Un dixième album studio pour Idlewild

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

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Bette Smith

The good the bad the bette

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Originaire de Brooklyn, Bette Smith est une chanteuse de soul rock. Très jeune, elle chante le gospel à l’église, au sein d’une chorale dirigée par son père. Elle grave son premier album, "Jetlagger", en 2017, un disque fort bien reçu au sein des milieux roots. Bette attire l'attention de Thomas Ruf, le patron du célèbre label allemand. Il lui propose d’enregistrer son second opus. Dont les sessions se sont déroulées au studio Dial Back Sound, dans le pays des collines du Mississippi, non loin d'Oxford. Matt Patton (bassiste chez Drive-By Truckers) et Bronson Tew (ingénieur du son et batteur) se sont chargés de la mise en forme, mais également de la section rythmique. Enfin, pas moins de huit guitaristes ont participé aux séances.

Miss Smith ouvre l’elpee par le funky et dansant "Fistful of dollars". Une gratte sauvage émerge en cours de route avant de céder le relais à la trompette volubile d’Henry Westmoreland. R&b lent, "Whistle stop" met bien en exergue la voix riche et rauque de Bette, devant le piano et au cœur de cordes synthétiques. Rock bien enlevé, "I'm a sinner" est entretenu par les cordes amplifiées de Jimbo Mathus (NDR : il milite au sein du swing band Squirrel Nut Zippers). Après une intro acoustique "I felt it too" libère rapidement une énergie punk. Sauvage, la rythmique est traversée par un sax hurleur et une slide qui arrache. Subtilement rythmé, "Signs and wonders" trempe dans une soul parfumée d’alt country par les interventions aux cordes de Luther Dickinson (North Mississippi Allstars). La voix de Bette est toujours aussi indomptable, tout au long "Human". Le long playing s’achève par trois excellentes plages. Tout d’abord, "Pine belt blues", un rock blues puissant au cours duquel les réparties de Mrs Smith sont très proches de celles de Tina Turner. Ensuite, "Everybody needs love". Sa voix est soutenue par Patterson Hood (Drive-by Truckers) sur ce southern country rock aux cordes étincelantes. Et pour clore le long playing, "Don't skip out on me", une piste chargée de passion. Alimentée par des cordes acoustiques et électriques réverbérées, elle est également traversée par les incursions magiques de la trompette….

Soundwalk Collective with Patti Smith

Farewell

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Fondé par Stephan Crasneanscki, à New York, au tout début du millénaire, Soundwalk Collective est un collectif expérimental qu’a rejoint Simone Merli en 2008.

La formation puise son inspiration au sein de lieux spécifiques, naturels ou artificiels, et nécessite de longues périodes de voyage d'investigation et de travail sur le terrain.

Parmi les collaborateurs éminents figurent le musicien de jazz éthiopien Mulatu Astatke, le photographe américain Nan Goldin, le réalisateur franco-suisse Jean-Luc Godard, le père du mouvement hip hop Afrika Bambaataa et la chanteuse, auteure-compositrice et poétesse américaine Patti Smith. Le collectif a également réalisé des partitions originales pour la chorégraphe de danse contemporaine, Sasha Waltz.

Pour concocter cet opus, Le Soundwalk Collective s’est rendu au Mexique, dans la Sierra Tarahumara, sur les traces du périple d’Antonin Artaud (1896 – 1948), poète surréaliste, dramaturge, opiomane et théoricien français, afin de capturer l’esprit du peuple Rarárumi et surtout mettre en boîte des sons (chants, tambours traditionnels, etc.), avant de les retravailler en studio. Puis Patti Smith a été invitée à déclamer les visions hallucinogènes du Marseillais. Le résultat a ainsi été gravé sur ce « Farewell », une œuvre austère et difficile à assimiler pour tout mélomane lambda. Dommage que le single, « Ivry », ne figure pas sur la plaque. C’était la seule compo signée par l’icône du punk. Elle y chante et l’instrumentation organique y est bien plus en phase avec l’univers du rock et de la pop.

Kenny Smith

Drop the Hammer

Écrit par

Kenny ‘Beedy Eyes’ Smith n’est autre que le fils de Willie ‘Big Eyes’ Smith. Dans la famille, les grands yeux sont donc devenus globuleux mais père et fils se partagent la passion pour la batterie. Il est vrai que le regretté Willie a milité, durant 18 ans, au sein du Muddy Waters Band, un fameux pedigree pour tout bluesman qui se respecte. Beedy Eyes est devenu un drummer très respecté et il a déjà remporté de nombreux awards. Il a créé son propre band, the House Bumpers. C'est le bassiste Felton Crews, un ancien musicien de Miles Davis qui complète la section rythmique. Autour de ce duo, d'excellents musiciens ont collaboré à la confection de cet opus, dont plusieurs gratteurs talentueux, parmi lesquels figurent l’omniprésent Ari Seder, mais également le vétéran Billy Flynn, un blanc passionné de jazz.

Blues authentique, "Head pounder" est une ouverture royale, une piste idéale pour une formule trio. La voix de Kenny est poignante. Elle peut cependant s’appuyer sur des cordes acoustiques, le sitar de Flynn et l'harmonica du concitoyen, Omar Coleman. Luca Chiellini balise "Hey daddy" de ses ivoires, un Chicago blues classique au cours duquel les trois rejetons du leader, Mae, Clara et Theodore, donnent la réplique vocale à leur daddy. Superbe blues lent, le titre maître est enrichi de chœurs féminins, alors que les interventions de Greg Guy (NDR : c’est le fils de Buddy et il sait de qui tenir !) à la six cordes sont somptueuses. Et chacune d’entre elles est un réel bonheur. Que ce soit sur les plages funky aux arrangements contemporains ("What in the world" et "Living fast", souligné par l’harmo de Sugar Blue) ou le blues indolent "No need brotha'", un slow tapissé par l'orgue Hammond de Luca. Billy Flynn est aussi en verve tout au long du shuffle "Keep on pretending" ainsi que du r&b nerveux "Scratchin' your head". Et c’est sous la forme d’un trio, Nelson Strange se chargeant de la gratte et Kimberley Johnson des vocaux, que Kenny se révèle le plus orignal, à travers "One big from". Excellent !

