Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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LA Priest

LA Priest sonde les égouts…

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LA Priest, alias Sam Eastgate, publiera son 3ème elpee, « Fase Luna », ce 5 mai 2023. Inspiré par l'océan et nourri de pop bancale, cet opus ramène les choses à un peu plus que Sam et sa guitare : neuf morceaux ensoleillés de pure félicité.

Un premier avant-goût de l'album vient de sortir, sous forme de clip, « It's You ».

Le clip de « It's You » a été réalisé par Eoin Glaister (Glass Animals, Joji) et raconte l'histoire d'une femme, interprétée par Juliet Cowan (The Power, PhoneShop), qui tombe éperdument amoureuse d'un fatberg d'égout. Touchant, doux et parfois légèrement grotesque, c'est une représentation simple et belle de l'amour que l'on peut vraiment trouver dans les endroits les plus étranges.

Connu sous les noms de Sam Dust, LA Priest et L.A. Priest, Eastgate s'est forgé une réputation de musicien subversif et imprévisible, innovant constamment au cours de son travail avec son défunt groupe Late Of The Pier, de sa collaboration avec Connan Mockasin sur « Soft Hair » et de son travail en solo sous le nom de LA Priest.

En enregistrant au Mexique et dans les forêts tropicales du Costa Rica, Sam a été frappé par l'histoire mythique de chaque région et par les liens anciens avec l'océan, s'inspirant largement des deux pour remplir « Fase » Luna d'histoires d'esprits et d'imaginations de la vie au fond de l'océan.

La vidéo de « It’s you » est disponible

 

 

TV Priest

TV Priest : un groupe qui ne prêche pas dans le désert !

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Ce samedi 19 novembre, la formation londonienne TV Priest se produit à l’Aéronef de Lille. Un quatuor responsable de deux elpees, à ce jour ; soit « Uppers », paru en 2021 et « My other people », en juin dernier. Si le premier opus reflétait les angoisses et les colères du chanteur, à travers des textes politiques, dénonçant les travers de la société britannique, le second se révèle plus sombre et introspectif, tout en abordant des sujets existentiels, tels que l’amour, la joie, la perte ou le deuil. Mais une constante : les lyrics sont empreints d’un humour caustique… bien britannique. Charlie Drinkwater (NDR : quel nom !), le leader, est également directeur artistique et signe notamment les pochettes de Sports Team ainsi que de Fontaines D.C. Enfin, le combo a signé chez Sub Pop, célèbre label de Seattle qui a, notamment, hébergé Nirvana, Sonic Youth, Soundgarden, Afghan Whigs, The Shins et White Stripes, et compte aujourd’hui, parmi ses nouveaux fers de lance, Metz et Rolling Blackouts Coastal Fever…

Il doit y avoir plus ou moins 120 personnes, partagées entre jeunes et quadragénaires, lorsque le quatuor grimpe sur les planches. Outre le vocaliste, barbu, crâne rasé et costard un peu trop étriqué pour lui, qui prononce quelques mots d’accueil en français, le band implique également un guitariste, un bassiste et un drummer, en short et la casquette vissée sur le crâne (NDR : il finira même le show, torse nu !)

