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Heliocentric Overdrive

Burn It Down (single)

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Heliocentric Overdrive est un trio issu de Philadelphie, dont le single, « Burn It Down », constitue une aventure sonore psyché-rock aussi luxuriante qu’immersive.

Une batterie rythmique hypnotique et teintée de jazz associée à une ligne de basse épaisse et chargée de groove sous-tend des murs de guitare vertigineux, alors que des voix en cascade flottent au sein d’une ambiance rêveuse…

Enfin, grâce à sa mélodie éthérée, « Burn it down » nous transporte dans des galaxies lointaines, où les frontières de la réalité s'estompent et où l'imagination prend son envol…

« Burn it down » est en écoute ici

Podcast # 66 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

River into Lake

River Into Lake prend soin de ne pas s’encastrer dans un arbre…

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River Into Lake vient de partager un nouveau clip. Réalisé par Gil Chevigné, celui consacré à « Don't drive into the tree » offre une déambulation poétique à travers le temps, mettant en scène Boris Gronemberger jeune et adulte dans un voyage introspectif au cœur de la forêt.

Les paroles évocatrices du morceau trouvent un écho visuel puissant dans cette réalisation qui capture l'essence même de River Into Lake : une musique à la croisée des chemins entre indie rock atmosphérique et pop orchestrale sophistiquée.

« Don't Drive Into The Tree » est à voir et écouter ici

RIVE

RIVE sous tension…

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Entre la nuit et le jour, RIVE propose "Tension", un 4ème extrait de son album "Collision", sous forme de clip.

La photographe et réalisatrice Laetitia Bica (prix du ‘Changemaker de l’année 2023’ au Belgian fashion awards) emmène le duo dans la nuit des foules sentimentales.

Entourée de danseur·euses qui lui renvoient l’image de ses tourments, Juliette s’éloigne d’un amour devenu trop solitaire, pour se retrouver. Mais comment ? Dans quelle direction ?

Féminisme, inclusion, altérité pavent le chemin de la nuit vers la lumière, de la froide indifférence vers la tendresse, la réconciliation avec soi, l’amour inconditionnel et la complétude. La lumière et la clarté.

À l’image de Juliette qui retrouve l’étreinte maternelle dans le plan final.

La vidéo de "Tension" est disponible

 

 

River into Lake

River into Lake abat ses cartes…

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Boris Gronemberger a multiplié les collaborations à succès. Il a notamment milité au sein de Girls in Hawaii et collaboré durant de nombreuses années avec Françoiz Breut. Il continue actuellement de se produire en live aux côtés de Blondy Brownie et Castus. Anciennement connu sous le nom de V.O., il a dévoilé ses premiers titres sous le patronyme de River into Lake, en 2019. Et c’est ce groupe qui publiera un nouvel elpee en février 2024. En attendant, il nous propose son nouveau single « Alethea », qui paraît ce 10 novembre. Et il est disponible sus forme de clip .

Découpé comme un tirage de tarot, ce court métrage musical né de la collaboration entre Boris, la réalisatrice Alice Khol et la danseuse Justine Theizen aborde, à travers la danse des corps, un instant de questionnement d'une jeune femme queer. Chaque scène étant écrite sur un extrait musical du prochain album de River Into Lake.

RIVE

L’objectif du couple est de créer une relation dans laquelle chacun peut s’épanouir tout en permettant à l’autre de garder une certaine forme de liberté…

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Deux albums encensés par la critique, des clips léchés, une esthétique soignée, un duo sexué et une pop organique envoûtante. Ce sont quelques superlatifs résumant parfaitement la culture de ce binôme convaincu et convaincant.

Derrière cet idiome, se cachent Juliette Bossé, féministe assumée, et Kévin Brieuc, le rêveur mélomane. Ils sont issus de Bruxelles et sont venus défendre les couleurs de « Collision », un prétexte pour se plonger dans les entrailles d’une rencontre amoureuse passée, le besoin de liberté et l’évolution de chacun des protagonistes, sous un angle lumineux et plein d’espoir. Un conte chanté entre rêve et réalité…

Sans doute, faut-il y déceler un enjeu féministe de taille, l’objectif de la demoiselle étant de retrouver sa place dans la société et de faire écho auprès de toutes celles qui vivent une situation identique.

Bénéficiant d’une production musicale audacieuse, grandiloquente, mais orchestralement portée par une émulsion artistique spectaculaire, la musique de RIVE s’inscrit dans l’air du temps en abordant des thématiques universelles et intemporelles.

Pour ce second elpee, RIVE change de ton et gagne encore en crédibilité tout en s’imposant de plus en plus comme une valeur sûre de la scène francophone.

Juliette et Kévin se dévoilent en toute intimité au travers un jeu de questions/réponses.

Le fil rouge de votre nouvel opus, « Collision » raconte l’histoire d’une relation amoureuse passée, le besoin de liberté et l’évolution de chaque individu. Alors qu’il est difficile de parler d’une liaison qui est terminée, vous avez réussi de la traduire en disque plutôt lumineux et plein d’espoir. Comment avez-vous abordé l’angle créatif ?

Juliette : Je suis contente de t’entendre dire que cet album est lumineux. Il était important pour Kévin et moi de conserver cet aspect lumineux dans notre musique. En réalité, il a été conçu en deux temps. J’ai rompu durant la période de confinement. Nous disposions de chansons très intimes liées à ce que je vivais personnellement et plus généralement au contexte global. Je me suis reconstruite ensuite petit à petit. « Rêver grand » et « « Sole rosse », par exemple, ont été écrits durant cette seconde phase, alors que des ballades telles que « Polaroid » avec Sofiane Pamart ou « Manque moi » font écho à la tristesse profonde que j’éprouvais. Le disque reflète donc ces deux atmosphères.

Avez-vous travaillé de la même manière que sur « Narcose » ?

J : Non, à l’époque, j’étais davantage dans la composition. Kévin s’est chargé ici de la production des musiques.

Nous vivions en colocation. Lorsqu’il me proposait des compos, il devinait immédiatement mon état d’esprit. Il existait une vraie interaction. Lorsque nous étions sur la même longueur d’onde, je posais des mélodies de voix et des paroles. Par rapport au premier album, l’approche était donc différente.

Kévin : Sur le premier, Juliette se chargeait des accords de guitare et de piano. Les arrangements étaient réalisés ensemble. Lorsque nous avons commencé à construire ce nouvel album, Juliette n’était pas au mieux de sa forme, alors je me suis consacré à la production. Je lui proposais des idées et nous discutions quant à l’opportunité de les garder ou non. Elle avait ensuite carte blanche pour les voix et mélodies de voix. C’est de cette façon que « Collision » est né.

J : Kévin et moi avons toujours eu recours à ce type de collaboration, que ce soit sur les paroles ou la musique d’ailleurs.
K : Lorsque ton morceau n’est qu’instrumental, tu peux le faire claquer. Ce n’est pas un problème. Mais lorsque la voix s’y pose, tu es obligé de le faire évoluer différemment, une adaptation s’impose.

Juliette, à l’écoute de tes chansons, je déduis que les échecs amoureux transportent autant que les réussites, voire plus. Est-ce la réalité ?

J : Tout dépend des personnes ! En ce qui me concerne, j’étais tellement triste que je ne pouvais écrire que sur cette thématique. En même temps, il était difficile d’imposer à Kévin des textes liés à des chansons d’amour. Mais, j’étais vraiment dans cet état d’esprit. Comme je l’ai abordé tantôt, j’ai vécu cette phase obligée de reconstruction, raison pour laquelle le disque contient des plages comme « Rêver grand » qui aborde l’ambition et le fait de vivre ses rêves. Oui, effectivement, le chagrin rend créatif, je dirais qu’il s’agit d’une obligation, d’une urgence. C’est ‘cliché’, mais je crois qu’objectivement, transformer ce chagrin en musique a été salvateur et révélateur.

Au fil des compositions, tu sembles partagée entre l’envie de poursuivre cette relation amoureuse ou retrouver ta liberté. Y a-t-il une résolution féministe dans cette décision ?

J : Totalement ! Parfois, nous vivons des relations qui ne nous conviennent pas. Mais aussi, au sein desquelles on peut être hyper amoureux. D’un côté, ces relations rendent malheureux, alors que de l’autre on a envie de vivre intensément cette passion amoureuse. En filigrane, se pose alors la question de cette liberté. Les chansons abordent cette émancipation, cette lutte permanente entre cet amour tout puissant, la souffrance et cette envie de retrouver cette liberté perdue.
En ce qui me concerne, je l’ai enfin retrouvée. Lorsqu’une relation ne fonctionne plus, il faut fuir. C’est difficile, mais il faut trouver la force et le courage de le faire.

Fusionnel ou très indépendant, chaque couple a sa propre notion de la liberté, finalement. J’estime qu’il est difficile, voire malaisé d’établir une norme dans le fonctionnement d’un couple…

J : Je vivais avec une personne très différente de moi. Nous nous étions enfermés dans une relation assez toxique. La seule issue est alors de la fuir. L’objectif du couple est de créer une relation dans laquelle chacun peut s’épanouir tout en permettant à l’autre de garder une certaine forme de liberté. Construire un couple dans lequel les deux individus restent libres constitue pour moi la plus belle preuve d’amour.

La thématique des relations n’est pas neuve chez vous puisque « Fauve », un titre issu de votre opus précédent, traitait déjà du désir et de l’alchimie des corps qui s’étiole, même si l’amour perdure. Il est de coutume aujourd’hui que les artistes se dévoilent voire se mettent à nu. L’intime est-il politique et doit-il être dévoilé ?

J : Je le pense, effectivement ! Dans le milieu féministe, on dit souvent que l’intime est politique. En exprimant ce qui se passe au sein du couple, le rapport aux corps, la relation, l’amitié ou encore la famille, on touche aux dimensions universelles. A partir de là, on peut être à même de comprendre d’autres situations. L’intime est politique parce qu’il est universel effectivement ! Il faut en parler. C’est d’ailleurs le comportement adopté par de nombreuses féministes, en révélant les rouages de la sexualité. Ce sont des sujets qui concernent tout le monde.

En abordant des sujets aussi personnels, ne craigniez-vous pas que ce disque soit perçu comme très autobiographique ?

K : La voix à elle seule porte le message. Lorsque je compose un morceau en instrumental, l’émotion est créée par la musique. On est alors envahi de joie, de tristesse ou de nostalgie. Tout va passer par une série d’accords. Le chant appartient à l’intime parce qu’on va s’identifier à la chanteuse.
J : Kévin et moi sommes très proches. Il a toujours été très présent dans toutes les étapes que j’ai vécues. J’ai fait de même pour lui en ce qui concerne ses relations. Il est donc tout à fait naturel que Kévin partage musicalement cette intimité. Ce qui me touche, le touche aussi. On est suffisamment proches que pour porter à deux un projet aussi intime.

