Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Lone Assembly

L’incertitude de Lone Assembly

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Laissant au fil des titres des puits de lumière pop transpercer par-ci par-là l’obscurité gothique de leur répertoire, Lone Assembly dévoile aujourd’hui un single qui ne laisse cette fois que peu passer de rayons : « My Life’s Solid » est un morceau noir, où la puissance de leur new-wave/synth-pop est plus impressionnante que jamais.

 Le groupe fait une fois plus preuve d’une profonde humanité en passant sous la loupe des thèmes difficiles. « My Life’s Solid, c’est le vertige de voir ses certitudes se fissurer. Une épopée sombre et viscérale sur la perte de repère et le besoin d’être vu dans une atmosphère introspective et claustrophobe. Le refrain éclate comme une lucidité brutale : ce que l’on croyait ‘solide’ ne l’est pas. » explique Raphaël Bressler, le chanteur du band.

Le quatuor, composé également de Glenn Le Meur (guitare), Jim Bodeman (basse) et Romain Segu (batterie) donne ainsi suite à une série de singles parus plus tôt cette année, et des concerts joués à travers l’Europe.

La ‘lyric’ vidéo de « My life’s solid » est disponible ici

 

 

Lone Justice

Lone Justice s’auto-glorifie…

Lone Justice publie un nouveau titre, « Skull and Cross Bones », extrait de son nouvel album « Viva Lone Justice », le premier depuis près de 40 ans. On y retrouve par la magie de la technologie, les membres originaux Maria McKee, Ryan Hedgecock, Marvin Etzioni et le regretté Don Heffington. Cet elpee sortira le 25 octobre 2024.

Marvin Etzioni commente la session qui a abouti à « Skull and Cross Bones » : ‘Maria McKee a déterré la chanson et a commencé à la chanter pendant la session (heureusement, la bande tournait). La production analogique correspond bien à l'approche authentique de la performance qui vous donnera des frissons. L'album implique Etzioni à la mandoline, une rare apparition de Benmont Tench (Tom Petty and the Heartbreakers) à la basse acoustique, Tammy Rogers au violon et le grand Don Heffington qui tapait sur tout ce qui se trouvait devant lui, y compris sur le plancher en bois du salon.’

Sur le morceau d'ouverture, « You Possess Me », McKee est au premier plan, soutenue uniquement par un quatuor de cordes et de mandoline. Sa voix est époustouflante.

La deuxième face nous emmène dans un enregistrement live inédit du classique country « Nothing Can Stop My Loving You » de Roger Miller/George Jones, avec l'imparable Jo-El Sonnier à l'accordéon.

L'énergie se poursuit par le rockabilly « Skull and Crossbone ». L'opus s’achève en compagnie de Benmont Tench (de Tom Petty and The Heartbreakers) qui mène la charge sur l'imprévisible version piano barrelhouse de « Sister Anne ».

McKee, Hedgecock et Etzioni sont tous d'accord sur un point : il s'agit de leur meilleur travail à ce jour. Il y a quarante ans, Lone Justice brûlait les planches des clubs de Los Angeles. Laissez « Viva Lone Justice » toucher votre cœur et brûler également votre grange !

« Skull and Cross Bones » est en écoute ici

 

 

Lone Seagull

By my side # 16 (single)

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Originaire de Sydney, Peter Bridle dirige deux projet solos, Lakes Region et Lone Seagull (Trad : Mouette solitaire). Et à ses heures perdues (?!?!?), il milite également chez le groupe de shoegaze, Trillion, comme guitariste.

« By My Side #16 » constitue, apparemment sont second Ep et propose une dream pop lo-fi chaleureuse et vibrante, réminiscente des 90’s.

Des couches de guitare déchiquetées sont emportés par des courants flous et distordus au rythme des battements de drums réguliers et sautillants, alors que les voix douces et brumeuses s’écoulent onctueusement dans l’ensemble, pour développer des mélodies empreintes de nostalgie, avant une libération finale tourbillonnante.

« By my side # 16 » est en écoute ici 

Podcast # 38 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Lone Assembly

All around me

Écrit par

Lone Assembly nous vient de Genève, en Suisse. Son second single, "All Around Me", est sorti ce 5 mars 2024. Il figure sur l’Ep "That Never Happened" qui est paru ce 19 avril 2024.

Mélangeant les reflets romantiques et décadents de la new wave / synthpop des années 80 avec les ombres froides du post-punk lugubre, le quatuor nous propose une musique atmosphérique, vibrante et hypnotique, soutenue par des vocaux plaintifs et séduisants.

"All Around Me" est une chanson qui traite de la lutte contre les démons, la chute dans les ténèbres et la peur de l'amour.

Appuyés par des battements de drums réguliers et une ligne de basse brodée, les barytons émotionnels et profonds dégagent une sensation épique et mélancolique.

Et le tout est surmonté par des éclats de guitare, des touches de piano poignantes et résonnantes, et des tourbillons de gémissements étincelants, pour évoquer la tristesse et la douleur de la souffrance humaine.

Le clip consacré à "All Around" est à voir et écouter ici

Podcast # 30 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

22 for Silicon Alone

L’Art est le miroir inversé de la vie

22 for Silicon Alone, c’est un projet drivé par Alexis Pfrimmer. Auteur, compositeur, interprète, producteur et réalisateur, il vit à Bruxelles. Ce 21 mai 2021, il a sorti son premier elpee, "Only Dark Matters". Tout au long de cet album, Alexis nous entraîne dans un voyage plein de rebondissements. Chaque chanson possède sa propre combinaison atypique de styles et pourtant rien ne semble décousu. Ce patchwork magistral et original, largement influencé par le rock, se permet d'étonnantes digressions : du heavy metal au jazz léger, en passant par le drum&bass et même l'EDM. Et finalement, on a l'impression de participer à la bande-son d'un film sans images.

Apparemment le patronyme de ton projet, tu l’aurais déniché en surfant sur le site officiel de la NASA. Tu confirmes ?