Le set s’ouvre par « The big curve », une compo imprimée sur le rythme du chemin de fer, un tempo que vont adopter de nombreux morceaux de ce concert. Quand il ne se révèlera pas tribal. En fait, Ed Kelland se sert d’une batterie conventionnelle, mais également d’une boîte à rythmes, un peu comme Butch Vig. A la guitare, Alex Sprogis fait grincer ses cordes, très souvent à la manière de feu Andy Gill, le leader de Gang of Four, insufflant un côté funk blanc au post punk du band. Et puis, Nic Bueth construit des contre-mélodies à l’aide de ses lignes de basse. L’ensemble se révèle excitant, intense et particulièrement cohérent. Et devant le podium, ça pogote sec. La six cordes se fait scie circulaire sur « I was a gift » et on se rend compte que Charlie est un fameux showman. Il grimpe sur l’estrade du batteur. Il brandit son pied de micro d’une main pendant qu’il tient le microphone dans l’autre lorsqu’il n’abandonne pas, tout simplement, son support. Sa voix est grave, très souvent déclamatoire. Sa présence est théâtrale, charismatique. Il semble prêcher en y ajoutant la gestuelle ou en se frottant le crâne. Alex fait sonner sa gratte comme une armée de mandolines, sur « Lifesize », dans l’esprit de Justin Jones (And Also The Trees). La basse devient latente et le baryton de Charlie, profond, tout au long du plus lent « Limehouse cut ». Charlie s’éloigne même parfois du micro pour communiquer davantage de profondeur à la compo. Des synthés préenregistrés s’invitent pendant « Bury me in my shoes », alors que des samples d’arrangements s’incrustent pendant le grondant « Unravelling ». Le light show est dominé par la couleur rouge tout au long d’« It was beautiful ». Charlie interprète même quelques vers a cappella, au milieu de la chanson.

Les musiciens ne sont pas pourtant pas suffisamment mis en exergue par le light show, à tel point qu’on a l’impression qu’ils se produisent dans la pénombre. La guitare gémit tout au long du dramatique « Powers of ten », alors que le tempo semble restituer des battements de cœur. La fin du set nous réserve à nouveau des morceaux imprimés sur un rythme infernal, et tout particulièrement pendant « House of York » …

Suite aux acclamations de la foule, TV Priest va accorder un morceau en rappel, avant de tirer sa révérence et de rejoindre le stand merchandising. Un super concert !

Voir aussi notre section photos ici

Setlist

The Big Curve, I was a gift, This Island, One easy thing, Lifesize, Limehouse cut, Bury Me in my shoes, Unravelling, Slideshow, It was beautiful, Powers of ten, Press gang, House of York, Decoration

(Organisation : Aéronef, Lille)

 

 

 

TV Priest

Uppers

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Premier elpee pour ce quatuor londonien fondé en 2019. Une œuvre qui baigne dans le post punk. Mais un post punk particulièrement dynamique et créatif. Parfois tapissé en toile de fond d’indus. Hormis l’interlude ambient « History work », les onze autres plages de « Uppers » remuent les tripes. Bien sûr le climat est, en général, sombre, reflétant un sentiment de désespoir, de hargne ou de colère, un sentiment exacerbé par la voix déclamatoire et caverneuse de Charlie Drinkwater dont les intonations semblent empruntées à Mark E. Smith, feu le leader de The Fall –encore que sur « Leg room », on pense plutôt à Captain Beefheart (NDR : oui, Don Van Vliet est également décédé, mais huit ans plus tôt) ; mais ce climat est propice à l’envoûtement.

Les guitares sont acérées, tranchantes, parfois trempées dans le funk blanc (« The big curve », « Decoration »), la ligne de basse est mordante comme celle de Jean-Jacques Burnel (The Stranglers), la rythmique lourde, mais offensive et les claviers s’avèrent aussi grinçants qu’acides. Et puis, malgré la complexité des morceaux, le sens mélodique est préservé. Enfin, l’opus s’achève par l’irrésistible « Saintless », un hymne de plus de 7’ qui monte progressivement en intensité avant d’atteindre son point culminant proche de l’euphorie…

Un must !

Priests

Une messe pas très catholique…

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Responsable d’un superbe second album, « The seduction of Kansas », paru en avril dernier, Priests se produisait ce lundi 20 mai au Witloof Bar du Botanique. Un site presque désert, puisque seul ce concert y était programmé. Issue de Washington D.C, la formation a été réduite à un trio suite au départ de la bassiste Taylor Mulitz, qui a rejoint Flasher. Et si Janel Leppin a collaboré aux sessions d’enregistrement du dernier elpee, elle ne participe apparemment pas aux tournées. Pratiquant une musique qui oscille entre punk et post punk, le band se signale également par des lyrics engagés, socio-politiques, mais également féministes…

