Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Swearing At Motorists

More songs from the mellow struggle

Swearing At Motorists nous vient de Dayton, dans l'Ohio. Un duo constitué du chanteur/guitariste Dave Doughan et du compositeur/drummer/bidouilleur Don Trasher, un vétéran de la scène locale qui a forgé sa réputation en multipliant les expérimentations les plus diverses. Dans le passé, il a ainsi sévi successivement chez the New Creatures, Guided By Voices et les Hopefools, alors qu'aujourd'hui, il mène parallèlement à SAM, deux autres projets, 3 Dream Bag, flanqué du bassiste de GBV, Greg Demos, et le groupe de cowpunk sur acide, Johnny Smoke. Renforcé par la présence du guitariste de studio Matt Bowman, "More songs from the mellow struggle" est partagé entre chansons acoustiques, minimalistes, atmosphériques, qui auraient pu naître d'une rencontre improbable entre Syd Barrett et Buffalo Springfield, et compositions lo-fi. Des chansons dont l'intensité mélodique trempée dans le feedback, rappellent Sebadoh, les morsures de son, Pixies voire les Breeders, et les harmonies vocales aussi spectrales que soignées, Guided By Voices. Deux exceptions à cette règle, le "byrdsien" "The difference between listen and feel" et "Eaxt of bilaxi". Une composition remarquable, rognée de claviers sixties avec une dose de feeling pas possible, par un certain Phil Mehaffey...

Superflu

Tchin Tchin

Écrit par

Un chant maniéré, d'habitude je ne supporte pas. Mais ici, le filet de voix de Nicolas Falez, soutenu par Sonia Bricourt dans un plaisant duo vocal masculin/féminin, se glisse si harmonieusement dans les douces mélodies de Superflu, que l'écueil est évité. De justesse sans doute, mais sans discussion. Cette douceur laisse à priori croire à des propos anodins, à une énième resucée de cette pop française agréable mais sans beaucoup de fond. Superflu en conserve l'esprit délicat et y ajoute des mots choisis pour parler de séparation (‘Et déjà je redoute tellement le moment/où ta bouche m'appellera voleur/où tes mains m'appelleront ennemi’), de ces relations amicales qui s'effilochent avec le temps (‘On pardonne et on boit/comme les amis d'autrefois’). Le groupe n'hésite pas à appeler cuivres et violons à la rescousse pour soutenir le propos. Superflu sort même de ce terrain agréable pour s'aventurer là où on ne l'attendait pas. En l'occurrence, une violente chronique rurale (" La ferme ") où le chant que l'on disait maniéré apporte soudain un contraste revigorant avec le texte inquiétant. "Tchin Tchin" constitue le 2e album de ce groupe fondé à Lille. Il a été mixé par Jim Waters, un personnage qui a travaillé avec Sonic Youth et le Jon Spencer Blues Explosion.

 

James ‘Super Chikan’ Johnson

Blues come home to roost

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James Louis Johnson est né en 1951, à Darling, dans le Mississippi. Elevé près des champs de coton, il s'intéresse tellement aux poules (NDLR : de luxe ?) qu'il héritera du surnom de Super Chikan! A moins de 20 ans, il joue de la basse dans les juke joints locaux, derrière son oncle, le célèbre Big Jack Johnson. Il devient chauffeur de taxi à Clarksdale et se concentre sur l'écriture. Il enregistre ainsi une trentaine de ses compositions dans les studios, en compagnie de Johnny Rawls et L.C Luckett.

Cet album, sorti une 1ère fois en 97, présente le résultat de ces sessions consacrées à un downhome blues, léger, discret, sans éclat! Notre super poulet possède une voix paresseuse. Il joue principalement de la guitare mais n'hésite pas une seconde à la troquer contre une basse, un harmonica ou un piano. Ce qui n'est pas une mauvaise idée en soi, puisque ses deux compères se partagent aussi les instruments.

J'aime "Well gone dry". Un blues au mid tempo omniprésent. Vous apprécierez au passage les gloussements de James sur son chant d'honneur "Super chicken Strut", pendant que les trois guitares se mettent à patauger dans la basse-cour. Deux versions de "Mama & the Chillen" figurent sur l'album. Mais les effets sont surprenants, Super se taillant à lui seul les dialogues. Plus proche du Jimmy Reed, il aborde son penchant swamp blues sur "What it is". A noter que Super Chikan a sorti en ce début 2000, un album original, intitulé "What you see" sur Fat Possum.

