L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Mercury Rev

All is dream

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Après avoir commis l'impressionnant " Deserter's songs " en 1998, Mercury Rev nous revient avec ce qu'on pourrait considérer comme une suite à ce chef-d'œuvre. En fait Jonathan Donahue, le leader du groupe, est allé encore plus loin dans le labyrinthe de sa propre imagination ; au point de ne sortir que très rarement de ce périple opéré au cœur même de ses rêves. Ce qui explique sans doute le titre de ce nouvel album. Nonobstant l'un ou l'autre thème plus filmique, et en particulier l'ouverture " The dark is rising ", abordé à la manière d'une bande sonore de western ‘enniomorriconesque’, l'opus navigue en plein délire visionnaire ; et seules la guitare et la basse nous rappellent encore épisodiquement que Mercury Rev était un groupe de rock. Pour enregistrer ce disque, le trio yankee a reçu le concours de Toni Visconti à la coproduction. Pour ceux qui s'en souviennent encore, Visconti avait travaillé en étroite collaboration avec Bolan et surtout Bowie, au cours des seventies. En outre, l'ombre de Jack Nietzche plane également sur cet opus. Un illustre ingénieur du son qui avait notamment travaillé pour Neil Young. Approché par le groupe pour assurer la mise en forme de nouvel opus, il est malheureusement décédé une semaine avant que le groupe n'entre en studio. " All is dream " constitue le cinquième elpee de Mercury Rev. Un morceau de plastique qui laisse une grande place aux arrangements et aux orchestrations symphoniques, à l'instar de son précédent disque, " Deseter's songs ". De son falsetto presque ‘neilyoungesque’, Donahue nous entraîne au sein d'un univers peuplé de serpents, d'araignées, de sirènes, de lutins, de requins et autres figurants sur fond de mythologie grecque ou de textes hindous. Un univers parallèle où " All is dream "… Un must !

 

Migala

Arde

Écrit par

Troisième album pour cette formation madrilène qui reconnaît pour influences majeures Tindersticks et Calexico. Ce qui devrait vous permettre de vous donner une petite idée du style pratiqué par Migala. Si le disque s'ouvre par deux instrumentaux, qui auraient pu relever de la plume d'un Ennio Morricone, le reste de l'opus baigne dans une atmosphère ténébreuse à la mélancolie saumâtre. Une sensation accentuée par la voix d'Abel, dont le timbre campe un hybride entre celui de Léonard Cohen et de Bill Callahan. Et qu'il épanche tantôt dans la langue de Cervantes, tantôt dans celle de Shakespeare. Seuls l'allègre " Suburbian empty movie theatre " et " Last food around " concèdent une petite lueur d'espoir. Mais pour les autres… Le plus étonnant chez Arde se situe dans la texture des chansons. En fait, la texture basiquement folk est successivement revisitée par l'électronique, la pop, avant d'être traversée de collages post industriels. Une curieuse cohabitation entre guitares acoustiques, électriques, violon, accordéon, trompette, piano, synthés, samples et arrangements à caractère symphonique, ponctuée de bruitages aussi divers que bris de verre, crissements de pneus, circulation urbaine, cris, conversations, accidents de voitures, passage du train sur les rails, etc. On a même droit à trois titres plus tumultueux. Tout d'abord " La noche " et " Cuatro estaciones " et puis surtout le titre maître. Un fragment d'ambient noisy qui aurait pu naître d'une rencontre hypothétique entre My Bloody Valentine et Robert Fripp. Maintenant, n'imaginez surtout pas que les compositions soient envahies d'expérimentations ou de bidouillages technologiques. Non, le tout est dosé avec parcimonie, de manière à laisser le charme subtil des mélodies produire ses effets…

 