Jorja Smith

Une nouvelle Amy Winehouse est née, mais clean…

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Le parcours de Jorja Smith a été fulgurant. Il y a environ trois ans, elle était encore pratiquement inconnue. Après avoir publié de nombreux singles autoproduits et un Ep intitulé « Project 11 », en 2016, elle a sorti son premier elpee, « Lost and found, en juin dernier. Drake et Elton John en sont de fervents admirateurs. Née en 1997, à Walsall en Angleterre, elle est d’origine jamaïcaine.

Le supporting act est assuré par Maverick Sabre. C’est un Londonien, mais aux racines irlandaises. Le style de ce chanteur s’inscrit dans la droite lignée de la nouvelle génération de chanteurs incarnée par Isaac Gracie, Daniel Docherty et Soham De. A son actif, deux long playings, « Lonely Are The Brave » (2012) et « Innerstanding » (2018). Et son dernier single, « Drifting », qui vient juste de paraître, est excellent…

Sur les planches, ce soir, Maverick est soutenu par son pote, Charlie, à la gratte. Sabre est avant tout chanteur, mais il se sert également d’une loop machine et circonstanciellement d’une gratte semi-acoustique. Notamment sur le titre d’entrée, dont il pince les cordes délicatement. Son débit de paroles est constant. Sa voix de crooner est puissante. Proche de celle de Colin Blunstone (NDR : le chanteur des Zombies), elle est capable de monter dans les aigus, sans difficulté, comme Jonathan Jérémiah. Charlie récupère la guitare et Maverick en profite pour arpenter le podium de gauche à droite, et inversement, en incitant la foule à reprendre le refrain. Il lui demande régulièrement si elle est en forme. Qui lui répond en applaudissant. Tout au long du single, « Drifting », les cordes finissent par littéralement vous envoûter. Lorsque Macrick rencontre un problème avec ses pédales, il en profite pour chanter tout en plaisantant. Manifestement, cet artiste a un fameux charisme…

La salle est comble. Trois estrades sont réparties sur la scène. Une est destinée au claviériste, la deuxième au guitariste ainsi qu’au bassiste et la dernière au drummer. Jorja a revêtu une longue robe blanche qui brille de ses milles étoiles sous le light show. Elle entame son set par le titre éponyme de son premier LP. Puis embraie par « Teenage Fantasy », une chanson qui décrit les amourettes adolescentes et qu’elle interprète sur un ton langoureux. Plus sombres, « The One » et « Wandering Romance » permettent à Jorja Smith d’ouvrir réellement son cœur sur un lit d’instrumentation particulièrement riche. D’ailleurs, elle n’hésite pas à étaler ses états d’âme lors des morceaux les plus intimistes... voire personnels. Ballade acoustique, « Goodbyes » scelle un véritable moment de communion entre les artistes et la fosse. Mrs Smith étale toute la puissance de sa voix, tout au long de « Tomorrow ». On pense tour à tour à Sade, Beyoncé, Rihanna, mais surtout Amy Winehouse, mais sans les dérives nées de la consommation excessive d’alcool ou de substances illicites. La surprise va survenir lors du freestyle « Lifeboats ». Tapissée par une instrumentation aux sonorités hip-hop sur fond de pluie, elle se lance dans le rap. Pari réussi !  

Avant d’attaquer « Carry Me Home », Maverick est invité à la rejoindre pour y prêter sa voix de crooner. Certaines compos de Jorja Smith pourraient facilement devenir des classiques. Et notamment le hit « Blue Lights », dont la version ‘live’ est absolument somptueuse, une compo qui clôt une prestation d’une durée de 75’, rappel compris. A l’issue du show, on a la conviction que Jorja possède toutes les aptitudes pour succéder à feu Amy Winehouse… 

Setlist : « Lost & Found », « Teenage Fantasy », « Something In The Way », « February 3rd », « The One », « Goodbyes », « Tomorrow, You Got Me » (The Roots cover), «Wandering Romance », «Carry Me Home », « On Your Own », « Lifeboats », « Where Did I Go? », « I Am », « Blue Lights ».

Rappel : « Don't Watch Me Cry », « Let Me Down », « In My Mind ».

(Organisation : Live Nation)

Ron Sexsmith

The Last Rider

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Condamné à un injuste anonymat, diamétralement opposé à son talent d’écriture et son agrément par la critique, Ron Sexsmith –aujourd’hui quinquagénaire– a une nouvelle fois sorti sa plus belle plume pour concocter 15 nouveaux morceaux qu’il a gravé sur ce « The Last Rider ». Un 14ème opus studio qui pourrait bien être son dernier, son ultime ‘ride’, comme mentionné dans son titre…

Racé, son songwriting agrège –et ce depuis ses débuts, en 1991– romantisme pop et folk un brin suranné. Et cette pop, il la sculpte comme un véritable artisan ; sans le moindre artifice et en toute humilité. Il serait dommage que « The Last Rider » constitue son dernier périple, quand on sait que l’artiste est capable de marcher sur les traces de McCartney (« Our Way »), Lennon (« Dreams are Bigger ») ou encore Costello (« West Gwillimbury»). La scène pop/rock y serait largement perdante. Rien qu’en écoutant « Upward Dog », on ne peut qu’être inquiet de sa future décision…

 

Kaitlyn Aurelia Smith

The kid

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Malgré le peu de notoriété dont elle jouit en Europe, Kaitlyn Aurelia Smith incarne une véritable pointure dans son univers, c’est-à-dire celui de la musique électronique. « The Kid » constitue déjà son sixième album. Il est publié sur le label américain Western Vinyl (Dirty Projectors, Peter Broderick, Here We Go Magic, …)

Plutôt atypique, son parcours transparaît à travers son expression sonore. Native des îles Orcas, sises au Nord de l’Etat de Washington, la jeune femme a débuté sa carrière au sein d’un combo folk. Elle ne s’est intéressée à l’électro, que par la suite. Mais si elle a finalement décidé de jeter son dévolu sur les claviers et les machines, ses racines folk sont toujours très présentes tout au long de cet opus, même si les morceaux ont été composés à l’aide des claviers. Et bien qu’évoquant la sérénité de la nature plutôt que la frénésie des villes, sa musique lorgne du côté d’Animal Collective tout en baignant dans une atmosphère proche de celle d’Alela Diane…

 

Jonah Smith

Easy Grey

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Agé de 41 ans, ce New-yorkais puise son inspiration dans la soul, le jazz et la country. A ce jour, il avait publié huit elpees, dont le premier remonte à 2001. Les sessions d’enregistrement d’"Easy Grey" se sont déroulées au sein des studios Cedar Creek, à Austin, au Texas. Jonah signe toutes les plages. Il chante et se consacre aux claviers ainsi qu’à la sèche. Il est soutenu par le bassiste Ben Rubin, le drummer Gintas Janusonis ainsi que les guitaristes David Soler et Doug Wamble.

