Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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OK Go

OK Go

La power-pop bubblegum semble un peu à la traîne depuis la mort prématurée des New Radicals et la disparition inquiétante des Fountains of Wayne. Heureusement, il reste encore d'irréductibles joyeux lurons pour mettre un peu de sucre et de soleil dans notre paysage musical, aujourd'hui sous la coupe (iroquoise) des punks de tous bords. Du nu-métal au nu-garage, en passant par l'elektroklash (nu-wave ?). Pas de guitares vitupératrices ni de moue de sales gosses chez les Chicagolais d'OK Go : juste des sourires Tonigencil et des mélodies sans frime, pas bégueules pour un sou. Damian Kulash fait partie de ces types qui se la coulent douce sous les parasols de la pop la plus estivale, des Cars aux Papas Fritas. Confortablement installés dans les transats d'à côté, ses potes Tim, Dan et Andy sirotent tranquillement leur cocktail, à base de beats mimis, de basse sexy (" There's a fire ", proche du " Breaking The Girl " des RHCP) et de synthés hippies. Parfois, OK Go troque ses chemises à fleur contre un costume trois pièces, le temps d'un slow de surboum avec chœurs et solo à la Eagles (" Shortly before the end "). Mais c'est surtout quand nos quatre zozos s'amusent à jouer les juke-boxes de bar-pool qu'on en redemande, à l'instar de ces " Get Over It ", " What To Do " et " 1000 Miles Per Hour " insatiables, parfaits condensés de nos plus belles vacances. OK Go, c'est comme l'été indien. Mais plutôt Beach Boys que Joe Dassin.

 

Opeth

Damnation

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Attention: OVNI habité! Hyperactif claustrophobe du monde Prog, Steve Wilson s'est trouvé des complices pour assouvir sa soif d'exploration. Choix à priori insolite, il a décidé de produire un groupe suédois adepte des chants caverneux et gutturaux, baston et autres guitares infernales chères au Death-Métal. Un univers bien éloigné de Porcupine Tree. Avec cet opus, toutefois, c'est bien de Prog qu'il s'agit. Et du meilleur crû, mon bon monsieur! La première plage déroutera complètement les fans du groupe: boucles entêtées de guitare électrique pour une courte intro façon 'Canterbury', guitare sèche en rythmique et couple basse/batterie discret mais solide et travailleur. La très belle voix de Mikael Akerfeldt et un mellotron (Si ! Si !) complètent rapidement une séquence d'inspiration, ma foi, très 'camélienne'. Quant à la seconde plage, elle nous ballade sur les traces du Floyd et à l'ombre des Moody Blues. Simplement magnifique ! Après un troisième morceau dominé par la guitare sèche et la voix, 'Closure' opère un développement orientalisant très réussi mais 'accore'. La plage suivante est du Porcupine Tree tout craché. Tout comme 'Is rid the Disease', aux discrets relents de Procol Harum. Après un (superbe) instrumental bien trop court, 'Weakness' clôture les festivités tout en retenue mélancolique et dépouillée. Les compositions séduisent par leur subtilité et leur limpidité. La voix de Mikael Akerfeldt est sensuelle et son jeu de guitare fort sensible doit beaucoup à Andrew Latimer. Wilson accomplit un travail remarquable à la production, restituant notamment cette beauté frissonnante typiquement scandinave. On ne peut enfin qu'admirer Opeth pour ce CD brillant et cohérent, à mille lieues de son registre habituel (NDR : sauf pour le pessimisme du propos). Une des réussites les plus inattendues de l'année!

Opeth

Deliverance

Écrit par

Avec sa naturelle évolution mélodico-progressive, Opeth constitue dorénavant la référence absolue en matière de death metal soigné. Les fans attendaient beaucoup de ce nouvel album. Avec "Deliverance", leurs espérances sont dépassées. Impossible de saisir toutes les subtilités de cette plaque après une simple écoute. Ici, tout est en finesse, en harmonie, en souplesse, à l'image d'une oeuvre de Porcupine Tree, dont le leader Steven Wilson, fan et ami du groupe, signe la production avec dextérité. De mémoire de chroniqueur, il s'agit là d'un cas unique en termes de fusion metal extrême et rock prog. Magique, diront certains, miraculeux affirmeront d'autres ! Opeth ne se contente pas de trouver un bon riff et de le répéter incessamment ; non, sept à huit thèmes différents peuvent se retrouver sur une même chanson. Les voix, claires ou death, la subtilité des percussions, les lignes de basse fluides, les parties acoustiques donnent à l'ensemble de l'œuvre à la fois une impression d'agressivité intense et d'une très grande sensibilité musicale, presque classique sur certaines compositions. La mélancolie demeure la marque de fabrique d'Opeth, mais sa grande inventivité permet d'établir un lien avec la démarche d'un King Crimson ou d'un Led Zeppelin période "Physical Graffiti". A l'instar de ces derniers, Opeth marquera plusieurs générations de fans de heavy et de rock. Une valeur sûre qui sera vraisemblablement reconnue par le grand public quand les mots death et black s'immisceront insidieusement, à l'image du grunge et du gothique, dans le vocabulaire des pontes de l'industrie musicale. Le plus tard possible, je l'espère !

