New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Woods

Perennial

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Jeremy Earl, la tête pensante de Woods, a d’abord envoyé les boucles de claviers, de guitare et de percussions, qu’il avait créées, à ses compères Jarvis Taveniere et John Andrews. Puis ces deux derniers ont commencé à communiquer leurs idées, avant que le trio ne commence à composer. En studio, Woods a alors reçu le concours de John Andrews à la pedal steel ainsi que Kyle Forester au saxophone et au piano électrique (Würlitzer). En résulte un douzième opus, baptisé « Perennial » sur lequel figure 11 plages dont quatre instrumentaux, qui nous entraînent au sein d’un univers multicolore, ensoleillé, nostalgique et propice au rêve, mais surtout sophistiqué que certains médias n’ont pas hésité à qualifier de psych folk. Les harmonies vocales sont particulièrement soignées ; ainsi, celles dispensées sur « Sip of happiness » rappellent The Communards.

Le tout est saupoudré d’accents dispensés ça et là, de jazz, de dub, de soul, d’électro et même de country (cette pedal steel). On imagine la présence d’un saxophone et d’un mellotron sur « The seed », mais la piste est tellement éthérée qu’on ne distingue plus vraiment les instruments. Bref, une œuvre agréable à écouter mais dont votre serviteur ne fera certainement pas le disque de chevet…

Heather Woods Broderick

Invitation

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Très longtemps, Heather Woods Broderick est restée dans l’ombre. Elle a pourtant épaulé des songwritrices comme Sharon Von Etten, Laura Gibson ou encore Alela Diane. Elle a également joué en compagnie de Efterklang et Horse Feathers. Cette multi-instrumentiste est aussi la sœur de Peter Broderick, un artiste connu pour ses albums solos ainsi que pour ses collaborations avec Nils Frahm et… Efterklang (lui aussi).

A côté de tous ces projets, Heather Woods Broderick, aujourd’hui installée dans l’Oregon, a eu le temps de développer le sien. « Invitation » constitue son troisième elpee en dix ans, et son deuxième sur le label américain Western Vinyl (Strand of Oaks, Ava Luna, Dirty Projectors, …) Les onze plages de cet opus sont sculptées dans le folk baroque. L’instrumentation est aussi subtile que variée. Et le tout bénéficie d’une production parfaitement léchée. Derrière sa voix maîtrisée, douce et éthérée, l’Américaine ajoute des cordes, des cuivres, du piano ou encore des nappes de synthés. Plusieurs écoutes sont néanmoins nécessaires avant d’appréhender la richesse des différents titres. Globalement, “Invitation” s’écoule paisiblement sans trop faire de remous. C’est peut-être d’ailleurs là que le bât blesse. Car ses compos manquent cruellement de folie. Difficile de sortir du lot l’un ou l’autre morceau. Si l’écoute de ce troisième opus s’avère agréable, il risque fort de ne pas survivre à l’hiver...

Hilary Woods

Colt

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Entre la mi-nineties et le début de ce millénaire, JJ72, formation irlandaise de pop/rock publiait quelques albums de toute bonne facture. Il s’était même produit dans le cadre du festival Rock Werchter. C’était déjà en 2001 ! A l’issue du split, Hilary a suivi des études artistiques, littéraires et cinématographiques. Ce n’est qu’en 2014, qu’elle décide d’en revenir à la musique. En solitaire, publiant quelques Eps, restés dans un parfait anonymat. « Colt » constitue son premier elpee, un disque paru chez Sacred Bones, un label qui a décidément le nez creux pour dégoter des artistes féminines talentueuses (Pharmakon, Marissa Nadler, Zola Jesus ou encore Jenny Hval).

Hilary Woods a cependant, depuis, troqué sa basse contre un piano. Ce sont d’ailleurs ces ivoires qui trament ses compositions. Des compos ténébreuses, indolentes, caractérisées par des nappes de claviers en couches, qu’elle chante d’une voix langoureuse et chargée d’effets. Elle prend d’ailleurs tout son temps pour entretenir un climat à la fois atmosphérique et envoûtant ; mais afin de maintenir nos sens en éveil, elle n’hésite pas à tâter de l’électro, tout en véhiculant des accents jazzyfiants, comme sur l’excellent « Jesus Said ».