 

Sunny Day Real Estate

The rising tide

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On ne peut pas toujours expliquer pourquoi on a un coup de cœur pour tel ou tel album. Mais, c'est lorsqu'on s'y attend le moins que l'effet est le plus saisissant. Ce quatrième opus de Sunny Day Real Estate dégage, en effet, ce petit quelque chose que vous ne pouvez décrire, et qui atteint l'âme. Une sensation qui, le plus souvent, débouche sur la naissance d'une œuvre intemporelle. Passé le premier morceau électrique, dans ce qu'il a de plus crazyhorsien (" Killed by an angel "), la musique de ce disque se charge progressivement d'intensité émotionnelle, et élabore subrepticement un véritable envoûtement. Les rythmes se fluidifient, les cordes de guitare cristallisent la mélodie, alors que le timbre vocal, étrange, falsetto, de Jeremy Enigk, hante de ses lyrics passionnés et poétiques, cet univers sonore complexe, tentaculaire et torturé. En outre, Lou Gordiano (Goo Goo Dolls, Live) a probablement réussi la meilleure mise en forme de son existence, tant sa production est limpide. En extrapolant, cet opus pourrait incarner, avec la bénédiction de Gorky's Zygotic Mynci et de Caravan, le fruit d'une rencontre hypothétique entre la quintessence du Genesis de l'Archange Gabriel et la puissance mélancolique du Flaming Lips, de l'album " The soft bulletin ". Impressionnant !

The Travoltas

From the secret vaults of Weissmuller

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La bio du groupe, écrite par un de ses membres, doit ressembler à tant d'autres… Débuts chaotiques, reconnaissance ‘régionale’, quelques concerts, des enregistrements vendus aux concerts et séparation pour divergences musicales. Fin du premier acte. Le groupe se reforme et reprend les choses où il les avait laissées. Travoltas devient un nom, s'exporte et assure des premières parties qui leur fait chaud au cœur : SNFU, Undeclinable Embuscade ; une participation au Dynamo Open Air Festival 1997 ; un enregistrement new yorkais avec un frère Ramones. Car ce n'est pas de musique d'ascenseur dont il s'agit ici. Mais plutôt d'un punk rock teinté de surf. Aujourd'hui le groupe est à la recherche d'un second souffle et sort donc une compilation couvrant pratiquement une décennie d'activité. Véritable régal pour les fans (raretés, remixes, titres perdus sur d'obscures compiles punks), cet album ne devrait guère attirer d'autres auditeurs. Et pourtant, Travoltas a traversé une période plus expérimentale, électronique, jalonnée de titres très valables, dont une reprise de l'inusable " Keep on rockin' the free world " de Neil Young... Enfin, ne succombez pas à la pochette : on remarque ça et là des traces de cellulite.

 

Pat Travers

Don´t feed the alligators

Écrit par

On ne compte plus les albums publiés par Pat Travers au cours de ces dernières années. Que ce soit pour Provogue ou Blues Bureau. Pat a toujours teinté son rock blues de tonalités très hard, lorsqu'elles n'étaient pas métalliques. Il aime hausser la voix quand il attaque son répertoire, et sa guitare lui ressemble absolument. Elle hurle, vocifère. Les notes fusent. La batterie des pédales est actionnée pour torturer le son. Et il aime ça, Pat. Le "Black Friday" de Steely Dan est profondément métallisé. Cet album n'est constitué que de reprises ; aussi, je ne passerai en revue que les titres qui m'ont le plus accroché. En l'occurrence "I'm bad, I'm natiowide" de ZZ Top, plutôt bien réussi, "I love you more than you'll never know" d'Al Kooper et "Nothing is easy" qui figurait sur "Stand up", le deuxième album de Jethro Tull. Le verdict prononcé à l'égard du "Crosstown traffic" de Jimi Hendrix n'est pas aussi rassurant, puisqu'il est à ranger au rayon hard rock.

