La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

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Motorpsycho

Motorpsycho dans l’espace…

Motorpsycho a toujours été d'avis que les choses les plus intéressantes dans toute forme d'art se produisent avant qu'elles ne soient formatées et figées. Dans la musique rock, ce phénomène a atteint son apogée vers 1970, et c'est à cette période que la meilleure musique heavy a été créée, tout simplement parce que les règles n'étaient pas encore établies, qu'il n'y avait pas encore de clichés sur lesquels s'appuyer.

« The Gaia ll Space Corps » est un album dont les morceaux ne ressemblent pas tout à fait à du heavy metal ou du hard rock, mais qui visent clairement certaines des mêmes qualités. C'est une musique post-psychédélique, pré-metal, et probablement ce qui se rapproche le plus d'un véritable album de ‘hard rock classique’ que Motorpsycho ait jamais produit.

« The Gaia ll Space Corps » est court, concis, entraînant et passionnant, qui reprend là où « Stanley and The Comeback » s'était arrêté. L'instrumentation se compose principalement de guitares, de guitares et encore de guitares, mais il y a aussi pas mal de chant, et même un ou deux sons de clavier occasionnels. Mais il s'agit surtout d'une musique de guitare qui... eh bien, qui déchire !

Le premier single est le morceau d'ouverture de l'elpee, « Fanny Again Or ». Cette fable chantée par Bent est une véritable injection d'adrénaline qui rappelle fortement les Osmonds. C'est un morceau riffé qui ne peut que faire monter l'adrénaline chez tous les vrais rockeurs !

‘On ne fait plus de disques comme ça aujourd'hui’, a admis la formation, qui a alors décidé de passer à l'action. Enregistré à la fois à l'Old Cheese Factory de Trondheim et à Amper Tone à Oslo, « The Gaia ll Space Corps » sonne fièrement comme s'il avait été enregistré en 1970 et compense par son enthousiasme ce qui lui manque peut-être en subtilité.

« The Gaia II Space Corps » sortira le 27 mars 2026.

Le titre maître est en écoute

 

 

Black Rebel Motorcycle Club

Black Rebel Motorcycle Club, Night Beats, De Roma, Anvers le 6 décembre 2025 – Photos

Écrit par

S’il y a bien un groupe qui refuse d’être enfermé dans une case, c’est Black Rebel Motorcycle Club. À De Roma, ils célèbrent le vingtième anniversaire de leur légendaire album « Howl » : une ode à la liberté d’une vie baignée dans le pur rock.

À une époque dominée par la pop colorée et le hip-hop, Black Rebel Motorcycle Club vous emmène dans un voyage à travers l’histoire du rock authentique. Les membres du groupe, Peter Hayes (chant, guitare), Robert Levon Been (chant, basse) et Leah Shapiro (batterie), n’hésitent pas à puiser dans la riche histoire musicale de leur pays natal. Blues, rock’n’roll, roots, americana, une touche de psychédélisme, tout cela se retrouve dans les morceaux complexes du groupe américain.

En gravant « How »l (2005), Black Rebel Motorcycle Club s’est imposé, peu de temps après son premier album « B.R.M.C. » (2001) et le suivant « Take Them On, On Your Own » (2003), il y a vingt ans. Grâce à un son singulier et des prestations scéniques charismatiques, il est rapidement devenu l’un des groupes de rock américains les plus emblématiques des deux dernières décennies.

Une setlist constituée de classiques de « Howl », complétée par de nouveaux morceaux.

La formation américaine Night Beats assure la première partie. Eux aussi proposent un savoureux mélange de rock, de psychédélisme et de garage (page ‘Artistes’ ici

(Source : De Roma)

N’hésitez pas à jeter un œil aux photos :

BRMC

https://www.musiczine.net/index.php/nl/component/phocagallery/category/8907-black-rebel-motorcycle-club-06-12-2025

Night Beats

https://www.musiczine.net/index.php/nl/component/phocagallery/category/8908-night-beats-06-12-2025

Organisation : De Roma,

 

 

Ideomotor

In and Out of Time

Écrit par

« In and Out of Time » constitue le premier album du duo finlandais Ideomotor. Il reconnaît comme influence majeures, M83, The Killers et les Pet Shop Boys… Impossible de se tromper, cet elpee baigne bien dans d’électro-pop. Un mélange assez inspiré de sonorités pop 80’s (« Away from the Streetlights ») et de ‘dream-pop’ plutôt 90’s (« Hummer »). Parfois à la limite du mauvais goût mais souvent très accrocheurs (« Do It Again »), les hits synthpop d’Ideomotor exhalent déjà un parfum de jours ensoleillés…


 

Holy Motors

Horse

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Quand on évoque le rock issu des pays de l’Est, on pense immédiatement au collectif moscovite Pussy Riot. Mais parmi les formations russes, on peut aussi épingler DDT, The Jack Wood et surtout Motorama. Ce sont sans doute les plus connues. Enfin, pour votre culture générale, sachez qu’en Moldavie, Zdob si Zdub et Gândul Mâtei sont considérés comme des valeurs sûres, tout comme Okean Elzy en Ukraine et Molchat Doma en Biélorussie. Il y en a d’autres, mais là, il faudrait alors rédiger un article de fond.

Holy Motors nous vient d’Estonie. Et propose une musique qui mêle subtilement dream pop et shoegaze. Mais bien que vaporeuse et mélancolique, elle est teintée d’americana.

