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Matt Low

La vie cool de Matt Low…

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Le second long playing de Matt Low, « Une vie cool », est paru ce 26 avril 2024.

Matt Low est impliqué dans de nombreux projets : Delano Orchestra, Elysian Fields, Garciaphone. Camarade de musique et de rires du très regretté Jean-Louis Murat, « Une vie cool », est le digne successeur de « La ruée vers l’or », paru en 2021.

Le disque a été enregistré et mixé par son complice Peter Deimel (dEUS, Chokebore, Miossec, Anna Calvi) au Studio Black Box, dans la campagne angevine. Les arrangements ont été réalisés en compagnie des amis de toujours, Benjamin Tessier et Guillaume Bongiraud.

L’impeccable équipe Yann Clavaizolle (JL Murat, H Burns) / James Pope (Elderberries), Morgane Imbeaud a assuré la section rythmique.

Enfin, trois invitées viennent illuminer le disque de leurs voix magnifiques et de leurs présences : Armelle Pioline (Holden, Superbravo), Lonny et Auren.

« Las Vegas », rehaussé par la présence d’Armelle, est en écoute ici

 

Matthieu Malon

L’instabilité de Matthieu Malon…

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Le nouvel opus de Matthieu Malon paraîtra ce 17 mai. Il s’agira de son 6ème. Il fait suite à « Le pas de côté », qui avait été composé exclusivement sur un Ipad et faisait la part belle aux sonorités électroniques inspirées de Kraftwerk et Underworld.

Et c'est un virage radical par rapport au précédent elpee, puisque « Bancal » lorgne vers la musique rock-indé des années 1990-2000 et ses guitares aux sonorités 90’s.  

Autoproduit et sans temps mort (10 titres, 33 minutes au compteur), le long playing propose des chansons françaises écrites comme des anglophones, portées par des arrangements ‘minimalistes’ (peu d'instruments) qui laissent toute la place à la distorsion, au ‘fuzz’, évoquant tour à tour les Pixies, Jesus & Mary Chain ou encore R.EM. Côté français, Taxi Girl n'est jamais très loin non plus.

Composé et enregistré en 10 jours au mois de janvier 2023, puis peaufiné et terminé à l'automne, cet LP nous réserve une poignée de chansons intimes qui reprennent les thèmes chers à Matthieu Malon (la ferveur des sentiments amoureux et le désenchantement sur « Les orties », « La nuit ne nous suffit pas » ou encore « Jusqu'à demain l'orage »), mais aussi une réflexion sur la position sociale liée à la crise de la cinquantaine attendue (« Bancal », « Alter ego »), comme sur le climat politique délétère actuel (« Un secret pour personne »). L'album s’achève par une reprise (adaptée en français) du groupe anglais Television Personalities (« Elle ne lira jamais mes poèmes »).

En attendant Matthieu Malon nous propose son single, « Le temps qu'il fait », sous forme de clip,

 

Matteo

Le parcours de Matteo…

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Après la sortie de son nouvel album "Matteo & Bro", fin mai, Matteo (Chinese Man) dévoile le clip de "Path" ft. Franck Lebon.

"Path" est le parcours d'un enfant sauvage en quête de lumière et de spiritualité, la légèreté d'un pied d'enfant laisse place à la marche effrontée de l'adolescence. Au travers des lumières des hommes et de leurs voies rectilignes, cette quête devenue fuite vers l'avant l'amène à rencontrer l'éphémère de la vie. La fuite devient course jusqu'à l'envol vers sa propre liberté.

L’ascension, de l’enfance à l'indépendance, est représentée dans ce titre instrumental par la montée en puissance des cuivres, le tout orchestré par Franck Lebon (compositeur de musique de films).

DJ, producteur et membre co-fondateur du groupe Chinese Man, Matteo partage son temps entre la France, l'Amérique du Sud, l'Inde et la Turquie. Grâce à une signature à la fois hip-hop et électro, il fusionne les sonorités d’hier et les pépites rafraîchissantes d’aujourd’hui.

C'est en 2019 que Matteo rencontre les premiers musiciens qui feront partie du projet "Matteo & Bro" sorti le 27 mai dernier. En commençant par le guitariste Karim Addadi et le contrebassiste Christophe Lincontang (avec qui il collabore sur une musique de film), Matteo s'entoure ensuite du batteur Hugo Pollon et du saxophoniste, flûtiste et joueur de Duduk (flûte arménienne) Lamine Diagne. Une réelle envie de lancer un projet où les musiciens sont au cœur du processus de création s'est installée au fur et à mesure des rencontres. Les artistes se réunissent alors à Bron pour la composition du titre éponyme.

Sur cet elpee on retrouve également les voix de deux artistes féminines, Isadora (Belgique) et Tania Saleh (Liban) sur "Sweet Shadows" et "Sakakeen", ainsi que Hervé Salters (General Elektriks) aux claviers, responsable de superbes interventions sur certains titres.

Entre programmation électronique et composition, les maquettes se dessinent, le groove et l'univers entre soul, funk, trip hop et musique du monde prolongent le désir et la production d'un long playing.

Le clip est à découvrir ici

 

 

 

Matteo

Les ombres douces de Matteo…

Écrit par

DJ, producteur et membre co-fondateur de Chinese Man, Matteo partage son temps entre la France, l'Amérique du Sud, l'Inde et la Turquie. Entre soul, funk, trip hop et musique du monde, il s’autorise une signature à la fois hip-hop et électro, il fusionne les sonorités d’hier et les pépites rafraîchissantes d’aujourd’hui.

C'est en 2019 que Matteo rencontre les premiers musiciens qui feront partie du projet Matteo & Bro. En commençant par le guitariste Karim Addadi et le contrebassiste Christophe Lincontang (avec qui il collabore sur une musique de film), Matteo s'entoure ensuite du batteur Hugo Pollon et du saxophoniste, flûtiste et joueur de duduk (flûte arménienne), Lamine Diagne.

Une réelle envie de lancer un projet où les musiciens sont au cœur du processus de création s'est installée au fur et à mesure des rencontres.

Sur cet elpee on retrouve également les voix de deux artistes féminines, Isadora (Belgique) et Tania Saleh (Liban) sur "Sweet Shadows" et "Sakakeen", mais également les clavier d’Hervé Salters (General Elektriks), sur certains titres.