Rob Orlemans

Live in Chicago

Écrit par

Chanteur/guitariste, Rob Orlemans drive le Half Past Midnight, un trio de blues/rock traditionnel. Tout au long de cet opus, immortalisé 'live' dans un studio ( !?!?) de Chicago (NDR : la Cité du Blues !), la guitare occupe le devant de la scène.

Malmenée dès l'attaque du "Going down" de Don Nix, elle ne fait pas dans la dentelle. Les pédales trafiquent le son. Piet Tromp à la basse et Yuri Yeryomin aux drums suivent leur leader à la trace. Orlemans chante d'une voix assez féroce. Il emprunte quelque peu les inflexions de son compatriote Peter Kemp (NDR : le leader du meilleur blues band zélandais : les Juke Joints). Il défie "Love me", mais laisse rapidement ses cordes disserter. Une six cordes qui se fait volontiers aventureuse, un peu comme lorsque le british blues s'était progressivement mué en hard rock. Boogie, "Give that thang to me" est assailli sans ménagement. Echafaudé par un excellent riff corrosif, "Indian machine" me fait furieusement penser à ACDC. Hormis la forme vocale qui ne possède aucune affinité avec le métal hurlant. Au cours de son solo, le guitariste se démène sur ses pédales. Suivant une technique qui me rappelle, à nouveau, le début des 70's. Pour varier le répertoire, Rob a invité sur scène le guitariste noir Jake Dawson (de Willie Kent & his Gents). Un musicien du coin qui en profite, au passage, pour chanter "Got my mojo working". Jake joue une guitare aux accents acerbes, mais dans un registre incontestablement plus blues que celui de notre valeureux Batave. Il saisit l'occasion pour négocier quelques joutes bien amicales. Dawson est toujours au poste, mais cède le micro au chanteur noir, Tommy McCracken, pour un interpréter le long blues lent et largement électrique "How blue can you get". Sur ce titre, la partie de guitare libère une intensité certaine. Les deux solistes assurent à tour de rôle le rôle de la rythmique. Orlemans revient à la formule trio pour dispenser son répertoire. Shuffle plutôt bien accompli, "The devil told me" se révèle largement supérieur à la première partie de l'album! Le riff de Bo Diddley s'impose sur "Strange things". Désormais, la machine de guerre est parfaitement huilée. Rob emprunte un solo hispanisant mais divertissant. Notre trio verse dans un boogie furieux, proche de Rory Gallagher, pour aborder "Buzzin' King bee", une compo inspirée par le célèbre titre de Slim Harpo. Un bon boogie, je ne le cache pas. La fin d'album bénéficie du concours de quelques invités. Michael Beck au chant sur "The Harley song". John Kattke à l'orgue hammond B3 chez "Mean green", un blues lent empreint d'une énorme intensité dramatique. Et pour conclure, Jake Dawson revient avec sa guitare pour se tailler le riff archi connu de "Hoochie Coochie man". "Live in Chicago" est un bon album de rockin' blues ; dommage qu'il débute de manière aussi tiède.