The Tragically Hip

Music at Work

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Que raconter sur Tragically Hip si ce n'est que ces garçons viennent de commettre, non pas un tragically crime, mais bel et bien leur huitième album studio depuis 1987. Magnifique passé donc si ce n'est que de sa collection discographique, seul un album aura réussi à tiré son épingle du jeu. Il s'agit de " Up to here ". "Music @ Work " quant à lui ne déroge pas à la vieille tradition du combo canadien. Un album bien ficelé dans lequel on retrouve les mêmes influences pompées chez Tom Petty, Pearl Jam, REM, Counting Crows, Soul Asylum, Live ou Neil Young. Des chansons agréables, rangées les unes après les autres, sans réel relief musical. Excepté un détonnant " Sharks ", titre maître du CD qui, à mon humble avis, prouve que Tragically Hip est capable de réaliser de superbes choses. Suffirait qu'il le démontre un peu plus souvent…

 

Toploader

Onka´s big moka

Toploader cultive la nostalgie des Small Faces circa "Itchycoo park". C'est une certitude sur le single " Dancing in the moonlight ". Ce premier album, qui bénéficie de la production de Dave Eringa (Manic Street Preachers) fait ainsi la part belle au r&b des sixties ; mais à l'instar de Jamiroquai, d'Ocean Colour Scene ou du défunt Style Council, il use et abuse de clichés et d'arrangements de cordes aussi pompeux qu'insipides. Paraît que Paul Weller est un grand admirateur de ce quintette issu d'Eastbourne. Il a dû se tromper d'histoire d'amour...

 

Too Slim

King size troublemakers

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Issu de l'état de l'Etat de Washington, de Spokane très exactement, ce trio est déjà de retour. Une formation étonnement proche cette fois d'un autre trio, texan celui-là, j'ai cité… Z.Z Top! Le leader, unique et incontesté, reste bien entendu Tim ‘Too Slim’ Langford. Il assume le chant et la guitare, entouré de Tom Brimm, à la basse, et de John Cage, à la batterie. " King size troublemakers " constitue déjà leur 6ème album pour Burnside. Il est sensiblement différent et bien plus swing que "Blues for Eb", le précédent opus sorti en 97. La surprise nous vient ici de ce son ZZ Top. Pas celui qu'il manifeste aujourd'hui, mais le plus proche des débuts du band texan. Notamment à cause de la voix, dont le timbre se rapproche familièrement de celui du Billy Gibbons d'il y a 20 à 30 ans.

La plage titulaire est bien dans le rythme. "I'm gonna blow" reçoit le concours de l'harmoniciste Mark Hummel, au mieux de sa forme. "Potent 8" est une plage lente. Bien amplifiée, la guitare bavarde mais sans excès, soulignant les accents dramatiques de la composition. "More must be better" est un exercice de style proche de Jimi Hendrix. A cause des effets de guitare et du son torturé par les pédales. Quant à la voix de Tim, elle reste toujours aussi proche de celle de Gibbons. Un exercice pleinement réussi ! Les maîtres avoués de Too Slim ont pour nom Johnny Winter et … Lightnin' Hopkins! Le sommet de l'album est pour votre serviteur, "Sam's pit". Un boogie furieux qui bénéficie d'une nouvelle et brillante apparition de Mark Hummel ; et par magie de la technologie, Lightnin' Hopkins est aussi présent. Génial! Le moral au zénith, notre trio se lance dans un shuffle intitulé "I've been down". Et comme Tim aime aussi Johnny Winter et George Thorogood, direction rock'n'roll tranchant avec "Feel so good" (de Magic Sam). Chauffe Slim!! Et il réapparaît, le bottleneck entre les dents, pour un "Big barn boogie" qui pue les fifties. La machine définitivement sur les rails, l'étreinte ne se desserrera plus. Comme je le soulignai, cet album est différent des précédents ; mais il est surtout excellent, bénéficiant d'une production bien léchée. Et vous n'êtes pas obligé de le croire, mais ce petit bijou se termine dans une ambiance sereine, réminiscente d'Allman Brothers…

 

Tonic

Sugar

D'entrée de jeu, ce trio californien, de Los Angeles, très exactement, nous livre un excellent " Future says run ", une composition dont l'intensité électrique aux accents aussi chatoyants que toniques, évoque instantanément Deep Blue Something. Passé ce feu d'artifice, ce " Sugar ", deuxième album studio du combo en trois ans, se contente de ressasser un pop/rock typiquement yankee, à la croisée des chemins de Tragically Hip et des Counting Crows, lorsqu'il ne calque pas les clichés sub Doobie Brothers, ou encore ne s'égare pas dans le lyrisme pompeux d'un Kansas...