Eliann Tulve –dont la voix rappelle Lana Del Rey– et ses compères ont la tête de plus en plus tournée vers les States (…fantasmées) et un titre comme « Midnight Cowboy » ne ment certainement pas à ce sujet…


 

Motorpsycho

The crucible

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On avait déjà pu s’en rendre compte lors de la sortie du précédent opus, « Here be the monsters », mais Motorpsycho s’enfonce de plus en plus dans le prog/rock. Premier indice, l’album ne compte que trois plages, dont le titre maître va au-delà des 20 minutes et puise ses références tour à tour chez King Crimson, Yes (ces harmonies vocales !), Gentle Giant, Grateful Dead et Tool. Notamment. Entre envolées orchestrales majestueuses produites par le mellotron, passages complexes accentués par le drumming de Thomas Jämyr, et riffs de guitare thrash (Metallica ?), « Psychotzar » est émaillé de plusieurs solos de gratte, alors que « Lux aeterna » nous entraîne dans un univers proche d’« In the wake of Poseidon » du Roi Pourpre. Un cheminement labyrinthique au cœur duquel l’intensité atteint son paroxysme, dans l’esprit du « Pawn hearts » de Vader Graaf Genrator, mais en si on y ajoute de la guitare. Un véritable creuset !

Black Rebel Motorcycle Club

Pas dans son trip...

Seule date prévue dans notre pays pour les BRMC, qu'on avait vus trois fois l'année dernière, dont à l'AB Club pour un concert mémorable, tout en puissance et déliquescence psychédéliques. On attendait donc beaucoup de nos rebelles préférés en motocyclette, surtout que leur deuxième album, « Take Them On, On Your Own », confirme tout le bien qu'on pense d'eux. Pas de bol : ce concert fût décevant. Les raisons : l'heure tardive (23h), pas de première partie pour se mettre dans le bain, un light show et un son pourris – une torture pour les yeux et les oreilles. La setlist, pourtant, était parfaite : « Six Barrel Shotgun », « Stop », « US Government », « Spread Your Love » d'entrée, ça fait mal. Puis « Love Burns », « We're All In Love » et bien d'autres, malheureusement noyés dans un déluge d'overdubs qui finirent par annihiler toute tentative d'abandon sensoriel. D'habitude, les BRMC jouent à fond la carte de l'ambiance – fumigènes, obscurité, son tournoyant qui prend aux tripes. Cette fois, c'était pompon, d'autant plus que le public était lui aussi d'une raideur agaçante (beaucoup de m'as-tu-vu n'ayant guère d'affection pour le rock'n'roll, mais puisque c'est « aware »…). Rien n'y fera, même pas un « Whatever Happened To My Rock'n'Roll » incendiaire, pourtant un des meilleurs tubes « garage » de ces deux dernières années. Il faut dire que cette lumière blanche éclairant la salle entière, toutes les trente secondes, avaient de quoi refroidir le plus endurci des fans : sans cette frontière indispensable entre le public et le groupe (la salle en général plongée dans l'obscurité pour concentrer l'attention du public sur la scène), il devenait bien difficile de ne pas regarder les trois rockeurs comme un groupe en show case, jamais vraiment dans leur trip, et nous avec. Pas cool.

Black Rebel Motorcycle Club

Miracle californien?

New York Dolls, Stooges, AC/DC,… Le DJ balance la grosse artillerie pour faire mousser la foule, venue en masse ce soir-là pour accueillir comme il se doit les nouveaux messies du rock'n'roll (oui, encore !), compagnons d'équipée d'Angus Young, de Jim Morrison et de Jason Pierce. Leur nom : les Black Rebel Motorcycle Club, un trio de Californiens fort en gueule, dont le nom est emprunté aux loubards à perfecto du film The Wild One. Et c'est vrai qu'à les voir sur scène, on les imagine bien chevaucher une grosse cylindrée sur les routes poussiéreuses de l'Amérique profonde, avec Steppenwolf comme bande son idéale et les disques du Velvet bien planqués dans le coffre de leur siège…

Un concert du Black Rebel Motorcycle Club, c'est donc une chevauchée fantastique à travers l'histoire cahoteuse du rock'n'roll de l'Oncle Sam, d'Iggy aux Strokes, de Slade aux Dandy Warhols. Sur scène, les guitares en vrille, la batterie épileptique, le chant névrosé et plaintif, tout cela concourt à faire de leur musique une descente hypnotique dans les tréfonds les plus fiévreux de notre inconscient. Pourtant, l'impression d'avoir déjà entendu cette voix, ces riffs quelque part (Joy Division, Stone Roses, Primal Scream,... ?) angoisse, inquiète, déstabilise, mais les volutes psychédéliques et les refrains en boucle finiront par nous tétaniser, et la musique des BRMC de se transformer alors en expérience extatique digne de celles des Merry Pranksters. En déployant leurs morceaux en spirales interminables de reverbs sous LSD, les Black Rebel Motorcycle Club nous entraînent dans un trip hallucinant, à bord duquel le Grateful Dead taperait une jam' avec Frank Black et Bez des Happy Mondays. What ever happened to my rock'n'roll ? ", chante le guitariste en fin de concert… C'est simple, mon vieux, il lui est juste arrivé un petit miracle, et ce miracle, il nous vient de Californie.

Motorpsycho

The Tower

Écrit par

Parti en juin 2016, Kenneth Kapstade, le bassiste, a finalement été remplacé par Tomas Järmir. Et c’est sous ce nouveau line up que Motorpsycho a gravé ce double cd, intitulé « The tower ».