Ballade roots empreinte de douceur, "Sunnyville" ouvre la plaque. La voix de Jonah est très expressive. Il siège derrière le piano électrique, alors que les interventions de Jon Sosin, invité pour la circonstance, sont à la fois discrètes et efficaces. Le tempo est toujours aussi modéré tout au long de la ballade cuivrée, "Where I started from". Gintas introduit "On love we can survive" aux percus. Une compo naturellement douce, traversée par le saxophone de Bob Reynolds. "Make me change my mind" élève le tempo. La voix de Smith est soutenue par celles de Jess Wolfe et Holly Laessig. La gratte émet des cris perçants face aux drums fiévreux. Le piano imprime le rythme tout au long de "Heavy hangs the crown", un blues au cours duquel Ruthie Foster accorde la réplique vocale, alors que Doug Wamble se concentre sur sa slide. Tout comme sur "Try your best", un blues/roots chanté par Jonah, d’une voix légèrement éraillée. Et elle devient pure sur "Turn this ship around", plage au cours de laquelle, il siège derrière le piano. La resonator de Doug réverbère des accents empreints de douceur. L’intro de "Turn down the Moon" est excellente. Bien rythmé, ce blues se distingue par la conjugaison des voix ainsi que l’intervention, particulièrement créative, de David Hidalgo (Los Lobos), à la gratte. Emotion et tendresse bercent le titre maître. La pedal steel de David Soler a enfin droit au chapitre sur le titre maître, une compo chargée d’émotion et de tendresse. La resonator pimente "We tried like hell", une ballade country/blues, plutôt brève. Et jolie, "Drop me a line" est bien plus longue. Les cuivres adoptent des teintes claires obscures, alors qu’immaculées, les cordes d’Adam Levy s’imposent naturellement. En final, "Robin, Robin" baigne dans la musique country. Nichol Chase participe aux chœurs ; et l’inévitable pedal steel s’impose dans le décor.   

 

JC Smith

Love mechanic

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Le JC Smith Band est établi au sud de la baie de San Francisco, en Californie. Le chanteur/guitariste, JC Smith, en est le leader. Il avait pourtant entamé sa carrière comme drummer au sein du Back to Back Blues Band. C'est en 2000 que JC, inspiré par T-Bone Walker, Albert King et Johnny Guitar Watson, opte pour une Gibson 335. En 2001, son JC Smith Band tout neuf publie un premier opus, "The Midnight creeper". En 2004, il embraie par "That's what I'm talkin' about", un disque coproduit par la chanteuse Joanna Connor, et pour lequel il reçoit le concours du batteur légendaire chicagoan, Willie Big Eyes Smith. Il faut cependant attendre 2009 pour voir sortir "Defining cool", un elpee bien reçu par la critique.

Pour concocter "Love mechanic", il a bénéficié de la participation de son backing group, soit le claviériste Todd Reid, le bassiste Robert 'Jay' Green et le drummer Donnie Green. Sans oublier une section de quatre cuivres : le tromboniste Gene Reynolds, le trompettiste Tommy Maitland, ainsi que les saxophonistes David Sandez  et Abraham Vasquez (NDR : un ex- Back to Back Blues Band).

"Jump for joy" s’ouvre dans le jump et le swing. Le front de cuivres est solide, mais le saxophone ténor de Vasquez s’autorise déjà un billet de sortie, tout comme JC, dont les cordes sont bien vivifiantes. La version du célèbre "Cold sweat" de James Brown est très personnelle. JC malmène à nouveau les cordes de sa Gibson et sa voix est autoritaire tout au long de ce R&B entraînant, dansant et irrésistible ! Les lumières s'éteignent. Le tempo ralentit. Richard Palmer double au piano et à l'orgue sur "Come on home to me", une ballade R&B indolente au cours de laquelle les ivoires s'installent subrepticement à l'avant-plan. JC introduit le titre maître à la manière d'Albert King, un southern R&B coloré par les cuivres. Le leader injecte toute sa sensibilité dans les cordes, alors que Todd se met dans la peau de Booker T à l’orgue. La gratte va et vient tout au long de "Ring around the Tub", un blues rythmé plus classique. Cap vers Chicago pour le "Yonder's wall" d'Elmore James, une version très singulière. Un R&B très funkysant entretenu par les cuivres et dynamisé par la section rythmique en effervescence. Vasquez brille à nouveau au sax. Jeannine O'Neal fait sonner ses cordes comme un banjo sur "Bad bad feeling", une piste sculptée dans le country/roots. Les arrangements de cordes et de claviers ont solides pour baliser "Last night", un superbe blues indolent signé Little Walter. Le JC Smith Band aime reprendre les classiques du Chicago blues, afin de les adapter à sa sauce personnelle. A l’instar du "Talk to me baby" d'Elmore James. Face aux interventions de cuivres, Cris Cain se révèle créatif à la six cordes. "Rocket to the moon" nous replonge dans le jump boogie. Pensez aux années 40 et tout particulièrement à Louis Jordan. Talentueux pianiste, Sid Morris, brille de mille feux. Et on assiste à de nouvelles sorties royales aux cordes, à la trompette ainsi qu’aux saxophones. Encore une cover, mais d’un titre notoire, le "Five long years" d'Eddie Boyd. JC Smith administre un max de feeling et de passion au cœur de ce blues lent authentique et à l'état brut. Tant au chant que sur sa gratte. De toute bonne facture, cet opus s’achève par le dynamique "Ain't no stranger", un titre issue de la plume de Toronzo Cannon, un bluesman du south side de Chicago, de moins de 50 ans. Et cette excellente version est ponctuée par un solo remarquable de Mr Smith!

 

Paul Smith & Peter Brewis

Frozen by sight

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Il y a un bon bout de temps que Maxïmo Park a disparu des radars. Paul Smith, son leader, a décidé d’explorer d’autres projets. Les frères Peter et David Brewis sont les leaders Field Music, un groupe originaire de Sunderland. Avant d’écouter l’album de Paul Smith & Peter Brewis, je dois avouer que je n’étais pas particulièrement enthousiaste. Et après l’avoir écouté, je ne le suis pas davantage.

