Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

Margaux Jaudinaud, illustratrice multi-casquettes et binôme du groupe Ottis Cœur, se lance en solo sous le nom de Vera Daisies. Après avoir ouvert pour The Libertines, Tess Parks ou encore le band londonien Sorry, elle dévoile un premier titre incisif, "Chess…

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This Will Destroy Your Ears

Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

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This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10 octobre 2025. Il a été produit et mixé par Ben Hampson (DITZ, Lambrini Girls) et masterisé par Katie Tavini (Bloc Party, Los Bitchos),

This Will Destroy Your Ears voit le jour en 2018 dans les Landes et part aussitôt sur les routes anglaises, partageant la scène avec USA Nails, JOHN ou Black Midi. Cette première tournée, dans un vieux Renault Master surnommé Georges par les Anglais, donne le ton : frontal, sans détour et farouchement DIY.

Son troisième elpee, « Funland », est le premier entièrement enregistré dans son propre studio d’enregistrement (Recording United), niché au cœur du tiers-lieu Kontainer, dans les Landes — un espace de création autant inspiré par la Factory de Warhol que par l’activisme DIY de Death By Audio. Inspiré de leurs virées anglaises, et en particulier de Blackpool — station balnéaire en Technicolor délavé — le disque tire son nom d’un parc d’attractions à la dérive : un mix improbable mais magique de machines à sous mourantes, de clowns tristes et de néons blafards. Une carte postale de cauchemar pop, quelque part entre David Lynch et Stephen King.

La vidéo du premier single « Gorgeous Eve Holds A Banger Hammer », est à voir et écouter ici

 

Destroyer

Le boogie de Dan Bejar

Destroyer publiera son nouvel elpee, « Dan's Boogie », le 28 mars 2025. L'annonce est accompagnée d'un clip réalisé par David Galloway pour le single « Bologna (feat. Fiver) ».

« Bologna » est un recadrage radical du milieu Destroyer. Il s’agit de la première chanson que Bejar a écrite pour le groupe, dans laquelle il s'imagine comme un personnage secondaire. Il fonctionne comme un commentaire en coulisses de l'action principale de la chanson, piégé dans la salle verte miteuse de la pochette de Dan's Boogie, tandis que Simone Schmidt de Fiver agit comme une personne en cavale. La voix de Schmidt, dure et expressive, perce à travers le brouillard de la scène.

Bejar déclare : ‘Je n'ai pas écrit beaucoup de chansons comme « Bologna ». J'ai eu du mal à chanter le premier et troisième couplet, les parties les plus importantes de la chanson. Elles avaient besoin de gravité et de cran. La menace de disparaître devait être réelle. J'ai donc appelé Simone.’

« Dan's Boogie » est un album révolutionnaire pour Destroyer. A cause des chansons qui couvrent le vaste spectre que lui et ses collaborateurs ont établi pour eux-mêmes : des épopées pop à grand spectacle, des ballades personnelles au piano, et des œuvres d'humeur brûlantes qui brouillent les lignes entre la compo, le roman et le cinéma.

Le clip consacré à « Bologna » est disponible ici

 

 

Chatte Royal

Les décibels de Chatte Royal…

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Le premier elpee de Chatte Royal, « Mick Torres Plays Too Fucking Loud », paraîtra ce 8 mars 2024.

Fondé en 2020 par Diego Di Vito, Dennis Vercauteren et François Hannecart, et rejoint par Téo Crommen en 2021, il compte deux Eps à son actif, « Septembre », en février 2020, soit un mois avant le début de la crise sanitaire COVID19, puis « Petit Pansement », en 2021.

En attendant, il nous propose son single, « Bonjour », sous forme de clip, un titre aussi bref qu'impactant, synthèse de sa palette sonore, qui va des registres mélodiques, évolutifs et planants du post-rock, à l'efficacité nerveuse du punk, en passant par la riche complexité du prog rock ; et il est disponible

 

 

Leroy se Meurt

La corrosion de Leroy se Meurt…

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Leroy se Meurt publiera son premier album, « Voué à rouiller », ce 24 novembre 2023.

Ce premier long-format voit le groupe améliorer sa formule existante, tout en explosant ses propres carcans. Le style oscille toujours entre EBM, post punk et electro, mais le ton se durcit sévèrement. Et puis il recèle des morceaux proprement rock, où des sonorités électriques grondent et cherchent leur place au milieu de cette décharge électronique dominée par les synthés, samplers et autres drum machines. Les compositions minimalistes, taillées au cordeau, font systématiquement mouche. Les textes, en français ou en turc, évoquent encore le mystique ou la noirceur qui les caractérisaient jusqu’à présent, mais on sent aujourd’hui une force nouvelle, comme une révolte qui pointe. Signée Elzo Durt (qui a notamment collaboré avec The Limiñanas, Laurent Garnier, Born Bad et La Femme), la pochette reprend les thèmes bibliques souvent abordés par Leroy Se Meurt

En attendant, le duo parisien dévoile « Baskı Iklimi », premier single et morceau d'ouverture de « Voué à Rouiller ». Et il est en écoute

En concert

19/01 - Bruxelles, La Vallée

Fitz Roy (Belgium)

Pour Fitz Roy, il pourrait s’agir de vous…

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Fitz Roy est né en 2016, lorsque Francois Chandelle convie son frère à le rejoindre pour poser des ambiances et harmonies sur une base punk en gestation.