En 10 pistes, Motorspycho revisite une bonne partie de la prog, mais dans son style bien personnel. C'est-à-dire très électrique voire psychédélique. Parfois à la limite du métal, mais soit dans l’esprit de Metallica ou de Black Sabbath. Régulièrement le tempo vire au krautrock. Le trio intègre dans on expression sonore, outre la structure de base guitare/basse/batterie, du mellotron, un zeste d’orgue, du piano et parfois de la flûte. Tout en prenant soin des harmonies vocales, qui régulièrement, évoquent ni plus ni moins, Crosby, Stills & Nash. Oscillant ainsi de King Crimson circa « Islands » (NDR : ces envolées atmosphériques !) à Dream Theater, en passant par Genesis, le Van der Graaf Generator originel (NDR : soit celui au cours duquel Hugh Banton se réservait l’orgue), mais sans le saxophone, Moody Blues circa « To our children’s children’s children », Magma et l’Alan Parsons Project, les références musicales sont saupoudrées tout au long de l’opus. Et Motorpsycho a vraiment le tour (?!?!) pour les intégrer naturellement. Les aficionados du style devraient prendre un plaisir certain à les reconnaître, avant de les savourer…

 

Motorama

Dialogues

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Originaire de Rostov-sur-le-Don (NDR : une ville sise près de l’Ukraine, sur la côte de la mer Noire), Motorama est une formation russe. Preuve que la musique ne connaît plus de frontières. Un phénomène né de la mondialisation, il faut le reconnaître. Fondé en 2005, ce quintet a rencontré un beau succès dans son pays, avant de s’exporter grâce à mise en ligne de ses albums précédents. Il s’était produit au Botanique de Bruxelles en 2013 et en octobre dernier. Paru chez Talitres, « Dialogue » constitue son quatrième elpee.

La musique de Motorama s’inspire manifestement de la cold wave. Celle de Joy Division ou d’Interpol, suivant que vous êtes jeune… ou moins jeune. Les textes sont exprimés dans la langue de Shakespeare. La ligne de basse est entraînante. Les mélodies sont efficaces. Le tempo est tour à tour enlevé ou lancinant. Des « Signs » qui ne trompent pas. Doublés d’une guitare sous reverb, les synthés créent un climat à la fois glacial et mélancolique. On a parfois l’impression que la bora souffle sous nos latitudes. Lorsque les compos sont introduites par une sèche, c’est dans le but d’adoucir l’aspect synthétique de l’expression sonore. Et « I See You » en est certainement la plus belle illustration.

Manifestement, la musique de Motorama s’affine au fil du temps. Et elle pourrait bien alimenter en « Dialogues », vos froides soirées d’hiver…

 

Black Rebel Motorcycle Club

Specter at the feast

Après le décès de Michael Bean en 2010 (fondateur de The Call et père du bassiste Robert Levon Been) le trio de LA a décidé de prendre du recul. Il a donc attendu trois ans avant de publier un nouvel opus, un disque sur lequel figure une reprise du papa décédé. « Specter at the feast » trempe dans une forme de pop/rock’n’roll shoegaze, ténébreux, parfois légèrement teinté de blues, mais susceptible de donner naissance à des compos puissantes ; à l’instar du triptyque « Hate the taste », « Rival » et « Teenage disease », des compos marécageuses, solides, intrigantes, excitantes, cinglantes et contagieuses. Et c’est manifestement dans ce domaine que le BRMC est le plus performant.

Quelques plages durent plus de 6 minutes. « Fire Walker », le morceau d’entrée. Et puis les deux pistes finales « Sell it » et « Lose Yourself », cette dernière atteignant même les 8’39. Si « Let the day begin » et « Funny games sont encore chargés d’adrénaline, la formation se permet aussi de lever le pied. Ce n’est pas neuf, puisque sur ses derniers elpees, elle avait déjà tenté l’exercice de style. Ainsi « Lullaby », « Some kind og ghost » et « Sometimes de light » baignent au sein d’un climat paisible. Une face de leur musique plus lumineuse et également une belle démonstration que BRMC est capable de maîtriser un plus large spectre d’écriture.

 

Motorpsycho

Still life with eggplant

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Motorpsycho fêtera son quart de siècle d’existence l’an prochain. Un groupe norvégien qui nous propose (sauf erreur ou omission) son 18ème elpee. Pour enregistrer ce « Still life with eggplant », il a reçu le concours de Reine Fiske, l’ex-gratteur de Paatos, actuellement impliqué chez Dungen et The Amazing. Et les deux six cordistes pallient allègrement l’absence de claviériste. Orientant le stoner du band scandinave sur une nouvelle voie. Parfois plus métallique. A l’instar de la plage d’ouverture, « Hell, part 1-3 », réminiscente du Deep Purple d’« In rock ». Prog rock ou jazz rock (NDR : les 15’ de « Ratcatcher », en particulier ») quand les compos tâtent de l’impro. Seules les harmonies vocales adoptent un profil plus pop. Dans l’esprit de la West Coast des seventies ? Celui de Quicksilver alors ! Et bien sûr de Grateful Dead. Ou alors plutôt de Blue Öyster Cult. Suivant les titres. Cinq en tout sur ce long playing. Plutôt longs. Et qui s’achève par une ballade mid tempo épique, semi-acoustique, traversée par un mellotron. De quoi nous replonger encore plus profondément dans les seventies…

 

Motorpsycho

Heavy Metal Fruit

Écrit par

Ne vous fiez pas au titre de l’album “Heavy Metal Fruit”. Motorpsycho, bien qu’il soit parfois assez heavy, n’a pas grand-chose de métal. Fondé il y a un peu plus de vingt ans à Tronheim, sur la côte ouest de la Norvège, Motorpsycho distille une musique plutôt inclassable. Stoner ? Rock progressif vintage ? Revival seventies ? Jazz rock ? Rock psychédélique ? Choisissez l’appellation qui vous convient. Ou plutôt non, prenez les toutes ensemble puisque, dans le fond, Motorpsycho, c’est exactement un cocktail de toutes ces références : de longs titres épiques aux structures progressives, des guitares aussi lourdes que celles du Black Sabbath original, de longs passages instrumentaux planants et hypnotiques ainsi qu’une bonne dose d’expérimentations instrumentales.