Ministry

Greatest Fits

Écrit par

Bien avant Rammstein et Marylin Manson, Ministry, groupe américain à l'humour cynique et grinçant, avait jeté les premières bases du métal industriel le plus sombre et malsain. Alors que le groupe de Paul Barker et de l'icône tourmentée Al Jourgensen n'ont jamais cédé aux chants des sirènes commerciales, ce best of apparaît comme un paradoxe dans la carrière sans faute du groupe. Une formation qui connut son heure de gloire dans les années 80, avant de se faire voler la vedette par un Nine Inch Nails qui, entre parenthèses, lui doit énormément. Avec " Greatest Fits ", Ministry aura vite fait de convaincre le néophyte qu'il demeure la référence ultime en matière d'indus brutal. Le band a volontairement fait l'impasse sur ses deux premiers opus 100% électros, "With Sympathy" (83) et "Twitch" (86), pour concentrer ses efforts sur sa période la plus prolifique. Et en particulier, celle du mythique "Land of rape and Honey" dont on trouve deux extraits, du multiplatine "Psalm 69", rendu célèbre par des compos aussi exceptionnelles que "N.W.O." et "Just one fix", ou encore du plus récent et sous-estimé "Reload". Les reprises du "Lay lady Lay" de Dylan et du lourdingue "Supernaut" de Black Sabbath laissent pantois! Quant aux vrais fans, qui possèdent déjà la discographie intégrale des dieux de l'indus, ils pourront toujours se rabattre sur la version live du monumental "So What ", sur le remix déjanté de "Reload" et sur le déjà culte "What about Us?", seul titre véritablement inédit de cet avant-goût de l'apocalypse.

 

Kylie Minogue

Fever

Écrit par

Kylie Minogue est née en 1968. Et il faut reconnaître que nonobstant ses 33 ans, elle est vraiment bien conservée. Elle a débuté sa carrière "artistique" à l'âge de 11 ans dans un soap australien. Son premier single "Locomotion", est sorti en 1987. Un disque qui reste, à ce jour, le 45trs le plus vendu en Australie. Pour les années 80. Après avoir commis 8 albums, à une cadence régulière, disques plus ou moins remarqués en fonction des Music Awards décrochés, la belle nous revient avec un nouvel opus, " Fever ". Dont vous avez certainement déjà eu le loisir d'écouter voire d'entendre le single " Can't get you out of my head ", sur l'une ou l'autre station radiophonique, et d'apprécier le clip sur l'une ou l'autre chaîne de TV musicale ; entre parenthèses, un clip qui me semble destiné à une certaine catégorie du genre humain… Quoique dynamique et bien balancé, l'elpee devient, au fil de l'écoute, répétitif. Si le synthétiseur incarne l'élément commun des différentes compositions, la touche musicale nostalgique des années 80 - début 90 polarise son style. Composé de 12 morceaux très dance, il semble parfait pour communiquer ‘la fièvre’ aux soirées rétho…

 

Miossec

Brûle

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Textes ambitieux, style parlé-chanté, voix fatiguée… Miossec a tout pour être une sorte de poète maudit. Sauf qu'il a du talent. Et pas un peu. Nul besoin chez lui de recourir au jeu de mots ou aux termes alambiqués pour avoir l'air intelligent. Miossec a l'art de nous balancer des évidences auxquelles on n'avait jamais songé : ‘On vouvoie le paradis et on tutoie l'enfer’. A-t-on déjà emprunté raccourci plus simple pour résumer la condition humaine ? Quand il joue à l'architecte, ses chansons aux constructions originales ne tombent jamais dans le piège de l'exercice de style. Et je pense tout particulièrement à cette subtile lettre à " Ma tendre S " ou à cette succession de questions – ‘comme on ne pose jamais les bonnes questions, pourquoi aurait-on un jour les bonnes réponses ?’ - qui aboutit à une magnifique chanson d'amour. Lorsqu'il tire un portrait, il évite ces raccourcis et vise juste : ‘elle était de ces femmes, qu'on embrasse sur les yeux’. Miossec nous offre donc de la vraie chanson. Et pourtant, sans doute est-ce son histoire personnelle ; mais on sent confusément le rock à chaque coin de ses couplets, sans qu'il ait besoin de grosses guitares électriques pour cela. Juste une atmosphère. Et une autre preuve de son talent.

