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Billy Boy Arnold

Boogie´n´shuffle

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Billy Boy est né à Chicago en 1935. Alors qu'il ne compte guère plus de 13 ans, il a l'audace de pousser la porte de son idole, John Lee "Sonny Boy I" Williamson ; le vrai ! En 1948, BB apprend donc les rudiments de l'harmonica au contact de ce musicien mythique, alors très populaire auprès des audiences noires. Il n'aura pas le temps de le rencontrer souvent puisque John Lee fut assassiné la même année, dans une rue de Chicago. Il connaîtra un autre fait mémorable lorsqu'en 1955, il enregistra le fameux single de Bo Diddley, "Bo Diddley / I'm a man".

Billy Boy enregistre ensuite pour Vee-Jay quelques titres incontournables, tels que "I wish you would" et "I ain't got you". Disparu de la circulation un long moment, il est réapparu ces dernières années, le temps de commettre 2 albums pour Alligator : "Back where I belong" en 93 et "Eldorado Cadillac" en 95.

Voici son grand retour en compagnie du Duke Robillard Band au grand complet, s'il vous plait! Duke est aux cordes, Matt McCabe au piano, John Packer et Jeff McAllister constituent la section rythmique ; alors que Doug James et Gordon Beadle se concentrent aux saxes. Et le résultat est probant ; le niveau musical est même très élevé.

Billy Boy a composé six des 12 titres, dont les toniques "Greenville" et "Come here baby". Il joue d'un harmonica très amplifié, dans un style proche de la légende Sonny Boy. Les meilleurs titres sont incontestablement "Let's work it out", un fragment assez jump boogie, et l'ouverture "Bad luck blues" parcourus par les plus belles interventions instrumentales de Matt et de Duke. "Hello stranger" est aussi une toute bonne composition. L'harmonica s'évade, pendant que la guitare de Duke veille au grain à l'arrière. Abordée sur un mode discret, assez laidback, la plage titulaire est particulièrement réussie. Stimulé par de bonnes apparitions très respectueuses du passé, de Duke et de Matt, BB se sent 40 ans de moins. Parmi les reprises, certaines valent le détour. Leur choix est sans doute inspiré par Duke. Ainsi soutenu par l'envol des saxes en solo, "Just got to know" et "Every night, every day", de Jimmy McCracklin, ainsi que "Home in your heart", pourraient figurer au répertoire du DR Band. Deux compositions de Ray Charles nous plongent dans une superbe ambiance. Tout d'abord "Greenback". Et puis "Blackjack", un slow blues procédant plus du style T-Bone que du Chicago blues ; mais que Billy Boy chante admirablement devant le piano de McCabe. Cet album sans faille est ponctué d'une interview de plus de 18', au cours de laquelle Mr Arnold nous raconte ses aventures vécues en compagnie de Sonny Boy et de Bo Diddley!

 

Ash

Free all angels

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De bon petit groupe, Ash est occupé progressivement de passer au statut de très bon groupe. D'abord, il en est à son troisième album ; et la plupart des chansons qui le composent sont de véritables hits potentiels. On savait que Tim Wheeler était capable d'écrire de foutues bonnes mélodies, mais chez " Free all angels ", elles sont encore plus contagieuses, plus efficaces, plus naturelles. Un disque de power pop fort bien équilibré qui alterne ballades de pure pop (" Sometimes "), parfois enrichies d'orchestrations de cordes (" There's a star ", " Someday " et surtout le superbe " Candy " qui implique un sample du " Make it easy on yourself " des Walker Brothers "), punk pop torride (" Nicole ", " Shark ") ou pogotant (" World domination ") et house au groove post Happy Mondays (" Submission "). Les lyrics ne dissertent cependant plus sur la guerre des étoiles, mais parlent des filles et de l'été. Et si les sujets peuvent paraître futiles, ils sont ici traités avec beaucoup plus de pertinence que vous pouvez l'imaginer, permettant à Tim d'épancher toute la sincérité sombre de son nihilisme. Elargi à un quartette depuis l'arrivée de Charlotte Hatherley à la deuxième guitare, Ash vient probablement d'enregistrer l'album de la consécration. Enfin, c'est tout le mal qu'on lui souhaite…