Paul a écrit les textes et Brewis a composé la musique de ce « Frozen by sight ». Découpé en douze plages pour une durée proche des 45 minutes, chaque titre traite d’une destination.

Surprenant, l’expression sonore navigue à des années-lumière de ce qu’on aurait pu attendre d’artistes sévissant sur la scène pop/rock anglo-saxonne. Comme chez Maxïmo Park, par exemple. En fait, l’instrumentation est essentiellement focalisée sur le piano et le violon. Quoique raffiné, le résultat est plutôt déroutant. Les rythmes sont saccadés et l’interprétation théâtrale. Pensez au Final Fantasy d’Owen Pallett. Malheureusement, au fil de l’opus, l’inspiration semble s’essouffler. Et les soubresauts rythmiques ainsi que la carence mélodique finissent par lasser. 

Manifestement, on ne peut pas dire que Paul Smith soit parvenu à opérer un retour fracassant sur le devant de la scène !

 

Josh Smith

Over your head

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Agé de 35 balais, Josh Smith est chanteur et guitariste de blues. Il a passé la majeure partie de sa jeunesse à Fort Lauderdale, en Floride. Il n'a que 13 ans lorsqu’on lui propose le poste de guitariste, chez les Rhino Cats. Les artistes de passage se bousculent alors pour aller écouter le jeune prodige. A 14 ans, il publie son premier opus, "Born under a blue sign". Et son deuxième, l'année suivante, "Woodsheddin". Smith continue ses études tout en poursuivant sa carrière musicale. Il se produit désormais sous le patronyme de Josh Smith and the Frost. Le combo grave l’elpee "Too damn cold", sous la houlette de Jim Gaines. En 2002, il s'établit à Los Angeles. Depuis, Smith continue à aligner album sur album. En 2010, il est signé par le label blues allemand Crosscut. Son dernier long playing, "Don't give up on me" datait de 2012. Lors des sessions d’enregistrement d’"Over your head", Josh a reçu le concours du bassiste Calvin Turner et du batteur Lemar Carter.

Il est certainement tombé dans un bain ‘hendrixien’ au cours de son enfance. Et dès le premier titre, c’est flagrant. Un blues lent intitulé "How long" qu’il chante d’une voix bien ferme. Et son premier envol est impressionnant de maîtrise. Le riff qui découpe "Over your head" est implacable, un blues/rock pour lequel il bénéficie de la participation d’un autre jeune gratteur de classe, Joe Bonamassa. Et les deux solistes rivalisent d'audace, nous entraînant dans un trip psychédélique. "When I get mine" trempe dans le blues. La basse de Turner comble bien tous les espaces. La guitare libère énormément de sensibilité. Jeff Babko, un musicien brillant qui a notamment accompagné Robben Ford, Larry Carlton et Sheryl Crow, siège derrière l’orgue pour "Still searching", une plage cool aux accents jazz et swing, davantage parlée que chantée. Le gratteur italien Chicco Gussoni apporte son concours sur "First hand look", un blues/rock dont les riffs puissants sont dignes du Mountain de Leslie West. Les cordes s’y croisent et s’entrecroisent comme lors d’un véritable ballet. Instrumental, "…And what" est imprimé sur un tempo enlevé. Josh et Kirk Fletcher, guitariste californien de couleur noire (Mannish Boys, ex-Fabulous Thunderbirds), y opèrent leurs échanges. Un mur de notes introduit "Smoke and Mirrors", une piste tragique, à nouveau très ‘hendrixienne’, époque Band of Gypsies, au cours de laquelle Josh étale toute sa virtuosité. "Pusher" revient à un blues plus classique, réminiscent d’Albert King et de Robben Ford. Charles Jones, chanteur de southern soul notoire, est au micro pour "Better off", un long soul blues qu’il interprète délicatement d’une voix chargée de passion, épaulé par les interventions de Jeff Babko au piano électrique. "You'll find love" est un blues plus classique au cours duquel apparaît par magie, le légendaire harmoniciste Charlie Musselwhite. Et il y affiche beaucoup de détermination. "How long", la plage d'ouverture, est reprise brièvement. Les 2 000 premiers exemplaires de cette œuvre sont enrichis d’un bonus cd. Il y recèle trois versions éditées pour la radio et deux plages live, dont "The way you do", un blues lent classique de plus d’un quart d’heure, tapissé par des interventions d’orgue…

 

Holland K Smith

Cobalt

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Né à Fort Worth (NDR : c’est à deux pas de Dallas), Holland K Smith est un musicien particulièrement talentueux. Non seulement il excelle à la gratte, mais également au chant. Son style ? Le blues texan. Peu notoire hors des States, l’artiste a néanmoins de l’envergure. Ses premiers albums remontent à la fin du siècle dernier. Il a ainsi gravé "Jungle Jane" en 1997 et "Walking heart attack" en 1999, deux elpees publiés sur le label local Topcat et produits par Anson Funderburg. On épinglera encore "Enough is enough", un opus paru en 2004, chez Parific Blues, une écurie indépendante californienne.

Ce nouvel essai est sorti chez Ellersoul, un petit label virginien qui monte! Pour concocter ce long playing, Holland n’a pas reçu le concours de son backing band habituel, mais a invité d'excellents musiciens contemporains. En l’occurrence Eric Przygocki et Ronnie James Webber à la basse, Wes Starr à la batterie, John Street aux claviers et Ron Jones au saxophone. La mise en forme a de nouveau été assurée par son grand ami, Anson Funderburgh. Enfin, Smith signe la quasi-totalité des plages.