La grande force du combo norvégien procède de la façon imprévisible dont il arrange tous ces styles. Difficile par exemple de deviner qu’un titre ultra-heavy comme « Starhammer » se terminera en une jam jazz-rock instrumentale débridée et envoûtante. Même chose pour « X-3 (Knuckleheads In Space) / The Getaway Special » qui débute comme un titre ‘classic rock’, que n’aurait probablement pas renié Steppenwolf, pour s’achever dans le ‘free jazz’, moment au cours duquel une trompette déroutante se taille la part du lion. Surprenante et inattendue aussi cette ballade très seventies intitulée « Close Your Eyes » qui se situe un peu dans l’esprit du « Only Women Bleed » d’Alice Cooper. Caractérisé par ses guitares débridées, ses percussions déroutantes et sa section basse/batterie très démonstrative, l’instrumental « W.B.A.T. » est à nouveau contaminé par le free jazz. « Gullible's Travails (pt I-IV) » constitue la pièce la plus impressionnante de l’album. Un titre indéniablement progressif, d’une durée proche des vingt minutes, sur lequel le trio norvégien se livre à une véritable recherche sonore, cherchant à innover tout en gardant un esprit très seventies.

« Heavy Metal Fruit » est un album envoûtant et magique. Un must pour les amateurs de rock progressif teinté de fortes influences seventies.

Motorjesus

100 000 Volts Survivor (Ep)

Écrit par

Du Métal Pour Pas Un Balle…

Musiczine a décidé de vous aider à faire des économies en ces temps de crise.

‘Du métal pour pas un balle’ est une nouvelle rubrique destinée à vous faire découvrir des albums de heavy métal de qualité ainsi que des démos mis à disposition en téléchargement gratuit et tout à fait légal par les artistes eux-mêmes sur leurs sites internet.

Les Shitheadz  pratiquaient le hardcore depuis 1992. En 2005, les cinq musiciens originaires de Mönchengladbach en Allemagne, changent carrément de style musical et optent pour un hard rock burné parfumé à la bière et l’huile de vidange. Ils adoptent alors un patronyme mieux adapté à leur nouveau crédo : Motorjesus. Après avoir édité un album intitulé « Deathride », en 2006, le combo disparait de la circulation. Cependant, à l’instar de celui à qui il a emprunté une partie de son nom, Motorjesus revient à la vie, fin 2009. Il enregistre alors un mini album intitulé « 100 000 Volts Survivor » et décide, à des fins promotionnelles, de le proposer en téléchargement gratuit (mp3/320kbps) sur son site internet (http://motorjesus.net/index1.html).

Composé de cinq pépites groovy et mid-tempo inspirées par le hard rock des Guns’n’Roses,  le heavy redneck de Black Label Society et même le stoner de Fu Manchu, « 100 000 Volts Survivor » est le compagnon idéal de vos concentrations de motards ou de vos soirées arrosées au Jack Daniel’s.

Une bonne dose de rock’n’roll et de bonne humeur à consommer sans modération.

Alors, elle n’est pas belle la vie en temps de crise ? Merci Motorjesus !

Motor City Josh

Fourty four

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Motor City Josh est originaire de Detroit. Une cité dont la réputation de ‘Motor City’ est bien mal en point, aujourd’hui, depuis que l’industrie automobile traverse une crise automobile (NDR : et économique) sans précédent, aux States. Il fait ses premiers pas en 1991, au sein du Curtis Sumter Project. En 94, il monte son groupe, Motor City Josh and the Big 3. Entre 2000 et 2004, on le retrouve à Atlanta, avant qu’il ne décide de se fixer à Chicago. A ce jour, Josh compte dix albums à son actif : "Living like a king in the ghetto", "Going to the country", "Live in Atlanta", "Acousticly sound",  "Stringer full of blues", "Live from the road", "Blue collar blues man", "Made in Detroit" et "Covered up".

Pour enregistrer ce « 44 », il a reçu le concours de son Big 3, c’est-à-dire le guitariste Johnny Rhoades, le bassiste Chris Douglas et le drummer Justin Headley. Il s’y réserve le chant, la guitare et la slide. Au cours de cet opus, il rend hommage à Howlin' Wolf. De son véritable nom Chester Arthur Burnett, Wolf était né dans une plantation du Mississippi en 1910. En 1948, il décidait d’émigrer à West Memphis avant de rejoindre Chicago au début des années 50, pour y rejoindre l'écurie Chess et créer une bien belle tranche de l'histoire du blues. Il nous a quittés en 1976.

Au cours de cet opus, Josh reprend donc treize plages du répertoire du grand Wolf, mais aussi neuf titres issus de la plume de Willie Dixon. Le tout enrichi par quelques compos personnelles. Son timbre vocal est littéralement ravagé par la fumée de cigarette. Une voix qui colle cependant fort bien au répertoire du géant de Chicago.

L’elpee démarre en force par le titre maître. Une plage bien rythmée. La voix de Josh passe en force. Nicotinée, elle rappelle inévitablement celle de son idole. L’adaptation de ce morceau est cependant originale. L’orgue de Shawn McDonald balise la solution sonore, pendant que les deux guitares s’échangent des répliques. "Spoonful" est un grand classique. A cause de ses riffs caractéristiques et puis de la voix imposante de Wolf. La formation britannique The Cream en avait concocté une version live au cours des sixties. Et c’est même Jack Bruce qui en assurait les parties vocales. La nouvelle cover est très convaincante. Elle est enrichie par les interventions du jeune prodige Jason Ricci, à l’harmonica. La slide de Josh introduit le tonique "Evil is goin' on". Sur cet instrument, il se sent libre comme l’air ; d’autant plus qu’il est soutenu par une solide section rythmique. Et à nouveau, les deux guitares s'échangent des phrases, permettant ainsi à la slide d’emprunter une grande variété de registres. "Back door man" est sans aucun doute un des meilleurs morceaux de l’elpee. Le tempo est très lent, menaçant, lourd. L'harmo de Ricci balaie ce décor sonore. Le riff est écrasant. Il prélude cette voix venue d'outre-tombe… Bien ficelé, "I ain't superstitious" est sculpté dans le funk. "Truth" est un morceau savoureux qui figurait, voici déjà 40 ans, sur l’elpee du Jeff Beck Group. A l’époque, le line up impliquait alors Rod Stewart au chant, Nicky Hopkins au piano et Ron Wood à la basse. Excusez du peu ! "Sittin' on top of the world" et "Smokestack lightning" sont deux autres fragments signés par Wolf. Indolent, le premier est dynamisé par les accords du piano de Shawn McDonald. Quant au second, il est littéralement découpé dans des riffs hypnotiques. Du répertoire de Willie Dixon, signalons encore la présence du notoire "Little Red Rooster", popularisé jadis par les Rolling Stones, "Built for comfort", vivifié par le souffle fiévreux de Jason Ricci, "Meet me in the bottom" ainsi que "Wang dang doodle", une composition marquée par une voix empreinte d’authenticité et traversée de cordes virevoltantes. Ce vibrant hommage s’achève par le "Goin' down slow" de St Louis Jimmy Oden, morceau qui figurait au répertoire de Howlin' Wolf. De toute bonne facture, l’adaptation est nappée d’orgue. Ce qui n’empêche pas la slide gouailleuse de s’en donner à cœur joie. Si cette œuvre n’est pas révolutionnaire, elle reflète l’admiration et l’immense respect manifesté par Josh pour la légende.

