La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

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Thomas Simon Saddier

Thomas Simon Saddier à la recherche de ses proches…

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Il y a toujours une heure, un lieu, un visage qui nous hante. Montréal à cinq heures du matin, le vent qui refuse de tourner, un boulevard sans fin où s’échouent les amours impossibles. « Toute ta vie recherche les tiens » n’est pas qu’un album, c’est une quête, un mirage, un cri que l’on jette dans la nuit en espérant que quelqu’un l’attrape.

Thomas Saddier dévoile ce nouvel opus en version vinyle grâce à une collaboration entre les labels Suisse Urgence DIsk Records, Paroisse Records et l’écurie québécoise Woody Musique.

Enregistré à Montréal, ce disque pop rock francophone résonne comme une errance moderne, un road trip intérieur où se croisent mélodies accrocheuses et textes ciselés. L’elpee se déploie en deux faces L’une recèle des compositions originales de Thomas Simon Saddier et l’autre les remixes réalisés par Strike et Laora Gems pour Paroisse Records. Le visuel de ce vinyle a été créé par l’artiste serbe Myllen Art.

Mais la route ne s’arrête pas là. En juin 2025, un Ep de remixes intitulé « Toute ta vie remix les tiens » viendra prolonger le voyage. Parce que la musique est un écho. Parce que les rêves continuent, même quand on n’y croit plus. Parce qu’il y a toujours quelqu’un, quelque part, qui cherche les siens.

Le clip consacré à « L'Amour est un crime parfait » est disponible

 

 

Albin de la Simone

Les cent prochaines années (single)

Écrit par

Albin de la Simone a confié la réalisation de son futur album, sur lequel figure son nouveau single « Les cent prochaines années », à Ambroise Willaume, alias Sage.

Ce lâcher-prise très réussi nous donne envie d’en écouter davantage.

En effectuant ce léger pas de recul vis-à-vis de ses chansons, le compositeur-chanteur dévoile pourtant son disque d'auteur le plus personnel. A commencer par cette pochette qui le montre enfant, dans les bras de sa mère.

Le texte nous parle d’un amour vécu, qui aurait pris fin ou pas, mais en tout cas à vocation éternelle, du point de vue de l’artiste. Il faudra lui demander si elle avait la même vision que lui. Nous lui souhaitons le meilleur.

Le côté lumineux, la pop rythmée et balancée du morceau a tout pour plaire. Les claviers soutenus d’Albin se marient merveilleusement aux lignes de basses tracées par Sage, aux interventions à la batterie de Robbie Kuster et aux cuivres enivrants dans lesquels souffle Voyou.

La sortie de l’album est prévue pour le 3 mars 2023.

Albin invité d'honneur du Musée d'Orsay, à l'occasion de l'exposition Manet-Degas, y présentera, entre autres, ses premiers concerts début avril.

Méthode chanson

 

Simon Joyner

Les chansons volées de Simon Joyner

Écrit par

Issu d’Omaha, l’auteur-compositeur-interprète Simon Joyner a récemment fêté ses cinquante ans. Ce songwriter américain enregistre depuis 1990. Et son nouvel elpee, « Songs From A Stolen Guitar » paraîtra ce 20 mai 2022.

Les chansons de Joyner, produites de manière plus méticuleuse et peut-être plus intentionnelle que sur ses précédents albums, sont d'autant plus claires, mettant en avant ses jeux de mots éblouissants et sa clairvoyance.

« Songs From A Stolen Guitar » a été enregistré dans plusieurs villes différentes. Joyner a enregistré sa voix et sa guitare à Omaha, le bassiste Wil Hendrix a ajouté ses lignes chez lui à San Francisco, Michael Krassner a enregistré ses parties de guitare et de piano chez lui à Phoenix, et le batteur/percussionniste Ryan Jewell a enregistré dans le Colorado. Cette chaîne musicale est ensuite revenue à Omaha où David Nance (guitares et chœurs), Ben Brodin (orgue et vibraphone) et Megan Siebe (alto et chœurs) ont fait des overdubs, ajoutant ainsi leurs contributions respectives.

Le clip de « Tekamah », compo qui figurera sur cet opus est disponible

En concert :

14.05.2022 - Annecy, Le Brise Glace

15.05.2022 - Lyon, Le Sonic

16.05.2022 - Rouen, Le 106

17.05.2022 - Lille, Cafe Bulle

 

 

 

 

Edwige & Albin de la Simone

La totale (Single)

Écrit par

Edwige, autrice-interprète belge, nous livre un beau deuxième single, « La totale ». C’est un des quatre titres qui figurent sur son premier Ep, fraîchement sorti, fin 2021, sur toutes les plateformes audio.

Albin de la Simone, invité coup de cœur et de marque, chante avec elle en duo, ce savoureux morceau.

Ce projet vient, au départ, de la rencontre heureuse entre trois personnes, Edwige, Joachim Jannin et Manuel Roland.

Pour enregistrer ce disque, Edwige a reçu le concours de David Picard au clavier, Nicolas Fiszman à la basse, Lucas Vanderputten à la batterie ainsi que du multi-instrumentiste Manuel Roland, qui se charge également de la production et des arrangements. Le tout a été mixé et masterisé par Géraldine Capart au Détours Studio.

Edwige possède une voix très légèrement voilée, charmante. Elle parvient merveilleusement à insuffler de l’émotion au texte écrit en compagnie de Joachin Jannin. Rejoint par Albin de la Simone, dont la voix et l’intention mis au service du texte ressemblent étonnamment à celles d’Edwige. C’est la totale !

Le titre défile en douceur et se distingue par ses arrangements subtils. Il commence de manière épurée par des instruments acoustiques suivis par des nappes électroniques.