 

Leyna Ash

En toute sérénité

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" En toute sérénité " marque les débuts de cette jeune chanteuse belge, aux origines métissées. Parolière de quelques-uns des onze morceaux de son premier album, Leyna a, pour principale qualité, une voix sensuelle et ample. Mais elle paraît bien mal exploitée au milieu de mélodies banales qui confondent mollesse avec tendresse et romantisme. Simples pour ne pas dire simplistes, les chansons de cet album ont peu de chance de marquer les mémoires. Et quant bien même elles parviendraient à se faire remarquer ( ?), elles tomberaient rapidement dans l'oubli. Pire encore, son style ne parvient ni à émouvoir ni à séduire. En fait, sa musique ne possède pas ce petit plus qui retient l'attention, même quelques instants. A contrario de Sweet Jane, autre jeune vocaliste également peu connue, qui parvient à captiver l'attention par ses textes écrits tantôt en français ou en anglais, qu'elle chante en s'accompagnant de sa seule guitare acoustique. Peut-être faudra-t-il laisser à Leyna, le temps de mûrir son talent…

 

Aston Villa

Live acoustic

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Comme son titre l'indique, cet elpee a été enregistré en public et sous une forme acoustique. Ce qui donne une nouvelle dimension aux chansons de cet ensemble parisien, d'Ivry sur Seine très exactement, tout en démontrant son aisance à se passer d'amplification électrique, sans pour autant perdre la puissance de son sens mélodique. Une formule qui met, bien sûr, davantage en valeur la voix de Fred, dont le timbre empreint d'une troublante sensualité, hésite entre caresse et morsure. Et puis également les textes du groupe. Une poésie torturée qui joue sans cesse sur les ambiances et les mots (NDR : ce qui doit plus que probablement indisposer ceux qui pensent détenir le monopole de l'humour !), sans pour autant négliger un engagement social certain. Et parmi les 13 exercices de style proposés sur cet opus, on retrouve les inévitables " Raisonne ", " L'âge d'or ", " Peu importe ", " Les codes ", " J'en rêve " et bien d'autres…

Astrid

Play dead

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Astrid nous vient du nord de l'Ecosse. Un quartette dont le premier elpee, " Strange weather lately ", avait reçu le concours d'Edwyn Collins à la production. Pourtant, bien que pop, la musique de cette formation n'affiche aucune affinité avec le postcard, pratiqué en son temps par l'ex leader d'Orange Juice ; mais plutôt avec d'autres Ecossais : le Teenage FanClub. A cause des harmonies vocales angéliques, de ce savoureux mélange entre cordes de guitares acoustiques et électriques scintillantes, chatoyantes. Des mélodies contagieuses, hyper contagieuses, chargées tantôt d'adrénaline, de lumière ou de nostalgie. Pour enregistrer " Play dead ", Eddy a cédé le relais à Tony Doogan. L'ombre de TFC est cependant toujours aussi présente. Mais la forme épouse un profil légèrement britpop que ne renierait pas un certain Bluetones. Et le timbre vocal aigrelet de Willie Campbell, proche de celui de Mark Morris, y est sans doute pour quelque chose. Dans le style, c'est vraiment un chouette album !

 

Natacha Atlas

Ayeshteni

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De retour au Caire depuis 1999, Natacha Atlas semble de plus en plus se rapprocher de ses racines. Déjà sur son précédent opus, elle s'était totalement immergée dans le shaabi, la musique populaire traditionnelle égyptienne ; et puis surtout, avait écrit ses chansons en arabe. " Ayeshteni " s'inscrit parfaitement dans la lignée de " Gedida ". Un disque tout autant imprégné par la culture d'Afrique du Nord, son rythme et ses passions. Et tout au long de cet opus, qu'elle illumine de ses volutes vocales, les oscillations de cordes exotiques et les arpèges de cordes se conjuguent aux percussions tribales et aux accès de basse dub. Et cet équilibre délicat, établi entre production brillante, assurée par ses fidèles collaborateurs Tim Whelan et Hamid Mantu, et mélodies intenses, lui permet même de revisiter, avec beaucoup de bonheur et d'originalité, le célèbre " I put a spell on you " de Screamin' Jay Hawkins et l'intemporel " Ne me quitte pas " de Jacques Brel. Seul le remix de " Manbai ", opéré par Nitin Sawhaney, fait un peu tâche d'huile dans l'ensemble. Encore que les DJ's ne doivent pas du tout partager mon point de vue. Comme les puristes de world music, qui risquent même de tirer à boulets rouges sur ce qu'ils considèrent probablement comme beaucoup trop dénaturé par la technologie moderne. Mais ici, c'est une question de goût…