Effectivement, je suis très intéressé par les sciences et les questions qu’elles soulèvent. Toute l’activité de l’humanité est basée sur la recherche de moyens de plus en plus efficaces pour essayer de faire perdurer l’espèce. Hier, elle a su dompter le feu et aujourd’hui elle cherche à conquérir l’espace. Pour que l’humanité continue de grandir, nous sommes obligés de dépasser nos convictions. Le feu brûle mais on peut aussi s’en servir pour cuisiner. J’avoue que la conquête spatiale me fascine. Elle nous confronte à nos propres limites… En surfant sur la toile, afin de chercher un nom pour ce projet, je suis atterri sur le site de la NASA. Et j’y ai lu un article où figuraient ces quelques mots. Il décrivait la composition d’une combinaison de cosmonaute pour laquelle il était estimé qu’il faudrait une couche de 22mm de silicone pour être complètement protégé des rayons cosmiques. L’idée m’a parue intéressante, car elle me rappelait notamment les concepts développés par Hundertwasser, le peintre-roi aux 5 peaux. Je me suis alors demandé comment nous, sur terre, on se protégeait et surtout que risquerait-il de nous arriver, si nous enlevions cette combinaison?

Comment est née l'idée de ce projet, par ailleurs intéressant ?

Merci pour le compliment. J’ai toujours rêvé de me lancer dans la musique ou le cinéma. Mes parents m’ont toujours encouragé à réaliser mes objectifs. C’est grâce à eux et ma famille que j’y suis parvenu, donc. Ils ont cru en mon potentiel et m’ont ouvert à la culture et aux arts. Même s’ils ne comprenaient pas toujours pourquoi je m’intéressais à certains secteurs et pas à d’autres, ils m’ont toujours laissé libre de choisir. La liberté, même si elle peut effrayer, est très stimulante. Dans le passé, d’autres que moi y sont parvenus et donc j’estimais que j’en étais également capable. Ce projet s’inscrit dans la continuité. Ce n’est pas le premier et de nombreux sont similaires, mais toutes ces expériences m’ont permis de passer un palier… Dans mes notes, j’avais mentionné la phrase ‘Only Dark Matters’. Puis un jour, par hasard, j’ai l’ai retrouvée. Je me suis levé et une idée m’a traversé l’esprit : ‘C’est un titre d’album !’ Mais après, comment la concrétiser ? Entre le rêve et la réalité, il n’y a pourtant qu’un pas. Alors il faut oser. Puis je me suis rappelé la réflexion de Godard : ‘Faire un film c’est trouver l’argent’. J’ai donc réuni la somme nécessaire pour entrer en studio et je l’ai booké. Je n’avais donc plus d’autre solution que de m’y rendre pour enregistrer et de dénicher des musiciens. Et bien sûr, de composer de la musique…

Vous avez reçu le concours de toute une série de musiciens chevronnés. Où et comment les avez-vous recrutés ?

Comme un réalisateur. J’avais leurs profils en tête, car je ne voulais pas me servir de samples, comme matière première. J’avais composé pour les instruments que je souhaitais ; et afin de mettre en œuvre ces intentions, je fréquentais les salles de concerts et scrutais régulièrement les réseaux sociaux. Un exemple : le choix de Joachim, le violoniste. Pendant que je scrollais machinalement sur Facebook, j’ai vu défiler le lien vers une vidéo de Magma qu’un ami avait postée. Or, j’adore ce groupe. Je clique dessus. Dans cette vidéo, annonçant la date d’un concert évènement pour célébrer les 45 ans d’existence du groupe, Joachim, élève de Didier Lockwood, était interviewé. J’ai énormément apprécié son discours et son attitude. J’ai mis la vidéo sur pause et j’ai contacté ce musicien. Il s’est montré immédiatement ouvert à l’expérience. Je me suis déplacé à Paris pour le rencontrer. Le courant est bien passé. Et il a accepté de participer à l’aventure…

Quel public espérez-vous atteindre à travers ce projet ?   

J’essaye de ne pas espérer trop d’attentes. Il s’agit avant tout d’un échange. Je réalise. Je me place là où je pense devoir être. J’en parle… Mon âme se nourrit de ces rencontres, c’est ça l’essentiel. Ce qui me conforte ce sont les retours. Très souvent les gens sont enthousiastes, même si ce n’est pas ce qu’ils écoutent habituellement. La musique leur parle d’une manière ou d’une autre. J’espère que ce disque fera vibrer les gens. Quel que soit leur avis et leurs retours, qu’ils aiment ou qu’ils détestent, je serais heureux de le savoir. Mais surtout, si cet album leur permet  de voyager, de s’évader, alors j’aurai tout gagné. Si j’ai conservé l’une ou l’autre séquence sur ce disque, c’est avant tout parce qu’elles m’incitaient à chanter, me mettaient en mouvement ou me communiquaient des frissons. Alors si le public a la même réaction, c’est formidable.

A première écoute, il y a quelque chose de mystérieux et de légèrement sombre dans ta musique, pas d’une gravité effrayante, mais plutôt de mystique et de mélancolique. Était-ce un choix délibéré d’entretenir un tel climat ?

Si c’est ton ressenti, alors il est forcément vrai. Mais je reconnais ma démarche dans ces mots, oui. J’apprécie la nuance ‘légèrement’ car dans mon approche j’essaye, dans la mesure du possible, de  rester stable sur le fil, à la recherche de cet équilibre. Ce sont les contrastes qui créent la richesse.  Comme je le disais tantôt, j’ai imaginé le titre « Only Dark Matters » avant même de commencer à composer. Avec un titre pareil, le ton était donné. Mystérieux, mystique et mélancolique, oui c’est sûr. Encore une fois, mes influences sont variées et dépassent largement le cadre musical. Poe, Kafka en font partie, par exemple. J’aime également le cinéma de Tarkovsky, Lynch ou encore Maya Deren, car leurs œuvres invitent à un voyage intérieur, et c’est clairement cette démarche d’introspection qui a motivé l’écriture. Cette envie de questionner le monde à partir de mes propres contradictions.

Vu ton intérêt conjoint pour la musique et le cinéma, les références cinématographiques ne sont donc pas surprenantes…

Il existe mille et une manières d’exprimer une émotion mais personnellement j’estime que les images et les sons sont indissociables. J’entends une porte qui claque, je vois cette porte claquer, je sursaute. 22 for Silicon Alone est un projet audiovisuel. On vient d’ailleurs de tourner un clip que j’ai réalisé en compagnie d’une équipe formidable. Il sortira en juin. L’an dernier, j’ai monté et animé celui consacré au premier single, « 0+1=2 »...