Le clip de « Sweet Shadows » feat. Isadora de Matteo & Bro est à voir et écouter

 

 

Matty T Wall

Blue skies

Écrit par

Matty T Wall est issu de Perth, en Australie. Au cours de sa jeunesse, il écoutait volontiers du metal, et tout particulièrement Metallica ainsi que Sepultura. Puis, il s’est intéressé à Eric Clapton et Stevie Ray Vaughan, avant de tomber sous le charme de la musique de Robert Johnson. Ce chanteur/compositeur/guitariste cherche avant tout à mettre en exergue son talent d’instrumentiste. Raison pour laquelle il a opté pour la formule trio, en s’appuyant sur une section rythmique constituée de Jasper Miller à la batterie et Stephen Walker à la basse, deux amateurs de jazz. "Blue skies" constitue le premier elpee du Kangourou.

"Burnin up burnin down" s’ouvre au son d’une moto pétaradante et nous plonge immédiatement au sein d’un rockin’ blues puissant mais teinté discrètement de cuivres. Le premier envol de Matty sur sa Gibson SG montre déjà tout son potentiel. La cover du "Am I wrong" de Keb Mo nous entraîne dans le Delta. Les percus sont primaires. Nerveuses et écorchées, les cordes s’emballent de nouveau. Blues lent mélodique, "Long gone away" bénéficie du concours de Gordon Cant à l’orgue Hammond. La voix de Matty est chargée de passion. Il dispense ses notes en y injectant un fameux feeling, digne de Joe Bonamassa voire de Gary Moore. Jasper Miller signe "Scorcher", un exercice instrumental au cours duquel il étale toute sa virtuosité sur ses fûts. Wall joue plus vite que son ombre ; comme Alvin Lee à ses débuts. Douce ballade, le titre maître conjugue cordes amplifiées et acoustiques, et se distingue par un travail vocal soigné. Le tempo s’élève et favorise un envol tout en sensibilité avant d’aboutir au sein d’un chœur gospel! Autre ballade, "This is real" baigne au sein d’un climat subtilement jazz, réminiscent d’un certain Robben Ford. Généreux, l’orgue de Gordon Cant sert de tremplin à la montée en puissance des cordes. Wall apprécie Jimi Hendrix ; et il lui rend hommage à travers une version de 12’ du célère "Voodoo Chile". L’orgue Hammond est toujours bien présent ; mais la solution sonore vire à la jam, une jam à la fois psychédélique, hypnotique, allumée et déjantée. Dynamique et caractérisé par ses variations de tempo, "Broken heart Tattoo" adopte un riff à la ZZ Top. Instrumental atmosphérique, "Smile" est une plage agréable, au cours de laquelle des cordes acoustiques épaulent la guitare solo du leader. De bonne facture, le premier opus de Matty T Wall s’achève par une version de "Hellhound on my trail" du mythique Robert Johnson. Et ce n’est pas une surprise. Le morceau macère au sein d’une ambiance morose. Au fil de la piste, la sèche devient de plus en plus nerveuse, alors que Jasper soigne tout particulièrement ses interventions aux percussions.

 

Matt Andersen

Honest Man

Écrit par

Canadien, Matt Andersen est originaire du New Brunswick. Chanteur/guitariste, il a entamé sa carrière musicale en 2002, au sein d’un groupe baptisé Flat Top. Depuis, il a multiplié les enregistrements et les tournées à travers le monde, démontrant un talent capable de s’exprimer aussi bien en studio que sur la route. Il a d’ailleurs décroché plusieurs prix dont quelques awards. Il a également magnifié le célèbre International Blues Challenge de Memphis, en 2010, comme solo performer. Bien reçu par la critique, son dernier elpee, "Weightless", remonte à 2014. La voix de Matt est souvent comparée à celle de Joe Cocker. Pourtant, elle n’est pas liée à un style particulier. Roots, sa musique est susceptible de se colorer de blues, de country ou de rock. Les sessions sont été réalisées au sein de différents studios, à New York, Nashville, dans le New Jersey et même à Kingston, en Jamaïque. La production a été assurée par Commissionner Gordon Williams, dont la carte de visite mentionne – notamment–  la mise en forme d’œuvres publiées par Carlos Santana, Joss Stone et Quincy Jones. L'accent a été posé sur la voix d’Andersen, plutôt que sur l’aspect musical. D'ailleurs, Matt, excellent gratteur, privilégie les cordes acoustiques. De nombreux musiciens ont cependant participé aux différentes séances de studio.

L'opus s’ouvre par "Break away". Le climat est ensoleillé, jamaïcain pour être plus précis, un reggae ma fois particulièrement chaleureux. La voix l’est tout autant, et bien mise en relief. Jolie ballade, "The gift of love" lorgne déjà vers Joe Cocker, en moins graveleux. Enrichie de claviers et de chœurs féminins, la ligne mélodique est particulièrement agréable à l’oreille. Imprimé sur un mid tempo, "Honest man" est légèrement coloré de funk, un southern R&B classieux dont les interventions vocales évoquent toujours feu le légendaire chanteur britannique, même si les inflexions sont plus personnelles et bien moins ravagées. La production met bien en exergue les cuivres. C'est dans le dépouillement que l'on mesure la richesse vocale de cet artiste. A l’instar de "I'm giving in", une superbe ballade qui libère énormément d’émotion. Un cri d’amour dans son dénuement le plus total. Juste la voix et le piano. "Quiet company" nous entraîne à Nashville, au cœur de la country. Une sèche et une lap steel aux accents blafards. La voix devient envoûtante tout au long de "Let's get back", une ballade à la mélodie impeccable. Orgue, piano et banjo se conjuguent avant de céder le relais à un trombone magique. "All the way" baigne subtilement dans du soul/funk alors que chargé de feeling, "Last surrender" nous ramène à Memphis, afin de faire revivre l'esprit d'Otis Redding. Une seule plage rythmée, "Who are you listening to?". Un rock entraînant, dansant, abordé dans l’esprit du rocker de Detroit, Bob Seger. Le piano balise le rythme, alors que Benji Bouron s’autorise une sortie remarquée sur sa gratte. De bonne facture, cet LP s’achève par "One good song", une dernière ballade pleine d'émotion…

 

Matthew E. White

Un peu trop light à mon goût…

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Parallèlement à ma critique –dithyrambique– de « Fresh Blood » (voir ici), le second album de Matthew E. White, paru il y a quelques semaines, je me faisais une joie de découvrir le natif de Richmond à l’AB Club de Bruxelles, ce jeudi. Bien entendu, la petite taille de la salle aurait dû me mettre la puce l’oreille : impossible en effet de caler l’ensemble de son ‘Space Bomb Orchestra’ sur le podium étroit du Club ! C’est donc sans surprise que Matthew E. White s’est produit en version light, c’est-à-dire sous la forme d’un duo, devant un auditoire presque comble.