 

Beth Orton

The Other Side of Daybreak

Le dernier album de Beth Orton, " Daybreaker ", réconciliait pour de bon folk et électro, deux genres a priori trop différents pour s'entendre et partager les mêmes envies. En commettant cette compile de remixes, de live et d'inédits, l'Anglaise enfonce le clou et scelle une fois pour toutes l'union soi-disant contre nature. Les relectures de Four Tet, à cet égard, sont éloquentes : spécialiste dans les mariages des sonorités acoustiques et des bleeps asthmatiques, Kieran Hebden transforme " Daybreaker " et " Carmella " en longues incantations magiques, libérées de tous les carcans qui les rattachaient encore trop à la terre ferme. La voix d'Orton elle aussi en apesanteur, c'est avec des étoiles dans les oreilles qu'on sifflote ces jolies mélodies, en espérant que les deux tourtereaux ne s'arrêtent pas à cet exercice de remix et passe en troisième. Justement, " Beautiful World ", l'un des inédits de cette compile, s'avère produit, mixé et enregistré par… Kieran Hebden ! Ces deux-là étaient bel et bien faits pour s'entendre. Les deux autres inédits, " Ali's Waltz " et " Bobby Gentry ", valent aussi leur pesant d'écoutes émerveillées : la douceur du premier (en gros : une voix, une guitare) et l'enrobage du deuxième (des cordes juteuses) laissent présager un nouvel album de bien belle tenue. Le reste (des chouettes remixes du rappeur Roots Manuva et de Two Lone Swordsmen, un live acoustique et une version dépouillée de " Ooh Child ") s'avère du même tonneau. Chez Beth Orton, les fonds de tiroir ne sentent pas la naphtaline.

Oceansize

Effloresce

Écrit par

Au sein de ce quintet mancunien militent trois guitaristes. Ce qui devrait vous donner une petite idée de l'intensité électrique dispensée par leur musique. Et tout au long de cet " Effloresce ", leur premier opus, ils ne se privent pas de la prodiguer. Au sein d'un espace sonore tour à tour atmosphérique, tempétueux, noisy, menaçant, énigmatique, psychédélique, hantant, majestueux, complexe (NDR : et la liste n'est pas exhaustive !) qui rappelle tantôt King Crimson, My Bloody Valentine ou Sigùr Rós. En outre, la formation peut compter sur une section rythmique particulièrement solide et un chanteur (Mike Vennart) dont le timbre affiche une grande versatilité. Ce qui permet d'accentuer encore davantage les fluctuations des mélodies. Peu ou même pas de temps mort sur ce disque, mis en forme par Chris Sheldaw (Foo Fighters, Into Paradise), qui dépasse allègrement les 75 minutes, chaque composition évoluant au gré de son humeur, mais au cœur d'une entité métaphysique. Un peu comme si nous étions en présence d'un concept album, si vous préférez. L'elpee recèle, en outre, trois instrumentaux, l'étrange " Unravel ", un fragment impressionniste impliquant un sample de " Gaspard de la Nuit " de Ravel, un final élégiaque à la mélancolie balayée de cordes, et puis deux plages (" Massive bereavement " et " You wish "), dont les flambées de métal sont aussi meurtrières que chez Fugazi. Une fleur venimeuse et exotique vient d'éclore. Mais il vous faudra beaucoup de patience avant que vous ne parveniez à l'apprivoiser…

Noahjohn

Water Hymns

 

Les champs verdoyants du fin fond de l'Amérique profonde. Des oiseaux chantent. La biche broute l'herbe soyeuse. Sur une colline surplombant les terres en jachère de l'Indiana, un homme, ex-fermier, chante et joue de la guitare. Ses amis l'appellent Noahjohn. Pour l'aider dans sa quête du son clair comme de l'eau de roche, quatre amis, eux aussi élevés au lait battu et au travail agricole. A cinq, ils tentent de mettre en musique l'étendue sauvage qui s'étend devant eux, à perte de vue. Comme Songs : Ohia, Dirty Three, Neutral Milk Hotel et Radar Brothers, ils excellent dans la complainte paysagiste, à peine illuminée par quelques éclairs de chaleur. De l'Americana pour cow-boys solitaires, du slowcore pour paysans grabataires. Carl Johns, le type qui chante, n'a cure des styles à la mode qu'il entend sur sa vieille radio portable. Seul avec la nature, il fait corps avec elle. La scie de son atelier lui sert même comme instrument de musique (" Saw Right "). Du violon s'en mêle aussi, parfois, pour rajouter du pathos (" Rabbit is Asleep ", " Two Members "). Sans doute que notre garçon n'a pas toujours eu la vie facile, sinon comment expliquer cette lenteur automnale qui frappe cet album, jusqu'à scléroser toute tentative d'espoir ? Sur " On East Whistlin' ", Johns siffle, mais pour conjurer le mauvais sort ou se faire croire qu'il n'est pas tout seul. Ses " hymnes aquatiques " cachent un fond trouble et dangereux. Sous la vase, la vie est à l'arrêt. C'est le noir complet. N'y perce que le silence.