Une excellente surprise !

 

Woods

Love is Love (Ep)

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Une année seulement s'est écoulée depuis la sortie du précédent album de ce band new-yorkais, l'excellent "City Sun Eater in the River of Light". Au cours des derniers mois, il a parcouru différents continents afin d’accorder de nombreux concerts. Malgré un emploi du temps chargé, le groupe a tout de même trouvé le temps de composer et d'enregistrer six morceaux, en réaction à l'élection du grand affreux aux cheveux jaunes.

"Love is Love" propose des pépites de psyché/folk/rock qui s’inscrivent dans la lignée de l’opus précédent. Haut perchée, la voix de Jeremy Earl vient se poser sur une instrumentation chaleureusement cuivrée, fouettée par des rythmes afro et traversée par les solos de guitare, dispensés par Jarvis Taveniere, que l'on retrouve une nouvelle fois derrière les manettes. Un Ep au sein duquel figure un instrumental de 9 minutes qui fait la part belle à la six cordes. Dommage que ce disque soit d’aussi courte durée. 

« Love is Love » nous réserve un sursaut d’optimisme dans ce monde qui perd la boule. De quoi nous rendre un peu d’espoir face à ce futur de plus en plus angoissant…

 

Woods

City sun eater in the river of light

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Depuis 2005, malgré plusieurs changements de line up, Woods continue de briller sur la scène musicale. Une formation issue de Brooklyn qui jamais ne flirte avec le mauvais goût. Et qui, en outre, continue de publier des œuvres incontournables. Et ce « City sun eater in the river of light » ne déroge pas à la bonne règle. Son neuvième album studio est peut être son plus abouti commis à ce jour ; et constitue certainement un des meilleurs de ce premier semestre.

A l’instar des elpees précédents, la bande à Jeremy Earl a assuré le boulot de A à Z : de l’écriture au mastering en passant par l’enregistrement. Et pas seulement ! « City Sun Eater in the River of Light » paraît sur le propre label, Woodsist du band (NDR : une écurie qui héberge notamment Ducktails, Moon Duo et Real Estate) et la production a été confiée au bassiste, Jarvis Taveniere. Si une telle emprise lors de la conception d’un album, sans devoir faire face au moindre ‘contre-pouvoir’, peut se révéler néfaste ; force est de constater que sur cet LP, tout est parfait.

Le long playing commence d’ailleurs très fort par« Sun City Creeps », une piste magnifiée par les trompettes et dynamisée par la guitare. Le temps d’un morceau, Woods nous entraîne du côté de la frontière mexicaine. Avant d’en revenir à un style plus académique, fruit d’un mélange entre folk, rock et psyché. Woods se consacre à la lap steel (« Morning Light »), se réserve l’un ou l’autre solo de guitare (« Creature Comfort ») ou encore tapisse la compo d’orgue (« Can’t See At All »). Il parvient constamment à insuffler de l’énergie à chacune des compositions, à l’instar de l’excellent « The Other Side », un des temps forts de cet album.

Les mélodies sont, en général, atmosphériques et paisibles. Mais surtout elles sont illuminées par le falsetto de Mr Earl.

Woods vient de graver un album tout bonnement remarquable. Et après nous avoir littéralement scotchés, le band new-yorkais va se produire près de chez nous, d’ici un bon mois ; soit le 20 juin à Aéeronef de Lille le 20 juin et le 23 au DOK de Gand.