Au fil des écoutes de cet elpee, les compos semblent de plus en plus riches. Cette invitation à la découverte était-elle également un processus conscient ?

Perso, j’aime les œuvres qui demandent d’y revenir plus d’une fois. J’ai choisi de travailler avec François, car on était sur la même longueur d’onde. Ma musique comptait déjà plusieurs niveaux de lecture, aussi nous nous sommes donc amusés à en développer d’autres au travers des paroles.

Il existe également une approche poétique et théâtrale dans les compositions. Poétique, certainement, à travers les paroles chantées en français. Et théâtrale, surtout derrière la musique et les voix. Une explication ?

L’Art est le miroir inversé de la vie. Dans cet album, j’ai mis tout ce que j’avais dans les tripes. Tout a toujours été un prétexte pour me donner en spectacle. J’ai toujours adoré fouler les planches. Très jeune déjà, que ce soit pour ma famille, mes voisins ou à l’école, je n’ai jamais pu m’empêcher de me mettre en scène. C’est mon exutoire…

Quand tu chantes dans ta langue natale, est-ce pour apporter une touche de chanson française à tes compositions ?

Mes principales influences sont anglo-saxonnes. Je ne me suis réellement intéressé à la chanson française que très tard. Mais comme je suis de nationalité française, forcément, j’ai voulu approfondir ma relation avec cette langue. Donc oui, il y a une touche et même un peu plus…

La pandémie a-t-elle boosté ta productivité ? Cette période a incité, par exemple, certains musiciens à composer davantage… 

Les confinements m’ont permis de prendre le temps pour finir l’album (NDR : il a été mixé et masterisé courant de l’été 2020). J’ai beaucoup écrit, oui, et pas que de la musique. Comme pour beaucoup, c’était avant tout un retour à l’essentiel et clairement pour moi une période de productivité intense.

Que penses-tu du streaming en direct ? Bien que le terme ‘direct’ soit devenu un euphémisme…

La crise nous a poussés à se remettre en question et à se réinventer. Je suis heureux de voir que même si nous ne pouvons pas jouer devant un public, il est quand même possible de se produire, et ainsi de conserver un lien avec lui. Espérons que l’on puisse bientôt se remettre au stage diving car, il faut le rappeler, nous sommes quand même des êtres non-virtuels, à la base…

Quel regard portes-tu sur le futur du groupe ? Penses-tu partir en tournée, à la conquête du monde, par exemple ?

Je ne m’avance pas trop sur le sujet, car on dépense beaucoup d’énergie à se justifier, surtout quand on annonce un événement et qu’il ne se produit pas. Je préfère ne décevoir personne. J’espère que suite à la sortie de l’album, du clip et de l’enregistrement ‘live’ prévu en septembre, lors de notre résidence à la Maison des Cultures de Molenbeek-Saint-Jean, nombreux seront ceux qui s’intéresseront au projet. J’ai bon espoir que l’équipe s’agrandisse et que nous puissions partir en tournée dès que c’est possible, dans une forme de conquête du monde. Que l’album soit découvert par un maximum de personnes et qu’on nous appelle pour venir se produire en concert !

On suppose également que tu as toujours des projets dans le domaine du cinéma ? As-tu un film en préparation ?

Yesss. Des infos bientôt…

Lonely Kamel

Death’s-Head Hawkmoth

Écrit par

Issue d’Oslo, cette formation pratique une forme de stoner teintée tantôt de psychédélisme, de prog ou de blues. A l’origine quatuor, elle a été réduite en trio après le départ de Lukas Paulsen, puis élargie à un quintet à l’issue de la sortie de cet opus, suite au concours de Vegard Strand Hotlthe et Jøran Normann aux grattes, lors des sessions d’enregistrement. « Death’s-Head Hawkmoth » constitue son cinquième elpee, un disque qui fait, bien évidemment, la part belles aux guitares. Riffs, soli, envolées, groove : tout y est, y compris la section rythmique en béton, dans un style qui oscille entre Motörhead, Monster Magnet, Motorpsycho et Triggerfinger. Lors des tempos les plus lents, Black Sabbath, également. C’est solide, musclé et plein de bonnes vibrations métalliques. Les vocaux sont puissants, parfois sataniques, mais jamais beuglés. Mentions spéciales à l’entraînant « Inebriuated » et puis au titre final « The day I’m gone » (11’ quand même), un blues/rock remarquable fracturé par la prog et le psyché… que n’aurait pas désavoué… Led Zeppelin, à son époque…

 

Marcus Malone

Stand or fall

Écrit par

Originaire de Detroit, Marcus Malone est un chanteur/guitariste de couleur noire. Depuis plus de 10 ans, il pratique un blues rock très mélodique. Son premier album ? Il l’a mis en boîte à Los Angeles. Au cours des 90’s. Intitulé "Marcus", il avait bénéficié du concours de Tim Bogert (ex-Vanilla Fudge/Cactus/Jeff Beck) et Gene Black, un gratteur qui depuis s’est mis au service de Joe Cocker. Cet opus avait beaucoup plu en Europe ; ce qui avait permis à l’artiste d’y tourner inlassablement. Il s'est alors établi en Angleterre dès 1997 et a entamé la publication de toute une série d’elpees : "One more time" en 1999, "Walkin' shoes" en 2002, "Blue radio" en 2005, "Hurricane" en 2007, "Let the sunshine in" en 2011, et enfin ce "Stand or fall".

L'artiste jouissant aujourd’hui d’une belle notoriété, il a reçu le concours de toute une série de collaborateurs, lors des sessions d’enregistrement. Dont de nombreux amis guitaristes, parmi lesquels on épinglera John Nolan de Staylight Run, Stuart Nixon de Never the Bride, Billy Burke et Julian Burdock de 24 Pesos (ex-Waterzooi). Marcus signe la plus grande partie des plages.