Lorsque le combo grimpe sur l’estrade vers 20h15, il doit y avoir une petite centaine de fidèles dans la chapelle. Pour ce périple, le line up bénéficie du concours de la bassiste Alexandra Tyson. Vêtue de noir, y compris le pantalon en cuir, longue chevelure de jais, elle affiche une attitude particulièrement placide, presque mystique. Daniele Daniele, la drummeuse, s’installe en arrière-plan. Devant son tapis de pédales, lunettes épaisses et classiques sur le nez, GL Jaguar ressemble à Ahmed Laaouej, mais en taille XXL. Quant à la chanteuse Katie Alice Greer, on la verrait bien jouer le rôle de Marilyn Monroe, au cinéma. Très jolie et sexy, elle a enfilé une robe décolletée de teinte jaune canari, courte et moulante, en latex vintage. Ses bas-résilles sont retenus par des porte-jarretelles et elle est chaussée de demi-bottes de cow-boy. Et tout au long du set, aguichante, glamour, elle va se déhancher sensuellement. Lors de la communion, on lui donnerait bien le petit Jésus sans confession et sans se faire prier…

La célébration s’ouvre par « Pink white house » et déjà on est impressionné par la voix de Katie, qui pourtant, et elle le signalera, n’est pas au top car, confesse-t-elle, elle a une grenouille (NDR : de bénitier ?) dans la gorge, suite à des problèmes de santé. Alors imaginez le potentiel si cette voix était immaculée ! D’ailleurs, parfois on pense à Adèle, Patti Smith ou même Siouxsie Sioux. Son amplitude lui permet de chuchoter un instant et libérer toute sa puissance, le suivant. Tout au long de « Good time Charlie », la ligne de basse devient carrément cold, dans l’esprit du Cure. Et pour accentuer ce climat, les interventions de gratte adoptent alors un profil atmosphérique, célébré en son temps par Robert Smith, Dik Evans (Virgin Prunes) et surtout Tristan Garel-Funk (Sad Lovers & Giants) ; une impression qui va se confirmer à plusieurs reprises, lors de cet office. Le groupe reprend le « Mother » de Dantzig ; se réappropriant la chanson pour la transformer en ‘protest song’ en faveur des droits des femmes en matière de procréation. Katie et Daniele troquent leurs places pour le funkysant « I’m clean » et « 68 screen ». De petite taille, le pantalon bouffant, cette dernière possède également une superbe voix, qu’elle n’assurait jusqu’alors que pour les backing vocaux. Et entre les morceaux, elle tente de prêcher quelques mots en français. Sympa ! Mais si Katie est partie s’asseoir sur le siège derrière la batterie, elle n’en joue pas, se contentant de contempler pieusement la boîte à rythmes tout en assurant également la contre-voix. Elle revient alors à l’avant-plan pour « The seduction of Kansas », le titre maître du nouvel opus. Le drumming de Daniele devient carrément frénétique tout au long de l’enlevé « Carol ». Sommet du set, « Nothing feels natural » se révèle plus complexe, même dans les vocaux. Faux départ pour « Texas ». La gratte de GL est désaccordée. Quelques secondes plus tard, tout rentre dans l’ordre, et lors de ce titre, Daniele imprime un tempo new wave à la compo, en frappant sur ses fûts à l’aide de ses maracas. Elle revient prendre le lead vocal sur « No big bang, un titre post punk caractérisé par des vocaux déclamatoires, presque hip hop, alors que les accords de basse tournent en boucle, comme s’ils cherchaient à s’enfoncer religieusement dans votre conscience… Après le sauvage « Control freak », le show s’achève par le superbe single baptisé « Jesus son » ; et c’est sous la bénédiction de l’auditoire que Priests quitte l’autel… Adorable !

