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The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Le parfum de vie de Goudi

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Of Monsters And Men

Huit minutes de final avant de disparaître dans le son…

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Ce mardi 3 mars, à l’Ancienne Belgique, l’Islande est sous le feu des projecteurs. Et pour cause, Of Monsters and Men et RAKEL sont à l’affiche. Le concert est complet depuis longtemps.

Plus de dix ans après l’impact international de « Little Talks », Of Monsters And Men continue d’élargir son répertoire. Quatre mois après la parution de « All Is Love And Pain In The Mouse Parade », le septuor islandais est parti défendre ce long playing tout au long de son ‘Mouse Parade Tour’, qui passait donc, par Bruxelles.

 En ouverture, il revient à RAKEL, artiste islandaise émergente, responsable d’une musique pop/indie intime et atmosphérique de chauffer la salle.

Le set de la chanteuse et compositrice s’ouvre par « Petrichor ». Aux claviers, Salomé Katrin l’accompagne et pose un cadre calme, presque cotonneux. « Rescue Remedy » glisse sans heurt, puis « Pillows » installe un apaisement proche de la suspension. Les titres sont issus de « A Place To Be », paru le 17 octobre 2025.
Un point de jonction s’impose ensuite : Nanna Bryndís Hilmarsdóttir rejoint le duo pour le dernier morceau. Toutes trois proposent une reprise de « Let It Die » (Feist), interprétée sans effet superflu, qui prépare la transition vers la tête d’affiche. La salle applaudit longuement la fin du set (page ‘Artistes’ ici). 

Place, ensuite à Of Monsters And Men.

Les sept musiciens s’alignent : quatre guitaristes (dont deux préposés aux sèches), un multi-instrumentiste qui passe de la basse aux claviers, un second claviériste-accordéoniste, en surplomb sur une estrade, et, à droite, un batteur planté sur une plateforme plus haute. L’arrivée du combo reste sobre, mais l’impact se fait sentir dès les premières mesures.

Le set démarre par « Television Love » puis embraie sur « Dream Team », deux titres qui installent une atmosphère planante, parfois contemplative, sans se limiter au folk du début des années 2010. La formation circule entre pop cinématographique et folk rock, en alternant retenue et poussées mélodiques. La sélection du soir met logiquement l’accent sur le dernier disque, « All Is Love And Pain In The Mouse Parade ». Dix morceaux y trouvent place, joués comme des classiques déjà installés.

Paru en 2011, « My Head Is An Animal » propulse Of Monsters And Men au-delà des frontières islandaises. Ce soir, l’elpee revient régulièrement dans la setlist, cinq titres à l’appui. « Dirty Paws » et, surtout, « Little Talks » déclenchent les séquences les plus fédératrices : la fosse se met en mouvement, les mains marquent le tempo, et l’auditoire reprend les refrains aux côtés de Nanna Bryndís Hilmarsdóttir et Ragnar Þórhallsson.

Les nouveautés reçoivent un accueil franc, même si une partie de la grande salle semble préférer les chansons des débuts. « King and Lionheart » relance immédiatement les chœurs et les pas de danse. Côté nouvel opus, « Kamikaze » affiche des teintes pop rêveuses, « Ordinary Creature » appuie un refrain plus nerveux, et « The Block » ouvre une parenthèse plus introspective : les musiciens se rassemblent en cercle, le clavier en point d’ancrage, et le tempo se resserre jusqu’à suspendre l’instant. Lumières basses, ambiance recueillie.

À la demande générale, le band ajoute « Empire » et prolonge le dialogue auprès d’une foule qui ne lâche rien.

Pour le rappel, la formation choisit d’abord l’épure : « Love Love Love », interprété en solo par Nanna. « Fruit Bat » prend ensuite le relais sur un format étiré, huit minutes prolongées par une sortie instrumentale immersive. Sur la fin, les voix se retirent et le son occupe tout l’espace, comme si la salle n’avait plus besoin de paroles pour rester encore un peu dans leur univers…

Setlist : « Television Love », « Dream Team », « King And Lionheart », « From Finner », « Kamikaze », « Styrofoam Cathedral », « Alligator », « The Actor », « The Block », « Mouse Parade » avec RAKEL, « Dirty Paws », « Crystals », « Empire » (à la demande générale du public), « Ordinary Creature », « Little Talks ».

Rappel : « Love Love Love », « Fruit Bat ».

(Organisation : Live Nation)

The Experimental Tropic Blues Band

Tout a une fin pour Thomas Sarrodie & Bi-Polar Blues

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Thomas Sarrodie & Bi-Polar Blues

Une guitare enracinée dans le blues, qu’il mêle une énergie rock contemporaine et d'échos psychédéliques des années 60, Thomas Sarrodie & Bi-Polar Blues captive par ses slides envoûtants, un accordage baryton, une contrebasse surprenante et un rythme de batterie tourbillonnant. Il se forme il y a douze ans en compagnie de Thomas Sarrodie (guitare, chant) et Sylvain Blanquiot (basse), le Thomas Sarrodie Group qui s’impose sur les scènes d'Occitanie avec divers batteurs, jusqu'à ce que Jérémy Cazorla prenne place derrière les fûts. Influencé par Stevie Ray Vaughan et Jimi Hendrix, Sarrodie y ajoute une touche personnelle, évitant les clichés, comme en témoignent trois albums studio et un enregistrement live vibrant. Désireux d'évoluer, le trio intègre la contrebasse, le slide et des accordages barytons, redessinant son son vers un blues roots tout en conservant une énergie rock. Rebaptisé Thomas Sarrodie & Bi-Polar Blues, le groupe se lance dans une nouvelle tournée et l'enregistrement d'un nouvel opus éponyme. Ce dernier reflète leur ambition de repousser les limites, grâce à des compositions évoquant le Delta ou les Hills, teintées de l'influence de R.L. Burnside, tout en rendant hommage à une tradition des années 60 avec une approche moderne.