 

 

 

NOFX

Regaining unconsciousness

Écrit par

Constitué de 4 titres, cet EP a été envoyé en éclaireur à la sortie imminente de "The war of errorism". "Regaining uncousciousness" se contente d'aligner 3 compos qui se retrouveront sur l'album précédemment cité et un tout petit inédit au titre pertinent, "Hardcore 84". L'influence exercée par NOFX, sur la scène punk rock actuelle et passée, est indéniable. Avoir été formé en 1983 n'y est sûrement pas étranger. Le groupe se hisse donc aujourd'hui tout doucement au rang de dinosaure, à la limite fossilisé (jusqu'au line up, inchangé depuis 1991). La tête pensante du band et du label, Fat Mike, poursuit donc son chemin. A l'heure actuelle, pour qui veut rentrer dans la galaxie punk-rock, NOFX demeure une valeur sûre, mais son capital sympathie commence à diminuer et à s'essouffler pour les fans de la première heure. Qu'importe, le renouvellement de la "base" permettra toujours au groupe de subsister. Qu'annonce cet EP ? Rien musicalement. Et pas davantage au niveau de l'engagement politique. Passé le coup d'œil sur les visuels et son humour bon enfant, quelques jeux de mots qui font sourire ("Medio-core"), la plaque est rangée (quel laid mot). En attendant qu'un paléontologue le retrouve par hasard ?

Non Prophets

Hope

Écrit par

 

La division hip hop de Warp nous propose un retour au deuxième âge d'or du rap (NDR : le début des années 90) par l'intermédiaire de la première plaque des Non-Prophets. Le Mc Sage Francis, grand gaillard végétalien et écolo au look de bûcheron s'est illustré début 2003 par son " Personal Journals ", sombre opus solo sorti chez Anticon, le label branché chez les rockeurs à la page. Le propos est ici plus léger, puisque le bûcheron au grand cœur s'est acoquiné avec le dj Joe Beats pour un retour au hip hop qu'ils ont aimé dans leur jeune temps. Les efficaces compos de Joe rappellent les beats mélodieux entendus dans le passé chez De La Soul, Cypress Hill, A Tribe Called Quest ou encore Dj Shadow, un peu plus tard dans la décennie des nineties. Ce disque est d'ailleurs à l'opposé de ce qui se fait aujourd'hui dans le rap mainstream. Ce dernier semble d'ailleurs remonter plus loin encore, en puisant son inspiration directement au début des années 80, quand le mouvement naissant était fortement teinté d'électro. Bien que peu original, " Hope " n'en est pas moins un agréable album qui se laisse écouter sans peine. Ce qui s'explique essentiellement par la qualité musicale des morceaux. Par contre, le flow énergique de Sage Francis se révèle lassant sur la longueur et les lyrics qui louangent le rap d'antan le font souvent apparaître comme un grincheux passéiste.

 

None More Black

File under black

Écrit par

 

Pas facile de rendre justice à ce premier effort. Marqueté sur la réputation de Kid Dynamite, band reconnu vers les 2000 dans la région de Philadelphie, None More Black ne peut concrètement se targuer de précipiter les foules en nos contrées. A moins qu'une tournée organisée par le posse Fat Wreck ne se charge de créer cet engouement. Produit par une autre sommité "locale" (Nick Rotundo de Railhead et Walleye sur Jade Tree), "File under black" risque de sombrer dans un certain anonymat et, au contraire de Frenzal Rhomb, ne propose rien de bien original dans ce goulot qu'est le punk rock. Epinglons quand même l'un ou l'autre fragment, qui relève soit du plagiat soit de la volonté d'avoir le vent en poupe (un brin Hives). En l'occurrence "Bizzaro Me", "Ice Cream With the Enemy" et "Zero Tolerance Drum Policy". Pour les 11 autres morceaux, laissez tomber, vous les possédez déjà ailleurs.

 

 

Northernblues Gospel Allstars

Saved!

Écrit par

En alignant des productions dignes d'intérêt depuis plus d'une année on peut affirmer que le label canadien Northern Blues Music nous gâte ; mais également nous permet de découvrir des artistes tels qu’Harry Manx ou Otis Taylor. La Cité de Toronto a, paraît-il, toujours été riche de voix chaleureuses. Au sein des églises baptistes. Des voix destinées à louer les grâces du Seigneur. En moins d'une minute, la très courte plage d'ouverture nous fait découvrir le timbre chaud et impérial de Hiram Joseph. Mais attention, cet opus n'est pas exclusivement consacré aux chants gospels tapissé sur fond musical uniforme.