"Love liquidation" ouvre la plaque. Une belle synthèse du style proposé sur ce disque. Dansant, il mêle subtilement blues et soul. Une plage caractérisée par la présence d’une voix féminine, celle de Chaz Marie ; et si le saxophone s’est déjà immiscé dans l’expression sonore, on est immédiatement séduit par les tonalités particulièrement texanes de la six cordes. La voix de Smith n'est pas très percutante, mais elle est très musicale et expressive. Sur "You get what you deserve", elle est bien mise en exergue, un blues qui libère énormément de swing, mais un swing empreint de délicatesse. Et pour la circonstance, c’est son ami Anson qui se réserve ici la guitare, alors que Jones, le saxophoniste de jazz issu de Dallas tire son épingle du jeu. D’excellente facture, "Just one heartache" est un blues imprimé sur tempo enlevé. Holland adopte une voix de baryton. Ses interventions à la gratte sont parfaites et s’envolent face au piano et au saxophone. Un très grand moment! Rock'n'roll abordé dans l’esprit de Little Richard voire d’Ike Turner, "The itch" est dynamisé par l’excellente synchronisation entre piano et cordes. Ron Jones brille à nouveau sur son saxophone ténor tout au long de "Magic wand", une ballade intimiste teintée de jazz et de swing. Jazz et swing colorent également "Cobalt", une plage instrumentale caractérisée par l’omniprésence du sax, et les accords de guitare clairs et concis, dispensés devant l'orgue de Street ! Ponctuée par un remarquable travail sur les cordes, "Off the chain" est une ballade soul roots parfaitement ciselée par le travail de production. L'opus recèle encore quelques excellentes pistes soul. Tout d’abord "Little bit of faith", que Smith chante passionnément. "Don't buy that", ensuite. La seule reprise. Une compo signée Lefty Williams qui figurait sur l’album "Snake Oil". "Any other way", encore. Un morceau dont les interventions de guitare sont inspirées de Carlos Santana. "The secret", également. Un R&B très lent façon Stax. Slow blues lent, "Never got the blues" évolue à mi-chemin entre BB King et T Bone Walker. Smith étale une nouvelle fois sa technique aux six cordes sur "End of the darkness". "Olhos verdes" clôt le long playing. Instrumental, il s’ouvre dans un style acoustique avant de glisser vers l’électricité, mais au cœur d’un climat très latino-américain. D’excellente facture, cet elpee est dédié à la mémoire de Nick Curran (NDR : ex-Fabulous Thunderbirds), un chanteur/guitariste de blues vaincu par le cancer en 2012, alors qu’il n’avait que 35 ans…

 

Smith Westerns

Service minimum…

Écrit par

Smith Westerns se produisait au Botanique, ce dimanche sans voiture, pour défendre son troisième et dernier opus acclamé par la critique, « Soft Will ». On était donc curieux de voir si le quatuor chicagolais était capable de soutenir la comparaison sur les planches. Il revenait au groupe belge, Seasick Sailors, d’assurer le supporting act.

Seasick Sailors ouvre donc le bal. Après quelques minutes de tergiversations, le set peut commencer. Le quintet à apparemment bien bossé sur sa promo, car une partie du public s’est déplacée exclusivement pour eux. Malheureusement, la Rotonde est loin d’être remplie. Dommage, car il faut avouer que le combo propose un tracklisting, ma foi, fort sympathique, même s’il tire un peu trop dans toutes les directions. On passe ainsi sans transition du climat country & western à la ballade maritime, en transitant par le rock. Néanmoins, vu le bonheur que semblait partager les musicos, sur le podium, on ne pouvait qu’adhérer…

Vers 21h10, la formation étasunienne monte sur l’estrade. Quelques spectateurs supplémentaires ont débarqué à la dernière minute, mais il n’y a quand même pas grand monde au sein de l’hémicycle. Faut croire que les absents ont un peu trop fait la fête ce week-end ! Vêtus (ou plutôt déguisés) à la mode 80’s, les membres de Smith Westerns ont des visages d’adolescents. Difficile d’imaginer que le band vient déjà d’enregistrer son troisième opus. J’imagine qu’ils n’avaient que 16 ans lorsqu’ils ont gravé leur premier, quatre ans plus tôt. Mais malgré leur apparente jeunesse, ils affichent déjà un bel aplomb sur scène. Chevelu, le chanteur est d’ailleurs loin d’être timide et n’hésite à discuter avec le public. L’ambiance est chaleureuse, les mélodies accrocheuses. Bref, manifestement, le groupe détient la recette du succès. Et il ne s’en prive pas, puisqu’il est responsable de toute une série de tubes. Potentiels ou établis. Des morceaux qu’il interprète ce soir. En particulier, des chansons issues de leurs deux derniers elpees. Dont les excellents « Varsity » ou encore « Idol ».

Malheureusement, on a vite fait le tour du show. Quoique bien interprétés les titres se suivent et se ressemblent ; et surtout ne laissent aucune place à la surprise. En fait, la structure de la compo semble immuable. Une fois la mélodie mise en place, le refrain est entonné plusieurs fois ; et lorsque le solo de guitare est consumé, la chanson s’achève pour céder le relais à la suivante. Enfin, le set ne durera, en tout et pour tout, que cinquante minutes. Sans le moindre accès de folie. Un peu court, quand même. Service minimum !  

(Organisation Botanique)

 

Josh Smith

Don't give up on me

Écrit par

Josh Smith est âgé de 33 ans. Né dans le Connecticut, ce jeune bluesman a passé l'essentiel de sa vie sous le soleil de la Floride. Dès sa tendre enfance, il écoute le blues, celui de Muddy Waters, BB King et T-Bone Walker. A 13 ans, il rejoint les Rhino Cats, le groupe qui a élu résidence au club M de Fort Lauderdale. A 14 ans, il publie son premier elpee, "Born under a blue sign". Et un deuxième, l'année suivante, "Woodsheddin'". Dès 1997, il drive son propre trio, Josh Smith and the Frost. Le combo grave un album "Too damn cold", sous la houlette de Jim Gaines. A partir de 1999, il tourne à travers le monde et enregistre un nouvel opus, "Woman", toujours mis en forme par Gaines. Enfin, "Deep Roots" paraît en 2006 et "Inception" en 2009, une œuvre instrumentale.

En 2010, Josh est signé par le label allemand Crosscut. Ecurie pour laquelle, il vient de concocter « Don't give up on me ». Pour la première fois, Mr Smith se réserve l’intégralité de l’écriture et de la production. Lors des sessions d’enregistrement, il a quand même reçu le concours, du bassiste Calvin Turner, du drummer Carl Lemar Carter et de deux claviéristes, Charles Jones et Denis Hamm.