 

Johnny Moeller

Johnny´s Blues aggregation

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Voilà donc la nouvelle perle de la guitare texane! Il est vrai que la prestation de Lee McBee flanqué de ses deux guitaristes, Johnny et Hash Brown, lors du dernier Spring Blues Festival, a été assez extraordinaire. Une véritable claque ; et le public ne s'y est d'ailleurs pas trompé. Le jeune Johnny n'est pas un débutant. Dès la fin des 80s, il faisait partie de Texas Heat, le groupe de Darrell Nulisch. Il a joué sur "It's Lewis" de Lewis Cowdrey, sorti sur Antones. Il avait aussi commis un album de funky blues, sur le même label de Société de Blues de Dallas. Intitulé "Return on the Funky worm", il avait reçu le concours de l'ancien Red Devil, Paul Size.

Indéniablement, Johnny détient une tonalité propre, rappelant parfois celle de Jimmie Vaughan. Il touche un peu à tout : au blues, au R&B, au rockabilly. Il est très bien entouré par son frère Jason à la batterie et par Matt Farrell au piano ; Mike Keller ainsi que Johnny Bradley se partageant la basse. Ce petit monde constitue habituellement le backing band de Lou Ann Barton. Son blues prend parfois les attitudes paresseuses des swamps. A l'instar de l'ouverture "Oh baby Oh", sur laquelle il prend déjà un superbe envol sur les cordes. Dans le style Baton Rouge, très bien chanté par Homer Henderson, "You turn to cry" (de Roy Head) est une de ces ballades qui semblent sortir tout droit des jukeboxes des mêmes 50s. Homer possède la voix traînante pour aborder ce style. Elle fait merveille sur la reprise de "You got me crying" de Jimmy Reed. "Thinking" (de Johnny Watson) est une petite perle dans le genre. Shawn Pittman est au piano, alors qu'on le connaît surtout à la six cordes. L'instrumental "Bak 'n' forf" est sous l'emprise du rythme des Caraïbes. Autre instrumental plus jazzy, inspiré de Wes Montgomery, "Slingin' Hash" traduit peut-être un clin d'œil adressé à l'ami Hash Brown. Boogie rock'n'roll, "Let's get high" déménage. Le piano de Matt roule de tous côtés, pendant qu'il chante comme un véritable rocker des 50s. Cette voix colle bien à l'ambiance de la plage rythmée, "Stagger Lee". Le Chicago blues n'est pas oublié à travers l'excellente reprise de "Worried life blues", de Maceo Merryweather. C'est le moment de gloire pour Matt Farrell qui chante et joue du piano à la manière de Big Maceo ou d'Otis Spann. Matt en remet une couche lors du traitement funky de "Mama, the way you look tonight", de Memphis Slim. Ce très bon album se termine sur "J's scratcher", un hommage évident à Slim Harpo. Prenez le temps d'écouter Johnny Moeller et ses amis, cela en vaut la peine!

 

Mogwai

Rock Action

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Revoilà nos petits amis de Mogwai. Faut dire que chaque nouvelle sortie de ce groupe provoque l'émoi au sein de toute la scène noise/indie. Après un ep sorti en 1999, "Rock Action" est le véritable album consistant depuis "Come on die young". Bon, Mogwai ne révolutionne plus grand chose à l'heure actuelle. Imperturbable, il continue de tracer sa route. Peu de différences notables tout au long de ces 8 plages : les guitares vont toujours crescendo, les voix, de plus en plus présentes et piochées entre autres chez David Pajo (Aerial M), renforcent le côté mélancolique. Soulignons cependant l'apport non négligeable de cordes et une touche discrète, mais clairement audible, d'électronique. Deux titres tirent leur épingle du jeu ("You don't know Jesus" et "2 Rights make 1"), dans la pure tradition du band. Le reste demeure du Mogwai bon crû, peut-être plus accessible dans le format et la limpidité des structures que par le passé. Faut dire qu'aujourd'hui un groupe comme Godspeed You Black Emperor ! pousse bien plus loin les limites du genre. Maintenant pour ceux qui recherchent plus de spontanéité et moins d'intellectualisme, Mogwai reste en tête. Si vous avez également l'occasion de jeter une oreille à une formation du nom de Nought, ne vous privez pas....