Mitch Woods

Jammin' on the High Cs

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Agé de 64 ans, Mitch Woods est originaire de Brooklyn, à New York. Chanteur/pianiste, il pratique le boogie woogie et le jump blues. Il drive ses Rocket 88s depuis plus de trente ans. Cet opus immortalise toute une série de concerts accordés lors d’une croisière, organisée dans les Caraïbes. C’est d’ailleurs sur cette mer qu’elles sont le plus souvent organisées. A bord du navire, on y retrouve des stars du blues et du R&B. Cette formule existe depuis 2002 et remporte un succès certain. D’ailleurs la prochaine excursion –ce sera déjà la 26ème édition– se déroulera en janvier. Déjà sold out, elle accueillera en vedette Taj Mahal, Elvin Bishop, Sugar Blues, North Mississippi All Stars et la liste est loin d’être exhaustive. Cet elpee est sous-titré ‘Live from Mitch Wood's Club 88 on the Legendary Rhythm & Blues Cuise’. Le Mitch Wood's Club 88 est le piano bar installé sur le paquebot. C’est Mitch qui y siège en permanence. Ce qui n’empêche pas d’autres pianistes de se distinguer. Les prestations en ‘live’ ont été réalisées en janvier dernier. Les différents artistes se produisent au fil des soirées, selon différents horaires. Les 17 plages –pour la plupart des classiques du style– de cet elpee baignent dans la bonne humeur.

Pour entamer l’opus, il chante "Big Mamou", soutenu par les cuivres du Roomful of Blues. La voix de Janiva Magness est suave et accrocheuse tout au long du "Tain't nobody's bizness" de Freddie King. La qualité des prestations est cependant parfois inégale. Il est vrai que la plupart d’entre elles se déroulent au coeur de la nuit. Parmi les grands moments, on épinglera la performance à la guitare de Tony Castro sur "Rip it up", de Lucky Peterson pour le "Bright lights big City" de Jimmy Reed, de Popa Chubby sur le boogie "I want you to be my baby", un morceau signé Louis Jordan ainsi que de Coco Montoya sur "Rock me baby" et "Boom Boom. Sans oublier l’intervention à l’harmo de Billy Branch sur "Eyesight to the blind" et "Wee Wee hours". Quelques coups de cœur encore : l’accordéon zydeco de Dwayne Dopsie sur le "Jambalaya" de Hank Williams et "Whola lotta shakin' goin' on" ainsi que le claviériste Victor Wainwright pour le "Wine spo dee oh dee" de Stick McGhee. Des jams au cours desquelles Mitch se révèle brillant aux ivoires d’un bout à l’autre…

 

Woods

With light with love

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Fondé en 2005, le trio californien Woods en est déjà à son huitième album. Il fait suite à « Bend beyond » paru en 2012, disque unanimement salué par la critique. Et il ne devrait pas en être autrement pour ce « With light with love », qui tout en avançant les mêmes qualités bénéficie d’une production encore plus soignée. Ce qui frappe d’abord, c’est le falsetto limpide de Jeremy Earl, proche de celui de Xavier Boyer (Tahiti 80). Parfois overdubbé en harmonies vocales. Puis de cette section rythmique offensive, syncopée et terriblement efficace. Cet orgue discrètement et délicieusement rogné (NDR : pensez à Garth Hudson du Band). Et puis de ces cordes de guitare acoustiques, semi-acoustiques ou électriques, psychédéliques, byrdsiennes (« Twin steps », surtout), sinueuses, parfois prog, proche d’un Yes circa « Fragile » sur le titre maître, un morceau de 9’ absolument splendide, et évoquant même George Harrison sur « Full moon » (cette Rickenbacker !) Sans oublier le recours circonstanciel à la slide (« Shepherd »). L’opus recèle l’une ou l’autre piste plus folk (« New light ») et même lo fi (le superbe final « Feather man », hanté par une section de cordes). Ajoutez-y des superbes mélodies et vous obtiendrez un des albums de l’année 2014. Ben, zut alors je n’ai pas évoqué le Crosby, Stills, Nash avec ou sans Young. C’est fait !

 

Woods

Sun and Shade

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Le nouvel opus de Woods porte bien son titre : « Sun and Shade ». Et pour cause, les 12 morceaux de cet elpee oscillent entre hits folk ensoleillés (« Pushing Onlys », « To Have in the Home ») et longues divagations folks abscondes (« Out of the Eye », « Sol Y Sombra »)

Il s’agit déjà de leur sixième long playing. En fait le groupe est sorti de son anonymat en 2009, lorsqu’il a publié « Songs of Shame ». Les années passées au purgatoire du folk underground ont donc été très longues. Mais finalement le charme de leurs compos folk-rock-pop-lo-fi a opéré. Etonnant, leur nouvel opus propose des compos qui accrochent moins vite. Ils ont préféré varier les climats et (ré)expérimenter.