« Dictaphone » clôture l’album. L’histoire de ce titre est cocasse. Tu te trouves en Bretagne, il est six heures du mat et tu enregistres, sur ton dictaphone, les derniers moments d’une relation toxique en t’éloignant définitivement de la maison où tout s’est déroulé. Dans quel état d’esprit te situes-tu à ce moment très précis ? Le fait de pouvoir poser ces mots a-t-il été libérateur ?

J : Exactement ! Une rupture est forcément quelque chose de compliqué à gérer. C’est un moment de solitude extrême. Disposer d’un téléphone et lui parler était en quelque sorte une manière de communiquer avec la Juliette du futur. Une façon de me dire que je n’étais pas la seule. Je me suis permise d’exprimer mon départ, valise à la main par un beau matin glacial de Bretagne. Je crois que c’était une manière de conjurer ma solitude. J’ai souhaité poser ce message sur l’album parce qu’il colle parfaitement à l’histoire. Il s’agit d’un moment fort. Il faut y voir une délivrance. J’aurais été touchée si j’avais pu entendre quelqu’un s’exprimer de la sorte. Sans doute que ce message aurait fait écho en moi. On a tous vécu des tristesses amoureuses, des déceptions, des engueulades. Dans ces situations, on a tous l’impression d’être la personne la plus seule au monde.

Justement, vous avez commencé le concert par ce morceau. Est-ce une manière de boucler la boucle ?

J : Oui, évidemment ! J’adore la relation entre la tristesse de « Dictaphone », qui annonce le départ en plage de fin et « Rêver grand », en ouverture du disque. En concert, nous enchaînons les deux. On passe de la tristesse à la magnificence de la vie, l’espoir et l’ambition. Les deux titres vont très bien ensemble car ce sont des volets de la vie. D’un côté, celui de la joie, de l’émotion et du merveilleux et de l’autre de l’intime et de la souffrance. Ces émotions forment un joli panel d’extrêmes.

Ressasser les mêmes histoires à tout bout de champ, de concerts en concerts, ne risque-t-il pas de te cloisonner émotionnellement. Et si au lieu de tourner la page, tu la déchirais ?

J : La page est tournée et bien tournée ! Parfois, en concert, j’aime me replonger dans ces sentiments de l’époque, des sentiments forts, de tristesse et de joie intense issus d’une passion amoureuse. Le fait d’y retourner me rend vivante. Je suis parvenue à prendre du recul. Aujourd’hui, ce sont des chansons qui appartiennent aux gens. Je communique un message qui doit les toucher. Enfin, j’espère…

Sais-tu si la personne à qui tu t’adresses a écouté l’album et compris les messages qui lui étaient destinés ?

J : C’est le but ! Certaines chansons ont été écrites lorsque nous étions encore ensemble. Oui, effectivement, cette personne a écouté le disque et l’a même apprécié. Elle nous a félicité aussi pour le travail effectué. Aujourd’hui, c’est loin tout ça. Pour être franche, je ne crois pas que cet individu soit capable de livrer son intimité à l’heure où nous parlons. Qui sait dans 20 ans… Je suis en tout cas vaccinée contre les relations passionnelles. Cependant, je suis très heureuse de l’avoir vécue. Elle m’a fait rêver. Mais, en même temps, j’étais triste aussi. C’est très dangereux finalement parce que, selon moi, ce genre de relations peut mener à la mort de soi, voire la mort concrète. Il y a cette dualité extrême de joie et de tristesse. C’est également un apprentissage car on expérimente quelque chose de très intense. De l’exploration de soi et de jusqu’où on peut aller par amour pour quelqu’un. Le plus important reste de s’en sortir. Mais beaucoup de personnes n’y parviennent pas, malheureusement.

« Narcose », votre premier opus, baignait dans une veine électro. Ici, la ligne artistique diffère puisque « Collision » met davantage l’accent sur le côté organique. En opérant ce choix, n’y avait pas un risque d’altérer la nature même de RIVE ?

K : Ce n’est pas par dépit que nous avons opéré ce choix. C’est délibéré. Comme nous avons débuté l’écriture de l’album durant le confinement, nous recherchions des instrumentaux un peu plus sensibles. Pour y parvenir, le piano a été un allié de taille. Il est devenu un fidèle compagnon de choix, de vie et de route durant tout le processus de création. Il correspondait aussi avec l’état d’esprit dans lequel Juliette se trouvait à ce moment-là. On a voulu garder cette atmosphère organique, l’orchestration, l’ambiance du piano et du violon. Des compos comme « Obsession » ou « Orage » baignent plutôt dans cette veine néo-classique. Le côté électro est effectivement moins présent comparativement à notre premier opus. En tout cas, on y a recours de manière plus sensible et plus subtile.
J : On aime bien explorer et changer de direction. C’est un exercice que l’on pourrait réitérer à l’avenir. On ne voulait pas faire la même chose.
K : Oui, nous nous refusions à un bis repetita. Nous voulions surprendre, même en ce qui concerne les textes. Ici, ils sont moins imagés, la musique n’a donc pas besoin d’artifices. On a davantage misé sur l’intime et les messages véhiculés.

Oui, effectivement les textes sont plus que jamais ciselés et mettent en exergue la justesse du propos. Faire passer autant d’émotion aurait été plus compliqué dans une autre langue ?

J : Nous ne sommes pas fermés à l’écriture d’une chanson en anglais dans le futur. Le français est la langue dans laquelle je m’exprime le plus. Avant ce projet, nous avions un projet rock dans lequel l’anglais primait. Depuis que nous chantons dans la langue de Voltaire, nous n’avons jamais autant voyagé. Le réseau de la francophonie est assez développé. Paradoxalement, en Chine ou au Brésil par exemple, il existe un vrai public pour la chanson française. Il y une forme d’aura autour de ce style musical.

RIVE, c’est évidemment la musique, une prose poétique, mais aussi une esthétique et une culture à l’image très imprégnée, notamment à travers ce nouvel artwork (NDR : réalisé par Laetitia Bica) qui montre le reflet transformé de ton visage. Référence à cette transformation où on se découvre soi-même ?

J : L’album s’intitule « Collision ». La collision peut naître de l’affrontement vécu dans une relation difficile avec quelqu’un de très différent. Ce genre de relations nous oblige aussi à nous confronter avec d’autres facettes de nous-mêmes. On peut évidemment entrer en collision avec soi. C’est l’image reproduite par la pochette. Le reflet renvoie une photographie différente, un peu difforme, celle d’une femme qui a changé à la suite de cette expérience. Celle d’une femme qui se redécouvre en quelque sorte.

Temple Caché à qui vous aviez fait appel dans le passé, notamment pour « Vogue », « Justice » et « Fauve », a de nouveau participé à cet elpee.

J : Oui, effectivement. Nous avons une confiance totale en Temple Caché. Nous avons beaucoup bossé avec cette équipe. On adore leur univers magique qui fait rêver. Nous sommes très contents d’avoir pu collaborer à nouveau avec eux et plus particulièrement la réalisatrice Clara Liu.
K : Cette collaboration permet de créer un lien entre les deux albums. « Narcose » date de 2019. Quelque temps après, nous avons été touchés de plein fouet par la COVID et ses périodes successives de confinements. Temple Caché a donc créé cette passerelle pour le retour de RIVE. Nous avions besoin d’un visuel fort.
J : Nous avons aussi reçu le concours d’autres artistes, dont Super Tchip pour le clip « A-m-o-u-r » ou encore Jean Forest pour « Obsession ». Nous sommes impatients d’en découvrir d’autres et il n’y a aucune raison d’agir autrement si l’occasion devait se représenter.

Lors de vos tournées précédentes, vous vous produisiez à deux sur scène. Un troisième vous a rejoint ; il se charge du piano et de la basse. On en a parlé tantôt, cet LP est davantage organique, alors que le précédent était davantage focalisé sur les arrangements. Entre production et émotion, où se situe le juste milieu ?

K : Les arrangements étaient nettement plus présents sur le premier album parce qu’il revêtait un caractère nettement plus instinctif. Nous nous étions présentés à un concours avec trois titres et nous l’avons gagné. Au départ, nous devions tenir vingt à trente minutes sur scène pour basculer ensuite à soixante. Nous avons donc conçu ce disque en fonction de celles et ceux qui en voulaient toujours plus. Il a été réalisé de manière progressive et instinctive. Il en résulte un produit fignolé, mais avec des choses qui partent dans tous les sens. La musique prenant l’ascendant, la voix importait moins, raison pour laquelle elle était plus imagée.

Puisqu’on parle de concours, quelques années plus tôt, avant de participer à ‘Du F. dans le texte’ vous déclariez n’avoir aucune dynamique de travail particulière et de prendre les choses comme elles venaient. Comment abordez-vous aujourd’hui votre travail ?

J : Nous bossons tranquillement depuis la maison. Le travail de production est réalisé via nos ordinateurs et le piano sur place. J’enregistre les voix chez moi. La colocation facilite les opérations. Le mix, quant à lui, est réalisé en studio. C’est notre manière de fonctionner. Pour le live, nous participons à pas mal de résidences, ce qui nous permet de travailler en profondeur et de préparer la scène.

Vous avez reçu le concours du pianiste Sofiane Pamart et de la chanteuse suisse Sandor, pour enregistrer ce long playing. Vous les aviez rencontrés auparavant ?

J : Nous avions croisé Sofiane au Canada, à Québec plus précisément, où nous avons fait un gros plateau. Le courant est relativement bien passé. J’ai collaboré avec lui et Scylla sur l’album « Pleine Lune 2 ». Par la suite, je l’ai sollicité afin qu’il me propose un morceau au piano ; j’y ai ajouté une mélodie de voix et des paroles.
Quant à Sandor, nous nous sommes rencontrés à Québec, en Suisse et en France. Nous nous intéressions à son parcours. Et c’était réciproque. Comme on se voyait très peu, les réseaux sociaux restaient notre meilleur allié pour communiquer. Nous avons ensuite composé un morceau ensemble. Cette artiste est mon alter ego suisse. Nous avons une trajectoire parallèle. Je suis très contente d’avoir pu échanger avec elle.

« Collission » a été mixé par Lionel Capouillez (Stromae). Pourquoi l’avoir choisi précisément et quelle est la plus-value apportée ?

K : Notre album était déjà produit à la maison. Nous voulions que Lionel puisse faire ressortir la voix un maximum et que la musique reste un support. Nous souhaitions un travail différent du premier album. Nous avions cette volonté d’expérimenter un autre créneau.
J : Oui, c’est exact ! La priorité était de faire un gros travail sur la voix afin de la rendre dynamique. Lionel Capouillez est un mec très sympa et très efficace.

Vous faites de la musique ensemble. Vous vivez toujours en colocation. L’un de vous a-t-il un ascendant sur l’autre ? J’imagine que garder l’église au milieu du village, pour reprendre une expression populaire, ne doit pas être facile au quotidien…

J : Comme dans toutes les relations de couple, de famille ou d’amis, il y a forcément des moments où c’est orageux. Nous nous connaissons parfaitement et nous communiquons beaucoup. On rigole pas mal aussi. On se permet de dire les choses voilà tout.

