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PJ Harvey

L'amour, la mort et la résurrection suivant PJ Harvey

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Le nouvel de PJ Harvey, « I Inside the Old Year Dying » sortira le 7 juillet 2023. Il a été produit par les collaborateurs de longue date, Flood et John Parish.

PJ a révélé avoir composé les chansons en 3 semaines et précise : ‘Le studio était aménagé pour jouer en direct, et c'est tout ce que nous avons fait’. Si ce disque est très tactile et humain, c'est en partie parce que presque tout y est ancré dans l'improvisation : des performances et des idées spontanées, enregistrées au moment même de leur création.

Elle a publié une seconde chanson en single, le titre maître de l’opus. Il fait l’objet d’un clip vidéo animé, réalisé par Cristóbal León et Joaquín Cociña. Et il est disponible ici

Les réalisateurs Cristóbal León et Joaquín Cociña ont déclaré : ‘Nous avons envisagé le clip comme une courte histoire sur l'amour, la mort et la résurrection. Nous avons imaginé que la vidéo pouvait être perçue comme un petit conte de fées, mais aussi comme un rituel intime. Nous voulions maintenir l'animation dans un état de crudité scénique et matérielle, comme si les éléments que nous voyons n'étaient pas des personnages ou des accessoires, mais des artefacts et des talismans qui font partie d'une cérémonie.’

 

PJ Harvey

Uh huh her

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Pour enregistrer son septième album, PJ Harvey a décidé d’en revenir à une forme plus minimaliste, comme il y a 12 ans. A un blues primal, aride, sauvage que « Dry » incarnait si bien. Un retour aux sources auquel trop d’artistes ont tendance à recourir, lorsqu’ils sont en panne d’inspiration. Son précédent opus, « Stories from the city, stories from the sea », était tout bonnement remarquable. « Uh huh her » est de bonne facture, sans plus. En fait, il manque de compos percutantes. Une œuvre qu’elle a écrite, interprétée, mixée et produite. On n’y relève d’ailleurs que la collaboration de son complice de longue date, Rob Ellis ; et puis de Head au mixing et aux arrangements additionnels. Curieusement, la chanson « Uh huh her » ne figure pas sur cet elpee. Parce qu’elle ressemblait trop à ce qu’elle faisait auparavant, confesse Polly. Bref, les rares accents hymniques empruntés à Patti Smith ou à Siouxie (« The letter ») ne parviennent pas à sauver un ensemble qui exhale un parfum de déjà entendu. Pas que la plaque soit de mauvaise facture, mais pour une artiste de la trempe de Polly Jean Harvey, on reste sur sa faim…

PJ Harvey

Stories from the city, stories from the sea

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Polly Jean Harvey est de retour avec un sixième album. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle vient à nouveau de créer l'événement. Parce que cet opus est tout bonnement exaltant. A l'instar de Lou Reed, elle chante New York. Balayés de courants émotionnels capricieux mais voluptueux, ses contes obsessionnels errent à travers Little Italy, Chinatown, les toits de Brooklyn ou encore les lumières de Manhattan. Tout un contexte propice à libérer une intensité malsaine et sauvage que la reine des ténèbres se plait à cultiver. Et que la qualité instrumentale a le bon goût d'entretenir. Faut dire qu'elle a reçu le concours de Rob Ellis et de Mick Harvey. Le trio se partage d'ailleurs les guitares, mais également la production. Si Thom Yoke la rejoint pour chanter en duo les deux fragments les plus vulnérables de disque –en l'occurrence " One line " et " This mess we're in "– elle semble véritablement envoûtée par une énergie positive sur le reste de l'opus. Un peu comme si elle était parvenue à réaliser sa sexualité, jusqu'alors introvertie (NDR : c'est ce qu'elle raconte lors de ses interviews !) Depuis " Big exit " qui recapture l'électricité nerveuse de Television, au tourbillon hormonal, presque pornographique de " This si love ", en passant par " Good fortune " et " We said something ", titres qui auraient pu relever du répertoire de Patti Smith, le fabuleux et impressionnant de punch " The whores justle and the hustlers whore ", le minimaliste (Kristin Hersh ?) " You said something " et le punkcore (Breeders ?) "Kamikaze". Remarquable !