Il démarre par "Leaving the blues", un rockin' blues bien nerveux, auquel participe un des meilleurs souffleurs anglais contemporains, Wil Wilde. Nous ne sommes pas loin de Whitesnake, mais en beaucoup moins hard. En outre, la slide de Burdock communique à la plage, une coloration particulière. Marcus revient au style qu'il affectionne sur "Stand or fall". Imprimé sur un tempo lent entretenu par des riffs dramatiques, la musique évoque le célèbre blues band insulaire de la fin des 60’s, Free. La voix est d’ailleurs aussi rauque et puissante que celle de Paul Rogers, alors que Billy Burke ressuscite les accords chers à Paul Kossoff, en moins écorché toutefois! Malone a également assuré la mise en forme ; et il en a profité pour injecter de nombreux chœurs dans ses arrangements. "Aint no tellin" élève quelque peu le tempo. La voix de Marcus colle parfaitement au genre. John Nolan s’autorise une envolée de classe sur ses cordes. "It's gonna take time" est une ballade indolente. Les cordes acoustiques, l'orgue de Moz Gamble et l'harmonica d'Alan Glen (ex Nine Below Zero/Yardbirds) y font bon ménage. "Detroit City Blues" est à nouveau hanté par le Free. Marcus se souvient de ses jeunes années vécues dans la Motor City. Dixon s'envole aux cordes dans un registre plus métal. "Slow down" est un blues rocker au tempo vivace. Will Wilde se réserve l’harmo, alors que la guitare de Dixon emprunte un profil bien plus rock'n'roll! Slow blues dramatique, "Jealous kind" nous entraîne dans l’univers de John Lee Hooker. Malone chante toujours comme Rogers sur "Under pressure", mais de l’époque Bad Company. Le long playing nous réserve deux bonus tracks. Et c’est le bonheur ! Tout d'abord "Living the blues", un excellent boogie blues caractérisé par le retour de Burdock à la six cordes. Puis, une version longue du lent "It's gonna take time"…    

 

The Lonesome Southern Comfort Company

The Big Hunt

Écrit par

Avant de devenir une ‘compagnie’, The Lonesome Southern Comfort était le projet solo du Suisse John Robbiani, un musicien influencé par la country et le rock. Il avait monté cette compagnie imaginaire, en 2006. Elle s’est cependant rapidement élargie, pour finalement devenir un quatuor. « The Big Hunt » constitue est le 3ème essai de cette bande issue de Lugano, une formation indubitablement plus bercée par la musique yankee que par celle du bastion du Gruyère. Les paroles des morceaux sont engagées, un comble pour des Suisses ! Pour la circonstance, le groupe s’est autorisé l’une ou l’autre incursion dans l’electro. A l’instar de l’inaugural « When He’s Down ». Mais entre envolées rock (« Rent ») et ballades folk délicates (« 64 Warwick Way »), l’opus respecte une ligne de conduite dictée par l’alt country. Quand à la voix de John Robbiani, profonde, elle me rappelle celle du chanteur du combo français Santa Cruz, Pierre-Vital Gerard. Les fans de Magnolia Electric Co ou de Wilco devraient apprécier cette version helvétique d’un americana pur jus.

 

Lone Pine

Road (Ep)

Écrit par

« Road » est le fruit du travail d’un seul homme. Derrière Lone Pine se cache Thibaud Petit. Il s’est réservé toute l’instrumentation et s’est chargé de l’écriture des cinq compos qui peuplent son premier ouvrage. Ce petit elpee ne contient en effet, et c’est tant mieux, que 16 minutes de musique super répétitive, réparties en quatre morceaux et une grosse intro de 120 secondes.

Quasi intégralement construites autour d’une guitare acoustique, les 4 mélodies sont d’un ennui mortel ; mais, rien d’étonnant à cette impression, lorsqu’on connaît le sens réel de Lone Pine. Lone Pine est une ville minuscule sise au cœur de la désertique Owens Valley, longeant le flanc oriental de la Sierra Nevada, en Californie. Visiblement, la ‘route’ qui y mène est aussi aride que l’environnement qu’elle dessert. Et bien Thibaud ne fait pas autre chose… Il nous emmène dans un désert musical aussi pénible que la chaleur épouvantable qui doit régner là-bas.

Un tout gros manque de fraîcheur. A réserver aux amateurs du genre, s’il en existe…

 

 

Lone

Galaxy Garden

Écrit par

Hudson Mohawke et Rustie n’ont qu’à bien se tenir. Matthew Cutler, aka Lone, vient d’éjecter de sa sonde intergalactique un scud qui va faire trembler les pistes de danses de la planète. Le Briton a tenté de séduire par trois fois les terriens à l’aide de son Abstract Hip Hop aux accents chillwave, entre 2009 et 2010, en publiant une série d’Eps inspirés. Mais c’est en 2011, lorsqu’il rejoint R&S Records (James Blake, Space Dimension Controller, Vondelpark), que le DJ mancunien se révèle véritablement, en assénant un bon coup de groove à de nouvelles compositions orientées IDM et Space-Electro. L’ombre de Boards Of Canada, à laquelle il a été longtemps associé est définitivement rangée au placard.

« Galaxy Garden », qui jouit de la collaboration de Machinedrum sur deux titres, recèle douze fresques oscillant entre retro discret et futurisme assumé. L’embarquement s’effectue en douceur sur des « New Colour » et « The Animal Pattern ». Parfaits en guise de mise en bouche. Suivent les ultra-trippants « As A Child » et « Lying in The Reeds », annonçant la mise en orbite du cortex cérébral de l’auditeur, secoué ensuite par la House de « Crystal Caverns 1991 ». La zone de perturbation se poursuit sur l’inquiétant « Earth’s Lung », prélude de la rencontre avec « Cthulhu ». Le retour sur la terre ferme s’opère à nouveau en douceur, « Stands Tidal Waves » assurant délicatement la liaison avec l’ultime « Spirals » qui referme le voyage en dévoilant toute l’élégance du maître de bord.

Le prochain embarquement pour le « Galaxy Garden » de Lone s’opérera sur la Plaine de la Machine à Feu de Dour, le vendredi 13 juillet. On sera les premiers à bord !