Très vite la sauce prend entre les deux frères qui, malgré leurs 10 ans d’écart, partagent les même inspirations et goûts musicaux. Le parti est directement pris : ‘Notre volonté est de faire un retour sur le rock des années 90 de la west coast américaine !’

Ayant vécu chacun alternativement à Seattle pour François et Vancouver pour Edouard, ils gardent en eux les séquelles d’un style qui a remué et cadré leur adolescence en tous points.

"Might be about you", qui sortira en mars 2023, constitue le second album du groupe de rock néo-runge. Il fait suite à « Drops », publié en 2018.

Le line up du combo dispose d’une nouvelle section rythmique, en l’occurrence Francois Tshinkulu à la batterie et Benoit Degrave à la basse.

A l’instar du premier elpee, Francois Chandelle, le frontman du groupe, a écrit des textes poétiques et narratifs forts. Les titres de ce nouvel album emmèneront l’auditeur dans des thèmes divers tels que l’abandon familial, l’incapacité de faire face à notre monde qui se dégrade, la difficulté de garder le cap dans une relation amoureuse... des textes qui pourraient être à propos de nous, de vous tout simplement.

Pour annoncer ce nouvel album les frères Chandelle ont mis de nouveau leur savoir-faire audiovisuel pour clipper avec un fort engagement visuel et narratif, les chansons « Tell me your name » et « Can’t Stop the villain », les deux premiers singles de cette nouvelle aventure.

Fitz Roy (Belgium)

Il pourrait s’agir de Fitz Roy…

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Fitz Roy est un groupe de rock bruxellois qui a vu le jour en 2015 dans une cave obscure de Saint-Josse-Ten-Noode. C'est là que sont posées les bases d'une musique à la fois puissante et mélodique, oscillant entre grunge et métal.

Le line up actuel réunit François et Edouard Chandelle (respectivement chanteur/guitariste et guitariste), Benoît Degrave (bassiste) et François Tshinkulu (batteur).

Fitz Roy tire son nom d'un massif montagneux monolithique éblouissant situé en Patagonie. Dans la littérature, ce nom fait également référence au fils bâtard du roi.

Le premier album « Drops » est paru en 2018, le jour d’une release party sold out accordée au Botanique. Les neufs titres de cet elpee feront ensuite vibrer de nombreuses salles et radios du pays pendant deux ans.

Durant la période Covid, malgré les restrictions, le band continuera à se réunir et composera un deuxième album. L'enregistrement se déroulera fin 2021 à Arlon, sous la houlette d’Adrien Schockert derrière les faders d'une API.

La sortie de ce second opus est programmée pour fin mars/début avril 2023. Il s’intitulera « It might be about you ».

« Tell Me Your Name » est le premier single du second LP de Fitz Roy. Ce morceau raconte l’histoire tristement trop banale d’un abandon familial : celle d’un père qui après des années d’absence décide de retrouver son fils, dont il ne connaît pas le nom.

Ce titre est accompagné d’un clip réalisé et filmé par les frères Chandelle, mettant en scène une projection tantôt concrète, tantôt symbolique, des paroles du morceau.

Le clip est à voir et écouter

 

Royal Blood

Typhoons

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Troisième album pour Royal Blood et première constatation, le duo de Brighton a injecté davantage d’électronique dans sa solution sonore. Les synthés sont bien plus présents, et puis parfois la voix est vocodée. Ce qui n’est pas vraiment une bonne idée. Heureusement, le traitement est ponctuel. Plus intéressant, la musique recèle des traces de glam. Pensez à T. Rex. Mais aussi de disco. Afin de la rendre plus groovy et dansante. Les chœurs accentuant parfois cette impression. Ce qui n’est pas forcément dérangeant. A l’instar de « Trouble’s coming », le morceau qui ouvre le long playing. Ou du titre maître dynamisé par son riff de gratte fuzz.

Sans quoi, féroces, la plupart des pistes ont vraiment la pèche ! Et tout particulièrement « Who needs friends ». Enrichi de chœurs falsetto, il aurait pu figurer au répertoire de The Black Keys. Ou « Boilermaker », un morceau percutant produit par Josh Homme (Queens of the Stone Age).

Tramée sur des accords de piano, « All we have is now » campe une ballade sentimentale. Dispensable et clôturant la plaque, elle permet peut-être au mélomane de reprendre son souffle.