Ce voyage presque initiatique au cœur du Blues et du Rock enflamme l'énergie et l'âme qui font de cet opus le travail d'un trio inspiré (guitare/chant, contrebasse, batterie), porté par l'expérience considérable du groupe, tout en restant unique et original.

Le vidéo clip de "It All Comes To An End" est disponible ici

 

The Apartments

La mémoire de The Apartments

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Le huitième album de The Apartments, « That’s What the Music Is For », est paru ce 17 octobre 2025. ​ Produit par Tim Kevin, il a été enregistré par Peter Milton Walsh entre 2023 et 2025, avec une approche progressive et minutieuse. Les chansons explorent la fusion entre passé et présent, tout en rendant hommage aux personnes disparues à travers la musique. ​ L'univers musical mêle mélancolie, raffinement, cuivres et cordes. ​

The Apartments, groupe fondé à Brisbane en 1978 par Peter Milton Walsh, tire son nom du film ‘La Garçonnière’ de Billy Wilder. ​ Après des collaborations avec The Go-Betweens et des débuts pour le label Rough Trade, le groupe a sorti plusieurs elpees marquants, dont « the evening visits… and stays for years » (1985), « drift » (1992), et « A Life Full of Farewells » (1995). Après une pause prolongée, il a gravé « No Song, No Spell, No Madrigal » (2015) et « In and Out of the Light » (2021).

Un monde de fumée, de gin et de regrets, un mode de mélancolie, de cuivres et de cordes. Un monde de raffinement et de probité. La vie dans ce qu’elle peut nous offrir, avec ses barques de joies et de tristesses. Les compositions de Peter Milton Walsh sont de véritables chansons en ce sens où elles racontent des histoires, des histoires qui nous accompagnent et que l’on peut chacun terminer. Le propre d’une grande œuvre sans doute.

Le clip de « Death Would Be My Best Career Move » est disponible

 

 

Seigmen

La dissonance de Seigmen

La date de sortie du nouvel album de Seigmen, « Dissonans », le 23 octobre, n'est pas une coïncidence. Cet elpee marque un nouveau chapitre dans une histoire où tout est lié. « Dissonans » est notamment le deuxième volet d'une trilogie prévue, après « Resonans », nominé aux Grammy Awards norvégiens, l'année dernière. La sortie coïncide également avec le 30e anniversaire de l'album « Metropolis », qui a marqué le tournant dans la carrière de Seigmen et est tombé dans les bacs à la même date en 1995. Plus subtilement, plusieurs titres de « Dissonans » s'inspirent des premières années du groupe, lorsque sa musique était plus incisive et abrasive. La boucle est bouclée.

La première chose qui frappe dans « Dissonans », c'est son approche artistique. Alors que les précédents elpees privilégiaient la symétrie et le minimalisme, il offre quelque chose de plus brut, presque une esthétique punk dépouillée. Les fidèles followers reconnaîtront toujours l'atmosphère caractéristique de la formation, mais ils entendront également une volonté de briser les conventions et de laisser les chansons évoluer naturellement, où que cela mène. Enfin, le tempo a été accéléré d'un cran ou deux.

L'album s'ouvre sur « Dyret (23 bud) », qui a également servi de premier single. La chanson délivre, selon les standards de Seigmen, un message clair : reconnaître sa propre valeur unique et résister à l'influence des attentes des autres.

Le deuxième single, « Disiplin », fait monter considérablement le niveau d'énergie, porté par un riff de batterie qui attendait dans les tiroirs depuis 1990. Direct et sans compromis, il culmine dans un refrain cathartique construit autour de la phrase ‘for det som betyr noe for meg’ (‘ce qui compte pour moi’), une phrase qui résonne longtemps après la fin de la chanson.

Enfin, le dernier single avant la sortie du long playing s’intitule « Så Nært », une compo qui s'aventure dans un territoire nouveau et inattendu. Aérienne et pleine de vie, elle met en vedette Alex Møklebust dans une performance vocale plus intime et expressive que d'habitude. La monotonie des couplets laisse place à un refrain envoûtant, une libération, et oui, une véritable ballade.

Avec six autres chansons, ces titres composent « Dissonans », un LP qui permet à un groupe de redécouvrir, en quelque sorte, une nouvelle étincelle d'énergie, de créativité et de joie de jouer, des décennies après avoir été l'un des groupes de rock les plus importants de Norvège.