 

Lonely Drifter Karen

Poles

Écrit par

Le plus Européen des trios s’est donc fixé à Bruxelles pour écrire ses deux derniers albums. Quoi de plus normal, puisqu’il s’agit de la capitale du Vieux Continent. L’Autrichienne Tanja Frinta, l’Espagnol Marc Melia et le Français Clément Marion (qui a remplacé l’Italien Georgio Menosi) ont en effet décidé de donner une suite à leur aventure entamée en 2008, sous le patronyme de Lonely Drifter Karen, un nom inspiré du film ‘Les Idiots’ du fantasque réalisateur danois Lars Von Trier, en publiant un troisième opus, intitulé « Poles »

A l’instar de ses deux précédents elpees, l’expression sonore de L.D.K. est issue de la rencontre entre pop et folk, mais un folk au sens large du terme, s’ouvrant également et surtout aux musiques de l’Est. La voix de Tanja est toujours aussi puissante. Le ton constamment allègre. Les synthés et les percussions électroniques sont judicieusement dispensés. Mais dans l’ensemble, les compos de cette œuvre, quoique jamais désagréables à écouter, manquent de mélodies imparables. Si bien qu’il est parfois bien difficile de nous extraire d’un certain ennui. D’autant plus que la mise en forme est un peu trop polie pour ne pas dire trop propre. Heureusement, l’une ou l’autre compo nous rappelle quand même que l’Euro-trio ne manque pas de talent. A l’instar du plus pop, rafraîchissant et entraînant, « Comet », qui aurait pu figurer dans le répertoire d’une Cindy Lauper indie !

Lonely Drifter Karen se produira ce 10 mai, au Dok Arena de Gand.

 

Quiet Loner

Spectrology

Écrit par

De son véritable nom Matt Hill, Quiet Loner s’était illustré en 2004, en publiant, un premier elpee intitulé « Secret Ruler of the World », un disque pour lequel il avait décroché, au sein de son Angleterre natale, le prix de l’album ‘americana’ de l’année. A l’époque, les critiques n’avaient pas hésité à le comparer à Lambchop ou encore Neko Case.

Sept ans plus tard, Matt Hill nous propose son deuxième opus, « Spectrology », une œuvre qui a notamment bénéficié de la participation d’Inge Thomson, aperçue, entre autres, aux côtés de Mr Will Oldham. Malgré la présence épisodique d’un banjo, « Spectrology » baigne davantage dans un folk classique et minimaliste que l’‘americana’ pur et dur. Malheureusement, il faut le souligner. Car les morceaux les plus attachants de cet elpee, sont ceux qui invitent l’imagination du mélomane à rejoindre les plaines américaines, à l’instar de « Ash Ballad », « Hide and Fear » ou encore « The First to Fall ». Le reste se résume à des accords de guitare, des drums feutrés et la voix de Matt. Une voix somme toute banale. De quoi susciter rapidement l’ennui. Dommage, car ce songwriter possède un talent certain pour torcher de jolies mélodies. Et puis surtout pour écrire d’excellents textes, notamment lorsqu’il aborde le monde post-mortem.

 

Marcus Malone

Let the sunshine in

Écrit par

Originaire de Detroit, Marcus est un chanteur de couleur noire. Il est très présent sur le circuit du blues européen, depuis plusieurs années ; il est même plus populaire en Angleterre que sur sa terre natale. Il a déjà publié quelques albums : "One more time" en 2000, "Walkin' shoe" en 2002, "Blue radio" en 2005 et enfin "Hurricane" en 2007. "Let the sunshine" constitue donc son tout dernier.

Le titre maître ouvre l’elpee. Malone imprime le rythme d'un boogie sur cette compo qu’il a écrite en compagnie de Gene Black, l'actuel gratteur du Joe Cocker Band ; une chanson au refrain particulièrement contagieux. L’ex-harmoniciste de Nine Below Zero, Alan Glenn, souffle puissamment dans son harmo pendant que Julian Burdock (24 Pesos) malmène sa slide et Stuart Dixon enchaîne les riffs rythmiques, à l'avant-plan. "If I had another chance" est un shuffle à la sauce texane, un style que Stevie Ray Vaughan défendait si bien naguère. Campant un timbre oscillant entre Paul Rodgers et Joe Cocker, la voix de Malone est ici superbe. Julian Burdock impressionne par son assurance. "Back to paradise" est hydraté par les infiltrations d’orgue Hammond dispensées par Moz Gamble et alimenté par une section de cuivres. Dans un registre, à nouveau fort proche de l’ancien leader de Free, sa voix ressort admirablement de l'ensemble. "Would it matter" est une superbe ballade indolente, un blues volontiers dramatique, au cours duquel l'orgue de Gamble réconforte par ses interventions chaleureuses, pendant que Stuart Dixon tire son épingle du jeu. Autre ballade, "Heartbreak kid" est plutôt sculptée dans le country rock. Mélodieuse, mais plus rythmée, elle est enrichie de superbes chœurs développés à la manière des Eagles. Boogie pétillant, "99 tears" est balisé par l'orgue et le piano. Blues rock typique, "Bad girls" est un morceau rondement mené. La voix colle parfaitement à ce style. Elle est ainsi très susceptible de monter en puissance sans se forcer. R&B très musclé, "She's my girl" nous ramène à l’époque du J Geils Band ; d’ailleurs, Alan Glenn souffle probablement en pensant à Magic Dick. "I was a fool" est encore une compo issue de la plume de Malone. Elle est adaptée à sa voix. Gamble se prend alors pour Booker T, en nous inondant de sonorités très Memphis Stax. Marcus est tellement heureux et fier du résultat obtenu sur cet elpee, qu’il nous refourgue son "Let the sunshine in", à l’aide des mêmes collaborateurs : Burdock, Black, Glen et compagnie. Mr Malone achève ce disque de bonne facture en solitaire. Il s’accompagne à la guitare pour chanter, d’une voix empreinte d’émotion, le "Love somebody" des Bee Gees (NDR : celui de la première époque !)

Lonely Ghosts

Return from the search party

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Lorsque Help She Can’t Swim splitte, son leader, Tom Denney, décide de se retirer dans son home studio et bosse sur un nouveau projet, qu’il baptise Lonely Ghosts. Après avoir publié un Ep, il nous propose son premier opus. Pour concocter ce disque, il a quand même reçu la participation de quelques collaborateurs, et en particulier l’ex-Help She Can’t Swim, Leesy Francis, ainsi que des membres de My Device et Nullifier.