Enfin, tout au long de cet LP, les lyrics abordent des thèmes plutôt sombres tels que les troubles psychiatriques, l’addiction et l’autodestruction…

Destroyer

Have We Met

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On ne présente plus le fantasque et talentueux Dan Bejar et son magnifique navire Destroyer. Le ‘dandy indie’ est actif depuis 1995 déjà et avait atteint des sommets sur le mal nommé « Kaputt », en 2011. Le natif de Vancouver est donc aujourd’hui de retour, pour publier « Have We Met » un LP élégamment illustré par Bejar en crooner débraillé…. Après le plus difficile d’accès « Ken », sorti en 2017, ce nouveau chapitre revient vers un son plus ample et des morceaux plus rythmés (« It Just Doesn’t Happen ») tout en conservant ce côté mystérieux qui lui sied à merveille. Les sonorités sont toujours bercées par les eighties, les claviers sont omniprésents et les textes –bien entendu– abstraits ! Bejar semble incarner à merveille une version désabusée et alternative des années 80’s, grâce à des morceaux élégants, pop mais légèrement expérimentaux, tout en recelant leur part de ‘darkness’… Un artiste aujourd’hui devenu majeur…

Royal Trux

White Stuff

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Royal Trux a donc opéré son retour sur disque. Et c’est une surprise ! « White Stuff » constitue son onzième opus. 18 longues années après avoir quitté les chemins escarpés de l’indie rock, le mythique et sulfureux duo réunissant Neil Hagerty et Jennifer Herrema allait-il conserver cette morgue inégalable, suite à une série interminable de scandales liés à la drogue et autres excès en tout genre. Le groupe/couple se serait déjà séparé depuis lors… Difficile de faire plus rock’n’roll que Royal Trux mais qu’en est-il de sa musique qui était à l’époque un irrésistible mix –étonnement mélodique– de blues poisseux et d’effluves psyché-grunge ? Le côté hymnique des compositions je-m’en-foutiste demeure intact (« Year of the Dog ») tout comme les accès de guitare crasses (« Suburban Junky Lady ») et les accents bluesy déviants (« Purple Audacity #2 »). Leurs voix s’entrelacent avec une coolitude jamais démentie. Rien n’a réellement changé du côté de Royal Trux si l’on excepte l’étonnante incartade hip-hop opérée en compagnie de Kool Keith sur « Shows & Tags »… C’est une certitude, The Kills leur doivent tout ! Un comeback plus qu’honorable…

Poppy Ackroyd

Resolve

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De plus en plus d’artistes contemporains s’intéressent à la musique symphonique et s’en inspirent ouvertement, à l’instar des formations allemandes, Grandbrothers et d’Haushka, ou encore belge, Glass Museum. Cette niche néo-classique est même tout doucement occupée de satisfaire un public en demande. La talentueuse Anglaise Poppy Ackroyd en fait définitivement partie… Signée sur One Little Indian, le label de Björk, cette compositrice, pianiste et violoniste (NDR : issue de Brighton, elle milite également chez Hidden Orchestra) nous propose, sur cet elpee, des morceaux aux influences autant classiques qu’expérimentales. Lors des sessions, elle a reçu le concours de Manu Delgado (Björk, Cinematic Orchestra) aux percussions, Mile Lesgire (Bonobo) à la clarinette et la flûte ainsi que Jo Quail au violoncelle. Les ambiances sont oniriques, vaporeuses, envoûtantes et irrésistiblement mélodiques naviguant quelque part entre l’univers sonore de Debussy et d’Aphex Twin… c’est dire le grand écart… Un vrai talent !

Troy Von Balthazar

… is with the Demon

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Troy Von Balthazar est un personnage énigmatique. Malgré le succès récolté par Chokebore, il a décidé de se lancer dans une carrière solo. En 2009, le combo s’était quand même reformé pour accorder quelques concerts ; et puis il avait publié un Ep l’an dernier, « Falls Best ». L’Hawaïen vient cependant de graver son troisième essai en solitaire, « … is with the Demon ». Un disque bien dans la lignée des deux elpees précédents. C’est-à-dire sombre, torturé, mélancolique, et probablement capable de refroidir le caractère du plus coriace des Inuits.

Sa voix est bouleversante d’intensité. Pensez à Mark Linous ou Elliott Smith (NDR : ils ne sont d’ailleurs plus de ce monde). Quelques accords de piano, des boîtes à rythmes bancales et des cordes de guitare faméliques soutiennent ce chant dont l’hypersensibilité est susceptible de briser votre cœur. L’émotion est à fleur de peau. Et la mélodie entretient parfaitement ce climat chargé de spleen. De parfaits exemples ? « Tiger vs. Pigeon » ou « Tropical ». Troy Von Balthazar s’enfonce dans le monde des ténèbres ; et soyez prudents, il pourrait bien vous y entraîner, sans même que vous le remarquiez…

 

Royal Trux

Live - Platinum Tips + Ice cream

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Depuis le split acté en 2001, Royal Trux, l’un des duo les plus rock’n’roll de ces dernières décennies, était resté plutôt discret. Après avoir quitté Washington D.C pour Los Angeles, Jennifer Herrema a monté RTX, rebaptisé par la suite Black Bananas, mais s’est également lancée dans des domaines plus lucratifs, dont une ligne de jeans et la création de bijoux. De son côté, Neil Hagerty a poursuivi sa carrière chez The Howling Hex.