 

Today Is The Day

Live till you die

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Le révérend Steve Austin dans son élément le plus malsain : le live. Terminées les productions peaufinées des deux derniers albums studios sortis sur Relapse (" Temple of the morning star " et " In the eyes of God "). Non, nous revenons ici à l'épicentre de la musique de Today is the day. Dépassant en brutalité Unsane, ravageant au passage des pointures de Relapse, Austin - désormais bien seul aux commandes de ce navire qui n'a de cesse de se disloquer - hurle (NDR : et le mot est faible) sa haine sur ces 15 titres (+/- 35mins). C'est-à-dire le temps moyen habituel d'un concert de Today is the day. Davantage serait intenable. Aussi bien pour le public que pour le groupe. Car s'il existe une musique dense et complexe, aussi bien dans les propos que dans les structures, c'est bien celle de Today is the day. Austin monte sur scène ‘comme un cerf blessé, traqué par des chasseurs et coincé dans une vallée en cul de sac’. Autant dire que la scène est le siège d'un combat à mort. Hormis " Ripped Off ", extrait du dernier album sorti sur Amphétamine Reptile Records, ce témoignage furieux passe uniquement en revue la période Relapse. Mais il recèle également des facettes moins évidentes d'Austin, dont trois reprises pour le moins surprenantes : " Wicked Game " de Chris Isaak, " Feel like makin' love " du Bad Company et " Why don't we do it in the road ? " des Beatles; sans oublier un instrumental dédié au père d'Austin, dont le climat est digne des instrumentaux du tout premier album du groupe ; et enfin, un court morceau issu des sessions d' " In the eyes of God ". Ce live pourrait ne pas être le meilleur angle d'approche pour ce groupe exigeant. Commencez par les albums classiques. Ceux d'Amphetamine pour le public ‘rock’. Ceux de Relapse pour les amateurs de ‘death’ et de ‘black metal’. Vous viendrez tout naturellement au live. Et là, croyez-moi, votre voisinage ne vous regardera plus jamais comme avant. Car il y a un avant et un après Today is the day.

Tocotronic

The Hamburg years

Pourquoi intituler cette compilation " The Hamburg years ", alors que Tocotronic n'a jamais eu d'autre port d'attache que Hambourg " ? Humour germanique ? Possible ! Une chose est sûre, ce trio teuton particulièrement apprécié en Allemagne a toujours pignon sur rue. Il est même devenu une légende vivante. Pas étonnant lorsqu'on sait que la plupart des chansons sont interprétées dans la langue de Goethe. Mais aussi, et il faut le reconnaître, parce que leur musique tient bien la route. Découpé en 19 fragments, ce disque tente de nous montrer l'évolution de la formation. Depuis ses débuts découpés dans le punk rebelle énergique, à la lo-fi émotionnelle, en passant par le garage à l'intensité crazyhorsienne et le grunge post Nirvana. Tout un programme ! On y retrouve aussi un inédit datant de 1994, mais aussi et surtout des extraits de leurs 7 inches, 12 inches et des inévitables quatre albums. Un seul regret, nonobstant les lyrics qui décryptent les absurdités de la vie quotidienne, les vocaux sont un peu trop limite, à notre goût...