Depuis le krautrock acoustique de « Sol Y Sombra » à la ballade délicate (« Wouldn’t Waste », « Who do I think I am »), en passant par l’instantanéité pop à coloration 60’s de « Pushing Onlys », par exemple, les contrastes sont saisissants. Des contrastes qui enrichissent indubitablement la musique de Woods et préservent de l’ennui. On épinglera également la voix de Jeremy Earl, dont le timbre assez proche de celui de Neil Young, communique énormément de douceur aux compos les plus mélancoliques.

Woods n’est donc pas un énième groupe qui pratique du folk US, mais une formation extrêmement talentueuse au répertoire aussi riche que varié. C’est également un combo capable d’évoluer, tout en alignant des œuvres à un véritable rythme de métronome. Pas étonnant que le groupe soit devenu culte à New York…

Tim Woods

The Blues sessions

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Tim Woods est un bluesman de couleur blanche. Chanteur, guitariste, compositeur, il n’est guère notoire ; mais à l’instar de nombreux modestes artisans, il est animé d’une passion constante. C'est ce qu'il a voulu prouver tout au long de ces "Blues sessions", en exploitant différentes formules. L'homme a pourtant déjà plus de 25 années de carrière. Ce qui lui a permis de côtoyer de nombreux musiciens qui partagent cet amour inconditionnel pour les douze mesures.

"The Blues sessions" constitue son tout premier opus ; et saluons son initiative d’avoir voulu la traduire en hommage au blues et aux musiciens légendaires qui ont forgé ce style. Tim est originaire de la Pennsylvanie ; il a passé l'essentiel de sa vie musicale en Georgie, surtout du côté de Macon! Il a donc dû prendre son bâton de pèlerin pour concocter cet elpee. Six mois ont donc été nécessaires pour boucler les différentes sessions studio (NDR : à Chicago, à Clarksdale dans le Mississippi et chez lui, à Atlanta, en Georgie). Des sessions auxquelles ont participé une bonne quinzaine de musiciens. Ce qui lui a permis d’aborder des styles très différents. Tant électriques qu’acoustiques. Du blues lent au rapide en passant par le boogie! Et c’est le patron du label Earwig (de Chicago), Mr Michael Franck, qui s’est chargé de la production, aux côtés de Woods.