« Dyret (23 bud) » est en écoute là

https://www.youtube.com/watch?v=D0jx7xGcyLo

 

 

Mensis

Un second volume pour Mensis…

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Mensis a sorti son second album, » Mensis II », ce 15 mai. Une fresque musicale très pop entre nostalgie des années 70/80 ce et modernité. Réunissant Marta et Ange, le duo explore les méandres des souvenirs, le passage du temps et le lien complexe entre les individus et la société.  « Mensis Vol II » délivre une pop légère et cinématographique qui sent bon l’été, les vacances, la plage, la fête, à l’image de sa pochette.

Duo de voix et d’écriture, Mensis est aussi un couple dans la vie. La voix grave et sensuelle de Marta, passionnée de romans, est portée par les musiques d’Ange, multi-instrumentiste, qui navigue entre la pop 80’s, la soul music et le rock psychédélique.

Après un premier opus, « Second Step On The Moon », qui nous emmenait dans un voyage onirique, le groupe revient avec une œuvre encore plus audacieuse influencé par la pop des Wings, la soul et les violons de Barry White et le psychédélisme rock de Tame Impala.

Le nouvel extrait qui accompagne la sortie de l'opus, « Tôt ou Tard », bénéficie d’un superbe clip en noir et blanc réalisé par Fabrice Leseigneur.

Si le premier extrait, « Arimna », nous transportait à Rimini, évoquant les souvenirs de vacances familiales dans les années 70 en bord de mer, les premières rencontres, les sorties, les amis, le second, « Shooting Stars », nous a projeté dans les étoiles.

Le réalisateur Lionel Payet Pigeon a entièrement généré les décors et nos deux musiciens à la découverte d'une nouvelle planète sauvage de ce clip à l’aide de l'intelligence artificielle. Rien de mieux que l'espace pour admirer les étoiles filantes.

Le clip de « Tôt ou Tard » est disponible ici et d’« Arimna »

 

Skot Kremen

This Again (Ep)

Écrit par

Etabli dans le New Jersey, Skot Kremen a forgé son expérience au sein de différentes formations comme You Shriek, Blue Diner et Model Behavior, avant de se lancer en solo, il y a 5 ans. Et parallèlement, outre ses collaborations, il a monté un alias électronique, baptisé Milestar, démontrant ainsi sa polyvalence.

Sa capacité à équilibrer énergie brute et détails minutieux transparaissent tout au long de son Ep, « This again ».  

Il y superpose des guitares vaporeuses, des rythmes hypnotiques et des voix ténébreuses pour créer des paysages sonores éthérés, cinématographiques et intimistes, aux textures obsédantes qui suintent de nostalgie et d'introspection.

Le titre maître de l’Ep est en écoute  

Podcast # 83 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Bria Salmena

Le gros chien de Bria Salmena…

C’est le 28 mars dernier que Bria Salmena sortait son premier album solo, « Big Dog ». « Big Dog » raconte l'histoire d'une transformation, d'une exploration profondément personnelle de la résilience et d'une déclaration d'indépendance artistique forgée par la collaboration.

Longtemps célébrée en tant que chanteuse du groupe post-punk canadien FRIGS mais aussi comme celle d'Orville Peck, Salmena atteint le point culminant de son évolution artistique sur cet opus. Ancré par sa voix imposante, tour à tour tendre, brute et provocante, l'elpee traverse le terrain de la vulnérabilité et de la connexion, marquant l'arrivée d'une artiste qui s'affirme audacieusement.

Le son de « Big Dog » oscille entre des styles différents En effet, il prend des éléments de krautrock hypnotique et de shoegaze chatoyant, de goth opulent et de darkwave pulsante, avec un étalage de textures électroniques pour un son sophistiqué et souvent troublant. Au milieu de ce vaste paysage sonore, l'imagerie lyrique et la voix puissante de Salmena restent au centre de l'attention, parfaitement focalisées.

Tout au long de la nouvelle vidéo du premier single, « Stretch the Struggle », réalisée par Gennelle Cruz & David May, nous sommes frappés par la nature rebelle et par l'immédiateté et la puissance de la performance de Salmena.

Le clip de « Stretch the Struggle » est à voir et écouter ici

 

 

The Experimental Tropic Blues Band

The Experimental Tropic Blues Band… toujours aussi expérimental…

Écrit par

 « Angelborsht Tragedy », premier single avant la sortie du nouvel album pour The Experimental Tropic Blues Band.

The Experimental Tropic Blues Band, groupe belge iconoclaste, secoue la scène rock internationale depuis plus de deux décennies. Formé à Liège, ce trio unique s’impose par une énergie brute et une audace musicale qui ne laissent personne indifférent. Après avoir embrasé les scènes d’Europe, des États-Unis et du Canada avec leur rock garage abrasif et déjanté, il sortira un album, en septembre 2025. Intitulé « Loverdose », il s’annonce captivant… et expérimental !

Le nouveau single, « Angelborsht Tragedy », est à voir et écouter sous forme de clip ici

 

Les Volcans Dorment

Les "Monstruations", de lorsque Les Volcans Dorment

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Le collectif post-rock féministe Lorsque les volcans dorment, réunit des membres de Bank Myna et de Skinsitive. Pour inaugurer cette nouvelle étape, le groupe dévoile un clip à la fois crépusculaire et libérateur : "Monstruations", premier extrait de son album attendu pour le 14 mars prochain 2025 chez Voice Of The Unheard records.