Tracklisting

Pink White House
Good Time Charlie
JJ
Mother
Youtube Sartre
I'm Clean
68 Screen
The Seduction of Kansas
Carol
Nothing Feels Natural
Texas
No Big Bang
Control Freak
Jesus Son

Pour lire ou relire la chronique de « The seduction of Kansas », c’est ici

Priests

The seduction of Kansas

Écrit par

Issu de Washington DC, Priests a enregistré deux albums à ce jour. Le premier, « Nothing feels natural », remonte à 2017. Et son deuxième, « The seduction of Kansas » vient de sortir. Un disque qui s’inspire de l’ouvrage de l’historien Thomas Frank, « What’s the matter with Kansas ». Publié en 2014, il explique comment les conservateurs ont gagné les voix des électeurs aux States. Depuis la sortie du premier elpee, la bassiste originelle, Taylor Mulitz a cédé le relais à la multi-instrumentiste Janel Leppin, qui avait déjà participé aux sessions du précédent long playing. Et c’est à nouveau John Cogleton qui s’est chargé de la mise en forme.

Maintenant, place à la grosse surprise de ce premier trimestre de l’année. Découpé en 12 pistes, ce long playing baigne, en général, dans le post punk. En extrapolant, on pourrait imaginer un croisement entre les Slits, Siouxsie & The Banshees et les Throwing Muses originels. La voix de Katie est très susceptible de passer de l’aigrelet au clair, mais aussi d’adopter un ton frénétique. Et elle est régulièrement soutenue par celle de Janel, quand cette dernière ne lui donne pas la répartie. Tour à tour effilées, chatoyantes ou carillonnantes, les cordes de guitare sont hantées par Tristan Garel-Funk (Sad Lovers & Giants), quand elles ne gémissent pas comme celles d’Andy Gill (« YouTube Sartre »), le leader de Gang of Four, sans pour autant adopter un profil funk blanc. L’ombre de SL&G rôde encore tout au long de « Not perceived », une excellente compo caractérisée par cette ligne de basse ascendante et celle de guitare descendante. Et si la basse est bien bavarde tout au long de « I’m clean », « Carol » se révèle paradoxalement à la fois glauque et complexe. Un autre sommet de cet LP. Les textes sont engagés, mais suscitent davantage de questions que de réponses. A l’instar d’« Interlude », un morceau au cours duquel, à travers un spoken word, le rêve américain est carrément dézingué. Car violé et abusé par les partis politiques et les multinationales, sur l’autel de la société d’hyperconsommation…

Un des albums de l’année !

En concert le 17 mai à l’Aéronef de Lille et le 20 au Botanique de Bruxelles.

Judas Priest

Redeemer Of Souls

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Robert Halford, Glenn Tipton et Ian Hill affichent une moyenne d’âge de 65 ans. Scott Travis en a 50 et Richie Faulkner –le jeunot– 35. La ‘suédoise’ ou ‘kamikaze’, selon, ne devrait pas causer de problème pour l’âge de la retraite des vétérans…

Après le départ de K. K. Downing en 2011, le discret Ian Hill devenait le plus ancien membre au sein du line up. Mais depuis le retour de Rob Halford, en 2003, c’est ce dernier qui a repris son statut de membre fondateur.

Pour son 17ème elpee studio, Judas Priest a délibérément choisi de replonger dans le passé. Et les fans de la première heure vont certainement s’en réjouir. Sous sa version DeLuxe, la pochette est un véritable régal pour les yeux.

« Dragonaut » démarre sur les chapeaux de roues. Les riffs de gratte sont incisifs, malsains, et soutiennent parfaitement la voix graveleuse d'Halford. On dirait presque du Black Sabbath de la meilleure époque. Comme sur « Sword Of Damocles », par ailleurs. Le titre maître revient carrément aux sources. Du grand Judas Priest ! D’une durée de 6 minutes, « Halls Of Valhalla » est la plage la plus longue de cet opus. Et elle est épique. Tout comme « Secrets Of The Dead ». Subtilement blues, « Hell And Back » navigue dans des eaux plus paisibles. Et si le tempo accélère parfois, il ne s’emballe jamais démesurément. Tout au long de « Metalizer », les guitares opèrent un retour aux temps héroïques de « British Steel » et de « Painkiller ». Les riffs sont ravageurs et accrocheurs. « Crossfire » est un petit blues métallique, tonique, mais également dansant. Harmonieuse et précise, la voix d'Halford est toujours aussi impressionnante. Et il en fait une parfaite démonstration sur « Battle Cry ». Empreint de calme et de délicatesse, « Beginning Of The End » opère un nouveau retour aux racines.

