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Hollywood Porn Stars

Double You Double You : Hollywood Porn Stars ne fait jamais les choses à moitié

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Méfiez-vous de l’eau qui dort ! Une expression singulière pleine de sens pour l’un des groupes belges les plus prolifiques de sa génération, Hollywood Porn Stars !

Le combo s’est reformé quasi de manière inattendue dans le cadre du vingtième anniversaire de son premier opus. Une série de concerts a suivi prouvant ainsi à toute une génération de fans que la formation avait gardé l’insouciance de ses débuts par le biais d’une salve de titres parfaitement dans l’air du temps, malgré le poids des années. 

Après avoir sorti « 6th of October » en 2024 et « Peach Bomb » en 2025, le nouveau single de Hollywood Porn Stars est désormais connu : Double You, Double You. 

HPS se produira à Liège au Reflektor le 13 novembre et à Bruxelles au sein de l’AB le 23 janvier. 

Double You, Double You est en écoute ici.

Hollywood Porn Stars

Je n’aimerais pas avoir 20 ans aujourd’hui, ce serait trop lourd à porter…

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Méfiez-vous de l’eau qui dort ! Une expression singulière pleine de sens pour l’un des groupes belges les plus prolifiques de sa génération, Hollywood Porn Stars !

Le combo s’est reformé quasi de manière inattendue dans le cadre du vingtième anniversaire de son premier opus et ce pour quelques dates.

A travers un concert à l’énergie brute dans le cadre du festival Les Solidarités, Anthony Sinatra et Michael Larivière (alias Redboy) ont une nouvelle fois prouvé à toute une génération de fans qu’ils avaient gardé l’insouciance de leurs débuts par le biais d’une salve de titres parfaitement dans l’air du temps, malgré le poids des années.

Alors qu’ils viennent de quitter leur public, les deux chevilles ouvrières sont à pied d’œuvre pour une série d’interviews, preuve que leur popularité n’a pas changé d’un iota.

Anthony Sinitra s’entretient auprès d’un confrère ; donc, seul Michael Larivière – alias Redboy, se chargera de répondre aux questions de Musiczine.

Michael, vous revenez en force grâce à de nouveaux singles (« 6th of October » en 2024 et « Peach Bomb » en 2025). Comment définirais-tu le groupe artistiquement par rapport aux débuts de Hollywood Porn Stars ?

Nous sommes restés fidèles à nous-mêmes ! Nous sommes ici pour fêter les vingt ans de notre premier album (NDR : « Year Of The Tiger »). Nous ne souhaitions pas revenir sur le devant de la scène les mains vides. Accomplir une tournée best-of et ne proposer que des titres anciens, n’est pas une démarche dans laquelle nous souhaitons nous inscrire. Nous avons donc effectivement composé deux nouveaux titres. Pour ta parfaite information, nous travaillons en ce moment sur quelques nouvelles compos. Au niveau du style, je ne sais pas. Tout ce que je peux te dire, c’est que les retours du public sont très positifs, ce qui procure évidemment un plaisir immense. Artistiquement, je crois que nous sommes restés assez contemporains. A vrai dire, à aucun moment, nous ne nous sommes jamais posé la question de savoir sous quel angle nous allions aborder ces chansons. Nous avons fait ce que nous sentions !

J’imagine que le succès, la sortie de disques, les tournées et vos expériences passées modifient la manière de concevoir les évènements ? Dirais-tu que vous baignez l’un et l’autre dans une forme d’insouciance comme à vos débuts ?

Durant 15 ans, nous n’avons fait qu'enchaîner disques et tournées. Nous abordons la quarantaine aujourd’hui ! Ce rythme effréné nous a conduit à arrêter il y a quelques années déjà. Nous n’avons jamais vraiment splitté, mais l’idée de passer de salles en salles, ne nous convenait plus. Nous ressentions le besoin de passer autre chose, tout en restant dans le domaine musical. Anthony travaille comme éditeur pour un label. Moi, je fais du coaching pour des concerts. Puis, petit à petit, l’envie de se produire s’est doucement fait sentir à nouveau. Et afin de marquer le coup du vingtième anniversaire de notre premier album, l’idée de remonter sur scène est alors apparue. Nous avions alors booké une seule date à Liège. Le public s’est déplacé en masse puisque 1 500 personnes se sont donné rendez-vous. Ensuite, naturellement, les demandes de nous produire en festival se sont enchaînées. Mais, je te confirme que nous ne sommes plus du tout dans la même optique qu’autrefois. Ce n'est plus notre vie aujourd’hui !

Les titres de vos précédents albums n’ont pas pris une ride et s’inscrivent même dans l’air du temps, entre électricité et émotion. Peut-on affirmer qu’HPS est un groupe taillé pour traverser les âges et les générations ?

Nous avons passé du temps au stand merchandising juste après le concert afin d’y rencontrer le public. Si certains découvraient notre univers, d’autres, au contraire, connaissaient parfaitement le groupe. Pas mal de Français ont effectué le déplacement car nous y avions joué en son temps. Nous avons été surpris de voir les enfants accompagner des parents qui, jadis, constituaient notre public. A titre anecdotique, nous avons joué cet été au Ronquières Festival. L'éclairagiste de Zaho de Sagazan est fan de notre musique depuis qu’il est adolescent. Il nous a avoué qu’il avait réalisé un rêve de gosse en regardant notre concert. Les gens qui assistent à l’une de nos prestations passent un bon moment, c’est l’essentiel. On mouille notre chemise ! Il faut pouvoir profiter de l’instant présent. Nous sommes et avons toujours été un groupe de scène.

Si je peux me permettre, je dirais que le pont commun entre les nouveaux et anciens titres, réside dans la spontanéité, l’énergie et l’instant. Est-ce que je me trompe ?

Oui, c’est exact ! Nous avons toujours baigné dans cette dynamique, entre rock puissant, sans être très dur, et indie, tout en ajoutant cette pointe mélodique qui fédère auprès des puristes.

J’ai constaté peu de changement dans le line-up, si ce n’est le remplacement du drummer originel Benoît Damoiseau…

Oui, c’est exact ! Notre premier batteur est impliqué dans un autre projet. Nous pensions tourner avec lui, mais c'était trop compliqué. Le drummer actuel appartenait à notre entourage.

Qu’apporte-t-il de plus ou de différent par rapport à Damoiseau ?

Il est à nos côtés depuis la naissance d’Hollywood Porn Stars. Je ne le comparerais pas au batteur originel, mais on se comprend très vite, il y a un vrai feeling. Il suffit de jeter un regard pour être synchro sur les intensités ou les dynamiques. Si on vrille dans un truc totalement improvisé, il parvient à nous suivre sans aucun problème. On est sur la même longueur d’onde. On se connaît par cœur.

Si le retour d’HPS coïncide avec le vingtième anniversaire de votre premier long playing, le public est-il le même aujourd’hui qu’il ne l’était à l’époque ?

Ceux qui assistent à nos concerts peuvent être d’anciens fans. D’autres, sont nouveaux. Certains viennent en compagnie de leurs enfants. Quel bonheur de voir tous ces gens accrocher de nouveau à l’univers musical de Hollywood Porn Stars. Nous injectons beaucoup d'énergie et le public nous la renvoie. C’était encore le cas cet après-midi lorsque nous avons joué sur la scène P&V.

Craigniez-vous la réaction du public face au retour de HPS ?

Lorsque nous avons rejoué à Liège pour la première fois, l’interrogation était légitime. Depuis, quelques dates se sont enchaînées et tout se passe bien. Nous pouvons donc être rassurés à ce niveau.

Les attentes des mélomanes ont évolué depuis vos premiers essais. Vu l’émergence des plates-formes de streaming et des diktats de l’industrie musicale, comment HPS se positionne-t-il aujourd’hui par rapport à ces nouvelles contraintes ? 

