Power Solo est le pouvoir du solo, c’est-à-dire la puissance unique de la musique créée par la puissance unique de l’électricité, déversant son bruit terrible sur le monde et directement dans vos oreilles. La puissance de Power Solo est immense et règnera sur votre chaîne stéréo comme un roi sans pitié jusqu’à ce que vous vous soumettiez finalement à son pouvoir et deveniez un véritable disciple du solo car nous savons tous que Power Solo sait parfois se montrer généreux, surtout envers les belles femmes qui ont un problème d’alcoolisme. Power Solo vous récompensera au centuple si vous achetez cet album, apportera la joie dans votre foyer et multipliera vos biftons par deux. Power Solo est le fétiche porte-bonheur du bruit maximum et du larsen sur lequel vous battrez la mesure à l’aide de vos pieds et vos tentacules. Ne passez pas à côté de votre chance, vous serez gagnant à chaque fois. Merci de votre attention’.
Ce sont les premiers mots de l’album de Power Solo, récités par Sébastien Doubinsky.
Ces quelques lignes résument fort bien l’esprit de ce groupe de sauvages qui nous livre un trash-rock-psychobilly tout ce qu’il y a de plus savoureux.
Le trio de Power Solo a vu le jour en 1996 et réunit Kim ‘Kix’ Jeppersen, son frère Bo et un batteur. Ils comptent 6 albums à leur actif : « Lemon Half Moon » en 2001, « It’s raceday and your pussy is GUT » en 2004, « Egg » en 2006, « Himmerland » en 2008, « Bloodsinkbones » en 2009 et le petit dernier dont il est question ici, « Buzz Human » sorti en décembre 2011.
« Buzz Human » est découpé en quinze –bel effort!– jolies discordances mélodieuses, accrocheuses et démoniaques. Le chanteur crie un peu, c’est vrai, mais c’est la raison pour laquelle on écoute Power Solo ; et en plus, le groupe a pris la peine de l’expliquer dans l’intro.
« Buzz Human » parle d’expériences personnelles relatées avec une bonne dose d’humour noir pour faire glisser plus impunément l’amère pilule de l’existence. Parce que fait de sang, de chair, de sexe et de sueur, cet album vit ! Il porte la marque des deux frères qui, enfermés dans le studio, tirant le max d’une boîte à rythmes et de deux guitares, ont produit l’album comme des grands, d’un seul trait, en quelques jours et plus probablement quelques nuits.
Que dire de plus qui n’ait déjà été écrit dans l’introduction ? Si… une chose à préciser malgré tout, c’est que ce cirque musical capable de faire vibrer en nous l’hypothétique corde country-punk teintée de blues comme seuls les Américains y parviennent est… danois. Alors là, double chapeau bas. Des Danois ! Quel pied de nez aux angoisses de Kirgegaard et à la mélancolie d’Agnès Obel. Des Danois au taux de ‘déjantage’ pulvérisant tous les champs de marie-jeanne à cinq mille kilomètres à la ronde. Des Danois fous-fous, mais ô combien efficaces et gentlemen. Soumettez-vous à leur pouvoir !