Toadmortons

Beware mortons murder mile

Écrit par

Enregistré entre octobre 96 et février 97, cet opus vient seulement de bénéficier d'une distribution officielle sur le Vieux Continent. Un disque commis par une formation californienne, drivée par Steve Bryant et Greg Hain, deux ex pensionnaires de Chance The Gardener. Ils jouent tous les deux de la guitare. Acoustique et électrique. Mais alors que le premier est responsable des lyrics et du chant, le second est beaucoup plus impliqué dans la mise en forme de la musique. C'est d'ailleurs lui qui a coproduit ce morceau de plastique. Tout au long de ce " Beware mortons murder mile ", les Toadmortons privilégient les climats introspectifs, paisibles, hantés par une forme de garage hérité en ligne droite du Paisley Underground. Et en particulier celui des Long Ryders. A cause de la structure country/folk des chansons. Et puis du Dream Syndicate. Pour l'intensité électrique diffusée. Encore que lorsque les chansons épousent un format plus pop, c'est même au REM le plus mélancolique que l'on se met à penser…

Tipper

The critical path

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A l'instar de l'image qui illustre la pochette de ce CD, Tipper se veut une version tuning d'une certaine musique électronique. Les sons sont tordus jusqu'à plus soif, la réverb' bat son plein et l'ensemble est accompagné, sur certains titres, d'une section de cordes ou/et d'une voix (féminine en l'occurrence). Pourtant, si depuis le succès de Björk ce type performance vocale est devenu " la " référence, la chanteuse de Tipper s'en sort malgré tout à son avantage, sans que l'image de l'Islandaise ne revienne sans cesse à l'esprit. Le disque passe de titres plus énergiques en plages plus ambient, plus calmes ; et la couleur apportée par l'orchestre à cordes donne un aspect mélancolique à l'ensemble, avant que ne surgissent des expérimentations sonores plus tarabiscotées (reflet de pensées des musiciens ?).

Mary Timony

Mountains

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Premier album solo pour la chanteuse/guitariste/compositrice du trio bostonien Helium. Un disque dont les chansons intimistes confidentielles, courtisent une sorte de folk/prog/rock d'inspiration médiévale, qui aurait pu naître d'une rencontre entre Gentle Giant et Pentangle, après réduction de la forme à son expression la plus lo fi, bien sûr. Si Mary Timony possède un timbre vocal proche de celui de Suzanne Vega, elle prend le soin d'arpéger ses inflexions sur les accords minimalistes d'un piano ou d'une instrumentation réduite. Une guitare, une batterie, un clavier, quelques bandes enregistrées, un zeste de violon et un chouia de flûte. Pas davantage. Juste de quoi lui permettre d'exprimer sa colère, son amertume ou ses états d'âme en rêvant à un bonheur inaccessible...

 

Irma Thomas

My heart´s in Memphis

Écrit par

Wallace Daniel Pennington est originaire de Vernon dans l'Alabama. Il a acquis une solide réputation comme compositeur. Il a notamment écrit pour les Box Tops ("Cry like a baby"), Percy Sledge, Clarence Carter et Aretha Franklin entre autres. Sous son propre nom, il a sorti des albums aussi obscurs que "Nobody's fool" en 73 et "Do right man" en 94. Dan était un habitué des Muscle Shoals studios de Memphis ; et c'est ainsi qu'Irma, la Queen of New Orleans Soul, a atterri dans le Tennessee. Irma possède une voix merveilleuse, chargée de sensibilité et de tendresse. J'ai beaucoup aimé son dernier album, "Sing it", enregistré en la compagnie de Tracy Nelson et Marcia Ball. Hormis l'une ou l'autre adaptation de chansons qu'elle avait déjà sorties voici longtemps, elle nous propose ici de nouvelles compositions écrites par Penn.

Les musiciens font bloc autour du guitariste Michael Toles et de l'organiste Marvell Thomas. Dan Penn a coécrit les chansons en compagnie des pianistes Bobby Emmons et Carson Whitsett. Ils jouent d'ailleurs sur les plages auxquelles ils ont collaboré. L'atmosphère est sereine, douce, parfois mélancolique Une certaine forme de beauté, de majesté même, accompagnent les ballades qui constituent le meilleur de l'opus.