Ce clip pose les bases d'une œuvre profondément intime mais qui va bien au-delà, en transformant un parcours traumatique individuel en expérience collective et militante. Réalisé par Pierre Sopor Montali, avec la complicité d'Alain Delvare dans un esprit DIY, il incarne l'essence même du groupe avec une esthétique brute et poétique, inspirée des atmosphères crépusculaires de Dario Argento et du cinéma de Julia Ducournau et Coralie Fargeat. Le texte est signé par la poétesse Sélia Louise Château.

Le premier opus de Lorsque Les Volcans Dorment est pensé comme une longue montée en puissance combinant post-rock solaire et électro-indus glacé. Chaque morceau de l'elpee est une histoire, portée par des invité∙es issu∙es de différents horizons (slam, poésie, musiques extrêmes...) Le long playing s'accompagne d'un zine imaginé et fabriqué par le collectif ; il regroupe les textes originaux des différent∙es invité∙es, assortis de collages, découpages et illustrations 100% DIY.

La vidéo de "Monstruations" est à découvrir ici

 

 

Mental Map

Snow in June (single)

« Snow in June », c’est le titre du troisième album du groupe canadien The Nothern Pikes, paru en 1990, mais c’est également celui du nouveau single gravé par Mental Map, un quatuor originaire de la région de Saint Petersbourg qui ne compte que quelques singles et Eps à son actif.

Sur ce morceau, la formation raconte qu’à la mi-juin, des flocons de tremble tourbillonnent et ressemblent à des flocons de neige, un phénomène qui s'accompagne de changements de température soudains et se termine par une puissante tempête…

Et la musique proposée correspond parfaitement à l’ambiance rêveuse, atmosphérique, mélancolique et romantique du shoegaze et de la dream pop qui mêlent souvent sonorités éthérées et paroles introspectives.

« Snow in June » est en écoute ici 

Podcast # 49 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Amenra

A vous glacer le sang…

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Dans le cadre d’une tournée mondiale, Amenra se produit ces 30 et 31 mai 2024, à l’Ancienne Belgique. Les deux concerts sont sold out. Votre serviteur assite au second. Et la formation revient pour 3 nouvelles dates, dans la même salle, en mars 2025, preuve que leur succès ne fait que s’amplifier...

Plus rien ne semble arrêter la formation courtraisienne fondée en 1999 et construite autour du chanteur charismatique Colin H. Van Eeckhout.

Le line up implique également les guitariste Mathieu Vandekerckhove et Lennart Bossu, le drummer Bjorn Lebon ainsi que le bassiste Tim De Gieter.

Le combo pratique un post/doom puissant et intriguant à la fois. Raison pour laquelle, elle arpente, depuis plusieurs années déjà, les plus grandes scènes du monde entier, à la rencontre des adeptes de la Church Of Ra. Notoire pour l'intensité de ses performances live, le groupe entraîne à chaque fois son public dans un voyage musical étrange au cours duquel Colin et ses disciples exorcisent leurs démons. Dans leurs textes, ils abordent, pour thèmes, la douleur et la souffrance, mais aussi le droit d'oser regarder les choses en face. Chaque album est l'intégration d'un traumatisme. Ce qui explique la série d'albums baptisée « Mass », suivie, en 2021, par « De Doorn », un opus en explore les thèmes du deuil et du chagrin, marquant un tournant dans son évolution.

Doodseskader assure le supporting act. Il s’agit d’un duo belge réunissant le bassiste d’Amenra et guitariste d’Every Stranger Looks Like You, Tim De Gieter, et le drummer de The K., Sigfried Burroughs. Formé à Gand, en 2019. son sludge est teinté d'influences post hardcore, punk, heavy metal, hip hop et grunge. A son actif, deux elpees, « MMXX : Year Zero », paru en 2022, et « Year II ».

Une toile noire est tendue en arrière-plan sur laquelle des vidéos plus morbides les unes que les autres sont projetées, mais également les paroles des morceaux, comme lors d’un karaoké –et la foule ne se prive pas de les reprendre en chœur, laissant uniquement les ombres de cette section rythmique basse/batterie se profiler sur cet écran.

Baignant au sein d’un climat en clair-obscur permanent, cette prestation quoique sombre et percutante va se révéler unique en son genre et surtout superbe ! (Pour plus d’infos sur le groupe, voir page ‘Artistes’ ici)

Setlist : « Pastel Prison », « The Sheer Horror Of The Human Condition », « Bone Pipe », « I Ask With My Mouth, I'll Take With My Fist », « Innocence (An Offering) », « FLF », « People Have Poisoned My Mind To A Point Where I Can No Longer Function ».

Les rituels d'Amenra sont depuis longtemps universels et gagnent à chaque tournée des fidèles toujours plus nombreux, de Saint-Pétersbourg à Rio de Janeiro. Amenra en live, c'est une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie, qui vous donnera envie de les revoir encore.

« Boden » la pièce d’entrée va durer pas loin de 20 minutes et les 15 premières minutes sont réservées au drummer qui fait tinter une cloche tibétaine. Puis, les deux guitares se mettent à vibrer avant que le reste de l’instrumentation ne rejoigne l’expression sonore et le morceau de s’achever en apothéose. On vient d’entrer dans l’univers d’Amenra.