Nous avons baigné dans le milieu musical durant de nombreuses années. C’était notre métier. Nous avions le statut d'artiste et nous ne faisions qu'enchaîner les concerts. En ce qui me concerne, je jouais u sein de deux groupes et j’étais constamment sur les routes. Ce n’est plus notre moyen de gagner notre vie maintenant. Nous nous produisons davantage pour le plaisir. Les contraintes sont donc moins nombreuses qu’auparavant. Pareil pour les frustrations. Développer notre carrière et continuer à remplir des salles ne sont plus des objectifs prioritaires. Notre ambition première est de prendre du plaisir.

Etrangement, vous n'apparaissez pas ou très peu, sur les réseaux sociaux alors que les médias, au sens le plus large du terme, constituent un moyen privilégié pour réseauter efficacement et partager avec son public…

A l’époque, ce genre de réseaux n’existait pas. On n’a pas envie d’adopter ce type de démarche, comme ouvrir un compte Instagram ou TikTok. Lorsqu’il s’agit de communiquer, on utilise la page Facebook du groupe, voire nos pages personnelles si besoin. Loin de nous l’idée de dénigrer ces nouvelles formes de communication, mais nous préférons les utiliser avec parcimonie.

Je me suis amusé à taper ‘Hollywood Porn Stars’ dans différents moteurs de recherche et je suis tombé, dans une majorité de cas, sur des sites à caractère pornographiques. Si je peux comprendre qu’à l’époque, vous cherchiez à vous singulariser en adoptant un patronyme qui dénote, n’est-il pas plus difficile à porter aujourd’hui, soit à une époque du politiquement correct ?

Au départ, ce choix était né d’une blague. Alors que nous n’avions que 20 ans, nous nous sommes inscrits sur un coup de tête au concours Circuit. En une après-midi, nous avons composé trois morceaux. Restait alors à choisir un nom. On venait de voir un reportage sur le côté sombre de l'industrie porno d'Hollywood. L’idée de s’appeler ‘Hollywood Porn Stars’ nous est alors venue à l’esprit. Nous y avions vu une bonne idée pour nous démarquer du reste, puisque très second degré. Nous avons finalement remporté ce concours quelques mois plus tard et nous avons immédiatement signé pour une maison de disques. Ensuite, les concerts se sont enchaînés durant des années. Hollywood Porn Stars était né. En réalité, le nom correspondait davantage à l'état d'esprit dans lequel nous étions, d’une part, et sur les clichés du rock'n'roll et du hard rock avec lesquels nous jouions, un monde très éloigné du nôtre. C’est un choix que nous assumons totalement. On ne va pas le changer 20 ans plus tard, uniquement parce que le band s’est reformé. Mais, il est clair que sur le net, c'est loin d’être facile. A titre d’exemple, quand on a voulu sortir un nouveau titre sur Spotify, la tâche n’a pas été facile pour le rendre accessible. En prenant du recul, toute cette histoire nous fait rire.

« Peach Bomb » est un nouveau titre plein de fraicheur. Il décrit avec beaucoup de légèreté la métaphore de la dangerosité des décisions prises par les dirigeants de ce monde et de leurs conséquences, à l’instar de querelles entre gosses dans une cour d’école. A l’échelle nationale, comment percevez-vous la politique, en général, et par rapport au monde culturel, en particulier ?

Très franchement, nous ne sommes pas très à l’aise avec tout ce qui se passe pour le moment. Faire le parallèle de la case politique avec celle d’une cour d’école était une manière d’avertir du danger que nous courons. Une bombe atomique se trouve sous nos pieds et elle peut exploser à tout moment. Nous vivons une époque étrange et difficile. A nos débuts, nos morceaux n’étaient pas toujours empreints de messages politiques. L’âge et la maturité aidant, on ne peut plus rester insensible face à ce genre de situations, tout en essayant de garder cette légèreté qui nous caractérise. On aborde donc les événements différemment. Nous avons également enregistré « 6th of october » il y a quelque temps. Ironie du sort, il est paru la veille des ignominies qui se sont produites à Gaza ; et ce morceau résume très justement la manière dont nous percevons une époque où nous ne nous sentons pas toujours très à l’aise. Aujourd’hui, les libertés sont nettement plus restreintes que lorsque nous étions jeunes. Je n’aimerais pas avoir 20 ans aujourd’hui, ce serait trop lourd à porter…

Ce morceau a été enregistré en live. Ces conditions nécessitent-elle davantage de préparation ?

Le live est l’ADN du groupe ! Pour le concours Circuit, nous n’avions rien prémédité. Le premier concert est arrivé. Instinctivement, l’énergie s’est emparée de nous. Il y avait quelque chose de fusionnel. Je crois que c’est la raison pour laquelle nous existons encore aujourd’hui. Et lorsque nous enregistrons en live, le naturel revient au galop. Pour l’enregistrement de ce titre, peu de prises ont été réalisées, car la majeure partie du temps a été consacrée à régler les sons. Si ma mémoire est bonne, je crois même que nous avons conservé la toute première prise. Le dernier album de Hollywood Porn Stars « Satellites » a été enregistré dans ces mêmes conditions.

Vous avez collaboré une nouvelle fois avec John Goodmanson qui a mixé et produit plusieurs opus culte, dont ceux de Nada Surf et Sun Garden, notamment. Quelle est la plus-value apportée par cet ingénieur du son en particulier ?

Oui, c’est exact ! John Goodmanson est un producteur américain dont on est très fan. Il a collaboré notamment pour Nada Surf ou encore Blondie. Quand on a bossé avec lui pour le deuxième album, il mixait la moitié des disques qu'on écoutait à l'époque, des trucs plus indés comme Blonde Redhead, Blood Brothers, etc. C'était vraiment le son idéal. On l’a recontacté pour lui dire que HPS se reformait. Il était ravi. Il écoutait toujours le disque que nous avons enregistré à ses côtés. Et ironie du sort, il fait aujourd’hui écouter cet opus à des groupes avec lesquels il bosse désormais. Notre collaboration s’est donc déroulée rapidement et naturellement.

Vous avez été tous deux dans diverses formations qui ont connu un succès d’estime et de critique. Je pense à My Little Cheap Dictaphone ou encore Piano Club. Au même titre qu’HPS, pourrait-on imaginer la résurrection de ces deux monstres sacrés du rock belge ?

Il n’a jamais été question de tourner la page définitivement. Ce sont des épisodes que nous avons mis entre parenthèse depuis environ 4-5 ans. Anthony n’est pas présent, je ne vais donc pas parler pour lui et Piano Club. Mais, en ce qui me concerne, les gens viennent souvent vers moi dans le cadre d’une reformation éventuelle. Disons que nous sommes au stade de la réflexion. Il n’y a rien de très concret pour l’heure.

Anthony a fondé, il y a quelques années déjà, l’ASBL Young Rock. Il a lancé le Liège Rock Festival, un événement organisé pendant cinq ans à la Soundstation et qui a mis en lumière des talents confirmés (Dionysos, Das Pop, ...), mais aussi des formations émergentes telles que Girls In Hawaii. Le modèle économique des festivals peine à perdurer, à cause, notamment, des cachets excessifs réclamés par des artistes confirmés alors que les évènements pourraient être de très bonne qualité en proposant davantage d’artistes émergents. Vous possédez tous deux une longue carrière dans ce domaine, mais comment perçois-tu ce modèle dans vingt ans ?

Je n’en sais trop rien ! J’en ai discuté avec différents organisateurs de festival qui m’ont tous confirmé que le modèle économique actuel était en passe de changer. Il y a clairement des choses à réinventer. Certains festivals connaissent des difficultés pour vendre la totalité des places disponibles. Quant à ceux qui parviennent à faire ‘sold out’, on n’y voit pas toujours les artistes les plus indépendants et les plus locaux. Les contraintes économiques sont telles qu’il va falloir faire cohabiter les grosses têtes d'affiches avec des artistes issus de la Fédération Wallonie-Bruxelles ou belges, en général. Aujourd’hui, les programmateurs de festivals souhaitent aller en ce sens. Mais, il est vrai, que ce n’est pas facile à concilier.

Pour terminer quels sont vos projets ? Avez-vous l’intention d’enregistrer un nouvel elpee ?