Motor

Klunk.

Un gros beat caucasien déchire l’air, tandis qu’une nappe acid se traîne lentement vers la surface, avant l’explosion sourde : « Black Powder » ou la suprématie du BPM, le règne du TB 303, une histoire de boucles qui surgissent du néant et prennent bientôt toute la place, empêchant l’homme de respirer sous l’assaut des machines. Mr. Nô et Bryan Black, déjà connus sous le nom d’XLover (sur Gigolo), tentent ici de retranscrire la décadence féroce de notre monde digital. Tels des Speedy J encore plus speed, du Nitzer Ebb qui aurait mis de l’X dans son EBM (Douglas McCarthy chante sur « 1X1 »), les deux Motor n’hésitent pas à balancer la sauce dès qu’on appuie sur ‘Play’ (les frénétiques « King of USA » et « Yak »). Parleraient-ils un autre langage que celui de la techno ? Non. « Klunk. » tabasse du début à la fin, point barre. Et contient bien un hymne dancefloor à se taper la tête contre le mur : l’effréné « Sweatbox », qui porte bien son titre. 7 minutes de BPMs qui montent qui montent, avant le pétage de plombs certifié sans effets secondaires. De la came de première qualité, à s’enfiler fissa avant d’avoir les rotules en compote !

Motorpsycho + Jaga Jazzist Horns

In The Fishtank n°10

On vous parle régulièrement de la série « In The Fishtank » : des compilations imaginées par le label hollandais Konkurrent, dont l’objectif est de réunir deux groupes dans un studio pendant quelques jours et les laisser délirer comme bon leur semble, aux frais de la Reine Beatrix. Cette fois (le n°11 a déjà été chroniqué en ces pages), ce sont les Norvégiens de Motorpsycho et de Jaga Jazzist qui s’y collent. Le résultat est détonnant, avoisinant sur certains titres le psychédélisme jazz d’allumés notoires comme Pharoah Sanders et Steve Coleman, voire le prog et le krautrock seventies chers à Weather Report, Can et Blue Oyster Cult (un bien beau mélange !). Encore une fois, la confrontation de deux univers plus ou moins différents (l’électro-jazz-post-rock de Jaga Jazzist, dont on retrouve seulement ici la section des cuivres, et le rock dégénérescent de Motorpsycho) fonctionne à merveille, même sur la cover de « Theme de Yoyo », pourtant du funk blanc aussi subtil qu’un album de Bowie (justement) période Tin Machine. Le dernier des cinq titres ici proposés, « Tristano », lorgne lui du côté du jazz rock le plus famélique : 21 minutes de délire free au compteur, qui passe comme une lettre à la poste. A condition bien sûr d’être un amateur de ce genre de jams un peu démonstratifs, gratinés de cuivres infatigables et de soli homériques. Qui a dit pouet pouet ?

Black Rebel Motorcycle Club

Take them on, on your own

Écrit par

Lors de la sortie de leur premier album éponyme, j'en avais conclu que si vous aimez ou avez aimé Jesus & Mary Chain, le Velvet Underground, My Bloody Valentine et Joy Division, vous adorerez la musique de BRMC ! A cause de leur rock'n roll sauvage, ténébreux et bruitiste, dont les ballades lancinantes, fiévreuses et soniques s'impriment sur un tempo implacable. " Take them on, on your own " ne se contente cependant plus de reproduire le même schéma. Il va plus loin. Oh oui ! Bien sûr ! L'électricité est toujours aussi subversive, venimeuse, féroce, croustillante, menaçante, implacable, et j'en passe. Rappelant inévitablement, sur plusieurs fragments, J&MC. Les vocaux nonchalants, visionnaires, qui véhiculent des lyrics tantôt philosophiques, tantôt psychotiques, tantôt rebelles, continuent de macérer dans un climat ténébreux, en projetant des images en noir et blanc peuplées de personnages aussi controversés que Lester Bangs, Marlon Brando, Jim et William Reid, Iggy Pop ou encore Noël Gallagher. Et même de Bush et de toute sa clique. A travers une chanson dont le titre est sans équivoque : " U.S. governement ". Mais le champ des influences s'est considérablement élargi. A un tel point, qu'au plus je l'écoute, au plus j'en découvre. Depuis le magnétisme malsain exercé par " Gimme shelter " des Stones sur " We're all in love " à la frénésie stoogienne dispensée tout au long de " Going under ", en passant par la noisy de type 'shoegazing' (Ride ?), concédée tout au long de " Shade of blue ", la ligne claire instituée par Sad Lovers & Giants (NDR : à force d'en parler, vous finirez bien par vous pencher sur ce mythe mésestimé) qui illumine le très beau " Suddenly " et la britpop hymnique, électrique et vivifiante puisée dans l'Oasis de " Defenitely Mabe ", chez l'implacable " Stop " et le vibrant " In like the rose ". Sans oublier le très beau et soft " And I'm aching", un fragment purement est simplement sculpté dans les cordes de la guitare acoustique. En finale, les sept minutes de " Heart + soul " replongent dans l'univers glauque de J&MC, en libérant une adrénaline à la fois malsaine et redoutable. Un must !