« Razoreater » embraie sans transition. Les sixcordes libèrent tranquillement leurs sons monocordes, le batteur apporte les nuances et la basse se greffe à l'ensemble. Tout est parfait. Dos au public, Colin déclame son texte de manière un peu froide et impersonnelle, puis sa voix devient ‘screamée’. Mais il ne s’établit aune interactivité entre le band et l’auditoire. Tout semble figé et glacé. Même la musique. Et pas la peine d’espérer un pogo ou round circle. L'entrée furieuse des guitares, l'apocalyptique démesure de cette rythmique incendiaire et ce chant noyé sous le magma sonore ininterrompu, finit par vous glacer le sang… Amen(ra) ! Et pas la moindre respiration entre les 9 morceaux du concert !

Avant la Covid votre serviteur avait découvert Amenra lors d’un set acoustique de toute bonne facture. Ce soir, le contraste est saisissant. Malgré un début prometteur, la suite s’est révélée bien trop monocorde au goût de votre serviteur, et il est resté sur sa faim…

Setlist : « Boden », « Razoreater », « De Evenmens », « Plus près de toi -/ Het Gloren », « Heden », « Aorte-Ritual », « A Solitary Reign », « Diaken », « Terziele, Am Kreuz »

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

Nicolas Comment

Le blason de Nicolas Comment…

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« Blason », troisième album solo de Nicolas Comment, est un Memory game : un jeu de pistes et d’armoiries. Sous forme de portraits-chinois qui sont autant de vies d’artistes, les 11 chansons de ce disque sont un hommage aux muses cachées, aux pygmalions secrets.

L’artiste (auteur-compositeur-interprète mais également photographe et écrivain) y est entouré du meilleur groupe de rock français The Limiñanas ainsi que de choristes de rêve –la chanteuse californienne Brisa Roché et son double, la Parisienne Milo McMullen– qui incarnent ces biopics dans un jeu de miroirs, comme les multiples faces d’un dé, d’un Rubik's cube… Des complices –le poète-compositeur Patrick Bouvet, le pianiste Maxence Cyrin, le trublion Romain Guerret (ex-leader du groupe Aline) et le réalisateur Éric Simonet (Movement) y croisent le fer avec le guitariste de Bob Dylan, Freddy Koella ou le producteur-claviériste (et cinéaste) Marc Collin (Nouvelle Vague).

Enregistré au studio Alphaville à Châtelet-les-Halles et masterisé à la Bastille, le Son même de Paris y relève le gant de la chanson d’auteur française, indépendante et Rock.

La ‘lyrics vidéo’ de « Helmut » (feat. Brisa Roché & Milo) est disponible ici

 

 

Jose & the Wastemen

Du Rock avec beaucoup de Roll pour Jose & the Wastemen…

Écrit par

Jose, pilier de la scène indé française (dixit Rolling Stone), ne lâche pas le morceau. Vous l’avez peut-être déjà vu ou entendu auprès de The Firecrackers, Bleu Tonnerre ou dans ses featurings avec Lafayette, Nadj, et quelques autres.

Revenu en formule trio post-covid en compagnie de ses deux comparses Quentin (batteur, également dans Gwizdek, Arabella, et Fav) et Mathias (basse Hyde Park Corner, Hot Chibers, Stone Shelter...), il a toujours l’envie de porter haut l’étendard d’un Rock avec beaucoup de Roll.

Après plusieurs Ep, un double album et une flopée de singles, le groupe a dévoilé fin septembre 2023 un Ep (“Monkey on my back”) on ne peut plus brut. Enregistré live, il est précédé en mai d’un single rentre-dedans-ta-face, « Am I Mad ? »

On retrouve dans toutes les nouvelles compositions et enregistrements l’authenticité des prestations scéniques qui a fait son succès et assis sa légitimité : franche, directe, minimaliste, mais ô combien efficace. Plug and play, pas d’ampli en side, pas de compromis. Dans une époque où le monde musical devient trop poli, trop lisse, Jose and the Wastemen retrouvent la fougue originelle et le son ‘plus bio tu meurs’, dans des prestations scéniques authentiques, toujours différentes et pleines de surprises rafraîchissantes.

Alors rock, mais surtout, roll…

Le clip de « Monkey on my back » est disponible

 

Nuevo Testamento

Nuevo Testamento au Bota !

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Nuevo Testamento est une formation dont les membres sont originaires de Los Angeles et de Bologne. Son dernier elpee, « Love lines », est paru en mars dernier. Sa musique est le fruit d’un cocktail extravaguant entre cold wave, Italo disco, garage rock et post-punk.

Sa musique est d'une insouciance optimiste, canalisant toute l'innocence ambitieuse des années 1980. La voix de Chelsey Crowley canalise l'attention. Le chant est perçant, enjoué et plaintif, à la manière des années 1980. Des lignes de synthé analogiques portent la compo.