Les sessions s’ouvrent par le traditionnel "Deep ellum blues". Le line up campe un trio. Woods est soutenu par le guitariste Eric Noden (NDR : un musicien le plus souvent associé à l'harmoniciste Joe Filisko) et le drummer Kenny Smith (NDR : le fils de Willie ‘Big Eyes’). La voix de Tim n’est ni passionnante et encore moins passionnée, mais elle est solide et passe bien la rampe. En outre, elle est bien mise en exergue par les deux grattes acoustiques. Tim voue une admiration sans borne au légendaire bassiste de Chicago, Willie Dixon ; sans doute le compositeur le plus prolifique de l’histoire du blues! Mais aussi à un autre pionnier, Howlin’ Wolf. Et il le démontre sur "Do the Do". Le tempo est allègre. Les sessions se sont déroulées à Chicago. Elles ont bénéficié de la collaboration d’acteurs locaux réputés, comme le guitariste John Primer, le pianiste Alan Batts et le bassiste Bob Stroger. Les échanges de cordes sont de haute facture. "Castle rock boogie" trempe évidemment dans le boogie. Une compo signée par un spécialiste du genre, le pianiste Roosevelt Sykes. Pour la circonstance, Batts se réserve les ivoires de main de maître. Tim a aussi invité un vieux bluesman de couleur noire, Honeyboy Edwards. Issu du Delta, il est aujourd'hui âgé de 95 ans. Il a participé aux sessions de trois plages. Et elles sont chargées d'une intense émotion. Les deux musicos se partagent chant et guitare sur "Bad whiskey & cocaine" et "Wind howlin' blues". Honeyboy chante seul "Drop down Mama". Les 3 titres sont issus de la plume d'Edwards. Caractérisé par ses cordes acoustiques, la lecture de "Spoonful" est très personnelle. Le rythme s’est accéléré. Noden, Smith et Tim reforment le trio. Pour la session de Clarksdale (NDR : c’est dans le Mississippi, au cœur du delta) il est épaulé par l’un des maîtres des lieux, Big Jack Johnson, ainsi que par le bassiste Terry ‘Big T’ Williams. Allen Batts siège derrière l’orgue tout au long de "Clarksdale boogie", un instrumental bien nerveux. Le traitement du "Built for comfort" de Dixon est très funky. La cover du "Who's been talkin'" de Howlin' Wolf, superbe. Pour votre info, sachez quand même que Batts a accompagné les plus grands. Que ce soit Freddie King, Jimmy Witherspoon, Eddy Clearwater ou Albert Collins. Et pour être complet, signalons la présence de deux plages assez longues, au cours desquelles participent des musiciens moins connus, mais dont le rendement est tout à fait honorable. En l’occurrence le violoniste Joe Craven, l’illustre Ike Stubblefield, plutôt balèze derrière son orgue Hammond, et enfin Bobby Lee Rodgers, dont l’habileté aux cordes, reflète des affinités évidentes pour le jazz. Cette équipe se fend alors d’une adaptation du "It don't make sense you can't make peace" de Dixon et d’un "World comes tumblin' down", traversé d’accents country.

 

Mitch Woods

Gumbo blues

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Mitch Woods est un passionné de boogie woogie, blues, jazz, swing et jump. Il est originaire de Brooklyn, à New York. Il fêtera ses 60 ans, en 2011. Il définit son style comme du ‘rock-a-boogie’, une forme qu’il teinte de jump blues des années 40 et 50. Son attaque au piano est chargée de nuances. Il s’inspire de toute une série de courants musicaux, dont le Chicago Blues, le West Coast jump blues, le boogie woogie de Kansas City et bien entendu le ragtime de la Nouvelle Orléans. Il compte déjà une belle discographie à son actif. Lorsqu’il militait chez les Rocket 88s, il a publié toute une série d'œuvres chez Blind Pig. Tout particulièrement, "Steady date". En 1994. Un disque dont la musique est largement inspirée par les groupes et artistes populaires d'autrefois. Dont Amos Milburn, Louis Jordan, Wynonie Harrus, Joe Liggins, Louis Prima et Roy Milton. Mais progressivement, il s’intéresse de plus en plus aux rythmes funky de la Crescent city de New Orleans. Professor Longhair, Fats Domino et Dr John, il les érige en maîtres. Parmi ses dernières sorties figurent "Big Easy Boogie", un Dvd paru en 2006, chez Club 88, et "Jukebox drive", en 2008, sur El Toro.

"Gumbo blues" est sous-titré "A tribute to Smiley Lewis and the pionneers of New Orleans Rhythm & Blues". Et Manifestement, il rend bien un vibrant hommage à cette musique néo-orléanaise d'une autre époque. Smiley Lewis était en effet un pionnier de ce style New Orleans. Il est né en 1913 et décédé en 1966. Il est le premier à avoir popularisé le fameux "I hear you knockin'"! Il est également le responsable de "Blue Monday", immortalisé par Fats Domino, et "Gumbo blues", qui donne son titre au présent elpee. Le célèbre producteur/compositeur/chanteur et musicien Dave Bartholomew signe la quasi-totalité des plages proposées. Il est toujours bien vivant et approche les 90 balais. Pour concocter cet opus, Mitch a reçu le concours de musicos issus de célèbre cité louisianaise ; en l’occurrence John Fohl, le guitariste de Dr John, Brian Cayolle et Amadee Castenell, les saxophonistes  d'Allen Toussaint, sans oublier le vétéran Herb Hardesty, saxophoniste de Fats Domino.