L’Américain (NDR : il est grand et barbu !) et son compère se servent parcimonieusement de leurs grattes électriques et d’une slide. Et le début de set est décevant, même si intrinsèquement les morceaux sont superbes.

C’est un euphémisme d’affirmer que le côté soul et radieux de la musique composée par cet artiste disparaît dans ces versions ascétiques… pour laisser place à des moutures plus country/rock. Genres que j’affectionne pourtant tout particulièrement ; mais malheureusement, comme mon esprit était préparé à recevoir des vibrations positives correspondant parfaitement à l’atmosphère entretenue par ces premiers jours de beau temps, je ne suis pas parvenu à accrocher. Les adaptations sont bien moins immédiates et accessibles que sur l’elpee. La déception est donc réelle, malgré l’évidente qualité des chansons et la dextérité du jeu de cordes des deux sbires. Une certaine absence de relief dans le son et dans l’interprétation me pousse d’ailleurs, peu à peu, à reculer vers le fond de la salle, avant de finir accoudé au bar afin de siroter une bière, en bénéficiant d’une bien belle et agréable musique de fond ! En solo, le show de Sean Rowe accordé il y a quelques semaines, était bien plus énergique…

Après une heure de concert et un bref rappel, Matthew E. White et son jeune acolyte quittent l’estrade sous les applaudissements nourris. Votre serviteur a, de son côté, plutôt envie de retourner, au plus vite, écouter ses albums luxuriants, et au fond de lui-même espère que le futur come-back de son héros bénéficiera du concours d’un véritable groupe, afin que sa musique puisse bénéficier de l’instrumentation qu’elle mérite…

(Organisation AB)

 


Matthew E. White

Fresh Blood

Écrit par

Largué de l’espace telle une bombe (aïe !) en 2012, « Big Inner », un opus soul teinté de rock, s’ouvrait la voie d’un parcours parallèle à celui de grand Kurt Wagner (Lambchop). Un chef d’œuvre qui demandait donc confirmation. Car il existe une règle d’or dans l’univers de la musique : il est toujours difficile de réserver un successeur de qualité à un classique instantané… Heureusement, tout le monde ne possède pas le talent du natif de Richmond (en Virginie). Et il le démontre en manifestant une confondante dextérité dès l’inaugural « Take Care of My Baby », une compo caractérisée par son gospel endiablé (?!?!?), mais aussi et surtout à travers le single « Rock & Roll is Cold », un titre puissant au groove imparable. Le géant américain varie les ambiances tout au long de « Fresh Blood » et dévoile ainsi les différentes facettes de sa muse : l’original et complexe « Fruit Trees » côtoie des sucreries soul empreintes de charme, rencontrées sur son premier elpee, dont l’incontournable et déjà classique « Vision ». L’instrumentation est bien entendu parfaite : cuivres, chœurs gospel et autres cordes classieuses sont assurées par son équipe du Spacebomb Orchestra ! Vous ne l’avez pas cru capable d’élever le niveau ? Vous avez eu tort ! Matthew est parvenu à relever le défi…

 

Matthieu Rosso

No Monster

Écrit par

Difficile d’émettre une critique défavorable à l’égard de musiciens aussi talentueux qui étalent, tout au long de cet elpee, leur créativité, maîtrise et totale indépendance… « No monster » affiche d’évidentes qualités dans son style. Il s’agit du second opus du Toulonnais Matthieu Rosso, soutenu par son Red Quartet, dont le line up réunit le saxophoniste Denis Guivarc’h, le batteur Rafael Koerner et le bassiste Jean-Philippe Morel. Pas un long playing facile d’accès, vous vous en doutez. Un mélange de jazz et de rock progressif qui s’adresse d’ailleurs exclusivement aux disciples du free jazz voire de la musique purement expérimentale. Pas vraiment ma tasse de thé. Et puis, dans ce domaine, je reconnais que ma culture est plutôt sommaire et ne me permet pas d’émettre un jugement objectif. La fusion opérée entre interventions de saxophone, de grattes sauvages et de rythmes complexes pourrait vaguement évoquer un Primus sevré d’émotion. Bref, ce monstre sonore demeure pour votre serviteur une énigme qu’il n’a pu résoudre, faute de pouvoir en maîtriser les codes…

 

Matthew Hegarty

Other Rivers

Écrit par

Paysagiste à ses heures perdues, Matthew Hegarty est un excellent musicien. En 2010, il avait publié un premier Ep baptisé « To The North ». Matt possède une voix très singulière, envoûtante même. Elle peut aussi se faire aussi douce, étrange et feutrée que celle d’Anthony des Johnstons. Voire de Marcus Mumford, le leader de Mumford and Sons. A l’instar d’« Into Gold », piste caractérisée par une instrumentation particulièrement riche. Au sein de laquelle le banjo prend une place prépondérante. Il peut même se révéler dévastateur, mais le plus souvent sert de balise aux envolées vocales. Parfaitement maîtrisée, enrobée de chœurs atmosphériques, l’expression sonore est empreinte d’une grande sensibilité. De charme aussi. Un peu comme chez Beirut et Sons Of Noel and Adrian, un groupe issu de Brighton.

Cet opus est paru au printemps dernier et je suis passé à côté. Tout comme j’ai loupé le concert que la formation a accordé au Botanique. Car cet elpee est remarquable. « Pale Sun Rose » est paru en single. Une perle remixée à la sauce électro par Teemid And Fdvm. Les refrains sont particulièrement contagieux. « To The North », « Out Of The Darkness », « Counting Paths » et « Everything That Dies » en sont les plus belles illustrations. Cordes, synthétiseurs et percussions servent à la perfection la voix cristalline de Matthew, tout au long de « Nowhere Now ». Savoureux, « A Memory Of You » libère une nouvelle fois le banjo. « Old Ceremony » est un titre surprenant, mais également ravageur. L'Australien Matt Corby et Hegarty partagent un duo sur « Another Way Céleste ; et la conjugaison des voix touche au sublime. Bref, ce disque constitue une excellente surprise pour votre serviteur, et je vous le conseille vivement...