Le band se produira ce 19 novembre au Botanique de Bruxelles. Plus d’infos ici

Issu de cet LP, le single « Heartbeat » est disponible sous forme de clip

 

 

Amen Viana et Angélique Kidjo

Un duo entre Amen Viana et Angélique Kidjo pour le remix du single « Aguegue » …

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L'amitié entre Angélique Kidjo et Amen Viana, surnommé le Jimi Hendrix togolais, ne date pas d'hier. « Aguegue » figure sur le dernier LP d’Amen Viana, « The Afrocanalyst », et le remix, sur la réédition en vinyle, « The Afrocanalyst 1 », qui sortira ce 21 novembre 023. La virtuosité Amen Viana à la guitare rappelle celle de Jimi Hendrix et son énergie rock celle de Living Colour. Il s’est forgé rapidement une notoriété en jouant aux côtés d'artistes comme Black Eyed Peas, Angélique Kidjo, Indila, Cheick Tidiane Seck ou Tony Allen.

L’Afrocanalyste est un état d’esprit. L’elpee est une nouvelle étape dans la carrière de l’artiste. Enregistré au fil de ses voyages de musicien et co-réalisé avec Kwame Yaboah (Cat Stevens, Craig David, Osibisa, Kwasibu Area Band), il correspond à une réflexion sur son parcours et réunit des invités comme Kaziah Jones et Akua Naru. Viana est né au Togo où il a grandi.

Sur ce long playing, il balance des riffs incisifs parfois rock-punk sur les racines de rythmes ancestraux, et le tout est ponctué par les cuivres. Rock toujours !

L’Afrocanalyste se détache d’une victimisation devenue stérile face à un système géopolitique confus et caduque, mais qui perdure. Son leitmotiv, d’abord musical, est de faire de ses difficultés une force et de redonner un sens plus léger à une mondialisation à grande échelle, pourtant à sens unique. Il se réfère à une phrase de Bob Marley : ‘On ne sait pas à quel point on est fort jusqu’à ce que, être fort reste la seule option possible’. C’est le combat d’une génération consciente qui ne lâche rien.

L’opus est découpé en 12 pistes, chantées alternativement en anglais, en français et en mina, une langue togolaise. En ouverture, « Brother », morceau au titre fédérateur, imprime le ton et la direction. Amen Viana s’adresse à ses frères, en déroulant peu à peu un tempo qui appelle à la danse et réveille les corps, sinon les esprits. Les textes à l’engagement sociopolitique croisent la langue togolaise et le hip hop. Sur cet album, il est parvenu à réunir les voix de la chanteuse américaine Akua Naru, du globe-trotter nigérian Keziah Jones ou encore du soulman Oldie Rooster. Ensemble, ils célèbrent la force croissante d’une nation dont on sait depuis longtemps qu’elle déborde les frontières. D’un continent à l’autre, le pouls bat.

La vidéo consacrée au remix d’« Aguegue », est disponible

 

 

Angelo Badalamenti + David Lynch

Thought Gang

Écrit par

Après avoir réhabilité John Carpenter, il semble que le label de Brooklyn, Sacred Bones, ait décidé de mettre en exergue des cinéastes cultes ! Il y a près de 25 ans, David Lynch et Angelo Badalamenti enregistraient « Thought Gang » ; mais cet opus vient enfin de bénéficier d’une sortie officielle ! Une conséquence de la 3ème saison de ‘Twin Peaks’, probablement… 

En mode spoken word, le jazz expérimental du duo avait été interprété en totale improvisation et faisait suite à leur collaboration sur la première saison de la célèbre série policière télévisée ; mais le résultat n’avait jamais été gravé depuis. Grady Tate, le batteur d’Herbie Hancock, y avait participé.  

Free jazz, cette musique n’est, bien entendu, pas facile d’accès ; et ce n’est pas une surprise lorsqu’on connaît l’univers barré, déroutant, intéressant et unique de Lynch.

Un album avant-gardiste, à la limite de l’art contemporain. Plus ‘Island Empire’ que ‘A True Story’, donc…


 

Zola Mennenöh

Longing for Belonging

Écrit par

Née à Cologne, Zola Mennenöh a développé de nombreux projets musicaux avant-gardistes, à travers le monde. Etablie à Copenhague, au Danemark, cette multi-instrumentiste a décidé de se poser en gravant un premier opus solo, dont elle signe les dix titres. Intitulé « Longing for Belonging », il est paru sur chez Figureight, un label new-yorkais qui a notamment publié des œuvres de Gyða Valtýsdóttir (Mùm), Brian Eno ou encore Jon Hopkins.

Pour enregistrer cet elpee, elle a reçu le concours de trois musiciennes. En l’occurrence une préposée à la viole de gambe, une pianiste et un percussionniste. Sombre et mélancolique, sa musique reflète des images de paysages hivernaux rencontrées au sein des pays nordique. Le piano sert de fil conducteur à son folk minimaliste qu’elle chante d’une voix intimiste. Et qu’elle colore parfois de nuances plus jazzy et bucoliques, à l’instar de « I will always be yours, forever ». Mais elle n’en oublie pas pour autant ses expérimentations. Comme tout au long des 12 minutes de « Make things simple ».

Difficile à appréhender, « Longing for Belonging » exige plusieurs écoutes avant d’en déceler toutes les subtilités. N’espérez cependant pas entendre une quelconque mélodie à siffloter sous la douche. Ce long playing nous plonge surtout dans une ambiance plutôt que de se distinguer par ses différents morceaux…

The Men

Mercy

Écrit par

Repéré en 2010 grâce à l’album « Immaculada », un brûlot qui lui avait ouvert les portes du label Sacred Bones, le quatuor de Brooklyn ne cesse de se réinventer, de surprendre, voire de complètement déstabiliser son auditoire.