K : Justement, on peut se permettre d’être très transparents parce que nous sommes des amis avant tout. Si cette amitié n’existait pas, on ne se dirait rien.
J : J’ai aussi un chat qui s’appelle « Bisous » (rire)

Juliette, dis-moi, as-tu enfin trouvé la paix intérieure aujourd’hui ?

J : Cette histoire a pris fin il y a deux ans déjà. La période de reconstruction qui s’en est suivie a été longue. J’ai appris énormément. J’ai également engagé un travail thérapeutique par le biais d’une professionnelle. Comme tout était détruit en moi, le fait de consulter m’a considérablement aidée. Aujourd’hui, je suis très heureuse d’être sur scène et de pouvoir me produire en concert. On s’en sort toujours en construisant des relations plus belles. C’est la morale de toute cette histoire. Et je ne regrette rien.

Et si la vraie thérapie résidait avant tout de la musique ?

J : C’est un mix des deux. La musique m’a aidé, mais le soutien de cette thérapeute a été également salvateur…

Phoenician Drive

L’éclat de Phoenician Drive…

Écrit par

La formation bruxelloise Phoenician Drive a publié un nouvel Ep ce 23 juin. Intitulé « Glow », il constitue un disque de relance après la phase de lockdown et la phase acoustique qui ont suivi la pandémie. En effet, entre 2020 et 2022, le groupe a principalement joué son répertoire ‘unplugged’, sans amplification et sans micro. Les musiciens ont appris à chanter ensemble en chœur, ce qui a fortement ressoudé le band. Electrique, ce nouvel Ep est donc particulièrement important et correspond à un retour au format plus long et plus libre propre à ses instruments (principalement des synthétiseurs) et de nouvelles couleurs musicales plus vives.

L’Ep a été mis en forme par Thomas Stadnicki, un jeune producteur bruxellois qui a installé ses quartiers à la Glacière de Saint-Gilles, un endroit très familier pour les membres de la formation.

Le titre maître de l’Ep est en écoute ici

 

RIVE

L’impact de RIVE…

Écrit par

Quatre années séparent « Collision », le nouvel album de RIVE, de « Narcose », acte fondateur du duo mixte bruxellois paru en mars 2019.

En quatre années, Juliette Bossé et Kévin Brieuc sont passé.es par toutes les émotions. L’accueil élogieux de la critique et l’enthousiasme du public. Une tournée riche de voyages et de rencontres. Mais aussi un repli sur soi forcé par la pandémie. Et, pour Juliette, une histoire d’amour tumultueuse dont elle est ressortie métamorphosée, avec de profondes envies d’ailleurs.

Toutes ces expériences ont nourri les onze chansons de « Collision », qui ont été composées, écrites et produites en binôme à Bruxelles.

L’album s’enrichit des collaborations de l’artiste suisse Sandor, du pianiste prodige Sofiane Pamart et du trompettiste québécois Jipé Dalpé. Signe de l’ambition artistique de RIVE, le mixage de « Collision » a été confié à Lionel Capouillez, magicien de la console qu’on retrouve notamment derrière les productions de Stromae.

‘Mon écriture a évolué. Elle est moins abstraite que sur « Narcose ». Les chansons de Collision sont plus personnelles. Nous avons souhaité mettre la voix davantage en avant sur le mix final tout en respectant les productions initiales de Kévin, catchy et plus frontales’, explique Juliette.

Tout au long de « Collision », RIVE ne se cache plus, se montre plus accessible tout en restant exigeant et engagé, féministe, dans son questionnement sur le monde qui l’entoure. Une démarche qui nous invite à apprendre de nos collisions, à traverser nos séismes, nos rages et nos larmes pour s'élever à hauteur de rêve.

Là où, comme le chante Juliette sur « Rêver grand », ‘Tout est plus beau à l'horizon’

Extrait de cet LP « A-m-o-u-r- » est disponible sous forme de clip ici

 

 

RIVE

L’impact de RIVE…

Écrit par

RIVE dévoile un titre grandiose, féministe et poétique, premier extrait de l'album, "Collision", qui sortira le 21 avril 2023 !

Juliette, la chanteuse, nous appelle à "Rêver grand", à réaliser nos rêves. L’enjeu est féministe puisque les femmes ont du mal à se permettre d’avoir de l’ambition pour elles-mêmes.

Par son aspect grandiloquent et orchestral, la production musicale appuie le coté extraordinaire de pouvoir vivre selon ses aspirations les plus profondes.

Le morceau est accompagné d'un clip, qui met en place un monde onirique, où se côtoient réalité et rêve. Des esprits se promènent dans une ville endormie, traversent plaines et vallées avant le lever du jour. Ces créatures magiques sont les totems des femmes qui construisent leur destinée.

Après un premier opus, "Narcose" (2019), qui a permis à RIVE de s’imposer dans des festivals prestigieux en Belgique et à l’étranger, le duo bruxellois, réunissant la chanteuse Juliette Bossé et le producteur Kévin Brieuc, est donc de retour pour un second LP.

Toujours en français dans le texte, les paroles des onze morceaux explorent et mettent à jour les contradictions de chacun·e, en lien avec les enjeux contemporains. Redessiner les contours de la relation amoureuse, réaffirmer et repenser sa liberté, se permettre, alors qu’on est une femme, de ‘rêver grand’, partir et conquérir de nouveaux territoires, sont autant de thématiques abordées.

La production, dans la lignée de "Narcose", garde son originalité en donnant la part belle à l’orchestration pour mieux contraster avec la voix douce et sensible de Juliette.

Mixé par Lionel Capouillez (Stromae), ce deuxième elpee se veut accessible, dynamique et élégant. En témoigne le choix des artistes invité·es en featuring : le pianiste Sofiane Pamart et la chanteuse suisse Sandor.

Le clip d’animation consacré à "Rêver grand" est disponible

 

Parkway Drive

Parkway Drive brûle-t-il ?

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Trois formations se produisent, ce soir, à Forest National : Lorna Shore et While She Sleeps en supporting acts et Parkway Drive en tête d’affiche. C’est la troisième fois que votre serviteur assiste à un concert du band australien. Son dernier elpee, « Darker still », vient de sortir. Si les premiers albums émargeaient au metalcore, parfois teinté de deathcore, ses dernières œuvres relèvent davantage du heavy metal classique. Mais surtout, en ‘live’, la formation propose un show pyrotechnique digne de Rammstein…

Lorna Shore est un combo issu du New Jersey, aux States. Son style ? Du deathcore bien burné. A son actif, quatre Eps et trois albums. Mais un nouveau long playing, intitulé « Pain remains », paraîtra ce 14 octobre 2022. Le line up actuel implique les guitaristes Adam De Micco (lead) et Andrew O'Connor (rythmique), le drummer Austin Archey, le bassiste Michael Yager ainsi que le chanteur Will Ramos, (ex-Monument of a Memory, ex-A Wake in Providence).

« To the Hellfire » ouvre le bal et met littéralement le feu. La musique proposée par Lorna Shore est féroce, brutale et puissante. « Of The Abyss » embraie. Un extrait du dernier Ep, « ... And I Return To Nothingness ». Les cordes de grattes galopent et tonitruant, le drumming s’emballe (NDR : deux grosses caisses, quand même !).

Mais c’est surtout la voix de Will Ramos qui impressionne, aussi bien capable de basculer des tonalités les plus ténébreuses (et déformées) vers les plus aigües. Elle est même parfois poursuivie par les accords des guitares. On se demandait d’ailleurs s’il allait tenir la route durant les 30’ de set. Eh bien oui !  Les circles pits et les rounds circles éclatent dans la fosse. Manifestement, le public est chaud-boulette, malgré un son pas vraiment au top, parce qu’il souffre d’un excès d’infrabasses. Le light show mitraille l’auditoire. Tous les gratteurs sont perchés sur une estrade surélevée.

Destructeur dans le bon sens du terme !

(Pour les photos, c’est ici)

Setlist : « To the Hellfire », « Of The Abyss », « Sun, Eater », « Cursed To Die », « Into The Earth ».

Fondé en 2006, While She Sleeps est issu de Sheffield, en Angleterre. A l’origine, il réunissait 5 potes d’école, mais en 2009, le chanteur, Jordan Widdowson, a été remplacé par Lawrence ‘Loz’ Taylor. A ce jour, le quintet a publié quatre elpees, dont le pénultième, « So what » (2019), est jugé par la critique, comme celui de la maturité. A l’instar de Bring me The Horizon et Architects, il est considéré comme un des acteurs majeurs du metalcore.

Votre serviteur les suit à la trace depuis plus de 10 ans. Dès le début du concert, Adam Sauvage est sous les feux des projecteurs. Ses fûts, ses claviers et son MPD servent de carburant à une véritable machine de guerre. Son drumming libère une puissance phénoménale. Et un immense drapeau à l’effigie de l’artwork du dernier elpee est tendu derrière lui. Taylor, le chanteur, fait tournoyer ses cheveux. Il est capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements, mais elle passe bien la rampe. Et puis, elle est hyper mélodique. Manifestement, il s’est manifestement bonifié dans l’exercice vocal. Constamment en contact avec son auditoire, il se vide littéralement les tripes, lorsqu’il n’escalade pas un banc posé sur le podium juste avant de plonger dans la foule pour s’y laisser porter. L’ambiance est électrique. Moshpits, wall of deaths, circle pits et crowdsurfing se multiplient dans la fosse et ne cesseront qu’au bout du show.

La setlist va puiser généreusement dans le dernier LP du band, « Sleeps Society » (2021). Mais l’indispensable single « Anti-social » (NDR : paru en 2018, il figure également sur l’album While she sleeps ») n’est pas oublié. Le light show est aveuglant. Les sonorités de grattes sont torturées, huileuses. La section rythmique est parfaitement soudée. Les interventions à la basse d’Aaran McKenzie sont vrombissantes ou dispensées en slap. Les riffs des sixcordistes se révèlent souvent écrasants et hypnotiques, mais toujours bien en phase avec les backing vocaux.

Bref, un tremplin idéal pour la tête d’affiche ! Et puis secrètement, votre serviteur aimerait revoir cette formation en salle, et pourquoi pas à l’AB…

(Pour les photos, c’est )

Setlist : « Sleeps Society », « Anti-Social », « You Are All You Need », « The Guilty Party », « I've Seen It All », « You Are We », « Eye To Eye », « Fakers Plague », « Silence Speaks », « Systematic ».

Pour accueillir Parkway Drive, le premier étage de Forest National est blindé, mais le second est condamné par de grands rideaux de couleur noire. Quant à la fosse, elle est pleine à craquer.