Pas vraiment ! Nous n’avons aucun plan, nous vivons plutôt au jour le jour, comme à nos débuts. Mais, nous sommes sollicités, je dois l’avouer. Nous avons sorti deux nouveaux titres et un troisième est en préparation. L’idée était de pouvoir se produire dans quelques festivals cet été. Comme nous l’avions signalé un peu plus tôt, nous avons pas mal tourné en France dans le passé, le public français serait désireux de nous revoir. Très honnêtement, aussi longtemps que l’envie et le plaisir y sont, on continue. Mais plus question de bourlinguer durant des centaines de kilomètres dans un van. On pourrait imaginer y consacrer quelques dates, afin de revoir quelques amis, par exemple, mais rien de concret pour l’instant. Après la saison d’été, nous avons encore quelques concerts sur le feu. Mais dans un an, je suis incapable de te dire si nous serons toujours là.

Les artistes français déclarent souvent que le public belge est le meilleur. Je me demande si le public français est aussi réceptif à votre égard que nous pouvons l’être…

Nous n’y sommes pas encore retournés ! Ce sont essentiellement les programmateurs de l'époque qui aimeraient nous y faire jouer. Nous devons y avoir accompli quelques 200 à 300 concerts et nous y comptons donc quelques fans. Justement, notre label est français (NDR : Naïve). Lorsque nous y serons, on verra si le public est toujours aussi réceptif.

Bright Like Stars

Reflections

Écrit par

Après avoir mis son groupe, Wimsical, sur pause, Neil Burkdoll déménage en Allemagne, en 2023, et décide de monter un nouveau projet.

Il prend alors contact avec l’ex-Neonach, Craig Douglas, qui vit aux Etats-Unis.

Ils décident alors de collaborer en échangeant des fichiers en ligne et de graver un album. Et pourtant, les deux artistes ne se sont jamais rencontrés et n’ont jamais été dans la même pièce pour atteindre leur objectif : sortir un long playing.

En 2 mois, 12 chansons sont écrites et enregistrées.

Au cours des 9 mois suivants, les compos passent au mixage et au mastering. Le premier opus de Bright Like Stars, « Reflection », est alors prêt à sortir…

Le résultat est un assemblage fluide de lignes de basse pulsées et de rythmes de batterie frénétiques agrémenté d’un élan croustillant de riffs de guitare chargés, parcouru par une voix urgente et douloureuse.

Extrait de cet elpee, « Reeling » est en écoute

Podcast # 65 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Clinic Stars

Only Hinting

Notoire pour avoir donné naissance à des groupes et artistes de rock purs et durs comme les Stooges d'Iggy Pop, MC5 et The Frost, qui ont surtout sévi au cours des 60’s, puis Alice Cooper, Ted Nugent et Grand Funk Railroad, des 70’s, Détroit (NDR : baptisée alors la Motor City) servait de toile de fond idéale pour cette scène, à cause de son environnement industriel.

Et puis, en 2019, Christian Molik et Giovanna Lenski se sont rencontrés, ont fondé Clinic Stars, gravé deux Eps, et monté leur propre studio. Oui, mais de musique inspirée par le label 4AD, et plus exactement de ses formations britanniques du milieu des années 80 et du début des années 90, alors que la ville y héberge une nouvelle sphère punk. Paradoxal quand même.

« Only Hinting » constitue le premier elpee du duo. Quelque part entre dream pop, shoegaze et slowcore, la musique lente et atmosphérique se marie superbement à la voix angélique et douce de Giovanna pour former une sélection de chansons fragiles, obsédantes et chargées d’émotion.

Une expression sonore à l’instrumentation dense et finement tissée qui nous entraîne dans un univers parallèle, flottant, paisible et mystérieux à la fois, mais surtout propice à l’évasion.  

Issu de ce long playing, « Kissing Through the Veil » est en écoute

Podcast # 63 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Tars

Juste le temps d’accrocher, et c’était terminé…

Écrit par

Au Zik-Zak, c’est le denier concert de la saison soumis aux règles sanitaires qui exigent distanciation sociale, jauge réduite à 200 spectateurs et masque lors des déplacements. Le tout prochain libèrera le public de ces contraintes. En espérant que la page soit définitivement tournée.

Ce soir, Tars est à l’affiche. La formation wallonne a publié son premier elpee, « 90% of Honesty », en 2019. Il s’agit du projet satellite du multiinstrumentiste, producteur et ingénieur du son, Damien Polfliet. Le band pratique une forme de métal instrumental et ténébreux qui ne concède guère de parties vocales ou alors à partir d’une machine. Du stoner qui frôle parfois l’univers de la prog…

Peu de lumières pour éclairer les musicos. Un drummer (Geoffrey ‘Cho’ Jamar qui remplace Cyril Wilfart). Trois guitaristes (Damien, Roland Orban, Christophe Davenne) et un bassiste (Amaury Chavepeyer). Un claviériste devrait enrichir le line up, dans un futur plus ou moins proche.

Les trois gratteurs entrent constamment en duel. Ils possèdent, cependant, une excellente technique. Et en parfaite synchro, la section rythmique fédère, en quelque sorte les compos. Parfois l’expression sonore semble hantée par Metallica ou alors un combo viking. Néanmoins, elle n’est pas de nature à glacer le sang. Elle libère même une certaine fièvre, notamment lorsque l’électricité s’aventure dans le psychédélisme réminiscent des 70’s. Mais tout en conservant un fil mélodique. Le combo est bien en place, mais peut-être un peu trop…

Comme prévu, pas de chant, mais une voix ‘off’ lors de l’intro et sur « Endurance », le morceau qui ouvre réellement le set. Le volume sonore a littéralement soufflé les premiers rangs, mais près de la table de mIxage, là où votre serviteur à l’habitude de se planter, il était excellent. Enfin, on regrettera la brièveté du concert. 45 minutes ! Juste le temps d’accrocher, et c’était terminé…

Dans le cadre du Concours Circuit, Tars se produira au Botanique le samedi 4 décembre 2021.

Setlist : « Intro », « Endurance », « Murphy », « Gargantua », « Cooper », « Panger1- I’M Not Afraid », « Miller’S Planet », « Ranger 2- Hello Case », De Mann », « Tessecact », « Outro » 


 

Homem Em Catarse

Sem Palavras, Cem Palavras

Écrit par

Homem em Catarse, c’est le projet d’Afonso Dorido, un Portugais responsable de quatre disques à ce jour, dont deux mini-albums et deux elpees. « Sem Palavras, Cem Palavras » constitue donc son second long playing.

La biographie mentionne que la musique de Homem em Catarse navigue à la croisée des chemins de Slowdive, Durutti Column et Explosions In The Sky, mais un E.I.T.S. sous sa forme la plus atmosphérique, alors. Durutti Column, c’est une certitude. A cause de ce toucher de guitare et puis de ce climat empreint de mélancolie si caractéristique. Et le titre « Hey Vini ! » n’est autre qu’un hommage rendu au guitariste, Vini Reilly. Et puis des pistes comme le bonus track ainsi que « Marie bonheur », un morceau qui bénéficie du concours du violoniste Graça Carvalho et de la violoncelliste Marguarita Pereira, en sont de nouvelles illustrations. Mais Afonso ne se contente pas de jouer de la gratte, le plus souvent en picking ; il se consacre également aux synthés, aux percus et autres machines en compagnie de Pedro Sousa, qui se charge également de la production. Pas de voix, mais des chœurs sur « Yo La Tengo » (NDR : un clin d’œil adressé au trio de Hoboken ?). Et puis un poème (‘Sans paroles, sans mots’), reproduit dans le booklet, qui a inspiré les titres de cet opus. Le plus enlevé ? Le post rock « Dancas marianas ». Afonso y joue de la basse, en s’appuyant sur les boucles de guitare qui impriment le tempo. Bref, un album émouvant à l’esthétique romantique et harmonieuse que votre serviteur conseillera aux nostalgiques de Durutti Column, quelque peu disparu des radars, depuis 2014, soit depuis les deux attaques cérébrales dont a été victime Vini Reilly…

Starsailor

La chaleur d'un set intimiste?