Elpee bien propre sur lui, ce « Mercy » démarre par une ballade qui d’emblée plante le décor. Classique et élégante cette chanson séduit par ses harmonies et agace par ses évidences.

Mais « Waiting In Dirty Water » emprunte alors directement une autre voie, conduite par un gimmick répétitif dessiné conjointement par des sonorités de guitare et d’orgue, échappées des années 70.

Dix minutes plus tard, après avoir tiré en longueur, secoué par des montées psyché saturées ou apaisé plus loin par des nappes d’Hammond sous LSD, le titre entrevoit alors un final aux portes de la perception, lors d’un decrescendo grisant...

La force de cet album procède sans aucun doute du songwriting et d’un line-up stabilisé depuis quelques temps. Et ces faiblesses dans l’audace de ce groupe à essayer tout ce qui lui chante. En témoigne ce « Children All Over The World » baigné de chorus et outrageusement maquillé comme un camion volé sur une aire d’autoroute dans les années 80. Mais le plus surprenant c’est que l’ensemble tient parfaitement la route. Et si le bruit des débuts fait souvent place à l’écriture, les fulgurances de quelques soli de guitares rappellent les débuts sans concession.

Tantôt calme, tantôt extatique, la musique de The Men explore les genres, s’approprie les codes tout en assurant sa propre originalité.

Une vraie réussite, telle une insulte gracieuse jetée à la face du monde.

The Experimental Tropic Blues Band

Démoniaque !

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Plus de 20 ans que The Experimental Tropic Blues Band roule sa bosse. Ce power trio liégeois se produisait au Magasin 4, ce vendredi 22 février.

Dr Voice devait assurer le supporting act. La maman du drummer vient de décéder. Elle collaborait activement au projet ; ce qui explique pourquoi la formation a déclaré forfait.

La salle est bien remplie lorsque Jérôme Vandewattyne, le réalisateur du long mtrage (1h27’) « Spit'N'Split » pour La Film Fabrique, vient présenter ce petit chef-d’œuvre à la belge, primé dans quelques festivals prestigieux, un peu partout en Europe. La Film Fabrique est une structure qui crée, développe et produit des clips vidéo, des fictions et des documentaires. Composée d'une équipe pluridisciplinaire, LFF défend une vision alternative de l'audiovisuel en Belgique.

Ce faux-documentaire, Jérôme l’a tourné en suivant le band pendant 2 ans, armé de son appareil photo Panasonic Lumix GH2 et son objectif de caméra de surveillance. Pour Jeremy Alonzi, Vandewattyne est quelqu'un qui aborde le cinéma comme on aborde la musique. Des scènes de fiction se sont glissées dans le docu devenu très vite film, au cours duquel Bouli Lamers apparait même à la fin. Et c’est TETBB qui en a composé la B.O., aussi déjantée que le scenario.

Place ensuite au combo. Dirty Coq, Boogie Snake et Devil D’inferno vont nous livrer un set particulièrement nerveux de 60 minutes. Jérémy nous a confié que c’est la seule date pour cette année. En outre, que le band a fait le tour du rock garage. Donc que le prochain elpee sera totalement différent. Mais que les musicos doivent encore écrire les compos.

Le garage/punk/boogie/rock de The Experimental Tropic Blues Band est aussi crasseux et incontrôlable que jamais. Et puis, il incite toujours à se déhancher. Le combo va puiser, ce soir, largement dans le dernier opus. La frappe de David, sur ses fûts est sauvage et métronomique. C’est lui qui donne le tempo. Comme d’habitude, Jérémy dévore littéralement son micro et quand il pousse des gémissements ou éructe ses paroles, on imagine qu’ils ou elles émanent des entrailles de l’enfer. Perpétuel agité, Jean-Jacques ne tient pas en place et arpente le podium dans tous le sens. Il harangue constamment la foule dans le seul but de la faire réagir. Et dans la fosse, plutôt compacte, elle répond favorablement à son invitation. Tout au long de « Sushi », il souffle dans son harmonica comme un possédé asthmatique. Démoniaque ! Et puis, c’est devenu un rituel, il se lance dans la foule, après avoir abandonné son instrument pour se laisser porter à bout de bras. Les mains balaient alors son corps qui lâche alors des bruits aussi insolites qu’inattendus. Le set s’achève par le déjanté et frénétique « Keep This Love ». Jérémy n’en a pas profité pour exhiber ses bijoux de famille, lors de ce set. Il les a laissés dans son tiroir. En rappel, le trio va encore nous réserver « Jealous Rock », « Mexico Dream Blues », et « Garbage Man », un titre qui ne devait pas figurer dans la setlist.

Setlist : “Straight To The Top“, “Twose Dicks”, “Nothing To Prove“, “Express Yourself“, “We Ird“, “Baby Bamboo”, “I Went Down”, “Power Of The Fist”, “Disobey”, “Sushi”, “I Dig You”, “Keep This Love”.

Rappel : “Jealous Rock”, “Mexico Dream Blues”, “Garbage Man”.