 

Moonspell

Darkness and Hope

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Sur "Butterfly FX", dernier album des portugais de Moonspell, le travail était principalement axé sur la recherche de sonorités nouvelles et l'utilisation de samplers. Avec "Darkness and Hope", le léger alibi indus a volé en éclats pour aboutir à un résultat pour le moins inattendu. "Trois pas en avant, deux pas en arrière" diraient certains! Moonspell délaisse les effets technologiques et revient à la formule qui a fait le succès de l'album "Irreligious" en 1996. Mais en moins "trash" ; puis surtout davantage empreint de romantisme que de satanisme. Imprimé sur un tempo plutôt lent, l'oeuvre révèle des titres dans la pure tradition métal-gothique, laissant la place à l'émotion, aux climats brumeux, aux mélodies imparables. Produit par Hiili Hilesmaa, responsable du son de Him et de Sentenced, cet album a été enregistré aux désormais incontournables studios Finnvox en Finlande. Du beau travail ! En guise de point d'orgue, Moonspell nous livre pour la première fois de sa carrière un titre dans sa langue natale. "Os senhores da Guerra" semble d'autant plus insolite qu'il constitue le titre le plus accrocheur de cette nouvelle production jouissive à souhait.

 

Gary Moore

Back to the blues

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Et un retour de plus au blues pour Gary, un!! Agé de près d'un demi siècle, cet Irlandais a vécu sa première expérience intéressante à l'extrême fin des 60's. Au sein du trio Skid Row. Il est ensuite embrigadé chez Colosseum II et Thin Lizzy avant d'entamer une carrière personnelle, en 1979. Son adhésion au blues l'amène à sortir l'album "Still got the blues" en 1990, et "After hours", l'année suivante. Un disque pour lequel il avait bénéficié de la participation d'Albert King, de BB King et d'Albert Collins. Il commet alors "Blues Alive" en 93 et la collection "Blues & Ballads" en 94. La même année, il participe brièvement au projet BBM, autrement dit Baker, Bruce & Moore. En 95, il rend hommage à son maître à jouer et protecteur de ses débuts, Peter Green, à travers l'album "Blues for Greeny".

Les premiers instants pourraient semer le doute. Mr Moore se mettrait-il à son tour à l'acoustique? Ce n'était qu'un leurre, la diversion ne dépasse guère les trente secondes. Arrêt brusque et mise en marche immédiate de la machine à rocker le blues. Pour démarrer, "Assez du blues", autrement dit "Enough of the blues" constitue un curieux titre pour annoncer son retour!! ! Crochet par le répertoire de BB King, avec la reprise d'"Upset me baby". Il reste dans un registre semblable avec son "Cold black night". Il s'attaque à son solo à la manière d'un Peter Green 1ère époque qui revendiquait lui-même BB. Malheureusement, il tombe très vite dans ses excès en voulant en faire de trop. Quand on veut se faire trop hard, on perd immanquablement la sensibilité indispensable au blues. C'est ensuite l'exercice du slow blues, le fameux canon de T-Bone Walker, "Stormy Monday". Et c'est bien sur ces tempos nonchalants que Gary puise sa joie de jouer. Il possède un sens de la mélodie ; les phrases et soli qu'il crée alors peuvent être très beaux, mais sortent du blues. Curieusement, ses meilleures chansons sont ici de jolies ballades, lentes, sur lesquelles il peut déployer son sens profond de la mélodie. Sa sensibilité se manifeste sur ce type de répertoire. Et notamment chez "Picture of the moon" et "The prophet". La guitare sur fond d'orgue de Vic Martin, me rappelle le dialogue entre Thijs Van Leer et Jan Akkerman du groupe hollandais Focus ; et enfin, "Drowning in tears". Un petit joyau chanté très doucement. La guitare prend la tonalité métallique et réverbérée de celle de Peter Green sur l'extraordinaire instrumental "The supernatural". Solide coup d'émotion, la finale est réellement superbe. Lors de ses exercices de style dans le blues, à l'instar de la reprise se du "Looking back" de Johnny Guitar Watson, la guitare est impeccable mais son chant ne transpire vraiment pas la sensibilité que nous sommes en droit d'attendre d'un tel artiste. A chacun d'en retirer ce qu'il attend !