Le texte nous communique par ‘flashes’, un goût d’été, comme celle d’un verre avec deux pailles aux glaçons qui s’entrechoquent, de pieds dans le sable chaud, d’une Aston Martin. Au loin, un cheval blanc au galop, une plage de palmiers, comme sur l’image de ce titre.

On lui pardonnera la rime à la française qui fait sonner Martin comme un prénom pour coller au reste du texte. Cette liberté captive l’oreille pour nous intriguer davantage sur le sens éthéré du texte.

Pour télécharger la chanson le lien est

Un album complet est prévu fin 2022 en sortie physique et numérique.

Edwige se produira en concert le 25 juin 2022 à la Citadelle de Namur, en Belgique, dans le cadre du Verdur Festival.

Méthode chanson

 


 

Emilie Simon

Le charme d'une princesse...

Pour la venue d'Emilie Simon au Botanique, on s'est mis sur notre trente et un : c'est que le premier album de la jeune Française nous a tellement enchantés, qu'on croirait presque la connaître… Comme s'il s'agissait, à chaque fois qu'on l'écoute, d'un tête-à-tête. Sauf qu'ici on est plusieurs centaines à l'attendre patiemment, dans cette Orangerie transformée pour l'occasion en salle assise. Pas le temps de bâiller pendant la prestation d'Holden qu'elle arrive à pas de louve, dans une robe excentrique chatoyante : une vraie princesse. On a dit d'elle et de sa musique qu'elles ressemblaient à Björk, Leila, Anja Garbarek, Kate Bush. C'est vrai qu'à la voir, on pense à toutes ces femmes charmantes, chez qui l'atypisme passe aussi par la garde-robe. Mais l'important ce soir, c'est de vérifier si ses chansons, si belles soient-elles sur album, tiennent la route en live. Parce qu'Emilie Simon a beau avoir sorti un album magnifique, encore faut-il voir si ces compositions écrites en studio, sur un ordinateur, se révèlent aussi surprenantes sur une scène, en direct et sans filet. La réponse ne se fera pas trop attendre…

Si la jeune fille semble un peu timide et gauche pendant les trois premiers morceaux (" Dancers ", " Secret " et " Il Pleut ", où elle abuse des effets vocaux), elle se lâche rapidement avec " Flowers ", la chanson la plus pop de l'album. Sur scène, elle est entourée d'un guitariste et d'un (contre)bassiste, d'une choriste-pianiste et d'un programmateur. A côté d'elle, un étrange thérémin lui permet de moduler sa voix à l'envi… Tout l'album sera passé en revue (+ un inédit, " Solène "), avec en rappel " Vu d'ici ", un " Flowers " bis, " Femme Fatale " (du Velvet Underground) et le superbe " Chanson de Toile ". Emilie Simon n'aura pas dit grand chose, concentrée sur cette (belle) musique dont elle est la (fort mignonne) génitrice. Comme un aimant dont nous serions la limaille, Emilie nous aura captivés pendant une bonne heure, pendus à ses mots susurrés avec grâce.

Simone Felice

Strangers

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Echappé des Felice Brothers depuis 2009, groupe mené par ses frères Ian et James, et au sein duquel il militait comme batteur, Simone Felice a trouvé le temps de donner libre cours à sa propre inspiration. En écrivant des morceaux pour son groupe The Duke & the King ou des poèmes, dans le cadre de sa carrière littéraire…

Simone louvoie dans un univers très classique entre americana, country et ‘classic rock’. Sa voix rappelle quelque peu celle de Cat Stevens (« Gettysburg ») et on y traverse des ambiances à la Bruce Springsteen (« Molly-O ! »). Pas de réelles surprises à l’horizon sur « Strangers », son second album solo, mais des morceaux aux instrumentations soignées et aux riches harmonies dans la pure tradition US. Donc impliquant banjo, piano, violon et autre orgue Hammond pour quelques réussites immédiates (« Bye Bye Palenville ») et d’autres chansons plus anecdotiques (« Heartland »). Une musique de « Strangers » destinée aux Européens peut-être, mais bien américaine. Simone Felice se produira au Video de Gand, le 3 novembre prochain.

 

Jon Simons

Through the Walls

Écrit par

C’est depuis sa base arrière texane, à Houston plus exactement, que Jon Simons ressuscite à sa manière, et ce depuis 1999, l’esprit du prog-folk anglais cher à Nick Drake ou autre Donovan. Enregistré ‘at home’ en solo à l’époque –l’artiste se réserve tous les instruments– « Through the Walls » fait donc la part belle aux arpèges de six cordes, harmonies vocales et ambiances bucoliques. Aujourd’hui remasterisé et réédité, ce mini-hit indie qui a cartonné sur les ondes des Collège Radio US, précède la sortie d’un 3ème opus prévu pour l’automne 2013. Ses longues progressions folk sont délicates et inspirées, mais également parfois légèrement monolithiques. Cependant elles finissent toujours par enchanter ; à cause de la voix éthérée de l’Américain qui traverse un climat mélancolique à la violence subtilement sous-jacente… 

 

Simone White

Silver Silver

Écrit par

Bien moins rock que son cousin Jack et soul que tonton Barry (même s’ils n’ont aucun lien de parenté) Simone White est également américaine. Après un long séjour à Londres, elle a décidé de s’établir à Los Angeles. Le second opus de cette chanteuse/compositrice, « I Am The Man », avait bénéficié de la mise en forme de Mark Nevers (Lambchop, Calexico, Silver Jews, Will Oldham) et été remarquablement reçu par la critique. Le morceau « The Beep Beep Song » avait d’ailleurs été retenu pour la pub de l’Audi R8 (si ce genre de considération est un critère pertinent…)

« Silver Silver » constitue son quatrième long playing. Un LP produit et coécrit par le duo Samuel Bing/Julian Wass de Fol Chen. Simone White joue beaucoup sur les variations vocales (« Long Moon ») qui s’appuient sur une ossature musicale plutôt rachitique et parfois même au bord de l’expérimentation. En fait, elle utilise sa voix comme un véritable instrument. Si son folk est clairement atmosphérique, ce cd ne recèle aucun single potentiel. Pas toujours facile d’accès, il se dévoile au fil du temps. Manifestement, ce n’est pas un disque à écouter au coin du feu. Davantage qu’un simple album sculpté dans le folk, « Silver Silver » est une belle œuvre signée par une artiste apparemment libérée de toute contrainte commerciale… Andrew Bird n’a pas participé pas à l’aventure par hasard !