La musique de Lonely Ghosts puise essentiellement dans la noisy, l’electronica, la pop et le post punk. Mais ces influences sont restituées sous une forme lo-fi. Pourtant, ce qui frappe d’abord au sein des compos, c’est ce contraste entre moments paisibles et accès de fureur. Un sentiment accentué par la voix de Tom, tantôt empreinte d’une grande douceur, responsable de hurlements gutturaux, vindicatifs ou encore susceptible de se muer en falsetto. Parfois, son timbre et ses inflexions me font même penser à Jarvis Cocker. Partagé en 13 plages, cet opus ne manque pas d’allure, même si les lyrics sont un peu trop puérils et si le recours aux synthés n’est pas toujours judicieux. Néanmoins, de ce tracklisting, j’épinglerai les énervés et enlevés « Love projection » et « Statues ». A cet instant Pulp n’est pas très loin. Encore que sur « March ! » et « Predictions for the New Year », c’est plutôt le spectre de Wire qui se met à planer. Deux superbes morceaux, également. L’excellent « Hush up ! », ensuite, mérite également une mention particulière. Tramé sur une ligne de basse réminiscente de The Rapture, pulsant, il brille par son refrain véritablement percutant. Denney a d’ailleurs l’art de ficeler des refrains contagieux. A l’instar d’« As my body explodes » ou encore de « Come down from the mountain” d’ailleurs. Si “Green eyes” aurait pu figurer dans le répertoire de New Order, “Battleships” hésite entre hip hop, hardcore et electro lo-fi. Probablement le morceau le plus indigeste de la plaque. Il y a bien encore la valse post punk, « Taking shape », qui achève le long playing, mais le reste manque de consistance. N’empêche, pour un premier essai, Lonely Ghosts a démontré qu’il disposait d’un fameux potentiel. On attend donc impatiemment la suite…

Lone Wolf

The Devil And I

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En 2007, Paul Marshall sortait de l’anonymat en concoctant un premier opus intitulé « Vultures ». Tout au long de cet elpee, il dispensait une musique épurée, mais bourrée de feeling. Trois années ont passé et le natif de Leeds a signé chez Bella Union (Laura Veirs, Department Of Eagles, Beach House, …), puis décidé de se choisir un pseudonyme : Lone Wolf. A première écoute, on se rend compte que « The Devil And I » ne nous incitera pas à faire la fête. Et « Dead River », « This Is War » ou encore les deux fragments éponymes en sont les plus belles illustrations.

Ce loup solitaire préfère donc les ténèbres et la solitude. Mais Paul a délaissé son folk minimaliste pour embrasser une instrumentation bien plus étoffée, dans l’esprit de Midlake, Sufjan Stevens ou encore Fleet Foxes, tout en apportant un soin particulier aux orchestrations et aux arrangements ; d’une grande subtilité, il faut le souligner. Les deux premiers morceaux sont splendides. Tout d’abord « This Is War ». Probablement le meilleur titre de l’album. Suave, la voix de Marshall virevolte, pendant que les accès de piano font monter progressivement la tension. Et puis le morceau suivant, « Keep Your Eyes On The Road », manifestement marqué par le style acoustique de Croby, Still & Nash. Malheureusement, la suite n’est plus de la même trempe. Il y a bien encore « The Devil and I » (part I et II) ainsi que « 15 Letters », mais on reste sur sa faim… Dommage ! 

Lonely Drifter Karen

Fall of Spring

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Lonely Drifter Karen est un trio drivé par Tanja Frinta. D’origine autrichienne, cette chanteuse est accompagnée par le pianiste espagnol Marc Meliá Sobrevias et un batteur italien répondant au nom de Giorgio Menossi. Le patronyme du groupe, Lonely Drifter Karen, s’inspire du film « Les Idiots » de Lars Von Trier ; et, selon Tanja, il reflète bien leur musique : ‘Lonely’ pour le côté mélancolique, ‘Drifter’ pour l’aspect ‘nomade’ et Karen pour la ‘féminité’ à fleur de peau. Demandez le programme !

Après avoir publié « Grass is singing » en octobre 2008, premier elpee caractérisé par son mélange champêtre de cabaret, de jazz et de folk, le combo nous propose un second opus, intitulé « Fail of Spring ». Découpée en quatorze plages, cette œuvre est un parfait témoignage de la richesse des compositions de Tanja et des arrangements de Marc. Lonely Drifter Karen nous balade dans un monde féérique plein de mélodies enchanteresses, entêtantes et empreintes de fraîcheur juvénile. Des compos d’excellente facture, aux multiples nuances, oscillant du rock vivifiant à la ballade subtile. Des morceaux souvent originaux, parfois même très difficiles à cerner, mais toujours très plaisants à écouter. La voix charme, le piano s’enflamme, les guitares accrochent et les cuivres fluctuent : une formule qui résume bien l’expression sonore de ce trio déroutant.

Et si on retrouve un peu de Björk chez Tanja, c’est sans ce côté vedette intouchable qui rend l’Islandaise insupportable pour beaucoup. Chez Tanja, tout est douceur. Son univers et ses rêves doivent être peuplés de comédies musicales et le lapin d’Alice au pays des merveilles doit sans aucun doute être son plus grand admirateur !

Un petit bijou plein de reflets multicolores… Rien à jeter, à consommer sans modération !

En concert ce 13 mai 2010, dans le cadre des Nuits Botanique. 

Lonelady

Le goût de l’extrême…

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De son véritable nom Julie Campbell, Lonelady est une passionnée de new wave et de post punk. Pas étonnant lorsqu’on sait quelle est issue de Manchester. Et pourtant, ce n’est pas en fouillant dans les vieux vinyles de ses parents, qu’elle a acquis cette culture. Simplement, en s’intéressant à l’histoire de la musique de sa ville de naissance. Progressivement. A un tel point qu’actuellement, sa musique en est profondément imprégnée. Et « Nerve up », son premier elpee en est la plus belle illustration. Pourtant au cours de sa jeunesse, elle écoutait surtout la musique américaine des 90’s ; entre autres REM, Nirvana et Hole…