Des images d’une faille terrestre sont projetées sur un immense écran tendu derrière la scène. La crevasse s’ouvre, de gros rochers commencent à tomber. Un brouillard de fumée inonde le parterre et le podium. Huit personnages revêtus de capes noires débarquent de l’arrière, un flambeau à la main et s’installent de part et d’autre de l’estrade. Tout de blanc vêtu, Winston McCall, surgit du smog, depuis l’arrière du podium. Il semble en grande forme. Dès la fin de l’intro, les porteurs de flambeaux s’éclipsent.

Le set s’ouvre par « Glitch » et embraie par « Prey », moment choisi par les lance-flammes pour déjà cracher leur feu. Et conséquence immédiate, la température monte d’un cran. D’autant plus que Winston incite le public à jumper. Ce dernier reprend en chœur les paroles. Au centre de la fosse un immense round circle se forme. C’est dingue, ce n’est que le deuxième titre et c’est déjà la folie dans l’auditoire. C’est la fête au métal ! Puissant, le light show oscille entre le rouge et le jaune. Véritable bête de scène, Winston est omniprésent. Les gratteurs entrent en duel. La frappe du drummer est particulièrement sauvage. Des pétards explosent sur les planches. Pendant « Dedicated », Winston se frappe violement la poitrine et balance un ‘fucking’ 2 year’s’. Dans la foulée, les lance-flammes redoublent d’intensité alors que des faisceaux lumineux éblouissent l’auditoire, au propre comme au figuré. Du haut de son estrade, le batteur participe également au show. Planté derrière les différentes machines pyrotechniques, il doit transpirer ! Lors de « Ground Zero », la plage d’entrée du dernier opus, « Darker Still », une multitude de petites lumières blanches scintillent au sein du public. Le firmament avant l’heure ! Bien que puissante, la voix de Winston est supplantée par les sonorités de la guitare rythmique. On entend le bruit des pales d’un hélicoptère dès l’intro du plus paisible « Cemetery Bloom ». On se croirait replongé dans une scène du long métrage ‘Apocalypse Now’ de Francis Ford Coppola. D’ailleurs, tout au long de « The Void », on a l’impression d’être un figurant au sein de ce film de guerre.

Pour les deux dernières compos, une violoncelliste et trois violonistes débarquent sur l’estrade et vont apporter un peu de douceur au cœur de cet univers metalcore ; slow langoureux, « Darker Still » permettant même à Jeff, le guitariste, de connaître son moment de gloire…

En rappel, Parway Drive attaque « Crushed », un des morceaux favoris du public. La pyrotechnie est à son summum. Un véritable mur de flammes brûle derrière Winston. Votre serviteur ignore si ce sont les flammes de l’enfer, mais la facture de gaz va être salée !

Les cinq porteurs de flambeaux sont de retour. La foule est en délire lorsque le combo entame « Wild Eyes », alors que les deux sixcordistes s’avancent auprès de Winston à l’avant-scène. Le show est terminé (pour les photos, c’est ici)

Ce soir, Forest National a accueilli trois prototypes du metal contemporain. Un spectacle de ‘ouf ‘, percutant, qui a fait kiffer la majorité des spectateurs et constitue un des meilleurs concerts de l’année 2022 pour votre serviteur.

Setlist : « Glitch », « Prey », « Carrion », « Vice-Grip », « Dedicated », « Ground Zero », « Cemetery Bloom », « The Void », « Karma », « The Greatest Fear », « Shadow Boxing », « Darker Still », « Bottom Feeder ».

Rappel : « Crushed », « Wild Eyes ».

 

 

Remo Drive

A portrait of an ugly man

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Fondée en 2013, Remo Drive est une formation drivée par les frères Erik et Stephen Paulson. Le premier se charge de la guitare et du chant, le second de la basse. Sam Becht assure depuis peu les drums.

Etablie à Bloomington, dans le Minnesota, elle pratique de l’émo, une empathie qu’elle puise manifestement chez Weezer (« Pinkerton » ?) et Morrissey. Erik adopte même les inflexions de Moz, mais sans en avoir le timbre. « A portrait of an ugly man » constitue le troisième elpee du band. Les guitares sont chargées, déchiquetées, arides, lisses ou tourbillonnantes et parfois élégantes, mais rarement percutantes. L’expression sonore agrège indie pop, power pop, un zeste de post punk et de dance, mais au fil de l’écoute l’ensemble commence à souffrir d’une pénible monotonie. Seul « A flower and a weed », un single hanté par Arctic Monkeys et Maxïmo Park (NDR : la voix d’Erik évoque alors celle de Paul Smith), est parvenu à sortir votre serviteur de son profond ennui. Et c’est l’avant-dernier titre sur les 10 que compte ce long playing !

Green River

Rehab Doll (reissue)

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C’est à nouveau Jack Endino qui est sollicité pour mettre en forme le premier et seul elpee du band, « Rehab Doll » ; mais il est remplacé au beau milieu des sessions par Bruce Calder, la formation changeant alors même de studio d’enregistrement.

Tout comme l’Ep « Dry as a bone », l’opus a été enrichi de bonus tracks. Ces deux disques, qui font l’objet d’une seconde réédition (NDR : la première date de 1990) figuraient sur une compile, parue en 1990. Huit démos complètent cependant ce nouveau long playing. De quoi rendre les supports suffisamment copieux pour satisfaire les collectionneurs. Mais pas seulement, car pour la circonstance, Jack a parfaitement réussi sa remasterisation. L’album recèle quelques perles comme la cover du « Queen bitch » de Bowie, le titre maître de l’opus, l’excellente plage semi-acoustique « One more stitch » et le blues autant enlevé qu’électrique « Take a dive ». En outre, les autres pistes sont aussi percutantes que soignées, le sens mélodique rappelant même parfois le Floyd circa « A saucerful of secrets ». Un véritable testament, Green River étant considéré comme un des principaux instigateurs du futur grunge, la présence de musiciens qui vont le développer plus tard, n’y étant pas étrangère… 

Green River

Dry as a bone (Reissue)

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Patronyme inspiré d’une compo de Creedence Clearwater Revival, Green River est né en 1984 à Seattle. On y retrouve alors le drummer Alex Vincent, les futurs Mudhoney Mark Arm (chant) et Steve Turner (guitare solo) ainsi que Stone Gossard (guitare rythmique) et Jeff Ament (basse), qui vont ensuite rebondir au sein de Mother Love Bone et surtout Pearl Jam. Que du beau monde pour enregistrer un second Ep intitulé « Dry as a bone », mais sans Steve Turner, déjà remplacé par Bruce Fairweather, qui militera ensuite chez Love Battery. Paru chez Sub Pop, ce disque bénéficie alors de la mise en forme de Jack Endino.

Ce disque avait déjà fait l’objet d’une réédition en 1990, mais sous la forme d’une compile impliquant également l’album « Rehab Doll ». C’est donc la seconde, et pour la circonstance, il a été enrichi de bonus tracks. En l’occurrence le premier Ep, des singles ainsi que cinq inédits, parmi lesquels figure une version furieuse du « Ain’t nothing to do » des Dead Boys. Mais malgré la remasterisation opérée par Endino, les morceaux sont toujours aussi bruts de décoffrage et souffrent d’une carence en mélodie. Cet Ep a un intérêt purement historique et ne devrait intéresser que les collectionneurs, Green River étant considéré comme un des principaux instigateurs du futur grunge, la présence de musiciens qui vont le développer plus tard, n’y étant pas étrangère… 

RIVE

Narcose

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Derrière RIVE, se cachent Juliette & Kévin. Amis dans la vie, ils sont unis par un lien quasi-ombilical entre complicité et complémentarité artistique.

Elle incarne le côté ouaté de la formation. Une voix chaude et sensuelle qui procure à l’ensemble quelque chose de très mélodieux. Lui apporte la subtilité un brin tribale avec cette rythmique précise qui devient vite entêtante.

Leur histoire pourrait s’inspirer d’un conte de fées. Formé en 2015, le combo remporte douze prix au dernier Concours ‘Du F. dans le texte’ l’année suivante. Le premier Ep « Vermillon », paru en 2017, est salué par la critique.

Si les compos éléctro/pop fleurissent au sein du paysage musical comme les jonquilles fleurissent au soleil, « Narcose », premier elpee, parvient à se démarquer brillamment de la masse. Il est particulièrement réussi.

Fait plutôt rare, l’univers sulfureux, singulier et enchanteur, puissant, émouvant et attachant, emmène celui qui prête une oreille attentive vers de grands espaces de liberté orgasmiques. D’une belle subtilité, les sonorités se chargent d’émotion à chaque écoute.

L’expression graphique ensuite. Le clip de « Vogue » comptabilise plus de 115 000 vues sur la plate-forme Vimeo et a créé la surprise dans différents festivals internationaux. « Justice » connaîtra un sort identique. Sans oublier l’artwork qui subjugue…

L’équipe du Temple Caché s’est d’ailleurs à nouveau penchée sur « Fauve », premier single, tout aussi léché dans l’esthétique, pour lequel la technique de la 3D a été utilisée afin de plonger le téléspectateur dans les années 80 à travers cette histoire iconoclaste d’un couple d’humanoïdes, survivant de l'apocalypse, qui tente de s'aimer à tout prix.

Les compositions sont limpides et plutôt simples dans la structure couplet/refrain, ce qui n’en fait pas pour autant un terrain critiquable. Ce qui les différencie vraiment de leur homologue, c’est l’absence de simplisme ; là où certains se seraient contentés d’une zone de confort, le combo bruxellois s’approprie des chansons qui vont crescendo pour maintenir la pression et finissent par exploser joyeusement à la tronche façon arc-en-ciel, à l’instar du titre maître.

A l’instar de « Filles », les thématiques féministes (parfois un peu poussives, mais on leur pardonnera) se réfèrent évidemment à cette nouvelle vague de protestation des femmes qui gronde en ce moment, lorsqu’elles n’évoquent pas la nostalgie de l’adolescence parti en « Croisades » ou encore l’amour éternel « Infini ».

La lettre comme toujours est ciselée pour mieux narrer tantôt le quotidien de tout un chacun, tantôt un imaginaire aux accents surréalistes conférant à cet opus un pouvoir surnaturel qui emmène naturellement l’auditeur vers des cieux infinis.

Le grain vocal de miss Bossé est contemplatif, doux et sucré. Il salive de tendresse, de douceur, de réconfort et s’émancipe de toute forme de mélancolie. Le jeu très subtil de son comparse épouse ces courbes immaculées de mystères et apporte une brise fraîche qui sent bon l’été tout proche.

Superbe !

RIVE

Si on parle de l'égalité femmes-hommes, il y a encore beaucoup à faire…

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Un premier Ep, « Vermillon », encensé par la critique. Un album dans sa parfaite lignée. Des clips léchés, une esthétique soignée, un duo sexué et une électro pop envoûtante. De quoi résumer parfaitement le groupe RIVE.

Derrière cet idiome, se cachent Juliette Bossé en féministe convaincue et convaincante ainsi que Kévin Mahé, le rêveur mélomane.

Ils nous viennent de Bruxelles et assurent ce soir le supporting act de Clara Luciani, une artiste française très en vogue en ce moment, grâce à sa « Grenade », véritable misandrie.