 

Matthieu Malon

Une Seconde Chance

Écrit par

Quand l’évidence Pop tient la dragée haute à une esthétique intègre, qu’elle ose se désaper et laisser ses attributs faciles au vestiaire, elle nous apparaît alors dans son plus bel appareil.

Quand elle épouse les contours rugueux d’une pédale de distorsion, qu’elle écrase d’un pied sûr les conventions, elle sait nous aguicher.

Et quand elle surgit de derrière une tenture d’atmosphère sombre et soyeuse comme un velours usé, elle sait se montrer mystérieuse et nous entraîner.

C’est donc d’elle dont il est question sur ce six titres.

Cette Pop aux multiples facettes et aux multiples tenues de scène.

La scène, justement, parlons-en!

Un élément incontournable de la Pop créée par Matthieu Malon.

Mais nous y reviendrons.

Car avant tout, attardons-nous sur l’homme et revenons sur ses différentes identités.

Rencontré en 2002, au creux d’un univers sombre et mystérieux sous les traits opiacés de Laudanum et au travers de trois albums crépusculaires entre Electro et déclinaisons Wave (dont “System : On”, inclassable oeuvre d’une noirceur éclatante), on le perd ensuite de vue,  malgré une activité jamais prise en défaut (notamment au sein de Ex Ex et sous son propre nom). Et aujourd’hui, Matthieu Malon nous revient à la face, tel un boomerang ivre.

Rapproché à juste titre de Daniel Darc, à qui il rendait un vibrant hommage au soir de sa disparition en publiant “28.02.2013”, il signait en mai dernier un retour remarqué aux affaires.

Ainsi, “Peut-être un jour” retraçait les points de suspension au dessus du vide laissé par “Froids”, son premier album paru sans l’artifice d’un pseudonyme au crépuscule du siècle passé, et ce malgré l’existence cachée du très beau “Les Jours Sont Comptés”, un disque oublié car jamais gravé.

Aujourd’hui sort donc cet Ep, “Une Deuxième Chance”.

Dont le titre éloquent tend les bras vers le ciel et nous invite à l’embrasser.

Une franche accolade au départ qui se transforme vite en virile et tendre empoignade.

“Je Veux Du Fric”, en effet, est une entrée en matière plutôt enjouée et un parfait contre-pied à l’univers de Laudanum.

Une déstabilisante incursion dans un registre sympathique sans être racoleur.

Mais bientôt l’étreinte se resserre à l’écoute de “L’Air De Rien”. A cause des sonorités saturées et des nappes synthétiques qui font valser les illusions.

Une électricité grésillante qui sert d’écrin à la voix de Matthieu Malon, celle-ci s’y logeant avec une élégante distance, susurrant les mots plus que les chantant.

“Loin” s’éclaire de choeurs féminins et de clappement de mains sans se départir d’une certaine urgence et “Une Deuxième Chance” retrace ce lien ténu entre cinéma et prose Rock par le biais d’un dialogue teinté de Diabologum.

Une version revisitée de “28.02.2013” souligne l’évidente influence de l’ex-Taxi Girl, mais sans révérence pompeuse et puis il y a cet extrait Live.

Caractérisé par sa trame opaque, “La Fin De mes Nuits” s’autorise une version lézardée d’éclairs électriques. Comme une nuit d’encre striée de flashes, offrant des images stroboscopiques à des paupières closes.

Une adaptation magistrale, tout en retenue, d’où s’échappe un flux résonnant et obsédant.

À l’instar de Matthieu Malon lui-même, “Seconde Chance” affiche donc sa dualité assumée, son envie irrépressible de défricher le paysage sonore et de s’aventurer sur des pentes escarpées comme sur des chemins d’apparence plus linéaires.

Une seconde chance qu’on aimerait voir ne pas filer. 

 

Ouragan Matt Jacquier

Sans domicile fixe…

Écrit par

Ouragan Matt Jacquier est un grand voyageur devant l'éternel. Là ou il pose ses valises, il invite les musiciens du terroir à participer à ses projets. C'est donc lors de son troisième concert accordé à la Chapelle de Mons qu'il a répondu à nos questions. Il fait chaud, l’ambiance est plutôt cool et c'est sur la terrasse et devant une boisson rafraîchissante que l'interview se déroule. Dans la langue de Molière, car ce Franco-canadien s'exprime aussi bien en anglais qu'en français.

Ouragan Matt Jacquier, c’est un drôle de patronyme pour un groupe ?

Au départ, il s'appelait Sidharta. Nous tournions surtout au Canada et aux Etats-Unis. C’est là que nous vivions, finalement aussi. Puis on a débarqué en Europe. Une très chouette expérience. La vraie vie rock'n'roll en groupe et entre amis. A force de voyager, tu rencontres des tas de personnes différentes. Cette envie de liberté va souvent de pair avec la maturité acquise par un artiste, en général. Mais ces rencontres, ces aventures, vécues chaque fois, je voulais qu’elles soient les plus excitantes possible. Lorsque j’étais aux States, mon backing group était constitué d’Américains ? Quand j’ai débarqué en Belgique, j’en ai conclu qu’il était naturel de me produire en compagnie de musiciens belges. C'est également une manière d’appréhender une autre culture. Et puis ce choix permet au public de découvrir une dimension différente de ma musique, et tout particulièrement lors des concerts. Chaque concert, je le souhaite autre. Et la présence de musiciens différents y contribue. Je refuse d’être prisonnier d’une structure ou d’un projet. Quand on monte sur les planches, c’est parce qu’on a envie de jouer en live. Dans ces conditions, choisir mon nom (NDR : Ouragan Jacquier) pour baptiser un groupe, n’est pas nécessairement facile à assumer. Mais c’est une façon d'être moi-même. De m’exprimer à travers les autres. Ceux qui m’entourent, participent à l’aventure. Et finalement aussi le public, qui fait partie de l’ensemble…

As-tu d’autres projets en chantier ?