En 2015 les anciens comparses se sont retrouvés pour accorder quelques concerts. Ce qui a sans doute poussé le tandem à publier un album ‘live’. Deux ans plus tard, Hagerty et Herrema décident de sélectionner 12 titres représentatifs de leur parcours (NDR : jalonné d’une dizaine d’elpees, gravés entre 1987 et 2001) et de les interpréter, sans aucune répétition, lors de deux shows, l’un à New York et l’autre à Los Angeles. Intitulé « Platinum Tips and Ice Cream », cet opus résume donc ces événements, en douze pistes. Soutenu par un drummer et un bassiste, le tandem nous y réserve un rock/garage brut de décoffrage. Et rien n’a été n’a été planifié pour en faciliter la digestion. Le duo ne semble pas s’être assagi et continue à entretenir son mythe créé sur les excès du passé. Difficile de comprendre, au-delà de l’intérêt financier que l’on imagine, celui que revêt cette production…

 

Destroyer

Thanks for braving the storm !

Écrit par

‘Thanks for braving the storm !’ ce sont les mots de remerciement adressés au public par Dan Bejar (alias Destroyer) pour clôturer son set. Il est vrai qu’il fallait s’armer de patience et de courage pour rejoindre la capitale quelques heures plus tôt. Tempête de neige et routes glissantes étaient au rendez-vous. Ce n’est d’ailleurs qu’au pied levé que votre serviteur remplace son confrère Adrien, forfait de dernière minute. Mais surprise à l’arrivée, bien que pas sold-out, la Rotonde est pleine à craquer, ce soir…

Nicholas Krgovich se charge d’ouvrir la soirée. Ce songwriter et multi-instrumentiste canadien est surtout connu pour avoir milité au sein de différentes formations. Il n’a entamé sa carrière solo que depuis quelques années. Ce soir, il berce l’assemblée de ses ballades folk réconfortantes. D’ailleurs la plupart des spectateurs restent assis. Seul au clavier et assez laconique durant une grande partie du set, le Canadien va se lâcher tout à la fin. Il nous parle longuement de son périple qui se termine ce soir et de la météo belge. Ou encore de sa crainte de reprendre l’avion par ce temps agité. Il invite ensuite plusieurs musiciens de Destroyer (le batteur, bassiste et saxophoniste) à le rejoindre sur les planches. Grand fan de Sade, il clôture le show par « Somebody broke my heart » (NDR : une histoire, inspirée de son histoire vécue, selon ses propos). 

Il est facile de voir que cette date est la dernière d’une longue tournée européenne. En effet Dan Bejar (alias Destroyer) arrive en titubant sur le podium. Visiblement éméché, il n’a pas moins de trois verres à la main (un de bière nationale, un de vin et un autre d’alcool). Il s’appuie tout au long du concert sur son pied de micro. Cheveux hirsutes, pantoufles aux pieds et chemise débraillée, il ressemble à un type, tout juste réveillé au lendemain d’une bonne cuite. Mais sa voix balaie rapidement la Rotonde, et nos doutes sur sa prestation vont vite s’envoler. La set list fait une part belle au dernier album « Ken » (NDR : ce qui tombe bien car il figure dans le Top 20 consacré à l’année 2017, de votre serviteur).

« Sky’s grey » ouvre le bal. Les compos oscillent entre titres introspectifs un peu sombres, et morceaux caractérisés par des envolées de guitares et cuivres. Un peu plus tard, « Tinseltown Swimming in Blood », au cours duquel les notes de basses sont bien accentuées, se révèle davantage post punk. L’ombre Mark Sandman (Morphine) plane aussi au-dessus de certaines compos. Sur « Chinatown », le saxophoniste passe allégrement de son instrument à une boîte de bidouillages sonores. Alors que « Cover from the sun » monte en crescendo, les vocalises semblent calquées sur celles de Brett Anderson (Suede). Bref, Destroyer est bien plus qu’une parenthèse dans la longue vie artistique du Canadien qui participe également aux aventures de  New Pornographers et Swan Lake. Et il le prouve une dernière fois lors du rappel en s’autorisant un « Bay of pigs » développé, au cours duquel le trompettiste et le saxophoniste vont se révéler particulièrement affûtés.

(Organisation : Botanique)

Royal Southern Brotherhood

The Royal Gospel

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Le Royal Southern Brotherhood est un supergroupe dont la musique oscille entre blues et soul. Les deux membres fondateurs sont le chanteur/percussionniste Cyril Neville et le drummer Yonrico Scott. Publié en 2015, le précédent opus, "Don’t look back", impliquait aux grattes Bart Walker et Tyrone Vaughan (le fils de Jimmie). Ils figurent toujours au sein du line up. Par contre, la basse a été confiée à Darrell Phillips. En outre, lors des sessions d’enregistrement, qui se sont déroulées au studio Dockside, invité, Norman Caesar est venu apporté son concours à l’orgue Hammond B3.

