Ce mardi 3 mars, à l’Ancienne Belgique, l’Islande est sous le feu des projecteurs. Et pour cause, Of Monsters and Men et RAKEL sont à l’affiche. Le concert est complet depuis longtemps.
Plus de dix ans après l’impact international de « Little Talks », Of Monsters And Men continue d’élargir son répertoire. Quatre mois après la parution de « All Is Love And Pain In The Mouse Parade », le septuor islandais est parti défendre ce long playing tout au long de son ‘Mouse Parade Tour’, qui passait donc, par Bruxelles.
En ouverture, il revient à RAKEL, artiste islandaise émergente, responsable d’une musique pop/indie intime et atmosphérique de chauffer la salle.
Le set de la chanteuse et compositrice s’ouvre par « Petrichor ». Aux claviers, Salomé Katrin l’accompagne et pose un cadre calme, presque cotonneux. « Rescue Remedy » glisse sans heurt, puis « Pillows » installe un apaisement proche de la suspension. Les titres sont issus de « A Place To Be », paru le 17 octobre 2025.
Un point de jonction s’impose ensuite : Nanna Bryndís Hilmarsdóttir rejoint le duo pour le dernier morceau. Toutes trois proposent une reprise de « Let It Die » (Feist), interprétée sans effet superflu, qui prépare la transition vers la tête d’affiche. La salle applaudit longuement la fin du set (page ‘Artistes’ ici).
Place, ensuite à Of Monsters And Men.
Les sept musiciens s’alignent : quatre guitaristes (dont deux préposés aux sèches), un multi-instrumentiste qui passe de la basse aux claviers, un second claviériste-accordéoniste, en surplomb sur une estrade, et, à droite, un batteur planté sur une plateforme plus haute. L’arrivée du combo reste sobre, mais l’impact se fait sentir dès les premières mesures.
Le set démarre par « Television Love » puis embraie sur « Dream Team », deux titres qui installent une atmosphère planante, parfois contemplative, sans se limiter au folk du début des années 2010. La formation circule entre pop cinématographique et folk rock, en alternant retenue et poussées mélodiques. La sélection du soir met logiquement l’accent sur le dernier disque, « All Is Love And Pain In The Mouse Parade ». Dix morceaux y trouvent place, joués comme des classiques déjà installés.
Paru en 2011, « My Head Is An Animal » propulse Of Monsters And Men au-delà des frontières islandaises. Ce soir, l’elpee revient régulièrement dans la setlist, cinq titres à l’appui. « Dirty Paws » et, surtout, « Little Talks » déclenchent les séquences les plus fédératrices : la fosse se met en mouvement, les mains marquent le tempo, et l’auditoire reprend les refrains aux côtés de Nanna Bryndís Hilmarsdóttir et Ragnar Þórhallsson.
Les nouveautés reçoivent un accueil franc, même si une partie de la grande salle semble préférer les chansons des débuts. « King and Lionheart » relance immédiatement les chœurs et les pas de danse. Côté nouvel opus, « Kamikaze » affiche des teintes pop rêveuses, « Ordinary Creature » appuie un refrain plus nerveux, et « The Block » ouvre une parenthèse plus introspective : les musiciens se rassemblent en cercle, le clavier en point d’ancrage, et le tempo se resserre jusqu’à suspendre l’instant. Lumières basses, ambiance recueillie.
À la demande générale, le band ajoute « Empire » et prolonge le dialogue auprès d’une foule qui ne lâche rien.
Pour le rappel, la formation choisit d’abord l’épure : « Love Love Love », interprété en solo par Nanna. « Fruit Bat » prend ensuite le relais sur un format étiré, huit minutes prolongées par une sortie instrumentale immersive. Sur la fin, les voix se retirent et le son occupe tout l’espace, comme si la salle n’avait plus besoin de paroles pour rester encore un peu dans leur univers…
Setlist : « Television Love », « Dream Team », « King And Lionheart », « From Finner », « Kamikaze », « Styrofoam Cathedral », « Alligator », « The Actor », « The Block », « Mouse Parade » avec RAKEL, « Dirty Paws », « Crystals », « Empire » (à la demande générale du public), « Ordinary Creature », « Little Talks ».
Rappel : « Love Love Love », « Fruit Bat ».
(Organisation : Live Nation)