Ils s’étaient produits il y a deux ans au festival ‘Août en Eclat’ au cours duquel, le jeu des questions-réponses de Musiczine, un des premiers médias à s’intéresser à leur projet, les avait séduits.

« Narcose », premier long playing aux sonorités à la fois contemplatives, précises et exquises, risque de faire un tabac…

En se produisant lors de dizaines de concerts et de festivals, le duo s’est forgé une expérience certaine. Il était intéressant de retracer le parcours des deux jeunes artistes au détour d’un concert, préambule à la release party qui se déroulera le 14 mars, dans l’enceinte de la Rotonde.

L’année 2018 a été prolifique pour Rive. Votre premier Ep, « Vermillon », vous a permis de décrocher des nominations aux Octaves de la Musique, aux Sabam Awards, et de tourner pas mal en Belgique et en France, mais surtout au Québec et en Chine. Si vous deviez jeter un regard critique sur votre parcours depuis 2015, quel serait votre point de vue ?

Juliette : Les trois dernières années ont été magnifiques. Prolifiques aussi puisqu’au-delà de tous ces concerts, nous avons été créatifs en concoctant de nouveaux morceaux. Vraiment une belle expérience !
Kévin : J’ajouterai que nous nous sommes nourris aussi de l’environnement immédiat dans lequel on vivait ; ce qui, d’une manière ou d’une autre, a causé un impact inévitable sur notre musique. Je pense notamment aux paysages.
Juliette : Oui, Kévin a raison. Durant tout ce temps, nous avons beaucoup tourné. Nous avons rencontré du monde. Nous avons joué avec d’autres groupes aussi. L’album est la résultante de tout ce vécu !

A propos de vos prestations en Chine, quelle expérience en retirez-vous et comment le public chinois vous a-t-il accueilli ?

Juliette : Nous avons tourné en compagnie de Français, de Suisses et de Québécois. Les salles dans lesquelles nous nous sommes produits, d’une capacité variant de 300 à 1500 personnes, étaient souvent pleines à craquer. Pour la Chine, les spectateurs ne nous connaissaient pas nécessairement, mais ils étaient intéressés par notre musique et la culture francophone. L’accueil a toujours été très bon. Dès qu’on arrivait sur scène, l’hystérie était palpable. Après les prestations, on signait énormément d’autographes et les demandes de photos étaient légion. Je crois que notre style a bien plu. Nous sommes revenus au bercail vraiment très satisfaits de ce séjour…

Il y a encore quelques années, avant de participer au concours ‘Du F. dans le texte’ vous déclariez n’avoir aucune dynamique de travail particulière et de prendre les choses comme elles venaient. J’imagine que le succès, la sortie d’un disque et les tournées qui ont suivies modifient la manière de concevoir les événements…

Juliette : La pression, c’est nous qui nous la mettions ! Lorsque nous avons sorti « Vermillon », il y a deux ans, nous savions que nous ne devions pas attendre trop longtemps pour graver ce nouvel album. En réalité, nous avons enregistré un nouveau morceau tous les deux à trois mois. Les dates de réservation du studio étaient programmées à l’avance. Une manière d’être contraints de bosser en amont pour arriver le jour ‘J’ avec de la matière sous le bras. C’est vraiment notre technique de travail.

L’expression graphique est très présente chez vous. L’artwork d’abord et ensuite les clips créés par l’équipe du Temple Caché pour lesquels vous avez remporté des prix internationaux. Je pense à « Vogue », « Justice » ou encore ici à « Fauve ». Si l’esthétique est importante à vos yeux, n’avez-vous pas peur qu’elle prenne le pas sur le son et que l’on parle de Rive essentiellement pour l’image ?

Kévin : La musique a toujours été ma passion. Que ce soit dans le domaine des films, de la littérature ou encore de la bande dessinée, un milieu où nous avons beaucoup d’amis, nous aimons travailler avec ceux qui possèdent un univers fort et créatif… Il est important pour nous de soigner cet aspect visuel et esthétique, tout comme le son, dans ses moindres détails. Ce mélange de genres nous passionne véritablement.
Juliette : Oui, l’identité visuelle fait partie intégrante du projet depuis le début parce que nous y sommes sensibles. Elle constitue même une part importante de la culture de RIVE. On le ne reniera jamais…

A propos des clips, étrangement, vous n’y apparaissez jamais …

Juliette : C’est un choix ! Le but était de laisser libre cours à l’imagination des réalisateurs. Pour l’instant, nous nous en contentons. C’est très bien ainsi ! Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’on n’y apparaîtra pas un jour, mais ce sera à travers une esthétique particulière, je pense.

Pour beaucoup, la musique est souvent juste un produit de consommation marketing qui n’existe que pour satisfaire un besoin immédiat. Pensez que Rive puisse traverser les âges et les générations ?

Juliette : Avons-nous un futur sur cette planète fatiguée et malade ? L’idée est de poursuivre notre chemin, c’est-à-dire créer une musique qui nous touche. J’estime que c’est ce qui est le plus important. On verra si dans le futur, le public continuera à être sensible à cet univers de la même manière. Nous restons très influencés par le passé, mais nous écoutons pas mal de musiques actuelles. Nous sommes attentifs à tout ce qui se passe aujourd’hui. Si besoin, nous nous adapterons musicalement car nous sommes très ouverts à ce sujet. Mais, dans milieu, tu sais comme moi, que l’on ne peut rien prédire…

Chez Rive, il y a peu d’instruments organiques. Juste un peu de gratte électrique, du synthé, du piano et la rythmique de Kévin. Vos chansons apparaissent donc en grande partie en fonction des arrangements. N’avez-vous pas peur que le travail de production tue l’émotion ?

Kévin : C’est une bonne question ! Nous nous la posons aussi lorsque nous élaborons les morceaux et que nous les enregistrons. Nous sommes attachés aux mélodies. On les retrouve souvent dans la pop. Lorsque Juliette compose un morceau au piano, la difficulté est d’atteindre le bon équilibre entre les arrangements et la voix. Nous aimons nous surprendre, mais au fond que faut-il ajouter pour avoir un son 100% RIVE ? L’objectif premier de la formation est de ne pas s’arrêter sur une esthétique simpliste, même si elle plutôt agréable à l’oreille. Et puis, ce travail de recherche nous amuse beaucoup. Après, libre à chacun de savoir s’il s’y retrouve ou pas.

Le féminisme et les thématiques liées à l'égalité femmes-hommes appartiennent, depuis longtemps, à votre identité. Le morceau « Nuit » abordait déjà le sujet (avec en voix off, les extraits d’une conférence de la féministe américaine Andrea Dworkin). "Filles" revient sur la troisième vague féministe et évoque le réveil du mouvement. Ce dernier a-t-il aujourd’hui toujours une raison d’exister, qui plus est en Europe occidentale ? Les femmes n’ont-elles pas la place qu’elles ont toujours voulu obtenir dans cette société moderne ?

Juliette : Quand on commerce à s’intéresser à cette question, on se rend compte qu’il y a encore énormément de travail. Ne serait-ce qu’en termes d’inégalité salariale ou de violences faites aux femmes par exemple. Ce combat est encore légitime aujourd’hui. A vrai dire, le féminisme a commencé à couler dans mes veines lorsque j’étais adolescente. Très longtemps, j’étais seule au front et on me considérait péjorativement comme la peste de service. J’ai pris ce rôle très à cœur et tenté d’élargir mon cercle de sympathisants. Aujourd’hui, il y a ce nouveau mouvement et je crois que c’est ultra positif. Il suffit d’examiner les affiches des festivals d’été. Elles recensent 80% de groupes de mecs pour seulement 20% de nanas. En Chine aussi, nous étions quatorze musiciens pour seulement deux filles. Les inégalités sont encore d’actualité à tous les échelons de la société. Crois-moi, il y a encore beaucoup à faire…

On sait aussi que ce sujet appartient également aux revendications de Clara Luciani. Hormis sa participation au groupe emblématique La Femme, elle est l’auteure de « La Grenade » qui scande ‘Prends garde, sous mon sein, la grenade’ ou encore « Drôle d’époque » qui détaille le poids de la condition féminine et son désir de liberté. Est-ce la raison pour laquelle vous avez été choisis pour assurer de la première partie ?

Juliette : Non ! Je pense que ce qui nous rapproche est la manière d’aborder les événements et de les transcrire. Nous avons joué à Marche-en-Famenne avant-hier soir et le public, à priori venu pour Clara, a été très réceptif à notre univers…

« Fauve » avance : ‘Le temps brûle nos sens ; tant d’autres que nous s’aiment et ne se trouvent plus’. Ce titre traite du désir et de l’alchimie des corps qui s’étiole, même si l’amour perdure. Etrange vision de l’amour alors que vous êtes si jeunes…

Juliette : Est-ce une étrange vision ? Je ne pense pas ! Je crois surtout que c’est un sujet dont on parle peu. La question de la sexualité dans le couple de longue durée est finalement peu abordée de nos jours. Enormément de films et de romans parlent de la relation amoureuse sans retirer la moindre information sur ces couples. Je dois t’avouer que ça me fait rire. Comment faire pour entretenir la flamme ? Même en termes de désir charnel. Ce sont des questions qui m’intéressent et je sais que je ne suis pas la seule à me les poser.

« Croisades » quant à lui évoque la nostalgie de l’adolescence. Qui étiez-vous à cette époque ?

Juliette : J’étais la même qu’aujourd’hui. J’adorais la musique, je jouais dans des groupes et j’étais ultra féministe. J’espère que j’ai évolué un peu quand même…
Kévin : Je crois que j’étais celui que je suis. J’étais rêveur et je continue de l’être. C’est sans doute pourquoi que je suis là ce soir.

Les textes sont ciselés. Ils ont du coffre et de la puissance. Souvent, on aime revivre les compositions à travers les textes. Est-ce votre cas ?

Juliette : Oui ! Faire figurer les textes sur le vinyle et le CD était une décision importante. Nous avons d’ailleurs poussé cette réflexion jusqu’au bout en les publiant sur le net et youtube. En ce qui me concerne, j’éprouve souvent le besoin de lire les paroles pour les comprendre ; car en règle générale, je me focalise un peu trop sur la musique.

A contrario un texte, quand il est écrit, est parfois plus difficile à accepter que chanté…

Juliette : Effectivement ! Perso, j’aime qu’ils soient assez courts. Je cherche à faire résonner certaines expressions ou les mots. « Justice » scande : ‘Toi contre moi et le temps contre nous’. Si les gens ne se souviennent que de ce slogan, c’est en soi déjà suffisant. Ils peuvent ensuite s’approprier le contexte et y mettre ce qu’ils désirent en fonction de leur envie ou de leur désir. Raison pour laquelle, nous n’avons d’ailleurs choisi qu’un seul mot pour illustrer nos compositions. En fin de compte, si le support est important, il est peut-être inexistant afin de permettre à l’auditeur de se laisser emmener par les mots. N’est-ce pas là l’essentiel, finalement ?