 

Simon McBride

Crossing the line

Écrit par

En Irlande du Nord, Rory Gallagher et Gary Moore sont de véritables symboles du blues rock énergique. Agé de 33 balais, Simon McBride est originaire de Belfast. Producteur, compositeur, guitariste, il est également chanteur. Gallagher n'est pas vraiment sa référence. Rory était intrinsèquement bien plus blues. Par contre, McBride peut revendiquer la succession de Gary Moore. De toute évidence, il relève de la face la plus rock du blues. Ses débuts, il les a d’ailleurs accomplis au sein de Sweet Savage, un groupe de métal ! Son talent est enfin reconnu en 2008, lors de la sortie de sa première production personnelle, "Rich man falling", un elpee déjà publié chez Nugene. Il embraie par "Since then" en 2010 et "Nine lives" en 2011, deux opus qui allaient confirmer la naissance d'une nouvelle étoile.

Le disque s’ouvre par "Lead us away". On pense immédiatement à Free, un groupe que Simon apprécie beaucoup. Même sa voix évoque leur chanteur, Paul Rodgers. Tout comme sur la cover du "Go down gamblin'" de David Clayton-Thomas. Dynamique, cette compo ouvrait le 4ème elpee de Blood Sweat & Tears, un long playing paru en 1971. "No room to breathe" est un premier sommet de l’opus. Cette compo baigne parfaitement dans le style de McBride. Le tempo est lent. Autoritaire et majestueuse, la voix est contrebalancée par la réplique féminine de Mia Simone. L’intro de "Don't be a fool" est imprimée sur un tempo saignant. Simon s’y multiplie. Tout d’abord à l'orgue Hammond. Enfin on suppose. Dans un registre réminiscent de Deep Purple voire de Whitesnake. Pensez à Jon Lord. Puis à la slide. A la manière de Mick Moody. Il est vraiment dans son trip, lorsqu’il attaque le blues lent aux accents dramatiques. A l’instar de "Starve this fever", une piste digne du jeune étasunien Joe Bonamassa ; cependant, il ne se contente pas de parodier le natif d’Utica. Il brille tant au chant qu’aux cordes. Elles vibrent. Leur intensité est maximale. McBride est agité par une passion trépidante. Pop/rock/blues, "Alcatraz" est soutenu par un riff solide. Les cuivres sont bien présents ; et on assiste, en même temps, au retour de Mia Simone aux chœurs. Le tout est raffiné par le travail de production. Jackie McAuley est un autre gratteur issu du Nord de l’Irlande que j’apprécie beaucoup. Il a milité auprès de Van Morrison, chez Them, et un peu plus tard, soit au milieu des sixties, au sein des Belfast Gypsies. Par la suite, il s’est converti au folk, avant de s’investir dans le rock celtique à travers Poormouth. Sixcordiste extraordinaire, il est injustement méconnu du grand public. McBride me fait furieusement penser à McAuley tout au long du superbe "One more try". Un nouveau point culminant de l’elpee. Simon chante passionnément "A rock and a storm", en s’accompagnant uniquement d’une gratte sèche. Il se réincarne en Jimmy Page lors de l'intro de "Heartbreaker" ; même si au chant il demeure le disciple de Paul Rodgers. Simon adapte "Home to me", une plage particulièrement mélodieuse signée par son jeune compatriote Gareth Dunlop. L’opus s’achève par une reprise puissante et magistrale de "Down the wire", une piste qui figurait sur "Since then", long playing gravé en 2010. Excellent!

 

Paul Simon

Graceland – 25th Anniversary Edition (Cd + Dvd)

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En 1986, c’était encore l’apartheid en Afrique du Sud. Paul Simon avait eu l’idée saugrenue d’aller s’y produire, en compagnie de musiciens locaux. Ce qui lui avait valu une volée de bois vert de la part des organisations qui militaient pour les droits de l’homme… En rentrant aux States, l’ex-partenaire d’Art Garfunkel décide d’immortaliser cet événement sur disque. Ce sera « Graceland », une œuvre aujourd’hui devenue culte…

Pour célébrer le 25ème anniversaire de cette parution, Legacy a eu la bonne idée de ressortir cet elpee sous une forme remasterisée. Et de l’enrichir d’un Dvd. Un documentaire au cours duquel Paul et son équipe racontent les péripéties qui ont émaillé l’organisation et le déroulement de ce périple. Le box recèle également les inévitables bonus (trois clips et une émission télé) et des interviews. Notamment de McCartney ainsi que de Peter Gabriel.

Le tout est bien sûr complété par un superbe booklet incluant les lyrics, des photos de cet événement, etc.

Mais revenons-en au cd audio. Non seulement il s’est vendu à plus de 14 millions d’exemplaires, mais surtout il popularisé la world music. Tout en permettant au monde de découvrir des artistes issus d’Afrique du Sud, comme Hugh Masekela ou feu Miriam Makeba, rompant l’embargo dont les artistes indigènes étaient finalement devenus également les victimes. 

Paradoxalement, et malgré le contexte, ce concert libère une joie de vivre que seule la musique du monde est capable de communiquer. Et il recèle une pluie de tubes, dont le titre maître, « Under Afrikan skies » ou encore « The Boy in the bubble ». Pour la circonstance, Paul avait également reçu le concours de musiciens ou de chanteurs occidentaux, comme Linda Ronstadt, Los Lobos, les Everly Brothers, Adrian Belew et le Sénégalais Youssou N'Dour. Les prises originales avaient bien sûr été retravaillées en studio, à New York. Ce qui explique que certains artistes figurent dans la liste des invités, alors qu’ils n’étaient pas présents à Johannesburg.