"Bad side" baigne dans une ambiance nonchalante, décontractée, laidback si vous préférez. Une atmosphère qu’on retrouve sur les derniers elpees d'Eric Clapton. Même la voix est un tantinet rocailleuse. Bien claire, la guitare est parfaitement adossée au chant. Malheureusement, les arrangements de cordes sont souvent trop chargés, voire totalement inutiles. Dommage, car la guitare prend un superbe envol, dans l'esprit de BB King. Soul, "Made for me" est une chanson caractérisée par la présence de voix féminines. Les interventions du clavier sont judicieuses et la six cordes bien présente. D’excellente facture, le titre maître met en exergue la voix sensuelle et évocatrice de Josh. La guitare emprunte à nouveau des motifs sonores à Lucille, l'instrument fétiche de BB King. "I've always been" baigne dans un climat funky ; mais on distingue d’abord en toile de fond, puis tout à fait distinctement, l'harmonica magique de Mr Kim Wilson. Homogène, cet opus trempe dans le laidback blues ; mais sa mise en forme est trop sophistiquée. Pourtant, il recèle de superbes plages comme "That ain"t me", "The middle" ou encore "Sneaky Jo Turner", un instrumental digne d’une bande sonore de film! "That ain't love" clôt l’elpee. Un chouette boogie dont l’impact irrésistible procède de son dépouillement. En fait, Josh est alors uniquement soutenu par sa seule section rythmique. Un choix qu’il aurait dû privilégier…

 

Josh Smith

I'm gonna be ready

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Josh Smith est chanteur, guitariste et compositeur. Agé de 33 ans, il est originaire du Connecticut, mais vit aujourd'hui en Floride, du côté de Fort Lauderdale. Très tôt, il s'intéresse au blues et monte sur la scène du club local ‘M’, en compagnie des bluesmen qui s’y produisent. Ces performances lui permettent de sortir un premier album, alors qu’il vient à peine de fêter ses 14 printemps. Il s’intitule "Born under a blue sign". Un an plus tard, il publie le deuxième, "Woodsheddin'". Dès 1997, il commence à tourner inlassablement, à la tête de son trio, The Frost. Ses deux elpees suivants sont produits par le célèbre Jim Gaines (Santana, Luther Allison, Stevie Ray Vaughan, …) En 2002, il part s’établir à Los Angeles. Depuis, il est constamment sur la route, mais n’en oublie pas pour autant de graver de nouvelles œuvres. En 2011, il est signé par le label allemand Crosscut, pour lequel il enregistre "I'm gonna be ready". Les sessions se sont déroulées à West Hills, en Californie.

"Fine young thing" se révèle aussi autoritaire qu’efficace. La guitare est constamment à l’attaque. Le chant est puissant. Fred Kaplan, le vétéran, est dans son jus, derrière son piano, pendant que Lynwood Slim, souffleur californien notoire, se démène à l'harmonica. Une ouverture royale ! Le chant est chargé de passion sur "Only you", un R&B nappé d’orgue et de cuivres ; mais c’est le très habile Kirk Fletcher qui se réserve les cordes rythmiques. Les percussions de Mike Clarke et les ivoires de Kaplan imposent un tempo très swing à "Goin' out tonight". Suivant son instinct, Smith met le nez à la fenêtre pour aligner des grappes de notes impérieuses. "The way you do" est le blues lent de circonstance. Josh chante paresseusement face aux interventions de claviers, d’orgue et de piano, alors que les cuivres répondent à la sortie des cordes. Largement cuivré, "You and me" est une plage trempée dans le soul/funk. Une invitation à se déhancher ! Le titre maître est du Josh Smith pur et dur. Un shuffle blues offensif exécuté en formule trio. Très original, à partir de motifs empruntés à John Lee Hooker, le jeu de cordes communique une intensité dramatique. "Sober up baby" puisse son inspiration dans le Chicago westside. Celui de Magic Sam voire d'Otis Rush pour le rythme. Le chant est très autoritaire et la guitare indomptable. Jeff Young balise "Where's my baby" de ses interventions à l’orgue, une piste qui libère beaucoup de groove. Blues jam, "Ain't enough" ne manque pas de relief. Impressionnante, la sortie nous entraîne dans un univers proche de Jimi Hendrix. "Dead wrong" clôt l’opus. Un titre de soul/blues remarquable.

L’œuvre est enrichie d’un mini cd réunissant 4 pistes instrumentales qui nous plongent au cœur d’autant d’ambiances différentes. Soit le blues lent "Penance", hanté par Jeff Beck, le cuivré "Fulfillment", caractérisé par ses accès de jazz et R&B, le percutant "Propulsion", un morceau country chargé de swing, et enfin, le plus pop/rock "Inception"

 

Patti Smith

Banga

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Huit longues années que Patti Smith n’avait plus enregistré de véritable album. Paru en 2007, « Twelve » était un elpee consacré exclusivement à des reprises, alors que « The Coral See », concocté en compagnie de Kevin Shields, était réservé à ses poèmes récités sur de longues envolées sonores atmosphériques.

Le titre « Banga » a été emprunté au roman de Mikhaïl Boulgakov, ‘Le maître et la marguerite’. C’est le nom du chien de Pilate. L’elpee ne manque d’ailleurs pas d’hommages ni de références. Ainsi « Fuji-San » est une prière adressée aux victimes du tsunami qui a ravagé le Japon. « This is the girl » revient sur le comportement autodestructeur d’Amy Winehouse, cette remarquable vocaliste victime d’un abus de consommation d’alcool et de drogues. « Maria », nous parle de la fragilité psychologique de Maria Schneider, partenaire de Marlon Brando dans le ‘Dernier tango à Paris’, décédée en 2011.

Sous un aspect plus littéraire, « April fool » est une ballade allègre inspirée par Nicolas Gogol, un écrivain russe d'origine ukrainienne, alors que sur « Tarkovsky (The second stop is Jupiter »), elle marche sur les pas du grand réalisateur de cinéma, mort en exil en 1986, tout en récitant ses vers a cappella. Quant au morceau d’ouverture, « Amerigo », il nous invite à revivre le périple qui a permis à Amerigo Vespucci de découvrir le Nouveau Monde. Si le très ‘televisionesque’ « Nine », est le cadeau d’anniversaire adressé à Johnny Depp (NDR : il est né un 9 juin !), ce dernier apporte finalement et paradoxalement son concours au titre maître. « Constanine’s Dream » s’inspire de la fresque ‘Le Rêve de Constantin’ de Piero della Francesca, un grand maître de la Renaissance. En filigrane, cette œuvre est toujours hantée par les fantômes  d’Allen Ginsberg, d’Arthur Rimbaud, ses maîtres, ainsi que de feu son époux, Fred ‘Sonic’ Smith, disparu à l’âge de 44 ans.