"Still standing tall" s'ouvre par les accents d'une guitare électrique bien amplifiée (NDR : celle de Bob Yemons), avant d'introduire une voix d'envergure (NDR : celle de Danny Brooks, un bluesman canadien notoire). Soutenu par des chœurs puissants ainsi que l'orgue Hammond et le piano de Michael Fonfara, Hiram Joseph revient chanter la bien jolie ballade "A place called hope". La délicieuse Amoy Levy chante "24/7/365". Inspirée, paraît-il, par le "Jesus on the mainline" de Ry Cooder, cette plage bien rythmée aurait pu, tout simplement, relever du répertoire des Stones ou de Rod Stewart. "The promise" est un chant qui semble sortir tout droit du temple. Danny Brooks chante avec force et vigueur "Righteous highway". Un blues très Delta balayé par la guitare et l'harmo. La version du "People get ready" de Curtis Mayfield est majestueuse. Hiram la chante au beau milieu de chœurs profonds. Impressionnant, c'est le moins qu'on puisse dire ! John Finley était le leader de Jon & Lee and the Checkmates. Il est lui aussi doté d'un organe bien posé. Il chante seul "A change is gonna come" de Sam Cooke, face à l'orgue et le piano de Fonfara. Le titre maître est une composition rythmée cosignée par Bob Dylan et Tim Drummond. Tim y participe ici à la basse. Très agréable, cet opus s'achève par une reprise de "Down by the riverside" et du célébrissime "We shall overcome" de Bob Seeger. Toutes les voix sont alors réunies.

Faris Nourallah

I Love Faris

Le songwriting pop a trouvé son nouvel ambassadeur : Faris Nourallah. De qui s'agit-il ? Quelle est son histoire ? Peu importe : ce type semble sorti de nulle part, ce qui rajoute à notre surprise. Car ses chansons se révèlent, dès leur première écoute, d'une beauté hors modes. Pourquoi ce type resterait-il alors dans l'ombre, comme sur la pochette du disque ? Peut-être préfère-t-il continuer à composer dans sa chambre, sur un 4-pistes, pour éviter que la lumière aveuglante du music business ne lui donne des maux de tête. Ce serait dommage, tant sa musique se doit d'être découverte, au plus vite. Digne héritier lo-fi de Ray Davies et de Steve Harley (voire de Paul McCartney), Farsi Nourallah écrit des chansons d'amour à la première personne, enrobées d'arrangements sobres et distingués. Avec son harmonium et ses cuivres, " A Famous Life " sonne ainsi comme du Love remis au goût du jour, tandis que " Let's Get Married " rappelle la pop sixties à notre bon souvenir (des Beatles aux Byrds). Plus loin, le piano magique de " The Road " envoûte nos sens, laissant Ed Harcourt et Jeff Buckley le long du trottoir, subjugués devant telle grâce. Puis c'est au tour de la pop de " Christian Flyer " et d'" I Like To Go To Parties " de nous décocher une flèche en plein cœur… Tel un cupidon à l'oreille sacrement musicale, Faris Nourallah conte ses histoires d'amour avec prestance et savoir-faire, nous réconciliant définitivement avec un certain classicisme à la Ferry (Roxy Music) et Blunstone (Zombies). " I Love Faris " : décidément, ce titre était de (très) bon augure.

Novela

Somewhere There´s Magic

 

D'une voix joliment acidulée, Yasmine Mohammedi chante les déboires du cœur et les saisons de l'amour qui s'effeuillent avec l'âge. Copine d'April March et de Bertrand Burgalat, cette fille-là sait y faire avec les belles mélodies : à entendre son penchant pour les enluminures, on l'imagine bien fan d'Elysian Fields, de Kate Bush et de… Tricatel. Cette pop tantôt guillerette (" It's Been A Lovely Autumn "), tantôt vénéneuse (" Birds ", comme si Mazzy Star s'invitait chez Calexico) souffle un vent de fraîcheur juste derrière nos oreilles, à cet endroit où le moindre baiser, même effleuré, donne la chair de poule… Parfois, ce sont les jambes qui s'émoustillent, quand un piano sautillant se la joue boogie (" Singing Along ", genre AS Dragon la douceur en plus) ou quand les cuivres se croient chez Motown (" Read My Lips ")… " Somewhere There's Magic " annonce le titre : pour une fois, c'est à prendre au pied de la lettre. Les pieds, encore : face à ces ritournelles au charme idoine, ils battent le rythme et fourmillent de plaisir. Un plaisir qui s'achève sur un soupir (d'aise), par un " Watching From The Sky " d'une douceur reposante. Charmant ! Comme quoi la magie, parfois, est à portée de main. Ou de pied, d'oreille… Pourvu que tout le corps frémisse !