Julie confirme : « Effectivement. En fait, ce sont ces formations qui m’ont incité à acheter ma première guitare » Parmi ses influences américaines, elle cite encore Pylon ainsi qu’Emerald, Sapphire and Gold (NDR : dites ESG), deux combos américains qui ont marqué le début des eighties. Elle est un peu surprise de la formulation de la question, marque une pause, puis réagit : « Ah, c’est ce que signifiait le sigle ESG ? » Puis embraie : « Ces deux groupes pratiquaient une musique minimaliste, entrecoupée de longs silences, à l’instrumentation très parcimonieuse. Et on retrouve dans mes nouvelles chansons, ces formes de vide. Mais si la palette de sonorités était minimale, les compos étaient très énergiques et imprimées sur un rythme saccadé, funky ». Mais retraversons l’Atlantique pour revenir aux Iles Britanniques. Trois décennies plus tôt. Soit à une époque marquée par Throbbing Gristle, XTC, John Foxx, An Clark, Cure, The Smiths, Gang of Four, Joy Division et quelques autres. Et qui constituent quelque part une source d’inspiration majeure pour Julie : « Tous ces groupes et artistes ont eu une influence sur ma création. Mais il n’entre pas dans mon intention de me réapproprier leur musique. Cela n’aurait aucun sens. J’essaie de créer mon propre univers sonore, notamment en me servant de ma voix. Parfois les influences peuvent devenir un fardeau. Il faut savoir faire la part des choses. » Ecouter Joy Division est, en outre, une expérience quasi religieuse pour mon interlocutrice. Elle avoue : « Leur musique se détache de la vie quotidienne. Elle me fascine. Elle est intemporelle. Un peu comme si on figeait le temps à travers l’espace. Et il ne faut pas oublier d’y associer le producteur Martin Hannett, également responsable du son ». Vu sa fascination exercée pour les eighties, on pourrait facilement imaginer que l’artiste reprenne, de temps à autre, des morceaux composés par ses maîtres. La réponse fuse : « Non ! On a juste enregistré sur une flip side, la reprise d’un single très peu connu de The Fall. Et c’est vrai que dans le passé, on l’a jouée en ‘live’. Mais depuis, elle ne fait plus partie de mon répertoire, sur scène ». Vu le come-back de la new wave, illustré notamment par des formations comme Editors et Interpol, une question me brûlait les lèvres. Celle de ces fameux cycles dans l’histoire du rock’n roll. Elle argumente : (rires) « C’est une approche intéressante. Personnellement, je pense plutôt qu’il s’agit du fruit du hasard. C’est plutôt aléatoire que cyclique. D’ailleurs je ne suis pas trop au courant de ce qui se passe sur la scène musicale contemporaine. Et puis, l’important c’est plutôt l’aspect tridimensionnel (NDR : la musique, la parole, l’interprétation) qui compte quand on revisite une époque. »

Le parcours musical de Lonelady a commencé en 2004, un itinéraire jalonné d’une poignée de singles. Qu’elle produisait elle-même. Elle a même aménagé un studio dans une ancienne filature. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle s’est forgé une solide expérience. Mais comment a-t-elle réussi à se faire signer par Warp ? Julie raconte : « L’histoire et un long processus. Au départ c’était du D.I.Y. ; puis en 2007, Jason (NDR : White) de Too Pure a agi comme catalyseur pour que je puisse franchir une étape. Il m’a permis de rencontrer Steve Beckett. Et puis de fil en aiguille, il s’est intéressé à ma musique, puis nous a signés ».

Julie estime que la plupart des critiques de disques et même de concerts sont rarement pertinents. Pourquoi donc ? « La manière de me poser cette question implique que tout est noir ou blanc. Personnellement, l’écriture est un acte privé, individuel. Et mon but n’est pas de faire l’objet d’un article dans un magazine. Or une majorité de journalistes essaie de tout traduire en mode et en courants. Ce n’est pas vraiment ce qui m’intéresse… » Parlons quand même un peu de ‘Nerve’, son premier opus. Et tout d’abord de cette compo baptisée ‘Army’, caractérisée par des riffs de guitare très effilés, comme chez Gang Of Four. Or, un des titres les plus notoires du band de Leeds s’intitule ‘I love a man in a uniform’. (Eclats de rires). C’est peut-être une coïncidence… « Et ça te fait rire ! J’adore ce groupe. Il véhiculait une énergie funkysante incroyable. Andy Gill est un guitariste génial. Et leur musique était à la fois brutale et fragmentée… » A contrario le morceau maître de l’elpee est beaucoup plus soul/funk disco. Davantage dans l’esprit de Madonna. Mais était-ce intentionnel ? « J’apprécie beaucoup Madonna. Elle est une de mes influences. Et sur cette compo, plus précisément, c’est vrai. En fait, mes prochaines adopteront un profil plus funky… »

Julie a déclaré beaucoup aimer la poésie et le cinéma extrêmes. Souhaiterait-elle mener une vie extrême ? Serait-elle blasée par la vie quotidienne ? (Eclats de rires…) Elle réplique : « Ca, c’est la meilleure question qui m’ait été posée aujourd’hui. Oui, j’éprouve le désir de ne pas mener une vie ordinaire. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis attirée par les idées extrêmes. Et je suis particulièrement fascinée par les films d’Ingmar Bergman ; et notamment par ‘7th Seal’ (NDR : le titre –en français ‘Le Septième Sceau’– provient d'une phrase de l'Apocalypse selon Saint Jean l'Évangéliste, chapitre 8 ; voir Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Septi%C3%A8me_Sceau». Dans le même esprit, sur la homepage de son site Web on peut lire ‘La brutalité a une place dans la pop. La férocité et le secret, également’. Ce qui méritait quand même un complément d’explications » Elle clarifie : « Il serait peut-être judicieux de demander des explications à Paul Morley. C’est un journaliste (NDR : plume brillante qui a longtemps sévi au New Musical Express), mais aussi un écrivain qui jouit d’une belle popularité aux Royaume-Uni. Au cours des dernières années, il a aussi composé pas mal de musique. C’est lui qui a rédigé ce texte sur le site. Je l’avais contacté pour qu’il consacre quelques lignes sur Lonelady, parce que j’aime bien la façon dont il formule ses impressions au sujet de la musique. Ce texte n’est pas linéaire, mais plutôt abstrait… »

Après avoir abordé tant de sujets sérieux (NDR : quoique), rien de tel que de terminer un entretien par une boutade… Mancunienne, Julie n’a pas son permis de conduire. Ni son drummer. Pas évident quand on doit se déplacer pour jouer en ‘live’. Or dernièrement, elle a engagé un claviériste, qui lui est détenteur du permis de conduire. Ce critère était sans doute indispensable avant qu’il ne soit engagé. Elle se défend : « Une manière très intéressante d’aborder le problème (rires). Le claviériste est autorisé à circuler en automobile sur la voie publique. Quelle belle coïncidence ! Vous savez j’habite au centre-ville. Je me déplace donc à pied. Je n’ai jamais éprouvé le besoin d’apprendre à conduire. C’est vrai qu’il n’est pas évident de se produire en concert dans ces circonstances. Et avant qu’il ne rejoigne le band, on sollicitait un proche ou un ami pour nous véhiculer… »

Merci à Vincent Devos

Loney, dear

Dear John

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Apparemment obsédé par la ponctuation (‘loney, dear’ devient ‘loney dear.’) Emil Svanägan pose, au sein « Dear John », le trait d’union entre une carrière ultra discrète et l’envolée de cette dernière. Il aura donc fallu au grand timide pas moins de cinq travaux avant de mobiliser l’attention des critiques de tous bords. Normal, « Dear John » étant probablement le disque le plus abouti du Suédois.