Écrit par

Il faut croire que Starsailor n'est pas encore très populaire en France. A l'origine, la formation insulaire aurait dû se produire à l'Aéronef de Lille. Mais vu le manque d'intérêt suscité par cette date, le spectacle a été transféré au Splendid, une salle de moindre capacité. Et finalement, cette décision n'était pas pour nous déplaire, car ce lieu intime et agréable constituait un décor parfait pour la musique de Starsailor. Tout au long du set, l'ambiance est ainsi demeurée chaleureuse. Et le public particulièrement enthousiaste. Une situation qui a permis au groupe de se sentir très à l'aise et de nous accorder un concert de très bonne facture. Faut dire que ce soir, le chanteur/guitariste James Walsh avait la pêche. Et le timbre de sa voix était impeccable. D'excellente humeur, il s'est montré très affable. A l'instar de son backing band. Sis à l'arrière plan, cette équipe a accompli humblement et efficacement ce qu'on attendait d'elle : de la bonne musique.

Chez Starsailor, pas d'orgueil démesuré. Une mission : jouer pour satisfaire son public. Et le combo a brillamment réussi ce challenge. Nonobstant un répertoire varié, il n'a pas manqué d'interpréter les chansons mélancoliques de son premier opus, 'Love is here', ainsi que celles du récent 'On the Outside'. Si le deuxième elpee, 'Silence is easy', n'a guère été mis en exergue ; cette absence a été largement compensée par le rappel, au cours duquel il nous a réservé son hit incontournable et contagieux, « Four to the floor », un morceau qui allait ensuite virer vers une version 'dance' inédite…

De sa prestation, je retiendrai quelques points culminants comme les fabuleux « Love is here » et « Fever ». A en attraper la chair de poule ! Et puis une version bouleversante de « Hallelujah », plus proche d'un Jeff Buckley que d'un Leonard Cohen.

En fin de parcours, la formation a remercié le public pour son engouement en lui accordant le très rafraîchissant « Silence is easy ». Concédant en apothéose le rock explosif « Good Souls »…  

La conjugaison de l'intimité de la salle, de la flamme du public français et naturellement de la magnifique setlist de Starsailor, a débouché sur la sensation d'avoir vécu une soirée extraordinaire. Surtout qu'il y avait aussi de la bière…

Traduction : Hendrik Tant (adaptation Bernard Dagnies)

Organisation : France Leduc Productions

 

Hollywood P$$$ Stars

Hollywood, ses pornodollars et ses étoiles?

Redboy de My Little Cheap Dictaphone a la bougeotte : à peine a-t-on eu le temps de se familiariser avec « Music Drama » que le bonhomme nous revient déjà avec un nouveau groupe, plus rock, plus tendu, plus noisy, plus –core (sans parler de son troisième projet : Zythum…). Difficile pour l'instant de dire s'il s'agit d'une récréation juvénile pour notre ami liégeois… En tout cas s'il s'amuse, il le fait de fort belle manière : sur scène, ça déménage, le son est incisif, les compos bien troussées, la rage à peine contrôlée. Hollywood P$$$ Stars pourrait bien ainsi devenir le nouveau fleuron d'une scène rock wallonne de plus plus décomplexée (Elvis' Ghettoblaster, Austin Lace, Mud Flow, Girls In Hawaii, Nietzsche,…). Après avoir empoché le premier prix du Concours Circuit, le nouveau gang de Redboy (Eric à la basse, Anthony à la guitare et au chant, Benoît à la batterie) devrait donc refaire parler de lui dans les prochains mois, une fois ce premier EP (fort attendu) dans les bacs, prévu pour très bientôt (voir www.collectifjauneorange.net, dont le but est de promouvoir les musiciens liégeois « de manière indépendante et artisanale »).

Dommage qu'après telle révélation, les deux jumelles canadiennes Tegan & Sara soient venues gâcher la fête. Imaginez une sorte de couple siamois braillant un folk-rock poussif en singeant Melissa Etheridge : affreux.

Heureusement, les quatre Canadiens de Hot Hot Heat ne tarderont pas, après cet interlude regrettable, de bouter le feu à la Rotonde, avec leur punk-new wave né sur les cendres encore chaudes d'XTC, de Gang of Four et de Cure circa « Three Imaginary Boys ». Après quelques maxis confidentiels (dont l'excellent « Knock Knock Knock » produit par Chris Walla de Death Cab for Cutie), ces quatre jeunes teigneux au look hilare (le chanteur ressemble à un jeune Bruce Springsteen déjanté, et le guitariste au Nick Cave de Birthday Party) nous reviennent avec un premier album festif, « Make up the Breakdown ». Au programme : guitares funky, synthés acidulés et beats timbrés, comme si Robert Smith (cette voix !) s'était mis à jouer du Specials sur fond d'Elvis Costello. Dansant et énergique, le rock juteux d'Hot Hot Heat emballe dès les premières notes. Steve Bays chante avec conviction, la langue pendante et le buste collé à son synthé, en remuant tel un beau diable qui aurait des fourmis dans les jambes, et du poil à gratter dans le slip. « No, Not Now », « Get In or Get Out » et surtout « Bandages » (interdit aux USA durant la guerre parce qu'il parle de… pansements) se savourent avec délectation : de mémoire, on n'avait plus entendu de tubes pop-funk si convaincants depuis Weezer et The Rapture. Ces gars-là sont Hot, y a pas à dire…

The Mojo Stars

Under the influence

Écrit par

Issu de Vancouver, The Mojo Stars pratique une musique qui mêle blues, rock et soul. Un tandem fondé en 2006, par le chanteur Randy Clarke et le guitariste Mark Rankin. Il avait publié un premier elpee, "Devil's Advocate", en 2011. "Under the influence" constitue son second. Un disque dont les onze plages sont signées par le duo. Les sessions studio se sont déroulées au sein de leur ville natale, et les prises ‘live’ ont été immortalisées au Columbia Theatre de New Westminster!

Le titre maître ouvre l’opus. C’est également le meilleur de la plaque. La voix de Randy domine le sujet et rappelle, quelque part, celle du leader de Steppenwolf (NDR : un compatriote !), John Kay. Les accords rythmiques sont soulignés par l'orgue Hammond et les cordes se libèrent progressivement et lentement dans un climat cool. Les percussions et le piano de Steve Soucy impriment un tempo enlevé au blues "Why can't I be true". "Stay a little loner" est un roots/rock de bonne facture, fort bien orchestré, tout comme "Love, what have you done?", une piste caractérisée par d’excellentes sorties de guitare, de saxophone et d’orgue. Ivoires et saxophone entrent en effervescence tout au long de la finale "You don't know me and I wish you would", un boogie rock'n'roll.

Parmi les six plages enregistrées en public, on épinglera "Why didn't you know", une belle ballade caractérisée par les superbes envols de cordes opérés par Rankin et les interventions du saxophone de Tom Gould. Deux solistes qui illuminent encore le blues rocker "I ain't feeling as good as I look". Et ce sax traverse le soul lent "No use in crying", un morceau qui ne manque pas de charme…

 

Cymbals Eat Guitars

Pretty Years

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Cymbals Eat Guitars est une formation issue de New York. De Staten Island (NDR : c’est une île !), plus précisément. Et progressivement, elle est parvenue à construite une œuvre solide et cohérente dénuée de toute faute de goût majeure… ‘Cymbals Eat Guitars’ sont des mots prononcés par un autre illustre habitant de la Grosse Pomme, Lou Reed, pour décrire la musique du Velvet Underground.