Et finalement, c’est en provoquant cette rencontre entre le groove des rythmes africains et le sens mélodique de la pop que Paul est parvenu à faire la différence. Il venait aussi d’ouvrir la voie à la world music…

 

Simon Scott

Bunny

Écrit par

Sombre film dont ce disque se fait l’écho. Film fantasmagorique, né dans l’imaginaire de Simon Scott, ex-Slowdive dont l’entité Shoegaze aurait été absorbée par d’inquiétantes créatures et régurgité dans une giclée électrique, suave et fichtrement exaltante.

Quelques vagues réminiscences du son d’hier (« Radiances » en tête de proue), mais surtout une ambiance glauque qui s’accroche magnifiquement au navire qui tangue dans cette tempête électrostatique.

Au milieu des parasites d’un vieux téléviseur à tube, sous les néons tremblotants d’une station pétrole abandonnée dans le désert, sous le vent mauvais d’un orage cosmique ou au cœur de l’apesanteur crépusculaire d’un monde parallèle, chaque titre renvoie à de dizaines d’images que William Burroughs semblerait dessiner mentalement.

 

Simon McBride

Nine lives

Écrit par

Simon McBride est un chanteur/guitariste irlandais qui a déjà fait son petit bout de chemin. Il n’a guère plus de 15 ans quand il est nominé ‘Young guitarist of the year’, par un magazine spécialisé notoire ! Comme il crèche à Belfast, il a souvent été comparé à quelques concitoyens célèbres ; et en particulier Gary Moore et Rory Gallagher. Encore qu’aujourd’hui ces comparaisons soient devenues banales et redondantes.

Simon a opéré ses débuts au sein de Sweet Savage, un groupe de heavy metal qui avait été fondé par l’un des musiciens de Def Leppard. Au fil du temps, il diversifie son style et embrasse une forme davantage blues, voire R&B. Il reconnaît alors puiser son inspiration chez des maîtres comme Jimi Hendrix et Jeff Beck. En 2008, il propose ses services au label anglais Nugene qui le signe. Une écurie au sein de laquelle militent des artistes proches du blues comme Matt Schofield et Ian Siegal. Son  premier essai, “Rich man feeling” suit rapidement. Et il embraie par “Since then”. Sa célébrité naissante lui permet d’ouvrir pour des grands gratteurs contemporains comme Joe Bonamassa, Joe Satriani et Derek Trucks.

Cet opus a été enregistré ‘live’, en mai 2011. La qualité sonore est excellente, proche de celle réalisée en studio. Presque toutes les plages sont des compos issues de ses deux albums précédents. McBride est soutenu par le drummer Paul Hamilton et le bassiste Carl Harvey. Le style de Simon est limpide. Sa technique est assez impressionnante. Perso, je ne détecte guère de références à ses illustres compatriotes, Gallagher et Moore, mais plutôt à Jeff Beck et Hendrix. Il est très doué, et n’hésite pas à libérer de nombreuses notes de son manche. Sans pour autant choquer. C’est manifestement un esthète des cordes. Son chant est naturellement puissant et adapté à sa musique. Peut-être manque-t-il un peu de relief ou de diversité!

“Down the river” est une plage qui colle manifestement à l’esprit de Jimi Hendrix. Mais une piste très réussie. Simon étale une telle virtuosité que sa technique en devient écœurante pour un débutant. Et il en remet une couche tout au long de la longue reprise du “Power of soul” du même Hendrix (NDR : ce  morceau avait été enregistré lors de son aventure vécue au sein du Band of Gypsys). L’album est sous-titré “Live in concert plus bonus acoustic tracks”. Pas étonnant, dès lors qu’en fin de parcours, on a droit à quatre plages acoustiques supplémentaires. Trois accordées lors de ce set en public et une inédite, “Coming home”. Et Simon me parait encore plus impressionnant dans ce registre non amplifié. En outre, sa voix semble mieux adaptée à ce style ! A suivre de très près!

 

Paul Simon

Songwriter

Écrit par

32 titres sur cette compile consacrée à Paul Simon. 32 chansons sélectionnées tant au cours de sa carrière solo qu’en duo avec Art Garfunkel. Un recueil dont le choix des compos a été opéré par l’artiste en personne. Peu de hits. Et ils figurent en début de parcours. En fait, l’intérêt de ce double cd procède de la présence d’une majorité de titres peu ou pas connus, composés depuis 1955. Excusez du peu !

Pour rappel, Paul Simon est plus que probablement responsable de l’ouverture de la pop vers la world. C’est d’ailleurs un des premiers artistes pop/rock qui se soit intéressé aux musiques traditionnelles issues de l’Amérique latine et d’Afrique du Sud. Et à intégrer ces courants dans sa musique.

L’opus est accompagné d’un superbe booklet illustré, au sein duquel figurent les lyrics de toutes les chansons de cette anthologie et un article signé Tom Moon consacré au New-Yorkais.

 

Simon & Garfunkel

Bridge over troubled water (cd + dvd)

Écrit par

Pour célébrer le 40ème anniversaire de la sortie de l’album “Bridge over troubled water”, Columbia a décidé de le rééditer en coffret Deluxe. Un box qui réunit l’album original remasterisé, un ‘live’ immortalisé en 1969 et un Dvd consacré à des interviews ainsi qu’à documentaire intitulé ‘Songs for America’ et réalisé à l’époque par CBS.