La plage titulaire est abordée d'entrée. L'orgue hammond et le sax soprano de Jim Spake annoncent la voix toujours bouleversante d'Irma. Parmi les ballades lentes, j'adore et je vous recommande "Not enough time to change". Elle chante très tendrement, mais sa voix peut soudain montrer l'étendue de sa puissance, sans jamais forcer son talent. Une chose est sûre, Miss Thomas suscite le respect de tous. Ce même effet de libération des cordes vocales se répète sur "Life at the end of the road". "Irma's song" emporte les mêmes suffrages. Cette femme possède une voix à briser les cœurs. Deux autres chansons douces de Penn avaient été enregistrées par Irma à la fin des 70s. De nouvelles versions ont été ici retenues : "Woman left lonely" et "Zero Will Power". Malheureusement, elle nous rappelle un peu trop rarement qu'elle est une reine de la soul ; même si "Keep it simple" et "If you want it, come and get it!" en sont les trop rares exceptions qui confirment la règle. Irma Thomas est une chanteuse fabuleuse, dont le timbre vocal est un réel plaisir pour les oreilles.

 

Third Eye Blind

Blue

Dirigé de main de maître par le chanteur/guitariste/compositeur Stephan Jenkins, Third Eye Blind vient de commettre son deuxième album. Un disque qui fait la part belle au post grunge contagieux, filtré soigneusement dans la pop mélodique, à l'instar de Super Deluxe, de Sugar ou de Nada Surf. Beaucoup d'électricité donc, sur cet opus, mais également d'intensité émotionnelle, qu'accentue le vocal de Stephan, dont l'amplitude capable de passer du falsetto à l'irascible, humanise, en quelque sorte le déferlement sonique. Et lorsque le quatuor de San Franciso se met à tutoyer le metal, c'est même à Led Zeppelin que l'on se met à penser. Un chouette album qui recèle en " Wounded ", " Never let you go " et " The red summer sun " des futures hits en puissance...

Therion

Deggial

Écrit par

A lui seul, Therion, groupe métal aux racines death, est un phénomène à part entière. Inventeur de l'opéra heavy, le groupe du maître d'œuvre Christopher Johnsson vénère autant Carl Orff et Richard Wagner que Black Sabbath et lron Maiden. Ambitieux et à contre-courant des tendances du moment, Deggial, son nouvel opus, confirme la détermination du combo dans sa recherche d'une musique raffinée et authentique, n'en déplaise aux nombreux détracteurs du métal rock. De A à Z, tout est vrai dans Deggial. Ni samplers, ni bidouillages électroniques ! Therion s'est entouré d'un orchestre à cordes et d'un bouquet de choristes pour l'enregistrement de ce petit joyau, certes parfois un brin pompeux, mais toujours d'une redoutable efficacité. Malgré le manque de pêche des guitares sur certaines compositions, l'ampleur des parties vocales renforcent le côté heavy des onze fragments d'un des albums les plus déroutants du moment. Reste à savoir comment le groupe arrivera à restituer ce remarquable travail de studio sur scène.

Therapy?

So much for the ten years

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Therapy ? est probablement le seul groupe au monde à avoir participé à tous les festivals de la terre. Une performance, lorsqu'on sait que la formation ne compte que 10 années d'existence. Et cet anniversaire méritait bien une rétrospective. Voilà qui est chose faite ! En une décennie, Therapy ? a produit pas moins de 7 albums et 3 Eps. ! Je dirais même plus : 8 cds en 5 ans ! Faites vous-même le calcul. Cette frénésie de sorties n'a pas été sans conséquences pour le groupe. Soit le public en avait assez d'être constamment abreuvé, soit le groupe a accusé le coup d'une telle charge de travail. Une critique discrète de " Semi-detached " en 1998 a été fatale à Therapy ?, puisqu'il a été vidé par A&M pour atterrir sur ARK21, structure plus modeste et plus à même de tolérer des ventes sans cesse fléchissantes… " Suicide Pact - You First " paru en 1999 semblait redresser la barre, le groupe ayant trouvé une nouvelle identité musicale, loin des produits formatés des dernières sorties. L'intérêt de la presse n'a pas été suivi par le grand public, plus habitué à un Therapy ? directement accessible. Les nouvelles compositions sont plus âpres, plus sèches ; l'aspect pop prisé à la grande époque du groupe a complètement disparu. Cette compilation semble vouloir remettre les pendules à l'heure. Elle permet en 16 titres, puisés dans toute la discographie du groupe, de constater que Therapy ? n'a jamais eu peur d'évoluer. Des titres franchement industriels des tous débuts aux 2 nouveaux titres inclus dans ce best of, le groupe n'a cessé de se remettre en question. Tous les styles rocks ont été visités et Andrew Cairns est le seul chanteur à avoir eu aussi peu de respect pour sa voix ; le groupe s'aventurant même parfois dans des morceaux plus expérimentaux qui auraient fait rougir les Butthole Surfers. Mais seulement voilà, malgré tout le respect que l'on doit porter à Therapy ?, il semblerait que la roue ait tourné pour nos valeureux Irlandais. Reste une compilation de tout premier choix, avec son lot de titres imparables. Jamais ennuyeux, que du contraire, " So much for..." est, je l'espère, annonciateur d'un retour plus marqué du groupe sur l'avant-scène musicale. A l'écoute de cette compilation ce ne serait que justice !