Plus influencé par le rock des 90’s que par le band underground mythique, la bande à Joseph d’Agostino propose donc son quatrième elpee, un disque qui a reçu le concours de John Congleton (The War on Drugs, Swans, St. Vincent) à la mise en forme. Zigzagant entre continuité sonique et nouveaux horizons sonores, « Pretty Years » recèle des plages nourries aux guitares shoegaze et grunge, dans un esprit souvent ‘slacker’. A l’instar du précédent elpee, « Lose », et tout particulièrement de la piste d’entrée « Finally » ainsi que sur « 4th of July, Philadelphia (Sandy) »). Néanmoins, le gang yankee n’en a pas pour autant oublié les salves punk réminiscentes de Titus Andronicus (« Beam »), mais aussi des pistes plus mélodiques tels que le plus groovy « Wish », une compo dont les interventions de saxophone à coloration eighties sont portées par la voix élastique du leader tout en lorgnant vers Modest Mouse. Enfin, de cet LP, on épinglera encore la ballade électrique « Dancing Days ». Nuancées et joliment référencées, ces « Pretty Years » (les années 90 ?) s’achèvent en feu d’artifice sonique, par le monumental « Shrine ». Une œuvre convaincante de bout en bout…

 

North Mississippi AllStars

Prayer for peace

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Le North Mississippi AllStars fêtera bientôt ses 20 années d'existence. Etablie à Hernando, dans le Mississippi, cette formation propose une musique qui mêle blues et southern rock. On la considère souvent comme un groupe de jam, mais sur cet elpee, elle a décidé de se limiter à des plages plus brèves.

Au départ, le NMA se résumait à un duo, réunissant les frères Dickinson, Luther et Cody. Ce sont les fils de Jim Dickinson, un célèbre producteur qui a notamment bossé, dans le passé, pour Bob Dylan, Ry Cooder et les Rolling Stones. Guitariste, Luther partage son emploi du temps, depuis 2007, entre les All Stars et les Black Crowes. Cody se consacre à la batterie et aux claviers. Le tandem compte près de vingt albums à son actif. Les enregistrements ont été réalisés dans pas moins de six studios différents. Quelques invités sont venus apporter leur concours, dont le bassiste, Oteil Burbridge, un ex-Allman Brothers Band.

En ouverture, "Prayer for Peace" nous replonge un siècle en arrière, aux débuts du blues, à l’époque des Fife'n'drums bands. Le plus célèbre était sans doute Other Turner. Et c'est sa petite-fille, Sharde Thomas, qui se consacre au pipeau et chante auprès de Luther. L'univers des frères Dickinson est impitoyable. Un juke joint blues pur et dur, issu du Hill Country, dans le Nord du Mississippi. La guitare libère des sonorités métalliques et saturées, tout au long de "Need to be free", une plage hantée par Jimi Hendrix. Le long playing recèle trois compos du seigneur de ce blues âpre et sans concession, le regretté R.L Burnside, maître ès son Fat Possum. Tout d’abord "Miss Maybelle", une piste caractérisée par cette slide torturée face aux percussions primaires dispensées par Cody. Puis "Bird without a feather" ainsi que le superbe et complètement déjanté "Long haired Doney". "Run red rooster" adopte un profil blues/rock. Guidée par une slide qui colle parfaitement au rythme, cette piste nous entraîne de nouveau au cœur du delta. La cover du "Stealin" de Gus Cannon (NDR : précurseur du jug style, ce bluesman, a vécu 95 ans !) constitue une petite parenthèse acoustique entretenue par une gratte traitée au bottleneck et un piano. Traditionnel, "Deep Ellum" figurait au répertoire de Blind Lemon Jefferson, Blind Willie Johnson et Leadbelly. La nouvelle version, qui adopte un ton très southern, est respectueuse de l’originale. Le NMAS rend aussi hommage à un autre bluesman mythique, Mississippi Fred McDowell. Tout d’abord à travers le célèbre "You got to move", que Luther chante en duo en compagnie de l’ex-Trampled Under Foot, Danielle Nicole Schnebelen ; puis de l’excellent "61 Highway", une piste qui nous conduit sur les routes du Sud, à la manière de ZZ Top. Encore un traditionnel, "Bid you Goodnight", une compo paisible, attribuée à Aaron Neville. Dominée par la slide et le piano, elle épouse un tempo réminiscent de la Nouvelle Orléans. L’opus s’achève par une reprise de "Prayer for Peace", annoncée… comme un remix…

 

The Knickerbocker All-Stars

Go back home to the blues

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Le Knickerbocker Café est un club construit au cours des années trente. Il est situé à Westerly, Rhode Island. Le célèbre big band Roomful of Blues y est né en 1967, suite à la rencontre entre le guitariste Duke Robillard et le pianiste Al Copley. Ce qui allait permettre au band de célébrer le jumping blues, en y injectant un max de swing à l’aide d'une large section de cuivres. Ce café est aujourd'hui devenu le Knickerbocker Music Center et sert à la fois de salle de concert et de centre d'éducation musicale. Et c'est au même endroit qu’est né le projet du Knickerbocker All Stars.

Son premier opus, "Open mic at the Knick", est paru en 2014. Pour ce "Go back home to the blues", c’est Al Basile qui signe les notes de la pochette. Cet ex-trompettiste de Roomful of Blues a aussi composé quatre plages. Faut dire qu’il a acquis une certaine notoriété comme chanteur/compositeur de R&B. Et il a publié de nombreux elpee solos. On retrouve au sein du collectif, plusieurs membres du big band, dont le fondateur Al Copley ainsi que Doug James, Rich Lataille et Carl Querfurth aux cuivres. Sans oublier le drummer Mark Teixeira et le bassiste Brad Hallen, soit l’actuelle section rythmique de Duke Robillard. Quelques invités ont également apporté leur concours et tout particulièrement le guitariste Monster Mike Welch, le saxophoniste ténor Gordon Beadle et le trompettiste Doc Chanonhouse. Mais aussi quelques redoutables chanteurs...

En ouverture, "36-22-36" ressemble à une présentation sur scène. Chargé de swing et adoptant un ton jazz, le piano de Copley tire son épingle du jeu. La voix de Sugar Ray Norcia est magique, alors que le sax ténor prend son envol au cœur d’un mur de cuivres. Les cordes de Welch introduisent la cover du "You know that you love me" de Freddie King, une compo imprimée sur une rythmique implacable. Willie J. Laws (NDR : c’est un Texan !) se réserve le micro. Le jeune Monster injecte un max de feeling et de grâce dans ses cordes. Brian Templeton (ex-Radio Kings) chante classieusement le "Cadillac Baby" de Roy Brown, un titre qui fait la fête au R&B et au jump. "Brand new fool" baigne au sein d’un climat torride. Un morceau issu de la plume d’Al Basile. Norcia mène la danse. Copley semble très inspiré sur ses ivoires. La section rythmique est impressionnante de solidité. Le "Something to remember you by" d'Eddie Jones, alias Guitar Slim, est chanté par Laws, un blues lent à la louisianaise au cours duquel Mike Welch prend un billet de sortie tout en sensibilité. Nouveau coup de jump pour le "Take it like a man" de Chuck Willis. Norcia drive de sa voix chaleureuse cette piste qui permet au sax baryton de Doug James de prendre son envol. Deux plages instrumentales. Tout d’abord "Hokin'". Un gala de saxophonistes, talentueux, il est vrai. Puis "Blockbuster boogie". C’est le piano qui balise l’ensemble ; avant que la trompette de Doc Chanonhouse n’apporte une forme de délivrance. Al Basile démontre qu’il a également une bonne voix tout au long de son "Don't you ever get tired of being right?", une plage gorgée de swing, au cours de laquelle il accorde une brillante intervention sur son cornet. Signé Reuben Brown, "He was a friend of mine" est un autre blues lent classieux. Welch s’y révèle très en verve dans un style réminiscent du grand BB King. Templeton chante une autre composition de Basile : "Go back home to the blues". De toute bonne facture, ce R&B permet à Welch de libérer toute sa passion. "Annie get your thing on" macère dans un climat néo-orléanais. Templeton est aux vocaux pour cette dernière compo d’Al Basile, entretenue par des cuivres particulièrement fiévreux. Ce superbe opus se referme par le classique de Larry Davis, marqué par l'ultime envol de Mike Welch, "I tried". Et on soulignera également le superbe travail opéré par Jack Gauthier, à la mise en forme.

 

Cymbals Eat Guitars

LOSE

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Cymbals Eat Guitars ! Une belle déclaration d’intention. Piquée à feu Lou Reed, quand même. C’est d’ailleurs ainsi qu’il décrivait le son du Velvet Underground. En choisissant ce patronyme, le quatuor a voulu rendre hommage au mythique compositeur/chanteur/compositeur new-yorkais… Le combo est d’ailleurs issu de la même City. De Staten Islands, pour être plus précis.