 

Tom Novembre

Bande de pions

Écrit par

Pourquoi est-il si confidentiel, Tom Novembre ? Il jouit certes d'un capital de sympathie, mais qui connaît ses disques ? Quelles radios passent ses chansons ? Il y a pourtant là quelques rengaines imparables, rythmées, drôles et bien écrites. On songe en particulier à " Mange ta soupe " qui devrait ravir parents et enfants. Tom Novembre démontre un réel talent pour faire le tour d'un sujet surprenant en quelques phrases bien ciselées (" Ceux du matin ", " La vie du rail ", " L'attente "). Il varie les tempos, distille quelques jeux de mots et autres traits d'humour. Et nous livre le tout avec sa belle voix grave qui nous fait parfois penser à François Béranger. Si ces quelques lignes vous incitent à acheter son disque, n'oubliez pas de l'écouter jusqu'au bout. Le morceau caché derrière 10 minutes de blanc vaut le détour : un décapant " mariage au Novotel ", qui semble tout droit sorti d'un reportage destiné à l'émission télé " strip tease ".

NRA

Machine

Écrit par

Ce n'est pas à NRA qu'on la fera. Le punk rock d'aujourd'hui doit bien les faire rire. Ecumeurs depuis 1989 des scènes punks européennes, ces Amstellodamois multiplient les eps, splits, compiles, albums ; bref ce sont de véritables bourreaux du travail. Ils donnent même la furieuse impression de ne jamais s'arrêter. L'activisme en plein, sans oublier une touche d'humour. Jusque dans le nom du groupe. Si "Machine" affiche fièrement 27 minutes au compteur, l'ennui ne pointe jamais le bout de son nez. La tête se balance 2 secondes après que le titre soit lancé et on imagine sans peine les concerts où après 2 minutes de pogo intensif, on reprend son souffle, le sourire aux lèvres, pour repartir de plus belle. Je l'accorde, tous les titres débutent un peu de la même manière, mais qu'importe, ne boudons pas notre plaisir. Un disque pareil et crédible de surcroît ne court pas les platines. Tout bon donc. Et si vous voulez en savoir plus je vous invite à visiter le très bon site qui leur est consacré. J'insiste même, une petite visite s'impose.

 

Nu

AlphaBravoShockPopDisco

Quel est ce titre ? Une blague de cruciverbiste ? Une pub pour un cocktail sans bulles ? Une nouvelle marque de vêtements H&M ? Ah, non ! C'est le titre d'un album. Garbage ? Non, pire : Nu. Nul ? Euh ! Oui, Nu. Des Scandinaves qui font de l'electropop simpliste, et surtout très laide. Des paroles suprêmement débiles (" Alphabravoshockpopdisco/Life's a bitch in San Francisco "… ? ! ? Sans commentaires). Des beats ultra-calibrés pour la bande FM (" Disco Hurts "). Des gueules de présentateurs de télé-achats. Sur scène (vu en support act de Dave Gahan), ils terminent leur set par une reprise de… " Welcome to the jungle ". Arrêtons là le massacre : ce truc en plastique pue l'opportunisme. C'est tellement Nu(l) que ça fait presque peur. CacaPasbôPipiTocProut.