Publié en 1970, « Bridge over troubled water » constitue le cinquième (NDR : si on ne tient pas compte de la B.O. de ‘The graduate’) elpee studio du duo new-yorkais. Ce sera aussi leur dernier sous ce format, malgré l’une ou l’autre reformations épisodique (NDR : elles donneront lieu à des prestations en public et à la gravure de certaines d’entre elles). Décrochant cinq ‘Grammy Awards’, en 1971, ce disque a été certifié à huit reprises disque de platine et est demeuré pendant 10 semaines au sommet des charts. C’est aussi celui qui recèle les incontournables « El condor pasa (If I could) », « Cecilia », « The Boxer », outre le titre maître. Un classique plus qu’un album culte ; mais que tout mélomane branché par l’histoire du rock se doit de posséder dans sa discothèque ou compactothèque selon.

Le second cd est découpé en 17 plages enregistrées lors d’un périple effectué à travers les States, en 1969. Il recèle les inévitables tubes « Homeward bound », « The 59th street bridge song (Feelin’ goovy)”, « Scaborough Fair » (couplé à “Canticle”), “Mrs. Robinson”, “The Boxer”, “Bridge over troubled water”, “The Sounds of silence” ainsi que la cover du “That silver-haired daddy of mine” des Everly Brothers.

Dvd, ‘Songs for America’ est un documentaire fort bien ficelé, réunissant des interviews accordées par les deux artistes, des séances de répétition, des scènes de la vie quotidienne, le tout sur fond d’images d’archives filmées à l’époque (NDR : le clan Kennedy, Martin Luther King, les manifestations contre la guerre du Vietnam, les paysages somptueux des Rocheuses, etc.) et sonorisées par les chansons de Paul et Art.

Le tout est enrichi d’un booklet de 24 pages consacré à la réalisation de l’opus, illustré de photographies rares et dont le texte a été rédigé par Michael Hill.

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Harper Simon

Harper Simon

Écrit par

Harper c’est le fils de Paul. Oui, oui, celui qui avait aligné des hits planétaires en compagnie d’Art Gardfunkel avant d’entamer une carrière solo. Harper a beaucoup de talent ; et manifeste une même aura que son père. Ce chanteur/compositeur/arrangeur a quand même 40 ans. Ce qui lui permet d’afficher une grande maturité, tout au long de cet elpee. Faut dire aussi, que ce prodige est parvenu à s’entourer de solides collaborateurs. Issus de tas de milieux musicaux. Dont Lloyd Green (pedal steel sur « Sweetheart Of The Rodeo » des Byrds), Gene Christman (drumming sur « Natural Woman » d’Aretha Franklin) et même son légendaire paternel. Un disque dont les sessions se sont déroulées entre Nashville, New York et Los Angeles.

La musique de Harper évolue quelque part entre folk, pop et americana. Elle agrège parfaitement expérience et poésie. Sur cet opus éponyme, on a l’impression qu’il cherche à rendre hommage aux grands classiques de la musique américaine. Un voyage opéré à travers son histoire. Depuis les 50’s à nos jours. Harper se réserve la guitare et signe toutes les ballades ainsi que les arrangements. Mais en assumant complètement l’image du ‘fils’ de Paul Simon, nonobstant un potentiel digne de son paternel, il ne parvient que trop rarement à faire la différence. Notamment à cause de la voix. Trop proche de celle de Simon. A tel point que parfois on est troublé par la ressemblance. Et c’est là que le bât blesse. Dommage, car la qualité est au rendez-vous ; mais à l’instar de Sean Lennon, deux gars de la même génération, il n’est pas évident d’être le fils d’une star. Et l’âme du père, qu’on le veuille ou non, hante bien trop la mise en forme.

 

Simone White

Yakiimo

Écrit par

Née d’un père sculpteur et d’une mère folksinger, il était difficile pour Simone de ne pas devenir artiste. Elle est née à Hawaii ; mais dès son plus jeune âge, elle a été bringuebalée aux quatre coins des Etats-Unis. Elle n’a d’ailleurs jamais réellement eu le temps de prendre racine. Elle a appris la guitare à Seattle, suivi des cours de perfectionnement de chant à New York, et vit aujourd’hui à Venice (NDR : c’est un quartier sis à l’ouest de Los Angeles, en Californie). Malgré tous ces déménagements, la jeune songwritrice en est déjà à son troisième album. Elle n’a donc pas perdu de temps. Et puis son deuxième elpee, « I am the man », avait reçu d’excellentes critiques de la part de la presse spécialisée.

Pour enregistrer « Yakiimo », elle a reçu le concours du producteur Mark Alevers, un personnage dont la carte de visite mentionne des collaborations opérées – notamment– auprès de Will Oldham, Calexico, Lambchop et Silver Jews. Enregistré à Nashville, cet opus s’ouvre sous les meilleurs auspices. On y retrouve tous les éléments qui avaient fait la richesse des précédents essais. Sa voix nasillarde empreinte de quiétude. Ce folk minimaliste dominé par la sèche. Et puis les interventions circonstancielles et judicieuses de violons. A l’instar de « Candy Bar Killer » et « Victoria Anne », deux des meilleures plages de l’elpee. Malheureusement, à mi-parcours, l’intensité commence à faiblir pour se diluer dans une certaine forme de banalité. Dommage ! Car incontestablement, Simone White a du talent ; mais sur « Yakiimo », elle n’y révèle pas tout son potentiel. Après avoir commis deux œuvres particulièrement abouties, on attendait beaucoup mieux de sa part. Question de temps ? On l’espère.