« LOSE » constitue leur 3ème  elpee. Un disque qui baigne dans un indie rock yankee typiquement 90’s (NDR : pensez à Pavement, Superchunk et Built to Spill). Tour à tour, les plages de cet opus lorgnent vers Titus Andronicus (NDR : comme sur l’énervé « Xr », un morceau stimulé par l’harmonica), Unknown Mortal Orchestra (« Places Names ») ou encore The Thermals, mais sous une forme plus paisible (le pop/punk « Chambers »). Les guitares sont particulièrement acérées. Les compos lumineuses, mais terriblement habitées… Difficile de résister à leurs uppercuts judicieusement assénés. Pour concocter cet LP, la bande à Joseph D'Agostino a –et il faut le souligner– reçu le concours de John Agnello à la mise en forme, un personnage dont la carte de visite mentionne quand même Sonic Youth, Patti Smith, Alice Cooper, Madrugada, et plus récemment Kurt Vile, sans oublier Dinosaur Jr. Et la liste est loin d’être exhaustive. Parfait disque pour perdants magnifiques, « LOSE » est hautement addictif et diablement cathartique dans son interprétation (l’album est dédié à un ancien membre du groupe, décédé suite à un arrêt cardiaque, en 2007…)

 

The Knickerbocker All-Stars

Open mic at the Knick

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Rhode Island est un petit état situé sur la côte Atlantique des USA, coincé entre le Connecticut et le Massachusetts. Mais depuis longtemps, sa scène jump blues et R&B est particulièrement fertile. Surtout à Newport. C’est dans ce port de plaisance que se déroulent  le Newport Jazz Festival ainsi que le Newport Folk Festival. Des événement qui ont permis, au cours des 60’s et des 70’s la découverte d’artistes incontournables comme Bob Dylan, Joan Baez, mais aussi Greg Piccolo, Johnny Nicholas et Duke Robillard qui allait former le big band Roomful of Blues. JP Gauthier et son ami Bob Christina ont eu l'idée de ressusciter ce concept en réunissant des musiciens qui partagent la même passion afin d'enregistrer cet album dans l'esprit d'une performance live.

Bob est batteur. C’est le frère de Fran Christina, le drummer historique des Fabulous Thunderbirds. Il a participé à l’enregistrement de trois plages. Le line up des All Stars implique les frères Christina, le bassiste Bob Worthington, le guitariste Ricky King Russell, Al Copley ou Dave Maxwell au piano ainsi qu’une section complète de cuivres. Et pas moins de 8 chanteurs ont été invités pour immortaliser l’événement. Un événement qui s’est déroulé dans le patelin de Westerly ; et "Open mic at the Knick" nous restitue l'ambiance brûlante qui y régnait et règne encore les plus grands soirs. John Paul Gauthier a enregistré, mixé, produit et distribue ce CD sur son label JP Cadillac.

Le rideau s'ouvre par le classique de BB King, "You upset me baby". Ronnie Earl, qui a longtemps sévi chez Roomful of Blues, se réserve la guitare, alors que Sugar Ray Norcia, ex-leader des Bluetones, se consacre au chant. Autoritaire, puissante, sa voix est vraiment adaptée pour aborder le style jump. Rich Lataille (NDR : seul membre originel de Roomful of Blues toujours présent!) s'envole sur son sax ténor alors que King Russell s'emballe sur sa Fender Stratocaster. Les All Stars embrayent par le classique "Turn on the love light", une piste chantée dans une ambiance Blues Brothers par le Texan Malford Mulligan. Il réplique ensuite tout au long du rythmé "Love disease", un morceau dont le tempo est imprimé par Fran Christina, lui aussi un ancien Roomful of Blues. Autre Texan, Willie Laws se réserve le micro pour attaquer le blues lent "Mother-in-law blues", un petit joyau autrefois interprété par Buddy Guy. Et il remet parfaitement le couvert sur le classique "Five long years", un slow blues signé par le pianiste Eddie Boyd. Johnny Nicholas nous vient également du Texas. Il chante remarquablement le blues indolent "Jelly Jelly". Les cordes de Russell sont impeccables ; le piano et la trompette feutrée de Doc Channonhouse le sont tout autant. Rick Russell introduit "Reconsider baby", un autre blues lent. Nicholas est toujours aux vocaux pour ce titre issu de la plume de Lowell Fulson. Sugar Ray revient chanter "It's later than you think", un jump tourmenté, imprimé sur un tempo irrésistible. Al Copley, Rich Lataille et Doc Channonhouse tirent leur épingle du jeu sur cette plage composée par Roy Milton. Curtis Salgado est un autre ancien musico du Roomful of Blues. Il aborde "Ain't that lovin' you" d’une voix purement soul. Mais plutôt jazz, cette compo swingue naturellement. Et à la six cordes, King Russell s’y révèle bouleversant. "Somebody's got to go" est un blues classieux dispensé par J.P Sheerar. Brian Templeton drivait autrefois Radio Kings, un combo notoire de Boston. Sa version du "I'm tore down", un des joyaux issus du répertoire de Freddie King, ne manque pas de panache. Russell est intenable aux cordes. Un des tous grands moments de cet opus. Et on n’est pas au bout de nos surprises. Nicholas chante le blues louisianais, "Along about midnight". Rick est décidément insatiable sur sa gratte tout au long de cette composition signée Guitar Slim, l'un des fleurons du blues de New Orleans. Et il en remet une dernière couche sur le "Going down" de Don Nix, une finale très électrique chantée par Mike O'Connell.

 

Starsailor

All the plans

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La Britpop? C’est passé de mode! Et pourtant, certains groupes s’accrochent encore et toujours. Parfois avec succès. Comme Coldplay. Souvent sans. Pensez à Travis. Et Starsailor en est une autre illustration. « All the plans » constitue le quatrième elpee du quatuor de Wigan. Un disque qui a reçu le concours de Steve Osborne (New Order, B-52’s) à la mise en forme.

Sur les onze plages de cet opus, quatre parviennent à éviter le piège de la ballade sirupeuse et hyper léchée. Tout d’abord, le morceau d’entrée, « Tell me it’s not over ». Caractérisé par son piano sonore, il aurait pu figurer au répertoire de la bande à Chris Martin. Encore que parfois, il me fait davantage penser aux Veils. C’est d’ailleurs le cas également pour le morceau maître. Un titre enrichi de claviers fluides et bercé de guitares bringuebalantes (NDR : Ron Wood est venu donner un bon coup de gratte !) Reste encore le cinématique, ‘enniomorriconesque’ « The Thames » et l’étrange finale, aussi dépouillée que paisible, « Safe at home », au cours de laquelle James Walsh se fait crooner. A contrario, on ne s’étendra pas sur l’insipide « You never get what you deserve », au cours duquel il emprunte carrément les inflexions de Bono. Pas la peine de tirer des plans sur la comète, mais je crains fort que l’histoire de Starsailor s’achève à moyen terme ; à moins que le band n’accepte de descendre en seconde division… Seul l’avenir nous le dira…

The British Blues All Stars

At Notodden Blues Festival

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Si vous appartenez à la catégorie des nostalgiques qui ont encore la larme à l'œil, en pensant au fameux British blues boom des sixties, tendez l'oreille, car ce disque devrait vous consoler. En effet, quelques stars de la grande époque ont décidé de se réunir pour partir en tournée. Il y a environ trois ans. Cette initiative s’est concrétisée à la demande des organisateurs du Blues festival de Notodden en Norvège. Ils souhaitaient rendre un hommage au blues anglais. Et ce souhait a été exaucé. En 2004. Le pianiste de blues et boogie, Bob Hall, avait été chargé de réunir une équipe. Mais au fil des concerts, la liste des participants a changé. Pour la circonstance, Long John Baldry (chant), Kim Simmonds, Tom McGuinness et Peter Green (guitare et chant), Bob Hall (piano et chant), Colin Allen (drums), Gary Fletcher (basse) et Steve Beighton (saxophones) avaient répondu à l’invitation. Mais lorsque les BBAS se sont produit à Harelbeke, le chanteur guitariste Tony McPhee des Groundhogs était également de la partie.