Narnia

The Great Fall

Écrit par

Originaires de Suède, les cinq musiciens de Narnia se revendiquent de philosophie chrétienne, et n'assureront donc jamais la première partie de Marduk ou d'Impaled Nazarene. Ultra classique dans sa structure, "The Great Fall" ne décevra pas les fans de Rainbow, Malmsteen ou Dio. Seuls quelques éléments piochés dans la musique progressive les différencient de leurs modèles. Heavy-metal jusqu'au bout des doubles-croches, la rondelle n'est pas à mettre entre les mains de novices qui seraient vite tentés de coller une étiquette ringarde à ce produit très clean. D'un niveau instrumental très élevé, chaque composition contient son lot de changements de tempos, de solos soignés, et de passages épiques, particulièrement sur le grandiloquent "The Great Fall of Man", pièce maîtresse de l'opus, dont la durée avoisine les 15 minutes. Un album qui devient véritablement intéressant dès sa quatrième plage, "No Time to Lose", véritable hommage à l'arc-en-ciel de Ritchie Blackmore. Sur "Ground Zero", la technique des cinq de Narnia lorgne sérieusement du côté d'un Dream Theater, tandis que "Judgement day" propose un riff d'intro lourd et saccadé et un refrain absolument imparable. Si Narnia ne révolutionne pas le monde du metal, il contribue à perpétuer une certaine tradition, et il le fait très bien.

 

The National

Sad songs for dirty lovers

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Issu de l'Ohio, mais émigré à Brooklyn, The National peut se targuer d'un line-up fort original, puisqu'il implique un duo de frères. En l'occurrence Scott (guitare) et Bryan (drums) Devendorf, ainsi que Bryce (guitare) et Aaron (basse) Dessner. Les parties vocales relevant d'un cinquième larron, Matt Berninger, un chanteur dont le baryton me rappelle tantôt Stuart Staples (Tindersticks), tantôt Kevin Weatherall (NDR : le vocaliste du défunt Immaculate Fools, un quatuor écossais qui impliquait également une paire de frangins), tantôt Michael Gira (Swans), même si parfois il emprunte les inflexions de Mark Eitzel (American Music Club). Et les formations précitées sont de solides références pour The National. D'autant plus que les lyrics y sont aussi torturés, douloureux et ténébreux, traitant le plus souvent de la fragilité et de la complexité de l'amour qui fluctue entre déchirure et épanouissement. Et puis de l'homme, qui incapable de faire face à la souffrance, se réfugie fatalement dans l'alcool.

" Sad song for the dirty lovers " constitue leur deuxième opus. Un disque dont les chansons finement ciselées, parcimonieusement soulignées de backing vocals féminins, manifestent un parfait équilibre entre instrumentation acoustique et électrique. Padma Newsome, invité pour jouer du violoncelle ou du violon a ainsi participé à la confection des deux meilleurs fragments de l'opus. Tout d'abord en caressant de son archet le très beau " 90 miles water wall " (Dirty Three ?) ; et puis par une intervention hypnotique, tourbillonnante, déroutante, digne de John Cale, sur le velvetien " Murder me Rachael ". L'opus réserve encore deux fragments chargés d'intensité électrique. Tout d'abord l'incisif " Slipping husband ", au cours duquel le cri primal de Matt vous transperce l'âme. Il remet d'ailleurs le couvert sur le second, " Available ", une plage plutôt cold wave, nonobstant les sonorités des cordes de guitare plutôt 'U2esques'. Le reste de l'opus oscille entre ballades somptueuses (" Cardinal song ", " Lucky you " et un " Thirsty " aux arrangements très Perry Blake) et folk urbain, parfois même légèrement contaminé par l'électronique. A l'instar de " Patterns of farytales ", qui aurait pu relever du répertoire d'un Wilco. Un superbe album dont la mise en forme a été exécutée par Nick Lloyd, assisté par Paul Heck et Peter Katis, ce dernier mieux connu pour avoir mixé l'album d'Interpol. Superbe !

Nevermore

Enemies of Reality

Écrit par

Les fans prétendent qu'il n'y a jamais eu de faux pas dans la carrière de Nevermore, un des rares groupes américain de pur heavy metal qui bénéficie aujourd'hui d'une renommée internationale. En ressuscitant l'esprit techno trash ricain combiné à un metal dans la tradition allemande, la formation a décroché le Jackpot et se classe désormais dans la catégorie des incontournables. Une technique de guitare qui permet de dévaler le manche à Mach 2, des réminiscences de Queensryche époque "Operation Mindcrime", une pincée de trash et de death metal, un chant puissant et des harmonies fortes : voilà la recette d'un bon album, probablement le meilleur signé par Nevermore depuis le fameux "Politics of Ecstasy". Cerise sur le gâteau, Nevermore partagera l'affiche avec le furieux Arch Ennemy au cours d'une mega tournée européenne qui passera par l'Hof Ter Lo d'Anvers le 27 septembre prochain. L’événement est de taille. On vous aura prévenu.