Jackson et Jesse, ses deux enfants, ont participé aux sessions d’enregistrement de l’album. Le premier joue de la guitare, le second au piano. Et en studio, elle a pu bénéficier du concours de quelques invités mais surtout de son band habituel. Soit le gratteur Lenny Kaye, le drummer Jay Dee Daugherty et le bassiste/claviériste Tony Shanahan. Sans oublier la présence de Tom Verlaine sur deux plages.

Ce superbe opus s’achève par « After The gold rush », une reprise de Neil Young, au cours de laquelle Patti est soutenue, en fin de parcours, par une chorale d’enfants.

Patti Smith est en tournée cet été en Europe et se produira, en particulier, à l’Openlucht Rivierenhof d’Anvers ce 1er juillet, festival programmé du 20/06 au 7/09, qui accueillera également Portishead, OMD ainsi que Sigur Ròs ( www.openluchttheater.be ) ; et dans le cadre des Ardentes, ce 5 du même mois, à Liège, festival au cours duquel sont également à l’affiche Dyonisos, Morrissey, The Jon Spencer Blues Explosion, Yeasayer et Hubert-Felix Thiefaine et bien d’autres… ( http://www.lesardentes.be/2012/fr/ )

 

Patti Smith

Outside Society

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Le dernier ‘best of’ de la marraine du punk réunit ses 16 hits les plus fondamentalement rock (« Because the night », « Rock N Roll Nigger », « So you want to be a rock n roll star », « People have the power », « Summer cannibals », etc.) et deux covers, dont la plus célèbre reste évidemment le « Gloria » du Them, qui ouvre la plaque. L’autre est consacrée au « Smells like teen spirit » de Nirvana. De quoi rendre une nouvelle fois un hommage à Kurt Cobain, que Patti a toujours beaucoup apprécié. Les compos sont proposées dans l’ordre chronologique. Deux par album. Et s’étalent de 1975 à 2007. Ah oui, j’allais oublier, le tout a été remasterisé.

 

Pinetop Perkins & Willie ‘Big Eyes’ Smith

Joined at the Hip

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Les bluesmen de la première génération sont presque tous disparus. Et pourtant il en reste un qui passe avec un réel bonheur, à travers les âges et générations : Joseph William Perkins. Il est né le 7 juillet 1913 à Belzoni, dans le Mississippi. Il a donc 97 balais et reste fidèle au poste, derrière les 88 touches en ivoire de son instrument. Ce grand spécialiste du blues et du boogie woogie s'était fait largement connaître en succédant, dès 1969, à Otis Spann, au poste de pianiste du Muddy Waters Band. Il est largement sexagénaire lorsqu'il publie son premier album solo. En fréquentant Muddy Waters, il rencontre le drummer Willie ‘Big Eyes’ Smith, en compagnie duquel il fondera plus tard le Legendary Blues Band. Depuis 2004, il vit à Austin, au Texas. Perkins avait déjà sorti sur Telarc, "Pinetop Perkins and friends" en 2008. Un œuvre pour laquelle il avait reçu la collaboration de BB King, Eric Clapton et Jimmie Vaughan.

Le Perkins nouveau implique son ami Big Eyes Smith, au chant et à l’harmonica, son fiston Kenny Smith aux drums, Bob Stroger à la basse, John Primer (un autre ancien membre du Muddy Waters Band) ainsi que le jeune et prometteur Little Frank Krakowski, aux guitares.

La mise en route est parfaite. Un solide Chicago shuffle intitulé "Grown up to be a boy". Une plage introduite par l'harmonica de Smith. Maître Perkins est bien fidèle au piano. Il est le premier à se réserver un billet de sortie. La guitare de Little Frank ouvre le "Cut that out" de John Lee Sonny Boy Williamson 1. Le tempo est assez vif. Le vieux Pinetop répond au chant de Big Eyes, tandis que les accords de gratte adoptent un profil jazz plutôt remarquable. Le vieil artiste semble s'amuser comme un gamin derrière ses ivoires. Et dire qu’il fait partie de ces pionniers originaires du Mississippi, qui sont montés dans le Nord pour gagner leur croûte. Atterrissant à Chicago, après avoir transité par Memphis et St Louis. Les musicos nous invitent à prendre un bain de Chicago Southside, en exécutant "Take your eyes off my woman". Proches ici de "Got my mojo working" et d’"I can't be satisfied", ils nous rappellent les meilleurs jours du Muddy Waters Band. Et la suite rencontre un même ravissement. A l’instar de "Walkin' down the highway", un blues lent au cours duquel Pinetop réincarne Otis Spann, Willie Smith enfile le costume de Little Walter alors que l'ami John Primer a ramené ses cordes. Smith est un excellent musicien. Et le démontre en soufflant comme Sonny Boy Williamson, lorsqu’il introduit "Gamblin' blues". Encore une plage de toute bonne facture. Nouveau blues lent, "Take my hand, Precious love" est dépouillé à l'extrême. Un remarquable dialogue s’instaure entre le piano et l'harmonica, pendant que le vieil homme se charge du chant, en personne. Toute l’équipe semble heureuse de partager ces instants privilégiés en studio. Un sentiment illustré sur "You'd better slow down", une compo au cours de laquelle, elle participe collectivement aux vocaux. Instrumental, "Minor blues" met en exergue le talent de Big Eyes Smith sur l'instrument chromatique. Le timbre de Smith est empreint de passion tout au long de l’indolent "Lord, lord, lord", une plage au cours de laquelle Little Frank joue tout en feeling (NDR : à mon humble avis, il serait judicieux de ne pas manquer la prochaine sortie du premier album de Little Frank & the Premiers). La voix de Pinetop est bouleversante lorsqu’il interprète "Grindin' man", un autre slow blues aux lyrics autobiographiques. D’excellente facture, cet opus s’achève par un véritable brûlot : la cover du "Eyesight to the blind" de Sonny Boy Williamson 2. Pinetop rêve de devenir le premier pionnier du blues à fêter son centenaire. C'est tout le mal qu’on lui souhaite. D’abord, parce qu’il se révèle toujours aussi sémillant ; en outre, à cause de sa générosité. Le vieil homme a ainsi fonder la Pinetop Perkins Foundation pour aider les jeunes artistes blues. Et pour que votre info soit compète, sachez, qu’en août prochain, se déroulera un piano masterclass, au club Ground Zero, à Clarcksdale (NDR : c’est dans le Mississippi !)