Kim Simmonds, le leader intemporel de Savoy Brown, ouvre les hostilités. Il chante son "When it rains". Une bonne composition issue de l'album "Strange dream", un disque paru en 2003. Sa voix n’est pas toujours assurée, mais sa guitare offensive répercute son style très particulier. Il embraie par le "Mississippi steamboat" de Fenton Robinson (NDR : qui figure sur l’elpee "Blues keep me holding on"). Le tempo est assez vif.  Kim manifeste une certaine agressivité dans l’attaque de ses cordes ; mais sans jamais souffrir de la moindre lourdeur. Il développe ses idées dans un registre qui lui appartient. Inopinément, un autre gratteur lui donne la réplique. Sa réserve voire sa timidité trahit la présence d’un Peter Green contemporain. Kim chante "Where has your heart gone?", un morceau qu'il interprétait sur l'opus live de Savoy Brown, "You should have been there". Une plaque également éditée en 2004. Un excellent blues lent caractérisé par cette intensité qui n’appartient qu’au british blues. La guitare demeure en retrait jusqu'au moment où incapable de se contenir, elle éclate et libère ses cordes. Tom McGuinness chante son "Standing by the window". Il est convaincant. Tom n'a jamais été une star, mais sa longue carrière mérite le respect. Quarante-cinq ans plus tôt, il militait déjà chez Manfred Mann. Il collabore toujours au projet du Blues Band, tout comme Bob Hall et Gary Fletcher, ici présents. Sur cette plage, Peter Green joue de l'harmonica. Tom interprète également "I got my eye on you", une ballade accrocheuse au cours de laquelle Peter se réserve un solo d'harmonica très cohérent. Peter assure les vocaux de son fabuleux "Black magic woman". Un instant d'intense émotion ! Depuis son retour, il n'est bien sûr plus que l'ombre du géant qu'il a été. Mais sa voix est toujours hantée par ce feeling unique. En outre, je suspecte fort l’omniprésence de Simmonds à la six cordes. Bob Hall jouit d’une solide réputation dans le boogie woogie. Sur les 88 touches d'ivoire. Et il le démontre tout au long du célèbre "Pinetop's boogie woogie". Il est même brillant ! Bob chante "Beehive blues", un blues relax. Nous sommes sur l'axe Chicago - New Orleans. Ah, si seulement il était aussi bon chanteur que pianiste! Lorsque Long John Baldry prend le relais sur "Midnight in New Orleans", nous savons de suite que nous sommes ici en présence du seul véritable chanteur des Stars. Sa voix est chaude. Mieux, brûlante. Ce crooner était un pionnier du british blues, à l’instar d’Alexis Korner et Cyril Davis dans Blues Incorporated. L'atmosphère est très jazz. Très à l’aise, Kim Simmonds est dans son élément. Le sax de Beighton tire enfin son épingle du jeu. Long John en remet une couche et dans le même style, sur "Shake that thing". Le rythme est frénétique. Le climat passe au R&B ; et les mêmes solistes, Kim et Steve, décollent. Il faut cependant attendre la fin de l’elpee pour pouvoir goûter au style incarnant la genèse du blues anglais. Long John chante une nouvelle fois "Everyday I have the blues" comme il le faisait au début des sixties, lorsqu’il côtoyait Korner et Davies, et que le regretté Dick Heckstall Smith soufflait dans ses saxophones. Cette petite tranche de souvenir bien sympathique s’achève par "Baldry's out", un boogie allègre et vivifiant. Cette œuvre est dédiée à la mémoire de Long John Baldry qui s'est éteint le 21 juillet 2005. 

Stars

In Our Bedroom After The War

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Attendus au tournant par les fans et les critiques depuis l’excellent « Set Yourself On Fire », les échappés de Broken Social Scene (oui, encore…), Amy Millan et Torquin Campbell alias Stars, reviennent avec une troisième galette à la hauteur des attentes. Après la douce intro de « The Beginning After The End », le duo nous plonge instantanément dans son univers pittoresque, où le texte est tout aussi substantiel que la mélodie. « In Our Bedroom After The War » captive naturellement et pousse, pour ainsi dire, l’auditeur à abandonner toute activité afin de se concentrer sur la beauté et la richesse des splendides mélopées que sont « The Night Starts Here », « My Favourite Book », « Personal », le titre éponyme ou encore le radicalement obsédant  « The Ghost Of Genova Heights ». Un recueil qui aurait pu être parfait si le duo avait omis le trop ‘cardiganesque’ « Bitches in Tokyo » et le geignard « Barricade ». Un faux-pas mineur qui n’entache cependant aucunement l’excellence de ce quatrième recueil. On en oublierait presque l’abominable effort solo d’Amy Millan paru l’an dernier.

Hollywood P$$$ Stars

Repartir pour un tour

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L’effet de surprise est passé. Cette fois, tout le monde a entendu (parler) des morceaux d’ Hollywood P$$$ Stars . Attendus au tournant après un premier album (« Year of the Tiger ») à l’énergie contagieuse et au succès retentissant, Anthony Sinatra et son collègue Redboy voulaient éviter les redites. « Satellites », le nouvel album des P$$$  Stars, prend donc le contre-pied de « Year of the Tiger ». Né de l’imagination fertile d’Anthony Sinatra, remodelé démocratiquement, enregistré sous la houlette de Christine Verschoren (Ghinzu, Montevideo) et mixé par John Goodmanson (Wu-Tang Clan, Blondie, Death Cab for Cutie), ce second essai prend rapidement de l’altitude. Logique quand on s’intitule « Satellites ». Mais avant d’évaluer son champ de gravité, nous nous devions de les rencontrer.

Que ce soit par l’entremise de My Little Cheap Dictaphone ou de Piano Club, vous êtes aujourd’hui sur tous les fronts musicaux. Est-il évident pour vous de vivre l’aventure Hollywood P$$$  Stars en étant impliqués dans ces autres projets ?

Anthony : C’est quelque chose qui a toujours existé chez nous. Nos groupes parallèles ont précédé notre projet commun. Au fil du temps, nous avons réussi à mettre sur pied trois groupes aux influences et à l’imagerie différentes. La composition des morceaux ne pose pas spécialement de problème. La répartition s’effectue naturellement. Entre Hollywood et My Litlle Cheap, la question ne se pose pas. Ce n’est pas le même compositeur, pas le même chanteur. Par contre, entre Piano Club et Hollywood P$$$ Stars, on retrouve forcément une même griffe dans la mesure où je chante et compose la plupart des morceaux…

Redboy : On rencontre parfois quelques difficultés pour gérer nos agendas respectifs. Mais à partir du moment où nous sortons un nouvel album pour Hollywood P$$$ Stars, il est évident que, pendant deux ans, ce sera notre priorité absolue… 

Est-ce que vos expériences au sein de vos projets respectifs sont bénéfiques pour Hollywood P$$$ Stars ? 

R. : Que ce soit sur scène ou en studio, tu tires toujours des enseignements de tes expériences musicales. Sans parler d’échappatoire, l’existence de nos projets personnels nous permet de respirer pour, finalement, mieux nous retrouver…

A.: Cette situation favorise également notre envie de jouer ensemble. A nos yeux, nos projets respectifs constituent davantage un bon moyen de se ressourcer qu’une cause d’éparpillement artistique.

Hollywood P$$$ Stars est un groupe né dans l’urgence, l’impulsion et la précipitation d’un concours (NDR : le Concours Circuit). Conservez-vous encore des traces de cette époque : une attitude spontanée, un côté empressé ? 

R. : Nous sommes très attachés au côté spontané de nos chansons. En composant les nouveaux morceaux, on a toujours évolué en ce sens. Par contre, au fil du temps, nous avons appris à prendre du recul. Cette distance nous permet d’être plus performants, d’aller au-devant de chacune des étapes qui jalonnent la vie d’un disque : le choix du studio, des chansons à enregistrer, etc. Nous avons donc trouvé un équilibre au sein du groupe.