Vu la formule à géométrie variable, je n’ai pas besoin de me lancer dans d'autres projets. Le but c’est aujourd'hui. Là où je me rends, il se produit des événements. Et on immortalise ces moments-là. Des moments à chaque fois uniques ; et dans ces conditions, chaque nouvelle opportunité, chaque jour, chaque concert, se transforme en nouveau projet.

Finalement, tu vis au Canada ou en Belgique ?

Pour l’instant, je suis en Belgique parce qu'on joue en Belgique. En général je vis où on se produit. On a vécu aux Etats-Unis. A Seattle, Los Angeles et New York. Au Canada. A Montréal et Toronto. En Europe. A Londres et Paris. Nous sommes en Belgique. En Wallonie. Puis nous irons en Flandre. Avant de mettre le cap sur les Pays-Bas. Et ensuite, on retourne en Angleterre. Nous sommes des nomades. Des voyageurs du monde. Comme les acteurs d’un cirque permanent. On ne sait jamais où on va débarquer le lendemain. C’est parfois stressant ; mais ce mode d’existence est très enrichissant.  

Comment décrirais-tu ta musique ?

Pour être honnête, les étiquettes commencent à me fatiguer. Je fais du rock. Et les influences, n’importe qui est susceptible de dénicher celles qui lui conviennent. Depuis Neil Young et son Crazy Horse à Tom Petty, en passant par des formations ou des artistes plus contemporains comme Nick Cave et ses Bad Seeds, les Stooges ou P.J. Harvey. Elle ne sont pas exhaustives, et c’est ce que j’apprécie le plus. Certains y décèlent même des références à Red Hot Chili Peppers. Nous n’avons imposé aucune limite. Et je gère le tout. Finalement, tout le monde s'y retrouve. Suivant l’endroit où je me trouve, la musique prend une dimension différente.

Quels sont les musiciens qui t’ont accompagné, ce soir ?

Des musiciens bruxellois impliqués dans différents projets. Et en compagnie desquels je m’entends très bien. Ils s’investissent dans le mien comme s’il était le leur. Et chaque fois qu’ils montent sur les planches, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. J’avais aussi recruté un guitariste néerlandais. Sous ce line up, on a accordé 6 concerts. Dans un futur très proche, je compte exécuter des sets ‘unplugged’. Acoustiques, si tu préfères. Et m’entourer alors de bluesmen. Ce qui permettra de donner encore d’autres perspectives à mes compositions.

La scène, est donc primordiale pour toi ?

Pour moi, c'est super important. Je fais de la musique pour jouer sur scène. Après avoir transité par le studio, c'est fondamental, car tu marques le moment. Mais, l’effet s’estompe rapidement. Quand tu as enregistré un album, tu le défends pendant des mois voire des années. Mais tu dois chaque fois le réinventer, sinon tes prestations deviennent lisses et linéaires.

Tu as un album en chantier ?

Oui, ce sera mon premier album solo. L’objectif est de communiquer notre expérience dans la musique. Et de la faire vivre dans notre univers. D'une manière tout à fait personnelle. On va le sortir sous différents formats. Des formats qu’on souhaite originaux.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?

La vie tout simplement. Ma réponse est totalement 'bateau', mais c'est ainsi. Je pense qu’elle résulte de ma culture anglophone. Je chante uniquement en anglais. Je parle couramment le français et l'anglais. Mais l'anglais est ma langue maternelle Donc, je rédige plus facilement mes textes, dans cette langue. Par contre, quand j’écris des poèmes, je choisis la langue française. On n’écrit pas de la même manière en anglais ou en français. Il y a beaucoup moins de mots. Et on les utilise davantage pour la dynamique que pour la syntaxe en général. Donc, j'aime bien résumer mes idées et les illustrer. Un exemple ? « Le Petit Prince » de Saint-Exupéry. C'est mon livre de chevet. J'aime beaucoup les textes de Gainsbourg et ceux de Bashung. Ils m'inspirent réellement. J’observe le monde qui m’entoure. Comment les gens se comportent. Et, à la manière d’un reporter, je relate leur quotidien. Certains artistes ou groupes sont engagés politiquement. Mon origine anglo-saxonne m’incite à relater comme un carroi (régionaliste en dialecte canadien). J'ai plus le côté 'Big Generation'. J'aime beaucoup voyager sur les routes, le road movie. J'aime être témoin. Quand j'arrive en Belgique, et tout particulièrement à Mons, je ne débarque pas forcément en terre connue. Mais j'essaye de me fondre le plus possible dans la population et voir comment elle vit. Je respecte sa culture. Et ce soir, c'est le meilleur exemple. C'est le troisième concert à Mons et les gens viennent de plus en plus nombreux. Une certaine connexion s’est établie entre nous…

Quels sont les derniers concerts auxquels tu as assisté ?

Celui de Nick Cave. Et c’est le concert qui m’a le plus marqué. J’ai aussi beaucoup apprécié celui du Fleetwood Mac de Stevie Nicks.

Qu’est ce qui te botte sur la scène musicale contemporaine ?

Franchement, actuellement, il n’y a pas grand-chose qui me donne entière satisfaction. La musique, c’est ma vie, ma passion. Mais les productions actuelles me laissent plutôt froid. Elles sont un peu trop lisses, formatées. Trop explicites également. On ne permet plus aux mélomanes de poser un choix sur ce qu’il veut écouter. On lui impose ce qu’il va entendre. Il prend tout dans la figure. Tout de suite. Et sans ménagement. Perso, j’apprécie me replonger dans les albums des Beatles. Et en particulier celui de « Sergent Pepper's ». Et j’y distingue, chaque fois, des trouvailles. Au bout de la troisième lecture, j’y découvre un nouvel instrument. Je vais être franc, récemment je n'ai rien acheté qui vaille la peine.

Peter Matthew Bauer

Mixing déplorable…

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C'est la fin de la saison au Botanique. Votre serviteur a assisté à l'un des derniers concerts. Il y a un bon mois que le Nuits se sont achevées. Mais j’avais programmé, pour ce mois de juin, le set de Peter Matthew Bauer. L'évènement se déroule au sous-sol du Bota. Soit au Witloof Bar. Un endroit parfait pour assister aux spectacles intimistes. Et tout particulièrement acoustiques. Le public est clairsemé pour accueillir Peter. Je recense tout au plus quarante personnes. Dommage, car et artiste mérite un tout autre crédit.