(Organisation : Magasin 4)

The Experimental Tropic Blues Band

Hellelujah

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The Experimental Tropic Blues Band vient enfin de sortir son tout premier album. Mais il aura quand même fallu près d'un an avant qu'il n'atterrisse dans les bacs des disquaires. Fondé fin 2000, la formation n'avait jusqu'à présent commis que deux mini elpees, « Bastards » et « Dynamite Boogie ». Pour enregistrer cet opus, le trio a reçu le concours de quelques invités de marque, et en particulier d'Arno. Pour deux titres. Et pas pour chanter, mais pour souffler dans un harmonica. A la manière de John Mayall. Tout d'abord sur le déjanté « Twice blues », plage qui bénéficie également du concours de Stinky Lou à la basse, et puis sur le blues lent « Dry whiskey », réminiscent de Howlin' Wolf. Parmi les autres invités figurent Lio (Electric Ladies Blues et Le Prince Harry), un des musiciens d'Adrian Bouldt, sans oublier l'ingénieur du son John Roo, dont la participation a été très active, tout au long des sessions d'enregistrement. Musicalement, cet « Hellelujah » oscille entre psycho boogie hérité en ligne droite des Cramps, dont ils reprennent même ici le célèbre « Garbage man », rock'n roll, et blues. Psycho boogie (NDR : certains préfèrent le terme psychobilly) frénétique chez « Jealous rock » (titre qui figurait sur le précédent Ep) ou à couper le souffle sur « Mexico dream blues », mais aussi hypnotique pour « Rising from the dead »). Rock'n roll âpre, sauvage et dévastateur (« Snake vs Wolf ») et allègre, presque hymnique du titre maître (NDR : particulièrement virils, les refrains sont même repris en choeur). Blues inspiré par John Lee Hooker (« The gambler »), Bod Diddley (NDR : féroce, imprimé sur un tempo infernal, « Voodoo rise » me rappelle quelque part son « Who do you love »), mais aussi soumis à l'exercice du blues lent (voir ci-dessus). L'elpee s'achève par un titre plus roots, presque acoustique, « Evil can't be done ». Beaucoup de groove donc tout au long de ce disque, mais aussi de subtiles interventions produites à l'aide du bottleneck ; sans oublier le timbre vocal caverneux de Dirty Wolf qui hante régulièrement les mélodies. Un superbe album ! Et si vous souhaitez en connaître davantage, je vous invite à prendre connaissance de la longue interview que Dirty Wolf et Boogie Snake ont accordée à Musiczine.

Thierry Crommen

Versions originales

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Thierry est un musicien belge. Il jouit d’une solide réputation. Agé de 48 ans, c’est un spécialiste de l'harmonica. Non seulement il possède une technique irréprochable, mais il est également très créatif. Son talent et son discernement devraient, sans aucun doute, lui permettre un jour de devenir le digne successeur de Toots Thielemans. Il joue de cette musique à bouche depuis plus de trente ans. Se maîtres répondent aux noms de Toots, bien sûr, mais également de Stevie Wonder et du Français Jean-Jacques Milteau. Il possède l'âme et le cœur du musicien mais sa tête est aussi bien faite, puisque ce psychologue est diplômé de l'université de Liège. De 1988 à 96, il a apporté sa collaboration au chanteur français Michel Fugain. Il a aussi travaillé auprès de nombreux artistes belges, parmi lesquels figurent Fred and the Healers, Clouseau, Froidebise, Pierre Rapsat et Johan Verminnen. Il y a quelques années, il a monté un trio particulièrement apprécié dans l’univers du jazz, en compagnie du guitariste Chris De Pauw et du pianiste Erno. En 2005, le contrebassiste Achim Tang est venu enrichir le line up, qui est ainsi passé à un quartet. Instrumental, cet elpee brille par sa diversité. Les compos sont toujours mélodieuses et les instruments acoustiques sont au service de l'ensemble. Les quatre acteurs manifestent une cohésion irréprochable.

Le chanteur Sanseverino vocalise et joue de la guitare manouche sur "Démolissons les mots", une plage qu’il a écrite avec Thierry. Chris De Pauw signe "Volte-face", une belle occasion pour lui de siéger derrière le piano lors d’un montage instrumental assez complexe, théâtre de changements de rythmes et d'atmosphères multiples. Au passage, Tang se divertit à la basse sur le thème hispanisant créé par le piano. D'une manière uniforme, les mélodies sont riches et accrochent instantanément l'oreille. Le tendre et doux "La marche" en est la plus belle démonstration. "Gigue de Krommenc'h" est issu de la plume de Froidebise. Un morceau allègre qui nous entraîne dans une farandole guillerette bretonne. L’éclectisme de cet opus oscille également entre la légèreté manouche ("Boplubie") au climat oriental. Sur "Zayak", tout d’abord. Un titre hypnotique issu du répertoire de Karim Baggili, un chanteur jordano-yougoslave venu colorer l’expression sonore des cordes de son oud, un luth moyenâgeux! Pour "Hora Lautareasca", ensuite. Sur des accents slaves, Karim invite l'harmoniciste américain Bill Barrett à échanger des phrases à l’instrument chromatique et diatonique. Enfin, pour ne pas oublier son long parcours opéré auprès de Michel Fugain, il accorde une version colorée et très personnelle de "Je n'aurai pas le temps". Une fresque instrumentale de grande qualité!

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