Ces  vieux routards ont des planches et il ne leur faut guère plus de cinq secondes, pour trouver le parfait équilibre, dans ce style R&B de la fin des années 40. Le résultat est très excitant. Grâce surtout à la section de cuivres et aux ivoires de notre maître de cérémonie. Les compos communiquent une bonne humeur contagieuse ; à l’instar de "Ooh la la", tellement proche de Fats Domino. Des chansons qui lui collent d’ailleurs à la peau. Sa voix est divine sur "Caledonia's party", une plage dont le tempo a quelque peu ralenti. Mitch pousse sur le champignon et passe au rock'n'roll sur "Ain't gonna do it". C'est dans la liesse générale que l’équipe chante en chœur le notoire "Big Mamou". Un seul reproche à ce disque : il est trop court. Car les compos sont toutes d’excellente facture. Aussi bien imprimées sur un tempo enlevé, à l’instar de la finale "Shame shame shame" (NDR : de la pure dynamite !) que sur les blues lents comme "Too many drivers" et les remarquables "Blue Monday" et "I hear you knockin'".

Mitch Woods

Big easy boogie

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Mitch est issu de Brooklyn, un quartier populaire de New York. En 1971, il s'installe du côté de San Francisco où il fonde son Red Hot Mama Band. En fait, il s’est inspiré du surnom de sa copine et chanteuse, Susan Savoy. Après avoir opéré un périple à Hawaï, il fonde les Rocket 88's en compagnie des membres du groupe de David Bromberg. Mitch a enregistré cinq albums pour le label Blind Pig : "Steady date" en 1984, "Mr Boogie is back in town" en 88 (NDR : pour lequel il a reçu le concours de l'excellent guitariste Danny Caron), "Solid gold Cadillac" en 91 (NDR : Charlie Musselwhite, Ronnie Earl et des membres de Roomful of Blues sont de la partie), "Shakin the shack" en 91 et "Jump for joy" en 2001. Mitch a également concocté un elpee solo : "Keeper of the flame". En 1996. Un hommage aux bluesmen qui l'ont le plus marqué. Mitch Woods est un artiste qui s’est toujours évertué à perpétuer l'héritage culturel d'une musique américaine née il y a des décennies. Un style appelé boogie woogie ou jump blues, dont l’apogée a été célébrée, fin des années 40, par les ensembles de Louis Jordan, Joe Liggins et Louis Prima.

Mitch vit sa musique. Une bête de scène qui donne tout ce qu’il a dans le ventre sur les planches. "Big easy boogie" est partagé entre un CD audio et un DVD live, immortalisé à New Orleans. Pour la circonstance, il est entouré de collaborateurs de couleur noire, parmi lesquels figurent de nombreux musiciens de Fats Domino (NDR : il fête ses 78 ans cette année !) ; et en particulier le batteur Earl Palmer, le bassiste Ervin Charles Jr et le saxophoniste ténor Herb Hardesty.