Peter Bauer, c’est le bassiste du groupe américain The Walkmen. Il a publié son premier elpee solo ce 16 juin ; un disque qui s’intitule « Liberation ». Pour l'occasion, il repris son nom de baptême : Peter Matthew Bauer. A l’âge de 35 balais et après avoir milité 13 ans chez The Walkmen, il a donc décidé de tenter une aventure en solo. Peter est très marqué par la religion. Il a d’ailleurs passé son enfance chez les āshrams. Et en a d’ailleurs conservé une certaine spiritualité. Tout au long de son opus, qu’on pourrait qualifier d’autobiographique, il aborde des tas de sujets qui oscillent du yoga à la scientologie, en passant par le dieu Shiva, la ville de Philadelphie (NDR : c’est là qu’il vit !) et de Varanasi (NDR : une des plus anciennes cités habitées du monde, elle est située sur la rive gauche du Gange, en Inde.) Il s’intéresse également au biologiste et éthologiste britannique Richard Dawkin, un vulgarisateur et théoricien de l'évolution humaine.

Skyler Skyjelset assure le supporting act. Ce guitariste milite également au sein du backing group de Peter. Mais son set ne suscite guère d’intérêt. Si bien qu’après un long solo d’une bonne quinzaine de minutes, il vide les lieux sans dire un mot…

La prestation de Bauer ne sera pas très longue, non plus. Quarante-cinq minutes. C'est peu. Faut dire qu’il n’a qu’un seul album à défendre. Le line up réunit six musicos : deux préposés à la gratte électrique, un bassiste, un drummer, deux jolies choristes et Peter également à la six cordes ainsi qu’au chant.

Dès le début du set, on se rend compte que quelque chose cloche dans le mixing. En fait, il a été confié à un stagiaire. Drôle d’idée. Il a beau faire de son mieux, mais on n’entend guère la voix du leader. Elle est couverte par les retours de la section rythmique, dont le volume sonore est excessif.

« Lock For Someone » ouvre les hostilités, une compo qui ne figure pas sur l’elpee. Et embraie par « Fortune Tellers ». Les tonalités de cordes trempent dans un americana contemporain. Et soutiennent parfaitement la voix envoûtante, très sixties de Peter, dont le timbre me fait étrangement penser à celui de Billy McCarthy, qui milite au sein du band new-yorkais We Are Augustines. Quoique caractérisé par sa superbe mélodie, « Irish Wake in Vaanasi (For Big Pete Devlin) » devient rapidement pénible vu la qualité du son. Et « Liberation », le titre maître du long playing, ne passe pas mieux. Après « Shiva The Destroyer », le band attaque « Full Moon », un autre inédit. Malheureusement, dès que le batteur s'emballe, on n'entend plus les parties vocales. Un titre garage : « I Was Born in An Ashram ». Puissantes, les guitares s’en donnent à cœur joie. La setlist nous réserve encore « Philadelphia Raga », « Latin American Ficciones » et « Miracle Mile ». Puis un rappel quand même consacré à « You Are The Chapel ».

Le potentiel de Peter Matthew Bauer est indéniable. J'espère le revoir dans d’autres conditions. Face à un public plus nombreux et sous la houlette d’un ingé son plus professionnel. En attendant, je me consolerai à l’écoute de « Liberation », un disque qui recèle plusieurs pépites. Un petit chef d'œuvre que je me suis d’ailleurs procuré en vinyle…

(Organisation Le Botanique)

 

Ouragan Matt Jacquier

En communion avec son public…

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Le dernier concert auquel j’avais assisté à la Chapelle de Mons, m'avait déçu. C’était il y a déjà trois ans. Le son était médiocre. Depuis, de nombreux aménagements ont été apporté à ce bâtiment désacralisé, afin d’apporter un meilleur confort à l’acoustique. De petite capacité, cette salle est capable d’accueillir plus ou moins 200 spectateurs. Ce soir elle est bien remplie. Il doit y en avoir 140. A l’affiche, Xcess et le Canadien Ouragan Matt Jacquier.

Xcess assure donc le supporting act. Un quatuor issu de la région de Jemappes et Quaregnon. A sa tête, Ben, au chant. Il est soutenu par Alex à la guitare, Mike à la basse et Arno aux drums. Né l’an dernier, le groupe pratique un rock assez nerveux et mélodique. Ben se révèle bon showman. Il invite quelques spectateurs à monter sur l’estrade, le temps d’un titre. Pour participer à la fête. De leur setlist, j’épinglerai « Opsession », « Xcess » et surtout « Television ». Toutes les compositions sont signées par le groupe. Créatif, il affiche, en outre, une belle maturité. A revoir !

Ouragan Matt Jacquier nous vient de Toronto, au Canada. Dans son look, il y a quelque chose de Dave Grohl, mais aussi de Jésus Christ (NDR : ben oui, on est quand même dans un ex-édifice religieux). Ses influences ? Elles oscillent de Tom Petty à Neil Young, en passant par PJ Harvey. J’avais déjà pu assister à un de ces concerts, au Barzanbova de Houdeng. Faut dire qu’il tourne en Belgique depuis quelque temps. Grand voyageur à l’âme de poète, là où il se pose, il se produit en compagnie de musiciens du terroir. Une véritable histoire d'amour s'est nouée entre le public montois et ce sympathique artiste. C'est d’ailleurs la cinquième fois qu'il vient jouer à Mons.

Ce soir, le backing group d’Ouragan réunit trois musiciens. Ils ont intégré le line up après deux répétitions. En début de parcours, Ouragan est confronté à quelques problèmes techniques. A cause de son ampli. Désagréments rapidement résolus. La setlist est semblable à celle qu’il avait choisie lors de sa prestation accordée, en janvier, à Houdeng. Un nouveau titre quand même : « Buffalo ». Le Canadien va nous réserver une prestation intense et énergique sculptée dans un rock vintage. Les guitares sont huileuses. L'âme de Kurt Cobain rôde dans la chapelle. Un concert bref, mais solide, au cours duquel, tout comme Xcess, Matt invite quelques spectateurs à monter sur le podium, de manière à entrer en communion avec son public… 

(Organisation Ouragan Matt Jacquier et Xcess)

 

Matt Andersen

Weightless

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Matt Andersen est canadien, du New Brunswick très exactement. Auteur/compositeur/chanteur/guitariste, il a entamé sa carrière en 2002. Au cours des dernières années, il a publié "Second time around" en 2007, "Something in between" en 2008, "Piggyback" et "Live at Phoenix Theatre" en 2009 et "Coal Mining blues" en 2011. Sans oublier, au cours de ce même exercice, "Push Record", en duo avec Mike Stevens, et "Spirit of Christmas", un album de Noël. Janvier 2010, il avait remporté le réputé International Blues Challenge de Memphis!