Marc Morgan

Les parallèles se rejoignent

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Ceux qui ont aimé les Innocents ou l'Affaire Louis Trio devraient prêter une oreille à cet opus. Ils y retrouveront d'abord des mélodies enlevées, des accords de guitare dispensés par un artiste qui a dû écouter pas mal de rock avant de faire de la chanson. On se laisse emporter par " Je reviens de loin " et " Tout le monde se quitte ", les titres d'ouverture qui ont tout pour tourner en boucle sur les radios. Lorsque vous avez écouté 2-3 fois ce disque, vous avez envie de vous pencher sur les textes qui glissent sur les douces compositions. Et c'est du même tonneau : clins d'œil intelligents, éclairs amusants… Exemples : ‘j'ai suivi trop de flèches/de passages obligés/j'avais la gorge sèche et le moteur noyé’ ou ‘à la queue du peloton/j'assurais mes arrières/on tapait le carton/entre retardataires’. Paroles et musiques, les parallèles de Marc Morgan se rejoignent ainsi dans un sympathique mouvement qui ne sombre jamais dans la facilité mais ne décolle pas non plus vers le génie. Il manque un imprévu, une faille, une personnalité peut-être. Et le chanteur hutois le sait : ‘cette discordance est une délivrance car sous les apparences, c'est là que tout commence’, chante-t-il sur un étonnant petit rythme disco.

 

Morgul

Sketch of supposed murderer

Écrit par

A l'instar de Mortiis, Jack D. Ripper demeure un phénomène à part entière dans le petit monde du métal glauque et horrifique. Il est en effet le seul et unique membre de Morgul et assure toutes les parties vocales, comme instrumentales. Lors de la sortie du sublime "The horror grandeur", en 1999, Morgul avait révélé au public son concept morbide, étalant une musique flippante qui baignait dans un climat malsain de folklore des Pays de l'Est, le tout renforcé par des parties de violon tziganes. L'album avait fait l'effet d'une bombe et on ne pouvait s'empêcher d'établir un parallélisme entre les délires de Morgul et l'œuvre noire du très sous estimé Devil Doll, dont nous vous recommandons chaudement la discographie dans son intégralité, pour peu que le métal horrifique ne vous laisse pas de glace. Plus mécanique, plus froid, plus électro, "Sketch of supposed murderer" a subi une légère industrialisation du son. Samael n'est pas très loin, Dimmu Borgir non plus dans les moments les plus speed. Mais l'essence même du "groupe" est toujours palpable au fil de ces neuf titres, toujours aussi sulfureux grâce, entre autres, à ces obsédantes incursions de violon. Le seul élément qui semble sortir du contexte Morgul est la reprise de la ballade "She" de Kiss que l'on retiendra plus comme une curiosité que comme un chef d'œuvre. Mais l'ensemble est à découvrir d'urgence !

 

The Mother Hips

Green hills of earth

Écrit par

"Green hills of earth" constitue déjà le 5ème album de cet ensemble californien. Un disque dont la plupart des compositions puisent généreusement dans l'univers des sixties. Celui des Faces, du Who, des Kinks, du Cream, des Byrds, et même des Beatles. En particulier sur " Seaward son ", le dernier fragment ; une chanson dont le raffinement évoque tantôt " Abbey Road ", tantôt " Magical Mystery Tour ". Un raffinement manifesté tout au long de l'œuvre. Et en particulier au niveau des arrangements. Les ballades demeurent cependant leur point faible. Et le recours au mellotron leur donne une coloration un peu trop surannée, à mon goût. Pire encore, " Sarah Belum ", aurait pu figurer dans le répertoire des Bee Gees, première époque. Mais c'est dans l'exercice du revivalisme le plus vivifiant et le plus allègre que Mother Hips me paraît le plus convainquant. A cause des lignes de guitare claires, chatoyantes, des accès de basse versatiles, aventureux, des harmonies vocales impeccables ; et puis surtout de ce sens mélodique tellement contagieux, hérité en ligne droite de la pop des sixties…

 