Black Rebel Motorcycle Club

Il y a toujours un message à faire passer...

Écrit par

Lors de la sortie de leur premier opus éponyme, j'en avais conclu que si vous aimez ou avez aimé Jesus & Mary Chain, Le Velvet Underground, My Bloody Valentine et Joy Division, vous adorerez la musique de BRMC. A cause de leur musique sauvage, ténébreuse et bruitiste, dont les ballades lancinantes, fiévreuses et soniques s'impriment sur un tempo implacable. Mais le Black Rebel Motorcycle Club (NDR : patronyme choisi en hommage au nom du gang de motards emmené par Marlon Brando dans 'L'équipée sauvage', un film qui remonte à 1952) se veut avant tout authentique, reprenant le flambeau de ses illustres prédécesseurs pour perpétuer la tradition du rock'n roll. Et leur second opus, " Take them on, on your own ", en est la plus belle illustration. Rencontre avec Robert Levon Been, chanteur/bassiste et co-compositeur du trio californien…

Alors Black Rebel Motorcycle Club ou BRMC ? A l'instar des formations qui ont réduit leur nom par les initiales, la formation californienne ne risque-t-elle pas, un jour, d'être tentée de suivre le même chemin. "C'est étrange, car à l'origine nous nous appelions BRMC. Mais lorsque nos Cds sont arrivés dans les bacs des disquaires, personne ne parvenait à mettre la main dessus. En fait, ils étaient classés dans le répertoire 'BR' au lieu de 'BL'. Donc, on a dû se résoudre à reprendre le patronyme dans son intégralité. Ce qui est amusant, c'est qu'aujourd'hui tu me demandes si un jour nous pourrions faire le chemin inverse. Franchement, je n'en sais trop rien..."

Black Rebel s'est forgé une réputation de groupe réservé, parlant peu. C'est un peu leur modus vivendi. " Nous avons toujours voulu mettre notre musique en avant plutôt que le groupe. Mais il est exact que depuis quelque temps, on se pose des questions. Notamment depuis que nous avons été invités aux MTV awards. Nous y avions joué 'live'. Et les journalistes, les médias, s'intéressaient plus à notre prestation qu'à la raison pour laquelle nous avions décroché ce prix. J'avais le sentiment que pour eux la musique était devenue accessoire. Qu'ils ne comprenaient pas notre langage. Pourtant, il y a toujours un message à faire passer, même si personne ne prend la peine de l'écouter. Mais il est vrai que pour l'instant, nous sommes un peu à la croisée des chemins… " Etonnant, lorsqu'on sait qu'un jour, un des musiciens du combo a déclaré 'Notre musique signifie plus pour le public, qu'elle signifie pour nous !' Ce qui méritait une explication. Robert reconnaît que cette phrase possède un poids énorme. " Tout dépend de l'interprétation qu'on lui donne. Je ne me souviens plus de l'endroit où on a tenu ce discours, mais nous l'assumons. Lorsque je vois l'étincelle dans les yeux de nos fans, j'y lis le bonheur. Et ils le manifestent plus spontanément que nous. Mais composer, enregistrer, se produire en public et assumer du bonheur en même temps, c'est un peu beaucoup. J'admets que nous produisions un certain effet sur les gens, mais je veux garder mes distances par rapport à ce phénomène…"

" Mais de là à ce que 'Stop !' la première chanson du nouvel opus confesse 'Nous ne vous aimons pas, nous essayons seulement de vous juger', il y a manifestement un pas difficile à franchir. Robert s'explique : " Si je me souviens bien, cette chanson a été écrite à Londres, lors de notre premier périple sur le Vieux Continent. A cette époque, nous étions un peu paranos. Nous nous posions beaucoup de questions. L'intérêt que nous portaient les gens nous paraissait un peu trop soudain. Ils nous considéraient comme le groupe dans le vent. Un hype ! Et nous n'aimions pas beaucoup nous retrouver dans cette position. Lors d'un set accordé dans un petit club à Londres, j'ai eu l'impression que c'était le message que le public nous adressait. Il n'aimait pas vraiment le groupe. Il était venu, non pas pour nous voir, mais pour être vu. Alors, lors d'une jam, sur laquelle reposaient une ligne de basse et le jeu de batterie, j'ai commencé à improviser ces paroles. Je ne pense pas qu'une telle situation pourrait encore se reproduire aujourd'hui, mais si elle survenait encore, je réagirais différemment. En chantant pour eux plutôt que de les haïr. Plutôt que de leur dire d'aller se faire foutre. C'est dans ce contexte qu'il faut replacer ces mots… 'Stop !' est une chanson qui a été composée sur scène. Nous jouions ce morceau à la fin de chaque spectacle, parce que nous ne voulions pas terminer notre set sur une note calme. Nous voulions qu'elle s'achève sur un mode rock. Avec du volume. Quatre titres sont issus de prestations 'live'. 'Heart & soul', par exemple. Nous avons réalisé les prises à quatre endroits différents : Paris, Tokyo, Londres et… (NDR : à cet instant quelqu'un est entré dans le local pour aller prendre une bière dans le frigidaire. Et j'ai cru comprendre… Los Angeles). Les versions étaient bien sûr différentes ; mais ensuite on a essayé de mettre toutes les pièces du puzzle ensemble en n'en sélectionnant que les meilleures. Pour atteindre une forme d'apogée au niveau du son. On en a fait en quelque sorte, un 'best of'… "