Matt possède un timbre vocal aussi graveleux et ravagé que celui de Joe Cocker. Et c’est manifeste dès "I lost my way", la plage qui ouvre l’elpee. Pour ce r&b de toute bonne facture, il est soutenu par d’excellents musicos, et notamment une armée de cuivres et de chœurs. Tout au long de l’opus, on remarque que lors de la mise en forme, Steve Berlin (Los Lobos/ex-Blasters) est venu ajouter son grain de sel… Caractérisé par sa superbe mélodie, "My last day" est une ballade lente, colorée par l'orgue Hammond de Ross Billard, une piste que chante Andersen comme un Cocker juvénile… La tendresse envahit "So easy", une autre ballade country transcendée par les interventions cristallines de la pedal steel que se réserve un autre Canadien issu de Vancouver, Paul Rigby. Le titre maître baigne dans le r&b, une piste légère qu’illustre parfaitement la plume reproduite sur la pochette ; et pourtant, on ne peut pas dire que la corpulence d'Andersen soit un argument de poids (?!?!) pour refléter cette subtilité. Son partenaire habituel et ami, Mike Stevens (NDR : un spécialiste du bluegrass) vient apporter son concours à l’harmonica. La six cordes sort enfin de sa réserve sur "Alberta Gold", un titre imprimé sur une rythmique sobrement rock. Il était temps! "Let's go to bed" reconduit un peu la formule utilisée pour "So easy" : l’intimité et la tendresse. Sentiments que traduit parfaitement la pedal steel. Andersen libère le max de sensibilité sur les compos les plus paisibles. Il élève pourtant la voix sur "The fight", un combat valeureux et convaincant. Sans aucun doute, la plage qui m’a botté le plus. Délicatement country, "Drift away" opère un retour à la country. Un peu de rythme qui anime "City of dreams" suffit pour libérer les cordes acoustiques et amplifiées. "Between the lines" est empreint d’une douceur extrême. Paisible, la voix se laisse cajoler par les interventions limpides de l’orgue et de la guitare, échangeant des baisers, des roses et du chocolat…

 

Matthew E. White

Outer Face (Ep)

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Matthew E. White nous vient de Richmond, en Virginie, et constitue certainement une des révélations les plus improbables de l’année 2013. Et il a décidé de nous offrir, une petite sucrerie folk-soul pour la clôturer en beauté. Judicieusement intitulé, « Outer Face », cet Ep nous dévoile une nouvelle facette de son immense talent. Un écrin dépouillé pour une voix de velours dans un corps de fan de métal… Si les arrangements des 5 morceaux sont moins luxuriants, ils sont néanmoins appuyés par des chœurs féminins (Pinson Chanselle et Cameron Ralston) et parcourus par une ligne de basse au groove imparable. Des compos davantage minimalistes, mais tout aussi intenses. Le plus bel exemple ? « Hot Hot Hot ». On n’avait rien écouté d’aussi soyeux depuis Lambchop…

 

Matt Baxter and Jake Sampson

Haunted

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Matt Baxter et Jake Sampson ont établi leurs quartiers à San Francisco. Le premier s’est spécialisé dans la guitare slide. Apparemment, il est né en Angleterre. Il a apporté sa collaboration à de nombreux musiciens et a notamment lors de sessions d’enregistrement, comme musicien de studio. En particulier Sue Foley, Debbie Davies, Guy Davis et… Procol Harum. Sous son propre nom, il a gravé "Cold front", en 1989. Flanqué de son partenaire, il avait déjà publié "Dusty Mule blues", en 2001. Sampson est originaire de Detroit. Il est chanteur et bassiste. Sampson a gravé "Closer to the blues", en compagnie de Barry Levenson en 2000, et "Three shades of blues" en 1995.

Ce duo multiracial est responsable d’un country blues acoustique d'excellente facture. Dès le premier titre, on tombe sous le charme. Tout au long de ce "Someday", la voix de Sampson, très sombre, épouse celle du monstre sacré du roots blues, Taj Mahal. Deux guitares et un harmo soutiennent l’ensemble. "Dusty mule" est imprimé sur un tempo tout aussi indolent. L’atmosphère devient lugubre. Elle est même chargée de tristesse. Baxter arrache des sonorités incroyables de son bottleneck. La prise de son est impeccable ; c'est comme si l'artiste était juste devant vous. On peut entendre le son des doigts sur les cordes et le glissement du bottleneck. Magique, cette slide nous transporte sur les berges du Mississippi, au coeur du Delta. "Haunted" est à nouveau dominé par les tonalités métalliques des cordes. Le climat devient oppressant. Pourtant, la voix de Jake manifeste une autorité naturelle. Trempé dans le country/folk/blues, "Jaime Lynn" est davantage bercé de douceur et de sérénité. Une piste illuminée par des interventions de mandoline. Sampson chante nonchalamment "Same old pain", dans un style proche du swamp blues laidback de Tony Joe White, même si la voix rappelle plutôt John Lee Hooker. Manifestement, nous pourrions contempler le calme absolu d'un marais louisianais, sur une telle bande sonore ciselée par des cordes acoustique. "Soul" élève le tempo. L’expression de la voix laisse transparaître un sourire. "Don't it make you feel good" opère un changement radical de style. Matt excelle lors de ce blues électrique aux accents latins. La voix est moins grave. Tony Coleman se charge des drums et Dave Pellicciaro de l'orgue Hammond B3. Le coup de bottleneck meurtrier revient pour "Little girl gone", une compo qui macère de nouveau dans une ambiance ténébreuse, hantée par la voix angoissante de Jake. "Take me back home" est un autre un blues déchirant. John Lee Hooker se réincarne dans la peau de Sampson. Il gratte nerveusement sa guitare rythmique, alors que le piano de Simon Russell prépare discrètement l'arrivée de la slide. "Highway 54" clôt cet excellent opus, un blues minimaliste tourmenté par la voix caverneuse et déchiré par le bottleneck …

 

Matthew Friedberger

Matricidal sons of bitches

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L’an dernier Eleanor Friedberger publiait « Last summer », son premier opus solo, un disque trempé dans une pop particulièrement élégante. Après la sœur, place aujourd’hui au frère, Matthew qui nous propose son onzième opus en solitaire, même si on sait que ses neuf derniers, gravés entre janvier 2011 et juillet 2012, étaient consacrés à des démonstrations instrumentales conceptuelles (le neuvième compile d’ailleurs les huit autres). Pour rappel, Matthew et Eleanor militent également au sein du duo Fiery Furnaces.