The Mother Hips

Life in the city

Écrit par

Ce trio californien puise généreusement dans la pop des sixties. Et en particulier celle du Who, des Kinks, du Cream, des Byrds, des Beatles et même des Bee Gees. Ce sont les termes que j'avais utilisés pour chroniquer leur cinquième opus, " The green hills of earth ", paru il y a quelques semaines. Et puisqu'on en est aux références, " Smoke ", un des trois fragments de ce disque, me rappelle soudainement le Free et Thin Lizzy, nonobstant son parfum country. Vous ne serez dès lors pas étonnés d'apprendre que le titre maître de ce nouveau single aurait pu relever du répertoire des Posies, les deux formations partageant la plupart des mêmes influences. Seul inédit, " Life in the city " aurait mérité, un quart de siècle plus tôt, de prendre place dans le bac de 45trs à slows, d'une discothèque mobile, au même titre que " I'm not in love " de 10CC ou de " Guitar man " de Bread. Qui a dit nostalgique ?…

 

Motorpsycho

Barracuda

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Les sept compositions qui figurent sur le nouvel elpee de Motorpsycho ont été concoctées lors des sessions d'enregistrement de leur album précédent, " Let them eat cake ". Mais jugées trop rock, elles avaient été mises (provisoirement !) au placard. Ce qui n'avait pas empêché la formation norvégienne d'en utiliser l'une ou l'autre sur les planches. A l'instar de " Up' gainst the wall (high time) " et de " Dr. Hoffman's bicycle ". Trop rock, ou plus exactement trop r&b. Mais un r&b abordé dans l'esprit des Small Faces, d'Allman Brothers Band, pour lesquels ils avaient déjà rendu un hommage à travers " A song for a Bro " sur le dernier opus ; et puis des Rolling Stones auxquels ils adressent un clin d'œil sur " Star star star ". On a même droit en fin de parcours à une incursion dans le prog rock, question de rappeler, sans doute, que Motorpsycho apprécie toujours ce courant musical…

 

Motorpsycho

Phanerothyme

Écrit par

Depuis la sortie du superbe et mésestimé " Let them eat cake ", l'influence exercée par Flaming Lips, sur cette formation norvégienne, est de plus en pus palpable. A cause de la richesse des arrangements et puis du soin apporté aux harmonies vocales. Des arrangements qui flirtent même avec la symphonie, alors que les vocaux se conjuguent le plus souvent sur un mode falsetto. C'est à nouveau le cas sur le tendre et mélancolique " Bedroom ", le jazzyfyiant B.S., ainsi que sur " For free ", littéralement fustigé par un groove pulsant. Caractérisé par la superposition de ses lignes musicales et vocales, " Lanslide " lorgne même vers le prog rock de Gentle Giant. Des lignes qui épousent les courbes mélodique, au sein d'un univers presque médiéval… Les arrangements peuvent pourtant devenir envahissants, philspectoriens. A l'instar des dernier fragments de l'opus. On se croirait même revenu à l'époque de Love. Faut d'ailleurs croire que le groupe fait ici une fixation sur l'histoire de la musique américaine. Californienne très exactement. C'est tout à fait évident sur le remarquable " Go to California ", composition qui revisite à la fois les Byrds, les Beach Boys, les Doors et Iron Buttefly. Les Byrds et les Beach Boys, vous devinez aisément pourquoi. Les Doors en vertu du recours au clavier, ma foi, ‘manzarekien’. Le papillon d'acier, dès que Snah torture sa guitare, à la manière d'Eric Braunn. Pensez à In-A-Gadda-Da-Vida. Un véritable trip psychédélique au cœur des sixties.

 

Scott McGill / Michael Manring / Vic Stevens

Addition By Substraction

Produite par Neil Kernon, la musique instrumentale de ce trio oscille entre fusion, rock progressif et programmations électroniques. Souvent l'alchimie fonctionne, bien que certains morceaux frisent le magma sonore, et les oreilles bourdonnent. Réservé avant tout aux amateurs de technique et de surenchère, ce CD rappelle parfois les heures glorieuses du krautrock, quand expérimentation rimait avec invention. Truffé de soli et de breaks de batterie à faire pâlir tout fan du Mahavishnu Orchestra, " Addition By Substraction " est une mine à trésors pour les abonnés au jazz-rock. Les autres passeront sans doute leur chemin, préférant Eric Truffaz (pour le côté jazz), Squarepusher (pour le côté rythmé) ou Muse (pour le côté surenchère).