A. : Ce qui ne nous a pas empêchés de conserver notre esprit d’aventure. Quand on se lance le défi de créer un groupe pour essayer de remporter un concours, ça laisse forcément des traces... Pour le nouvel album, on s’est également imposé des challenges. On sait que ce disque est attendu, contrairement au premier. A partir de là, nous pouvions passer des mois en studio. Mais, une fois encore, on a préféré foncer. Prendre des risques. Se limiter à dix jours de studio et ne pas regarder en arrière.

Vous avez enregistré l’album en compagnie de Christine Verschoren. Pourquoi ce choix ?

R. : Sur le premier, elle avait mixé deux morceaux. On était très content de son travail. Pour « Satellites », elle a donc opéré toutes les prises sonores. Chaque morceau a bénéficié de sa propre journée. Ce timing nous permettait de dépasser l’approche initiale de nos chansons. Chaque jour, on repartait donc à zéro, en quelque sorte. Pour le reste, il a été mixé par le producteur John Goodmanson. Depuis nos débuts, on rêvait de travailler avec lui. Il a bossé sur les albums de groupes qu’on apprécie énormément : Death Cab for Cutie, Blonde Redhead, The Von Bondies, The Blood Brothers ou Sleater-Kinney.

Après le succès de « Year of the Tiger », ressentiez-vous une certaine pression à l’entame de votre nouvel album ?

R. : Peut-être… Mais elle n’a pas eu de conséquence sur le résultat final. On a réalisé « Satellites » dans notre bulle, sans tenir compte des avis extérieurs.

A. : Par contre, on a tiré des enseignements de notre premier cd. Dans le passé, on jouait sur le second degré. On s’est aperçu que certaines personnes ne nous comprenaient pas. On identifie donc un côté plus posé, plus mature, en filigrane de nos nouveaux morceaux. En fait, sur « Year of the Tiger », on entrevoit les prémisses du nouvel album. Cette fois, nous avons poussé les choses plus loin sans recourir aux clichés du simple rock basique…

En attendant, ‘Andy’, votre premier single, verse dans un rock puissant. C’est un titre assez différent des autres chansons de l’album…

A. : A nos yeux, c’est un morceau qui opère une charnière entre « Year of the Tiger » et « Satellites ». C’est pour cette raison que cette chanson ouvre le disque. Après ce titre, on plonge dans une autre atmosphère…

R. : Néanmoins, ce n’est pas le morceau le plus représentatif du nouvel album… On a beaucoup travaillé sur les intensités. De nombreuses chansons vont ainsi se dévoiler au fil des écoutes…

A. : Il est certainement moins immédiat. Mais on a vraiment l’impression d’avoir enregistré un ensemble de chansons cohérentes, pas seulement un tube perdu dans la mêlée. 

« Satellites » est-il obsédé, voire persécuté, par la mort et les disparitions ? Des titres comme « Crimes », « Ben’s dead », « Calling the ghosts », « There’s a god » pourraient, en effet, le laisser penser. Pourriez-vous nous éclairer à ce sujet ?

A. : Ce sont les différents concepts qui traversent l’album : la distance qui sépare les gens, la vie et la mort, l’absurdité et la réalité. Ces grands thèmes côtoient des histoires réellement vécues, abordées de façon romancée. Si le disque s’adresse à la première personne du singulier, il n’est pas autobiographique pour autant. Tous les textes ont été écrits sur une période très courte. Pas nécessairement la plus heureuse de ma vie. Mais je n’ai jamais cherché à verser dans l’amertume. On recherche toujours l’espoir, les aspects positifs de l’existence.

Nicolas Alsteen

 

En concert :

Le 3 novembre à la Cecoco (Ciney)
Le 10 novembre au CC René Magritte (Lessines)
Le 14 novembre à la Soundstation (Liège)
Le 15 novembre à l’AB Club (Bruxelles)
Le 16 novembre à L'Entrepôt (Arlon)
Le 17 novembre à L'Eden (Charleroi)

Radio Stars

Songs For Swinging Lovers

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Malgré une durée de vie très courte (fondé en 1977, il est disparu deux ans plus tard !), Radio Stars aura quand même eu le temps de se faire une place - petite mais non négligeable – au sein de la scène rock anglaise des très prolifiques années soixante-dix. Il va sans dire qu’à cette époque, la mouvance prédominante était le punk. Si les membres de Radio Stars, à l’image des Sex Pistols ou de The Clash, s’abandonnaient sans scrupules à une provocation gratuite et parfois violente - notamment sur scène - il semble erroné de dire que leur musique, elle, était à qualifier de musique punk à proprement parler. En effet, il suffit d’écouter la toute récente réédition de leur premier opus « Songs For Swinging Lovers » - sorti à l’origine en 1977 sur le label Chiswick - pour s’en assurer. Collection de courtes et excentriques compositions rock’n’roll habillées de textes à l’humour très noir et teintés d’ironie, « Songs For Swinging Lovers », écrit et produit par le bassiste Martin Gordon, témoigne aussi d’une authentique modernité à l’instar des sonorités affichées par certains morceaux ; et notamment le single ‘Nervous Wreck’.

La réédition spéciale au format CD de « Songs For Swinging Lovers » satisfera donc aussi bien les nostalgiques du bon rock’n’roll anglais 70’s que les jeunes générations férues de pop-rock en quête d’un retour aux sources!

Alias & Tarsier

Brookland-Oaklyn

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Première collaboration entre l’hyperactif ‘Anticon superstar’ Alias et la jolie Rona ‘Tarsier’ Rapadas, « Brookland-Oakland » se révèle être un voyage cosmique. Collision entre l’univers impassible et mélancolique du ‘producteur-Dj-MC-etc.’ et celui plus éthéré et scintillant de la jeune femme, le disque nous plonge donc dès l’ouverture de « Cub » dans un tourbillon de savoureuses contradictions. Les beats obscurs coutumiers d’Alias se voient maquillés d’une voix angélique, très proche d’une Björk - parfois trop. Sur certains titres (« Picking The Same Lock », « Anon »), on en arrive à se demander s’il ne s’agit là que d’une collaboration de substitution pour le jeune homme, qui aurait peut-être préféré que la petite Islandaise pose sa voix sur ses compositions. Hormis ce petit accroc et, même le fait que le duo ne se soit jamais rencontré avant la fin de l’enregistrement du disque, la symbiose entre ces deux mondes dissemblables atteint la perfection. Emportés par les envolées indietroniques de « 5 Years », « Plane That Draws A White Line » ou encore de l’excellent « Luck & Fear » en compagnie de DoseOne (membre de Subtle, 13&God et Themselves), l’auditeur décolle et souhaiterait que le voyage soit éternel. Arrivé en bout de course au son d’un envoûtant « Ligaya », le retour à la réalité n’est que des plus amers. Ne reste donc plus que le plaisir du live : Alias, sans Tarsier, sera sur la scène Nameless à Dour le 16 juillet prochain.

The Alegre All-Stars

Best Of

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Etablis à New York, les Alegre All Stars réunissaient, au cours des sixties, la crème des musiciens latins. Sous la houlette du pianiste Charlie Palmieri et du timbalero Kako Bastar, des pointures du latin jazz se rencontraient pour des ‘descargas’, c’est-à-dire des joutes musicales. Ce collectif à géométrie variable a commis plusieurs disques au cours de la décennie, ne sensibilisant malheureusement que les érudits. Vampisoul a pris l’initiative de nous présenter quelques unes de leurs meilleures faces éparpillées sur quatre albums enregistrés entre 1961 et 1966. Des sessions décontractées et fortement alcoolisées où les musiciens s’amusent à improviser sur les bases mélodiques. Un charme incroyable émane de ces sessions déjantées où les musiciens se chamaillent ou lancent des vannes avant d’entamer les morceaux. Un groove tranquille domine les compos au cours desquelles d’excellents chanteurs (dont le légendaire Cheo Feliciano) interviennent régulièrement. Une série d’excellentes plages qu’il est inutile d’énumérer ici, tant la rafraîchissante unité de cette compilation fait mouche. Sachez surtout que si vous êtes un mordu des musiques de fête et de jazz d’inspiration latine, ce disque est un must.

 

 

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