L'album studio a été enregistré au studio Boiler Room de New Orleans. En novembre 2000. Sous la houlette du légendaire Dave Bartholomew. "Big easy boogie" donne immédiatement le ton. Nous opérons un retour dans le passé de plus d'un demi-siècle. Le boogie est au menu. Toute la scène est occupée par un front de cuivres impressionnant : quatre saxophones et une trompette. Bien entendu, le piano de Mitch Woods est omniprésent. Il est incontestablement le roi de la scène. "Thought I heard Satchmo say" met en exergue la trompette du redoutable Dave Bortholomew. Le climat exotique peut surprendre ; mais ne sommes-nous pas dans la cité du Mardi gras ? Une ville qui a toujours eu le cœur à la fête! "Fallin' for you" est une ballade indolente, comme les aimait Fats Domino. Mitch chante passionnément, la main gauche sur le cœur pendant que la droite parcourt les ivoires. La guitare de Jimmy Molière est bien mise en évidence. Tout en rythme elle colore cette jolie mélodie empreinte de simplicité. Superbe ! Imprimé sur un tempo entraînant et face aux chœurs féminins chaleureux de Charmaine Neville et Maria Muldaur, "Counting the days" baigne encore dans la même ambiance néo-orléanaise. Les musiciens s'enfoncent davantage au sein du quartier français. Dans la Bourbon Street ! Caractérisé par les congos irrésistibles d'Alfred Roberts, un joyeux "Mojo Mambo" nous invite à faire la fête. Mr Woods se lance dans son exercice de style préféré : le boogie woogie instrumental. Tout au long de ce "Crescent city flyer", le piano est absolument superbe. Earl Palmer marque autoritairement le tempo. Les cuivres entrent dans la danse! "Heart and soul to you" est une tendre ballade abordée dans l’esprit de Domino. Le sax ténor de Hardesty se détache du front de cuivres. "Shout, sweet and tender" carbure au pur rock'n'roll. Un fragment vivace, efficace, enfiévré. Impossible de tenir en place. La rythmique de Molière est placée en avant. Les cuivres se conjuguent à l'unisson. "Back in my arms again" épouse un tempo plus modéré ; un rock'n'roll moins débridé mais légèrement parfumé d’exotisme. "I left my baby at the Mardi gras cryin" rend hommage de la plus belle manière la musique de New Orleans. Celle de Professor Longhair, Allen Toussaint, James Booker,… Les rythmes syncopés invitent à se trémousser. Pour la circonstance, il se réserve un solo sémillant. En fin de parcours la reprise du "I'm ready" de Fats Domino est un réel plaisir pour les oreilles. L'album s’achève par la ballade lente "The ballad of Dr Daddy-O". John Mooney se consacre à la six cordes. La voix de Tex Stephens, disc jockey légendaire de la Crescent City, est bien présente. L'album honore la mémoire d'Ervin Charles Jr, décédé en février 2003, quelque temps après ces enregistrements.

Mais la fête n'est pas terminée et se prolonge même lors de la lecture d’un DVD d’une durée de près de 2h15'. Il recèle quelques plages de cet album enregistrées live au New Orleans Jazz & Heritage Festival. En 2002. On y retrouve pratiquement les mêmes musiciens. La plaque inclut également quelques prises studio opérées, sous la direction de Dave Bartholomew, lors de l'enregistrement de l'elpee. Sans oublier des interviews accordées par Earl Palmer, Herb Hardesty, Mitch Woods et Cosimo Matassa (NDR : le propriétaire des studios J&M au sein desquels ont enregistré Little Richard, Fats Domino, Ray Charles et bien d'autres) ainsi que des extras bibliographiques et discographiques.

Leslie Woods

The Luxury of Sin

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‘Songez-vous au suicide ? Pas de panique, vous n’êtes pas seul dans le cas’. Un traitement s’impose cependant. Que diriez-vous d’une bonne cure discographique en compagnie de cette tendre Leslie Woods ? D’abord un petit saut sur le site Internet de la jouvencelle country : les jambes écartées, l’accueil réchauffe forcément. Ensuite, c’est une histoire de goût. Mais prêt à parier que « Luxury of Sin » peut sauver la vie de nombreux traumatisés, on vous le prescrit. En douze titres et près d’une heure de malheur, Leslie et ses potes musiciens raclent le cul des clichés. Talons aiguilles, flingues in the pocket, jupe au ras des pâquerettes et autres cow-boys alcooliques se bousculent au portillon d’un disque stéréotypé jusqu’à la pointe des Santiags. C’est une conscientisation. Quel bonheur d’élever la parodie en philosophie ! Se retaper le moral à coups de plaisanterie ? Inutile : un disque suffit. Un album, un geste, Leslie fait le reste.