 

PJ Harvey

Is this desire ?

Après avoir sorti le remarquable " To bring you my love " en 1995, Polly Jean Harvey commettait un album avec John Parrish, l’année suivante (" Dance hall at louse point "), puis s’impliquait au sein de quelques projets alternatifs, notamment en compagnie de Tricky et de Nick Cave. Lors de l’enregistrement de son cinquième elpee, elle a de nouveau reçu le concours de John, mais également de Flood, de Head, de Joe Gore (Tom Waits), d’Eric Drew Feldman (Pixies, Captain Beefheart), de Mick Harvey (Bad Seeds) et enfin du batteur de son line up initial, Rob Ellis. Un disque, à premier abord, plus accessible, sans pour autant tomber dans la facilité. Normal, lorsqu’on connaît la discographie de l’artiste. Mais une œuvre qui flirte davantage avec la musique électronique, post industrielle, en particulier. Avec pour résultat, des chansons qui exhalent une intensité émotionnelle insidieuse, atmosphérique, s’inscrivant davantage dans l’esprit de la trip hop de Portishead, Tricky ou même de Massive Attack. Encore que la voix spectrale, alchimiquement blues de Polley est toujours susceptible de sautes d’humeur et d’exprimer sa violence latente, naturelle, comme sur " No girl so sweet ". Mais, en général, cette violence extrême reste contenue, contrôlée. Un peu trop à notre goût, pour véritablement nous enflammer. Par rapport à " To bring you my love ", c’est un pas en arrière ; même si cet " Is this desire ? " reste de bonne facture.

 

PJ Harvey

To bring you my love

"To bring you my love" constitue le troisième album de PJ Harvey. Et nous devons avouer que sa première écoute ne nous a pas particulièrement enthousiasmés. Il est vrai que tout le tam-tam, qui se trame (!) autour de cet événement depuis sa sortie, était plutôt de nature à nous rendre prudents. Pourtant, si nous nous étions bornés à refléter cette première impression, nous aurions commis une grave erreur. Car cet opus est tout à fait remarquable. Mais s'aborde comme une œuvre de Nick Cave. Pas de PJ Harvey. Le guitariste des Bad Seeds, Mick Harvey, est d'ailleurs de la partie. Tout comme celui de Tom Waits, Joe Gore. Un disque âpre, tordu, mais inexorablement envoûtant. La voix de Polly Harvey est désespérément fascinante, sauvagement menaçante, suspendue à une texture blues mélodramatique, qui s'enlise entre la perfection et le putride. Le clavier lancinant, insidieux. Les guitares mornes, fiévreuses. Les compositions fantastiquement dérangées. Un must!

 

PJ Harvey

4 Track Demos

Si l'œuvre d'un artiste rock se révèle au fil du temps et de ses albums plus abordable et plus léchée, il faut admettre que pour PJ Harvey, c'est le phénomène inverse qui se produit. Vulnérable et fruité à l'origine ("Dry"), venimeux et torride par la suite ("Rid Of Me"), son expression s'est traduite sur "4 Track Demos" en termes de virulence et de sécheresse. Pas de batterie. Juste la voix déchirante de Polly Harvey et des cordes de guitares tendues, lancinantes, sournoises. Dix compositions ultimes, farouches qui luttent sans merci contre la mythologie romantique de la musique pop. En Grande-Bretagne, cet opus a déclenché l'enthousiasme communicatif des médias, un enthousiasme que nous ne parvenons pourtant pas à partager, parce que l'écoute exhaustive du CD a fini par nous excéder...

 

PJ Harvey

Comment piéger la P.J.?