La version Deluxe propose un bonus cd. Y figurent cinq perles : « Snakebite », « Tears Of Blood », « Creatures », le plus cool « Bring It On » et la ballade « Never Forget ».

Même quand il envoie du lourd, Judas Priest prend toujours le soin de soigner le sens mélodique de ses compos. En outre, ces ‘papys’ du métal ont des heures de vol, du talent et une technique irréprochable. Plus ‘classique’, ce « Redeemer Of Souls » devrait ravir les fans de la première, comme de la dernière heure…

 

Judas Priest

Single Cuts

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Quel est donc l’intérêt de publier une énième compilation du grand Judas Priest, si ce n’est pour capitaliser un maximum sur son compte avant la dissolution de la légende du heavy metal ?

« Single Cuts » aura au moins, outre son aspect bassement commercial, la qualité de retracer l’histoire de la meilleure période du combo. Celle qui oscille entre 77 et 1992. Et on s’amuse follement à redécouvrir des singles au succès des plus relatifs tels que « Locked In », « United » ou « Don’t Go ».

Le mélomane lambda sera également étonné d’apprendre que les deux premiers simples du Priest étaient, l’un comme l’autre, des reprises d’artistes au style bien éloigné du metal. Le sublime « Diamonds and Rust » signé Joan Baez et le moins populaire « Better by Tou, Better Than Me » emprunté à Gary Wright révèle une formation qui se cherche encore.

Et quel contraste, lorsqu’on est confronté aux machines de guerre que sont « Painkiller » et « Freewheel Burning ». Vraiment de quoi déconcerter. Révélation en pleine période punk, Judas Priest a traversé toutes les modes et s’est imposé comme une des formations les plus importantes de l’histoire du metal.

Au final, « Single Cuts » égrène 19 ‘hits’ qui nous rappellent à quel point Priest nous est indispensable !

 

Dede Priest

Kinky at the root

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Dede Priest est une artiste de couleur noire. Originaire de Dallas, elle a étudié la philosophie à l'université d'Austin, au Texas. Elle a également appris à jouer du violon, mais son instrument de prédilection, c’est sa voix! Une voix aussi bien à l'aise dans le blues, la soul que le jazz. Elle avait publié un premier opus en 2007, intitulé "Candy moon". Pour concocter ce second elpee, elle a reçu le concours de musiciens bataves. Logique, puisqu’elle a enregistré ce disque aux Pays-Bas.

Excellente plage, "Lips of a friend" ouvre la plaque. Dede possède une jolie voix, bien posée, taillée pour son répertoire. Elle est soutenue par un excellent backing group. Fruit d’un mélange de blues et de jazz, "Chicken or a egg" baigne dans une atmosphère raffinée, en demi-teinte. Ruud Breuls s’y réserve la trompette. Jimmy Reuter pince délicatement ses cordes. Mais tous les musiciens sont soucieux du climat d'ensemble. Précise, musicale et éthérée, la voix de Dede est empreinte de sérénité. "Kinky at the root" est une compo bouleversante par son intimisme. Tout comme "Whole Christmas thing", un morceau jazzyfiant, abordé dans l’esprit de Gerschwin. "What would I do?" est une ballade très élégante, séduisante. Face au bottleneck de Richard Van Bergen, la voix entretient cette atmosphère délicate, tout comme le piano et l'orgue. L’atmosphère est, en général, très cool. Tout est parfaitement mis en place. Pas d’éclat particulier. Si les instrumentistes pointent épisodiquement le bout du nez, ils rentrent assez rapidement dans le rang. "Freddie King way down deep" est un superbe blues lent inspiré, bien évidemment, par le regretté géant texan. Bien soutenue par les cordes de Reuter, la voix force le respect. Une voix susceptible de se traduire en instrument, tant elle se fond dans l’ensemble. A l’instar de "Dandelion in the breeze". Une apparente fragilité contamine les compos. Mais il ne s’agit que d’une fausse impression, car tous les éléments du puzzle s'imbriquent rigoureusement. Ce vécu dans le timbre me rappelle parfois l'Anglaise Julie Driscoll ; et c'est un compliment. La voix de Miss Priest domine "Gather round", un blues lent d’une grande limpidité. Une piste caractérisée par la houle sonore alimentée, d’abord par les cordes de Raymond Nijenhuis, puis par les interventions d’orgue de Mike Roelofs. Tout au long de cet opus, on a l’impression que la recherche de l’esthétisme est une constante. "Freedom moan" en est une nouvelle illustration. Autre blues lent, mais minimaliste, "Blues is running red" est parcouru d’accords de six cordes davantage allègres et un tantinet métalliques. D’excellente facture, cet elpee s’achève par une ballade blues traditionnelle, intitulée "Judgment day bells".