"Where there’s smoke there’s fire" est une entrée en matière solennelle et solide. La six cordes de Tyrone Vaughan entretient ce climat. Une rythmique cool balise "Blood thicker than water", une composition complexe qui monte lentement mais sûrement en puissance. Superbe ! Et c’est dans cette même atmosphère que baigne "I wonder why", un blues signé Pop Roebuk Staples (NDR : le regretté leader des Staple Singers). Les arrangements vocaux sont ambitieux. Yonrico Scott imprime le tempo. Et l’orgue Hammond tapisse l’ensemble. Une ambiance qu’on retrouve encore tout au long d’"I’m comin’ home". Talonnée par la slide bien amplifiée de Walker, la voix de Cyril Neville est superbe. "Everybody paid some dues" baigne le funk. Neville est ici dans son jus. Et c’est la guitare tourmentée de Walker qui libère le groove. Angélique, la voix illumine, la ballade dépouillée "Face of love". Autoritaire, celle de Barth Walker domine "Land of broken hearts", un morceau sculpté dans un blues/rock coriace, bien alimenté par la guitare largement amplifiée. Plus lent, quoique rythmique, "Spirit man" adopte un même profil. Walker, Neville et Gary Nicholson cosignent cette compo cool au cours de laquelle la slide de Walker se réserve une sortie remarquée. R&b funkysant, "Hooked on the plastic" est une piste bien ficelée et entraînante. Non seulement elle incite à remuer le popotin, mais également à reprendre le refrain en chœur, en compagnie des musiciens. Neville et Vaughan cosignent "Can’t waste time", un morceau taillé dans le pur funk, au cours duquel Tyrone se réserve le micro et surprend par ses interventions à la gratte. Et l’opus s’achève par l’enlevé "Stand up", une piste caractérisée par des échanges animés entre les deux sixcordistes. 

 

Troy Von Balthazar

Knights of Something

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A chacune de ses sorties, on attend de Troy Von Balthazar qu’il nous administre une nouvelle décharge émotionnelle à l’aide de compos ultrasensibles et à fleur de peau… Premier elpee solo du leader de Chokebore depuis 2012, « Knight of Something » adopte une perspective semblable, regorgeant de morceaux aussi mélodiques qu’écorchés. Exploitant une instrumentation ascétique partagée entre cordes de guitares saturées (« Surfer ») ou acoustiques (« Empire of My Hate »), quelques notes de piano (« Smarter ») ou claviers déviants (« Astrid »), l’Hawaïen parvient à torcher des mélodies délicates et sombres au sein desquelles vient se lover sa voix unique, parfaitement taillée pour vous refiler cette mélancolie ‘lo-fi’, véritable et inimitable signature. Enregistré entre Berlin et le Sud de la France, ce 4ème opus solo ne devrait donc pas décevoir les mélomanes adeptes du sad-folk !

           

Destroyer

Pro jusqu’au bout des ongles…

Écrit par

La dernière fois que Dan Bejar s’est produit au Botanique, c’était il y a plus ou moins un an. En compagnie de The New Pornographers, super groupe impliquant notamment Carl Newman et Neko Case. Et le set avait été sauvé par sa présence, alliant à la fois classe et désinvolture. Il revient donc, mais à la tête d’un autre projet, Destroyer. « Kaputt », son avant-dernier album a fait forte impression. Il vient, en outre, d’en publier un nouveau, « Poison Season ». De quoi espérer un set live conséquent de la part du collectif canadien. D’ailleurs, le public est nombreux pour accueillir la formation. La Rotonde est même sold out.

La première partie est assurée par une jeune compatriote. Egalement torontoise. Jennifer Castle est venue défendre son dernier elpee baptisé « Pink City ». Difficile de se faire une idée correcte du potentiel de cette artiste, quand on n’assiste qu’à la fin de sa prestation. Mais vu le peu d’engouement manifesté par l’auditoire –encore dispersé à cette heure– il faut croire que son set n’a guère convaincu. Faut dire qu’assurer seule, armée d’une gratte, un supporting act est plutôt casse-gueule…

Un peu après 21 heures, Destroyer monte sur l’estrade. Arborant une barbe de plusieurs jours –comme d’habitude– Dan est soutenu par un septuor. Trois ans déjà que le line up du natif de Vancouver demeure stable. Ce qui explique sans toute pourquoi la musique du groupe est de plus en plus homogène. Au sein du backing group figurent un drummer, deux guitaristes, un claviériste, un bassiste, un trompettiste et un saxophoniste. Les arrangements réalisés en studio, les musicos parviennent à les reproduire en ‘live’. Ce qui n’est pas une sinécure, quand on connaît leur subtilité. Surtout ceux des deux derniers opus. Autrement dit, Destroyer ne triche pas sur la marchandise.