Sur leur nouvel album figure une composition à caractère politique, 'US governement'. A ma connaissance, elle constitue leur seule concession dans ce domaine. Alors, engagement ou accident ? " Tout est accident ! Même se retrouver au sein d'un groupe. En fait, cette chanson a été écrite à nos débuts. Il y a longtemps. A l'époque, nous la jouions déjà 'live'. Très, très fort ! Et nous la réservions à la 'b side' de notre premier disque. Mais au moment où nous allions le sortir, le 11 septembre est arrivé ; et face au désarroi des victimes, nous pensions qu'il était inutile d'en rajouter une couche. Mais au fil du temps, nous avons commencé à la maîtriser de mieux en mieux sur scène ; et, pour ne pas désavouer nos fans, nous en avons conclu qu'il serait ridicule de la cacher sur une flip side… " Paradoxal, lorsqu'on sait qu'à leurs débuts, la formation avait déclaré qu'ils n'avaient pas uniquement l'intention de s'adresser à un public bien ciblé. Aux cool kids, en particulier. Et que s'ils se rendaient compte que c'était le cas, ils changeraient de fusil d'épaule. " Cet épisode remonte également aux débuts du groupe. Nous vivions à San Francisco. Nous étions dans le trou. Mais on essayait d'en sortir. On cherchait à gagner les faveurs du public. Nous n'appartenions à aucune scène. Nous étions considérés comme un groupe local. Bien sûr, je n'ai rien contre les groupes locaux. Mais si à SF il existe de nombreuses scènes impliquant de nombreux groupes, nous avons eu un mal de chien à y trouver notre place. Encore que je me demande si nous l'avons un jour trouvée ou si nous la trouverons un jour. Et je pense que ce n'est pas plus mal. Regarde la 'New York revolution' ! Ou si tu préfères, la musique de la nouvelle génération. Les médias veulent absolument enfermer tous les groupes qui y émargent dans le même sac. Du formatage ! Nous ne voulons surtout pas y être associés. Et encore moins récupérés. C'est une campagne de marketing, à laquelle nous refusons de souscrire ! Nous voulons créer de la musique qui plaise à tout le monde. Depuis la jeune fille au vieillard, plutôt que de cibler un public particulier. 'Cool kids f*****g !'

En parlant de formatage, aurait-il un œuf à peler avec les Strokes, les White Stripes, Interpol, les Warlocks et les Kills ? " Je ne mettrai pas les Kills dans le même sac. Ce sont des groupes qui possèdent d'indéniables qualités artistiques. Mais ils sont différents. Et on n'a pas le même feeling. J'apprécie plus particulièrement les White Stripes, Interpol et les Warlocks. On a joué avec ces derniers à Los Angeles. Devant 20 personnes. Ils sont authentiques et véhiculent un esprit bien personnel. C'est la raison pour laquelle je pense qu'ils sont respectables ; mais on ne peut pas dire que tout ces groupes soient rock'n'roll. Ils font de la pop. Seul leur déguisement est rock'n roll. Ils n'écrivent pas des chansons hymniques qui portent les gens, mais cherchent un mode d'évasion. Pour nous, notre devise est 'Stay awake !' (Restons éveillés !). Maintenant, je suis conscient qu'aujourd'hui, il faut plaire aux jeunes. Et que pour y parvenir, il faut soigner les pochettes, accorder des interviews, remplir les pages des magazines. Mais nous, on veut aller au-delà de tout ce strass. Avoir une démarche plus profonde… " Peut-être dans l'esprit des Stones. A cet égard, 'We're all in love' me semble tellement hanté par l'esprit des Stones ? Et en particulier par la composition 'Gimme shelter'… " C'est la meilleure chanson que les Stones ont écrite depuis 1970 ! On ne nie pas l'évidence. Et il est vrai que nous essayons de faire revivre l'esprit de cette époque. Dans le domaine de l'amour, tu peux être en compagnie de quelqu'un, mais en même temps très éloigné de cette personne. Et cette tension est terrible. Mais dans le même ordre d'idées, lorsque tu es éloigné de cette personne, tu ressens de l'espoir, de l'optimisme, au plus profond de toi-même. Il existe en nous cette idée d'euphorie de l'amour, lorsque vous êtes éloigné de l'autre. Comme si vous viviez une profonde angoisse. Du 'non dit' ! Car vous pouvez côtoyer l'autre, sans déclarer votre flamme. Cette situation existe. Vous ne pouvez pas la voir, l'entendre ou la toucher, mais vous savez que ce sentiment brûle au plus profond de votre âme… "

Lorsqu'on écoute la musique de BRMC, on ne peut s'empêcher de penser au Velvet Underground, à Joy Division et surtout à Jesus & Mary Chain. Les prestations 'live' baignent même dans un nuage de fumée, comme chez le défunt J&MC. Des comparaisons qui reviennent régulièrement chez la plupart des journalistes. Mais qu'en pense notre interlocuteur ? " Je ne sais pas. Contrairement aux apparences, les comparaisons, ce n'est pas mon fort. Chacune de ces formations pratique de la bonne musique. Ce sont, quelque part, des légendes. Et être comparés à ces légendes, c'est un compliment. D'autre part, il y a sans doute une certaine paresse de la part des médias qui se contentent de telles analogies. Car, il existe autre chose derrière tout cela. Maintenant, il est exact que tous les groupes passent par le stade des comparaisons ; c'est la transition nécessaire avant de parvenir à acquérir sa propre identité…" 

Par contre, Robert voue une grande admiration au défunt groupe britannique The Verve. " Un groupe génial, expérimental. Qui était parvenu à pousser le son dans ses limites. Un concentré d'énergie. Aussi bien à travers la musique que les lyrics. Mais lorsque Nick McCabe est parti, tout s'est écroulé. A ce moment là, je me suis rendu compte que l'univers de la musique avait perdu quelque chose de vital. Tout ce qui a suivi 'Nothern soul' n'a plus jamais eu la même dimension. Triste ! Ce groupe était fantastique, parce que sa musique évoluait sans cesse. J'ai assisté à trois de leurs sets 'live', dont un à San Francisco. C'est ce que j'ai vu de meilleur sur scène à ce jour. Tout comme le Primal Scream… " Ah, bon ! (NDR : le seul concert de Primal Scream, auquel votre serviteur a assisté fût tout bonnement catastrophique. Il y a presque 20 ans. A l'AB de Bruxelles. Je lui ai donc fait part de mon étonnement. Et il s'est simplement mis à rire. Faut croire que la bande à Bobby Gillepsie a fait d'énormes progrès sur les planches. Enfin, au bout de deux décennies, ce serait quand même dommage de ne pas être parvenu à s'améliorer. Attention, je parle bien de prestation scénique ! Les albums de Primal Scream sont, pour la plupart, de petits bijoux. Dont acte !)