 

The Melvins

Electroretard

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Haaaaargh, les Melvins ! Je confesse être fan à 100% de ce groupe imprévisible et insaisissable. De Today is the day, Neurosis et Fantômas, également ! (NDLR : faute avouée est à moitié pardonnée !). Et les Melvins gravent de temps en temps des plaques de la trempe de cet "Electroretard". C'est-à-dire, pas du tout intéressantes pour les non fans et limites pour les initiés. En fait, le groupe n'a pas véritablement commis un nouvel album, mais une compilation à la sauce perso. C'est à dire constituée de reprises. Pas encore celle de Throbbing Gristle, mais des Cows, de Pink Floyd (" Interstellar Overdrive ") et une de je sais pas qui (" Youth of America "). Une intro melting pot de 3 minutes qui zappe sur une quinzaine de chansons du groupe, principe déjà utilisé lors de la sortie des 12X45t. Des réenregistrements encore plus barrés que les originaux (NDR : pour " Lovely Butterflies ", fallait quand même oser !). Bref, concrètement rien de nouveau. Mais cet opus apporte une pierre de plus au monument Melvins. En attendant la sortie du live qui devrait suivre la prochaine tournée et la véritable sortie d'un album qui s'annonce incroyable (NDR : texto sur le site d'Ipecac : ‘the melvinsfantômas big band’), cet "Electroretard" reste du pain béni. Et puis, quel humour ! Exhibez le booklet autour de vous et observez les réactions. Ce sont exactement celles que les Melvins attendent. Niark, niark, niark…

 

Aimee Mann

Bachelor n°2

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" Bachelor n°2 " constitue déjà le troisième album solo d'Aimee Mann. Mais nous, pauvres Européens, ne connaissons la demoiselle qu'à travers la B.O. de l'excellent film " Magnolia ". Grâce au succès remporté par " Save me ", chanson phare du film, son dernier album est enfin distribué chez nous. Entre parenthèses, ce dernier est déjà disponible aux Etats-Unis depuis plus d'un an ! Après écoute, on se rend rapidement compte que " Bachelor n°2 " contient plusieurs chansons (exactement trois) de cette bande originale. Une petite déception pour ses fans. Enfin, les personnes qui ont vu le film. De plus, les autres compositions restent dans le même ton et se rapprochent très fort de l'ambiance dégagée par la B.O. On a même parfois l'impression d'écouter le deuxième tome (NDR : j'espère qu'elle ne va pas nous en faire une saga !).

Après mûre réflexion, cet album pourrait rejoindre la catégorie des ‘voix féminines pop-rock’, que partagent Sheryl Crow, Tracy Chapman et Heather Nova … Des voix affichant leur spécificité et une certaine maturité. La musique d'Aimee Mann semble, tout particulièrement, constituer le versant " soft pop " d'Heather Nova. Elles se ressemblent parfois sur certaines chansons, même si Heather Nova hausse davantage le ton, sans toutefois atteindre le niveau mélodieusement guttural de Pantera and co ; alors que celle d'Aimee Mann ne change jamais de trajectoire. Mais le résultat demeure agréable à l'écoute, tout en étant suffisamment rythmé et entraînant pour ne pas tomber dans la mélancolie. De quoi se mettre de bonne humeur le matin !

 

Barbara Manning

You should know by now

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Pour enregistrer son nouvel opus, Barbara Manning s'est entourée d'un nouveau groupe. Les Go-Luckys !, un trio teuton qu'elle a rencontré lors d'une tournée en Allemagne, puis engagé comme backing group. Si mes renseignements sont exacts, " You should know by now " constitue le neuvième album de Barbara. Un disque dont les premières écoutes peuvent paraître assez difficiles. Normal, puisque Barbara pratique une forme de post punk aride, grinçant, distordu, redoutable, rebelle, à la croisée des chemins des Breeders, de Sleater-Kinney, de PJ Harvey, de Come et des Raincoats. Les Raincoats, surtout à cause des lyrics radicaux et introspectifs que Barbara chante d'une voix plaintive, à la limite agaçante. Et pourtant, au fil du temps, l'oreille finit par apprivoiser ces mélodies sauvages, un peu comme un dompteur face à un fauve féroce, mais dont la vie est toujours suspendue au risque de l'accident fatal…