Svanägen jongle entre mélopées magnétiques (« Airport Surroundings », « I Was Only Going Out »), retenues (« Violent », « Harm/Slow », le splendide « Distant Lights ») ou exaltantes (« Dear John », « Under A Silent Sea »). Andrew Bird, fan du bonhomme, y apporte une touche personnelle de violons sur l’excellent « I Got Lost ». Loney Dear prend le parti de la simplicité avec une telle justesse que ce « Dear John » en devient touchant. Sa pop tranquille brise les cœurs en mille morceaux avant de recoller délicatement les morceaux, comme si de rien n’était. Une belle réussite.

Loney, dear

Ce cher Emil

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Le mardi soir, il y a bien mieux à faire que subir les affronts musicaux du cru 2009 de l’émission ‘Nouvelle Star’. On peut, par exemple, se rendre à la Rotonde du Botanique pour assister à un petit concert chaleureux et sans prétention, comme celui accordé par Loney, Dear, ce mardi. Et ce n’est pas le public présent ce soir-là qui aurait pu prétendre le contraire.

Accompagné de quatre musiciens, le Emil Svanengen alias Loney, Dear, présentait son cinquième ouvrage sous une Rotonde bien remplie. Présent l’an dernier aux Nuits Botanique, l’homme, affichant un look banal et des chaussures vernies, en a manifestement gardé un bon souvenir et semblait ravi de se produire une nouvelle fois dans cette splendide petite salle. Pas avare en mots, Loney, Dear se connecte volontiers à un public qu’il n’hésite pas à solliciter pour des chœurs bien amenés. Il parcourt essentiellement son « Dear John », de la douceur de « I Got Lost » et « Under A Silent Sea » à l’étonnante electronica harmonieuse de « Airport Surroundings » et « Summers ». Le Suédois est tellement sympathique qu’on ne peut même pas lui en vouloir de ne pas s’attarder sur ses travaux précédents. De ces derniers, Emil et sa bande n’ont tout de même pas snobés les incontournables morceaux « I Love You (In With The Arms) » ou « Sinister In A State Of Hope », qui clôture un show admirablement bien ficelé.

Organisation : Botanique

Belone Quartet

Les prémices de la béatitude naissent de l’amertume

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Belone Quartet ne réunit pas quatre musiciens, mais bien deux : Benjamin Nerot (The Healthy Boy) et Antoine Bellager (ex-Margo, Eric Castel, Zone Blanche, Belilomi). Né en 2003, ce duo nantais est manifestement influencé par la cold wave. Cure (époque « Faith ») et Joy Division en tête. Par l’électro pop, également. Depeche Mode, of course. Et puis par l’electro indus. De Trisomie 21, notamment. Egalement un groupe français, mais issu de Denain, près de Valenciennes. Dans l’univers contemporain, Belone Quartet partage également certaines affinités avec Black Heart Procession. Tout un descriptif qui devrait vous permettre de vous faire une petite idée de la musique dispensée par cette formation. Ténébreuse, mélancolique, climatique, hypnotique, elle est souvent proche de l’envoûtement avant de sombrer, à mi-parcours, dans une certaine lassitude, pour ne pas dire une lassitude certaine. Dommage, parce que des titres comme le noisy « I want it to go », le lancinant et tourmenté « Desert » (Jarboe ?) sur lequel vient se poser la voix mystérieuse de la chanteuse de Mansfield TYA, Julia Lanoe, ou encore l’électro punk survolté (dans sa première partie) « Crazy », réminiscent de The Rapture tiennent bien la route. Et ne laissent jamais supposer une suite aussi inconsistante…

Loney, dear

Sologne

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L’incarnation du jusqu’auboutisme même. L’homme-instrument qu’est Emil Svanängen juché sur 8 pistes entre la salle de bains et la cuisine dans un bordel de guirlandes électriques, est un meuble vivant aux multiples tiroirs (clarinette, guitare, orgue à pompe, percus, saxo et songwriting). Nourri au sein de Brian Eno, Kraftwerk, A-Ha quand ses congénères jouaient encore à la marelle, Svanängen développe assez vite son troisième œil en vouant un véritable culte à Euterpe. Alors à peine âgé de 8 ans, il reluque déjà les beautés informatiques via ses logiciels musicaux. En pleine puberté, le disciple s’initie par la suite à la sérénade propre aux troubadours avant d’investir dans le jazz et la mousse à raser. Cet apprentissage poussé, que le jeune stagiaire s’impose très tôt, contribue sans aucun doute à la qualité et la diversité de son quatrième ouvrage « Sologne », paru en 2004 (réédité en 2006). L’alliance des genres pop/folk est maîtrisée (sur le rythme militaire de l’enjouée « Where Are You GoGoGoing To ? » posé sur « Le Fever » ou persistant « I Lose it All »), embellie par des beats électros (« The City, The Airport ») et balancée d’interludes mystiques (« Grekerna »). Le ménestrel retrousse ses manches, affute sa voix et garnit l’opus de poèmes dédiés à l’amour et à la confusion des sentiments. Une recette qui marche et l’a amené à ouvrir la danse pour Clap Your Hands Say Yeah tandis qu’il se joignait à Sonic Youth, Bloc Party ou Devendra Banhart sur la scène du Festival Accelerator. Mais loin d’être seul cette fois pour transmettre son magnétisme sur les podiums, Svanängen s’improvise chef de chantier et délègue ses multiples talents à un orchestre en format familial. Une potion magique dont une goutte ne suffit pas, tant le ton est mesuré et la contagion certaine.