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Mi-poétesse, mi-tigresse, à la fois fragile et brutale, vulnérable et provocatrice, Polly Jean Harvey est une jeune femme ambiguë qui ne manque pas d’éveiller la curiosité. Cette Anglaise du Dorset, élevée à la campagne, se passionnant pur la sculpture et les longues balades en forêt, est une des révélations de ces 15 derniers mois. En peu de temps, les deux simples « Dress » et « Sheela-Na-Gig » puis « Dry », un album aussi sec que rafraîchissant, l’ont propulsée du statut d’espoir à celui d’artiste reconnue et respectée. Qu’elle le veuille ou non, PJ Harvey est aujourd’hui un personnage public. Seulement voilà, elle est réservée, peu bavarde et refuse de s’expliquer sur les paradoxes qu’elle cultive avec un malin plaisir : elle tient à préserver son jardin secret tout en écrivant des textes à connotation sexuelle, naviguant constamment entre la pudeur et l’exhibitionnisme ; elle déteste faire parler d’elle, mais pose à moitié nue sur la couverture du NME et le verso d’une pochette. Pour mieux contrôler son image, elle choisit le silence, alimentant inévitablement la rumeur. Timide par nature, elle adore être regardée… Polley, le drummer Rob Ellis et le bassiste Steve Vaughn sont présents lors de l’entretien, mais seuls les deux premiers y participent…

Vous êtes trois lors des interviews, alors que Polly apparaît toujours seule sur les photos et les pochettes de disques. Une raison ?

Polly : Parfois je suis seule pour répondre aux interviews
Rob : Sur scène, on est toujours à trois, par contre.

Rob et Steve, faire partie d’un groupe s’appelant Polly Jean Harvey ne vous dérange pas ?

R. : Non, dans la mesure où Polly écrit tous les morceaux. On n’a pas trouvé d’autre nom, de toute façon. On avait pensé appeler le groupe ‘PJ Harvey and The quelque chose’, mais rien d’intéressant ne nous est venu à l’esprit.

Te sens-tu bien Polly, auprès de Rob et Steve ?

P. : Oui, il n’y a aucun problème. J’ai toujours préféré la compagnie des hommes à celle des femmes.
R. : On est les premiers à être venus la trouver, alors elle nous a gardés (rires).

Caractères

On t’a surnommée la ‘Madonna’ de la scène indépendante.

P. : Je la trouve formidable. Je suis différente, mais j’aimerais lui ressembler. Elle possède une réserve d’énergie incroyable qui lui permet de travailler sans cesse et de s’exprimer ainsi dans plusieurs domaines artistiques. En plus, elle a du caractère. Elle se fiche de ce que les gens peuvent penser de ses actes.

Comme elle, tu joues beaucoup avec l’ambiguïté, non ?

P. : Je suis contente que tu me le dises. Cependant, je ne ‘joue’ pas avec l’ambiguïté. Au moment où j’écris un texte, je n’ai aucune idée de ce qu’il peut suggérer. Mon inspiration est spontanée, naturelle voire inconsciente.

Dans tes chansons, tu mets en scène des personnages. Es-tu toi-même un personnage ?

P. : Tout le monde en est un, non ? Il y a des éléments autobiographiques dans mes chansons, bien sûr. Jusqu’à un certain point. Ils proviennent de mon expérience personnelle, de ma vie, qui n’en est qu’à ses débuts.

La plupart de tes personnages féminins semblent beaucoup souffrir.

P. : Mes chansons ne sont pas dénuées d’humour. Il n’y a pas que des femmes qui souffrent. Il y en a aussi qui se foutent éperdument du mal qu’on leur fait. Il ne faut pas dramatiser ! Beaucoup de gens ne perçoivent pas cette dimension humoristique, peut-être parce que ma technique d’écriture n’est pas encore tout à fait au point… Avant tout, je célèbre la vie. J’essaie de me rapprocher au maximum de la réalité. Je ne vois pas tout en noir et blanc.

Il t’arrive parfois de connaître des faiblesses ?

P. : Parfois, je dois faire des efforts incroyables pour rester forte. Les conséquences de cette exigence me font souffrir de temps à autre.