 

The Avalanches

Since I left you

Alors eux sont pas près de crouler sous le fric. Vu les royalties qu'il vont devoir à droite et à gauche. En effet, la liste des samples est kilométrique (NDR : une avalanche !), et puise dans tous les styles : bossa nova, house, salsa, funk, disco, house, jerk… Bref rien que du dansant, pensez-vous ? Enfin, pas tout à fait. Parce que si le groove est omniprésent, la musique recèle un côté expérimental qui frise le délire. Ce qui dénote chez ce collectif australien, de Melbourne très exactement, un sens de l'anticonformisme particulièrement aiguisé. Enfin, si les 2 titres qui passent régulièrement sur les ondes radiophoniques vous ont fait remuer les doigts de pieds, alors n'hésitez pas, le reste est du même tonneau. Cet album ne tape jamais trop sur le système et reste une plaque très agréable à écouter. Surtout si vous aimez reconstituer des puzzles de plus de 500 pièces…

 

16 Horsepower

Hoarse

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Album ‘live’, "Hoarse" réunit des enregistrements opérés pour la plupart au Bluebird Theatre de Denver, dans le Colorado, en mai 98. Seul " Fire spirit ", qui bénéficie de la collaboration du chanteur de Noir Désir, Bertrand Cantat, relève d'un set accordé en octobre de la même année au Bataclan de Paris. Sur les onze titres de cet elpee, trois sont consacrés à des reprises. Le susvisé " Fire spirit " de Gun Club, référence incontournable du groupe, " Days of the lords " de Joy Division ; et puis " Bad moon rising " du Creedence Clearwater Revival. Trois formations qui ont fatalement marqué 16 Horsepower, à des degrés divers. Maintenant, il faut avoir assisté à un concert du combo pour pouvoir imaginer la puissance que dégage leur country/folk/rock/blues. Une musique sauvage, ténébreuse, venimeuse, et si riche en sentiments et en mélodie qu'elle ne peut être qu'authentique. Pas pour rien que David Eugène Edwards projette, dans ses lyrics, une image des States qui n'est pas celle qu'on a l'habitude de nous faire voir, mais plutôt celle d'une Amérique sordide et déprimante. Ah oui, et l'album alors ? Bien, très bien même. Il n'y manque que l'image…

 

22 Pistepirkko

Rally of love

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Les champions du recyclage sont de retour. Avec un album beaucoup plus électronique. Electro pop, pour être plus précis. Une tendance qu'on avait déjà pu constater sur la bande sonore du film " Downhill city ". Mais avec " Rally of love ", 22 Pistepirkko vient probablement de réaliser son " Technique ", au moment où New Order en revient à style plus basique. Sur cet opus, plus guère de trace de garage, de psychédélisme, de blues, de country ou de r&b (NDR : et si elles existent encore, elles sont bien cachées), mais une solution sonore sophistiquée, imprimée sur un tempo métronomique, enduite d'harmonies vocales falsetto dont le raffinement me fait penser aux Pet Shop Boys, mais en moins post adolescent. Un travail d'orfèvre auquel ont participé le producteur Per Sunding (Sort Sol, Wannadies), l'ingénieur du son Stefan Kvarnström et le mixeur Tore Johansson (Cardigans, Boss Hog). Mais le produit fini a beau être irréprochable, il manque de feeling, de chaleur, de cette audace créatrice, qui en avait fait, à ce jour, son originalité. Dommage !