Theatre Of Tragedy

Musique

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En 1998, " Aégis " marquait un sérieux virage dans la carrière de Theatre Of Tragedy. Il tirait un trait sur son passé death atmosphérique, pour s'adonner à un métal gothique directement inspiré par l'école Sisters of Mercy et Fields of the Nephilim. Ce virage bien entamé se confirme davantage avec le sublime "Musique" qui laissera sans aucun doute plus d'un fan perplexe. Car il s'agit bien ici d'une plaque 100%, électro-métal, taillée pour les pistes de danse des boîtes rock germaniques. TOT et sa blonde chanteuse Liv Kristine, à la voix aussi douce qu'une gelée royale, font peau neuve ; mais avec une telle classe, il serait incongru de leur jeter la pierre. L'ombre des derniers Rammstein, Paradise Lost et même d'un certain Kraftwerk plane sur l'oeuvre tubesque qui réjouira tant les fans de métal que les nostalgiques de la new wave des années 80. Douze titres, douze hits en puissance! Véritable joyau de près de cinquante minutes de pur bonheur, "Musique" constitue un véritable remède contre la déprime. Achetez-le, volez-le, mais surtout, si vous vous rendez chez votre disquaire préféré en vue de vous offrir le précieux objet dans son digipack, n'oubliez pas de prononcer le titre de l'album "à la française", faute de quoi vous risqueriez de claquer 700 balles pour vous faire refiler le "Music" de Madonna.

Texas

The greatest hits

Écrit par

Lorsqu'un artiste ou un groupe décide d'éditer la compilation de ses plus grands succès, je ne peux m'empêcher d'émettre des doutes quant à la pureté de ses intentions. Surtout lorsqu'on connaît son évolution douteuse. En comparant le premier et le dernier morceau de cette compilation, pas la peine d'écrire une encyclopédie sur la fulgurante ascension commerciale de Texas qui contraste avec la lente et abominable déchéance musicale. " I don't want a lover " était une composition rafraîchissante, teintée de country, de folk et de pop. La voix de Sharleen était majestueuse, envoûtante, puissante. " Say what you want (All day every day) ", remix hip hop du single sorti quelques années auparavant et le très glamour "When we are together", extrait du dernier album, n'ont plus rien à voir avec le style d'antan. Pas que la musique soit devenue exécrable. Non, l'écoute reste agréable. Mais l'argument " notre musique a évolué " sent l'hypocrisie à plein nez. Madonna injecte aujourd'hui dans ses produits marketing quelques éléments pop ou rock. Le combo écossais a noyé feeling, émotion et profondeur dans une super production quasi hollywoodienne. Et avec un peu de franchise, il faut avouer qu'on a parfois du mal à faire la différence… C'est peut-être le prix à payer pour devenir le chouchou d'MTV et compagnie. Enfin, sachez encore que ce " Greatest hits " ne contient aucun titre du second elpee " Mothers Heaven ". Un comble lorsqu'on sait que ce disque est tout simplement leur meilleur. Par contre, la plupart des autres " classiques " n'ont pas été oubliés. Ce qui devrait décider certains acheteurs potentiels mais hésitants à se procurer la compile. C'est à dire ceux qui ne voient en Texas qu'une usine à tubes. D'autant plus que dans cette optique, elle est financièrement avantageuse. Et pour d'autres aussi…