Zucchini Drive

Being Kurtwood

Zucchini Drive, c’est l’alliance explosive entre le Flamand Tom de Geeter (aka Siaz) et le Suédois Marcus Graap, de Stacs of Stamina. Pour rappel, Siaz est l’un des MC’s des excellents Cavemen Speak (et de Gunporn), sans doute l’un des groupes de hip hop les plus inventifs de notre plat pays… et les moins médiatisés. Comptant déjà cinq albums à leur actif, les Cavemen Speak s’avèrent en fait les seuls représentants post-/avant-hop made in Belgium. En bref du rap à la Anticon, s’abreuvant aux sources de l’électronica et du post-rock, et dont le flow se veut le plus souvent acide et mitraillette, comme sous hélium. Pour cet album de Zucchini Drive, Siaz et Graap ont réussi à s’entourer d’une pléthore de producteurs de qualité : Alias (d’Anticon), Lord Grunge (de Grand Buffet), Markus Acher (de Notwist et Lali Puna), Styrofoam, Bernard Fleishmann,… Bref l’internationale de l’indietronica (Morr Music) et du hip hop de traverse, pour un disque saturé d’ambiances mélancoliques et éclectiques (bref un bon disque). Big up au titre produit par Alias, dont le sample de cordes et le beat suave rappellent le meilleur de DJ Shadow, et à Markus Acher, qui réussit à nous captiver malgré sa voix de chiot battu. Pour le reste c’est du rap plein de groove, même si les puristes trouvent sans doute l’exercice un peu trop intello. On pense donc à cLOUDDEAD, à Boom Bip, à 13 & God et à Cavemen Speak (forcément), et rappelons-le ‘c’est du Belge’ ou quasi. Comment se fait-il que ces types ne soient pas connus, c’est là le grand mystère… Parce qu’il faut bien l’admettre : leur hip-hop s’avère quand même bien plus subtil que celui du « district 1030 », ridicule à force de clichés. Big up, donc, et plutôt deux fois qu’une.

RIVE

Complices dans la musique comme dans la vie…

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Treize années déjà que le Centre culturel de Soignies organise son ‘Août en éclat’. Gratuit et pluridisciplinaire, ce sympathique festival se déroule dans le centre historique de la ville.
Un évènement qui fédère à lui seul une vingtaine de spectacles. Outre ceux consacrés à la musique, il accueille un village des enfants, un marché du monde et des saveurs ainsi que des animations de rue.
Votre serviteur se dirige tout droit vers les loges de Rive, binôme électro pop sexué, découvert en novembre 2016 à Frasnes-lez-Anvaing dans les locaux de la Cense de Rigaux, un ancien corps de ferme gracieusement réhabilité, avec goût et raffinement…
Un véritable coup de cœur !
Formé en 2015, le tandem s’est rapidement illustré en décrochant des prix au dernier Franc’Off de Spa ainsi qu’au Bota, dans le cadre du concours ‘Du F. dans le texte’…
Plutôt populaire dans le plat pays, le tandem vient tout juste d’achever une prestation dans le cadre du festival ‘Les Solidarités’, à Namur… Il reste très en verve malgré une fatigue légitime…

Vous avez l’un et l’autre évolué au sein de projets plutôt rock. On pense notamment à ‘Juke Boxes et Arthur’. Aujourd’hui, vous formez un binôme éléctro pop en proposant des textes dans la langue de Molière. C’est un sacré changement, non ?

J. : Notre projet a pris forme, fin 2015. Nous écoutions pas mal d’électro auparavant comme celle proposée par Moderat ou Breton. Virer vers ce style musical s’est opéré assez naturellement. Quant aux textes, ils sont dans notre langue maternelle, parce qu’elle est agréable autant à parler qu’à écouter. Elle offre une palette de nuances tant dans le sens, que dans l’interprétation. Je pense que c’était un bon choix. Nous n’en retirons que du positif !

Si cet idiome permet d’insuffler davantage de subtilités dans le texte et le chant, il est plus difficilement exportable que l’anglais… Est-ce une manière de privilégier l’artistique au détriment du marketing ?

J. : Je partage ton avis ! Le français permet effectivement de faire passer davantage de subtilités. Chanter dans la langue de Voltaire nous a probablement ouvert plus d’opportunités. Nous avons ainsi joué en Suisse. Les gens ont accroché assez vite au concept. C’est très agréable. Je suis à chaque fois surprise d’un tel engouement ! Nous devrions décrocher quelques dates au Québec. En France également. Il n’y a aucune préméditation de notre part. Nous avons mené à bras le corps ce projet, sans penser une seule seconde à l’aspect stratégique ou marketing. Ne perdons pas de vue que le français s’exporte aussi. Tu sais, nous ne sommes pas les seuls à avoir fait ce choix. J’ai même l’impression que, depuis quelque temps, une nouvelle scène francophone prend progressivement forme. La Femme, en est un bel exemple. Je suppose que la formation parvient à tourner dans des pays non francophones…
K. : Personnellement, je m’en fous complètement. J’ai la chance de pouvoir faire de la musique que j’aime. Le reste n’a pas d’importance…

Lorsqu’on choisit de chanter en français, il est souvent aussi difficile de trouver un compromis dans la manière de poser les sons, la musicalité et les textes. Or, à l’écoute de votre Ep, l’équilibre est atteint. La patte de Rémy Lebbos ? Comment cette collaboration est-elle née ?

J. : Nous avons coopéré sur d’autres projets auparavant. Nous avions apprécié sa vision du travail. Nous lui avons apporté nos arrangements et lui est parvenu à magnifier le tout intelligemment. Que demander de plus ? Il est très précis et rigoureux dans son approche. Il comprend très vite le niveau d’exigence des artistes. C’est aussi un personnage haut en couleur, humainement. Nous sommes vraiment satisfaits du produit fini. Et pourquoi pas une nouvelle collaboration dans le futur ?

Il y a quelques années, Kévin, tu t’es rendu en Angleterre pour y monter un projet. On ressent dans la musicalité de Rive des relents anglo-saxons. Est-ce que ce voyage a façonné la façon dont tu conçois la musique ? Cette filiation s’est-elle dessinée naturellement ?

K : J’ai découvert la chanson française pratiquement à la naissance de Rive. J’en écoutais très peu. J’ai baigné dans la culture anglo-saxonne grâce à cette sonorité particulière et l’émotion qu’elle véhicule à travers l’instrumentation. Si tu écoutes attentivement nos compositions, tu te rendras compte de la dualité permanente entre la puissance de l’électro et la douceur des mélodies. Les textes ont du sens et recèlent ci et là quelques jolies métaphores. Juliette a énormément de talent !
J. : Les textes poétiques et ouverts étaient notre leitmotiv. J’ai par contre remarqué qu’ils pouvaient connaître parfois un double sens, ce qui n’était absolument pas prémédité. Par exemple, « Nuit » parle de toutes celles qui ont mené des combats féministes dans les années 70 afin de se réapproprier la sphère publique. Pour moi, le message est très clair. J’en ai parlé il n’y a pas très longtemps dans une interview. Des amis l’ont écoutée et m’ont avoué n’en avoir pas saisi le message. Mais, tant mieux ! Au final, chacun crée sa propre histoire.

Les événements se sont précipités pour vous. Rive est né en 2015. Vous remportez douze prix au dernier Concours ‘Du F. dans le texte’ en mars 2016. Un premier Ep est salué par la critique. Est-il plus stimulant d’avancer dans un projet en réalisant des objectifs à court terme ?

K. : Participer à ce concours a été le détonateur de notre carrière. Nous venions de réaliser un titre en studio. Nous l’avons envoyé et avons été sélectionné à notre grande surprise. Même si nous en rêvions, nous ne nous y attendions pas. Nous nous sommes retrouvés au pied du mur en quelque sorte. Nous n’avions d’autres choix que d’avancer. Et pour y parvenir, il fallait bosser dur. Les efforts ont payé ! Nous avons gagné les demi-finales et ensuite la finale. Nous avons raflé douze prix au total, ce qui n’est pas mal quand même. Nous étions assez fiers de nous. Ce succès inespéré nous a encouragés à poursuivre encore et toujours dans cette voie. Ce concours nous a permis aussi de rencontrer du beau monde avec lequel nous travaillons et de te parler, par exemple, aujourd’hui. Cette aventure est merveilleuse…
J. : Aujourd’hui, la dynamique de travail que nous nous sommes fixée nous permet d’anticiper. Nos échéances restent sur le court et le moyen terme. Pas le long terme, car le monde de la musique est tellement instable qu’il est difficile de s’y projeter dans le futur. On essaie d’avoir un maximum d’actualités aussi. Ce qui nous permet au moins de rester positif par rapport à ce que l’on fait et de continuer à travailler le plus fidèlement possible !

Vous venez de m’expliquer que participer à un concours, comme celui ‘Du F. dans le texte’, sous-entend un investissement personnel important : l’enregistrement d’une démo, tenir vingt minutes devant un jury d’experts et trente pour la finale. Aviez-vous une ligne de conduite tracée en terme de dynamique ?

J. : Pour être franc avec toi, nous n’avions que peu de dynamique de travail. On s’intéressait aux sorties d’albums et aux concerts. Nous avons connu des hauts et des bas. C’est le propre de tous les musiciens, je crois. Ce qui est chouette dans ce projet, c’est que nous n’avons pas eu de temps mort jusqu’à présent. A vrai dire, nous avons toujours vécu dans l’urgence. Produire un set de vingt minutes, de vingt-cinq ensuite, de trente et enfin de quarante-cinq. Ici, on sait qu’on doit tenir au-delà d’une heure. Ce n’est pas évident. Il n’y a pas vraiment de latence. Il y a toujours du travail et du coup, on garde toute l’énergie nécessaire… 

Le contraste est étonnant. Juliette incarne le côté ouaté de la formation par la douceur dans le grain de voix, une ligne mélodique sulfureuse et une pointe de mélancolie. Et Kévin, ton drumming est plutôt tribal. Sur scène, la magie opère. Comment vous définiriez-vous l’un par rapport à l’autre ? Complices ou complémentaires ?