 

Dominique A

Auguri

Écrit par

Quel peut être le lien entre PJ Harvey et Dalida ? Dominique A bien sûr ! Il reprend " Les enfants du Pirée " sur un album entièrement produit par John Parish, connu pour son étroite collaboration avec Polly Jean. Parish joue même de la basse et de la guitare sur la plupart des chansons d' " Auguri " (NDR : meilleurs vœux en italien, paraît-il !). Tant que nous en sommes aux références, signalons que Dominique A commet une autre reprise sur cet album : " Je t'ai tant aimée ", de la formation belge Polyphonic Size. Une interprétation magnifique de douceur. Cet album, déjà le 5e du Français, respire la sérénité. On s'y glisse d'autant plus facilement que le chant de Dominique A semble cette fois spontané, débarrassé de tout acharnement à dérouter ou impressionner l'auditeur. Qu'il choisisse la sensualité, la tension ou même le clin d'œil ironique (les chanteurs sont mes amis), il s'en sort chaque fois avec les honneurs. Un grand moment !

 

The Action Time

Versus the world

Écrit par

‘Do you believe in rock n' roll ?’ Telle est la question soulevée par cette plaque. Mais du rock n' roll comme on l'imaginait dans les années 50/60. C'est-à-dire dépravant et dangereux pour une jeunesse influençable. Tout le monde sait ça. Adepte donc de la remontée temporelle, ce band mixte (3+3) mélange des rythmes punky à des vocaux féminins truffés de ‘ho ho’, ‘yeah yeah’ et autres joyeusetés. Sorte de Southern Culture on the Kids ou de B 52's mâtinés d'un esprit rageur et noisy plutôt que rigolo, The Action Time nous balance une plaque plutôt sympa, énergique sans pour autant nous propulser dans la quatrième dimension de l'excellence. Honnête, dirons-nous.

 

Aereogramme

A story in white

Malgré le coup de vieux que ce genre, apparu il y a deux ou trois ans, semble avoir pris ces derniers temps, le terme post-rock semble encore d'actualité pour qualifier ce groupe écossais formé en 1998 : envolées de larsens dignes d'un Mogwai première cuvée, sensibilité à fleur de peau suivie de brusques sursauts dans le rouge du potentiomètre. Bref on a affaire à des chansons à la structure décomplexée de tout couplet-refrain binaire, où le chant garde tout de même une place indéniable… Encore que : d'un timbre sibyllin, la voix du chanteur peut se transformer, sur certains morceaux, en un cri guttural digne des pires groupes de popcore juvénile, tendance Muse et consorts. Et c'est là que le bât blesse : entre pop songs gentillettes et finals métalleux gargantuesques, Aereogramme a du mal à choisir son camp. Les aiguilles s'affolent au moment où nos oreilles s'acclimatent confortablement aux abîmes délicats d'une chanson douce, ce qui provoque un léger sentiment d'agacement, et très vite d'abandon. Stop eject ! Pourtant, la groupe emmené par Craig B. (ancien leader des… post-rockeux Ganger) y met de la hargne et du cœur, aussi bien dans ses penchants lyriques (dans les meilleurs moments, on pense à Sigur Ros) que purement électriques (dans les meilleurs moments, on pense au Sonic Youth période " Goo "). Alors, JJ72 ou Pinback, Sepultura ou Fugazi ? Ils sont jeunes, indécis, et ont de la rage à revendre… Reste à voir de quel côté de la force ils se pencheront.

 

Alfie

If you happy with you need do nothing

Écrit par

Chaînon manquant entre le Beta Band et Gorky's Zygotic Mynci, Alfie nous vient de Manchester. Un quintette qui parvient à incorporer à son folk, une multitude de styles musicaux. Tantôt la pop, le psychédélisme, le prog, le music hall, le jazz, la house et la bossa nova. Trempant le tout dans un bain de technologie moderne. Violoncelle, violon, piano, flûte, harmonica, tambourins et cuivres font ici bon ménage avec synthés, boucles et arrangements sophistiqués, pour emprunter des paysages pastoraux impressionnistes au sein desquels la voix laconique de Lee Gordon se plait à musarder. Pour concocter son premier elpee, la formation a remasterisé ses trois premiers Eps, auxquels elle a ajouté l'une ou l'autre nouvelle composition. Dont le luxuriant, " Umlaut ", caractérisé par ses orchestrations " flaminlipsiennes " ainsi que le syncopé et baroque " 2 up to down ". Sur les onze fragments que composent cette plaque, j'avoue quand même un petit faible pour " It's just about the weather ", dont les sonorités de guitare bringuebalantes me rappellent celles qui fleurissaient sur la six cordes de George Harrisson, tout au long de l'album " Abbey Road " des Fab Four ; et puis " You make no bones ", dynamisé par un groove digne de Gomez. Beaucoup plus acoustique, le reste se révèle, ma foi, fort agréable à l'oreille. En Grande-Bretagne, la presse spécialisée est déjà parvenue à étiqueter ce groupe de NAM ; traduisez New Acoustic Movement. Et elle le considère même comme le leader de cette scène. Pourquoi pas ? Si vous aimez les étiquettes…