 

Five Dollar Priest

Five Dollar Priest

Écrit par

A première écoute, on a l’impression que cette musique navigue quelque part entre The Fall, Birthday Party, Pere Ubu et le Jon Spencer Blues Explosion. Faut dire qu’en regardant de plus près le line up du projet et la liste des invités qui y participent, on comprend mieux pourquoi. Au sein de cette formation milite ainsi une fameuse brochette de musiciens qui devrait vous donner une petite idée du style proposé tout au long de cet opus éponyme : Ron Ward (Speedball Baby), Norman Westberg (Swans), George Porfiris (Heroine Sheiks), Bob Bert (Chrome Cranks, Knoxville Girls, Pussy Galore, Sonic Youth) et le clarinettiste Patrick Holmes. Et parmi les guests, on retrouve James Chance (Contortions), Matt Verta-Ray (Speedball Baby, Heavy Trash), Jon Spencer (Pussy Galore, Blues Explosion, Honeymoon Killers, Heavy Trash), Jack Martin (Knoxville Girls) et Christina Martinez (Boss Hog, Honeymoon Killers). Si le chant de Ron Ward est aussi déclamatoire que celui de Mark E. Smith, la musique évolue dans une sorte de blues urbain âpre, rampant, extrême, imbibé de no wave. Parfois r’n’b plutôt que blues. A l’instar de l’obsessionnel « Mao Tse tongue » et surtout de « Conway twitty’s bag », sorte de pastiche de James Brown poussé au bord de l’apocalypse. Funk, quand même, pour agiter le convulsif « Ghost of Bob Ross ». Et si les compos reposent essentiellement sur l’instrumentation basique, le clavier vintage et la clarinette distordue viennent régulièrement ajouter leur grain de folie à l’ensemble. Un peu de theremin quand même (NDR : avec les compliments de Jon Spencer !) sur « Cunty Lou ». Imprimé sur un tempo frénétique, on a même l’impression de ressentir, tout au long de cette plage, le souffle d’un train express. Maintenant, il faut reconnaître que ce type d’opus n’est pas à mettre entre toutes les oreilles…

 

Judas Priest

Nostradamus

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Mais que se passe-t-il au sein de la plus grosse machine anglaise (après Iron Maiden) d’authentique metal lourd ? Déjà, le nouveau logo sur l’artwork très réussi de « Nostradamus » interpelle et trahit un signe de changement radical. Responsable d’une mode vestimentaire dans l’univers du heavy metal, le combo se livre ici à l’exercice périlleux du concept album, une formule déjà maintes fois explorée. Une double plaque, vingt-trois titres, pour un total de près de 103 minutes de zique.