Elliott Smith

Roman Candle

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Les ayants-droits n’en finiront probablement jamais de piller les réserves du plus grand songwriter de sa génération. Après voir réédité « From a Basement on the Hill » en 2004 et « New Moon » en 2007, Domino a décidé de ressortir « Roman Candle », le premier album de Mr. Smith. Un elpee initialement paru en 1994 chez Cavity Search. Mais devrait-on pour autant bouder notre plaisir ? Il est tentant de critiquer cette nouvelle initiative, surtout lorsqu’elle est destinée à se faire du blé sur la tombe d’un artiste. De la qualifier d’indécente. De stigmatiser cette opération mercantile. D’hurler à la trahison. Ou parce qu’elle est susceptible de troubler le repos de l’âme du chanteur texan… mais dès les premières notes du morceau d’ouverture, « Roman Candle », l’auditeur ne peut que se réjouir de retrouver la douceur de ces voix doublées et la pureté de ces mélodies douces et fragiles…

Album injustement méconnu, « Roman Candle » recèle toute une série de perles dont les magnifiques « No Name # 2 » et « Condor Avenue » (proches des trésors d’« Either/Or »). Quel compositeur contemporain ne signerait-il pas des deux mains pour hériter d’une seule seconde d’inspiration qui a permis à feu Elliott d’écrire ces neuf morceaux figurant sur cet elpee. Le disque avait été enregistré sur un quatre pistes ; et pourtant, jamais les plages n’émargent à la lo-fi, tant Smith maîtrise son sujet. Chaque note frappe en plein cœur. Qu’elles émanent de ses cordes de guitare ou de sa voix. Des chansons probablement trop lourdes à porter pour un musicien tellement peu sûr de lui, malgré son immense talent ! Des ses débuts, il était déjà au sommet de son art. Et il l’ignorait. Ce « Roman Candle » est pourtant un classique. Et dire que ces morceaux n’auraient jamais été publiés, si sa petite amie n’avait pas eu la bonne idée de les envoyer à une maison de disques… bien entendu ravie de l’aubaine… Indispensable!

Chris Smither

Time stands still

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Le nom ne doit sans doute pas vous dire grand-chose. Et pourtant, cet auteur/compositeur vient de commettre son onzième opus. Près de quarante années que ce troubadour roule sa bosse sur les chemins du blues. Son tout premier elpee, "I'm a stranger too", date d’ailleurs de 1970. Pour son nouvel opus, il a reçu le concours de son ami guitariste David Goodrich et du batteur Zak Trojano.

Les trois premières plages du cd sont manifestement les meilleures. Et tout d’abord celle qui ouvre le disque "Don't call me stranger". Un morceau qui baigne au sein d’une ambiance relaxante. La voix paresseuse de Chris ainsi que la conjugaison des cordes acoustiques et électriques font immanquablement penser à JJ Cale au sommet de son art. Excellent ! Goodrich se révèle un gratteur très inspiré. La plage éponyme est une bien jolie composition dont les accents folk sont entretenus par deux guitares acoustiques aux tonalités différentes. Intimiste, la voix de Smither semble susurrer à notre oreille. Imprimé sur un tempo soutenu, "Surprise, surprise" est plus nerveux. La voix demeure sereine. Jamais d’ailleurs elle n’éclate. Par contre, les cordes acoustiques sont particulièrement volubiles. "I don't know" véhicule des accents subtilement latins voire même centrafricains dans les sonorités des cordes électriques, émargeant finalement à une sorte de world pétillante. Chris se libère quelque peu sur "I told you so", une plage pleine de verve dirigée par les cordes amplifiées de Dave. Le reste de l’elpee est beaucoup plus folk, intimiste. On a l’impression que l’artiste est juste à côté de nous. Ses cordes sont légères. Et souvent très élégantes. A l’instar d’"Old man down". Ou lors de ses reprises. Des covers que semble vivre Mr Smither. Celle du "It takes a lot to laugh, it takes a train to cry" de Bob Dylan en est une belle illustration ; comme le "Madame Geneva's" de Mark Knopfler, une jolie complainte celtique que Chris nous restitue à la manière sombre de Leonard Cohen. On épinglera encore une adaptation du folk blues traditionnel, le "Miner's blues" de Frank Hutchinson. Bref, cet album devrait ravir les amateurs de blues primitif…

 

Patti Smith & Kevin Shields

The Coral Sea

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Photographe, Robert Mapplethope était un ami de Patti Smith. Atteint du SIDA, il est décédé en 1989. En 1997, Patti lui avait consacré un recueil de poèmes. Qu’elle ne s’est décidée à lire en public que le 22 juin 2005 et le 12 septembre 2006, au Queen Elisabeth Hall de Londres. En bénéficiant pour la circonstance du concours du leader/guitariste de My Bloody Valentine, Kevin Shields. Smith y rend un hommage posthume à son compagnon, celui qui avait notamment réalisé la pochette de son elpee légendaire « Horses », à travers son spoken word. Shields sonorisant cette prose de longues envolées atmosphériques. L’album est double, mais malheureusement, les lyrics, particulièrement douloureux, n’y sont pas inclus. Tout comme le tracklisting, par ailleurs.

Patti Smith

Twelve

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Le dernier album de Patti Smith est exclusivement consacré à des reprises. 12 standards pop/rock américains qu’elle rêvait depuis très longtemps d’enregistrer. On lui connaissait la cover légendaire du « Gloria » de Them, celle du « My generation » du Who, de « When doves cry » de Pince ou encore de « So you want to be a rock’n roll star » des Byrds. Ici, elle s’attaque brillamment au « Are you experienced, » de Jimi Hendrix, « Helpless » de Neil Young, « Gimme shelter » des Stones, « Within you without you » des Fab Four, « White Rabbits » de Jefferson Airplane, « The boy in the bubble » de Paul Simon, « Soul kitchen » des Doors, « Smell like ten spirit » de Nirvana (essentiellement au banjo, au violon et à la guitare acoustique !) ainsi qu’au « Pastime paradise » de Sevie Wonder. Par contre son adaptation d’« Everybody wants to rule the world » de Tears For Fears manque de punch et celle du “Midnight rider” des Allman Brothers de conviction. Deux titres qu’elle n’est pas parvenue à se réapproprier. Elle a bien reçu le concours de son band habituel ; en l’occurrence Lenny Kaye, Tony Shanahan et bien sûr Jay Dee Daugherty. Et fatalement, ses adaptations prendront encore une autre dimension sur les planches…

 

 

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