 

Altamont

Our Darling

Écrit par

Lorsqu'il n'officie par derrière les fûts au sein des Melvins, Dale Crover empoigne la guitare et pousse la chansonnette chez Altamont. Majoritairement rock, voire rock n' roll dans tout ce que le terme peut avoir de péjoratif, mais toujours avec une légère tendance au stoner, "Our darling" est une plaque honnête, mais rarement percutante. Seuls quelques titres surnagent ici et là. "Our darling" justement. A cause de cette voix féminine proche de celle d'Alison Shaw, la chanteuse des Cranes ; et puis de l'ambiance plutôt ‘Twinpeaksienne’. "Swami", ensuite. Un morceau oublié des Buttholes Surfers. Et enfin "Strippy Hole". Un instrumental atmosphérique angoissant. Finalement lorsque Crover ne chante pas. Bref, le reste du temps la musique d'Altamont est chargée des pires gimmicks de l'histoire du rock. Parfois même piqués aux Rolling Stones. C'est pas que j'aime pas les Stones, mais lorsque je veux m'en prendre une tranche, je préfère réécouter les originaux.

 

Tori Amos

Strange little girls

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Tori Amos est un sacré bout de femme. On la connaissait pour ses prises de position résolument féministes. Mais de là à interpréter à sa manière, et sur un même album, 12 compositions écrites par des mecs au sujet de femmes, il y a un pas que je ne m'imaginais pas la voir franchir. Elle parvient ainsi à adapter la musique, mais aussi le sens des chansons. Même Eminem figure sur la liste (NDR : noire ?). Et ces nouvelles versions, prennent une toute autre dimension, souvent difficilement reconnaissable, presque malsaine. Le traitement sonore radical vise ainsi également " New age " du Velvet Underground, " Strange little girl " des Stranglers, " Enjoy the silence " de Depeche Mode, " I'm not in love " de 10cc, " Rattlesnakes " de Lloyd Cole, " Time " de Tom Waits, " Heart of gold " de Neil Young ", " I don't like mondays " des Boomtown Rats ", " Happiness is a warm gun " des Beatles et "Real men" de Joe Jackson. Le tout est emballé dans une superbe pochette où Tori pose dans treize tenues et coiffures différentes (NDR : sans oublier le maquillage) sur autant de photos signées Neil Gaiman. Et pour ceux qui aiment les collections, sachez que cette pochette est sortie sous quatre versions différentes…

 

Amstrong

Hot Water Music

Ce groupe danois n'a aucun lien de parenté avec Craig Armstrong (NDLR : et puis il compte un ‘r’ en plus dans son patronyme !), l'un des fers de lance de Melankolic, le label de Massive Attack ; et pourtant on décèle dans leurs compositions éthérées ce qui fait le charme des Bristoliens et de leur écurie : des rythmes concassés, une ambiance délétère faite de blips neurasthéniques et une voix chloroformée, celle de Marie-Louise Munck. Le groupe n'a aucun lien de parenté non plus avec Aim (auteur de l'album " Cold Water Music "), l'un des fers de lance de Grand Central, le label de Rae et Christian ; et pourtant, on décèle dans leurs compositions éthérées ce qui fait le charme des Mancuniens et de leur écurie : des breakbeats lessivés, du spleen à la sauce downtempo et une voix soul, celle de Marie-Louise Munck. Mais au contraire de la scène britannique, la scène électronique danoise n'a jamais véritablement été sous le feux des projecteurs, et pour cause : à vouloir copier les meilleurs, on n'accouche péniblement que d'ersatz. Et même si Amstrong s'est entouré de l'Orchestre Philharmonique de Prague, comme Badalamenti pour la musique de " Mulholland Drive ", on ne se perd pas ici dans les délicieux méandres d'une histoire musicale hypnotisante, mais plutôt dans une histoire à dormir debout. Et puis Marie-Louise Munck n'est ni Rebekah Del Rio (ah, ce " Llorando " !), ni Ursula Rucker, mais juste une pâle copie de ses divas du dancing que sont, au hasard, Louise Rhodes (Lamb), Jill Scott, ou même Liz Fraser.