L’excellent « Bangkok » ouvre le set. Tout est parfaitement mis en place. Jamais le son ne souffrira de la moindre faiblesse. Et l’interprétation des morceaux est impeccable. Le trompettiste et le saxophoniste impressionnent. La voix du Canadien transpire de sensualité et de désinvolture. La setlist est essentiellement puisée au sein du dernier LP ; à l’instar de « Times Square » ou encore « Force from Above ». Ce qui n’empêche pas Bejar de puiser au sein d’une imposante discographie constituée de onze albums. Il va ainsi notamment repêcher « Chinatown » (« Kaputt ») ou encore le splendide morceau maître de « Rubies ». La qualité des titres proposée est donc au rendez-vous. Pour l’ambiance, il faut reconnaître que Dan n’est guère extraverti. Et ce n’est pas ce soir qu’il va changer de comportement. D’autant plus qu’on vient de lui annoncer qu’il souffrait d’une pneumonie. Le plus souvent, il se contente de poser ses textes, le micro entre les mains et les yeux fermés, avant de s’accroupir pour laisser le champ libre à son équipe. Hormis deux mots de remerciements, il n’est pas très loquace et surtout ne respire pas la joie de vivre. Néanmoins, son attitude n’altèrera jamais la prestation d’ensemble de la formation. Faut dire qu’elle est drivée de main de maître par un professionnel jusqu’au bout des ongles…

(Organisation : Botanique)

Royal Southern Brotherhood

Don't look back

Écrit par

Royal Southern Brotherhood est en quelque sorte un super-groupe créé en 2011 dans la Crescent City de la Nouvelle Orléans. Quatre ans plus tard, il publie déjà son 4ème elpee. Il fait suite à un éponyme et un live ("Songs from the Road") gravés en 2012 et "Heartsoulblood", paru en 2014. Au fil du temps le line up a subi quelques changements. Cyril Neville, assure toujours le chant. L'extraordinaire section rythmique, constituée du batteur Yonrico Scott et du bassiste, est toujours en place. Les deux guitaristes ont été remplacés. Mike Zito a quitté le navire en 2014. Il a depuis embrassé une carrière solo qu’il mène avec succès. Il a cédé le relais à Bart Walker, issu de Nashville. Récemment, Devon Allman a été remplacé par Tyrone Vaughan, le fils de Jimmie Vaughan et neveu de Stevie Ray. Les sessions de ce dernier elpee se sont déroulées au célèbre studio Fame, à Muscle Shoals, dans l'Alabama. Il a été produit par Tom Hambridge.

Coécrite par Cyril Neville et les deux nouveaux gratteurs, "I wanna be free" est une plage puissante qui déménage au sein d’un climat southern rock. Les trois musicos se partagent le chant. Une véritable propagande pour la musique de ce band issu de New Orleans. Une même puissance alimente "Reach my goal". La voix de Cyril est toujours aussi superbe. Les percussions de Yonrico crèvent l'écran alors que la gratte de Bart Walker est toujours aussi brûlante. Ivan Neville siège derrière l'orgue Hammond. Funkysante, la basse de Charlie amorce "Don't look back". Walker est passé au banjo. L'attaque percussive adopte même un profil reggae. Plus funk encore, mais contaminé par la soul, "Hit me once" est issu de la plume de Danny Dugan, le leader de Sons of Soul. Tapissé par les sonorités du Hammond et caractérisé par des accès de basse insatiables, "The Big Greasy" baigne dans le même climat. "Hard blues" en revient au rockin' blues ; un titre séduisant signé par le producteur Tom Hambridge. Les riffs des deux grattes sont puissants sur cette piste southern rock. Ballade atmosphérique, "Better half" sert d’intermède pour les frangins Cyril et Ivan Neville. "Penzi" est une compo coécrite par Charlie Wooton et Cyril. Exotique, elle véhicule des accents cubains. Bart se consacre à la mandoline, face au percus entraînantes de Yonrico et Cyril. Paisible, "It's time for love" concède des inflexions jazz et country. La voix de Mr Neville est lumineuse et les sixcordes sont hantées par l’Allman Brothers Band. "Bayou baby" macère au cœur des bayous louisianais. Un blues imprimé sur un tempo indolent dont s’évade un harmonica, alors que Bart dispense des tonalités métalliques à l’aide de sa slide. Tyrone chante son "Poor boy", un blues nerveux légèrement teinté de funk. A la fois technique et chargé de vécu, son envol sur les cordes est brillant. En outre, il n’hésite pas à se servir de ses pédales. Il est aussitôt relayé par un Walker bien inspiré. R&B dynamique et dansant, "They don't make 'em like you no more" est enrichi de cuivres parmi lesquels le saxophone de Jimmy Hall s’autorise un billet de sortie, alors que les sixcordes entrent en effervescence. Devon Allman participe à l’écriture de "Come hell or high water", une compo luxuriante dominée par le chant et dont la ligne mélodique est à la fois accrocheuse et participative. Cyril Neville et Anders Osborne cosignent "Anchor me", une finale acoustique… 

 