Mais à l’issue de l’écoute de cet opus aussi attendu qu’un Beaujolais nouveau, on en vient à se demander si le Priest ne cherche pas à saborder son navire. A moins qu’il ne tente de battre le record du monde du Cd le moins vendu de toute l’histoire du hard rock. Car les fans d’Halford et consorts ne se reconnaîtront jamais dans cette nouvelle livraison produite par la paire Tipton/Downing. Une erreur qui pourrait se révéler fatale. Le regard d’un producteur extérieur aurait peut-être permis au groupe d’embrasser de nouvelles perspectives, sans pour autant renier sa fabuleuse marque de fabrique.

Si la voix d’Halford demeure quasiment intacte, les nombreuses interventions de claviers –assurées par le brillant Don Airey– sont à ce point envahissantes qu’elles noient celles des autres musiciens. Pourtant, des titres comme « Prophecy » et le plutôt bien foutu « Revelations » présentent la meilleure facette de « Nostradamus » ; mais la suite proposée sur le premier skeud est loin d’être réjouissante. L’ambiance nécessaire à un tel sujet ne colle absolument pas, et le ‘grand prêtre’ perd sa crédibilité. Plutôt que d’inciter à headbanger furieusement, « War » et « Pestilence and Plague » provoquent bâillements et suscitent l’ennui.

La première rondelle s’achève, mais on est loin d’être au bout de ses surprises. On espère que Judas va enfin balancer la purée, comme à l’époque bénie de « Painkiller » ou de « British Steel ». Mais gare à la claque ! Il faut attendre la fin de la huitième plage, toutes d’une mollesse invraisemblable, pour se prendre en pleine poire deux morceaux indéniablement efficaces. Le choc ! Le titre maître et « Future of Mankind » marquent le retour des guitares acérées et d’un chant agressif, jusqu’à présent, beaucoup imité mais jamais égalé. Un réveil quelque peu mouvementé après ce long passage à vide…

Manifestement, « Nostradamus » aurait pu jouir d’un certain crédit s’il était paru sous la forme d’un projet parallèle. Ou encore, récolter une meilleure évaluation, si le combo s’était limité à sélectionner les meilleurs compos des deux plaques.

Trop ambitieux ou suicidaire ? « Nostradamus » restera pour longtemps, aux yeux des fans purs et durs, une erreur dans la carrière d’un des groupes les plus brillants de toute l’histoire du heavy metal. Néanmoins, nous conseillerons aux plus jeunes de ne rater leur prestation au Graspop Metal Meeting, sous aucun prétexte. Sur scène, Priest demeure une référence absolue !

Lien iTunes :

http://clk.tradedoubler.com/click?p=24379&a=1303609&url=http%3A%2F%2Fphobos.apple.com%2FWebObjects%2FMZStore.woa%2Fwa%2FviewAlbum%3Fi%3D282805562%26id%3D282805413%26s%3D143446%26partnerId%3D2003

 

 

Judas Priest

Live Vengeance 82 – Dvd

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Certains reprocheront au Priest de multiplier les produits, et particulièrement les DVD’s, à l’instar de leur compatriote Iron Maiden. Après deux VHS filmées aux States, un DVD shooté à Londres, Judas Priest rendait enfin hommage à l’un des premiers pays l’ayant consacré star, le Japon, en concoctant il y a quelques mois le très réussi DVD « Rising in the East ». Et voilà que le porte-monnaie du fan est une nouvelle fois sollicité par la sortie de ce « Live Vengeance 82 », soit le témoignage en public d’un groupe au sommet de son art !

Enregistré le 12 décembre 82 à Memphis durant la colossale tournée « Screaming for Vengeance world Tour », le set est la parfaite illustration de la fureur et de l’énergie dégagées par les metal gods, au début des années 80. Epoustouflant de charisme, bardé de cuir et d’acier, Rob Halford monte dans les aigus. Il arpente la scène de long en large, fait hurler un Coliseum bondé, tandis que la paire de guitariste KK Downing/Glen Tipton réalise quelques performances guitaristiques notoires, aussi bien dans les parties rythmiques que les soli. Pour l’époque, le jeu de scène est démesuré ; et le light show à la hauteur de l’énergie communicatrice des hits du combo qui s’enchaînent dans un déluge de décibels.