Woodstar

Life sparks

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Curieux ! Les onze fragments de cet opus ont été enregistrés entre septembre 2002 et février 2003. Au sein d’une bonne demi-douzaine de studios différents. En compagnie de toute une série d’ingénieurs du son et de producteurs différents ; Stephen Street se chargeant heureusement de plus de la moitié de la mise en forme. Et ce « Life sparks » constitue apparemment le premier elpee de cette formation irlandaise. Dont les influences majeures sont incontestablement puisées chez Mercury Rev et les Flaming Lips. Même la voix de Fin Chambers campe un falsetto gémissant qui rappelle tantôt Wayne Coyne, tantôt Jonathan Donahue. Certains médias ont même ajouté Jason Lytle (Grandaddy). Comme les arrangements sont aussi soignés, pour ne pas dire sophistiqués, et que les mélodies sont empreintes d’une même mélancolie dramatique : il est difficile de ne pas établir de comparaison… En fin de parcours, le climat sonore en devient même pesant. Pourtant, le groupe ne manque pas de talent. Il lui faudra simplement essayer de bien digérer ses références. Et à l’instar des aventureux et très électriques « Suicide way » et « Can’t lt go anything », plages hantées par l’esprit de Coldplay, mais surtout de Bowie ou encore de « The sky », un titre slowcore balayé par un theremin, qui évolue progressivement vers un mid tempo crayhorsien, Woodstar devra élargir son horizon sonore, pour trouver sa propre voie. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Mitch Woods

Jump for Joy

Écrit par

Originaire de Brooklyn, Mitch Woods fêtera ses 50 ans cette année. Il s'est installé, voici 20 ans, sur la West Coast ; à San Francisco très exactement, où il vit toujours actuellement. M. Woods & his Red Hot Mama était sa 1ère formation. Depuis 80, elle a changé son patronyme en Rocket 88's. L’ensemble avai déjà commis 4 albums pour Blind Pig: "Steady date" en 84, "Mr Boogie's back in town" en 88, "Solid gold Cadillac" en 91, et "Shakin' the shack" en 93.

Le dernier album de Mitch remonte à 96 : "Keeper of the flame". Il est sorti sur Viceroy. Fervent adepte du boogie woogie et du jump R&B pratiqué au cours des 40s et des 50s, il reconnaît pour maîtres dans ce domaine, Louis Jordan, Wynonie Harris, Joe et Jimmy Liggins, Amos Milburn et Roy Milton. "Jump for joy" est totalement imprégné de cette musique qui jumpe et swingue tous azimuts. Mitch est parvenu à composer toutes les plages dans l'esprit de l'époque. Il est admirablement secondé par son fidèle guitariste Dany Caron et entouré par un véritable mur de cuivres composé de 4 saxes, de 2 trompettes et d'un trombone. Les arrangements sont signés Michael Peloquin. Pour le reste, il est difficile d'épingler l'une ou l'autre composition de l'ensemble, tant ce big band sound forme un tout homogène.

Les titres parlent d'eux-mêmes : "Jump in the groove and go", "Jive, Mr Boogie", Golden Gate jump" et bien sûr, "Jump for Joy". J'épinglerai quand même au passage, "Swingin' at the Savoy", référence évidente au célèbre Savoy Ballroom. L'un des héros de Woods est indéniablement Cab Calloway. Il est imparable sur "Palm tree tie". Dans le style, cet opus est vraiment excellent. Très à l'aise au piano, Mitch a su assimiler le meilleur des maîtres du boogie woogie. Dans cet exercice de style, "Walk across Texas" est un régal. Il a aussi digéré l'héritage de la Nouvelle Orléans. Et en particulier celui que nous a laissé Dr John et Professor Longhair. Il le démontre tout au long de "Not a good part of my life".

 

The Greenberry Woods

Rapple Dapple

Malgré son patronyme champêtre, Greenberry Woods ne relève ni du folk, ni de la country, mais de la pop le plus pure, la plus savoureuse, la plus fruitée. Celle des Beatles et des Byrds pour ne rien vous cacher. A cause des harmonies vocales limpides, délicates, raffinées. Et puis du sens mélodique contagieux. Mais également de Big Star. Parce que les compositions sont sculptées dans l'électricité chatoyante, incisive, aigrelette. Un éventail de références qui fait inévitablement penser à Teenage FanClub. Et vous n'avez pas tout à fait tort. Simplement le parfum se mêle parfois d'effluves propres aux Proclaimers voire à Frank & Walters. Il ne vous reste plus qu'à éplucher ce "Rapple Dapple" pour en savourer les quatorze morceaux...