 

Harry Manx

Dog my cat

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Harry Manx est né sur l'île de Man, au Sud de l'Angleterre. Mais il a rapidement émigré au Canada, où il vit toujours aujourd'hui. Au début des années 80, on le retrouve dans le métro et autres coins publics de Paris, où il joue de l'harmonica et de la slide. 10 années plus tard, il fait à peu près la même chose au Japon. Il se rend ensuite au Rajasthan à la recherche de Vishwa Mohan Batt. Musicien indien et spécialiste émérite de la slide, Vishwa avait enregistré auparavant en compagnie de Ry Cooder. Vishwa lui apprend tous les rudiments de cette riche culture musicale. Enfin, au printemps 2000, il revient chez lui à Salt Spring Island, au Canada.

Enregistré à Toronto, cet album marque un retour à ses sources : le blues. Manx est seul. Il accompagne sa voix d'une lap steel guitar, d'un harmonica et d'un mohan veena, une slide guitare indienne à 20 cordes, que lui a léguée le maître. Il entame cet opus par une version assez classique et impeccable du classique de Muddy Waters, "Can't be satisfied". La voix est celle d'un folk singer. Son timbre bien joli et doux caresse "Bring that thing", "Good morning stranger" et "Lay down my worries". La prise de son est limpide. Le toucher métallique sur les cordes est clair. Il vibre entre ses doigts. Son jeu d'harmonica n'est pas complexe mais très efficace. Lorsqu'elle rencontre l'Orient sa musique occidentale est d'une richesse insoupçonnée. L'essence du blues et la profondeur indienne créent des raga blues à quatre reprises : "Reuben's train", "Rag Bihag", "Song for William" et "Rag Jog". Harry est doté d'une sensibilité désarmante. Sa musique le hante, lui colle à la peau. Ses créations sont tellement belles et simples ; un art qu'il domine naturellement. "Sunday morning ascension" et "Love ain't no game" exhalent beaucoup de tendresse et d'intensité. Deux reprises figurent sur ce très bel album chargé de promesses, "Baby please don't go" et "Shame shame shame".

 

Marillion

Anoraknophobia

Écrit par

Après quelques albums d'un rare pessimisme, Marillion confirme une joie retrouvée à travers cette nouvelle oeuvre intimiste. Groupe hors norme à la longévité exceptionnelle, le très british Marillion n'est plus cet ersatz de Genesis, dont l'étiquette lui est restée collée à la peau jusqu'au départ de son emblématique chanteur Fish, remplacé en 1989 par le non moins charismatique Steve Hogarth. Aujourd'hui libre comme l'air, faisant fi du dédain des puristes qui lui reprochent ses amours entretenus avec les sonorités trip hop et la pop rock de Radiohead, Marillion se retrouve de nouveau associé à EMI, la grande maison qu'il avait quittée en 1995. Fort d'un noyau d'aficionados entièrement dévoué à sa cause, le groupe a fait financer son nouveau né par les membres de son fan club.

"Anoraknophobia" est de loin la meilleure production de l'ex groupe phare du rock progressif anglais depuis l'émouvant "Brave" ; un disque considéré par le band lui-même comme le point culminant de sa carrière. Bien qu'excellente entrée en matière, le single très rock "Between you and me" est peu représentatif de l'ensemble de l'œuvre ; une œuvre dominée par la richesse harmonique du sublime "Quartz" aux réminiscences Porcupine Tree et par les envolées aériennes de joyaux tels que "When I meet god" ou "Separated out". Les groupes issus des années 70 et 80 qui continuent à vivre sur leur passé sont légion. Marillion n'est pas de ceux-là et pousse l'honnêteté jusqu'à prendre le risque de perdre ses fans de la première heure en accouchant d'un album simplement authentique. La démarche mérite le respect. "Anoraknophobia" deviendra à coup sûr un classique, une référence qui n'aura pas pris une ride dans deux décennies.