J. : Pour moi, il y a les deux sans aucun doute !
K. : Je pense qu’effectivement, il existe de la complicité et de la complémentarité. Ca ne fait aucun doute. Rive est un projet commun ! On compose ensemble, on s’occupe des arrangements, des mélodies, etc. Nous avons chacun un rôle à jouer sans la moindre rivalité. Juliette et moi avons vécu nos chansons en amont au moment de leur confection dans notre home studio. Tu nous as déjà vus en concert, tu as donc remarqué que c’est sur scène qu’elles s’expriment véritablement. Ma batterie me procure un côté instinctif, voire animalier. Lorsque je suis face au public, je vis pleinement les compositions. J’ai parfois l’occasion de voir mes prestations en replay, je le conçois, j’exécute de drôles de gestes. Et alors ? Ca me fait plutôt rire ! Je te rassure, dans la vie de tous les jours, je suis quelqu’un de très calme et posé…
J. : Nous sommes assez complices dans la musique, mais aussi dans la vie. Il y a plus de dix que l’on se connaît. Ici, on vit en colocation, c’est pour te dire… On se voit donc tous les jours. Ca aide ! C’est même plutôt une chance. Nous sommes assez complémentaires aussi. Je m’attache aux mélodies, aux paroles et à l’aspect des chansons. Kévin, lui, se consacre davantage aux arrangements. Il n’y a aucune compétition entre nous. Les tâches sont bien réparties. C’est très agréable de travailler de cette manière…

A votre avis, la mouvance electro pop/dream pop dresse t-elle un pont entre les musiques du passé et une véritable modernité ou alors doit-elle être perçue comme un fossoyeur du rock’n’roll ?

K. : Je ne pense pas qu’il faille voir les choses sous cet angle. C’est l’époque qui veut ça. Aujourd’hui, il y a plus de techniques et de technologies qu’auparavant. Les musiciens aiment expérimenter. Certains de nos titres regorgent d’arrangements, d’autres moins. En tous cas, nous pouvons sans problème les adapter en piano/voix.
J. : Sur les planches, il y a une batterie, une guitare et un piano. Nous restons attachés aux instruments. Nous aimons en jouer, c’est sûr ! Je partage l’avis de Kévin, quand il affirme que tenter de nouvelles expériences peut devenir très vite agréable. A la maison, nous disposons de matériel assez minimaliste qui ne nous coûte pas très cher. Juste un ordinateur et une carte son. Ce qui nous apporte plus d’autonomie. On prend le temps de chercher et de composer à notre rythme. On reste assez libre…

« Vermillon » a été financé par la plateforme de crowdfunding ‘Kiss Kiss Bang Bang’. Est-ce que le financement participatif est devenu une formule inéluctable aujourd’hui ?

J. : Non, ce n’est pas un passage obligé. Chacun finance ses projets comme il le sent. Ce métier est difficile. Des moyens financiers importants sont exigés. Pour ma part, je crois qu’il faut vivre avec son époque. J’estime qu’il faut considérer cette démarche comme une prévente, nous assurant au moins d’écouler quelques albums.
K. : Se produire en duo rend forcément la part contributive de chacun plus importante. Lorsque tu milites au sein d’un quintet par exemple, ce sera de facto plus facile parce que l’investissement par tête de pipe sera moins important mathématiquement. D’où cette idée du crowdfunding.

Sur cette plateforme, le don maximal (850€ ou plus) donnait droit notamment à un concert privé chez le donateur. Avez-vous obtenu le succès escompté ? Dans l’affirmative, combien de concerts ont été accordés sous cette forme ?

J. : Nous n’avons pas eu cette chance (rire). Le projet était encore peu connu. Nous n’avons donc pas eu le succès escompté (rire).

A propos de l’artwork, que représente la symbolique du corps modelé ‘Renaissance’ et le bateau à la place de la tête ?

J. : Il faut appréhender ces éléments sous l’angle du contraste. Le corps de cette femme au buste corseté représente l’enfermement, tandis que le bateau, lui, tend vers l’imaginaire et le rêve. Tu as envie de crier ‘Allons à l’attaque, larguons les amarres’. Une jolie manière d’aborder la vie en quelque sorte…

Le clip de la chanson « Vogue » vous a propulsés auprès du grand public en cumulant plus de 115 000 vues sur Vimeo. Le clip réalisé par Julie Joseph évoque le même contraste que la chanson. Aviez-vous des idées bien définies sur le sujet ou lui avez-vous laissé carte blanche ?

K. :  Julie était notre colocataire. Nous avons vécu ensemble et sommes restés très proches. Nous avons vraiment démarré le projet ensemble. Nous à la musique et elle à la réalisation du clip. C’était une chouette collaboration !

Vous étiez déjà bookés dans certains festivals avant même la sortie de votre premier Ep. Au final, vu la crise que traverse l’industrie musicale, les concerts ne sont-ils pas plus un environnement et le disque un prétexte ?

K. : Les programmateurs avaient écouté les morceaux préalablement. Je pense que le disque est important en tant qu’objet. Nous y avons mis tout notre cœur. Il s’agit donc d’une carte de visite à ne pas négliger. Lorsque nous jouons en live, la dynamique est différente. Les gens qui ne te connaissent pas nécessairement viennent te voir et apprécient ou pas, l’univers musical dans lequel tu tentes de les porter. Je dirais que le disque et les concerts se complètent assez bien. Quitte à choisir, nous préférons quand même la scène…

Vous êtes d’origine française ! La Belgique est souvent perçue de l’extérieur comme un pays surréaliste à bien des égards. Comment percevez-vous cette assertion ?

K. : C’est drôle que tu poses cette question parce que nous en discutions justement tout à l’heure dans la voiture. La Belgique est un pays qui accueille énormément de festivals. Le public est réceptif et sympa en général. Il existe aussi pas mal d’échanges entre les groupes. Nous avons découvert de belles choses depuis que nous y sommes. Je trouve qu’on a beaucoup de chance de vivre et de jouer dans ce pays…

La mode est aux reprises iconoclastes. Il y a quelques minutes, sur scène, vous avez formidablement repris un titre de Léo Ferré. Là maintenant, si vous deviez tenter à nouveau le coup, quelle chanson choisiriez-vous ?

K. : En ce qui me concerne, j’aimerais reprendre un titre de Françoise Hardy. J’adore cette artiste. Juliette l’ose parfois et sa version lui va très bien.
J. : Avant de reprendre un morceau, il faut déterminer ce que l’on peut y apporter. Il faut pouvoir accomplir les tâches étape par étape, sans se précipiter. D’abord l’aimer et ensuite lui apporter une plus-value, sans quoi l’exercice risque d’être inutile…

RIVE

Vermillon (Ep)

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RIVE est une formation originaire de Bruxelles. Un binôme plus précisément qui réunit la belle Juliette Bossé, dont la voix est particulièrement sensuelle et son comparse, Kevin Mahé, un drummer diaboliquement doué.

Ce tandem s’est formé il y a quelques mois seulement ! Plutôt talentueux, il s’est rapidement illustré en décrochant des prix au dernier Franc’Off de Spa et au Bota, dans le cadre du concours ‘Du F. dans le texte’…

« Vogue », single aussi bien entraînant qu’envoûtant, a été le premier propulsé auprès du grand public, atteignant au passage plus de 100 000 vues sur Vimeo en deux mois. Ce succès a permis au couple de mettre en boîte un répertoire sacrément ambitieux, sobrement intitulé « Vermillon ».

Marquées par quelques grands noms du genre (comme Air ou Sébastien Tellier), les chevilles ouvrières du groupe nourrissent leur imaginaire d’ondes positives qui naviguent entre electro et dream pop moderne, rêveuse et racée.

Enregistré dans les locaux du Rare Sound Studio de Remy Lebbos (Nicolas Michaux, Great Mountain Fire), cet Ep se déguste les yeux fermés, salivant les notes et les gammes avec délectation !

Le genre est réinventé et dépoussiéré grâce à une ligne mélodique néo contemporaine atmosphérique et une rythmique inspirée et sulfureuse, le tout sans un déferlement de technicité poussif. Les loops sont intelligemment construits et le grain de voix boisé, chaudement éthéré de miss Bossé emprunte, ci et là, des chemins fragiles, infiniment somptueux, luxuriants et candides !

La subtilité des arrangements inspire une ode au voyage et à la spiritualité ! Ca sent le sable chaud. On se sent bercé tout en douceur. De quoi apaiser les mœurs et faire du bien à l’âme. Un véritable vent de fraîcheur printanière sur un lit ensoleillé !

Si l’exercice n’est pas neuf, le duo belge semble déjà avoir acquis une belle maturité. Ce qui explique sans doute pourquoi, il parvient à communiquer à ses compos une dimension imagée particulière, mi-planante, mi-poétique, mais toujours léchée.

Bref, plus qu’un disque, un objet quasi-indispensable dans toute bonne médiathèque ! 

Des qualificatifs surfaits ? Non, tout simplement mérités ! Un sacré coup de cœur en ce début d’année !

Seul petit bémol, un peu trop conventionnels, certains morceaux tirent parfois en longueur. Et souffrent alors d’un trop grande linéarité. Gageons que les comparses transgressent quelque peu cette ligne de conduite qui est la leur aujourd’hui. De la folie à la tragédie, il n’y a qu’un pas !

Sans quoi, RIVE risque de ne pas naviguer très longtemps sur son long fleuve tranquille… Et ce serait vraiment dommage !

RIVE

Une atmosphère paradoxalement douce et sulfureuse…

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Dans certains pays, le 24 novembre se fête ; on y célèbre les récoltes et on rend grâce des bonheurs reçus pendant l’année. C’est la ‘Thanksgiving’ !
Au pays des Collines, ce jour rencontre une toute autre signification ! On y savoure le deuxième anniversaire des ‘Jeudis Oui’ ; soirées organisées sur fond d’afterwork bobo !
Direction donc Frasnes-lez-Anvaing et plus précisément son magnifique cadre de la Cense de Rigaux, un ancien corps de ferme gracieusement réhabilité, avec goût et raffinement… Un Dj bien connu de la région (NDR : il est également membre du groupe Zénith) a la lourde tâche de mettre le souk. C’est le plat consistant.
Fort heureusement, la digestion de ce mets indigeste est facilitée par une entrée délicieuse. Et ce sera en supporting act. Rive sert donc d’hors d’œuvre.

 

A la tête de cette formation originaire de Bruxelles, un binôme. La belle, Juliette Bossé, d’un côté ; et la bête, Kevin Mahé, de l’autre.

La première est une jolie. Blonde, filiforme, elle est vêtue de noir pour la circonstance. Elle pousse la chansonnette (accessoirement) ! Et dans la langue de Voltaire s’il vous plaît ! Sa voix est éthérée et fragile ! Un brin torturée même…

Le second est coiffé d’une casquette. Son regard est étrangement fixe et hagard ! On dirait un zombie tout droit sorti de la série à succès ‘Walking Dead’ ? Chacun jugera… Son truc à lui, ce sont les rythmiques endiablées !

D’emblée, votre serviteur (batteur lui aussi !) examine cet homologue ! L’instrument est on ne peut plus épuré : charley, snare, grosse caisse, floor tom et une cymbale ride. Des loops intelligemment construits viennent heureusement remplir l’espace sonore.

Lorsqu’il se place derrière les fûts, ce gars est complètement habité par sa musique ! On dirait un autiste ! Ses frappes sont mesurées, calculées et ‘décibelées’ à outrance ! Tantôt, elles claquent sur les peaux, comme par réflexe communautaire ! Tantôt, elles sont posées sensuellement, comme les mains d’un homme caressant le corps fragile d’une femme ! A chaque mouvement, ses yeux se révulsent. L’orgasme ne devrait pas tarder…

La donzelle propage des nappes de synthé. Ses mains ondulent allègrement, lorsqu’elle les pose sur son clavier ! Plus rarement, elle pince les six cordes électriques.