« Matricidal sons of bitches » est à nouveau expérimental. Un opéra instrumental découpé en quatre actes et 45 morceaux.

L’Américain présente d’abord les personnages (Peter, Charlie, Perry, Marco, Julian et Michael) avant d’entrer dans le vif du sujet… et là, c’est avec effroi qu’on assiste à l’autosacrifice d’un talent unique. Tout simplement parce que les compos auraient mérité plus de temps et d’espace. Les bonnes idées foisonnent, les mélodies ont une accroche, mais l’écoute de ce disque est absolument insupportable, car au bout de quelques secondes, le processus avorte.

Les puristes apprécieront sans doute la démarche de l’artiste. Les mauvaises langues le taxeront de vain poseur. Perso, je suis convaincu du génie de Matthew Friedberger ; mais il serait quand même temps qu’il nous ponde un disque qui tienne la route…  

 

Matt Elliott

The Broken Man

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Matt Elliott est le fondateur du projet électro-folk The Third Eye Foundation ; mais depuis 2003, il épure également son folk en publiant des disques sous son propre nom. Vu sa voix grave, ses arpèges de gratte particulièrement aride et la longueur de ses morceaux, on pourrait le prendre pour un Leonard Cohen neurasthénique (NDR : et c’est d’ailleurs flagrant sur le meilleur titre du lot : « Dust Flesh and Bones »). « The Broken Man » est judicieusement baptisé. Ce n’est cependant pas une surprise, car le climat qui y règne est toujours aussi ténébreux. Ne comptez d’ailleurs pas sur Matt Elliott pour vous remonter le moral. Faut dire que la production de clinique de Yann Tiersen renforce cette impression. D’une rare austérité, hormis la présence d’une guitare andalouse sur « This is For », les longues plages psalmodiées trempent dans un dark-folk balayé de cordes, de chœurs, d’accords de piano et de cloches ; un climat propice à la damnation des âmes… Un bel opus, mais chargé d’une profonde tristesse. Brrrr… Comme l’artiste anglais le dit si bien sur « Dust Flesh and Bones » : ‘This is how it feels to be alone, just like we’ll die alone…’

 

Scott Matthew

Gallantry’s Favorite Son

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L’heure de la révélation a-t-elle enfin sonnée pour Scott Matthew ? Fervent supporteur de l’artiste depuis sa première apparition discographique au sein de la bande son de « ShortBus » en 2006, ce sont les oreilles grandes ouvertes que Musiczine accueille le troisième LP de Matthew. « Gallantry’s Favorite Son » nous parvient deux ans après le captivant « There Is An Ocean That Divides… ». Et force est de constater que l’homme s’avance encore de quelques centimètres de plus vers le côté clair de la force. Celui qui nous avait habitués à des morceaux d’une intensité palpable se permet aujourd’hui de sourire le temps de quelques mélopées. A commencer par le sifflotant « Felicity », qui dévoile un Scott Matthew comme on l’entend trop rarement.

Les textes demeurent cependant très obscurs et affectés (« Duet », « Buried Alive », « Seedling », « Sinking »). L’Australien poursuit donc sa thérapie. Thérapie qui fonctionne manifestement bien, le musicien s’approchant peu à peu de la lumière (« The Wonder Of Falling In Love », « No Place Called Hell », « Felicity »). Ses onze nouvelles complaintes sont tout simplement émouvantes,  envoûtantes et magnétiques. Chose qu’il doit indubitablement à des cordes vocales touchées par la grâce. Tête d’affiche de la septième soirée du festival Autumn Falls ce 27 novembre 2011, Scott Matthew est un artiste à ne surtout pas manquer, aussi bien sur disque que sur scène.

 

Matthew Herbert

One Pig

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Matthew Herbert n’est pas véritablement un musicien. C’est plutôt un artiste, au sens premier du terme. Son troisième elpee « One Pig » clôture sa trilogie « One », démarrée en 2010 et vise, selon les propos mêmes de l’auteur, à produire ‘Trois albums, chacun à propos d’une chose’.

Le projet est assez élémentaire : superposer, à une musique électro, des bruits et sonorités issus de la vie quotidienne. Et pour ce nouvel opus, Matthew Herbert a donc superposé, comme l’annonce son titre, des sons de… cochons ! Sons originaux des animaux, directement enregistrés depuis une ferme d’élevage.

Par conséquent, attendez-vous à découvrir, au détour de votre écoute, des bruits de dispute, de naissance et même de mort de nos compères à quatre pattes. Le titre « August 2010 » ira d’ailleurs jusqu’à proposer, mélangés à des mélodies électro assez bien construites, des bruits d’urine ! Par conséquent, si on ne peut nier le travail accompli, nul doute que l’auditeur lambda restera probablement de marbre face au style d’Herbert, assurément décalé…

Après quelques écoutes, on ne peut donc qu’être partagé entre d’une part, le message honorable véhiculé, à savoir la dénonciation des conditions de vie abominables des porcs au sein de la chaîne alimentaire, et d’autre part le résultat obtenu ainsi que l’aspect forcément pour le moins étrange du projet. Les 10 pistes s’écoutent donc par curiosité, mais ne se réécouteront probablement pas.

En conclusion, cet album est de ceux qui ne laissent pas indifférent, dans un sens ou dans l’autre, sans demie mesure… puisqu’une association de défense des animaux a d’ores et déjà porté plainte et tente d’empêcher sa distribution, estimant que l’artiste ‘rend amusant la cruauté animale’. Alors même que de l’avis de son auteur, c’est l’exact but inverse qui est poursuivi. Sans doute s’agit-il ici d’un énième artiste incompris ?

Etonnant et indubitablement original, « One Pig » est donc à réserver à un public averti.

 

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