Troy Redfern

Backdoor Hoodoo

Écrit par

Chanteur, compositeur et guitariste, Troy Redfern est britannique. C’est également un spécialiste de la slide. Ce qui n’est pas courant outre-Manche. S'il confesse avoir beaucoup écouté Son House, Mississippi Fred McDowell et Hound Dog Taylor, afin d’y puiser, dans leur style largement amplifié, l’âpreté et agressivité, c’est plutôt du côté des States qu’il semble plutôt s’inspirer. Et on pense immédiatement à Johnny Winter ou à Michael Katon. Encore que Dave Hole me traverse aussi l’esprit. Mais il est australien. Troy a opté pour la formule trio, une formule qui laisse une liberté maximale au ‘guitar hero’. Il est donc soutenu par le drummer Alex Bridge et le bassiste Stuart McDonald (ex-Killing Floor). En 2008, Redfern avait monté son propre studio, Dark Horse. En 2010, il drivait l’Electric Blues Reaction (NDR : McDonald y était déjà impliqué). Le combo publie alors "Beneath The Waves", en 2013. Pour son nouveau projet, il avait déjà gravé deux long playings, "Werewolf etiquette" et "Playing with fire".

Pugnace, Troy attaque sauvagement "It stacks". Une agression permanente. La slide est très affûtée. Le chant ressemble à un cri! Il ne fait pas dans la dentelle, mais il donne tout ce qu’il a dans le ventre. Impétueux, il embraie par un boogie féroce, "The other side". La gratte est constamment à l’avant-plan. Le tempo ralentit pour "Salvation", mais la plage est plus intéressante, car l’artiste tire le max de sa slide, qu’il apprivoise. Farouche, elle souffre et gémit. Furieux, "Wildfire" est impressionnant. "What goes around" est hanté par Jimi Hendrix. Troy a abandonné le bottleneck pour embrasser un jeu déjanté mais sous contrôle. "War cry" baigne clairement au sein d’un climat psychédélique. Atmosphérique aussi. Acides les cordes sont insatiables. Elles sont même poussées dans leurs derniers retranchements. Excellent! Le titre maître est tout aussi allumé. Un dialogue provocateur s’établit entre la voix et la guitare, néanmoins tempéré par les interventions à l'harmonica de Ray Weatherill. "Lamb of Zion" est plus paisible. Troy est seul, armé de sa sèche et de son bottleneck pour ce blues à la résonance métallique. "Back home" est imprimé sur un rythme soutenu, mais sans excès.  "Running with ghosts" est plus que largement amplifié. Le fantôme de Hendrix rôde à nouveau, même si la voix de Redfern est beaucoup plus rugueuse. L'opus se termine par un long voyage baptisé "Survive". Le départ baigne au sein d’une certaine forme de sérénité, mais progressivement la slide s’impose, dans ce trip sonore, ma foi, élégant. Deux bonus tracks : le plus punk "Cold day in hell", une piste remuante, mais à la production soignée ; puis la ballade presque tendre "This raging heart", moment au cours duquel Troy oublie ses accès de rage et de violence pour emprunter un autre chemin, plus psychédélique.

 

Panda Royal

Zoologic (Ep)

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Panda Royal est un duo féminin franco-belge né fin 2011. Groovy, le plus souvent allègre voire même humoristique, sa musique oscille entre electro, funk, hip-hop, pop, swing et deep house. Leurs compos sont donc parsemées de références et adressent de multiples coups d’œil aux artistes qui l’inspirent.

Découpé en 6 pistes, « Zoologic » a été co-arrangé par Dj Mellow, mixé par Jean Vanesse au Green House Studio et masterisé à Paris par Benjamin Joubert.

« Woogie Shake » ouvre l’elpee. Un titre qui baigne dans une forme d’électro feutrée. Plus pop, « Lighthouse » est une piste fraîche, entraînante et surtout dansante. Caractérisée par ses vocaux sucrés, elle évoque quelque peu la 'French Touch'. « Princesse et Panda », nos deux gentilles Hao Hao ne se nourrissent pas de jeunes pousses de bambou, mais préfèrent consommer de bons beats electro. « Blame It On Obama » adresse inévitablement un petit clin d'oeil aux States et à son célèbre président. Sans pour autant se prendre au sérieux. Un titre destiné au dancefloor ; à l’instar de « Caramba », tendre avant d’élever le tempo.

« Funky Mood » est une plage moins immédiate ; elle nécessite même plusieurs écoutes avant d’être estimée à sa juste valeur. Cet Ep s’apprécie d’ailleurs de plus en plus, au fil des écoutes. Un duo a voir en ‘live’, j’en suis persuadé.  

L’Ep sort en vinyle et en digipack.

Depuis le 20/10/2014, la version digitale est disponible

Royal Blood

Royal Blood

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Aimes-tu le bruit cinglant d'une lanière de cuir qui se tend ?

Apprécies-tu ces moments moites, où sous des impulsions répétées, les corps suintants laissent perler les gouttes de sueur sur leurs corps ?

Est-ce pour toi une forme de jubilation, lorsque celui-ci devient incontrôlable sous les assauts d'un rythme endiablé ?

Si tu réponds affirmativement à toutes ces questions, tu vas adorer Royal Blood.