Ce tandem s’est formé, il y a un an seulement. Et ils se sont vite fait remarquer, décrochant des prix au dernier Franc’Off de Spa et au Bota, dans le cadre du concours ‘Du F. dans le texte’…

Le duo est venu présenter un premier Ep (prometteur) intitulé « Vermillon ». Il devrait sortir, selon toute vraisemblance, début 2017. Il a été enregistré au Rare Sound Studio de Remy Lebbos (Nicolas Michaux, Great Mountain Fire).

La musique de Rive campe un hybride entre electro et dream pop. Les compos baignent au sein d’un univers qui navigue à quelques encablures d’Air et Sébastien Tellier. Mais évoquent plutôt Cats on Trees pour sa fraîcheur ainsi que la complicité qui s’établit entre les deux musicos. Comme si un lien fraternel les unissait. Beaucoup de regards sont échangés ! Une belle histoire s’y cache, très vraisemblablement…

Les morceaux s’écoulent paisiblement entre fond nostalgique et onirisme ! Le jeu et la présence scénique sont simplistes, certes ; mais empreints de charme et d’émotion.

Si le concept n’est pas neuf et a déjà été moult fois reproduit, il prend une dimension toute particulière ici ! Les causes en sont sans doute protéiformes ! L’implication du drummer ? La fébrilité de la vocaliste ? Le chant en français ? L’alchimie entre les comparses ? Peu importe après tout ! Ca fonctionne ! C’est l’essentiel !

Le duo est à la tête d’une huitaine de chansons. C’est insuffisant ! Le set, d’une durée de trente minutes à peine, laisse un goût de trop peu. De quoi susciter une certaine amertume chez les aficionados qui se sont laissés bercer par cette atmosphère paradoxalement douce et sulfureuse !

La dernière chanson se termine autour d’un piano quatre mains ! Une dernière touche qui sonne comme un sacré happy end !

Les applaudissements fusent de toute part ! Sûr qu’on devrait parler d’eux très prochainement ; et en bien !

Okkervil River

L’émotion à son paroxysme…

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Fondé en 1998, Okkervil River est considéré comme un des meilleurs représentants de la scène folk yankee contemporaine. Et pour cause, au fil du temps, sa musique a constamment évoluée. Sa discographie est conséquente. Elle compte 8 elpees et de nombreux Eps. Sans oublier les diverses collaborations auxquelles Will Sheff, le leader a participé. On rappellera quand même, qu’à l’origine, Jonathan Meiburg militait au sein du combo. Puis il a décidé de monter son propre projet, Sherawater.

S’il faut bien avouer, que les précédents opus ne sont pas exceptionnels, le dernier en date, intitulé « Away », est vraiment excellent. Faut dire que Will a renouvelé le line up de son band, presque dans son intégralité. On était donc curieux de connaître le résultat, sur les planches. Et la Rotonde semblait vraiment l’endroit idéal pour juger, s’il avait fait le bon choix.

Lors de sa tournée, Okkervil River a choisi pour supporting act, un jeune londonien, Lookman Adekunde Salami, aka L.A Salami. Il vient de graver un premier LP, baptisé « Dancing with Bad Grammar ». En général, les premières parties son rarement passionnantes et incitent plutôt le mélomane à s’attarder au bar, en taillant une bavette en compagnie de ses potes. Bon, bien sûr, il y a des exceptions. Et bien L.A Salami en est une. D’ailleurs, tout au long de sa prestation, l’hémicycle ne va jamais désemplir, le folk singer, armé d’une sèche et d’un harmonica, nous réservant un set d’une demi-heure particulièrement inspiré…

A 21h, les lumières de la Rotonde s’éteignent. Will Sheff grimpe sur l’estrade. Il est suivi de ses musiciens. Une demoiselle s’installe derrière son clavier, à droite, tandis que le guitariste et le contrebassiste optent pour la gauche. En arrière plan, siège le drummer. Le décor est adapté à la saison. Un paysage automnal est projeté sur une toile, sur laquelle on a accroché quelques feuilles d’arbre. Bucolique !

Le set s’ouvre par plusieurs titres issus du dernier opus, l’excellent « Okkervil River R.I.P ». Le son est excellent. Les balances sont impeccables. La voix de Sheff est vraiment bouleversante. Les musicos sont excellents, à l’instar du guitariste qui va nous réserver, tout au long du show, de superbes solos. Outre son répertoire récent, Okkervil River va puiser dans sa discographie antérieure. Ce qui nous vaudra de splendides –et surprenantes– versions de « Or Life is not a movie, or maybe », « For Real » ou encore d’« Unless It Kicks ». Entre les morceaux, Will échange quelques mots avec l’auditoire. Il nous rappelle qu’en 2008, il avait vécu un gros stress, sur le ferry, qui le conduisait de l’Angleterre à la France, alors qu’il suivait les résultats des élections aux States, opposant Obama à McCain. Une situation qu’il avoue revivre ce soir (NDR : son réveil a dû être difficile, quand il a appris que Trump avait été élu).

Vers 22h15, la formation vide les lieux. Quelques minutes plus tard, un spot éclaire Will Sheff. Il est derrière le public, seul armé de sa sèche. Le Texan attaque alors « The War Criminal Rises and Speaks ». L’auditoire est littéralement subjugué. Alors que le morceau entame un long crescendo, le musicos reviennent sur le podium pour lui emboîter le pas. A cet instant, un frisson vous parcourt l’échine. Rarement un concert n’a d’ailleurs été autant chargé d’émotion. Un set hors normes. Finalement, en ce sombre 8 novembre, on aura quand même vécu quelque chose de positif…

(Organisation : Botanique)

Drive By Wire

The Whole Shebang

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Lorsqu’on effectue une rapide recherche sur Drive By Wire, on atterrit davantage sur des pages de technique automobile que sur le groupe qui porte ce patronyme. Aussi, je me permets de rectifier le tir et de vous proposer une autre définition plus acceptable à vos oreilles. Car c’est bien à ces dernières que s’adresse Drive By Wire. « The Whole Shebang » constitue le troisième album studio de ce groupe venu du Plat pays qui n’est pas le nôtre, lisez la Hollande. En onze titres, on passe d’un rock teinté noisy à la Sonic Youth à une sexualisation vocale à la PJ Harvey ou encore Juliet Lewis. A certains moments on est même proche d’une ambiance grunge circa 90’s, amplifiée par des thématiques sombres. 

Simone Holsbeek, la frontwoman, joue parfaitement de cet éventail, jusqu’à dériver vers un blues/rock plus gras dès le titre « River Run ». Cette large palette a été entretenue par René Rutten à la table de mixage. Celui-ci ayant déjà fait les beaux jours de The Gathering.

Rien à jeter sur cet elpee, mais rien non plus de transcendant, juste le plaisir de passer un bon moment. Des titres sont à retenir en priorité, à savoir la piste phare « Kerosine Dreams » qui gratte bien à l’oreille dans le style noisy ou encore le blues rock cradingue de « Promised The Night » voire de « Voodoo You Do » repris aux psychédéliques grecs de Nightstalker. On pourrait leur reprocher cependant de peu exporter leur groove à l’étranger et de privilégier les clubs à la scène au grand air. Un appel du pied aux clubs en Belgique… Avis aux amateurs !

 

Leadfoot Rivet

Welcome to my mongrel music world!

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Malgré son identité, Leadfoot Rivet est de nationalité française. Il chante cependant bien dans la langue de Shakespeare. Ce musicien n’est pas vraiment un génie, mais il se débrouille plutôt bien à la guitare et à l’harmonica. Il a déjà apporté sa collaboration à une multitude d’artistes, et notamment Larry Garner, Tom Principato, Boney Fields ainsi que côté Hexagone, Laurent Voulzy et le regretté Alain Bashung! Des références qui ont certainement dû impressionner Mighty Sam McClain et Mighty Mo Rogers. Sa discographie est abondante. Il a commencé à enregistrer au cours des années 80. Au sein de Rockin’ Chair tout d’abord. Il a publié sous son véritable nom, Alain Rivey, “Lunatik Combo”, un elpee pour lequel il avait reçu le concours de Claude Langlois, le patron de Dixiefrog. Il faut dire que Langlois et Rivet sont les fondateurs du label. Ecurie née en 1986. Sous son sobriquet, il grave un premier opus, en 1998, “Saint Blues”. Un disque qui avait bénéficié de la participation de Larry Garner, Roy Rogers, Amos Garrett et Tommy Castro. Excusez du peu!

Son surnom ‘Pied de plomb’, il le doit au chanteur louisianais Larry Garner, qui lui rempochait de conduire constamment pied au plancher. Pour concocter ce cd, il est essentiellement soutenu par son fidèle guitariste Pat Boudot-Lamot. Ce qui ne l’a pas empêché d’inviter quelques amis lors des sessions d’enregistrement.

“Split personality” ouvre le bal. Un folk blues dont les sonorités légèrement orientales émanent du sitar de Fred Chapellier, un compagnon de label. Le Stetson vissé au sommet du crâne, les lunettes solaires posées sur le nez, notre pied de plomb, apparait très détendu. Sa voix est grave et lancinante sur “I feel like I’m sinkin”, une compo aux accents manifestement country. L’instrumentation acoustique est impeccable. Mais s’en détachent la musique à bouche du maître et les cordes de Thomas Weirich. “Fried okras” élève quelque peu le rythme. La trame acoustique domine toujours le sujet. Stéphane Avellaneda (NDR : un musicien qui accompagne régulièrement Ana Popovic) tape sur son cajon, un instru à percussion péruvien. Si l’univers de Rivet est personnel, il en colore les atmosphères au contact de ses partenaires. En toute décontraction. Cherchant constamment la parfaite homogénéité. Et il le démontre tout au long de “Friend lover wife”, un morceau au cours duquel les 3 grattes sont à l’unisson : le sitar de Chapellier, la slide de Jean-Paul Avellaneda et la rythmique de Weirich. De “Famous”, ensuite. Un titre trempé dans le blues le plus pur. De “Mongrel music” encore. Une très belle compo, empreinte de simplicité, malgré la présence d’un luth vietnamien. Ou encore d’“Apples dipped in candy”, souligné par un bouzouki électrique. Les escapades rythmées et électrifiées sont plutôt rares. Elles se résument à “Them changes”, au cours duquel Jean-Paul s’autorise une envolée sur sa Gibson. Sur “Where is the director ?” également. Une piste enlevée, nerveuse, illuminée par la contribution à la slide amplifiée de John Mooney. Et enfin, la finale. Un blues généreux, imprimé sur un mid tempo et alimenté par une lutte royale entre les guitares de Boudot-Lamot et Tom Principato, invité pour la circonstance. Une aventure qui ne manque pas de passion !

 

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