Petit détail amusant, le père de Robert, n'est autre que Michaël Been, le leader du défunt Call, une formation fondée en 1979, dont le premier opus est une petite merveille. Ce qui avait d'ailleurs, à l'époque, poussé Peter Gabriel à les soutenir. J'avais même lu, dans un article, que Michaël était devenu le manager de BRMC. Bob rectifie. " Non, pas du tout. Il est le responsable du mixing lors de nos tournées " Donc, quelque part, il apporte son expérience au groupe. Robert semble assez gêné d'en parler. " J'ai beaucoup de mal à expliquer sa contribution. Je savais qu'il était capable de faire du rock'n'roll. Mais il est âgé de 47 ans. Il est difficile de parler de son père quand il ne fait pas un métier comme Monsieur tout le monde. Qu'il n'est pas garagiste ! Je me mets à sa place. On attend que je confesse qu'il m'a procuré des conseils, mais non, ce n'est pas le cas. Il mixe, et puis c'est tout. Le monde de la musique est tellement chaotique. Il change constamment. Dans ce domaine, il n'existe pas de règle d'or. Ce n'est déjà pas facile de parler de nous. D'expliquer les raisons pour lesquelles vous prenez telle décision, signez sur tel label. Alors, parler de son père… Je pense que du moment que vous fonctionnez à l'instinct, le reste… "

Merci à Vincent Devos

 

Swearing At Motorists

This flag signals goodbye

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Issu de la scène indépendante de Dayton (Ohio) du début des 90's, Swearing At Motorists a enregistré à ce jour une poignée de singles et d'Eps, deux mini elpees et deux albums. Un groupe dont la musique a souvent été comparée à celle de Guided By Voices. Mais franchement, si c'est le cas, c'est du côté des doigts de pieds. En fait Don Fraser, qui a cédé depuis ses baguettes à Joseph Siwinski, a été l'ingénieur du son de GBV ; et puis Dave Dougham, le leader de SAM y a sévi tout un temps. Ce qui explique sans doute cette analogie.

Pour mettre en forme " This flag signals goodbye ", SAM a fait appel à Brian Mc Tear (Matt Pond A, The Trouble with Sweeney). Un disque découpé en 14 fragments à l'honnêteté douloureuse et à la simplicité désarmante. Mais trempé tantôt dans la lo-fi électrique, tantôt dans la lo-fi acoustique. Un style introspectif, aride, alimenté par les motifs de guitare capricieux et le drumming clair (NDR : parfois d'un banjo !), qui permet au chanteur/compositeur Dave Dougham d'épancher de sa voix ample, capable d'osciller du délicat au sinueux en passant par le baryton profond, tout son venin lyrique.

Entrecoupé de l'un ou l'autre interlude instrumental, l'opus recèle un fragment de psyché/pop/rock contagieux (" Anything you want "), un autre plus climatique, caractérisé par une succession de changements de rythmes (" The real thing "); et puis une composition bouleversante, enrichie par la trompette de Kurt Wunder, intitulée " Room full of you ".

 

Black Rebel Motorcycle Club

BRMC

Écrit par

Alors là, franchement, il faut avouer que le patronyme du groupe a de quoi interpeller. En fait, ce trio californien a tout simplement emprunté ce nom au gang de bikers de Marlon Brando, qui sévissait dans le film " The wild one ". Annonçant ainsi à l'instar de la pochette, la couleur ( ?!?!?) de leur musique : noire et blanche ! Ainsi, si vous aimez ou avez aimé Jesus & Mary Chain, le Velvet Underground, My Bloody Valentine et Joy Division, vous adorerez la musique de BRMC ! D'autant plus que leur album éponyme est, dans le style, épatant. Que ce soit à travers le rock'n roll sauvage, ténébreux et bruitiste, imprimé sur un tempo implacable, ou les ballades lancinantes, fiévreuses et soniques. Parce que leurs mélodies infectées de sonorités sales, acérées, saturées, distordues, sont produites par une coagulation crépusculaire, mais terriblement efficace, de cordes de guitare acoustique et électrique. Un must !

 

Motorpsycho

Barracuda

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Les sept compositions qui figurent sur le nouvel elpee de Motorpsycho ont été concoctées lors des sessions d'enregistrement de leur album précédent, " Let them eat cake ". Mais jugées trop rock, elles avaient été mises (provisoirement !) au placard. Ce qui n'avait pas empêché la formation norvégienne d'en utiliser l'une ou l'autre sur les planches. A l'instar de " Up' gainst the wall (high time) " et de " Dr. Hoffman's bicycle ". Trop rock, ou plus exactement trop r&b. Mais un r&b abordé dans l'esprit des Small Faces, d'Allman Brothers Band, pour lesquels ils avaient déjà rendu un hommage à travers " A song for a Bro " sur le dernier opus ; et puis des Rolling Stones auxquels ils adressent un clin d'œil sur " Star star star ". On a même droit en fin de parcours à une incursion dans le prog rock, question de rappeler, sans doute, que Motorpsycho apprécie toujours ce courant musical…

 

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