Penses-tu assumer des responsabilités vis-à-vis des jeunes filles qui écoutent tes disques ?

P. : Non, je ne me considère pas comme étant leur grande sœur. Je ne suis pas assez vieille pour ce genre de responsabilité. Moi-même, je me cherche, alors…

Féminisme et féminité

On t’a souvent reproché ton côté misanthrope, ou plutôt ‘misandre’.

P. : C’est faux, archi-faux ! Ce sont des saloperies qu’on lit dans la presse. Au contraire, j’aimerais bien être un homme.
R. : On aurait déjà quitté le groupe depuis longtemps si c’était le cas.
P. : Tu as probablement puisé cette info dans les journaux anglais. C’est ridicule ! Je suis sûre que je n’ai jamais tenu de tels propos dans aucune interview ; mais bon, je sais que pas mal de journalistes extrapolent, en prenant leurs désirs pour des réalités.

Tu n’es pas féministe non plus ?

P. : Absolument pas. De toute façon, ce n’est pas parce qu’on est féministe qu’on perd automatiquement sa féminité. On peut être jolie, sensible, pure tout en se battant pour une cause que l’on trouve juste. Les femmes ne sont pas là pour satisfaire les besoins de l’homme, il ne faut pas les réduire à de simples objets de contemplation et de désir.
R. : Les hommes peuvent aussi être beaux et innocents. Aucun sexe n’a l’apanage de telle ou telle qualité.

Penses-tu que l’image des filles qui font du rock a changé ?

P. : C’est difficile à dire, parce que j’ignore comment elle était auparavant. A l’heure actuelle, les groupes féminins n’hésitent pas à jouer fort, c’est peut-être là que réside la nouveauté. Personnellement, je sais ce que je veux. Je suis têtue. Ce qui me permet de contrôler la marche de ma carrière.

Les hommes peuvent-ils comprendre la musique ?

R. : Moi, je la comprends, à ma façon. Le sens des chansons est laissé à l’interprétation de chacun, ce qui n’est pas plus mal.

Nudité

Partages-tu mon avis, si je te dis que ta musique est nue ?

P. : Oui.

Est-ce la raison pour laquelle tu as posé nue à certaines occasions ?

P. : Oui. Ces photos reflètent ma démarche musicale. Mes chansons sont nues, dépouillées, c’est vrai. Je ne suis pas complètement nue, non plus. Sur la pochette de « Dry » (au verso), mon corps est plongé dans l’eau et en ce qui concerne la couverture du NME, je suis photographiée de dos. Je suis satisfaite des résultats. D’un point de vue strictement artistique, ces photos sont de qualité. Je ne me suis pas dévêtue pour vendre plus de disques, je peux te le certifier.

Tu ne veux pas qu’on viole ton intimité, tu es peu bavarde aux interviews ; ce qui ne t’empêche pas d’écrire des textes introspectifs et de poser nue. Ce n’est pas un peu paradoxal ?

P. : Je ne dévoile rien au sujet de ma vie privée. En fait, à partir du moment où tu t’ouvre trop aux autres, par excès de confiance, tu ne montres rien du tout. C’est une façon indirecte de se protéger davantage. C’est ainsi que je vois les choses. Au départ, il faut être forte et vraiment sûre de soi pour agir de la sorte ; et tout en s’exhibant, on se crée une défense naturelle.

Si tu as choisi ce métier, c’est pour communiquer quelque chose. Tu ne te contentes pas de jouer de la guitare seule dans ta chambre, tu te produis chaque soir devant des milliers de personnes. Qu’es-tu prête à donner à tes fans ?

P. : Je n’éprouve pas vraiment un besoin urgent de communiquer. Je ne me sens pas investie d’une mission particulière. Je suis plutôt égocentrique : j’aime me retrouver sur une scène et chanter devant plein de gens qui n’ont d’yeux que pour moi. Ca me plaît et ça leur plaît en même temps. Ma motivation première, c’est le plaisir personnel que je peux retirer d’un concert

Interview parue dans le numéro 7 du magazine Mofo de novembre 1992.