 

New Chump Change

Just some blues in St-Just

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Chanteur guitariste et compositeur, Rolf Lott est de nationalité allemande. Il est le leader de Chump Change, une formation française née en 1993 et dont le patronyme procède d'un classique d'Albert King. " Just some blues in St-Jus " constitue déjà son cinquième album. Il fait suite à "It's a blues affair" (1997), "Live Vol 1" (1999) et "New money's coming" (2000). Le New Chump Change a encore commis "New money's here", en compagnie des New Bills. En 2001.

Sous-titré "Live 2003", cet opus s'ouvre par une version maison du grand classique de Willie Dixon, "I'm ready". La compo a subi un traitement tout en rythme, légèrement funky. Rolf chante d'une voix un peu chevrotante. L'orgue de Raphael Lemonnier (NDR : un Nîmois !), s'intègre parfaitement à la section rythmique constituée du contrebassiste Fred Duclaux et du drummer Sylvain Wille. Lott égrène quelques chapelets de notes bien senties. Il laisse ainsi transparaître ses influences manifestes aux maîtres BB et Albert King, pour introduire "It don't take too much", un titre R&B bien chaleureux. Passé au piano, Raphael montre qu'il est un musicien talentueux. Soutenu par Rolf, il apporte une touche très jazzy à cette composition. La "nouvelle petite monnaie" s'emballe pour activer "Sweet little chick". Un bon boogie dont la solide assise rythmique permet de soutenir le soliste. Toujours aussi créatif dans sa sortie, il cède le relais à l'insatiable Raphael, particulièrement à l'aise dans ce registre. Excellent ! Lorsque Rolf chante le blues, sa voix n'est guère puissante, mais elle vit sa musique. Il reprend le "Someone else is steppin' in" de Dennis Lassalle, avant de succomber au rythme du "Feel so bad" de Chuck Willis. Incontestablement marqué par le Westside de Chicago, il se révèle un musicien fort intéressant ; mais surtout capable de développer un style bien personnel. Ses soli peuvent s'étaler sur quelques minutes, sans jamais devenir ennuyeux. Faut dire qu'il les distille avec tellement de parcimonie. Et c'est un fameux atout ! Ce sommet de l'album s'achève sur un rythme frénétique. Si les lyrics de "Bluesaffair" ne manquent pas d'intérêt, la plage souffre d'une certaine longueur : plus de 10' ! Pétillant, "Family life blues" hausse le tempo. Lorsque le piano de Raphael Lemonnier épouse les accents "roulants", façon New Orleans, son interprétation est vraiment brillante. Bénéficiant encore de la fougue du pianiste, Rolf empoigne sa slide. Il respire profondément avant de se lancer dans un sémillant "Shake your moneymaker". Une composition d'Elmore James qui nous replonge 50 ans en arrière. Et en bonus track, la section de cuivres assurée par les Blues Bills entre en scène pour un "Gotta get on up" sculpté dans un R&B bien funky. Solide formation, New Chump Change est à suivre de très près…

The New Pornographers

Electric version

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Sept personnes participent à l'aventure de ce collectif canadien, dont trois se réservent le lead vocal. En l'occurrence les deux compositeurs Carl Newman et Dan Bejar (NDR : dont la présence est signalée sous le couvert d'un membre secret ; mais ce n'est plus un secret pour personne) et la chanteuse de country Neko Case. " Electric version " constitue leur deuxième opus, et fait suite à l'excellent " Mass romantic ", distribué en Europe en 2001. En bénéficiant du concours de chanteurs d'une telle envergure, vous vous doutez bien que les harmonies vocales sont le point fort des New Pornographers. Et vous avez tout à fait raison. Parfois, elles sont même aussi pures et limpides que chez les Beach Boys. On a même souvent l'impression que ces chansons sont inondées par le soleil de la Californie. Par contre le style se révèle le plus souvent power pop. A l'instar du contagieux " It's only devine right ". Lorsqu'il n'est pas trempé dans la new wave. Celle de Martha & The Muffins sur " All for swinging you around " et " Miss teen wordpower ". De Chumbawamba sur l'hymnique "Chump change". D'XTC sur l'angulaire et versatile " The new face of zero and one ". Et même des Stranglers tout au long du titre maître. Une plage enlevée, au groove imparable, que rognent des claviers poussiéreux. Mais tout comme sur le précédent opus, il y a toujours ce feeling baroque, glam, qui me fait penser tantôt à Supergrass ou aux Sparks circa " Kimono my house ". Excellent !