 

The Angels of Light

How I loved you

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Au terme de l'existence des Swans, Michael Gira a remonté aussitôt The Angels of Light et sorti dans la foulée un premier album. Depuis, notre homme s'est attelé à faire tourner boutique (NDR : Young God Record est son label). " How I loved you " constitue donc la deuxième fournée de ce véritable groupe drivé par une des figures les plus charismatiques de son époque. Annoncé par 2 titres sur la "Compilation 2000 AD", cet opus conforte l'impression qui m'avait été donnée à l'époque. A savoir une musique épaisse, fouillée, intrigante et bien à l'image de Gira. Outre la structure instrumentale classique guitare/basse/batterie, la variété incroyable d'instruments oscille de la scie musicale au piano, en passant par l'ukulélé et l'accordéon. Sans oublier les ambiances funèbres, l'angélisme des voix féminines et le timbre incantatoire de Gira. Tout un arsenal mis au service de véritables chansons, presque formatées pour certaines tranches horaires radiophoniques. A l'instar du magnifique "Jennifer's Sorry". Assurément une totale réussite ! L'ombre du corbeau Nick Cave plane parfois (NDR : c'est flagrant sur "My true body"). Mais rien à faire, s'il est un artiste dont l'œuvre est tellement personnelle qu'aucune comparaison ne parviendrait à altérer son originalité, c'est bien de Gira qu'il s'agit. Ah oui ! Qui a dit que Gira était un mauvais garçon ? C'est la photo de sa môman qui est reproduite au recto du digipack et celle de son pôpa au verso…

 

Annihilator

Carnival Diablos

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Au début des années 80, Annihilator est passé à deux doigts de devenir aussi populaire que Slayer ou Metallica. Victime d'un problème de promotion, mais surtout d'incessants changements de line-up, le groupe canadien pratiquait pourtant, déjà un trash technique, largement en avance sur son époque. Annihilator nous assène un nouvel opus fort copieux et jubilatoire, sous forme d'hommage à tous les groupes qui continuent à passionner le leader de cette formation, Jeff Waters. Mais qu'on ne s'y méprenne pas, si les clins d'œil aux géants du métal y sont légion, il ne s'agit en aucun cas d'un album de reprises. A l'écoute de " Shallow Grave ", impossible de ne pas penser à " Overdose " d'AC/DC. " Hunter Killerne " ne dépareillerait pas dans le répertoire de Slayer, le titre maître sonne comme du Blue Oyster Cult survitaminé, tandis que l'ombre de Judas Priest plane sur le violent " Time Bomb ". Soulignons encore la qualité de la production et la performance du chanteur Joe Comeau. Cet ex-guitariste d'Overkill réussit l'exploit de moduler sa voix tantôt à la Bon Scott, à la Halford ou encore à la Bruce Dickinson. Varié mais homogène, puissant mais souvent mélodique, technique mais pas nombriliste pour un sou, l'œuvre constitue au final un très très grand album de trash métal old school ; un opus tout à fait incontournable pour les amateurs d'un style détrôné depuis une décennie par le black et le death métal, qu'il a pourtant engendré.