 

Au Revoir Simone

Still Night, Still Light

Écrit par

S’il fallait attribuer une palme à la formation responsable des sonorités vintage les plus douces, c’est certainement au trio féminin Au Revoir Simone qu’il serait attribué. Le choix du patronyme des trois superbes donzelles est tiré des dialogues du premier long métrage de Tim Burton, ‘Pee Wee’s Big Adventure’. Mais originaires de Brooklyn, elles semblent sortir tout droit d’un film de Michel Gondry. Faut dire qu’en observant leurs visages angéliques, plus d’un fan serait tombé à leurs pieds. Après avoir concocté « Verses of Comfort, Assurance & Salvation » en 2005 (NDR : un Ep huit titres), elles embrayent donc par « The Bird of Music » en 2007. Entre rêve et réalité, leur mélancolie naïve y est empreinte de beauté et de fascination. On était donc en droit d’attendre, pour ce troisième opus, la consécration.

Pratiquer du folk sans guitare, c’est dans l’air du temps. Et la remplacer par des claviers l’est tout autant ; mais l’essentiel, c’est le résultat. Or, on s’ennuie ferme tout au long de cette galette. Pompeuses, les compos manquent de relief. Les séquenceurs sont plats. Les voix mielleuses finissent par agacer. Bref, rien de vraiment couillu sur ce disque. La production ultraraffinée de Thom Monahan (Vetiver, Little Joy) y est sans doute pour quelque chose. Faute de merles on mange des grives. Il reste donc plus qu’à se rincer l’œil en admirant la photo d’Heather, Erika et Annie ! On a même l’impression que les trois petites filles se complaisent dans leur univers ‘cartoonesque’, et ont même décidé de rester comme Peter Pan, auprès des enfants. Encore une fois, on se rend compte que le second album est souvent un exercice de style particulièrement périlleux. Pour Au Revoir Simone, il est même synonyme d’échec. Examen de passage lors de la prochaine session…

 

Simon Bookish

Everything/Everything

Écrit par

Alias Simon Bookish (NDR : traduisez par studieux) Leo Chadburn est un type bizarre. Et pas seulement pour son apparence extérieure. Portant des vêtements aussi osés que ridicules, l’homme aime plaire par ses traits de nerd déluré. Pourtant, cet intello aux allures de dandy extravagant est loin d’être né de la dernière pluie. En fait, c’est un genre qu’il se donne ; et puis c’est surtout sa musique qui nous intéresse.

Bookish avait réalisé ses deux premiers albums à l’aide d’un ordinateur (« Unfair/Funfair » en 2006 et « Trainwreck/Raincheck » en 2007). Or, seuls les imbéciles ne changent jamais d’avis ; et Simon a donc délaissé –à moitié– son pc pour concocter cet « Everything/Everything ». Cet aventurier a ainsi décidé de plonger des tas d’instruments conventionnels (saxophones, piano, farfisa et même des chœurs, mais pas de guitare) dans son univers électronique. Ces instruments entretiennent des ambiances déstructurées, complexes qui évoluent aux confins du jazz contemporain. Faut dire que les instruments à vent peuplent généreusement cette troisième galette.

Rien de bien percutant cependant sur cet « Everything/Everything », mais onze titres qui méritent une attention particulière. En fait, l’artiste a simplement cherché à réaliser une expérience dans l’univers de la pop. Mais si les idées sont bonnes et le talent incontestable, l’écoute de ce disque suscite rapidement l’ennui. En fait, après un titre, on a vite compris où, Simon voulait en venir. Et il est regrettable qu’il ne se soit pas davantage focalisé sur la diversification de l’instrumentation, afin de varier les tendances. On retiendra cependant son lyrisme réfléchi (NDR : cet opus conceptuel traite de la science et de l’information) et son chant maniéré (NDR : qui a dit pompeux ?), ainsi qu’une tendance à la dimension cabaret proche d’un Parenthetical Girls ; car l’artiste dont la musique peut paraître agaçante, est loin d’être un crétin.

 

Paul Simon

The essential

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Paul Simon est né dans le 13 octobre 1941. A Newark, dans le New Jersey. En compagnie d’Art Gardfunkel, il a constitué un des duos les plus populaires de l’histoire de la musique pop et rock. Une aventure vécue au cours des golden sixties qui leur ont valu moult ‘classiques’. Après leur séparation, Paul a entamé une carrière individuelle. C’était en 1971. Il s’est alors davantage intéressé aux autres musiques et en particulier le gospel, le zydeco, le jazz, le reggae (il est le premier musicien blanc à avoir enregistré ce type de musique à Kingston, en Jamaïque), le doo-wop et surtout la world pour les mêler à la pop ou au rock’n roll. Cette double compile réunit 36 titres parmi lesquels figurent tous ses plus grands succès : depuis « 50 ways to leave your lover » à « The boy in the bubble », en passant par « You can call me Al », « Mother and child reunion » et même « Outrageous », issu de son album « Surprise », paru en 2006, pour lequel il échange un duo avec Brian Eno.

 

Au Revoir Simone

Au plaisir de se revoir

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Musique atmosphérique, voix planantes, claviers volants. Bienvenue dans l'univers d'Au Revoir Simone, trois New-yorkaises aux longues jambes, chantant sous les étoiles pour mieux faire danser les galaxies. Au-delà d'un charme naturel redoutable, les trois égéries revendiquent un goût prononcé pour les mélopées éthérées, petites harmonies flottant entre les chimères béates de Stereolab et l'électronique hypnotique de Broadcast. Annie, Erika et Heather voltigent ici : aux confins d'une voie lactée de synthétiseurs rêveurs. A l'occasion d'un passage sous les cieux bruxellois, Heather redescend sur notre planète. Le temps d'un entretien plutôt terre-à-terre. Bien le bonjour Au Revoir Simone...

 Aux premières heures de « Verses of Comfort, Assurance and Salvation », la presse s'est empressée de vous comparer à de nouvelles CocoRosie. Votre univers s'éloigne pourtant des folk cabrioles des sœurs Casady. Comment avez-vous vécu ce rapprochement ?

