il a été enregistré au sein du studio Electric Lady, à New York. La plupart des morceaux sont instrumentaux ; ce qui n’est guère étonnant vu le talent des différents instrumentistes.

"Cotton Mouth" rend hommage à un souffleur mythique, James Cotton. Et Little Mike y étale toute sa virtuosité à l’harmo. Plus cool, "Moanin" est une compo signée par Bobby Timmons, un pianiste et vibraphoniste de jazz qui a milité chez les Jazz Messengers d’Art Blakey! Une autre cover du "Slam hammer" de Johnny Young, un des rares grands mandolinistes du blues. Et l’adaptation est dynamique, nerveuse même. Particulièrement lent, "Sam’s blues" est chargé de feeling. Mike double au piano. Parmi les plages impliquant le chant, on épinglera deux reprises. Tout d’abord le "How long" de JB Lenoir. Mike siège derrière le piano alors que Troy Nahumko distille de très belles phrases sur ses cordes. Derrière son micro, le leader est très expressif ; mais c’est surtout Troy qui tire son épingle du jeu. Classique d’Eddie Taylor, "Bad boy" est amorcé par les ivoires. Mike double à l’harmonica et au chant et sa voix semble dévorée par sa passion. A la gratte, que ce soit Troy Nahumko ou John Edelman, le résultat est tout à fait emballant! Endiablée, "Smokin’" est une piste imprimée sur le rythme du chemin de fer. Notre petit Mike s’éclate sur son harmonica ; et ses véritables coups de griffe évoquent un Rick Estrin au sein de ses Nightcats. La claque ! Vivifiant, "When my baby left me" est un Chicago blues classique, caractérisé par une excellente interactivité entre l’harmo et la guitare. La six cordes semble particulièrement inspirée tout au long du funky blues "Whatcha’ gonna do". Longue plage, "Now what Mama planned" est bien plus versatile. D’abord, elle baigne au sein d’une atmosphère dépouillée. On pénètre dans le Sud profond, et plus que probablement la Louisiane. Mais d’abord flemmarde, cette piste glisse progressivement vers un funk lustré. Très rythmique, la gratte s’évade ; alors que créatif, l’harmo s’aventure… La voix est nonchalante tout au long du Chicago shuffle "Tryna' find my baby". Mike s’y révèle une fois de plus maître du style et surtout de son instrument. Minimaliste, "Sittin' here baby" est un blues lent remarquable. Chargée d’une émotion intense, la voix est fragile. Elle est, en outre, talonnée par des interventions d’harmonica décharnées. Les notes alignées sont réduites au strict minimum, afin d’intensifier le feeling.

 

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