Issus de Brighton, les deux lascars du combo semblent avoir hérité, dans leur gènes ADN, des luttes vécues au sein de leur cité balnéaire, au cours des 60’s.

Pour rappel, c'est à Brighton, chaque week-end, que les Mods et les Rockers entretenaient des rixes, devenues mythiques, sous les yeux médusés des touristes. Et c’est sans doute le souvenir de cette arrogance et de cette violence qui alimente l’inspiration de Mike Kerr et Ben Thatcher. Retenez bien ces noms !

Mike Kerr se charge de la basse. Ses cordes sont grasses, lourdes mais taillées à l’aide d’un diamant. Incisives, répétitives, minutieuses, à la limite de la saturation, elles blessent dès qu’elles touchent leur cible. Tout en profitant de ces effets, elles sont modulées, chauffées sous des effets techniques ou électroniques particulièrement vicieux.

Ben Thatcher se consacre à la batterie. Maîtresse. Point d'orgue du combo. Tout s'incline devant elle. La reine des reines, gourou et despote. Elle fait frémir, flagelle, arrache et décolle.

Mais l’un ne serait rien sans l'autre. En fait, c’est cette association qui s’avère parfaitement maléfique.

Ce Royal Blood ne fait aucune concession, n’a aucune pitié. Il semble se moquer de toute allégeance, de toute convention. Il envoie, balaye et plie sans détail…

Royal Blood mitraille, conspue et attaque. C'est la claque que tu provoques et que tu regrettes aussitôt. Celle qui laisse une marque longtemps après son impact.

Royal Blood, c'est de la dynamite, du rock qui fait passer The Vines pour des amateurs de foire foraine et rendrait jaloux Arctic Monkeys. Ce n'est d'ailleurs sans doute pas pour rien que l'on aperçoit régulièrement Matt Helders vêtu d'un t-shirt du combo.

Royal Blood, c'est un pas vers l'abîme ; et pourtant, une fois tombé dedans on regrette de ne pas y avoir plongé plus vite.

« Royal Blood » est déjà considéré comme un des meilleurs albums pour 2014. Et je partage entièrement ce point de vue… 

 

Royal Southern Brotherhood

Heartsoulblood

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Après avoir publié un opus éponyme et un live ("Songs from the road"), l’an dernier, ce super groupe de blues rock, issu de la Nouvelle Orléans, nous propose déjà son troisième elpee. Le line up implique trois chanteurs. Soit Cyril Neville, l'un des fameux frères qui symbolise si bien cette Big Easy. Puis Devon Allman, le fils de Gregg et le neveu du regretté Duane. Et enfin, Mike Zito, performer particulièrement doué. Zito et Allman se réservent les guitares. Les cinq musicos participent à l'écriture. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées au studio louisianais de Dockside, à Maurice, sous la houlette de Jim Gaines. Et sa mise en forme est impeccable.

"World Blues" célèbre la fraternité sudiste. Solide, l'assisse est assurée par Yonrico Scott et Charlie Wooton. Les trois vocalistes chantent en chœur. Les guitares crachent rapidement leurs flammes ; et déjà à l’avant-plan, la slide est dévorante. Cyril signe "Rock'n'roll", une compo qui porte bien son titre. Elle déménage. Et puis la voix veloutée de Neville prélude les envols des deux grattes, toujours à l'affût! Tramé sur une rythmique syncopée et caractérisé par l’excellente intervention vocale, "Groove on" libère effectivement énormément de groove. Soutenu par la basse, "Here it is" est sculpté dans du pur funk. Zito chante d’un timbre rauque et ravagé. Zito signe la musique de "Callous", une piste qui baigne au sein d’une atmosphère quasi irrespirable. Quoique agonisante, la voix est bien maîtrisée. Les sonorités des guitares sont tourmentées, torturées, mais tellement enivrantes. Toujours issu de la plume du même Zito, "Ritual" opère un retour au southern blues, une plage qui monte irrésistiblement en puissance, avant l’explosion attendue des cordes. Devon Allman signe "Shoulda known", une jolie ballade soulignée par une voix lumineuse. Cyril chante son "Let's ride", un autre funk néo-orléanais imprimé sur un tempo lent. Le climat est dramatique. Toutes en rythme, les grattes se reconnaissent progressivement. Devon Allman se réserve le micro pour attaquer son "Trapped", encore un morceau qui monte graduellement en intensité. Des cordes acoustiques caressent "She's my lady", une ballade empreinte d’une grande douceur, au cours de laquelle tous les vocalistes reprennent le refrain en choeur. Et "Takes a village" s’inscrit dans le même cadre. Une sorte de gospel moderne dont le climat est à la fois dépouillé et riche en tonalités diverses, des variations produites par la sèche et un Resonator aux sonorités métalliques. Remarquable ! "Love and peace" clôt l’opus, une finale très caractéristique de la culture néo-orléanaise. Les percus sont bien mises en exergue, alors que toutes les voix se conjuguent pour propager ce message d'amour et de paix…

 

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