 Heather D'Angelo : Pour être franche, je n'aime pas la musique de CocoRosie. La comparaison me semblait donc malvenue. Nos goûts sont davantage à chercher dans les discographies de Stereolab et de Björk. Annie adore Electrelane. Elle estime ce groupe captivant, vraiment ahurissant. Pour nous éloigner, encore un peu plus, de CocoRosie, j'ajouterai qu'Erika se gave d'albums de Broadcast. En fait, nos influences sont tellement différentes de celles de CocoRosie qu'une association entre nos deux univers ne tient pas la route.

 Selon une rumeur persistante, Annie et Erika se seraient rencontrées dans un train. C'est là, dit la légende, qu'elles ont eu l'idée de lancer les bases de votre formation. Concevez-vous votre musique comme le prolongement de cette rencontre : un projet spontané, rapide, traversant villes et villages de façon éphémère ?

 H. : Cette rencontre a été romancée par de nombreux médias. Qui a véhiculé cette rumeur ? C'est dingue... Bref. En réalité, Annie et Erika sont des amies de longue date. Il y a déjà longtemps qu'elles partageaient un amour commun pour les claviers. Au début, le projet ressemblait davantage à un divertissement : on jouait quelques morceaux sur nos claviers en dégustant du thé. C'était surtout l'occasion de se voir entre copines. Ensuite, nous avons décidé de passer à la vitesse supérieure en fondant officiellement le groupe.

 Aujourd'hui, il faut bien admettre que le prénom Simone ne figure plus au top de la mode. 'Appelleriez-vous votre fille Simone ?' A cette question, beaucoup riposterait d'une réponse cinglante : 'Et pourquoi pas Gertrude ?' Bref, votre projet, plutôt hype, est en train de redorer le blason d'un prénom en voie de fossilisation...

 H. : C'est drôle, en effet ! (rires) En fait, notre nom de scène puise son origine dans un film de Tim Burton : « Pee-wee's Big Adventure ». Nous sommes vraiment des fans de Pee-Wee. A un moment, dans le film (il faut absolument le voir !), le personnage de Simone, joué par Diane Salinger, dit 'Au revoir Pee-Wee !' Et, d'un accent américain bien trempé, Pee-Wee répond : 'Au We Woir Si-Mo-Ne'. Imaginez un Américain essayant de parler en français. Et vous comprendrez pourquoi ce passage est si amusant !

 Comment êtes-vous passées de votre salon de thé, spécialisé dans l'art du synthé, à une signature sur le label indépendant 'Moshi Moshi Records' ?

 H. : Un de nos amis a lancé un super blog dédié aux Mp3's. Il est très fort... Il a dégoté de nombreuses découvertes sur la toile. Il a proposé « Through the Backyards » en téléchargement sur son site. Le patron de Moshi Moshi est tombé sur cette chanson en surfant sur le web et nous a contactés. A ce moment-là, nous étions déjà signées sur un petit label japonais, baptisé 'Rallye Record'. Ce label est uniquement implanté en Asie. C'est pourquoi nous sommes également présentes de ce côté-là de la planète. Mais, paradoxalement, nous n'avions aucun label pour le reste du monde. En Europe, la Suède nous accordait beaucoup d'attention. Dans une certaine mesure, nous avions l'impression que les Suédois et les Japonais se ressemblaient. Dans ces deux pays, les gens ont l'esprit large et semblent apprécier le côté pop de la musique électronique. Là-bas, le public laisse volontiers tomber les œillères.

 La chanson « Through the Backyards » a été utilisée pour la bande originale de la série « Grey's Anatomy ». Considérez-vous que ce show télévisé a constitué la clef de voûte de votre succès ?

 H. : Non, certainement pas. Par contre, la série a certainement contribué à élargir notre base de fans, essentiellement d'un point de vue démographique. Aux Etats-Unis, cette série est suivie par de nombreux trentenaires, des gens actifs, impliqués dans la vie professionnelle. Pour ma part, je ne connaissais même pas la série... Cependant, mes parents ont trouvé ce concept génial... Leur fille posait sa voix sur une des chansons de leur série du moment : rendez-vous compte !

 Outre cette expérience télévisuelle, votre musique a également touché le nerf sensible de David Lynch. Aujourd'hui, ce n'est plus un secret : le réalisateur demeure un de vos plus fervents admirateurs... Comment a-t-il découvert Au Revoir Simone ? David Lynch serait-il, lui aussi, fan de « Grey's Anatomy » ?

 H. : Non ! (rires). Notre rencontre s'est déroulée de façon... disons... romancée ! En janvier dernier, nous avons participé à une présentation chez 'Barnes & Noble', une des plus grandes librairies américaines, sur Union Square, à Manhattan. Chaque année, elle organise de nombreux événements. Pour notre part, nous avons participé à une manifestation baptisée 'Upstairs at the Square'. Son organisatrice s'appelle Katherine Lanpher, une journaliste, qui a toujours rêvé d'associer les musiciens aux écrivains. Ce projet peut sembler étrange. Mais, en réalité, il est vraiment excitant. Cette fois, elle décidait d'inviter David Lynch pour annoncer la sortie de son nouveau livre : « Catching the Big Fish ». En réalité, c'était notre idée d'associer la musique d'Au Revoir Simone avec le bouquin de David Lynch. Nous ressentons une connivence latente entre notre musique et son univers. Nous lui avons donc envoyé notre album. Et il a accepté l'idée. Son livre est très intéressant. Il s'agit d'une véritable source d'inspiration artistique. Après ce concert chez 'Barnes & Noble', il est devenu fan de notre univers. C'était, d'une certaine façon, le monde à l'envers ! Il a commencé à parler de nous dans ses interviews, lors de conférences de presse... C'est complètement fou !

 Un de nos chroniqueurs s'est un jour posé la question de savoir si la musique d'Au Revoir Simone n'était pas 'un truc de filles fait par des filles pour des filles'. Peut-on classer votre musique dans le dossier 'suffragettes musicales, spécialisées dans les rêveries féministes' ?