 

Anyone

Anyone

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Composé d'un trio, fait relativement rare dans le petit monde du néo-métal, Anyone a été initié, sous le nom de Sylvia, par l'ex Foo Fighters Taylor Hawkins, aujourd'hui retourné fonder un projet dans sa ville natale de Seattle. Nominé en 1999 aux Los Angeles Music Awards, il draine dans son sillage un public hétéroclite, amateur de surf, de hard core et de punk rock. Pour accentuer sa nouvelle orientation néo-métal, Anyone s'est payé un producteur dans le vent, en la personne de Rick Parasher. Sa complicité a mené le combo sur un tourbillon sonore où virevoltent avec légèreté les ondes psychédéliques de Pink Floyd, de Jane's Addiction et du Led Zeppelin. S'appuyant sur une basse saturée, un groove parfois funky et des drums souvent jazzy, la musique d'Anyone n'est pas assimilable dès la première écoute et mérite que l'on s'y attarde, pour en percevoir toutes les nuances qui se fondent avec merveille sur une trame paranoïaque.

 

Pierre Surquin

Une affaire d´état

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« Une affaire d'état » constitue le premier album du Tournaisien. Enfin, Pierre Surquin et son band, car il faut reconnaître que ses musiciens ont largement contribué à l'enregistrement de cet opus. Tout d'abord Cédric Delahaye. Le claviériste. Qui a compris le rôle fédérateur qu'il devait jouer au sein de la musique de Pierre. Un seul dérapage, " Une idée arrêtée ". C'est aussi le seul fragment faible de l'elpee. Mais aussi le plus complexe. Si Pierre a écrit la musique, les lyrics sont partagés entre Fabrice Delmeire et Jacques Godard. Des textes, ou plus exactement des poèmes baroques, composés dans la langue de Voltaire, qu'il chante de son baryton profond, intimiste. Sauf pour " L'écho du havre ", un fragment dont l'aridité des guitares sculptées dans le funk blanc est adouci par son exercice en falsetto. Un seul instrumental. Et très court : " Les titres parlent d'eux-mêmes ". Et puis un morceau caché. Probablement intitulé " D'étranges affinités ". Qui libère une électricité sauvage, décapante, dont l'intensité me rappelle… Sonic Youth. Mais venons-en au cœur de l'opus. Particulièrement riche, " L'été se termine " est agité par un psychédélisme ambiant, tramé entre les guitares et les arrangements particulièrement riches. Tribal, envoûtant, " Et ça en est là " aurait pu figurer dans le répertoire d'un Bernard Lavilliers. Nonobstant les guitares redoutables, les claviers aquatiques et le zeste de techno, " La forge " épouse un profil mélodique proche d'un Voulzy, mais un Voulzy qui se serait intéressé à la pop alternative. Pop, satinée, légèrement cuivrée, " De l'infini à zéro " constitue probablement la chanson la plus contagieuse de l'elpee. Imaginez qu'Ultravox se soit intéressé à la bossa nova, et ce n'est pas " Rien qu'un malentendu ". Chez " Ce compagnon qui filait doux ", le minimalisme est de rigueur, mais un minimalisme chatoyant, chaleureux, légèrement cuivré, saupoudré de percus élégantes, de claviers organiques ou en boucles, et d'accords de guitare délicatement reverb. Apparemment calme, intimiste, " Ma vision est trouble " s'agite en permanence, se tourmente au fond de l'âme. Enfin " Langue pendue " s'ébroue sous une forme paisible, avant de glisser progressivement vers une consommation électrique de guitares libérées, vivaces, vivifiantes, réminiscences d'American Music Club et de Wheat… Pour un premier album, Pierre vient probablement de réussir un coup de maître…

 

Gorky´s Zygotic Mynci

The blue trees

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Ce mini album est sorti début de cette année, mais n'a bénéficié d'aucune promo officielle. Un disque qui fait la part belle à l'instrumentation acoustique. Le violon et la guitare surtout. Une six cordes jouée le plus souvent en picking. Et puis de temps à autre un accordéon, un piano et quelques percussions. Des vocaux également. Moins omniprésents que sur les opus précédents. Vaporeux, délicats, régulièrement conjugués en harmonie sur mode falsetto, ils se fondent parfaitment dans la nature élégiaque, pastorale des chansons. Propices à la méditation, à la mélancolie, les mélodies chatoyantes, minimalistes de ce " Blue Trees ", s'abreuvent aux mêmes sources rafraîchissantes que Belle & Sebastian. Et comme pour nous rappeler qu'ils sont Gallois, les Gorky's ont interprété leur dernière chanson en gaélique.