Une setlist à faire baver le Priest Maniac le plus intransigeant : « Electric Eye », « Riding on the Wind », « Heading out to the Highway », « Metal Gods », « Bloodstone », “Desert Plaint”, “The Ripper”, “Diamonds and Rust”, « The Green Manalishi »,…..impossible de tous les énumérer, mais force est de constater que bon nombre de ces classiques ne sont plus interprétés depuis des années par la bande à Halford. Quelques gros plans sur le visage du chanteur en plein effort sont assez réussis. Le son est très bon ; mais il faut cependant relever quelques petites imperfections sur certains plans qui auraient pu être retouchés plus minutieusement. Néanmoins, l’ensemble reste plus que satisfaisant. Par contre le fan est en droit de s’étonner de ne trouver aucun bonus sur ce DVD. Que dalle ! Disposant d’un budget bien plus conséquent que certains groupes underground qui en donnent toujours plus, la formation aurait pu faire un petit effort, en ajoutant - par exemple - des images backstage ou l’un ou l’autre vidéo clip rare de la période eighties. Au prix où sont vendus les DVD’s actuellement, ce ‘petit détail’ méritait d’être souligné. Mais si vous aimez, avez aimé ou ne connaissez pas Judas Priest, cet objet est absolument indispensable. La tournée de 82 reste un moment mythique de l’histoire du heavy métal.

Judas Priest

Angel of Retribution

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Dire que ce nouvel album du Priest est l’une des rondelles métalliques des plus attendues de 2005 relève du pur euphémisme. Quinze ans après la sortie du brutal « Painkiller », le monstre du heavy british revient plus fort que jamais, sous sa formation originale. Le grand ordonnateur Rob Halford est de retour, après quelques essais plus ou moins fructueux en compagnie de Fight, Two, et Halford. Le résultat est évident. La nouvelle œuvre confirme que jamais Tipton, Downing et Halford n’ont été meilleurs que lorsqu’ils bossent ensemble.
 
Même si « Angel of Retribution » révèle quelques fautes de goût, et s’il n’atteint pas la force d’un « British Steel » ou d’un « Defender of the Faith », il pourra trôner sans honte auprès des classiques du combo au lourd palmarès. Un titre énorme ouvre les hostilités : « Judas Rising ». Martelé par la double grosse-caisse de Travis, il entrera bien vite dans le patrimoine des incontournables du quintette de Birmingham. Taillé pour les salles de concerts, « Deal With the Devil » accélère la cadence. Halford n’a rien perdu de son timbre de voix très agressif et les riffs de guitares s’enchaînent sans défaillir. De loin le titre le moins marquant de l’album, « Revolution » est pourtant le premier single qui en est extrait. Son approche moderne et son refrain ‘bateau’ ne colle vraiment pas à l’image du Priest. Dans un registre inhabituel, et mid-tempo, « Worth Fighting For » laisse à Rob l’occasion d’utiliser sa voix naturelle, comme à l’époque de « Sad Wings of Destiny » ou de « Sin after Sin ». Une agréable pause avant les deux tornades qui s’enchaînent : « Demonizer » et « Wheels of Fire ». Deux fragments qui évoluent dans un style de composition auquel le combo nous avait habitués à la sortie de « Painkiller ». Plus qu’anecdotique, la ballade « Angel » nous invite à passer à la plage suivante. « Hellrider » et son riff particulièrement efficace nous invitent à un sauvage headbanging, la guitare en carton en bandoulière ! Si « Angel of Retribution » constitue probablement l’œuvre la plus ambitieuse jamais entreprise par la machine Judas, la grosse surprise procède de la présence d’une plage avoisinant les 14 minutes au final époustouflant : « Lochness ». Un riff sabbathien, un refrain sublime, des solos émouvants. Ce titre est à ranger auprès du classique des classiques « Beyond the Realms of Death ». Le prêtre est de retour ! La tournée qu’ils accompliront en compagnie des Scorpions et de Paradise Lost confirmera l’état de santé de l’institution anglaise plus de trente ans après sa formation.