 H. : Nous sommes un groupe de filles, composant de la musique pour d'autres filles ? C'est intéressant... Je ne sais pas. Une chose est certaine : nous sommes un groupe de filles ! Cependant, je pense qu'en concert, notre audience se compose aussi bien de filles que de garçons. Peut-être plus de garçons encore... (rires) De manière générale, notre public est mixte. Cependant, au Japon, notre assistance est essentiellement composée de filles. Et là, je ne m'explique pas...

 Récemment, vous avez accompli une tournée en compagnie de We Are Scientists...

 H. : Dans un premier temps, nous nous sommes lancées dans un long périple à travers les Etats-Unis. Ensuite, les musiciens de We Are Scientists nous ont proposé de les accompagner en Europe pendant cinq semaines. C'était vraiment une longue tournée...

 Une tournée plutôt festive... Sur 'You Tube', on peut voir une vidéo, filmée à l'arrache, de votre tournée en compagnie de We Are Scientists... On vous surprend, dans le tour bus, chantant et dansant sur le « Young Folks » de Peter Bjorn & John...

 H. : (Rires) Pendant cette tournée, c'était la première fois que nous écoutions ce morceau de Peter John & Bjorn... Et je ne peux pas expliquer l'effet que nous a procuré ce titre... Mais nous étions véritablement obsédées par cette chanson. Dans le tour bus, nous passions ce morceau en boucle, en dansant et en reprenant les paroles en chœur. C'était un rituel. Quand nous sortions après un concert, on s'empressait d'aller trouver le DJ pour lui réclamer « Young folks ». Ce sont d'excellents souvenirs. En fait, en tournée, la vie n'est pas toujours très rose... Parfois, tu te sens fatiguée, un peu dépressive, loin de ton foyer, de ta famille, de tes amis. Sans compter le stress et la pression de jouer chaque soir, de respecter les horaires, de trouver les clubs, etc. Bref. Cette chanson a constitué une formidable échappatoire pour nous. Elle nous rendait heureuse. En 2006, « Young folks » a été ma chanson préférée. Sans aucun doute.

 A l'écoute du nouvel album, on est assez touché par le charme mélancolique qui en émane. Etes-vous des personnalités éplorées par nature ?

 H. : Nous sommes certainement atteintes d'une certaine mélancolie... Bon, entendons-nous bien : Au Revoir Simone n'est pas un trio de suicidaires ou de demi-folles dramatiques ! D'ailleurs, en général, dans la vie, nous sommes des filles heureuses. Mais, peut-être, sommes-nous mélancoliques des choses heureuses de la vie, des événements extraordinaires qui la façonnent. D'ailleurs, pour être précise, je pense que, dans notre cas, il s'agit davantage de nostalgie que de mélancolie. 

 Pensez-vous que notre époque soit propice à la nostalgie ? Et donc, en un sens, propice à la musique d'Au Revoir Simone ?

 H. : Aujourd'hui, le monde tourne un peu à l'envers... Chaque génération a sans doute posé cette réflexion, un jour. Mais là, je le pense sincèrement. Les choses changent, le monde évolue et tout empire. Spécialement aux Etats-Unis. Une fois de plus, nous sommes impliqués dans une guerre, la société débloque complètement... C'est vraiment une drôle d'époque.

 Quelle est, à vos yeux, la principale différence entre « Verses of Comfort, Assurance and Salvation » et « The Bird of Music » ?

 H. : « Verses of Comfort, Assurance and Salvation » doit davantage être perçu comme une collection de chansons. Chacune peut être conçue comme une unité élémentaire. Après ce premier album, les choses se sont décantées. Nous avons alors commencé à bosser sur l'image du groupe, son identité. Depuis ce premier enregistrement, nous avons parcouru un bout de chemin ensemble... Pour « The Bird of Music », la musique d'Au Revoir Simone est devenue une version synthétisée de nos trois personnalités. En commençant à jouer ensemble, nous n'attendions rien, nous n'espérions rien... Ce qui explique le côté indépendant des chansons du premier album. Pour le deuxième, toutes nos compositions ont été pensées en fonction de ce disque. Nous savions qu'elles allaient se retrouver sur un album. Cette fois, on peut réellement le comprendre dans sa globalité. Je crois qu'il s'agit là de la plus grande différence entre ces deux enregistrements.

Au Revoir Simone

The Bird Of Music

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Une pop élégante, des harmonies légères comme l’air, trois voix célestes en orbite autour de la Terre : la musique d’Au Revoir Simone agit sur notre organisme tel un étrange phénomène d’apesanteur. Du haut de leurs longues jambes, Annie Hart, Erika Forster et Heather D’Angelo entrevoient forcément de nouveaux horizons musicaux. Bien loin du chaos quotidien et de nos petits chagrins, les trois New-yorkaises chantent « The Bird Of Music », une nouvelle collection de titres au charme mélancolique.

Chez Au Revoir Simone, la nostalgie est un lieu chaleureux, un espace onirique où il est agréable d’entamer des danses extatiques. Certaines femmes aiment les hommes, d’autres préfèrent les synthétiseurs : ils sont toujours moins poilus et plus polis. Nos trois Simone sont comme ça : préférant Roland, Alessis, Korg ou Casio à Devendra, Anthony ou Brian. Et, en substance, « The Bird Of Music » contient quelques étoiles filantes. La grâce désenchantée de « The Lucky One », l’air faussement folâtre imprimé par cette belle « Sad Song » et une obsession récurrente pour les échappées crépusculaires (« Dark Halls », « Night Majestic », « Stars », « I Couldn’t Sleep ») esquissent un disque de rêve, intimiste, lové entre les discrètes envolées électroniques de Broadcast et les trips raffinés de Stereolab. Indéniablement, « The Bird Of Music » est une belle réussite : rien à revoir pour Au Revoir Simone !